de Annelise Roux

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La République Du Cinéma
2020

2020

Iddu (Stromboli) è chuchuliando. Vulcano aussi.

Le tournage de « Stromboli » a débuté le 6 avril 1949.
Celui de « Vulcano » en juin de la même année.
Entre Ingrid Bergman et Anna Magnani, rien que du bon : les deux femmes ne se rencontrèrent jamais. L’Italienne délaissée montait chaque soir en haut du volcan conspuer de loin la Suédoise.
Les tournages se terminèrent en simultané, début août 1950, mais Vulcano fut présenté en premier à Rome, le 2 février 1950. La projection fut interrompue trois fois. On parla de sabotage. Malchance supplémentaire : une partie des journalistes partirent avant la fin, car on venait d’annoncer la naissance de Robertino, fils de Roberto Rossellini et d’Ingrid. Sorti treize jours plus tard aux États-Unis, « Stromboli » fut massacré lui aussi par la critique, pour solde des comptes.
« L’Ouragan, tout ça, c’est de la rigolade ». ..La voix d’Anna Magnani répond en français à celle de la « speakerine », comme on disait à l’époque, qui l’interroge. « Nannarella » Magnani ainsi que la surnomment les Italiens hésite, puis se lance : « Vous savez, Madame, parfois on mord par la peur d’être attaqué ».
La petite fille sans père, élevée par sa grand-mère dans une famille de femmes… Lorsqu’elle part en Egypte rejoindre une mère qui l’a abandonnée pour y fuir après le scandale de sa naissance, la place est prise : la mère est remariée, une autre fille « légitime » lui est née. La Magnani rentrera déçue, plus seule que jamais. En 1935, amoureuse, elle s’était essayé au mariage bourgeois si peu fait pour elle, épousant un des cinéastes les plus en vogue de la Cinecitta fasciste, Goffredo Alessandrini. Un tombeur qui sera l’auteur de deux films de propagande, « Noi vivi » et « Addio Kira ! » (1942), devenu depuis 1938 le réalisateur quasi officiel du régime mussolinien avec son coup de force à la Mostra, les vainqueurs imposés au jury international étant son « Luciano Serra, pilote » qui, malgré tout, ne casse pas trois pattes à un canard, et un long métrage allemand qui fera couler au fil des années beaucoup d’encre critique sur sa virtuosité mise en abyme avec le fond, « Les Dieux du stade », de Leni Riefenstahl.
Son film se situe avec prudence hors de l’Italie pour plus de libertés, en Amérique du Sud, où sont narrées les aventures d’un ex as de l’aviation tombé dans les sales pattes d’un Latino spéculateur… commodes clichés ! La guerre en Ethiopie a éclaté entre temps, l’aviateur traverse péripéties et combats, le père sauve le fils, meurt, reçoit une décoration militaire à titre posthume – tout va pour le mieux. La trame fasciste est bien respectée, parfois incohérente car elle n’hésite pas à recourir à des erreurs pour servir son propos. Troublant lorsqu’on sait que le scénario est dû en grande partie à… Roberto Rossellini, qui n’est pas encore le chantre parfait de la cause inverse. Plusieurs des films de ce dernier datés de la période, dont « Le Navire blanc », étaient du reste du battage manifeste en faveur de la politique du leader italien. « Luciano Serra, pilote », Mussollini Cup du Best Italian Film, qualifie notamment la guerilla de libération éthiopienne de « brigandage ».

Goffredo Alessandrini, époux d’Anna Magnani, lui fait « des cornes plus longues que celles d’un bouc » (sic) mais ne se montre pas très clairvoyant. L’union dure peu, alors qu’elle ne sera dissoute qu’en 1950. Il l’invite à se cantonner au théâtre « comique »,  ne lui trouvant aucune disposition pour le cinéma. Trop différente, avec son nez, cet air un peu travelo, ses dents disjointes et ses rires tonitruants fêlés, des divas de l’époque aux traits d’ange ! Il ne manifeste nul courage pour l’imposer, d’ailleurs, mesquinement, il n’y tient pas, ignorant que s’il l’avait fait, la lumière en aurait rejailli sur lui.
Une nouvelle génération cherche à s’affranchir des contraintes des studios, se montre désireuse de filmer la vraie vie… Le premier à comprendre qu’Anna pourrait être l’incarnation du néo-réalisme montant est Luchino Visconti. Ils deviennent amis. Il la pressent pour rôle principal de son premier film, Ossessione, « Les Amants diaboliques », d’après le roman (non crédité au générique) de James Cain, « Le Facteur sonne toujours deux fois ».  Visconti qui n’en possédait pas les droits a dû changer le titre et ne l’a pas mentionné. Il semblerait qu’il se soit servi d’une traduction française parue chez Gallimard en 1936, transmise en copies dactylographiées par Jean Renoir. Il défend la comédienne, mieux, l’exige auprès des producteurs réticents qui n’en veulent pas… Elle était à sa place en « Mademoiselle Vendredi » de Vittorio De Sica, qu’elle y reste ? En visionnaire, il bataille, il tient bon : il sait, lui, quelle étoffe d’actrice dramatique elle possède, avec ses grands cernes d’une lucidité sans âge !
Ils partent à Ferrare pour le tournage. Anna est enceinte d’un jeune comédien, Massimo Serato, avec lequel elle a eu une passion sans lendemain. Le calcul visiblement n’est pas son fort. La grossesse annoncée comme datant de deux mois flirte plutôt avec les cinq. L’état est trop flagrant pour qu’ils ne soient pas forcés de renoncer.  Mais la légende est en marche, la figure majeure de femme enfin repérée… Elle va devenir l’icône du renouveau mondial du cinéma, la porte-parole du peuple auquel grâce au géant Rossellini maintenant dessillé, elle prête son visage.
Emmanuel Taïeb, avec « Les mises à mort dans Rome, ville ouverte » leur consacre un article précieux, faisant la part belle au personnage de Pina, tuée par un bourreau « anonyme », tandis que Louis Skorecki creuse la thématique, appuyé sur un mémoire de Maîtrise d’études cinématographiques portant sur « La représentation du corps dans les films néo-réalistes », soutenu à l’université Paris I, dirigé par Dominique Chateau. Il souligne la force d’une esthétique demeurée intacte. « Voici un film qui recule les limites de l’émotion ordinaire, écrit-il, et qui a inventé un langage neuf fait de démesure et de patience, attentif à ce qui constitue les fondements même de la nature humaine, sans ces simplifications outrancières qui la réduisent en la vendant pour mieux accessible ».

Qu’elle tombe sous les balles nazies après avoir couru derrière son amour qu’on emporte, mèches emmêlées, jupe retroussée haut sur la cuisse sur un début de jarretelles, ou qu’elle gravisse une dune, flanquée d’un petit garçon qui devait lui rappeler le sien, Luca, séparé d’elle, contraint de rester en Suisse pour recevoir les soins qu’avoir contracté la polio nécessitait, Magnani est d’un jeu majestueux, d’une grande humanité : « Comment ça, c’est quoi la mer? »
Elle admoneste dans une tendresse pudique l’enfant du film qui a posé la question naïve : « La mer, c’est la mer ! Et dans la mer, il y a des poissons ». Elle descend lentement sur le sable, parmi les oyats battus par le vent.

Au moment des bilans, elle a toujours insisté sur le fait de ne pas aimer les choses injustes.
La journaliste : Vous ne croyez pas que c’est un luxe, pouvoir s’offrir de dire ce qu’on pense ?
Anne Magnani : C’est un luxe qu’on paie. Et moi je suis très heureuse de payer pour ça. C’est très beau d’être libre, dedans… très beau….

À sa mélancolie on sait que c’est vrai, et combien c’est dur.

https://www.arte.tv/fr/videos/076593-000-A/la-passion-d-anna-magnani/

Bonne fin d’année, chers Erdéciens
Hasta luego. HNY à l’heure dite – minuit 01, le 1 janvier 2020

Stromboli et Panarea. Photo AR

 

 

 

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185 Réponses pour 2020

Janssen J-J dit: 21 décembre 2019 à 10 h 12 min

Chère Mme, n’étant pas habitué à vous lire, je m’enhardis, dument alerté par une internaute de l’autre chaine circumvoisine. Votre papier est dense et nerveux. Je vois bien le personnage que j’avais toujours trouvé un peu « trav. » en effet, la Magnanime… Vous la réhabilitez avec une incroyable précision empathique, apparemment grâce à un L. Skorecki dessilé (?). (NB – vous devriez mettre des liens sourçants, comme passoul).
J’espère que vous nous donnerez un jour un portrait aussi subtil de la Mangano, elle le mérite aussi, cette casta diva, j’en suis fan et ne ne connais pas très bien sa biog.

Vous n’êtes apparemment pas sur l’Etna, dieu soit loué, mais attention au Stromboli, peut redémarrer à tout moment, bien qu’il soit un volcan égueulé.
On dit beaucoup de choses sympas sur votre compte à la RDC, les erdéliens ont raison de vous faire de la bonne pub en général. Je vais peut-être devenir un erdécien, vu le caractère apparemment consacré du label. Intégrer une nouvelle secte, c toujours un frisson…

Vous souhaite de bien belles fêtes ritales.
A bientôt et merci.

Mimi Pinson dit: 21 décembre 2019 à 11 h 16 min

Délicieux titre 20/20 qui nous coupe définitivement l’année comme la tringle en fil de fer nous coupe le paysage sur le Stromboli.
On en veut bien une autre tranche!
Baci a tutti

Phil dit: 21 décembre 2019 à 13 h 40 min

La Magnani pour finir une année…weinsteinienne ? la rencontre des deux eût tourné en corrida, mamma roma équeutant la production.
le fascisant Rossellini devait moins lui déplaire au volant de sa ferrari que Pasolini et son goût du giton.
années 30, films à la solde de la tripolitaine, tout le monde s’y est mis. même l’amour au cinéma de Fassbinder, Douglas Sirk. encore Detlev Sierck, il emmènera la viking Zarah Leander à Porto Rico danser « La habanera » pour mieux dire la dégénérescence des indigènes à palmiers.

Jazzi dit: 21 décembre 2019 à 13 h 40 min

Après le cinéma français sous l’Occupation, évoqué dans les derniers commentaires, le « Cinecitta fasciste », Annelise !
A défaut d’être rasée, la Magnani fut cornue…

Portmann dit: 21 décembre 2019 à 14 h 01 min

Intégrer une nouvelle secte, c toujours un frisson…

je vous ai répondu sur la maisonmère RDL, Janssen j-J.
ALR ne donne pas l’impression de diriger une secte. Au contraire très ouvert. une qualité d’écriture telle qu’on apprend beaucoup sans qu’il soit besoin quelquefois d’en rajouter.les conversations autour sont passionnantes.la vivacité n’empêche pas la courtoisie .Aucune mièvrerie. « ça déménage » pour le dire vulgairement.

certains commentateurs de P.Assouline prennent un main plaisir à torpiller ses colonnes littéraires. des inimitiés dues à la jalousie .Ils n’y arrivent pas pour l’article,mais la lecture des avis ressemble à du gâchis… Tant pis pour eux,on ne les lit pas! Lui, oui.
Bonnes réunions de famille, bonne année.

Portmann dit: 21 décembre 2019 à 14 h 05 min

Maison-mère rdL.

Apprendre que Roberto Rosselinni fut le scénariste d’un film fasciste ne fait pas plaisir, enfin… l’important est qu’il ait dessillé !
A bientôt, Anne-lise,merci pour vos chroniques.

Dubruel dit: 21 décembre 2019 à 14 h 20 min

10H12. ‘jespère que vous nous donnerez un jour un portrait aussi subtil de la Mangano’

Riz amer. haaaa.ça me rappelle mon père. Lui aussi regardait Sylvana dans les yeux ;
nanarella ‘mèches emmêlées, jupe retroussée haut sur la cuisse sur un début de jarretelles,’ de même effet érotique. La Loren en corset, pardon!

Je retourne une demie minute à Kipling, l’image de l’écrivain rachto dans le cinéma.
Le dossier de Nadja Cohen ne déçoit pas. L’analyse du hammett de Wenders éclaire sous des angles plus loin que le hard-boiled classique. bien vu.

Janssen J-J dit: 21 décembre 2019 à 14 h 27 min

@ une qualité d’écriture telle qu’on apprend beaucoup sans qu’il soit besoin quelquefois d’en rajouter.les conversations autour sont passionnantes.la vivacité n’empêche pas la courtoisie

Yes… mais quelle est votre plus-value à ce post-ci par exemple, Me E Portmann ? N’êtes vous pas en train de parler d’autre chose que de la vie de la Magnani ? So what ? Je persiste, c’est une secte où l’on aime à s’ébrouer un brin comme sur l’autre chaine, mais pourquoi parler d’une « maison-mère » ?

C.P. dit: 21 décembre 2019 à 14 h 27 min

Je ne me souviens pas de « Vulcano », mais du « Carrosse d’or » et de « La Rose tatouée », oui !
Et de « Rome ville ouverte » auparavant. On m’avait emmené trop tôt voir ce film (pas mal de copies en circulaient alors en France) au cinéma ambulant qui s’installait chaque semaine dans le village où je passais une partie de mes vacances. J’ai longtemps cauchemardé sur les tortures infligées au personnage principal, sur l’effondrement tout de même de sa maîtresse délatrice, sur l’exécution du prêtre fusillé dans le dos, ligoté sur une chaise. Mais il est vrai qu’à ce moment du récit le personnage féminin joué par Anna Magnani est déjà mort.

Dubruel dit: 21 décembre 2019 à 14 h 31 min

‘incroyable précision empathique, apparemment grâce à un L. Skorecki dessilé (? ‘

jansen, où vous voyez l’article documenté ‘grâce à Skorecki’ ?elle cite la source, je viens de la consulter sans difficultés via google .
Anne Lise parle de ‘Rossellini dessillé’, rien d’autre.
Tesson,Skorecki, lefort, Cerisuelo, Aubron, Burdeau, Bonnaud, Soésanto font partie des journalistes qu’elle nous invite à lire. Pour elle, je veux bien.

pour les liens ,vous allez devoir patienter. l’informatique & elle, ça fait deux. Dix-huit mois à patienter dans son antichambre Fb et toujours pas pris! Qu’est-ce qu’il ne faut pas endurer. Elle t’a une f. plume, ça excuse tout.

‘son air travesti’(Magnani).excellent.bellissima, avec ça.

Dubruel dit: 21 décembre 2019 à 14 h 36 min

14H28. ‘Noël avant l’heure’. merci Jazzi.
normalement ça ne me concerne pas. Je ferai une exception.sus aux ségrégations confessionnelles.

christiane dit: 21 décembre 2019 à 14 h 43 min

Beau billet, écrit dans une langue différente comme s’il s’agissait d’une rencontre majeure entre Anne-Lise et la Magnani.
Anna Magnani la furieuse, la gouailleuse, l’excessive, l’instinctive, cheveux embroussaillés, reconnaissable entre toutes à travers les images du cinéma. Qui peut oublier son visage ? ses yeux de braise ? sa beauté profonde. Elle, débordant de l’écran… Rossellini ? (« Vulcano » contre « Stromboli » !) « Rome ville ouverte », la douloureuse, l’émouvante… Femme du peuple, courageuse, tragique, libre. Pasolini « Mamma Roma »… Visconti « Bellissime »…Renoir « Le Carrosse d’or » en Camilla.
J’ai du mal à distinguer la femme de l’actrice (et quelle actrice !). Qui était-elle ? Fragile, peut-être sous son allure de guerrière…

xlew dit: 21 décembre 2019 à 14 h 44 min

« Mi ha usata », elle dit de Pasolini, Jazzi, un beau rôle qu’il lui donne malgré tout, même si chez le frioulan, le cassage des idoles est la règle.
Un peu ce que fit Antonioni, dix ans plus tard dans les mêmes parages, Ioliens ou de Lipari, avec son Aventure.
Toujours des hommes volages, des femmes qui s’en prennent plein la persona, qui refusent que cela se voit sur les traits de leur visage, qui disparaissent comme Léa Massari.
Pour moi Monica Vitti c’est une prolongation de la psyché, et pourquoi pas du physique, d’Anna, occhi da cerbiatto, bouche de cappasanta portant une Vénus d’Anvers sur les lèvres, la dernière scène du film de 1960 est extraordinaire dans le passage du flambeau, le vol du feu féminin, avec le jeu de ce qu’il faut d’une force masculine qui point peut-être.
Dans la partie de cartes des Deux volcans, Antonioni abat le Roi de coeur, c’est terrible pour Rosselini qui jadis bossa avec lui, le Ferrarais au stylo, dans « Un piloto ritorna », 1942, commande mussolinienne, dont de Santis dira qu’elle était peu représentative d’une oeuvre de propagande, c’est le moins qu’on puisse dire, le non-dit antimiltariste à la Huston est plus d’une fois repérable.
Comme nous le rappelle Phil, tout le monde du cinéma italien fit ses classes dans les bureaux de l’un des fils du Duce, l’aviation (Caproni), les marais pontains, et donc le cinéma, étaient l’apanage du clan, souvent plus pour le pire que pour le meilleur nous sommes d’accord.
Bien que le cinéma…
Puisque chacune de ses futures étoiles sortent de son ciel en furie.

Janssen J-J dit: 21 décembre 2019 à 15 h 09 min

1 – dessiler, je voulais juste préciser : déciller, mais d’après DHH, c’est plus compliqué qu’il n’y parait
http://parler-francais.eklablog.com/deciller-a99046797
2 – je n’ai pas vu dans le post les liens URL sur l. sorecki, pas grave…
3 – A cette époque, Goliarda Sapienza, à Naples, s’identifiait complètement à Jean Gabin. Elle était par ailleurs tombée follement amoureuse de cette aristocrate mystérieuse et un peu sadique à Positano sur la côte amalfitaine,en face du Stromboli. Rendez-vous à Positano est un très beau roman. Peut-être savez-vous si un cinéaste italien actuel va en tirer un film. Après tout, on nous fait tout un char de « l’amie disparue », sacristie ! (d’Elena Ferrante, pas d’Elsa Morante, voyhons donc’ ).

Art dit: 21 décembre 2019 à 15 h 38 min

TRES CHERE Anne-Lise !!!et les rdc ,en premier lien PHLIPPE, M.jm, Cp et Jazzy que nous apprenons Marmy et moi à connaitre,je reviens pour souhaiter de bonnes vacances en attendant.

actrice bellissima présentée par vous, je connaissais pas cette Ana mMgnani. Fort avenante trait pour trait à Lisa Cuddy//Dc House connaissez-vous ? vieux feuilleton pas très bon mais fatal,ac 1doc accro vicodine à peine moins car médical que Breaking Bad, adorés par tous de ma génération!!!

Au sujet, j’annonce à tous Marmy en vacances mais vient d’avoir VINGT-CINQ!!!
il a vieilli, souhaitez _lui le il sera fou de joie, A-L car effectivement shy mais amoureux follement 2vous malgré Cora qu’il aime aussi.
Ne m’en voudra pas de le dire et m ê me me REMERCIERA car sachant que je partage.
Lisa Edelstein actrice du rôle Doc Cuddy émerveillante !!!elle lui ressemble et icone gay comme cette femme certainement auprès des jeunes homos qui kiff le vintage.
Et froid dans le dos d’apprendre que Roberto Rossellini a trempé!!!

A + ma très chère AL &tous de ce new year attendu dans maintenant 10j, en famille pas assez vue depuis.Et ça fait chaud au cœur de retrouver pour ceux qui ont.

Marie Helene S dit: 21 décembre 2019 à 16 h 02 min

L inclination naturelle irait a ‘deciller’.
‘Dessiller’(ou dessiler ?) il me semble n est pas un lapsus. Que dit la grammairienne ?

Bon anniversaire, Marmy !(ou ‘Vincent’, s il ne permet cette familiarite qu Art). 25 ans, c etait pour moi il y a… 20 ans. Parfois des doublements d age vertigineux. Ils ne se repetent pas tous les quatre matins.

14 h 43 ‘du mal à distinguer la femme de l’actrice’
Moi aussi, christiane. Sa forte personnalite brule les frontieres.
Elle ne devait pas etre heureuse.

Marie Helene S dit: 21 décembre 2019 à 16 h 07 min

14 h 20 ,dubruel ‘je retourne au personnage de Kipling, à l’écrivain rachto dans la représentation au cinéma’, le dossier de Nadja Cohen dans ‘Captures’

Je vous y rejoins, passant de ‘fascisme’ au franquisme.
Jan Baetens (sous la dir. de N.Cohen)
etudie la representation de personnages ‘ecrivant’ dans ‘L Esprit de la ruche’, premier film de Victor Erice (1973), souvent lu comme allegorie du franquisme. L article examine la manière dont est filme l acte d écrire, et plus particulièrement les rapports entre la representation de l ecriture et les themes de la solitude et du manque de communication.

Marie Helene S dit: 21 décembre 2019 à 16 h 21 min

Apres visionnage en entier ce matin du film Arte mis en lien a la fin du billet sur Anna Magnani, une question, Annelise : le documentaire est signe ‘Enrico Cerasuelo’.

existe t-il un lien de parente avec le journaliste dont vous avez recommande la lecture sur Wes Anderson, chez Cappricci ?(Marc C.)

@Portmann 14 h 01.j ai lu ce que vous dites sur la RDL a propos d AL. Entierement d accord.
ALR aime beaucoup les hommes, c est visible, tout en etant attentive aux femmes, attachee a leur ecoute, leur defense & respect, en toute solidarite.
La finale devant la porte d’A.Magnani, ‘on pourrait dire de toi ,louve, bouffonne, aristocrate et sensible’ est faite pour elle.

Marie Helene S dit: 21 décembre 2019 à 16 h 28 min

Verification faite, il s agit de Marc CerIsuelo (le professeur d etudes cinematographique & esthetique a l universite Gustave-Eiffel).
.Pas d homonymie avec le realisateur du documentaire E. C. Ma question a 16 h 21 s annule automatiquement.

J ai parle trop vite. Pas moins de quatre posts, c est trop ! Pardon d avoir squatte l espace. Bonne fin d apres-midi.

Cordialement.

Janssen J-J dit: 21 décembre 2019 à 18 h 16 min

J’avais lu spontanément 2020 = bonne année 2020.
Je crois donc que 20/20 est un pur contresens, elle ne s’attribue pas un brevet d’excellence, voyons donc ! Pas son genre, hein.
Bonne année itou. Voui, vraiment.

DHH dit: 21 décembre 2019 à 19 h 07 min

Le cinema que j’aime et le seul que je connaisse bien ce sont les classiques des années 50 60 70 ;donc aujourd’hui je me suis sentie gâtée par le billet et par les commentaires
On y parle des films que j’ai aimé et beaucoup fréquentés, et qui constituent ma vieillotte culture cinématographique :aussi aujourd’hui tout me parlait ; titres de films , noms d’acteurs , de metteurs en scène de ces années ,autant de petits déclics qui ont fait resurgir en moi, par un effet de madeleine cinématographique , des images, des visages ,des dialogues, me replongeant dans mon moi du temps de leur découverte et me faisant retrouver les émotions qui y étaient attachées
Et ont défilé dans ma tête quelques uns de ces personnages habités avec une violence somptueuse par la Magnani : mères agressives et passionnées qui s’échinent en efforts désespérés pour donner à leur enfant un avenir qu’elles croient radieux et qui les vengera de leur vie d’échec, comme dans Mama Roma et Bellissima , et aussi dans Vulcano ,où pour arracher sa sœur malgré elle à une destinée sordide elle va jusqu’au crime ; et aussi son personnage amante désespérée qui crie de manière douloureuse et quasi bestiale son refus de se resigner à la rupture dans le monologue téléphoné de la Voix humaine
Et au fil des commentaires j’ai retrouvé la Mangano de Riz Amer , qui a entraîné dans son sillage l’élégante aristocrate mitteleuropéenne de Mort à Venise, et de Visconti en Visconti je me suis offert la vision éblouissante de Claudia Cardinale dans sa robe de bal
Et même la photo qui surplombe le billet m’a comblée ,non uniquement parce qu’elle est très belle mais parce que la légende indique que le petit ilot à l’horizon c’est Panarea, et m’est revenue la scène de l’Avventura qui s’y déroule dans un commissariat sordide installé dans un palais baroque superbe et délabré
Merci

Ramoz dit: 21 décembre 2019 à 20 h 43 min

… étrange ce lobbying eurofille de Portmann pour ALiseR ???
… Une place dans un Jury ne serait-il qu’un tremplin vers Bruxelles ????????????????????

Phil dit: 22 décembre 2019 à 1 h 26 min

Stimulante recension cinéphilique de dhh, précieux témoignage vécu à l’époque de la sortie du film qui nous évite les dérives de rats de cinémathèques. qui sait encore que les films d’Ozu au Japon étaient d’abord vus par des femmes ?
Tout de même, surprenant que vous passiez de Magnani mamma roma à Mangano de Mort à Venise sans sourciller. Même Jazzi-baroz n’eût pu souhaité une mère aussi survoltée que celle de Pasolini.
quelles impressions pouvait bien faire « La louve de Calabre » de Lattuada aux contemporaines qui allaient au cinéma ?

Jazzi dit: 22 décembre 2019 à 10 h 59 min

« Talking About Trees » de Suhaib Gasmelbari.
Ce film documentaire nous présente quatre anciens cinéastes soudanais, du temps où ce pays avait encore une production cinématographique nationale, tentant d’organiser une grande projection publique à Khartoum et de rénover à cette occasion la grande salle de cinéma de la capitale dans un état de total délabrement.
Dès le coup d’Etat de 1989, en effet, la junte au pouvoir avait rebaptisée celle-ci « La Révolution » et interdit toutes projections cinématographiques.
Depuis, régimes dictatoriaux et pseudo démocratiques (le dernier président du Soudan a été élu avec 95% des voix) se sont succédés à la tête du pays, mais toujours pas de salles de cinémas publiques à l’horizon et encore moins de cinéastes locaux.
En revanche, tout autour de plus en plus de mosquées.
Incidemment, on apprend que les Chinois prévoient une rénovation complète de la vieille salle, avec un multiplex à la place avec centre commercial et hôtel.
En attendant, nos quatre amis s’activent pour faire aboutir leur projet.
En vain, hélas, mais non sans un certain humour fataliste…
Le cinéma serait-il un art immoral et dangereux, ainsi que le craignent visiblement les autorités politiques et les instances administratives, qui ne cessent de mettre des bâtons dans les roues de nos pauvres vieux cinéastes libertaires ?
Et cette salle symbolique n’est-elle pas plutôt le lieu où la Révolution est morte-née !
Telle semble être la bien triste morale de ce film…
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19586546&cfilm=271482.html

christiane dit: 22 décembre 2019 à 11 h 35 min

Intéressante votre question, Phil : « quelles impressions pouvait bien faire « La louve de Calabre » de Lattuada aux contemporaines qui allaient au cinéma ? »
Je reviens à « Bellissima » où Anna Magnani interprète le rôle d’une femme, Maddalena, qui court après une illusion, rêvant que sa fille devienne une grande actrice et échappe ainsi à la misère, prête à tout pour qu’elle soit choisie au casting, dépensant ses économies dans un acharnement désespéré, faisant courir sa fille d’audition en audition jusqu’à l’épuiser. Terrifiante et émouvante dans son rêve fracassé où elle va découvrir le pire.
Visconti, s’adressant à l’acteur qui interprète son rôle, Blasetti, dira de son personnage : « C’est nous qui mettons des illusions dans la tête des mères et des jeunes filles. Nous prenons des gens dans la rue et nous avons tort. Nous vendons un élixir d’amour qui n’est pas un élixir. Comme dans l’opéra, c’est du vin de Bordeaux. Le thème du charlatan, je ne l’ai pas mis pour toi, mais pour moi. » (Dans Bellissima, les apparitions de cet acteur sont accompagnées de « l’air du Charlatan » tiré de « L’Elixir d’amour » de Donizetti.)
Je me souviens des plans contraires montrant ces immeubles modestes, surpeuplés, des faubourgs romains où les femmes s’invectivent de fenêtre en fenêtre, opposés à ceux permettant de pénétrer dans les miroirs d’alouette que sont les plateaux de cinéma à Cinecittà. Visconti met à nu cette fabrique du rêve dans « Bellissima » montrant l’envers du décor dans l’Italie d’après-guerre déchirée par la misère.
On est loin du « Guépard », « Senso » ou « Mort à Venise » mais dans l’Italie des années 50, dans un noir et blanc magnifiant la beauté d’Anna Magnani et de la ville.

Mimi Pinson dit: 22 décembre 2019 à 11 h 42 min

@ « J’avais lu spontanément 2020 = bonne année 2020.
Je crois donc que 20/20 est un pur contresens, elle ne s’attribue pas un brevet d’excellence, voyons donc ! »

On vous aurai cru bien plus imaginatif, science-pot ;) … et d’ajouter quelques fleurs en plus au bouquet des 20.
Cela me rappelle une discussion avec Michel Butor, qui affirmait après la lecture par de jeunes élèves de son ouvrage  » brassées d’avril  » que cela était plus productif et créatif que ceux-ci trouvassent plus de choses à penser et à rêver que ce que lui-même avait mis dans ce livre.

Mimi Pinson dit: 22 décembre 2019 à 11 h 49 min

Ai regardé hier, dans son intégralité :  » Les ragazze di Piazza di Spagna (1952), Jazzi.
Un régal, merci!
C’est Milan ou Rome avant les constructions des années 60, après les cigarettes américaines mais celle déjà des  » esportazione  » sans filtre!
Lucia Bosè, une météore dans ce film comme seuls les italiens savent enchâsser comme un bijoux.

Paul Edel dit: 22 décembre 2019 à 11 h 54 min

//www.youtube.com/watch?v=c8PmcceVX-Yhttps://www.youtube.com/watch?v=c8PmcceVX-Yhttps://www.youtube.com/watch?v=c8PmcceVX-Y

Jazzi dit: 22 décembre 2019 à 12 h 16 min

Oui, Christiane, mais tu ne réponds pas tout à fait à la question de Phil. Quelle impression la Magnani te faisait-elle ? En tant que femme, épouse, amante et mère. C’était une féministe absolue, qui ne représentait qu’elle, et qui pouvait être un modèle stimulant pour les autres femmes ou répulsif à cause de ses excès ?

Jazzi dit: 22 décembre 2019 à 12 h 28 min

Grande page du cinéma que celui du cinéma italien d’après guerre !
Qui s’étend bien au-delà du néoréalisme, avec les thématiques abordés, ses cinéastes majeurs mais aussi sa pléiade de cinéastes mineurs, ses acteurs et surtout ses incomparables actrices, qui nous ont tous fait rêver ! Difficile, pour les générations qui viennent bien après…

christiane dit: 22 décembre 2019 à 12 h 41 min

Et pour cause, Jazzi ! « aux contemporaines qui allaient au cinéma »… Années 50 ? je n’allais pas encore au cinéma !
Mais quelles femmes pouvaient se payer le cinéma dans les années 50, en Italie ? Il me semble que le cinéma représentait un rêve d’ailleurs. Le néoréalisme offrait un reflet cru de la réalité. Je pense au « Voleur de bicyclette » de Vittorio de Sica. Là c’est un père de famille qui se fait voler son vélo sans lequel il ne peut se rendre à son travail ou « Miracle à Milan », ou « Sciuscia » du mêm ou à « Rome, ville ouverte », « Stromboli » de Rossellini, ou à « Riz amer » de De Santis (Là, la si belle Mangano ne danse pas…).
Mais aujourd’hui quand je les regarde, je suis émue et révoltée par cette misère et ces injustices, admirative de ces cinéastes et de ces acteurs. J’ai écrit plus haut mon attachement à la personnalité d’Anna Magnani qui n’a pas eu une vie si heureuse que ça…

Jazzi dit: 22 décembre 2019 à 13 h 14 min

Je me demande s’il y avait une grande rivalité entre ces femmes entre elles à l’époque. On sait que Lucia Bosé avait été pressentie la première pour jouer dans « Riz amer » et que c’est finalement Silvana Mangano qui a eu le rôle. Je me souviens que dans ma jeunesse je préférais nettement Sophia Loren à Gina Lollobrigida. Et que la plupart de ces actrices étaient la muse d’un producteur ou d’un cinéaste…
Voilà une question qu’il faudrait poser à Claudia Cardinale, C.P. !

Fontebranda dit: 22 décembre 2019 à 14 h 04 min

Avant le cenone, vs reprendrez bien un peu d’Audiberti ?

« Des fleuves de femmes étrangères, maintenant, traversaient Milan. […] Leur langage était un miaulement désossé […] On en vit une avec une ceinture de métal autour des hanches, une autre portait une robe mauve décolletée dans le dos, le dos était de couleur d’abricot […] Certaines, d’une variété particulière, étaient coiffées de casquettes blanches. […]
Leurs hommes portaient sur la poitrine des appareils photographiques. Avec, ils prenaient le Dôme, sept mille statues d’un coup, clac! […] D’autres […] s’arrêtaient sur la place, ils avaient deux guitares, jouaient, faisaient la quête. Ils venaient de l’Illinois pour ça, ou du Yorkshire, et ils tendaient en guise de sébile un vieux canotier sans bord aux hommes du pays éloquents, pauvres et olivâtres, qui s’asseyaient stupéfaits sur le soubassement des monuments. Des cars bourrés de viande nordique à lunettes, surgissaient. Mathilde cheminait. Ils se saisissaient d’elle, par le regard, un instant, comme d’une particule locale frappante et mémorable, avant de se jeter sur d’autres. Irritée, elle se sentait comprise dans le prix de leur voyage et dans le spectacle italien. »

Vincent dit: 22 décembre 2019 à 14 h 05 min

hello, BJ à tous….je vais pas rester longtemps car snowboard n’attend pas.
Et Ttusse m’a gentillement ridiculiser 1fois de + avec son humour bien à lui qui met la gênance. Mais g l’habitude et c’est vrai, SO…. il faut admettre d’enlevér le boxeur short dans cet déclaration idiote mais sympathic Ki vous est dédiée, Anne_lise.

Pour Dh qui rejoint 19.07, sa filmo « beaucoup fréquentés, et qui constituent ma vieillotte culture cinématographique :aussi aujourd’hui tout me parlait »
ne doit pas avoir honte….
Car nous tous pareil à 1 moment sur nos connaissances à improver.Et vieux n’est PAS un défaut pour n’importe qui. Peut-elle aller au cinéma avec ses enfants OU petits-e????
Qui ne diront pas non & pourront peu être lui enseigner leur tour quelque chose, malgré l’écart?

Je conseille d’aller voir pour faire 1essai star war, malgré la très petite qualité de cette dernière saga.Qui bien que raté il fallait voir ou effet largué.
Et en discuter…..compme moi je lis sur cette vieille femme travelo,à sa manière belle pour parler du fascisme.Et aimé et VU guépard visconti, où A.delon borgne (si ,c’est vrai, existant dvd pour verifier ceux Ki en doute).
TChao, à + ,merry christmas les amis….
Bv.

Vincent dit: 22 décembre 2019 à 14 h 10 min

philippe je n’ai pas oublié mais g pas le temps….et crainds d’expliquer mal à ce maouss cinephil K vous êtes.
Bon annee.Tchao, lets raise a glass or two à vous TS!

Dubruel dit: 22 décembre 2019 à 14 h 26 min

La cinéphilie n’a pas d’âge, DH. Il y a toujours moyen de rapporter sa contribution. La vôtre, celles de christiane, Fontabranda, Vincent,Cp ou jazzy estimables entre toutes. La preuve,l’ami Marmy, chasseur d’anoraks en slip panthère vous adoube à 14H05, what else ?

Dubruel dit: 22 décembre 2019 à 14 h 47 min

Lucia bose, celle que Dominguin regarde à la place d’Ava gardner. Choix cornélien.Je ne vois guère que la belle Cardinale pour rivaliser.

Phil, merci de faire émerger ‘La louve de calabre’ des mémoires.
En fait de Calabre, Sicile ? une des premières scènes à une fête populaire de sainte Agathe, LA sainte sicilienne par excellence. La facétieuse Anne lise, sur Fb où elle ne m’a toujours pas répondu ,avait décrit les trois pâtisseries à la crème place de l’Eléphant, par 45 à l’ombre.

je m’étais intéressé au film de Lattuada à la trame cousue de fil blanc,rivalité entre une mère nymphomane & sa fille, à cause de la nouvelle de Giovanni Verga, « La Lupa »,dont c’est tiré. Moravia et Pietrangeli se sont joints au réalisateur pour le scénario.
Je dis ‘cousue de fil blanc’ parce que tout ça filmé avec stridence. Enfin, pour les 50′s, l’image de la femme louve pour sa propre fille et envers les autres femmes shocking .May Britt, une Suédoise et l’autre française, j’ai oublié le nom.

L’actrice avait une fausse identité de fille des îles, exotisme qui plaisait beaucoup.
Il faudrait demander à notre cnrs des diversités Chetouane s’il en sait plus sur cette manipulation ‘glamour’ de ‘l’indigénéité’,si vous m’autorisez le barbarisme .

DHH dit: 22 décembre 2019 à 14 h 50 min

@Jazzi@christiane
Effectivement ce cinéma italien de l’après-guerre dont nous partageons le goût apporte un témoignage splendide sur l’Italie de ces années
Quel beau sujet de mémoire pour un étudiant en cinéma : l’Italie d’après-guerre et son évolution au cours des trente glorieuses à travers le cinéma : Réalités sociétales morales économiques
Il travaillerait sur les premiers Fellini(il bidone, la Strada , les nuits de Cabiria et la Dolce vita) sur Rossellini, avec Stromboli bien sûr, mais aussi moins connu mais très riche sur l’ univers social culturel et economique de la Campanie de cette époque « le voyage en Italie ».il se pencherait sur la question du Mezzogiorno avec Rocco et ses freres, il dissequerait « le voleur de bicyclette et « nous nous sommes tant aimés »
Tout est dans ces films :L’urbanisation sauvage et l’enrichissement de promoteurs sans scrupules ;le statut de la femme ,la triste vie rurale et la misère urbaine ,l’omniprésence de l’église dans l’establishment ,et sa pesanteur sur la vie economique et sur les consciences et aussi ses derives en direction de la marchandisation du religieux ; le passage d’un monde sans télé où dans les villages on attend Zampano, à un monde avec télé deculturante ou toute la population est scotchéee devant des errans où regnent la bêtise et la vugarité ( Scola,et Ginger et Fred );)l’emergence d’une classe de loisir nouvelle friquée inculte et totalement amorale (la dolce vita l’Avventura) ;la naissance de la presse people
Belle matière à explorer

Phil dit: 22 décembre 2019 à 14 h 51 min

Dear Vincent und Art, no worry, l’imbibition se conserve bien, elle attendra avec ses couleurs intactes vos explanations;
« qui met la gênance »…expression qui passe bien en blog. snowboardez entre les arbres et Champagne à la Hitchcock (un de ses premiers films) au bout des pistes; du bon et dans du cristal.
années cinquante, le cinéma était encore divertissement de masse. les pauses et furies de la Magnani crevaient-elles l’écran ? difficile de savoir, à Rome la démesure est dans l’air.

Mimi Pinson dit: 22 décembre 2019 à 15 h 20 min

la naissance de la presse people
Belle matière à explorer

@dhh,
Vous savez bien que l’Italie est la reine des  » fumetti « , pratique qui concentre une  » littérature » très particulière et une imaginerie qui flirte tout chaud avec le cinéma. Le people est de rêverie, du moins dans cette Italie là. Quand à définir le cinéma et l’univers félinien de sociologie d’une certaine Italie,( ce n’est certes pas vous qui l’évoquez, dhh!) il faut vraiment se mettre le doigt dans les narines, tellement son œuvre est fictive et personnelle.

Ramoz dit: 22 décembre 2019 à 15 h 37 min

C’est pas du Cinéma!
j’m réveille et vois Macron abandonner sa retraite..
C’est clair, il comprend qu’il n’y arrivera pas..

Reste que Magnani c’est trop dit,
elle avait tout du « trans »… et La Strada c’était mortel… Le Cinéclub rital d’après guerre ce ne fut que le digne précurseur de l’actuel Mouvement des Sardines.
Mon italienne favorite fut toujours Anita EKberg…
et des photos d’elle existent qui maintiennent dans mon coeur, sa très païenne religion. jusqu’en ces veilles de Noël, de ses crèches et de ses beaux Sapin.

Phil dit: 22 décembre 2019 à 15 h 39 min

beau résumé de « La louve de Calabre », dear Dubruel. voyant ce film récemment depuis le nord de l’Europe à pays sans fascisme, où « Monika » se met nue en été sans susciter d’emeutes…ce genre de louve, Magnani en est, ne s’éveille que sous la férule d’un Mussolini, comme les talons hauts d’Almodovar ont eu besoin de Franco en marche-pieds. obscénité mêlée d’inceste pour finir en lynchage, cette communauté calabraise ressemble à Tripoli après l’assassinat de son colonel. villes à ruines romaines déchaînées. Yourcenar l’a pressenti dans son « Denier du rêve » (livre un peu impécunieux dans son corsetage érotique)

Phil dit: 22 décembre 2019 à 15 h 44 min

Anita Ekberg…c’était des mensurations à vous jeter dans la fontaine de trevi. faut pas parler à néo, simplement de réalisme

Fontebranda dit: 22 décembre 2019 à 15 h 44 min

Dubruel, il suffit d’enlever les deux barres obliques du début.

DHH : des italiens s’en sont occupés, incluant aussi la photographie (Lattuada par ex. a d’abord été photographe), le photojournalisme, les précurseurs de l’époque mussolinienne, tenant compte de la loi Andreotti de décembre 1949 (censure des documentaires), de ce qui a été entrepris pour s’y opposer (la revue Cineam Nuovo) ou la contourner, du néo-réalisme après le néo-réalisme. À l’origine, une exposition — qui a voyagé aux États-Unis — d’où un catalogue disponible en italien ou en anglais.
L’expo est disponible pour d’autres destinations : les movers & shakers d’ici savent ce qu’ils leur reste à faire…

https://admiraphotography.com/mostre/neorealismo-la-nuova-immagine-in-italia-1932-1960-2.html

Jazzi dit: 22 décembre 2019 à 16 h 12 min

Il semble que « l’invention » du néoréalisme italien soit due à Luchino Visconti, plus qu’à Vittorio de Sica et Roberto Rossellini, sous l’influence de Jean Renoir ?

« Sa carrière cinématographique débuta en 1936, en France, où il travailla aux côtés de Jean Renoir (rencontré grâce à Coco Chanel) comme assistant, à la réalisation et au choix des costumes de deux de ses œuvres, Les Bas-fonds et Partie de campagne. Le souci de réalisme du grand cinéaste français le marqua profondément. Toujours en France, il rencontra des réfugiés italiens, militants de gauche, au contact desquels ses convictions politiques changèrent radicalement. Après un bref séjour à Hollywood, il rentra en Italie en 1939 à cause du décès de sa mère. Avec Renoir, il commença à travailler à une adaptation cinématographique de La Tosca, mais, quand éclata la guerre, le réalisateur français fut contraint d’abandonner le tournage — il fut remplacé par l’Allemand Carl Koch.

La rencontre avec certains jeunes intellectuels et critiques, collaborateurs à la revue Cinema (fondée, ironie du sort, par un fils de Benito Mussolini, Vittorio), fit germer dans son esprit l’idée d’un cinéma qui raconterait de façon réaliste la vie et les drames quotidiens du peuple, cinéma qui serait en rupture avec les mièvreries clinquantes et édulcorées des comédies du cinema dei telefoni bianchi (littéralement « cinéma des téléphones blancs »). À cette époque, il rencontra Roberto Rossellini et, probablement, Federico Fellini. Visconti projeta de réaliser l’adaptation du roman Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier et celle des Malavoglia de Verga, mais ces projets avortèrent.

Partant de cette idée, il signa en 1942, avec Giuseppe De Santis, Gianni Puccini, Antonio Pietrangeli, Mario Serandrei et Rosario Assunto, son premier film, une des œuvres majeures du néo-réalisme : Ossessione (Les Amants diaboliques), inspiré du célèbre roman The Postman always rings twice (Le facteur sonne toujours deux fois) de James M. Cain, avec, comme acteurs principaux, la sulfureuse Clara Calamai (elle remplaça au dernier moment Anna Magnani, initialement destinée au rôle trouble de Giovanna) et Massimo Girotti dans le rôle du mécanicien, Gino.

Un second projet, une adaptation de L’Amante di Gramigna de Giovanni Verga, ne put être mené à bien, la guerre s’intensifiant. Capturé et emprisonné, Visconti échappa au peloton d’exécution grâce à l’intervention de l’actrice María Denis qui raconte cette expérience dans son autobiographie Il Gioco della verità (Le Jeu de la vérité). À la fin du conflit, Visconti participa aux côtés de Mario Serandrei à la réalisation du documentaire Giorni di gloria (Jours de gloire), consacré à la Résistance et à la Libération. » (source wiki)

christiane dit: 22 décembre 2019 à 17 h 00 min

Joie de vous lire, DHH. Vous allez au-delà du regard porté sur ces cinéastes prestigieux pour faire émerger l »Histoire qui leur est contemporaine.
Après les années d’après-guerre et la perte de repères et ce sentiment d’anéantissement qui suivirent, des films réalistes naquirent pleins de désastres et de drames. Mélodrames et films noirs. Les éclats de tendresse dans les drames du néoréalisme suivirent mettant en scène les vicissitudes des familles pauvres, la cruauté de la vie : (« Sciuscia », « le voleur de bicyclette », « Rome ville ouverte », « Il bandito »… Un cinéma humaniste dénonçant l’injustice sociale comme vous l’évoquez si bien. (Un peu comme Marcel Carné en France.)
Puis, peu à peu, un autre cinéma s’impose, celui d’Antonioni, de Viconti, Zeffirelli, Pasolini…de Fellini.
« La Dolce vita » de Federico Fellini, film réalisé en 1960 semblait correspondre après ces difficiles années d’après-guerre en Italie au miracle économique qui a suivi. Rome est aussi belle sur l’écran que le mannequin devenu diva, Anita Ekberg. La fontaine de Trevi toute en pierre blanche étincelante dans la nuit accueillera son bain mythique avec Marcello Mastrioni (mythique mais glacé !), yeux fermés, cou tendu, poitrine généreuse ( presqu’un Bernin… païen, mâtiné d’érotisme!). J’imagine que des curieux devaient assister au tournage !), la via Veneto et ses activités nocturnes, les thermes de Caracalla devenus night-club… Les mœurs des jeunes gens mondains, oisifs se libèrent. « La Dolce vita » a dû faire scandale. Le pape se fit-il projeter le film ? et les catholiques fervents de ce pays ont-ils trouvé le film acceptable ? (Phil nous dira…)
Quel grand film et quel succès ! Un évènement cinématographique devenu l’imaginaire d’une ville… une Palme d’or à Cannes, un titre qui restera dans les mémoires comme un symbole : « La Dolce vita ». (Sans oublier le partenariat réussi avec le compositeur Nino Rota dont les musiques font aussi partie de l’imaginaire collectif.

Je vois qu’à âge égal nous avons aimé les mêmes films. Bonheur que ce billet d’anne-Lise Roux !

DHH dit: 22 décembre 2019 à 17 h 43 min

De Sica aussi a passé plusieurs années en France pour fuir l’Italie mussolinienne où il n’est retourné qu’après la guerre
A propos de ce sejour en France une histoire un peu triste qui m’a été racontée par celle qui l’a vécue
Lorsque je suis entrée dans l’administration j’y avais sympathisé avec une femme déjà blanchie sous le harnois, ;elle s’acquittait avec compétence et modestie de son travail de secretaire , de manière si efficace et scrupuleuse que, pour parler comme Flaubert dans un cœur simple, tout le monde enviait madame D.. à son patron ;ses bons et loyaux services lui valurent une croix de la legion d’honneur remise au cours de son pot de depart ,maigre ,compensation d’ une bien modeste retraite
Or cette femme qui avait eu une vie professionnelle si vertueusement obscure était passée à côté de sa chance.
Elle avait eté à Paris, elle-même alors très jeune, la secrétaire de de Sica, seule collaboratrice du maître en semi-exil dont elle tapait le courrier et rangeait les dossiers.
Lorsque, la paix revenue, de Sica a vu la possibilité de retourner en Italie et de se lancer dans l’aventure cinématographique qu’il ambitionnait, il a proposé à sa jeune secrétaire ,dont il avait apprécié le savoir-faire d’organisatrice, de le suivre en devenant sa script, métier qu’il lui apprendrait et où ses qualités feraient merveille.
Tres tentée par la proposition elle n’a pu à son grand désespoir lui donner suite. Ce projet s’est heurté à l’opposition formelle de son père, ouvrier honnête, vertueux et épris de respectabilité pour qui script girl call girl c’était tout un ,cela signifiait débauche et perdition et sa fille ne devait pas être une trainée .C’était encore le temps où une fille même indépendante financièrement ne pouvait imaginer d’aller à l’encontre de la volonté de ses parents
La mort dans l’âme elle a laissé partir son maître et, avec un salaire bien moindre, elle est entrée dans l’administration, où elle a fait pendant quarante ans le même travail obscur et répétitif pour le plus grand profit des patrons qui se sont succédé dans le grand et beau bureau voisin du petit local où elle a passe sa vie de fonctionnaire subalterne irreprochable

christiane dit: 22 décembre 2019 à 18 h 44 min

DHH,
entre une nouvelle de Flaubert et un scenario de de Sica, cette vie m’évoque, dans « La rose pourpre du Caire » de W.Allen, cette jeune serveuse qui se console d’une vie sans saveur en allant le soir rêver au cinéma… Elle aurait pu s’appeler « Félicité »…

christiane dit: 22 décembre 2019 à 18 h 46 min

@Dubruel dit le 22 décembre 2019 à 14 h 53 : « Edel, votre lien ne s’ouvre pas.le 22 à 11H54.
merci »

Il y en a 3 serrés, collés. Les copier un à un puis les ouvrir successivement…

Paul Edel dit: 22 décembre 2019 à 18 h 52 min

Dubruel..Il s’agit d’une séquence du film « Anna » de Lattuada qu’on trouve facilement sur You tube au cours de laquelle Anna Magnani se livre à une danse particulièrement érotique, séquence reprise d’ailleurs par Nanni Moretti dans son « journal intime » ..

Mimi Pinson dit: 22 décembre 2019 à 19 h 14 min

@dhh,
 » son père, ouvrier honnête, vertueux et épris de respectabilité pour qui script girl call girl c’était tout un , »

Le conditionnement social et « moral » tient aussi des jeunes filles elles-mêmes.
Et même en France en 1973, le chanteur Pierre Vassiliu l’exprime  » « Dans ma maison d’amour », à sa manière et non sans humour :
 » des filles qui entendent sciences occultes et comprennent érotisme. »
Bonne soirée.

christiane dit: 22 décembre 2019 à 20 h 22 min

A cette danse de Silvna Mangano (et non Anna Magnani) extraite de »Anna » de Alberto Lattuada 1951)
https://www.youtube.com/watch?v=c8PmcceVX-Y
, je préfère Ava Gardner l’interprétant dans « La Nuit de l’iguane » de John Huston (sorti en 1964). Film adapté d’une pièce de Tennessee Williams, montée à Broadway en 1961, au bord de l’océan, dans la moiteur de l’atmosphère de Puerto Vallarta, filmé dans un splendide noir et blanc. Face à Richard Burton (en pasteur alcoolique : Lawrence Shannon), elle, Maxine (Ava Gardner), (la veuve, propriétaire de l’hôtel qui surplombe la jungle mexicaine et l’océan, là où tout le monde va s’échouer,), la danse, troublante, provocante, flamboyante, cernée par ses beach boys, se déhanchant sur le rythme endiablé de leurs maracas. L’obscurité lumineuse de la mer éclaire son corps et ceux des danseurs qui l’étreignent. Soudain, Maxine, les rejette brutalement et son corps réapparaît, indemne, de cette danse qui ressemble à une lutte, dans le bruit de vagues… Là aussi érotisme puissant de la scène dans un jeu d’ombre et de lumière, filmé en contre-jour.

Phil dit: 23 décembre 2019 à 1 h 21 min

diablement bien décrite, la danse aux maracas, dear Christiane. quelle femme en effet, cette « Maxine » au patronyme masculin, flanquée de toy boys à faire pâlir nos ministres de la culture

Mimi Pinson dit: 23 décembre 2019 à 14 h 20 min

circonstanceS, bien évidemment!

Je déguste un Château de Malle, et il se laisse boire.( Ne venez pas nous sortir une inepte blaguounette à ce propos Jzzi…)La formule du château est :  » Honnit soit qu’y Malle y pense! ».
Alors…

Jazzi dit: 23 décembre 2019 à 15 h 29 min

Je préfère un bon blanc sec à un champagne, Phil !
Le champagne est un ersatz de vin avec des bulles en plus, n’en suis pas très fan, une coupe à l’occasion…

Phil dit: 23 décembre 2019 à 15 h 38 min

tout dépend de la taille des bulles, dear Baroz. Petites et rapides à monter par les bords de la flûte, ainsi le Champagne est-il bon. pour les allergiques aux bulles, il y a certes des tiges débulleuses, parfois élégants ustensiles à dénaturer le champagne en le fouillant (en vente au rayon pervers).

Jazzi dit: 24 décembre 2019 à 13 h 53 min

« La Vie invisible d’Eurídice Gusmão » de Karim Aïnouz.
Un superbe mélo, dans la lignée de Pedro Almodovar, mais en plus tragique ou en moins comique, qui nous conte le destin de deux soeurs, Euridice, 18 ans, et Guida, 20 ans, que la vie va impitoyablement séparer dans le Rio de Janeiro des années 1950.
Ici, seules survivront les lettres que l’une envoya à l’autre, qui, hélas, les recevra un demi siècle plus tard, trop tard…
Un beau film féministe, sur les ravages du machisme et du mensonge, causes de dégâts irrémédiables !
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19585978&cfilm=249383.html

Phil dit: 26 décembre 2019 à 9 h 37 min

Dear Christiane, merci, nous avons bon souvenir de cette séquence transpirante, peut-être une des meilleures de ce film où Gardner est plus féline que Taylor aurait jamais pu l’être. bien juste, votre description de ce noir et blanc aux variations qui rendent inutile la couleur dans cette scène tropicale.

christiane dit: 26 décembre 2019 à 12 h 32 min

Oui, Phil, elle joue merveilleusement dans ce film (Burton aussi). Je n’ai pu m’empêcher d’y penser en visionnant la vidéo (si sage) offerte par Paul. Dans le genre « féline », Lauren Bacall, Rita Hayworth ne sont pas mal non plus !
J’aime beaucoup les interprétations d’Anna Magnani. Je ne lui trouve que peu de sensualité mais une grande force dramatique dans ses interprétations.

Jazzi dit: 27 décembre 2019 à 10 h 45 min

« La vérité » de Hirokazu Kore-eda, avec Catherine Deneuve et Juliette Binoche.
Vieilles rengaines que ces histoires de mères artistes, égocentriques, narcissiques et passablement castratrices avec leurs maris et leurs enfants, où Ingrid Bergman et Anna Magnani, entre autres, se sont justement illustrées.
Rien de bien nouveau dans cette vérité-là.
C’était d’ailleurs déjà un peu le thème du précédent film de Catherine Deneuve, « Fête de famille » de Cédric Kahn, avec Emmanuelle Bercot et Vincent Macaigne.
Catherine Deneuve n’est jamais aussi bonne actrice que lorsque elle nous donne l’impression d’être parfaitement juste avec légèreté et naturel.
Ici, hélas, le metteur en scène japonais a cru bon d’en rajouter des couches sur le sujet de la grande actrice toute entière dévouée à son art au détriment de sa vie de mère et d’épouse.
Au point que le couple improbable mère-fille Deneuve, dominante, et Binoche, dominée, tourne au duo de cabotines, tout en lourdeur et effets appuyés.
Avec le sentiment désagréable en sus que le réalisateur est allé cherché du côté de la vie privée de Deneuve pour nourrir son scénario : celle-ci étant pratiquement responsable de la mort de sa principale rivale, qui lui faisait du tort pour sa carrière personnelle…
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19584922&cfilm=264942.html

xlew dit: 27 décembre 2019 à 12 h 57 min

Tout le cinéma japonais est étude des différentes couches des sentiments humains, lambeaux de peau retirés un à un, Jazzi-san, Kore-eda est venu à Paris avec son art du cadre et sa tranchante étrangeté, son inquiétante science de l’équarissement longitudinal du plan séquence, lui et Verhoeven sont des petits crustacés qui viennent sucer le cadavre du cinéma français avec leur modeste trompe buccale et le revigore, non mince exploit.
On a la fugace impression grâce à eux que l’industrie marche encore, même si c’est en crabe.
Ne négligeons pas ça, nous les sacrifiés, gavés d’huîtres et de coquille saint-jacques, les bedonnés des salles de janvier.
Il y a d’inédites et belle prises de rues de Paris, Kiyoshi Kurosawa en avait donné d’autres en 2017 avec son magistral Le Secret de La Chambre Noire.
Gourmets de Paris, les Japonais.
Deneuve a ce talent de faire rire « Tu vas pas faire Dorothée, quand même !?! », magnifique fruit tardif d’une lente vieillesse, un état chez elle, une technique travaillée avec goût, alors que les joues, grasses de mille laits de jouvence boostés au collagène et à la formule norvégienne, de Binoche laissent de stokeriennes traces de lividité (on se croirait chez Bram) devant et derrière elle qui dérangent le spectateur à l’écran au bout d’un moment, un affreux chiasma carbonique qui soulèverait presque le coeur.
Deneuve semble vouloir nous faire savoir qu’elle est remontée à bord de cette fatale décapotable en partance vers l’aéroport de Nice, Nice et ses belles aurores pluvieuses, tout fait habitacle lorsqu’un plan s’abat sur elle à la caméra, tous les autres acteurs sont comme à la place du mort, spécialement les hommes, Hawke ou son mari, qui ressemble de loin à Serge Rousseau, l’agent secret des stars, l’époux de Marie Dubois, elle peut se permettre de déraper, tout reste sous son contrôle, les autres freaks de la distribution se contentent de bêtement sourire le nez dans les odeurs de pneus brûlés.
C.P., je comprends bien le jeune enfant choqué par la vision, et le son, très brut dans son étrange maigreur, de la scène de l’exécution du curé, je l’ai vue vers vingt ans et elle m’avait remué aussi.
Habitués que nous Français étions à la lecture de Benjamin Péret, aux dessins de Chaval et des ses ridicules ecclésiastiques frottés de noir corbeau, la souffrance et le sacrifice des gens d’église avaient de quoi souffler les esprits peignés comme il faut.
Cette affaire de fusillement dans le dos assis sur une chaise devint l’espace d’un instant une espèce de rime du cinéma italien, une fascination rétrospective, dans les années 60 à 80, un beau « Procès de Vérone » (Carlo Lizzani, 1960) et une pièce de télévision tournée par Franco Giraldi, ex-second de de Santis, Pontecorvo et donc de Lizzani, « Une Fronda Inutile », en témoigneraient, avant que l’on retrouve la bande d’actualité de janvier 44, date du procès du Comte Ciano par son beau-père Duce, et la graphique colorisation de son exécution en 1990, le condamné marchant aussi bravement que de manière théâtrale vers le peloton dans un long pardessus à doublure de soie lavande, chapeau de feutre made in London sur la tête.
Il tenta de se retourner au dernier moment, ce qui le fera recevoir deux coups de grâce une fois à terre.
La mort du jeune Edmund dans le « Allemagne Année Zéro » de Rosselini fut l’une de ces autres visions qui marquèrent, certainement, tout en sur-contrastes blancs cette fois-ci, comme si le noir charbon de la Rome ouverte de 1945 n’était plus qu’une strate, la couche d’un temps géologique déjà recouvert sur les pentes d’un volcan oublié, disparu sous les frondaisons de son reboisement.

C.P. dit: 27 décembre 2019 à 15 h 20 min

Merci, Lew.

Comme bien d’autres ici, j’ai vu Anna Magnani dans pas mal de films. J’ai dit quels étaient les trois où elle m’avait le plus frappé et mon préféré quant à sa performance d’actrice demeure « La Rose tatouée » (que j’ai vu bien après sa sortie). Nul paradoxe, puisque l’action se passe dans un milieu majoritairement italien. Je ne sais plus pourquoi elle n’avait pas créé le rôle principal au théâtre avant l’adaptation au cinéma, alors qu’elle connaissait, je crois, Tennessee Williams.
Très simplement, je ne pense pas avoir jamais vu et entendu, même en cherchant bien dans mes souvenirs, une actrice assurer une aussi grande variété de tons qu’elle dans cette réalisation où, il est vrai, elle m’avait semblé écraser un peu ses partenaires. Mais il faudrait que je revoie ce film.

Art dit: 27 décembre 2019 à 16 h 31 min

Anne-lise, quand allez-vous revenir pour nous faire 1excellente masterclass? Nous avons parlé de vous avec vincent(Alpes suisses!!!car passons la fin d’année là.)
Pour vous faire sourire vous tous et spécialement AL, car vous tous s’étaient moqués d’1 façon amicale et sympa: devinez quel est le prochain titre d’isabelle huppert ?
LA DARONNE !!!
respect à qui mes chers amis? de l’avoir prévue avant !!!jp.Salomé mauvais arsene Lupin et pire belphégor, alors que celui avec Juliet greco était bien.Etes- vous étonnés qu’on connaisse les vieux classic?mais pas tous!!!

malhuereusment Kore-eda raté. C.deneuve est 1diva qu’il avait gâché bien qu’iconic. Juliet binoche bien dans Dix pour cent, mieux que dans cet Oliver assayas raté serpent de brume absurde &prétentieux!!!Ou en fille dominée par une mother envahissante.

Jazzi dit: 27 décembre 2019 à 20 h 19 min

Je crains que pour Deneuve, ça a été le film de trop, Art !
Emmanuelle Bercot a arrêté le prochain film qu’elles tournaient ensemble…

Jazzi dit: 27 décembre 2019 à 20 h 26 min

en revanche, j’ai revu l’autre soir, à la télé, « Huit femmes » de François Ozon (2002).
Le film prend de plus en plus de la bouteille avec l’âge. Un mélange d’Agatha Christie et de « Au théâtre ce soir ». Et les huit comédiennes, parfaites. Une distribution d’exception. Avec la scène d’anthologie de la bagarre de stars : Deneuve/Ardant !

xlew dit: 27 décembre 2019 à 23 h 39 min

Dieu sait que je partagerais ce que vous dites d’Anna Magnani, C.P., sauf peut-être, c’est-là mon dilemme, dans le film que vous citez.
The Rose Tatoo transformé en film ne m’a jamais vraiment plu, ni l’histoire, qu’espérait l’auteur après des chefs-d’œuvre comme la Ménagerie et le Tramway ?
Ses détracteurs dirent qu’il messageait son jeune amant marin italien de l’époque, un billet doux scénique en quelque sorte.
Trop d’italianité exacerbée ne me fait pas peur, à moins que l’équilibre ne se rompe et qu’apparaissent les stéréotypes impossibles à glisser sous le tapis mental du spectateur bien disposé.
Pourtant j’aime bien Lancaster aussi.
Monstre sacré, maîtresse suprême de l’art dramatique, aucune hyperbole ne vient à bout d’elle, aucun poncif.
L’Italie l’a révérée jusqu’au bout, Vitti eut à subir certains quolibets sur sa façon de jouer, la virtuosité hyperréaliste d’Antonioni se retourna contre elle à un moment, elle eut l’intelligence de ne pas vouloir plaire qu’aux sardines de ces années-là mais au peuple entier, ce qu’elle parvint à faire je crois.
Pourquoi une grande actrice ne se lève-t-elle pas aujourd’hui ?
Sansa, Golino, promettaient…
Valli, Masina, et même Laura Morante laissent des regrets, j’ajoute leurs beaux noms à ceux cités plus haut par d’autres commentateurs, femmes et hommes.
Buona serata cher C.P., revoyez le film et dites-nous tout.

C.P. dit: 28 décembre 2019 à 10 h 05 min

Cher Lew, bien sûr que « l’histoire » dans « La Rose tatouée » n’est vraiment pas la meilleure sortie de l’imagination de Williams : elle est forcée et même artificiellement taillée dans des poncifs, en effet, jusqu’à sa fin plutôt heureuse. C’est le même metteur en scène, Daniel Mann, pour la création de la pièce (je ne l’ai évidemment pas vue alors) et le film qui n’est pas terrible, sauf que Mann y a choisi Magnani.
En somme, je voulais seulement dire qu’elle joue ce jeu « italien » dans divers registres de manière éclatante, j’ai ajouté qu’elle étouffait quelque peu les autres , mais il faudrait que je revoie Burt Lancaster.

Il y a quelques années, aux Cloisters, à l’occasion de diverses leçons pour l’Actor Studio, Meryl Streep et Al Pacino avaient repris des extraits de la pièce ; en réalité , selon mon impression puisque j’y étais, de sa version cinématographique. Streep avait dit en souriant que n’étant pas italienne, elle rendait comme elle le pouvait hommage à Anna Magnani. C’était en tout cas un sacré travail, d’autant que Frances McDormand a rejoué quelques scènes, toujours avec Pacino.

Allons, on verra en 2020 Isabelle Huppert (que j’aime vraiment beaucoup, Art) jouer à l’Odéon Tennessee Williams…

C.P. dit: 28 décembre 2019 à 10 h 36 min

Je crois avoir déjà dit qu’il s’agira, en mars-avril, de « La Ménagerie de verre », dans une mise en scène de Ivo van Hove.
Art, si vous étiez dans le coin et si cela vous agréait, je vous emmènerais volontiers voir « la daronne » au théâtre.

Jazzi dit: 28 décembre 2019 à 10 h 58 min

« Le Lac aux oies sauvages » de Diao Yinan.
Un film noir, mais en couleurs, prétexte à une grande virtuosité visuelle, réalisé autour d’une course poursuite dans la Chine contemporaine.
Beau comme les polars des années 50 de Jean-Pierre Melville, où l’action tient lieu de discours. Dans un monde et sous un continent violent et tragique, qui se réduit ici entre flics, voyous et prostituées au grand coeur (ah ! les belles baigneuses) où le héros n’a seulement que la prime de sa captivité à offrir à la femme qu’il aime.
Sous le film de genre, incontestablement, un film d’auteur !
Plus pour la forme cependant (superbes plans à moto et en ombre chinoises) que pour le message…
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19585594&cfilm=262099.html

Phil dit: 28 décembre 2019 à 23 h 31 min

Paris en grève, la cinémathèque respire. Vu « ma femme est formidable » de Hunebelle 1951 (Fantomas, le bossu etc.). Certes pas l’agrégation mais agréable comédie de qualité française, sise avenue Junot, sans touristes ni téléastes riches et idiots. Une douzaine de spectateurs, autant que les huîtres à venir.

alley car dit: 28 décembre 2019 à 23 h 45 min

(il paraît que les naissains viennent tous du Japon pour occuper les parcs de Quiberon ; vous allez nous remmener Paul Edel et Naruse en moins de deux, malheureux)

Jazzi dit: 29 décembre 2019 à 11 h 01 min

La meilleure comédie de l’époque, Phil, c’est « La comédie du bonheur » (1940) de Marcel L’Herbier, avec Cocteau au scénario.

Phil dit: 29 décembre 2019 à 11 h 25 min

ah. Jourdan…juste avant sa partance pour hollywood. remember, les frenchies de hollywood qui causaient anglais (et pas du..Dujardin !)

Art dit: 29 décembre 2019 à 15 h 36 min

1proposition fort captivante de m’emmener voir ensemble,cher Cp 10h.36!!! Auquel je dis OUI si sincère !!!Quelles dates? je crains d’être en asie, sinon oui.
Car ne suis pas un opposant à cette daronne H. depuis que vue dans le film de mia Hensen-love chroniqué dans ces colonnes.

Surtout si Annelise perçoit l’invitation, que Vincent et moi serions personnellement FIERS d’escort à l’Europe chez votre beau-père, si elle dit oui. Mais pas gagné.

Je ne fréquente fort peu Odéon, malheureusement .Pas attiré theatre en général, préférant cinémathèque ou masterclasses AL pour se cultiver en dehors de ma zone de confort.Ma mère oui, parfait à son âge: 48 ans,faisant très jeune pour cet âge d’une femme encore jeune plaisant beaucoup.

Philippe 11h.25 J.dujardin n’est pas très formidable. En quoi comparé a hollywood? quand il fait la pub Nespresso, toujours mauvais si comparaison georges Clooney.
Dans Dix % amoureux de son vieux manteau mité. is Huppert fait 36 choses à la fois .les assurances veulent pas couvrir car craque le contrat. est-ce le K?

Béatrice dalle chez les sœurs,réfugiée après le refus jouer nue dans un sac à la morgue !!!Un réal okay boomer trop insistant.la série de fanny herrero, cool si l’avez suivie.

xlew dit: 29 décembre 2019 à 15 h 51 min

Mélies, Epstein, L’Herbier, Bresson, De Broca, Cavalier de la salle, l’Histoire du cinéma français, sans n’oublier personne comme je l’espère.
L’Herbier longtemps haï par les Surréalistes, principale inspiration de Carné, laquelle ne sera jamais concédée par ce dernier, ses Enfants devant beaucoup à la Comédie et la Nuit Fantastique du premier.
Continuateur de Feuillade, son Jourdan rappelle autant Fantomas avant qu’il n’appelle Delon à se rallier par anticipation à son panache noir.
Accepte le peigne pétainiste pendant la guerre mais refuse de recoiffer les Zazous et reste maître de sa coupe.
Très finement pro-Jeanson, ne s’en laisse pas compter par Langlois connu pour arrondir les gangs des attractions d’avant.
Il refonde en droit le métier, abonde intellectuellement la fonction de critique.
Sinon, à l’ouest de la Vague, rien de nouveau, oder ?

Phil dit: 29 décembre 2019 à 16 h 14 min

Dear Art, of course, nous sommes d’accord, Dujardin avec ou sans nespresso (suis pas un adepte de la capsule) n’a pas le niveau anglais d’un Jourdan. ai pas essprimé assez bien ma notule…(quelle foutaise, les posts en blog… avez-vous lu: « la fabrique du crétin digital » d’un duvernet, I believe, du cnrs, I’m sure ).
Jourdan, c’est la veine des Simone Simon, Tourneur, Adolphe Menjou (la rolls), les premiers frenchies à hollywood. why Dujardin ? ..because son film muet primé US.
CP nous dira: y-a-t-il un reste d’accent estranger chez Jourdan in, for example, « Lettre d’une inconnuee de Ophüls, 1948. Dental english qui me semble perfect

Jazzi dit: 29 décembre 2019 à 16 h 25 min

Alors qu’il était cloitré chez lui, aveugle, j’avais appelé au téléphone Marcel L’Herbier, xlew. Pour lui demander l’autorisation d’utiliser un extrait de la bande-son de sa « Comédie du bonheur ». En préparation d’une série d’émissions sur le thème du bonheur pour les Nuits Magnétiques, sur France-Culture.
L’Herbier, d’une voix fluette, me répondit qu’il n’en possédait pas les droits, et qu’il fallait voir avec les héritiers de Cocteau.
Il est mort peu de temps après mes émissions…

Phil dit: 29 décembre 2019 à 16 h 35 min

et voilà, bien dit baroz. aucune salle au nom de L’herbier à la cinémathèque de France. bientôt, un espace jony aliday

Phil dit: 29 décembre 2019 à 16 h 41 min

yes baroz, l’avais oublié ! excellent Chevalier, pas oublié par les résistants non plus qui ont voulu lui faire la peau. comme Guitry !
mais Menjou…la diction de Menjou dans « Les sentiers de la gloire », m’en remets pas, à écouter en sirotant un calva.

xlew dit: 29 décembre 2019 à 17 h 04 min

« Le bonheur, c’est fluet », comme dirait Léa Salamé, Jazzi.
La gloire posthume aussi, L’Herbier inconnu à NYC, sauf par Allen, mais aussi à Paris, alors d’après Phil, qui s’en étonne ?
Kudos à toi pour ces deux extraits.
J’ai une passion pour le français des acteurs anglais ou américains, le délicieux dialogue entre George C. Scott en Patton et son aide de camp dans le film de Shaffner, 1970, toujours la bouffe comme sujet, en pleine guerre, la voix de Jeanne Moreau dans ses Orson Welles (mère anglaise), et celle de Suzanne Flon, angliciste patentée, dont l’élocution dans notre langue est tellement pure qu’on croirait qu’elle cause l’anglo-normand.
L’anglais de Bébel et Gabin dans le Verneuil, c’est quelque chose de completely different, absolument pas déférent linguistiquement parlant.

Phil dit: 29 décembre 2019 à 17 h 13 min

toutafet, xlew. la diction, c’est tout ! comme les manières chez Talleyrand. Menjou claquent les mots comme un fouet, pire.. dans « l’opinion publique », on l’entend parler. le film est muet.
Moreau, jeanne; me souviens d’une interview en vo, of course, excellent anglais, de Lilian Gish. un délice de cinéphile, du dessert grand style, crépe flamblée fourrée armagnac

C.P. dit: 30 décembre 2019 à 9 h 56 min

Ah, mais oui pour Marcel L’Herbier !
Un souvenir encore : A dix, douze ans, je vivais une partie de mes vacances à Gy-L’Evêque (Yonne) et le projectionniste du cinéma ambulant (chaque semaine au Café Carpy) donnait année après année « Forfaiture » (avec Louis Jouvet et Sessue Hayakawa), dont il semble que les villageois ne se lassaient pas. Sessue Hayakawa me collait les chocottes. Le bon curé-doyen de Coulanges-la-Vineuse disait à ma grand-mère française qu’il ne fallait pas me faire voir et revoir ça, elle m’y menait quand même.

Bien plus tard, à la Cinémathèque de Langlois, j’ai vu « Feu Mathias Pascal », avec Ivan Mosjoukine et Michel Simon, et je crois que c’est le plus grand (et long) film muet de ma vie de spectateur.

Phil, Louis Jourdan prononçait excellemment l’anglo-américain, un peu trop « correctement » peut-être dans l’articulation des consonnes (vous le dites vous-même), mais quoi ! Quant aux sons-voyelles, aucune erreur, alors que les Français en font tant.

C.P. dit: 30 décembre 2019 à 11 h 07 min

Je divague un peu, mais c’est que quelqu’un m’a agacé récemment en me soutenant que « (Robert) Mitchum » se prononçait (je n’ai pas d’alphabet phonétique ici) : « mitchOUm », non, c’est évidemment quelque chose comme « mitchEUm ».Encore heureux qu’il n’ait pas dit « mitchUm » ! Idem pour « (Art) Tatum », etc. Il n’y a aucune équivalence du u français en anglo-américain, où u écrit, c’est OU (« rude », par exemple) ou une balance entre O ouvert et EU ouvert devant un M, toujours. « TrEUMp »…
Divagation sans importance, alors que je souhaite à tous les contributeurs de ce blog une année 2020 vivante.

xlew dit: 30 décembre 2019 à 12 h 47 min

Le jeune C. aurait pu mal tourner avec toutes ces visions de films noirs avant l’heure.
Les grand-mères sont souvent à l’origine de passages dont on ne prend conscience de la profondeur que longtemps après, qu’elles s’appellent Céline ou Jeanne-Marie.
Sur le terrain des prononciations étrangères les Français sont peut-être volontiers snobs, pourquoi dire Mitcheum lorsqu’on peut s’offrir un Mitchoum (comme Atchoum le nain-géant de la Rivière Sans Retour que Monroe trouvait fort grumpy au début), souvent le résultat inavoué d’un défaut d’oreille, ou de la mauvaise interprétation d’un glissement vocal entendu à Los Angeles pendant les vacances, ou mis dans la bouche d’un Texan pour s’en moquer.
C’est comme pour le « sure » anglo-américain, certains vous assurent qu’ils entendent un « cheure » en américain.
Spielberg, après sa Liste, eut soudain droit à un « Chpielberg » plus autrichien que nature, en veux-tu en voilà, de la part de la critique hexagonale, pendant des lustres.
John Gielgud, David Suchet, Laurence Olivier, avec leurs origines lituaniennes, irlandaises, polonaises, Litvaks ou Huguenotes, leurs syllabes coupées, ont dû voir leurs voyelles ou diphtongues malmenées, y compris en Angleterre au commencement de leur carrière.
C’est vrai aussi que dans certains cas le détenteur d’un patronyme britannique doit préciser les choses quelquefois, pour la bonne paix des foyers auditifs.

C.P. dit: 30 décembre 2019 à 13 h 18 min

Eh bien, cher Lew, j’aurais pu mal tourner : le même projectionniste ambulant donnait chaque année « Cinq tulipes rouges », film de Jean Stelli en 1949, où des coureurs du Tour de France étaient assassinés, dites donc ! Qui a vu cet objet, dont la distribution n’était pas mal ? Le Tour de France ne passait jamais à Auxerre.

xlew dit: 30 décembre 2019 à 13 h 35 min

Ouch, c’est étrange votre film de 1949 (avec Bubu, Raymond Bussières) sur le Tour rappellerait le Gandrieux de 1999, « Sombre », C.P.
Hollywood – quelques uns de ses plus grands noms – promet un filmage de la course mais échoue ou abandonne toujours en route.

Jazzi dit: 30 décembre 2019 à 13 h 55 min

« projectionniste ambulant »

Beau métier, à réinventer, que je n’ai pas connu, C.P. !
Une sorte de missionnaire qui allait porter la belle image de village en village…

C.P. dit: 30 décembre 2019 à 14 h 53 min

Jacques, c’était LA soirée hebdomadaire pour ce village. Pas beaucoup plus d’habitants qu’à Chichlianne, je l’ai déjà dit, mais quelques Parisiens en vacances d’été qui revenaient voir leurs cousins (un peu comme chez Proust dans COMBRAY). Au Café Carpy, on installait des rangs de chaises, avec les enfants au premier rang. « Actualités » qui dataient déjà, puis un « Laurel et Hardy » -où un « Charlot » parfois raccourci (c’est là que je suis tombé amoureux de Paulette Godard). Entr’acte, vin au comptoir pour les adultes, limonade pour les enfants. Et enfin, le grrrand film…

C.P. dit: 30 décembre 2019 à 15 h 31 min

Pardon encore : OU un « Charlot »… Waouh ! je retrouve des émotions de ces soirs. Il n’y avait alors , dans ce village, aucun poste de télévision, pas même chez mes grands-parents bourgeois retraités. Le cinéma au village, c’était aussi bien autre chose que le cinéma à Paris, sans doute parce que les paysans pour moi géants que je voyais travailler aux champs dans la journée y revêtaient des yeux différents et une attention, même adulte, autrement sensible. Après le coup de vin de l’entr’acte, silence : le grand film commence. C’était soudain, quel que soit le genre de l’ours projeté, un peu comme pour le Jacques de Queneau dans « Loin de Rueil », je l’ai senti par la suite.

Dubruel dit: 30 décembre 2019 à 16 h 49 min

Revenu, comme d’autres, le temps d’une incartade voir si Annelise, ‘notre’ Paulette Godard, ou Sondra Locke, selon humeur, était revenue.
Chouette hommage, à 15H31, de Cp embarqué dans la machine à remonter le temps J.J abrams;

Mon père me racontait des histoires ressemblantes avec cinéma en plein air, à ménerbes, quand le village n’était pas encore le rv du tout Paris vacancier. Cela a cessé. Le coupé 304 vert métallisé, que je n’ai jamais vu, faisait son effet.

Voeux anticipés à ceux de la RDC. merci, c’est noté pour ‘Mitcheum’. Sur l’autre chaîne, Assouline poursuit son chemin de croix. Christianisme ou pas, il ne l’a pas mérité .Tbon papier, Polanski-matzneff en filigrane. entre ceux qui l’accusent d’avoir couvert la fuite à temps? de Pivot qu’avait rien vu venir, et les autres qui lui en veulent de ne pas signer la pétition certifiant l’appartenance à l’anti-gang contre la pédo -criminalité, il est servi en marrons glacés.

Dubruel dit: 30 décembre 2019 à 16 h 55 min

15H36
‘préférant cinémathèque ou masterclasses AL pour se cultiver en dehors de ma zone de confort.Ma mère parfait à son âge: 48 ans,faisant très jeune pour cet âge d’une femme encore jeune plaisant beaucoup.’

Sacré Art.

Dubruel dit: 30 décembre 2019 à 17 h 58 min

Matzneff, ‘suborneur’. Le livre de la femme qui dirige Julliard, servi le lendemain des huîtres, risque de forcer les impétrants à dessoûler. Les agapes promettent d’être maigres si Riester ne verse plus la rente.

Renverser les dominos est un sport dangereux. Où ça s’arrête? Anne-lise l’a su, elle s’en souviendra peut-être, ma compagne est une amie d’enfance d’Anna Klossowska. Le père, veuf de Loulou de la falaise, écrit un bouquin. Nous étions invités au lancement rue de Rivoli, à la librairie Calignani. Dantzig, l’éditeur, en jean glamour avec la proprio Danielle Cillien. Darré, Catherine Baba, Ali sabatier,tout le monde présent. Cela se déroule gentiment. On fait signer l’ouvrage auprès de M.père, on rentre. là, j’ai la mauvaise réaction :je décide de lire.
Thadée de Rola est un glandouilleur chic en châle cashmere, abonné aux photocops de Bataille chez lequel sa mère lui louait un appart, sur le même palier que ‘Diane’. qu’apprend-on ? Banier a mangé du foie de veau en septembre 1973. Haaaaa? journal indispensable. Saint-laurent, Berger ‘le petit gros’pourvoyeur ,Clara Saint, les frères Mille qui ne s’activent pas assez pour lui trouver un boulot.Le père Balthus lui donne des dessins de temps en temps pour l’argent de poche.Il se fait fouetter dans des partouzes avec les Bal &des filles ‘payées, très très honteuses’. Polanski l’a emmerdé avec mac Beth, ses amis de la maison du caviar lui paraissent trop vulgaires. Dantzig, de la maison Grasset , elle-même qui sort le brûlot de Vanessa Springora, butine parmi les invités pour faire la promotion du ‘dandy exceptionnel’. Klossowski ,plus grand bêta qu’autre chose, raconte tout. La petite Mano de 14 ans ‘bien vicieuse’ qu’il caresse ‘avec agacement’. ses seins ‘froids’, son sexe ‘brûlant’ .Bataille le logeur auquel le ‘wagon’ est loué est mort en regardant un porno avec Pimpaneau. Encore, c’est historique? belgrade, ‘vaines avenues, paysans pittoresques devant des magasins sinistres’, tout pour faire regretter ‘les petites assoiffées solaires du Maghreb’ ,comprendre, des filles de 10 à 12 ans ‘dont on peut abuser de toutes les façons pour le prix d’un jus d’or’.c’est dans le texte !
Que va faire le ministre ? Sur le fils?le père ? Interdire Balthus? il entretenait le système. Le soupçon des gamines et des polaroids interdits ont défrayé la chronique. Ne plus autoriser les films de Michel Simon ? Thadée Klossowski y va dans les grandes largeurs sur les conversations avec lui & Raymond Souplex . Les deux vieux se désolent qu’avec le progrès social, ‘les filles pauvres des petites classes du collège soient moins faciles à alpaguer,contre menue monnaie, pour se faire faire des gâteries sous la table, au bistrot, à la sortie des cours’.ça y est noir sur blanc !!
Rola compatit au drame des acteurs nez pourri pendant un paragraphe .sa fille assume. On en avait parlé quand le livre est sorti, en 2013. Ras.Bin merde! Elle, une fille adorable! La juste réaction, je ne la vois plausible qu’au plan individuel.Le lavage du linge par media, à part du croustillant,n’aboutit à rien. L’article d’Assouline pose bien les termes du questionnement. Dans les colonnes, les commentaires sont du grand n’importe quoi. De l’excuse qui n’a pas lieu d’être à l’injure aveugle.sales draps, pour mauvais coucheurs.allez, R.V. en 2020 !

Phil dit: 31 décembre 2019 à 11 h 18 min

Belle évocation, dear CP, de l’éveil au cinéma. Ravi de lire la confirmation sur la diction de Jourdan, qui subjugua aussi le télèaste belge Olivier Mime, son récent et dernier biographe.
Oublié dans la liste de ces puissants frenchies, Claudette Colbert ! voix épatante, inégalée, devrait être compulsory à l’école en France en cours d’anglais.

Dubruel, my dear, quelle vie cachée dévoilée avez-vous donc..nous avons tous aimé loulou de la falaise, certains ici, encore plus jacques de bascher.

pour clore l’année calendaire gréviste de la france qui s’écroule, vu « Frenzy », Hitchcock, greluches british strangulées à la cravate. Admirable copie. Perfect experience, retour à Londres pour la fin de vie de cinéma de Hitchcock qui nous livre le condensé sucré de toutes ses intimes obsessions. Pour le bonheur du spectateur, nuancier des perversions celluloïdées.

Marie Helene S dit: 31 décembre 2019 à 11 h 23 min

@Dubruel,

‘Dantzig, de la maison Grasset , elle-même qui sort le brûlot de Vanessa Springora,’ faisant la promotion d un dandy(T.Klossowski) de facto defenseur, aspirant(?) pratiquant de la pedophilie.

Triste ironie. la note est sinistre pour terminer l annee. Vous parlez d un livre du fils de Balthus sorti en 2013. Les mentalites avaient eu le temps d evoluer depuis la prose, reconnaissons-le, magnifique, de Gide a Blida.les epoques de lecture comptent . De la a diluer toute responsabilite au nom du ‘talent litteraire’ ? Josyane Savigneau enfonce D.Bombardier d un ‘quelle purge’ , sa parole est legere quand on pense que c est la meme qui monte P.Sollers au pinacle : graaand ecrivain, Casanova a Venise, vraiment ? Un faiseur a effets de manches qui parseme saint-germain de cendres de cigarettes. assez.

Marie Helene S dit: 31 décembre 2019 à 11 h 31 min

‘certains ici, encore plus jacques de bascher.’

Je m etais aussi demandee si Dubruel, par les amities qu il revele a demi-mots, n etait pas ce ‘genereux donateur’ qui nous avait gratifies sur RDC d une photo de J.De Basher a la maternelle de Neuilly ?
Ou etait-il plutot un ami direct d’ALR ?
(meme promotion que Charles Nemes, en tenue costumee, si mes souvenirs sont exacts).
Mes devoirs de maitresse de maison m appellent pour le reveillon de ce soir.

Cordialement a tous ici, surtout a vous, chere Anne-Lise Roux.merci pour l ecriture pleine d esprit dont vous nous gatez & les debats d excellente hauteur qu elle entraine.bonne annee.

Dubruel dit: 31 décembre 2019 à 12 h 46 min

Phil à 11H18, ‘.nous avons tous aimé loulou de la falaise,’

allez ?! fantômes de Tippin et Antonio Lopez gravitant autour de Lagerfeld. Mais n’ennuyons pas Anne Lise avec ça…

Dubruel dit: 31 décembre 2019 à 13 h 03 min

LLLF. je l’ai un peu connue, à peine, contrairement à ma femme qui l’a fréquentée dans l’enfance.
Une marrante, d’après ses dires.dans le genre gauloise, sans parler des clopes fumées qui lui ont coûté la vie. Elle se payait la tête du mari dadais à propos de l’oncle, ou grand-père Watteville, gynéco, dont la femme s’appelait Minou et l’assistante, Trudie. L’humour potache faisait rire deux minutes parce que c’est elle, sorti de là ? A part la toque astrakan et une belle gueule, franchement, Taddée Klossowski, ça ne vole pas très haut. Beauf, et un poil dans la main qu’il a confondu avec un stylo. Même sa désinvolture est mal cadrée. Pas très malin.Sa fille Anna, rien à voir !elle a dû tout prendre chez la mère. Le bouquin grasset est un torchon prétentieux, plus navrant snobinard qu’autre chose.

C.P. dit: 1 janvier 2020 à 17 h 11 min

Oui, Jacques. Ce documentaire s’achève avec le tournage de « L’Affaire Mori ». Claudia Cardinale a dit un jour à ma femme qu’elle aimait bien le rôle modeste qu’elle y tenait, je vous l’avais rapporté et vous m’aviez dit, vous, que c’était peut-être aussi une histoire d’amour avec Squitieri…
Je préfère « La Fille à la valise » et « Il était une fois dans l’Ouest », mais pour revenir à ce documentaire -la vie s’y arrête à la fin des années 70-, il montre au moins un peu, pas assez, la différence entre la présence d’un bel objet féminin et les films où Claudia joue vraiment.
Au passage, je ne connais pas du tout le fils né en 1958.

Phil dit: 2 janvier 2020 à 10 h 03 min

Bonne année à tous les cinéphile-eurs et-euses) ! qu’il leur soient donnés d’excellents films sur copies parfaites dans des salles splendides, what else folks

Jazzi dit: 2 janvier 2020 à 11 h 38 min

Oui, C.P., le documentaire sur CC s’achève trop vite et nous laisse sur la faim. Un deuxième volets serait souhaitable.

Jazzi dit: 2 janvier 2020 à 13 h 45 min

« Séjour dans les monts Fuchun » de Gu Xiaogang.
Premier film et premier volet d’une trilogie à venir de ce jeune cinéaste chinois de 31 ans particulièrement prometteur.
Natif du sud de la Chine, celui-ci est revenu à Fuyang, sa ville natale et balnéaire située sur la rivière Yangtsé, pour y tourner durant deux ans et quatre saisons un film choral orchestré autour de quatre frères et de leur vieille mère.
Le résultat est magistral, qui oppose la Chine éternelle à la Chine contemporaine, en pleine mutation économique et sociale.
Beauté du cadre et des cadrages, où les personnages voient leurs vielles demeures inexorablement démolies et laisser la place nette aux reconstructions modernes.
Comment s’adapter aux nouvelles conditions de vie tout en maintenant les repères familiaux et les notions de solidarité traditionnels quand ceux-ci volent de toute part en éclats ?
Heureusement que l’on a pas encore songé à déplacer les monts Fuchun, se dit le spectateur enchanté par les paysages qui lui sont donnés à découvrir, mais inquiet sur le devenir des hommes et des femmes qui s’y débattent, tels des poissons sortis hors de l’eau…
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19585919&cfilm=273659.html

Dubruel dit: 2 janvier 2020 à 15 h 05 min

Bonne année à la RDC & vous, Chère Anne-lise.Les articles ici ou entendre parler de Jill -CC dans ‘Il était une fois dans l’ouest’ relève le niveau lamentable de fin 2019; les oreilles depuis ce matin doivent siffler chez les ‘amis’ des 10-12. Ouverture du bal sur france cul et après par salves continues.

Libé allume un contrefeu tardif en remettant sur le tapis la pétition de 77, signée par les deleuze, Sollers des deux mains ETC. beauf. On a connu Chalandon plus convaincant.

D’accord avec vous, jazzi.

Dubruel dit: 2 janvier 2020 à 15 h 10 min

‘Apostrophe’ avec Bombardier en boucle sur les réseaux. L’attitude de Pivot n’a pas été glorieuse. il a bien fait de prendre la porte, ça évite qu’on la lui désigne. Savigneau avec un train de retard; confond ça avec une fidélité ou pire, une façon à elle de distinguer le rond de serviette parmi les torchons .

Marie Helene S dit: 2 janvier 2020 à 16 h 24 min

@Dubruel. reponse sur la RDL.

Je vous presente a tous mes meilleurs voeux, amis, debatteurs ou contradicteurs de la RDC. les trois ne sont pas incompatibles !

anne-Lise, mon mari ma offert quelques uns de vos livres. J ai eu l etonnement de me rendre compte que vous aviez eu le grand prix a Lille, l annee ou la ville etait capitale de l Europe (2003, ou pas loin).
J y avais des cours a l universite.

Cordialement, ce premier post de 2020. Je vous souhaite beaucoup de bonheurs pour l annee a venir. Jazzy votre pop-corn n a pas l air de seduire philippe…

Marie Helene S dit: 2 janvier 2020 à 16 h 30 min

‘L’attitude de Pivot n’a pas été glorieuse. il a bien fait de prendre la porte, ça évite qu’on la lui désigne’

Sans doute. Sans vouloir alleger de trop la barque : il est vrai que c etait, malgre tout, une autre epoque, cherchant marques et limites.
avez-vous entendu ce qu a dit D.Tillinac ? Pas de sympathie automatique pour ce monsieur, mais la reaction avait le merite d etre claire (pas trop ‘langue de bois’ ni dans la recuperation intellectuelle fumeuse).

Serge dit: 2 janvier 2020 à 17 h 03 min

Bonne année, Anne Lise.
Je pointe le nez. Une fois n’est pas coutume.pas la peine d’aller au delà du prénom, de toutes façons, j’en ai changé ! Avant, pour donner un indice aux autres, c’était Patrick. Ayant la passion cinéma je lis,avec régularité, d’habitude dans l’ombre, les inimitables chroniques rdc.

bravo.Joli(e)geste journalistique… me suis plu à penser qu’aux confins supérieurs du métier, dans le plus noble cas, il y a une plume d’écrivain .

bouguereau dit: 2 janvier 2020 à 17 h 30 min

(pas trop ‘langue de bois’ ni dans la recuperation intellectuelle fumeuse)

il dit que son biznèce plan était à plus long terme que pivot nanère..qu’il aille sfaire hanculer par plus vieux qului..le lâche

bouguereau dit: 2 janvier 2020 à 17 h 32 min

‘L’attitude de Pivot n’a pas été glorieuse. il a bien fait de prendre la porte, ça évite qu’on la lui désigne’

propos de merdeux..je note quil hancaisse au moins..ha c’est sur que de contresigner c’était trop fort pour lui..merde..il a raté une belle sortie..

bouguereau dit: 2 janvier 2020 à 17 h 38 min

cette raclure de ministre se demandant sil ny a pas ‘dans les livres’ matière à poursuivre..phumier..matznef était un judicabe..pas au dsus des lois..qu’est ce qu’elle faisait la loi?..voilà cqu’aurait du dire pivot..dpuis quand cquy a dans les lives ça rgarde les flics..voilà cqu’il aurait du dire pivot..et rajouter précisément ceci comme les ricains ‘et faite moi un procés!’

Phil dit: 2 janvier 2020 à 17 h 41 min

misère de misère, Lolita a bien fait de mourir.
dear batoz, avec le popocorn ne pas oublier les fauteuils à peloteurs du mk2 (pour les générations sans Matzneff)

bouguereau dit: 2 janvier 2020 à 17 h 51 min

D’accord avec vous, jazzi.

..ouais..cqui est marrant haussi c’est qu’on charge la gauche..libélé balkani

Jazzi dit: 2 janvier 2020 à 18 h 56 min

« quand cquy a dans les lives ça rgarde les flics.. »

Tu retardes, le boug. On est plus face à une censure d’état, mais une à une censure d’essence communautariste : les femmes, les blacks, les homos, les géants et les nains…
Phil, il serait capable de lancer un mouvement anti popcon !

Phil dit: 3 janvier 2020 à 9 h 09 min

popcorn interdit et Matzneff en guide spirituel, dear Baroz, c’est le tarif minimum pour guérir la jeunesse digitalisée.

bouguereau dit: 3 janvier 2020 à 10 h 38 min

On est plus face

sapré baroz..tu peux faire douter les himbéciles pour se rapler de quelle coté étoye les flics lors de la ‘fracture sociale’ du tchi..cépé te dirait qu’il a pas 3 ans..moi je te dirais seulment que j’ai une vieille habitude

bouguereau dit: 3 janvier 2020 à 10 h 43 min

je te répète baroz..se poser la question de savoir si hun bouquin n’est pas une déposition..c’est bien en apler au ministère de l’hintérieur..et on peut être assez écoeuré de cette peur du gendarme dans les rédactions..des gars de droite souvent..bien ramoli..leur manque hune bonne apli qu’il dirait dirphiloo

bouguereau dit: 3 janvier 2020 à 10 h 45 min

..la soumission..baroz..la soumission..haprés ils diront qu’c'est la faute des hantisémite hislamiss..front même des bouquins et dl’argent..et dla morale à pas cher..locdus!

bouguereau dit: 3 janvier 2020 à 10 h 48 min

D’accord avec quoi, Dubruel ?

..tant que tu t’inquiètes de quand qu’on est daccord avec toi il restra dlespoir baroz..tout n’est pas pourri en toi..ton cerveau limbique de l’aire quaternaire est encor prope

bouguereau dit: 3 janvier 2020 à 10 h 52 min

l’événment pour moi étoye tout en haut du monde à la télé..pas pu revoir..dommage..excellente animation française dont tout le monde se fout

bouguereau dit: 3 janvier 2020 à 10 h 58 min

..et attation je dirais pas comme tilinac que matznef m’est sympatique..c’t'une jeune vieille gueule de hussard en verre à moutarde..au monde jme souviens le seul quchtrouvais vraiment cocasse c’était konk..vise un peu comme on me croirait si je disais aujourdhui ‘djeust biznèce’

Mimi Pinson dit: 3 janvier 2020 à 12 h 53 min

Konk à Arcachon, Annelise le sait.
Ou bien à Gujan Mestras avec le plateau de fruits de mer et le pâté au piment d’Espelette pour corser le tout!

Art dit: 3 janvier 2020 à 15 h 40 min

Bonne année AL!!!
De Vincent qui est avec moi au ski &moi!!! A tous RDC que nous avons apprécié.

 » sfaire hanculer par plus vieux »
M. J.marcelB 17h.30,

demandez K.mem l’approbation. car tout est 1question de vouloir .Les vieux deg ne peuvent exiger, sauf quand nous voulons car consentants. Tout ça triste et écoeuré dans des esprits pas de votre génération que veulent la liberté 2choisir en fonction des gouts et non la pression!!!

Dubruel dit: 3 janvier 2020 à 16 h 22 min

me suis planté. envoyé sur RDL. once again.
@bouguereau.
regardé sur google pour voir les dates. Me faire traiter de ‘merdeux’ parce que j’ai l’âge d’être votre fils, je veux bien.Confondre votre parole et celle de la torah parce que vous pourriez être mon père par contre, on va y aller doucement.

La gauche visée en premier par la descente matzneff, la blague!Pierre Lassus avait lancé une alerte auprès des vieux cons de l’Académie française .tombée aux oubliettes.
Le gros des Etonannts voyageurs, Gabriel lebris s’est fendu d’une tribune dans ouest -france. il s’est énervé contre le blacklistage des contraires à la ‘liberté’. M’a pas l’air trop macroniste, ou pas plus que Jeanne balibar gratifiée de la légion d’honneur.Elle aurait dû refuser ?
Ne présagez pas de mon bord.

Peux pas développer à cause des trains. faut jongler. paris-marseille paris-lyon paris-Lille ça va, pour les banlieusards bonjour.

à 17H38.’raclure de minis se demandant sil ny a pas ‘dans les livres’ matière à poursuivre..phumier..matznef était un judicabe’ ou pivot qui aurait dû contresigner.

mouai. pas difficile d’être d’accord sur ça.Le contenu d’un livre, pas matière à déposition. ‘Libérez balkany’ par contre est un coup bas facile.

‘allez vous faire enculer par un plus vieux’. sympa, merci.Comme nos jeunots ,si j’ai envie je ne vous demanderai pas votre avis.

Dubruel dit: 3 janvier 2020 à 16 h 27 min

MICHEL lebris! dans l’article Ouest-France ils disent ‘fondateur de Libé’.
Konk, connais pas. @12H23, la vignette avec Chirac poursuivi avant que ça fasse pschiiitt, drolatique. Je ne reproche pas à daney la tournée des bordels; Annelise dans mon souvenir avait crevé intelligemment l’abcès, ici même.

bonne année, art .

Dubruel dit: 3 janvier 2020 à 16 h 31 min

L’enc.par les plus vieux. ça me rappelle l’article fringant d’A-l sur Alain guiraudie, ‘Restez vertical’.
excellent.

bouguereau dit: 3 janvier 2020 à 17 h 27 min

Les vieux deg ne peuvent exiger, sauf quand nous voulons car consentants

sapré art..le tilinac visé c’est pas un perdreau de l’année..’age canonique’ ça veut pas dire 44 maous qu’il dirait clint..bah..mais comme dirait dirphiloo mieux vaut faire henvie qu’pitché..roule jeunesse

bouguereau dit: 3 janvier 2020 à 17 h 31 min

mouai. pas difficile d’être d’accord sur ça.

mouais..plus difficile de me montrer ou tu l’as lu..et vu defendu..nibe zlich nada..faut cultiver la simplicité

Phil dit: 3 janvier 2020 à 18 h 40 min

le nouillorquetimes de jeudi explique que George Lazenby a tourné le meilleur james bond. nous le savions déjà mais ça fait toujours plaisir de le lire sur du papier journal de nouillorque; (qui a mis 40 ans pour comprendre); film tourné en 69, les années où Matzneff s’enfilait des jouvenceaux de bonne famille en villégiature de plein gré dans les grands hôtels à Venise. Lazenby, qui croyait pas en james bond, a tourné « Chi la vista morire/qui l’a vu mourir » en 72, sur un zigouilleur à jouvencelles à Venise, un des meilleurs films bis de ces années. le réalisateur est né Fiume, ville qui n’existait plus quand il a fait le film. évidemment tous les corniauds tabletteux qui officient aujourd’hui peuvent pas savoir. merci pour le dessin, dear Bouguereau, ça rappelle Reiser.

bouguereau dit: 4 janvier 2020 à 10 h 58 min

laura elle pleure jicé qui du haut de ses 98 ans srait lseul a avoir assez d’autorité pour dompter son vieil oignon..

bouguereau dit: 4 janvier 2020 à 11 h 04 min

merci pour le dessin, dear Bouguereau, ça rappelle Reiser

konk étoye l’un des mousquetaires dla front pège du monde..avec plantu qu’a viré finkelkraut du crayon et matzneff..qu’a viré plutôt bruknère fauché mais pas russe blanc chauffeur d’hubert..keupu y dirait que le talent ça mène a rien..la prime est souvent au plus con et au plus cruel

bouguereau dit: 4 janvier 2020 à 11 h 11 min

Je suis partant, qu’on se le dise

tenir tilinac par les couilles et pas au figuré ça doit être une sensation à coucher sur le papier baroz..il te frait un procés..’les juges appréciraient’..’ho écoutez ma complainte hultimes critiques du troisième millénaire’ qu’il aurait dit verlaine

bouguereau dit: 4 janvier 2020 à 11 h 19 min

..en tout cas..ça mfait mal qu’on conchiss pivot dla sorte..y’a une manière honorabe de le charrier..’vrai éducateur sessuelle’ c’était tout à fait digne de konk..et puis c’est un journaliss..c’est lui qu’a hinvité bombardier..en faire le bouc émissaire d’une époque c’est comme traiter sa vieille maitresse de salope..

Jazzi dit: 4 janvier 2020 à 11 h 39 min

« Le Miracle du Saint Inconnu » de Alaa Eddine Aljem.
Pas vraiment emballé par ce premier long métrage de ce jeune cinéaste marocain en forme de fable plus ou moins édifiante.
Un voleur cache son butin au pied d’un arbre étique sur une colline déserte, juste avant d’être arrêté par la police.
Quand il sort de prison, après des années, demeuré parfaitement inchangé, avec ses cheveux longs et sa barbe foisonnante, il découvre qu’autour de son trésor un mausolée a été bâti.
Celui d’un saint inconnu, gardé la nuit par un homme et son chien.
Comment faire dès lors pour récupérer le magot ?
Un argument tout juste bon pour un court métrage et étiré jusqu’à l’usure.
Mais on se demande bien ce qu’à travers cette comédie, le cinéaste veut nous dire de la réalité du Maroc actuel ?
Bref, je suis resté sur ma faim…
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19585878&cfilm=270891.html

Dubruel dit: 4 janvier 2020 à 13 h 04 min

11H19 .Bouguereau, je ne conchie pas Pivot. Je dis que c’est bien qu’il soit parti de son plein gré en mesurant l’ampleur du fatras. Je ne sais pas si le successeur annoncé, Ben jalloun? aurait eu l’élégance.

Le bouquin de Springora, stylistiquement, à part ça est nul. Effets ratés, du blabla ado.

Dubruel dit: 4 janvier 2020 à 13 h 07 min

10H58. Tillinac,
‘c’t’une jeune vieille gueule de hussard en verre à moutarde.’

marrant. bon, c’est la rentrée… salut.

renato dit: 5 janvier 2020 à 20 h 53 min

Portmann
À propos de « … Rosselinni fut le scénariste d’un film fasciste ne fait pas plaisir, enfin… l’important est qu’il ait dessillé ! »

Sous le fascisme le cinéma était sous le contrôle du Ministero della cultura popolare aussi dit MinCulPop : sans l’approbation des fonctionnaires pas de travail.

En 38 Mussolini redéfinit la structure interne du Ministère et crée la Direzione generale per la cinematografia (auquel étaient connectés Cinecittà, et le Centro Sperimentale di Cinematografia) — qui maintenant le contrôle sur le cinéma et les movie workers —.

Plus d’informations dans Burocrazia e politica culturale nello stato fascista et Il cinema italiano sotto il fascismo de Philip Cannistraro.