de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

Adèle, Abdel, Léa: apprendre à vivre

Par Sophie Avon

Certaines œuvres ont une puissance qui les dépasse. Leur adn est explosif, et cela, même le metteur en scène, ne peut le deviner. « La vie d’Adèle », film exceptionnel à tout point de vue, est de cette eau. Entre la radicalité d’un artiste qui exige le maximum, l’épuisement d’actrices qui ont tout donné, une triple palme d’or cannoise et un sujet qui n’est pas sans incidence, tout ici semble démesuré. Il n’est sans doute pas indifférent que de telles dispositions induisent la cacophonie à laquelle on assiste depuis des mois – plainte de l’équipe technique, confidence de Léa Seydoux affirmant qu’elle ne tournerait plus avec Abellatif Kechiche, réponse de Kéchiche, etc  -, mais au bout du compte, seule la beauté du film compte et s’imposera. Sa sortie va enfin permettre de prendre la mesure d’une œuvre qui au-delà de l’éblouissement qu’elle suscite, est une expérience de stupéfaction devant ce qui est saisi de cette jeune vie –laquelle se déploie comme un vol dont on ne verrait que des fragments.

Il y a quelque chose de très beau, dès le départ, dans l’amour d’Adèle pour l’école, dans son goût des textes et de la lecture. A plusieurs reprises, la jeune fille exprime sa gratitude envers le système scolaire qui a élargi son horizon et décidé de sa vocation : elle sera institutrice. Au lycée, elle étudie « La vie de Marianne » de Marivaux qui l’emballe parce qu’il évoque tout ce qu’on aime à son âge : les jeux de l’amour et du hasard, le coup de foudre et la passion. Adèle a quinze ans, un chignon en pétard sur le dessus du crâne et une bouche de bébé. Quand elle sort de chez elle pour prendre le bus, elle a  toujours cette même façon de remonter son pantalon sur les fesses d’un geste discret. Ou bien alors, elle replace ses cheveux, mais quoiqu’elle fasse, c’est sans la moindre affectation. C’est une jeune fille jolie qui ignore sa beauté, ce qui lui donne une grâce supplémentaire. Un jour, une copine de classe lui dit qu’elle est mignonne et elle n’en revient pas. Elle n’en revient pas non plus d’être troublée par son baiser dont elle cherche ensuite à reconduire le plaisir – en vain. « Je ne pensais pas que tu t’emballerais à ce point » lui dit sa copine.

Adèle a fini par prendre ses distances avec son petit ami qui pourtant, était tendre. Mais avec lui, sans comprendre pourquoi, elle se sentait accablée par la solitude. Un soir, elle erre dans un bar homo et tombe sur Emma, une jolie blonde aux cheveux bleus qu’elle a déjà croisée dans une rue de Lille, et tout se passe comme si ces deux-là se reconnaissaient.  Leur premier dialogue est un bijou de naturel et d’humour.  Emma est étudiante aux Beaux-arts – pourquoi, demande Adèle, il y a des arts moches ? Elles se retrouveront plus tard, dans la lumière d’un printemps qui donne à leur amour son radieux départ.

Entre elles, la conversation ne faiblit jamais, elles parlent de livres, bien sûr, de Sartre et de philosophie, et tout naturellement, le désir naissant s’affermit. La culture, la conversation, les mots en général sont fondamentaux dans le monde d’Abdellatif Kechiche, faisant corps avec le plaisir pur parce qu’ils participent à un rapport au monde concret et sensuel, comme si l’exultation physique et celle de l’esprit allaient de soi en allant ensemble.

« La vie d’Adèle » tient à la fois de « L’esquive » et « De la graine et le mulet » dans sa façon d’associer dans la jubilation ce que propose la vie,  à commencer par les bonheurs du texte et de la nourriture dont Adèle, bonne cuisinière et gourmande patentée, est la preuve charnelle. Chez les parents d’Emma ou chez les siens, un peu plus tard, le repas n’est pas sans importance. S’il définit le cadre social  – fruits de mer chez les premiers, spaghettis bolognaises chez les seconds -, il est aussi, d’une certaine manière, une expérience culturelle et l’occasion d’évoquer les vocations de chacune – désir d’enseigner chez l’une, de devenir artiste chez l’autre, qui considère d’un peu haut le rêve d’Adèle. Le constat sociologique se refuse à peser, mais il fait sourire aux dépens de la mère d’Adèle. « En peinture, souvent, ils sont morts ceux qui gagnent leur vie », dit-elle quand Emma évoque sa volonté de peindre.

En attendant, Emma et Adèle font l’amour au cours de longs plans séquence où Kechiche épuise ce que ces scènes pourraient avoir de pornographique, non pas en esquivant les corps, mais au contraire en s’y attardant si longtemps qu’à la crudité des étreintes se substitue peu à peu une sorte d’abstraction picturale. Tout à coup, c’est un tableau qui se dessine, magnifique entrelacement de corps où les peaux, éclairée avec douceur, se confondent. Ce n’est pas pour rien si plus tard, dans une conversation, il est question de la représentation du plaisir de la femme en art. Donner corps à la jouissance du corps féminin, voilà après quoi court Abdellatif Kechiche, peintre de la ferveur, de la jeunesse et des vibrations les plus subtiles.

Le temps file et bientôt, Adèle passera de la joie de vivre au chagrin d’avoir perdu celle qu’elle aimait. Il n’est pas d’apprentissage sans douleur et le film va de la plénitude au manque avec une cruauté d’autant plus aigue qu’elle s’est nourrie de petites choses sans conséquence. On laissera à chacun le soin de découvrir pourquoi arrive ce qu’il arrive – mais les raisons sont plus souterraines bien sûr, et Adèle, toute en larmes, en hoquets et en morve, n’en finit pas de vouloir prolonger le paradis sans accepter de croire que le temps du bonheur est passé. Face aux enfants de maternelle dont elle s’occupe lors de ses premiers stages, elle ne voit pas ce que nous voyons : elle a grandi, elle a commencé de quitter l’enfance. Un peu plus tard, enfin institutrice, elle l’aura complètement désertée, jeune femme aux cheveux sagement attachés, portant des lunettes et regardant sa classe avec calme et sévérité.

Kechiche qui a  multiplié les gros plans – au téléobjectif –  sur le visage de son héroïne, souvent endormie, comme s’il enregistrait à son insu les dernières traces de l’enfance, la quitte lui aussi peu à peu pour la laisser vivre à distance. Elle est toujours là mais on peut lui lâcher la main car elle a prouvé qu’elle était courageuse, qu’elle ne renonçait pas à sa passion pour l’école et pour les petits, ni  à son goût pour les livres.

Faut-il préciser qu’Adèle Exarchopoulos, dans son ingénuité malicieuse, illumine le  film ? Lequel dure trois heures, trois heures de cinéma pour quelques années de vie qui passent en un clin d’œil. Cette brièveté d’apparence n’empêche pas la lente métamorphose à laquelle on assiste, et cette avancée dans une existence si jeune est proprement bouleversante. Car « La vie d’Adèle », travaillé par des émotions qui viennent vous cueillir sans prévenir, est d’une ampleur qui tient à sa façon de faire d’une bulle intime un formidable portrait de la jeunesse d’aujourd’hui. Chaque génération a son film miroir. Celui-là est une révolution.

« La vie d’Adèle » d’Abdellatif Kéchiche (librement adaptée de la BD de Julie Maroh « Le bleu est une couleur chaude »). Sortie le  9 octobre.

 

 

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commentaires

66 Réponses pour Adèle, Abdel, Léa: apprendre à vivre

JC..... dit: 6 octobre 2013 à 19 h 34 min

Plus fort que moi, je le dis : l’image donnée à voir en début de bande d’annonce est une préfiguration de l’avenir. Une gueule de fillette moche qui finira comme Brigitte Fontaine : artisse paumée !

u. dit: 6 octobre 2013 à 19 h 44 min

« Plus fort que moi, je le dis »

Tu me fais marrer comme le regretté Jean Yanne, JC.

Le billet de Sophie est très bien, mais j’attendrai de voir tout ça pour en parler.

Dans la bande annonce, la bouche d’Adèle semble avoir le côté enfantin (entr’ouverte, boudeuse) de celle d’Anne W. dans Balthazar.

JC..... dit: 6 octobre 2013 à 19 h 58 min

Evidemment, le billet de Sophie est bien … évidemment ! Comment pourrait-il en être autrement.

Tout de même ! beaucoup de bruit pour rien …

JC..... dit: 7 octobre 2013 à 5 h 53 min

Alors, Pado, un coup de mou …?

Rien à dire sur « Adèle, toute en larmes, en hoquets et en morve »…. On laisse tomber Passoulinette comme vieux chiffon ? Trois heures de jeunesse qui passe, vue au téléobjectif … bandant, non ?

Non ? Ah, bon ! d’accord…

JC..... dit: 7 octobre 2013 à 10 h 02 min

S’il fallait savoir pour parler, connaitre pour discourir, on serait contraint à un académisme ennuyeux ! …

Cela peut tenter les plus atteints.

u. dit: 7 octobre 2013 à 10 h 06 min

C’est sûr, JC, ne parler qu’en sachant…
Pourquoi donner à Sophie un cafard inutile?

(Il me semble que Pado a quand même vu un film)

Polémikoeur. dit: 7 octobre 2013 à 10 h 14 min

Apprendre à vivre ?… Certainement, oui,
et à supporter les personnages exaspérants,
creux, égocentriques, mal élevés, névrosés
si ce n’est plus, qui peuplent le cinéma,
pas seulement français au vu des Allen
et Soderbergh dernièrement chroniqués
dans le coin. Les têtes à claques
pleuvent, les claques manquent !
Caméralbolment.

JC..... dit: 7 octobre 2013 à 11 h 42 min

Pado, je le rappelle pour les nouveaux, a été durant trois ans l’assistant de Méliès !

Toujours vert, il travaille actuellement sur un projet de dessin animé, genre Tex Avery, sur l’élection du Nul de Tulle…

dominique courreges dit: 7 octobre 2013 à 18 h 46 min

Voilà une critique détaillée, intéressante et fort bien écrite, sur ce magnifique film. Cela fait du bien de lire autre chose que « les petites histoires ». Sophie nous incite fortement à y aller (et on y va), nous laisser prendre par la magie de Kéchiche et d’Adèle. Vraiment le talent appelle le talent.

u. dit: 7 octobre 2013 à 20 h 03 min

Merci, Dominique.

Vous dites tout haut ce que nous pensons tout bas.

Nous irons (sauf JC), parce que notre âme est faite d’un mélange de courtoisie et de curiosité.

Le problème est toujours celui de l’après-coup.

Où loger nos humbles mots, lorsque la bise est venue et qu’on nous entretient déjà du prochain festival?

Sophie nous encourage à creuser dans le tuf des anciens commentaires.
C’est malgré tout demander beaucoup d’abnégation.

Allons, donnons-nous encore deux semaines.

— Je parle et ne vois pas.
Jacques voit et ne parle pas.
Jacques est mon sur-moi).

pado dit: 7 octobre 2013 à 20 h 38 min

Rowena, Milady,
à 12 ans on ne sait pas, les héros implique les héroïnes.
Depuis je crois que je l’avais totalement perdu de vue, je la (re)découvre (j’ignorais Rebecca)
elle est vraiment charmante cette Joan.

Jacques Barozzi dit: 7 octobre 2013 à 23 h 59 min

Et bien j’en viens, j’ai vu le film en avant-première à Bercy-Village.
Je peux donc réagir à chaud sur la critique à Sophie :

« tout ici semble démesuré. »
Mais dans un cadre particulièrement limité : le film se résume à une suite de gros plan à hauteur de visages d’où domine celui d’Adèle.

« une œuvre qui au-delà de l’éblouissement qu’elle suscite, est une expérience de stupéfaction devant ce qui est saisi de cette jeune vie. »
Très justement dit : aucunes des humeurs de notre héroïne ne nous sont épargnées : larmes, morve, bave, sueur… !

« Donner corps à la jouissance du corps féminin, voilà après quoi court Abdellatif Kechiche, peintre de la ferveur, de la jeunesse et des vibrations les plus subtiles. »
C’est bien vrai, un pur fantasme de mâle hétéro jouissant au premier plan des ébats de ces dâmes, supportable dans toutes ses longueurs par un pur homo !

« Faut-il préciser qu’Adèle Exarchopoulos, dans son ingénuité malicieuse, illumine le film ? »
Parfaitement, elle aurait mérité à elle seule le prix d’interprétation à Cannes. A son côté, Léa Seydoux est tout au plus un excellent second rôle…

 » « La vie d’Adèle », travaillé par des émotions qui viennent vous cueillir sans prévenir, est d’une ampleur qui tient à sa façon de faire d’une bulle intime un formidable portrait de la jeunesse d’aujourd’hui. »
Tout à la fois moderne et archaïque, cette jeunesse revue par Kechiche : Les préjugés homophobes y règnent en maître chez les lycéens et pas trace d’ordinateurs chez tous ces jeunes gens ?

Enfin, je dirais que c’est un superbe film, malgré quelques longueurs, j’ai failli m’endormir !

JC..... dit: 8 octobre 2013 à 6 h 12 min

On est prié de voir.
Curiosité commande …

On est prié d’applaudir.
Courtoisie exige.

Doxa germano-pratine, quand tu nous tiens !

renato dit: 8 octobre 2013 à 9 h 04 min

« … dans un cadre particulièrement limité : le film se résume à une suite de gros plan à hauteur de visages d’où domine celui d’Adèle. »

Et le jury de Cannes est tombé sous le charme de ce vieux truc ? J’étais persuadé qu’influencer le public par le détail était désormais un terrain de jeu des publicitaires : rouge à lèvres, mascara, et autres produits “for your look smoky”…

Jacques Barozzi dit: 8 octobre 2013 à 9 h 12 min

« Chaque génération a son film miroir. »

De fait, la salle hier soir à Bercy-Village était constituée essentiellement de jeunes de l’âge d’Adèle, qui riaient bêtement en se reconnaissant dans ce miroir générationnel, mais moi aussi !
Dire que ce film est une révolution est peut-être un peu excessif, Sophie !

J.Ch. dit: 8 octobre 2013 à 9 h 19 min

Un mot ici pour Patrice Chéreau ; curieusement, j’admirais le metteur en scène de théâtre et opéra, par contre j’apprécie moins ses films (pas du tout la Reine Margot)

JC..... dit: 8 octobre 2013 à 9 h 49 min

Je l’ai dit chez le noble Passou, je le répèterai volontiers chez la délicieuse Passoulinette : la Tétralogie du Centenaire réalisée à Bayreuth par le pauvre défunt Chéreau, en compagnie de Boulez/Peduzzi/Schmidt et des interprètes de l’époque, restera une création inoubliable ! Les films, je ne sais pas…

JC..... dit: 8 octobre 2013 à 9 h 53 min

« Dire que ce film est une révolution est peut-être un peu excessif, Sophie ! »

Il n’y a plus de révolution possible dans ce monde … alors, on rêve encore un peu de « révolution » et on est près à en voir là où il n’y en a peut-être pas !

pado dit: 8 octobre 2013 à 11 h 17 min

Il semble possible de tenter un rapprochement entre JC et J.Ch.
Chéreau était un formidable metteur en scène de plateau.
Je n’ai pas vu les opéras mais j’ai des souvenirs encore très vivants des représentations aux Amandiers (pas loin des tours et du parvis) Koltès bien sûr mais aussi, moins conforme à son image, La Fausse Suivante de Marivaux où même Miss Birkin était supportable (autre temps autre moeurs).

Pour le metteur en scène de cinéma, bof, même les acteurs ne le sauvent pas.

J.Ch. dit: 8 octobre 2013 à 11 h 25 min

cher pado, je n’ai pas du tout envie de quelque rapprochement avec JC, pas du tout, nous très et trop éloignés sur tous les plans

pado dit: 8 octobre 2013 à 11 h 26 min

A propos de ma soirée télé d’hier et de Joan Fontaine (à propos u. quand on fait un jeu il est de bon ton de donner le résultat)
je dois vous faire un aveu qui me coûte (promettez moi de ne pas frapper trop fort et surtout pas sur la tête)
A deux ou trois exceptions près je ne suis pas fan d’Alfred.
Voilà c’est dit.
Vous pensez que c’est vraiment grave ?

pado dit: 8 octobre 2013 à 11 h 37 min

Je regarde hein,
je vais jusqu’au bout,
je ne m’ennuie pas,
mais il y a plein de films où je ne m’ennuie pas.

xlew.m dit: 8 octobre 2013 à 12 h 31 min

Alors de mon côté j’ai beaucoup aimé Hotel de France à sa sortie. J’étais jeune, cela me donnait l’impression de sortir d’un seul coup des films bien sympathiques, tant vus à la télé le dimanche soir, de Claude Sautet. C’est la première fois que je sentais le pouvoir de la « lumière » d’un film, une chose qui semblait avoir de l’importance pour les critiques, et j’ai toujours aimé depuis m’ennuyer dans une salle de ciné, ce qui ne se fait que rarement à perte. Je sais bien que les acteurs et son auteur ont plus ou moins renié le film, mais il avait un charme fou à l’époque à mes yeux. La vision de son Homme blessé, très âcre, reste toujours un peu une épreuve mais Anglade joue d’une façon implacable « l’immortel transfert » (pour parler comme Beinex — le Chéreau du pauvre — tout en le contrant) amoureux qui a dû se passer entre lui et le réalisateur. Son film londonien aurait pu renvoyer un Lars van Trier à se chères études mais pour moi Chéreau s’est trop admirer filmer. Pourtant il réussit des hold-ups de plans de la ville mille fois dignes d’un blow up antonionien. Sa Reine Margot, comment ne pas l’aimer ? toutes les filles avec lesquelles vous sortiez au milieu des années quatre-vingt-dix en étaient les Amazones propagatrices du mythe à venir, les fidèles gardiennes du temple du jeu d’Isabelle Adjani. Cétait un « non-négociable » qu’il fallait prendre en bonne part, après tout oui, il y avait bien plus que des traces de « sublime » ici-et là dans le film et cela donnait une occasion (comme le signale Ueda) de rouvrir Dumas hors d’un contexte de lecture enfantine.
J’ai peu vu le « travail » (il adorait ce mot) théâtral de Chéreau (la pièce de Koltès et c’est tout), mais combien m’en a-t-on parlé…Je me suis souvent amusé à l’imaginer en un Molière contemporain qui se serait incarné en Ferdinand (le héros de Philippe Caubert), jouant quelquefois des tours farcesques à ses confrères. Seul le théâtre peut vraisemblablement proposer une telle transmigration des âmes, un tel retournement des situations acquises. Mnouchkine pourrait faire un film retraçant cette carrière.
Sur le Kechiche (on mentionne les mânes de Pialat et de Zulawski à son propos, dans la direction des actrices notamment, mais pourquoi ne pas le rapprocher de Chéreau et de sa quête effrénée du plaisir à aller au bout d’une idée ?), les deux ou trois bandes annonces différentes qu’on a pu voir avant les films augurent de trois heures de cinéma extra. On aurait apprécié une chronique de Sophie qui durât trois heures à lire également. Très plaisantes à découvrir aussi sont les impressions toutes chaudes de Jacques Barozzi qui semblent aller beaucoup au cinéma ces derniers temps. Continue Jacky, tu touches souvent juste. (Sur Hitchcock, j’ai parfois ressenti la même fatigue passagère que Pado, mais la réapparition toute fraîche en HD sur les chaînes de télé des chefs-d’oeuvres des années cinquante-soixante fait rouvrir les yeux. Et la rediff (assez fréquentes sur FC) des entretiens radio que mena Truffaut achève de redonner le petit shot de caféine nécessaire à parer tout coup de bambou.)

JC..... dit: 8 octobre 2013 à 12 h 48 min

« quelque rapprochement avec JC, pas du tout, nous très et trop éloignés sur tous les plans »

C’est là où tu te gourres, sérieux ! On a un million de références communes en jazz … mais si tu veux la jouer crispé, tu la joues crispée !!!

Jacques Barozzi dit: 8 octobre 2013 à 22 h 23 min

« un homme qui aime sincèrement le jazz » est un zazou, un existentialiste, un gauchiste de Saint-Germain-des-Près !
JC irait-il jusqu’à cracher sur sa propre tombe ?

JC..... dit: 9 octobre 2013 à 5 h 58 min

« Qui aime sincèrement le jazz »

Je n’aime pas sincèrement le jazz ou la mer, la lecture ou la dispute ! Il se trouve qu’il m’est absolument impossible de vivre sans pratiquer « corps et âme », chaque jour et depuis longtemps, ces remarquables activités physiques et intellectuelles.

J’oubliais le soleil et le vent…, et un autre truc … mais foin d’aveux numériques !

J.Ch. dit: 9 octobre 2013 à 9 h 36 min

pado : pas totalement en effet
Jacques Barozzi : je fus zazou en 43
existentialiste dès le début
je suis toujours gauchiste
à mon âge et je m’en porte très bien, merci

JC..... dit: 9 octobre 2013 à 9 h 46 min

« Adèle, Abdel, Léa : apprendre à vivre »

Rappelons aux foules enthousiastes que c’est le camarade gauchiste, ancien ministre, Luc Ferry qui inspire le titre du billet de Sophie.

Son ouvrage « Apprendre à vivre, ou Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations » est bien fait, clair et absolument pas ennuyeux, contrairement à ce que l’on pourrait croire.

Il se pourrait qu’il soit au moins aussi utile aux jeunes gens que l’admirable travail que va projeter sur nos écrans le valeureux philosophe en images, sadique du gros plan morveux …

Jacques Barozzi dit: 9 octobre 2013 à 9 h 48 min

Après la rubrique Art, la rubrique Théâtre, et toujours pas d’hommage à Patrice Chéreau pour son cinéma, Sophie ?

J.Ch. dit: 9 octobre 2013 à 9 h 52 min

à propos de Jazz, on ne peut pas dire que c’est la ruée des amateurs sur la république d’à côté…

JC..... dit: 9 octobre 2013 à 10 h 07 min

J’ai fait un ou deux tours chez Kiosseff en république du jazz …censuré deux fois pour des peccadilles.

Un Vopo sanguin, le Georges…

u. dit: 9 octobre 2013 à 10 h 23 min

Dans mon désarroi de cancre qui n’a rien à dire, je me suis demandé si, après avoir commenté les lèvres d’Adèle, je ne pourrais pas en faire autant pour la cigarette.

renato dit: 9 octobre 2013 à 11 h 11 min

Puisque je n’irai pas voir ce film, Jacques, je ne vois pas pourquoi parler de la BD (je l’ai parmi mes livres et elle me suffit). Ce serait plutôt à Sophie d’en dire quelque chose, d’autant plus que ce fut un autre sujet de polémique.

JC..... dit: 9 octobre 2013 à 11 h 56 min

Il est clair que la cigarette de cette enfant ayant quitté l’école trop tôt est, comme dirait un non-Magritte, une incitation majeure à la pédophilie !

Jacques Barozzi dit: 9 octobre 2013 à 12 h 06 min

Mais non, cette enfant n’a pas quitté l’école trop tôt, elle deviendra même maîtresse d’école, et une bonne !

pado dit: 9 octobre 2013 à 17 h 00 min

Bon j’ai vu Adèle.
Pas trop le temps maintenant, mais rapidement.
Une seule palme aurait suffit (Adèle)
Trois heures de gros plans ça lasse un chouia.
Pour le reste, globalement, reportez-vous au commentaire de Jacques (comme quoi !)

J’espère seulement qu’Adèle se sortira brillamment de ce rôle.
Une très grande actrice est peut-être née.

Jacques Barozzi dit: 9 octobre 2013 à 18 h 04 min

« (comme quoi !) »

Comme quoi, quoi, Pado ?
Dis tout de suite que généralement je ne dis que des conneries !

u. dit: 10 octobre 2013 à 10 h 43 min

Je me suis efforcé de suivre tes circuits sinueux, camarade JC.

L’éloge du Nantais, la mise en cause d’une maîtresse d’école (tombée un jour amoureuse, absurdement, de sa carte de visite, c’est ça?)…

La mère Duflot?
(et mergitur?).

JC..... dit: 10 octobre 2013 à 11 h 12 min

La mémère Duflot ?
Je reprends volontiers une belle phrase du skieur Pado : « Une très grande actrice est peut-être née. »

u. dit: 10 octobre 2013 à 11 h 21 min

Pado nous snobe parce qu’il a vu un film (c’était en noir et blanc?).

Chevaleresque, il est prêt à sauver tout femme un peu sotte, et prendre Mae West sur son dos.

(Pas terrible, notre compteur, Pado!)

JC..... dit: 10 octobre 2013 à 12 h 10 min

Les femmes sottes ne sont pas en danger, la plupart du temps seules les intelligentes le sont…

J’essaie néanmoins de les persuader, les intelligentes, qu’il leur faut un chevalier blanc dont le destrier, blanc, est malheureusement au ressemelage, ce qui explique le scooter rose …

JC..... dit: 10 octobre 2013 à 12 h 36 min

Je ne sais si je dois, car le lien avec le sujet cinématographique est faible, mais l’évocation de la libre Mae West éveille en moi une réflexion, ce qui est rarissime : avec des seins pareils, on devait s’endormir dessus, comme sur un waterbed dodelinant, non ?

Il y a t-il un historien du cinéma dans la salle ?

u. dit: 10 octobre 2013 à 13 h 21 min

Un mec qui s’endort, la puissante Mae West le rappelait à ses devoirs.

(« Have you got a gun in your pocket, or are you just happy to see me? »)

JC..... dit: 10 octobre 2013 à 15 h 55 min

Une femme libre dont le tour de poitrine était supérieur à son QI. Tentant pour un prisonnier qui a pris 10 ans et qui vient de sortir … mais pour un diplômé bavard …?

pado dit: 10 octobre 2013 à 20 h 09 min

Parmi vous je ne suis aucunement spécialiste de QI, mais bon j’assume (et bien).
Mais pour Mae West il est manifeste que son QI était loin d’être nul et ne mérite aucune comparaison avec son QP (Quotient Poitrinaire) d’ailleurs sa recherche du gun me semble très intelligente (comme l’utilisation de son scooter par JC)

Jacques,
aucune connerie,
tout au plus quelques divergences de principe quand je vous lis (surtout sur le blog voisin)
Mais quelle est la réalité des commentaires d’un blog trop commenté ?

JC..... dit: 11 octobre 2013 à 7 h 29 min

Pado,
Mae West avait un mérite : être une femme libre dans un pays où veillent encore tant de puritains ! Preuve qu’elle jouissait d’un bon QI…
(mais l’idée qu’il pouvait être inférieur à son QP me plaisait…)

Virgil Firmin dit: 23 janvier 2014 à 16 h 57 min

Je ne comprends pas les téléspectateurs qui critiquent ce joli téléfilm. Pour une production France 3, c’est tout de même de la belle ouvrage. L’actrice principale ne manque pas de charme et gageons que dans son prochain film, la production aura les moyens, cette fois, de lui acheter des kleenex pour son ravissant nez qui ne cesse de couler. Dommage que le réalisateur semble avoir perdu ses lunettes et soit obligé de ne filmer qu’en gros plan. Franchement, je recommande ce beau feuilleton de l’été qui a des choses si subtiles à dire sur l’art contemporain et la lutte des classes. Monsieur le réalisateur, merci de nous rappeler en 2013, que chez les prolétaires on se méfie des artistes et que chez les méchants bourgeois, on aime pas les profs. Heureusement, les jolies filles nues font oublier l’inanité du propos.

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