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La République Du Cinéma

« Apnée » : alors… émeu?

Par Annelise Roux

Jean-Michel Ribes était venu en 2012 les voir jouer avant de leur consacrer un festival au Rond-Point. Jean-Christophe Meurisse, le metteur en scène et sa troupe théâtrale des « Chiens de Navarre » lui avaient proposé une trilogie sur ce qui peut se passer autour d’une table, « Nous avons les machines », « Une raclette » et « L’autruche peut mourir d’une crise cardiaque en entendant le bruit d’une tondeuse à gazon ».
Les titres des spectacles révèlent en soi un état d’esprit libertaire ? Une fidélité aussi. Dans « Apnée », on retrouve Thomas de Pourquery, jazzman français à barbe de hipster déjà aperçu dans « Il est des nôtres ». Pas certain que les grappes de raisin sur son front ni une serviette éponge autour des reins le transforment en joueur de luth du Caravage.

Une autruche (sans tondeuse à proximité, elle ne risque rien) se promène dans un supermarché. Animal apparemment fétiche, connu pour s’enfoncer la tête dans le sable, ce que les comédiens n’ont pas tendance à faire – le spectacle repéré par Ribes partait comme une « lecture sur table » un rien rébarbative pour s’achever en improvisation délirante, par définition périlleuse. Un des protagonistes tente d’amadouer l’animal avec une banane sur fond de chips Lays, dans des délicatesses dignes de Philippe Katerine chantant qu’il faut le « laisser manger la sienne » en paix : parle à ma folie, mon imaginaire, ma tête est malade?
Jean-Christophe Meurisse « qui est de Bretagne » ne s’est jamais caché d’avoir souffert d’être taxé de snobisme, hyper-parisianisme et autres. Eux qui ont commencé à la Ménagerie de Verre, au Centre Pompidou, à Gennevilliers ou aux Bouffes du Nord – peu ou prou des temples du théâtre contemporain – continuent d’affirmer leur volonté de « faire du théâtre populaire ». Meurisse a des convictions : tout le monde logé à la même enseigne, des budgets de production « axés en priorité sur les salaires, l’emploi, l’humain »… le fossé est énorme entre ce qu’on peut constater de popularité grandissante et la possibilité d’exister pour ces troupes. Le film était présenté en séance spéciale à la Semaine de la Critique : Charles Tesson auquel on doit entre autres la mise en avant d’Oliver Laxe et « Mimosas » , quête métaphysique sur le Haut Atlas marocain, non seulement a l’œil, mais ne se gêne pas pour détonner.
Film à sketches, ni queue ni colonne vertébrale ? Pour la colonne vertébrale, pas faux.

Jacques Tati, Monty Python assaisonnés de belgitude, trio des « Valseuses » de Bertrand Blier, Miou-Miou reléguée bougonne à l’arrière, Depardieu et Dewaere surexcités à l’avant : les trois inénarrables Céline (Céline Fuhrer, blonde peroxydée entre Blondie et Courtney Love, titulaire dans la vie d’un DEA de philosophie), Maxence (un Maxence Tual en imposant charmeur d’émeu ou peintre à salopette rouge) et Thomas (Thomas Scimeca, avec sa tête de candide allumé, demandant obligeamment à une fillette si « ça ne la dérange pas que ses deux parents soient pédés ») arrivent endimanchés tout trois de jolies robes bustier dans une mairie, désireux de s’unir.
Le maire – un Jean-Luc Vincent (Lillois de « Ma Loute ») patient au début, visage rayonnant d’application entre Fabrice Luchini et Stéphane Bern – finit par s’énerver, impuissant à justifier l’impossibilité. Un Jésus fort amène demande à être décroché de sa croix. On fait du patinage nu, avoir le service trois pièces à l’air ne gênant aucunement la virtuosité sur glace ? Olivier Saladin a tant autorité pour affirmer que « c’est lui qui dit si ça ne va pas » qu’on n’a pas intérêt à le contredire. La séance à Pôle Emploi où on tente d’enseigner comment serrer la main, hilarante, n’est pas sans rappeler ce qu’un des meilleurs Lelouch développait sous une forme émotive, lorsque Sam Lion (Jean-Paul Belmondo) apprenait à Richard Anconina comment dire bonjour… Si le foutraque me dérangeait, ça se saurait. Y circule une énergie qui fait parfois défaut aux objets trop bien léchés. Comme une enfance à attendre sans idée préconçue ce qui risque de sortir du chapeau. Ce genre de voyages « à vue » nécessite de l’abandon pour se laisser embarquer ? Difficile d’estimer où on accoste?
Imposer par avance ce que seraient des codes humoristiques patents est toujours hasardeux, sauf à penser qu’ils procèdent d’une construction à l’élaboration raffinée. Les Marx Brothers, Buster Keaton, Chaplin, Vladimir et Estragon dans le théâtre beckettien évidemment, disposent d’une logique interne forte et indéniable. Alain Guiraudie, ses gros plans provocants, ou farceurs… Paul Vecchiali avec ses particularités formelles. Nos trois larrons prenant un bain dans un magasin de sanitaires, en plein travaux pratiques de la blague potache du Lord anglais flatulent dans sa baignoire, auquel son butler apporte une chope mousseuse sur un plateau : « Pardon Sir, j’ai cru entendre Bring me a bottle of beer… », scatologie de bas étage ? Sur quel terrain chassent les Chiens de Navarre ? Jean-Christophe Meurisse et sa troupe se défendent d’être des « cultureux ». La question de l’héritage burlesque et de sa fructification se pose. Jean-Michel Ribes, important à la télévision « Palace » ou « Merci Bernard », aurait-il fait des petits ? Les recherches en paternité si tant est qu’elles intéressent ne sont pas toujours faciles à conduire.
L’absurde ? Le je-m’en-foutisme vulgaire, relâché? Ce qu’on a baptisé « l’humour Canal + » ? Les Nuls, emmenés par Alain Chabat et Dominique Farrugia substituant au « Ni oui ni non » traditionnel un « Ni bite ni couille » moins attendu, classique désormais parmi les trentenaires, les quadras, dans l’énormité n’étaient pas dénués d’invention. Mizou-Mizou, Bruno Carette en pétomane ayant besoin d’encouragements au moment de s’exécuter ? Le dada ? Le grossier, l’imprévu, le poétique à rebrousse poil, le caché, le sale ? Chez Fernandel, la rosée faisait déjà des perles. Chez Félicie aussi. Jeu sur l’intime, le supportable, le gênant ? La différence entre le subversif est qu’il effracte les frontières en proposant une alternative risquée, tandis que le transgressif se pare d’une connotation nihiliste en se contentant de jeter le moule à bas. Qu’est susceptible de révéler l’examen du «matériau » comique en soi, entre pur épidermique, contextualisation et culturel qui fait médiation : en quoi Georges Perec, son « un enterrement, des zobs secs », pas du même tonneau que les calembours de l’Almanach Vermot, les slips découpés à l’envers du Professeur Choron pour en faire des t-shirts, ni que Jean-Marie Bigard?

II y a peu, je m’interrogeais sur ce que recouvrent en nuances la décence et l’obscénité. La même question s’applique à l’humour, l’érotisme, la mièvrerie, la poésie… Question aussi de bagage préalable, de fondations plus ou moins subtiles et étoffées. Idiotisme ? Certes. Il n’en demeure pas moins que le démêlement est faisable. Cela ne dépend certainement pas de l’âge du capitaine, mais d’un consensus initial à la fois strict et mouvant sur le ressenti, la portée et le sens, qui ne demande qu’à resserrer les mailles du filtrage ou au contraire, élargir les barrières pour laisser passer davantage, selon la finesse de perception.

« Apnée » de Jean-Christophe Meurisse

 

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74 Réponses pour « Apnée » : alors… émeu?

Jibé dit: 20 octobre 2016 à 8 h 24 min

Poursuivons donc ici le débat sur les frères Dardenne, imposteurs ou pas ?

Moi aussi j’aime bcp Adèle H., Annelise, et là elle fait ce qu’elle peut, d’autant plus qu’elle est à l’image du début à la fin !
Si j’ai bien compris l’enquête reconstituée par l’héroïne qu’elle incarne, vaille que vaille, une jeune prostituée gabonaise, basée à Liège, vient faire une fellation à un vieillard immonde, dans un mobil-home situé de l’autre côté de la frontière. En repartant, elle se fait aborder par un beau mec et , épouvantée, elle s’enfuit sonner à la porte d’un médecin qui ne lui ouvre pas. Finalement, la fille accepte de suivre son client, qui en veut plus qu’une simple fellation. L’affaire s’envenime et en voulant à nouveau fuir, elle trébuche et se fracasse le crâne sur un plot en béton. Mais ce n’est pas tout, tout cela s’est passé sous les yeux du fils du beau mec, qui a tout vu, et dont le médecin en duffle-coat a constaté que les veines situées près de ses yeux, à la vue de la photo de la victime, qu’elle lui a montré, se sont mises à battre deux fois plus vite que celle du pouls ! Grâce à quoi, on finira par connaitre enfin la vérité…
Putain, ils se sont mis à deux pour écrire un tel scénario, les Dardenne !
Ils nous prennent pour des cons ?

Emmanuel dit: 20 octobre 2016 à 10 h 30 min

…dit comme ça, clair que les Dardenne bros font pas trop envie.?’imposteurs’, tu n’y vas pas fort avec le dos de la cuillère à moutarde pour le potch, Jibé?Pense aux Flandres, la petite Haenel mangeant une blanquette servie par Maigret à l’estaminet.
La question de l’humour est affaire sérieuse Annelise .,Votre conclusion laisse songeur,pas la première fois allez que vous semez une graine destinée à germer (mais vous le savez..;)
Je me souviens de l’époque où le père de Michelle Bernier sévissait , l’équipe de Harakiri paix à leurs âmes a eu des bonheurs inégaux. JMC c’était une autre histoire?Perso, jamais arrivé à réaliser le t-shirt promis; pour ça que jamais trop monté la bande à Choron au pinacle? Cet humour tortillard, scato des belles filles habillées court du Denisot’s band…pathétique non? Pas qu’elles s’habillent court ; Un reportage où la fille racontait qu’elle « nettoyait le dégueulis après les fêtes de cannes », wouaarf. Et Yann Moix ou BeigBD qui battaient des cils, ravis!woouaarff happy happy fiou! Le Grand Journal a la dégringole qu’il mérite : le fils De Caunes avec José Garcia, les parodies ou les personnages,avaient encore de la créativité mais après pschhhiiiittt.
Annelise ,sur l’autre fil Widerganger s’insurge sur la déconstruction en vigueur; le relativisme ambiant qui fait qu’on attribue le nobel à Zimmerman, même topo ! Tant qu’on ne se mêlera pas comme vous engagez à le faire ‘d’interroger ce que recouvre en nuance tel ou tel paramètre ou sens des mots’, on trempera dans la panade jusqu’au col.

gilles dit: 20 octobre 2016 à 11 h 14 min

Jibé je suis comme toi ,ce Dardenne m’a suprêmement emmerdé! Fin billet..
Les impros des « chiens » au Rond-point TOTALEMENT déjantées!!On s’apercevait en cours de route qu’ils n’avaient pas de feuille de route,O.L’exercice est dur quand c’est réitéré.
L’humour canal a marqué des générations .Ce qui était drôle au début a mal tourné après.Chabbat et Bacri qui hument le cul d’un chien il y avait un coté clown.Des années après, Muriel Cousin la femme de ce pauvre Stéphane Guillon qui rame dans le grand journal et ramène On humour pipi caca réchauffé..
Boooouafff

olga dit: 20 octobre 2016 à 11 h 42 min

Annelise, bonjour. C’est le même plaisir de vous lire.J’ai vu « la danseuse », c’est du passé, j’ai aimé; j’y reviendrai, quand j’aurai moins faim…
Je voudrais vous dire 2 mots d’un cinéaste dont je n’avais rien vu jusque là, Monteanu, avec un film extraordinaire « la caravane cinématographique ». En Roumanie, il pleut, des trombes d’eau du début à la fin; un gros camion s’embourbe dans un fleuve qui est en crue; de la boue partout. Arrive ds un petit village où le représentant officiel du pouvoir doit montrer des films aux qqs habitants,peinture exceptionnelle.Les films ont pris l’eau, faut sécher la pellicule, comment faire du feu ? L’officiel a peur du Pouvoir: sa mission échoue, les malheureux paysans pleins de boue n’auront pas accès à la Culture. Tractations, marchandages; les femmes ont une idée, faire manger tous ces complotistes, avec des p’tits verres pour que ça passe mieux, si bien qu’ils sont vite pompettes, à fond la caisse; il y a une jeune et jolie j.fille, bibliothécaire (des livres sur une étagère) qui est regardée d’un oeil tendre par l’Officiel conducteur du camion de la Caravane. Très imbu de son rôle. Les films st secs mais pleins de taches; on s’installe ,des images de chars qui foncent en avant, un spectateur, un pov’bougre, hurle à mort. Panique. La pellicule est irregardable. On boit un coup; le camion doit repartir en plein milieu de la boue, le camionneur cinéaste s’arrête, repart en courant vers le village et saute sur la bibliothécaire qu’il jette par terre. FIN.
Ce film est un chef d’oeuvre; performance: filmer des torrents de boue et des acteurs sous parapluies, ou bien attablés dans des bicoques en planches éclairées à la bougie, la lampe tempête.
Le tableau de la Roumanie, des années 70? est terrifiant, par la peur affreuse qui saisit tous ces pauvres gens d’être dénoncés à la Ville, par le rôle que peut jouer le cinéma, quel cinéma ?
« la danseuse » à côté fait pâle figure..
Désolée d’avoir été si longue, mais j’avoue que ce film m’a bouleversée. Montéanu, ça vs dit sûrement quelque chose, AnneLise ?
( j’ai vu « pour qui sonne le glas », gros truc; mais Ingrid Bergman, cheveux courts, frêle,dans les bras de G.Cooper, belle à faire se damner tous les saints du Paradis…TOUS)

Sylvain dit: 20 octobre 2016 à 12 h 22 min

Ha ha ha!!!!! Annelise vous êtes unique.J,y cours.Meurice j,arrive .

« Ellena » sur le billet Tavernier hier, c,est pas le parfumeur d,Hermes quand même???

J.D dit: 20 octobre 2016 à 12 h 52 min

Merci Annelise.De Pourquery est un excellent saxophoniste sous le coté Bud Spencer. Au sax ce que De Wilde est au piano.La particule vous croyez?
Meurisse: ce que vous racontez sur le management de la troupe ,tout à son honneur.Plus réservé sur Ribes.Jouant beaucoup de la sympathie par devant .. Me méfie de ce gus.

Annelise dit: 20 octobre 2016 à 15 h 29 min

Olga 11h42 des longueurs comme ça, autant que vs voulez. Bergman, ah mon dieu! « Chevreau »…la terre qui bouge une seule fois. J’avais quatorze ans et lisant Pilar en train d’expliquer ça à Robert, j’étais tellement bouleversée… Et l’Espagnol sur la barricade : « tuez-moi, les amis… » Et la jambe coincée, le dernier regard qui dit adieu, le coeur qui cogne après avoir compté les balles qui restent. On peut en crever de ces lectures

Annelise dit: 20 octobre 2016 à 15 h 49 min

..pour le cinéma roumain : « Dogs » de Bogdan Mirica. Très dur, un côté far west, western oui…premier film âpre, avec des paysages désolés du pays livré à la corruption. La frontière avec la Bulgarie, fournaise et violence, état des lieux& thriller, en tt cas cinéma de genre. Pas le temps ms celui-là oui, hésité à le chroniquer… lui et Cristian Mungiu..

radioscopie dit: 20 octobre 2016 à 15 h 51 min

Belle surprise, Annelise, j’apprends que Les Chiens se sont mis au cinématographe. Je me rue au théâtre Sorano à chacun de leur passage et j’en sors, à chaque fois, la cervelle douchée, ça tient du miracle surtout qu’ils ne lésinent pas sur les humeurs corporelles, tout ce qu’on prétend sale. Eh bien, oui, ça lave de tout cet hygiènisme ambiant et de la pusillanimité érigée en morale.

christiane dit: 20 octobre 2016 à 16 h 12 min

Jibé,
une fille inconnue peut en cacher une autre…
Une jeune fille anonyme retrouvée morte au bord de la mer peut en rappeler d’autres…
Une porte restant fermée quand l’autre en détresse, tape, ça me rappelle aussi quelque chose…
Pour le film du jour ? pas prête… mais excellent billet.

Sylvain dit: 20 octobre 2016 à 17 h 07 min

Ce que je trouve remarquable chez vous, A-li:vous abolissez le fossé generationnel.

Les nuls d un côté ,Apnée, le nouveau cinéma roumain et INGRID…

Jibé dit: 21 octobre 2016 à 8 h 58 min

« une fille inconnue peut en cacher une autre…
Une jeune fille anonyme retrouvée morte au bord de la mer peut en rappeler d’autres…
Une porte restant fermée quand l’autre en détresse, tape, ça me rappelle aussi quelque chose… »

Rien compris, Christiane !
On parle de critique cinématographique et tu réponds par des rébus ?
Quoiqu’il en soit, un mauvais film reste un mauvais film…

X..... dit: 21 octobre 2016 à 10 h 56 min

Comment peut on être acteur ? Corrompus au point d’infliger à ses proches, sa famille, ses amis, cette image ignoble de baignoire pleine de saletés ?

Petrus dit: 21 octobre 2016 à 11 h 29 min

Ebouriffant billet, Annelise, qui non seulement titille notre curiosité – pour autant que que mon cinéma choisisse de passer « Apnée » – mais pose aussi quelques questions fondamentales : pourquoi, de quoi et comment rions nous ? La débat est ouvert, il n’est pas près d’être clos. Merci d’avoir cité « Merci Bernard » émission chère à mon cœur.

Sylvain dit: 21 octobre 2016 à 11 h 56 min

pétrus,
that’s the real question!Vous étiez accro à »merci Bernard », R.I.B..?mouais ;il a déchiffré des trucs c’est vrai.

Il m’étonnerait que Lady Liz Bacall-Bergman se fende la pêche comme une baleine devant trois beaufs qui se lâchent dans le bain. la mise en perspective qu’elle donne, d’1autre ordre.

Mais je peux me tromper.X, 10:56;Quand « Le sens de la vie » est sorti j’étais mort de rire.Pour l’ignoble ils avaient fait fort, rappelez-vous.de quoi être dégoûté à vie du chocolat. Ma compagne elle était choquée;enfin pas « choquée », écoeurée.

Rapport à la féminité? L’hygiène chez les H. pas toujours la même connotation.

D’ailleurs Annelise ne m’a pas répondu : c’etait Ellena le Nez d’hermes qui est venu en guest star sur le fil Tavernier?(les « nez « doivent avoir plus de mal avec un film comme celui-là..rapport aux odeurs ‘proscrites »;

« La grande bouffe »pas non plus de la grosse grosse délicatesse?

Jodi dit: 21 octobre 2016 à 12 h 06 min

Le Dardenne Christiane reconnaissez qu’à part Adèle Haenel leur atmosphère est pesante dans le mauvais sens.Me demande s’il n’y a pas un snobisme à les encenser?Pas l’ennui qui me gène,un espèce de volonté de leur cinéma à sentir toujours et encore la banlieue de Liège comme si rien n’avait bougé.;on n’aura jamais droit à autre chose ? Je ne demande pas une comédie .Chez d’autres « grands « je sens l’unité d’œuvre sans la répétition.Leurs longs plans séquence:du cinéma moins « moralisateur » que Ken Loach ? » Le fils »,oeuvre marquante:impossible d’oublier l’interprétation d’Olivier Gourmet(lui aussi belge)en menuisier en deuil.
L’autre visage de la belgitude ?François Damien, poolvoerde et d’un coup ,Rosetta! C’est ça les belges ?Ca c’est interessant.Mais Les chiens ,JP Meurisse est breton.Suis curieux..Je vais suivre radioscopie 15.51 qui a l’air de connaître ça au théatre .pas trop fan de Ribes…

Sylvain dit: 21 octobre 2016 à 12 h 17 min

‘Le Fils’ et ROSETTA!ça n’empêche pas d’aimer Cleese& sa bande(malheureusement il a mal vieilli, comme Loach ça transpire l’idéologie sine qua non, à oeillères au lieu de balayer devant la porte).

La Belgitude, l’idée est à creuser?Politiquement le besoin de lacher du lest, d’1 évasion?

Gilles dit: 21 octobre 2016 à 13 h 11 min

Et les Chiens navarrais Jibé? »Palace » reconverti en pb pour les assurances Maaf je ne suis pas vraiment fan.sauf au début;grâce à l’effet de surprise..L’humour télévisuel de masse ,fallait bien une autre approche .Moi le premier.je n’aime pas quand Hossein fait la pub Audika . Pour que les intellectuels adoubent ou ne fassent pas les dégoutés il faut leur donner le bon gateau.Les nuls qui qui se collaient tous les soirs au bureau des infos.des saltimbanques,là ou on a maintenant Canteloup pensionné par contrat par le producteur sur plusieurs années avec des rédacteurs aux ordres et des rires préenregistrés.Pas le même rapport .On tourne en boucle sur ça parce qu’on retrouve partout le nivellement par le bas .Desproges est mort trop jeune,au moins ça lui aura permis comme Coluche de garder une forme de pureté.Après c’est une question de goût .L’impro au théatre est risquée.Au cinéma on peut refaire des prises ,même si ça coute cher.

Annelise dit: 21 octobre 2016 à 13 h 42 min

Sylvain 11h56, Jean-Claude Ellena himself, oui.
Exceptionnel artiste des senteurs, venu faire une apparition sur Bertrand Tavernier. Quelquefois je demande à ce magicien : « S’il te plait, dessine-moi un cyclamen »…ou (mon préféré ): « S’il te plait, dessine-moi la pluie qui serait tombée sur les citronniers en fleurs, à Noto ou Agrigente. »
Et lui, il le fait.
Mais vous seriez surpris les uns et les autres de son rapport, qui est donc celui d’un très grand parfumeur à l’hygienisme et au corps, aux mauvaises odeurs ou aux fluides…

xlew dit: 21 octobre 2016 à 13 h 52 min

Pierre Etaix, prince de l’apnée lorsqu’il plongeait dans le grand transparent bleu de l’humour.
L’un des plus beaux « nez » du cinéma, quelqu’un capable de fabriquer le parfum d’une danse sans molécules, sans les habituelles et finalement fatigantes effluves épicées qui transpiraient par les pores des images.
Eau de toilette favorable aux acteurs qui nous rendirent familiers des bourrées et pavanes de leur chorégraphie cabotine si fidèlement sur les corps vaporisée.
Puissance de l’atomiseur.
Comme Keaton, son miroir ami, là où les humoristes ricaneurs firent des gestes désespérés pour retrouver la surface, il nageait encore dans la grâce et laissait découvrir des mouvements inouïs, fantastiquement plastiques mais toujours lisibles.
Quentin Dupieux arrive quelquefois à suggérer deux ou trois choses de ce domaine (toujours un plan non humoristiquement dessiné qui transporte vraiment ailleurs le spectateur, ne serait-ce que pendant une seconde).
Bah, je suis d’accord avec vous Annelise (votre profondeur affleure toujours, comme les meilleurs parfums muets), on pourrait dire la même chose de l’amour.
Comme Pierre Etaix, encore lui, dans l’un de ses premiers films lorsqu’il tombe amoureux de la jeune fille suédoise au pair.
D’accord aussi avec Jodi et Gilles.
Je me rappelle le lycée, tout le monde commentait pendant toute la journée le dernier sketch des Nuls, certains gags étaient extra (le personnage de De Caunes souvent pitoyable dans la pure moquerie, les impros de José Garcia et celles du vieil Algoud bien plus gondolantes), mais cela devenait saoulant à la fin.
Valoche Lemercier dans Palace, tout simplement inoubliable (lol-urk).

Eriksen dit: 21 octobre 2016 à 15 h 25 min

Le film commence là où Bridget Jones 3 s’était lâchement arrêté : le couple à trois, ou plus exactement le mariage à trois (le pas de plus vers le mariage vraiment pour tous).
Il finit comme Oslo 31 Août ou le Feu follet.
Ici, le triste bilan n’est plus individuel mais collectif. Un tour détaillé de la société pour voir si elle en vaut la peine. Tout y passe : amour, famille, travail, logement, éducation, argent, religion.
Tout est moisi.
Tour à tour soumis ou agressifs, les 3 pieds nickelés jouent le jeu du rêve français, cherchant travail / appartement / crédit, avec la foi ironique et corrosive de ceux qui prennent au mot les mots (comme François Ruffin dans Merci Patron ou Michael Moore ). Bien que fiction, Apnée joue sur le terrain documentaire par ses acteurs portant leurs propres prénoms et qui improvisent au fil de l’eau des dialogues, assez barbants mais dont émane un naturel tendu et explosif. Meurisse arrive ainsi à remettre de l’humain dans la caricature et du naturel dans l’hystérie.
« Buffet froid » dans la baignoire, invention d’une famille « juste (avant) la fin du monde »… la trouille affleure sous l’exaspération et la bravachitude.
Certes le ressentiment suinte de ce comique de façade, mais quand ces Deschiens survitaminés deviennent improbablement aisés (hameau corse abandonné, Steinway sur le port, quads sur la plage : triade magique du bobobeauf), ils ont triste. Peut-être nostalgiques des « bring me a bottle of beer » de la baignoire bohème. Vécu, le rêve s’est figé comme une aiguille de lave creuse.
Et pourtant, il y avait un autre rêve, celui du générique de début. Nu sur la glace, Le trouple excelle en patinant sur l’Été de Vivaldi *. Accomplissement, synergie, sève … mais froideur, danger, masques. Si le caractère foutraque de cet « Ubu Chômeur » pose la question de la maitrise, le générique y répond à l’avance.
Et l’apnée c’est quoi ? l’humain la tête sous l’eau ? la respiration retenue avant l’explosion ? le rêve du Grand Bleu ?
Je ne sais pas, mais ce film est encore une fois un stigmate de « la qualité des temps ». Y’a le feu au lac, comme diraient les suisses.

*Snow therapy avait aussi associé l’Été au froid.

Eriksen dit: 21 octobre 2016 à 15 h 51 min

Merci Annelise pour la fine analyse du subversif et du transgressif (et pour le BMABOB :’-) )
si on dit « le subversif sape la limite de l’intérieur et le transgressif ne fait que la franchir ostensiblement, est-ce que la recouvre la même idée ?

christiane dit: 21 octobre 2016 à 16 h 41 min

Jibé,
pour moi ce n’est pas du tout un film raté et ta façon de le résumer l’amoche. « L’autre fille inconnue » c’est cette jeune femme médecin que l’on découvre peu à peu.
D’autres enfants morts sur un rivage ? cherche un peu.
Les portes qui restent fermées malgré l’urgence ? Ouvre un journal, ou allume la télé ou la radio…
Jodi,
Qu’y puis-je ? j’aime leurs films et ces personnages de femmes en lutte contre l’enlisement et l’à-quoi-bon….
C’est ainsi, tant de films , tant de cinéastes. On aime ou on n’aime pas mais je trouve injuste de dire que ce sont de « mauvais » films.
Vu cet après-midi « Le mal de pierre » réalisé par Nicole Garcia avec la lumineuse Marion Cotillard. Belles compositions aussi de Louis Garrel et Alex Brendemühl.
Folie que cette existence qu’elle n’arrive pas à vivre. Incommunicabilité. Ne pas être là où elle croit être… Le temps ne passe plus, arrêté, hors de la possibilité d’être rejoint. Elle ne peut en sortir et s’en sortir qu’à travers la perte d’un rêve…

Ludovic Raboz dit: 21 octobre 2016 à 17 h 12 min

Te fatigue pas, christiane, ce Jibé d’impotence est complètement bouché. Il me rappelle ce benêt qui signait naguère Barozzi.

Jibé dit: 21 octobre 2016 à 20 h 18 min

On ne fait pas de bons films en se donnant abusivement bonne conscience, Christiane, désolé, mais c’est juste une question de respect !

alley car dit: 21 octobre 2016 à 20 h 19 min

Positively 4th Street

WRITTEN BY: BOB DYLAN

You got a lotta nerve
To say you are my friend
When I was down
You just stood there grinning

You got a lotta nerve
To say you got a helping hand to lend
You just want to be on
The side that’s winning

You say I let you down
You know it’s not like that
If you’re so hurt
Why then don’t you show it

You say you lost your faith
But that’s not where it’s at
You had no faith to lose
And you know it

I know the reason
That you talk behind my back
I used to be among the crowd
You’re in with

Do you take me for such a fool
To think I’d make contact
With the one who tries to hide
What he don’t know to begin with

You see me on the street
You always act surprised
You say, “How are you?” “Good luck”
But you don’t mean it

When you know as well as me
You’d rather see me paralyzed
Why don’t you just come out once
And scream it

No, I do not feel that good
When I see the heartbreaks you embrace
If I was a master thief
Perhaps I’d rob them

And now I know you’re dissatisfied
With your position and your place
Don’t you understand
It’s not my problem

I wish that for just one time
You could stand inside my shoes
And just for that one moment
I could be you

Yes, I wish that for just one time
You could stand inside my shoes
You’d know what a drag it is
To see you

christiane dit: 21 octobre 2016 à 21 h 43 min

@Jibé dit: 21 octobre 2016 à 20 h 18 min
Tu manies avec facilité ce genre de maxime, pour toi et pour les autres… mais ça sonne creux, Jibé. Salut !

Jibé dit: 21 octobre 2016 à 22 h 41 min

Contrairement à Gide, je crois que l’on peut faire de bons films ou de bons romans avec de bons sentiments, Christiane, mais pas celui-là, dont j’ai expliqué les incohérences du scénario. Tu n’as parlé que de la misère du monde, dont la jeune doctoresse se fait le héraut, soit. Mais pas une seule fois tu n’as parlé du fond du film, ni analysé cette histoire qui se veut réaliste et qui ne tient pas un seul instant la route. Baclage, paresse, manque de conviction de la part des frères Dardenne ? Le film a été reçu froidement au festival de Cannes, où il était en compétition. J’ai donné mon avis, libre à toi de le trouver formidable, encore faudrait-il expliquer en quoi…
Bonne nuit !

christiane dit: 22 octobre 2016 à 1 h 02 min

Que te répondre, Jibé ? Tu fais du film, par ton résumé, un fait-divers sordide et uniquement cela : l’histoire reconstituée brièvement de cette jeune prostituée, d’un mobil-home où un vieux dégueulasse consomme des passes tarifées, d’un cyber-café voué à la violence par ses tenanciers, dealers et proxénètes, et tu oublies deux personnages : celle qui est présente du début à la fin et qui porte le film, Adèle Haenel, qui joue son personnage avec une infinie justesse sans artifices ni maquillage, un peu froide, pas très féminine, distante, professionnelle mais sans émotion (dans la première partie du film) et son énigmatique et taiseux stagiaire Julien, toujours placé en retrait et qui détermine son refus d’ouvrir la porte quand elle entend la sonnerie. Donc, cette Jenny Davin, personnage qu’elle endosse, ne cherche pas un coupable mais ne peut plus avancer tant qu’elle n’aura pas rattrapé l’acte sans lequel cette jeune fille ne serait pas morte. Elle veut rendre à ce corps son identité, qu’il ne disparaisse pas dans Le carré des indigents, anonymement, peut-être pour se racheter… Elle va dans la deuxième partie du film se révéler d’une lucidité incroyable et porteuse de valeurs insoupçonnées jusque-là (en cela je la nomme la deuxième inconnue). Nul ne cherche à l’épauler, à la comprendre, ni ses collègues, ni les deux inspecteurs de police pour qui la disparition de cette immigrée sans papiers n’est qu’un incident.
Filmé au bord d’un canal industriel, magnifiquement, ce film par sa mise en scène m’a évoqué la touche de Robert Bresson par sa sobriété, son âpreté, son austérité.
Et donc, je ne partage pas ton point de vue, surtout si laconiquement exprimé.

Y..... dit: 22 octobre 2016 à 5 h 17 min

Comment peut on sortir plus d’un euro pour aller voir de telles foutraqueries ? Mystère d’un continent à la dérive …

domi dit: 22 octobre 2016 à 7 h 18 min

histoire reconstituée brièvement de cette « jeune prostituée, d’un mobil-home où un vieux dégueulasse consomme des passes tarifées, d’un cyber-café voué à la violence par ses tenanciers, dealers et proxénètes,  »

ça fait pas rêver

domi dit: 22 octobre 2016 à 7 h 19 min

Christiane « histoire reconstituée brièvement de cette jeune prostituée, d’un mobil-home où un vieux dégueulasse consomme des passes tarifées, d’un cyber-café voué à la violence par ses tenanciers, dealers et proxénètes, »

ça fait pas rêver

christiane dit: 22 octobre 2016 à 7 h 52 min

Domi,
« ça change des histoires d’alcôve à la française »… »…dit comme ça, clair que les Dardenne bros font pas trop envie…’ »imposteurs », il n’y va pas fort avec le dos de la cuillère à moutarde pour le potch, le Jibé !Pense aux Flandres, la petite Haenel mangeant une blanquette servie par Maigret à l’estaminet. »… »Tant qu’on ne se mêlera pas comme vous engagez à le faire d’interroger ce que recouvre en nuance tel ou tel paramètre ou sens des mots, on trempera dans la panade jusqu’au col. »… »Pas vu le MÊME film. Pas drôle. Du tout, du tout. »… »désolée, mais c’est juste une question de respect ! »

Annelise dit: 22 octobre 2016 à 8 h 57 min

Dyspnée, pas compris ? Vous êtes J.Langoncet et la modé vous fait des misères ? Zut. Pas volontaire, il arrive qu’elle me modère…moi, quand je suis loin du tableau ! En ce moment, des dysfonctions. Votre lien,Schoendoerffer en cravate, tiré à 4 épingles interrogé par Toubiana, se mettant à parler de Kessel, superbe ! Le film du fils, Frédéric, « Scènes de crime » avec Dussolier et Berling – il faudrait que je revoie ?- m’a laissé un grand souvenir.
Domi, qu’entendez-vous par «cela ne fait pas rêver » ? « Le Fils », Olivier Gourmet d’une certaine façon fait rêver ! Le film, les Dardenne que dépeint Christiane font penser aussi, donc rêver?
Oui Eriksen, nous disons exactement la même chose sur le transgressif et le subversif. J’ai tendance à préférer le second. Curieux comme la psychanalyse (ouh ! le vilain mot, qu’on se mette vite des boules Quiès ou qu’on m’envoie me laver la bouche avec du savon sinon j’ai peur du tour que ça pourrait prendre !) associe le premier au stade anal… et nous y revoilà. Socialisation, intériorisation des codes, rétention, tentative de la séparation via le trajet vers l’oralité, la construction. Souvent le transgressif s’attaque à des frontières « faciles », du type de celles qui font que les petits enfants s’effraient : l’âge où ils arrivent à être propres, l’oralité qui se construit avec la distinction qui s’instaure entre soi, le corps de la mère et le monde extérieur, quand on cesse soi-même d’être indistinct… les premières vapeurs à balbutier caca boudin, les mots « sales » ! Un ressort de créativité quand ça perdure ? Euh pour moi, pas vraiment… Le petit bravache masturbatoire pas très encombré de surmoi, « t’as vu t’as vu !j’ai dit ou fait le truc interdit quel vilain garçon» plutôt que l’aventure intime hors périmètre, l’éveil à la proposition « à deux » propre à l’échange, toujours plus risqué.. C’est un côté « infantile » et non « enfantin » de l’enfance qui ne me passionne pas exagérément (le transgressif). Rien d’intello, ça correspond au contraire à des typologies assez caractérisées, pas du tout lugubres, plutôt à mettre sur le compte d’un enrichissement, d’une maturation mais bon, .après ce que préfère en faire chacun, quelles bifurcations ça donne par exemple dans l’appréciation humoristique… pur point de vue, je ne conteste pas.
Lew 13h52, je me suis aperçue que Pierre Etaix était ds le jury qui a récompensé le film des frères Boukherma Ludovic et Zoran, « Willy 1ier » dont j’ai donné une chronique Facebook ? (FB..on aura tout vu… ms ma « geekerie » s’arrête là, Chaplin continuant de faire les gestes à la chaîne, Copier/coller de ma note ou de mon billet écrit sur Word, ne m’en demandez pas plus…au moindre accroc je crie au secours! me jette aux pieds de mon webmaster en appelant à l’aide…), enfin je trouve votre façon de parler d’Etaix si belle, j’aimerais qu’il soit encore là pour vs lire.
Meurisse, je comprends par exemple qu’on n’y soit « pas prêt », qu’on n’ait pas envie de ça..oui, l’hésitation de Christiane sur les Chiens je comprends vraiment! Pas sur RdC pour édicter « mes » goûts, badine de maître en main. Pas dit non plus que je coure forcément après plusieurs mandats… si vs me forcez à entrer ds le détail je vs dirai qu’entre le Jésus d’ »Apnée » et celui de « Big Lebowski », je préfère John Turturro … avec la devise brodée sur le survet « Nobody fucks with Jesus Quintana » (ou Walter qui s’énerve : I don’t roll on Shabbos ! You fuck strangers in the ass, and now see where you ‘re etc etc… John Goodman m’a fait tellement rire… )
Je n’ai aucun pb avec le grossier, le brut, l’incongru, la violence de l’inattendu, du jamais vu. La vulgarité m’incommode davantage. Pas la question de mettre ou non des gants blancs : le truc se joue de ce genre de barrières. Valérie Lemercier dt vs parlez Lew… j’aime mieux la voir avec Burgalat, aux César faire son numéro de Rabbi Jacob qu’en train de se gratter les fesses au prétexte de choquer le bon bourgeois ?… ds ce cas ce n’est pas tant le bourgeois éduqué d’ailleurs qu’elle choque, il s’ébroue en riant, il est dans la confidence alors que le brave péquenot pour qui l’éducation est encore acquis récent est mal à l’aise. .mais voilà, sur ce point précis c’est uniquement mon goût ! Et j’aime conserver la capacité de switcher d’une extrémité à l’autre ou de me promener où je veux sur la palette.

christiane dit: 22 octobre 2016 à 9 h 59 min

Vraiment, encore une intervention solide d’Annelise. Je n’oublie jamais que le cinéma est un art et que par l’illusion qu’il donne du réel, les commentaires des uns et des autres, ici, sont parfois en querelles. Quels éléments de notre propre structure psychologique s’y reflètent ? Ce que nous projetons dans les films est filtré par nos souvenirs, des phénomènes inconscients qui échappent à notre perception directe.
L’essentiel est dans le rêve, dans ce bonheur de se glisser, salle éteinte, jusqu’à l’écran. Parler du film, de nos ressentis, après projection c’est toujours un exercice périlleux, personnel, où il est facile de se tromper. C’est un échange sans fin, bien agréable souvent, plein de défense et de résistance d’autres fois. Y enfreindre des tabou, force dangereuse, éveille le désir du défendu. Les passeurs (comme Annelise mais aussi Olga, Emmanuel, Ericksen, xlew, Petrus… sont alors indispensables pour aborder aux rives de la transgression, seuils de liberté d’une prohibition très ancienne…
Un régal !

christiane dit: 22 octobre 2016 à 10 h 42 min

@Rowan Oak dit: 22 octobre 2016 à 10 h 37 min
et bien d’autres enfouis sous mes …
Mais Jibé, j’ai mes préférences : ces « Goûts de », ses paysages d’enfance, sa connaissance de Paris, pour le cinéma…

Gilles dit: 22 octobre 2016 à 11 h 30 min

Annelise dit(au dessus):
Brillant!
Et frappé de drôlerie,cerise sur le gateau;l’humour pipi-caca a qqchose de très puéril et accessible.La « transgression à portée de tous ».Pas besoin de se tortiller les méninges !!On y va sur la pudeur corporelle effarouchee.Velours.

Jibé dit: 22 octobre 2016 à 12 h 28 min

Trop long et/ou illisible, Annelise.
N’écoutez pas les flatteries et les bénis-oui-oui !
Gardez votre indépendance d’écrivain et de critique et ne sombrez pas dans les travers de la boutiquière, souriant à tous, en évitant de donner son propre avis…

J.D dit: 22 octobre 2016 à 12 h 29 min

Le recours à la psy ne donne aucune envie de se boucher les oreilles avec du dentifrice,A-lise…Vous avez le chic pour porter le débat ou l’estocade au bon endroit ?
Ce qui est marrant c’est que le maniement scato actuel s’adresse en effet au grand nombre .La merde libératrice ,tout le monde connaît,le code est vite vu . Transgressif sans élaboration.Du temps de Fernandel ,avec les notions d’hygiène qui se développaient,le corps caché sous les robes ou les costumes qui se liberaient,c’était à ce moment là plus de l’ordre du « subversif ».Ca a cessé de l’être avec l’usure pour emprunter le grand boulevard de Bigard et consorts.

X..... dit: 22 octobre 2016 à 13 h 10 min

Aurons nous assez de mouches pour satisfaire tous ces pervers cinéphiles, ces enclumeurs, qui prennent le cinématographe pour un art ? Misère de l’homme sans mouche !

Rémi Furet dit: 22 octobre 2016 à 14 h 14 min

Jibé dit: 21 octobre 2016 à 22 h 41 min

Pépèpe !

Qu’est-ce que c’est que ce commentaire à la noix ?
On dirait du Widerganger revu par JC.

Rémi Furet dit: 22 octobre 2016 à 14 h 18 min

X….. dit: 22 octobre 2016 à 13 h 10 min
ces pervers cinéphiles, ces enclumeurs, qui prennent le cinématographe pour un art ?

Et il y a pire, mon bon X….., il y en a même qui prennent la peinture (la peinture!) pour un art, alors que le premier gosse venu est capable de manier un pinceau.

X..... dit: 22 octobre 2016 à 17 h 02 min

Mon bon furet, j’adore la peinture ! Je peins, moi même, depuis mes premières selles…

Ma dernière toile : « Mère Teresa descendant les marches des Folies Légères » (300×250) est exposée dans mes toilettes. La FIAC n’en a pas voulu, acceptant seulement d’autres étrons de dimension plus convenable.

Gilles dit: 22 octobre 2016 à 17 h 09 min

Bin Jibé, mon pote si c’est vraiment toi à 12.28 et pas un fake,tu baisses… habitué à mieux venant de toi.Tu vas pas tourner vieil aigri donneur de leçons à la c?
Surtout qu’elle a pas besoin…tu nous bassines avec tes avis.Y’a des hotels pour ça mon grand .Bonnes vacances;

X..... dit: 22 octobre 2016 à 18 h 11 min

Mademoiselle Roux, commenterez vous ce chef d’œuvre qui sort le 30 novembre sur la vie/le vit de monsieur ROCCO SIFFREDI, acteur aux talents unique ? Nous aimerions jouir de votre billet ….

Annelise dit: 22 octobre 2016 à 19 h 20 min

Oui Olga ! C’est la « boutiquière » qui vs le dit… Cimino que j’avais rencontré à Deauville il y a des années, si fragilisé par les insuccès. Tellement grand cinéaste pourtant. Avec le doute et les angoisses ad hoc. Le film avait commencé par faire plonger les studios, comme vs savez…

Annelise dit: 23 octobre 2016 à 8 h 07 min

Toujours la boutiquière bien qu’étant en vacances, sommée à 12h28 de faire court, lisible, et de garder son indépendance au lieu de sombrer dans les travers (on croit rêver, mon cher Jibé…) :
ce soir on TV, pour faire lien avec le billet RdL de PA, « The Constant Gardener » (2005), adapté du roman de John Le Carré sorti en 2000. Pas le meilleur Fernando Meirelles, mieux inspiré à faire gambader des poulets haletants dans la rue dans l’âpre « La Cité de Dieu », mais Ralph Fiennes – qui s’y entend et sera appelé à devenir encore meilleur chez Wes Anderson dans « Gd Hôtel Budapest » qu’en bandelettes et morphine ds « Le Patient Anglais – et surtout, Rachel Weisz, physiquement une des vraies héritières des Italiennes mythiques… alors qu’elle est anglo-américaine, née à Londres, à la ville her name is Bond, femme de Daniel Craig (ils ont bon goût, tous les deux..)

Annelise dit: 23 octobre 2016 à 9 h 07 min

Jibé 8h59 allons! Vous savez bien que je dois me détacher des flatteries… Vade rétro, Satanas ( ms tjs adoré Woland, plein de répartie et de drolerie chez Boulgakov ..)
En revanche regret de dire que mon tableau RdC est en train de me claquer entre les mains, avec dans le ventre plusieurs billets à venir, dont Sing street… Je ne sais si possibilité de réparer ds les temps. Bien à vs

Rémi Furet dit: 23 octobre 2016 à 10 h 32 min

Ne craignez pas les rodomontades de Jibé, Annelise, nous savons tous à quoi nous en tenir sur son compte depuis longtemps.

Rowan Oak dit: 23 octobre 2016 à 12 h 01 min

demain sur canal +, à ne pas louper « Young Pope », série filmée pas Paolo Sorrentino (cinéaste que j’apprécie)

Jibé dit: 23 octobre 2016 à 12 h 19 min

Tous en choeur, Do, Ré, Mi !

Il court, il court, le furet
Le furet du bois, mesdames,
Il court, il court, le furet
Le furet du bois joli.

Il est passé par ici
Le furet du bois, mesdames
Il est passé par ici
Le furet du bois joli.

(Refrain :)
Il court, il court, le furet
Le furet du bois, mesdames,
Il court, il court, le furet
Le furet du bois joli.

Il repassera par là
Le furet du bois, mesdames
Devinez s’il est ici
le furet du bois joli.

(Refrain :)
Il court, il court, le furet
Le furet du bois, mesdames,
Il court, il court, le furet
Le furet du bois joli.

Le furet est bien caché
Le furet du bois, mesdames,
Pourras-tu le retrouver ?
Le furet du bois joli.

Annelise dit: 23 octobre 2016 à 17 h 08 min

Rowan, Sorrentino, « Grande bellezza », je marche voire je cours, « This must be the place » aussi, (Talking Heads pour la B.O) davantage pour Frances McDormand jouant au tennis au fond d’une piscine vide que pour Penn en clone de Robert Smith.. ms « Youth »?Pourtant Michael Caine, Harvey Keitel…encore Rachel Weisz..(et Jane Fonda!)
15h42 Sing street normalement demain

zouzou dit: 23 octobre 2016 à 17 h 19 min

sur la rdl hh qui se fait insulter par l’hystérique pauvre ‘daafnée’ en pleine crise de retour d’âge qui se croit jeune et belle p

Rémi Furet dit: 23 octobre 2016 à 17 h 31 min

Rowan Oak dit: 23 octobre 2016 à 12 h 01 min
Sorrentino (cinéaste que j’apprécie)

Qu’est-ce que ça peut nous foutre ? On ne sait pas qui vous êtes, alors en quoi le fait que vous appréciiez tel ou tel cinéaste peut-il nous intéresser ?

Z..... dit: 23 octobre 2016 à 17 h 32 min

Monsieur mademoiselle zouzou, l’affaire n’est pas bien grave. Insulter est délassant, et vous auriez tort d’en accuser les autres qui pratiquent cette activité libératrice. Et de vous en priver. Connard ! (vous voyez comme c’est simple et agréable …)

Eriksen dit: 23 octobre 2016 à 18 h 34 min

Remi, çà m’intéresse ce que dit Rowan Oak. En revanche, que de bile de votre part QU’est-ce qui vous intéresse, vous ?

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