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La République Du Cinéma

« Baccaulauréat » : quitter Krypton

Par Annelise Roux

Jor-El (Marlon Brando) place son propre fils, futur Clark Kent-«Superman» (Christopher Reeves) sur Terre, dans la capsule d’un vaisseau spatial pour l’emporter loin de Krypton, leur planète en perdition. Les véritables parents de Clark ne lui apparaîtront plus que sous forme éthérée, songes (mémoire, souvenir, rémanence indélébile de l’attachement) et/ou projections programmées (transmission des connaissances au palais des glaces, conservation « vivante» au travers d’une vie reconstruite ailleurs). Le lancement a fonctionné.
L’acte sacrificiel du père, genèse même du film de Richard Donner (1978, sur un scénario de Mario Puzo et Tom Mankiewicz, son of) : l’oeuvre du Roumain Cristian Mungiu, Palme d’or en 2007 pour « 4mois, 3 semaines, 2 jours » démarre avec « Baccalauréat » sur un fil narratif similaire.
Romeo Aldea, médecin hospitalier d’une ville de Transylvanie (un Adrian Titieni d’une corpulence comme empâtée par les désillusions, alourdi d’une espèce de passivité sourde, anxieuse, envers un idéal manqué qui ne date pas de l’instant) exhorte sa fille Eliza (Maria Dragus), jeune élève douée acceptée dans une université anglaise à laquelle il ne reste plus que la formalité d’obtenir de bonnes notes pour l’octroi de la bourse à « ne pas rater cette chance » qui lui permettra de quitter le pays.

Couper le cordon, mener une existence meilleure, ailleurs que sur les ruines de rêves brisés, en particulier le mirage d’une construction démocratique tel que le docteur Aldea et sa femme (Lia Bugnar, dont le harassement, l’attente séparée dans le couloir de l’hôpital en disent long sur l’état des relations conjugales liant les parents) l’ont vu fondre, rentrés d’exil après la révolution de 1989.
La jeune fille se blesse quelques jours avant l’épreuve, et le père va mettre en place des pare-feu censés lui garantir de ne pas quitter la course, elle dont le poignet a été fracturé : échange de services, promesse d’un bond sur la liste d’attente pour une greffe… Cristian Mungiu installe en longs plans séquences un film sur l’amour parental, le sacrifice, le piège lent autour d’un homme de la classe moyenne roumaine post Ceaucescu, entre apprentissage d’abord indolore de la corruption, du trafic d’influence et de tromperies plus ou moins bien intentionnées, avant le basculement dans le mensonge suprême consistant à perdre de vue, quasiment de bonne foi, le cap initial qu’on s’était fixé.
Tandis que les écureuils de Kensington menacent de s’éloigner, l’éthique intérieure du personnage d’Aldea se dégrade en dégoût de sa propre histoire. C’est le flic (Vlad Ivanov) aussi corrompu qu’empli de bonne volonté, sorte de miroir réfléchissant paradoxal de Roméo. Ou encore cette jeune maîtresse avec laquelle le docteur entretient commerce – pour cela qu’il dort sur le canapé, qu’il s’apprête à quitter son épouse – qu’il a opérée, dont on n’est pas sûr qu’une quelconque passion, pas même sexuelle, les attire l’un vers l’autre : plutôt les relations du docteur qui intéressent la femme. Autre forme de magouilles, autres espérances réfutées, comme si Aldea, ayant cessé de croire en un autre possible, désormais incapable de lui laisser la chance de prospérer, ne pouvait plus compter en tout et pour tout que sur la compromission, les petits arrangements pour ratifier une place au lieu d’apprivoiser les difficultés, les résoudre pas à pas dans une dimension satisfaisante (celle-là même à laquelle il aspire pour Eliza), finissant par s’accommoder à son insu du procédé.

Quelques signes ésotériques semés, précurseurs (le bris de la vitre), la métaphore de l’homme qui se noie achèvent de refermer la nasse, générant un pessimisme d’autant plus grand et rentré que rôde le constat d’un engrenage obligatoire, de l’acceptation née de l’idée qu’il n’y rien d’autre à faire. « Nous vivons ici. Parfois il faut savoir utiliser les armes d’ici » : le jeune cinéaste roumain signe un film massif, déchirant, bien avant la réplique finale de la jeune fille.
Le personnage du père évidemment central, aux derniers affects réfugiés dans la fleur fraîche qu’est sa fille Eliza-Maria Dragus (pour ne pas dire barricadé derrière) est doublement passionnant et bouleversant, au titre de l’examen du « sacrifice parental » et de l’erreur d’interprétation initiale, fondatrice, qu’il effectue de la situation, engoncé comme il l’est par l’ethnocentrisme de ce qu’il ressent, au risque de passer à côté.
Le film, pudique mais – qu’on ne s’y trompe pas – violent, développe ainsi une compassion bien cachée, rude mais prégnante, sur la solitude d’un homme perdu (le téléphérique, l’hôpital où l’épouse attend sans lui tenir la main, l’altercation sur l’emploi du mot « accident ») qui à force d’usure, a peur de tenter quelque chose d’une vérité qui le débusquerait hors de ses défenses et mettrait en danger la résignation à laquelle il a déjà eu du mal à se faire, qui préfère du coup la médiation du trafic et ne sait plus nécessairement lire ce dont ceux qu’il aime ont envie ou besoin, finissant par se suppléer à leurs propres voix, dans une distorsion qui rend davantage compte de ses difficultés à un quelconque réenchantement.
Là où Ozu revisite de façon mélancolique et rêveuse dans « Le Goût du saké » la chambre vide de la fille mariée, le père s’efforçant d’intérioriser un certain lâcher-prise tout en délicatesse, ( la cellule familiale japonaise n’obéit pas aux mêmes ressorts, n’empêche, le départ de Michiko dans l’universalité de l’amour paternel est vécu comme un « enterrement », mais également un apprentissage qui délie progressivement le père de l’égoïsme et de la peur, déverrouillant le sas, via  l’acceptation d’une séparation «impossible», qui permet l’ouverture symbolique vers d’autres portes d’altérité mature ), Romeo Aldea-Jor-El, souhaitant installer sa fille Eliza dans la capsule censée la catapulter hors de Roumanie est mû par un réflexe de survie qui la surinvestit, tout en désirant faire l’impasse sur ses propres frustrations, éviter d’affronter les démons personnels qui l’atteignent, lui, en tant qu’homme.
La séparation par définition est d’essence anti et supra humaine, insupportable littéralement. Ce qui nous replace dans la communauté humaine étant comment, par quel dispositif, pourquoi et dédié à quel but on s’efforce de (re)vivre en dépit de, et en supportant cet insupportable : Romeo semble méconnaître que pour fonder l’équilibre des enfants, commencer par tenter d’instaurer ses propres équilibre et bonheur participe non pas d’un égoïsme (« moi d’abord ») mais d’une clairvoyance et d’un supplément d’affectivité («moi pour que toi, et l’avenir d’autant mieux, dans une promesse non pas fusionnelle mais où l’intensité n’y perd pas, voire peut gagner à changer de registre»). Le grain de sable qui va gripper l’ensemble naît peut-être là.
Le film impressionne par ses angles d’interprétations multiples. Certains l’ont trouvé empreint de lourdeur. Ce côté bourratif, trapu comme l’est le réalisateur lui-même ne lui enlève rien, rajoute. Comme une adéquation entre le sujet, qui filme, la façon de filmer : lorsque Adrian Titieni tombe, il n’est plus dans le cadre. Étonnant et dense Cristian Mungiu ! J’aurais aimé qu’une deuxième palme lui soit attribuée.
Sans cesse devant son film, j’ai pensé à une « main négative » comme on le dit pour les peintures pariétales d’un de mes livres favoris de Philip Roth, « La Pastorale Américaine ». Mungiu décrit un père voulant éloigner sa fille (et seul trésor) d’un pays sans avenir, tandis qu’une autre mécanique, un principe de réalité les rattrapent, par défaut d’espérance et faute de soubassement sain. Roth avec le « Suédois », le beau Seymour Levov, champion toutes catégories, en pleine possession de ses moyens dans une Amérique triomphante voit son destin brisé par Merry, la fille bègue à laquelle les mémoires forcloses font péter les plombs et qui fout tout à plat, jusqu’à anéantir les rêves fallacieux en permanence servis.
Devant la télévision, lovée contre son père avant qu’il ne la perde, alors que les moines s’immolent pour le Tibet, elle pleure : « Ils s-s-ont si dou-ooooooux. Papa, ils sont si do-oux. Ne v-v-voient-ils p-p-pas qu’ils s-s-ont si d-d-ou-ouuux ? »

« Baccalauréat » de Cristian Mungiu (sortie le 7 décembre)

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102 Réponses pour « Baccaulauréat » : quitter Krypton

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 6 décembre 2016 à 9 h 20 min

Bon sang, j’ai lu votre chronique avant de visionner la bande-annonce, et bien entendu je me demandais vraiment ce que les écureuils venaient foutre là et pourquoi ils « menaçaient de quitter Kensington ». (il faut donc visionner la bande-annonce avant de lire l’article, conseil aux autres erdéliens…)

Je les voyais avec leurs petites affiches sur les épaules, en rangs serrés, avec des porte-voix creusés dans des noisettes « contre les troncs lisses ! Des branches touffues, sinon rien ! Et une décoration par la Queen pour contribution à l’essor du tourisme, like the beatles ben tiens ! »

Y’auraient les écureuils de gauche, ceux qui réclament juste « un écureuil, un gland », et ceux de droite « pour une réglementation de l’immigration des écureuils étrangers », évidemment.

Bref, j’en étais là de mes divagations, en passant par Lewis Carrol (est-ce que, phonétiquement, Lewis Carrol a plus à voir avec une salade qu’avec un « squarrel » kensgintonien ?), et par la Caisse d’Epargne (l’écureuil londonien pris comme métaphore du capitalisme mettant de côté ses pépettes), quand je me suis secouée et ai repris la lecture de votre chronique. Je me demandais si quelqu’un, dans la salle, avait évoqué la possibilité de faire de la Roumaine un pays où les jeunes filles pourraient avoir un avenir. Et si on savait que les écureuils des parcs (Londres, mais aussi Montréal) peuvent devenir un vrai problème, en fait, adaptés comme ils sont à venir nous mendier dans les poches. De vrais rats, ces écureuils. Dommage qu’ils soient si jolis.

Sylvain dit: 6 décembre 2016 à 9 h 58 min

Annelise,Nadia Comaneci de la critique!

Sans prise d’hormones ni fricotage forcé avec le fils ceaucescu.Ten points.

christiane dit: 6 décembre 2016 à 12 h 09 min

Dure dilemme qui se pose pour ce personnage : le père. Dilemme lié à son amour inconditionnel pour sa fille et se désir de la « sauver » malgré elle, d’un avenir qui lui parait désastreux en Roumanie, quitte à aborder l’inacceptable ou comme le souligne subtilement Annelise, impossibilité de sortir des rails qu’il donne à son organisation de l’avenir de sa fille.
Si Joe-El, le pur, se sacrifie en envoyant son fils, ailleurs, loin de sa planète condamnée, le médecin Romeo Aldea semble un personnage beaucoup plus ambigu, qui a déjà gouté aux compromissions morales avant « l’accident » de sa fille. Il semble qu’il ait pris parti pour la débrouille, en cas d’urgence, et le mensonge face à ses proches. Je ne suis pas certaine que ce personnage soit sympathique. Reste à attendre une étincelle de vérité et d’honnêteté de la fille. Oui, « les écureuils de Kensington menacent de s’éloigner », Oui, « l’éthique intérieure du personnage d’Aldea » risque de se transformer « en dégoût de sa propre histoire ».
Plus qu’une auscultation de la Roumanie, ce film semble sonder la distance entre ce que les parents conseillent à leurs enfants et leurs actes pas toujours glorieux (et là l’intention louable est la tentation du mal.).
Annelise rapproche toujours les films qu’elles présentent d’autres films ou situations permettant de cheminer dans une interrogation intime. Magnifique billet.

Annelise dit: 6 décembre 2016 à 12 h 35 min

Merci Christiane. Attention, Romeo est pour moi d’une puissante humanité. Je ne juge aucunement le personnage en mal
Oui Sylvain, Puzo du Parrain. Nadia Comaneci, tellement gracieuse. Vs avez raison quel trajet horrible, par delà sa cambrure parfaite au moment où elle retombait sur ses pieds. Enfant je regardais ses figures à la poutre ou la barre comme des miracles, sans sentir la pression épouvantable pesant derrière

Rowan Oak dit: 6 décembre 2016 à 14 h 48 min

ah, parce que vous n’avez pas encore vu le film, qu’en sera-t-il alors de votre commentaire de 12 heures 09 ? peut-être parlerez-vous de cinéma, c’est-à-dire l’art de raconter des histoires plus important que l’histoire elle-même

Sylvain dit: 6 décembre 2016 à 15 h 35 min

14.48:énoncé banal.Quand la forme est réussie elle sert le sens.

Pas besoin d’être expert diplômé de Lumière pour parler de cinéma .N’importe koa.

Par contre Wg sur le fil Afghanistan sur Garde à vue, bien..

christiane dit: 6 décembre 2016 à 15 h 45 min

R.
L’art de raconter les histoires ? L’histoire elle-même ? Je me trompe si je pense que votre commentaire est un tantinet agressif ?
Oui, il est possible que cette direction (« l’art de…) soit prise. En attendant de voir le film, le billet d’Annelise m’oriente plutôt vers cette méditation.
« Le film impressionne par ses angles.
d’interprétations multiples. Certains l’ont trouvé empreint de lourdeur. Ce côté bourratif, trapu comme l’est le réalisateur lui-même ne lui enlève rien, rajoute (?)…
Je ne crois pas que le cinéaste, serait ravi que l’on ne prise que son « art de raconter » cette histoire. Dans de multiples entretiens (que l’on peut trouver dans la presse ou sur internet) il revient à une analyse psychologique de son personnage principal et à son regard sur la société en Roumanie.
Quand j’aurais vu le film, je ne sais si j’aurais quelque chose à ajouter d’autre que d’approfondir le profil de ce médecin Aldeo Roméo.
A voir la bande annonce je n’ai pas été saisie par une façon particulière de raconter cette histoire. En trois films, il semble avoir gardé son amour des plans fixes, ce style documentaire et ce goût pour les histoires sombres proches des faits-divers.
Pour Ozu ce serait différent car la beauté mélancolique de son univers est si impressionnante que parfois j’oublie l’histoire pour n’entendre que sa musique, à lui.

Emmanuel dit: 6 décembre 2016 à 17 h 55 min

Après m’être faitt reprendre par Clopine sur la ponctu,je vais plus oser poster?;La faute de mes gros doigts .J’y peux rien si j’ai du mal avec le clavier.
Bouguereau? pas moi; j’habite vers Nanterre ; vous êtes marrants avec vos histoires de quoi je devrais savoir ou est le reflet Médicis!
Annelise ,suis allé voir les deux,Wolf and sheep & ornitho sur vos douces injonctions ; pas possible de vous résister .Le film afgan ,du tonnerre .; le post complémentaire de Raminagrobis sur la subsidarité et la solidarité ,baleze.Bé mon Jibé pas pour te contrarier mais tu admettras que la vision de Rodriguez des femmes n’est pas celle de Naruse .Pas un défaut, conception de la féminité particulière ; »les seins riquiqui » (pardon Annelise je parle du fil, d’hier ,14.22): j’adore les tout petits seins mignons mignons,à part ça la gonzesse ferait bien de lâcher son calibre?Fernando a comme un dèf ,un filtre spècial dans sa façon de regarder les femmes ou c’est moi ? les Chinoises non plus t’as pas trop envie de tomber dessus .
« Misogyne  » j’en sais rien mais filtré-filtré: le cinéma de Guiraudy est plus égalitaire la-dessus (raminagrobis ?)Sinon vous nous avez fait un billet Mungiu très beau ,A-li; très très beau !

gilles dit: 6 décembre 2016 à 18 h 56 min

République du, cinéma est de plus en plus addictif ,Anne-lise!Le parallèle avec Richard Donner,Ozu,magnifique .je relis .Plus intelligent après .9.20: les ecureuils de vrais rats  » .clopine casse la baraque… Les citadins lui gardent un chien de leur chienne .(Clopine,c’est la City qui les rend comme ça.)

Chaloux dit: 6 décembre 2016 à 19 h 27 min

Ce film-là me tente, pour une raison qui pourrait paraître étrange : les ex-états du bloc de l’Est sont une autre planète dont on n’a pas idée si on n’y a pas mis les pieds. Un monde à la fois terrifiant -vraiment-par bien des aspects et extrêmement attirant,- pour la bonne raison qu’on peut avoir une prédilection particulière pour les régions où la terre tremble le plus dangereusement, ce qui est mon cas.

Toujours pas le temps de causer de Garde-à-vue…

Chaloux dit: 6 décembre 2016 à 19 h 30 min

Emmanuel, faites excuses si vous n’êtes pas b… Une de mes profs a été l’élève d’Yves Nat, il avait le même problème que vous avec un autre genre de clavier, mais le résultat était génial. Alors…

Eriksen dit: 6 décembre 2016 à 23 h 25 min

@ Emmanuel. Le film de Guiraudie commençait avec une femme portant fusil. Un hasard ? probable.
Guiraudie semble plus être non intéressé par les femmes que d’en avoir peur, comme Rodrigues…
Son film m’a semblé misogyne par le caractère inquiétant et castrateur des femmes que l’on y rencontre.

Widergänger dit: 7 décembre 2016 à 9 h 46 min

Est-ce que l’amour du père est si inconditionnel que ça ? S’il dépend des notes de sa fille… Question.

Si je comprends bien le papier d’Annelise, ce film explore, à travers une relation père/fille quand même en cause, les problèmes de la Roumanie actuelle, et son mirage de l’Europe occidentale censée être le mirage de tous les possibles, avant Brexit… Au fond, c’est un film qui interroge les grandes questions européennes du moment ?

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 7 décembre 2016 à 10 h 18 min

Emmanuel, restez comme vous êtes, je vous en prie, et pardonnez ma déplorable tendance (pourtant maîtrisée d’habitude) à voir les pailles du voisin.

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 7 décembre 2016 à 10 h 26 min

Et puis, à propos de l’ex-Europe de l’Est, je trouve qu’il est intéressant de noter que bon nombre de films d’Europe Occidentale sont désormais tournés là-bas. J’ai regardé récemment l’excellent « Marguerite ». Tous les déplacements en auto sont tournés en Tchéquie, car il n’y a plus, en France, de telles routes (je veux dire sans poteaux de réseaux des deux côtés, élagages massifs des plantations, panneaux publicitaires anarchiques etc.) ; mais au-delà de la problématique du changement des paysages, il y aussi un coût financier qui explique ce déplacement. Je suis persuadée que cette sorte de « délocalisation », bien moins pointée du doigt que les usines de transformation industrielle, est néanmoins aussi significative de la Danemarkisation de l’Europe occidentale, si je peux me permettre de parler ainsi, non en référence à la réalité danoise, mais plutôt à Shakespeare… Une légère odeur de pourri, quoi).

Miss Tigris dit: 7 décembre 2016 à 11 h 12 min

Bon, et si on introduisait un peu de concision à la Sophie Avon dans tout ça pasque par moments ça dérape grave

Annelise dit: 7 décembre 2016 à 11 h 18 min

Chaloux 19h27, l’allusion à la terre qui tremble : cela trouve écho. A Mantoue où je suis allée au palais du Té,l’interieur de l’église n’était que charpente de fer après écroulement… à Noto, en Sicile… en Arménie…
Oui les pays d’ex-URSS c’est qqchose.
Clopine, les délocalisations en effet obéissent svt à des impératifs financiers. Monter un film demande bcp d’argent. Tournages en Lituanie, etc. Je parlais avec un prod l’an dernier (à propos de la Louisiane où s’est développé un pôle cinéma assez important pour des raisons économiques) qui me disait que c’est parfs un tel casse-tête ! Pas exempt d’effets pervers
Rowan 14h48, ns sommes d’accord pour que « pas que l’histoire » : le cinéma à la fs ça, et tout à fait autre chose… En particulier chez Mungiu, prix de la mise en scène, absolument. Ici c’est un blog, je ne veux pas jargonner trop champ/contre-champ, mouvements de caméra non parce que je méconnais l’intérêt mais parce que je juge que ce n’est pas le lieu. Rien ne vs empêche en revanche de ns exposer vos façons d’analyser le film, surtout si vs y avez compétence, comme il semblerait

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 7 décembre 2016 à 11 h 43 min

Annelise, c’est pour moi un paradoxe. Songez à l’incroyable transformation des techniques de l’image. A ce déluge, plus que du déluge, à ce maelström d’images de toutes sortes qui, à chaque seconde, submerge le monde. A tous ces appareils les plus miniaturisés qui soit, les plus simples de fonctionnement, les plus perfectionnés possibles : cela devrait démocratiser à tout jamais l’art cinématographique, puisque n’importe quel gamin de douze ans peut désormais créer au minimum une vidéo.

Pourquoi donc les créateurs ne s’emparent-ils pas de cette formidable opportunité pour, en s’adaptant à cette économie de moyens, faire entendre à moindre coût leurs voix ? Je ne connais guère qu’Agnès Varda pour s’être réjouie ouvertement de l’avancée technique -et des économies qui vont avec- des nouvelles caméras. Et prenez quelqu’un comme Pépé le Mocky (mille excuses pour le jeu de mots, je ne peux pas m’en empêcher) : que n’aurait-il pas fait, avec quatre francs sept sous, lui qui a déjà tant fait avec trois francs six sous ?

Ca me dépasse un peu, cette histoire financière qui alourdit toujours plus les budgets cinématographiques…

Par contre, prenez l’industrie des jeux vidéos, qui, sans bruit, progresse à pas de géant, pour des coûts toujours constants. ou bien encore les séries américaines, toujours plus géniales. Ce ne sont pas les coûts de tournage qui changent la donne, mais le nombre de scénaristes. Nul besoin de se délocaliser à Bucarest ou Bratislava pour ça, non ?

J’ai sans doute tort, notez, parce que je ne connais pas les tenants et aboutissants. M’enfin je sais qu’on peut aujourd’hui « faire du cinéma » pour quelques milliers d’euros, et ne comprends pas la surenchère (surtout avec les gros boss américains) en l’espèce.

Sylvain dit: 7 décembre 2016 à 12 h 18 min

11.12 Concision a la Sophie Avon?il y en a plein le poste habituel chez les Masqueux de Jérôme Garcin ou dans la presse léchée.

T.Bonne journaliste.Annelise est plus rare.

Marceline dit: 7 décembre 2016 à 13 h 00 min

Mocky … que n’aurait-il pas fait, avec quatre francs sept sous, lui qui a déjà tant fait avec trois francs six sous ? (Clopine)

Mocky était obsédé par le fric, et ses budgets n’ont jamais été particulièrement modestes.
De toute façon, les budgets annoncés sont toujours faux. Soit on axe la promotion sur le côté superproduction, film très cher vous en aurez pour votre argent, et alors on gonfle en comptant absolument tout, jusqu’aux prix de taxi et de pressing ; soit on veut faire croire que le film a été réalisé avec des bouts de ficelle et, dans ce cas, on oublie la moitié des coûts. Exemple : on fait un film avec des copains, qui ne demandent pas d’avance, on ne compte pas la bouffe, pas les déplacements, pas les costumes (venez comme vous êtes), pas les décors (on tournera chez toi et le reste en extérieurs), etc. Comme, en outre, de nos jours, on peut se passer de pellicule et même réaliser le montage dans son arrière-cuisine, il y a moyen de prétendre qu’un budget s’est soldé à zéro euros.
L’envol des budgets s’explique par la notion de pourcentage. Prenez un réalisateur à qui on commande un petit film publicitaire de deux minutes. S’il avoue que ça peut se faire pour un petit 60 000 €, il aura du mal à demander 40 000 de cachet. Alors il gonfle, il impose un tournage aux Antilles, une ministar, un décor, ainsi de suite, pour arriver à 400 000, sachant que 340 000 de plus pour l’annonceur c’est peu de chose, compte tenu du coût de la diffusion.
Eh bien, il en va de même pour les longs métrages de fiction. (Si vous saviez ce que Mocky a gratté pour ses films soi-disant à petit budget, vous seriez édifiée.)

Jibé dit: 7 décembre 2016 à 13 h 05 min

A l’Est, rien de nouveau, ou alors du côté de l’Asie.

J’ai vu le film Afgan dans un rêve, dormant la moitié du temps. J’ai eu l’impression d’un conte conduit par un jeune berger et sa bergère, dans le paysage rude de l’ère primaire. La beauté de ces jeunes enfants est à vous faire devenir pédéraste !

radioscopie dit: 7 décembre 2016 à 13 h 37 min

C’est fou le nombre de films qui sortent dont le sujet est LA (sacro-sainte) FAMILLE (dans tous ses états) et les rapports parents/enfants. Qu’est-ce que ça dit de notre époque ?

radioscopie dit: 7 décembre 2016 à 15 h 21 min

Eriksen dit: 7 décembre 2016 à 14 h 54 min
Je ne suis pas certain qu’il y ait moins de « lien ». Il me semble même que les liens en question ont même tendance à se resserrer au point qu’ils étranglent les enfants. Dans certain milieu, l’enfant est comme le chien, toujours tenu en laisse. Jusqu’à l’aliénation.

Jibé dit: 7 décembre 2016 à 16 h 42 min

Les vases communicant du couple en déroute se déversent peut-être dans les eaux plus larges du cercle familial ?

Jamâl, beau-frère de Mansûr dit: 7 décembre 2016 à 17 h 47 min

Ce post, au langage hérmétique et précieux, est incompréhensible :

Jibé dit: 7 décembre 2016 à 16 h 42 min

Eriksen dit: 7 décembre 2016 à 17 h 53 min

radioscopie dit: 7 décembre 2016 à 15 h 21 min
« Il me semble même que les liens en question ont même tendance à se resserrer au point qu’ils étranglent les enfants. Dans certain milieu, l’enfant est comme le chien, toujours tenu en laisse. Jusqu’à l’aliénation. »

Pas convaincu. si on en juge par la chienlit des collèges et lycées, les enfants sont plutôt moins bien tenus.
Mais surtout, le lien se distend par la pénétration intra-familial des réseaux sociaux, rendant les enfants moins disponibles à l’échange avec leurs familles… surtout si les parents se laissent eux-mêmes accaparer par ces réseaux sociaux.

radioscopie dit: 7 décembre 2016 à 19 h 02 min

C’est peut-être que, précisément, hors du giron familial, ils sont comme ces chiens fous que l’on a délivrés de leur chaîne. Et comme le collège ou le lycée n’ont aucun moyen de coercition -sauf à s’attirer paradoxalement les foudres parentales- ils deviennent des lieux de libération, de défoulement.

Gilles dit: 7 décembre 2016 à 19 h 20 min

Jibé, 13.05,les mères ont intérêt à planquer les enfants…
wgg 9.46 « le film interroge les questions roumaines et européennes « ,Ericsen 14.45,le PB du lien trop ou pas assez construit.
j’entends le billet comme ça .le transfert sur une relation père/fille ,les valeurs de transmission d’une absence de solution à échelle du pays .
Gérard lefort (Libé)à propos de Michel Cressol: « il n’écrivait pas DANS un journal ,il faisait son journal ».On pourrait dire ça d’Annelise? Elle se garde pourtant bien de livrer son journal vraiment intime (réservé à la littérature , àla sphère amicale ou amoureuse ?) »République du ciné » réinvente la formule d’une presse écrite de qualité qui déroute le radar normé.Ni nombrilisme,ni familiarité: avec le principe du blog,A-liR se mêle à nous discrètement,fait oublier qu’elle est au_dessus pour se mettre « à coté  » dans un espèce de mélange dosé de politique et de poésie ,dont elle est seule à mesurer les ingrédients et la concentration .je vais beaucoup plus au cinéma depuis que je la lis.

Emmanuel dit: 7 décembre 2016 à 22 h 17 min

Clopine 10.18.;mes excuses si dans le feu de l’action je renverse la porcelaine du magasin .pas toujours adroit .
Que je vous trouve agaçante ,péremptoire ou dans l’étalage perso trop intime pour moi comme le truc du branleur dans le wagon ne signifie pas que j’ai raison ;mon coté lourdaud,pas destiné à faire fuir les dames; c comme la mistigris qui trouve que ‘ça dérape’.,pourquoi elle vient nous pondre sa ligne sans parler du film?P.Edel avec ses embruns ou WG sur garde à vue arrivent par la bande ,parce que les billets d’A-li le suscitent;c’est ça l’irremplaçable .Cette façon de partager l’expertise vers le dehors sensible et pudique qu’elle a !Anne-lise,ce que vous dites sur les délocalisations,Louisiane& lithuanie,très juste .La valorisation d’un secteur peut passer par là,après quoi ils trouvent moins cher ailleurs ,ou les intermittents,les techniciens coûtent moins,à part qu’au final ça fait aussi cher en ayant besoin d’être doublés,voire triplés?;quadrature .Ce que vous analysez sur Mungiu quand on connait ce qu’il a fait avant,en plein!on y est .lui developpe aussi sur ça (eu l’impression qu’il parle bien français ),pas du tout sur la « technicité » de son film ?;que les étudiants FEMIS doivent l’apprendre,c’est sur ;pas nous qui ne sommes pas en cours avec un prof !C’est se tromper d’endroit ,comme vous dites .Restez comme ça ,n’allez pas vers la vieille critique homologuée ,attachée souvent avec triple noeud au piquet du vendeur et du politiquement correct .UN mec comme daney est toujours sorti des clous ; tout le sel.Vous je ne vois pas comment on vous y mettrait …ça change de la tonalité entendue partout .
J’écoute de moins en moins des Garcin,Joffrin et Cie ; vous vous êtes de la race des Daney :d’abord une plume ,ça se voit que vous êtes écrivain !

Sylvain dit: 8 décembre 2016 à 9 h 39 min

Baccalaureat :impasse d’une Roumanie empêtrée dans elle-même à travers une relation père/fille(maria dragus géniale).

Le père ne la tient pas en laisse.Il EST tenu en laisse par l’histoire collective & son histoire perso…

Souricière des frustrations individuelle et de l’idée qu ‘il se fait d’une bonne educ.

Jodi dit: 8 décembre 2016 à 12 h 55 min

Telerama avait estimé 4 mois 3 semaines « immature  » et Mungiu mauvais.La scène du fœtus jugée « portant de l’eau aux anti-avortement ».
Si là on ne nage pas en plein contresens…
La Roumanie n’est pas une clinique suisse.

Regia dit: 8 décembre 2016 à 14 h 40 min

JB 23.39, mettons la pointe aigre sur une poussée des dents?(quand vous m’aviez appelé ‘mon chameau » itou, les Maghrébins comme moi apprécient moyen l’humour sans avoir été présentés)..
12.55 il n’y a qu’à voir ce qu’il se passe en pologne. La polémique avortement refait surface. On peut ne pas être d’accord avec. C’est le libre arbitre et l’incapacité de garantir un choix protégé par les instances légales qui fait question.La débrouille à la ^place des institutions. Le père (« Roméo », hasard? plane l’ironie)voudrait pour Elisa (Maria.D ,le « Ruban Blanc » de M.Haneke) la possibilité permet d’un choix. La caméra retransmet le climat des satellites de l’ »ancienne union soviétique où la corruption envahit une place qu’on espérait voir occupée par la démocratie, la liberté…constat amer.

Regia dit: 8 décembre 2016 à 14 h 46 min

14.40 annelise, des bouts de mon post ont sauté! Il manque des morceaux dans la phrase alors que j’ai bien tapé. plus le temps, tant pis. Modération mystérieuse ou c’est JB qui a jeté un sort sur ma tente ?

Gilles dit: 8 décembre 2016 à 17 h 55 min

Jibé 23.39 faut il encenser les petits bergers comme vous le faites ?chacun ses enthousiasmes.
Christian Mingiu a fait un autre grand film .Adrian titani,les immeubles post soviétiques gris ,l’appartement ou c’est pas la joie, ou ça respire le ratage .Le père a la volonté d’arracher son enfant à un climat ou ça suinte l’absence d’avenir .Widergranger « l’amour du père n’est pas inconditionnel s’il dépend des notes de sa fille ».Ce n’est pas ça .Il a peur qu’elle rate le tremplin pour décoller de l’univers gris .Il loupe parce qu’il n’est pas clair envers lui même.Il ne peut pas l’etre ,le pays entier n’est pas clair .Le mirage des lendemains démocratiques qui chantent après la chappe du dictateur.Tout ça est dans le film.

radioscopie dit: 8 décembre 2016 à 18 h 23 min

Je viens de passer « le baccalauréat » ou plutôt j’y étais au jury des examinateurs. La copie de M. Mungiu ne m’a pas emballé. La forme est loin d’être mauvaise, c’est le fond qui ne m’a pas convaincu. On est dans la fable morale, dans l’exercice assez convenu du bien et du mal et de la célèbre maxime « la fin justifie les moyens » qui, d’une certaine manière, se trouve entérinée par un père animé des meilleures intentions pour sa fille.
Il reste un film sur la corruption. Il faut être un Européen occidental pour méconnaître les petits arrangements entre amis, les dessous-de-table, les enveloppes glissées pour obtenir un service, l’avancement d’un dossier, un passe-droit, etc. C’est le quotidien de Tanger au Cap, en Amérique latine, au Proche et Moyen Orient, dans une bonne partie de l’Asie… Ce triste constat ne vaut évidemment pas approbation. Ayant vécu dans quelques unes de ces contrées où la concussion est de règle, j’y ai été confronté et ai tenté d’y résister autant que possible, sans grand mérite : mon statut d’étranger et de privilégié facilitait la chose.
Ce que j’ai apprécié dans la copie de M. Mungiu, ce sont les personnages d’Eliza (la fille) et de Marius (son petit ami)dont l’attitude laisse entrevoir une lueur d’espoir. Ces jeunes ne semblent pas vouloir participer à cette mascarade, ils ont l’air nettement plus sains que la génération aveulie de leurs géniteurs. De même que Magda (la mère)- Lia Bugnar, remarquable- qui finit par entrer en résistance.

Widergänger dit: 8 décembre 2016 à 18 h 27 min

Justement, s’il aimait sa fille inconditionnellement, il obtiendrait sans doute beaucoup plus facilement ce qu’il désire pour sa fille sans y penser. Ce sont les conditions qu’il fixe à son amour qui le font échouer. Et le reste s’ensuit. À la bse, il y a une erreur d’appréciation métaphysique. C’est là à mon avis le sens profond du film, bie au-delà des problèmes politiques de la Roumanie et du mirage européen. La dimension spirituelle du film est centrale et bien dans les préoccupations contemporaines d’un Jacques Attali comme des avancées les plus prometteuses de la vision du monde qui se dégage de la mécanique quantique et d’une « physique de la conscience » que mettent en avant des esprits aussi profonds que le physicien Jean-Pierre Petit, le grand mathématicien Alain Connes (prof au Collège de France), Etienne Klein, Philippe Guillemant ou Costa de Beauregard avec la théorie de la double causalité ou rétrocausalité. C’est-à-dire ce qu’il faut appeler l’âme.

paul b et ff dit: 8 décembre 2016 à 18 h 40 min

« aut être un Européen occidental pour méconnaître les petits arrangements entre amis, les dessous-de-table, les enveloppes glissées pour obtenir un service, l’avancement d’un dossier, un passe-droit, »

et ce n’est pas une blague! l’Européen occidental (le Gaulois en premier lieu ) ne connaît rien de tout ça il est droit dans ses bottes parce qu’il le mérite!

paul b et ff dit: 8 décembre 2016 à 18 h 41 min

« Ayant vécu dans quelques unes de ces contrées où la concussion est de règle, »
comme vous avez dû souffrir! quel courage!

radioscopie dit: 8 décembre 2016 à 19 h 09 min

18 h 40 min/ 18 h 41 min
1 tonne de sel de Guérande + 1 tonne de poivre de Kampot ne relèveraient pas ce fade brouet. Me cago en la puta madre que te parió.

Sylvain dit: 8 décembre 2016 à 20 h 15 min

Dans 4 mois,la scène du foetus par terre,immonde.

voulu.Climat de vie dure(ellipse de la fête pendant que l autre attend).

Paul Edel dit: 8 décembre 2016 à 20 h 47 min

Cristian Mungiu, sur ciné classic, déclarant que vittorio de sica l’avait beaucoup marqué, période neo réaliste.

Phil dit: 9 décembre 2016 à 8 h 05 min

(Léaud aussi a été délocalisé en mourant son Louis XIV au Portugal. quelque chose d’étriqué en est ressorti, manque de pompe);
la Roumanie est aussi vaste que les territoires qu’elle a piqués aux voisins, un cinéma qui s’annexe, à voir

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 9 décembre 2016 à 11 h 06 min

Bon, il semble que la discussion soit close… Perso j’aimerais bien l’avis de notre hôtesse sur le plus joli film que j’ai vu ces dernières années, dézingueur de préjugés et d’une drôlerie qui vise juste (avec une interprète exceptionnelle pour un rôle d’épouse et de mère rarement vu), j’ai nommé « les pieds dans le tapis »…

Gilles dit: 9 décembre 2016 à 11 h 51 min

18.40 VS 19.09 ça faisait longtemps!Radioscopie qu’est ce que vous en avez à faire ?ça doit être le copain JC qui revient dire bonjour.La prise de gants bienveillante n’est pas son fort .Wig 18.27 ça m’en bouche un coin!Il y a de ça .Je suis douché par la sémantique religieuse.
vous êtes dans le vrai sur les conditions qui font foirer .Je serai plus mesuré sur le parallèle Attali(Alain connes fait mon admiration,plus que Klein,je parle avant le lynchage à la hauteur des espoirs qui avaient ete placés en lui .Il nous fait le même coup que l’ancien grand rabbin ).
La borne de l’analyse de Jacques Chancel c’est l’extériorité détachée du jugement .Ca a beau être courant comme pratiques ,radioscopie ,autre chose d’y être?Edel à 20.47 lance la bonne boule sur les quilles en parlant de Vittorio de Sica . Face au film je cherchais des comparaisons .Pensé à celle là sans le savoir? j’aurais fini par trouver ,Popaul m’a affranchi.

Jibé dit: 9 décembre 2016 à 12 h 25 min

« C’est l’homme parfait. Tout ce qu’il fait est parfait »

Sur la photo il fait surtout « refait », roro !

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 9 décembre 2016 à 12 h 59 min

Ben non, Jibé, parce qu’il y a une intrigue dans « les pieds dans le tapis » qu’il ne faut pas dévoiler. En fait, c’est un film qu’il faut regarder deux fois. La première, justement, pour bien comprendre ce qui se passe, pour dénouer l’intrigue, et la seconde, pour se régaler des personnages, des situations…

Bon, allez, je vais spoiler juste un petit truc comme ça, pas grave, en passant, pour tenter de donner l’esprit du film.

Les personnages communiquent entre eux à coup de téléphones portables. Pour matérialiser leurs échanges, des « bulles », comme des phylactères, apparaissent à l’écran avec en leur centre celui qui est appelé, et qui répond.

Le héros principal appelle ainsi ses frères en Iran.

L’un d’entre eux est un jeune père.

Eh bien, et contrairement au préjugé, chaque fois qu’il apparaît dans un phylactère, il est en train de s’occuper du bébé. Il le nourrit, le change, etc.

C’est juste un petit détail, mais le film fourmille de petits trucs comme ça, qui luttent insidieusement contre les a priori (ici, a priori, les hommes iraniens ne s’occupent pas des bébés…): il y en a à chaque coin de chaque image.

roro dit: 9 décembre 2016 à 13 h 40 min

Jibé
Sur la dernière photo pour lui on ne sait pas trop si c’est du lifting ou un changement dû au grand âge (maigreur?) , déjà que ce qu’il dit est peu compréhensible le pauvre
Longue vie à lui ! quel acteur !

J.D dit: 9 décembre 2016 à 14 h 13 min

Phil dit « territoire piqué aux voisins ,un cinema qui s’annexe ».
Tellement de territoires onnt été piqués qu’un cinéma sans annexion je n’en vois pas d’exemples?
Sylvain,la scène du fœtus qui tombe sur le carrelage avec mare de sang,comment vouliez-vous qu’elle ne prenne pas Télérama à contre -poils?
A klog iz mir !
Exactement fait pour ça .(pas telerama ‘specifique’,vous m’avez compris)….Ce besoin d’exhibition ne peut pas être entendu pareil qu’en suisse ,la remarque n’est pas autant celle d’un schmock que vous croyez .La Roumanie est restée longtemps celle des aiguilles à tricoter plus que des champs stériles ,même après le couple Nicolae/Elena .Pas pour les défendre une seconde ,mais rappelez vous le procès .Deux coups de cuillère à pot,55′ au tribunal d’exception .Après la mise en bière de la pourriture n’a pas tardé.Le fils qui butinait Nadia Comaneci n’avait que lui à qui s’en prendre .Ces pays expéditifs ,fermés après la dictature .Quelle voie d’évasion vous voulez qu’ils aient?
Clopine 11.08,de quoi s’agit-il,bubele? Les histoires autour de heym, du foyer j’aime à les entendre.

hercule poireau dit: 9 décembre 2016 à 14 h 24 min

« la scène du fœtus qui tombe sur le carrelage avec mare de sang…Deux coups de cuillère à pot…la mise en bière de la pourriture  »

heureusement que le cinéma n’est pas obligatoire

Jacques Ches,el dit: 9 décembre 2016 à 16 h 35 min

je sais… athée tendance agnostique un jour, contraire le lendemain, si on ne se pose pas de questions c’est qu’on est mort… un jour le doute, le lendemain la certitude (plus souvent)

Sylvain dit: 9 décembre 2016 à 18 h 34 min

Faites comme moi Chesnel:le week-end ouvrez une bouteille de Bordeaux aprés le cinéma.

De quoi vivre aussi longtemps que Kirk Douglas.

A votre santé A-li !

Eriksen dit: 10 décembre 2016 à 10 h 06 min

Louise en Hiver
Une vieille dame soudain seule dans une ville balnéaire, isolée après la marée d’équinoxe de fin d’été.
La nature reprend son cours. La plage revient à sa nature intemporelle, comme dans les souvenirs de son enfance.
La contingence est évacuée. Point de froid, peu de pluie, point de faim. Elle vit de sa pêche et de quelques victuailles volées par effraction dans le grand magasin de la plage, mais sans excès. Ni Une nuit à l’opéra, ni Nocturama, car la vie est ailleurs, dehors. Une cabane de rêve sur la plage, Sylvain Tesson au soleil, en moins misanthrope. Il y a avec des séquelles humaines pas trop loin et le front de mer s’agite parfois d’une passegiata de chtis aux allures de Ma Loute.
Je pensais à ma grand-mère (Mémère) dont j’ai encore les photos de la plage de Cabourg quand elle avait 15 ans, et à mon grand-père qui portait le nom du chien.
Le film rassemble les interrogations sur la transparence des vieux, le moutonisme des vivants et l’insulte à la nature, à un degré d’autant plus élevé que rien n’est ici frontal et tout à discrétion du spectateur.
Sur la place devant le cinéma, je trainais à regarder les immeubles : mur d’église gothique aux fenêtres aveugles, façades classiques élégantes, pompeux gâteau bonapartiste, demi-pignon sur rue, grand pan de rayures horizontales coupées de fenêtres strictement symétriques, HLM soucieux d’intégration, et un autre moins, mais discret. Et au milieu, une colonne antique.
Elles sont passionnantes ces traces humaines, bien plus que la nature si intemporelle. À cette heure froide les terrasses sont clairsemées et chuchotent un brouhaha rassurant, saupoudré de rires. Des passants sans soucis passent.
Puis vint une sorte de Pari Roller de province, mais sans les roller, remplacés par des segway. Une trentaine en fil indienne bien casquée. Fermait le convoi une jeune femme, veste et tailleur gris foncé, rouge à lèvres rouge, cheveux blonds tirés en arrière sous le casque, et qui sermonnait sa bande de poussins gris bien protégés de la tête : « Attention, votre roue droite est passé à 6 cm du poteau, c’est dangereux parce que bla bla bla. »
Je me suis dit que la vieille dame avait peut-être raison. J’ai laissé passer la concentration segway et je suis rentré voir Baccalauréat.

christiane dit: 10 décembre 2016 à 12 h 13 min

@Eriksen dit: 10 décembre 2016 à 10 h 06 min
Comme vous parlez bien de « Louise en hiver »… Les tons pastels, le dessin très fin et l’humour solide de cette grand-mère sont inoubliables comme sa solitude.

Phil dit: 10 décembre 2016 à 12 h 25 min

vrai, l’Eriksen se lit bien m^me pour ceux qui n’ont pas vu..
Affreux segway, motoculteurs à crétins des villes.
le créateur de cette chose eut la bonne idée de se tuer en essayant un prototype de son hidissime invention.

Paul edel dit: 10 décembre 2016 à 17 h 01 min

Vu le film baccalauréat et suis complètement de l avis de radioscpie de 18h23 pas complètement séduit mais la fille et son petit ami sont intéressants.le père et la mère à jeter avec leurs vieux problèmes qui asphyxient la nouvelle génération.

Marceline dit: 10 décembre 2016 à 17 h 45 min

A quoi reconnaît-on un imbécile ? Entre autres, à des phrases comme celle-ci :

Phil dit: 10 décembre 2016 à 12 h 25 min
Affreux segway, motoculteurs à crétins des villes.

christiane dit: 11 décembre 2016 à 17 h 01 min

Vu cet après-midi un film de science-fiction sur le langage et la géopolitique, la réversibilité du temps et le deuil. Magique. « Premier Contact » (« Arrival ») de D.Villeneuve/E.Heisserer. Amy Adams dans le rôle de Louise, la philologue est vraiment crédible.
Je ne vous raconterai pas le film car la Stasi guette….

Emmanuel dit: 11 décembre 2016 à 18 h 39 min

La Stasi? Poutine lui mange la soupe sur la tête avec les petits postes techniques et le roaming.P..Edel: « parents à jeter avec leurs vieux problèmes qui paralysent la nouvelle génération »;avis des + nuancé ..!! Le réal se crève la panse à faire son film avec la Dragus & un comédien de premiére ,et Popaul et Radioscopie ,vous le décanillez parce que qu’il devrait comprendre que le business,ça marche comme ça en Roumanie et que la génération des parents n’à qu’à la fermer ; le Romeo ,l’a qu’à aller avec Louise voler des mistrals gagnants à la supérette,comme ça ils transparenterons ensemble !! Ch.Mungiu mérite mieux que la phrase expéditive avant le pousse café du dimanche ,Paul: Elle est ou la déception? Il a su se débarasser du jeunisme qui atteint la classe intellectuelle française et européenne ,le filmage-distraction,ces braves académies qui plaçent le poète Dylan&le chanteur Stromae sur piédestal pour montrer que les vieilles problématiques sont à balançer par dessus bord .Mungiu creuse sans se poser la question de la bonne ‘réception ».;Parce qu’il a 50 ans et eu le temps de réecouter patti Smith ? il connait la musique ; veine estimable .
Sans charre ,vous ne risquez pas d’y étancher votre soif si vous ne voulez que du plaisir et de la légèreté .je parie qu’Ericsen qui s’émeut de vieux réduits à ectoplasmes pour fond vert est plus jeune ; dites si j’ai faux; les quadras reviennent demandeurs de ce devant quoi les 60 et plus,les retraités ,rangés des voitures &qui en ont bien croqué tordent franc le nez.;

Jodi dit: 11 décembre 2016 à 20 h 03 min

Emmanuel vs popol 17.01 : quel antidote à un visionnage « générationnel » des films?
Pas dur de communier sur Spartacus .(louanges sur Douglas entamés avec génuflexion ).Ca ne me donne pas plus envie d’écouter Booba ,quitte à passer pour un vieux ringue .
Le petit mustang Annelise qui nous envoie en salle voir les sorties fait avec ce qu’il y a dans le frigo pour donner à manger à la grande famille républicaine cinématographe.

Paul Edel dit: 12 décembre 2016 à 0 h 26 min

Emmanuel, vous imaginez une seconde la situation de cette jeune fille : des parents qui se haïssent, une atmosphère irrespirable à la maison, un père qui vous dicte votre conduite implacablement sous couvert d’amour, et, qui a des bouffées paranoïaques avec le petit ami.. et qui magouille pour truquer l’examen afin que la jeune fille se retrouve avec une dette affective colossale envers lui..et qu’elle se demande toute sa vie ce qu’elle vaut sans ses parents.. et cette obsession de vouloir qu’elle soit la meilleure élève, que de poids sur les épaules de cette jeune fille !.. au fond toutes les frustrations des parents pèsent sur elle chaque jour, à la maison, au lycée. . de quoi perturber grave une ado, non ? elle a bon dos la Roumanie..

Jibé dit: 13 décembre 2016 à 22 h 48 min

« Romeo est pour moi d’une puissante humanité. Je ne juge aucunement le personnage en mal »

Pour moi aussi, Annelise, et je ne comprends pas bien la position partiale de Paul Edel, qui focalise uniquement sur le cas de la jeune fille !

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