de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

Films

« Tramontane » : Le goût du cèdre

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Rabih Ralek (Barakat Jabbour, jeune prodige né aveugle, ayant mené des études musicales à l’Ecole libanaise des Sourds et Aveugles, dont manifestement la biographie recoupe certains traits du personnage) percussionniste, violoniste et chanteur d’une vingtaine d’années a besoin d’un passeport. Le musicien non-voyant, qui a vécu jusqu’ici dans une petite ville de la montagne, aspire à partir en tournée en Europe avec sa chorale. Mener ces démarches va le conduire à réaliser qu’il n’est pas le fils biologique de ses parents. Cette découverte l’oblige, s’il veut essayer d’asseoir une identité et de résoudre ses interrogations, à une traversée du pays […]

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Césars : Des compressions et des hommes

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Vendredi 24 février 2017, pression autour des compressions. Privée de tête à la suite de l’imbroglio Roman Polanski (il y avait ceux qui étaient pour, ceux qui étaient contre, ceux qui étaient pour le contrer, ceux qui n’étaient pas pour, étant pour…), ayant souffert d’un court brouillage  en raison de la petite confusion qui a régné quelques heures après l’annonce d’un « Almodovar président » – en fait Pedro Almodovar présidera bien, mais le festival de Cannes – et Alain Delon qui, par solidarité, a annoncé « qu’il se refuserait à assumer une quelconque relève après le retrait », la soirée de la 42e […]

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« De sas en sas » : parfum de femme en carcéral

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Depuis l’explosion médiatique des séries télé, « Orange is the new black » explorant sur Netflix le quotidien de Lichfield, une prison de femmes dès juillet 2013, ou « Wentworth », débarqué deux mois plus tôt de l’autre côté du Pacifique, un regard renouvelé a été jeté sur l’univers carcéral. En France, Rachida Brakni braque le focus non plus côté détenues, mais sur ces femmes qui viennent dans des prisons d’hommes retrouver un proche, un mari, un frère, un père. En l’occurrence, Fleury-Mérogis, plus grand centre pénitentiaire d’Europe. L’été caniculaire n’arrange en rien le sentiment de promiscuité en cellule, ni par ricochet dans l’enceinte […]

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« Loving » : polonium lyoc

« Loving » : polonium lyoc

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Etat de Virginie, 1958. Le Racial Integrity Act édicte hors la loi les mariages mixtes, considérés comme « menace pour la dignité de la communauté ». Mildred (Ruth Negga) et Richard (Joel Edgerton) sont des gens ordinaires. Rien qui prédispose à être héroïsés en quoi que ce soit. Ils s’aiment, lui le maçon trapu, peu bavard, qui bricole en parallèle les carbus pour booster les courses de voitures amateurs, elle la femme avec laquelle il se sent bien. Quand elle est enceinte, lui étant blanc, elle, noire, ils passent dans l’état voisin légaliser l’union. Quand ils reviennent, la justice les condamne, les […]

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« Ce sera l’Amérique d’abord » dixit Donald Trump? Quelle Amérique ?

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Alors que la foule amassée il y a une dizaine de jours pour l’investiture de Donald Trump – on ne discutera ni le nombre, ni la densité estimée – venue se rassembler pour saluer l’entrée à la Maison Blanche du couple présidentiel était qualifiée par les observateurs internationaux de « notoirement, globalement blanche », que la contestation gronde parmi les gens du métier (Meryl Streep, Robert De Niro, Scarlett Johansson, Emma Stone, Matthew McConaughey, Natalie Portman pour ne citer qu’eux n’ont pas pratiqué la langue de bois), qu’Asghar Farhadi ne se présentera pas aux Oscars où il était nommé, que Robert Redford […]

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La prunelle de (leurs) yeux : Olivier Assayas/Mia HL, Axelle Ropert/Serge Bozon, Kooples en cinéma

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Olivier Assayas, « Personal Shopper »… Un prix de la Mise en scène à Cannes, ex aequo avec le Roumain Cristian Mungiu. Kristen Stewart, Lars Eidinger, Anders Danielsen Lie dans un glissement spirite : Maureen choisit les vêtements d’une célébrité – en soi déjà un travail de dissociation qui ressortit à habiller au sens propre l’identité d’un(e) autre – pendant que l’assaillent par la bande des manifestations de Lewis, son jumeau disparu. «Je veux un signe. Donne-moi plus». L’eau dans la baignoire. Elle reçoit des messages sur son portable, ne veut plus décrocher de la veine. L’idée de la duplication éthérée, du […]

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« Baccaulauréat » : quitter Krypton

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Jor-El (Marlon Brando) place son propre fils, futur Clark Kent-«Superman» (Christopher Reeves) sur Terre, dans la capsule d’un vaisseau spatial pour l’emporter loin de Krypton, leur planète en perdition. Les véritables parents de Clark ne lui apparaîtront plus que sous forme éthérée, songes (mémoire, souvenir, rémanence indélébile de l’attachement) et/ou projections programmées (transmission des connaissances au palais des glaces, conservation « vivante» au travers d’une vie reconstruite ailleurs). Le lancement a fonctionné. L’acte sacrificiel du père, genèse même du film de Richard Donner (1978, sur un scénario de Mario Puzo et Tom Mankiewicz, son of) : l’oeuvre du Roumain Cristian […]

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« Wolf and Sheep » : Quand elle t’a mordu(e), elle est à toi.

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Parlons brièvement – par ordre d’intérêt croissant – du film de Brillante Mendoza, « Ma’Rosa» (qui a valu à Jaclyn Jose le prix d’interprétation féminine au moment de Cannes, la façon de l’actrice de 52 ans d’aller le recevoir en remerciant son pays, le réalisateur, le jury, de pleurer en remerciant le réalisateur, le jury, le réalisateur, le président, son pays, le jury de pleurer, le président d’avoir voté pour son pays, le réalisateur, le jury de se retenir de pleurer ou de pleurer pour son pays en ayant soit énervé, soit remué plus d’un). La caméra pas trop «nettoyée», de […]

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« Le Disciple » : coeur de fer vs chair

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Allez voir ce film inquiétant, mortifère dans ce qu’il décrit, à la réalisation déliée qui dissèque à la fois le fanatisme religieux – de longs plans séquences traversés d’inventions visuelles (la grotte etc) disent le basculement dans les Écritures, mais la métaphore est bien faite pour ne pas s’arrêter à la seule Bible maniée par des thuriféraires orthodoxes, laissant le spectateur libre d’ouvrir le champ de la réflexion à tous les fondamentalismes qu’il veut – met en avant un duel tendu entre un jeune embrigadé et une enseignante tentant de l’amener à dessiller, ainsi que la faillite de l’entourage, familial, […]

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« Swagger » : Hate and Love

« Swagger » : Hate and Love

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T’es trop «swag » ? T’as gavé la classe. Hyper stylé. Si tu veux pas t’habiller clonage, swag grave plus smart que le voisin, crée ton style ! Au moment de la mort de mon père, j’étais très jeune. J’ai sérieusement envisagé de me faire tatouer, non pas « HATE » et « LOVE » mais un mot gitan rituel sur les mains, à raison d’une lettre par phalange. J’y ai repensé soudain à l’instant d’écrire ma critique, après avoir vu le film d’Olivier Babinet il y a quelques semaines, me disant que le temps était peut-être venu de reprendre – au feutre lavable, cette fois […]

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Asghar Farhadi, Julie Bertuccelli : Deux en Un, sans rapport… bien que?

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Cela devait arriver. Hasard du calendrier, deux films qui m’intéressent – en réalité, le cas de conscience se pose souvent, non pas entre deux, mais entre trois ou quatre – sortent le même jour et si je les vois quasiment tous, je n’ai la possibilité d’en chroniquer qu’un. Impossible de ne pas vous envoyer auprès d’Asghar Farhadi, ne serait-ce que pour lire ce que vous en rapporterez. Au risque même d’une déception. Le réalisateur iranien, Ours d’Or à Berlin et Oscar du meilleur film étranger pour « Une séparation » en 2011, après « Le Passé » tourné à Paris en 2013 et avant […]

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« Sing Street » : feel-good movie, good movie.

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-Non, je n’ai rien vu à Hiroshima. À Dinard non plus, hélas ? Je me suis rattrapée depuis, mais je n’avais pu me rendre le 1er octobre dernier au 27ème British Film Festival, aux « Alizés » de la ville bretonne où « Sing Street », oublié de Deauville alors que le film de l’Irlandais John Carney avait fait l’objet d’une longue standing ovation ayant brûlé les planches, s’est vu gratifié cette fois d’un Hitchcock d’or. Mérité. Le Président Claude Lelouch (on ne croirait pas qu’il aura 80 ans l’an prochain) a toujours développé un goût notable pour la musique, les chanteurs : Nicole Croisille, […]

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« Apnée » : alors… émeu?

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Jean-Michel Ribes était venu en 2012 les voir jouer avant de leur consacrer un festival au Rond-Point. Jean-Christophe Meurisse, le metteur en scène et sa troupe théâtrale des « Chiens de Navarre » lui avaient proposé une trilogie sur ce qui peut se passer autour d’une table, « Nous avons les machines », « Une raclette » et « L’autruche peut mourir d’une crise cardiaque en entendant le bruit d’une tondeuse à gazon ». Les titres des spectacles révèlent en soi un état d’esprit libertaire ? Une fidélité aussi. Dans « Apnée », on retrouve Thomas de Pourquery, jazzman français à barbe de hipster déjà aperçu dans « Il est des […]

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Bertrand Tavernier : la Fête continue.

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Jusqu’à l’invention du digicode, en 1970, les enfants s’engouffraient dans ses « traboules » où les amoureux s’enlaçaient dans les coins noirs. La Résistance y a semé plus d’une fois la Gestapo. Est-ce à cause des plaisirs gastronomiques offerts ? Saucisson brioché, cervelle de canut, succulentes quenelles de la Brasserie Georges, à Perrache, dans le quartier de la gare. Évitons de mentionner le « tablier de Sapeur » par crainte des dérives. Lyon « où coulent trois fleuves », comme l’énoncent pour plaisanter les gones : Saône, Rhône et beaujolais… Le théâtre « à l’italienne » des Célestins, devant lequel on croise avant de remonter vers Fourvière pour aller saluer […]

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« Captain Fantastic » : apôtres écolos, nouveaux héros ?

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Un père, Ben Cash (Viggo Mortensen) élève ses six enfants loin de toute civilisation connectée. Stéphane Fontaine, le directeur photo (deux César, 2006 et 2010, pour des films signés Jacques Audiard, le Français ayant collaboré avec Arnaud Desplechin, Paul Verhoeven ) filme la futaie avec une sensibilité à la John Boorman. Forêt d’émeraude, éclaboussures des torrents. L’odeur de la terre couverte de mousse monte aux narines. La mère est internée pour maniaco-dépression dans un hôpital. L’aîné, Bodovan (George MacKay), accomplit son rite de passage à l’âge adulte en tuant un cerf. La fratrie respecte un entraînement scrupuleux pour apprendre à […]

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Soko & Lily-Rose Depp ‘ll kill you. Mélanie Thierry aussi.

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La « Danseuse» où elle occupe le premier rôle a fait sensation dans la section «Un certain regard» à Cannes. Au-delà de ses amours malheureuses avec Kristen Stewart, sur lesquelles à l’époque elle s’est épanchée avec un naturel confondant et qui font la splendeur et surtout les misères du festival, passes d’armes hors photocall et évitement devant, alors que l’héroïne de « Café Society » et « Twilight » arrivait sur la Croisette main dans la main avec une autre glamoureuse lookée, il faut reconnaître que Stéphanie Sokolinski, dite Soko, née à Bordeaux, dégage une présence peu commune. Quelque chose d’une évidence, déjà, vers […]

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« Fuocoammare » : Tout changer. Que cela ne reste pas pareil.

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Prix Amnesty International. Couronné d’or à la Berlinale 2016. Meryl Streep la présidente a remis la statuette au réalisateur, émue. Distinction «politique » ? Quand bien même : initialement il ne s’agit pas d’un gros mot, de la tentative de ficher sur le nuancier une couleur approximative mais de la volonté d’organiser ensemble une vie où chacun puisse occuper une place décente. Pratique de se garder d’y tremper par principe, de prendre frileusement le sens du vent avant d’y mettre le doigt tout en faisant le beau en parallèle afin d’obtenir le sucre des honneurs, sans bouger un cil pour […]

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« Juste la fin du monde » : l’impossible Annonce faite à Martine

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Louis (Gaspard Ulliel, nous reviendrons sur le talent de plus en plus élégant du balafré léger en ce qu’on appelle « le jeu maîtrisé éteint » dans un prochain film avec Soko), malade, rentre chez lui, dans la campagne où il a passé son adolescence. Rentrer chez soi, « n’est pas la fin du monde ». Sauf que l’urbain, le gay qui a écrit des pièces de théâtre et n’est pas revenu depuis douze ans a l’intention d’annoncer à sa famille qu’il va mourir. Il tournera autour de l’aveu, rebattant les cartes d’une existence éloignée des codes des petites gens normaux, voire ordinaires dont […]

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« Le Fils de Jean », hors polémique.

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Il y a un an presque jour pour jour, le 14 septembre 2015, un saignant différend opposait le réalisateur à son confrère Michel Hazanavicius. Conduit à parler sur France Inter des migrants, l’auteur de « Welcome » (2009, avec Vincent Lindon et Audrey Dana) s’était lancé dans des corrélations géopolitiques qui n’engageaient que lui, mêlant drame des noyades lors des tentatives de traversée de la Manche vers l’autre frontière, montée de l’islamisme et guerre des Six jours, ayant selon ses dires « hâté la radicalisation » en propulsant les populations sur les chemins, tout cela de bon matin, à heure de grande écoute. Le […]

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« Frantz » : faut-il ne rien dire?

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François Ozon a émis expressément le désir que ne soit pas révélé le ressort ultime de l’intrigue de « Frantz », son dernier long-métrage qu’il qualifie de « totalement européen » puisqu’il s’agit d’une co-production franco-allemande, présenté il y a quelques jours en compétition officielle à la 73ième Mostra. Nous sommes en 1919, dans une petite commune de Saxe. Au lendemain de la première guerre, le sentiment anti-Français demeure vif. De part et d’autre, les pertes ont été lourdes. J’ai le souvenir d’un vieil Alsacien racontant cela : sa propre mère, qui avait été alternativement Française et Allemande selon les variations historiques de frontière, pleurait […]

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