de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

Films

Bertrand Tavernier : la Fête continue.

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Jusqu’à l’invention du digicode, en 1970, les enfants s’engouffraient dans ses « traboules » où les amoureux s’enlaçaient dans les coins noirs. La Résistance y a semé plus d’une fois la Gestapo. Est-ce à cause des plaisirs gastronomiques offerts ? Saucisson brioché, cervelle de canut, succulentes quenelles de la Brasserie Georges, à Perrache, dans le quartier de la gare. Évitons de mentionner le « tablier de Sapeur » par crainte des dérives. Lyon « où coulent trois fleuves », comme l’énoncent pour plaisanter les gones : Saône, Rhône et beaujolais… Le théâtre « à l’italienne » des Célestins, devant lequel on croise avant de remonter vers Fourvière pour aller saluer […]

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« Captain Fantastic » : apôtres écolos, nouveaux héros ?

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Un père, Ben Cash (Viggo Mortensen) élève ses six enfants loin de toute civilisation connectée. Stéphane Fontaine, le directeur photo (deux César, 2006 et 2010, pour des films signés Jacques Audiard, le Français ayant collaboré avec Arnaud Desplechin, Paul Verhoeven ) filme la futaie avec une sensibilité à la John Boorman. Forêt d’émeraude, éclaboussures des torrents. L’odeur de la terre couverte de mousse monte aux narines. La mère est internée pour maniaco-dépression dans un hôpital. L’aîné, Bodovan (George MacKay), accomplit son rite de passage à l’âge adulte en tuant un cerf. La fratrie respecte un entraînement scrupuleux pour apprendre à […]

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Soko & Lily-Rose Depp ‘ll kill you. Mélanie Thierry aussi.

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La « Danseuse» où elle occupe le premier rôle a fait sensation dans la section «Un certain regard» à Cannes. Au-delà de ses amours malheureuses avec Kristen Stewart, sur lesquelles à l’époque elle s’est épanchée avec un naturel confondant et qui font la splendeur et surtout les misères du festival, passes d’armes hors photocall et évitement devant, alors que l’héroïne de « Café Society » et « Twilight » arrivait sur la Croisette main dans la main avec une autre glamoureuse lookée, il faut reconnaître que Stéphanie Sokolinski, dite Soko, née à Bordeaux, dégage une présence peu commune. Quelque chose d’une évidence, déjà, vers […]

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« Fuocoammare » : Tout changer. Que cela ne reste pas pareil.

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Prix Amnesty International. Couronné d’or à la Berlinale 2016. Meryl Streep la présidente a remis la statuette au réalisateur, émue. Distinction «politique » ? Quand bien même : initialement il ne s’agit pas d’un gros mot, de la tentative de ficher sur le nuancier une couleur approximative mais de la volonté d’organiser ensemble une vie où chacun puisse occuper une place décente. Pratique de se garder d’y tremper par principe, de prendre frileusement le sens du vent avant d’y mettre le doigt tout en faisant le beau en parallèle afin d’obtenir le sucre des honneurs, sans bouger un cil pour […]

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« Juste la fin du monde » : l’impossible Annonce faite à Martine

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Louis (Gaspard Ulliel, nous reviendrons sur le talent de plus en plus élégant du balafré léger en ce qu’on appelle « le jeu maîtrisé éteint » dans un prochain film avec Soko), malade, rentre chez lui, dans la campagne où il a passé son adolescence. Rentrer chez soi, « n’est pas la fin du monde ». Sauf que l’urbain, le gay qui a écrit des pièces de théâtre et n’est pas revenu depuis douze ans a l’intention d’annoncer à sa famille qu’il va mourir. Il tournera autour de l’aveu, rebattant les cartes d’une existence éloignée des codes des petites gens normaux, voire ordinaires dont […]

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« Le Fils de Jean », hors polémique.

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Il y a un an presque jour pour jour, le 14 septembre 2015, un saignant différend opposait le réalisateur à son confrère Michel Hazanavicius. Conduit à parler sur France Inter des migrants, l’auteur de « Welcome » (2009, avec Vincent Lindon et Audrey Dana) s’était lancé dans des corrélations géopolitiques qui n’engageaient que lui, mêlant drame des noyades lors des tentatives de traversée de la Manche vers l’autre frontière, montée de l’islamisme et guerre des Six jours, ayant selon ses dires « hâté la radicalisation » en propulsant les populations sur les chemins, tout cela de bon matin, à heure de grande écoute. Le […]

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« Frantz » : faut-il ne rien dire?

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François Ozon a émis expressément le désir que ne soit pas révélé le ressort ultime de l’intrigue de « Frantz », son dernier long-métrage qu’il qualifie de « totalement européen » puisqu’il s’agit d’une co-production franco-allemande, présenté il y a quelques jours en compétition officielle à la 73ième Mostra. Nous sommes en 1919, dans une petite commune de Saxe. Au lendemain de la première guerre, le sentiment anti-Français demeure vif. De part et d’autre, les pertes ont été lourdes. J’ai le souvenir d’un vieil Alsacien racontant cela : sa propre mère, qui avait été alternativement Française et Allemande selon les variations historiques de frontière, pleurait […]

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Guiraudie a dit : « Rester vertical » !

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Léo (Damien Bonnard), scénariste en panne, part sur un causse de Lozère. Comme tout le monde, « le loup, ça le fascine et lui fait peur, il aimerait en rencontrer ». Il tombe sur une jeune femme, Marie (India Hair), veillant sur le troupeau, nantie d’un gros calibre. Ils se sautent dessus. Naît un enfant qu’elle ne tardera pas à lui laisser sur les bras. Dans le marais poitevin, une guérisseuse (Laure Calamy) lui installe des électrodes végétales sur le front, glissant en barque au fil de l’eau en l’exhortant à sortir de sa cache. Yoan (Basile Meilleurat) préfère Marcel (Christian Bouillette), […]

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« Toni Erdmann » : Papa was a rolling stone

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Mon Dieu, pourquoi vous avoir abandonnés ? Pas le cas. Le fait de laisser la bride sur le cou de surcroît n’est pas dépourvu de bénéfices collatéraux. Quelques Erdéciens réguliers ou adeptes occasionnels de RdC n’ont pas hésité à se saisir de la barre, proposant d’embarquer sur leurs ponts : qu’ils soient remerciés ici de leur amour du cinéma. Le medium de la toile permet une mise en abyme étonnante, ouvrant la possibilité de traverser le miroir, lire son lecteur selon le principe de « l’arroseur arrosé » cher à la plasticienne Sophie Calle, ce qui est d’une grande saveur. Maren Ade, née en […]

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« The Neon Demon » : l’oeil plus gros que le ventre

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Pour goûter le sel du titre, il faut avoir vu ou aller voir le film. Avec l’engouement suscité, il sera encore à l’affiche. Puis-je vous envoyer au casse-pipe ? Y êtes-vous prêts ? La curiosité, bon moteur. L’envie de rire, de bayer aux corneilles en regardant sa montre ou d’être mal à l’aise pendant presque deux heures qui en paraissent quatre devant du sado-maso soft, de l’horreur boursouflée, des photos grandiloquentes nées de l’union trioliste de Helmut Newton en panne de bondage, Nan Goldin pour les coloris et Quentin Bertoux, auteur d’une célèbre campagne de pub Hermès où les objets […]

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« Diamant noir » : Anvers, contre tous

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Le film de Arthur Harari, pépite du festival de Beaune avec « Man on high heels » du Coréen Jin Jang. Gemme ! Si ce n’est déjà fait, courez le voir pendant qu’il est temps. Ce premier film franco-belge succède à des moyens métrages de facture plus naturaliste qui rapprochaient le cinéaste de Pialat. Arthur Harari, appuyé d’un directeur de la photographie inspiré en la personne de son frère Tom, déborde le cadre, prend des accents à la Michael Mann et s’envole vers un récit dense très noir, au lyrisme heurté axé sur la vengeance, l’initiation, la reconnaissance, la famille. Filandreux en ce […]

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« Dans les forêts de Sibérie » : le Grand Blanc

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Il ne suffit pas d’empiler les couches pour obtenir stratification. Quid d’un quatuor de choix : Safy Nebbou, réalisateur, Sylvain Tesson, écrivain, voyageur, escaladeur de façades, Raphaël Personnaz, acteur, Ibrahim Maalouf, musicien. J’avais eu de la sympathie pour le livre de Sylvain Tesson dont le film est tiré. Des bonheurs stylistiques chez ce stégophile qui à l’instar de Patrick Edlinger dit «Le Blond» ou encore… «Dieu», esthète capable de tenir par le petit doigt à flanc de falaise dont la vie s’est brisée comme un éclat de verre dans un escalier, grimpe à mains nues les cathédrales, les bâtiments publics […]

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« Ma Loute » : Bruno Dumont joue gros

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Laissons là les finasseries d’experts pour établir où débute la mer du Nord et où finit l’autre. Des mesures précises existent sûrement, qu’il ne s’agit pas de traiter à la légère, surtout quand on est du coin. C’est le cas de Bruno Dumont, campé pieds potentiellement palmés sur la Croisette en ce mois de mai. Il fait débarquer dans une villa égyptienne à la vue imprenable ses comédiens, famille de grands bourgeois industriels du début XXième s’inquiétant de savoir s’il n’est pas déraisonnable d’avoir troqué le Nord pour le Pas-de-Calais. On est audacieux ou on ne l’est pas. « Ma Loute » […]

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« Café Society » : Tendres furent leurs nuits

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Tom Hanks déclarait dans Forrest Gump « la vie, c’est comme une boîte de chocolats ». Woody Allen me fait cet effet. Quand on sait mon inclination pour tout ce qui peut se relier de près ou de loin à la fève cacaotée, on a tout compris. Je peux prendre plaisir à un Rocher Suchard, me jeter avec une déraisonnable gourmandise sur la gaufrette industrielle d’un Ferrero Roche d’Or en sachant pertinemment ce qui les différencie d’une création de Pierre Hermé, d’un grand cru de François Pralus. Dingue de Woody depuis le début : un tel mal se soigne-t-il ? Encore faudrait-il en avoir […]

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« High Rise » : la tour infernale de J.G. Ballard

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Le film a quitté l’affiche ces jours, mais vous l’avez peut-être vu. De quoi discuter autour, de toute façon, en attendant que ne soit donné le coup d’envoi de Cannes avec Woody Allen. J’avais lu James Graham Ballard  il y a des années chez Calmann-Lévy, dans la collection Dimensions SF. Couronné du Prix Jean Monnet aux Littératures européennes à Cognac, mort à Londres en 2009, l’écrivain n’a jamais rencontré qu’un faible succès commercial. Œuvre réputée difficile. Du genre touffue. Raison pour laquelle beaucoup laissent béton ? Justement c’est le titre phare : « La trilogie de béton ». Son nom circule sur […]

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« Les malheurs de Sophie » : très honorables

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La collaboration Christophe Honoré-Alex Beaupain fonctionne. On avait pu le vérifier dix-sept fois avec « Cécile Cassard », inégal, boursouflé parfois mais brillant, ou encore « Les chansons d’amour » promulguées en 2007. Rôdé, le duo d’amis doit beaucoup aux arrangements de Frédéric Lo, qui eut par ailleurs le flair, pour ne pas dire le mérite de faire lever tous les matins feu Daniel Darc de son lit pour lui permettre de réaliser un dernier opus-testament, « Crèvecœur ». Le soupçon de prétention dont on taxe Christophe Honoré n’a pas automatiquement de quoi déplaire. Il peut s’avérer une force, le poussant à s’étirer en direction de figures […]

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« Dalton Trumbo » : t’as le look, coco ?

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Le nom est connu des cinéphiles pour « Johnny Got His Gun » : ce manifeste pacifiste écrit sous forme de roman en 38-39, adapté au cinéma beaucoup plus tard, remporta le Grand Prix du Jury à Cannes en 1971. Longue maturation qui cache de nombreuses péripéties. Dalton Trumbo avait reparlé du projet en panne à Luis Bunuel, rencontré au Mexique lors de son exil forcé. Les biopics, genre à plaisir variable ? Lourdement fidèles, cela donne Nicole Kidman en Grace Kelly au palais de Monaco. On peut préférer Todd Haynes (« I’m not there ») qui propose à Heath Ledger, Christian Bale, Ben Whishaw ou… […]

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« Paulina » : viva la vida ! (preuve par l’absurde)

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Quasiment dix minutes de conversation entre un père, Fernando, puissant juge de Buenos Aires (Oscar Martinez) et sa fille Paulina (Dolores Fonzi) expliquant qu’elle a l’intention de renoncer à sa carrière d’avocate pour aller enseigner auprès de populations défavorisées aux confins du Paraguay. « Enfin, que veux-tu prouver ? » – Et toi, l’idée qu’une femme pauvre puisse un jour diriger ce centre te dérangerait ? « Ne sois pas ridicule. Tu me traites de réac, maintenant ? Tu ne crois pas que tu vas trop loin ? » – Mes paroles ont peut-être dépassé ma pensée. Le père lui entoure les épaules, ils partent déjeuner après […]

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« Sunset song » : Ecosse, les petits poids.

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Agyness Deyn, poids plume, androgyne, platine. Doc Martens aux pieds, idéale égérie de Vivienne Westwood. Irrésistible, photographiée par Patrick Demarchelier ou défilant pour Saint Laurent. Pas mauvaise actrice, de surcroît ? Comment savoir ? Terence Davies, le réalisateur ? Difficile d’en vouloir à un homme d’une fratrie de dix enfants dont seulement sept ont survécu, né à Liverpool dans la classe ouvrière catholique, qui a adapté lors d’un précédent opus John Kennedy Toole. Ma très grande passion pour l’amateur de hot-dogs pétaradant de « La Conjuration des imbéciles » publiée à titre posthume  m’a fait attendre quelques jours après la sortie du film. Pouvoir […]

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« Demolition » : atouts cassés

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Davis Mitchell a un accident de voiture. Sa femme Julia venait de lui reprocher une fuite dans le réfrigérateur. Elle meurt à l’hôpital. Chemise éclaboussée de sang, le banquier fringant, étoile d’un gros cabinet détenu par son beau-père est vite rejoint par les parents de la morte, Phil et Margot. Atterrés. Lui va prendre des M&M’s au distributeur. Ça coince. À l’accueil, le réceptionniste lui signifie qu’il n’y peut rien. Il n’a qu’à se débrouiller. Sur le moment il ne réagit pas. Rentré chez lui, il commence à écrire une lettre de réclamation. Puis deux, puis trois. De plus en […]

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