de Annelise Roux

en savoir plus

La République Du Cinéma

Films

Bang Gang : MST, bleus à l’âme

19

commentaires

L’amour est une maladie sexuellement transmissible. On ne le répètera jamais assez. La voix-off du début, prédiction en chaire annonçant catastrophes ferroviaires, dérèglement du temps et canicule laisse présager le pire : encore une variation sur les partouzes ? Ce serait dommage d’en rester là. La parabole du cataclysme que peut représenter l’entrée dans l’âge adulte est bienvenue. Le sous-titre « une histoire d’amour moderne », pas aussi second degré qu’on le pense. Les lycéennes en ont-elles définitivement fini avec les diabolo-menthe, la chanson d’Yves Simon ? Le film d’Eva Husson ouvre un chapitre sur la difficulté du passage initiatique. Son propos […]

lire la suite .../ ...
« Les innocentes » d’Anne Fontaine enlèvent le péché du monde

19

commentaires

Pologne, 1945. Des cris déchirent les murs d’un couvent à la vie régie par la liturgie, l’obéissance à une Mère Abbesse emplie de sens du devoir. Quelques mois plus tôt, la communauté cloîtrée a été victime d’un viol collectif perpétré par des soudards russes. Agata Kulesza donne aux traits de cette religieuse pour laquelle la droite ligne, le déni sont la réponse une vérité tragique et complexe. Acharnée à repousser la fêlure par laquelle la lumière pourrait entrer, elle renvoie Sœur Maria (Agata Buzek) qui chapeaute le noviciat à la prière, la contrition pour unique panacée, accueillant pour elle-même un […]

lire la suite .../ ...
« Au Coeur de l’Océan » : Baleines

5

commentaires

Fous d’Herman Melville, et/ou des récits d’Owen Chase, Second du navire Essex qui fit naufrage en 1820 dans le Pacifique et dont l’épouvantable épopée fournit matière à l’auteur de « Moby Dick » et « Bartleby », armez-vous de méfiance. Pas de cirque autour des chefs-d’œuvre, des secrets de diaristes poussés par une nécessité atroce. C’est souvent périlleux, presque autant que de croiser la route d’un cachalot de la taille d‘un autobus. Qu’en dit notre cinéma intérieur, avant même de s’y rendre ? D’abord il y a Gadenne, ce texte publié par Camus dans la revue Empédocle en 1949, réédité chez Actes Sud dans la collection […]

lire la suite .../ ...
Tarantino : spaghettis ketchup

Tarantino : spaghettis ketchup

17

commentaires

Le revoilà. La bande-annonce en donne pour son argent. Extirpé de sa retraite, Ennio Morricone ne se prive pas d’y aller de son orchestration typique, dès les premières images, tandis qu’une diligence affronte le blizzard sur un chemin cahotant. On connaît assez le goût de Tarantino pour les grandes figures pour deviner à quel point les films de Sergio Leone ont dû le fasciner. Formellement, il épouse les codes avec une facilité virtuose : portraits à l’emporte-pièce, encre nette, allons-y de bon cœur comme on tamponne un passeport à la frontière. Samuel L. Jackson en Marquis Warren, chasseur de primes […]

lire la suite .../ ...
« L’Etreinte du serpent » : Chullachaqui, les reflets ont-ils une âme?

6

commentaires

Comme d’entrer dans un salon en compagnie d’un expert en art africain, d’avoir le regard attiré par une collection de pièces disposées en enfilade, Fang, Punu du Gabon ou masques Sepik de Nouvelle-Guinée. Se dire qu’ils sont beaux à regarder, mais trop peu patinés. Lui ne fait pas de commentaires. À côté, un Grebo de la Côte d’Ivoire, un Songyé du Congo moins évidents requièrent son attention. Vous lui demandez pourquoi, il vous répond en chuchotant « ceux-là ont dansé », ce qui dans le langage des collectionneurs stipule une authenticité sans commune mesure. Seuls les objets ayant servi possèdent une […]

lire la suite .../ ...
« Mia Madre ». Pas seulement la sienne. Beaucoup des nôtres.

23

commentaires

Depuis « La Chambre du fils » où Laura Morante et lui entraient à pas comptés dans le sanctuaire d’un adolescent disparu après une plongée, avec d’autant plus de précautions qu’ils s’étaient quittés sur l’inachèvement d’un petit mensonge pas très glorieux qui rendait le déchirement plus poignant, voyant le dernier film de Nanni Moretti, on se dit qu’il ne se renouvelle pas beaucoup. Toujours cette haute silhouette tentée par le journal intime – ses interrogations existentielles, morales, politiques, sa maladie de Hodgkin, le sport, les couples qui se défont – au je ne sais quoi de tracassé, ce grand nez au vent, […]

lire la suite .../ ...
« The Lobster » : bisque bisque homard

11

commentaires

Il continue d’être à l’affiche dans de petites salles, parfois loin de la vie parisienne, voire hors de France. Encore largement temps d’en dire un mot, ne serait-ce qu’au travers d’un billet mis en ligne durant une seule journée. Offrons-nous ce petit plateau de fruits de mer, en ce dimanche pluvieux. Le cinéaste grec Yόrgos Lanthimos est-il dérangé ? A-t-il une case en moins ? La question peut s’avérer taraudante après avoir vu « The Lobster », son premier film en anglais. Surtout si on a vu « Canine » au préalable, dans lequel Papa et Maman exigeaient pour laisser partir de la propriété fifils et […]

lire la suite .../ ...
Alacrité/Bacri, contre-emploi? Pas sûr.

16

commentaires

Depuis le temps qu’on en rêvait : Jean-Pierre Bacri, utilisé dans un contre-emploi où il serait enfin lui-même. Un peu bougon, parce que renfermé comme nombre de timides, de rêveurs délicats qu’un rien blesse. Séduisant. Un jeune premier crédible. Son éclat de chocolat au front, en plein milieu ? Il aurait pu se le faire enlever, mais sûrement pas : grain de beauté sur la lèvre de Cindy Crawford. Nous y sommes. Ce statut lui va bien, à Jean-Pierre. Il suffit qu’il monte dans un avion, quitté par sa femme (Isabelle Gélinas), esquissant tant bien que mal un sourire pour faire propre et […]

lire la suite .../ ...
Short, version longue

Short, version longue

11

commentaires

Curieux film de gangsters assourdi, en col blanc ou plutôt en costume de traders et de yuppies. Compliqué à estimer sur l’instant. L’aspect technique de l’entreprise – désosser les mécanismes financiers qui ont conduit à précipiter l’économie mondiale dans la crise en 2008, après l’éclatement de la bulle immobilière, l’affaire des subprimes et la chute de Lehman Brothers – en dépit d’une distribution si alléchante qu’elle ne laisse aucun choix (Steve Carrell/Christian Bale/Ryan Gosling/Brad Pitt, entre autres) est trop difficile à analyser pour que le quidam puisse juger de sa pertinence. Un cinéphile ordinaire n’y portera évidemment pas le même […]

lire la suite .../ ...
Nouvel an : à nos jours sans faim

13

commentaires

Évoqué en passant sur un fil précédent, le film de Harold Ramis datant de 1993, « Un jour sans fin » avec ce présentateur météo irascible, vachard, qu’était Phil Connors/Bill Murray, mérite qu’on s’y arrête. Un Bill Murray hargneux, venu en traînant les pieds assister à l’éclosion de la marmotte dans un bled plouc, rendu marteau par un réveil automatique et qu’une flopée d’existences s’évertue à remettre dans le droit chemin… Depuis l’acquisition de haute lutte des arts jusqu’à celle, plus intuitive et primordiale, des rapports humains, long is the road. Comment ce visage, grêlé à la manière de celui de Tommy […]

lire la suite .../ ...
Jedi or not Jedi

Jedi or not Jedi

24

commentaires

La tendance systématique à prôner « c’était mieux avant » serait-elle en voie de s’imposer ? Émerge au contraire nettement la stimulante idée que cela a toutes chances d’être mieux demain, un jour à venir prochain, si tant est que ne soient pas dilapidés les héritages antérieurs. Tabula rasa ? Changer les serrures, les codes ? Pourquoi pas. Cela sous-entend néanmoins toujours qu’aient été pris en compte à un moment donné un historique, une mémoire, fussent-ils évacués, laissés de côté, forclos. S’inscrire dans l’historique ? Alors il faut l’assumer. En bouleverser la donne ou continuer dans la direction prise – mais en posséder le sens, être […]

lire la suite .../ ...
Liste de Noël

Liste de Noël

25

commentaires

Vous n’avez pas l’habitude de faire des cadeaux ? Ni d’en recevoir ? Pas le bon timing, en ce qui vous concerne? Histoire de calendrier ? Votre religion vous l’interdit ? Question de principe ? Envie de participer à la fête ? Vous craignez d’abuser ? Vous peinez à l’instant d’exprimer un choix ? Pas le moment de faire des folies ? Pas envie, après tout ce qu’il s’est passé ? Vous en avez assez des cravates ? Vous avez espéré qu’il plaisantait, quand il a parlé d’un nouvel aspirateur ? Vous avez failli basculer dans la dispute, quand vous vous êtes aperçue qu’il était sérieux ? Cela ne viendrait pas à l’idée […]

lire la suite .../ ...
Bouche bêêêêêê

Bouche bêêêêêê

10

commentaires

« La Vie rêvée de Walter Mitty », où revenait à lui Ben Stiller que l’on croyait abonné aux rôles de couillon hébété, pâles duplicatas de celui qui, appareil dentaire scotché au palais se coinçait l’oiseau dans la braguette chez les Farrelly et non vice versa (« Mary à tout prix », 1998, dont les frasques, le comique de situation graveleux et embourbé avaient de quoi faire rire), ne serait-ce que pour cet envol d’hélicoptère, orgasme retardé s’étoilant lentement en fleur de badiane au-dessus du pôle scandé du « Space Oddity » de David Bowie, donnait fortement envie d’Islande, de ses étendues plates, ses montagnes russes, […]

lire la suite .../ ...
Au-revoir les enfants

Au-revoir les enfants

41

commentaires

Comme je suis partie rapidement, je vous dois peut-être une explication: j’ai beaucoup de choses à faire, mes rendez-vous cinéma à Sud Ouest, au Cercle (Canal), au Masque et la Plume, sans parler de mon prochain roman, si bien que je voulais me libérer un peu. Mais ne vous inquiétez pas, je vais très bientôt être remplacée par quelqu’un de très judicieux et écrivant admirablement. Ainsi, parfois, je glisserai des commentaires… A très bientôt! Sophie

lire la suite .../ ...
« Madame Bovary »: Mia, c’est Emma

37

commentaires

Une toute jeune femme court dans la forêt. Sa robe a la couleur des feuilles mortes qui jonchent le sol. Etoffe d’automne pour une vie qui fuit sans attendre l’hiver. Elle s’appelle Emma, elle est sortie du couvent quelques mois avant, peut-être davantage. Le temps de se marier à un mari qui, fût-il aimant, n’a pas suffi à la combler. Pourtant, Emma Bovary (Mia Wasikowska) voyait sa vie comme un théâtre. Elle avait hâte que la représentation commence. Il arrive qu’on réduise Emma à une femme qui s’ennuie dans la conjugalité, tombe amoureuse hors de son mariage et se tue […]

lire la suite .../ ...
« Notre petite soeur »: Kore-eda, trésor de la famille

13

commentaires

Nul mieux que Koré-eda n’a saisi l’enfance au cinéma. Son innocence et sa détermination. Sa pureté et sa volonté. Dans « Nobody knows » qui valut à son jeune comédien d’être récompensé au festival de Cannes 2004 ou plus récemment dans « Tel père tel fils », miracle de grâce et d’émotion, le cinéaste nippon a creusé le même sillon où court la vitalité de très jeunes personnages face à  la trahison des adultes. Dans « Notre petite sœur » dont la trame, sous ses dentelles de gynécée charmant, possède une tonalité sourde, une ombre portée en continu, il confirme sa délicatesse et sa capacité d’enchantement, […]

lire la suite .../ ...
« The walk: rêver plus haut »: Joseph-Gordon Levitt

10

commentaires

L’histoire est bien réelle mais c’est d’abord une fable dont le héros est un funambule. « Pour moi, marcher sur un fil, c’est la vie », dit Philippe Petit auquel le film de Robert Zemeckis rend hommage. Un matin d’août 1974, il a tendu un fil entre les tours jumelles et traversé. Dans le ciel new-yorkais, à quelques 417 mètres au-dessus de la ville: quarante-trois mètres de marche au pas. Le World Trade center venait d’être achevé. Il se dressait pour l’éternité, croyait-on. Philippe Petit a affronté le vide depuis les tours parce que cela semblait impossible à réaliser. Il avait des […]

lire la suite .../ ...
« La glace et le ciel »: Claude Lorius, inlassable missionnaire

5

commentaires

C’est un homme de 83 ans qui avance sur la glace. Silhouette frêle, visage souriant, posant sa main au-dessus de la surface qui craque. Depuis 30 ans, Claude Lorius met en garde les hommes. Ce qu’il avait pressenti est en train d’arriver. « J’ai vu, dit-il, en l’espace d’une vie, que l’homme était en train de modifier le climat… » A force de brûler du pétrole, du charbon, du bois. A force d’user de la terre comme d’une propriété aux ressources infinies. A force de la croire immuable, insensible aux interventions humaines. Or, elle bouge, vit, se métamorphose. Les ouragans, la fonte […]

lire la suite .../ ...
« Seul sur Mars »: Vendredi ou les limbes de l’espace

11

commentaires

La Nasa a collaboré au film à proportion de ses intérêts : une image galvanisée par l’aventure cinématographique, relayée par un public acquis à sa cause et favorisant par conséquent les prochaines missions. Pour autant, « Seul sur mars » est une pure fiction, une œuvre fantastique dont l’ouverture, la base même du récit, est improbable. La tempête qui jette au sol Matt Damon, percuté par une antenne ne pourrait se produire sur la planète rouge. Ce qui n’a pas empêché le romancier Andy Weir, auteur du livre dont Ridley Scott s’est inspiré, de s’autoriser ce pas de côté. « Il fallait que je […]

lire la suite .../ ...
« L’homme irrationnel »: Woody Allen jette les dés

14

commentaires

Le Woody Allen nouveau ? Excellent  cru, notes d’automne, long en bouche. Parvenu à un point d’équilibre que le cinéaste a peaufiné de film en film : un tiers de philo, un tiers d’humour, un tiers de tragédie. Le savoir-faire est incontestable, la mise en scène virtuose et la façon dont le récit s’articule, verrouillant d’autant mieux chacune de ses étapes que le point de départ est fondé sur l’aléatoire, donne une comédie noire admirablement ficelée. Sans compter que malgré sa mécanique irréprochable, la densité de la vie y circule en même temps que ses multiples leurres. A 80 ans, Woody Allen […]

lire la suite .../ ...