de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

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La prunelle de (leurs) yeux : Olivier Assayas/Mia HL, Axelle Ropert/Serge Bozon, Kooples en cinéma

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Olivier Assayas, « Personal Shopper »… Un prix de la Mise en scène à Cannes, ex aequo avec le Roumain Cristian Mungiu. Kristen Stewart, Lars Eidinger, Anders Danielsen Lie dans un glissement spirite : Maureen choisit les vêtements d’une célébrité – en soi déjà un travail de dissociation qui ressortit à habiller au sens propre l’identité d’un(e) autre – pendant que l’assaillent par la bande des manifestations de Lewis, son jumeau disparu. «Je veux un signe. Donne-moi plus». L’eau dans la baignoire. Elle reçoit des messages sur son portable, ne veut plus décrocher de la veine. L’idée de la duplication éthérée, du […]

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« Une semaine et un jour » : LeHaïm !

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Longtemps pensé que les lieu et place même du secret se tenaient dans l’érotisme. En réalité, et cela n’est pas si loin, il est un sanctuaire plus indépassable, c’est la mort, ce fendu en deux qu’est l’éprouvé du deuil, invisible aux regards extérieurs, qui échappe à la signalisation alors que la fracture intervenue libère une intimité colossale rendue inatteignable par le sertissage dans la solitude, même au sein du groupe ou d’une famille. Je ne parle pas des larmes, des expressions tangibles qui transportent un peu du dedans vers un dehors apparent. Ce mirage de libération que sont les pleurs […]

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« Wolf and Sheep » : Quand elle t’a mordu(e), elle est à toi.

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Parlons brièvement – par ordre d’intérêt croissant – du film de Brillante Mendoza, « Ma’Rosa» (qui a valu à Jaclyn Jose le prix d’interprétation féminine au moment de Cannes, la façon de l’actrice de 52 ans d’aller le recevoir en remerciant son pays, le réalisateur, le jury, de pleurer en remerciant le réalisateur, le jury, le réalisateur, le président, son pays, le jury de pleurer, le président d’avoir voté pour son pays, le réalisateur, le jury de se retenir de pleurer ou de pleurer pour son pays en ayant soit énervé, soit remué plus d’un). La caméra pas trop «nettoyée», de […]

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« Swagger » : Hate and Love

« Swagger » : Hate and Love

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T’es trop «swag » ? T’as gavé la classe. Hyper stylé. Si tu veux pas t’habiller clonage, swag grave plus smart que le voisin, crée ton style ! Au moment de la mort de mon père, j’étais très jeune. J’ai sérieusement envisagé de me faire tatouer, non pas « HATE » et « LOVE » mais un mot gitan rituel sur les mains, à raison d’une lettre par phalange. J’y ai repensé soudain à l’instant d’écrire ma critique, après avoir vu le film d’Olivier Babinet il y a quelques semaines, me disant que le temps était peut-être venu de reprendre – au feutre lavable, cette fois […]

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Asghar Farhadi, Julie Bertuccelli : Deux en Un, sans rapport… bien que?

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Cela devait arriver. Hasard du calendrier, deux films qui m’intéressent – en réalité, le cas de conscience se pose souvent, non pas entre deux, mais entre trois ou quatre – sortent le même jour et si je les vois quasiment tous, je n’ai la possibilité d’en chroniquer qu’un. Impossible de ne pas vous envoyer auprès d’Asghar Farhadi, ne serait-ce que pour lire ce que vous en rapporterez. Au risque même d’une déception. Le réalisateur iranien, Ours d’Or à Berlin et Oscar du meilleur film étranger pour « Une séparation » en 2011, après « Le Passé » tourné à Paris en 2013 et avant […]

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« La Mort de Louis XIV » : Que Serra Serra… The past ours to see.

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Léopard d’or au Festival de Locarno en 2013, « Histoire de ma mort » du cinéaste catalan formé à Barcelone proposait une traversée transfixiante des Lumières au siècle du romantisme, mixant la figure d’un Casanova exténué à celle, transylvanienne, de Dracula. Mélange osé ? Donald Sutherland aurait de quoi porter plainte avec Fellini pour injures sur la personne de l’aventurier de Venise, viol «sur l’esprit » aggravé de faits de culture ? Chez Albert Serra, rien à voir avec la faillite d’une « Ligue des gentlemen extraordinaires » de Stephen Norrington ou autre «Lincoln chassant les vampires » (Timur Bekmanbetov) aux slow-motion calamiteux qui se paient la tête […]

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« Sing Street » : feel-good movie, good movie.

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-Non, je n’ai rien vu à Hiroshima. À Dinard non plus, hélas ? Je me suis rattrapée depuis, mais je n’avais pu me rendre le 1er octobre dernier au 27ème British Film Festival, aux « Alizés » de la ville bretonne où « Sing Street », oublié de Deauville alors que le film de l’Irlandais John Carney avait fait l’objet d’une longue standing ovation ayant brûlé les planches, s’est vu gratifié cette fois d’un Hitchcock d’or. Mérité. Le Président Claude Lelouch (on ne croirait pas qu’il aura 80 ans l’an prochain) a toujours développé un goût notable pour la musique, les chanteurs : Nicole Croisille, […]

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« Apnée » : alors… émeu?

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Jean-Michel Ribes était venu en 2012 les voir jouer avant de leur consacrer un festival au Rond-Point. Jean-Christophe Meurisse, le metteur en scène et sa troupe théâtrale des « Chiens de Navarre » lui avaient proposé une trilogie sur ce qui peut se passer autour d’une table, « Nous avons les machines », « Une raclette » et « L’autruche peut mourir d’une crise cardiaque en entendant le bruit d’une tondeuse à gazon ». Les titres des spectacles révèlent en soi un état d’esprit libertaire ? Une fidélité aussi. Dans « Apnée », on retrouve Thomas de Pourquery, jazzman français à barbe de hipster déjà aperçu dans « Il est des […]

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Bertrand Tavernier : la Fête continue.

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Jusqu’à l’invention du digicode, en 1970, les enfants s’engouffraient dans ses « traboules » où les amoureux s’enlaçaient dans les coins noirs. La Résistance y a semé plus d’une fois la Gestapo. Est-ce à cause des plaisirs gastronomiques offerts ? Saucisson brioché, cervelle de canut, succulentes quenelles de la Brasserie Georges, à Perrache, dans le quartier de la gare. Évitons de mentionner le « tablier de Sapeur » par crainte des dérives. Lyon « où coulent trois fleuves », comme l’énoncent pour plaisanter les gones : Saône, Rhône et beaujolais… Le théâtre « à l’italienne » des Célestins, devant lequel on croise avant de remonter vers Fourvière pour aller saluer […]

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« Captain Fantastic » : apôtres écolos, nouveaux héros ?

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Un père, Ben Cash (Viggo Mortensen) élève ses six enfants loin de toute civilisation connectée. Stéphane Fontaine, le directeur photo (deux César, 2006 et 2010, pour des films signés Jacques Audiard, le Français ayant collaboré avec Arnaud Desplechin, Paul Verhoeven ) filme la futaie avec une sensibilité à la John Boorman. Forêt d’émeraude, éclaboussures des torrents. L’odeur de la terre couverte de mousse monte aux narines. La mère est internée pour maniaco-dépression dans un hôpital. L’aîné, Bodovan (George MacKay), accomplit son rite de passage à l’âge adulte en tuant un cerf. La fratrie respecte un entraînement scrupuleux pour apprendre à […]

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Soko & Lily-Rose Depp ‘ll kill you. Mélanie Thierry aussi.

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La « Danseuse» où elle occupe le premier rôle a fait sensation dans la section «Un certain regard» à Cannes. Au-delà de ses amours malheureuses avec Kristen Stewart, sur lesquelles à l’époque elle s’est épanchée avec un naturel confondant et qui font la splendeur et surtout les misères du festival, passes d’armes hors photocall et évitement devant, alors que l’héroïne de « Café Society » et « Twilight » arrivait sur la Croisette main dans la main avec une autre glamoureuse lookée, il faut reconnaître que Stéphanie Sokolinski, dite Soko, née à Bordeaux, dégage une présence peu commune. Quelque chose d’une évidence, déjà, vers […]

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« Juste la fin du monde » : l’impossible Annonce faite à Martine

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Louis (Gaspard Ulliel, nous reviendrons sur le talent de plus en plus élégant du balafré léger en ce qu’on appelle « le jeu maîtrisé éteint » dans un prochain film avec Soko), malade, rentre chez lui, dans la campagne où il a passé son adolescence. Rentrer chez soi, « n’est pas la fin du monde ». Sauf que l’urbain, le gay qui a écrit des pièces de théâtre et n’est pas revenu depuis douze ans a l’intention d’annoncer à sa famille qu’il va mourir. Il tournera autour de l’aveu, rebattant les cartes d’une existence éloignée des codes des petites gens normaux, voire ordinaires dont […]

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« Le Fils de Jean », hors polémique.

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Il y a un an presque jour pour jour, le 14 septembre 2015, un saignant différend opposait le réalisateur à son confrère Michel Hazanavicius. Conduit à parler sur France Inter des migrants, l’auteur de « Welcome » (2009, avec Vincent Lindon et Audrey Dana) s’était lancé dans des corrélations géopolitiques qui n’engageaient que lui, mêlant drame des noyades lors des tentatives de traversée de la Manche vers l’autre frontière, montée de l’islamisme et guerre des Six jours, ayant selon ses dires « hâté la radicalisation » en propulsant les populations sur les chemins, tout cela de bon matin, à heure de grande écoute. Le […]

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« Frantz » : faut-il ne rien dire?

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François Ozon a émis expressément le désir que ne soit pas révélé le ressort ultime de l’intrigue de « Frantz », son dernier long-métrage qu’il qualifie de « totalement européen » puisqu’il s’agit d’une co-production franco-allemande, présenté il y a quelques jours en compétition officielle à la 73ième Mostra. Nous sommes en 1919, dans une petite commune de Saxe. Au lendemain de la première guerre, le sentiment anti-Français demeure vif. De part et d’autre, les pertes ont été lourdes. J’ai le souvenir d’un vieil Alsacien racontant cela : sa propre mère, qui avait été alternativement Française et Allemande selon les variations historiques de frontière, pleurait […]

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Guiraudie a dit : « Rester vertical » !

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Léo (Damien Bonnard), scénariste en panne, part sur un causse de Lozère. Comme tout le monde, « le loup, ça le fascine et lui fait peur, il aimerait en rencontrer ». Il tombe sur une jeune femme, Marie (India Hair), veillant sur le troupeau, nantie d’un gros calibre. Ils se sautent dessus. Naît un enfant qu’elle ne tardera pas à lui laisser sur les bras. Dans le marais poitevin, une guérisseuse (Laure Calamy) lui installe des électrodes végétales sur le front, glissant en barque au fil de l’eau en l’exhortant à sortir de sa cache. Yoan (Basile Meilleurat) préfère Marcel (Christian Bouillette), […]

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« Toni Erdmann » : Papa was a rolling stone

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Mon Dieu, pourquoi vous avoir abandonnés ? Pas le cas. Le fait de laisser la bride sur le cou de surcroît n’est pas dépourvu de bénéfices collatéraux. Quelques Erdéciens réguliers ou adeptes occasionnels de RdC n’ont pas hésité à se saisir de la barre, proposant d’embarquer sur leurs ponts : qu’ils soient remerciés ici de leur amour du cinéma. Le medium de la toile permet une mise en abyme étonnante, ouvrant la possibilité de traverser le miroir, lire son lecteur selon le principe de « l’arroseur arrosé » cher à la plasticienne Sophie Calle, ce qui est d’une grande saveur. Maren Ade, née en […]

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« Diamant noir » : Anvers, contre tous

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Le film de Arthur Harari, pépite du festival de Beaune avec « Man on high heels » du Coréen Jin Jang. Gemme ! Si ce n’est déjà fait, courez le voir pendant qu’il est temps. Ce premier film franco-belge succède à des moyens métrages de facture plus naturaliste qui rapprochaient le cinéaste de Pialat. Arthur Harari, appuyé d’un directeur de la photographie inspiré en la personne de son frère Tom, déborde le cadre, prend des accents à la Michael Mann et s’envole vers un récit dense très noir, au lyrisme heurté axé sur la vengeance, l’initiation, la reconnaissance, la famille. Filandreux en ce […]

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« Dans les forêts de Sibérie » : le Grand Blanc

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Il ne suffit pas d’empiler les couches pour obtenir stratification. Quid d’un quatuor de choix : Safy Nebbou, réalisateur, Sylvain Tesson, écrivain, voyageur, escaladeur de façades, Raphaël Personnaz, acteur, Ibrahim Maalouf, musicien. J’avais eu de la sympathie pour le livre de Sylvain Tesson dont le film est tiré. Des bonheurs stylistiques chez ce stégophile qui à l’instar de Patrick Edlinger dit «Le Blond» ou encore… «Dieu», esthète capable de tenir par le petit doigt à flanc de falaise dont la vie s’est brisée comme un éclat de verre dans un escalier, grimpe à mains nues les cathédrales, les bâtiments publics […]

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« Julieta » : Movida digest(e)

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On ne va pas parler de la Canadienne de langue anglaise Alice Munro nobélisée en 2013. Pedro Almodovar s’est appuyé sur trois de ses nouvelles extraites du recueil « Fugitives ». Le Nobel peut avoir des vertus cachées, faire découvrir des inconnus au grand-public auquel cela fait de l’effet. Christine Ferniot dans « Télérama » avait parlé dès 2001 à son propos de « nouvelles stupéfiantes de sagesse ». Douze ans avant l’attribution du prix, on ne peut taxer la journaliste de surfer sur la vague. D’autres n’avaient pas aussi bien discerné les subtilités de l’auteur, ou ne les ont tout simplement pas appréciées. La sagesse, […]

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