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La République Du Cinéma

« Ce sentiment de l’été » : pavane pour une défunte, et l’amour renaissant

Par Annelise Roux

Sasha s’étire à côté de Lawrence (Anders Danielsen Lie), son compagnon américain, prend son petit-déjeuner. Le vent soulève les rideaux, dehors la chaleur monte. Le grain des peaux est saisi de si près qu’une légère commotion sur son mollet est visible. Elle part à son travail, fendant un parc, la clameur tranquille de rues un peu désertes. La voilà teignant une pièce de toile, les mains pleines de pigments.
Elle ne reviendra pas. Sur le chemin du retour, elle s’affaisse. C’est fini.

Le jeune veuf est rejoint par la famille de sa compagne. Zoé (Judith Chemla) la sœur, mère d’un petit garçon avec David (Thibault Vinçon) les parents, Adélaïde (Marie Rivière) et Vladimir (Féodor Atkine). Sa propre sœur venue le soutenir repart pour New York après la cérémonie.
Existe-t-il quelque chose de plus difficile à partager que le fait de vivre un deuil ? Mikhaël Hers, jeune cinéaste français qui avait adapté « De si braves garçons » de Patrick Modiano, auteur également de « Memory Lane » s’en remet au regard nu d’Anders Danielsen Lie, à ses gestes engourdis, ses bras ballants, sa grande bouche sensible, tandis que le chat de la maison se love dans les draps, du côté du corps manquant. Au visage de Judith Chemla qui sans être jolie est beaucoup mieux que belle, vulnérable, tellement combative, fragile dans son isolement… Les mots si pauvres qu’on ne les prononce pas, l’impression de ne plus appartenir à la temporalité des autres. Alors que l’été vide les villes de l’effervescence, remplissant les espaces verts, le film va sans hystérie, explorant les vacances entendues dans le sens de la vacuité, la sidération presque indolore consécutive aux chocs, tâtonne ensuite vers une clarté plus fluide, le bruissement imperceptible de ce qui revient par paliers, renaît lentement, un nouveau bonheur qui aimerait poindre, timide, ombrageux, entêtant comme la peine qui se dissipe sans jamais disparaître, au terme de tant de rechutes, de fausses sorties.
Quelle douceur, néanmoins. En quelques années, l’espace de trois étés, entre Berlin où vivait le couple, Paris où habite Zoé qui voit le sien se défaire, alors que son beau-frère endeuillé, après avoir hésité, lui rend visite (magnifiques scènes de la mise en abyme des deux terrasses où chacun fera découvrir à l’autre « sa ville d’en haut », comme pour s’offrir mutuellement l’espoir d’un avenir), Annecy où les parents vont tenter au bord du lac de reprendre pied (la mère compte d’ailleurs sur un podologue homéopathe) et New York où Lawrence repart vivre, c’est la maturation de la perte, les aiguillages existentiels auxquels ce remaniement très profond qu’engendre la mort prématurée d’un proche soumet qui nous sont dévoilés.

Trois lieux, Berlin, Paris, New York – Annecy étant davantage le territoire neutre de l’enfance des sœurs, le sas où Zoé va admettre que son histoire avec le père de son fils prend fin, où elle entre dans la chambre de la morte à pas lents, ose donner suite à l’envie partagée de reprendre contact avec Lawrence – et ce curieux mélange instable de cruauté que procure l’été où tout rapporte à l’absence, les jours qui allongent, les fêtes se déroulant alors que l’autre n’est plus, et de consolation insidieuse due au temps radieux, aux soirées si douces, suspendues… La saison elle-même est traitée comme un personnage, plus encore que les quartiers, ces lieux habités où les corps réapprennent à s’inscrire.
Les élans non réprimés des premiers temps où les barrières tombent, les gestes gauches, sans défense, que la pudeur au fil du temps rattrape, n’autorise plus de la même façon, en changeant imperceptiblement la nature… L’absence de concordances, hormis les moments immédiats, la chambre d’hôpital où le respirateur fut arrêté, où chacun a vibré à l’unisson d’une même tristesse : sitôt dehors, le deuil dissémine chez les uns et les autres des ferments de solitude, provoque un éclatement sans bruit telle une grenade silencieuse. Que faire du reste des objets ? Les rires à contretemps, comme les larmes ne préviennent pas. Les pleurs peuvent surgir de ce que l’on s’attend absurdement à ce que l’autre vienne dévorer la moitié de votre sandwich. C’est dans l’après à long terme, lorsque s’installe l’espèce de matité de la prise de conscience que la disparition devient réalité concrète, quand le soufflé retombe que sont forés les trous au cœur et que se dessine la nécessité de devoir cheminer seul. Ces instants au contraire où les fous rires bousculent ce qui est empesé, quitte à ce que Lawrence ou Zoé aillent pleurer ensuite sans témoin dans le dos l’un de l’autre… Le film est une ode à la lumière qui après des flux si ralentis que l’on doit apprendre à tout renégocier circule de nouveau, pénétrant par les fêlures.

Quelle ballade terriblement tendre, mélancolique aussi, que la reprise progressive de ce tourbillon de la vie… Les cicatrices pour se refermer épousent un temps qui est leur. Si d’autres chances se représentent, qu’on ne vit pas bien entendu qu’un seul amour, il n’est pas dit que les cartes rebattues autorisent celles dont parfois, presque à son insu, on a sans doute rêvé.
Zoé et Lawrence se cherchent au fil de regards interdits, d’attentes informulables. Le visage de la morte commune à la fois les rapproche et les empêche. Mikhaël Hers se faufile dans ces intervalles, pudique envers les plaies mais allant au bout. L’ami avec lequel je partageais la séance faisait remarquer que la palette chromatique avec ses aplats, ses paysages surcolorisés, herbe verte, fleurs roses très « couleurs Kodak », commence dans les bleus puis évolue vers le mauve, l’orange, comme si Judith Chemla et Anders Danielsen Lie manquaient malgré eux une réunion qui aurait pu se faire dans le rouge.

Seul couac de ce film subtil, Jean-Pierre Kalfon emperruqué quittant en talons hauts l’hôtel qu’il gère afin d’affirmer un côté gay friendly. Risquait-on d’en douter ? Anders Danielsen Lie n’a à justifier de rien pour être convaincant en hétérosexuel aimant, doux, viril, affaibli par l’amour stoppé en plein vol. Pas plus que Judith Chemla en femme vibrante, blessée, résolue à se remettre debout. Aurait-on imaginé de demander à James Dean ou à Jean Marais de montrer patte blanche pour endosser de tels rôles? Prenons garde, au prétexte de souligner la normalisation plus que légitime des différences de la ratifier à toutes les sauces, hors contexte, dans un systématisme suspect. Le film de toute façon conduit immanquablement à tomber fou amoureux des deux protagonistes, quelle que soit son orientation sexuelle. Plus fort que le militantisme, la grâce.

« Ce sentiment de l’été » de Mikhaël Hers

 

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33 Réponses pour « Ce sentiment de l’été » : pavane pour une défunte, et l’amour renaissant

Jacques B dit: 22 février 2016 à 9 h 14 min

Beau papier Annelise. Moi le « couac » ne m’a pas dérangé, au contraire, il ajoute une note au côté déréalisant de l’été des grandes villes, cadres des drames intimistes et de tous les possibles existentiels. Vous croyez qu’au 4e été les deux âmes en peine seront réunies ? Je veux bien l’espérer !

Annelise dit: 22 février 2016 à 10 h 47 min

Vous n’avez pas tort, Jacques B. Pour le couac je me suis posé la même question. Malgré tout cela ne s’imposait pas ici, je crains que cela procède du clin d’œil forcé. Mais j’ai adoré le film, et ce regard vague – c’est le cas de le dire – d’Anders DL à la fin laisse probablement espérer que…

Eribsen dit: 22 février 2016 à 11 h 41 min

Dépression réactionnelle ou dépression endogène ?
Annelise, vous avez suivi la première hypothèse dans votre très beau texte sur le deuil, je prendrais l’autre voie : la dépression généralisée dont Lawrence est le symbole.
Cette hypothèse tient à deux infimes et contestables arguments : 1 – Anders Danielsen Lie (Lawrence) est arrivé à la notoriété avec le très dépressif « Oslo 31 Aout », 2- Lawrence semble déjà amorphe et sans sève avant même la mort de Sasha.
Dans « Oslo 31 aout », Anders Danielsen Lie avait une démarche logique et froide : « je fais le tour de mes amis… la vie ne vaut pas un clou…. je me supprime ». Ce sentiment de l’été est tout aussi dépressif, mais beaucoup moins radical. Amant, sœur, parents, chacun charrie son vide, et, impuissant, regarde la vie, une arrogante salope vautrée dans la douceur amniotique de l’été.
Pourtant, cette synchronisation des états psychiques ne crée pas de lien, soulignant le caractère impartageable du deuil.
Et s’il était surtout impartagé ? La pauvreté des cérémonies et des liens familiaux empéchant l’émergence d’une douleur partagée ?
Là où le film me semble dépasser la question du deuil c’est que la dépression atteint aussi ceux qui n’ont pas ou peu connu Sasha. La sœur de Lawrence et l’amie de celle-ci sont tout aussi exsangues. Berlin, Paris, New York, « places to be » où tout le monde s’agite encore, par courage ou par instinct. Chaque mouvement est difficile. Les paroles sont rares, … et pauvres. Il reste encore une peu de sève pour le théatre, mais elle est réservée au lieu et temps où il est inconcevable qu’elle n’y soit pas : une soirée dansante par exemple. Les codes du plaisir et de la joie, de la gaité et de la fête, sont parfaitement exprimés. Dans l’économie énergétique de chacun, le budget « Fête » semble le dernier à devoir être sacrifier. Pris isolément, on croirait à cette fête… Intégrée dans le film, elle distille un mélange d’horreur et de courage.
Et si ce film était finalement encore plus déprimé qu’Oslo 31 Aout ? : là où il partait en connaissance de cause, on se demande pourquoi ils restent…
Mais non, avec des épaves on peut parfois refaire un bateau commun…. comme Mme LINDE et KROGSTAD dans la maison de Poupée d’Ibsen.

MADAME LINDE. — Vous êtes, avez-vous dit, un naufragé cramponné à une épave.
KROGSTAD. — J’ai de bonnes raisons pour parler ainsi.
MADAME LINDE. — Et moi aussi, je suis une naufragée cramponnée à une épave : personne à
qui me dévouer, personne qui ait besoin de moi.
KROGSTAD. — Vous l’avez voulu.
MADAME LINDE. — Je n’avais pas le choix.
KROGSTAD. — Où voulez-vous en venir ?
MADAME LINDE. — Si ces deux naufragés se tendaient la main ? Qu’en pensez-vous, Krogstad ?
KROGSTAD. — Que dites-vous là ?
MADAME LINDE. — Ne vaut-il pas mieux se réunir sur la même épave ?
KROGSTAD. — Kristine !

Annelise dit: 22 février 2016 à 13 h 47 min

Ouf! Eriksen, vous m’en direz tant. Intéressant, la mise en parallèle avec « Oslo »& la référence à Maison de poupées. Pas le temps de développer, puis la confrontation argumentée d’autres internautes(l’essence même du débat)ici me plaît davantage que donner mon avis, mais juste une chose : pas d’accord pour dire que Lawrence est amorphe avant la mort de Sasha. Anders DL porte en lui cette sorte de réserve, un mode assez naturellement contemplatif dans les relations qui peuvent laisser penser que…, néanmoins la contention de son jeu disons n’obéit pas aux mêmes principes selon moi avant et après le deuil, mais bon. En tout cas je me réserve un moment pour relire votre post et y repenser.

Eribsen dit: 22 février 2016 à 14 h 37 min

C’est contestable en effet de dire que Anders DL est amorphe avant la mort de Sasha : on ne le voit que quelques secondes

Mais bon. je ne trouve pas anodin si, dans un film, un homme reste au lit tandis que sa femme va bosser… probablement mes déterminismes qui vont de « l’avenir appartient à ceux qui se lève tôt » à « la femme est l’avenir de l’homme »

patatras elle meure… plus de femme et plus d’avenir

poor Lawrence.

Jibé dit: 22 février 2016 à 15 h 03 min

Lawrence est écrivain, traducteur. On peut aussi penser qu’il travaille plus tard, le soir, Eribsen ? Tandis que sa douce, finit tôt, ainsi qu’on peut le constater quand elle retraverse le parc pour retourner à la maison, où son tendre amour lui aura sans doute préparé à diner…

Eriksen dit: 22 février 2016 à 15 h 26 min

@jibé: tout a fait possible, dans la vie.
Mais il s’agit d’un film et le metteur en scène choisit de nous le montrer au lit au lieu de partager le petit déjeuner avec sa douce ; je ne sais pas qu’il est écrivain quand je vois la scène. J’interprète.
Puis il est effondré par la mort de Sasha (pour le reste du film) et j’apprends qu’il est écrivain.
Je ne veux pas surinterprété mais il me semble que si M Hers avait voulu nous faire sentir un changement drastique d’état d’esprit entre l’avant et l’après, il nous aurait montré un autre « avant ».

Jibé dit: 22 février 2016 à 19 h 30 min

Du point de vue dramaturgique, vous avez entièrement raison, Eriksen. Mais peut-être l’auteur voulait-il suggérer que dès le moment du réveil, par lequel débute le film, la séparation était déjà annoncée ? Pas de ruptures franches dans ce film tout en douceur…

Annelise dit: 22 février 2016 à 19 h 49 min

Sans m’immiscer dans ce débat d’experts ni faire mon Raminagrobis, revenue faire un tour je dirais que je penche plutôt pour la version Jibé : she works hard for the money, comme dirait feue Donna Summer… et pendant ce temps Anders se pavane au lit comme l’infante avant qu’elle ne défunte. Une conception du travail propre aux traducteurs, je ne sais pas, ils sont nécessairement plus assidus, maintenus comme ils le sont par un cadre mais aux écrivains, oui, je vous le confirme. C’est Jacques Fieschi, fort bon scénariste, qui m’avait fait sourire en expliquant combien il lui avait été difficile de convaincre son beau-père(?) qu’il « travaille, lorsqu’il est affalé sur le canapé »… Et pourtant si. Un work in progress intérieur souvent exténuant,énergivore et obligatoire.

Eriksen dit: 23 février 2016 à 11 h 03 min

A Jibé et Annelise: « Tout en douceur », « Pas de rupture franche » c’est très juste. Comme on ne connait pas ou peu Sasha à sa mort, la douleur de la perte nous est épargnée. Du coup, le personnage de Sasha, esquissé à gros traits (travailleuse, méticuleuse, calme, artiste, manuelle, Berlin…), laisse la place au spectateur pour s’imaginer sa Sasha, et suivre le processus d’idéalisation que vivent les personnages : « Ce sont toujours les meilleurs qui partent » …
Si vous deviez choisir un personnage particulièrement « vivant » dans ce film, ne diriez-vous pas Sasha… ? (Même si celle-ci n’est qu’une construction mentale à partir de quelques gros traits puis des souvenirs idéalisés de l’entourage).
En poussant un peu le bouchon, Sasha apparaît comme le « sauveur perdu » comme il y a un paradis perdu : une vision de l’amour parfait sur le plan affectif, de la vie parfaite sur le plan sociétal : un monde idéal de métissage Ville/Nature/Art, qui un temps sembla à portée de main mais qui s’échappe irrémédiablement.
j’ai l’impression que ce film parle de ce deuil-là aussi.

Polémikoeur. dit: 23 février 2016 à 12 h 27 min

La bande-annonce en muet :
le bel album d’une famille
à laquelle il est permis
de rester étranger.
Le thème « Love story » (le film),
sans doute éternel mais…
mais rien, non, rien à en dire
tellement la vie, le moment,
le moment de la vie avec ses poids
compte pour la réception d’une œuvre
traitant de l’absence et de son manque.
Peut-être un cas où l’homéopathie
est envisageable à condition
de se souvenir que la dépression
est cousine avec la mort.
Joyeusement.

Jibé dit: 23 février 2016 à 12 h 45 min

« j’ai l’impression que ce film parle de ce deuil-là aussi. »

Il faudrait peut être s’interroger sur le titre, Eribsen. C’est lui qui m’a interpellé et amené à aller voir le film. De quel sentiment (de l’été) s’agit-il exactement ?

Jibé dit: 23 février 2016 à 12 h 51 min

Deux des trois citations qui ouvriront mon prochain « Goût de l’été » :

« Qu’est-ce que c’est encore que cette idée, l’été ? Où est-il tandis qu’il tarde ?
Qu’était-il tandis qu’il était là ? De quelle couleur, de quelle chaleur,
de quelle illusion, de quel faux-semblant était-il fait ? »
MARGUERITE DURAS

« On sent une odeur d’héliotrope ;
je m’empresse de noter :
odeur sucrée, couleur de deuil,
à évoquer dans la description d’un soir d’été. »
ANTON TCHEKHOV

Jacques Chesnel dit: 23 février 2016 à 15 h 19 min

Je pense, en lisant tous ces commentaires avisés, à cette phrase que prononce Robert Le Vigan, le peintre halluciné de « Quai des brumes « : « je peins les choses cachées derrière les choses »… Pour avoir côtoyé quelques artistes, je pense également à ce que certains me disaient au sujet de l’interprétation de leurs œuvres, tel geste, telle attitude, tel comportement, telle intention et les propositions de chacun souvent contraires à ce qu’ils avaient voulu exprimer…
une précision : vous savez, bien sûr, que Anders est médecin

Annelise dit: 23 février 2016 à 15 h 54 min

@15h19, oui Jacques Ch, bien qu’il n’exerce plus je crois. Danois, comme Dreyer. Sans doute cela n’est pas anodin. Il sera dans le prochain Assayas.
@Jibé « une odeur d’héliotrope », quelle merveille. Tchekhov connait le nom des fleurs, vous faites bien de le relever. Le parfum de la glycine, omniprésent dans l’œuvre de Faulkner. Sensualité bourdonnante, très « sudiste ».

Annelise dit: 23 février 2016 à 18 h 00 min

Ah, l’érotisme perçu par JC Brialy, la jeune Laurence de M (je crains de ne plus me rappeler le nom exact) qui le trouble davantage que Béatrice Romand. Pas tant au pied de l’échelle lorsque le vent soulève légèrement une jupe que le détail particulier d’un genou. Un fétichisme qui n’est pas si loin alors de l’obsession de Luis Bunuel. Pour l’été, il y a toujours (si le lien fonctionne):
https://www.youtube.com/watch?v=FgxwKEuy-pM

Jacques Chesnel dit: 23 février 2016 à 18 h 51 min

Je viens de voir la bande-annonce du film de Pierre Godeau : « Éperdument » … ADÈLE !
Annelise : FAULKNER mon écrivain favori, j’ai recommencé sa lecture dans l’ordre de parution

Eriksen dit: 23 février 2016 à 19 h 51 min

@jibé : effectivement le titre est signifiant, dans la veine de vos deux citations : les jours raccourcissent au 2e jour de l’été (sans parler des 31 Aout…).
L’autre deuil dont je parlais, c’est aussi ce paradis perdu là, à une échelle de civilisation.
@Jacques Chesnel : je dénie à l’auteur la position de maître sur son œuvre. Ou alors ce n’est pas de l’art mais du témoignage ou de la science.
ADELE… ADELE… ADELE… ! dans une histoire torride avec Guillaume Gallienne ?? !??

Annelise dit: 23 février 2016 à 20 h 04 min

@ Jacques Ch, Eriksen, vous rendrai-je verts en vous disant que je quitte Guillaume Gallienne et Adèle Exarchopoulos à l’instant?(J’ai quitté la conférence de presse il y a 10mn) Vu le film. Je chroniquerai peut-être, un peu en différé.Quelques belles scènes… G.Gallienne qui se déstructure, la vue sur les étages d’un immeuble, la vie « normale » dans des tonalités à la Edward Hopper, de l’autre côté de la fenêtre d’une chambre d’hôpital… N’en disons pas plus.

JC..... dit: 24 février 2016 à 11 h 16 min

Oser ? Cela m’étonnerait que ce film lui échappe … Rien n’échappe à notre chère, et vivace, taulière !

Annelise dit: 24 février 2016 à 11 h 47 min

Vous voulez me tuer à la tâche, les uns et les autres, c’est ça? Vu le film, bien possible en effet que… J’avais tant aimé l’Inarritu de Babel ou de 21grammes. Son imaginaire non linéaire, ses constructions ressassantes qui s’écartent de la lisibilité planplan prônée par les adeptes du pitch. Je souhaite également donner place sur RdC à une ou deux petites choses plus marginales, ou au contraire grand public (chroniquer les Tuche serait au-dessus de mes forces, alors que Deadpool, si j’avais eu plus de temps…),comiques, voire auxquelles je n’adhère pas entièrement, loin de là. Explosons un peu le débat, faisons comme les blaireaux qui répandent la tripe à l’entrée du terrier, ça ne pourra pas lui faire de mal

JC..... dit: 24 février 2016 à 11 h 47 min

Pervers, je regrette Sophie qui skiait avec élégance sur les pistes noires de l’indigente production cinématographique actuelle car j’angoisse à mort !

Annelise fait du hors piste et déclenche volontiers des avalanches, c’est inquiétant.

c'est comme ça dit: 24 février 2016 à 12 h 10 min

JC, ce grand intellectuel, vient simplement d’avouer qu’il est complètement largué… pas étonnant

JC..... dit: 24 février 2016 à 12 h 12 min

Quand on est depuis la fin de la guerre d’Indochine, manchot, aveugle, en fauteuil roulant rouillé par l’air salin, grâce à ces salopards de maoïstes du viet-minh, on est naturellement tourné vers le passé….

Pervers, je suis lié à ce titre à Sophie, et vous m’impressionnez, Annelise, par votre côté Femen : vous êtes l’Ellen Mc Arthur de l’écran !

Polémikoeur. dit: 24 février 2016 à 13 h 10 min

Hériter de « Ce sentiment de l’été » en hiver,
réception à contretemps ou déphasage bienvenu ?
Saisonniaisement.

Jibé dit: 24 février 2016 à 18 h 02 min

« Explosons un peu le débat, faisons comme les blaireaux qui répandent la tripe à l’entrée du terrier, ça ne pourra pas lui faire de mal »

Elle a de ces expressions, Annelise !
Elle est plutôt rat des champs que rat des villes ?

Annelise dit: 25 février 2016 à 9 h 57 min

Les deux, Jibé. Ultra citadine à Paris, Rome etc, j’aime beaucoup les grandes villes. Pastorale comme l’Américaine du même nom dans la toute petite campagne française, en Sicile devant le Stromboli en flammes, à Salina, l’île aux fleurs où fut tourné « Le Facteur » ou dans le Gargano, ou au fin fond des Pouilles bien plus bas que Lecce, là où il n’y a plus un chat

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