de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

« Dans les forêts de Sibérie » : le Grand Blanc

Par Annelise Roux

Il ne suffit pas d’empiler les couches pour obtenir stratification. Quid d’un quatuor de choix : Safy Nebbou, réalisateur, Sylvain Tesson, écrivain, voyageur, escaladeur de façades, Raphaël Personnaz, acteur, Ibrahim Maalouf, musicien.
J’avais eu de la sympathie pour le livre de Sylvain Tesson dont le film est tiré. Des bonheurs stylistiques chez ce stégophile qui à l’instar de Patrick Edlinger dit «Le Blond» ou encore… «Dieu», esthète capable de tenir par le petit doigt à flanc de falaise dont la vie s’est brisée comme un éclat de verre dans un escalier, grimpe à mains nues les cathédrales, les bâtiments publics pour y accrocher des drapeaux du Tibet, une banderole de Reporters sans Frontières… Qui a fait hypokhâgne, khâgne, des études de géographie et de gépolitique. En 2001-2002, il est déjà en Afghanistan et au Pakistan. À pied, à moto, en vélo… Nicolas Bouvier et Thierry Vernet avaient déjà eu cet usage du monde via la Turquie, l’Azerbaïdjan et l’Iran, jusqu’à Kaboul. Il faut croire qu’il n’a pas réussi à solder ce qu’il voulait vaincre ou apaiser en lui après être allé en 2010 se ressourcer six mois au bord du lac Baïkal, en Sibérie. Fracassé ? Aventureux comme le Capitaine de frégate qu’il est dans le vie, écrivain de marine qui aurait annexé le nom presque éponyme du grade. Edlinger avait fait voeu d’arrêter les ascensions en solo à la naissance de sa fille. Il ne faisait pas mystère de son combat contre l’alcoolisme, probablement le versant liquide d’une déception globale tenue secrète. Tesson s’étale en 2014, faisant l’Araignée sur le chalet de son ami académicien français Jean-Christophe Rufin. Traumatisme crânien. Il en conservera une paralysie faciale mais pas d’autres séquelles, sinon la perte de l’ouie d’un côté. Il prétend qu’en ce monde où le temps, la prise en compte attentive sont denrées rares, cette dernière tuile ne constitue pas le pire. Il ne se plaint pas mais me serre le coeur grâce au cri silencieux, à la puissance émotive, ce dénuement vers le fil de l’ampoule qu’il dégage. Le défi possède une dimension d’anxiété que la prouesse est censée dissoudre. Ce billet d’une certaine façon, manière de lui chuchoter à l’oreille (la bonne) qu’il peut cesser de se mettre à l’épreuve. Il a été entendu. Quelqu’un qui écrit dans « Berezina » : « Vous autres, Hommes, avez failli, car aucune de vos guerres n’est celle des bêtes » a compris pas mal.

L’inclination pour son texte aurait pu coûter cher à Safy Nebbou en termes d’appréciation de l’adaptation qu’il en propose. Le cinéaste bayonnais, auteur du « Cou de la girafe » (où avec Sandrine Bonnaire, Claude Rich, chiquissime, m’avait émue en grand-père amoureux de la littérature par son jeu de retenue savante), de « L’empreinte de l’ange », de « Comme un homme » aime les écrivains et ça se voit. Le prochain sera avec Camille Laurens.
Lors de la rencontre, Raphaël Personnaz et le réalisateur côte à côte offrent un duo de charme. Décontracté, chaleureux, Nebbou a une belle voix, une lueur dans l’oeil en parlant de Kurosawa, « Dersou Ouzala ». On sent qu’il a capacité quand il regarde et qu’il lit d’absorber la substantifique moelle. Le discursif, les respirations digressives à l’écrit, comment les traduire sans tomber dans le livre d’images, le reportage ? Safy Nebbou, plutôt que d’aspirer à une transposition fidèle se fixe un cap en se dotant de moyens propres pour quêter son Graal. Du coup il a eu recours à une autre nouvelle de Sylvain Tesson, faisant apparaître dans la narration la rencontre avec un Russe poursuivi pour meurtre, venu se cacher dans la forêt inhospitalière du bord de lac, au nord-est d’Irkoutsk.

Le réalisateur a même envisagé de ne convoquer la figure de cet Aleksei (massif Evgueni Sidikchine encagoulé dans les haillons d’une terrible culpabilité, réhabilité en Soljenitsyne exfiltré du goulag par le lien, l’attention, l’amour qu’on lui accorde…) qu’au travers d’un rêve, un délire brumeux sur fond de grand blanc. Il y a quelque chose qui commence sous le mode du délitement de Teddy, le personnage (« Personnaz », glisse Safy Nabbou en souriant) arrivé moulu, auquel le voyage en camion sur la glace du lac donne un avant-goût de ce qui l’attend : émerveillement devant la splendeur des décors naturels, les bouleaux, les étendues d’une virginité effarante, le chuintement sur le poêle à bois d’une bouilloire émaillée verte… Effroi métaphysique, terreur jouissive en face des éléments dont la majesté implacable renvoie à la solitude, la précarité, la petitesse bornée de finitude de l’existence humaine, lorsque Raphaël Personnaz dérive sur les plaques en train de fondre, sous le ciel gelé. En confiant à Ibrahim Maalouf la partition, nouvel écueil, au-delà du rajout dans la balance de ce talent de poids : le risque encouru d’éclipser les craquements, frottements de la neige à l’œuvre, fondamentaux… aucun concert ne saurait couper autant la respiration. L’eau prisonnière des glaces que Teddy doit aller chercher à coups d’énorme vilebrequin, de piolet, de harpon dans le ventre figé du lac. Son râle, quand elle dégorge : pas question que la trompette ni le piano du compositeur libanais fassent manquer cela. Safy Nebbou a demandé à l’impro de se montrer respectueuse des bruits de l’ours, des halètements des hommes en sueur, trempés de fascination, de peur devant le déchaînement du vent, à l’a-guet des stalactiques qui gouttent, de la buée sortant de leurs bouches au rythme de leur progression malaisée à travers les congères.

Ne jamais oublier que dans le mot métaphysique il y a « physique ». Le Bayonnais en se mettant à hauteur d’homme s’en tire mieux, là où Sean Penn avait eu la main moins heureuse : « Into the wild » avait défrisé à coups de stabilo racoleurs la lectrice de « Walden » que je suis. Thoreau ne se mange pas en salade écologique assaisonnée de maximes. Comme le note Nebbou, un livre « se pose et se reprend, les vastes développements, boucles, pas de côté multiples qu’il cèle ne peuvent pas apparaître pareil au cinéma ». Il procède à un montage qui ne privilégie pas uniquement les plans sur cette nature d’exception, même si la sidération est convoquée.
J’avais lu il y a quelques années que Raphaël Personnaz souffrait d’être trop beau. Des rôles lui auraient échappé à cause de ça. Pas impossible. Il est en train d’en guérir. Je l’observe en polo noir, visage et moustache qui lui donnent un air de Tancrède du Gattopardo, dans le petit salon capitonné de violet où je vois l’équipe… Dans le film il parvient à donner un éclat d’innocence et de fièvre à ses yeux delonesques, ça n’est pas rien. Il n’est jamais aussi bon que quand il grelotte, nu, en bottes, avant de pisser debout au nez du Baïkal. Soudain, ce n’est pas tant son regard qui est transparent que sa fragilité, sa recherche insondable de paix. L’éviscération d’un cerf qu’il suit, fasciné, à la limite du dégoût, en dit assez long sur ce que signifie la nécessité pour chacun. Pour l’un, la mise à l’écart choisie, pour l’autre, ce serait la possibilité de retourner dans la communauté des hommes.

Le film à ce niveau embrasse une humilité bienvenue qui lui donne de facto sa hauteur : l’indication très nette, d’abord de Sylvain Tesson, reprise à bon degré ensuite, entre – 46° et – 30°, par Safy Nebbou et Raphaël Personnaz selon laquelle les tourments affectifs, mentaux, moraux des gens à l’abri ont beau être immenses, affrontés à la rudesse extrême de misères, de santés menacées ou de catastrophes objectives, chez les valeureux ils cèdent le pas à une solidarité, une volonté d’aide qui font voler le nombrilisme tourmenté en éclats. Les derniers tableaux entre Aleksei et un Teddy/Raphaël Personnaz presque féminin, dévolu au soin (Aleksei confessant que « cela fait longtemps que personne ne s’est occupé de lui ») permettent de vérifier cette inversion.
Quand Teddy arrive à la gare, j’ai pensé à la mère de Romain Gary, aux lettres posthumes destinées à garder son fils la tête hors de l’eau. Gorge nouée.

 « Dans les forêts de Sibérie » de Safy Nebbou (sortie nationale le 15 juin)

 

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commentaires

177 Réponses pour « Dans les forêts de Sibérie » : le Grand Blanc

christiane dit: 13 juin 2016 à 8 h 11 min

Du l’étang de Walden, où, en 1845 Thoreau avait construit sa cabane, au lac Baïkal ou Sylvain Tesson a habité la sienne, un même goût pour la solitude, la proximité des grandes forêts et de l’eau. La bande annonce de ce film née du livre de S.Tesson nous plonge dans une beauté glacée, presque surnaturelle mais cela suffit-il pour faire un film autre que documentaire où le temps passe à écouter le temps ? L’ennui ne gagne-t-il pas le spectateur ? Faut-il mordre à l’hameçon attiré par le leurre de ce beau billet ?
Ces rêveries de promeneurs solitaires ne passent-elles pas mieux dans un livre plutôt que dans un film ?
Rompre et partir à la rencontre de cette sauvagerie. Comment habiter le monde pour un Wanderer mutique à l’ego solitaire ? Quelle violence terrifiante contre soi-même dans cette dérive utopique un peu hallucinée… Quelle fracture dans sa vie sociale !
Puis, S.T, revint cabossé, après cette parenthèse, par le retour accidentel au monde de la civilisation…
Cette expérience des lointains n’est-elle pas plus celle de la littérature que celle du cinéma, l’écriture étant toujours une mise à distance du réel, peu transmissible car informulable ?

Eriksen dit: 13 juin 2016 à 9 h 02 min

Cette semaine commence bien avec ce papier, concocté comme pour me faire plaisir. Ce livre d’abord, que j’avais lu à Tangalle, où « D’autres vies que les miennes » de Carrère m’avait donné envie de séjourner quelques mois. Quel contraste entre la nature exigeante et la nature maternante. Des frissons dans la chaleur amniotique. Comment peut-on être sibérien ?
Ibrahim Maalouf, le perfectionniste de l’imperfection, est unique pour saisir le fragile, et faire émerger l’espoir de ses lignes mélodiques faussement désordonnées qui, par hasard pour par courage, soudain concordent.
Même votre détestation de « into the wild » m’agrée. Cet homme écrivait trop en majuscules. Mais restons positif.
Nicolas Bouvier, dont je lis les écrits des pays que je traverse, et qui m’ont bien accompagné au Sri Lanka et surtout au Japon, mêle sensations et esprit critique. Jamais béat, jamais facile.
J’irai voir le film. Merci Annelise.

Philémon dit: 13 juin 2016 à 10 h 06 min

La première réaction (Christiane) à ce beau billet évoque le dilemme classique ( en est-ce vraiment un ? ) : force irremplaçable de l’image, devant les pouvoirs intérieurs de la littérature, même s’il s’agit des lointains…
La littérature ne peut pas tout.
L’image non plus, impuissante à décrire par exemple la bibliothèque emportée par le héros, inventaire qui en dit long sur la vraie nature de notre ermite.
Deux points de vue différents capables de cohabiter gentiment…

Sylvain dit: 13 juin 2016 à 10 h 16 min

Vous êtes allé à Tangalle pour Carrère, Eriksen? ça fait cher pour découvrir qu’il a survécu à un tsunami après s’être rasé la moustache et fait sauter sa fille sur ses genoux pendant que son copain cherchait la sienne à la morgue. into the wild relatif. Perso je préfère Tesson. Pas photo.
Une bien belle chronique, Anne Lise. Impressionnant. On sent la patte de l’écrivain.

Sylvain dit: 13 juin 2016 à 10 h 22 min

Emporter sa bibliothèque en Sibérie ça veut dire des choses!
Tesson a souvent voyagé en moto, non sponsorisé. Le mode favorise un nomadisme léger.
La dimension du sport était encore plus présente chez Patrick Edlinger. Grand bonhomme.

Polémikoeur. dit: 13 juin 2016 à 10 h 40 min

La mystique de la cabane,
ermitage au seuil du confort,
ne vaut que pour l’immortel(le)
qui croit encore l’être.
Après, le souci des vrais besoins
augmenté de douleurs évolutives
calme l’ardeur pour les frontières.
Et s’ouvre le marché des croisières
dites expéditions et aventureuses…
Le romantisme de la « hytta » (hutte)
est trompeur. Faire une résidence
de l’abri sommaire du trappeur,
du prospecteur, du chercheur
ou du nomade qui n’y trouve
qu’une halte d’étape
est une erreur.
Autarcimulément.

Petrus dit: 13 juin 2016 à 10 h 46 min

Je pensais être l’une des rares personnes en France à connaître le sens du mot « stégophile » (un art que j’ai pratiqué, sur des façades parisiennes plus jeune et pas plus à jeun que Sylvain Tesson) et voilà qu’Annelise nous le sert en hors d’œuvre de son papier sur les forêts de Sibérie… Chapeau ! Comme Eriksen, j’irai voir le film.
Pour rester dans le registre solitude, froid qui pince, et adaptation réussie d’un roman (Jean-Paul Dubois en l’occurrence) je vous conseille pour ma part de vous intéresser à la nouvelle vie de Paul Sneidjer. Vous y découvrirez un Thierry Lhermitte fort convaincant et très émouvant dans un Montréal hivernal glacial à plus d’un titre. Au domicile même de Paul Sneidjer le décor est froid et anguleux, sa femme et ses deux fils ne sont pas en reste… La rondeur et l’humanité sont ailleurs, incarnés par deux personnages attachants : le patron de « Dog dog walk » (Guillaume Cyr) et un avocat raffiné (Pierre Curzi) amateur de Jaguar (la voiture, pas le félin). Les cynophiles trouveront également dans le film de quoi s’émouvoir.
Le réalisateur, Thomas Vincent, a très intelligemment joué des extérieurs pour nous faire partager l’état d’esprit de Paul Sneidjer et lorsque ce dernier se livre, sur Internet à des recherches obessionnelles, il a eu l’idée de filmer son comédien en très gros plan, – au lieu de filmer l’écran – on est pratiquement dans l’œil bleu de Thierry Lhermitte, l’effet est hypnotique.
Mon seul reproche porte sur la fin que j’ai trouvée un peu longuette et pas franchement nécessaire.

jodi dit: 13 juin 2016 à 11 h 56 min

Le papier donne le frisson .Pour qui connaît ces coins là il y transporte .Nebbou et Alain Personnaz peuvent vous dire merci. Je ne sais pas si j’y serais allé sans vous,dur de passer après Kurosawa. D’ac pour Tesson ,avant de moitié cassé sa pipe ce gros consommateur d’aventure donnait des nuits d’insomnie au papa Philippe Tesson.Je ne sais pas s’il peut entendre que le papier pourrait le calmer,mais c’est tout à votre honneur.

Zem dit: 13 juin 2016 à 12 h 10 min

P.Edlinger c’est celui qui faisait le balancier entre les twins Towers? Il faut être dingue ou poursuivre une lubie.
Pétrus avec un nom pareil je vous invite quand vous voulez.l’alcool ou les amphés,dans les sports de glisse de haut niveau c’est le secret de polichinelle. Anne-lise, vous avez vu Pointbreak de Katrine Biglow (sur le surf)?M.Herzog, les alpinistes ne monteraient pas aussi haut sans un petit coup derrière la cravate. C’est comme la création, le coup de pouce du peyolt décrit par LClézio, l’expérience du voyage intérieur.
D’accord pour « The Wild », Penn(Sean) n’a pas l’envergure d’Arthur. Sont-ils parents?Le second permet de traverser l’Amérique et le drame indien avec little big man. La fresque marche parce qu’il a les reins. Le second se contente de plagier une lecture sans maturité politique nécessaire pour l’illustrer. S.Tesson a fait des études de géo. Le livre en est infusé.j’attends de voir le film. Vous ne citez pas « Jérémy Johnson », Pollack? LA référence avec A.K.

Polémikoeur. dit: 13 juin 2016 à 16 h 13 min

Si l’effet du cinéma
est de réduire l’écart
dans la comparaison
entre le vieux Dersou,
l’encore jeune Jeremiah
et les congés payés
de « l’aventure »
et même de les confondre
avec les chercheurs de frissons
et autres trompe-la-mort,
alors les assurances tous risques
vont salement augmenter.
Survivaillamment.

Gilles dit: 13 juin 2016 à 18 h 07 min

P… d’article Anne-Lise!!!!Pas pour vous manquer de respect,au contraire.On prend Tesson au sérieux à cause du vécu intérieur et des connaissances.Vous dites ça fort bien.Par contre Jessica Talmon,la voyageuse »sur les traces d’Alexandra D.Neel »avec maquilleuse et 2 hélicos au-dessus d’elle,ça serait plus honnête de se payer un trek avec un sherpa. Je me demande comme Christiane ce que ça va donner ,ce Safi Nebbou.Pas possible que vous ayez omis Jeremiah Johnson,qu’est ce qu’il faut en penser?La comparaison n’est pas à son avantage? A propos de Bouvier,son Afghanistan revient sur le devant de la scène tristement avec le tueur à Orlando.

Petrus dit: 13 juin 2016 à 20 h 57 min

@ Zem.
Je crois que vous confondez : Edlinger n’était pas funambule, il grimpait à mains nues des falaises improbables et des tours à la Défense (pas à la défonce, mon cher Zem), mais après tout Sylvain, qui a introduit son nom dans le débat, pourrait dans doute nous en dire plus ?…

Vincent Talqué dit: 13 juin 2016 à 21 h 08 min

Incidemment, Petrus sans l’accent aiguë sur le e n’a qu’un lointain rapport à Tesson et à Pomerol

Polémikoeur. dit: 14 juin 2016 à 6 h 13 min

Une part du public,
qui n’est concerné
ni par l’un ni par l’autre,
confond « le grand dehors »
avec une piste aux exploits,
une course aux records,
qui n’est pas non plus
la conquête de l’inutile.
Exterrieurement.

Annelise dit: 14 juin 2016 à 7 h 40 min

Christiane qui avez ouvert le bal hier : pour moi, pas de meilleur générateur d’images, de sensations riches et de réflexions que la lecture. Inclination plus forte encore que pour le cinéma, mais pour beaucoup le cinéma est moins intimidant. Les classiques ainsi ont du souci à se faire. ll n’est pas rare dans les petits villages dont je viens, si vous parlez de « Notre Dame de Paris », qu’on vous rétorque qu’on a vu la comédie musicale à la télé, sans avoir aucune idée de qui est Victor Hugo. Donc je retourne la proposition : même si le cinéma offre des visions restrictives (à part « Blade runner », les adaptations me paraissent souvent des résumés appauvris)il constitue une porte d’entrée. Je me rappelle une conversation autour de James Sallis, des lycéens qui me disaient que son livre n’avait vraiment aucun intérêt à leurs yeux ! L’écrivain est remonté dans leur estime à vitesse grand V quand je leur ai dit qu’heureusement que Nicolas Winding Refn n’avait pas la même opinion… l’idée d’être privés de Ryan Gosling et de Carey Mulligan leur faisait froid dans le dos. Si ça ce n’est pas un argument.
Vincent Talqué, Petrus rebondissait sur l’idée du froid en attendant le film mercredi et chroniquait à notre intention celui avec Thierry Lhermite adapté de Jean-Paul Dubois. Davantage de rapport avec le schmilblick que l’inquiétant et hilarant extrait d’Yver Winter 19h31 où Hitler pique une crise autour des Rolling Stones : qu’est-ce que c’est que ce truc? Le fameux film dont m’a parlé un musicien des talents Adami à Cannes avec lequel j’ai voyagé?(« Il est de retour », tiré du livre de Timur Vermes, qui imagine que le führer revient à Berlin en 2011)Il crée polémique et je peux comprendre. J’imagine de vieilles gens qui ne sont pas au courant, qui ont subi la guerre et aperçoivent l’homme du Troisième Reich entrer dans une boulangerie en Allemagne. Ce doit être troublant et terrifiant.
Gilles, bien vu, je ne fais pas allusion sciemment à Jeremiah Johnson ni ne m’éternise sur ce qui différencie le film de Kurosawa ou le livre de Nicolas Bouvier. Ce serait trop simple. Eriksen – quel voyageur, dites, pas la porte à côté, Sri Lanka, Japon… – parlait d’Emmanuel Carrère : comme si je braquais mon focus sur une comparaison pure et dure entre « L’Adversaire » et « De sang froid », le roman de Truman Capote sur lequel il s’est appuyé. Que je dressais « La Moustache » contre le livre de Philip K.Dick dont il s’est inspiré (chez K.Dick l’homme cherche l’interrupteur d’une lampe sans le trouver). Cela risquerait de gauchir la sentence en m’empêchant d’apprécier les apports, alors qu’il s’agit à mes yeux de ses meilleurs livres avec « Classe de neige » : tout le trouble, le malaise carrériens s’y trouvent cristallisés sous une forme personnelle et nouvelle, ses interrogations autour de la foi, ses lectures (Chamfort est par exemple très présent dans la mort au coupe-chou du tourmenté).
Zem, le funambule c’est plutôt Philippe Petit. Il y a eu un film de Robert Zemeckis avec Joseph Gordon Lewitt, Sophie l’avait chroniqué ici, vous pourrez le retrouver dans les archives.
Paul Edel,l’humilité est dans la manière du film de conclure que la déréliction des épargnés matériels, des gosses de riches qui peuvent se payer une cabane en Sibérie pour tenter d’éponger leur malheur en faisant de la moto sur le Baïkal ou en grimpant sur les glaciers a beau être réelle, engager le pronostic vital, elle ne fait pas le poids en face des bonnes grosses douleurs ou tuiles objectives où on n’a plus possibilité de choisir quoi que ce soit, maladie, misère ou le fait de devoir aller travailler le matin pour gagner sa vie chaque jour auprès d’un patron malveillant qui ne vous respecte pas, dont l’agressivité vous mine. Ce genre d’humilité-là – même si celle de Kolia qui tient à son garage au bord de la mer de Barents dans « Leviathan » m’apparaît plus flagrante. Si celle de Zviaguintsev, ou du Métier de vivre, ou de Vassili Grossman me parlent davantage. Pas d’eux dont il est question.
Sans rapport, mais puisque vous êtes Romain : êtes-vous déjà allé à la Cupola, PE ? Nathalie Hubert (la monteuse) a fait allusion à cette maison ayant abrité les amours d’Antonioni et de Monica Vitti. Passion pour Vitti, son nez un peu fort, sa voix rauque. Michele vivait dans l’appartement du dessus, dans leur immeuble. Là il paraît que c’est en Sardaigne? J’aimerais voir ça.

Annelise dit: 14 juin 2016 à 7 h 56 min

@Zem, beaucoup aimé « Point Break » de Kathryn Bigelow ! Film de sport certes, mais aussi thriller sur la destinée, le bien et le mal. Le remake d’Ericson Core (rien à voir avec vous Eriksen?) est très impressionnant avec ses images de synthèse mais à mon avis vidé de sens. L’accent est mis surtout sur les abdominaux d’Edgar Ramirez, les courbes de Teresa Palmer : on se rince l’oeil et puis. .?

Sylvain dit: 14 juin 2016 à 9 h 27 min

Priscilla Talmon.aucun intérêt. Sur les chemins de David-Néel en crème La Prairie; comme Carrère cinéaste à ‘Kotelnitch’.Les reportages qui sentent à plein nez la vodka achetée en duty free. Confidences payées en bon argent.De quoi doucement rigoler. Ses bouquins sont meilleurs.
Tesson s’est quand même cassé la bobine.personne à sa place. On peut dire qu’il y était.

Vous avez vu ça Anne Lise? la france est en deuil.On n’a pas fini de manger le pain noir. Encore un jeune incarcéré pour les filières avec le Pakistan et l’Afghanistan qu’on n’a pas su prévenir et qui est allé poignarder un couple de policiers devant son minot de 3ans.comment voulez-vous? Le corps social s’avère totalement impuissant. en plus de lire Bouvier, il faudrait déjà savoir que 2 jours avant le 11 septembre deux jihadistes faisaient sauter Massoud. DAECH a des racines qui viennent de loin totalement méconnues en Europe. Et ça le lendemain de la tuerie en Floride! Euro + ramadam, mauvaise combinaison.

Annelise dit: 14 juin 2016 à 9 h 54 min

Non Sylvain je viens de l’entendre, je n’étais pas au courant en répondant à 7h40. Tristesse et consternation. Au-delà de la réaction émotive, dont à la fois je ne veux jamais me dégager, dire que le problème est complexe. L’Afghanistan, j’ai côtoyé il y a très longtemps des réfugiés via un proche qui était grand reporter à Libé. Une communauté importante se trouvait à Dijon, vivant dans la précarité après avoir fui le régime soviétique. Quand ils ont voulu rentrer ça a été le tour du mollah Omar. Les filles ne pouvaient plus étudier, pleuvaient les persécutions. Un pays pris entre l’écorce et l’arbre. Il ne faut pas oublier que la grande majorité des victimes des djihadistes sont musulmanes. Ce nouveau drame après le massacre perpétré envers la communauté gay d’Orlando fait le jeu des simplificateurs à la Donald Trump, et pourtant.

Sylvain dit: 14 juin 2016 à 10 h 15 min

Anne Lise je suis bien d’accord avec vous mais allez leur dire ça aux électeurs remontés de la grosse vague bleu marine !! Pour eux Afghans = 11 septembre = terroristes = musulmans ,tous dans le même sac ! Ils n’y connaissent rien et aucun relais pour comprendre.Ha c’est pas Priscilla Talmon qui va leur remonter la filière dans le bon sens. Panem circenses et approximations et les yeux pour pleurer quand il y a des morts !!

christiane dit: 14 juin 2016 à 10 h 22 min

Merci de votre commentaire, Annelise. Pas vraiment de comparaison, à vrai dire mais peut-être l’influence de certaines lectures récentes comme l’étonnant « Zambèze » de Ludovic Degroote (éd. Unes) où l’on tangue entre le journal de voyage et cette impossibilité d’échapper à ses pensées face au plus beau paysage du monde, comme si, toute la vie vécue avant, était là pour brouiller les cartes et faire écran par mille souvenirs. (Ce qui est souvent traduit au cinéma par une voix off qui déroule les pensées intimes du personnage alors que la caméra saisit des paysages qui devraient produire une adhésion au réel).
Vous avez cité Thoreau et sont venus alors dans ma mémoire : son livre et toutes ces rêveries de promeneurs solitaires.
« Léviathan »… Film supérieurement intelligent. Andreï Zviaguintsev nous entraîne dans un tourbillon de désespoir dans un paysage tellurique, ténébreux, empli de clairs-obscurs magnifiques, au bord de cette mer gelée. Lutte implacable pour la possession d’un bout de terre. Un western sans concession dans les glaces de Sibérie.

Paul edel dit: 14 juin 2016 à 11 h 10 min

Anne lise la cupola d antonioni en Sardaigne est toujours à l abandon un de Mes amis y est allé en décembre dernier .et cette habitation de paranoïaque me fait penser au geste de gabrielle ferzetti dans l avventura quand il renverse un encrier sur un dessin .geste étrange de la part d antonioni qui fit des etudes d architecte et qui au cinéma à construit dans L image de si beaux espaces et à montré Milan comme personne !

Annelise dit: 14 juin 2016 à 11 h 31 min

Ah bon, à l’abandon? C’est fou. Envie malgré tout d’y aller. Michelangelo est très fort, oui, avec la rudesse de son intransigeance. Tout le monde à l’époque fait du cinéma social et lui rapplique avec ses interrogations alambiquées de bourgeois. Personne n’en voulait, ça ne marchait pas. Quelle homme fascinant, séduisant! Il impose sa liane pâle aux taches de rousseur( de dos, en plus) du temps des Silvana, des Sophia… J’ai été triste de découvrir qu’elle le trompait avec le directeur photo au moment du Lion d’or. Il avait le cœur brisé, peut-être à cause de ça que la villa des amants en Sardaigne n’a pas été entretenue?

Annelise dit: 14 juin 2016 à 11 h 40 min

Vous aimez MV, Paul? Moi beaucoup. Des amis italiens puristes ne la ressentent pas comme homologuée, à mon avis quel contresens ! Je lirai les réponses ce soir car suis sur mon téléphone, l’écran n’est pas commode.

Jibé dit: 14 juin 2016 à 11 h 41 min

Rien de plus beau que les ronces ne pouvait s’imaginer pour la Cupola !
Vous ne voudriez tout de même pas que l’on en fasse un musée ?
Ou une coquille creuse, comme la villa de Malaparte à Capri ?

jodi dit: 14 juin 2016 à 12 h 42 min

Il y a une dimension métaphysique au sport . »On achève bien les chevaux » il y a de ça ,non? Là c’est la nécessité vitale .De quoi manger .

edouard dit: 14 juin 2016 à 12 h 56 min

« Tristesse et consternation. » (Annelise)

« Ils n’y connaissent rien et aucun relais pour comprendre. » (Sylvain)

Mais les politicards de leur bord, ça les arrange, il y font leur beurre ( regardez donc donald t. hier qui pavoisait !) ils ne demandent que ça !!
Et ce ne sont pas les déséquilibrés paumés isolés , en mal de reconnaissance, qui manquent et sautent sur l’occasion : se revendiquer du pire
Ce n’est pas très malin de montrer leur tronche sur tous les journaux , partout .Avant de crever (se faire sauter ou descendre) ils savent qu’ils feront la Une. Aucun intérêt ! c’est morbide, pervers, ça flatte ceux dont ils se revendiquent , c’est ce qu’ils veulent, qu’on leur fasse de la pub

edouard dit: 14 juin 2016 à 12 h 57 min

« elle le trompait avec le directeur photo au moment du Lion d’or. »

Qui ça? Les gens veulent savoir!!

Paul edel dit: 14 juin 2016 à 13 h 19 min

Monica vitti au fond declarait souvent dans les journaux italiens qu elle supportait mal l image d elle que donnait antonioni et qu elle voulait apparaître dans led comédies elle n a eu de cesse de le répéter car elle se sentait d une nature comique pour moi elle reste la jeune fille en robe noire assise sur un carrelage en forme de damier dans la notte

Annelise dit: 14 juin 2016 à 14 h 29 min

Edouard 12h57, et quoi? Si les gens veulent savoir, ils n’ont qu’à se renseigner. Ne comptez pas sur moi pour faire votre Gala-Voici gratis, si les coucheries vous intéressent ça ne me gêne pas, vous n’avez qu’à vous abonner à la presse ad hoc, faire marcher le commerce dans ce secteur pour en savoir plus. Je ne faisais pas allusion à la liaison de Monica Vitti dans ce but mais parce que Toubiana l’avait relayée comme étant du domaine public, regrettant que l’expo à la Cinémathèque sur Antonioni n’ait pas du tout marché, mettant l’eau dans le gaz entre MV et MA en avant pour élucider le climat bizarre qui avait entouré la remise du Lion d’or, qui normalement aurait dû être un moment de joie.
Quant à votre conception d’encaisser l’info, ce n’est pas elle malheureusement qui effacera les noms des kouffars – rappeurs, sportifs ou acteurs – de la liste d’Abballa. L’actualité nous emmène loin et je souscris au mouvement, mais j’aimerais que l’on reparle de l’adaptation de Safy Nebbou, son désir de geler l’angoisse par l’émerveillement, le défi ou l’étalonnage à côté de plus grandes détresses.

Polémikoeur. dit: 14 juin 2016 à 14 h 29 min

Une cabane est le carrefour à peine balisé
où vos quête, retraite et débâcle peuvent
surgir et vous sauter à la figure
sans sommation.
Nitroglycérincement.

Annelise dit: 14 juin 2016 à 14 h 34 min

Pourquoi pardon? Personne ne vous coupera une main. Proust par exemple était passionné par les histoires d’alcôve. Chaque chose en son temps.

edouard dit: 14 juin 2016 à 14 h 37 min

Les gens ont le droit de savoir c’est une phrase des Gignols de l’époque où ils étaient encore en clair (faut suivre !)
Je vois pas l‘intérêt de faire plaisir à ces tarés en les exhibant partout à chaque massacre, surtout que c’est ce qu’ils veulent
Et ces massacres font le jeu de l’extrême-droite
Mille excuses pour l’aparté hors cinéma

Annelise dit: 14 juin 2016 à 14 h 58 min

Inferno, Edouard 14h37, les Guignols ! C’était donc ça? Merci de me tenir au courant. Avant de revenir au froid sibérien de Tesson/Nebbou, parce que certains internautes me laissent des liens musicaux et que je viens d’apprendre à en mettre, grisée par la nouvelle acquisition :

https://www.youtube.com/watch?v=K_aA8WfPyd0

(Stacey Kent, passée il y a quelques semaines à l’Auditorium de Bx – ici la vidéo avec Pierre Barouh d’un morceau qu’elle a rechanté, qui a galvanisé la salle)

radioscopie dit: 14 juin 2016 à 16 h 11 min

De grâce, Annelise, conservez à la RdC le caractère magique du grand écran et la paisible atmosphère de la salle de cinéma. Il y bien assez par ailleurs de petits écrans et toute l’hystérie qu’ils suscitent.

Annelise dit: 14 juin 2016 à 17 h 06 min

Radio, les salles de cinéma retentissent d’une façon ou d’une autre des bruits et de la fureur du monde. Pas seulement Coppola et son apocalypse, Cimino, Oliver Stone ou autres : Zviaguintsev et son « Léviathan » (réquisitoire contre la Russie gangrénée par la corruption). Dino Risi en son temps avec son cher papa, Bertolucci et son 1900 de l’Italie fasciste parcourue de différences sociales, Carlos Saura dont parlait un contributeur la semaine dernière sur le franquisme… « De l’autre côté » de Fatih Akin qui emboîte le pas de Pamuk, ou pas loin… même des films conceptuels, qui ont l’air si détachés, quand ils sont réussis disent quelque chose du réel passé ou en marche… mille et un exemples de l’écho, direct ou pas, dans le prolongement ou en résistance, dans l’effort de parler d’autre chose ou au contraire la volonté de puiser directement dans la veine, que prennent l’actualité et l’histoire sur l’esprit des créateurs. Chacun son abord, l’évitement en est un parmi d’autres mais je ne connais pas un cinéaste ni un écrivain qui m’intéresse qui se soit tenu à l’écart dans une tour d’ivoire. Quand l’Allemagne entre en guerre et que Kafka note son « cet après-midi, piscine », pour moi idiot de prendre ça pour une indifférence : une façon de le ranger sensible et légèrement autiste en attendant de pouvoir y penser et l’affronter, oui. Sûrement pas une mise à l’écart, un bannissement. Les vrais artistes sont fondamentalement courageux, compatissants dans le vrai sens. Ne leur demandez pas de balayer la poussière sous le tapis pour faire propre.

radioscopie dit: 14 juin 2016 à 17 h 24 min

Annelise, vous vous trompez. Je choisis de préférence de voir des films précisément parce qu’ils soulèvent le tapis et exhibent la poussière. Je faisais allusion à tout autre chose.

Annelise dit: 14 juin 2016 à 17 h 46 min

Quoi donc Radio? Parce que plus j’y pense : Michael Moore (Bowling for C), Loach, Stephen Frears, Danny Boyle. .Kiarostami (pas plus impliqué que son Goût de la cerise), le récent « Mustang » de Deniz Gamze, le formidable « Eka et Natia » de Simon Grob & Nana Ekvtimishvili sur la Géorgie caucasienne. Tarkovski et Eisenstein évidemment. Les grands Américains, o combien. Les Allemands. L’Autrichien Haneke… je dis cela pêle-mêle sans tri ni ordre, seulement pour me faire à moi-même la remarque que c’est rarement anodin ni décontextualisé… même le cinéma de divertissement, les films comiques sont porteurs d’une coloration susceptible d’impact dans les œuvres fortes. Mais je vois ce que vous voulez dire.

Gilles dit: 14 juin 2016 à 18 h 20 min

Avec vous ça déménage dans les forêts de Sibérie Anne-Lise!Votre écriture juteuse,ferme,singulière fait du bien.Quand edouard fait le coup de mettons la tête dans le sable ça va passer, j’aimerais le croire.Trump qui pavoise c’est le triomphe des rednecks,comme on en a ici en France des braves types qui vont s’engouffrer dans l’axe afghan pour dire qu’il faut controler les frontières, les mettre tous dehors alors qu’en Afghanistan ceux de Daech foutent tout en l’air depuis des années! Pas montrer leur tronche okay mais on est mal barrés.Les tensions montent à mesure que la compréhension recule,les lignes sont tellement brouillées.A propos de sport: »Les chariots de feu », Eric le héros va au bout pour sa foi et l’autre protagoniste,Juif,a des choses à prouver.Musique de Vangélis.Aussi : « Million dollar baby ».Vous avez vu ça? Freeman /Hillary Swank.

Jibé dit: 14 juin 2016 à 18 h 45 min

Glaciation pour glaciation, j’ai suivi vos conseils, Annelise & Petrus, et suis allé voir « La nouvelle vie de Paul Sneijder », avec Thierry Lhermitte, et je ne le regrette pas. Belle histoire sur fond de Montréal en hiver et l’acteur, que j’appréciais modérément, m’a totalement convaincu. Merci !

Polémikoeur. dit: 14 juin 2016 à 19 h 11 min

Barbier de Sibérie,
courrier de Sibérie,
prose transsibérienne,
évadés, prisonniers,
« Dersou ! Kapitan ! »
Le « grand blanc »
est un requin.
Forestimablement.

edouard dit: 15 juin 2016 à 6 h 58 min

« les lignes sont tellement brouillées. »

Faudrait déjà , il aurait fallu, arrêter de copiner avec ceux qui financent ces c. Mais on n’a pas voix au chapitre. C’est lamentable, toujours les mêmes qui trinquent

christiane dit: 15 juin 2016 à 7 h 48 min

19h06
Danser avec la mort… Cela me rappelle le si grand film de Bergman « Le septième sceau ». Un chevalier défie la mort aux échecs pour comprendre, s’il en a le temps, le sens de la vie. Il échoue dans la vie… Sarabande de la mort… Une vérité l’attend-il au-delà de la mort ? Obsession de Bergman. Grâce que ce jongleur, sa femme et l’enfant, épargnés…

Emmanuel dit: 15 juin 2016 à 10 h 09 min

11.10/11.31 Paul edel va bientôt offrir un bracelet avec un sifflet à Annelise.Coup de foudre mutuel on dirait. Les tourtereaux Bogart et bacall en pleine roucoulade pré-nuptiale.

edouard avant d’arrêter de financer, il faudrait comprendre d’où ça vient, sur quel terreau prospère al-Q qui a fait des petits.

Emmanuel dit: 15 juin 2016 à 10 h 54 min

j’adhère, edouard. les Saoudiens et la real politik si vous voyez ce que je veux dire. Si je ne craignais pas d’embêter Annelise on pourrait développer sur tout ce qu’on n’a pas vu venir, al-Q/Daesh qui depuis les bonnes vieilles zones tribales du Commandant filmées par ponfily et Laffont se sont lancées dans une course à l’échalote.

« Chariots de feu » c’est pas tout à fait pareil, Gilles. Il y a les J.O.,la compèt devant tout le monde alors que sylvain T fait sa compèt à l’intérieur.

Eriksen dit: 15 juin 2016 à 13 h 15 min

La nouvelle vie de Paul Sniedjer. L’opposition verticalité horizontalité structure le film. D’un côté l’ascension, la lutte, l’hubris de l’homme, son rêve de puissance quasi divine et la réduction de l’espace horizontal disponible, de l’autre la liberté de mouvement, l’errance, la contingence des merde de chien et le lien de confiance et de solidarité.
La verticalité engendre la possibilité de chute. Paul ne veut plus monter, ne veut plus de l’enfermement de l’élévation. Il ne veut plus du rêve d’Icare.
Le building de Dubai ressemble à un podium géant d’une vingtaine de marches, un faisceau d’éléments verticaux qui se terminent chacun par une terrasse. Au centre une fibre monte au ciel, centrée par « l’ascenseur ».
Dans la vie maintenant horizontale de Paul S, la tentation de la verticalité réémerge par une compétition de montreur de chien : tant qu’il s’agissait d’un amusement local, il suit, mais il renâcle devant la compétition nationale de Toronto. I ne veut pas retourner dans la verticalité.
Le film commence par un deuil, comme « un sentiment de l’hiver », et se poursuit par un « vol au-dessus d’un nid de coucou ». Je regrette le manichéisme des personnages de G Pailhas et des fils : contrepoint familiale à son horizontalité nouvelle, il n’était cependant pas nécessaire de les faire aussi détestables. Le film mute alors vers un film de dossier de l’écran sur l’incarcération arbitraire et la philosophie dans la dénonciation. Il marque aussi le retour d’une idéologie victimaire que le film avait contrecarré jusque-là.
La fin est également troublante : certes la victoire sur l’angoisse de l’ascenseur est belle, mais l’arrivée éblouissante au sommet marque un retour d’un vertical positif, un peu illogique, comme le stigmate d’un film cure de façade.
Jamais vu Thierry Lhermitte aussi bon. Le personnage ambigu de l’avocat de la compagnie, plus anglais qu’américain avec son humanisme, son parler-vrai subtil et sa jaguar, est formidable.

Jibé dit: 15 juin 2016 à 13 h 38 min

Parfait, Eriksen. Manque juste le personnage formidable du bon gros patron de dog dog walk et de son goût pour les chiffres premiers !

Eriksen dit: 15 juin 2016 à 13 h 50 min

j’avais oublié. il est extra dans le franc-jeu employeur/employé et dans l’horizontalité nostalgique de la verticalité: ces palindromes chiffrés sont d’ordre divin. Les mosquées en Iran montre une petite asymétrie dans leurs façades symétriques, pour ne pas offenser Dieu.

Jibé dit: 15 juin 2016 à 14 h 03 min

Ajoutons aussi que tous les chiens sont parfaits dans leur rôle, n’hésitant pas à déféquer sous nos yeux pour plus de réalisme !

christiane dit: 15 juin 2016 à 16 h 08 min

@Annelise
Pourriez-vous supprimer le commentaire d’un certain A.Brevet de 10h44.
Outre qu’il est idiot, je n’apprécie pas que mon nom soit dévoilé sur ce blog. Merci.

JC..... dit: 15 juin 2016 à 17 h 08 min

Je n’interviens sur le blog de cette fée Carabosse d’Annelise, ( 48 kilogrammes de méchanceté… qui traite les gens les plus doux comme l’agneau que je suis, de « gros porc ») qu’en volant aux côtés de l’amie Christiane.

Brevet ! je te conseille de faire attention à tes abattis.

christiane dit: 15 juin 2016 à 18 h 06 min

Le film austère de Bergman « Le septième sceau » (1956), se déroule sur fond de Moyen-Age et conte l’histoire, au XIVe siècle, d’un chevalier, Antonius Blok, revenant des croisades et apparaissant sur la grève d’un paysage maritime de Suède de même qu’apparaît son adversaire « la Mort ».
Il cherche des réponses sur la vie, la mort et l’existence de Dieu en défiant la Mort aux échecs pour gagner du temps, pendant que la Peste Noire sévit dans le pays et tue (nombreuses scènes d’épouvante). Il pose des questions à la Mort qui n’a pas de réponse. Chaque soir la partie continue sur la plage.
Le film tire son titre de L’Apocalypse selon St-Jean (l’Agneau ouvrant les sept sceaux du Livre du Jugement Dernier). Le septième sceau est le dernier qui permettrait d’ouvrir le Livre de la révélation (Apocalypse) que seul l’Agneau (le Christ) pourrait briser.(Il vient après six autres symbolisant les fléaux dont est accablé l’homme : pouvoir, violence, faim, peste, mort…).
A la fin du film, le chevalier n’a pas eu accès à cette révélation. La mort remporte la partie (c’était attendu !) et l’emmène avec les autres morts dans une folle danse macabre.
Quelques plans inoubliables dans un film assez confus.
Woody Allen fera une parodie de cette danse macabre (je ne sais plus dans quel film).
Toujours pas compris la remarque de Mr. Brevet… Les scènes du film ne se passent pas toujours la nuit quant au septième sceau, aucun rapport avec la nuit.

Annelise dit: 15 juin 2016 à 18 h 30 min

Brevet je fais activer la modération et fais sauter le 10h44 : ad hominem, ad personam, facile non? Surtout sous pseudo.
Eriksen 13h50, jamais allée en Iran. J’ai eu un ami qui dirigeait l’Observatoire du Caucase qui en était fou (aussi l’Afghanistan).Quand y étiez-vous? Jibé et vous avez bien apprécié le film avec Thierry Lhermite, donc. J’aime bien les Dubois : Jean-Paul, Blanche, et aussi l’abbé joué par Jean Rochefort chez Tavernier. Il distille ses prêches à Philippe Noiret, une fille de joie gaillardement installée à cheval sur les hanches. Je crois que c’était Christine Pascal.
JC ne faites pas votre bécasseau (je viens de revoir « Sherlock Holmes » de Guy Ritchie, je ne m’en lasse pas, Robert Downey Jr emploie l’expression, en particulier lorsqu’il reproche sa frilosité, son absence de confiance à son cher Watson auquel le lie une fascination discrètement amoureuse, et dont il ne cesse de tuer et ressusciter le bouledogue. .),vous savez très bien que je ne vous aurais jamais traité de pareilles horreurs!
J’ai le sang chaud, un goût secret pour la comédie comme Monica V dépeinte par Paul, mais la méchanceté non, je le jure sur la tête de mon parapluie. « Fée Carabosse »,tss. Moi qui suis surnommée « Adorable voisine »! J’allume les réverbères d’un mouvement de menton, passant sur le pont Marie. On aura tenté de vous abuser.
Je vous laisse, mon balai étant mal garé, avec toutes ces vuvuzelas sur le porte-bagages

Annelise dit: 15 juin 2016 à 18 h 46 min

Bergman, la référence 18h06 tombe à pic : c’est à lui que le Bayonnais Safy Nebbou consacre en 2007 un court dans la série « Enfances ».
Les 48kg de méchanceté repensent à la défense de Beckett envers Arrabal : « c’est beaucoup ce qu’il doit souffrir pour écrire. N’ajoutez rien à sa propre peine ».

christiane dit: 15 juin 2016 à 19 h 09 min

Merci, Annelise. Ceci étant je ne comprends toujours pas la remarque de ce Mr. Brevet qui s’obstine à orthographier sceau/saut. J’en déduis donc que loin des références cinématographiques, il biaise sur l’expression « septième ciel » ciblant l’orgasme féminin. Mais le suggérer aux heures nocturnes est vraiment réducteur ! De plus on ne dit pas « sauter » mais « monter au… ». Bon, tout cela est bien puéril et vain…
Savez-vous, Annelise, dans quel film W.A tourne en dérision la danse macabre qui clôt le film ?
Merci pour le lien Bergman/Nebbou (Court métrage « Enfances »)

christiane dit: 15 juin 2016 à 19 h 17 min

Autre orthographe, autre film de court métrage ! j’ai trouvé cela sur le net (de saison…) :
« l’obscur mais incroyablement alléchant court-métrage de Laure K. – Le Septième Sot – qui relate l’histoire d’un soldat en train de méditer face à un ballon de foot et qui propose à la Mort une séance de tirs au but avant de mourir. »
(C’est sur le site de « cinéma fantastique. net »)

l'ombelle des talus dit: 15 juin 2016 à 20 h 20 min

Quelqu’un dans cette notable assemblée de commentateurs sait-il quand nous aurons passé le cap du solstice d’été, qu’enfin les jours raccourcissent ; c’est qu’ils s’allongent et sont pluvieux à n’en plus pouvoir, en juin 2016, en France. La nuit manque

Paul edel dit: 15 juin 2016 à 20 h 38 min

La photographie de gunnar fischer est capitale pour la séduction du film le septième sceau .dans un entretien Bergman dit qu’ un soir devant une lumière épatante c est le chef op fisher qui a demandé à des machinistes de vite s habiller avec les costumes des comédiens et leur a demandé de se tenir par la main pour une farandole en contre jour devenue célèbre

christiane dit: 15 juin 2016 à 21 h 22 min

Merci, pour cette anecdote de tournage. C’est le souvenir le plus fort que je garde de ce film : les jeux de lumière et les ombres profondes. Le chevalier taciturne et la mort chauve-souris au visage blanc, drapée dans une grande cape noire, jouant aux échecs au bord d’une mer houleuse, seuls les visages et l’échiquier sont éclairés sur fond de ciel plombé de nuages noirs, une jeune paysanne que l’on va brûler comme sorcière, les agonisants de la peste, des pénitents effrayants et la danse macabre à contre jour… une photographie épurée et une lumière glaçante. En contraste la douceur de la lumière matinale quand le comédien ambulant s’éveille près de sa jeune femme et de son fils et la roulotte(je crois) qui s’éloigne paisiblement. Beaucoup de fraîcheur et de légèreté, alors. Les seuls qui échappent à la mort. Oui, les lumières sont inoubliables.

A. Brevet dit: 15 juin 2016 à 21 h 32 min

non seulement ne pas oublier les anecdotes forestières de ce calibre, mais les chérir ; merci à vous deux, Paul edel et Madame Sceaucette. Sur ce, le grand blanc c’est pour tout de suite

christiane dit: 15 juin 2016 à 22 h 58 min

@A.Brevet
Merci aussi. Un jour vous m’expliquerez vos sauts nocturnes. Après tout, peut-être êtes-vous le dauphin du « Grand Bleu » ?
@ Polemikoeur
Eh oui…

soca pic dit: 15 juin 2016 à 23 h 02 min

A. Brevet dit: 15 juin 2016 à 18 h 32 min
Merci de votre prévenance JC. Le Grateful Dead a bien illustré cette menace dans le titre Dire Wolf: »I cut my deck to the queen of spades but the cards were all the same ».
Et en creux pour Madame Sceaucette: Parachute Woman (dans le lot)
https://www.youtube.com/watch?v=OPGrf5X-xkw

Comme à l’accoutumé on se tapera une version post-synchro ; mieux que rien diront les attardés impliqués /-° :-)

Annelise dit: 16 juin 2016 à 6 h 12 min

Emmanuel je ne vous avais pas lu 15 juin 10h09, je ne sais quelle part d’ironie ou de tendresse vous y mettez mais Bogart-Bacall, je prends cela pour un compliment, depuis la façon qu’il a de lui relever la tête car elle souffrait de timidité cachée, jusqu’à leur comportement au moment du maccarthysme, concret, courageux. Un couple contrasté sachant tirer sève des différences. On est loin du toc ou de la seule légende de papier glacé croyez-moi. Paul Edel, allez lire sur son blog sa note sur Sartre contre le Flaubert de l’Education sentimentale en 39. Cela me démangeait de poster dessus et puis pas le temps. Toujours troublant de lire l’appréciation négative étayée de quelqu’un qu’on estime(S) sur quelqu’un qu’on lui préfère(F) : Sartre, dont je n’aime pas tout le théâtre, ni trop les avis péremptoires, mais qui est fascinant, aussi… L’extrait choisi par Paul est très fin, ce que dit JPS n’est pas faux : aucun courant qui risque d’être coupé dans le livre de F, la lecture ininterrompue « potentiellement d’un intolérable ennui »… l’auteur des « Mots » & d’un théâtre un peu épais n’y va pas par quatre chemins. Lorsqu’il se trompe il continue de penser qu’il a raison, là il énonce tout ce qui lui reste en travers, persuadé de voir juste et omet tout ce qui est susceptible d’emporter le morceau en le laissant sur place! Le côté tranché, persuasif de l’unilatéral… J’aime mieux les notes de lecture de Perec, aiguës, chaleureuses, impliquées, championnes en railleries, qui peuvent vous démonter son colosse en totale fantaisie mais qui à la fin doutent toujours. Lui se renverse une saucière sur la chemise pour mettre Catherine Binet à l’aise, Sartre, la modestie pour lui n’a guère de sens, il a trop à y perdre. Depuis la civière du Luxembourg il est bien décidé à se tailler la part du lion. Il parle et le monde entier doit lui emboîter le pas. Camus n’a pas cette assurance et je le trouve plus convaincant. Il passe plus lentement mais par la peau, là où Sartre y va de son remède de cheval.
Lisez aussi PE sur la photographie de Gunnar Fisher 20h38 ici, ce contre-jour qui a marqué les esprits… C’est très binaire de toujours vouloir tout mettre en opposition, Emmanuel. Je suis sensible à Bergman, la séduction de sa farandole à la lumière impeccable et question ronde, j’aime aussi l’endiablé de « Brigadoon », Minnelli auquel sous la pétulance en fanfare je trouve une décrépitude, une allure à cent à l’heure aux coloris vifs qui menace de se prendre un mur.
J’aime l’atmosphère sur-romanesque de « Moonfleet » et l’épuré de Bresson, la poésie chantante de Jacques Demy qui prend des libertés, des risques. Tarkovski me bouleverse et me parle directement. Pourquoi toujours vouloir introduire dans cela quelque chose de l’ordre du « détriment »?(Je ne parle pas du relativisme moyennement profitable qui fait que les correcteurs de l’épreuve de philo cette année ont d’ores et déjà signalé avoir relevé dans les premières copies des citations du rappeur Booba, de Bertrand Cantat et de Louane là où ils auraient aimé que viennent à l’esprit plutôt les noms de Gilles Deleuze ou de Foucault – si possible Michel et non Jean-Pierre.)

Brevet « vu les horizons dégarnis » : vous êtes sibyllin sans arrêt. Vous étiez devant la taïga du film de Nebbou ? Que voulez-vous dire? S’il s’agit d’un écoulement de bile car vous perdez vos cheveux nous n’y sommes pour rien. Pour vous rasséréner : Bergman, Rossellini… ces hommes irrésistibles, « calvitie aussi », selon la chanson un peu déformée de Fernandel. Ils n’en ont pas pour autant fait tout un plat amer.

christiane dit: 16 juin 2016 à 8 h 19 min

Oui, Annelise, c’est un régal cet échange entre P.Edel, CP et Xlew.
Mais pour Sartre, bien que ce qu’ils disent et que vous dîtes soit exact, j’ai cherché à contre-courant, relisant « Les mots », dans son enfance, la trace d’une fêlure.
Pour cet enfant choyé petit-fils de Charles Schweitzer, une impression persistante : il fuit, il ment, il souffre. Les dernières pages de la première partie du livre (« Lire ») sont explicites. Une scène « cinématographique », se rappelle à son souvenir. Sur les terrasses du Luxembourg, les autres enfants jouent, lui reste seul. Son intelligence ne lui sert à rien, les livres lus, non plus. Lui, « le gringalet » n’intéresse personne. Sa mère veut intervenir auprès des autres mères. Il la supplie, humilié, de n’en rien faire.
Et là, le récit bascule : « Je fus sauvé par mon grand-père: il me jeta sans le vouloir dans une imposture nouvelle qui changea ma vie. » Et commence le deuxième chapitre :  » Écrire ».
« La réalisation de l’imaginaire… »
Comme on est proche, alors, de ce monde du cinéma que vous servez avec passion !
Avant de clore ce petit aparté ces lignes qui ferment presque le livre et rendent la personne Sartre, émouvante :
« Longtemps, j’ai pris ma plume pour une épée, à présent je connais notre impuissance. N’importe : je fais, je ferai des livres ; il en faut ; cela sert tout de même. La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. Mais c’est un produit de l’homme : il s’y projette, s’y reconnaît ; seul, ce miroir critique lui offre son image. Du reste, ce vieux bâtiment ruineux, mon imposture, c’est aussi mon caractère : on se défait d’une névrose, on ne guérit pas de soi. Usés, effacés, humiliés, rencognés, passés sous silence, tous les traits de l’enfant sont restés chez le quinquagénaire…. »

Jibé dit: 16 juin 2016 à 9 h 24 min

(en attente de modération chez Passou, je le poste ici)

Quel étonnant été 2016, qui s’annonce !

Monsieur le Président, ce n’est pas une grève qui a mal tournée, c’est une insurrection ! Ces pavés, dans les mains de quelques 800 manifestants (selon la préfecture de police ou les organisateurs ?) ne vous rappellent-ils rien ? Etonnante gauche qui, une fois au pouvoir politique et médiatique, ne se souvient plus qu’elle se réclamait de 1789, 1830, 1848, de la Commune de Paris ou plus récemment de mai 68 ! Est-ce l’hôpital Necker qui était visé ou les CRS réfugiés devant ses vitrines, sans ordre de tirer dans le tas ? Pendant ce temps, le soir même, comme Louis XVI, Hollande assistait tranquillement au match de foot, après avoir rendu hommage, plus tôt dans la journée, au couple de policiers assassinés.
Oui, étonnant été 2016 !

A. Brevet dit: 16 juin 2016 à 9 h 42 min

Vous faites bien de dissiper tout malentendu pour remettre un peu d’ordre dans cette classe de petite section ; même si l’on ne trouve plus guère les tableaux d’antan en maternelle. Si le cœur lui en dit Madame Sceaucette pourra remonter sur l’estrade et le confirmer.

Annelise dit: 16 juin 2016 à 9 h 53 min

Christiane, pour moi le recours à la civière pour pénétrer le cercle de jeu ne dit pas autre chose. Pas le temps de lire les commentaires chez PE, je le ferai ce soir. Je ne suis pas toujours en situation de poster. Un quart d’heure maintenant en compagnie de mon fidèle ami l’ordinateur avant un grand après-midi suivi d’une soirée dans le désert informatique. Sartre émouvant bien sûr – je parle non pas de sa personne, mais du texte, même s’il m’agace quelquefois, il a cette dimension compensatoire, âpre souvent, donneur de leçons définitives sur ton comminatoire là où Camus avance à pas moins certains, plus charnels. Il a très peu d’humour aussi dans ses convictions. Je remarque que les auteurs que j’aime le mieux n’en sont pas dépourvus, que ce soit la truculence tragique, noire, ou le pince sans rire discret, paradoxal, grinçant… Kafka lui-même, dont les tourments sont pourtant si sérieux. Et Céline, avec sa grosse voix nimbée de putréfaction énorme, et Saul Bellow,Boulgakov, Flannery O’Connor, Lowry… Même mon Faulkner avec sa charrette mal branlée sur lequel est emporté le cercueil… Il n’y a pas de comparaison possible entre tous, mais je veux dire que cette histoire d’opinion primaire pour articuler la pensée n’est pas ce qui me va le mieux. Je n’ai rien contre la nécessité, la fougue, l’écrit sur le papier comme on se jette à l’eau et pas de réserve d’oxygène. Perec c’est ça, il écrit comme il respire, nage en éclaboussant partout pour atteindre les poches d’air. Sartre monte en chaire. Au retour d’Estonie il trouve la liberté de critique entière en URSS, pourquoi pas? Que les gens soient penchés dans les rizières avec des miradors d’où sont diffusés des sentences comme quoi, il faut aussi traquer l’ennemi dans le coeur lui importe moins que la défense d’une ligne générale plus importante. On est dans la pensée sans arrêt : Monsieur Sartre a parlé point barre.
Et oui, je l’aime aussi pourtant – mais il ne trouve jamais que ce qu’il vient chercher au départ, voilà ce qui me dérange. Moi tous ces gens là, je peux les aimer séparément et leur trouver des bornes en parallèle. Penser de la sorte ne consiste pas à épuiser le robinet d’eau tiède, c’est tout le contraire. Qu’il soit à l’emporte-pièce, pas un défaut en soi. Sur Flaubert par exemple il grimpe sur son cheval de bataille et nettoie les pailles dans l’oeil de l’Education sentimentale sans se demander ce qu’il aurait à enlever de grosse poutre dans le sien, à la fois ce n’est pas le sujet. En tout cas il méconnait tout l’apport de GF, guidé comme il l’est par ses visées.
Voilà que je me mets à faire du hors-sujet dans mes propres colonnes. Je me demande si je n’alerterai pas la modération. Tant pis ça me passionne.
Pour raccrocher les wagons sur Safy Nebbou autour d’un écrivain qui a donné un visage de la Sibérie moins apaisant que Sylvain Tesson : Ossip Mandelstam

Annelise dit: 16 juin 2016 à 10 h 05 min

Brevet 9h42 il s’agit du tableau informatique à la tête duquel se trouve la modération. Vous avez de l’humour, donc. Tant mieux. Les fantasmes scolaires, aussi fréquent qu’avec les hôtesses de l’air : toute ma vie, j’ai rêvé d’en être une?

christiane dit: 16 juin 2016 à 10 h 41 min

Vous lire, Annelise c’est comme retrouver une terre natale, celle du temps de l’adolescence où nous escaladions, en nocturnes interminables nos questions. Bien sûr nous ne pouvions pas y répondre sans notre volière de livres, et nos rires habitaient tous ces paradoxes. Les pourquoi dépassaient toute réponse. Nous découvrions le temps et la mort. C’est peut-être pour cela que j’ai mémoire du chevalier Antonius Blok.
Oui, les auteurs engagés (Sartre…) veulent nous convaincre. Difficile, quand le lecteur n’a pas la mentalité partisane !
Je reste dans un tourbillon, tournant sur moi-même autour de mes pensées avec ma flopée de souvenirs de lectures et de films, presqu’un arrière-pays où l’actualité s’invite, éphémère. Toutes les zones de la vie traversent le monde comme les fausses images d’un demi-sommeil. Ainsi le vent des révoltes traverse la grande ville où je vis. Rilke écrivait : « et nous n’avons au fond qu’à être là, mais simplement, instamment, comme la terre est là, disant oui aux saisons… ». J’ai cette force-là : inertie d’un caillou poli par le temps et je me souviens. Merci pour ce post enchanté.

edouard dit: 16 juin 2016 à 11 h 27 min

la droite si elle revient au pouvoir, qu’elle considère comme sa chasse-gardée, fera pareil en pire

Paul edel dit: 16 juin 2016 à 11 h 54 min

Antonioni creuse le vide du couple bourgeois dans la lignée du gf de madame bovary car son emma monica vitti attend un romanesque que plus aucun homme ne peut donner ce qui n est pas le cas dans madame bovary avec les amants provisoires ici chez antonioni l homme est condamné comme chez les jansenistes !pour Sartre ayant l horizon d un prolétariat en marche il ne peut rien comprendre à l éducation sentimentale tellement en avance dans son analyse d une societe qui s annonce sous vide de valeurs comme Nietzche- sur son temps et paradoxalement Frédéric Moreau annonce meursault et adam pollo dans leur écart abyssal avec les valeurs de leur société oui le grand Gustave a plusieurs longueurs d avance sur Sartre sui avance d un pas léger vers le communisme

Emmanuel dit: 16 juin 2016 à 12 h 28 min

Ha haha. Annelise 6.12 de la critique la diariste la romancière, celle que je préfère?Les trois mon général. Battu sur mon terrain j’en conviens. C’est moi qui offre le bracelet. Cette mélancolie ombrageuse, mystérieusement douce, ha ça fait merveille.
L’ami de l’Observatoire je crois voir qui c’est .Un des meilleurs spécialiste de OM à ma connaissance, et je ne parle pas de l’Olympique marseillais.

Jibé ,pas élégant de profiter que la Dame de coeur d’ici prévient qu’elle tourne le dos sans possibilité d’intervention pour refiler votre tract refusé par la modération de Passou !

christiane dit: 16 juin 2016 à 12 h 59 min

@Jibé dit: 16 juin 2016 à 12 h 22 min
Oui, je suis d’accord. Et les trois étaient liés dans mon commentaire. Un aparté littéraire et hop, vous bondissez ! je vous préfère dans vos remarques sur les films que vous aimez ou l’inverse. Chacun a sa façon de s’exprimer. Les livres évoqués par Annelise m’ont rappelé les livres que j’aimais partager passionnément il y a quelques années avec des amis de fac. Où est le drame ?
Bon, je n’interviendrai plus ici si c’est pour provoquer de telles remarques.

Jibé dit: 16 juin 2016 à 13 h 06 min

Je préfère la cristallisation stendhalienne à l’incommunicabilité paveso-antonionnienne, Paul, pas vous ?

christiane dit: 16 juin 2016 à 13 h 31 min

@Jibé dit: 16 juin 2016 à 13 h 11 min
Ben, oui, à mon âge, difficile de changer ! Je dis les choses comme elles viennent. J’ai été agréablement surprise de cet aparté littéraire d’Annelise. C’est du costaud !
Alors, à la « revoyure » comme ils disent au pays. Vous inchangé et moi de même !
A y réfléchir, votre petite trinité est illusoire. La vérité (qu’est-ce que la vérité ?) n’est pas forcément liée à la beauté, ni à la bonté. La littérature, justement, ouvre d’autres liens.

Jibé dit: 16 juin 2016 à 13 h 41 min

@Christiane

Pour Platon : « La simplicité véritable allie la bonté à la beauté », écrit-il dans La République, tandis que pour Diderot : « Les beautés ont dans les arts le même fondement que les vérités dans la philosophie. »

edouard dit: 16 juin 2016 à 13 h 55 min

Jibé (vous oubliez les suppressions de postes notamment dans les hôpitaux, le détricotage par paul b. entre autres « prouesses »)
Ceci dit, le chomage a baissé ces mois derniers

Paul Edel dit: 16 juin 2016 à 16 h 35 min

Mon petit Jibé, question « cristallisation stendhalienne » vous devriez lire la corresppndance amoureuse de pavese -superbe- car il en connait un rayon pour « cristalliser » sur les étudiantes de turin et les employées des maisons d’édition.. les plus belles.., c’est au moment de baiser que ça se gate.. mais l’amour éternel,non! c’est parce qu’il est rare, difficile, provisoire, fragile, impossible dans la simultaneité des deux qu’il fascine..

christiane dit: 16 juin 2016 à 17 h 06 min

@Jibé dit: 16 juin 2016 à 13 h 41 min
Cherchez dans les »Fleurs du mal » une beauté convulsive et un homme méchant. Une beauté vénéneuse.
La bonté ? Plus le temps passe plus elle vous fait passer pour un faible, un illuminé. pauvre Prince Mouchkine…
@A.Brevet,
j’ai un prénom et votre petite chansonnette appelle le tiers qui sépare de Gonbrowicz. Lisez donc « Ferdydurke »…

Jibé dit: 16 juin 2016 à 18 h 14 min

112 commentaires et pas un pour parler du film chroniqué par Annelise !
Personne ne l’aurait vu ou bien ce silence serait le fait de la charité ? La lâcheté, peut-être…
J’en sors. Qu’ai-je vu ? Un superbe clip, avec un acteur agréable à regarder, intégralement épilé hormis la barbe et le pubis. De somptueuses images du lac Baîkal et de la taïga environnante par temps de grand froid. Une musique (belle, ma foi) assourdissante par dessus tout cela (pour un héros qui venait chercher une certaine qualité de silence, c’est raté !). Une belle histoire d’amitié virile, franco-russe, improbable + un ours, pas très convainquant, un cerf, aux abois, et quelques poissons emmêlés dans un filet…
On se demande si le film est sponsorisé par Naturalia (nourriture bio garantie) et le Vieux campeurs (pour les costumes et accessoires) ?
La cabane a été décorée par maison et jardin, le hammam contigu itou.
De quoi faire baver d’envie le bobo parisien qui, néanmoins, évitera de s’éloigner trop loin de son vélo.
C’est pas très sérieux, Annelise !

Paul edel dit: 16 juin 2016 à 18 h 45 min

Les questions que vous posez jibe vous pouvez y repondre en lisant et en travillant mais vous préférez jouer l ignorant pour mieux nous tomber dessus ensuite donc je ne jouerai plus ce jeu la et ne répondrai plus à vos questions

A. Brevet dit: 16 juin 2016 à 19 h 19 min

Bonsoir Christiane, J’apprécie vos commentaires à leur juste valeur et avec modération ; si vous pouviez cesser de vous sentir visée par les miens et de les surinterpréter. Merci de votre conseil de lecture (les points de suspension à la fin de votre message, c’est là qu’il faut commencer à réfléchir ?) La pornographie m’avait laissé sur ma faim, alors …

Jibé dit: 16 juin 2016 à 19 h 25 min

Certes, je me pose et je pose des questions, mais je travaille, je lis et je vois des films. Je ne tombe sur personne, je donne juste mon humble avis, qui n’engage que moi, et toujours courtoisement…

Paul edel dit: 16 juin 2016 à 19 h 38 min

Non et non jibe!avec moi vous multipliez les questions et sur un auteur que vous aimez comme genet vous demandez aux autres avec insistance qu’ ils en parlent mais on attend que vous nous disiez pourquoi vous l aimez et là rien.

A. Brevet dit: 16 juin 2016 à 20 h 25 min

Jibé dit: 16 juin 2016 à 18 h 14 min
112 commentaires et pas un pour parler du film chroniqué par Annelise !

Presque tous parlent peu ou prou de désobéissance civile : en plein dans le mille

A. Brevet dit: 16 juin 2016 à 21 h 42 min

Paul edel dit: 16 juin 2016 à 19 h 38 min
Non et non jibe!avec moi vous multipliez les questions et sur un auteur que vous aimez comme genet vous demandez aux autres avec insistance qu’ ils en parlent mais on attend que vous nous disiez pourquoi vous l aimez et là rien.

Eh bien vous pouvez attendre un moment, distingué breton bretonnant d’adoption. Le voyage ne vaut pas tripette – mon bon souvenir à Philippe « allgood » Sollers, le mac de service ; je me casse : blank
https://www.youtube.com/watch?v=rbctzd9kW1A

A. Brevet dit: 16 juin 2016 à 21 h 48 min

Si j’épouse le fond de ce que dit dit: 16 juin 2016 à 21 h 42 min, je réprouve la forme : un emprunt de pseudo tout juste tolérable (la modération derrière son tableau validera)

radioscopie dit: 17 juin 2016 à 8 h 09 min

Merci Jibé d’avoir vu le film et d’en avoir rendu compte ici. Je ferai l’économie d’une place de cinéma. Notez qu’en relisant le billet d’Annelise, la forêt -une fois élaguée des luxuriantes références- fait bien maigrichonne. Demeure l’humus d’amitiés aquitaines.

Jibé dit: 17 juin 2016 à 9 h 04 min

Oui, radioscopie. En relisant attentivement le billet d’Annelise, j’ai trouvé aussi que ce n’était pas aussi tranché, plutôt habile. Trop habile.
J’ai regardé aussi ce qu’en a dit la critique. Sophie Avon est en pâmoison (*****) mais Jérome Garcin nettement moins (**). Ne ratez pas le prochain Masque et la Plume !
L’actualité chargée et le temps pluvieux, hier j’étais remonté comme une pile. Toute mes excuses à ceux que j’ai pu froisser : Annelise, Christiane, Paul… Mais quoi, andropause ou pas, les hommes aussi ont leur cycle menstruel !

Jibé dit: 17 juin 2016 à 9 h 50 min

Cela étant dit, je suis navré pour Paul qu’il ne croit pas en l’amour durable et fusionnel et que Christiane doute de la bonté et de la vérité ou des vérités. Autant de valeurs auxquelles je me rattache, naïvement sans doute…

Sylvain dit: 17 juin 2016 à 9 h 56 min

9.04 vous êtes un drag queen Jibé? On a droit à ses nerfs. Faute avouée est moitié pardonnée. Méfiez-vous, les grandes chochoteries nerveuses desservent la cause. Image désastreuse.

Je suis allé hier voir le film pour détendre du choc Joe Cox. Au contraire ça m’a fait sourire de retrouver tout le billet d’Anne Lise ! encore faut-il être capable de lire entre les lignes

Où vous voyez qu’elle est en pâmoison?A part tirer à boulets rouges vous n’avez pas grand-chose sur la palette si vous ressentez ça comme ça. Elle suggère que la comparaison avec Dersou n’est pas à l’avantage du film, met en avant les qualités de la beauté sibérienne et le besoin de retrait bien présent dans le livre de ST.

On ne passe pas un mauvais moment, pris comme ça. Si vous lisez le billet, sa conclusion sur l’humilité, les tourments des gens à l’abri qui s’effacent devant la necessité; subtil de montrer que les qualités ne sont pas ailleurs. Ou quand elle souligne que le film est mieux réussi que SeanPenn.ça dit en creux ce qui déplait. Ou sa critique Carrère/Philippe K-DIck… on sent qu’elle n’est pas dupe mais elle dit aussi le bon.

Jibé dit: 17 juin 2016 à 10 h 01 min

Lisez mieux, Sylvain. La pâmoison c’est Sophie Avon, pas Annelise. Quant à l’image que je puis donner de moi-même, ce n’est pas ma préoccupation première…

Jibé dit: 17 juin 2016 à 10 h 19 min

En attendant, un extrait de Sylvain Tesson, cité dans mon « Goût de la marche » :

Dans l’infinitude des champs de Ceyhan, j’avance au pas lent du vagabond. Le pétrole nous a désappris que le monde était immense et que la patience du marcheur pouvait en venir à bout aussi bien que la vitesse de l’auto. Le moteur à explosion réduit en éclats le rapport naturel que notre bipédie devrait nous faire entretenir avec le temps et l’espace. Les fièvres modernes, les angoisses intérieures, ne viendraient-elles pas de ce que nous ne prenons plus la peine de marcher une journée entière ? Laisserons-nous le temps envahir à nouveau nos êtres ? Rééquilibrerons-nous la course de nos vies en renouant avec la lenteur ? Accepterons-nous d’user six heures d’efforts pour trente kilomètres ?
Enveloppé des haillons de mes rêves pèlerins, j’imagine que la première des révolutions post-pétrolières sera de rejeter des piétons sur les routes. Une fois la dernière larme de brut coulée, on sciera les feux rouges comme on jetait à bas, à l’automne 1991, les statues de Lénine dans les capitales socialistes. On détruira les ronds-points, ces verrues de l’aménagement. Les parkings seront reboisés et le silence rendu aux routes forestières. Les routes se couvriront à nouveau d’un flot de promeneurs, de chevaux, de charrois. Les hommes déboucleront la ceinture ombilicale de leurs bagnoles-utérus et redécouvriront que des pensées insoupçonnées montent à la surface de l’esprit quand le corps est en marche.
Rêve imbécile ! Dans les laboratoires, les cerveaux du monde occidental cherchent à dépasser les vieilles techniques de libération d’énergie fondées sur l’exploitation des hydrocarbures. Pour eux le règne des explosifs fossiles est dépassé. Ils préparent l’ère nouvelle. Pas question que la course du monde s’arrête, il suffit simplement de changer de carburant. Dans les installations de Cadarache, les physiciens du programme Iter (la voie, en latin) travaillent à maîtriser la fusion nucléaire. Lorsqu’ils parviendront à apprivoiser un plasma matriciel stable à une hauteur de 100 millions de degrés, ils pourront ioniser les atomes et les confiner dans un champ magnétique. Alors, ils organiseront la fusion du deutérium et du tritium (deux isotopes d’hydrogène). De ces épousailles naîtront un noyau d’hélium 4 et un proton. Semblable à l’explosion astrale, la réaction libérera une énergie colossale. Nous mettrons le soleil dans nos moteurs ! Prométhée sera vengé de l’aigle. Obsédé par la question de l’énergie, George W. Bush disait au début de son investiture que « nos petits-enfants apprendront à conduire sur des voitures à hydrogène ». Nous n’abattrons donc pas les feux rouges. »
(« Eloge de l’énergie vagabonde ». Editions des Equateurs, 2007)

Sylvain dit: 17 juin 2016 à 10 h 34 min

On parle pas de « votre » image, Jibé.

J’avais pas lu l’attaque 11.03. Vous êtes plus marrant quand vous parlez du naturalisme pour filmer les merdes de chien. Bon film, Paul S. L’hermite était bon.. Anne Lise eriksen et vous lui avez bien tiré le portrait !

Le film de safi Nebbou, plaisant pelliculairement parlant. Ce qui faut retenir. Ce qui le grandit = l’élévation de l’oeil de celui qui le regarde. Votre 10.19 va dans ce sens. Anne Lise offre une exégèse très « Cahiers »,pas une critique pour téléZ

Jibé dit: 17 juin 2016 à 10 h 48 min

Les « Cahiers du cinéma » ne semblent pas s’être intéressés à ce film, Sylvain. Mais voilà ce qu’en disent Les Inrockuptibles : « Dans les forêts de Sibérie » est pétri d’un bidonnage proprement télévisuel, où des figurants rustauds à barbe enneigée figurent moins une véritable altérité qu’une bande d’ours en peluche, à la disposition du personnage et de ses velléités touristiques. »

Jibé dit: 17 juin 2016 à 10 h 54 min

Chez Annelise, il faut toujours se fier, se méfier, des titres, Sylvain. Le grand blanc, en référence au grand bleu, c’est tout dire !

christiane dit: 17 juin 2016 à 11 h 18 min

Annelise évoque dans son entretien avec Nebou « Derzou Ouzala » ce grand film de Kurosawa. Récit autobiographique de V.Arseniev. Autre Sibérie (région sauvage de la taïga), autre solitude. Ce vieux chasseur mongol, taiseux, errant, en symbiose avec la nature (il parle aux animaux et aux plantes) devient l’éclaireur de l’expédition du capitaine russe Vladimir Arseniev, géographe. Une rencontre entre deux hommes que tout devrait séparer. Une histoire d’amitié. Un bonheur à l’écran (et à la lecture). Un des plus beaux films que j’ai vus. Humaniste. Lent. Austère.

christiane dit: 17 juin 2016 à 11 h 21 min

@Jibé dit: 17 juin 2016 à 9 h 50 min
En douter ? Non. Mais savoir que dans ce monde on ne pas être toujours dans la bonté…

Jibé dit: 17 juin 2016 à 12 h 46 min

Je ne fais pas cette distinction-là, Christiane. Très tôt, j’ai pris la réalité à bras le corps et n’ai eu de cesse de la distordre pour la faire entrer toute entière dans mon imaginaire. On pourrait dire, en somme, que, dès l’éveil de ma conscience, face à l’étrangeté du monde dans lequel je suis né (mes parents sourds et muets, ma mère passablement folle, la mort de mon père dans ma dixième année…), j’ai décidé de faire de ma vie un roman. Et que dans ce roman, l’amour, la gentillesse, la beauté, la recherche constante de la vérité participeraient de son enchantement. C’est un travail de chaque instant, voire un combat !

Zem dit: 17 juin 2016 à 12 h 54 min

@10h48 et 10h54. Je suis un habitué des Cahiers. J’avais noté ça aussi. La pertinence sans la grosse tête. Le titre veut tout dire. Contenu à l’avenant. cinéma de Luc Besson, lardé de qualités esthétisantes. Le simple fait qu’Anne-lise se rapporte à A.K, ne dise rien sur Pollack. On comprend qu’elle penche pour « Leviathan » ou Grossman. Au lieu de sortir la grosse caisse du mépris elle s’y colle sans pincer la bouche avec le dégoût hautain des Inrocks. (J’y suis abonné ,je me demande si je ne vais pas résilier : ces francs gauchistes du discernement à st germain, pleins de morgue téléphonée.) Rarement surprenants. Quand je lis radioscopie et ses « amitiés de l’humus provincial » qui parle de critique maigrichonne, le cadeau de Fête des Pères est tout trouvé. Collier de nouilles ou lunettes.

Eriksen dit: 17 juin 2016 à 15 h 30 min

La découverte du Baikal est très belle. De l’ « Arthus Bertrand » dynamique certes, mais ce camion filant sur la glace transparente suggère une libération, non pas tant de l’artifice de la vie occidentale que de la peur irraisonnée induite par la sécurité qui la caractérise. « La nature n’est pas si dangereuse » : c’était ce qu’il était venu chercher, même si ce n’est pas ce qu’il trouvera.
Rien n’est épargné pour nous montrer un Teddy encore plus prétentieux que le Christopher d’Into the wild : bouffi d’idéalisme et pragmatiquement nul, il est touchant par le courage qui le fait chercher toujours : assez français (dans les meilleurs des cas), et Raphael Personnaz le fait très bien. Quand « into the wild » se termine (je ne vous raconterais pas la fin), « Dans les forêts de Sibérie » n’est qu’à une demi-heure du début, et Teddy mourant glisse sur la glace du Baïkal sous la force du blizzard…
Commence alors un autre film, plus convenu, une sorte d’« Intouchables », qui nous vente les bienfaits de la synergie, du lien, de la complémentarité, de la pédagogie … et de la vodka (seule originalité ici pour ce genre cinématographie). Aleksei le despérado au grand cœur, justement passait par là quand il entendit le coup de feu de détresse de Teddy. Son apparition à ce moment fut plus improbable encore que celle de Dieu lui-même. Teddy se range alors dans les pas d’Aleksei et… on n’a pas vu passer l’hiver tant l’ambiance était bonne. Teddy s’en va sans même attendre le printemps (ce qui est un crime).
Ainsi, la parenthèse blanche se referme et Teddy va rentrer chez lui, comme Christina rentre chez elle à la fin de Vicky Christina et Barcelona après son expérience d’animalité espagnol. Safy Nebbou tire l’histoire vers un tourisme de « survival trip », ce que je n’avais pas ressenti dans le livre… mais un film, çà va trop vite.

Gilles dit: 17 juin 2016 à 18 h 15 min

zem 12.54,faites comme moi :j’achète les Inrocks parce que de gauche,et je renonce à le lire PARCE QUE étant de gauche!! Leur fatuité bolo commence à gonfler .Avon au Masque, pas de pâmoison.Elle dit sa sincère conviction alors que ça vire au théatre ce soir.

Gilles dit: 17 juin 2016 à 18 h 25 min

« le Bayonnais s’en tire mieux en se mettant à hauteur d’homme là ou Sean Penn fait dans le stabilo » :elle ne dit pas qu’il s’en tire bien .Thaurau ,les Inrocks sont déjà en épectase .Vecchiali pareil.

aparté d'époque dit: 17 juin 2016 à 18 h 36 min

Widergänger si vous passez par là.. au sujet de votre ‘post’ de 18h49 sur la rdl (sur le policier qui a refusé de serrer la main de H et V) un post censuré signalait que c’était en signe de protestation contre le manque de moyens dans la police , et rappelait que nab premier avait supprimé 12000 postes ans la police entre autres suppressions (hôpitaux enseignants etc ) et s’apprête à faire pire s’il est élu – juju ne fera pas très différemment)

Jack Algood dit: 17 juin 2016 à 19 h 35 min

Emporté par votre propre élan vous avez oublié qu’ici on ne parle ni d’argent ni de politique. Benicio Del Toro, c’est du cinéma./

Annelise dit: 18 juin 2016 à 3 h 26 min

16juin 16h39, pas de problème Paul. Plaisir de vous lire ici ou chez vous.
Aparté & Jacques Toubon au-dessus, quel rapport?
A.Brevet qui m’a laissé « I’m sticking with you» : je ne résiste pas au piano malhabile exprès du Velvet sur cette comptine. Le summum c’est « Sunday morning », berceuse égrenée par Lou Reed &Nico avec pochette Warhol.
Jibé, la pâmoison suppose une forme d’hystérie avec vapeurs je rougis je pâlis à sa vue dans quelle étagère qui n’est pas chez Sophie Avon de Canal et de la Jérôme Garcin’s team. Son nouveau livre « Le vent se lève » sort bientôt, vous aurez l’occasion de la découvrir.
Prochain billet lundi (un film qui m’a plu)

Jibé dit: 18 juin 2016 à 8 h 13 min

En votre absence, Annelise, on a organisé une petite fête dans votre salon avec les copains. Hormis Christiane, les copines ne sont pas venues. Les joints on circulé et Polo avait amené sa grappa. Le ton a un peu monté, mais l’on a rien cassé. On a aéré la pièce et tout rangé en partant…

aparté d'époque dit: 18 juin 2016 à 8 h 22 min

Annelise aucun rapport avec JT – mais en rapport avec une réaction supprimée (remise, depuis) à un post de WG sur la rdl. Merci de votre indulgence. Epoque difficile..

Gilles dit: 18 juin 2016 à 14 h 34 min

13.50 Ca cause politique sur RDL .Comment faire autrement en ce moment?A moins de rien vouloir voir! AnneLise je vous relisais, 16 juin et 9.53,bon pouvoir d’anticipation.Je vous cite : »le relativisme pas profitable qui fait figurer dans les copies des citations du rappeur Bouba et de Cantat ». Vous avez vu ce foin autour d’Anatole France? Certains l’ont pris pour une femme et ne sont pas contents du piège.
P.Edel 16.35 « c’est au moment de baiser que ça se gâte »: Ya pas que Pavese.maousse tabou.
Sur quoi la prochaine chronique RDC?

jivago dit: 18 juin 2016 à 15 h 11 min

‘Baikal’ ça fait penser à ‘balalaika’
C’est de cette région dont seraient originaires, en partie, les Amérindiens

Annelise dit: 19 juin 2016 à 7 h 27 min

Pour rebondir sur (Davy) Chou : j’ai porté le film ici (découvert à la Semaine critique de Charles Tesson &primé à Cabourg.) « Rumble fish » au Cambodge.
8h13 & 8h22, sono d’autant plus forte que les nuages s’amoncellent ? L’actualité grimace où qu’on soit. Tendu en Russie, la GB sous le choc, Daesh, AlQuaida., heurts sociaux… Ceci est notre monde. Garder les yeux ouverts me parait la moindre des choses. Cinéma, littérature artisans d’acuité.
Lecture av-hier du billet de PE, hier de celui de Pierre sur RdL. Joyce, Lowry, Boulgakov, les grands Sud-Américains digressifs. On ne finit jamais et on n’en finit pas de relire. On termine par morceaux. Repris, laissé, repris. Houle océanique, ça ne s’arrête jamais. Pics, moments étales, coefficients, marées.
Zem, oui la petite bonté dépeinte dans « Vie et destin ». Léviathan, la détermination du père.
Eriksen 15h30 Le Mexicain Inarritu, de « Amours chiennes », « 21 grammes » plutôt que «The Revenant ». Chez Nebbou, vous auriez voulu que Teddy se glisse dans le ventre du cerf?
À lundi

Polémikoeur. dit: 19 juin 2016 à 10 h 26 min

La vie en cabane (devrait) enseigne(r)
le principe de simplicité, de parcimonie.
Evidiablement.

Paul Edel dit: 19 juin 2016 à 12 h 48 min

le Jean Vigo d’honneur est attribué à paul vecchiali.Pourquoi pas? ces jurés savent ce qu’ils font -p

Paul Edel dit: 19 juin 2016 à 12 h 54 min

padon, le post part sans mon accord.. mais je n’ai vu qu’un film de Vecchiali, « trous de mémoire » avec la délicieuse François Lebrun. ce fut 80 minutes douloureuses, opaques, bavardes, interminables,sardanapalesques dans la torture,ces 80 minutes m’ont paru 4 heeures je me débattais au fond du cinéma pour trouver quelque chose de bien à ce film… ce soir là, je me suis juré de ne plus voir un seul film de Vecchiali et dans la foulée, aprés trois calvados, à deux heures du matin, sur le toit d’une voiture, j’ai solennelement juré de ne plus aller au cinéma.
serment d’ivrogne.
mais vecchiali, c’est pus fort que moi, je vous dis: mefiez vous,avant de choisir de voir son « oeuvre »…

Jibé dit: 19 juin 2016 à 13 h 08 min

Je connais son « oeuvre » et j’ai vu son dernier film, hélas ! Du cinéma de patronage, salué en son temps par Pasolini et porté aux nues aujourd’hui encore par les Cahiers du Cinéma… Comme Annelise, je veux bien croire que c’est le producteur de Jean Eustache qui a été primé ?

Jibé dit: 19 juin 2016 à 13 h 14 min

Il faut dire cependant que Vecchiali ne manque pas d’humour. Je l’avais rencontré à l’époque de « Femme, femme », le moins mauvais de ses films. Il s’était présenté comme cinéaste X : il a fait polytechnique et s’est fait remarqué en insérant des séquences pornographiques dans ses films…

Emmanuel dit: 19 juin 2016 à 13 h 30 min

Toutafait, Annelise ce matin .Votre regret au moment de l’épreuve philo du relativisme qui faisait citer par les élèves le rappeur ou Bertrand Cantat: votre ami Passou enfonce le clou en ce moment sur RDL.Le cinéma et la littérature ,l’art en général « artisans d’acuité ». Perfectly agree .Ca peut prendre des formes paradoxales mais obligatoire chez les bons ;And now Fêtes des Peres !

Annelise dit: 19 juin 2016 à 14 h 34 min

« And now fêtes des pères ». Cet après-midi : piscine, Emmanuel?
Jibé 13h08 je crains qu’il y ait de ça – les puristes me sont tombés dessus, offusqués après que j’ai suggéré sur FB que le lien avec Jean Eustache l’avait arrimé à la paroi, empêché de dévisser là où notre PE 12h54 déclarait forfait, en dépit du vas-y vas-y emporté pour se donner du courage. Ou le calva est venu après, pour vous réconforter, Paul? Je n’en ai jamais bu, mais vous me faites penser que pendant que j’y étais (Vecchiali), ça n’aurait pas été de trop – une bouteille pour deux y suffira t-elle à votre avis?
Je ris mais j’espère que le serment, en tout cas plus général effectué sous le coup du désabusement ne sera pas tenu ! Le cinéma, continuez d’y aller, ne serait-ce qu’en soutien moral, en pensant à toutes ces fois où il faudrait m’attacher avec des sangles pour m’éviter de convulser, piquer une colère ou me mettre à hululer dans le noir.
Moins drôle : en parlant d’actualité, Rome qui risque de se retrouver logée à une enseigne 5 étoiles, vous avez vu ça? Turin aussi… une jeune femme là encore qui se présente sous étiquette « apolitique », que les observateurs de tous bords qualifient en réalité de populiste.

Paul Edel dit: 19 juin 2016 à 16 h 11 min

En ce qui concerne Rome, Annelise je peux vous dire que les plus fidèles supporters de Renzi maudissent ceux qui, sous son étiquette de Gauche, dirigeaient la municipalité romaine.
Jamais autant d’argent des recettesunicipales n’a disparu et jamais les connexions avec des maffieux n’avaient été aussi évidentes .la justice italienne a fait son travail et mis en évidence l’association fric, connections douteuses dans l’immobilier, corruption des services municipaux.. Depuis au moins cinq ans , tous les quartiers de Rome sont touchés, deviennent crades, avec chaussées pleines de trous, bus poussifs, de plus en plus rares sur certaines lignes, mal entretenus. Dans mon quartier, vers le Monte Sacro, on voit le soir les rats courir sous les voitures, le long des caniveaux qui bordent des terrasses de café, ou les épiceries .Certains animaux se faufilent pénètrent dans les cours intérieures pleines de cageots..les containers énormes qui bordent les trottoirs sont tous déglingués, pas assez souvent vidés ,et donc les sacs crevés de détritus s’empilent autour, comme de curieux cadeaux d’un noel sale… jamais il n’y a eu autant de tags jamais effacés sur de grands édifices, des écoles,des enceintes de jardin public, des bâtiments administratifs…. jamais vu autant de tambours rouillés de machines à laver, ou des pots d’échappement, ou de jantes, jetés dans les roseaux ou dans les sentiers, sur les rives de l’Aniene,ou du Tibre, jamais je n’ai vu autant de scooters incendiés, réduits à une armature goudronneuse et puante , laissés pendant des semaines dans de rues résidentielles, sans qu’aucun service municipal s’en occupe.
Il y a dix ans, Rome n’était absolument pas dans cet état lamentable, avec, de plus, dans le centre historique, une anarchie de vendeurs à la sauvette.. Je crois que c’est un vote de désespoir de beaucoup de romains pour les »insoumis » de Beppe Grillo. Franchement je comprends que les romains manifestent leur mécontentement pour les anciennes équipes au pouvoir.
Dans les pages romaines des journaux(Repubblica ou il Messagero ) j’ai vu des photos de l’ancien maire, sifflé par la population quand il sortait de chez lui..on peut tourner un film: « affreux, propres sur eux, et corrompus »,les journaux en ont donné le scénario..

Annelise dit: 19 juin 2016 à 16 h 52 min

Eh oui Paul je suis d’accord.Les démocrates y ont perdu des plumes qui pourraient s’ajouter à du goudron lors de la municipale. Votre titre est impecc. Pour Rome, vous comme moi c’est « nous l’avons tant aimée » . Il y a deux jours le Florentin Renzi citait Dostoïevski au Davos russe, laissant de glace un Vladimir Poutine préoccupé surtout de géopolitique à St Pétersbourg.
Emmanuel 13h30, du moins est-ce comme ça que j’entends mon « cinéma et littérature artisans d’acuité » : la politique, je ne suis pas sûre qu’elle soit obligatoire exactement comme vous dites, ni que ce soit la mesure pour distinguer les bons des autres. En revanche elle n’est pas séparée et oui, les bons je crois n’ont d’autre choix que de s’y pencher comme ils peuvent, certes à leur façon, parce que cela les atteint, ils sentent venir le truc et arrive un moment où se mettre la tête sous l’aile n’est plus possible.Mais vous le savez.

Jibé dit: 19 juin 2016 à 19 h 28 min

Un film sans aucun doute plus réaliste qu’esthétique, contrairement à la Grande Bellezza de Paolo Sorrentino !
Pauvre nouvelle mairesse, elle va avoir bien du boulot…

Annelise dit: 19 juin 2016 à 19 h 33 min

19h15 un petit Scorsese méconnu que j’ai toujours aimé, avec un Griffin Dunne en sueur tombant de Charybde en Scylla et la « Sandy » malmenée par Dustin Hoffman et Bill Murray grâce au scénario de Murray Schisgal dans le Tootsie de Pollack (quand Michael /Dorothy se glisse sur la banquette, commandant un vermouth avec zeste tout en pelotant le pauvre agent éberlué)

cecil saint laurent dit: 19 juin 2016 à 21 h 35 min

Annelise dit: 19 juin 2016 à 16 h 52 min
Les démocrates y ont perdu des plumes qui pourraient s’ajouter à du goudron lors de la municipale. Votre titre est impecc. Pour Rome, vous comme moi c’est « nous l’avons tant aimée » . Il y a deux jours le Florentin Renzi citait Dostoïevski au Davos russe, laissant de glace un Vladimir Poutine préoccupé surtout de géopolitique à St Pétersbourg

La géopolitique a cela d’intemporel qu’elle défile beaucoup plus lentement qu’au rythme de vingt-quatre images par seconde … « La situation de l’histoire des affaires est unique. Vingt ans après la Terreur, n’importe quel historien pouvait dire ce qu’il pensait de la Terreur ; vingt ans après le 18 brumaire, n’importe quel historien pouvait dire ce qu’il pensait du 18 brumaire ; vingt ans après la Terreur blanche, n’importe quel historien pouvait s’exprimer librement sur la Terreur blanche ; vingt ans après le 2 décembre, on pouvait parler du 2 décembre selon sa conviction ; vingt ans même, pour prendre un événement plus rapproché, après l’arrestation de Caillaux sous Clemenceau, on pouvait défendre Caillaux si on le voulait, ou en tout cas écrire un livre d’histoire absolument libre sur ce qui s’était passé entre 1914 et 1918. Mais vingt-cinq ans après le 18 juin, j’apprends par le réquisitoire qu’il est interdit de le commenter… »

Annelise dit: 19 juin 2016 à 22 h 45 min

Mais Caroline, ma chérie, qui en décide? Si vous attendez de pouvoir dire, ou d’avoir l’impression qu’on a envie que vous disiez, c’est rarement le bon moment, vous risquez d’attendre longtemps. Tout se passe le plus souvent à l’insu du plein gré général, un rapport plutôt à la nécessité que vous sentez croître, grâce à quoi c’est vous qui rendez lisible peu à peu une forme ou un contenu jusqu’ici fondus dans le motif du tapis et les donnez à voir ou à entendre aux autres. Pour ça que les universitaires qui font fonctionner l’intelligence, qui mobilisent uniquement des connaissances véhiculent moins de vérités toutes chaudes que des romanciers qui n’ont ni ces moyens, ni ce désir. Eux s’immergent, ont à faire la tambouille avec ce qu’ils ont et ce qu’il y a, s’ils veulent être nourris. Ils ne font pas exprès, je ne dis pas qu’ils sont supérieurs mais qu’ils sont obligés. « Il est interdit de » en soi n’arrête pas grand-chose. Regardez Boulgakov, tous ces éléments parus clandestinement dans sa satire du système soviétique où le chat sautille en lançant des sorts farceurs, où les péchés s’inscrivent en pourrissement du genou et tunique déchirée.
J’aimerais en discuter plus avant, mais telle que vous me voyez, je mets la dernière main au billet de demain. Il faut que je termine, méfiez-vous de ceux qui changent de pseudos comme de chemise, en particulier les Laurent, les Jacques Laurent, les Laurent Cély

temps x dit: 20 juin 2016 à 21 h 57 min

Ah! Les prédictions « mire laine » de Paco Rabanne nous avaient bien fait rire … Le Gers s’en est depuis redressé

temps y dit: 20 juin 2016 à 22 h 42 min

Possible, mais on n’en menait pas large à l’époque

Vous-même, où serez-vous le 11 août ?

En Bretagne, où j’ai passé toute mon enfance. En compagnie de mon fils adoptif je l’espère.
[...]

temps y dit: 20 juin 2016 à 22 h 45 min

L’itw qui jette un froid en son entier

Voici l’interview accordée à Philippe Romon pour le magazine « L’événement ».

Un grand moment de vérité à lire et relire pour mieux comprendre la vérité vraie.

L’Evénement : Paris à feu et à sang le 11 août prochain… Une catastrophe terrible, provoquée par l’écrasement sur Vincennes de la station orbitale Mir… Comment cette vision vous est-elle venue ?

Paco Rabanne : C’est une longue histoire. . . En 1951, j’avais dix-sept ans, j’entreprenais des études d’architecture aux Beaux-Arts. Je marchais le long des quais de la Seine quant tout à coup, comme dans un flash, j’ai entendu quelque chose d’effroyable : des dizaines, des centaines de gens brûlant vifs qui couraient dans les rues de Paris en hurlant. Leurs cris étaient si distincts et si terrifiants que j’ai dû me boucher les oreilles pour ne plus les entendre. Certains se jetaient dans la Seine, où ils continuaient de se consumer. Lorsque cette vision pris fin, j’ai regardé autour de moi : tout était parfaitement calme.

Mais comment en êtes-vous arrivé à la conclusion que cela se passerait le 11 août prochain ?

Tout est dans le soixante-douzième quatrain de la dixième centurie des Prophéties de Nostra- damus : l’an mil neuf cent nonante neuf sept mois

Sept mois.., c’est donc le mois de juillet ?

Oui, mais le calendrier employé par Nostradamus est en décalage de dix jours… et il faut compter sept mois à partir de janvier, ce qui nous fait arriver à la fin des dix premiers jours d’août, vous comprenez ? Et c’est précisément le 11 août qu’aura lieu la plus grande éclipse du siècle. Celle-ci s’accompagne d’une conjonction astrale particulièrement inquiétante pour notre pays. Je vous rappelle qu’en inversant 1999 on obtient 6661, soit 666, le nombre de la Bête, accolé à 1, le chiffre de Dieu : l’affrontement entre le Christ et l’Antéchrist annoncé dans l’Apocalypse !

Admettons… Mais tout cela ne nous explique pas le crash de Mir.

La clé est chez Nostradamus, une fois de plus. Le sixième quatrain de la troisième centurie dit : «Chevaux, boeufs, hommes : l’onde mur touchera.» L’«onde mur», ne serait-ce pas l’évocation de l’odieuse Mir ? Retournez le «u» de mur et vous obtenez un «n». Or le grand «N» se prononce « i » dans l’alphabet cyrillique. Nous avons donc l’équation suivante : Mur = Mnr = MNR = Mir !

Il fallait y penser… Mais pourquoi Paris ?

Nostradamus parle du «fort Nicene» : c’est évidemment du château de Vincennes qu’il s’agit. Saviez-vous que de Gaulle lui-même avait renoncé au tout demier moment à y installer son gouvemement ?

Et pourquoi le Gers ?

Mir est une station orbitale montée de bric et de broc, et constituée de divers vaisseaux arrimés les uns aux autres qui vont se séparer en plusieurs morceaux en entrant dans l’atmosphère : certains tomberont sur Paris, d’autres sur le sud-ouest de la France. On peut aussi envisager qu’un vaisseau de type Soyouz, en tentant de relever l’orbite de Mir, soit finalement entraîné dans sa chute et tombe par là-bas. Je n’ai rien contre cette région, mais les quatrains de Nostradamus sont éloquents. Je n’y peux rien.

Votre livre est sorti ce printemps : vous auriez tout de même pu nous prévenir avant !

Mais je n’ai su exactement ce qui allait cauer la catastrophe qu’il y a deux ans, lors d’une conversation avec un chercheur en aéronautique du CNRS. C’est lui qui m’a mis sur la voie de Mir, ensuite j’en ai eu la confirmation chez Nostradamus.

Quels seront les signes avant-coureurs de cette catastrophe ?

Le tonnerre et, disent d’autres prophéties, une grande croix blanche sur Paris dont le centre sera rouge vif. Quand vous apercevrez ces signes, fuyez ! Car il est dit que ce jour-là, le premier jour, vous pourrez encore sortir de la ville. Le deuxième jour, vous en serez prisonnier; le troisième jour, vous y périrez ! Alors fuyez, je vous en conjure, fuyez !

Vous-même, où serez-vous le 11 août ?

En Bretagne, où j’ai passé toute mon enfance. En compagnie de mon fils adoptif je l’espère.
[...]

Sommaire

Annelise dit: 21 juin 2016 à 6 h 45 min

Mais quel rapport avec le Grand Blanc de Safy Nebbou, temps Y ? Le Gers détruit, vous craignez la pénurie de foie gras et songez à aller éponger votre chagrin sur les bords du lac en jouant de la balalaïka ? Rejoignez nous plutôt à Anvers.

René Boivin dit: 21 juin 2016 à 17 h 35 min

Plat pays pour plat pays, je serais vous, le temps de la formulation d’une hypothèse, temps y, la menace sur la Bas-Armagnac étant jusqu’à nouvelle prédiction derrière nous, je m’écraserais à Anvers

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