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La République Du Cinéma

« De sas en sas » : parfum de femme en carcéral

Par Annelise Roux

Depuis l’explosion médiatique des séries télé, « Orange is the new black » explorant sur Netflix le quotidien de Lichfield, une prison de femmes dès juillet 2013, ou « Wentworth », débarqué deux mois plus tôt de l’autre côté du Pacifique, un regard renouvelé a été jeté sur l’univers carcéral.
En France, Rachida Brakni braque le focus non plus côté détenues, mais sur ces femmes qui viennent dans des prisons d’hommes retrouver un proche, un mari, un frère, un père.

En l’occurrence, Fleury-Mérogis, plus grand centre pénitentiaire d’Europe. L’été caniculaire n’arrange en rien le sentiment de promiscuité en cellule, ni par ricochet dans l’enceinte de ce que Michel Foucault baptisait une « institution totale » : cet univers très ritualisé de passage des portes, multiples contrôles avant d’arriver au parloir, où on va vite s’apercevoir que rien, comme d’ailleurs dans la plupart des tribunaux, n’est organisé pour le confort des visiteurs ou des accompagnateurs comme si la punition devait nécessairement faire tache d’huile, englober le groupe familial ou amical.
Il faut y avoir été, s’y être frotté de près pour restituer ainsi quelques traits saillants tout en s’efforçant de ne pas les rendre trop caricaturaux : les comportements des surveillants et des gardiens, les « matons » comme on les appelle détenant une part d’arbitraire dont ils usent à hauteur de leur propre humanité et de leur propre réflexion… à Fleury comme dans la plupart des centres, flagrant de noter qu’il n’y a généralement que très peu d’hommes venus en visite. Rachida Brakni fait montre d’observation en ne mêlant à son groupe de femmes qu’un seul homme âgé.

Nora (Zita Hanrot, qui confirme depuis « Fatima » de Philippe Faucon une indéniable présence d’actrice) et sa mère Fatma (Samira Brahmia) sur le parking, attendent l’ouverture de la première porte. La mixité sociale, ethnique, autre réalité inattendue ? Fabienne Babe, Meriem Serbah, Judith Caen, Souad Flissi… Bon de le montrer : des femmes que l’emprisonnement d’un tiers réunit, qui n’ont éventuellement pas grand-chose en commun, sinon ce dépouillement obligatoire qu’elles subissent en arrivant, entrant dans l’enceinte. Parfois novices, débarquant à peine du bled, parfois étudiantes, parfois rompues à ce drôle de parcours du combattant émotionnel qui ne ménage pas toujours comme il faudrait la dignité ou demande un certain art des négociations (« on ne pourrait pas faire des arrangements ? »), elles essuient finalement une forme de lutte éprouvante. Tentative de rester belle, tractations pour améliorer le confort de celui qui est derrière les barreaux, dénuement de certaines qui n’ont pas tout à fait les mots pour le dire. La barre de chocolat glissée dans le voile est un classique dérisoire qui illustre les petits moyens, aussi la tendresse rémanente, dans un cadre marqué par la violence et la dureté, si peu fait pour l’accueillir.
La mise à l’abri problématique des enfants affrontés à un parent incarcéré qui, fût-il en prison, demeure un parent… l’exténuation qui peut conduire une femme à envisager de priver un compagnon de sa parentalité, en ne venant plus.  Rachida Brakni a souhaité livrer sans trop d’édulcoration ni de manichéisme des images de surchauffe, d’inconfort décuplés par l’enfermement. Ce sentiment diffus, malaisé, culpabilisant contre lequel ces femmes ont également à se défendre d’une faute qui éclabousserait l’entourage alors qu’elles viennent apporter du soutien, et qu’on oublie parfois combien elles aussi en auraient besoin.
La mise en scène rend compte du son, cette résonance sèche du métal dans les coursives dépouillées, compliquées, rapidement glauques même si on voulait y ajouter des fioritures, des parloirs, le gondolement de canicule du gondron auquel le surpeuplement des prisons achève de rendre un écho vite intenable. L’étouffement mais aussi, en particulier grâce à une guitare et un harmonica presque western insolites et provocants, l’énergie revitalisante de ses petits soldats du quotidien féminins.
La strophe de Bashung est révélatrice : « je passe de sas en sas, et tes visites s’espacent »… Le film de Rachida Brakni est au contraire une dédicace à celles qui continuent d’y aller.

« De sas en sas » de Rachida Brakni (sortie en salles le 22 février)

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70 Réponses pour « De sas en sas » : parfum de femme en carcéral

JiBé dit: 21 février 2017 à 10 h 20 min

« Il faut y avoir été, s’y être frotté de près »

Fille, femme, soeur de taulard ou simple visiteuse de prison, Annelise ?

Gilles dit: 21 février 2017 à 12 h 41 min

Ha? me rappelle de Rachida Brakmi actrice (beaux yeux noirs ). Inconnue au bataillon comme cinéaste.Première oeuvre ? la série netflix en tenue orange cartonne .ça a fait le buzz à la Breaking bad& Walter. En passe de devenir un genre comme les films de procès ?(Là on est du coté extérieur qui vient en visite?) pas trouvé trop de titres qui se passent en prison . »Papillon » ,contre le bagne? Alcatraz( Eastwood)?

Paul Edel dit: 21 février 2017 à 13 h 02 min

Le film de prison qui me fascine c’est « the criminal », de jospeh Losey,(1961) avec Stanley Baker.Ambiance garantie.les anglais sont très forts pour décrire quasiment en documentaristes ce qui se passe entre matons ,et la hiérarchie entre prisonniers.

J.D dit: 21 février 2017 à 13 h 11 min

bel article indeed dear Feygele … pas lu celui de Libé.Celui du Monde pas mal ,moins fin que le votre.Vous allez au but en deux coups de cuillère à pot.Emmener des gosses à Fleury fend le cœur …encore plus de ne pas les emmener?

christiane dit: 21 février 2017 à 13 h 47 min

Il y a ce bus, aussi, partant de la place Denfert-Rochereau et desservant les 3 centres de Fleury : mineurs, hommes et tout au fond : femmes. Que des visiteurs qui parfois sympathisent.
Il y a l’attente longue car si on rate l’appel de la visite, on ne peut plus rentrer. S’il fait beau sur la pelouse, s’il pleut dans un abri sympa. On peut y décrocher un café si on a de la monnaie. Puis après le dépouillement et la vérification des papiers… On peut déposer un colis. Tout est fouillé. Un jour on m’a refusé un pull. Il était bleu marine… couleur réservé au personnel. Puis le casier où on laisse tout ou presque. Puis, encore, l’attente… dans la pièce minuscule avant l’accès aux parloirs. Là comme on ne peut avoir ni livre ni crayon, c’est l’attente nue. On parle avec le voisin. On joue avec un enfant. Même pas un petit coin jeu pour eux.
Puis les parloirs. La porte est verrouillée après notre entrée et on attend, encore… face à un vide de l’autre côté de la séparation en béton. Les portes internes s’ouvrent et elles arrivent, pomponnées, un peu mutiques, sourires tremblotant. Dans le couloir derrière les portes vitrées passent les surveillantes. On a peu de temps pour sortir de sa poche un petit carré de chocolat qui n’a pas été détecté par le portique parce qu’on a remplacé le papier métallique par du papier. Et alors. Que dire ? On tourne autour de l’essentiel. C’est long et c’est court… Puis en sortant,(après vérification de l’empreinte luminescente car un jour un visiteur a troqué sa place contre celle du prévenu qu’il était venu visiter !) si on n’a pas de voiture, on attend à nouveau le car pour Denfert-Rochereau. On passe devant les immeubles où habitent la plupart des surveillants. On roule, sans arrêt. Mêmes visages, plus graves, plus pensifs…
Des sillons comme un labourage du temps qui passe… différemment d’un côté et de l’autre du mur.
Puis la douche. L’odeur de la prison reste. Elle est dans la tête.
Elle m’a dit : -La première chose que je ferai en sortant de là, c’est me balader dans Paris, m’asseoir à la terrasse d’un café, siroté une mousse et regarder passer les gens.

Sylvain dit: 21 février 2017 à 13 h 59 min

Losey immense,Paul.& Dans son style, »La grande évasion »?Ou furio.

dans le ciné franco-français,vu du point de vue féminin et du dehors on est moins gâtés.

R.brakni VS Dati.La prems est plus sympa!

J.d dit: 21 février 2017 à 14 h 07 min

Les films de procès UK sont aidés par le cérémonial perruqué,Paul E.Tout de suite ça plante la dramaturgie .Quand Ali parle des « rituels  » pour le parloir ce n’est pas la même pompe. A Merogis il ne doit pas y avoir de cabinets de toilette comme il faut .Ces dames ont intérêt à apporter des lingettes pour arriver fraîches. Des coins particuliers sont-ils seulement prévus pour le regroupement familial? Dans des pays du nord réalistes on commence à réaliser que laisser aux prisonniers l’opportunité d’une vie sexuelle ,plus efficace pour l’intégration que bien des formations.

christiane dit: 21 février 2017 à 15 h 37 min

Sylvain, je l’ai vécu.
J’ai découvert comme on s’habitue, passée la première visite. Comme tout devient presque banal dans cette reconduction à l’infini, des visites. Les saisons passent. On finit par trouver deux sortes d’enfermés dans ce lieu, les surveillants et les détenus, noués par les mêmes rites, les mêmes horaires. Les femmes surveillantes durcissent leur apparence pour être respectées (coupes de cheveux masculines – grosses chaussures- uniforme – rudesse du langage…) Faut dire qu’il y a de drôles de costauds tatoués dans les visiteurs, d’autres humbles et un peu honteux…
Les murs deviennent poreux. Passé l’acte qui a conduit à cette incarcération, les détenues redevenaient des femmes, tellement semblables à d’autres femmes. Un jour, un faux-pas, et la vie vient s’échouer, là, dans l’usure du temps qui rétrécit les rêves et rend prioritaire des petits besoins quotidiens plus que les projets du passé ou ceux impossibles de l’avenir. Dans ce centre, beaucoup tombent à cause du trafic de la drogue, des très jeunes femmes, très jolies. Ce qui trouble la monotonie c’est la présence des enfants. Que leur a-t-on dit ? Cette mère devient au fil des mois un peu moins présente. Ils s’attachent aux présences qui ont pris le relai et semblent presque s’ennuyer dans ce lieu gris et triste. Alors que pour les mères c’est un déchirement contre lequel elles luttent maladroitement.
La vie, au-dehors est parfois plus difficile mais elle a cette qualité de la liberté, des portes qu’on ouvre quand on le veut. Les arbres, le vent, l’espace.
Heureusement il y a une salle de sports bien équipée où certaines entretiennent leur corps, leur combattivité.
Non, je n’ai pas vu le film dont Annelise parle si bien. En ai-je besoin ? Envie d’oublier ces années-là… Les années du bus Denfert-Rochereau… près de de ceux qui partent pour Orly…

Annelise dit: 21 février 2017 à 16 h 11 min

Phil 15h11 j’ai demandé à revoir AU RALENTI les videos des Village People lancés par le frenchy Jacques Morali, « YMCA » and « In the navy », hélas pour vous (et Roro 15h39?) en effet je suis formelle : un policeman, un Indien, un militaire un cow-boy un ouvrier et un motard mais pas de maton ! On ne peut pas gagner à ts les coups. Soyez beau joueur
Christiane votre oeil concerné serait pourtant tout indiqué sur le film de Rachida Brakni. L’attente interminable que vs dépeignez par exemple y est décrite

Gilles dit: 21 février 2017 à 16 h 18 min

J’avais jamais pensé à ça .Il n’y a pas beaucoup de visites hommes? Ca renseigne sur le côté paternel qui doit être absent ou n’ose pas…quoi d’après vous? Pourquoi les femmes y vont et moins les hommes ? Dans les hopitaux c’est la même chose.On fait les kadors d’un coté et on se défile quand ça devient chaud ou demande autre chose que le courage physique. Olif c’est JC qu’a ressucité?

Annelise dit: 21 février 2017 à 16 h 32 min

Gilles ce serait bien ds le genre de JC de ressusciter
Christiane j’ajoute que je souscris au Sylvain 14h21 concernant vos deux posts
Phil, pour conclure, si vs n’y tenez vraiment plus je vs enverrais pour une revoyure d’Éperdument, avec Guillaume Gallienne et Adèle Exarchopoulos..en attendant Godeau(Pierre). Ms oui, et parce que la gaieté, pour belle soit-elle éventuellement, ne se mange pas non plus en salade(s), Rachida Brakni

Loicdeangelis dit: 21 février 2017 à 16 h 40 min

Dans le temps,j’avais bien aime Brubaker avec Robert Redford,de Stuart Rosenberg(un réalisateur spécialise dans les prisons..Luke la main froide avec Paul Newman)Brubaker avait été taxé de gauchiste aux US,je me souviens, car on voyait les visages désemparés des familles au parloir…

Phil dit: 21 février 2017 à 16 h 45 min

Merci Annelise, à chacun nos enfermements, j’avoue, celui de la cinéphilie n’est pas le moindre. siège et noir profonds pour consommation d’argentique, préférée au dcp

Annelise dit: 21 février 2017 à 17 h 01 min

Loic 16h40 eh oui Brubaker ! Je ne sais plus qui a écrit qq part en amont que vs sembliez balèze, je confirme qu’on dirait, oui

Annelise dit: 21 février 2017 à 17 h 16 min

un excellent film de prison remis en tête que celui-ci…avec Yaphet Kotto, fils de prince camerounais. Redford a touché à bcp de styles avec talent. Quelle plasticité…un article de Thierry Frémaux le concernant ds GQ « Gentlemen’s Quaterly », acheté par hasard, ayant appris qu’y figurait un article sur Central Saint Martins, collège d’art anglais dont le webmaster qui m’assiste ici de son indispensable talent &soutien, S., est diplômé…mais aussi Paul Smith, Galliano, Pierce Brosnan, Colin Firth, Stella McCartney, Alexander McQueen, Damien Hirst.. je songe à leur dire, pour S…ça leur fera certainement plaisir

Sylvain dit: 21 février 2017 à 17 h 40 min

brubaker:le directeur se mêlait aux prisonniers.

Rachida brakni c’est la vie des accompagnantes,Ali?regard sur comment on les traite?

Loicdeangelis dit: 21 février 2017 à 17 h 42 min

Ah j oubliais (ou ais je la tête !)Friday Foster ,en 1975, la scene dans un jacouzy avec la délicieuse Pam Grier(le charme de cette fille …). Je pense que le prince de new-York camerounais. Devait être aux anges….Ellis(island)

Annelise dit: 21 février 2017 à 17 h 51 min

…je passe de sas en sas, ms ne démordez pas du film de Rachida B, même si le labyrinthe conduit l’homme habile à des étreintes loin du réconfort, passez le plus clair du temps restant ds les salles obscures

Loicdeangelis dit: 21 février 2017 à 18 h 01 min

Chère Annelise,je n ai pas vu ce film.Mais, visiblement les visiteuses liées par le sang ou par le cœur,aussi bonnes actrices qu’elles soient,ne sont elles pas trop colorisees.Je m explique.Le noir et blanc(Delaporte,Godard,respect) n aurait il pas été plus judicieux ou y a t il eu une tentative Ken Loachienne de cinéma-docu dans la banlieue est de Manchester ?

Gilles dit: 21 février 2017 à 19 h 27 min

« Une institution totale » selon Foulcaud .Les autres ce sont les sectes et l’église &l’hopital.L’université?.. je rigole. L’autre grand film sur ce style d’institution totale :Vol au dessus d’un nid de coucous…
Rachida B est courageuse de s’attaquer .Annelise,quand on sait les chiffres au sens strict vous croyez qu’on peut parler de mixité sociale?(Ne me taxez pas d’être pro LPen au contraire!!)Question fréquentation on doit avoir plus d’écartés du système que de bobos et goche caviardeuse qui ont volé des bonbons au Simply.Trop bien encadrés pour se faire avoir.Les parents envoient des avocats pour les sortir de là ou j’ai tout faux? Ceux qui sont à Fleury entassés en cellule aux wc bouchés c’est sûrement pas ça…

christiane dit: 21 février 2017 à 20 h 30 min

Oui, je ne sais pas… Je ne reconnais pas grand chose dans la bande-annonce, sauf le container d’eau qui permettait de se rafraichir dans la salle d’attente. Mais tout était feutré, silencieux, calme, presque léthargique. Une dizaine de parloirs, un par mois, une année durant, maintenant loin dans le passé. Des beaux souvenirs aussi : dans le bus, une femme qui descendait à l’arrêt des hommes. Elle s’était attachée à un détenu qu’elle allait voir, d’abord comme visiteuse de prison. Elle se remaquillait avant l’arrêt. Des hommes aussi, des gros durs tatoués. Ils venaient voir leur femme, se connaissaient. Sur l’herbe, ils m’ont offert un dessert. Puis on a parlé. L’un d’eux m’a dit. Être de l’autre côté, ça peut arriver à tout le monde… En entrant, il m’a montré comment faire le code pour programmer les visites. Un gamin aussi avec sa grand-mère. Il s’ennuyait. Je lui ai chanté la comptine « un petit lapin… » en tapotant dans sa main. Il riait aux éclats. Tout le monde a souri. Il parlait espagnol, la mamie aussi. Ce n’était pas un problème. Mais j’étais surtout mélancolique quand j’allais là-bas. Il y avait autant d’hommes que de femmes. Un jour, un père, élégant, fatigué. Il venait de Bordeaux, avait roulé toute la nuit pour voir sa fille, tout honteux. On a un peu parlé. Il ne comprenait pas pourquoi tout avait basculé pour elle…

JiBé dit: 21 février 2017 à 20 h 36 min

Vus deux films cet après-midi.

« L’Indomptée », dont la fiction gentille autour des fantômes du lieu m’a moins intéressée que son aspect documentaire dans la villa et les jardins de la villa Médicis : splendides points de vues sur Rome, « la ville la plus historique et la plus propice à l’imaginaire » dixit un vieux document du début du XIXe siècle sur l’école.

« David Lynch », documentaire de création plus intéressant sur le cinéaste américain. Comment son imaginaire et sa formation de plasticien l’amèneront à son film le plus absolu « Eraserhead » ! Lynch, meilleur cinéaste que peintre, comme Fellini ou Pialat…

Emmannuel dit: 21 février 2017 à 21 h 25 min

Christy 20.30 t’es une femme bien ; t’mas bouleversé avec le maquillage,qu’meme pour toi chui prêt à mettre plusse de lettres dans mon phrasé; cébon kdé femmes komtoi elles chantent lptit lapin ..; Rachida brakni peut l’être fière dtoucher des femmes danton genre.:; le père qui venait dbordeaux, si ça strouve ,c’était lpapa d’Annelise qu’avait ete mise en prison?..;la ptite délinquante dnos coeurs ; lbillet sur »sas en sas » fait lgros casse dlesprit.;après l’avoir lu jme sentais tout chose ; ton post yma achevé.;.
Pam grier du hells angels ,céselle ka rêvé toute sa vie d’être hotesse de l’air chez Q.Tarantino;..?Jvais resté à rachida Jibé 20.36, fais excuse.. Ali avé déjà vanté le davidelynch,kdu coup chui allé le voir direct … Bonsoir la société.Jte tire dnouveau mon compliment ,Christy..; Jm’inscris au parloir pour aller voir le rachida.

JiBé dit: 21 février 2017 à 21 h 49 min

Que dire « d’Une femme coquette » de Godard (1955) ? La musique de Vivaldi est un peu envahissante, le jeu de l’actrice trop nerveux et les images de la pure illustration du conte de Maupassant : la Nouvelle Vague n’était pas encore au point ! La ville, est-ce Genève ?

Petrus dit: 21 février 2017 à 21 h 55 min

Il y avait bien longtemps que je n’étais pas allé faire un tour du côté de la République du cinéma et je lis le papier d’Annelise le jour où l’on apprend la mort de Roger Knobelspiess… Intéressante coïncidence.
J’ai rencontré Knobelspiess, il y a quelques années, à l’époque où Jean-François Stévenin l’avait pris sous son aile. Le personnage était assez truculent et s’il était innocent des crimes pour lequel on l’avait condamné, il avouait d’autres méfaits en rigolant, parce que pour ceux là, il n’avait jamais été inquiété.
J’ai rencontré un jour des détenus de la maison d’arrêt de Montauban pour parler littérature, sous l’égide d’une sympathique bibliothécaire. C’était la première fois que je mettais les pieds en prison et si j’ai bel et bien été impressionné par les innombrables grilles, les serrures et les mesures de sécurité, l’ensemble ma néanmoins paru bon enfant. Détenus détendus, gardiens cool. J’ai cherché en vain des signes de nervosité, d’angoisse, de violence latente : rien. Tous étaient souriants, sérieux, attentifs. Les lieux étaient aussi propres qu’une clinique suisse. J’en suis venu à me demander si je n’étais pas victime d’une mise en scène (comme celle décrite dans le « Premier cercle » de Soljenitsyne) ou d’une caméra cachée tant cela cadrait mal avec l’image que j’avais de la prison. On m’a expliqué ensuite qu’une maison d’arrêt n’avait rien à voir, hélas, avec une Centrale. Ah bon, quand même.
Pour en revenir au cinéma, merci à Paul Edel d’avoir cité Losey. Pour ma part, dans le registre « film de prison » j’ai une tendresse certaine pour « the Shawshank redemption », tiré d’une grosse nouvelle de Stephen King, avec Tim Robbins et Morgan Freeman.

Delaporte dit: 21 février 2017 à 23 h 23 min

« Une femme coquette » de Godard n’est pas si inintéressant que ça. On y sent, à travers un marivaudage un peu léger, tout ce qui va faire l’éclat du cinéaste : le travail sur le jeu de l’actrice (ici très, peut-être trop poussé), ainsi notamment que la clarté de la narration qui doit tant à des grands classiques. La forme, le tempérament n’avaient plus qu’à se fondre dans une modernité radicale, et c’était la naissance d’un des plus grands cinéastes de notre temps. Rétroactivement, cela se voit avec délices.

JiBé dit: 22 février 2017 à 7 h 42 min

« la clarté de la narration qui doit tant à des grands classiques. »

Oui, D., c’est aussi émouvant que la découverte du film sur Marcel Proust, mais c’est contraire aux principes de la Nouvelle Vague !

JiBé dit: 22 février 2017 à 8 h 17 min

Ce qui est propre aux préceptes de la NV, en revanche, c’est le tournage dans la rue et le décor naturel de la ville…

Roro dit: 22 février 2017 à 9 h 24 min

« Au rayon nostalgie, un beau film de prison brésilien, de strass en strass, « Le baiser de la femme araignée » »

Adapté du roman de Manuel Puig, écrivain argentin

Annelise dit: 22 février 2017 à 9 h 59 min

Bien d’accord avec Delaporte sur le « rétrospectivement, avec délice » et Jibé pour le turban de William Hurt, délicat chez Babenco d’après Puig (Roro)
Petrus, « Les évadés ».. Jeu set et match de votre part (avec Brubaker)… un bon Tim Robbins, Andy Dufresne qui envoie inlassablement des lettres afin de constituer un fonds de bibliothèque, qui demande une bière pour ts en récompense de l’effort qd ils goudronnent le toit en plein cagnard, qui s’enferme pour passer Mozart ds les hauts-parleurs quitte à se faire rosser par le personnel sadique. Et Morgan Freeman en « Red »… le tampon de la dernière chance qui ratifie sa sortie alors qu’il n’y croyait plus, symboliquement m’a aidée parfs dans ma propre vie ! Et Bobby qui apprend à lire… et le directeur pourri jusqu’à l’os, l’affiche d’Ursula Andress (?), le capitaine vicelard qui pleurniche qd on l’arrête. Le personnage de Brooks qui ne peut se faire à l’extérieur…le corbeau et l’inscription, « Brooks was here » sur laquelle Red « qui ne peut pas pisser sans demander la permission tant il est habitué »(sic) lève les yeux, belle narration. Je ne l’ai vu qu’à la télé, jamais au cinéma
Rachida Brakni, premier film oui

christiane dit: 22 février 2017 à 10 h 41 min

Jibé,
le petit bout de pellicule, sur lequel on voit le jeune Marcel Proust dévaler les marches de l’église de la Madeleine dans ce cortège nuptial, est une échancrure dans le temps. Fringant, pressé, élégant bien qu’habillé différemment des autres hommes qui descendent les marches, il est celui qui a écrit.
Le plus beau film du monde sans scenario, ni réalisateur. Juste nos cœurs qui battent comme s’il allait surgir de ces images tremblotantes et venir dans notre temps. Ni perdu… ni retrouvé… Présent effaçant le passé et le futur…

JiBé dit: 22 février 2017 à 11 h 00 min

« Présent effaçant le passé et le futur… »

D’où ma difficulté à retrouver sa tombe au Père-Lachaise, l’autre jour, Christiane…

Emmannuel dit: 22 février 2017 à 14 h 26 min

Lbabenco lété bien,Jibé; Ouilliama heurte qui traîne en robdechamb en cellule.;les homos nétaient pas acceptés:;tum diras,en Russie cépa mieux?;
Vapa tballader à moscow qsé défendu par la loi; Putin l’envoie en prison ceux qui respectent pas.;Lafemmecoquette ssafé vintage ,koi; si tu lprends pas commssa tu n’apprecies paalabonne valeur?; Loichellsangels 18.01″les visiteuses ne sont pas colorisées » :dans l’esstrait du film de Rachida ya pas que des blondo yeux bleus..:ya des mamans foncées ,des voiles:; quand tu vas à fleury ça doit êt comme ça..;l’harmonica lébon..;vais ptete y aller..

Olif dit: 22 février 2017 à 14 h 51 min

J’avoue que je suis con, j’avoue que je poste n’importe quoi pour tuer le temps quand j’achoppe sur un os dans mon boulot, et je n’avais pas l’intention de recommencer, mais me prendre pour JC, c’est la pire insulte qu’on puisse imaginer.
Con, oui, je le répète ; salaud, non.

Delaporte dit: 22 février 2017 à 16 h 00 min

« contraire aux principes de la Nouvelle Vague »

Godard était un électron libre dans cette nouvelle vague (un jour, on ne parlera plus de la nouvelle vague, mais encore de Godard). Il y a toujours eu, selon moi, une aspiration à la clarté, chez Godard. Une aspiration à la lumière et même à Dieu, même si le chemin est semé d’embûches.

christiane dit: 22 février 2017 à 17 h 06 min

« déroutante », bouguereau, oui, à prendre au sens propre : qui fait sortir de la route, de la rout-ine. Une langue propre à l’écrivain, une création.

Gilles dit: 22 février 2017 à 17 h 45 min

@9.59 Annelise vous donneriez envie d’aller au cinema en courant à une bande de cul de jatte aveugles!
Je vais voir le R.Brakni ce soir ou demain.

Paul Edel dit: 22 février 2017 à 18 h 01 min

Dans ce petit film de Jean-Luc Godard, on reconnait déjà des éléments « godardiens » qu’il développera dans son œuvre :
1) filmer les jeunes femmes avec une tenacité désirante ,de Jean Seberg à Anna Karina, d’Anne Wiazemsky à Maruscha Detmers, de Myriem Roussel à Juliette Binoche.
2) Il aime de longs travellings dans la rue qui annoncent ceux des champs- Elysées avec Jean Seberg et Godard, ou ceux de Masculin/féminin
3) Son gout de filmer l‘écriture au stylo, au feutre, sur un cahier. Les mots, l’écriture comme élément filmique .
4) Utiliser la voix off , pour donner un ton unique de journal intime chuchoté par un prophète invisible au ton assez coupant.
5) Filmer en plein air avec une camera assez fiévreuse.
6 Utiliser Bach ou Beethoven, Schumann, etc..
7) Fidèle à la suisse.. II filme ici Genève dans ses débuts (« un petit soldat ») et il achève son œuvre à Rolle dans ses derniers films.
8) Il part d’un écrivain : ici Maupassant, et passera par Moravia, Edgar po, Lionel White, Faulkner etc.
9) L’utilisation si personnelle du champ/contre champ comme une séparation définitive, vertigineuse, un cloisonnement brutal,un cadre qui enferme le masculin et le féminin, chacun dans sa solitude.. Dialectique angoissée, séparation /blessure. Il creuse le vide entre les sexes.
9) Chez lui, l’impression qu’il filme pour la première fois une rue, des voitures, des passants, avec la même curiosité éblouie que les frères Lumière.
10) Déjà on perçoit sa désinvolture par rapport à un scénario traditionnel (ici Maupassant) ,et une manière de désarticuler le texte initial.

Phil dit: 22 février 2017 à 19 h 17 min

sympa Delaporte lorsque vous quittez la fillonphobie. de là à rendre Godard déiste, il faut être prudent. constellation génético-sociale plus proche de Malle que de Truffaut.

Petrus dit: 22 février 2017 à 19 h 31 min

L’affiche dans « les Évadés », c’est Rita Hayworth.
Belle narration, dites-vous, Annelise ? C’est du Stephen King (apparemment il a également participé à l’écriture du scénario)

Delaporte dit: 22 février 2017 à 19 h 33 min

« de là à rendre Godard déiste, il faut être prudent »

Regardez par exemple simplement la bande annonce de « Adieu au langage », et vous entendrez prononcer le mot « Dieu » immédiatement, comme une invocation oratoire sans ambiguïté vers la lumière (sans oublier que le cinéma, c’est la lumière qui s’incarne).
Godard, c’est aussi un projet de film qui sortira en 2018, pour l’instant mystérieux. Le maître l’a simplement évoqué brièvement dans un média russe :

« Jean-Luc Godard s’est entretenu à propos de son prochain film « Image et parole » avec le magazine russe Seance, révélant les sujets abordés comme la guerre, le voyage, la loi (dans l’esprit de Montesquieu et L’Esprit des lois, souligne t-il), et le dernier qu’il appelle « la Région Centrale », en référence à un film américain « underground » du même nom. »

Phil dit: 22 février 2017 à 21 h 51 min

delaporte, ne connaissais pas la tentation russe de Godard. en attendant de voir, continuons d’écouter cette voix off comme du beau cinéma d’outre tombe.

JiBé dit: 22 février 2017 à 23 h 18 min

Bien aimé le film posthume de Wajda. Heureux de voir que le cinéaste polonais s’est retiré sur la pointe des pieds en beauté. Glauque, la Pologne d’après guerre, sous la poigne de Moscou et pourtant, si désespérante soit-elle, le bleu des fleurs du cimetière sous la neige et le manteau du petit chaperon rouge plein de dignité nous offre encore quelques couleurs d’espoir…

JiBé dit: 22 février 2017 à 23 h 22 min

La question que je me suis posée durant la projection du film : peut-on être un bon peintre et un bon théoricien de la peinture ?

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