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La République Du Cinéma

« Demolition » : atouts cassés

Par Annelise Roux

Davis Mitchell a un accident de voiture. Sa femme Julia venait de lui reprocher une fuite dans le réfrigérateur. Elle meurt à l’hôpital. Chemise éclaboussée de sang, le banquier fringant, étoile d’un gros cabinet détenu par son beau-père est vite rejoint par les parents de la morte, Phil et Margot. Atterrés. Lui va prendre des M&M’s au distributeur. Ça coince. À l’accueil, le réceptionniste lui signifie qu’il n’y peut rien. Il n’a qu’à se débrouiller.
Sur le moment il ne réagit pas. Rentré chez lui, il commence à écrire une lettre de réclamation. Puis deux, puis trois. De plus en plus intimes, délirantes. Karen Moreno, employée de la société qui gère l’appareil incriminé, lui répond.

Après avoir apporté sur un plateau un doublé d’Oscars aux protagonistes de « The Dallas Buyers Club », Matthew McConaughey et Jared Leto, que pouvait avoir à offrir le Canadien Jean-Marc Vallée à Jake Gyllenhaal qui incarne Davis ?
Le jeune veuf, tête entre les mains, suspendu, laisse peu à peu place à un Davis atteint de fringale. Il casse littéralement la baraque. Au début, piano. Quelques broutilles. Très vite, crescendo… À mains nues, d’abord, avant de passer au marteau, à la masse. S’attaquer à du lourd. Il déglingue tout ce qui passe. Mise à plat totale : on éparpille pour tenter de percer quel est le ressort. Éventration des cloisons, abattage des murs. Qu’est-ce qui se tient derrière les décors ? Davis paie des ouvriers de sa poche pour pouvoir les aider à descendre les cloisons, s’abîme physiquement, se parant au passage d’une parodie de stigmate christique. Et fréquente Karen (Naomi Watts), compagne du patron de la boîte qui l’emploie, comme lui fut le vassal de son beau-père en épousant l’héritière en titre.

Chris Moreno (Judah Lewis), le jeune fils de Karen, se cherche. Réfractaire, il dit un peu trop « putain ». Davis prend une raclée par le compagnon officiel. Il emmène le gamin manier le pistolet dans les bois après l’avoir surpris en insolite posture. Toutes barrières franchies : irresponsabilité, aberrations. Il est très calme, sauf quand il fait de la break-danse en pleine rue, joue à saute-mouton, emmène Karen à la réception où Phil, le père inconsolable, souhaite annoncer la création d’une fondation au nom de sa fille unique disparue.
D’une mobilité de trublion, la caméra du réalisateur se détache des conventions comme le font ceux qui déboulent en vrac, imposant leurs figures bizarres pour tenter de reprendre pied. Jean-Marc Vallée à une manière personnelle de procéder à l’autopsie de la confusion. Les deux comparses courent sur la plage. À quel moment peut-on dire qu’on aime ? Sous quels décombres se cachent nos vérités ? Quel déblaiement entreprendre pour les dégager du magma ordinaire qui régit les vies « normales » ?

Grâce à des plans incisifs mais fantaisistes, il ne donne dans aucun misérabilisme alors qu’il traduit la sidération qui s’empare de Davis Mitchell. Irréductible étrangeté de ceux qui ne collent pas au bon timing. L’alignement des pièces démontées par terre vaut pour métonymie.
La consternation du père (un Chris Cooper meurtri, crispé, à l’incompréhension puis au dégoût retenus, au bord de l’implosion et/ou de l’explosion) est poignante. Par d’autres côtés, hilarante lorsqu’il voit arriver le bon élève de Wall Street et ex gendre parfait dépenaillé, complétement à l’ouest, n’ayant que très peu à faire du deuil tel que lui l’entend.
Le film est déroutant, douceâtre, d’une drôlerie empoisonnée à la causticité sens dessus dessous comme met la perte. Les prises de conscience ne se déroulent pas toujours sous le mode convenu, digne chagrin convoqué sur un claquement de doigts… Karen Moreno, qui n’a pas son niveau social obtenu par mariage, redonne à Davis un havre régressif, pas loin de ressembler à un cocon de petite enfance où pouvoir effectuer les réglages. De son côté, Davis qui ne fut peut-être pas un mari aussi attentif qu’il aurait pu l’être endosse de facto une responsabilité de père, tout au moins d’éducateur très spécialisé, auprès du fils de Karen.
La question de l’homosexualité au cœur de « The Dallas Buyers Club » continue d’être posée sans revendication communautariste, au contraire abordée comme une différence parmi d’autres : à moins d’être d’une platitude extrême, « être soi » relève rarement d’une évidence.
Jake Gyllenhaall est confondant avec son visage placide, inexpressif à force de trop plein, d’ahurissement ou de rétention pratiquée, hypnotisé par son désir de détruire les doubles fonds. Atteindre ce qu’il y a derrière. On ne sait pas ce qu’on peut découvrir.

La surprise peut être de faire volte face, se réinventer entièrement ou au contraire retomber sur ses pieds initiaux après des figures d’acrobaties démentes.

« Demolition » de Jean-Marc Vallée

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55 Réponses pour « Demolition » : atouts cassés

xlew dit: 15 avril 2016 à 11 h 07 min

Un certain nombre de critiques ont dynamité le film en cinq lignes (comme l’Homme des bois de L’Obs), vous reprenez en main le chantier chère Annelise, sans casque de sécurité ni chaussures à bouts ferrés, gage de la lucidité, et de la sûreté, de votre expertise.
Comme vous l’avez dit, le film résiste aux tête-à-queue et dérapages que pourraient induire la conduite un peu brusquée de ses métaphores et métonymies. Une parade confirmée par les fondus du montage, sans trop ramener sa science dans l’ébavurage des plans serrés, collé-serrés même, ni exiber sa virtuosité dans la coupe franche ou les jump cuts.
Je découvre que vous ne descendez pas les deux dernières scènes, moi non plus (quelquefois les personnes que l’on accompagne au cinéma dictent le ton lorsqu’elles font part de leur émotion, on s’y plie avec un plaisir étrange).
J’ai cru retrouver un peu de la force des films américains des années quatre-vingt (souvent mésestimés bien que des dizaines d’entre eux soient l’objet d’un culte).
Si l’homme contemporain super-connecté ne se sert que de deux pouces que pour envoyer des messages succints sur son mobile (scène presque comique, pulvérisant cette attitude, de monsieur Mitchell s’attablant dans son living pour écrire, sur le meilleur papier, ses épîtres à Karen), le personnage de Vallée, saisi par le veuvage, n’est pas autant pour cela l’expression d’une image qui s’imbriquerait sans mal dans le scénario de Bryan Sipe (qui semble avoir eu du mal à faire adopter son histoire, à un moment il pensait se résoudre à le tourner en e-cinéma, comme Nicloux le fit avec Gégé, démolisseur de chênes et de sequoias géants dans la forêt d’un cauchemar, poursuivi par Sher Khan et une vingtaine d’amazones qui veulent faire l’amour avec lui pour tester la nature de son gros gun à canons superposés tant vanté par les femmes russes des oblasts de la steppe), c’est peut-être aussi un salut au travail manuel des « burly men », si moqués, voire salis, par les gens toujours propres sur eux qui sont prompts à traiter tout ce qui ne leur ressemble pas et n’est pas susceptible de voter comme eux, de rednecks.
D’accord pour noter le talent tranquille des acteurs (Watts, Cooper, c’est extra) et le dessin de personnages qu’on voit rarement (le jeune Chris, surtout lorsqu’on a un batteur soi-même du même âge à la maison, le genre de petit gars qui ré-expliquent le rock vintage à leurs parents).
J’ai repensé au sauveur de Carpenter joué par Roddy Piper (John Nada, nom très parlant — pourquoi toujours donner du crédit au mythe du « héros mutique » ? — pour le personnage de Gyllenhaal) dans le film de 1988 Invasion Los Angeles, lui aussi allait trouver un peu de réconfort et de force auprès des gars du bâtiment (il porte d’ailleurs les mêmes lunettes de soleil magiques sur l’affiche du film).
C’est plutôt émouvant d’entendre ou de lire lors d’entretiens dans la presse Gyllenhaal ou McConaughey reconnaître qu’ils seraient prêts à jouer ou rejouer des superhéros Marvels à Hollywood alors qu’ils donnent la priorité, avouent-ils, aux films « qui disent quelque chose », sans rien tabler ni miser sur l’argent.
Le visage de Gyllenhaal (surtout lorsqu’on est pas fan absolu), est tout de même assez incroyable, l’indéniable rayonnement de la bonté semble s’attacher à ses traits, l’impassibilité, le manque d’empathie (une denrée rare, et peut-être précieuse dirait Ayn Rand), sont peut-être (paradoxe délicieux de l’acteur) très difficiles à rendre sur l’écran, c’est un débat, une croisade, que menèrent, dans ces colonnes mêmes, certains commentateurs au sujet de Kristen Stewart (hmm, admiration). Sa soeur Maggie offrit une palette d’expressions inouïes dans The Honourable Woman. Faire la part entre le mol et le dur, tout démouler sans rien démolir.

jodi dit: 15 avril 2016 à 11 h 23 min

Bon papier Anne-Lise,qui donne envie.Deux oscars mérités.Avez-vous vu Jared Leto dans « Lord of war »?Cinéma très politique.Le grand-public tente de reprendre la main là-dessus.
Je continue sur votre article « Balkans » d’hier.A la foire de Londres il n’y avait que des polars.Principe de la malbouffe.L’engouement pour la restauration rapide,indice que les gens sont dans le dégout.Un peu partout ça commence pourtant à bouger.Ca me fait penser à ce publicitaire,Philippe Michel,modèle que tout le monde vénère dans la profession.Il disait il ya ceux qui vous aident à comprendre un truc et ça reste,et ceux qui vous bourrent le crâne au lieu de faire appel à l’intelligence.A la fin ça donne une génération de migraineux désabusés.Vos chroniques,c’est version Un.ça fait la difference.

Polémikoeur. dit: 15 avril 2016 à 12 h 18 min

« Demolition » ? Peut-être, en attendant,
rétablissement des « Républiques de la culture »
en cours : bravo ! (même s’il subsiste
un petit problème d’adresse du portail).
Fonctionnement.

Vébé dit: 15 avril 2016 à 14 h 13 min

Quel bonheur en lisant Xlem, Jodi ! D’excellent augure. Après avoir fait mon miel chez Passou, tomber sur la « furiosa » lvdlb coupe les jambes; injures ordurières contre Rose, ou jibé, taxés de »trouduculturies » par la délicieuse…de quoi gâcher la fête.

Xlem, je souscris à vos dires. Il y a un problème de défection des capacités analytiques ou simplement sensitives. « Nuit debout »(pardon je n’ai rien contre eux, mais les dérives après là-dessus sont parlantes), ou 3 millions seulement à regarder Hollande : défection politique encore ! Errance de ceux qui ne savent plus à quel saint se vouer.

On est passé d’une culture de tentative de l’acquisition et de l’approfondissement à des tranches de TF1 servies au distributeur. Je ne pense pas du tout que « c’était mieux avant ». On est passé d’un cinéma attentif au monde, d’une littérature qui regardait la vie à un art pelliculaire qui s’intéresse à son nombril.

Semprun, sartre, ou Richard Millet ,quelque soit ma sympathie pour lui ou ses positions plus que critiquables, remplacés par Annie Ernaux qui nous conte la perte de sa virginité avec un moniteur en colo de vacances, des polars qui se vendent comme des petits pains. Ou maylis de Kerangal en grande prêtresse du pret-à-penser! Cela n’emmène pas très loin, il y a sténose à force.

Jody j’aime bien votre notion de malbouffe; il y a quelque chose d’un espèce d’obésité morbide de l’intelligence en train de gagner faute de nourriture à la hauteur. Les cinéastes, les éditeurs soutenant la bibinne, la prétendue allergie au gluten vendeuse ou le mauvais gras sont complices de ça.

Le 21ième siècle sera capable de revenir à une intériorité plus consciente, plus affective, moins égoïste et égocentrique ou ne sera pas? Cet angle en train d’émerger est d’une modernité affirmée, plus que les débats idéologiques au ras des paquerette, nourris à l’agressivité, la controverse verbeuse (Badiou, quelle plaisanterie triste)

On est déboussolés, pour des raisons de crise économique mais aussi culturelles, politiques. Redonner du sens à nos actions et à nos vies.Nous sommes peut-être en train de redécouvrir la nécessité de regarder autour de nous . lvdb qui étripe son monde sur RDL – si son agressivité était forte d’idées neuves, de choses renversantes, ou simplement drôle, passe encore !

Mais il s’agit uniquement d’un brassage de vulgarité, rien d’autre -
c’ est un symptome sans interêt si on veut, mais très inquiétant quand même ! Quand on voit d’un côté Passou qui se décarcasse sur Blondin, et d’autre part le déchainement, on peut avoir le sentiment d’aller dans le mur.

Le film de JM. Vallée (j’ai lu une ou deux mauvaises critiques aussi, Xlem) m’a paru par contre très bien amené et subtil, d’accord avec vous. Demandant sans doute un effort dans l’abord, que quelqu’un qui a besoin qu’on lui tienne la main pour écrire son propre journal intime n’est pas près à consentir, est-ce que le problème viendrait de là? Ou est-ce une défaite de l’imagination : ce besoin d’évacuer la nuance pour oser prendre parti sans risque?

la notion de courage, le besoin de sécurité. Je pensais à ça en découvrant le commentaire d’Erikstein hier sur l’autre billet : il y a ceux qui trouvent réponse aux deux en suivant le flux, en se coulant dans le moule et ceux qui y arrivent en interrogeant et en s’interrogeant. « Demolition » pour déposer le moteur avant de démarrer : l’idée fait florès. Le film n’est pas banal, et la place du « manuel » (par opposition à un intellectualisme centralisé porteur du « bon » label qui recouvre en fait des moutons de panurge, sous couvert d’étiquettes flatteuses) et de l’affect est soulignée comme l’ont dit justement Xlem et Anne-Lise.
Pardon pour la longueur. Débat très stimulant !

Polémikoeur. dit: 15 avril 2016 à 14 h 14 min

De quel degré de racontage d’un film se contenter,
le plus complet, au risque de ne plus avoir envie
ni loisir de le découvrir, ou le plus elliptique ?
Serrieusement.

Annelise dit: 15 avril 2016 à 16 h 38 min

Polé 14h14, allons, on sait que ceux qui chipotent avançant qu’ils n’iront pas car en savoir trop les en a détournés sont les mêmes qui se plaindraient de ne pas en avoir appris assez pour avoir envie d’y aller. Visionner les bandes annonces, lire la jaquette d’un livre, pour moi un des pires tue-l’amour. Ranger la critique du côté d’une capacité plus ou moins habile à faire du teasing revient à la reléguer au rang de publicité pour gâteaux secs. Le désir c’est autre chose. La connaissance l’approfondit au lieu de l’épuiser.
Lew ce matin : L’allusion à Nicloux, Depardieu revêtu de la chemise traditionnelle brodée, à Carpenter (un autre m’avait bien noyée dans le Fog, enfant, j’ai mis longtemps à me remettre de celui-là), le fait de relever le passage du témoin au domaine du corps ainsi que quelques points qui auraient pu me rebuter… royal ! Et vous avez raison, jamais de casque ni chaussures ferrées. Je suis comme Vincent de « Bienvenue à Gattacca », je nage de chic, dans le bain d’emblée sans penser à économiser mes forces pour le retour

Polémikoeur. dit: 15 avril 2016 à 18 h 39 min

« On sait… », vraiment ?
Les bandes-annonces
comme celles en chapeau
des papiers seraient donc
des cadeaux empoisonnés ?
(Une clause contractuelle ?).
En précisant qu’il n’y avait pas
le sens péjoratif de son pluriel
dans le singulier de racontage,
le dosage de dévoilement du contenu
d’un film dans un article à lui consacré
n’emmène-t-il pas ailleurs
que dans la seule portée
du spot publicitaire ?
La légitimité de la question
ne se pose-t-elle pas autant
pour le public en puissance
que pour l’intermédiaire critique ?
Peut-être même avant.
Que dire du plaisir de la découverte
avant celui de la connaissance
et du rôle de la surprise
qui imprime profondément
les émotions qu’elle côtoie ?
N’est-elle pas déjà rarissime,
la surprise, au cinéma,
pour qu’elle soit préservée
autant que possible ?
Et puis, un gâteau sec
n’est pas toujours
un gâteau rassis.
Croustillement.

Annelise dit: 15 avril 2016 à 20 h 06 min

Polé, chacun fait fait fait c’qui lui plaît plaît plaît, en fait – et vous l’avez bien résumé. Toujours le recours de faire comme JC, lire les critiques en fermant les yeux? J’ajoute que j’adore les gâteaux secs.
Jibé, alors vous nous démolissez ce Demolition? J’avais cru comprendre que vous aviez un parpaing en travers

Jibé dit: 15 avril 2016 à 20 h 23 min

J’ai tout dit sur ce film, Annelise. ça part bien mais le film ne tient pas ses promesses. Le coup du manège parisien pour les petits mongoliens en souvenir de la très chère disparue m’est restée en travers de la gorge !

Jibé dit: 15 avril 2016 à 20 h 32 min

Je viens de voir « Le prix de la vérité ». Rien d’original. ça vaut pour Robert Redford en Dan Rather et pour Cate Blanchett en prêtresse du journalisme d’investigation…

tom dit: 16 avril 2016 à 10 h 26 min

C….. dit: 16 avril 2016 à 8 h 33 min
Ma méthode pour y voir clair, c’est fermer les yeux.

t’inquiète -yeux ouverts ou fermés t’es nul épicétout

Polémikoeur. dit: 16 avril 2016 à 11 h 33 min

Bonjour M’dame,
il n’est pas dit non plus que raconter un film
implique d’en être comptable unique à tout point de vue
ni que l’envie ou non d’en voir un plutôt qu’un autre
à un moment donné dépende entièrement de sa critique.
Amateureusement.

jodi dit: 16 avril 2016 à 11 h 42 min

Polémikeur,la critique telle que vous la décrivez, »attention spoiler »et tout le toutim,bon pour Tele Loisirs,les medias promotionnels qui vous empapaoutent en faisant croire qu’ils vous respectent.La question mérite d’etre posée,pas une honte mais pas ce qu’on vient chercher ici.On vient pour la liberté de la parolealternative,le débat argumenté,adulte,sans casque de sécurité journalistique,comme dirait Xlew,qu’après vous allez retrouver partout sous forme de pitch,de memo.Comme ça que j’y trouve mon compte.Le plateau que propose Anne-lise,que des produits frais.Pas de serre ni de lampe à bronzer.Pleine nature,limite sauvage,muri au soleil.Une signature.De quoi lutter contre l’obésité morbide vébé! On va gagner en muscle.
Ha,la moue de Kristen Stewart.Rien que pour elle…La scène du manège dans Démolition par contre,laisse béton?

Polémikoeur. dit: 16 avril 2016 à 13 h 12 min

Nul doute qu’il y a autant
de stratégies d’information
« culturelle » (cinéphile, ici)
que de cas personnels et ceci
grâce à un paysage médiatique
riche et divers, ce dont, au fond,
il vaut mieux se féliciter,
pour la facilité d’accès,
de consommer, de presque tout
et tant mieux si les signes
d’indigestion, passagère
ou chronique, restent rares.
Après tout, quand la saturation
se pointe, il suffit d’écouter
le signal de ses tripes
sans regret de rater
quoi que ce soit.
Sagement.

roro dit: 16 avril 2016 à 18 h 39 min

Almodovar ne savait pas, mais il assume toute la responsabilité (« Mon ignorance n’est pas une excuse »). C’est sympa

Jibé dit: 16 avril 2016 à 19 h 56 min

Alerté par vous, Annelise, je suis allé voir le film de Lars Kraume, « Fritz Bauer, un héros allemand ». Je craignais un peu le genre film à thème et c’est un superbe film d’ambiance à la Jean-Pierre Melville. C’est vachement bien !

Annelise dit: 17 avril 2016 à 0 h 20 min

Jacques Ch, 18h16, oui. J’espère que la dispute ne viendra pas au prochain billet.
Jibé 19h56, heureuse de vous avoir entraîné avec moi à voir ce bon film.
Jena Degrey, j’aime bien ce nom. « Jean Grey » aussi (la télépathe des Xmen) Un internaute capable de m’envoyer Keith Richards & Cie quand je rentre lit forcément dans mes pensées. Dans Zabriskie il y avait aussi les Floyd, Roger Waters… Sam Shepard au scénario en plus d’Antonioni. Bonheur. Et Vallée? (question à connotations brusquement fordiennes…)

Annelise dit: 17 avril 2016 à 0 h 32 min

Pas le temps de développer ce soir – il m’arrive de dormir – mais j’essaierai de reparler avec vous ces jours-ci de la scène du manège qui vous a posé problème. Pourquoi je ne l’ai pas descendue

Polémikoeur. dit: 17 avril 2016 à 11 h 25 min

En attendant, petit exercice :
« les scènes de manège marquantes au cinéma
et la symbolique de cette attraction de fête foraine »,
z’avez deux heures !
Rondement.

Annelise dit: 17 avril 2016 à 11 h 45 min

Beau défi, Polé. Peu de temps mais je lirai volontiers les copies par dessus votre épaule si vous le permettez. En attendant de revenir au débat « Demolition », pertinence ou non de ce manège-ci, pour lancer votre exercice je dirais quant à moi : la scène d’ouverture de « Volte Face » de John Woo, la mort du fils de Travolta. Un de mes favoris.

Polémikoeur. dit: 17 avril 2016 à 12 h 37 min

Est-ce pertinent de faire deux catégories
pour gagner deux fois plus de prix
(des tours de manège) ?
- 1 : les manèges joyeux,
- 2 : les manèges inquiétants.
Les manèges au sens strict avec une prime
pour les vrais chevaux de bois, parce que
si on accepte toutes les attractions,
les grandes roues, les trains fantômes
et les montagnes russes, c’est trop facile.
Entendez-vous déjà l’orgue de barbarie (brrr !) ?
Tentez votre chance !
Lunaparkablement.

Eriksen dit: 17 avril 2016 à 16 h 43 min

Remake déprimé des tontons flingueurs ou Jake, l’éventreur de cloison en plâtre, joue à la fois les rôles de Lino le taciturne et Raoul l’éparpilleur. « Moi, quand on m’en fait trop je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile ! ». Et lui le fait vraiment.
Suite à un bug dans son jeu de Sims, sa femme est morte. Il s’en tamponne le coquillard mais du coup, il n’est plus le Winner et tout doit disparaître.
Surtout que le paquet de M&M est resté coincé.
Ah ah, faut être la crème chantilly des scénaristes, pour imaginer que quelques bafouilles à une compagnie de machines de confiseries vous amènent sur un plateau et Naomi Watts pour pleurer dans ses jupes maternelles, et un charmant éphèbe rock ’n roll pour répandre de concert un nihilisme éjaculatoire.
Mais pas de sexe ici. Probablement que « Baiser c’est d’là merde » comme dirait la maman… ou la putain je ne sais plus. Si pénétration il y a, c’est par balles, et bien protégé par un gilet préservatif.
Si j’avais la faiblesse de croire à la démolition, je choisirais la radicalité du « 7e continent », car il n’y a plus d’après.
Sinon ce n’est que caprice d’un enfant gâté, qui a de plus le culot de nous pondre dans les dernières secondes un manifeste du Care : manège de chevaux de bois pour trisomiques.
Fuck you, man. You, fake man.

Annelise dit: 17 avril 2016 à 20 h 15 min

Bon, allons-y. Billet dans le billet. Eriksen, vous nous jouez le Tonton flingueur, le Lino des Barbouzes (dit « Le Bazooka », ou « Belles façons »), je vais vous répliquer en Antoinette Dubois « Amaranthe »/Mireille Darc.
Remettons sur l’établi la question du manège. La scène qui clôture le film et par effet de feed-back, vous fait ressentir négativement l’ensemble. Dans un camp, Xlew, Phoebe et moi, de l’autre Jibé et vous. Pas une question de majorité, de nombre. Pas anodin de relever que Xlew mentionne un certain étonnement de me voir partager cet avis, note au passage le fait d’avoir été accompagné dans cette séance par « quelqu’un qui n’hésite pas à donner libre cours à l’émotionnel ». Parlant du film de Vallée, je m’inscris dans le champ critique, non dans la seule expression de ce qui est susceptible ou pas de m’émouvoir personnellement. Cette scène a de quoi en effet pouvoir être taxée de mièvre. Sensiblerie facile qui fait s’intéresser aux enfants trisomiques le champion de Wall Street et tout à l’avenant ? Ce que dit Phoebe avant-hier sur l’affectivité mérite attention. Sous cet angle « Demolition » se pare au contraire d’une sacrée subversion. Là où vous voyez une joliesse portée à l’acmé dans son dévouement aux trisomiques, Xlew et moi voyons une pirouette crâne du réalisateur sur le droit à s’attendrir. Quoi, même pas d’ironie ? Pas de sexe avec la belle blonde de King Kong ? Dans un contexte où ce qui fait le buzz est le grinçant, les ricanements, les traits railleurs, les polars de Londres annoncés par Pierre sur RdL, la rapidité, le «soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien », cette sortie de route par des chemins bordés de violettes a quelque chose de gonflé. Assez incroyable, oui, ce scenario. Je ne parle même pas de vraisemblance : la réalité, voire la vérité dans l’espace romanesque ou cinématographique n’ont pas de comptes à rendre à quoi que ce soit, seul vaut « l’effet de réel» – alors que même ça sonne assez juste, en fait… La manière de Vallée de montrer le deuil ne s’encombre pas des bons codes vendeurs, contrairement aux apparences. Ce n’est pas ça que signifie la scène. Je crois que ce que veut dire cette scène, c’est : voilà comment on peut (re)devenir humain. Cesser de se surveiller pour ne pas risquer d’avoir l’air d’un plouc qui a envie de s’intéresser aux petits mongoliens parce que sa femme est morte! Le faire. Rien de très glorieux, un peu régressif, même…Naomi Watts ne le « materne » pas, elle se sent inférieure à lui et lui confère de fait une situation où il peut se sentir en surplomb, dominer à bon compte, se laisser aller, souffler et se ressaisir à la fois d’une estime de soi meilleure, qui lui permettra enfin d’accéder à un peu d’abandon, antichambre d’un chagrin libérateur. Que croyez-vous que font des gens ayant de l’argent lorsqu’ils essuient la mort d’un membre de leur famille d’un cancer ? Ils font des dons à la ligue qui lutte contre. Vous perdez quelqu’un d’aimé dans un accident ? Vous voilà investi de questions de respect de grandes règles au volant. Le Sida a-t-il décimé plusieurs de vos amis ? Vous donnez à la recherche. (Moi qui ai été affrontée aux trois, je me suis ruinée en caritatif) Les couples qui n’ont pas pu avoir d’enfants sont à l’affût sur les questions d’adoption, très à cheval (de bois) sur le manège. Mucoviscidose, pareil ! Si le fils est toxico on va se pencher sur la question des salles de shoot. C’est ça, la réalité : ces situations exceptionnelles douloureuses, susceptibles de dénuder chez chacun le fil de l’ampoule. Moins digne, moins lustré à l’œil. Ce qui nous rend poreux. L’acceptation d’un attendrissement dangereux, qui encourt le risque d’être confondu avec le nunuche, catalogué dans la collection Harlequin. Transgresser cela est plus violent de nos jours que l’ultra cru. La pornographie fait moins glousser que le trouble amoureux, l’empêchement, l’hésitation. Elle touche moins paradoxalement à l’intime, au petit envers du décor où on jette le masque, fait montre de vraie vulnérabilité.
Vallée ne se gêne pas. Il est Canadien, avec ses deux acteurs oscarisés pour un sujet qui, que vous le vouliez ou pas, n’était pas facile à faire avaler à une Amérique testosteronée et héroïsée. McConaughey n’était pas le gentil docteur qui veut soulager les sidéens, mais un pauvre type homophobe, bas de plafond, que la nécessité forçait bien malgré lui à basculer dans le bon camp. Il était clairement suggéré qu’il n’était pas gouverné par la bonté d’âme, au contraire. Gyllenhaal, ex « Brokeback mountain » qui se faisait massacrer à coup de démonte-pneus est mal servi, ici aussi. «American psycho », Patrick Bateman était beaucoup plus amusant et facilement recevable. L’identification est jouissive car on peut vite s’en distancier. Ici c’est beaucoup moins net. Chair et poisson. Davis Mitchell n’attire pas spécialement la sympathie, il ne réagit pas comme il faudrait, jamais dans le bon timing. Et en plus il finit par s’attendrir au milieu de petits mongoliens ! Non mais qu’est-ce que c’est niais. Il faut oser. Un autre qui a toujours beaucoup joué sur les interstices, c’est Verhoeven – pas tant « Basic instinct », un des plus connus et un des moins bons que «Showgirls ». Champion de la digression chaud/froid et du débrouillez-vous avec ! Une façon de nous obliger à l’âge adulte car il remet le marteau (du juge, cette fois) entre nos mains au lieu de nous dire comment penser.Hâte de découvrir son nouvel opus. Lui comme Jean-Marc Vallée sont plus proches d’un cinéma d’auteur. Ils vous embrouillent sur l’étiquette, vous tendant des lunettes hollywoodiennes qui, au lieu de vous engager à débusquer les chausse-trapes, vous font le regarder homologué comme tel et (de mon point de vue) passer à côté de ses aspects singuliers et provoquants

Jibe dit: 17 avril 2016 à 20 h 38 min

Il n’y a pas que le manège, Annelise. La fondation pour étudiants pas si méritants que ça créée à sa mémoire par les parents de la défunte est tout aussi insupportable.

Eriksen dit: 17 avril 2016 à 20 h 42 min

Bien des œuvres inversent dans les 5 dernières minutes le sens de tout le reste, pour des raisons politiques ou de bienséance. Tartuffe et Don Juan de Molière, Flight de Zemekis, pour les derniers que j’ai en tête. Ce n’est pas cette dernière scène qui emporte mon avis. C’est tout le reste. C’est cette démolition dont j’ai horreur, tout comme, quand j’étais enfant sur la plage, la clique des démolisseurs de châteaux de sable.
Le nihilisme narcissique qui sous-tend tout le film ne saurait être effacé par la dernière scène.
Cependant, j’ai un peu honte de mon post car il utilise les codes de l’ironie superficielle, et tout cela est un peu facile. Je devrais m’abstenir de parler des films que je n’aime pas. https://www.youtube.com/watch?v=UUOxEwCuEgQ

Jibe dit: 17 avril 2016 à 20 h 43 min

L’originalité du scénario c’était l’histoire du mec indifférent à la mort de sa femme. On voit en fait qu’il n’en était rien. De quelle démolition est-il donc question dans ce film ? Aucune, les conventions sont finalement respectées !

Annelise dit: 17 avril 2016 à 21 h 10 min

Continuez à vous amuser, Eriksen, Jibé (il n’est évidemment pas question uniquement ni de la dernière scène, ni de la « fondation pour étudiants peu méritants » – choix empli de bienséance endolorie, assez réaliste et attendu et pour tel assez provocant, jeté ainsi au visage sans voile par Vallée), et je vais vous envoyer Xlew. Avec pic à glace, bien sûr.
https://www.youtube.com/watch?v=uN6xQWOxwKE

Annelise dit: 17 avril 2016 à 21 h 14 min

…ceci pour nourrir la liste de Polé : Etienne Daho reprenant Edith Piaf, juste après avoir été photographié par Pierre & Gilles en marinière JPG avant l’heure, perroquet du Gabon sur l’épaule.

Jibe dit: 17 avril 2016 à 21 h 41 min

Non, Eriksen. Le basculement intervient assez tôt dans le film pour moi. Quand le héros fait ami ami avec le pré ado. Tout alors m’a parut faux, retroactivement, depuis la lettre nunuche du début pour demander le remboursement de la friandise qui n’a jamais chu ! De la fausse monnaie…

xlew dit: 17 avril 2016 à 23 h 31 min

Dit « Belle-Châtaigne », Annelise.
Ҫa castagne sec ce soir, je pense que Vallée n’est pas si bête, il avait sans doute prévu les exécutions critiques et les insultes in blogù, le commencement du film prêterait aussi bien le flanc (ou le coeur, c’est peut-être sincère) à une réduction ad risum toujours possible, le coup de l’accident de voiture entraînant une mort violente n’est pas très net (la prise en otage du spectateur par cette sorte de démolition inaugurale étant d’ailleurs loin d’être un cas isolé dans le cinéma récent, c’est même une action qui récidive plus que de raison dans les scénarios de nos séries préférées, cela plante littéralement un décor, enfume au pied de la lettre une atmosphère), je me suis demandé si Davis-Jake n’était pas déjà un peu atone, limite Asperger (ce qui marque le génie, souvent), avant le cataclysme (qu’on le veuille ou non, le sentiment de perte est montré à l’écran), l’impayable sourire sursaturé d’innocente malice de Julia mettant tout de même la puce à l’oreille.
Si l’on considère que Gyllenhaal, lui-même un enfant de la balle, eut une mère scénariste qui lui mit le pied à l’étrier, alors on retombe tant bien que mal sur la situation dans laquelle se trouve le héros de Vallée lui-même.
Il ne s’agit pas de poser ici le principe de l’habituelle mise en abyme et de s’en servir comme d’un coffrage pétrifiant l’acteur dans sa prise rapide, je pense plutôt que le réalisateur utilise tous les moyens à sa disposition, il n’abîme rien, ne démolit rien, prend tout de ses acteurs (après tout c’est sa raison d’être). Le visage-masque de Gyllehaal est habitué à ce genre de dispositif, dans « Jarehead », dans « Southpaw », la pâte de ses traits changeait au fur et à mesure du développement de l’histoire, souvenez-vous.
Là, dans ce film, le dit visage reste derrière la barrière de ses contours, la démolition extérieure jouant peut-être son bon vieux rôle de métaphore d’un dilemme, d’un paradoxe intérieur, the world is a demolition staged, et toutes ces fausses sortes de choses…
Dans C.R.A.Z.Y. déjà, on reprochait (et pourquoi pas ?) à Vallée de faire des films uniquement pour placer des tubes de Bowie, je crois qu’il contrebalançait à l’époque l’influence de Denys Arcand, tout comme, ayant à mon avis beaucoup contagionné le surdoué Dolan, il cherche aujourd’hui à doubler ce dernier sur un autre terrain, d’autres chantiers.
Assez amusé par la scène du manège, on peut la prendre au premier degré (enfin, relisons le post très éclairant, et certainement courageux, d’Annelise qui rend tout cela bien mieux que je ne saurais le faire), quel est celui parmi nous qui, examinant à la loupe sa journée en début de nuit, au calme, avant l’endormissement tant rêvé, n’éprouve pas une sensation de gêne lorsqu’il passe en revue ce qui l’a touché, les manifestations qui sortirent de lui à ce moment précis, spirituelles, corporelles, peut-être que Davis Mitchell ressentira ça lui aussi quand viendra la nuit, qu’en savons-nous ?
Toujours sur les manèges, un des seuls films de Rivette que je cajole vraiment, The Merry-Go-Round (1981), avec Maria et Joe, raconte la belle histoire d’un mec et d’une fille que des circonstances aussi improbables que celle de notre film font se rencontrer (une scène notamment où Schneider entraîne d’Alessandro dans une maison forestière (salut François) et lacère les murs, plâtre, papier peint, restes de bâtis de fenêtres, magnifique sweet demolition woman, tiens ça donne envie d’en écrire une chanson et de la poster sur le tube).
Comme disait Amaranthe, « On part pour jouer Phèdre et… »

Jibe dit: 18 avril 2016 à 8 h 12 min

Très beaux et longs et référencés plaidoyers d’Annelise et de lew, mais pour dire quoi au juste ?
« Aspects singuliers et provoquants »
Lesquels ?

Annelise dit: 18 avril 2016 à 10 h 56 min

Glenn Gould auquel on posait la question se remettait au piano, rejouait le même morceau sans retrancher une note ni ajouter un mot, sinon « voilà » : il me semble que Lew vient très exactement de finir de dire lesquels, Jibé!
Il enfonce le clou mais pas dans son pied en faisait allusion aussi à son propre ado, qui m’a l’air d’être un joli pistolet .. C’est peut-être le « quoi au juste? » qui ferme la question. Je ne discute pas les goûts de chacun. Je me souviens que vous aviez aimé le « Lucy » de Besson que Sophie Avon à l’époque et moi avions détesté.Ce n’est pas le débat. Quels sont les charmes de Proust au juste? Cette vieille commère qui n’en finit pas de se répandre. De Gabo, de Magris, de Boulgakov dont je conçois que d’aucuns peinent à les lire, ne les aiment pas? De Bresson, dont un ami critique se plaignait en privé que, entre nous, il avait un sacré balai quelque part, non? Moi je ne le vois pas comme ça, à ce moment-là on peut dire de Scorsese qu’il n’est qu’un petit surexcité échappé du séminaire obsédé par le catholicisme et la violence, de Godard que c’est un évadé de l’asile ayant mal digéré ses diverses psychanalyses, de Tarkovski qu’il plombe l’atmosphère, de Lynch qu’on n’y comprend jamais rien, mais c’est bien le droit de chacun de les recevoir comme il l’entend. Compliqué tout ça, Dieu merci : ça s’appelle la pluralité. Je ne vais pas vous envoyer en camp en Mordovie si vous ne pensez pas pareil

JC..... dit: 18 avril 2016 à 12 h 11 min

« Aspects singuliers et provoquants »
Lesquels ?

Le spectacle, le pépiement, les glaires de diplômés cinéphiles, fiers d’eux même, devisant cool … tout en enculant des mouches mortes : cela peut apparaître à certains, singulier et provoquant.

Pour moi, cela m’apparait plutôt triste. Je préférais cette buvette, tenue par Sophie Avon.

Polémikoeur. dit: 18 avril 2016 à 12 h 24 min

Le manège attire avec ses couleurs et reflets
mais, une fois dessus, il arrive qu’il devienne
une machine étourdissante et dominante aussi,
avec sa puissance mécanique irrésistible.
Trop tard pour regretter, il n’y a plus
qu’à subir son mouvement de giration
sans fin apparente jusqu’à la décision
qui n’appartient qu’à lui de s’arrêter.
Pourvu qu’entre-temps il ne se change pas
en moulinette à bipèdes monstrueuse !
Sauf erreur, que le petit défi-concours
dominical n’aura pas tout à fait dissipée,
l’imaginaire laisse traîner aux abords
du manège comme une inquiétude que la fête
ne côtoie de trop près un abîme des plus sombres.
Et si le tour, presque toujours en sens unique,
au moins dans les manèges traditionnels,
figurait l’existence, réduite et accélérée ?
Quant à l’astuce trouvée pour neutraliser
l’aperçu tragique de l’avenir qui consiste
à échanger la queue du singe contre l’ivresse
d’un nouveau tour, que vaut-elle dans la vraie vie
où la magie d’une seconde chance est assez rare ?
Tournoiement.

el flaco dit: 18 avril 2016 à 16 h 35 min

Camarade JC,as tu oublié que de son temps, tu ne cessais de la dénigrer(Sophie Avon)?Régale toi de ces jolies femmes intelligentes,jumelles hétérozygotes,plaisir de l oeil et de l esprit,Sophie l ‘éminence du » Cercle « ,Annelise la fleur sauvage de RDC.

Lacenaire dit: 18 avril 2016 à 16 h 42 min

l’insistance de JC a nous démontré son inculture et son impuissance à comprendre est vraiment touchante

JC..... dit: 19 avril 2016 à 5 h 28 min

Laissez les misogynes féministes dans mon genre se livrer à leur erreurs de jugements : vous polissez les vôtres tout autant !

Polémikoeur. dit: 19 avril 2016 à 10 h 39 min

Quand est-ce que le cinéma de Costa-Gavras
nous a emmenés en manège, forain du moins,
parce qu’équestre ou dans d’autres tourniquets,
plus sévères d’entrée, alors, peut-être bien ?
Il y a aussi les croisières mais là…
Naufrageusement.

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