de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

Denis Podalydès et Mathieu Demy chantent à cheval…

Par Sophie Avon

Dès le départ des « Conquérants », il est question de malchance et de malédiction. Plus tard il sera question de mort et de maladie. Rien de très drôle et pourtant, ce film tout en sortilèges et libertés narratives est une comédie. On y rit beaucoup, on y doute parfois de ce qu’on voit – et puis on ne doute plus : la fable fonctionne comme un charme.

Denis Podalydès est pour beaucoup dans cette fantaisie qui ne s’affiche pas mais dynamite le récit en permanence, et Mathieu Demy, véritable petit frère de jeu – et demi-frère dans le film – lui donne la main pour diffuser la même drôlerie. Cela tient à une façon très sérieuse de parler de choses loufoques, à une douceur mystérieuse, à un premier degré appliqué à des sujets impalpables. « La malchance, il faut être très calme avec ça », dit Galaad (Denis Podalydès)  comme s’il était en train de manipuler une fiole d’explosif.  Il fait du stop avec Noé (Mathieu Demy). Les deux garçons sont en costumes. Ils sont en retard. Ils vont à l ‘enterrement de leur père, aventurier sans scrupule dont l’ombre ne cessera de hanter le film (Jean-Claude Drouot), produisant un double effet dramatique, tantôt chasse aux trésors, tantôt quête intime.

C’est d’ailleurs ainsi, entre un cinéma d’aventure façon Spielberg et un septième art français plus centré sur la filiation et la famille que ces conquérants avancent, édifiant une matière loufoque mais complexe qui aurait à voir, pour aller vite, avec les premiers films des frères Larrieu. On y pense notamment à cause des Pyrénées et de ses ensorcellements, mais aussi grâce à cette façon qu’a Xabi Molia de faire un pied de nez au naturalisme tout en veillant à la justesse extrême de ses comédiens. Ce hiatus entre le surnaturel et la vérité des dialogues produit un miracle où pour autant,  l’intrigue n’est pas insignifiante.

Galaad, donc, comédien dépressif à qui les rôles les plus facétieux paraissent tragiques  – il joue Scapin dont il trouve que c’est un personnage sombre -, a décidé de lever la malédiction familiale. Selon lui,  la poisse le poursuit et poursuit Noé depuis qu’une relique sacrée a été volée par leur père, lequel a demandé post mortem, par cassette interposée, de la replacer où elle était – à savoir évidemment dans un endroit très compliqué à trouver au terme de plusieurs jours de marche.  Galaad tâche de convaincre son demi-frère de l’urgence qu’il y a à accomplir cette quête à rebours en rapportant le « Graal » dans sa grotte originelle où rôdent les bêtes sauvages et les esprits…

Rien que la façon dont les deux frères, bras cassés absolus mais héros saisis par la grâce, s’y prennent pour s’emparer de la relique est un poème. La suite bascule dans le récit d’aventure, une sorte de western basque comme le dit Xabi Molia qui n’est pas dupe de la bizarrerie de la formule, mais en assume les conséquences. Il a raison, d’autant que c’est par ce biais, celui de la splendeur du paysage, des apparitions qui y prolifèrent et d’une certaine sauvagerie que le film trouve sa brèche. Il s’y faufile avec candeur, ne tombant jamais dans le ridicule ou dans le n’importe quoi alors même qu’il ne se prive pas d’improbables tours de magie.

Mais sous ses airs légers, « Les conquérants » repose sur une terre ferme et le parcours commun des deux frères n’empêchera pas chacun d’affronter ses démons sous forme de mythe (l’un voit Pégase, l’autre se mesure à un ours), avant que de toucher au but ultime : replacer la relique, bien sûr, mais surtout se mettre en paix avec soi à l’intérieur de la filiation. Sans jamais peser, le film convoque ainsi  le legs des morts, l’amour des vivants, leur besoin de réconciliation et le consentement des fils à être une part de celui dont ils viennent.

C’est ainsi que les hommes vont dans la vie et qu’éventuellement, ils deviennent des conquérants après avoir été des enfants. Leur conquête est intime, personnelle, intérieure, encore faut-il avoir le courage d’aller la débusquer, à la manière de Galaad et Noé, enfants du théâtre et de la féérie, héritiers du septième art et du romanesque. L’un chante un vieux classique de country canadien (« Je chante à cheval »), l’autre « My rifle, my pony and me » (extrait de « Rio Bravo » de Hawks) ; ensemble, ils parcourent les entrailles du passé pour pouvoir vivre au présent. Qui prétendait qu’une bonne comédie n’était que l’avers d’un drame ?

« Les conquérants » de Xabi Molia. Sortie le 25 septembre.

 

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101 Réponses pour Denis Podalydès et Mathieu Demy chantent à cheval…

u. dit: 23 septembre 2013 à 12 h 50 min

« C’est ainsi que les hommes vont dans la vie et qu’éventuellement, ils deviennent des conquérants après avoir été des enfants. »

C’est juste, Sophie.

Encore un ou deux billets, et on passe à la phase conquête.
On arrête de se chamailler et on pèse lentement les enjeux du présent, avec gravité.

puck dit: 23 septembre 2013 à 16 h 07 min

« Qui prétendait qu’une bonne comédie n’était que l’avers d’un drame ? »

‘avers’ : vous avez oublié le ‘e’ à la fin.

si une comédie n’est que l’averse d’un drame?

ma foi c’est une question assez sérieuse, il faut la poser à u., lui seul peut répondre aux questions sérieuses.

puck dit: 23 septembre 2013 à 16 h 31 min

s’il a appelé son personnage Galaad j’imagine que c’est parce qu’il finit par trouver ce qu’il cherche.
vu que Galaad the fisherman est celui (avec Perceval) trouve le Graal, c’est aussi le fils de Lancelot du Lac.

J’en suis pas trop sûr vu que dans Kamelott ils n’en parlent jamais de Galaad, même dans la dernière saison.

Ce film semble être ce qu’il est coutume d’appeler une « allégorie ».
une « allégorie » de quoi?
sans doute de notre société qui actuellement a globalement une très grosse poisson (à noter que poisse vient de poisson est que Galaad est le chevalier cheurpé de poissons).

Je veux dire il y a énormément de gens qui ont la poisse, entre ceux qui se font lourder par leur patron, lourder par leur femme, lourder par le patron du bar, lourder par leur banquier, lourder par leur épicier, lourder par leurs enfants.

En dehors de quelques professions libérales et de ceux qui ont gagné au loto on peut dire que tous les autres ont plus ou moins la poisse, ou s’ils l’ont pas encore ils vont bientôt l’avoir.

à partir de là partir à la recherche de ce qui peut conjurer la poisse est une « allégorie » ancrée dans notre époque.

Je me demande si dans la saison 7 de Kamelott ils ne parlent pas de Galaad ?

Desmedt dit: 23 septembre 2013 à 17 h 18 min

Après les Corses…, les Basques. Un progres côté couverture de votre territoire. Mathieu Demy, Podalydès, attendus mais ok je suis preneur. Va pour Xabi Molia quand je serai a Paris. Mais, toujours vu de Belgique, je réitère. Vous n’avez rien contre les Belges au moins? Ma question reste entière :

Sophie, juste comme ça (en passant). Puisque d’après ce que j’en comprends, vous êtes Bordelaise? Une épicurienne? Vous avez une agence audiovisuelle de premier plan chez vous, en Aquitaine, non? ECLAR. Au courant parce que son président, H. Le Paige, viens de la RTBF.
Alors quoi de neuf sur votre terrain? Pas vu passer grand chose. Bordeaux, capitale mondiale du vin. Rien que le nom déjà. Les vins de Californie ont eu leur film avec « Sideways ». « Mondovino », vous n’avez pas remarqué, tout le monde accourt? L’étiquette hypnotise. Pas seulement dans votre hexagone. Notre bourgmestre a mandé son échevin Philippe Close négocier l’accueil à Bruxelles de vos crus. Et rien côté cinéma? Bordeaux morne plaine cinématographique? Pas le moindre film au parfum de chais, de vie bordelaise qui fascine? La dernière fois que j’ai vu un film sur votre région (à Paris!) c’était « Alceste à bicyclette ». L’île de Ré. Emmanuel Carrère encore lui au scénar. Très bien, mais ces cinéastes-là ne doivent pas souvent enfiler des bottes. L’échec cuisant de votre politique actuelle avec Hollande: le mépris des émergents au bénéfice d’un cumul toujours plus important entre les mêmes mains. Le cinéma, danseuse entretenue par de petits barons fats des institutions ou de la Fémis? Pour un président de gauche, cet échec de la redistribution ennuie. Que font vos régions pour contrebalancer ça? Pas comme ça que les gens de vos campagnes iront au cinéma. Où passent l’argent publique, les aides? Et vous journalistes, critiques, institutionnels, quelle part prenez-vous là-dedans? Blijkbaar geen!
Pendant ce temps vos partis d’extrême droite avancent au même rythme que l’isolement, le délaissement intellectuel et moral. Préoccupant. Quel état des lieux d’après vous.
Désolé d’avoir été long. La RDL de Passouline et votre tribune bien appréciées en Belgique. Beste groeten. C.D.

u. dit: 23 septembre 2013 à 18 h 03 min

« My rifle, my pony and me »

On y croit.

Mais c’est pas un peu macho?

Au bout d’une semaine de ce trio, je craque.
Je tue le pony avec mon rifle, et je me mets à la recherche d’une femme.

u. dit: 23 septembre 2013 à 18 h 27 min

« L’échec cuisant de votre politique actuelle avec Hollande »

Sophie va sans doute vous répondre, Desmedt, mais le « vous » dans la question posée gêne un peu.
Vous les Bordelais? Vous la gauche française? Vous les Français?

Sur le fond, je n’ai rien à dire, mais l’apostrophe est un peu raide.
« vous êtes Bordelaise? Une épicurienne? »
J’ai cru percevoir que Sophie avait un côté Noli me tangere, ce qui ne l’a pas empêché de mettre à notre disposition (la nôtre, donc la vôtre) un vieux pouf marocain, ou demain peut-être un de ces grands fauteuils en rotin philippins.

J’assiste parfois dans le métro ou la rue à des « Vous êtes Japonaise? ».
Si j’étais compatissant, je leur dirais où ça déconne (ça tient à des riens), mais j’ai passé l’âge pour ça.

Ce n’est pas grave du tout!
La belgitude, on adore. Ce n’est pas le boss de la République d’à côté qui dira le contraire, de Simenon à Hergé il est pratiquement fanatique.
« Nous » vous disons: amis belges, puissiez- »vous » trouver une issue à votre question nationale!
(Elle me rend malade).

u. dit: 23 septembre 2013 à 18 h 35 min

Salut, renato.

J’écris de Lausanne.
Grosse discussion sur les immigrés (quelles courbes, d’après les statistiques? Leur nombre croissant coïncide-t-il avec le chômage, ou est-ce l’inverse, en raison de leur contribution indispensable à la croissance?).

Les immigrés, c’est les Français.
C’est très intéressant.

Avant que Puck ne vienne renarder, il faut à tout prix que je trouve un lien avec le billet (la poisse, c’est ça?)

renato dit: 23 septembre 2013 à 18 h 57 min

u.,

je me suis toujours tenu à bonne distance de ce débat.

Lors de mon dernier séjour genevois, au restaurant, on m’interpella à propos du fait que les étrangers (les Français) acceptaient de travailler pour moins cher que les Suisses (à égale formation). Je m’en suis sorti facendo il sostenuto : « Si à L’Hôtel de Ville on ne peut plus déjeuner en paix, nous sommes tombés bien bas ».

puck dit: 23 septembre 2013 à 19 h 03 min

c’est quoi renarder ? ça vient de la fable avec le bouc ? « en toute chose il faut attendre la fin » ? j’aime bien cette morale. c’est vrai que la fin fait sens.

Lausanne? la suissitude ? y’a pas le feu au lac… c’est la saison des perches, vous aimez ? celles qu’on tend.
vous nous jouez les Nicolas Bouvier? la ramuzitude?

u. dit: 23 septembre 2013 à 20 h 09 min

Ne plaisantez pas avec Bouvier, je ne l’ai connu que sur le tard, on devait bavasser à S-pour sur un sujet cultureux.

Quel bonhomme!
J’avais compris son travail prétendument modeste d’iconographe (maison d’édition suisse)
Je me souviens d’une dame attendri par son récit: « c’est le bonheur… »

Je suis en train de lire le « Light Years » de James Salter, il y a un peu de ça dans la touche, la modestie miraculeuse dans le détail.

Désolé, le cinéma c’est pour octobre.

u. dit: 23 septembre 2013 à 21 h 04 min

Attendez que je me rappelle.

Deuxième moitié des années 90.
Peu de temps avant sa mort finalement.

Son fils diamantaire était dans les parages.
Tailleurs de diamants de père en fils?

pado dit: 23 septembre 2013 à 21 h 42 min

Thierry la fronde aventurier sans scrupule !
Mais c’est quoi ce bordel ?
A-t-on réellement le droit de piétiner les valeurs les plus sacrés de mon adolescence ?
A quatre pas d’ici je vous le ferai savoir,
Si tu ne viens pas à Lagardère,
A moi Comte,
Tous pour un.
C’est ma jeunesse qu’on assassine.
Vandales !

pado dit: 23 septembre 2013 à 21 h 51 min

« Western basque »

John Wayne sur un pottok !
Non seulement on piétine mon adolescence mais en plus on se fout de ma gueule.
Merci Sophie.

renato dit: 23 septembre 2013 à 21 h 51 min

u.,

j’ai connu NB en 72 par Denis de Rougemont, ce fut une rencontre assez plaisante, dans le parc de l’université — par la suite, chaque fois que l’on se rencontrait, on passait un moment ensemble, peut-être parce que j’étais, à l’époque, fraîche d’un voyage en Afghanistan.

Compte tenu de quelque ingénuité, revu avec plaisir « Douze hommes en colère ».

pado dit: 23 septembre 2013 à 22 h 06 min

Compte tenu de quelque ingénuité, revu avec plaisir « Douze hommes en colère ».

Ben j’avoue, moi aussi.
Euh JC, un avis ?

Elena dit: 23 septembre 2013 à 22 h 39 min

Hors sujet et hors conversation — je viens de voir Viva la libertà de Roberto Andò (aussi une histoire de frères déprimés et une [re]conquête, politique, espérée), ça devrait sortir prochainement en France. (Désolée, Renato, encore Toni Servillo et plutôt deux fois qu’une, mais c’est surtout Valerio Mastrandrea qui impressionne, discrètement). Il y a un côté film à clefs qui sera perdu en traversant les alpes, mais ce n’est pas l’aspect le plus intéressant.
Sinon, qqn a vu le Bertolucci d’après N. Ammaniti ?

sophie dit: 23 septembre 2013 à 22 h 50 min

Cher Desmedt, oui, comme dirait u.nous aimons beaucoup les Belges en France et moi la première, néanmoins, je ne suis pas un agent de l’Aquitaine, voyez-vous, agent de com ou de je ne sais quoi et je me fiche pas mal qu’elle produise ou non des films. En plus, comme le rappelle u. (décidément..), j’ai un pouf marocain qui compte davantage à mes yeux que tout autre signe d’appartenance… Désolée donc de ne pas pouvoir vous répondre.

Jacques Barozzi dit: 23 septembre 2013 à 23 h 02 min

 » qqn a vu le Bertolucci d’après N. Ammaniti ? »

Cet après-midi au cinéma Saint-Germain-des-Prés, j’ai beaucoup aimé « Io e te », Elena. Je ne savais pas que Bertucceli était sur un fauteuil roulant, il n’avait plus tourné depuis 10 ans. C’est un beau film en forme de retour à la source italienne…

JC..... dit: 24 septembre 2013 à 5 h 38 min

« Douze hommes en colère » ?
Bon film, très bon film ! Angoissant : combien de cas où ce juré là n’existe pas …

Ah ! la justice des hommes : quelle rigolade !

Desmedt dit: 24 septembre 2013 à 6 h 55 min

Un vieux pouf marocain a vos pieds, Sophie? Si c’est ce qui vous chante, amai! A mon avis, mieux qu’un puceau belge de dix-sept ans. Je précise que ca n’est pas mon cas.

Noli me tangere, donc? Dorénavant je le saurai. Pas de depaysement. Ici nous avons l’Université Catholique de Louvain. Sans être un agent de l’Aquitaine, vous pourriez être au courant de ce qu’il s’y passe. Mais puisque vous vous en fichez. J’ouvrirai un vin des Graves au dîner dans ce grand regret. Proost!

JC..... dit: 24 septembre 2013 à 7 h 02 min

A titre de curiosité, on estime à combien le nombre de puceaux, et pucelles, en Belgique ? Est ce qu’il y a une différence entre Wallons, Flamands et Germains en ce qui concerne cette pucellité ??

u. dit: 24 septembre 2013 à 8 h 25 min

Je suis en plein dedans, Sophie, et le lis avec parcimonie pour faire durer le plaisir.

J’ai vu que « Un bonheur parfait » est le titre français de « Light Years ». On dit que la version française est excellente.

Pour moi, c’est une découverte récente que je dois à Finkelkraut, parlant récemment du « charme » de JS. C’est tout à fait ça.

u. dit: 24 septembre 2013 à 8 h 31 min

Ne vous inquiétez pas, Desmedt, le vieux pouf marocain c’est moi.
(Mais je porte beau encore, avec des moustaches à la Budienny, et je sais rester en selle lors des fantasia).

Le Noli me tangere: just a joke.

J’ai aimé Leuwen, et ce n’est qu’en y séjournant que j’ai pu un peu comprendre (à ma grande surprise) la gravité du fossé la séparant de Louvain la neuve.
Accueilli par des francophones (charmants), je devais m’exprimer en anglais.

Allez, un Médoc à votre santé (dans quelques heures, malgré tout)!

sophie dit: 24 septembre 2013 à 8 h 49 min

Ah oui bien sûr, u., les années légères, c’est un bonheur parfait..
Desmedt, pour être honnête, la région Aquitaine ne produit pas tellement de films par rapport au sud est par exemple. Mais je n’y vis pratiquement pas, vous savez..

u. dit: 24 septembre 2013 à 10 h 59 min

« Je ne savais pas que Bertucceli était sur un fauteuil roulant »

Bertolucci?
Déjà que Borlosconi est sous perfusion.

Jacques Barozzi dit: 24 septembre 2013 à 11 h 09 min

Le sujet de « Io e te », un huis-clos dans une cave romaine entre un frère (14 ans) et sa demie-soeur, légèrement plus âgée et sexy, le temps des classes de neige…

pado dit: 24 septembre 2013 à 11 h 50 min

Vous me direz, il est bien possible qu’un « Bartolucci » inconnu de tous ai tourné une Chartreuse en 8mm dans son garage.

Une vraie révolution, une première ?

renato dit: 24 septembre 2013 à 11 h 57 min

Pardon, pado, c’est « Prima della rivoluzione » (La Chartreuse en filigrane)… Parfois ma tête s’éloigne provisoirement — pourvu qu’une foi le vent ne se lève d’improviste…

Elena dit: 24 septembre 2013 à 13 h 10 min

JB, dans le très court roman d’Ammaniti le malaise/mal-être de Lorenzo occupait une place importante, c’était comme souvent chez cet auteur un portrait de gamin qui sonnait juste. Et de la pression du redoutable groupe de lycéens (être in ou out, là est la question).
La rencontre avec la demi-sœur prenait d’autant plus d’importance qu’elle ouvrait une brèche dans son auto-enfermement (littéral et mental). Etape essentielle pour lui, mais aussi vulnérabilité et source de souffrance future, comme chaque fois qu’on aime.
Bref, toujours le même dilemme quand il s’agit de l’adaptation d’un livre qu’on s’est approprié en le lisant.

JC..... dit: 24 septembre 2013 à 13 h 18 min

Moi, je veux bien lire, sans rire :

« Etape essentielle pour lui, mais aussi vulnérabilité et source de souffrance future, comme chaque fois qu’on aime. »

Parce que ce poncif là sur l’amour … il est cucul, pas possible !

puck dit: 24 septembre 2013 à 15 h 14 min

@Desmedt : vous connaissez David Engels (je crois qu’il est prof d’histoire antique à Louvain??), il a écrit un livre marrant où il compare notre époque avec la chute de l’empire romain, dit comme ça c’est nul mais quand on le lit c’est assez rigolo, en fait non c’est pas très rigolo, c’est même pas rigolo du tout, en fait c’est hyper flippant.

je vois que notre pouf marocain, Monsieur U., écoute l’émission hebdromadaire de notre Finky national.

puck dit: 24 septembre 2013 à 15 h 27 min

u. êtes-vous un amoureux cucul de finkytude?
je sais pas pourquoi mais quand j’ai écouté Frédéric Begbeider parler de Salter j’ai mis tous mes Salter dans une petite boite en carton aller les revendre d’occasion, j’irai Dimanche, ça fera des heureux.

Elena dit: 24 septembre 2013 à 15 h 32 min

Attention, spoiler (pour le roman du moins, pas sûr que le film reprenne la structure): l’essentiel de Io e te est un récit en flashback, fait par Lorenzo devenu adulte, qui est allé reconnaître le cadavre de sa sœur, morte d’une overdose. La rencontre est un souvenir, remémoré dans des circonstances douloureuses ; ce décalage permet aussi une certaine auto-ironie du narrateur par rapport à l’adolescent qu’il a été — on est là à l’opposé de la complaisance qui guette certains récits sur l’adolescence en période de « jeunisme » (je pense à certain roman-culte sur « l’authenticité »).
La différence entre la mort du tiers et la mort « en deuxième personne », celle du proche n’est-elle pas qqch d’universel ?

Faut-il dans ce cas parler de « poncifs » ou de « lieux communs » (expression qui s’applique d’abord précisément à ce que nous avons en commun en tant qu’être humains et que nous ne pouvons donc ignorer qu’à nos dépens) ? Si nous n’avions rien de commun tout récit qui ne nous concernerait pas nous personnellement nous serait sans doute parfaitement indifférent — difficile d’imaginer une littérature ou un cinéma dans ces conditions. « It tolls for thee » n’est sans doute pas audible par tout le monde.

« He that hath wife and children hath given hostages to fortune » remarquait déjà Francis Bacon ; à partir de là on peut choisir et revendiquer la solitude et la volonté d’autonomie.

Elena dit: 24 septembre 2013 à 15 h 44 min

Sagesse ou vie terriblement pauvre, étroite (ou aigreur) ?
Ou encore immaturité justement ?
Prétendre être « au-dessus de ça » en invoquant le stoïcisme n’est pas neuf. Samuel Johnson en fait une démolition en règle dans son Rasselas :
 » Il [le prince] fixa ses yeux sur un sage, élevé au dessus des autres, qui discourait avec une grande force sur la manière de gouverner les passions. […] Il montra, avec une grande force de sentiment, et en variant ses preuves, que la nature humaine est dégradée et avilie, quand les facultés les plus basses prédominent sur les plus élevées ; que lorsque l’imagination, la mère de la passion, usurpe l’empire de l’esprit, il n’en résulte autre chose que l’effet naturel d’un gouvernement illégitime, l’agitation et la confusion ; qu’elle livre par trahison la forteresse de l’intelligence aux rebelles, et excite ses enfants à la sédition contre la raison, leur souveraine légitime. Il compara la raison au soleil, dont la lumière est constante, uniforme et durable ; et l’imagination à un météore dont l’éclat est brillant, mais passager, irrégulier dans ses mouvements, et trompeur dans sa direction.

Il communiqua alors les divers préceptes donnés de temps à autre pour dompter les passions, et s’étendit sur le bonheur de ceux qui avaient obtenu cette importante victoire, après laquelle l’homme cesse d’être l’esclave de la crainte ou le jouet de l’espérance ; il n’est plus miné par l’envie, enflammé par la colère, affaibli par la tendresse, ou abattu par la douleur ; mais il marche avec calme à travers l’agitation ou le repos de la vie, comme le soleil poursuit également sa course à travers un ciel calme ou orageux.

[…] Il exhorta ses auditeurs à mettre de côté leurs préjugés, et à s’armer contre les traits de la méchanceté ou de l’infortune, par une patience invincible ; et il termina en disant que cet état offrait seul le bonheur, et que ce bonheur était au pouvoir de tous.

[…]

« J’ai trouvé, dit le prince à son retour auprès d’Imlac, un homme qui enseigne tout ce qu’il est nécessaire de savoir ; […] Cet homme sera mon guide à l’avenir ; j’étudierai sa doctrine, et j’imiterai sa vie ».

— « Ne vous pressez pas trop, dit Imlac, d’accorder votre confiance ou votre admiration aux professeurs de morale ; ils parlent comme des anges, mais ils vivent comme des hommes ».

[…] Rasselas lui rendit visite au bout de quelques jours, […] il pénétra dans l’appartement le plus reculé, où il trouva le philosophe dans une chambre plongée dans une demi-obscurité, les yeux embués de larmes, et le visage livide. « Monsieur, dit-il, vous venez dans un moment où toute l’amitié humaine est inutile ; on ne peut remédier à ce que je souffre ; on ne peut me rendre ce que j’ai perdu. Ma fille, ma fille unique, dont la tendresse me faisait espérer toutes les consolations de ma vieillesse, est morte de la fièvre, la nuit dernière. Mes vues, mes projets, mes espérances, n’existent plus. Je suis maintenant un être isolé détaché de la société. »

— « Monsieur, dit le prince, la mort est un événement dont un homme sage ne doit jamais être surpris ; nous savons que la mort est toujours près de nous, et que par conséquent nous devons toujours l’attendre ». — « Jeune homme, répondit le philosophe, vous parlez comme quelqu’un qui n’a jamais senti les tourments d’une séparation ». —« Avez-vous donc oublié, dit Rasselas, les préceptes que vous avez débités avec tant de force ? La sagesse n’a-t-elle pas de moyens pour armer votre cœur contre l’infortune ? Considérez que les choses extérieures sont naturellement variables, mais que la vérité et la raison sont toujours les mêmes ». —« Quelle consolation, dit l’affligé, la vérité et la raison peuvent-elles me procurer ? Quel peut être actuellement leur effet, sinon de me dire que ma fille ne me sera pas rendue ? »

Le prince, à qui son humanité ne permettait pas d’insulter au malheur par le reproche, se retira convaincu du vide des phrases de la rhétorique, et de l’inefficacité des périodes brillantes, et des maximes étudiées. »

JC..... dit: 24 septembre 2013 à 15 h 58 min

« Quand tu es tombé amoureux, tu n’étais pas un peu cul-cul, camarade JC ? »

Difficile d’en juger, je ne me souviens pas avoir été amoureux… mais comme je suis un peu du genre cucul pérenne, il est possible que je ne connaisse pas la situation de non-amour….!

JC..... dit: 24 septembre 2013 à 16 h 05 min

« Quand tu es tombé amoureux, tu n’étais pas un peu cul-cul, camarade JC ? »

Difficile d’en juger, je ne me souviens pas avoir été amoureux… mais comme je suis un peu du genre cucul pérenne, il est possible que je ne connaisse pas la situation pénible de n’être pas amoureux !

JC..... dit: 24 septembre 2013 à 17 h 00 min

Je bé-bé-bégaie !
(l’état amoureux est permanent chez les simples, je puis en témoigner. Dicté par une extrême curiosité qui ne m’a jamais quitté …)

u. dit: 24 septembre 2013 à 17 h 17 min

« u. êtes-vous un amoureux cucul de finkytude?
je sais pas pourquoi mais quand j’ai écouté Frédéric Begbeider parler de Salter » (Puck)

Finky?
Désormais, à la justice je préfère ma mère.
Avant et après l’émission, je suis superbe, je critique, je vitupère.
Et puis quand je l’écoute c’est ma maman qui pleure, sur l’Ecole, sur la République, la Nation…
Je me tais, et j’écoute en hochant la tête.

Ce sifflement du nerveux qui se calme, cet effort surhumain pour maîtriser ses mains, pour empêcher que ses bras ne se dressent sur un ciel devenu blafard, avec le pathétique d’une veuve de guerre… Alain de Lattre, Alain de Hauteclocque…
Cet homme me plaît.

Beigbeder et Neuhoff, c’est ça?
Je n’attendais rien de nos jeunes marquis.
Mais les entendre soudain modestes, attentifs, dénués de jalousie ou d’aigreur, eh bien j’en ai été surpris.
Naturellement, ce n’est pas nécessairement un bon signe.

Ça m’est bien égal, je suis monté à bord du ce magnifique et (souvent hilarant) Light Years et j’ai largué les amarres.

Comme Brigitte et les philosophes
Besoin de Bergson en Harley-D.

u. dit: 24 septembre 2013 à 17 h 30 min

Et ne commencez pas à m’asticoter, Puck, avec ses références compulsives à Arendt, Levinas ou Kolakowski!
Je lui pardonne tout!

Vous l’anti-philosophe, vous devriez vous réjouir de cet usage modeste de la philosophie.
La lecture, avec une sorte d’humilité, de paragraphes bien choisis, pour nourrir une honnête conversation?

Il y a là comme une sorte de candeur, que fait encore ressortir la roublardise d’un père Onfray.
(Vous ne voulez pas nous reparler du père Onfray? Parce que j’adore ça).

J’ai oublié le lien avec le billet, Sophie va tousser.
La poisse?

Jacques Barozzi dit: 24 septembre 2013 à 18 h 49 min

Elena, le film de Bernado Bertolucci est axé seulement sur la rencontre et le huis-clos, donné au présent, entre le garçon et la fille : il donne à voir ce moment tout en image, sans parlotes psychologisantes, sur fond de musique pop : un film d’aujourd’hui en Italie sur le terme éternel du mal être adolescent…
Un bon Bertolucci, le cinéaste italien le plus intéressant encore en activité !
Sinon, cet-après-midi, au cinéma Hautefeuille, j’ai vu une production américaine plutôt réussie : « Les amants du Texas », mi mélo mi western, à voir !

pado dit: 24 septembre 2013 à 19 h 10 min

Comme j’aurai toujours une bonne semaine de retard la vie ne sera jamais simple, mais va bien falloir s’habituer (finalement par rapport aux livres je suis plutôt raccord)

Donc j’ai vu « Elle part ».
Je suis resté (c’est con mais déjà ça)

Deneuve, Deneuve, Deneuve,
vous avez intérêt à aimer les peaux d’âne sinon évitez.
Là elle est vraiment nature, au p’tit déj’ elle doit être ainsi,
ça casse un peu le mythe mais la femme y gagne.
Et puis un mythe qui accepte qu’on lui balance qu’il devait être superbe « avant » mérite le respect.
Comme le notait Sophie la fin est peut-être un peu trop convenue et tellement prévisible qu’on souhaiterait vraiment être surpris et donc déçu de ne pas l’être.

A part ça Claude Gensac est, elle, trop méconnue, involontairement de Funès a du bouffer sa carrière.
Quant à Mylène, fantasme de mon adolescence de bientôt 80 ans (je viens de vérifier) je crois que bientôt nous ne verrons plus qu’elle dans les salles obscures.
Comment fait-elle, mystère, mais elle le fait et bien.

Dimanche au Masque (sans Sophie, pour une fois où j’étais dans ma voiture) seul Eric Neuhoff faisait le rabat-joie, je dis ça pour JC dont c’est l’idole avec Zemour.

Jacques Barozzi dit: 24 septembre 2013 à 20 h 28 min

La scène où toutes les anciennes miss régionales de 1969, dont Deneuve ex miss Bretagne, se retrouvent et posent à nouveau toutes ensemble en tenues de l’époque est intéressante, sinon émouvante… Elles sont toutes encore très belles, chacune dans son genre, et pour la plupart septuagénaires !

Jacques Barozzi dit: 24 septembre 2013 à 20 h 32 min

Quant à Claude Gensac, Pado, on doit son heureuse résurrection au fait fort probable que Daniele Darieux (la mère cinématographique officielle de CD) a dû déclarer forfait ?

pado dit: 24 septembre 2013 à 20 h 40 min

Bien d’accord Jacques, beau moment.
D’ailleurs que Deneuve accepte, et de loin, de ne pas être la plus belle du quartier ne peut que la rendre encore plus « humaine ».
Mais là encore, Mylène…. Waouh !
80 balais, merdre !
(deviendrais-je gérontophile ? Gaffe, Il faut que je me surveille)

puck dit: 24 septembre 2013 à 20 h 48 min

u. vous asticoter? non pas, j’ai pas votre carrure pour vous asticoter, j’appartiens à la France (des lecteurs) d’en bas.
j’aime bien Eric Neuhoff, quand il parle des films des frères Dardenne, comme dit pado c’est le seul à ramer à contre sens, ça ne m’étonne pas qu’il n’ait pas aimé le dernier film de Deneuve.

PAr exemple je n’ai pas du tout aimé les gens qui ont critiqué BHL d’avoir fait l’éloge de JB Botul dans son livre, on aurait dû le remercier, Botul est sans doute le philosphe français le plus important des 50 dernières années, ses livres sur Kant et Nietzsche resteront dans l’histoire… les idées, c’est une bonne chose qu’un type comme BHL lui rende hommage.

Je ne sais pas s’il faut mettre les types comme BHL et les autres dans le même sac que Beigbeder.

Après tout, rien n’empêche de faire de la pub pour des lessives et des lunettes et ensuite parler de James Salter.
Non seulement rien ne l’empêche mais je ne vois pas quels arguments pourraient critiquer cette posture
Les nouveaux ‘dandys’, de notre époque peuvent aimer Salter et poser sur des photos de pub pour des lessives.
Le mieux serait bien sûr, pour aller jusqu’au bout de cette logique, de faire une pub pour une lessive dans laquelle on verrait Beigbeder sortir un livre de Salter du lave vaisselle, en montrant qu’il a retrouvé ses couleurs d’origine.

Je me demande d’ailleurs si « Salter » n’est pas une marque de lave vaisselle, ou de grill pain, ou de four à micro ondes?

Finky est un type qui aime la littérature, vous avez lu ses livres où il fait l’éloge de la lecture?
Je me demande s’il a lu les livres de Sommerset Maugham?
Sommerset Maugham était aussi un dandy, comme Wilde.

Saul Bellow aussi était un dandy.
Vous aimez Bellow? si on additionne le talent de Roth et de Salter on arrive pas à la cheville du talent de Bellow. Disons que là où les autres avait du talent, Bellow lui, avait du génie.

renato va encore dire que je m’écoute écrire et il aura raison.
vous savez u. c’est difficile de faire une idée de la situation actuelle.
Begbeider est le plus mauvais écrvain que j’ai eu l’occasion de lire ces dernières années (même Musso, Gavalda ou Levy écrivent cent fois mieux) mais personne n’a jamais osé le lui dire, au contraire.
Du coup il pense être un bon écrivain et un bon critique.
Beigbeder est à la littérature ce qu’Onfray est à la philosophie : médiocre ais grande gueule. Il a tellement réussi à embobiner son monde qu’il a même écrit la postface de la dernière édition de Gatsby.

Est-ce bien gênant u.? non, sans doute pas.
Après tout il y a des choses plus graves, et comme il y a des choses plus graves, qu’on nous fasse passer Beigbeder pour Valery Larbaud n’est pas, en soi, un gros problème.

De plus, si cela tout cela se produit c’est que tout cela a un sens.

u. parès tout ce n’est pas de notre faute si nous avons vécu une époque où le mot « esprit » n’aura été utilisé que pour parler de l’esprit canal+.

Desmedt dit: 24 septembre 2013 à 21 h 02 min

Puck 15.14. Vincent Engel prof de littérature comparée à UCL, David Engels à ULB, université libre de Bruxelles. Rien à voir avec Onfray. Engel/Engels, physiquement Paul Newman approximatif d’un côté, Johnny Depp joufflu de l’autre. Les recherches du dernier portent sur la destruction.

Le bilinguisme en réalité est rare. Notre fédéralisme, l’organisation en communautés et en régions sont obscurs aux yeux des Français. « La Belgique n’existe pas », comme dirait le chanteur Arno avant de conclure « la preuve, j’y habite ». Flamingants, Flamandes de Brel qui dansent et Wallons, notre plat pays est celui des fractures et des divisions. U, vous avez raison de dire la gravité du fossé qui sépare. Pourtant l’identité belge est forte, même si elle est dure à définir.

Nous ne pouvons négliger les pistes pour nous agréger. Thielemans va partir. Mais que ce soit Mayeur ou Laurette Onkelinx, tout le monde est conscient de l’enjeu. Raison pour laquelle notre échevin PS fait venir ici votre fête du vin. Que Sophie préfère son pouf marocain plutôt que de suivre, même de loin, la vie de sa province, pour un Belge, c’est une aberration!

Nous sommes forcés d’être multitâches. Nous occuper du vieux pouf ET de la province si nous ne voulons pas éclater ni verser dans un nationalisme excluant. Mélange d’ironie, de modestie, d’invention, d’utilisation et de valorisation de ce qu’il y a dans le frigo pour faire la cuisine. La réflexion mériterait d’être étendue plus loin que notre seul exemple. Votre extrême droite profite du défaut de fluidité et de diffusion auprès des territoires pour s’infiltrer.

Je n’ai plus le temps d’entrer dans les détails. Mais qu’est-ce qui fait que votre cinéma français méconnait comme ça sa dimension régionale, est devenu aussi désincarné, méprisant, lointain? Vous avez le vin, le classement Unesco, un président d’ECLAR qui doit être rompu à ces débats… La mariée est trop belle?

C.D.

pado dit: 24 septembre 2013 à 22 h 01 min

« Ne sommes-nous pas sensés parler ici de cinéma ? »

Ben non.
Vous avez signé où Jacques ?
Je défendrais les Tarines où je veux quand je veux.
Et les arolles aussi.
Arbre magnifique.

pado dit: 24 septembre 2013 à 22 h 53 min

JC,
Les Néo-Z tremblent,
mais que c’est-il donc passé ?
La peur de vaincre ?
Le final sur un vaurien ?
Un problème de base de données ?

Ou de droits télé ?

u. dit: 24 septembre 2013 à 22 h 57 min

Desmedt, vous ne pouvez pas savoir à quel point ce que vous faites (vos conneries et vos inventions) nous intéresse.
Moi, je me prends à regarder, en loucedé, de qui se passe chez vous.

Mon père regardait vers les Russes, puis (en loucedè) vers les E-U.

Moi, je zyeute mes voisins belges, suisses, catalans, écossais…
Suis-je normal?

u. dit: 24 septembre 2013 à 23 h 11 min

À mon avis, Pado, la centaine c’est tout bon.

Naturellement, nous avons notre dignité.

Nous n’entendons pas atteindre ces sommets à n’importe quel prix.

On examine soigneusement.
Quand Puck déconne, c’est non.
Quand JC devient trop rhapsodique, c’est non aussi.
Quand Jacques fait de la barre fixe, n’en parlons pas.

Debouts, dignes, emplumés, le regard dur, –c’est nous.
Ugh.

JC..... dit: 25 septembre 2013 à 5 h 19 min

Pado,
Dean Barker, sur le bateau Néo-Z, a fait hier soir une faute de contrôle d’Oracle Team quasi inexplicable, en virant devant lui, mais un peu en dessous ! Il était en tête… Inexplicable, compte tenu du niveau de ces bougres !

Quelles raisons à tout cela ? probablement les plus simples. Oracle Team s’améliore et l’équipage y croit de plus en plus ; les néo-Z après une gagne fulgurante au début de la compétition, ne l’ont plus et sentent la catastrophe arriver.

Seule méthode pour eux, avec un engin moins rapide que les Ricains, organiser un traquenard, les pousser à la faute, la disqualification ou trouver in extremis d’autres réglages. Pas facile !

Dernière remarque : parcours bref, vitesse extraordinaire, 43 nœuds hier ! la moindre erreur se paye cash… c’est pas gagner pour David contre Goliath !

Le match se joue ce soir.

JC..... dit: 25 septembre 2013 à 5 h 44 min

Passons de la Baie de San Francisco à cette tempête dans un verre d’eau …

« La polémique ne s’éteint pas. Abdellatif Kechiche, réalisateur primé à Cannes pour La vie d’Adèle, juge dans une interview à Télérama que son film « ne devrait pas sortir », car « il a été trop sali ». « La palme d’or n’a été qu’un bref instant de bonheur ; ensuite, je me suis senti humilié, déshonoré », ajoute le cinéaste »

A bord, on poufferait de rire et on dirait : « Le cinéaste torturé nous fait un petit caca nerveux…! ». Buzz de lancement oblige : bizness is bizness.

Polémikoeur. dit: 25 septembre 2013 à 8 h 53 min

Puisqu’on donne dans le style « Equipe »,
page voile au moins, et non baballe (c’est déjà ça
mais la plume devrait sentir les embruns
d’être trempée dans l’eau de mer et n’enchaîne
que les termes comme dans une page de comptabilité !), n’y aurait-il pas
comme un film « sportif » qui sorte cette semaine ?
Le Ron Howard.
Genre ingrat que la course auto filmée (rasoir !)
mais Richie Cunningham modèle en général
des distractions plutôt agréables.
Changement de quart !
Milsabordellement.

Polémikoeur. dit: 25 septembre 2013 à 8 h 56 min

Dans le même registre, le site des « Républiques »
a l’air de ramer depuis hier soir.
Régateusement.

pado dit: 25 septembre 2013 à 11 h 48 min

« a l’air de ramer depuis hier soir »

Faute au adserver.studio-lol.com

« -lol » ! Pas étonnant que le serveur retarde.

u. dit: 26 septembre 2013 à 17 h 12 min

« Ils chantent »!

Vous n’aimez pas chanter?

Qu’en est-il, ici maintenant, du statut du chant dans l’écriture filmique?

On a parlé ici de High Noon.
Vous rappelez cette bonne grosse voix, assez poilante en français « Si toi aussi tu m’abandooooneee, il ne me restera plus rieeeen »"
Et sa fine version collégienne (Si toi aussi tu t’tapes la booonne… »)

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