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La République Du Cinéma

« El Presidente » : votez Mitre ! suivi de « Abracadabra » de Pablo Berger : Rien ne saurait manquer, où il vous conduit…

Par Annelise Roux

Un sommet rassemble des chefs d’Etat latino-américains dans un hôtel de la cordillère des Andes. Hernan Blanco (Ricardo Darin), le Président argentin, tout en devant défendre des intérêts politiques et économiques à l’échelle d’un continent, se voit brusquement affronté à l’intrusion de la sphère privée, de fantômes et de l’enfoui sortis du bois en la personne de sa fille Marina (Dolorès Fonzi), menacé par un scandale à rebond via son gendre et le concours quelque peu déconstructif d’un hypnotiseur.
« Paulina » du même auteur séduisait déjà par la maturité étonnante, la capacité âpre néanmoins réfléchie à filmer la terre rouge, les pas martelés sur chemin poussiéreux, les tableaux noirs du fond de la jungle aussi beaux que les cartes de la « salle de géographie » du palazzo Vecchio où allait enseigner une jeune avocate idéaliste aux confins du Brésil, la pertinence sociale dure, tendre et observatrice, de Santiago Mitre, cinéaste argentin né en 1980 que la Semaine de la critique avait légitimement porté à l’attention. Ce film-là est moins spectaculairement talentueux, moins accessible ? Cela n’est pas certain, puis rien de quoi décourager. Mitre creuse un sillon entêtant, à cohérence et exigence repérables. Qu’est-ce que l’intégrité, l’action au-delà du discours, quelle place constitutive occupe la part « faillible », comment gérer les parts de noirceur, qu’en faire ?
Le film est sans doute plus sarcastique, évoque « Le Caïman » de Moretti dans le dévoilement des hypocrisies, du jeu social et de l’exercice du pouvoir.  Le père de Santiago Mitre, travaillant pour de grandes organisations internationales, lui aura fourni la matière initiale, les dialogues garantis pour la première demi-heure du film aux allures de documentaire sur les tractations de haut niveau : il le rend avec doigté… On y voit défiler le Président du Brésil, celui du Mexique, dans un de ces sommets internationaux dont les coulisses ne sont pas piquées des vers… Codes, ruse, manipulations. Pompe diplomatique et protocole par devant, enjeux et tensions où l’humain, les personnalités, les rapports de force interfèrent par dessous. Le film est distancié, jusqu’à l’arrivée de la fille éplorée. Cette façon de quitter le documentaire sans trop crier gare, grâce à des mouvements de caméra élargis, des travellings conduisant aux personnages, est habile, insidieusement inquiétante.
Tout l’intérêt est de verser peu à peu dans une sorte de fantastique discret : le film, contaminé par les états d’âme de la fille, s’écarte de la ligne pratique que semblaient énoncer les débuts. Cette bifurcation instaure le sens. Voilà pourquoi le film est moins simple, plus complexe, austère et passionnant. Hernan Blanco le président, tiré à hue et à dia, se démenant pour échapper au scandale dans son hôtel isolé au  parfum d’Overlook, tout en étant maintenu dans l’obligation roide de sa fonction entre en scission, et c’est alors que le film décolle d’une manière qui lui donne sa clairvoyance, son étrangeté, son prix. Outre Christian Slater, moine de l’adaptation du « Nom de la rose » d’Eco, reconverti en conseiller, dominant linguistique (le dialogue naturellement en espagnol s’inverse à ce moment-là en anglais, ce qui politiquement en dit long sur le sentiment de supériorité), carnassier ignorant de ce que peut générer l’imaginaire sud-américain réfréné, le choix de Ricardo Darin est parfait : vous vous souviendrez d’avoir vu l’acteur en personnage perturbé par l’engrenage aveugle de la bureaucratie, finissant par punir la fourrière de ses dérives autocratiques de façon radicale dans « Bombita », réjouissante section des « Nouveaux sauvages » de Damian Szifron sortis en 2014.
Il y a comme une filiation, une sorte de broderie sûre prenant le relai sur thème dans un cinéma de langue espagnole – en particulier argentin – de grande qualité.
Les séances d’hypnose de Garcia (Alfredo Castro) dans le film de Mitre évidemment ne sont pas anodines : l’Argentine est un des pays les plus concernés par la psychanalyse et plus généralement, l’exploration sous toutes ses formes des « sciences du refoulé » plus ou moins homologuées. La psychanalyse a fait florès dans le pays depuis les années 50 de façon importée (l’Association Psychanalytique Argentine  APA est fondée en 1942 par des Argentins alliés à des immigrés descendant d’Européens, dont Maria Langer, seule femme du groupe) : le livre de Mariano Plotkin, docteur en histoire à Berkeley « Histoire de la psychanalyse en Argentine, une réussite singulière » (Editions Campagne Première, 2010) indique que la diffusion du freudisme, des questions sexuelles, rêves et hypnose alors même que le statut épistémologique des pratiques est loin d’être transparent, contrairement aux idées reçues, prospère précisément durant les années 60 et 70 où le pays était gouverné par des dictatures militaires, des régimes démocratiques à faible dimension, où les libertés publiques sont restreintes.
Le lâcher-prise requis par la démarche analytique, si facilement affilié au mirage d’une pluralité et d’une diversité avérées et épanouies, est en fait bordé du danger d’intégration détournée à la culture dominante, en particulier en contribuant à définir ce qui peut (ou non) être remis en question (cf les dérives de Rascovsky, un des membres fondateurs de l’APA qui alla jusqu’à prêter main forte aux idées conservatrices sur la société, l’individualisme en prenant des positions contestées sur la place de la « famille traditionnelle réussie ».)
Santiago Mitre se débrouille en creux, avec beaucoup d’intelligence, de ces questions délicates. Il voulait Darin sinon rien, il a eu raison : avec sa tête de Ray Wise lynchéen-twinpeaksien, l’acteur est un oxymore vivant, pâte sensible à utiliser par un réalisateur aussi manifestement brillant : la froideur éventuelle de ses yeux contrebalancée de façon dérangeante par l’exubérance sensuelle, gourmande, cynique et passionnée de son nez merveilleusement busqué, sa bouche ourlée…  La Nature souvent ne demande pas mieux que d’être exploitée. Mitre le fait très bien, dans un tâtonnement rendu bouleversant par le malaise de la fille, d’une certaine façon sans issue, par là-même ouvrant d’autres voies grâce à la superposition de tableaux inconciliables autrement : viol de Paulina dans l’opus précédent, viol mental et psychique du père, pour un fruit appelé à être gardé ? Ce recours au truchement par la filiation est très fin : « Je sais ce que tu as fait, je sais qui tu es », dit Marina (Dolorès Fonzi, quelle actrice !) au Président argentin soudain mis à nu, départi des atours de sa fonction… Cette grande résolution insupportable, transfixiante, nécessaire de l’amour qui ne peut être évitée en privé, contrairement aux paraître, au Guignol des rapports sociaux d’autant plus renforcés qu’ils s’ancrent dans des sphères de pouvoir réputées intouchables… sauf que certaines dérobades ou compromissions deviennent impraticables sous le regard des plus proches, seuls à arrêter le mécanisme, à forcer d’interroger l’être dépouillé d’oripeaux protecteurs, mais humainement asphyxiants sur ce qui est sa profonde constitution. Seule la fille a le pouvoir de le faire ployer à ce point, et c’est cet accès à des recoins dont on se passerait qui s’appelle peut-être la réelle conscience. Un très bon film.

L’enchaînement avec « Abracadabra » du natif de Bilbao Pablo Berger est tout trouvé : encore une question d’hypnose, comme si la place donnée à l’émergence du fantastique éventuellement « incorrect », fantasque au sens propre, retrouvait ses lettres de noblesse dans une fiction cinématographique revitaminée.
Carlos (Antonio de la Torre), conducteur de grue macho, fan de foot, sensibilité à deux de tension, imaginaire inférieur à celui d’un poisson rouge fait poireauter sa femme Carmen (fabuleuse Maribel Verdu aux boucles d’oreille en libellule : d’emblée, cela veut tout dire !) et sa fille parées pour se rendre à un mariage, happé par un match. Il faut très vite noter la majesté parodique des costumes, duègne, fièvre du Samedi Soir, Elvis Still Alive, être immédiatement séduit par la façon annoncée de jongler avec les schèmes cinématographiques… Un cousin magnétiseur, Pepe (José Mota, détonant mélange de Keith Richards et d’Etienne Klein délaissant Saclay pour le turban, le khôl, l’acide), amateur toujours contrarié de chichis trempés dans le chocolat, jouant un numéro lui jette un sort auquel le mari indélicat fait semblant de souscrire par dérision méprisante, avant d’y tomber vraiment… Tourbillon drolatique.
Berger vient des clips, de la publicité. Mauvais curriculum vitae a priori ? Qu’importe, il inverse superbement la tendance. « Blancanieves », le précédent film muet, en noir et blanc, sur Blanche-neige et la tauromachie revisitées où les nains étaient sortis de leurs rôles, donnait un avant-goût extravagant, bizarre et élégant de la dextérité de celui qui, sur la lancée du succès de son premier court, « Mama », donna des cours de cinéma à Yale ou Princeton, avant son retour en Espagne. Heureux furent ses élèves. Son cinéma descriptif, narratif, inventif, désopilant, référencé, balancé sur mode hallucinatoire, pop art, yéyé, drôle, éclectique, touche à tout avec brio au travers de digressions, d’hommages farfelus, romanesques.
Possédé par un esprit malin, Carlos dans le quartier madrilène de Carabanchel, va tenter d’être sorti d’affaire par les bras très cassés de son épouse Carmen et de Pepe, le cousin amoureux transi. Tout y passe, dans un soupçon de giallo, clins d’œil au cinéma gore, voire à « Taxi Driver »… thriller, histoire d’amour foutraques, bien construits… rare que je rie autant. Certaines scènes sont un peu allongées comme des cafés vendus à la sauvette en Italie – les apparitions du Singe sur la grue, un peu trop, Berger aura-t-il voulu en une ultime moquerie appuyer excessivement dessus pour faire du pied à Nagisa Oshima, « Max mon amour », après ses allusions à « Massacre à la tronçonneuse » etc ? S’imaginer que Berger ne tient pas son fourre-tout apparent bien rangé est pur leurre : il n’a rien du mouton de Panurge, organise au contraire le récit en effectuant des sauts de cabris audacieux. Le mime du « meurtre à la cuillère » en lieu et place du couteau électrique, outre sa très belle façon de filmer l’intérieur des appartements en Vallotton, en Nabi, mérite d’entrer au dictionnaire – l’ensemble est pédagogique, féministe, d’une séduction indéniable ! L’utilisation des couleurs (cet anéantissement futuriste à la fin, ce blanc qui absorbe tout… On a l’habitude du noir, mais là, c’est si amusant, virtuose… ) les détails, la conduite soudain désuète de la narration sont d’une espièglerie, d’une maîtrise qui forcent l’intérêt. L’Am stram gram parmi les mourants, le slip Superman, la couche…préside un mauvais goût effroyable tenu sur un fil, versant dans un rire pas si innocent que cela : l’historique visuel de la Movida par exemple est très présent, de façon dépassée, voire moquée ?
Berger digère les choses, les restitue avec un humour roboratif carnavalesque libre et attirant… Kubrickien défroqué ici, thuriféraire narquois d’Almodovar là, Agatha Christie revue et corrigée par un Pascal Thomas sous LSD… Son grotesque, tissé de moultes connaissances, d’un raffinement d’abord insoupçonné, réussit la prouesse de demeurer personnel et offre à Antonio de la Torre, la merveilleuse Maribel Verdu et José Mota l’occasion d’exprimer tout leur talent : De la Torre,  l’acteur andalou qu’on avait vu chez Raul Arevalo (« La Colère d’un homme patient ») ou chez Alberto Rodriguez (« La Isla minima ») en particulier opère un switch mémorable entre mari indifférent, idiot et bourrin, et séducteur romantique à l’excès, regagné par la grâce amoureuse.
Après une scène gore où un clone de Mike Brant joue du couteau, rapportant de nouveau à la filiation « Nouveaux sauvages », le film argentino-espagnol de Szifron où Romina et Ariel se mariant à Buenos Aires voyaient la cérémonie virer vinaigre pour cause de belle-mère, de rivale et de cuisinier jusqu’à se réconcilier sur l’oreiller devant témoins, au détriment de toute pièce montée, Berger s’offre le luxe d’un extravagant cucul la praline sur slow où Antonio de la Torre, dans un dancing de croulants, roule des yeux enamourés, pourtant convaincants soudain, attendrissants, dont personne n’aurait osé rêver.
Et cela marche : I am not in love ? (Ten) C.C… So don’t forget it.

 « El Presidente » de Santiago Mitre
« Abracadabra » de Pablo Berger
  (sortie en salles le 4 janvier 2018)

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commentaires

135 Réponses pour « El Presidente » : votez Mitre ! suivi de « Abracadabra » de Pablo Berger : Rien ne saurait manquer, où il vous conduit…

Sylvain dit: 2 janvier 2018 à 11 h 47 min

Meilleurs voeux ,chère Annelise!

2018 commence fort…

Votre Mitre alléchant.Berger encore plus (magistral, »l’anéantissement par le blanc ».)

Phil dit: 2 janvier 2018 à 19 h 59 min

Bonne Année, dear Annelise ! à vos cinémanautes as well, embarqués volontaires pour les salles obscures où turbinent les usines à double vie. l’ouvre-huîtres n’a pas dérapé, les grands crus pas bouchonnés et les conversations furent agréables même avec les guests non-champagnisés (un bon test).
pas encore vu ni entendu vos films recensionnés (Baroz en vacances laisse refroidir la carte ugécé) mais le film existe grâce à la critique (Daney ?), grâce à l’amateur ! (a dit Jean Douchet). il nous reste à chercher la filiation ou dériver en manivellant. Dans la famille Berger d’Argentine, ne connais que Marco qui livre tous les deux ou trois ans de bien beaux films.
La Torre me rappelle Nestor de la Torre, peintre canarien qui a passé sa vie à entoiler les cauchemars que ses îles atlantides doivent inspirer aux extralucides.
Indeed, l’Argentine psychanalyse comme une dingo, How come ? me souviens d’un film argentin sur une mère qui mure son appartement et ne parle plus à sa famille qu’au travers de la cloison. deux heures de palabres claustrophobiques pour famille névrosée, beaucoup trop long pour ceux qui pensaient prendre le train pour Buenos Aires comme le titre l’annonçait.
un bon film de Bollywood donne envie d’un after chez un indien du passage Brady, celui d’Amérique du Sud doit livrer un bout enneigé de cordillère andine.
vu quelques films colombiens récents sadly trop occupés de « political issues », aussi prévisibles et peu cinéphiliques que les nôtres, of course.

Emmanuel dit: 2 janvier 2018 à 21 h 55 min

Bonnanée,sweet & darling AL;jéfété lnouvelan avan vous,à Pondichery comment npapenser à vous ?;les artiqueules mlaissent pantoi; des critik komssa ,célart dlesentir kom dledire!.:rien dledir kvous êtes 1drlodoizo,diré Jidé?!; oné tousse amoureux dvous,jpense,même ceussent kiprefere lotsex;vouzetes mariée?;
Jvé allé voir Berger ;lmitre ossi;Phil ,komen parler assamere autrement katraver 1cloison?;célgran problème dlhetero kom dlhomo sessualité?; Annelise cé note ame daney:elle rend plus intelligent san coupé lgaz nilrest .;chai pas comment elle fée? »Chui fool ine love » kidiré taineZiZi,;;donte forgette ite;jazzy ilé ptete en vacances?.;bonannée à tousse ,l’Inde ,yadé trukavoir,jvoujur kom bopays ssapozlà!!;nestore dla torre ,jvé rgarder?,les Canaries soncuits!!;

Paul Edel dit: 2 janvier 2018 à 22 h 31 min

« Le lâcher-prise requis par la démarche analytique, si facilement affilié au mirage d’une pluralité et d’une diversité avérées et épanouies, est en fait bordé du danger d’intégration détournée à la culture dominante, en particulier en contribuant à définir ce qui peut (ou non) être remis en question (cf les dérives de Rascovsky, un des membres fondateurs de l’APA qui alla jusqu’à prêter main forte aux idées conservatrices sur la société, l’individualisme en prenant des positions contestées sur la place de la « famille traditionnelle réussie ».) » traduction? merci.

Annelise dit: 2 janvier 2018 à 23 h 08 min

Bonne année, cher Paul ! Autrement dit : qd on entreprend un travail de cet ordre sur soi, c’est censément, en tt cas a priori, pour s’ouvrir l’esprit, voir plus large . .les exégètes, en particulier européens étaient persuadés que l’envol de la discipline en Argentine après études coïnciderait historiquement avec celui de l’élargissement des libertés, erreur! L’esprit est matière modelable, et les influençables, pas trp regardants, mangent au râtelier qui finalement les arrange le mieux, habillant leurs choix de raisons ad-hoc sorties ttes faites du chapeau pratique de la « faculté » ou de l’école ds lesquelles ils n’ont pas hésité à placer leurs billes .. le livre de Plotkin énonce cela tb.. Rascovsky confondait introspection amenant l’autre à être au plus près de lui-même, et radio-guidage visant à le rapprocher surtt de ce qui est utilisable, « bon pour le pays »..mais quel pays, et quelle épistémologie de ce qui « sert », est déclaré « convenable »?..le film de Mitre là-dessus est très malin, sans connotation vulgaire à cela : le père président de la République, contaminé par ttes les hypnoses qu’on voudra, moins traversé de faille que qd son propre visage se retrouve miré ds le regard de sa fille en proie aux affres. .pas les mêmes échappatoires
Emmanuel, HNY, l’Inde.. wow

Sylvain dit: 3 janvier 2018 à 11 h 19 min

Le Mario Plotkin avait fait date,Annelise!

Duraille à lire & o combien édifiant …Berkeley,digne de la Ivy L ou je note que votre Berger a enseigné 2 fois,Y et Princeton.

« Paulina »,elle gardait l’enfant et discutait avec le violeur c’est ça?

Gilles dit: 3 janvier 2018 à 15 h 00 min

Voeux pour le nouvel an ,Annelise,ainsi qu’aux companeros Erdéciens!Le lierre des universités us vaut son prix en dollars .Stanford n’y est pas ,trop siliconé? Jamais trouvé Brown ni Dartmouth si bandants,ceci personnel;l’année ciné démarre fort avec vous.Le parallele Darin/Ray Wise(une fois que vous l’avez pointé )inratable!L’oxymore « des yeux froids et du nez busqué sensuel »,relu deux fois pour le plaisir Phil 19.59, »le film existe grâce à la critique »(phrase attribuée à Daney),de + en + vrai? Avec en parallele une critique curiosité en berne ,jeunisme en sautoir qui assure de moins en moins le passage témoin.
Quels Colombiens avez-vous vu?.La clé ne se trouve pas dans l’exotisme ,le cinéma trop mondialisé pour ça .Le plus exotique serait de montrer l’intérieur d’une cuisine à Albi ou Clermont-ferrand sans y mettre des effets spé.Daney, »l’amateur » de Douchet faisaient circuler le cinéma ,don’t they?Maintenant chabat sur le Pére Noël, Foenkinos ou kev Adams décident.Merci pour le salut passé en twit à ,Jacques Lassalle.

Gilles dit: 3 janvier 2018 à 15 h 03 min

Bonne année,Emmanuel!Et les résolutions d’être lisible?Profitez si vous y êtes encore de faire un saut près d’Agra.Le Taj bientôt ,il faudra faire ceinture…

Sylvain dit: 4 janvier 2018 à 11 h 39 min

Ai voulu poster trois fois ce matin sur le Ridley Scott sur Getty en attendant Mitre…

Recalé!

Suis seul dans ce cas?il y a des intempéries par chez vous,A-li?

Phil dit: 4 janvier 2018 à 12 h 15 min

Gilles, « Los Abrazos del Rio », de Nicolas Rincon Gille..le sujet de ce film colombien récent laissait espérer de belles envolées fleuves mais tout échoua dans les histoires de sordide politique, comme s’il s’agissait d’un caniveau fangeux de nos contrées. le réalisateur était présent, il est jeune, a bien défendu son point de vue d’homme blessé par la vie dans son pays,
what else…les cinéphiles difficiles à contenter sont des embobineurs auto-embobinés. En voyant « Melancholia » de Lars von Trier, jouissance intérieure des brèves apparitions du considérable Udo Kier en maître d’hôtel blasé (l’allemand lui irait mieux: « verlebt », usé par son vécu), agréable compensation face à la peu lumineuse Charlotte Gainsbourg qui décidément ne passe pas en soeur de Kirsten Dunst (qu’imaginent donc les producteurs ?…)

J.D dit: 4 janvier 2018 à 12 h 55 min

tentatives aussi infructueuses .RDC transformé en donjon.J.P Getty :le vieux crocodile avait bâti sa fortune comme elles le sont 9 fois sur 10;moitié sens des affaires ,moiyié avarice déraisonnable .L’héritage est chose pratique différente .Le vieux hésite à avancer l’

J.D dit: 4 janvier 2018 à 13 h 05 min

suite.. l’argent sur l’oreille non déductible :ce sont les enfants dont les parents ont mangé les raisins verts qui se tordent dans la colique !Picasso a laissé le fils boire l’eau de javel ,what else?Le jeune Paul qui joue est parfait .Herr Duris en bandit d’honneur ,on y croit pas trop ?Trop de clins d’œil complices avec Getty Jr.,un calabrais serait parti au trou pour moins que cela .Liebling Annelise nous dira si elle l’avait vu avec Herr Spacey saute au slip, si Ch.Plummer le surpasse .Les taches de vieillesse ne s’imitent pas ,ni les robes de chambre qui puent la cupidité.S’il avait payé ,tous les petits-enfants auraient été enlevés,cela est pragmatisme!La mère fait sainte femme et l’histoire dans les faits ne s’est pas conclue de la manière vue…

Annelise dit: 4 janvier 2018 à 15 h 14 min

Au-dessus J.D, je sens que le « saute au slip » pour qualifier la space odyssée sex du Kevin vous a fait plaisir…était-ce nécessaire pour autant?, les astres ns le diront en 2018.. oui, je trouve Charlie Plummer assez bon, visage patricien ms pas trop, beauté et petite mollesse incertaine que le sang de la mère obligée de bosser pour payer l’oreille a comme revigoré ds le film.. John Paul Getty first name ds la vie ressemblait plutôt à Jacques Marin, les Chevaliers du ciel, ms il est évident vu la collection que question finances, il n’avait pas l’habitude de laisser les billets s’évaporer ds la verdure. Michelle Williams que je confonds facilement avec Carey Mulligan a les épaules, Mark W b aussi..construction du film très classique malgré tt?.. Plummer est élégant par nature, éventuel petit pincement de lèvres glaçant façon III Reich..Christoph Waltz que j’adore a cela aussi, qui induit discrètement le malaise.. Spacey en a tjs eu sous la pédale, il vous aurait probablement ébloui ds le rôle… ns avons déjà évoqué ici et débattu de « l’effacement de tte trace » décidé post-scandale .. on dirait b que Disney a tendance à racheter et réécrire tt?, y compris au-delà de sa sphère tentaculaire..
Merci Gilles à 15h, vs aussi ..pour le « critique qui fait le film », ce serait donc saint Serge des Cahiers qui l’a dit, ou bien Phil suggère t-il que les films existent aussi, également et parfs « avant tout », « d’abord » grâce à des critiques de calibre?
Je trouve l’incise juste ds ts les cas, et sans doute ai-je éprouvé l’effet dans mon expérience avant même d’être en mesure de le formuler..je n’avais pas de télé ni de cinéma à proximité avant l’âge de 10-11 ans.. comment ma cinéphilie a commencé par en passer par des Claude-Jean Philippe etc – eh oui – quand les parents m’ayant laissée sans surveillance, l’insomnie me poussait au crime, au giallo, au western, au Capra, au Mankiewicz, à l’Ophüls ou au Renoir en heure tardive.. tjs amusant de voir comment cela progresse et se construit… les passeurs ont une importance capitale, me semble t-il..cristallisation d’un informe sensible qui va trouver à s’employer.. et plus l’architecture est innovante et fine, plus le maître doit à la fs enseigner fermement, tt en sachant se fondre pour ne pas risquer de couper d’ailes.. les Cahiers bien sûr, Positif, le Masque, certains critiques du vieux Libé etc comme professeurs inconscients. .mais Gilles 3 janv, pourquoi sous-entendre que ce serait une question d’époque?..ces exégètes co-créateurs par leur capacité à discerner n’ont pas disparu… parmi ceux-là, susceptibles de m’encore bien scotcher, Charles Tesson – à lui qu’on doit j’imagine en bonne partie justement la découverte de Mitre avec Paulina… Il « fait » les films par son oeil d’une transparence, en particulier écrite, très bizarre, belle et souveraine… une sorte de grand renard cheveux blancs drus aux yeux fendus panoramiques, plutôt dépailletés que clinquants. ..très beau regard…on parle de l’Inde, ses livres sur Satyajit Ray (Ed Cahiers du C, collection « auteurs ») ou Bunuel (the same), confondants d’intelligence..pâte littéraire parfaite, rare que je le dise sans ambages, sauf qd ça le vaut. .certaine disposition à l’humour, bien cachée sous la sorte d’austérité achève de rendre le truc irrésistible… d’autres journalistes le font b comme j’aime également.., relève assurée par des gens comme Olivier Hadouchi ou le jeune Leo Soesanto dont je ne me lasse pas de le voir photographié tiré à quatre épingles. .tt un art, lorsqu’en parallèle il dézingue ce Kev Adams que vs avez décidément en travers non pas pour des raisons d’humeur, mais selon des arguments qui ont du poids. .son t-shirt de Fassbinder lui va tb, manifestement il en est fou et de Bowie aussi : mon soulagement à ne pas partager totalement un de ses deux engouements… ainsi n’aurons-nous jamais à nous battre à la fois pour deux hommes ?.. tant mieux c’est moins fatigant..alors, ce « Président » de Santiago Mitre ?

Jacques Chesnel dit: 4 janvier 2018 à 15 h 16 min

A propos de Ricardo Darin ; il a joué dans le film de l’argentin Juan José campanella « Dans tes yeux » (****) avec la splendide Soledad Villamil, en 2009

Annelise dit: 4 janvier 2018 à 15 h 25 min

Serge Daney, c’est plus fort que moi, ds les diners en ville je ne peux pas m’en empêcher (encore dernièrement), qd son nom vient sur le tapis, j’écarquille les yeux et dis « De qui s’agit-il? »..la consternation froide que cela jette…blasphème ! envoyez chercher les sels ou la pince, c’est selon..les gens qui ne me connaissent pas hésitent, effarés « elle est idiote ou quoi? »… et si c’était vrai?, comme dirait Marc levy

Sylvain dit: 4 janvier 2018 à 17 h 30 min

L’éditeur decrié de georges perec et Renaud Camus.Carrere l’avait défendu,à juste titre.Meilleur part de lui que ses récents livres.

Ha ben.il était malade de longue maladie,comme on dit?

Annelise dit: 4 janvier 2018 à 17 h 43 min

Décrié pour Renaud Camus, passons.. en effet celui de mon très cher Perec, d’Emmanuel Carrère, canal historique, ms aussi..de Serge Daney, si je ne m’abuse? Non Sylvain, POL n’est pas mort d’un cancer, il a été tué ds un accident de voiture…comme le père de Pajak, comme Jackson Pollock, comme James Dean, comme .., ..,.. à Marie Galante..il avait 73 ans, sa femme, blessée, semble avoir été déclarée hors de danger

Phil dit: 4 janvier 2018 à 18 h 11 min

Oui dear Annelise, éditeur aussi de Daney aussi pour, entre autres, »L’exercice a éte profitable, monsieur ».
Daney inconnu aux dîneurs en ville ? probablement à ceux qui ne sauront pas reconnaitre de quel film est tiré le titre de son livre..alors, who cares..

Sylvain dit: 4 janvier 2018 à 20 h 23 min

Phil 18.11,je l’ai pas compris comme ça:Notre hote s’amuse à feindre d’ignorer qui c’est.

Scandale joueur.

@annelise à 15.14 « John P Getty ressemblait plutôt à Jacques Marin »,judicieux en plein front,boum!

Daney exCahiers.Tesson y était aussi?Il parait moyen rigolo pour ne pas dire sinistre.Par contre vous donnez vachement envie de le lire…Et Delorme?

Annelise dit: 4 janvier 2018 à 21 h 42 min

Détrompez-vs Sylvain, Ch Tesson n’est pas du tout sinistre. .vs vs faites avoir par la silhouette imposante, granitique..lisez-le, il a au contraire un don certain pour une forme d’enfance, d’espièglerie rentrée… un truc profond, grave, assez pur, tous-azimuté, visionnaire, propre aux vrais écrivains, qui rebondit, réfléchit tt terrain.. assez fascinant… en le lisant sur Bunuel il m’est arrivé de rire aux éclats, simplement comme ça… sur la chauve-souris vampiresque, Paloma, l’oiseau, la poule immobile en perchoir, patati patata… je ris parce qu’il a un truc proprement génial à rendre perceptible, faire voir.. ça paraît intellectuel et ne l’est pas du tout..je ne suis pas sûre que le cinéma soit « plus fort que la vie », cela dit. .Daney à la fin regrettait semble t-il que cela ait occupé tant de place, en doutant sans doute que cela en fait est une seule et même chose

Emmanuel dit: 4 janvier 2018 à 22 h 06 min

Kelportré dlamerique ssu LCp,Annelise;celle déGetty édékennedy,eau somatre:; !toussa tristounet;cétoutafé lfilm ssu lpouvoir dlargent,ridelé scotte kimontr l’avariss,la meskinrie minab’ dssui kisra rien d’ote kun parvenu!!.;fo attende la seconde generation pour lraffinment ,voir cke ssadone; bin ,Phil cékoi ltitre de sergDamné?navré kpol otchacovski l’ait cassé ssapip en voitur?; lavé publié durasse,céparien..;Ou l’en est votfilm avé le manuel,Annelise?; jiré voir lsantiagomitre enrentrant!;bonsouar a toussent,Manu kéhabil dssé mains luizossi.abonentendeur?;

Phil dit: 5 janvier 2018 à 0 h 56 min

sorry: « les contrebandiers de Moonfleet. » l’histoire, comme dans un bon film, n’est pas finie: Daney admirait (rêvait) l’enfant à qui Stewart Granger adressait cette réplique

Annelise dit: 5 janvier 2018 à 9 h 17 min

Belle info délivrée par Phil..Moonfleet, un de mes préférés..la rédemption par l’amour, l’innocence initiale, les espoirs placés tt d’abord à tort (il faut croire que non, que le discernement du petit Mohune surpasse en intuition celui-là même de Fox, « auquel sa propre mère n’aurait pas pu faire confiance »?)..c’est déchirant, sans eau de rose. .comment ns sommes créés également par les attentes en droiture de ceux qui nous aiment vraiment.. curieux comme là, on flirte avec un des thèmes du Mitre..car bien sûr, ce n’est pas la naïveté du gosse à penser Fox meilleur qu’il n’est qui est constitutive, mais bien, de par la nécessité, le besoin légitime et éperdu qu’il présente, sa puissance à détruire les protections cyniques qui entourent Jeremy, le mettent à distance du meilleur de lui alors que la facilité plaide le contraire..sphère risquée, qui ne se calcule pas.. le pessimisme de Lang ds les Contrebandiers rendant la mort obligatoire..petite nuance moralisatrice au passage : il faut que cela finisse mal autrement quoi? Fox, rendu à certain gâtisme affectif pour John, aurait été incapable de tenir la note?.. curieuse vision de la faiblesse des hommes, alors que tous ne le sont pas… relativement daté.. on s’en fout ou plutôt, tant mieux, quel chef d’oeuvre..en voilà un des premiers qui m’ait marquée, j’ai dû le voir qd j’étais au CP,moins de 5 ans, ds le dos des parents, un soir qu’ils avaient dû partir et que je dormais chez la voisine qui avait la télé.. m’offrir une revoyure après tant de tps..terreur, éblouissement devant le côté Stevenson, le rocambolesque, les tonalités anormales, un peu stridentes et d’accords parfaits.. qd on n’en a js vu, comme pour les rêves, on ne s’imagine pas que la couleur au cinéma va varier par rapport au réel.. mais le pictural illustre bien, encore mieux, il remplit à ce point qu’on l’oublie pour entrer ds l’image… et Jack Elam, avec son oeil qui dit zut à l’autre…regard à la Borgnine, chez lequel on passe près du déterminisme nominal..ce qu’il y a de bizarre ds ma passion p ce film, c’est que si j’aime bcp George Sanders, je n’ai js bcp aimé Stewart Granger.. à part ici et peut-être chez Hathaway, Le Grand Sam.. remarquez je n’aime pas tellement John Wayne non plus..d’acc, excepté ds Rio Bravo, Hawks, et à part chez John Ford..comme un oxymore, du coup.. Quiet man et Tom Doniphon for ever

Phil dit: 5 janvier 2018 à 10 h 16 min

dear Annelise, zêtes bien notre Anne Daney. Les « Anne » ont le vent en poupe au cinéma des pirates. ma préférée (film..), celle qui flibuste dans les Antilles en Tourneur…
après votre recension digression, envie de revoir ces Contrebandiers, mais only on large screen and 35mm. Lang portait le monocle comme d’autres le bandeau de pirate. Les puissants acteurs impriment la pellicule plus fortement que le film, Sanders est de ceux-là, son voyage en Italie traverse le cinéma comme l’écran de nos souvenirs.

Annelise dit: 5 janvier 2018 à 10 h 44 min

Elle paie, Jean Peters !..Jourdan n’était pas mal non plus. .Anne « Providence » ça ne s’invente pas…allez, une confidence vraie de vraie, pour la peine : j’ai envisagé à une époque de me faire tatouer les mains.. P-R-O-V-I-D-E-N-C-E, une lettre par phalange,c’est le mot auquel je pensais..dû renoncer pour des raisons d’allergie. .enfin, cela ne m’aurait rendu aucun mort ms c’était moins convenu que Hate &. .oui envie de revoir aussi, « sur écran » cette fois-ci, ce Moonfleet frappeur d’esprit..sur Daney, encore qqlignes..l’ai b lu, mais ne l’ai pas connu, en fait je ne sais trop pourquoi je tiens autant à cette figure?..sa fragilité, son humanité à spectre large sûrement…j’aime b me le réprésenter, homo bordelisant, talonné tjs par la quête du père dont il met la place au coeur même du déclic cinéma.., assez complexé sûrement?..cartes postales fidèles à la mère adorée..oui, j l’aime bcp, et sa rêverie dont vs parlez autour de la phrase adressée à l’enfant du film de Lang en dit long : Fox d’une certaine manière déniaise le gosse, ms on peut dire que l’inverse est entièrement vrai ..John Mohune rend Jeremy enfin homme et enfin adulte..le gamin lui pète ses dents de requin en le forçant à sortir du bois, là où ts les replis, ttes les dissolutions possibles et imaginables ont échoué.. défloration mutuelle des mvaises défenses, donc..définition même de la love-story..plus fort que le sabre

Phil dit: 5 janvier 2018 à 12 h 15 min

« Providence » est effectivement plus séduisant que love-hate, en tatoo et dans la vie…cela dit il faut être sûr de son coup pour se coller le tatoo pour la vie…et « Ann of the Indies » n’est pas rassurant(e), brouille les cartes de l’identité, curieux film d’inversion des rôles qui féminise le frenchy Louis Jourdan. Les enfants ont aussi leur part, magnifique technicolor des mers antillaises où dégoise Barbe Noir en sabrant l’écran.
Daney se lit comme des récits de voyages dans le cinéma et dans le monde, course des festivals et des villes qui les accueillent, il rembobine les souvenirs. il postait beaucoup…de cartes postales.

PETRUS dit: 5 janvier 2018 à 15 h 20 min

Pour une fois, je n’ai pas un métro de retard ce qui me paraît de bon augure en ce début d’année. Je suis fan de Ricardo Darin depuis que j’ai vu le remarquable « Truman » de Cesc Gay que je ne saurais trop vous recommander, amis de la République (du cinéma) Découvrant le beau profil de l’acteur sur tous les murs de Paris, je suis allé voir « El Presidente ». Je n’ai lu l’article d’Annelise qu’après et me suis rendu compte que j’étais passé largement à côté de la dimension politico/psychanalytique relative à l’Argentine dont elle nous parle avec son intelligence, sa culture et son talent habituels. Ceci dit, Hitchcock n’est pas très loin dans cette histoire.
Pour ma part, j’ai trouvé le film intéressant mais un peu inégal, entre scènes passionnantes et « tunnels ». L’équilibre, il est vrai, n’était pas facile à tenir entre le politique et la thérapie familiale, il y a, de ce fait, quelques ratés. Une question de rythme, certainement, et surtout l’erreur d’une musique qui – dans certaines scènes – surligne à la limite de l’insupportable.
Il me semble que Mitre a mieux filmé la partie « congrès » que les scène intimistes – le président, sa fille et l’hypnotiseur – où la construction de l’image et la position des acteurs dans l’espace sont assez paresseuses, ne traduisant pas grand chose des tensions qui les habitent et les lient. Je me suis souvenu du « Ghostwriter » de Polanski, de son usage du décor anguleux et glacial de la villa, et je me demande si Mitre n’aurait pas pu exploiter plus cet « Overlook » chilien mâtiné d’Avoriaz.
Ricardo Darin est absolument parfait, les autres acteurs aussi, avec une mention spéciale pour celui qui incarne le président du Brésil. Quel physique, quelle présence ! De belles choses aussi dans les dialogues comme cette savoureuse tractation entre le « Presidente » et les Yankees, enfin, un Yankee, et surtout cet échange père-fille dans un restaurant d’altitude où chacun évoque sa sexualité.
J’avais adoré « Biancanieves », je vais me précipiter à « Abracadabra »…

Emmanuel dit: 5 janvier 2018 à 22 h 24 min

Ouske kjpeu voir Abracadabra ,Annelise?;jlvoi nulpar enarivant,alorkcetentant;.kantvou parlez de Serjdamney avec Phil,sam fee des choses;.Jvoudré être Lcontrebandiers dmounflite ou Tessondesdescahiers;au fete,celfrere dSylvain?;lpère jem patro;.
Lprésident dMitre ,chui com Petrus jaylsentiment ksafinit enkedpoisson,ceesspret??;ssafille elluifoutoutenlair:;ssamgene pa,caisse ssaveudire daprevous?Cebienvu,ssulalanganglaise kedominante;.;donaldtrompe yfe rien kregarder la tele ,toutefasson,bonsouar a toussent.

P. comme Paris dit: 5 janvier 2018 à 23 h 41 min

En quoi, ceci est intéressant ?
En quoi, est-ce intéressant ?
En quoi « S » intéressant ?

Une nouvelle façon de communiquer ?

Pas de leçon.

Mais compréhensions,
pour autre que soi.

Sylvain dit: 6 janvier 2018 à 9 h 37 min

Parti pour voir Paulo berger ,rabattu sur le Président.

@Pétrus:okay avec le post.film inégal.

Pas ressenti par contre aux mêmes endroits que vous:le meilleur pour moi dans les « tunnels »,hors les moments de coulisse « normaux »des sommets.

Les rapports avec la fille/vis à vis de sa fille,véritable sujet.Le « privé » grippe la machine et force le pére à se regarder plus en face(d’ou le//Moonflit de L).

Jacques Chesnel dit: 6 janvier 2018 à 9 h 37 min

à Petrus : puisque vous aimez Ricardo Darin, regardez « Dans ses yeux » de Juan José Campanella ; son meilleur rôle, à mon avis

Annelise dit: 6 janvier 2018 à 10 h 56 min

Internet encore en panne, ça en devient épuisant et m’empêche de vérifier certaines dates. Au temps pour moi si Pablo Berger n’est pas en salles? Je l’ai vu il y a lgtps ms avais noté la sortie le 3 janvier
Phil au moment du tatoo j’avoue ne pas avoir songé une seconde à la flibustiere des Antilles.. Bon bon, l’incrustation ds les chairs, l’(en)ancrage… On sait assez b à quoi cela correspond… Mais pas tt à fait la même chose de recevoir ou prendre le rite qd on est Maori, prisonnier ou meurtri de qqchose que de se faire peinturlurer un aigle à wings ds le dos…enfin cela m’aura évité de faire ma Mitchumette en milieu décalé..
Petrus et Jacques Ch sur Darin, agree.
Sylvain je suis plutôt de votre avis sur le sens du film. Je ne cherche pas à le parer de choses qui n’y sont pas, je tends à penser que certains éléments qui y sont de manière intentionnelle, s’ils sont méconnus, peuvent conduire à trouver des scènes ratées, là où il ne s’agit pas de cela .. Pas tant une envie de dire au spectateur ce qu’il »doit » voir, que la contribution du critique évoquée par Phil à « faire » lui aussi le film en articulant ce qu’il y perçoit de face cachée.. Je ne crois pas que Santiago Mitre ait voulu faire un simple documentaire sur l’envers d’un sommet. . ces flottements, bascules progressives, superpositions entre les divers tableaux et l’usage du truchement de la perturbation « importée » de la fille, moins évitable que si c’était une perturbation directement personnelle que son président de père se serait débrouillé pour « gérer », autrement dit balayer vite fait comme d’autres poussières sous le tapis, ne st pas fortuits

Annelise dit: 6 janvier 2018 à 11 h 17 min

…ai b apprécié que reviennent avec les embruns le Capitaine Anne Providence, Jeremy Fox et l’enfant d’un »Moonfleet » vu il y a des decennies et « Dans ses yeux ».. .tt cela donnant envie de revoyures en vraies conditions

Sylvain dit: 6 janvier 2018 à 11 h 40 min

@10.56 PABLO Berger ! Sorry,Annelise.

Oui,plusieurs fois des difficultés pour accéder à RDC…

Merci pour votre critique sur Mitre,ça permet de mieux voir.

On n’entend plus Jazzy.Il n’est pas mort le vieux corsaire?ne parlons pas de malheur!!

J.D dit: 6 janvier 2018 à 13 h 28 min

Mon « saute au slip » sur Spacey remplacé du 4/01 était un emprunt à Herr Jazz,Feygele.Ou Herr Philippe.A tout seigneur …’Haver Jazzi doit couler des vacances de Noël sans avis de tempête glacée comme j’ai eu à NY.Il reviendra sous peu ,Be Ezrat Hachem.Herr Chenel cite un des meilleurs du cinéma sud-américain ;kol akavoth sur la manière de montrer le S.Mitre à la juste place.MME Fonzi ,belle d’habitude,fort enlaidie.On ne dit pas assez l’importance des coiffeurs ,en cinéma et en politique .Vous donnez ta am,la saveur de lire Tesson et Seosanto,Annelise..Herr Hadouchi inconnu,d’ou le sortez-vous?Autre garçon des Inrocks?

PETRUS dit: 7 janvier 2018 à 11 h 52 min

Merci, Jacques Chesnel pour votre conseil. J’essaierai de trouver ce « dans ses yeux » dont vous parlez.
@ Sylvain : il est toujours amusant de constater que sur X… spectateurs, aucun ne voit le film de la même façon ! L’on peut voir aussi le même film de façon très différente selon son état d’esprit du moment, le lieu, voire même la personne qui vous accompagne. (idem pour les livres, évidemment) Après, ça décante avec le temps, ne reste que le meilleur ?
Il y en effet un problème avec « Abracadrabra », sortie annoncée le 3 janvier et rien en vue. Tel sœur Anne, je guette.

PETRUS dit: 7 janvier 2018 à 22 h 09 min

J’avais suggéré un jour qu’il y ait, sur le République du cinéma, un index permettant de voir quels films avaient déjà été chroniqués ou cités, afin d’éviter ce qui va suivre…
Le « rechercher » en haut de page ne conduit qu’à « Fatal error ! »
Pardonnez-moi, donc, si vous avez déjà débattu du « Portait interdit » de Charles de Meaux vu en lieu et place de « Abracadrabra ».
J’y suis allé pour Fan Bing Bing dont je suis… fan. Et je n’ai rien regretté. Comme le portrait du titre est le sien, on profite sans modération de sa beauté !
En deux mots : en 1760 à peu près, la concubine de l’Empereur du Chine accède au rang de première dame et, dans un esprit de rivalité avec celle qui l’a précédée, fait faire son portrait à la mode occidentale par l’un de ces Jésuites installés à Pékin. J’ignorais que des Jésuites pussent travailler comme peintres officiels de la Cour impériale. Melvil Poupaud incarne le peintre chargé de réaliser le portait et comme on peut s’en douter, il tombe amoureux de son modèle et réciproquement. Dans un univers bridé, corseté par une étiquette immuable et sophistiquée, il n’est évidement pas question de consommer. Sans compter que l’eunuque de service (merveilleux Jin Shijie) veille au grain. Et puis le peintre a fait le vœu de chasteté, il ne faudrait pas l’oublier. Alors tout se passe à travers les regards et quelques effleurements, à peine. Costumes fastueux, ballet des domestiques habillés à l’identique, jardins poétiques et carpes koï, rien ne manque à un fastueux décor.
C’est un portait à l’huile sur papier, conservé au musée de Dole, qui a, paraît-il, inspiré son film au réalisateur lui-même plasticien et passionné par l’Extrême Orient. Séduisant point de départ. Je n’ai pu m’empêcher, durant la projection, de penser à « La jeune fille à la perle » de Peter Webber. Le souvenir que j’en conserve est assez vif et il me semble que Webber avait plus finement filmé le trouble entre peintre et modèle que Charles de Meaux ne parvient à le faire. La faute en est peut-être à Melvil Poupaud pas très convaincant. Matthieu Amalric, dans le même rôle, eût été bouleversant… Le film hésite également entre l’histoire de ce portrait « posé » – une première en Chine qui suscite l’étonnement et l’hilarité des jeunes femmes de la cour -, et la trajectoire personnelle de la belle impératrice qui a eu le grand tort, à travers le choix de ce peintre exotique, de prétendre s’affirmer en tant que personne, en tant que femme…
Dans quelques scènes, insupportables, à mon goût, on voit l’impératrice dialoguer avec le fantôme de celle qui l’a précédée, surimpression grossière, indigne des effets spéciaux du cinéma d’aujourd’hui.

Eriksen dit: 8 janvier 2018 à 10 h 01 min

Bonjour et Bonne année à tous. Vive 2018 qui commence avec un film de Santiago Mitre de bonne augure. Ce n’est pas parfaitement réussi, mais c’est riche.
S Mitre tente le grand écart entre une description réaliste de la politique internationale et l’inquiétante étrangeté qui plait aux argentins.
D’un côté un président qui joue gros dans sa première conférence internationale sur fond d’émancipation face au grand voisin du nord qui se croit l’Amérique à lui tout seul.
De l’autre, la « mémoire » d’une jeune femme fragile, sa fille.
A-t-elle tout inventé ? a-t-elle tout vu ? Se souvient-elle de ses souvenirs à LUI ?
Mitre laisse le choix. La 3e hypothèse n’est pas la plus crédible mais je la préfère. A la fois borgésienne et cohérente avec les découvertes épigénétiques récentes qui montrent sur la souris que l’on détecte sur trois générations la transmission patrilinéaire d’un traumatisme psychologique.
Alors pourquoi pas la transmission épigénétique d’un souvenir ?
La tentative n’est pas tout à fait réussie car on ne l’apprécie vraiment qu’à la 2e vision, du moins en ce qui me concerne.
A la première j’ai beaucoup regardé la femme. Pas la fille, pas sa femme, non la femme a côté du président : His girl Friday, comme dans le film de Howard Hawks. Que serait-il sans elle ?

Annelise dit: 8 janvier 2018 à 10 h 56 min

Voeux sacrés, cher Eriksen, qu’ils vs accompagnent lgtps..ok sur votre « pas parfaitement réussi, ms riche »… pas de 2 complémentaire avec Petrus 5 janv 15h20 sur l’inégalité du film : inégalité plus intéressante, ns en sommes convenus ts les trois, que bien des lisibilités pop-cornées pour recyclage rapide
« La 3e hypothèse n’est pas la plus crédible mais je la préfère. A la fois borgésienne et cohérente avec les découvertes épigénétiques récentes », brillant.. j partagerais assez volontiers cette fameuse 3ème voie. Eclairez un peu plus nos lecteurs sur ce que recouvrent ces découvertes épigéniques, svp
Retour à Petrus (7 janv)..,oui, RdC, de par l’éloignement ou des difficultés cycliques de maintenance, ns revenons parfois ici à certain âge de pierre « technique », certain artisanat de la pensée qui nous incline à moins de paresse, davantage de radicalité personnelle dans ce que ns souhaitons dire, au lieu de chercher (et trouver) tel ou tel étalonnage… Alors tant mieux. En attendant Abracadabra disparu, Fan Bing Bing, bon choix…Jean-Denis Attiret, comment vouliez-vs qu’il en soit autrement? « Il tombe amoureux de son modèle ds un univers bridé par l’étiquette où l’eunuque veille au grain », jardin somptueux, carpes koï. .ai entendu aussi les bornes énoncées..
Tiens c’est vrai, notre Baroz, muet.A-t-on au moins de ses bonnes nvelles sur RdL ?

Phil dit: 8 janvier 2018 à 12 h 04 min

…crois me souvenir que dear Baroz prenait quelques vacances « au soleil », époque ibizesque ou canarienne.
l’addiction webique a parfois son revers qui se traduit par une complète déconnection chez les individus fortement atteints (sorry dear baroz, I understand perfectly).
En cinéphilie, c’est pareil, me souviens de Roger Tailleur qui soudainement (son dernier été) n’est plus allé voir un seul film et s’est consacré à la visite de monastères en Italie (je n’imagine pas encore baroz réfugié dans un monastère)

Annelise dit: 8 janvier 2018 à 12 h 48 min

Merci Eriksen, 11h34..vs avez b le chic
Phil, ah, tb pour Jacques B ! Le livre de Frédéric Vitoux, dont Tailleur (et d’ailleurs, Bernard Frank) était un intime, s’imaginant avec sa femme Nicole Chardaire au moment de la mort de Roger qu’il était « toujours en Italie ». .Moi je vais imaginer que France Gall est à Boucotte. J’avais brièvement rencontré la grande petite dame blonde chez un ami commun venant du monde de la médecine, une revue m’ayant commandé – sans doute en connaissance de cause que je juge rétrospectivement « spécieuse » – un sujet sur « l’art peut-il être réparateur du deuil? ». Nous avions parlé une ou deux heures, en particulier de l’île, la « filière sénégalaise » où ns ns étions découvert qq points communs, au travers en particulier d’une femme qui s’occupait là-bas de la Croix rouge. .. conversation rapidement venue sur les pertes irréparables, la vie avec des trous que jamais rien ne peut ravauder. Je savais aussi depuis longtemps qu’il faut vivre sans tenter de les combler, ni faire de compétitions pour battre le chagrin à tout prix, simplement essayer de développer des polders ailleurs, ce qui n’est pas tjs faisable, loin de là, ce que cette femme a confirmé avec beaucoup de discrétion, d’humanité, de force alors que la peine la ployait .« Quand j’ai rencontré Michel, je me suis dit qu’il allait me comprendre et me faire une vie »… sa fille atteinte de mucoviscidose rêvait de mannequinat alors qu’elle mesurait moins d’1,60m. J’ai vécu des années avec le patron d’une des plus célèbres agence de mannequin au monde, je sais ce que je vois : quelle parfaite petite Tanagra c’était ! Pour le deuil, je n’avais pas dit que j’étais concernée pour bien laisser la place, et j’ai vite décidé de n’écrire aucun article. Nouvelle branche de cerisier ajoutée à celles, rose et blanche, de la cage de verre du cimetière Montmartre où j’ai toujours une pensée tellement émue pour sa fille Pauline Hamburger lorsque je vais y fleurir des ami(e)s. .idiotement, sa mort me plonge ds une vraie tristesse
A propos de chanteur(s), je sais de source sûre que Petrus a bien connu Nino Ferrer, autre personnage attachant avec lequel je me sens qq correspondances

Annelise dit: 8 janvier 2018 à 12 h 55 min

Isabelle Mansuy, le « traumatisme en héritage » dégotté par Eriksen, à voir – bcp plaide évidemment pour, et cela s’appelle aussi, de façon simplifiée, avoir à la fois une tête et, hélas?, un coeur

Sylvain dit: 8 janvier 2018 à 13 h 18 min

« Eclairez-nous sur les découvertes épigéniques »:pas de refus,merci Annelise!

Epigenique =de la galette des rois?

Je rigole.Les échanges avec Ericsen,passionnants.

Annelise dit: 8 janvier 2018 à 14 h 14 min

..on ne peut plus sérieuse, Sylvain : une agence rue de Penthièvre ds le 8ème, qui a compté Tyra Banks ou Bar Rafaelli… eh oui, il y a une vie parfois avant la littérature et le cinéma..j’en parle car cela n’est ni un secret ni une confidence, cela largement éventé depuis dans des émissions sur le sujet du mannequinat.. vécu qq années de compagnonnage connu avec le pédeige, natif du 33, qui avait commencé chez Riboud, avant de passer chez Pietrini qui devait s’occuper de Chanel… je me souviens de la première apparition d’une grande femme anguleuse, t belle, qui me rappelait vaguement qq? J’avais 21, 22 ans, j’étais t timide, vivant à l’écart de ce monde…tt le monde allait au Palace, moi je guettais la floraison des jacinthes aux Buttes Ch…la belle brune, c’était Inès de la Fr, qu’on allait voir bientôt placardée partout.. en ai parlé pour dire que Pauline Hamburger,loin des canons ordinaires et en taille minuscule, était néanmoins ravissante, bien plus émouvante et fraîche que nbre de trafiquées

Annelise dit: 8 janvier 2018 à 15 h 08 min

Eriksen 11h34 je vs réitère mes compliments sur votre lien.. magie d’Isabelle Mansuy parlant de « présence d’Arn non codant ds les cellules germinales ». .je n plaisante pas.. il ne faut pas l’entendre comme jargon scientifique creux, c’est le contraire..ds quel sens le traumatisme, comme la mémoire ns sculptent, retentissent à distance..le Professeur franco-sicilien Piazza et ses conclusions sur le stress post-traumatique, les addictions non plus raisonnées au plan moralinien, mais passées par exemple au prisme d’une pathologie compensatrice d’une souffrance venue de plus reculés recoins..c’était très nveau, comme approche, et a fait préalablement grincer bien des dents, même si ratifié au final par un Lamonica.. « la magie n’est pas ds l’invisible mais ds le visible », dixit Giono… il y a de ça, qui n’est pas non plus du tout cette lecture plane et pseudo exhaustive d’une quelconque biologie des passions, qui m’énerve vite..ces cours sur l’ocytocine pour « expliquer » qu’on tombe amoureux etc, quel pensum. .bombes vendues en spray sur internet avec réduc.. c’est pourquoi j’aime b décidément votre lecture de Mitre

Eriksen dit: 8 janvier 2018 à 15 h 33 min

Je ne sais quelles sont les connaissances de Mitre, sur ce domaine, peut-être n’en a-t-il aucune, et n’a -t-il pas besoin de cela pour aborder les frontières du rationnel, en bon argentin.Mais moi, çà m’aide…
Je vais réécouter, j’avais compris « ARN déconnant dans les cellules germinales »…

Annelise dit: 8 janvier 2018 à 15 h 35 min

Ah ah…fol ! Bien sûr, peu importe les « connaissances » : l’intuition en est une des plus sévèrement juste

Phil dit: 8 janvier 2018 à 16 h 09 min

dear Annelise, now we get it, à quelques encablures près, vous dîniez (et fumiez) avec Jacques de Fersen. vaste film !

Phil dit: 8 janvier 2018 à 16 h 13 min

diable…tous ces Jacques de.. me confiouse. Bascher, of course.
(la lignée Fersen eut le privilège de s’éteindre deux fois, la première à Stockholm, la seconde à Capri, vil art).

Annelise dit: 8 janvier 2018 à 16 h 27 min

Je ne les ai js fréquentés, donc pas connus – Capri c’est fini, Phil..pour Fersen c’est plutôt à Jaenada qu’il faut s’adresser, moi je ne suis pas grande ni n’ai la bouche molle, tant pis, certains auront fait avec
Frances Mc Dormand, j’aime bcp…Mme Coen avec ce goût si fin p le rire… parturiente bourniquée ds Fargo, joueuse de tennis (autre passion du Daney Serge…prénom qu’au passage, je dois avouer avoir du mal à tolérer, liste noire avec Valérie – pardon à ttes celles, à ts ceux qui, victimes de mon épidermique prévention… – avec autres « Véronique », « Raoul », navrée pour Bragelonne, Patrick, Lucienne ou Marcel (deux prénoms familiaux par ailleurs chéris comme l’a été pour YSL celui de sa mère adorée et la famille Canet, ayant appelé ainsi son rejeton?, alors que je supporte fort bien, voire idolâtre stupidement des Roger, Simone et autres curiosités temporelles)- Frances McD, donc, chez Sorrentino sur musique des Talking Heads, This must be the place… Sean Penn tjs meilleur que ds le nanar, en dérision sublimissimo « The last face » avec Charlize Theron, en clone de Robert Smith : boys don’t cry?

P. comme Paris dit: 9 janvier 2018 à 2 h 29 min

Franchement, Alley cat,
la seule description de New York valable,
c’est celle de Celine qu’il fit des chiottes.

Annelise dit: 9 janvier 2018 à 9 h 45 min

Dans l’art du tableau urbain, Jerome Charyn ou encore Paul Auster s’y entendent bien, hors sujet précisé à 2h29! Sur ce point, il me semble que JB Pouy avait envisagé de faire avec Pat Raynal un recueil sur les lieux d’aisance des aires d’autoroute
Puis la vérité si je mens, dans l’extrait mis en exergue par Alley, François Bon insiste sur son appétit à retrouver l’expérience du cinéma qui permet de décrypter la ville… tome 11, Denoël… « tourbillon »… « le soleil tombe »… »les 2 hémisphères » (pour faire le malin il ira jusqu’à arracher des pages, ds son enthousiasme à lire Cendrars, à Fribourg?…) ..détournement du nom Kodak, « Gourmont, une industrie à lui seul ». . on gagne à ouvrir les liens, dear P comme Paris..en particulier celui d’Eriksen aux gènes déco, ou détonnants
Pour Jaenada, c’est Fath et non Fersen – autre Jacques, pour voir si vs suiviez?-…cela dit si vs me demandez un choix, je suis plus bing bing du Vendéen fan de l’écriture en ligne que des petites femelles, fussent-elles à la serpe
Sinon Jacques Ch, les Golden G..hormis qq élections judicieuses qui font plaisir, quel spectacle rôdé jusqu’à l’os, recyclant à l’envi le féminisme émergé par « miracle », non?.. Vénus sortie(s) de la nacre du coquillage aux Offices, hélas les yeux stridents et la tête de Gorgone, tout droit tirées de l’histoire objectivement pourrie d’avec Harvey W : le condiment aura allongé toutes les sauces sucrées, salées, aigre-douces ..l’année des Méduses, ms il faut aussi se méfier de Sténo

Annelise dit: 9 janvier 2018 à 9 h 56 min

..(Golden tjs)..cette façon de purge appuyée sur scène, façon de psychodrame..bizarre recherche de catharsis publique alors que franchement.. j’ai beau entendre Donald Trump ayant suivi le cardinal de Bernis (« en matière de modestie, il ne craint personne »)ns asséner « I’m a genius », je continue de préférer Bowie au salon rose, voix particulièrement magnifique ds cette version et jeu gracieux de ses mains fines pour affirmer : this is not America ?
https://www.youtube.com/watch?v=cUliUWMrMZA

JAZZI dit: 9 janvier 2018 à 12 h 37 min

Oui, P. comme Paris, je suis de retour des mimosas en fleurs. Départ, hier, sous la tempête !

Je vais aller voir, en priorité, « Les heures sombres ». « El Presidente » de Santiago Mitre, suivra.

« Abracadabra » de Pablo Berger est annoncé pour avril 2018, Annelise !

Annelise dit: 9 janvier 2018 à 15 h 14 min

Vs revoilà Jazzi?vs manquiez…ms la pissaladière, plus l’amour fraternel d’une soeur qui sait y faire rayon légumes frais, je comprends que ce soit imbattable.. si en plus les mimosas st déjà fleuris sur la Croisette? La chance!..j’adore ça…seules fleurs qui éclosent au creux ds mon hivernal anniversaire, en février.. jaune poussin duveteux, brin de réconfort. .pour Pablo Berger oui tel est le constat, n’empêche : qd je l’ai vu, il était annoncé pour sortie le 3 janv 2018

Annelise dit: 9 janvier 2018 à 15 h 22 min

Vs ns direz si, à votre avis, Gary Oldman fait un bon Churchill..tendance à l’aimer bcp, le trouver bon même quand il est mvais, la mèche collée, en ultra méchant prothèse au bras, patte traînante, moustachu ridicule en Batman etc. .c’est comme Mads Mikkelsen, dur d’y résister? Mikkelsen qui, entre parenthèses, fut une « découverte » de Pablo Berger, bien avant d’être connu, larmes de sang du Chiffre, film de De Pallières etc. Berger l’inventeur « fait » donc également des acteurs comme Daney ou Tesson « font » des films. Je ne peux pas croire que Abracadabra tarde pour des raisons de réception timide du film.. enfin qd je pense que Sandrine Bonnaire ne trouvait pas de distri pour son documentaire sur Sabine, je me dis que tt est possible

JAZZI dit: 9 janvier 2018 à 16 h 31 min

Foie gras, saumon, daube de sanglier et pissaladière, arrosé de champagne, à (presque) tous les repas, j’en peux plus, Annelise !

alley cat dit: 9 janvier 2018 à 20 h 16 min

« Au moment de mettre sous presse le présent volume, nous recevons des Editions Stock une lettre dont nous extrayons le passage suivant.
Paris, le 25, mars 1943… A la parution de Kodak de Blaise Cendrars nous avons reçu un « papier timbré » de la maison américaine « Kodak C° » qui nous expliquait que nous avions sans droit pris comme titre d’un de nos ouvrages le nom de sa firme. Sur notre objection que ce nom était celui d’un objet courant dans le commerce, que d’ailleurs cela ne pouvait lui faire que de la publicité, elle nous a répondu par une consultation d’après laquelle elle est propriétaire du nom « Kodak » et que l’emploi à tort et à travers de ce mot, loin de lui servir de publicité, lui nuisait au contraire en l’écartant des emplois précis de produits vendus par sa firme.
« Il n’y avait qu’à s’incliner mais la « Kodak C° » a été assez aimable pour ne pas exiger le retrait du livre en librairie. Elle nous a demandé seulement l’engagement qu’en cas de réimpression le titre serait changé. Nous en faisons donc une condition expresse de notre cession. Vous pourrez, bien entendu, mentionner le titre Kodak à titre bibliographique, comme nous vous le demandons ci-dessus, mais le titre général des morceaux publiés par vous dans votre volume devra être changé. »

A la réception de cette lettre j’avais bien pensé débaptiser mes poèmes et intituler « Kodak » par exemple « Pathé-Baby », mais j’ai craint que la puissante « Kodak C° Ltd », au capital de je ne sais combien de millions de dollars, m’accuse cette fois-ci de concurrence déloyale. Pauvres poètes, travaillons. Qu’importe un titre. La poésie n’est pas dans un titre mais dans un fait, et comme en fait ces poèmes, que j’ai conçus comme des photographies verbales, forment un documentaire, je les intitulerai dorénavant Documentaires. Leur ancien sous-titre. C’est peut-être aujourd’hui un genre nouveau. »

Blaise Cendrars, Poésies complètes, Document, Denoël, 1944

http://www.lesmarges.net/files/c2f02676824b88962d639a2dc2b42c3e-1510.html

JAZZI dit: 9 janvier 2018 à 21 h 44 min

Je crois vous avoir déjà dit combien j’aimais les biopics. Mais pourquoi ? Pour l’occasion qu’ils nous offrent, à travers un personnage plus ou moins célèbre, de retrouver un temps perdu, avec décors et costumes à l’appui. Rien de mieux que le cinéma pour cela. Pour recréer, faire revivre le passé.
« Les heures sombres » de Joe Wright, avec Gary Oldman et Kristin Scott Thomas dans les rôles de Winston et lady Churchill, est une réussite dans le genre : de superbes plans inventifs, des personnages exceptionnels, une histoire édifiante tirée de la grande Histoire, avec un héros positif hors normes, aux allures d’Alfred Hitchcock, et des méchants inversement négatifs, Neuville Chamberlain ou lord Halifax. On y retrouve en prime cet humour anglais dont Passou nous a gratifié à l’occasion de récents voeux. On se dit aussi en sortant de la projection que nous devons une sacrée dette aux Britanniques ! Le film nous rappelle aussi que les moeurs sont différentes d’une époque à l’autre, redressant les plateaux de la bien pensance actuelle : Churchill sortant du lit en exposant ses roubignoles à sa jeune secrétaire, buvant des lampées de whisky dès le réveil, enfilant une bouteille de champagne à chaque repas et tirant éternellement sur ses barreaux de chaise, jusque dans le compartiment du métro londonien, qu’il découvre pour la première fois en pleine guerre, face à une mère, ravie, tenant son bébé dans les bras…

JAZZI dit: 9 janvier 2018 à 22 h 42 min

Belle scène également où Winston Churchill, passablement bourré, manquant de sommeil et submergé d’émotion, ne trouve plus ses mots en dictant un texte important à sa jeune et jolie secrétaire. Celle-ci lui dit qu’il ne s’inquiète pas, qu’il va y arriver, car il n’a pas son pareil pour trouver les mots justes, anticipant ainsi sur son futur prix Nobel de littérature !

Annelise dit: 9 janvier 2018 à 23 h 10 min

..voilà donc pourquoi a priori ns allons ns entendre ? Sans vs contredire, je déteste « sur le principe » les biopics, revisitations généralement paresseuses, tortillonnes, arrangées, de ce qui fut, sauf qd… la curiosité ou le sens of H l’emportent, comme « les violents » de Flannery… Jacques, coup de théâtre, figurez-vs que j’ai connu lady Halifax « the real »… avec son « son » Daniel… à Florence, une histoire infernale : j’habitais un t bel endroit piazza de la Signora avec bibliothèque fournie..un soir d’ultra cafard,b mal après un dîner qui m’avait mise sur le toit,je laisse une lettre qqpeu explicite sur, justement, le deuil, les difficultés de la vie, glissée au hasard ds un tome dont je cacherai le titre…ok ce n’était pas la collec Harlequin…puis je pars, je quitte l’Italie, en tt cas la Toscane à ce mt-là.. DEUX ANS plus tard, je reçois en réponse une très longue lettre à mon adresse (mentionnée ds la bouteille à la mer) signée lady … lady lady, lady lady … lady lady (non pas « L »…H…) Joli, non? Churchill, il y avait certaine histoire aussi avec la nièce et qq amie de Bernard Frank..dispute au potager… la vraie vie supplante svt le romanesque en fantaisie

Annelise dit: 9 janvier 2018 à 23 h 20 min

… »je la revois me sourire » (…) « je redeviens un enfant »
https://www.youtube.com/watch?v=ShIt7ZjkGU8
(ou comment saper l’herbe sous le pied d’Alley en lui fourguant de la came 2nde zone mais incontestable, loin de nos Karen Dalton, Iggy et Velvet habituels… ) eh OUI je ne résisterai pas à mettre un petit extrait de France Gall en hommage. RIP

Annelise dit: 9 janvier 2018 à 23 h 45 min

« Et j’ai vu..j’ai vu bien des gens se mettre à genoux pour PRIER, oui pour prier »…gasp ?
https://www.youtube.com/watch?v=V9Po8lSIKww
Béhemot – my guest ce soir, je le précise à tte fin utile, sans aucune substance- et moi allons en rester là pour les « extraits », de peur de finir embastillés par la ligue golden globée en plein effarouchage scandaleux sur tout et n’importe quoi. . N’ayons pas mvais esprit, continuons d’aller en salles

Annelise dit: 9 janvier 2018 à 23 h 48 min

Super à 23h43..jamais nié que le nasillard a tjs opéré sur moi un certain charme.. les Poppys st pour débuter le carême, maxi désintox avant mardi-gras, na !

Annelise dit: 9 janvier 2018 à 23 h 51 min

Apres Kevin Spacey, après Harvey… « C’est l’histoire d’une trêve… d’un amour que j’espérais vivant ».. »j’espérais je croyais je voulais, j’espérais et je voulais croire en ce soir de Noël, mais après… tout-tout-a-continué ! » Enfer & damnation, il fallait que ce fût dit à 23h45

Annelise dit: 10 janvier 2018 à 0 h 04 min

…en effet Alley, vs avez su trouver les mots justes !
Et là :
https://www.youtube.com/watch?v=o618mlIaR7E
suicide artistique typique, dans la pleine veine du lien d’Isabelle Mansuy révélé par Eriksen, 8 janvier 11h34.. l’ARn n’encode plus rien.. « On s’était juré de ne js se séparer…, Isabelle, je t’aime » : posons l’horrible, définitive conclusion

Annelise dit: 10 janvier 2018 à 10 h 55 min

Méprisante envers les Poppys? Curieux que vs l’interprétiez comme ça. Vs faites un contresens à mon sujet. Je n’entretiens que rarement des sentiments de cet ordre, et d’une, jamais adressés à des tessitures comme ça. .,aux grenouilles enflées comme le boeuf à force de gavage à l’imit et à la prétention, plutôt qu’à toute forme d’étrangetés… Bizarrerie, platitude exagérée,laconisme extrême, intelligence hors norme, essai de travers qui, passant à côté, rencontre autre chose, sublime idiotie, si banale qu’elle en devient extraordinaire.., zéro truchements, balbutiements..au contraire maîtrise parfaite, effets démultipliés, dépouillement, trop-plein qui en met partout.. .vous prenez à tort pour mépris mon application directe sur vivant de l’apport qu’a été pour moi la lecture d’Erving Goffman..je suis tjs attentive, curieuse, émerveillée quelquefs quand qqchose m’interloque, m’interroge, m’émeut ou déclenche mon rire ..le jeune rouquin à minuit4 aurait pu être engagé sans doublure pour le rôle du petit frère ds Furyo (même si ce n’est pas l’aspect du film que je préfère..passé la première voyure, j’ai accéléré voire zappé, justement par respect, quand le blondinet y allait de sa complainte…idem dans Jodi le faon, quand le jeune lâche « Paaa » en s’adressant à Gregory Peck, le père, d’un regard soumis…) – les paroles « d’Isabelle je t’aime » sont édifiantes, quant à celles de 23h45, réécoutées par quiconque aura revu ds un film, serré la main de, voire simplement croisé sans le savoir Kevin Spacey ds une foule au milieu d’une rue, leur ambiguïté provocante aurait toutes chances d’être retenue à charge comme immondice par Hollywood . .je parlais de la récup féministe manifeste qui s’est opérée lors de la cérémonie des Golden G..(tiens, et la tribune de Catherine Deneuve?)cette stridence n’intervient pas non plus sous n’importe quelle présidence. .le cinéma ne donne pas à observer, admirer ni à déduire que « sur écran »..lunette grossissante entre toutes, dont le contenu renseigne tjs, d’une façon ou d’une autre, sur une globalité, artistique, humaine et sociétale bien sûr, de surcroît politique, bien qu’on ne soit pas forcé de s’y étendre de la même façon (selon qu’on est par exemple en temps de guerre..), voire qu’on n’ait pas envie de s’y pencher du tt. .le résultat, c’est qd même que vous voyez des choses – je parle des films – de plus en plus émondées par une sorte de cahiers des charges enraidis, dont les bons critiques dont j’ai pu parler s’appliquent à assouplir les bords, pour que les exécutants regagnent en toute petite liberté créatrice? Ms le cinéma va mal, Isabelle Giordano en révélait les chiffres l’an dernier…Taken et Aladin de Kev Adams qui remplissaient les caisses. .non non pas de mépris envers les Poppys

Annelise dit: 10 janvier 2018 à 11 h 04 min

(Toujours « Isabelle je t’aime » )Lui-même l’avoue : « il n’avait rien dit à ses bons copains du lycée ».. (mains croisées sur la poitrine)
Pendant ce tps, les petites frappes du choeur se gondolent hypocritement. .loveless!, bien qu’Andrei Zviaguintsev à mon humble avis s’y soit mieux pris?

Annelise dit: 10 janvier 2018 à 12 h 20 min

Absolument, Jacques ! Merci pour Alain Tissot(?).. déjà pu dire ds le précédent opus ( apparemment celui-ci en réalité fait avant?) ce que je pensais du cinéma de Hong… peux largement le saké.. sa neige du « Jour d’après », délicatesse reprise en vignette énigmatique si on ne sait pas le symbole chez Davy Chou,ds Diamond Island..vs vs souvenez? Les rêves qui fondent.. beauté de Kim Minhee, « Mademoiselle » sublime..et tjs les personnages de femmes déçues en amour, la lâcheté et le désir des hommes…de plus en plus une seule caméra, zooms plutôt que champs- contrechamps ..une écriture sud-coréenne à suivre, plus amère cette fois?

Annelise dit: 10 janvier 2018 à 14 h 25 min

« Térébrant » est super bonnard, j’adore..borgésien, indeed..vocable dont on éprouve physiquement le sens, rien qu’en le prononçant..il y a des mots comme ça , « arc-en-ciel » par exemple, vs voyez la couleur..ms non, « transfixiant », mot fait maison dont je suis honorée que plusieurs ici se st mis à l’employer, pas exactement cette notion de taraudage, de douleur en tunnel.. qqchose qui traverse de part en part, destruction chirurgicale des ruines tt en fixant en même tps, contribuant d’un même geste à l’édification nvelle..fulgurance et longue durée, non pas « oubli » mais au contraire mémoire, via l’affrontement, cautérisation de la plaie.. Chez John Woo, Sean Archer-Travolta demande dans Volte-Face à ce qu’on re-greffe sur sa poitrine la cicatrice de la balle qui a tué son fils à travers lui.. sabre laser, Excalibur, épine ds les contes retirée du coeur saignant, guérison du Roi pêcheur.. Marseille, son savon, (Robert Guédiguian, oui j’ai compris) et la poésie obscure, souvent farfelue, attirante et drôle, de son tarot, cartes jolies comme des enluminures

Sylvain dit: 11 janvier 2018 à 13 h 09 min

Salut Jazz!Bonne année à toi,la bonne santé.Class, pour les petits chanteurs de la croix de bois!

Pas facile de viellir après »NON plus jamais ça ».(au milieu le jeune ressemble à jack Lang?)…dures dures ,les reconversions.

Le biopic Churchill,bonne facture.Tous les poncifs y sont:ce qui fait le genre?

Sur les Poppies/tribune Deneuve,merci de vous lire aussi subtile Annelise.L’exégèse des chansons et revendications GoldenG,top.

JAZZI dit: 11 janvier 2018 à 14 h 24 min

Bonne année à toi, Sylvain. Ce garçon, quand je l’ai connu, il travaillait comme serveur dans un restaurant gay du côté de Montmartre. Et les habitués l’appelait « la Poppy » ! Contrairement aux Petits chanteurs à la Croix de Bois (Delanoë en fit partie), les Poppies étaient laics.

Eriksen dit: 11 janvier 2018 à 14 h 26 min

SEULE SUR LA PLAGE LA NUIT
Après « Le jour d’après », Hong Sang-soo creuse plus profondément encore dans la déprime. Il bloque toute identification positive : aucune action belle, peu de paroles censées. Seule sauvée du massacre, une femme qui n’a aucun désir, et qui s’éteint. Mais on la perd trop tôt.
Reste l’identification négative, et chacun y pourra trouver aux choix, la mesquinerie, la présomption, la paresse, l’égoïsme, la bêtise, la couardise…
Dans « le jour d’après » Min-Hee Kim était un rayon de soleil qui sauvait le film du marasme. Ici sa beauté est le soleil noir de la médiocrité ambiante. Rien à sauver donc. Ni les hommes, à la décomposition déjà bien avancée, ni les femmes, qui les suivent de près.
Certes on peut faire de ce film un paradigme, un miroir grossissant tendu à l’occident. Va pour ceux qui n’en seraient pas déjà convaincus, mais pour les autres, c’est une prophétie trop irrémédiablement sinistre. On préférerait en rire, de tout çà. Ou au moins en pleurer.

roro dit: 11 janvier 2018 à 17 h 33 min

comme l’an dernieron vient ici pour se rafraîchir après les ignobles d’à côté (notamment l’imondedesbouates, le satyre des plages, la poussive alcolo (que personne n’essaie plus de lire, etc) Merci Annelie Bonne Année

JAZZI dit: 11 janvier 2018 à 22 h 24 min

« alors, ce « Président » de Santiago Mitre ? »

Bonne question, Annelise.
J’ai à peu près rien compris à l’histoire, mais j’ai beaucoup aimé la manière dont elle m’était contée. Pour ma part, je n’ai pas vu les tunnels dont parle Petrus et j’ai apprécié le surlignage musical insistant d’un certain Iglesias. Il faut dire que j’ai regardé le film, du début à la fin, en quasi état d’hypnose ! A la manière d’un bon Hitchcock, en effet, avec sa psychanalyse de bazar. Superbes paysages de ce G20 latino américain d’un Davos Chilien, jeu d’acteurs efficace, enjeux internationaux et intimes mêlés d’un président qui semble dépassé par les évènements… La fin abrupte m’a laissé perplexe et il faudrait revoir le film dans un même élan. Ensuite, je me suis récapitulé le film et je vous en proposerais volontiers une 4e voie. Et si ce président était le diable de l’histoire que lui raconta son grand-père, quand il avait 4 ou 5 ans ? Sa fille ne le traite-t-elle pas d’assassin à plusieurs reprises ? N’a-t-il pas tué son voisin et incendié sa maison ? Celui-ci était-il l’amant de son ex femme ? N’est-il pas responsable de la mort de son gendre ? Dominant sa fille, ses petites filles, et même sa maitresse et collaboratrice directe ? Et ne s’est-il pas arrangé pour empocher directement entre 3 et 5 milliards de dollars du voisin gringo (la séquence nous laisse en plan avant la fin des négociations) ? Un manipulateur suprême, auprès duquel le président matamore brésilien prend des allures d’enfant de choeur ! C’est ce que semble exprimer l’oeil du cheval qui le regarde depuis la plaine enneigée de la Cordillère des Andes. A noter l’absence de la Colombie, seul pays du sous-continent américain que je connaisse de l’intérieur…

Eriksen dit: 12 janvier 2018 à 10 h 16 min

De lui-Diable à elle-Folle, tout est possible. l’AVC de son gendre est bien opportun. Un coup des américains pour tenir le président sous contrôle?

Eriksen dit: 12 janvier 2018 à 10 h 27 min

Les heures sombres… Vague intérêt historique si l’on croit qu’un homme fait l’histoire à lui tout seul. Pour le reste, une esthétique de légende dorée.
Vu aussi « Seule la terre ». Remplacez un des garçons par une fille, et vous obtenez un téléfilm hétérocliché.
Mais, c’est un bon signe. Tant que l’homosexualité nécessitait un certain courage pour être assumée, les films portaient la vigueur de la marge. Maintenant à la porté du commun, elle subit l’embourgeoisement et la convention … et l’émergence naturelle des bluettes balisées. Bonne nouvelle ! l’homobeauf a son cinéma, un vrai signe de fin de la discrimination.

JAZZI dit: 12 janvier 2018 à 10 h 40 min

C’est pas la joie cinématographique pour toi, Eriksen, fais gaffe, tu vas finir à la cinémathèque avec Phil !

Phil dit: 12 janvier 2018 à 11 h 58 min

Dear Baroz, Eriksen est lucide, sait reconnaître les ressucées (à l’écran). Nouvelle Vague ou sujet à la Brokeback, il s’agit d’être le premier et en remake, fatalement faire du neuf. hard enough.
vu « Nos années vertes » du Portugais Paul Rocha. la nouvelle vague s’exporte en 1963, deux ans après Godard, très bien mais aurait pu mieux faire, manque un à bout de souffle sous la dictature de Salazar.

Sylvain dit: 12 janvier 2018 à 12 h 37 min

Le parapluie argentin à activateur de cholestérol.Trouvaille.

Dans le Mitre,frontières brouillées.Ca qui fait le film meilleur que Churchill/biopic.

Bien mince, suis sur la même longueur qu’Eriksen@10.27 et Phil.

Pas parce que 2 gars s’aiment à l’écran qu’on doit crier au chef d’oeuvre.Fin de l’homodiscrim+…tu avais aimé Jazzy?

Cool,ta recension de 22.24.Qu’est ce qui te gêne?Le débarquementdu conseiller?

Annelise dit: 12 janvier 2018 à 12 h 44 min

Oui p les Heures sombres vues par Eriksen et oui pour Phil appuyant l’incise du Danish boy sur le cinéma homo qui tendrait à se labéliser comme tel.. ce pour quoi, plus généralement, j’accorderai volontiers ma préférence & soutien critiques à des primo-entrants qui vont me trousser un truc moyen bien foutu, avec des trous, du ridicule et du raté mais personnel, avec la petite saveur « non pasteurisée » (les fameuses molécules que regrette JC Ellena en parlant de mode hygiéniste, visant à faire évoluer vers du standard, là où pour obtenir Eau sauvage ou Chanel 5, il avait fallu prendre des risques de ratage et instabilité considérables..)plutôt que le bon suiveur paré de plumes.. d’où mon jeune réalisateur-chaudronnier Nicolas Berry, dont le Gels en train de passer je crois au gril biarrot ?.. Rocha vs m’intéressez j’ai failli y aller, ms finalement suis en pleine révision Boorman..oui ça m’obsède l’instant où la corde élimée casse, ds Excalibur, et bien sûr il perd la vision du Graal.. je persiste à dire que l’enjeu légèrement puritain de la mort comme seul accès au chemin arc-en-ciel me dérange, peu importe… je relis en parallèle « Vendredi » de Tournier, la terre fécondée, mandragores où expirèrent les pendus.. La Cinémathèque si suis parisienne à ce moment-là, je vais me faire une revoyure du « Plumage de cristal »…mmmh

Annelise dit: 12 janvier 2018 à 12 h 47 min

Je veux dire : qui vont me trousser un truc moyennement bien foutu, voire de prime abord bizarre voire raté d’aspect (je ne veux pas dire que je favorise le « moyen, mais bien fait, bien présenté » …c’est le contraire…)

JAZZI dit: 12 janvier 2018 à 12 h 53 min

Oui, j’ai beaucoup aimé « Seule la terre », Sylvain. Sinon, rien ne me gène dans « El présidente ».

Grâce au lien mis en ligne par Eriksen, on découvre que les souris de laboratoire se font salement entuber, pire que pour les souris de studios hollywoodiens !
Et tout ça pour les beaux yeux de la généticienne et sous les applaudissements d’Annelise !

JAZZI dit: 12 janvier 2018 à 12 h 55 min

« j’accorderai volontiers ma préférence & soutien critiques à des primo-entrants »

C’est du racisme ou du jeunisme, Annelise ?

Annelise dit: 12 janvier 2018 à 12 h 59 min

Ah sûrement pas – si vs saviez…j’ai un ami t proche, neurochercheur, je ne suis pas loin de vouloir lui casser la gueule sur ça…hélas il est bcp plus grand, baraqué.. utile dans des dimensions thérapeutiques incommensurables – ms reste que je suis extrêmement préoccupée par ces questions éthiques, je le dis sérieusement d’autant plus que grande, pour ne pas dire bizarrement confondue, est ma proximité animale..tjs vécu avec des bêtes (et j’imagine qu’elles disent la même chose de moi)

Phil dit: 12 janvier 2018 à 13 h 28 min

Baroz, une image chasse l’autre mais la première impression, quand elle est crève l’écran comme un plein soleil, ne s’oublie pas !

Eriksen dit: 12 janvier 2018 à 13 h 32 min

Jazzy. Suis d’accord avec vous. Il y a dans cette vidéo-conf de biologie un coté Mengele qui fait froid dans le dos… Cela rajoute à l’intérêt de la conférence au delà de l’info…
c’est un vrai film à regarder, y compris les questions et la manière qu’elle a d’y répondre.

Annelise dit: 12 janvier 2018 à 13 h 33 min

« Primo-entrant », comme « vierge », c’est un état intérieur, plus qu’une objectivité pratique.. certains le st, le seront toujours et encore, état d’enfance ou je ne sais quoi, alors que d’autres plus niais mais pragmatiques jamais ne le seront, l’hymen symbolique ne se répare pas.. ça signe qqchose de nveau, d’inconnu chaque fois même si (re)connu, reconnaissable, réconfortant, et le puritanisme fort éloigné de tt ça

Eriksen dit: 12 janvier 2018 à 13 h 39 min

Mme Annelise. Vendredi, un de mes livres préférés, je rêverais d’une souille pas loin, mais y’en a pas par ici.
Je parlais dans le post sur El présidente de « his girl friday », extension féminine de « man friday », qui veut dire l’homme qui résout tous les problèmes, tout comme Vendredi (la référence est à Defoe, ce « plagiaire par anticipation » comme dirait Tournier).

JAZZI dit: 12 janvier 2018 à 13 h 59 min

A propos de primo-entrants vous évoquiez, Annelise, le jeune réalisateur-chaudronnier dont vous avez été la chargée de production. J’ai lu avec intérêt ce que vous en avez dit ici. J’ai vécu à peu près la même expérience pour le film sur Cannes, pour lequel j’avais écrit un scénario complet. N’ayant pu trouver aucun financement, j’avais confié le projet à un jeune réalisateur, qui lui-même avait emmené un producteur. Mais en définitive, nous en sommes au même point. Je crois, vu le silence radio de celui-ci, qu’ils aient du mal à trouver un diffuseur…
Dur dur de prime-entrer !

radioscopie dit: 12 janvier 2018 à 14 h 24 min

Eriksen dit: 12 janvier 2018 à 10 h 27 min
Vu aussi « Seule la terre ». Remplacez un des garçons par une fille, et vous obtenez un téléfilm hétérocliché.

En l’occurrence, tour de passe-passe parfaitement impossible. Et « Seule la terre » est tout sauf un film homocliché, n’en déplaise à Phil qui nous ressort ses cowboys du Wyoming.

Sylvain dit: 12 janvier 2018 à 15 h 08 min

@12.53,je t’en veux pas Jazzy.

Entre nous tu t’egares:tu vois pas que c’est une daube?Phil dit le nécessaire à 11.58.ericsen itou.

Alain Guiraudy(ou le portugais Joan Rodriguez,mieux.Normal,les portugais sony gays,les espagnols sont…

Annelise 12.44&12.59,Anne daney(formule copyrightée Phil)=minois à la jack Tourneur,jambes de syd Charisse&appareil critik de ouf!!

La miss Seberg RDC met à bout de souffle.

Bonne après midi.

Eriksen dit: 12 janvier 2018 à 16 h 44 min

radio, je n’ai pas dit que « seule la terre » était un homocliché, je dis que c’est un cliché tout court. C’est justement parce qu’il est homo que l’on ne voit pas que c’est un cliché.

radioscopie dit: 12 janvier 2018 à 17 h 35 min

Eriksen dit: 12 janvier 2018 à 16 h 44 min
Faites-moi la grâce, si vous le voulez bien, de m’expliciter tout ça.

JAZZI dit: 12 janvier 2018 à 19 h 32 min

Que dire de « Seule sur la plage la nuit » de Hong Sang-soo ?
Eriksen à tout dit et encore je le trouve très gentil !
C’est plutôt « Sous le sable, l’ennui » ! Un film bavard, qui ne donne rien à voir. Incidemment, on y apprend que la bière coréenne est de plus en plus bonne. Mais si on en juge par ce film, pas son cinéma. Une histoire de dépression à la mord moi le noeud. Faite de plans autour d’une table, où l’on boit trop, mange mal, et hystérise à mort. Aucune invention cinématographique, et quand, soudain, le cinéaste tente d’introduire un plan original, c’est tout bonnement navrant ! Tel cet employé anonyme qui astique frénétiquement les vitres d’un appartement donnant sur la mer et que personne ne regarde…
C’est l’histoire d’une comédienne qui a eu son heure de gloire, ne sait plus si elle veut ou pas continuer à tourner, vivre à Séoul où en Europe, aimer les hommes ou les femmes, préférer les grosses bites occidentales ou les petites coréennes…
Faut le voir pour le croire !

JAZZI dit: 12 janvier 2018 à 19 h 52 min

« Seule sur la plage la nuit »
Cinq étoiles pour les Cahiers et Libé !

Cahiers du Cinéma
par Joachim Lepastier
Il y a plusieurs façons de cerner l’émotion que procure le film. On pourrait dire qu’il bouleverse comme une déclaration d’amour envoyée depuis une contrée qui ne croit plus à l’amour.

Libération
par Julien Gester
(…) ce nouveau film se présente comme l’un des plus beaux parmi la vingtaine réalisés par Hong Sang-soo à ce jour, et si le désarroi qui s’y épanche avec fureur demeure tamisé, c’est aussi l’un des plus évidemment bouleversants.

P. comme Paris dit: 12 janvier 2018 à 21 h 24 min

« A noter l’absence de la Colombie, seul pays du sous-continent américain que je connaisse de l’intérieur… »

Encore un qui a peur pour son futur visa.

Phil dit: 12 janvier 2018 à 23 h 34 min

cowboys du Wyoming

dear Radioscopie, vous conseille vivement « Qui a tué Jesse James » de Fuller où la fraternité virile des as du pistolet donnent des vapeurs aux shérifs endurcis. nombreuses histoires avérées (mais refusées à hollywood) de cowboys qui roulent ensemble dans la prairie sans femmes. Eriksen appréciera, baroz aussi avec son affinage asiatique.

Sylvain dit: 13 janvier 2018 à 10 h 56 min

Jazzy, sur le nouveau film de Sang-Soo:5 étoiles dans CDC et Libé?

L’arnaque!L’attitude nouvelle aux Cahiers,faire détester le cinéma.rien dans l’assiette &marketing journalistique,du moment que ça se passe entre copains.

Pas étonnant que la presse papier soit en plein naufrage;après t’as plus envie de t’abonner!

Ton com à 19.32:ta conclu sur les grosses occidentales ou petites coreennes,par contre brusque mais virile.

entre le cinglé du Nord et la presidente du pays destituée,les sud coreens cette année ont la tête dans le paté.

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