de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

Emmanuelle Devos

Par Sophie Avon

« Les acteurs ne mentent jamais, mais ils ont deux cerveaux. C’est quand même un métier où il faut dire un texte, s’abandonner et ne pas partir en vrille… » dit Emmanuelle Devos qui interprète une actrice dans « Temps de l’aventure » de Jérôme Bonnell (au cinéma le 10 avril)

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commentaires

2 Réponses pour Emmanuelle Devos

xlew.m dit: 13 avril 2013 à 18 h 02 min

J’imagine une actrice, qui vit au moment d’un tournage une histoire d’amour clandestine dans sa vraie vie de femme, obligée d’interpréter (car on a écrit le rôle pour elle, elle ne s’est pas senti la force de déchirer le scénario) une actrice mariée qui est aspirée, puis ferrée, par l’aimant de l’attraction passionnelle croisée dans un train, au boulot, sur un plateau ou à la plage, telle une « Pauline » au pôle de séduction renversé sur le sable, attirant sur elle tous les regards-minutes de l’homme aux claps, ceux, arrêtés, des yeux fixes du préposé aux ardoises, et ceux des merveilleux globules crayeux de la script aux écriteaux qui scrutent. Les deux cerveaux de la comédienne doivent alors une nouvelle fois se diviser, cela nous fait maintenant huit lobes, pour pouvoir composer avec cette nouvelle potion neuronale d’irréalité (toujours prête à verser dans l’hilarité, lorsque nous la mettons face à la part sexuelle de notre humanité), comme avec tous les hors champs du réel, aux tenaces diodes de lumens froids, qui n’ont pas manqué de s’auto-convoquer sur le set de cette perpétuelle nuit américaine, pour être encore plus en capacité de « compartimenter » (comme disent les psychiatres qui ont à traiter cliniquement certains des serial-lovers parmi les plus d’anges heureux) les occurrences du hasard translucide et de l’opaque nécessité qu’on rencontre dans les accidents de la vie, rêvée, jouée, subie, acceptée ou menée simplement, à la ville, à la scène, dans les fluides des assentiments et le sang d’encre des reniements, en eau vive comme en plate et morte eau. Malgré les assurances reçues par le cadreur, et les bons contrats de réverbérations de lumière couchés sur le papier par le chef-op, l’actrice dans la peau de l’actrice sait qu’elle doit être en mesure de lire sur les lèvres des systoles et des diastoles de son coeur, devenu grand, que les battements conjugués de ses vies sexuelle et sentimentale ainsi que tous les vaisseaux de son système circulatoire moral et spirituel se disputent, dans la tempête encalminée au creux d’un haut verre finement déjà brisé, là sur le sol où gisent, comme des herbes fraîchement coupées, de vagues fibres musculaires. Cela crée beaucoup d’ondes dans les cerveaux multipliés de celle qui voue une partie de sa vie au cinéma et joue l’autre dans le grand tout graphiquement romantique, aux mille courbes, montantes, descendantes mais qui jamais chez elle ne rescindent, du reste du jour, sans jamais se faire renvoyer les rushes de l’instant vécu par les surfaces des miroirs des chambres d’hôtel qu’elle se repasse dans un flash de la mémoire ou des vitrines des magasins glacés qu’elle dépasse dans la rue alors que les deux marches des devantures, semées de l’ombre d’un doute, désespèrent ne pas savoir comment s’inviter à la poursuivre.
Ceux des spectateurs qui aiment Emmanuelle prendront l’étreinte, ceux qui aiment Alix se prendront un poteau en pleine figure dans la rue qui ne connaît pas la honte.
Quant à moi, j’ai pris les deux, n’endommageant pas tant que ça mon seul visage, ni mon seul cerveau, aucun désavantage, cela m’aurait plutôt transformé en bien (d’après mes amoureuses qui sont uniques même quand elles se dédoublent pour mener leur vie d’artiste.) Elles non plus ne mentent jamais, et même si…ce n’est pas pour cette raison futile que je détacherai leur greffe de l’emprise de mon cerveau.

francis le merge dit: 16 juin 2013 à 11 h 32 min

Devos est magnifique de simplicité dans ce film. si elle dit qu’il lui faut deux cerveaux pour jouer, je pense qu »elle a réussi a les réunir en un . Son souci est justement sa schizophrénie dans la vie ce qui la rend détestable dans la vie et adorable a l’écran

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