de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

(En attendant la prochaine…) Ceux qui m’aiment continueront d’aller au cinéma

Par Annelise Roux

Mes chers amis… Noiret, Tognazzi qui sautent « au contact » pour dire au-revoir à leur espiègle façon, au moins temporairement… Au regard de l’extrait, peut-être vous demanderez-vous : est-elle en train de le faire sans crier gare ? Serait-ce pure métaphore?
Permettez que cela soit mon secret, en attendant de vous retrouver sans doute en septembre.
Dieu sait combien l’échange avec vous m’intéresse…
Ceux qui m’aiment continueront d’aller au cinéma pendant l’interruption.
Ils sont invités à poster, à commenter ici. Je suivrai, j’encadrerai, interviendrai régulièrement, comme nous en avons déjà eu l’habitude. Pas la première fois que République du Cinéma prend des accents d’auto-gestion « collective » où le stylo vous est confié, où c’est moi qui lis vos notations et annotations sur les films.
Masterclass vivante, atelier critique en direct-live.
7ème art au cœur. Indissociable. Indispensable. Le 7, un si bon chiffre. Je l’aime bien. Le 8 aussi. Et le neuf. D’autres choses en parallèle me requièrent.  Vous le savez. Je ne m’en suis jamais cachée, même si je ne les dis pas forcément. Des publiques et des privées, des gens, famille, amis qui sont à un tournant heureux ou difficile, des choses ou des êtres qui naissent ou qui meurent, qui ont besoin, envie ou les deux, d’une présence ou disponibilité accrues, des animaux, des jardins, le vignoble qui demande à ce qu’on s’y penche, des inconnus et des airs connus, des occupations, est-ce à dire manuelles ?, affirmatif, intellectuelles ?, no comment, des paysages, défis sportifs, voyages  ..La vie même, dont le cinéma fait partie.
Pour avancer du carburant, en attendant que vous preniez le relais, quelques pistes sommaires où j’espère vous vous aventurerez en éclaireurs :

« Le Jour d’après » de Hong Sang-soo, l’amateur de soju (alcool) .. ce paradis artificiel chargé de descendre les barrières à mesure que les degrés montent…baptisé le « Rohmer coréen », mais je ne voudrais pas décourager qui que ce soit en repensant à mon hilarité incrédule la première fois, devant les hennins les postiches et la diction de «Perceval». Je n’avais pas quinze ans et préférais faire des exercices de danse à la lecture de Chrétien de Troyes. Cela n’empêche pas d’y venir, les sentiments de grandir. J’ai aimé le Coréen dès 2004, un opus présenté à Cannes où un prof d’arts plastiques marié, père de famille, et un cinéaste inabouti revenu des U.S décidaient de retrouver le passé auprès de Sunhwa, fille qu’ils avaient conjointement aimée : « La femme est l’avenir de l’homme» dévoilait une écriture au désenchantement perceptible sous le comique, révélant un cinéaste émouvant, profitant de faire passer sur le compte de l’ébriété programmée et du burlesque des mises à nu âpres (le viol, Sunhwa comparant les hommes à «des chiens». .), un sens de l’observation n’ayant rien à voir avec une vulgaire cuite.
Hong est prolifique. Sa propension à s’offrir en chantre du rouler-bourré quand en réalité il s’avère précis, amer et joyeux dans sa description de la difficulté amoureuse, du lien, est d’une habileté apte à endormir les méfiances et porter l’estocade de manière mortelle, tel le coup de stylet entre les côtes à la Sissi… tchac, et c’est fait. Quelle élégance dans son noir et blanc ! Bongwan, éditeur, a trompé sa femme.. c’est la première journée de travail d’Areum, que l’épouse va prendre pour la maîtresse. Les lâchetés, mais aussi une forme d’inhibition affective, la peur définitive de ne pas être à la hauteur de l’amour feront que l’homme ne cessera de blesser et de finalement, se blesser, à force de dérobades, trahisons, renoncements à l’idéal par crainte qu’il soit inatteignable, convertis en pseudo légèreté. Tomas a toujours eu besoin de l’insoutenable lourdeur de l’être d’une Tereza pour avoir moins peur, davantage que de la sensualité plus vite consumée de Sabina. Trintignant qui discourt avec Françoise Fabian toute une nuit pour finir par la laisser seule sait au fond de lui qu’il signe ainsi l’échec d’une réalisation virile qu’il a préféré éluder, plutôt que de prendre à deux, de manière humble, intime, terriblement crâne et courageuse, le risque d’un échec. Comment je trouve ça? Le propos du Sud-Coréen plastronne moins et il a raison, car Bongwan n’a pas de quoi être fier –  ses failles ou ses craintes mieux reconnues, faites film et sorties du bois, moins abritées derrière les libations, le rendent plus doux, pas du tout émoussé, sensuel … l’utilisation pleine de grâce délicate, profondément mélancolique, des flocons, de la neige éphémère et lustrale de nouveau est remarquable. Je me suis demandé si c’est lui dont le jeune franco-cambodgien Davy Chou s’inspire dans une des plus belles séquences de «Diamond Island». Sans parler du plaisir de retrouver Kim Minhee que vous aviez vue touchée dans « Mademoiselle » de Park Chan-wook, lorsqu’elle s’aperçoit que la servante a priori dévolue pour l’épier se soucie réellement d’elle. L’écartement de ses sourcils à lui seul est un Actors Studio.
« Makala » d’Emmanuel Gras, couronné du prix de la Semaine de la critique cette année à Cannes. Ses plans graphites (« makala » signifie charbon), sur les routes, auprès d’un jeune Congolais chargé de sacs… ces fours fumants qui ressemblent à des termitières… Au vu des quelques images, il y a un abord corporel de la lenteur et de l’effort. Pour avoir eu du mal à rapporter une baguette de pain, un filet d’oranges et quelques courses à vélo par les sentiers à la nuit tombante, je ne peux qu’être attirée par un documentaire pareil, réaliste et discret, qui sans chercher à émouvoir sur la pauvreté dit le combat de Sisyphe, le labeur simple d’un homme au quotidien.
« Ava » de Léa Mysius, par curiosité, attirance envers des paysages médocains dont je suis, où que j’aille et que je sois, que la jeune fille éponyme en train de perdre la vue sédimente en elle. Laure Calamy maniait le calibre pour Rester vertical(e) et chasser des loups qui sont peut-être à mettre en perspective avec les chiens de la Sunhwa du Hong d’antan. La jeune Noée Abita au regard makala choisit sa façon de passer l’épreuve d’admission d’entrée dans la vie : par le dégagement d’un territoire intérieur en rencontrant l’amour, une forme d’émancipation. Puis un chien noir qui dérobe des frites dans une barquette dans la bande-annonce, d’emblée cela m’a plu : ai-je moi-même subi ce style de larcins ?… Oui. Celui auquel je pense ne dédaignait pas la mayonnaise mais répugnait au ketchup, utilisé du coup comme astuce répulsive. Néanmoins jamais été trop pour dresser les animaux – comme les cinéastes, ils ont bien le droit aussi de faire ce qu’ils veulent. Quant à juger de la totalité ou non de la réussite du résultat final, je préférerai toujours un qui cherche ou attend poings serrés derrière le rideau anxieux de savoir s’il sera compris que dix qui font la leçon, persuadés d’avoir trouvé.
« Sicilian Ghost Story » d’Antonio Piazza et Fabio Grassadonia. Je le signale afin qu’au moment opportun vous l’ayez à l’esprit, soyez enclins à aller voir ce que cela donne après « Salvo », thriller des mêmes auteurs en 2013 où il était déjà bizarrement question de cécité et de son assorti abstrait, la clairvoyance. La Sicile, prégnante… thème rappelé à mon attention par un frisson à l’aéroport de Falcone e Borsellino… mes liens personnels avec Malfa Lingua Rinella Pollara, Noto, Syracuse n’expliquent pas tout. Palerme, évidemment : comment oublier cette chaleur, le poudroiement des rues vers le port, lauriers roses et plumbago du bleu exact d’un ciel à la Verlaine, quand traînant ma valise, je prends le bateau vers les îles ? L’enfant au creux du film, kidnappé par la mafia, affamé, réduit à 32kg – j’ai retenu le chiffre, il m’a fait jaillir les larmes des yeux de chagrin et de révolte -, tué, le corps dissous dans l’acide, je ne peux l’accepter, j’ai trop mal, comme Luna avec Giuseppe… alors, un conte gothique, une visitation de Roméo et Juliette, des effets spéciaux pour tenter de dire que quelque chose pourrait être retrouvé au-delà de la mort, j’y crois, je veux le voir… on oublie trop souvent que la mémoire en soi, comme le cinéma et l’amour sont des ésotérismes concrets.
« Okja » de Bong Joon-ho hormis le buzz Netflix auquel, en tant que spectateur, on n’est pas forcé de souscrire, j’ai dit mon goût historiquement bien antérieur pour « The Host »… cette inclination à la fantaisie capillaire perruquée chez Tilda Swindon est inouie… ce côté estudiantin du déguisement mal réprimé chez elle…très Wes Anderson.. joueur, inquiétant parce qu’il est réellement libre, tout à coup. Une tête de David Bowie qui n’aurait pas tout à fait réussi sa réincarnation, son gai effarement un poil réprobateur devant le sex-toy géant, la machine infernale conçue par Clooney chez les Coen…( « Burn after reading » avec Brad Pitt en tapette bodybuildée futée comme un bol, John Malkovich effrayé par tant de bêtise surréaliste, Frances McDormand, Mme Joel « Roderick Jaynes » Coen à la ville, visage abruti hypnotisé par la liposuccion) j’en ris encore ! Assortie d’un tel casting et vu le réalisateur, la créature cochonne tient la corde, a toutes mes faveurs a priori.
Enfin vous ne pensiez tout de même pas, après vous avoir rebattu les oreilles avec certains Marvel – pas tous, loin de là – et mon penchant criminel pour la démocratie et les blockbusters, Star Wars (les vieux), Iron man (Downey Jr, comme la plupart du temps, Rourke… rien ne saurait manquer où il vous conduit), Xman, que j’allais omettre de vous recommander d’aller voir « Wonder Woman » de Patty Jenkins (« Monster » avec Charlize Theron) ?
Je ne l’ai pas encore vu et non, enfant, je n’avais pas la panoplie… The Guardian parle de « Schtroumpfette surarmée » tandis que la presse américaine semble dire que c’est le meilleur film de DCUniverse ? Il serait temps. À l’amateur parfois tout est bon, et dans l’assez peu inspiré, pour ne pas dire plus, « Man of steele » de Zack Snyder avec Henry Cavill, j’avais trouvé le moyen d’être impressionnée par plusieurs séquences (Lorsqu’il remet d’aplomb avec quelque difficulté une plate-forme pétrolière entière mais, surtout, quand le petit Superman se replie dans un cagibi, chauffant de ses yeux à blanc le bouton de porte, obligé de quitter la salle de classe où il souffre, pourquoi ? Parce que ses perceptions qui lui font absolument tout sentir, voir, goûter, s’il n’est pas aimé et réintroduit de la sorte au monde grâce au viatique affectif, le réduisent à quia : il voit les squelettes là où les autres enfants voient des traits souriants, entend des ultra sons comme seuls les chiens en entendent – alors c’est trop… J’avais pleuré en voyant cette scène) Bref, le film de la dame aux bracelets pare-balles et au lasso qui fait ça vite, dans la cabine, entre deux, m’a mise littéralement sur les dents. Gal Gadot a intérêt à bien se tenir pour succéder à Lynda Carter. Un dialogue saisi au vol me laisse espérer énormément. Je vous en livre la substance :
« Vous n’aviez jamais vu d’homme ? demande Steve Trevor (Chris Pine, honnis soit qui mal y pense, qui vouliez-vous d’autre pour le rôle.) Pas même votre père ?
Diana Prince, alias Wonder, incertaine et fragilisée, répond :
-Je n’ai pas eu de père… Mon père, c’est Zeus ! »
CQFD. La filiation, la fratrie, l’amour…

Regardez bien l’extrait du film de Monicelli, « Mes chers amis » (1975)… Je ne défends certes pas l’imperfection sertie en bijou. Quel gâchis, sur la durée globale du film ! Mais cet opus si bâclé, lourd, « queue de comète » pour ne pas dire fond de poêlon de la comédie italienne des grandes années, dont je vilipende la désorganisation, le laxisme, la désinvolture grasse d’être aussi mal maîtrisée, détient cependant une pépite… cette scène inoubliable aux plans si beaux de la distribution de baffes à quai, sous l’œil placide du saint-bernard (le chien) près du kiosque à journaux : la porte claque, le chef de gare au panneau vert, casquette rouge, qui siffle.. « Bon voyage !»… Noiret dans un bel élan gifle à la volée un homme qui s’écrie « Enfin, papa ! », auquel il rétorque « Mais tu passes ta vie dans les gares ?…Toujours dans mes pattes »… La légère stridence du bruitage rajoute en vivacité et naturel. On s’y croirait. Certains écopent de plusieurs gifles -j’ai compté- , d’autres n’ont modestement droit qu’à une seule. Les premiers seront les derniers. Les acolytes se ruent vers le train pour Bologne, tandis que l’un d’eux conclut dans la bousculade sur une saillie – en l’occurrence, un arc verbal – brouillonne et vulgaire, mais que ne réfute pas sur le fond le cinéma d’Alain Guiraudie. De quoi méditer, l’été, faire réfléchir sans façon à bien des scénarios au questionnement opportunément « gender »? Arrivederci.

 « Le jour d’après » de Hong Sang-soo (sortie le 7 juin)
« Ava » de Léa Mysius (sortie le 21 juin)
« Sicilian Ghost Story » d’Antonio Piazza et Fabio Grassadonia (probablement 2018)
« Makala » d’Emmanuel Gras (Prix de la Semaine critique 2017)
« Okja » de Bong Joon-ho
et « Wonder Woman » de Patty Jenkins (sortie le 7 juin)

 

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529 Réponses pour (En attendant la prochaine…) Ceux qui m’aiment continueront d’aller au cinéma

Sylvain dit: 6 juin 2017 à 7 h 20 min

Chére Annelise!Dites moi que j’ai mal compris?Vous ne stoppez pas vos billets?

Vous êtes la meilleure critique que j’ai lue depuis trés ,trés longtemps.et la meilleure écrivaine!!Les deux!!

La vie parisienne/les baisses de qualité font que nous n’allions plus au cinéma.Vous nous y avez remis…

Chaque chronique est une fête.On a crée un petit ciné-club grâce à vous.

Là quand je vous lis sur hong sangsoo,le chien noir de leah mysus Tilda S « au visage de Bowie en réincarnation »ou sur superman,c’est simple je suis EBLOUI!

Pas de blague .Vous ne pouvez pas nous faire ça…

Eriksen dit: 6 juin 2017 à 9 h 24 min

La république du cinéma devient comité autogestionnaire cinématographique ? humm. Aidez nous… continuez à choisir les films pour nous. Un petit mot du style « cette semaine, le thème sera L’Amant d’un jour » de philippe Garrel… ce serait plus progressif comme sevrage.
sinon, tant pis. Tant que vous nous lisez, on écrira.

L’amant d’un jour.
« Oh mon dieu !». Dans un souffle, Ariane signale sa jouissance et Gilles accueille cette gratification au premier degré : Dieu il se sent, affranchi des contingences du passé et de l’avenir, et des médiocres questions de la différence d’âge.
Ariane c’est l’instant, le Dirac, l’infini de l’intensité. Belle, jeune, ouverte, chaleureuse, volontaire et propre, elle est le rêve du bourgeois bohème. L’amour dans les toilettes, oui, mais pas n’importe lesquelles : la Maif garantie ici la propreté et l’éthique des utilisateurs habituels.
Une nuit de larmes, Esther, fille de Gilles, débarque et bouscule le confort instantané qu’il s’était construit. Ils sont moins proches qu’ils ne le croient. Chacun sa vie. À l’opposé de l’instant Ariane, Esther, c’est le passé et l’avenir. Elle est ange de lourdeur, de responsabilités et de dissimulations. L’image en miroir de Gilles qu’il n’a pas envie de regarder.
Comme Chloé et ses deux jumeaux dans l’Amant Double, Gilles est confronté à deux figures antinomiques du genre opposé. Mais ici, Gilles n’était pas obligé de choisir. Il aurait pu vivre avec ces deux femmes qui s’entendent à merveille grâce à l’instantanéité positive d’Ariane. Pourquoi se croie-t-il obligé de signifier à Ariane qu’elle passera après Esther ?
Ariane réagit de manière socialement irrationnelle, mais affectivement rationnelle, car elle a capté chez lui une révolution copernicienne – sujet même du film.
Ainsi va-t-il laisser filer Ariane et l’instant, pour suivre Esther sa fille, salut du peuple juif dans la bible.
Il se consolera d’Ariane qui serait partie un jour, il le sait. Elle fut un flash mémoriel de l’âge d’or de Gilles et de Garrel lui-même, quand les cœurs et les corps se séduisaient dans l’apesanteur d’une soirée de slow. Garrel l’avait déjà filmé dans les Amants Réguliers dans une scène plus théâtrale. 10 ans après, la chanson d’Aubert Houellebecq pondère d’un memento mori la magnifique justesse et légèreté des images.

Annelise dit: 6 juin 2017 à 9 h 43 min

Merci Sylvain ! JC la pudeur ne vs va pas mal, ms je le savais
Eriksen je copie-colle vos mots au-dessus
« Une nuit de larmes, Esther, fille de Gilles, débarque et bouscule le confort instantané qu’il s’était construit. Ils sont moins proches qu’ils ne le croient. Chacun sa vie. À l’opposé de l’instant Ariane, Esther, c’est le passé et l’avenir. Elle est ange de lourdeur, de responsabilités et de dissimulations. L’image en miroir de Gilles qu’il n’a pas envie de regarder.
Comme Chloé et ses deux jumeaux dans l’Amant Double, Gilles est confronté à deux figures antinomiques du genre opposé. Mais ici, Gilles n’était pas obligé de choisir. Il aurait pu vivre avec ces deux femmes qui s’entendent à merveille grâce à l’instantanéité positive d’Ariane. Pourquoi se croie-t-il obligé de signifier à Ariane qu’elle passera après Esther ?
Ariane réagit de manière socialement irrationnelle, mais affectivement rationnelle, car elle a capté chez lui une révolution copernicienne – sujet même du film.
Ainsi va-t-il laisser filer Ariane et l’instant, pour suivre Esther sa fille, salut du peuple juif dans la bible.
Il se consolera d’Ariane »
… comment ne pas être émue, t fière de vs devant ce style de dvlpt qui comprend tant et le dit si b ? Pas tt le fait d’être ou non d’accord que d’affûter comme vs le faites les perceptions & échanges. Merci, Eriksen

tristan dit: 6 juin 2017 à 10 h 05 min

« Ceux qui m’aiment continueront d’aller au cinéma pendant l’interruption. »…et pourquoi pas non plus: « Ceux qui m’aiment prendront le train » ?
Parce que sans crier gare comme elle le dit au début de sa notule, on serait tenté de payer à Annelise son billet pour…va savoir où. La question est: est-ce qu’on lui prend un billet aller-retour ?
Bonnes vacances tout de même très chère !

tristan dit: 6 juin 2017 à 10 h 19 min

Il y a aussi le film « ceux qui m’aiment prendront l’arrière-train »…l’essentiel des scènes se passent dans le wagon de queue !

Sylvain dit: 6 juin 2017 à 10 h 20 min

TRISTAN à 10.05 si vous n’êtes pas un habitué des lecteurs du blog vous penserez que le titre est par hasard avec le train.

Mais sinon… Annelise est un Georges Perec!

Annelise dit: 6 juin 2017 à 10 h 38 min

Oui Tristan..allons-y mollo sur les titres de giallos et de pornos – un de mes t gds plaisirs facétieux (mais défense de les inventer, ou c’est de la triche) avec émailler, histoire de voir les réactions, des conversations bien renseignées de fautes sur les prénoms « Félix Deleuze tel truc… Robert (ou Henri) Foucault tel autre »… je me distrais parfs d’un rien..En revanche en public par timidité – surtout en direct – il m’est arrivé de m’emmêler les pieds tt à fait involontairement, proférant « les frères Drumont » pour parler de Bruno Dumont, puis des frères Dardenne… malédiction ! sangre y tripas ! Je me sentais rougir jusqu’à la racine des cheveux, j’avais le vertige.. Bien fait? ..J’ai en revanche un souvenir magnifique d’une petite salle interlope devant laquelle je passais pour aller au collège quand soudain (l’été dernier, nous dirait CP?)une affiche me saute aux yeux, « Couche moi dans le sable et fais jaillir ton pétrole »…illustrations aux coloris splendides, magie de la promesse
« Gilles » chez Garrel, au passage Eriksen, vs remarquerez, comme Deleuze.. Après que Delaporte m’avait cinglée avec mépris d’avoir fait une allusion populo au Petit prince (qu’en plus, rien ne dit que j’apprécie ds le degré de naïveté qu’il me prête, ms bon) dios mio.. j’essaie de me tenir à carreau? En fait, non. J’aime, sous l’intellectualisme apparent de Garrel, ce soupçon de folie tenue, de fantaisie que j’ai tjs senti vibrer, pas vs? En tout cas, j’avoue être tombée des nues le jour où j’ai réalisé que Mao « Zedong » était le même que les deux autres, Tso-Tong et Tsé-Toung ..à peu près en deuxième année de sciences-po…je vs laisse imaginer l’occupation entre temps de l’intervalle poétique en jachère et les cséquences.. .ms tt est bien qui finit bien, tjs, comme dirait l’autre, puisque tt finit, sauf l’amour

Eriksen dit: 6 juin 2017 à 11 h 20 min

Merci Annelise de votre commentaire. on voit que vous prenez déjà à cœur votre nouvelle fonction d’ »encadrement ». Annelise Éducatrice !
Suis d’accord avec vous,l’intellectualisme n’est qu’apparent chez Garrel.

Sylvain dit: 6 juin 2017 à 11 h 41 min

« Annelise éducatrice ».Ha?Je le sens pas comme ça.Pas dirigiste.(Pas sur que la jeune femme est envie.)

Comparaison super bizarre avec S.avon,jazzi!Tu trouves?Elles ne se ressemblent pas du tout.

Eriksen dit: 6 juin 2017 à 11 h 44 min

vous avez une vision bien triste de l’éducation, Sylvain. Un peu mai68tarde…
L’éducation c’est une liberté que l’on donne dans un cadre.

J.D dit: 6 juin 2017 à 11 h 51 min

Chain,gracieuse enfant..En un tournemain vous m’avez remis moi aussi sur le chemin de la fréquentation là ou 30 autres avaient échoué.Le film sicilien vous fait « jaillir les larmes  » ,nous c’est tous les jours en vous lisant .Je vais revenir demain parler de ce départ,qui n’est pas possible .Zidane mettrait sur la table 135 millions pour le Monégaque .S’il n’y a que ça pour vous retenir je vais y penser!ce ne sont pas des billets Feygele,ce sont des oeuvres d’art .Le Garrel d’hier et aujourd’hui,sur Okja ou vos t

J.D dit: 6 juin 2017 à 11 h 58 min

suite..vos taquineries sur super woman sont par trop délicieuses!chalom Alei’hem je vous dis à demain ,ne raccrochez pas Annelise!RDC ,vous en avez fait beth Hamidrach…creuset critique et de teneur littéraire premier choix.Comme erikstein 9.24(joli pointu lui aussi ,Feygele ?Vous êtes plus jeune que nous et on se sent si bien avec vous ou reflétés par vos yeux.)Sans vous je serai orphelin de goût ,l’envie me passera ou ne sera plus de la même façon.A demain

Phil dit: 6 juin 2017 à 12 h 04 min

l’activité de blog comme la littérature, la cinéphilie !…des luxes qui s’épanouissent toujours à « l’ombre de nos nuits »;
ze show must go on, (Mercury, fan de wonderwoman)

J.D dit: 6 juin 2017 à 12 h 54 min

Annelise,je reviens faire un tour.Pas question de vous laisser partir,je répète !Jazzy 10.50,la polarité égare? Serrault est bon acteur mais l’effet sexuel du Feygele et celui du vieux tromblon de la cage aux folles ,ça me parait le jour et la nuit de Bernard Lévy!Oui va-t-on trouver ça,une plume comme harrison(j’ai un livre co-dédicacé par lui&vous ,annelise et il ya des points communs entre vous dans dans l’ampleur ,la politique et la douce violence ,le lien à la nature),un humour et une fraîcheur pareille?Franchement ce plaisir ne se trouve pas à beaucoup de croisée des chemins.je suis lecteur du Monde & parfois la presse locale (sud-ouest,étant votre compatriote en 33 ou on ne vous voit jamais,Feygele.Ou êtes-vous?)et,je vais faire hurler mes enfants abonnés aux Inrocks,le Fig,pour la diversité.J’achète en kiosque 7ème Obsession pour compléter,les cahiers m’ont fatigué,ça ça va vous décevoir mais c’est vrai ..Vous êtes vraiment vraiment unique.Chaque article d’1 singularité excitante.J’en ai imprimé plusieurs.Je vous archive dans un petit cahier pour relire plus tard,il faut le faire!Pas n’importe quel journaliste peut dire ça .La presse papier ,de plus en plus Kléneex ne donne aucune envie..Aucun(e) comparable avec vous .Vous avez tiré tout vers le haut.Même les contributeurs !Un 9.24 d’eriksen je suis d’accord pour le saluer.Chapeau,ces derniers temps.(le croquis sur hong sangsoo est formidable).Vous dépassez tous les critères.Deleuze ou Foucauld en jupons,la fine comme Eléonore Baulac.(la reference a la danse est fait expres:vous ne vous rappelez de la rencontre mais je vous avais abordée pour « Les Grandes Traversées  » suite au sygma bordelais des années capc).RDC devenue un forum d’exception &immense cadeau sous votre impulsion.

Sylvain dit: 6 juin 2017 à 13 h 26 min

@11.44,Disais juste qu’Annelise n’a pas du tout ce côté cheftaine que je n’aime pas chez beaucoup de journalistes femmes.

Car elle n’est PAS journaliste.cherry on the cake.Bien mieux.

Ma vision de l’education soixante huitarde?Heu?J’étais pas né.(Quadra.)Mais si ça vous fait plaisir!

Okja Annelise,c’est le même que snowpiercer!

Le jour d’apres(pour moi)plus que Superwoman.Mais avec vous je serais prêt a tenter l’expérience…

C.P. dit: 6 juin 2017 à 14 h 53 min

Chien noir ? Annelise, un commentaire de vous fusionnelle avec les animaux m’a beaucoup frappé. Je ne vais pas ramener le documentaire bien connu de Franju, mais vous connaissez certainement Elisabeth de Fontenay et « Le Silence des bêtes ». Ce livre m’a fait comprendre que même un logocentriste comme Husserl était sensible à la « continuité », et qu’en ce sens au moins « le propre de l’homme » était douteux. Honneur et gloire, évidemment, à Elias Canetti !
Moi, ce sont les chat(te)s et les chevaux. Pour ne pas quitter le cinéma et pour vous faire sourire : nos deux chattes Sima et Ninon, persistance rétinienne ou non, regardent avec attention le gros cheval longtemps immobile dans « Le P’tit Quinquin » de mon cher Bruno Dumont.

Annelise, je suis intervenu tard dans votre blog, pas toujours en accord avec vos goûts, mais toujours plus sensible à votre générosité et à votre talent. Comme tout le monde ici, j’espère vous retrouver la même et plus encore.

Annelise dit: 6 juin 2017 à 14 h 59 min

Merci cher CP, the same… ms nous allons continuer de discuter ! Elisabeth de Fontenay oui depuis tjs, je l’ai lue au tt début..longuement parlé avec un (petit homme?) Vert, non de St-Etienne ms du quai de Conti de son entrée à l’Académie fçaise où à mon avis elle aurait eu grandement sa place. de même que Dabadie, c’est drôle non? Ms j’aime bcp aussi certains professeurs, je sais eux et moi ça peut paraître contre nature et pourtant. ., ou J de Romilly, en son tps..ms elle (E de F) était trop âgée au moment où elle y a songé ou aurait voulu, quel dommage

Annelise dit: 6 juin 2017 à 15 h 06 min

Sylvain c’est WONDER, pas SuperW (ms il y a aussi « Supergirl », avec une Faye Dunaway étonnante de nème degré, un peu à la façon de la dame veuve encline à déniaiser le pauvre Dustin Hoffman qui n’y tient pas, noyé ds le corsage, chez Penn.. et aussi, on tv cette fois, Super Jamie,et Steve Austin, l’H qui valait 3 milliards ex de Farah Fawcett..) ne me poussez pas ds mes retranchements
Sans plaisanter, t riche cinéma coréen..vs l’aimez en général, CP?
Ah, Eriksen je relis avec plaisir votre post..j’aime ce sens du détail que vs avez(mais oui elle s’écrie « mon dieu »..qd même c’est très privé, ce qu’on dit ds ces moments-là..Garrel généreux sans impudeur ds la façon de ns le révéler)

Jacques Chesnel dit: 6 juin 2017 à 16 h 00 min

Je ne suis pas toujours en accord avec vous mais je vais regretter votre absence tout en vous souhaitant bon vent, amicalement

Sylvain dit: 6 juin 2017 à 16 h 29 min

Hé ben!Je viens de regarder le générique du Six million dollarman Annelise…

Vous étiez amoureuse de Lee majors ou de richard Anderson?

Snowpiercer (joon-ho),excellent.Telle que je vous connais vous préférez host?ou mother,ou M of M?

Emmannuel dit: 6 juin 2017 à 16 h 58 min

Bin non Annelise partez pa.;;ouil faudrampasser ssulcorps!;(tanpi jlé dis)Jépaltan aujourd’hui mé jrevien biento vouzendir plusse;@Phil:freddy mercury,Annelise ailavé passé sur fessebouc l’esstrait ,chaipa ssituconnais?,ou il pass l’aspirateuren minijupe .; sam faisait rêver juskasse kejevois la tachemousse kitue!;cténorme !.kidi Fabrice louquini.:
‘tain, Ironman courtoi du douzième cétoumoi!! Aucun rappor mé un peu kamen:terri Gilliam a fini son don quijote ayé?;17ans apré ilapri ssontan!!;

Phil dit: 6 juin 2017 à 17 h 28 min

Dear Annelise, pistonnez Baroz qui pourrait s’installer au comptoir pendant votre vacation fellowship.
baroz va au cinéma comme un dingo, a l’esprit critiqueux, du parfait pour causer dans le poste.

JAZZI dit: 6 juin 2017 à 18 h 08 min

Pas besoin de monter causer dans le poste, Phil, puisque même Annelise condescend à descendre causer avec nous dans la salle. Il y a de plus en plus de rames de métro sans chauffeurs…

christiane dit: 6 juin 2017 à 18 h 13 min

D’une femme à une autre femme : Chapeau bas ! (Un sombrero ou un chapeau de paille d’Italie…) Prenez-soin de vous et revenez-nous avec les vendanges, rayonnante, pour de nouvelles aventures en salles obscures.

Annelise dit: 6 juin 2017 à 21 h 01 min

Ms quoi, quel navet 19h55? Pas possible avec Denner « le dératiseur » de js qualifier cela tt à fait comme tel. .Jacques Ch, au moins serons-ns tjs d’accord sur l’odeur de glycine chez le farmer William ? Christiane allez voir Hong , cela devrait vs parler, c’est un cinéaste que j’aime et qui en tt cas mérite le détour. .vs m’en direz des nvelles les uns et les autres? .Jazzi plaisir de vs lire, pdt l’été si cela vs amuse je vs reçois deux ou trois fois en « guest star » à l’Américaine, vs ouvrant mes colonnnes spécial Jibé. .je n’ai pas comme chez Pierre Assouline de « coin de la critique SDF » ms si ns ns y prenons à l’avance, je peux décider de faire monter qq papiers..
Emmanuel oui, Gilliam, il semblerait?
Sylvain 16h29 non, ni Lee Majors ni Richard Anderson, surtout pas « Oscar »(The 6 million dollar). . au vrai je ne pvais pas sentir le directeur crâneur trop bronzé aux UV.. puisque vs m’interrogez sur mes goûts je vais vs les dire avant de prendre congé..en ce moment focalisée (sur le principe d’ensemble, disons ) sur Lennon on the roof… Mac Cartney curieusement me laisse froide, il se dandine trop..j’aime b George Harrison en pantalon vert pomme, sobre, d’une gentillesse manifeste mais j demeure totalement fascinée par John… nobody ever loved me like she does…yes she does, donc, ainsi que ns en avions déjà débattu . Ringo, ciré rouge et cheveu légèrement gras est extrêmement émouvant et sexy aussi, attentif, humble et souverain ds la manière de suivre à 1’18.. (j’espère que cela ne vs paraîtra pas trop bizarre, figurez-vs j’ai des conversations là-dessus pdt des heures avec des agrégés un peu bons en grammaire, philosophie etc – personne n’est parfait). Il faut voir Lennon exploser de joie communicative à 2’52, 3’00 et 3’06 en chantant, lui si timide et mal à l’aise..la gde réalisation orgastique de la créa visible à l’oeil nu..c’est si beau.. feu de Bengale fragile, et Ringo merveilleux de tendresse accompagnatrice, royal.. Ecoutez-le…Quand il entonne hi-hi…hi-hi… suis en apesanteur comme avec Edward Yang du même nom
https://www.youtube.com/watch?v=NCtzkaL2t_Y

the most exciting organ ever dit: 6 juin 2017 à 21 h 18 min

Et le clavier ? VEVO a zappé des images le clavier des Beatles ? Il était noir ? Il a du passer chez les Stones … C’est moche (et Lennon se gelait les miches)

Annelise dit: 6 juin 2017 à 21 h 25 min

N’entrons pas ds des conflits qui pourraient ns amener à des violences, au moins verbales. Déjà comment voulez-vs qu’il ait froid avec une aussi belle moumoute ? Pour le clavier, je ne peux vs donner entièrement tort. Il y aurait bcp à dire, les policemen, le cameraman allongé aux pieds de Lennon,le clocher en arrière plan, le petit mouvement de foule ds l’assistance etc ms je m’en vais. Vengeons-ns ts demain en allant voir Patty Jenkins et surtout, Le jour d’après

Annelise dit: 6 juin 2017 à 21 h 30 min

Ah pardon « The most exciting »21h23…je vs prie de m’excuser si ce n’est pas vs, ai répondu sans lire la provenance et d’habitude c Alley notre spécialiste. Bonsoir à ts

Phil dit: 7 juin 2017 à 10 h 05 min

no wonder, selon Libération le film Wonderwoman est un wondernavet de plus.
Annelise se retire dans ses vignes comme Juppé à Venise, qui livrera l’analyse subliminale ? un chercheur darvarde s’est coltiné la greluche en combinaison pinder. tout y passe, lesbianisme, égalitarisme, et tutti conneries.
le film sorti des bas fonds a mis une soldate de l’armée israélienne dans la gloire au lasso. sûrement un message fort des têtes d’oeuf d’olihoude.

C.P. dit: 7 juin 2017 à 10 h 59 min

Vu hier soir à l’IMA en avant-première le film égyptien (co-production française) de Sherif El Bendary , « Ali, la chèvre et Ibrahim », qui sort aujourd’hui en France-en salles. Il a déjà été annoncé et critiqué, plutôt positivement, ici ou là…
Quelques remarques cependant : on sent bien des raboutages dans le récit tour loufoque et plaisant de l’amitié entre Ali, amoureux d’une chevrette blanche et d’Ibrahim, preneur de sons accablé d’acouphènes. Ce film a d’ailleurs été tourné sur une longue période, et certainement tour à tour en 35mm et en numérique. Mais il s’inscrit dans la ligne d’un jeune cinéma du Maghreb et du Moyen-Orient, après « Tramontane », « A mon âge… », « Corps étranger », qui évoque TOUJOURS les troubles civils d’un passé récent et ce qui en subsiste, et qui est donc en ce sens discrètement « politique ». Personnages secondaires souvent émouvants, présence instrumentale de l’oud, bandes de jeunes mal à l’aise, visite sous le prétexte d’une guérison magique, à partir d’un quartier pauvre du Caire, des trois eaux de l’Egypte, le Nil, la Méditerranée et la Mer Rouge aux pieds du Sinaï. C’est aussi une fable : Ibrahim (très bel acteur) souffre un peu plus que d’acouphènes et la chevrette du pétulant (et à mon sens un peu criailleur) Ali, disparaît quand Ibrahim se transforme en sauveur .
Comme dans le cas de « A mon âge… » de Rayhana que j’avais beaucoup aimé, je doute que ce film, où il n’y a pas trace de religion et où les filles sont assez libres, soit distribué en Algérie…

Emmanuel dit: 7 juin 2017 à 11 h 12 min

Bombay,.Annelise;jrevien comm promis vous tiré lchapeau edmonpleingré; pour l’occas jvas meme laisser mon phrasé essehemesse aux vesstiaires;!
Chère Annelise, merci pour vos chroniques;en tous points remarquables , elles m’ont captivé depuis le début.Je ne vous ferai pas le coup de l’émotion, sans quoi vous n’hésiteriez pas à me remettre dans le droit chemin ,but… Etant agrégé,hé oui -je me flatte que vous l’aviez deviné ?- j’ai pu passer la ligne pour le plaisir de vous faire sortir de vos gonds. Votre manière d’accepter généreusement de délivrer votre pensée est pour nous d’une grande chance et d’un grand apport; somptueuse de retenue ou de sauvagerie, spectaculaire de discrétion, belle et bonne comme vous l’êtes, pleine de hauteur et de proximité, caustique débordante d’une humanité comme on n’en fait plus, d’une pertinence rien moins que rare ,à l’image de vos papiers.;Toussa alafoi;,jleconfess ,chuifou dvous; Votre exégèse des Beatles ,à l’avenant de la fantaisie qui vous caractérise; érudition, invention et modestie big size, quand un troupeau de faux intellectuels et d’écrivaillons nous servent l’inverse ,un brouet insipide? Comment ne pas vous savoir gré de la façon de rabattre sur le meilleur du cinéma taiwanais,YiYi de Yang au détour de la phrase ,de reparler de la neige chez David Chou:chez vous ,ça circule vif et frais au lieu de thromboser en des poses de femmes savantes.;j’ai lu des thèses où la part belle est faite à votre propre travail littéraire. Je me permettrai de vous solliciter là-dessus. (;nomdcod « sandouiche à la rate ») Continuez je vous prie de nous irriguer de sang neuf ,poétique et vivifiant. Nous autres vieux briscards de la fac et des rédactions en avons bien besoin; Que « l’interruption » soit de courte durée.;bin filabiencassé labark ssu ouandère oumane;?tfaçon j’avé décidé dvvoir ssuvoconseils ‘Ljour dapré’ ssoir.;sauf ke kant jlauré vu fodra changer ltitre?;plusse kyère eémoinsse kedemain ;Serviteur.

Annelise dit: 7 juin 2017 à 11 h 12 min

Phil 10h05 – 1 Wonder – 0
Hélas je le sentais venir…vs me faites rire avec le chercheur darvarde et la combi Pinder.. Tellement ça!
Oui oui Jibé 10h41 ms vs apportez bcp et suis donc prête à ouvrir mes colonnes à qq guest
CP là pas le tps ms je reviens vs lire plus tard… Vs ne pouvez pas le savoir ms attelée justement à une préface sur (ou proche du) thème

Emmanuel dit: 7 juin 2017 à 11 h 15 min

técribien kant tu veu… bon jmefé les question éléponses,..chui jalou qulé colonnes ellmsoie pas proposé!;?

Sylvain dit: 7 juin 2017 à 12 h 00 min

Même Manu romantique,on aura tout vu!

Phil vous a bien démontée la pépette en short moulant.

Edouard Yang est pas chinois Annelise?

C.P. dit: 7 juin 2017 à 12 h 56 min

Non, Jacques. Mais Ibrahim est saisi d’acouphènes stridents alors qu’il est près de conclure (dirait Michel Blanc) avec une belle fille au généreux « corsage » …

D. dit: 7 juin 2017 à 15 h 29 min

La Cage aux folles est l’un de mes films préférés. Par contre le son laisse à désirer et c’est dommage.

christiane dit: 7 juin 2017 à 16 h 03 min

Annelise,
« Le Jour d’après » de Hong Sang-soo. Vu cet après-midi. Vous en avez bien parlé. Au début, j’ai eu un peu de mal avec la chronologie des rencontres. Les flash-back en sont-ils ? Hong Sang-soo joue avec nos nerfs !
La dernière scène est sidérante tant elle revient comme un boomerang puis s’éloigne sur la première rencontre d’Areum et de Kim Bongwan.
La lâcheté masculine dans toute ses fuites et les aléas de l’infidélité, tête enfouie dans le bol de nouilles et nez dans les verres de soju. (Elle : – Pour te faire bien voir, tu mens à tout le monde. Tu es un lâche !)…
Il a bien du mal à se dépêtrer de ses mensonges face à ces trois femmes !
Oui, le film m’a plu, les noirs et blancs, le face à face filmé en plan-séquence à la Depardon, multipliant les plans fixes en champ-contrechamp.
La neige aussi et ce dialogue noté dans la salle obscure :
Elle : – Refuser de croire à quelque chose à cause du réel n’est-il pas absurde ?
Lui : – Les mots ne peuvent saisir le réel. Ce qu’on écrit avec des mots n’a rien à voir avec le réel.
Elle : – Ne pas croire ? à cause de ce genre d’illusion que vous appelez le réel.

Restent les livres, les deux portraits, la petite maison d’édition mais la combinaison amoureuse est bancale.

Oui, j’ai aimé ce film. Un monde flottant…
Kim Min-hee/ Areum est ravissante, élégante (physiquement et moralement) et poignante dans sa déception effarée face à ces deux minables. J’aurais aimé que le temps s’éternise avec elle…

Merci pour le parfum des glycines.
Beaucoup aimé le commentaire d’Ericksen sur « L’amant d’un jour ».

J.D dit: 7 juin 2017 à 20 h 31 min

Well,joli post de Christiane à 16.03.C’est un de vos multiples génies ,Annelise .Au lieu de grébsen,de baratiner à tort et à travers ,vous demandez la maturation.Eriksen comme Phil sont des professionnels,ce n’est pas pareil.Il faur reconnaître quand le rival fait mieux le travail.
Ganif,Emmanuel a su trouver les mots en fendant l’armure .J’ai pensé à vous en revoyant votre cher Jhon Ford.Encore repassé sur arte ,feygele .l’homme qui tua liberty valance ,le film vaut bien l’arriere train sifflera trois fois.Votre amour pour Doniphon,dont vous aviez parlé dans une notule .ça m’a marqué.Vous dites que Hallie(Ali) est trestée amoureuse de lui,qu’elle n’a épousé Stoddard que parce qu’il lui a appris à lire .Je n’étais pas d’accord avec vous ,j’y ai repensé en trouvant que vous avez peut être raison.?Lorsqu’elle revient à Shtetl ,le lieu des origines .Vous aurez toujours les yeux de Vera miles ou de MME Hepburn ,Kate ,aux nôtres !La question est:amenez-vous des cactus en fleur quelque part? J’aimerais savoir.Phil 10.05 quel besoin de mêler Tsahal aux propos?Mentsh CP ne dit pas n’importe quoi en parlant des films qui vont avoir du mal en algerie.Israel,vous ne m’en ferez pas parler étant donné que je n’ai pas que du bien à dire.Certaines choses des deux bords,a shandeh oun a charpeh,une honte et un déshonneur.Chacun voudrait le donner a l’autre au moment de prendre sa part .

JAZZI dit: 7 juin 2017 à 20 h 40 min

« HHhH », c’est du lourd. Un bon film de guerre traditionnel, sous couvert d’exoroman contemporain.

C.P. dit: 8 juin 2017 à 10 h 57 min

Allez, une petite relance d’humeur : j’étais hier soir à l’Odéon pour « Medea »
(Simon Stone d’après Euripide), et cette actualisation ne m’a guère plu. Je passe mes raisons, mais je me re-passe le film de Pasolini…

Sylvain dit: 8 juin 2017 à 11 h 46 min

Sympa votre note sur HSs,Chenel.

Au point de vue plume on est loin de la poétique de la taulière bien que ça se laisse lire.

C.p votre conversation théâtre avec Ericksen était géante.Comme Jidé sur Ford.

Je me rappelais de la notule d’Annelise sur doniphon(mais pas Wayne en général).Rio Bravo Annelise!!

Jacques Chesnel dit: 8 juin 2017 à 15 h 31 min

Ce n’est une note sur Hss, Sylvain, juste un texte écrit avant la sortie du film, seulement une coïncidence de titre

Petrus dit: 8 juin 2017 à 16 h 13 min

Cette atteinte à la dignité des voyageurs a été jugée insupportable par certains, c’est donc à cause du film de Monicelli que l’on ne peut plus ouvrir les fenêtres dans les TGV, le saviez-vous ?
Nous nous efforcerons, chère Annelise, d’entretenir la flamme de ce blog au cours des semaines, des mois qui viennent.
Les habitués vous ont rendu divers hommages, plus élogieux les uns que les autres, je m’y associe sans réserve.
Bien que nos positions respectives soient irréconciliables, j’ai beaucoup apprécié la contribution d’Eriksen sur le film de Garrel. Vive la république donc !

Annelise dit: 8 juin 2017 à 18 h 44 min

Petrus, merci. Vs plaisantez pour Monicelli? Avouez que c’est tentant
Beau texte Jacques Ch… J’aime aussi bcp Denner, ce visage noiraud, aigu, de crayon à papier…les jambes des femmes comme des compas et ses belles longues narines tjs dilatées wow. Alors comme ça vs portez Eau Sauvage… On en apprend

Annelise dit: 8 juin 2017 à 18 h 56 min

…n’allez pas nous enterrer le collier sous l’œil du bison sans savoir quoi ni que comme Johnny deep in pub
C.P 7 juin…ah Doniphon oui..et le De guello et Dean Martin qui va reprendre la porte de devant ds Rio B.. J’adore encore plus que Dior?

C.P. dit: 8 juin 2017 à 19 h 22 min

Dean Martin chante pour Annelise, accompagné par Ricky Nelson :

The sun is sinking in the west
The cattle go down to the stream
The redwing settles in the nest
It’s time for a cowboy to dream

Purple light
In the canyon
That’s where I
Long to be
With my three
Good companions
Just my rifle Poney and Me…

And so on…

JAZZI dit: 8 juin 2017 à 21 h 40 min

Beaucoup de charme dans « Le Jour d’après » de Hong Sang-soo, film minimaliste et bavard, qui, sur une trame vaudevillesque conventionnelle : le mari la femme et la maîtresse, est tout à la fois un exercice de style mêlant la métaphysique pure et l’art cinématographique hérité de la Nouvelle Vague. Plus qu’à Rohmer j’ai surtout pensé à Godard, pour ces quelques plans noyés dans une envolée musicale à la Georges Delerue. Manquait seulement la voix off et la citation littéraire appropriée de l’homme au cigare havane ! Comme Christiane, j’ai eu un peu de mal au début à démêler l’écheveau des scènes répétitives et diverses et en plus, il m’a fallu du temps pour comprendre que les deux femmes, l’épouse et la maîtresse, étaient en fait trois ! Malgré la beauté singulière de Kim Min-hee, pour moi, rien ne ressemble plus à un asiatique qu’un autre asiatique…

J.D dit: 9 juin 2017 à 12 h 14 min

Mon fils vivait avec une dame asiatique fort belle ,Jazzi .Le divorce a été prononcé d’un commun accord .Tout le monde resté ami.Je demanderai a mon ex-belle fille si elle n’avait pas le même sentiment sur son mari?Que nous autres blancs(bien que chez moi »basané » convienne mieux) faisons le même effet? Feygele vous faites donc le succès du Coréen grâce au billet .Vous n’avez pas précisé « sud coréen » mais j’espère pour lui?Christiane a parlé de cinéma flottant ,s’il y a des nuages à la Naruse ça devrait aller .Comme C.P. les premiers temps vous avez soumis mon angle à épreuve en m’envoyant voir des choses ou je n’aurais jamais été .Plusieurs fois j’ai senti que vous n’étiez pas totalement convaincue, so what?C’est très benefique d’engager à la liberté.Vient un âge ou tout en sachant qui on est il s’agit de ne pas se replier sur les certitudes de vieux chmok qui pense qu’il a la science infuse.Merci de le rappeler avec votre extraordinaire fraîcheur.Les acteurs font de la pub Annelise? Vous avez compris que les pauvres ne gagnent pas assez d’argent pour les dépenses courantes…Ils sont à plaindre ,comme vous savez .J’ai lu votre page FB sur le gordito griezmann prenant la défense des homosexuels sportifs ,comme d’habitude vous ajustez cela vite et bien (« tchac c’est fait « ,ce genre d’images .Bien clair que vous fonctionnez de même).Avec vous on n’attend jamais la fin de l’envoi pour toucher .Le coup effilé porté aux organes vitaux.Comment interpreter la vague du noir et blanc ?Après herr Garrel ,ce jour d’après ,H.S.M. Lieu de virtuosité,hommage passéiste ,exercice d’admiration?

J.D dit: 9 juin 2017 à 12 h 16 min

Sur l’autre asiatique que Herr Jazzi n’arrive pas à distinguer :( moi ce sont les noms que je ne reconnais pas),celui de Netflix.Les cinémas coréens font blocus ? ils ont refusé de le diffuser ,en rétorsion.

J.D dit: 9 juin 2017 à 12 h 24 min

C.P.,pourquoi passer vos raisons au theatre?apres lecture,elles intéressent .Pasolini souvent mal interprété,I mean,pas les acteurs.Il était le contraire d’un libertain…

C.P. dit: 9 juin 2017 à 14 h 13 min

J.D., c’est que j’étais presque seul à ne pas m’extasier.
Scénario : Anna -Médée revient chez elle, flanquée d’une assistante socio-médicale après un séjour chez les petits mentaux (elle a tenté d’empoisonner son mari Lucas -Jason aux graines de ricin, parce qu’il couchait ici ou là). Elle le retrouve avec leurs fils, mais collé avec la fille du grand laboratoire pour lequel il travaille. Anna et Lucas couchent encore une fois ensemble, mais lui souhaite le divorce. Anna zigouille donc la rivale, puis ses deux fils chez Lucas et fout le feu à la baraque. Soit !
Les dialogues, surtitrés du néerlandais ne sont pas mauvais, mais ils sont pour moi au ras de la psychologie intimiste que je n’aime pas, ni au théâtre, ni au cinéma.
Scénographie et mise en scène : c’est d’abord du tout-blanc quant au décor (à la Ivo van Hove), le début est doublé (pourquoi ?) en vidéo à la mode : on VOIT en prime et en gros-plan les micros que porte les comédiens, mais ce n’est for a suspension of belief. Il y a tout de même une pluie de cendres progressive et annonciatrice de la catastrophe, avant que l’assistante ne raconte enfin, dans un style littéraire à deux sous, l’intervention inutile des pompiers, la découverte des trois cadavres fondus ensemble et la stupeur de Lucas.
Les comédiens, dans le genre, sont bons, et si dans cette actualisation Euripide est loin, ce n’est pas si grave : l’histoire a tellement été adaptée… Sauf qu’ici c’est chez les bobos. Les gamins filment les ébats de leurs parents, c’est moderne, quoi !

Pensé a contrario au film original de Lars von Trier, « Dogville », et à sa « théâtralité », à commencer par le décor dessiné.

D. dit: 9 juin 2017 à 14 h 25 min

Pourquoi ponctuez-vous de cette façon étrange, J.D ? Cela commence à m’énerver .Je vous le dis très gentiment, parce que je vous sais capable de mieux.

JAZZI dit: 9 juin 2017 à 17 h 53 min

Oui, J.D, je pense que pour les asiatiques ou les Noirs, les Blancs, de prime abord, se ressemblent tous !

radioscopie dit: 9 juin 2017 à 18 h 14 min

CP, vos « petits mentaux » m’intriguent. Peut-être votre façon d’habiller (pour l’été) cette Medea qui ne vous a pas enthousiasmé. L’utilisation presque systématique de la vidéo au théâtre m’agace. Quand, comme c’est le cas ici, il y a en plus du surtitrage, l’oeil est trop sollicité, l’oreille est moins disponible pour le texte. Parfois, il m’arrive de penser que c’est une manière de compenser (camoufler) son indigence. Or, le texte, au théâtre c’est l’ossature fondamentale. Ce jeune metteur en scène a pris le parti de réduire le mythe à un fait divers contemporain (pourquoi pas ?) et d’utiliser les technologies et les costumes de notre époque (Mac, jeans, etc.) D’une part, c’est un hommage à l’éternité du thème, d’autre part le dépoussiérage ne dure qu’1h20, c’est supportable.

C.P. dit: 9 juin 2017 à 19 h 21 min

radioscopie, j’ai dit ce qui m’a agacé, et vous êtes au moins en accord avec moi touchant l’abus de la vidéo, ici à mon sens inutile. Il est vrai que le spectacle est court, et la comédienne convaincante dans une espèce de réalisme de la jalousie, passion triste … et mortelle. Mais si vous avez vu le spectacle…
Mettons que la pluie de cendres qui finit par faire tas, et quelques traces de sang, -puisqu’ Anna s’ouvre un peu un poignet-, agrémentent le tout-blanc.
Je persiste pour ce qui est une transposition : « Médée chez les bourgeois ».
« petits mentaux » ? ce n’était qu’une plaisanterie pour désigner naguère, pudiquement, les maisons de repos quelque peu asilaires. Anna vient d’y séjourner. Vous savez qu’elle prétend d’ailleurs n’avoir usé des graines de ricin que pour faire vomir son mari après chacun de ses écarts.
Bah ! au raout ensuite sur la terrasse de l’Odéon, il n’y avait que du vin, que je n’aime guère, et pas de whisky pour me consoler. Ce n’est pas grave.

C.P. dit: 9 juin 2017 à 20 h 14 min

Merci pour Tom Waits… et le souvenir du « Down by Law » de Jarmusch !

Il y a comme ça des voix peu séparables des films. Même celle d’Oscar Benton (pas du tout américain d’ailleurs) accompagnant au début des années 80 « Pour la peau d’un flic » avec le depuis tubissime « Bensonhurst Blues ».

christiane dit: 10 juin 2017 à 9 h 33 min

Aïe aïe aïe ! 2h30 de Desplechin hier au soir sur une chaîne cinéma. Enfin, un face à face avec « Un conte de Noël » (2008).
Nous avions évoqué la narration complexe et vacillante des « Fantômes d’Ismaël », et là, immersion voluptueuse dans un film, dans une grande maison parentale de Roubaix où le soir de Noël, pour le meilleur et pour le pire, dans un huis-clos venimeux et troublant d’amour perdu, avec cruauté et légèreté, Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric, Catherine Deneuve, Anne Consigny, Jean Paul Roussillon, Chiara Mas troianni…. de déchirent, se crient leur haine ou se murmurent leur amour, autour d’un enfant troublant souffrant d’une maladie mentale, d’un autre mort à sept ans pour lequel Junon et Abel ont « fabriqué » vainement ces autres enfants (maintenant adultes). La mère (Junon – Catherine Deneuve époustouflante) a besoin d’une greffe (maladie orpheline). Qui sera compatible ?
Où entendre ailleurs que dans ce film une mère dire à son fils avec désinvolture : -Mais je ne t’aime pas.
La caméra témoin ouvre et ferme son œil de l’un à l’autre. Pour nous, spectateurs, c’est inconfortable puis fascinant. On se coule là-dedans d’abord par curiosité puis par passion : la maladie, la mort, l’amour, la haine sans oublier ce cœur de Noël qui se profile, mais pas mièvrement. Un conte adorablement cruel.
Ah ce mauvais fils, Henri(Mathieu Amalric), mauvais comme la teigne, provocateur, insupportable et tellement émouvant. Pourquoi Elizabeth a demandé son bannissement à sa famille ? Non-dits, quand tu nous tiens… le polar se glisse dans ces histoires dites d’une famille comme tant d’autres pleine de secrets et de névroses
L’admirable Jean-Paul Roussillon (Abel – le père) prend un livre de Nietzsche et lit à son fils cette page : « Nous demeurons nécessairement étrangers à nous-mêmes / Chacun est pour soi-même le plus lointain. »
Il faut absolument que je revois ce film sur grand écran, au cinéma.

JAZZI dit: 10 juin 2017 à 9 h 42 min

« Il faut absolument que je revois ce film sur grand écran, au cinéma. »

Intéressante remarque, Christiane. Je ne résiste pas à te poser la question du « qu’est-ce que ça change » ?

christiane dit: 10 juin 2017 à 10 h 50 min

Ce que ça change ? Il n’y a plus de maison, de fauteuil, de fenêtre où passe un oiseau, de livres à peine refermés. Je vais vers le film, j’entre dans la salle, je ne suis là que pour ça. J’attends. Cinéma d’art et d’essai. Pas de pubs… ouf… juste ce noir intense avant que sur l’écran la magie commence. L’écran est grand, moi toute petite. J’embarque en ouvrant les yeux le plus grand possible. Mon corps n’a plus de gravité car tout se déplace dans la tête et le cœur. C’est puissamment érotique. Un duo rien que pour les yeux, les oreilles aussi. Le son a son maximum qui entre par tout le corps. Ah, Jacques, il est si rare de s’abandonner les yeux ouverts comme s’ils étaient fermés. Dehors le temps continuera son travail de cadran solaire. Plus tard, en sortant : nuit, jour, soleil ou pluie. J’avais oublié. Et puis re-voir c’est cette légère avance sur le scénario où l’on guette une scène, un visage, un dialogue et c’est les inconnus qui regardent le même film et le secret qu’emportera chacun, la séance terminée. Un lieu de solitude et de proximité où échanger sa vie contre celles offertes par des merveilleux acteurs en cordée avec un cinéaste.

Gilles dit: 10 juin 2017 à 11 h 18 min

Bonjour Annelise.Un moment que je n’ai pas posté -la vie et les aleas que ça comporte-alors que je n’ai jamais cessé de vous lire !J’espère que vous ne partez pas .On devrait toujours « contributer » pour saluer la qualité à ce niveau.Jamais lu des articles aussi prescripteurs que les vôtres ,inclassable.Critique ,romancière.Dans le fil précédent sur Garrel quelqu’un a dit que vous lire sur un film,c’est Baudelaire traduisant POe.Voilà qui est bien dit.Suis allé voir BOng Sangsoo sur votre impulsion.Je n’ai pas été déçu.Me suis bien calé sur le fil de votre billet ,du coup la construction ne m’a pas gêné.J’ai accueilli votre « utilisation pleine de mélancolie de la neige lustrale » dans un fauteuil au lieu de me demander ce que ça vient faire? D’ailleurs le film de Davy Chou que vous aviez chroniqué ici m’a rétrospectivement éclairé sur des points ou je n’avais pas compris.Kim min-hee c’est celle de Mademoiselle ?votre notule sur Chang-wook était fameuse,Annelise! Vous aviez comparé la pudeur du gars qui se fait couper les doigts à Hemingway lorsque Fitzgerald insiste pour avoir des détails sexuels avec martha.A cause de ça j’étais allé le revoir.Etant de bordeaux je vais surveiller leah Musyus,si vous dites que ça se passe dans le médoc?
@Christiane 9.33. Desplechin ,rois & reines,bon film.Par contre Ismael,me suis ennuyé ferme.Je me retrouve dans Cp 14.13,ayant été presque seul à ne pas m’extasier.Pas vu la pièce medea a l’odéon dont vous parlez .Le dernier Desplechin,ça pêche par prétention.Ce n’est pas la psychologie intimiste au théâtre ou au cinéma qui fait tâche.C’est la MAUVAISE psychologie intimiste.John Ford dont vous êtes fan Annelise,il y a de la bonne psycho partout.

Annelise dit: 10 juin 2017 à 12 h 56 min

Merci Gilles. Park Chan-wook, la cigarette au mercure, volute froide, « quel fumier raconterait sa nuit de noces », la comparaison était avec Hadley..Fitzgerald s’était montré insistant et s’était fait moucher, grâce à dieu(pour lui) Hemingway n’ayant toutefs pas de massicot si j’ose dire,sous la main, pour lui apprendre les bonnes manières
Christiane 10h50 votre défense enflammée de l’érotisme des salles, bien réel quelquefs, va en faire rêver plus d’un
CP 8 juin 19h22 sur le « Round the bend, she’ll be waiting ».. son pony, lui, le rifle. .je marche à ts les coups, j’attends les trois, pas forcément ds cet ordre. Cumulerai-je les défauts en ajoutant : non seulement j’aime Dean Martin, ms bcp, encore plus Jerry Lewis. Je ne le dis pas par provocation, je l’aime vraiment… créateur curieux, polymorphe… on ne va développer entièrement sur lui cette fois ms sa cité des femmes,wow(quel titre déjà? « Le tombeur de ces dames? »)… j’y avais fortement repensé au moment des lotissements d’Edward aux mains d’argent, ou ds Pushing Daisies (la série)..le mobilier élevé au rang « d’acteur »..ou sa visitation burlesque de Jekyll & Hyde – Docteur Jerry et Mister Love, Cendrillon aux gds pieds.. et Ya ya mon Général (!) – quel inventeur.. je préfère tjs Chuck Yeager à John Glenn (ds le film par ailleurs relativement moyen,de Kauffman, sûrement un peu aussi à cause de Shepard ?).. son clown entrant ds la chambre à gaz..meilleur à mes yeux que Benigni qui peut bien se rouler par terre, sa « Vie est belle » l’est moins que chez Capra, ou que le premier geste de Jerry Lewis.. Il faudrait que je m’offre une revoyure générale mais qd?
Benigni je le préférais ds le Petit diable, ou Voce della luna.. Alley nous parlait de Waits, bien vu une fois de plus..I wan’t an ice cream or I scream.. Down by law, et la boucle est bouclée avec Benigni + Jarmusch (au passage mon favori de JJ est probablement Stranger than P)
J’apprécie vos incises « théâtre », CP…pour les raisons énoncées -longtemps phobique des groupes et de l’enfermement- je n’y suis allée et n’y vais que très peu..le cinéma ce n’est pas pareil, on sort sans déranger, ni vu ni connu ..ms j’aime vs lire dessus. Eriksen (en particulier la dernière fs où il a révélé de sacrées connaissances, un sens de la répartie excellent en la matière), Radio Jazzi Petrus & la bande me paraissent assez entraînés, bons p grimper sur le ring avec vs ou échanger qq belles balles
Une anecdote me revientau sujet d’Ariane Mnouchkine que vs avez évoquée.. lors d’un mariage il y a qq tps, cadre strictement privé..étant en situation extra professionnelle, j’étais plus intéressée par la programmation « boule à facette », le gâteau de noces ou la dégustation des crus que par n’importe quel « avis sur pièces parisiennes »..? On ne choisit pas d’être surpris.. il y avait là, à côté de moi, un homme barbu dont j’ai malheureusement oublié le nom ms je pourrais le retrouver, prénom Charles-Henri, que je trouve vite amusant, vif…on sympathise au point que je reviendrai ds les jours qui suivent prendre un verre avec lui et aussi, une femme peintre, Hélène, qui ressemble à la chanteuse Barbara..sa façon de parler peinture et de son travail m’intéresse… il me dit qu’il est au Théâtre du Soleil, parle de Mnouchkine qui déchirait elle-même les billets à l’entrée.. d’un bout de chemin entrepris avec l’Inde.. deux commensaux adorables et fascinants l’un & l’autre..du coup je leur en ai moins voulu de m’avoir fait louper Daft Punk alors que d’habitude, ça ne pardonne pas. J’y repense car elle me disait il y a 1 mois ou 2 que ce serait b de se revoir qd je suis à Paris et oui, ce serait b. ..

J.D dit: 10 juin 2017 à 12 h 56 min

C.p 19.21 l’utilisation des « petites maisons » comme on dit ,comme la vidéo et le décor blanc peuvent s’avérer très fatigant.Votre »Medee chez les bourgeois  » est bien trouvé.Desplechin,comme s’appelait le scénario navrant de la sœur?Que quelqu’un me rappelle le titre (Christiane?).Le film j’ai oublié et ce n’est pas dommage .Quel lien entre Hong et Park ch-w?Liés par le choix des acteurs comme vous le décriviez entre Garrel et bresson,dear Annelise?

Phil dit: 10 juin 2017 à 13 h 08 min

Contributer…excellent néologisme, Gilles.
Annelise, « Baudelaire Poe », n’en jetez plus, dear Gilles, préférons une Romilly déguisée en Wonderwoman.
(I must say: Green souligne dans son Journal les fautes de traduction de Baudelaire. eh oui.
Plaisir de lire cette mention des « Daft Punkt » dans le dernier commentaire

Annelise dit: 10 juin 2017 à 13 h 26 min

Faudrait qd même voir en effet que Baudelaire n’était pas tjs flatté au plan du portrait, Gilles? même Carjat. ..Phil, Mme Jacqueline je suis b honorée.. n’abusons pas.. Wonder vs en avez dit du mal, ms
« Peut-être que c’est arrangeable » ?
https://www.youtube.com/watch?v=0mDhz7M8WLY
(CP je ne vs dis pas merci d’avoir ravivé d’un coup, certes sans le vouloir ms alors que je n’ai pas le tps, mon goût pour Jerry Lewis… je l’estime réellement génial… qd le benêt tjs poli s’assied sur le chapeau…ou ds le film, qd il brique le portrait de la rombière et emporte le rouge à lèvres… revoyez-le et regardez bien.. qd il dort les fesses qui dépassent en pyjama bleu…réveil au trombone des dames, qui éclosent une à une et passent le relais.. lui tjs fesses en l’air, sur le côté, une lampe aux globes de verre exactement assortis…ah il est t t fort, oui, vraiment pictural sous le burlesque

Annelise dit: 10 juin 2017 à 13 h 33 min

… « Pt’ête bien que c’est arrangeable? » (à 3’49)
-J’l'aime pas du tout dans cette position…
Il est merveilleux

JAZZI dit: 10 juin 2017 à 14 h 10 min

« Il est merveilleux »

Oui, Annelise, et même parfois inquiétant. Moi, quand il ne me fait pas rire, il me fait peur ! Et je ne saurais dire pourquoi ? A la manière d’un extra terrestre ou d’un serial killer au sexe indéfini…

Jacques Chesnel dit: 10 juin 2017 à 14 h 25 min

Quoi ? prendre son pied avec Despléchin ? on aura tout vu… Christiane : c’est Pierre Murat !

C.P. dit: 10 juin 2017 à 15 h 45 min

Moi, ce sont les rêves délirants et parlants de Jerry Lewis / Eugène dans « Artists and Models » qui me pliaient de rire.

Annelise me répond avec le dernier couplet de la première chanson de « Rio Bravo »… Allez, on ajoute Walter Brennan pour la deuxième, et ça fait le compte sous le regard de John Wayne :

Get to our home
Cindy Cindy
Get to our home
Cindy Cindy
I’ll marry you some time…

Annelise dit: 10 juin 2017 à 16 h 09 min

Oui il est génial !
dont, avec Shirley McL
https://www.youtube.com/watch?v=sBxbe4lzJ48
La scène mise en lien à 13h26, qd j’ai le temps je fais un sujet FB pour dire en quoi il donne un cours de cinéma porno SM burlesque qui enterre dix, vingt, cent fois les pauvres Dorman & Dakota Johnson des 50 nuances de niaiserie… A partir de 4’46 si vs écoutez les dialogues, c’est un festival de double sens… « Je n’aime pas comme ça… ah maintenant c’est trop…oui mais sans me chatouiller…c’est rien, je vois pas de l’oeil gauche…mets-le droit…tu l’as déchiré etc » Inoui

Et mon Hong Sang-soo? Allez-y & racontez moi, tous

Annelise dit: 10 juin 2017 à 16 h 21 min

Ah, Alley…Jacques Quilliard, bel amoureux solitaire oui.. Pascale Ogier à laquelle j’avais fait allusion ds le billet Garrel, si jolie & diaphane la pauvre..ça m’a tjs serré le coeur, comme Pauline fille de Bernadette ou Kate Barry..bonne journée à ts, maintenant

C.P. dit: 10 juin 2017 à 16 h 45 min

Annelise, vous vouliez parler de Charles-Henri Bradier, assistant puis bien plus que cela aujourd’hui auprès d’Ariane. Hélène, c’est la peintre Hélène Duplantier.

christiane dit: 10 juin 2017 à 17 h 12 min

Hello Jacques (Chesnel). Merci, je suis en train d’écouter l’entretien entre Pierre Murat et Arnaud Despléchin: c’est intéressant. Autant j’ai feuilleté mes yeux devant les fantômes d’Ismaël, autant Junon et Abel m’ont scotchée et leurs descendants, itou. Une bonne goulée de vérités qui s’échangent parfois dans les familles. Charia Mastroianni a des yeux de braise… et Emmanuelle Devos est très drôle. Ce Jean-Paul Roussillon a dû être une sacrée pointure… Ce dernier film pour le saluer (très émouvant dans « une hirondelle fait le printemps avec Serrault). Humilité, exigence, rigueur au théâtre (toute une vie à la Comédie Française)..
Je ne pensais pas aimer les films de Desplechin. Cet après-midi, fraicheur d’une petite salle aux Parnassiens. Tout en demi teinte « Drôles d’oiseaux » d’Elise Girard. Un libraire plus très jeune, une jeune fille dans les rues de Paris. L’homme échange un studio contre un peu d’aide dans sa librairie où il n’aime pas être dérangé par des clients mais la petite Mavie de Rochefort, il lui fait une place. Beaucoup de silences, de regards. Paris quartier latin, joliment filmé. Une aquarelle : les ponts, les quais, les rues étroites. Truffaut, Godard. Des mouettes qui s’empoisonnent sur une décharge proche meurent en tombant comme des avions kamikazes sur les pavés Paris. Mais la vraie mouette qui va s’envoler c’est Mavie. j’ai bien aimé ce grand ours taiseux, plein de charme : Jean Sorel.

Annelise dit: 10 juin 2017 à 17 h 39 min

Euh..oui CP c’est b ça. Charles-H Bradier je ne me souvenais pas du nom, ms de lui, et de ce qu’il fait, tt à fait, quant à Hélène Duplantier oui oui..elle,je savais tb le nom car au moment où ns ns rencontrons ts les 3 elle est.., comme dire, pour ainsi dire « de ma famille » par extension(et d’ailleurs tjs) ..fin de la parenthèse
« Charia Mastroianni » chère Christiane en clin d’oeil 17h12… ah les lapsus (laure) Calamy..j’espère qu’Eriksen, Petrus y otros amigos ns feront don ds la semaine d’un « avis et plus si affinités » sur HSs

Jacques Chesnel dit: 10 juin 2017 à 18 h 10 min

Comment peut-on aimer le verbiage de Despléchin ET la sensibilité de Hong Sang-soo, cela reste un mystère pour moi… alors OUI, Jazzi pour les Deschiens et Annelise pour Jerry Lewis

christiane dit: 11 juin 2017 à 0 h 00 min

Ce que vous appelez « verbiage », Jacques, je le nomme rencontre avec une matière littéraire du récit. Le premier film que j’ai vu de lui c’est : « Jimmy.P, l’Indien des plaines », en 2013. J’avais été fascinée par cette belle rencontre entre cet indien (Del Toro) traumatisé par la guerre et ce psy hallucinant marginalisé au sein de sa profession (Amalric). Deux êtres fragiles rescapés d’un génocide : L’un de la Shoah, l’autre du massacre des Indiens d’Amérique.
Puis j’ai oublié le cinéma de Desplechin.
Oui, son cinéma est empli de mots, de rappels, de répétitions, de digressions, de juxtapositions, encore et encore. Ça bourgeonne, ça divague, c’est plein aussi de discordances. Et comme ça ne suffit pas, il y a aussi la voix du narrateur. C’est épuisant et fascinant. Ça suit les obscurités et le désordre de la vie – en particulier les paniers de crabes que sont les familles, les amours, les fratries. La virilité de ses personnages masculins est fragile. Ils sont un peu immatures, ballotés par la vie, vulnérables. Les femmes, très charnelles.
Dans « un conte de Noël » il y a même des chapitres (sans raccord de montage, sans lien apparent) annoncés par des titres entre les séquences. Mais ne pas s’y fier, le récit est éclaté. Les personnages se construisent par par petites touches, cherchant à se comprendre (ce qu’ils n’arrivent pas à faire) et à comprendre le monde. « Chacun est à soi-même le plus lointain.» (je l’avais noté dans le noir et je l’ai cité dans mon premier commentaire. C’est quand Jean-Paul Roussillon(Abel) lit ce texte de Nietzsche à sa fille, à la fin du film)
Mais vous aussi, vous aimez les mots, Jacques. Vos histoires n’en sont-elles pas emplies ?
J’ai pensé aussi à Truffaut, Bergman, Resnais, Godard pour les films, Beckett pour le théâtre. Joyce pour l’écriture fleuve.
bonne soirée.

J.D dit: 11 juin 2017 à 15 h 51 min

Chère Annelise,vous « matchez » à plein avec ce « jour d’après »!Allé le voir hier avec des amis.Beau film.L’éclairage de votre billet n’est pas étranger à l’engouement.Kim minhee est presque aussi jolie que l’ancienne brue,che’hina sur l’écran,présence divine que ces yeux « qui valent l’acteur studio ».J’ai trouvé mon fils idiot de partir d’avec elle,finalement je m’étais trompé.Guett,le divorce était ce qui a de mieux pour les deux.Votre regard sur l’éditeur potz est le même que celui d’Areum,feygele,celui d’une féminité aimante.Bongwan est comme ces hommes qui ont chmok à la place du cerveau: s’ils en avaient dans le pantalon et savaient rendre la femme heureuse ils ne tourneraient pas le dos comme ça.Ils terminent seuls. Ce n’est pas le soju qui aide la virilité.Vous êtes vous même délicate comme la neige pour trouver des excuses.Le film est emouvant comme vous suggérez .Meilleur que le Desplechin,filandreux comme la mangue autour du noyau.Christiane,L’intellectualisme ne me dérange pas ,encore faut-il que ce soit fait?Je sais votre passion pour Almaric, annelise(un de vos 3 abominables favoris dans James bond,je me rappelle du billet).Je veux bien le mettre à part des autres si vous y tenez?Pas retrouvé le nom du film écrit par la sœur(?)ou la femme ,Marie?Il faudrait faire comprendre que le talent ne s’attrape pas grâce au contrat de mariage.L’autre film signé de MME Cuau n’était pas fameux non plus malgré la bonne prestation de la jolie MLLe Efira. Un grand merci pour le rappel de Jerry lewis.Votre décryptage 16.09 a manqué me faire tomber de ma chaise.Etes vous mariée? Je vais vous adresser le chat’hen,le marieur.il vous expliquera que je peux vous faire une vie de reine,avec home cinéma et une serre à grande baies vitrées ou regarder les flocons tomber et les cactus fleurie.Je prendrai un archi pour ne pas avoir les pb d’equerre de votre tom Donifon.Chalom.

christiane dit: 11 juin 2017 à 18 h 14 min

Vu cet après-midi : « Une famille heureuse » de Nana Ekvtimishvili et Simon Gross .
« « Une famille heureuse » est-il titre si ironique ? « , écriviez-vous. Vous avez raison de poser la question, Annelise. Quelle profondeur, quel souci de l’autre entre les membres de cette cellule familiale au bord de l’implosion. Tout est surprenant dans le déroulement du scénario. Manana, la mère, est bouleversante de fierté et de blessure secrète, têtue comme une mule, invincible, sauf….
Partit, le soir de son 52e anniversaire sans avoir quoi que ce soit à reprocher aux siens, c’est magnifique, d’autant plus que ce n’est pas une désertion et qu’elle doit mener une rude bataille au sein de cette société géorgienne qui ne la comprend pas, la juge mal. Juste, un besoin de liberté, d’un chez soi calme loin de ce huis clos où vit toute la famille sans aucune intimité. Partir pour écouter le vent dans les feuilles en corrigeant ses copies, pour respirer, se réjouir d’une omelette et d’un verre de vin sur un coin de table. Et tant pis pour les cartons pleins de vêtements et d’objets faute d’étagères. Toute en silence, elle s’épanouit mais pas égoïstement, présente dès qu’il y a un souci dans sa famille et preste à repartir. Partir et rester proche des siens par le cœur, l’attention. Mais mystère que ce chant déchirant qu’elle entonne à la soirée des anciens de la promo… Renaissance par le chant, la liberté.
Merci, Annelise, de nous avoir invités à ne pas rater ce film magnifique.
Soso, mari et… père est complexe. Il ne s’oppose pas à ce départ mais en souffre, attends un revirement, un retour.

fontebranda dit: 12 juin 2017 à 9 h 50 min

Après Petrus et après Christiane, à propos d’Une Famille heureuse

De l’importance des balcons, zones-frontières, entre-deux (intérieur/extérieur, foyer/vaste monde et dans l’appartement familial espace où l’on peut se soustraire provisoirement aux conversations, aux échanges prescrits, aux récriminations comme à l’affection envahissante, à la bonne humeur obligatoire des fêtes, au rôle dans lequel on est enfermé). Pas tout à fait « une chambre à soi » cependant.
Le nouvel appartement (lui même prolongé de balcons, portes-fenêtres presque toujours ouvertes sur le vent qui souffle en permanence) fonctionne un peu comme un super-balcon — un peu plus qu’une chambre à soi : davantage d’espace pour soi et ses propres activités (là seulement Manana ressortira sa guitare de son étui), maîtrise des horloges et des menus (une part de gâteau si je veux, quand je veux) — celle-ci se doublant d’une nouvelle obligation d’autonomie (notamment culinaire : Lamara est peut-être casse-pieds, mais elle cuisine bien et décharge sa fille de la préparation des repas). Il n’y a plus contiguïté, la zone intermédiaire ne se réduit plus à un seuil mais elle reste traversable et les échanges, les allées et venues d’un lieu à l’autre continuent.

Circulation des rôles, qui s’échangent ou se répètent :
Manana la taiseuse, le personnage opaque aux yeux des autres, n’a pas le privilège de l’opacité, du secret.
Inversement, ce qui semblait limpide dans sa décision (pour le spectateur du moins, avec ironie dramatique vis-à-vis des interrogations des proches de la protagoniste, qui n’y comprennent rien, et peut-être aussi pour le personnage elle-même — mais cela reste indécidable puisque nous n’avons pas accès à ses pensées), cette volonté de s’en aller semble plutôt relever d’un cheminement souterrain dont les motivations profondes échappaient à sa conscience.
Celle qui détenait (bien malgré elle) un secret sur la véritable situation d’autrui se retrouvera à son tour dans le rôle de l’illusionnée, de la mystifiée. (Renversement redoublé en direct vis-à-vis de sa copine de classe, obligée de se reconvertir en fermière/vendeuse de fromages sur les marchés et qui lui avait demandé de ne pas le révéler aux autres).
Classique, universelle, la répétition des malentendus inter-générationnels (Lamara-Manana, Manana-Nino): c’est pour ton bien, je dis ça pour toi/ laisse-moi tranquille, ne te mêle pas de ça, je ne suis plus une petite fille. Mais aussi en rime visuelle d’émouvants gestes de tendresse, des embrassades, chaque mère serrant sa fille dans ses bras quand ça va mal.
(Renversement de l’ordre des générations en revanche quand la confidence de l’élève et l’exigence de cohérence qu’elle formule, servent de modèle pour le comportement du professeur).
Quant au déguisement de Manana, son rôle d’emprunt qui lui permet d’entrer partout incognito (aussi bien qu’un manteau d’invisibilité puisqu’avec lui la personne disparaît sous la fonction, elle ne compte plus) et de satisfaire sa douloureuse curiosité, a été repris à une visiteuse inattendue (laquelle avait au passage démenti le boniment de la logeuse qui avait assuré à Manana que les précédents locataires avaient été très heureux dans cet appartement).
Papi Otar ( !) a reçu un projectile (prévu pour un autre usage, une casserole, mais quoi de plus approprié pour une scène de ménage ?) qui ne lui était pas destiné.
Nino perd le rôle auquel elle aspirait (porteuse de la 4ème génération) et la chambre-à-la-grande-armoire-familiale-dont-la-porte-grince au profit du nouveau couple formé par son frère et Kitsi — mais elle trouve en celle-ci une amie et une alliée. (Kitsi, toute volubile et souriante qu’elle soit, prend les devants ; elle ne se laissera pas imposer une identité qui ne lui convient pas : si on l’appelle de son prénom officiel, Tamar, dans lequel elle ne se reconnaît pas, elle n’entendra pas et ne répondra pas.)
À l’occasion de son mariage, le frère (qui jusque là s’absentait sur son ordinateur et à l’abri de ses écouteurs) ressort lui aussi un instrument de musique de l’armoire où il était relégué, le panduri (ou le chonguri, je n’ai pas compté les cordes) mais pas pour jouer en solo, pour accompagner ses potes et chanter avec eux.

Au-delà des considérations étroitement domestiques, au-delà de l’exotisme et du pittoresque, on aurait aussi envie de considérer la protagoniste comme une personne soumise à un incessant « storytelling » (mise en récit à des fins de communication commerciale ou politique) : on raconte des histoires sur les autres et sur soi, parfois on réécrit carrément l’histoire comme la logeuse, mais le plus souvent on se contente de déformer, simplifier, arranger ; on enferme les autres dans des narrations figées (la chanson célébrant La Femme, chantée à l’anniversaire de Manana), dans des portraits convenus (Soso est un bon mari — ce n’est pas lui qui le dit mais toute la famille). On est empêtrés dans des histoires, mais ce sont surtout celles que les autres racontent sur vous (hantise du qu’en dira-t-on). Mise en récit « sauvage » et intéressée qui aurait pu être davantage contrastée avec celle qu’effectuent différemment les œuvres (Manana enseigne la littérature).

Eriksen dit: 12 juin 2017 à 10 h 07 min

Le Jour d’après.
Le film s’ouvre sur Bongwan errant nuitamment dans sa cuisine sur une musique lancinante, grinçante, usée et cyclique comme le sillon maintes fois parcouru d’un vinyle rayé. C’est Hong Song-soo lui-même qui en est l’auteur et on l’entendra cinq fois. Chaque occurrence ultérieure coïncidera avec une nouvelle charge de désespoir sur les épaules de Bongwan, qu’il soit traité de lâche ou de menteur par l’une ou l’autre des femmes, qu’il pleure de ridicule après son sport matutinal ou qu’il regarde partir la séraphine Areum par la porte de son bureau. Dès la première scène, le désespoir est là chez ce séducteur pas encore hors-jeu, mais déjà conscient de l’impasse de sa vie. Bloqué au stade esthétique selon Kierkegaard, il ne peut choisir entre les femmes. Le stade éthique serait d’un choisir une, et le stade religieux de penser ailleurs.
Cette journée particulière dans la vie de Bongwan occupe les 4/5e du film mais le titre attire l’attention sur « l’après »* que l’on imaginerait marqué par une évolution ou une compréhension. Il n’en est rien : Bongwan n’a rien appris, rien retenu. Il est une fourmi dans un vortex qui ne saisit aucune des brindilles qui passent à sa portée. Lorsque sa femme l’interroge posément sur une éventuelle maitresse, derrière sa lassitude il hésite entre mensonge et mise à table, puis se réfugie derrière un rictus vaguement ironique. Est-ce un salaud, un lâche ou un faible ? De changer le premier n’a pas le désir, le deuxième pas le courage, et le troisième pas la force.
Hong Sang-soo nous laisse le choix sur ces hypothèses, mais pas sur la médiocrité de Bongwan. Elle touche même son autorité intellectuelle, jetant le doute sur la valeur des prix littéraires qu’il gagne. Ni beau, ni bon, ni juste, ni intelligent, ni à l’écoute, il n’est pas même comique. Il n’y aurait rien pour nous extraire de l’ennui des situations prédéterminées s’il n’y avait les femmes : au moins battantes, au mieux divine.
Hong Song-soo multiplie donc les bizarreries : un personnage principal au pouvoir de séduction incompréhensible, une journée particulière qui n’a aucune conséquence, un titre qui attire l’attention sur rien, et l’irruption de l’ange Areum, flottant au-dessus de la morne médiocrité comme le sauveur humble et christique du marasme humain. Un peu manichéen, tout de même.
Elle ne sauvera personne, malheureusement. Si ce n’est, peut-être, le spectateur… si sa foi douce et ses questions pertinentes résonnent en lui.
Ce plaidoyer chrétien peut aussi être vu sous l’angle de la propagande, mais s’il pouvait m’arriver un jour de succomber, autant que ce soit pour un joli film.

* En coréen internet, le titre se traduit en « par la suite » et non le jour d’après.

Laura Delair dit: 12 juin 2017 à 10 h 26 min

toutes ces digressions sont intéressantes… n’empêche que bien souvent les auteurs sont étonné de ce qu’on lit au sujet de leurs œuvres « je n’avais pas du tout pensé à ça » !!!

christiane dit: 12 juin 2017 à 11 h 17 min

Ericksen, tristounet votre mémoire du film mais plausible.
Fontebranda, vous me faites revoir le film une deuxième fois par vos yeux. Merci.

christiane dit: 12 juin 2017 à 12 h 00 min

Eriksen dit: 12 juin 2017 à 11 h 26 min
J’avais écrit (plus haut…) à 16h03 : »Oui, j’ai aimé ce film. Un monde flottant… Kim Min-hee/ Areum est ravissante, élégante (physiquement et moralement) et poignante dans sa déception effarée face à ces deux minables. J’aurais aimé que le temps s’éternise avec elle… »
Alors oui, j’ai trouvé le film triste mais deux sources de joie : ces noirs et blancs fins st ouatés comme des estampes et cette actrice qui donne à son personnage vaillance et beauté intérieure, un certain magnétisme. Pour le reste, cette incapacité de l’homme de choisir autre chose que le saké, incapable de dire sa vérité, le rôle trouble de l’amante, ses crises de larmes, l’excessive mauvaise humeur de l’épouse, oui, c’est tristement médiocre.
Mais quand vous écrivez c’est si plein de lumière que là, j’ai trouvé vos mots aussi défaits que les rosiers après la pluie.

JAZZI dit: 12 juin 2017 à 12 h 27 min

« Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux.
– Et je l’ai trouvée amère. – Et je l’ai injuriée. »
ARTHUR RIMBAUD

Disons, en résumé, que c’est une histoire d’amour vache.
Pas un(e) pour sauver l’autre dans ce film de Hong Song-soo, sinon Kim Min-hee/ Areum, son ange, sa muse, sa femme, à laquelle il faitadministrer au préalable une terrible paire de baffes, pour prix de son innocence ou de sa beauté ?
La pire, c’est la maitresse pleurnicharde, qui traite son amant de gros lâche, et lui suggérera ensuite de faire passer Areum pour elle-même auprès de sa femme, et mieux revenir. La salope !

Eriksen dit: 12 juin 2017 à 12 h 42 min

Christiane. Vous vous êtes concentrée sur l’ange et non sur la médiocrité humaine. Je vous comprends. Il n’en reste pas moins que Bongwan est le personnage principal et je suis tellement baba devant Areum, que j’en perd mon français.
Et vous en aviez si bien parlé.
La relation à l’alcool est bien différente de la nôtre. Une japonaise diététicienne m’a dit un jour, l’alcool ce n’est pas bon pour le corps, mais bon pour l’esprit. Il y a beaucoup moins de culpabilité à être saoul la bas, dirait-on. En particulier pour les femmes.

Eriksen dit: 12 juin 2017 à 12 h 49 min

A Jazzi. d’accord avec l’auberge espagnole.
sur Bongwan et sa maitresse: vaut-il mieux un amour de médiocres ou une solitude d’ange ?
certes la maitresse est combinarde, mais elle l’aime, il y a une solidarité de couple chez elle.

christiane dit: 12 juin 2017 à 15 h 58 min

Areum demande : « Pourquoi vivez-vous ? » à l’homme qui laisse s’effilocher sa vie, Bongwan.
La neige recouvre silencieusement les rues vides de Séoul et efface les traces… comme l’oubli.
Hong Sang-soo change les personnages mais pas le cadre. « la peine est partout la même. ».
La neige tombe sur Séoul, Areum ouvre la fenêtre du taxi et offre son beau visage à cette neige. Elle est filmée par un homme amoureux.

Jacques Chesnel dit: 12 juin 2017 à 16 h 06 min

… et puis Audrey Hepburn !!!
mercredi 14 à 20:45 sur Ciné+Club : « Un jour avec, un jour » sans de Hang Sang-soo (2016) avec Kim Min-hee

Eriksen dit: 12 juin 2017 à 16 h 41 min

Christiane à dit « Elle est filmée par un homme amoureux. »
soit.
L’amoureux détermine le plan, la lumière et tout et tout. Pour quoi pas.
Mais il est possible qu’il y ait aussi une intention derrière ce plan. A vrai dire, c’est lui qui m’a ouvert sur une interprétation religieuse du film, car j’ai trouvé que l’éclairage, son sourire, son regard dirigé vers le ciel et son cadeau neigeux, lui donnait un air de Vierge Marie, dont le culte est particulièrement fort en Corée (vierge de Naju).

C.P. dit: 12 juin 2017 à 16 h 47 min

Moi aussi, Laura Delair, surtout pour les scènes avec Audrey Hepburn. De « L’impossible monsieur Bébé » à « Charade » (où il approchait de la soixantaine), le bel acteur Cary Grant aura eu la grâce d’être un comédien léger. Même dans les films d’aventures, notamment chez Hitchcock et jusqu’à « La Mort aux trousses ».

Jacques Chesnel dit: 12 juin 2017 à 17 h 09 min

d’accord, Eriksen mais dans « Charade » : « c’est juste que vous êtes adorable », s’écrie le Cary

Jacques Chesnel dit: 12 juin 2017 à 17 h 12 min

C.P., connaissez-vous IAN McEWAN ? avez-vous lu son dernier opus « Nutshell » (Dans une coque de noix »), l’histoire d’un Hamlet contemporain racontée par son propre fœtus

C.P. dit: 12 juin 2017 à 17 h 20 min

Eriksen, c’est que Katharine a été plus diverse. Je reparlais récemment avec Jacques Barozzi de « Soudain l’été dernier », -le film, par comparaison avec la pièce de théâtre originelle-, mais vous me faites songer au couple improbable qu’elle formait avec Humphrey Bogart dans « The African Queen ».

Eriksen dit: 12 juin 2017 à 17 h 24 min

Katherine Audrey, Audrey Katherine, mon cœur balance. Je suis amoureux de l’une et de l’autre.

C.P. dit: 12 juin 2017 à 17 h 34 min

Jacques Chesnel, je n’ai pas lu « Nutshell », je le ferai avec confiance. J’en suis resté à « Black Dogs » et « Atonement ». J’ai rencontré, comme bien d’autres, McEwan à un Salon du Livre il y a six ans je crois, et cela l’avait amusé que je me souvienne d’un recueil de nouvelles de lui déjà ancien, « First Love, Last Rites ».

JAZZI dit: 12 juin 2017 à 17 h 35 min

« Je suis amoureux de l’une et de l’autre. »

Elle sont mortes, espèce de nécrophile, Eriksen !

C.P. dit: 12 juin 2017 à 17 h 46 min

Eriksen, ça part en tous sens, mais quoi ! J’étais au théâtre hier après-midi pour « Jan Karski / Mon nom est une fiction », assez éprouvant. Laurent Poitrenaux, comédien que j’aime beaucoup, est vraiment remarquable dans la troisième partie du (long) spectacle. Mais la seconde est consacrée à un récit dit par (la voix de) Marthe Keller. J’ai été amoureux d’elle, disons à l’époque de « Marathon Man ». Elle est aujourd’hui une dame fort sérieuse…

Jacques Chesnel dit: 12 juin 2017 à 18 h 00 min

ah ! la petite culotte de Marthe Keller dans « Le diable par la queue » de Philippe de Broca !

Petrus dit: 12 juin 2017 à 21 h 42 min

Annelise – et quelques autres – m’avez donné une forte envie d’aller voir le film de Hong Sang soo. J’ai dû me contenter de la bande annonce sur Internet. Dans la petite ville où je me trouve en ce moment, et pour quelques jours, le cinéma passe une poignée de films mais pas celui-là.
Peut-être quelqu’un me convaincra-t-il que HHhH (je ne les ai pas comptés, les H) vaut la peine d’être vu ? Il y a eu, jadis, un film en noir et blanc sur Heydrich et l’attentat des partisans, non ? Celui–ci est-il un remake ? Apporte-t-il un éclairage inédit ?…
À défaut d’aller au cinéma, je suis allé au restaurant. Sur les recommandations du guide Michelin. Déception. Si le feuilleté d’escargots était correct, le risotto au poulet et vin jaune qui a suivi était consternant. Mauvais choix de riz pour commencer, bouillon inexistant, vin jaune absent (alors qu’il faut être prudent, dans son emploi, parce que son parfum, si particulier, a tendance à masquer les autres saveurs) poulet fade et sans âme, cerneaux de noix mal torréfiés. Le tout trop liquide, je soupçonne un rajout de crème à la dernière minute (hérésie !) Le chef a cru bon de faire figurer le parmesan sous forme de dentelle, mais là c’était de la dentelle industrielle, trop épaisse, grasse, alors que ce doit être aérien, un peu cassant… Pourquoi est-ce que je vous raconte ça ? Parce que finalement ce que l’on peut dire d’un film, n’est pas très éloigné de ce que l’on peut dire d’un plat. La différence est que je cuisine un peu, et que mon risotto, en toute modestie, est franchement meilleur que celui que je viens de déguster. Pour le cinéma, je suis plus humble… J’ai descendu Garrel, mais je suis bien incapable de faire ce qu’il fait…
Fontebranda nous a fait revivre « la famille heureuse », comme l’a dit je crois Christiane, qu’il en soit remercié.

Annelise dit: 13 juin 2017 à 3 h 10 min

Petrus 21h42, ah le maudit ! Cessez de critiquer Garrel. Déjà que ns étions fâchés vs & moi (oui je danse le slow, vs n’avez js écouté Procol (H)Ar(e)um ? vs allez comprendre ce que c’est que la moustache – et j’aime la veste de pyjama).. Cela n’ira pas en s’arrangeant si vs m’agitez sous le nez des recettes alors que je suis sans rien. Continuez comme ça, ça va mal finir. Branda 9h50, sur Une famille heureuse.. vs avez bien fait de poster à mesure ici qu’on puisse lire, plutôt que de le mettre sur le billet d’alors..Quant à The Danish boy sur Hong Sang-soo, il passe l’overdrive à 10h07 et 10h42..joli échange de pongiste à la Charyn avec Christiane. Allez-y qd vs avez l’occasion Petrus ? Poitrenaux, j’aime aussi, CP..paupières lourdes, bouche ourlée.. une de ces cotes à la Joffrey de Peyrac, sans la balafre ni Angélique, « la Marquise ça la démange »
PhdB, tout ce qui est Homme de Rio, Le Magnifique, les Tribulations, je prends ! Et celui-ci.. Jean Penzer quelle photo ..somptueuses couleurs.. des verts, des bleus des roses, du parme… Marthe Keller en dos nu jupette blanche, Jacques Ch.. qu’elle est mutine! Le garagiste Xavier Gélin n’en revient pas. Marielle en séducteur élimé, dérisoire,si fragile.. Vs vs souvenez Madeleine Renaud en chapeau de la Reine d’Angleterre, couvant du regard Montand.. « Ces hommes-là c’est bien simple, on ne s’en rend compte qu’après ». Maria Schell, assagie, sous la houlette barzingue de Rochefort… Qd le boulanger est bon, la baguette est croquante. Et Jeanne, si sage. J’aime bcp ce personnage doux, énigmatique de Clotilde Joano pour le solo de Delerue (celui-là aussi, quelle pointure, Claire Delerue au piano..)
Je me souviens à propos du couple Renaud/Barrault, déjà moderne en son temps (il a cinq ou six ans de moins qu’elle, me semble-t-il?) d’une itw où le tueur de bouchers révèle que Madeleine Renaud regarde la télé, non pas en socquettes comme la Duras, ms en robe de chambre. « Mais ah bon, et que faites-vs, Jean-Louis Barrault, pendant que Madeleine Renaud regarde la tv? – Pendant que Madeleine regarde la télé, moi, je regarde Madeleine ». (Madeleine Renaud le regarde, et rit)

Annelise dit: 13 juin 2017 à 3 h 28 min

Cary Grant…cette scène « plagiée » où le frère, ou cousin Paul (Vincent Gallo) comédien très investi ds son rôle, plonge à plat ventre pour mieux l’incarner ds la Mort aux trousses (Arizona Dream, avec Jerry Lewis en Leo Sweetie, tiens..) Espièglerie de l’hommage
Les Hepburn : les deux Eriksen, Katherine ET Audrey ! Le film avec Humphrey Bogart, en dépit de l’ouverture sur la progression sous les cimes et le gd ciel sur fond de cris d’animaux, pas mon Huston préféré?..aucune importance
Et parce que j’ai b senti la cinéphilie de Jacques Chesnel à 18h, un document avec queen, « carribean » (pas aussi bien que le film avec Bogart mais les anges commencent à apparaître vers 5’54) Only for the Brave
https://www.youtube.com/watch?v=Tlp2MZ7gtpM

Toutes ces dames de Victoria’s secret bien entendu bcp moins belles qu’Audrey, Katharine, Marthe, ou Min-hee… Si l’éditeur insistait pour publier le catalogue ce ne serait que par souci du bien commun, éventuellement à perte et acceptant de payer de sa personne en supervisant lui-même ttes les prises de vue

Eriksen dit: 13 juin 2017 à 8 h 28 min

Bof. Au moins on comprend toute la différence entre un enrobage de chattes et le chien des Hepburn, Keller et Min-Hee.

fontebranda dit: 13 juin 2017 à 8 h 52 min

Et pas l’éloge poétique en temps de guerre de la sagesse de la folie (autant de Prosperos qui déposent leur manteau à la fin) dans Le Roi de cœur, Annelise ? Ni un petit mot pour Philippe Noiret docte et tweed et Annie Girardot pétaradante dans Tendre Poulet ? J’ai une tendresse pour ces deux films-là.

christiane dit: 13 juin 2017 à 8 h 59 min

Eriksen, vous dites à 16 h 41 : »Mais il est possible qu’il y ait aussi une intention derrière ce plan. A vrai dire, c’est lui qui m’a ouvert sur une interprétation religieuse du film, car j’ai trouvé que l’éclairage, son sourire, son regard dirigé vers le ciel et son cadeau neigeux, lui donnait un air de Vierge Marie, dont le culte est particulièrement fort en Corée (vierge de Naju). »
Je n’ai pas du tout ressentie cela. C’est une femme (personnage) qui a un solide bon sens, capable de renvoyer vertement l’amant et sa maitresse à leurs compromissions, capable de poser des questions essentielles. Elle a foi en la vie. Sa pureté est essentiellement une éthique, une honnêteté. Je crois, (dans la scène du taxi) qu’elle présente sur son visage deux sentiments : la joie d’être libre et une certaine mélancolie de ce qui aurait pu être et qui n’a pas été. Je n’ai pas du tout pensé à une icône religieuse. Une femme comme je les aime : droite et courageuse et… très belle !

Gilles dit: 13 juin 2017 à 9 h 44 min

Cp « j’ai été amoureux d’elle a l’époque de Marathon man »(Marthe Keller) Moi à TOUTES les époques !!Maintenant une dama fort sérieuse »(Cp):elle a quoi ,dans les 70?Moi la 40aine.J’ai mes chances.La decomplexion Macron des legisl

Gilles dit: 13 juin 2017 à 9 h 51 min

suite..des legislatives fait le point.Ca commence à faire un peu trop comme écart .Même dans l’autre sens ça ne me dit rien.Peur de m’ennuyer.Par contre une fille un peu plus agée (5 à 10 ans)..Je ne savais pas que Renaud/barraud la différence était comme ça .C’est confirmé?Une sensualité qui était réservée a l’élite .Je signale aux filles que ma génération n’a rien contre .African queen ,bogart fait limite cabotin.Ericsen 16.41″c’est lui qui ouvre sur une interprétation religieuse »(le film de bong sangS).Je suis d’accord .Vierge de naju ou de soju?

Eriksen dit: 13 juin 2017 à 10 h 12 min

Christiane (et Gilles, pour me soutenir !).
Areum est parfaite. La perfection n’est pas de ce monde. D’où un sentiment christique en ce qui me concerne (bien que je ne sois pas croyant).
Mais il est vrai que je n’étais pas au courant que HSS et Min-Hee formait un couple, une autre raison plausible de mettre en scène la perfection chez Min-Hee. Rien n’empéche que les deux soient vrais.
Le catholicisme est la première religion en Corée du sud, qui plus est en progression alors qu’elle est en régression en Europe… d’où la différence de perception que l’on peut avoir ici. La Corée, comme tous les pays asiatiques qui ont plongé sans état d’âme dans la société de consommation à outrance, est en recherche de sens, et la religion est une voie.
Sous-jacent à notre désir d’individu providentiel (qu’Areum est, que ce soit comme amour de HSS ou image féminisée du Christ), la religion reste tapie dans l’ombre de nos conscience, même en France.

Eriksen dit: 13 juin 2017 à 10 h 29 min

les longues branlotinettes sont bien meilleures que les courtes, surtout à plusieurs. A trop résumer votre amour du cinéma en solo, vous vous résumer vous même.

christiane dit: 13 juin 2017 à 11 h 01 min

Gilles et Eriksen,
à moins que ce soit un personnage imaginaire, une aspiration de cet homme…

C.P. dit: 13 juin 2017 à 11 h 05 min

Gosh ! les commentaires sur le film de Hong Sang-soo me font hésiter.

Mon ange, c’est Jessica Lange / Ange(lique) de la mort dans « All that Jazz ».

J.D dit: 13 juin 2017 à 12 h 12 min

@3H10,ma chère enfant nocturne ou lointaine ,votre catalogue Victoria,les secrets sont faits pour être effeuillés! Pirelli ne vend pas pour rien des pneumatiques .Feuilleter est une chose .Celui de petrus aux escargots plus tentant sur la durée que ces jeunes filles qui attrapent froid à se baigner en se cambrant .Merci pour billy océan .Sur le moment j’ai pensé que vous alliez nous parlez de Soderbergh:Clooney/pitt ,c’aurait été bien aussi ? L’orchestration aussi bonne dans un autre genre que le mentsh Delerue ..S’agissait-il du même dans le diamant vert Katherine Turner et Michael Douglas?Des saxos de talent .Le De Broca ,le Feygele est une bonne synthèse d’Amelie/marthe,Jeanne,de Christine/Tatiana,la chain MLLe dorleac et d’Alexandra !Vous direz si vous validez la description.Je vais aller voir hong songsoo avec un ami que j’initie au cinéma asiatique actuel,Annelise! Vous m’aurez fait faire beaucoup…

J.D dit: 13 juin 2017 à 12 h 17 min

JC 10.18,les branleriettes solitaires dans la salle de bain ou en cuisine le sandwich à la main (le Feygele le qualifiera s’il veut d’à la rate ou de pas frais?) ont rendu notre ami sourd aux sirènes du cinéma coréen!

ami sincere dit: 13 juin 2017 à 12 h 50 min

le satyre de pq n’a pas de quoi changer de disque, et n’en n’a pas marre de rabâcher les mêmes c…

JAZZI dit: 13 juin 2017 à 13 h 06 min

Petrus, la version cinématographique de « HHhH », c’est de la bonne tambouille traditionnelle estampillée nouvelle cuisine. A part ça, c’est consommable !

Laura Delair dit: 13 juin 2017 à 13 h 50 min

Vous revoilà, JC, chez les gens que vous qualifiiez « de peu » avant votre débrayage qui n’a pas tenu longtemps, comme d’habitude

Eriksen dit: 13 juin 2017 à 17 h 08 min

« christiane dit: 13 juin 2017 à 11 h 01 min
Gilles et Eriksen,
à moins que ce soit un personnage imaginaire, une aspiration de cet homme… »
pensez vous que l’aspiration de cet homme, ce personnage imaginaire, HSS lui ait donné une foi par hasard?

christiane dit: 13 juin 2017 à 18 h 01 min

Eriksen,
avoir la foi et incarner Marie sont deux choses différentes. Les scènes où on la découvre dans une ambiance de séduction discrète, puis harponnant ce couple qui lui demande de faire place nette montre un sacré tempérament ! Sa sensibilité spirituelle est d’ordre philosophique pas mystique (du moins ce que j’en perçois). De plus HSS est très amoureux de cette femme dans la vie privée, au point d’avoir quitter son foyer pour elle. Donc, je persiste ,messieurs du prieuré : c’est un regard amoureux qui montre dans ce film la fragilité d’un homme plein de doutes qui n’a pas su la retenir. Et bien sûr, une idéalisation passionnelle. Mais je ne vous empêche pas de vous retrouver à Fatima… (c’est très à la mode papale !)

ford focus dit: 13 juin 2017 à 18 h 03 min

La critique … Aussi appétissante que le rapport d’un médecin légiste qui prétendrait que la lumière se trouve au bout du scalpel

JAZZI dit: 13 juin 2017 à 19 h 38 min

C.P., j’ai vu « Ali, la chèvre et Ibrahim ». Gentil film. Il faut dire que dès que j’entends de la musique arabe, je suis ravi, au sens propre du terme. Plus le plaisir de voir le Caire et Alexandrie, dans son aspect populaire et anti touristique. Pas très reluisant, comme le déclare le tailleur d’Alexandrie, auquel Ali dit que la ville est belle. « Elle était belle, avant », répond-t-il. On pourrait conseiller ce film à Eriksen, car pour le coup, on y trouve réellement des références christiques, plus que musulmanes, contrairement à Séoul : la Marie-Madeleine sortie du trottoir et les trois larrons en croix…

Phil dit: 13 juin 2017 à 20 h 29 min

Alexandrie, Ha ! le titre fait un peu pédé, dear baroz, mais ça l’est pas ! y étais le jour de la révolution, le vent des émeutes commençait à souffler comme le simoun dans tintin au pays de l’or noir, le guide français fut interdit de parole, remplacé par un local, jeune pas barbu mais à la pensée capillarisée, …la période romaine fut squeezée, y’en avait que pour les Arabes. que fait donc le frère à ppda qui s’est tant plu à Alexandrie…
on retournera à Alexandrie dans cinquante ans, quand les révolutionnaires seront enterrés avec les colonnes de Pompée dans le port.
en attendant il nous reste le louxor pour pharaoniser, ex boite à pédés rénovée kitsch dans un quartier qui va pas au cinéma pour voir de bons films.

C.P. dit: 13 juin 2017 à 20 h 51 min

Pour moi un peu plus que « gentil », Jacques, je l’ai déjà dit. La police égyptienne n’est pas tendre, mais c’est vrai : le film se développe un peu ailleurs qu’au Caire. Musique : moi aussi j’aime l’oud.

JAZZI dit: 13 juin 2017 à 21 h 19 min

« gentil » pour le côté fantastique, C.P., la chèvre quasi parlante et extralucide. Sinon, pour la police, c’est limite caricatural, mais le ton du film tire plutôt vers la comédie (tragi comédie), que vers l’étude socio-politique.

JAZZI dit: 13 juin 2017 à 21 h 24 min

Oui, Phil, j’ai crains pour la chèvre, prise en sandwich, mais il n’en est rien. Ibrahim est plus sexy qu’Ali… Beaux paysages du Sinaï égyptien, dans ce road movie, où les jeunes touristes locaux boivent de l’alcool et fument des joints.

JAZZI dit: 13 juin 2017 à 21 h 36 min

Phil, le Louxor de Barbès, un peu trop rénové et découpé en petites salles, hélas, pour les bobos du quartier !

petrus dit: 13 juin 2017 à 22 h 15 min

Merci, Jazzi pour votre conseil sur « HHhH » mais j’ai fini par trouver une salle d’art et d’essai dans la petite ville où j’ai mal mangé hier soir et bien ce soir, merci. Ils passaient à la même heure « Rodin » et « l’amant double ». J’ai choisi le dernier parce que Vincent Lindon avec sa barbe de hypster et son allure de créateur farouche ne m’inspirait pas du tout. En plus j’ai vu la bande annonce et je crains le pire : pas facile de montrer au cinéma le travail des peintre ou des sculpteurs vu de l’intérieur. Basquiat par Schnabel, qui n’est pourtant pas le dernier des nuls, c’est du premier degré. Pollock m’avait paru sans intérêt (il peint, il fume, il baise, il peint encore, il a un accident de voiture, fin). Camille Claudel ne cassait quand même pas trois pattes à un canard. Le Van Gogh de Pialat peut-être ? Vous avez aimé ? Il y en a d’autres que je ne connais pas et que vous pourriez défendre ? Il est amusant de remarquer que les cinéastes qui pratiquent eux-mêmes la peinture évitent de la filmer… Je pense à Hopper (Dennis pas Edward), à John Huston.
Bref, je suis allé voir le Ozon. Bref, j’ai passé un bon moment. Époustouflé par la beauté, le choix, la richesse et la justesse des décors. Pour qui aime les années trente en déco, il y a de quoi se régaler. Le Palais de Tokyo est merveilleusement utilisé, ainsi que les diverses installations des plasticiens. La caméra d’Ozon leur donne une dimension que je n’aurais pas forcément perçue en allant au musée comme simple visiteur.
J’ai apprécié les multiples clins d’œil à maître Hitchcock, les jeux de miroirs et de focus (de mise au point pour les anglophobes). La beauté de Marine Vacth.
L’histoire elle-même est joliment tordue. Je n’ai pas lu le roman de Joyce Carol Oates dont elle est tirée, j’essaierai un jour de combler cette lacune, je suis vraiment curieux de voir comment Ozon a adapté ce roman.
Les amoureux des bêtes vont avoir un petit coup de stress, mais pas de panique… Myriam Boyer, qui fait décidément une belle fin (?) de carrière, est délicieusement inquiétante, entre « Rosemary’s baby » et « le locataire » de Topor/Polanski.
L’usage habile de l’imagerie médicale m’a bluffé – jolie référence à Bataille au passage -, ma seule réserve porte sur certaines scènes de sexe explicites. On va me taxer de pruderie, me dire que je suis coincé, je le suis peut-être, mais j’avoue que j’aimais assez quand la caméra des années 40 montait filmer les nuages après la première étreinte des amants, laissant la suite à l’imagination du spectateur. À trop montrer, ne perd-on pas quelque chose ? Encore que ces scènes érotiques soient bien filmées, je n’ai pu m’empêcher de me demander si Jérémie Rénier, dans son contrat, avait stipulé que l’on pouvait voir ses fesses mais pas son sexe, c’est toujours cadré – c’est le cas de le dire -, au quart de poil.
Même réserve sur la (brève) séquence des jumeaux enfants et sur, disons pour faire simple et ne rien dévoiler, la césarienne de Chloé. On bascule tout d’un coup dans un gore milieu de gamme et c’est un peu dommage, à mon avis, dans un film aussi bien écrit, aussi habilement construit.

C.P. dit: 13 juin 2017 à 22 h 17 min

… Et où les filles sont plutôt dessalées ! Ibrahim est en effet beau garçon et acteur sensible. Je pense toujours qu’il souffre plus que d’acouphènes, et il me semble, sans exagérer quant à la « politique », que le côté « fable » est assez clair.

JAZZI dit: 14 juin 2017 à 5 h 28 min

petrus, vous êtes représentant de commerce, voyageant de villes en villes ? Oui, les décors années trente, de « L’amant double » sont esthétiquement superbes. Petit clin d’oeil à C.P. dans ce film où les protagonistes principaux habitent dans le groupe d’immeubles de l’architecte Pouillon, à Boulogne-Billancourt. Le « Rodin » de Doillon n’est pas mal non plus et Lindon s’en tire plutôt bien les mains dans la glaise.

Eriksen dit: 14 juin 2017 à 9 h 25 min

Pas d’anticléricalisme primaire, Christiane, vous me feriez croire que vous détestez votre prénom !
A part çà, je suis d’accord sur tout.
Votre « sensibilité philosophique » m’a fait pensé à son « Pour quoi vivez-vous ? », qui donne l’impression d’une mission humaine à réaliser. Par l’individu et l’humanité. Un humanisme.
Je trouve que cela s’entremêle bien avec votre « sensibilité philosophique » à propos d’Areum.
De même que vous, je préfèrerais une Areum sans mysticisme. Non pour la gêne, mais pour son inutilité à la perfection d’Aréum…
Ensuite, je ne fus plus si certain de son insensibilité aux mystères transcendants. Elle est habitée par une certitude qui n’est pas philosophique (si tant est qu’elle puisse l’être), notamment quand elle « juge » Bongwan lors de l’interrogatoire du « pour quoi vivez vous ? ». Même chez elle, la certitude amène l’intolérance… Après tout, vivre est déjà une bonne raison de vivre.
Voila pourquoi je sens une part de foi en elle. Mais rien est explicite je vous l’accorde.
De la religion, Aréum assume les caractères autoritaire, éducateur et miséricordieux (en revenant voir Bongwan malgré sa médiocrité lors de la journée particulière).

christiane dit: 14 juin 2017 à 10 h 50 min

@Eriksen
Mon prénom ? Oui, je sais… aucun enfant ne choisit son prénom et on l’entend tout au long de la vie comme un son qui porte en lui une histoire, un mystère.
C’est parce que j’ai tangué sur ces rives jusqu’à l’extrême, c’est parce que je m’en suis éloignée, dégrisée, que je garde pour ce monde une méfiance et juste une impression d’inconnaissance, la voûte du ciel étant impossible à traverser (tant c’est moche souvent sur cette terre).
Ce film m’a fait du bien par la présence de ce personnage, Areum. Mais pas un seul instant je n’ai pensé à une représentation mystique. Au ras des pâquerettes, elle est une femme(personnage) digne et courageuse, capable de ne pas insister, de continuer son chemin quelle que soit la déception subie. En fait le personnage de l’homme indécis, mari, amant, séducteur est plutôt exemplaire par sa fragilité face à un choix qu’il ne veut ni ne peut faire. Il semble, à la fin du film, que la lassitude l’ait ramené à sa condition initiale…
Les rencontres amoureuses sont périlleuses , dévastent le quotidien pour illuminer une vie en laissant un sillage pas idéal… derrière elles.
Il reste la beauté de la neige dans le noir du ciel qui porte en elle l’impalpable de la vie.
J’aime vous lire. Vous êtes clair et tellement perspicace dans votre lecture des films. Mais là, nous avons eu un léger écart, « parce que c’était vous, parce que c’était moi »…

JC..... dit: 14 juin 2017 à 12 h 25 min

Il se trouve, Laura, chère naine hémiplégique, que je t’emmerde ….de tes pieds puants jusqu’à tes cheveux teints !

Laura Delair dit: 14 juin 2017 à 14 h 33 min

Désolée, Campanella de PQ : ma taille 1m78, mes cheveux châtain clair naturels….
ça change de vos 1m52, de votre calvitie et de votre gros bide

christiane dit: 14 juin 2017 à 16 h 28 min

Clinamen… oui, ce léger décalage, un pas de côté tout en restant à l’amble. Cela s’appelle aussi liberté ou encore tentative de se rapprocher d’un savoir enfoui comme une intuition.

christiane dit: 14 juin 2017 à 22 h 06 min

vu, ce soir, un double-face étonnant. Deux films en un : « Un jour avec, un jour sans » de… Hong Sang-soo avec… Kim Min-hee.
Donc, encore sur fond de saké bu à grandes goulées, d’ivresse, un homme, une femme, jeunes tous les deux dans une « danse » d’approche. Lui est cinéaste, elle peintre.
Une histoire, la première, il cherche à l’amadouer… il ne se passe rien d’une idylle. Dans la deuxième, même cadre, mêmes personnages mais là, l’homme ne cherche plus à séduire il est même l’inverse d’un séducteur en actes et en paroles mais il est sincère. Et là, mystère, elle tombe amoureuse…
Pourquoi ? le déroulement des scènes semble le même, une symétrie presque parfaite qui renverse ce qui serait prévisible dans la répétition. Tout est transformé à l’inverse d’un raisonnement logique. tout est inexplicable. Magnifique scénario et quelle beauté dans les cadrages, les visages, les gestes.

christiane dit: 14 juin 2017 à 22 h 22 min

Dans une discussion avec x, Paul Edel dit à 21 h 51, à propos de lucien Leuwen et de Fabrice del Dongo : « et là, il trouve le point absolu de sincérité,le triomphe du « moi » compris par l’autre ,la femme, une harmonie transparente, sans obstacle, dans l’isolement de deux regards.quelle révolution intérieure.entre les deux romans quel retournement ! »
Ces lignes pourraient parfaitement expliquer l’inexplicable de la rencontre parfaite des deux personnages du film de HSS (dans la deuxième histoire) : « le point absolu de sincérité,le triomphe du « moi » compris par l’autre… » Oui, c’est tout à fait ça !

JC..... dit: 15 juin 2017 à 4 h 57 min

La taille, le coloris du poil, ne change rien à l’affaire : une charogne pue ….. De l’air ! De l’air !

raymond dit: 15 juin 2017 à 7 h 59 min

c’est à cause de commentaires hyéneux maniaco-pervers et alcolos, destructeurs, que participer ici ou à côté est trop dégueu

raymond dit: 15 juin 2017 à 8 h 50 min

eriksen
non mais ya des jours ou le lâcher de folie sinistre est vraiment pénible (je parle pas pour vous, qui êtes très bien )

JC..... dit: 15 juin 2017 à 8 h 52 min

On connaissait Raymond la Science, honorable hors la loi ; on hérite, ici, lamentablement, de Raymond la Fiente …

« Ô tempora, ô mauresques ! » comme disait Albert Camus.

JC..... dit: 15 juin 2017 à 8 h 54 min

… et si tu allais tirer ta crampette au Secours Catholique, Raymond ?
(désolé….j’ignorais…)

JC..... dit: 15 juin 2017 à 8 h 59 min

Christiane me tue !
Leuwen, Del Dongo, Edel …. mais on s’en fout désormais de ces ploucs !

Christiane, ressaisis toi !
Macronise toi, sinon tu vas te perdre dans un monde terra incognita !

Prend exemple sur Strognegneux ….

Laura Delair dit: 15 juin 2017 à 9 h 08 min

Annelise, allez vous tolérer encore longtemps que JC ses serve de votre blog pour répandre ses ordures ?

JC..... dit: 15 juin 2017 à 9 h 18 min

… ta gueule, raclure de Laura !…
(Annelise, avant licenciement de ce blog 2D que j’adore, j’exige une confrontation honnête : je m’occupe de CNN…

JC..... dit: 15 juin 2017 à 9 h 47 min

SCOOP
Atroce révélation du Garofi : Laura Delairderien serait la mère porteuse du Petit Gregory !

JAZZI dit: 15 juin 2017 à 10 h 00 min

Les deux derniers films que j’ai vu (« Ali, la chèvre & Ibrahim » de l’égyptien Sherif El Bendary et « Creepy » du japonais Kiyoshi Kurosawa) m’ont laissé un certain malaise. La cause principale provient essentiellement de leur esthétique de la laideur, une laideur morale des individus et environnementale des paysages, poussée jusqu’à la puanteur, suggérée par les images qui nous sont données à voir. « On est dans de beaux draps », déclare Ali, évoquant sa propre situation ainsi que celle de son pays. Quant à Kurosawa, rappelons que creepy se traduit par flippant ! Concernant ce dernier, les critiques, enthousiastes, se sont contentés de saluer le fait qu’il avait renoué avec les films d’horreur de ses débuts. C’est un peu court. Même si les héros positifs de ces deux films, par un sursaut final, redressent quelque peu la situation, leur monde semble particulièrement désenchanté et désenchantant. L’horreur, la laideur est partout et en chacun d’entre nous semblent t-ils dire. Au point que le serial killer de « Creepy », plutôt peureux et lâche, mais suprêmement pervers, va détecter cette tendance criminelle chez chacune de ses propres victimes et les manipuler à son profit : les familles se détruisant elle-mêmes. Au-delà d’un simple film de genre, Kurosawa, hisse son propos à la fable, morbide et magistrale, comme Sherif El Bendary avec son conte fantastique animalier : l’Egypte de la révolution, le Japon des catastrophes climatiques et écologiques, comme autant de points d’ancrage d’un monde globalisé qui court à la catastrophe annoncée et au suicide collectif. Tous coupables et responsables ? La sortie de secours, svp ! Je comprends mieux pourquoi Annelise a choisi de se mettre en vacance(s)…

Roto dit: 15 juin 2017 à 10 h 42 min

« monde globalisé qui court à la catastrophe annoncée et au suicide collectif.
Tous coupables et responsables ? »

hélas
les uns, coupables, responsables; d’autres, piégés

JAZZI dit: 15 juin 2017 à 10 h 50 min

Oui, JC, mais même dans mon jardin intérieur, je suis poursuivi par l’horreur ! A l’instant, un coup de fil de Handicap international qui me demande de l’argent pour la fabrication de prothèses pour les victimes de guerres et de mines disséminées un peu partout !

JC..... dit: 15 juin 2017 à 10 h 52 min

Qu’est ce que tu en as à foutre du malheur du monde, mon ami ? Contente toi de vivre caché….

christiane dit: 15 juin 2017 à 11 h 17 min

JC….. dit: 15 juin 2017 à 8 h 59 min
Non, JC, ces héros qui ont marqué le roman différemment, sont, dans ce commentaire de Paul Edel confrontés à la vérité, à la sincérité aussi peu sympathique soit-elle. Et l’amour, pour Fabrice Del Dongo, jaillit là, dans cette perdition et ce partage. Il faut beaucoup de résistance intérieure pour aller au-delà du mal, de la laideur, de la vulgarité pour trouver l’étincelle de beauté qui illumine l’autre.
Comme dans ce film de HSS.
Puisses-tu trouver sur le chemin où tu t’embourbes celle ou celui qui ne désespèrera pas de toi.
A propos de charogne, essaie de regarder longuement « le bœuf écorché » de Rembrandt et les œuvres de Soutine. (A La Ruche, il entassait des charognes pour les étudier dans ses tableaux.
https://www.youtube.com/watch?v=CZ2zATohD3E

Tu effleures la laideur comme un dandy avec des pirouettes, remonte les manches et affronte tes démons.

JAZZI dit: 15 juin 2017 à 11 h 34 min

Merci, Christiane, mais que cela ne te dissuade pas d’aller voir ces films, ils en valent le coup ! Kurosawa est un grand cinéaste…

Roro dit: 15 juin 2017 à 11 h 54 min

Christiane
« le bœuf écorché » de Rembrandt

JC allait vous proposer un tour îlien en mobylette !

JC..... dit: 15 juin 2017 à 11 h 58 min

Christiane, occupe toi de tes démons, il y en a en de fort désirable !

Depuis longtemps, mes démons et moi-même fraternisons sur la bêtise humaine, fumier de fort belles fleurs …

JC..... dit: 16 juin 2017 à 5 h 03 min

Le cinématographe, ne disant plus rien depuis belle lurette, est devenu un art mineur destiné à un prolétariat urbain, se voulant cultivé. Tu adores ? J’abhorre !….

Lacenaire dit: 16 juin 2017 à 8 h 43 min

5 h 03, pour une telle afformation, il faut avoir une solide culture cinématographique comme toi, JC

JC..... dit: 16 juin 2017 à 9 h 01 min

Quand je pense à la tienne de culture, raclure de Lacenaire, je sors un Scapa pour boire un coup à la mienne…

JC..... dit: 16 juin 2017 à 10 h 21 min

Eriksen, à quand remonte ta dernière explication partagée par d’autres personnes que ta clientèle ?….

olga dit: 16 juin 2017 à 11 h 54 min

En ces jours de tristesse nauséeuse ,où il faut rentrer au bercail le temps d’aller voter, un seul moyen de rester en vie , voir (tv cinéclassic)un film en NBl somptureux,un américain de la grande époque 1948, Preston Sturges, en VO, « infidèle ment vôtre »
« unfaithfully yours », un délire d’une incroyable drôlerie: un chef d’orchestre qui tout en dirigeant Rossini,Wagner and co, pense à étrangler sa femme, qui, c’est sûr, le trompe éhontément….Rex Harrison, plus éblouissant que jamais, Lynda Darnell un cran en dessous. La mise à sac de l’appartement est un très grand moment de cinéma, comme seuls les américains savent le faire. Scenario à partir de James Cain…
quelle chance que ces 100′ qui rendent hilare et …intelligent !
(ps annelise je vous lis mais je suis décalée et entre parenthèses)

christiane dit: 16 juin 2017 à 14 h 38 min

Et avec quel raffinement, préciosité pédante et hilarante ! Rex Harrison est épatant dans ce rôle. Comédie noire à l’ironie grinçante, mais comédie.
(je l’aime beaucoup aussi dans « L’Aventure de madame Muir » et dans « My fair Lady »)

olga dit: 16 juin 2017 à 18 h 51 min

PaulEdel / Christiane. Comédie grinçante ? je ne sais pas.. Le rôle de la chaise , génial; et le tourne disque !
Dans la foulée j’ai revu « Charade »…j’avais découvert dimanche dernier « Cary Grant de l’autre côté du miroir » j’ignorais qu’il se prénommait Archibald, vive les soirs d’élection ,quand elles se révèlent si jouissives !!

christiane dit: 16 juin 2017 à 19 h 00 min

Comédie grinçante ? Des fantasmes pour tuer sa femme parce qu’il est jaloux, drôle par sa façon de suivre la musique, de la modeler à l’amble de sa furie, cocasse dans le troisième partie.
« Charade » ? à déguster…

C.P. dit: 17 juin 2017 à 0 h 09 min

John LURIE ! je confonds toujours les noms, alors que John Laurie, bon comédien de théâtre d’ailleurs, est décédé… Longue vie à Waits et Lurie, musique et jeu !

J.D dit: 17 juin 2017 à 13 h 10 min

John laurie,cet Ecossais ressemblant à douglas?personne n’arrive à la cheville de Spartacus,au moins pour les hommes de ma généation mon cher Cp.Annelise,petite incursion avant fête des pères:mon fils part à NY et m’a fait le cadeau avant.Si j’en parle,Feygele,pas seulement pour vous dire que je l’ai eu très jeune..(.Avec nos têtes d’Arméniens nous vieillissons élégemment .)Le seul dont je ne puisse pas être le rival! Ce serait aussi nul que si mon propre père ,Z’L(bénie soit sa mémoire) m’avait soufflé une femme .On ne fait pas ça .bref j’ai eu le cadeau avant le vol,il s’agit du livre de Burdeau sur paul verhoven mis en twit.Vous m’aviez déconcerté avec show G,j’ai demandé à en lire plus .Jolie couverture noire à liseré turquoise.Il y a un entretien avec le réalisateur .si vous l’aviez recommandé ça doit être bien.Mon fils a 35 ans et a ris l’habitude de vous lire pour choisir la seance.Grace à vous je peux encore tenir la discussion,d’ailleurs il a toujours dit qu’il aimait les blondes(après la dame asiatique une dame congolaise…avec mes origines basanées,la famille tourne aux united Colors),je le trouve d’un coup bien assidu? rex Harrison,16 june à 11.54 vous ne prenez pas de risques .aucun mal à aimer ça ,mais la génération d’Annelise ou des enfants doivent nous trouver coincés de l’écran avec nos ‘charade’ nos hitchock & vieux classiques .Allez car : comment un mentsh qui met Bashung peut demander si c’est Colombo à 20.20?Colombo ne prend pas le train,il roule en 403 .Pour vous faire une confidence j’ai eu quelques voitures de collection,dont celle-ci.Beaucoup moins plouc que d’avoir d’autres voitures ronflantes au garage.Je mettrai ma main à couper qu’Annelise est plutôt Aston Martin.Bijou/bijou..

C.P. dit: 17 juin 2017 à 14 h 06 min

J.D, très bonne remarque sur l’obsolète pour nos enfants et nos petits-enfants ( par exemple pour les plus âgé(e)s des sept miens, six filles et un garçon !). Mais on peut aussi bien retourner la question : pour moi, pour vous plus que pour eux qui goûteraient encore avec curiosité les histoires d’hier, il s’agit SOUVENT d’un « musée des acteurs », plus animé qu’un Musée Grévin… Un sourire, sans abus philosophique sur la simple réflexion sans paradoxe de Pascal : ILS seront forcément plus vieux que nous…

JAZZI dit: 17 juin 2017 à 14 h 26 min

« après la dame asiatique une dame congolaise… »

Encore un qui doit sucer des cornets doubles à glace : vanille chocolat !

Annelise dit: 17 juin 2017 à 15 h 27 min

Au sujet de classiques.. ns avions digressé dessus à propos de « Rocky » (prénom de Marc Porel qui en avait curieusement adopté le look ds l’extrait de Road to Salina proposé par Jazzi…), j’avais dit combien j’aime bcp ici Stallone « eye of the T ».. Décès de John Avildsen, le réalisateur
https://www.youtube.com/watch?v=p7CaiWxKYBo

JAZZI dit: 17 juin 2017 à 16 h 00 min

Oui, Annelise, les boules pectorales vanille et chocolat étaient filmées avec amour et sensualité par John Avildsen dans « Rocky »…

Annelise dit: 17 juin 2017 à 16 h 06 min

https://www.youtube.com/watch?v=rnS20usFqYs
En effet Jacques
Le tube de Survivor est ds Rocky III, en fait (bcp moins intense)..ms le 1, beau scénario avec Talia Shire soeur de Coppola en Adrian..le petit gars des rues (qui d’ailleurs st tb filmées)qui s’extériorise par amour, la gniaque qui monte..puis de belles répliques. . »C’est moi qui pense, Rock »…ou encore « Si tu avais besoin d’aide, fiston, pourquoi tu n’as js demandé? » – J’ai demandé ms tu n’entendais pas

Annelise dit: 17 juin 2017 à 16 h 15 min

Le véritable extrait est à 16h06
Qd je mets des compils comme à 15h27 c’est pour renforcer les défenses immunitaire de vos cinéphilies, mais cela n’est pas sérieux
Je déteste la boxe,vs savez?
J.D 13h10 j’aime bcp les 403..la sensation du skaï un peu collant de la banquette qd il fait chaud ..il faut être une femme en robe courte, l’été, p me comprendre.Aston Martin? Alors celle de Brett Sinclair ds « Amicalement », davantage que celle de Craig trop vroum vroum ds James Bond… ms chez Daniel, je garde (entre autres) les oreilles : elles lui enlèvent son côté Spetsnaz et j’adore
Olga on va reparler d’Archibald Leach alors. .ds le genre je me demande si je ne préfère pas Gary Cooper ou, surtt, James Stewart ? J’hésite

JC..... dit: 18 juin 2017 à 7 h 52 min

Vous aimez jouer un rôle de figurant idiot dans un mauvais film écrit et réalisé par des mafieux sans scrupule ? Bien !….

Alors, participez à la mascarade démocratique : VEAUTEZ !

J.D dit: 18 juin 2017 à 17 h 45 min

C’est la canicule bordelaise ,Annelise .Ce dimanche le parc bordelais presque aussi chaud que les coins de l’algérie ou du Maroc ou j’allais,à l’époque ça n’était pas un danger .Maintenant il faut être potz pour s’y aventurer .Ou l’Espagne du sud .JC a l’abstention mauvaise et le vin triste .Le soju asiatique ne remplace pas un bon saint-émilion ,il devrait essayer l’un ET l’autre?Pour la chaleur j’espère que vous y échappez .Si c’est Paris .Vous serez à même enseigne.Vous serez à même enseigne.Vous devriez dire ou vous êtes .Olga découvre cary Grant ,quel age avez-vous ma chère?Joli festin devant vous !M.Leach était connu pour sa consommation de cocaïne,peut-on dire que son talent sortait mieux comme ça ? La drogue démocratisée s’appelle du médicament.La lecture de Burdeau commencée ,des choses dites sur noemie et le féminisme danseur que vous partagez sont TB décrites .Il n’est pas bête du tout .L’obsolescence ,vaste sujet ,C.P. Quelque fois l’excès de modernisme crée la démode .Un bon hitchock vaudra toujours ce qu’il a comme ingrédients , plus la recette du maître .Avec Annelise le crime est quasi parfait ,vertigo assuré même si pas de Printemps pour le Feygele?(Les kleptomanes sont adorables ,M Connery fait un meilleur James bond que votre Craig aux oreilles de lièvre et a compris que pour rassurer une femme et empêcher qu’elle vous vole ,le mieux est de bien s’en occuper).

alley car dit: 18 juin 2017 à 23 h 23 min

« Le plus pur comique, c’est celui qui se passe du verbe » … Mais peut-être pas du simili cuir

Annelise dit: 19 juin 2017 à 7 h 37 min

Alley 18 juin, à propos parfait sur le « spécial Jerry Lewis »/Arte
Cela nous rapporte à l’échange débuté sur ce fil, 10 juin 13h26, après que CP m’avait galamment dédié le Me my pony &rifle de Rio Bravo (conversation donc partie de Dean Martin)… Le Tombeur de ces dames en particulier, sacré film – graphisme aux petits oignons, ds le découpage des chambres, chorégraphie parfaite des numéros (le gangster au chapeau « Peut-être que c’est arrangeable? Tourne-le…on verra.. J’l'aime pas du tout dans cette position » etc..) Si svt une leçon de cinéma mélancolique, bcp plus fine, poétique et virulente qu’il n’y paraît sous couvert de burlesque ou de grimaces..Cela m’intéresserait que vs décortiquiez chacun les films que vs avez pu voir? CP, c’était « Artist and models » – avais mis en lien qq part au-dessus un extrait de la série avec Shirley McL..virtuose( Olga si ça ne vs dit rien, jetez un oeil?)
Cela bien sûr avant d’aller découvrir Léa Mysius et « Ava » pour ouvrir l’été

Ci-dessous, Jerry and Miss Cartilage… entre le baiser (un des rares moments érotiques de Spiderman avec la toile où ils sont suspendus au-dessus de la ville) Tobey Maguire/Kirsten Dunst et la Catwoman de Burton
https://www.youtube.com/watch?v=Ua4suRfdbWU

Sylvain dit: 19 juin 2017 à 8 h 59 min

L’extrait est geant.Vous l’aimez de tout votre coeur Annelise,ça se voit .Trés communicatif.

Avant tout,pour moi Jerry Lewis était un gros comique américain vieillot.

Je le regarde autrement depuis.PS :n’avait pas remarqué dans « Arizone dream »(il y est !! et Iggy pop).

JAZZI dit: 19 juin 2017 à 10 h 20 min

Certes, à part son club de cinéphiles, dont Annelise, semble-t-il, est un membre distingué, Jerry Lewis reste encore à découvrir. Phil ira revoir l’intégrale à la cinémathèque, plus tard !
Je ne le connais que par bribes et il m’a toujours intrigué, voire inquiété. Il y’a dans ses films, un jeu subtil sur les couleurs, criardes, et sur les lignes, graphiques, des décors intérieurs. Et tous les plans s’enchaînent selon une partition époustouflante écrite au cordeau. L’inquiétude vient pour moi de son personnage d’élégant idiot, aux allures de Quasimodo, se mettant en scène au centre de ses plus beaux fantasmes : sa galerie de pin-up hollywoodiennes vaut bien celle des femelles de cinécita de Federico Fellini ! Une sorte de Tati exotique. Le plus fort, c’est qu’il a intégré tout ça dans le créneau du cinéma populaire ! Chapeau l’artiste, dans la lignée de mister Charlie Chaplin…

JC..... dit: 19 juin 2017 à 11 h 58 min

Roro -nous essayons tous de lui cacher la vérité- passe pour un débile dans le monde entier, et ce n’est que justice !

Roro dit: 19 juin 2017 à 12 h 10 min

« Pas pour les professionnels de la profession, roro. »
au contraire!par eux-mêmes, mais ils ont peut-être changé d’avis

Roro dit: 19 juin 2017 à 12 h 13 min

pauvre jc ! mauvaise qualité: sa carafe déjà fêlée, à présent en bouillie ! la canicule a frappé plus fort que jamais il n’a pas pu résister! (on s’amuse)

Annelise dit: 19 juin 2017 à 12 h 27 min

Un peu, votre Honneur 12h04 & 10h20!C’est mon opinion, et je la partage. .je comprends p le côté inquiétant, comme la beauté qui est étrange, le talent écrasant l’est tjs un brin. Quant à être un Quasimodo, Jerry Lewis?.. regardez le mieux.Débarrassez-le de ses tailles hautes « spécial benêt »,des expressions ahuries, doubles foyers et de tte la panoplie de vilain petit canard, c’est un très bel homme, élégant, souple, sexy, avec un sourire au contraire ultra beau gosse, un visage intelligent, sensible et séduisant au delà du côté beau mec promis à faire carrière à olioude

ami sincère dit: 19 juin 2017 à 12 h 29 min

« ultra beau gosse, un visage intelligent, sensible et séduisant au delà du côté beau mec  »

tout le contraire du satyre de pq

Annelise dit: 19 juin 2017 à 12 h 51 min

Oui c’est totalement extra.. l’obsession de la transmutation, que ce soit ici ou ds Docteur Jerry, ds Cendrillon aux gds pieds.. la maturité sexuelle qui n’est jamais celle de l’Idiot, ms le potentiel érotique latent, la femme entre innocence et séduction..ce sont des thèmes très lynchéens aussi..vs remarquez la fille en noir, avant la scène rappelant celle du baiser de Spiderman, avant qu’on ne découvre de quoi il s’agit dans l’extrait mis en lien 7h37 à 1’00 elle pend du plafond comme une chrysalide..on dirait Alien, Ridley Scott..celui de Jeunet m’avait traumatisée avec la pépinière embaumée .Je pense aussi à Thomas Harris, Dragon rouge..le sceau de l’immortalité « à l’égyptienne » signifié par la nymphe d’insecte..et soudain je suis très troublée
Sur FB un ami me fait remarquer que l’orchestre est t « blanc » en citant le nom du trompettiste, à la fs ce n’est pas le sujet et néanmoins il est fan

Annelise dit: 19 juin 2017 à 13 h 04 min

Ne serait-ce que la scène de la machine à écrire, ds l’extrait reporté 18 juin à 23h21 par Alley. .j’en suis dingue. .et mon dieu qu’il est sexy..Travolta en Sean Archer ds VolteF

C.P. dit: 19 juin 2017 à 13 h 18 min

Je crois que Jacques est obsédé par le visage PARFOIS impassible de Jerry Lewis, qui pourrait être celui d’un (rôle de) beau tueur psychopathe. Sinon celui, mais alors à la fois grimaçant, grotesque et effrayant, du Joker joué par Jack Nicholson dans le « Batman » de Tim Burton. Mais c’est de ma part une rêverie, comme ça…

JAZZI dit: 19 juin 2017 à 14 h 28 min

Tout en poursuivant ma lecture de « Don Quichotte », je tombe sur ce bel éloge de la comédie et des comédiens, au Livre II, C.P. :

« Chapitre XII

De l’étrange aventure qui arriva au valeureux don Quichotte avec le brave chevalier des Miroirs

La nuit qui suivit le jour de la rencontre du char de la Mort, don Quichotte et son écuyer la passèrent sous de grands arbres touffus, et, d’après le conseil de Sancho, don Quichotte mangea des provisions de bouche que portait le grison. Pendant le souper, Sancho dit à son maître :

« Hein ! seigneur, que j’aurais été bête si j’avais choisi pour étrennes le butin de votre première aventure, plutôt que les poulains des trois juments ! En vérité, en vérité, mieux vaut le moineau dans la main que la grue qui vole au loin.

– Néanmoins, Sancho, répondit don Quichotte, si tu m’avais laissé faire et attaquer comme je le voulais, tu aurais eu pour ta part de butin, au moins la couronne d’or de l’impératrice et les ailes peintes de Cupidon, que je lui aurais arrachées à rebrousse-poil pour te les mettre dans la main.

– Bah ! reprit Sancho, jamais les sceptres et les couronnes des empereurs de comédie n’ont été d’or pur, mais bien de similor ou de fer-blanc.

– Cela est vrai, répliqua don Quichotte, car il ne conviendrait pas que les ajustements de la comédie fussent de fine matière ; ils doivent être, comme elle-même, simulés et de simple apparence. Quant à la comédie, je veux, Sancho, que tu la prennes en affection, ainsi que ceux qui représentent les pièces et ceux qui les composent ; car ils servent tous grandement au bien de la république, en nous offrant à chaque pas un miroir où se voient au naturel les actions de la vie humaine. Aucune comparaison ne saurait en effet nous retracer plus au vif ce que nous sommes et ce que nous devrions être, que la comédie et les comédiens. Sinon, dis-moi, n’as-tu pas vu jouer quelque pièce où l’on introduit des rois, des empereurs, des pontifes, des chevaliers, des dames, et d’autres personnages divers ? l’un fait le fanfaron, l’autre le trompeur, celui-ci le soldat, celui-là le marchand, cet autre le benêt sensé, cet autre encore l’amoureux benêt ; et quand la comédie finit, quand ils quittent leurs costumes, tous les acteurs redeviennent égaux dans les coulisses.

– Oui, j’ai vu cela, répondit Sancho.

– Eh bien, reprit don Quichotte, la même chose arrive dans la comédie de ce monde, où les uns font les empereurs, d’autres les pontifes, et finalement autant de personnages qu’on en peut introduire dans une comédie. Mais quand ils arrivent à la fin de la pièce, c’est-à-dire quand la vie finit, la mort leur ôte à tous les oripeaux qui faisaient leur différence, et tous redeviennent égaux dans la sépulture.

– Fameuse comparaison ! s’écria Sancho, quoique pas si nouvelle que je ne l’aie entendu faire bien des fois, comme cette autre du jeu des échecs ; tant que le jeu dure, chaque pièce a sa destination particulière ; mais quand il finit, on les mêle, on les secoue, on les bouleverse et on les jette enfin dans une bourse, ce qui est comme si on les jetait de la vie dans la sépulture.

– Chaque jour, dit don Quichotte, je m’aperçois que tu deviens moins simple, que tu te fais plus avisé, plus spirituel. »

Annelise dit: 19 juin 2017 à 15 h 06 min

CP 13h 18 bien vu. .Joker de Burton aussi, oui..Lewis m’a tjs obsédée, ceci depuis l’enfance. Ns n’avons eu la télé que très tard et alors que les clowns m’effraient, m’ont tjs effrayée ..je ne sais pas, un rapport au « masque », à la tragédie et au truchement de la représentation, aussi, l’immuable ou le grimé opposé à un dedans énigmatique, les masques africains, surtt « chargés » ont par exemple pouvoir très concret de me tétaniser.. ms passons, donc, pour en revenir à Jerry Lewis, et alors même que la figure du clown est si présente, j’ai tt de suite été captivée..je regarderai le documentaire d’Arte mis en ligne grâce à Alley dès que possible. Sans connaître la vie de Lewis je me dis qu’il y a immédiatement des choses prédictibles, non ? Un t gd besoin d’amour, de reconnaissance – je ne le dis pas en négatif comme je le dirais de faiseurs à la petite semaine.. sûrement des manquements énormes à combler de ce côté-là, une compensation affective si flagrante qui me le rend tellement proche et humain? Il y a une immense vulnérabilité chez lui, une part d’enfance atomique. Je n’aime pas les faux enfants, ms la part d’enfance chez les gds créateurs ne s’invente pas, elle sourd comme elle peut la pauvre.. qd je dis que je le trouve beau gosse c’est vrai ms à la fois, il s’arrange pudiquement pour le faire oublier .. Le duo avec Dean Martin est exemplaire : Dean passait pour le séducteur, Lewis pour le faire-valoir, en gros? J’imagine pourtant que la « tête » était probablement de son côté..et que physqiuement ds un autre genre il n’avait vraiment rien à lui envier. . pitreries dressées comme une discrétion, un contrepoison à l’angoisse.. et si ses compositions dessoudent l’ordre, sa manière d’installer le chaos en fait est incroyablement picturale -quel coloriste ! -,structurée, cohérente. Quelle erreur de penser que c’est du n’importe quoi, un rigolo sans envergure ..ce faux gaffeur réorganise sans cesse l’espace, la géométrie, les sons..bien sûr vous avez raison JC 9h20, « magnifique cas de névrose structurante »..enfin cela peut s’appeler de la névrose ou du génie, chacun met le mot qu’il veut.. Je me rappelle vaguement un duo avec Michel Legrand, il parodiait une chanson chez Demy et c’était bouleversant, sous couvert de légère moquerie… « vaguement » car je ne me rappelle pas le détail tt en ayant gardé l’essentiel de mon impression : que Lewis est un visionnaire, un petit garçon pas du tout puéril, compliment que je n’accorde qu’aux plus gds, qui plus un homme d’une délicatesse certainement énorme. .Ou encore, sa façon d’animer le Téléthon..il l’a fait pdt des années. A ce stade, quelle que soit la part du personnel (a t-il un enfant concerné, comme Newman avec la vinaigrette en hommage, soutien et amour éternel à Scott, le fils tombé avec la saloperie du magic mushroom etc), pas l’acte charity business d’une bonne dame patronnesse qui sait comment se rendre aimable. .non non, de mon point de vue un authentique grand bonhomme..j’ajoute que sa façon de sembler tjs trébucher signe une maitrise omniprésente – tt comme sa façon probablement d’être partout, toujours, à la fois, devant et derrière la caméra, à l’écriture à la réal..un sacré inquiet – et quelle générosité

JAZZI dit: 19 juin 2017 à 15 h 33 min

« sûrement des manquements énormes à combler de ce côté-là, une compensation affective si flagrante qui me le rend tellement proche et humain? »

Sentiment partagé avec le grand Hitchcock, mais Dieu qu’il était laid, lui !

Quel déclaration d’amour nourrie, Annelise, n’en jetez plus ! ça pourrait tourner au X…

Est-ce que Woody Allen s’est inspiré de Jerry Lewis ? ils me semblent à l’opposé l’un de l’autre et pourtant…

C.P. dit: 19 juin 2017 à 15 h 34 min

Jacques, oui, c’est un bel éloge du théâtre, profond aussi dans son redoublement touchant la comédie du monde, et moins connu que les passages si souvent cités de son contemporain Shakespeare. On pourrait compléter, au moins quant à la condition des comédiens et le goût du théâtre, par l’apologie de celui-ci, un peu plus tard, dans « L’Illusion comique » de Corneille, à la scène 6 et dernière de l’acte V, avec le discours d’Alcandre.
On sait bien que le « theatrum mundi » est un topos depuis Platon et surtout Sénèque, mais je suis remonté à Ronsard en 1534 pour quelques beaux vers, à l’occasion d’un spectacle offert au roi :

« Ici la comédie apparaît un exemple
Où chacun de son fait les actions contemple :
Le monde est un théâtre et les hommes acteurs,
La fortune qui est maîtresse de la scène
Apprête les habits, et de la vie humaine
Les cieux et les destins en sont les spectateurs… »

JAZZI dit: 19 juin 2017 à 15 h 36 min

Comment le petit américain que vous étiez percevait les films de Jerry Lewis à l’époque, C.P. ?

JAZZI dit: 19 juin 2017 à 15 h 47 min

Le théâtre a perdu sa dimension sacrée. En y allant, j’ai toujours l’impression d’entrer dans une église vide de sens ou bien dans un musée : on se dit que la vie est ailleurs !

JAZZI dit: 19 juin 2017 à 15 h 56 min

Moi, au cirque, j’avais pas peur des clowns. Le problème, c’est qu’ils ne me faisaient pas rire du tout !

JAZZI dit: 19 juin 2017 à 16 h 13 min

Je garde trois ou quatre grandes impressions théâtrales. La première, avant mes vingt ans, quand j’ai vu à la Cité Internationale, au tout début des années 1970, la première pièce de Copie : un one man show qui m’a choqué, au sens littéral du terme. Peut-être Madeleine Renaud à Orsay, dans « Les beaux jours » de Samuel Beckett ? Et plus récemment, il y a déjà fort longtemps, « La nuit juste avant les forêts » de Koltes au petit Odéon.

C.P. dit: 19 juin 2017 à 16 h 43 min

Jacques, à cause des relances au fond généreuses du type « comédie musicale », ils me fascinaient moins que les albums de « Little Nemo ». Mes autres lectures favorites, c’était en BD Winnie Winckle, -que ma mère bilingue me donnait aussi en version française (« Bicot et Suzy) »- et en littérature, -double version aussi-, « Puck of Pook’s Hill / Puck, lutin de la colline » de Kipling. »
C’est plus tard que je me suis intéressé vraiment à Jerry Lewis.
Une de vos remarques me frappe, parce qu’arrivé en France, j’ai été souvent mené au cirque par ma grand-mère paternelle, qui en raffolait, et qu’alors les clowns m’ont fait parfois peur et parfois même horreur.

Je ne suis pas en accord avec vous sur le théâtre, vous le savez. Cependant, et pour dire le vrai, je n’oublie pas le TNP de Vilar par exemple, mais je me fous assez aujourd’hui du discours concernant la communauté, la communion au théâtre, etc. Je suis seul avec les comédiens, et voilà tout.

Il me vient un souvenir curieux de « comique » dans « Le Sacrifice » de Tarkovski, qui ne prête pourtant pas à la rigolade ! Vous souvenez-vous que lorsqu’on embarque enfin le vieux comédien et personnage principal Alexandre, il y a, vu de loin, une espèce d’aller-et-retour accéléré (il entre, ressort, ré-entre dans l’ambulance de l’asile), qui fait penser à une séquence de cinéma muet ?

C.P. dit: 19 juin 2017 à 16 h 49 min

Jacques, encore : je ma souviens que vous l’aviez dit déjà pour LE Koltes. Ce qui m’étonne, c’est que vous n’ayez pas vu la reprise par Pascal Greggory et Chéreau lui-même de « Dans la solitude des champs de coton ».

JAZZI dit: 19 juin 2017 à 17 h 07 min

Oui, j’ai vu après tous les spectacles de Chéreau/Koltes, aux Amandiers. Mais je n’ai plus jamais ressenti cette première impression.

Annelise dit: 19 juin 2017 à 17 h 27 min

CP 16h43 c’est aussi le cas de Serge Toubiana (c’est le « Phil ira voir la rétro Jerry L à la Cinémathèque » de Jazzi qui m’y fait penser,misère, je ne vais qd même pas me mettre à y aller ? ..dios mio, ce serait vraiment que tt arrive..que surtout ça ne transpire pas, de tte façon je nierai) Pour ST j’ai découvert ça fortuitement il y a qq mois en lisant Les fantômes du souvenir(Grasset) ..Gelsomina, La Strada pour lui répulsifs alors qu’il s’agit je crois de son premier souvenir de cinéma – ah je comprends..pourtant pdt un temps j’ai habité par intermittence juste à côté de Spagna..je faisais du stepper sur les marches..normalement pas touche à Tridente, à la villa, à la Trinité des Monts, au souvenir de Gregory Peck& Audrey Hepburn en scoot (eh oui JC vs n’êtes pas le seul), à De Chirico, aux phobiques sociaux ds le genre du peintre qui s’est auto-peint un peu gras, sa belle chevelure poivre et sel en arrière etc, au Corso, à la place « du Populo » comme je ne me lasse pas de le voir écrit en un beau lapsus laure-calami , à la rue de Fellini ni à Fellini. . là aussi que j’ai compris à la dédicace qu’il était le mari d’Emmanuele Bernheim – je ne le savais pas. Bcp de choses que je ne « sais » pas et parfs tant mieux, parce que la connaissance me vient autrement, ou je l’ai différemment, en interne, à ma façon
Pour le théâtre comme pour la philo, svt le Danish boy Eriksen a des choses à dire

Annelise dit: 19 juin 2017 à 17 h 36 min

..et puisqu’on a parlé du Giorgio, est-ce que Hitchcock n’aurait pas un peu pompé sur sa « Nostalgie de l’infini » de 1913 pour son clocher de Vertigo que vs n’aimez pas, CP? Il faudrait demander à Arnaud Desplechin

Sylvain dit: 19 juin 2017 à 18 h 08 min

Cp n’aime pas sueurs froides/Vertigo?why?

Lequel est votre préféré annelise?Le printemps pour Marny ou Grace K ça vous va bien.

C.P. dit: 19 juin 2017 à 18 h 14 min

Annelise, je ne sais pas. Vous connaissez la part de Dali pour « La Maison du docteur Edwardes », et vous savez bien sur qui on insiste, d’Odilon Redon à Hopper, quand on relie explicitement Hitchcock à des peintres et à des architectures, des escaliers, etc. Cela dit, il y avait bel et bien Chirico (et d’ailleurs Magritte) dans l’exposition du Centre Pompidou en 2001, mais c’étaient des choix des responsables de l’accrochage. Avec le même sentiment que le vôtre ? Vous allez me faire revoir « Vertigo » ? Les affreuses tenues de Kim Novak et James Stewart raide comme un bâton (ça, c’est pour la provoc) ?

Annelise dit: 19 juin 2017 à 18 h 26 min

Mais je n’aime pas tellement Vertigo figurez-vs.. en revanche si vs commencez à « traiter », comme on dit, James Stewart, ça va barder
pourtant ma formation de danseuse m’amène svt à avoir bcp de faiblesses pour les danseurs, jusqu’au moment où, justement, « vertiges de l’amour » avec celui qui bouge éventuellement son corps comme un pied ?(et encore, ce n’est pas gentil pour les pieds. .)

Annelise dit: 19 juin 2017 à 18 h 36 min

Ce n’est pas parce qu’on est empoté au début qu’il faut en déduire. .j’aime bcp le coureur de fond secret qu’on aurait tort de confondre avec le laborieux.. ms oui, il faut qu’on aille revoir Vertigo? Et Chirico (torsu nu je ne sais pas, ms il y aussi des autoportraits où il est habillé à la galerie d’art moderne..) il n’a pas comme un petit air à la façon de votre Poitrenaux/jeune Hossein?. .

Petrus dit: 19 juin 2017 à 19 h 03 min

@ Jazzi 14/06, 5h28
En effet, cher Jazzi, mon activité offre parfois un certaine ressemblance avec celle d’un représentant de commerce. Que je préfère appeler commis voyageur pour les raisons littéraires que vous devinez. Des immeubles de Fernand Pouillon à Boulogne ? Je l’ignorais. Je me suis toujours étonné que personne n’ai eu envie de réaliser un biopic – c’est à la mode – sur ce personnage totalement hors normes. Je l’ai croisé une fois, à la fin de sa vie. Il portait beau. Hélas, paralysé par la timidité, je n’ai rien trouvé d’intéressant à lui dire…
@ Jazzi 19/06 16h13. Lapsus calami ? C’est de Copi que vous nous parlez ?

Adolescent j’étais fan de Jerry Lewis. Mes parents le trouvaient vulgaire et stupide, j’étais donc doublement fan. Il a une manière étonnante de se mouvoir. Pour trébucher autant, il faut un sacré équilibre, dit, je crois, Annelise. Je pense que Woody Allen l’a bien regardé avant de composer son propre personnage. Le petit extrait que je vous communique ci-dessous réjouit particulièrement l’amateur de gags visuels que je suis encore à un âge avancé.

https://www.youtube.com/watch?v=tm1dvRUTtHs

Quant aux clowns, je partage le sentiment de malaise qui prévaut à leur endroit sur ce blog. Stephen King n’est pas en reste qui a achevé de nous les rendre terrifiants dans « Ça »…
Une lueur d’espoir cependant : si vous avez l’occasion de voir le prochain spectacle du Cirque Plume, vous aimerez, j’en suis sûr, les interventions du génial Cyril Casmèze. Il n’est pas grimé, ou si peu, ni chaussé de grolles démesurées : il se sert uniquement de son corps et de sa voix. C’est étonnant.

Annelise dit: 19 juin 2017 à 19 h 11 min

Mon dieu, King, « ça », eh oui..ai dit sur FB que cela m’avait empêchée de dormir pdt des jours. Cirque Plume ? Dites-ns en davantage
Et, pour Jerry, fesses bleues en pyjama qui dépassent, exactement assorties à la lampe à droite (regardez b le début de l’extrait…qd je vs dis qu’il est un peintre hors pair. .)
https://www.youtube.com/watch?v=_C8xBOujFP0

alley car dit: 19 juin 2017 à 19 h 44 min

Vous partagez l’avis de Godard sur l’aspect pictural et géométrique (vers la vingt-neuvième minute, puis de Malle … Vous connaissez leur point de vue d’alors sur Trouille ?)

JAZZI dit: 19 juin 2017 à 20 h 14 min

Oui, Copi, Petrus. C’était ce spectacle-là : 1971 : L’Homosexuel ou la Difficulté de s’exprimer, mise en scène de Jorge Lavelli, Théâtre de la Cité Universitaire.

Annelise dit: 19 juin 2017 à 20 h 20 min

19h44 De qui Godard parle t-il? Chirico ou Jerry Lewis? Pour le second j’ai l’air de plaisanter ms il aurait pu.. .ça ne m’aurait pas plus étonnée que cela..le Vaudois est capable de tt. J’ai remonté ds un petit bateau l’aiguille juste devant la villa Malaparte, c’était qd, l’an dernier ou il y a 2 ans? nagé ds la mer très bleue en solo au pied des pins très verts et de la maison rouge,décampant vite entre l’arrivée de deux navettes – il y a trop de monde à Capri p demander longtps si elles st belles (et pourtant)
Trouille, Alley, ne m’engagez pas sur des penchants comique de garnison que je n’ai pas, « l’Immenculée conception » etc – d’autant que je n’aime pas l’anti-cléricalisme obscur. Verhoeven est fasciné par Jésus, eh oui, et j peux le comprendre, Garcia Lorca aussi, sans parler de Quintana et des frères Coen ms là, c’est autre chose. Sur la critique « religieuse », Christian Schad qui peint les putains comme des religieuses me parlera davantage..qui plus est,il est mon quasi jumeau astral (mais non, il est du 25 qd je suis du 26 février en réalité avec Victor Hugo, mon cher Bernard Plossu et..Houellebecq..ça me fait rire, what else?)

Annelise dit: 19 juin 2017 à 20 h 32 min

« Le jour ni l’heure » (Schad) on dirait Bogart dinant en black tie avec Rossy de Palma. .caramba ça fait peur! Ms tt ça, il faut revoir.. j’aimais b la peinture de Tamara Lempicka – non, pas celle des soutien-gorge comme on me l’a très réellement demandé, idem avec Chantal Thomas ayant reçu un an avant moi un prix littéraire ds une ville où j’ai dû me débrouiller brusquement avec des élus qui se demandaient si.. ds ces cas-là il faut que je me méfie, si tentée d’abonder ds un sens oiseux si charmant.. – j’aimais b le cubisme de Lempicka qd brusquement, non, il m’a fatiguée. Petrus je vs adresse un clin d’oeil, en souvenir d’une époque où je connaissais tt ds les livres mais n’avais js mis les pieds ds un musée comme ds Will Hunting. . et celui qui m’a fait découvrir la peinture « en vrai » via la petite collec de son père qu’il m’a emmenée voir était propriétaire d’un cru assez coté qui vs dira peut-etre qqchose? Jamais oublié la 1ère impression et lui en ai tjs gardé une gde reconnaissance

Annelise dit: 19 juin 2017 à 20 h 40 min

(Will Hunting étant le pire Gus V S…pas très bon, en tt cas pas à la cheville de My own private..incomparable..) Bonsoir à ts

Petrus dit: 20 juin 2017 à 11 h 42 min

Annelise, vous vouliez en savoir un peu plus sur Plume ? Fondé à Besançon, le cirque présente son nouveau spectacle intitulé « Dernière saison » parce que ce sera la dernière, les artistes ont décidé d’arrêter après plus de trente ans d’activité.

http://www.cirqueplume.com

Plume est un cirque sans animaux, un cirque frontal : autrement dit pas de piste circulaire, une scène comme au théâtre ou au music-hall. Bernard Kudlak, son fondateur, parle de boîte noire, de camera obscura. Boîte de Pandore aussi, d’où sortent et défilent, en une suite de tableaux animés, les êtres les plus invraisemblables, monstres et merveilles, certains échappés d’un tableau de Jérôme Bosch ou du schéma de l’évolution, d’autres un pied dans l’art brut, empruntant leurs silhouettes végétales aux figures des carnavals suisses alémaniques, d’autres encore venus de la planète Magritte, porteurs de mystérieux étuis dont ils jouent dans tous les sens du terme, le contenant se faisant instrument, le contenu conservant son mystère.
Signée Benoît Schick, la musique est si présente que parfois on en oublierait d’applaudir la prestation de l’acrobate, de la funambule ou de la contorsionniste qu’elle accompagne. Ah, la contorsionniste ! Plus flexible qu’un travailleur de l’Union Européenne, ses numéros sont un pur régal. Une médaille d’or pour celui qu’elle exécute skis aux pieds. Quiconque s’est essayé un jour à chausser des planches sur une pente verglacée appréciera. Et quiconque a observé un singe en hiver applaudira les diverses apparitions de Cyril Casmèze, ni clown blanc, ni Auguste, mi-humain, mi-animal, à la fois rond, souple et félin.
Quant à JL Godard que vous citez à 20h20, Annelise, je le trouvais plus Genevois que Vaudois (attention aux susceptibilités régionales), de toutes façons il est aussi Français. Et il intervient dans le documentaire sur Jerry Lewis que j’ai vu hier soir. Ainsi que Louis Malle.
Je vous avoue enfin, Annelise, que je n’ai, à mon immense regret, qu’une connaissance livresque de certains grand crus… (qu’importe le flacon pourvu qu’on ait livresque, n’est-ce pas)

JAZZI dit: 20 juin 2017 à 12 h 10 min

Bel exemple de connaissance livresque du vin au chapitre XIII du Livre II de « Don Quichotte », Petrus, où l’on découvre que Sancho est un fin oenologue !

« – Comment donc ! reprit Sancho ; croyez-vous que la connaissance de votre vin me passe par- dessus la tête ? Eh bien ! sachez, seigneur écuyer, que j’ai un instinct si grand et si naturel pour connaître les vins, qu’il me suffit d’en sentir un du nez pour dire son pays, sa naissance, son âge, son goût, toutes ses circonstances et dépendances. Mais il ne faut point s’étonner de cela, car j’ai eu dans ma race, du côté de mon père, les deux plus fameux gourmets qu’en bien des années la Manche ait connus ; et, pour preuve, il leur arriva ce que je vais vous conter. Un jour, on fit goûter du vin d’une cuve, en leur demandant leur avis sur l’état et les bonnes ou mauvaises qualités de ce vin. L’un le goûta du bout de la langue, l’autre ne fit que le flairer du bout du nez. Le premier dit que ce vin sentait le fer, et le second qu’il sentait davantage le cuir de chèvre. Le maître assura que la cuve était propre, et que son vin n’avait reçu aucun mélange qui pût lui donner l’odeur de cuir ou de fer. Cependant les deux fameux gourmets persistèrent dans leur déclaration. Le temps marcha, le vin se vendit, et, quand on nettoya la cuve, on y trouva une petite clef pendue à une courroie de maroquin. Maintenant, voyez si celui qui descend d’une telle race peut donner son avis en semblable matière. »

olga dit: 20 juin 2017 à 20 h 30 min

Annelise, un tout petit mot, à propos de « Vertigo » Je suis une admiratrice inconditionnelle de James Stewart.Dans « Vertigo » il a les cheveux quasi blancs ,il est immense,droit, raide et il donne au personnage,notamment ds tte la seconde partie,une force et une étrangeté mystérieuses.Des gestes mesurés,rien de l’affolement intérieur, qui doit être le sien, ne transparaît.J’ai vu ts ses films et revus,à chaque fois le même bonheur.
Jazzy -Jibé, vs m’aviez répondu,je protestais contre la disparition des cinémas du centre ville, que je n’avais qu’à aller vivre à Paris ! Querelle trop longue…J’ai été parisienne et j’ai vécu aussi entre province et Paris, ds le train ! les villes de moyenne importance 100.000 h, ont perdu leur ciné-centre, leur Maison de la culture, avec centre dramatique, et ressemblent ,dans mon cas, à des déserts . Terrifiant.
Le théâtre ? j’y vais donc de moins en moins, et j’ai la nostalgie des années 70-80 où je passais mes soirées au théâtre.
Des amis arrivent de loin, en juillet-août, théâtre, expos, tout bouclé à Paris et ailleurs; Ciné? oui.On est vraiment azimutés en France.
( Arrabal, Genet, Mrozek..un heureux temps )

Petrus dit: 20 juin 2017 à 23 h 27 min

Merci Jazzi pour ce savoureux extrait que je ne connaissais pas. Un peu dans le même genre, je vous recommande une nouvelle écrite par Roald Dahl en 1951, intitulée « Taste »…

olga dit: 21 juin 2017 à 0 h 00 min

Petrus,c’est un nom prédestiné…pendant l’orage, bourrasques et grêlons, j’ai lu « Taste », excellent; je conseille « the leg of lamb »; R.D. aime bien les rôtis qui cuisent au four, enrobés dans leur mystère..
*les nouvelles se trouvent en pdf,sur le net, en anglais, une dizaine de 10p. chacune.
Merci, Petrus, à la bonne vôtre.

Annelise dit: 21 juin 2017 à 6 h 11 min

Pas encore regardé le documentaire sur Jerry Lewis. Si vs me dites que Godard & Malle y apparaissent je vais m’empresser de le voir.. .dès que j peux..merci p le dvlpmt sur le Cirque Plume ! Un autre « clown » que je trouve fascinant, c’était Etaix(je ne le dis à l’imparfait que pour marquer le 21 juin)
Petrus je ne faisais allusion en effet qu’à votre homonymie. .rare malgré tt de tomber ds une marmite de ces potions ? De plus en plus de bars à vins bien équipés proposent des dosettes « dégustation » qui permettent de tremper les lèvres dans des crus prohibitifs. Bcp d’amis chinois ou japonais adorent le principe… et ont quelquefois nettement les moyens ensuite de dépasser le stade de l’échantillon. Moi cela m’énerve, quand bien même on me proposerait de m’offrir un jéroboam… plaisir d’esthète certes, mais aussi une sorte de spéculation, légère mesquinerie ayant fini par rendre hors de portée des crus qui ds l’idéal st tt de même faits pour être bus sans faire autant de chichis. Je vais vs enchanter : il y a des années – plus de 20 ans – je m’étais vu remettre une caisse de vin particulièrement précieux (12 bouteilles). On m’avait recommandé de la vendre pour faire un bon bénéfice et de garder un ou deux flacons pour conso personnelle. Nous en avons bu trois en famille, j’ai distribué le reste à des amis connaisseurs qui n’en avaient js goûté… dont mon « maître en potager », ex ouvrier électricien de 78 ans, et objectivement un des meilleurs dégustateurs que je connaisse avec l’oenologue Marie-Laure Lurton
..A propos de Médoc, aujourd’hui sort en salles le film de Léa Mysius, « Ava » qui y a été tourné

Olga, James Stewart je l’aime bcp aussi..CP ne s’est pas caché de ses intentions provoc. Le fils du quincailler a ce mélange d’élégance dégingandée (cela devait lui servir lorsqu’il allait chercher des outils, fouillant les tiroirs du magasin paternel en équilibre sur une pointe de pied en haut de l’échelle?), de virilité policée…une touche d’innocence… chez Ford comme chez Capra – The Man Who shot & La vie est belle, deux de mes films culte – et Hitchcock bien sur, même si Vertigo n’est pas mon favori.. je ne sais trop pourquoi. .je préfère Marnie, scenario et coloris (mais alors plus de James Stewart ! Dilemme..)

Annelise dit: 21 juin 2017 à 6 h 31 min

Je réalise que l’ouvrier électricien en question, M.Salbert – plaisir de le citer,de rendre ainsi hommage à sa patience, sa compréhension de chaque instant lorsque je l’entraînais dans des casse-tête, expliquant que je comprenais la nécessité d’écarter les escargots ok, mais que comme je me refusais à les empoisonner ou les écraser etc, alors qu’est-ce qu’on fait?(la solution étant de mettre des copeaux qui les découragent car ils n’aiment pas les arpenter).. – M.Salbert donc était chez Ford ! Pas John ms la coïncidence me plait..d’autant qu’il avait un physique entre Pa Joa & Casy des Raisins de la colère
J’attends vos retours sur le film de Léa Mysius

C.P. dit: 21 juin 2017 à 7 h 41 min

Mais moi aussi j’aime beaucoup James Stewart, de « Mr. Smith au Sénat » aux westerns d’Anthony Mann (j’ai revu hier soir, après le théâtre, la seconde moitié de « The Man from Laramie)… sauf chez Hitchcock où je trouve qu’il subit, film après film, une espèce de malédiction. Outre que « Vertigo » me paraît un film maladroit, taillé à la serpe, j’éprouve de la sympathie pour l’assassin de « Fenêtre sur cour » et du dégoût pour le couple de voyeurs. Je me demande si Hitchcock lui-même, avec malice… Mais c’est un sourire du matin, sans autre importance.

Eriksen dit: 21 juin 2017 à 7 h 49 min

James Stewart dans Harvey … son personnage préféré.
D’accord avec les réticences sur Vertigo.

Eriksen dit: 21 juin 2017 à 9 h 06 min

Shaheen de Nothingwood contre Vénérable W.
Nothingwood n’est pas un lieu mais un homme, illuminé de sa lanterne magique. Une lumière dans un tunnel, mais que les habitants voient comme une aube.
Un rôle rêvé pour Shaheen : pitre, gourou, magicien, leader, c’est une vraie sangsue du regard collectif. A la fois éclairant et éclairé, Shaheen récolte plus de gratifications pour son ego que n’importe quelle star d’Hollywood. Il se montre même addict quand, dans une scène douloureuse, des afghans relatent leurs expériences de civils en guerre et qu’il ramène inlassablement le sujet sur lui-même… un brin exaspéré.
Mais à la différence de l’histrion commun, Shaheen profite à la communauté. Dans son costume de lumière, il semble évoluer en toute sécurité. Même les talibans s’échangent ses DVD sous le manteau.
Le génie du cinéma Low Cost ne prétend à rien en termes de cinéma. Il divertit et le public est à fond, malgré ou grâce aux coutures grossières de son cinéma. À Nothingwood, un acteur peut, sans raison scénaristique, commencer une scène sur ses jambes et la finir sur des cannes anglaises. Des faux-raccords qui touchent les afghans.
La voix off un peu fatiguée de Sonia Krondlund (la réalisatrice) contraste avec Shaheen. Comme une occidentale en doute cherchant une voie dans un Orient moins rationnel.
Pour Shaheen, Sonia Kronlund est un nouveau moyen de s’éclairer. Il devient visible pour le reste du monde et il fait connaissance avec l’occident. S’établit entre eux une dynamique de compréhension à pas feutrés, de rires/sourires partagés, voire d’affection mutuelle (dans les limites du raisonnable en Afghanistan).
Mais plus que le dialogue orient/occident c’est le rapport histrion/observateur qui se dénoue. Au départ, lui joue au centre, elle capte en périphérie. Mais il l’attire, dealant un peu de l’attention absolue de sa Cour pour un bien plus précieux. Amoureux ? Peut-être. Mais attirer à lui celle qui connait le regard excentré peut aussi être une raison. Les secrets de tournage en donne une troisième : « Alexander Nanau [chef op] a un jour pris l’initiative de la mettre dans le cadre, et tous les deux ont alors pensé qu’il s’agissait de la bonne solution ». Presque un hasard donc.
Quelles qu’en soient les raisons, elles étaient bonnes, car Sonia Kronlund féconde le film quand elle apparait, rajoutant une strate supplémentaire à ce qui n’en manquait pas. Gage qu’elle finit par aimer son foulard rose flashant sur les tenues sombres et le paysage ocre et blanc.

JAZZI dit: 21 juin 2017 à 9 h 39 min

Moi, j’aime Vertigo (Sueurs froides) surtout pour Kim Novak !
Dernière polémique…

« En janvier 2012, Kim Novak achète une pleine page de publicité dans le journal américain Variety pour dénoncer le fait que la musique de Sueurs froides soit utilisée dans le film The Artist (2011).

« Je veux signaler un viol. Je me sens comme si mon corps – ou du moins mon travail – avait été violé par le film The Artist. Le film pouvait et aurait dû reposer sur ses propres créations, sans utiliser la musique de Bernard Herrmann créée pour Sueurs froides d’Alfred Hitchcock, dans le but d’insuffler une plus grande tension dramatique. Une grande partie de la musique de Sueurs froides a été écrite pendant, et non pas après, le tournage, c’était la façon de travailler d’Hitchcock. Le thème Scène d’amour a été créé musicalement avec les pièces du puzzle de l’histoire. Selon moi, les efforts du compositeur, du réalisateur, de James Stewart et de moi-même ont été violés.
Je suis la seule qui peut parler aujourd’hui. Ils n’avaient pas besoin d’utiliser ce que je considère comme l’une des plus importantes scènes dans l’histoire du cinéma en utilisant la musique de Sueurs froides et en utilisant les émotions qu’elle engendre comme si elles étaient les leurs. Même s’ils précisent rapidement l’origine de cette musique dans le générique de fin, je crois qu’il s’agit de tromperie. Honte sur eux !
C’est moralement condamnable pour les talents artistiques de notre industrie d’utiliser et d’abuser de morceaux célèbres pour attirer l’attention et récolter de la gloire, tout en détournant ces œuvres de leur sens originel. Il est essentiel de protéger l’ensemble des œuvres pour la postérité, avec leur identité originale et individuelle intacte et protégée. »
(Kim Novak)

Le réalisateur du film, Michel Hazanavicius, lui répond dans un communiqué expliquant que « The Artist a été conçu comme une lettre d’amour pour le cinéma, et est né de l’admiration et du respect que moi et mon équipe portons à tous les films à travers l’histoire. Nous avons été inspirés par le travail d’Hitchcock, Lang, Lubitsch, Murnau et Wilder. J’adore Bernard Herrmann, sa musique a été utilisée dans beaucoup de films différents et je suis très heureux d’avoir pu l’utiliser dans mon film. Je respecte beaucoup Kim Novak, et je suis navré d’apprendre qu’elle n’apprécie pas cet hommage. »

olga dit: 21 juin 2017 à 11 h 47 min

« vertigo » semble taillé à la serpe, peut-être; pourtant les 2 ou 3 morceaux sont bien des volutes qui s’enroulent autour de la recherche d’une femme.Même le chignon de kim Novak est une vraie trouvaille,une coquine coquille de sensualité. James St. longiligne, bougeant à peine,tjrs debout, est un amant féroce. On imagine Cary Grant tjrs en mouvement,cabriolant..pas possible! il me semble astucieux qu’Hitch l’ait immobilisé la jambe ds le plâtre,ds « fenêtre sur cour ».
Kim Novak a totalement raison.Il se trouve que j’ai revu,sur ciné + ou classic, le film de Polanski « la neuvième porte » qui n’est fait que de calques ou de rappels des grds films hollywoodiens; c’est totalement jouissif, ce n’est pas du piratage. E.Seigner et Johny Depp chaussé de lunettes,irrésistible.

C.P. dit: 21 juin 2017 à 12 h 20 min

Olga, ce n’est pas grave, mais votre « l’ » est au moins ambigu, qui semble renvoyer à Cary Grant… « Fenêtre sur cour », c’est James Stewart !

C.P. dit: 21 juin 2017 à 14 h 03 min

Eriksen, sans doute nous entendons-nous. Car c’est un peu ce que j’avais voulu dire en parlant de l’assassin (bien joué par Raymond Burr) qui (me) fait pitié. Petites choses également pas reluisantes chez les autres habitants des lieux médiocres. Retour à l’ordre ? Mais le couple lui-même est bizarrement assorti, en dehors de son entente voyeuriste et enquêteuse, et le magazine ouvert par Elle à la toute fin tandis qu’Il sommeille ne présage pas des lendemains glorieux. J’ai vu et revu ce film, et le trouve à la fois féroce et triste, bien au-delà de la nouvelle de William Irish.

Eriksen dit: 21 juin 2017 à 15 h 08 min

hello CP, si vous avez le temps, lisez ce texte (un peu long et mal écrit mais çà date de 10 ans et c’était à destiné personnelle).

Fenêtre sur cour nous raconte l’histoire d’un voyeur. Jeff (J Stewart) l’est déjà fondamentalement par son métier de photographe de presse à sensation, mais une rigidité morale, naïve mais bien habituelle chez les personnages incarnés par Stewart, l’empêche de sombrer dans un voyeurisme assumé, c’est-à-dire sans justification professionnelle. Une immobilisation forcée lors d’un été caniculaire va déplacer son appât de clichés percutants vers son microcosme local, la cour de son immeuble, où il découvre la vie de ses voisins. Une femme seule qui rêve d’amour, un couple sans enfant mais avec un petit chien, un musicien alcoolique, un couple de jeune marié, une danseur exhibitionniste, une artiste célibataire et un autre couple en dispute permanente.
Notre photographe regarde d’un œil d’abord désœuvré (« right now, I would welcome troubles ») puis intéressé et parfois coupable, ces personnages qui lui parlent de sexe, d’amour, de couple, d’angoisse, bref de la vie en général et de comment les autres se coltinent avec cette vie qui lui pose personnellement pas mal de problèmes : il hésite à concrétiser l’histoire d’amour qu’il vit avec Grace Kelly une Wasp de la haute, dont il sent bien qu’elle veut l’embarquer dans un carcan social à mille lieux de son vagabondage photographique.
Ce voyeurisme des plus banals, mais socialement réprouvé, pourrait faire du héros un pervers. Mais Hitchcock implique rapidement tous les personnages qui gravitent autour de lui : l’infirmière (Thelma Ritter), qui condamne d’abord ces pratiques immorales puis se laisse entrainer par la curiosité (« we become a race of peeping tom » dit-elle avec un air de reproche tout en tendant le cou pour regarder par la fenêtre) ; Lisa Freemont (Grace Kelly) dont on ne sait si son intérêt est réel ou feint par amour pour lui : son visage si inquiet dans la scène ou elle bascule dans la curiosité suggère qu’elle est vraiment prise par l’énigme. Mais elle a aussi décidé d’emporter le morceau pendant la dernière semaine d’immobilisation de Jeff et l’occasion est trop belle ! Pouvoir justifier de passer une nuit avec lui dans l’appartement, changer d’image en venant sur son terrain pour le séduire. (C’est toujours les femmes qui changent et évoluent dans les histoires d’amour). Ainsi Grace Kelly a deux bonnes raisons de devenir voyeuse : l’excitation à l’idée qu’un crime a été commis (classique teasing de presse ou de TV) et casser son image de bourgeoise. Elle veut devenir « his girl Friday » (non traduit dans les sous-titres), c’est la version féminine de Man Friday, en référence à Vendredi de Crusoé, la personne dévouée qui résout tous les problèmes.
Par l’implication de tous les personnages dans le voyeurisme, il apparaît que chacun est fondamentalement voyeur, que c’est naturel chez l’homme de chercher dans la vie des autres une solution à ses problèmes ou une échappatoire excitant quand l’extraordinaire se présente ou semble se présenter à ses yeux.

Des faits intrigants se passent chez le couple qui se dispute dans l’appartement en face. Une femme acariâtre, alitée mais probablement simulatrice, disparaît à la vue de Jeff. Son mari fait les bagages et s’apprête à partir, seul. Objectivement, il n’y a aucun fait concrètement suspect. Tout au plus des faits curieux mais certains sont carrément insignifiants.
Un homme qui sort plusieurs fois dans la même nuit avec une petite valise.
Un cri de femme suivit d’un bruit de verre brisé : rien de prouve qu’il vient de cet appartement.
Un chien retrouvé mort à coté d’un parterre de fleur et la femme qui le trouve de suggerer qu’il a été étranglé alors qu’elle ne l’a même pas touché : fort douteux.
L’emballage d’une scie et d’un couteau dans du papier journal.
Un sac à main rouge ou l’on trouve des bijoux dont une alliance : et alors ? Cela pourrait être un héritage que l’on redécouvre par hasard lors du déménagement.
Deux fleurs d’un parterre qui ont moins grandi que les autres : ici Hitchcock pousse la dérision au maximum.
Les trois personnages sont intimement persuadés que le mari a découpé sa femme dans la baignoire à la scie et au couteau : hypothèse techniquement très compliquée.

Hitchcock nous montre l’emballement des observateurs alors qu’il n’y a aucun fait vraiment suspect, si l’on excepte les allers-retours de la valise, mais la taille de celle-ci ne semble pas corroborer une hypothèse de transfert de membres découpés par l’hypothétique criminel. Tous les faits à décharge rapportés par l’ami détective (le départ de Mrs thorwald en train, son arrivée a Merritville, la lettre qu’elle a écrite) pèsent un moment sur la conviction des « enquêteurs », mais il suffit de la mort d’un chien (qui peut parler de meurtre ?) pour qu’ils basculent de nouveau dans l’absurde.
.
Les 4/5e du film sont donc parfaitement construits pour démontrer la manière dont l’excitation des observateurs, mue par leur propre désir d’exister, peut construire de toutes pièces un crime imaginaire. On retrouve là l’obsession Hitchcockienne du faux coupable. Il manipule totalement le spectateur (ce n’est pas un défaut, au contraire, tout dépend vers quoi il nous amène). La suggestion réciproque des personnages principaux emportent avec elle les spectateurs, voyeurs de deuxième niveau.

Pourtant la fin est tout autre. L’homme est coupable, il a vraiment découpé sa femme, et il y avait bien des morceaux de la femme dans le parterre de fleurs etc.

La réalité affichée du meurtre efface le malaise qui émanait du voyeurisme et des raisonnements à l’emporte-pièce. Il les valide même, ce qui crée un autre type de malaise. Par la fin du film, il flatte les défauts de l’humain, justifiant le voyeurisme et magnifiant le courage et la ténacité des protagonistes, alors que leurs déductions ne sont que des élucubrations.
Le cynisme d’Hitchcock se retrouve également dans le casting. James Stewart est toujours au mieux de son jeu dans les rôles d’anges et de naïfs. Grace Kelly est l’incarnation de la pureté, et du bon gout. Peut-on croire que ces deux acteurs « positifs » incarnent des abrutis médisants qui se trompent affreusement ? Il conditionne donc, dés le casting, le spectateur vers l’acceptation de leurs agissements.
Hitchcock joue sur tous les tableaux. Au premier degré, il racole les accrocs de « Détective ». Combien de spectateurs vont se dire qu’ils ont raison de garder un œil sur leurs voisins ? Combien vont espérer que quelque chose de terrible se passe dans l’appartement en face? Combien vont prendre pour argent comptant la stupidité de la démarche des pseudo-enquêteurs ? C’est une justification de toutes les intrusions dans la vie privée d’autrui. Le seul personnage un temps soit peu censé, l’ami détective (qui s’appelle Doyle !), est à l’inverse, totalement ridiculisé dans le film.

Au second degré, des spectateurs garderont en mémoire le vitriol des 4/5e du film. Ils prendront peut être la fin comme une contrainte d’époque, soit pour plaire au plus grand nombre, soit pour satisfaire l’image des acteurs : ce n’est pas grave, certaines œuvres ont une fin douteuse et n’en sont pas moins extraordinaire (cf. Tartuffe de Molière). Hitchcock nous aide en cela en pondérant négativement les « enquêteurs » par certains faits qui n’ont rien à voir avec l’enquête et par conséquent, ne sont pas effacé par le dénouement final : La femme seule (Miss Lonely Heart) prépare son suicide aux médicaments, en écrivant une lettre testamentaire (ce que Jeff ne perçoit pas). L’excitation de l’enquête occulte la désespérance d’une pauvre femme, qui elle, aurait pu tirer bénéfice du voyeur. C’est une critique morale très sévère des « enquêteurs », mais elle est immédiatement occultée car la femme est sauvée in extrémis par la musique du pianiste…. Sa mort aurait rendu Jeff, et par extension le spectateur, coupables.
Mais ne peut-on accepter ce contrepied final de l’auteur comme une arme de suspense supplémentaire ?, quitte à laisser nombres de spectateurs comprendre à l’envers le sens du film ? Après tout, le cinéma en général et Hitchcock en particulier, n’ont pas une fonction morale ! Admettons ….(mais je ne suis pas sûr d’être d’accord). Pour faire le parallèle avec Billy Wilder, on peut dire que ces deux metteurs en scène ont un point commun : le désir de satisfaire le public. Un bon film est pour eux un film qui marche. Un film qui ne fait pas d’entrée est un mauvais film. C’est contestable. Mais sans jamais donner de leçon, avec discrétion et humilité, Wilder nous propose toujours un éclairage. En grand frustré sexuel qu’il était probablement, Hitchcock ici se cache, et flatte les bas instincts.
Mais oublions cela et restons sur le plan purement cinématographique. Un énorme problème scénaristique persiste avec cette fin. Il est profondément décevant que l’hypothèse de la culpabilité du mari soit si peu étayée et pleine d’incohérence*. A tel point que l’on se demande même si Hitchcock n’a pas basculé en cours de réalisation entre les hypothèses « non coupable » et « coupable ».
Il n’en reste pas moins que les 4/5 de « fenêtre sur cour » sont magnifiques, par le scénario et l’interprétation.

*INCOHERENCES
A moins d’un transport d’une grosse valise lors d’un période d’assoupissement de Jeff, jamais le tronc n’aurait pu être transporté, puisque l’examen de la grosse malle a montré qu’il ne s’agissait que des vêtements de la femme.
La découverte de « quelque chose » dans le carton à chapeau (on peut supposer la tête) et également bizarre : pourquoi ne pas s’en serait-il pas débarrasser ?
Hitchcock nous donne des clefs supplémentaires par rapport à celles dont dispose les « enquêteurs ». Nous voyons la femme quitter l’appartement pendant la nuit, alors que Jeff s’est assoupi. C’est un point très important car il implique que le spectateur voit des faits importants que Jeff ne voit pas. Peut-on vraiment croire, dans ce cas, que le meurtrier ait pu enterrer des membres de la femme dans le parterre de fleurs, sans que nous soyons au courant ?
De plus, à quoi servait ces allers-retours avec la valise si ce n’est pas pour évacuer les membres (la tête et le tronc n’aurait pas pu rentrer dans sa valise) ? Aurait-il pris le risque d’enterrer une partie des membres dans le parterre, alors qu’il avait sorti les autres ?
Comment a-t-il pu déterrer une partie du cadavre enterré dans le parterre alors qu’il était surveillé jour et nuit ?
Pourquoi a-t-il tué le chien s’il avait déterrer le membre ?
Comme croire qu’il suffit d’un coup d’éponge pour nettoyer une valise qui a transporté un morceau de cadavre ?
Tout cela ne tient vraiment pas debout.

IMBD comment (le seul négatif)
Feeding McCarthyism, 9 July 2008
Author: holistic-5 from United States
While the predictable plot, agonizingly slow pace, and excessive dialog weighed heavily against this so-called « classic », apparently Hitchcock was feeding the baseless flames of McCarthyism with this film. I bet a million housewives left the film thinking « I bet I’m right about my neighbor… » or « as a good citizen, I should keep an eye on mine ». Blatantly, Hitchcock was glorifying voyeurism and exploiting contemporary fears.
The only reason I can figure why this movie has such extremely high ratings is that people are (still) really afraid of what their neighbors might be up to (greatly renewed post-9/11), are proud voyeurs themselves, or are simply lobotomized.

JC..... dit: 21 juin 2017 à 15 h 57 min

« on parlera longtemps de Kim Novak ; on ne parle déjà plus de Michel Hazanavicius »(Delair)

Elle est bien, cette Laura, elle est bien …. je le sens ! Elle enrichit ce blog de méprise !

fontebranda dit: 21 juin 2017 à 16 h 37 min

Il y a encore un peu de place dans le fan-club de James Sht-sht-shteward ? Ce phrasé si particulier et ce léger chuintement, combinés à la silhouette dégingandée (très justement évoquée par A-L) qui suggèrent une éternelle adolescence tout en bras et en jambes, le côté poulain
Films cultes pour films cultes ici ce seraient les deux de 1940 : the Shop around the Corner et celui qui ne le met pas spécialement en valeur, The Philadelphia Story/ Indiscrétions (mais comme dans la composition du tableau, ce sont les rapports, les contrastes qui comptent)
Hitch : jamais accroché à Fenêtre sur cour alors que Vertigo a eu un effet dévastateur. Pas par contagion de la phobie des hauteurs, ni à cause de l’intrigue, mécanisme d’horlogerie trop parfait pour hanter durablement, mais par la démonstration impitoyable du décalage entre la personne réelle et la personne rêvée, celle qu’on peut prendre dans ses bras et « la personne provoquée par la passion, cette idole barbare, qui n’est pas la même », « d’où les innombrables confusions qui donnent au naïf commerce de l’amour un caractère spectral si fascinant »

C.P. dit: 21 juin 2017 à 16 h 47 min

Eriksen, c’est vraiment bien sur le(s) rattrapage(s) subtils du voyeurisme commun et de la curiosité inquisitoire (devant pourtant bien peu de preuves) AVANT qu’en effet on ne sache Thorwald coupable.
Vous dites évidemment juste sur le couple en un sens douteux des héros.
Quand on (en tout cas moi) revoit le film, sachant qu’il y a bien eu crime, c’est une peinture un peu triste -mais, habilement, pas trop- des vanités qui l’emporte. Comme je ne suis pas un prix de vertu, mais pas du tout peeping tom, je crois que le spectateur peut garder de la distance, et je reviens volontiers à votre sentiment, exprimé plus haut, d’un mépris, plus ou moins léger à cause de cette habileté dont vous parlez aussi, de la « nature humaine ». C’est pourquoi votre ajout de la critique négative (en anglais) m’a intéressé. Je ne suis, évidemment, pas en accord avec elle, ne croyant pas que Hitchcock ait voulu conforter chez le bon citoyen le goût de la surveillance. Plus dangereuse, après tout, est votre idée que, pour qu’il « marche », il a fait AUSSI un film flatteur. Mais quoi ? Il était filou !

Eriksen dit: 21 juin 2017 à 18 h 04 min

C.P. je ne suis bien sûr pas d’accord non plus avec le commentaire en anglais: il y a bien d’autres raisons d’apprécier ce film remarquable et je n’imagine pas Hitch soutien du Maccarthisme, qui est une peur communautaire.
Hitch se fout du communautaire.
Sa flatterie du voyeurisme et la « filouterie » dont vous parlez ne sont pas à mon avis l’expression d’une bassesse, mais un désir de vengeance de quelque chose.
C’est le malaise que j’ai ressenti et je suis content de discuter avec quelqu’un qui a ressenti également un malaise… Je ne sentais un peu seul jusqu’à maintenant.

Phil dit: 21 juin 2017 à 18 h 53 min

ça cause Hitchcock, le salon sent bon. revu « I Confess », le seul Hitchcock catholique friendly, alors qu’olihood ne l’était pas (et ne l’est toujours pas mais c’est moins visible car les racines sont perdues avec les ailes).
Montgomery Clift, bon ou mauvais, c’est le seul aveu, difficile, de cette confession.

l'ombelle des talus dit: 21 juin 2017 à 19 h 43 min

l’ombelle des talus dit: Votre commentaire est en attente de modération.
21 juin 2017 à 20 h 41 min
Après la tentative de mise en place du giga fichier casanova et quatre tentatives mises en échec, les conditions sont-elles réunies ?
« (…)La marque de fabrique de cette transposition est que l’autorité judiciaire est maintenue à l’écart. Toutes ces mesures resteront l’apanage du ministère de l’Intérieur et des préfets, sans l’intervention d’un juge judiciaire (…) »
http://m.slate.fr/story/146988/new-york-times-macron-etat-urgence

(Le juge judiciaire est le garant des libertés individuelles)

l'ombelle des talus dit: 21 juin 2017 à 20 h 10 min

Des exemples précis de ce que n’aurait pas permis le dispositif « normal » au cours de ces deux dernières années ?

JAZZI dit: 21 juin 2017 à 21 h 00 min

« Un film qui ne fait pas d’entrée est un mauvais film. »

Dans le système hollywoodien c’est rédhibitoire, Orson Welles en a fait les frais, entre autres, Eriksen…

olga dit: 21 juin 2017 à 21 h 48 min

C.P. 12h10 .une minuscule remarque: ma phrase était mal construite;je voulais dire que Cary Grant n’aurait pas pu jouer le rôle; excellent choix d’Hitch, même si, dit-on, il trouvait J.ST un peu trop âgé pour le rôle. Je croyais »Vertigo » antérieur à « Fenêtre .. » pensant que le personnage raide dans son attitude comme dans son comportement avait amené Hitch à l’immobiliser complètement,et le réduire à un double regard, limité au champ de la fenêtre.J’avais fait un rapprochement avec les infos que ns sert journellement la tv: un meurtre, « les journalistes » se précipitent sur les voisins, micro en main- » vous le connaissiez? » « - oui, c’était qq’un de très bien, il promenait son chien ts les soirs, il disait bonjour …. » Ce n’est pas l’oeil qui permet de comprendre, ce sont les élucubrations sorties de la cervelle en ébullition qui entraînent la recherche, sur une piste, vraie ou fausse. L’arrière cour est somme toute banale; rien à voir; seuls des détails accrochent vaguement l’objectif et l’oeil de Steewart,puis mobilisent toute sa réflexion.J’en avais écrit des pages…inutiles, ici,sur la transformation de Gr.Kelly, arrivée en robe froufroutante, et pour finir escaladant le balcon. Le texte d’Eriksen est passionnant,comme souvent.
La fin de « Vertigo » ? bof

Eriksen dit: 21 juin 2017 à 22 h 30 min

Oui Olga, la transformation de Grace Kelly (vraiment sublime d’élégance dans ce film) est le signe de son amour pour le héros…. prête à tout pour lui montrer qu’elle n’est pas qu’une petite bourgeoise.

Annelise dit: 22 juin 2017 à 11 h 29 min

Phil 18h53 ns y voilà.. Monty Clift, bon, mvais, l’air crevard, à l’article de la mort (je propose aux cinéphiles de deviner à quel film je fais référence), grippé, unijambiste, vieux, malade, paralytique, jeune beau ou riche, j’aime tjs son visage courbe où ts ses tourments se reflètent..ce côté acharné du petit garçon sans repères, grandi sous la coupe d’Ethel et pourtant balloté, perdu et à la fois si inflexible.. qu’il soit cow-boy ou qu’il se mette au clairon, à la boxe.. bien sûr il a joué ds des navets, mais d’une certaine façon il est tjs bon.. mon dieu avec Liz Taylor.. qq chose d’éclatant, imparable.. Je crois que c’est l’amour. Il faut dire qu’au moment de l’accident elle se faufile pour le protéger de la presse à scandale,lui ôte les dents de la bouche pour ne pas qu’il les avale..pour des raisons perso cela me bouleverse.. donc Clift, comme Gregory Peck en scooter, en duel au soleil, partout..considération majeure..
CP 16h47/Ericksen 18h04 jolie conversation sur le voyeurisme &la filouterie. .un peu au-dessus Ericksen vs avez tt de suite eu les mots qui fâchent, « en grand frustré sexuel qu’il était, Hitch » etc. .vs voilà bien méchante langue! Vs serez bcp pardonné à cause de votre 21 juin 15h08..Pas parce qu’il envoyait des petits cercueils contenant une effigie de sa mère Tippie H à la petite Melanie Griffith qu’il faut verser ds de telles déductions? Sait-on par exemple si la fillette ne manquait pas d’humour? Je partage l’avis de CP sur James Stewart, bizarrement encombré à mes yeux la jambe ds le plâtre.. pour Vertigo j’ai b dit que les préventions que j’ai énoncées ne st pas d’ordre filmique.. là je parlais juste de goûts..sinon vs avez raison Olga, le tortillon du chignon etc – rien à redire sur la maîtrise, la construction de Sir Alfred. Sur les « incohérences » : je me posais la question si j’en trouve chez Lynch. La réponse est non. Et je voudrais m’intéresser à Bunuel, que je connais mal, creuser la question de savoir si le surréalisme, la poésie réussis ne st pas justement la mise en abime, en rébus et autres (car pas seulement) de l’étrangeté de façon cryptée mais ultra cohérente, quand les imitations ratées voudraient créer du bizarre en cousant des coups de théâtre (pardon CP pour l’abus de langage)du bling bling et du surprends-moi-Benoît à la queue leu leu tout en s’efforçant d’en gommer les aspérités pour viser à un effet de réel?
Tjs Ericksen, je souris en lisant votre « Grace K prête à tt (ds le film)pour démontrer à son homme qu’elle n’est pas une petite bourgeoise ». .. avouez que les choix de Grace K etc comme images féminines glacées ne st pas sans saveur..les neiges du Kilimandjaro que je suis en train de relire attaquées au chalumeau..elles fondent à l’oeil nu sous le feu des blondes.. ds Mogambo Ford l’a tb saisi, lui qui oppose à Ava Gardner une sorte de négatif gemellaire… « Le cygne » mettant la main au collet de la comtesse aux pieds nus compose sur orgues un portrait complémentaire de femme total..Tt cela sous le regard appréciateur d’un Clark Gabeule grissonnant dont j’adore les grandes oreilles. Très racines du ciel. Je préfère cela dit en l’occurrence le Mankiewicz au Ford. Pour en rester au safari, la « tête de singe » de CG avait fait prédire à Olioude, avec la justesse d’estimation qu’on connaît, qu’il « ne ferait jamais carrière »
De Vertigo, ns voilà revenus à Desplechin puis à Léa Mysius. .vs irez? (« Ava »)

christiane dit: 22 juin 2017 à 11 h 37 min

Ah, Ericksen et C.P. quel morceau royal que votre échange sur votre perception de « Fenêtre sur cour » ! comme vous je l’ai vu plusieurs fois. Il y a trop d’invraisemblances pour que tout se noue sur : est-il coupable ou non-coupable de meurtre, cet affreux voisin d’en face ?
Cet homme qui s’ennuie cloué à son fauteuil et qui regarde d’abord nonchalamment les voisins d’en face, zappant de l’un à l’autre, me fait furieusement pensé aux (télé)spectateurs cloués dans leur fauteuil devant un écran et sortant de leur vie habituelle en s’intéressant aux vies des autres. La maison d’en face devient alors écran où James Steward projette ses fantasmes concernant l’amour et le couple. Grâce Kelly est une femme libérée : métier, plats cuisinés achetés au traiteur… face à un homme hésitant, pleutre, cassé. (j’ai oublié le nom de leur personnage) Où voulait en venir exactement Hitchcock ? Il dévoile un peu ses intentions dans ce long entretien avec Truffaut.
http://moncinemaamoi.over-blog.com/2015/01/hitchcock-par-truffaut-a-propos-de-rear-window-fenetre-sur-cour.html

JAZZI dit: 22 juin 2017 à 12 h 26 min

« (je propose aux cinéphiles de deviner à quel film je fais référence) »

« The Misfits » ?

Annelise dit: 22 juin 2017 à 12 h 40 min

Oui bien sûr..visage refait figé par les antalgiques et l’alcool. .lui qui avait des traits fins et courbes, ce côté effilé, ténébreux, délicat..à une époque il avait une liaison avec un homme de théâtre cultivé ms voyait aussi des femmes, avant de renoncer à la gente féminine. Il était amoureux de Burt Lancaster et buvait avec Sinatra (intelligence de sa répartition).Stranger in the night

Eriksen dit: 22 juin 2017 à 12 h 42 min

merci pour le lien. çà me va bien toute ce que dit Hitchou… sauf le dernier échange..
la première impression de Truffaut était la bonne, le film est bien « méchant ». Il dépeint les « faiblesses de la nature humaine » en les validant.
Ce n’est pas de la bonté…

C.P. dit: 22 juin 2017 à 12 h 43 min

Merci, Christiane, pour votre lien-rappel. Eriksen et moi trouvons le film un peu plus pessimiste (comme Truffaut l’avait d’abord ressenti) que ne le dit finalement Hitchcock. Mais enfin, « les faiblesses humaines »…
Je persiste à croire que le couple, même avec au final de l’amour réciproque, n’est pas très accordé. Je donne trop d’importance au retour de Lisa à un magazine de mode ?

Un coup de théâtre : après deux soirées médiocres, une bien belle hier.
Le « Richard III » mis en scène par Thomas Ostermeier pour la Schaubühne est une grande chose, Lars Eidinger un très grand comédien, -juste un peu de caricature mais justifiée dans l’hypocrisie et les accès de fureur solitaire-, le reste de la troupe impeccable. Le spectacle à la scénographie frontale sobre, avec un étage-passerelle, est parcouru de projections lumineuses (non des vidéos) très significatives, et son accompagnement sonore est remarquable. Je devais bien en être à mon dixième « Richard III », mais j’ai été enthousiasmé.

Cinéma : j’ai du coup revu « Looking for Richard », le film à la fois didactique et « illustratif » d’Al Pacino. Pour l’illustration, la distribution des scènes filmées est éclatante : Pacino, Alec Baldwin, Winona Ryder, Kevin Spacey, Harris Yulin… Pour la didactique, morceaux d’entretiens préparatoires avec les mêmes, plus John Gielgud, Vanessa Redgrave, Kenneth Brannagh, Kevin Kline, Peter Brook… C’était avant la session aux Cloisters de l’Actors Studio dont j’ai déjà parlé et où Al Pacino avait repris pour correction deux scènes de la pièce données par des stagiaires, dont l’une (la fameuse séduction de Lady Anne par le tueur bossu et boiteux qu’est Richard) avec Meryl Streep.

Al Pacino : nous avions échangé sur lui à propos de « Angels in America ».

Daniel Day-Lewis prend sa retraite ? Il a été au théâtre un très bon comédien shakespearien, au Bristol Old Vic et à la Royal Shakespeare Company.

Eriksen dit: 22 juin 2017 à 12 h 47 min

C.P. un petit comparatif avec le Richard III de Thomas Jolly l’année dernière dans le même théâtre ?
(que j’avais adoré)

Roro dit: 22 juin 2017 à 13 h 49 min

Daniel D Lewis, dans L’insoutenable légèreté..(le seul film où je l’aie vu)
Pourquoi arrête-t-il? ça doit être arqué quelque part

C.P. dit: 22 juin 2017 à 14 h 33 min

Eriksen, j’ai vu, par spectacles successifs et progressifs, le travail de
Thomas Jolly sur le « Tout-Henry VI ». La partie « Richard III », raccourcie à la Schaubühne par un bref surtitrage de résumé, était beaucoup plus longue, vous le savez. Moi aussi j’avais aimé, mais il m’avait semblé que le metteur en scène s’attardait sur des détails qu’il voulait trop faire fructifier, et qu’il étalait du même coup par rapport au personnage central. Me comprenez-vous ? Au fond, c’est certainement que cette « history » complète de Shakespeare est bien plus historique et politique en effet (d’abord sur les Lancaster et les York) que ce que la postérité a retenu du personnage dramatique de Richard… pour le théâtre. J’y pensais hier soir, parce qu’entre le couronnement, le meurtre des gênants enfants d’Edouard, l’effort de Richard pour épouser sa nièce avec l’accord de sa mère… et la bataille finale, il n’y a quasiment rien sur le règne lui-même.

J’ai été frappé de nos réponses successives à Christiane, alors que je n’avais pas encore lu la vôtre.

Jacques Chesnel dit: 22 juin 2017 à 14 h 35 min

Cs soir sur Ciné + Classic :

« LA VÉRITÉ SUR BÉBÉ DONGE » (1952)
DARRIEUX/DECOIN/GABIN

C.P. dit: 22 juin 2017 à 15 h 10 min

Roro, je suis presque sûr que vous avez vu Juliette Binoche ailleurs, sans peut-être l’identifier. Chez Godard, chez Carax, chez Rappeneau, chez Téchiné, chez Claire Denis et bien d’autres… Au secours !

Roro dit: 22 juin 2017 à 15 h 30 min

CP

non je m’en souviendrais (ne eux pas la supporter: c’est comme pour Isabelle H)
En revanche, Jeremy Irons..

ah il fait encre très chaud

Paul Edel dit: 22 juin 2017 à 20 h 24 min

Puisqu’on a parle de plusieurs films d’Hitchcock, je voudrais rappeler que « the birds », sorti en 1963, était une réflexion prophétique d’un cinéaste âgé; il nous nous chuchote qu’une civilisation est en train de rompre l’équilibre avec la Nature.. vision prophétique.. film-miroir apocalyptique, film qui porte une accusation grave, devant cette civilisation qui détruit la planète avec une sorte de frénétique inconscience.
Ce que j’aime dans ce film c’est qu’il annonce notre désarroi actuel : la rupture vertigineuse entre les activités humaines et ce que peut supporter la planète…. ce film fantastique a ceci de si particulier : il ne s’attarde pas donner un début d’explication scientifique à ces attaques d’oiseaux. mais, uniquement par le suspense, la manipulation de l’émotion il touche à une angoisse ancestrale :le ciel va nous tomber sur la tête..
Il joue sur des peurs diffuses, primitives, des angoisses latentes , sournoises, cachées,autant quelque chose de psychanalytique(la déraison, l’irrationnel qui entre en nous) qu’ une culpabilité philosophique et historique.. or, nous sommes, avec le dérèglement climatique, les tsunamis etc.. devant une civilisation qui court à sa propre destruction. Le message strident de 1963, uniquement par l’émotion graduée, séquencées, colorée et colorisée ,est bluffant .

JAZZI dit: 22 juin 2017 à 20 h 35 min

« Léa Mysius. .vs irez? (« Ava ») »

Plutôt deux fois qu’une, Annelise !
Une petite merveille, où Eriksen pourra décoder les symboles à loisir !
J’ai pensé à Bunuel et à Godard de « Pierrot le fou ».
L’été de ses treize ans, une adolescente apprend qu’elle va sombrer dans la nuit noire et découvre son premier et suprême éblouissement, entre plages d’Aquitaine et campement tziganes…
Eblouissante actrice, qui rappelle Sandrine Bonnaire, révélée par Maurice Pialat. Plaisir aussi de retrouver des pubis sauvages, à l’état naturel !

olga dit: 22 juin 2017 à 23 h 53 min

PEdel. Sur « the birds » une seule remarque: il n’y a ni meurtre, ni disparition qui puisse trouver à la fin, une explication cohérente, logique. Dans « Rear window » les protagonistes, un peu désoeuvrés,s’inventent une histoire qui les tient en haleine jusqu’à ce qu’ils découvrent une forme de vérité qui leur permet de triompher.Ils sont aussi fortiches que le cinéaste!
Dans « the birds »,les héros se trouvent brusquement pris dans une situation incompréhensible; leur intelligence ne leur sert à rien; ils mettent tous leurs efforts à se protéger et à fuir, finalement. où ?. Or le film commence comme une jolie bluette, un marivaudage piquant; les paysages filmés sont d’une grande douceur, d’une grande beauté, vert tendre, bleuté. Le tailleur que porte Tippi H. est vert amande. Elle, la femme ,est en parfait accord avec ce paysage harmonieux; c’est elle aussi qui poussera la famille, réunie, à fuir. Dans « rear window » c’est Grace K. qui va se débarrasser de ses atours splendides et encombrants, pour partir en chasse et escalader le balcon.Dans « the birds » l’homme a un vieux camion ,qui pourrait faire penser à Henri Fonda, en route vers l’ouest, possible Eldorado. C’est un départ brinquebalant.
Les héroïnes d’Hitch sont non seulement Blondes, superbes,mais elles sont généreuses.Kim Novak n’a pas eu de chance, elle finit par se transformer selon les désirs de J.ST.qui l’habille d’un strict tailleur gris;impossible pour lui de sortir du carcan de ses obsessions; pas d’issue, kim novak sait ce qui va arriver.

Phil dit: 23 juin 2017 à 9 h 20 min

« ça doit être arqué quelque part »…(roro)
un mot qui donne la quintessence du blog.
DDlewis a sûrement arqué ses petits soixantes balais entre la belle Isabelle A (qui rentre plus dans la combinaison latex de wonderwoman) et le fiston trouduc mannequin.
Le gros Hitch est un pervers qui nous régale les cinéphiles et continuera de faire honte à ceux croient faire des films. prophétique aussi le destin de la Tippi des oiseaux que le gros hitch a martyrisé comme une tante.

Roro dit: 23 juin 2017 à 9 h 59 min

sont-ce les producteurs qui les obligent à se faire botoxer ou rafistoler? c’est horrible
cf la rebâptisée « silicone » valley)

C.P. dit: 23 juin 2017 à 10 h 27 min

Roro, ne soyez pas trop sévère envers les dames-stars vieillissantes et / ou opérées. Parce que, franchement, Mickey Rourke…

Annelise dit: 23 juin 2017 à 13 h 09 min

Jazzi 10h58 je suis bluffée. .Stallone, loin d’être irrémédiablement fan, ms le 1er Rocky, le III pour la musique de Survivor « eye of the » et, disons, « Cliffhanger » (bon petit scenario sur une réalisation punchy de Renny Harlin, à l’époque mari de Lula de Lynch non ?.. s’il y a des alpinistes parmi vs ils auront apprécié..Gab hanté par la perte du gant qui entraine la main lâchée, chute ds l’abime etc),j’aime b
Phil 9h20 vs vs y entendez pour me faire rire, hum ? Bravo c’est gagné (la combi de Wonder..etc . « mannequin le fiston », c’est vrai, il s’est également essayé au rap,pour le reste.. je ne sais pas?)
Deubeuldiliouwouisse, comme Clift, tendance à estimer qu’il a été bon partout.. en Tomas bien que le film ne me paraisse pas au niveau de Kundera – je vais reparler de Binoche avec CP et Roro un peu plus loin-, en Cecil rangeant proprement ses chaussures chez Ivory (Helena BC aurait été idiote malgré tout de ne pas lui préférer George),chez Scorsese adaptant Edith Warthon aux côté de la catwoman, Mme de Tourvel et amoureuse du « Wolf » Nicholson, Michelle Pfeiffer (plutôt que dans « Gangs of NY », ce Scorsese ni « Silence » pas parmi mes favoris).. globalement, dès qu’il apparaît ça me fait presque l’effet Sam Shepard (mon goût qq peu déviant p les gds nez, les dents en vrac, expliquant que ça fait tilt aussi avec Reda Kateb?), there will be blood comme on dit.. Cela ne m’avait pas empêchée de grincer des dents devant « Nine » où DDL incarne un grotesque réal italien.. à l’époque je l’avais vu avec un Toscan, il ne cessait de vouloir quitter la salle en dépit de Penelope Cruz en guêpière.. c’est dire..pour moi un b mvais Rob Marshall lorgnant du côté du pire de « Youth » et de Moulin Rouge, de La Dolce V au marteau-piqueur.. mon dieu qu’avez-vs fait de votre talent?..même là DidiEl réussissait à tirer son épingle du naufrage Titanic.. il est qd même tbon.. le récent film de son épouse Rebecca Miller, fille du Commis qui voyage, en revanche m’a paru faible? Il faudrait que je revoie
Et réfléchir à une petite liste de « Pas touche » (or I scream)
Reda Kateb j’y pense non seulement à cause des dents ms parce que je suis en train d’écrire une préface à un ouvrage de 500 pages où il est pas mal question de Yacine

Annelise dit: 23 juin 2017 à 13 h 17 min

9h20 quel destin prophétique de Tippi-sous-la-tente, chere plume espiègle?
CP 10h27 houlà on ne critique pas non plus Mickey « Motorcycle boy » Rourke ou le torchon achève de brûler (qd il donne une itw avec le chihuahua sous le bras, en parlant comme de son enfant.. cette sorte de calvaire des acteurs, Golgotha vers lequel ils poussent la mob de leurs névroses, fragilités, beautés..terrible)

Annelise dit: 23 juin 2017 à 13 h 23 min

Parce que « Nine » vs aurez compris que c’est un demi de plus que 8 et demi… (dont le film s’inspire) Fellini au secours

C.P. dit: 23 juin 2017 à 13 h 27 min

Me too, Jacques, amicalement, pour une fois que vous n’accablez pas les dames d’âge, surtout ma chère Claudia !

Annelise dit: 23 juin 2017 à 14 h 27 min

CP au-dessus, j’adore la formule à la fs élégante mais malgré tt mi-raisin, entre périphrase &euphémisme de votre « les dames d’âge ». .La gde Mme Cardinale à l’irréprochable tour de cuisses avec ou sans retouches : la mort du Cheyenne, Jason Robards ayant à la ville sauvé Lauren Bacall du veuvage de Bogart (au deuil bien fait après un si beau couple peut succéder un bel amour), vrai chagrin cinématographique dont j’ai mis lgtps à me remettre. Je fonda bien sûr devant les yeux du méchant Henry
Sur Day Lewis qui arrête, av de vs souhaiter un bel après-midi : les gens pvent avoir envie de raccrocher..parce qu’ils st fatigués, ou malades, ou qu’ils veulent régler autre chose – parfois seulement vivre
J’ai cité Le Temps de l’innocence, L’insoutenable légèreté, le Paul Thomas Anderson, Chambre avec vue.. évidemment le classique My Beautiful, qui sur la désespérance du petit punk skin GB et du « Paki » qui communient finalement à l’amour demeure un des meilleurs à mes yeux..j’aimerais citer aussi celui-là, un peu à l’écart je trouve de ce que les deux – le réalisateur et lui – ont l’habitude de faire ..je veux parler du Dernier des Mohicans de Michael Mann..et oui, je préfère The Heat, on ne va pas revenir dessus…mais ce film (avec Chéreau, tiens?) avait du charme.. je me souviens du regard de la jeune fille au bord du précipice..l’Indien lui tend en qqsorte la main, elle bat des cils, hésite à peine et se laisse tomber dans le vide. T belle scène

C.P. dit: 23 juin 2017 à 15 h 08 min

Annelise, nous (car mon épouse aussi) connaissons assez bien notre voisine Claudia Cardinale pour l’accompagner assez souvent à l’IMA et avoir dîné chez elle avec quelques acteurs amis fidèles, Alain Delon par exemple. Aucune réserve sur l’âge, car j’ai déjà dit qu’elle était toujours AUSSI pour moi la Fille à la valise et Jill McBain. C’est pourquoi, justement, votre évocation de Jason Robards / Cheyenne dans « Il était une fois dans l’Ouest » me touche beaucoup.

C.P. dit: 23 juin 2017 à 17 h 00 min

Annelise, pour être plus clair : nous ne sommes pas tellement, tellement loin de l’âge de ces actrices et acteurs.

olga dit: 23 juin 2017 à 17 h 53 min

Annelise 13h09: « Yacine » ? kateb Yacine ? le seul, le vrai ? l’homme aux semelles de vent ? Vous le connaissiez ?? (son fils est, était, chanteur)

christiane dit: 23 juin 2017 à 18 h 06 min

Bonsoir,
je sors des « 7 Parnassiens » où j’avais rendez-vous avec « Ava » de Léa Mysius.
Entre réel et illusion… J’ai voyagé dans ce film entre deux univers que j’aime : « Les plages », photos de Martin Parr vues au Jeu de Paume en 2009 et « les peintures noires » de Goya.
Peut-être en abordant ce film très fort et très étrange par ces œuvres, arriverais-je à préciser ma pensée…
Peinture et cinéma.
Noée Abita et Juan Cano (Ava et Juan) sont ballotés dans un monde de dérision que Léa Mysius film avec ironie : la plage bondée et des instants shootés sur le vif : couleurs vives des tissus, corps nus ou presque souvent obèses portant de ridicules bikinis et à l’écart, cette jeune fille endormie au bord de la mer, une portion de frites sur le ventre, cadrages bizarres,comme ratés volontairement. Et ce chien noir comme une flèche sauvage et obstinée qui traverse le sable comme un certain chien de Goya.
Magnifique débandade quand ils jouent aux êtres d’argile comme des chasseurs amérindiens poursuivant les baigneurs effarés.
Les peintures noires de Goya ? à cause des teintes sombres qui envahissent peu à peu la pellicule. On pourrait penser que c’est une projection de la vue qui baisse de Ava mais il y a autre chose : des figures de cauchemar, ces cavaliers sombres qui font de Juan un exclu et de son peuple de gitans un monde mis à l’écart, rejeté. Cette partie du film qui commence avec la fugue des jeunes amants pourrait être un moment de délire, de fièvre d’Ava. Une conscience qui se laisse envahir par la peur et par le désir. Hantise des poursuivants, anéantissement possible de ses illusions. Sa vie bascule comme dans une fiction.
Le mariage bien réel, (le monde de Juan) commence par une fête joyeuse avec de vrais gitans et se transforme en cauchemar grinçant quand la police débarque. Ce tourbillon tourne autour de l’amande pure du monde intime de cette adolescente, Ava. Un monde où les semblants vacillent
Deux autres personnages ce chien noir, Lupo, qui est présence énigmatique comme dans un tableau rare de Goya, émouvant, triste, mélancolique. Un chien dans le sable digne de compassion et sachant en donner.
Et puis la mère, presque horripilante avec sa dégaine « années 68″ et sa sexualité débridée mais proche de sa fille qui l’envoie paître durement (sa façon à elle de dire je t’aime). Enfin, la mer sauvage et libre loin des plages bondées, ce littoral du sud-ouest cher à Annelise…
Jazzi évoque Sandrine Bonnaire. Oui, dans son premier film tourné en Provence, « A nos amours » de l’immense Maurice Pialat. Là aussi, la vérité entre par effraction. Grâce fragile de deux ados en rupture, devenant femmes.
Du très beau cinéma complètement déroutant… Un film « d’art et d’essai » : magnifique !

JAZZI dit: 23 juin 2017 à 18 h 41 min

Oui, peinture et cinéma, Christiane, mais aussi cinéma et musique, omniprésente et très belle, parfois tendre et coquine. Les femmes du film, filmées par une femme, sans concession, jusque dans leur vulgarité, mais non sans tendresse et admiration : la mère, les femmes gitanes, la mariée, qui donnera aux amants la clé de la liberté…

Annelise dit: 23 juin 2017 à 19 h 03 min

Olga enfin?.. le poète errant, « ni musulman ni arabe » est mort en 1989, je n’avais pas publié de livres à l’époque et j’avais la tête comme qui dirait ailleurs..non je préface la somme d’un auteur algérien..j’en reparlerai peut-être en temps utile,au moment de la publication, on verra..disons que les Arabes et les Kabyles je vois un peu de quoi il est question.. et peut-être mon inclination pour Reda un peu activée par la parenté? Oui son fils est l’homme de Gnawa Diff
Bien vu et fort bien dit Christiane 18h06 ! Je guette avec plaisir les développements sur Ava. Noée Abita bien belle jeune fille et actrice..Léa Mysius à suivre !
Sandrine Bonnaire est sur ma short list intitulée « N’en dites aucun mal, jamais, or I will not survive »
J’avais bien compris que vous taquiniez Jacques, cher CP – et j’aime vos formules. . la Cardinale superbe en effet !Elle porte bien son nom. Pas seulement « un décolleté » (le petit cordon du corsage de Jill MB ds Il était une fois, cela dit, quoi d’équivalent?.. Je ne vois guère que Gina ds Fanfan, Liz Taylor, que Burton tjs galant entre deux verres à 40° avait qualifiée, de manière admirative ou incrédule, de « naine avec une poitrine de vache », cela m’a tjs fait bcp rire… CC buste magnifique, et de surcroît excellente actrice – cette petite vulgarité latente, exaltante à l’oeil de don Fabrice/mon Lancaster chéri (Atlantic City où il est vieillissant avec Sarandon, le film ds mon souvenir est extra..) ds Gattopardo en robe blanche, qd elle entre ..il n’y a que ses dents pour éclipser la robe.., ou lors de la visite du palais (vous savez que maintenant il y a une pizzeria juste à côté du lieu où cela a été tourné, à Palerme?.., pas loin des dômes roses de San Cataldo dont la forme est comme une mise en abime charnelle des globes sub-cités) ..sa façon solaire de rire trop fort, éclat plébéien que l’on devine susceptible ds le film de faner..ce mélange d’attraction sexuelle exercée sur Tancrède et d’incarnation finalement assez ténébreuse de tt ce qui meurt de l’Italie (la Sicile) où « tt doit changer afin que rien ne change ».. L’arrêt un peu stupéfait en robe bordeaux, sous une toile aux couleurs assorties ds le gd espace vide montre à quel point Visconti était aussi un coloriste majeur…je ne sais pas du tt brusquement si Tomasi di Lampedusa était mort au moment de l’adap? Ou ils ont pu en parler avec Visconti? ..Je veux dire que le choix de Claudia Cardinale est si parfait..
Reparlons si vs voulez de votre détestation, (enfin le mot est trop fort, ms vs suggérez que vs ne l’aimez guère) de Juliette Binoche et/ou d’Isabelle Huppert (ça c’est Roro qui l’a en travers, en plus de Binoche « qu’il ne supporte pas » tt en disant « qu’il ne l’a vue que ds un seul film, ou il s’en souviendrait ».?.il faut choisir, Roro?)Je ne partage pas vos opinions sur elles, mais pas grave.., qd vs dites qu’elle vs a quasi gâché le Carax.. pas gd-chose ne peut gâcher Carax qd il se mêle d’être souverain, si?.. Dites-moi que vs ne l’avez pas trop aimée chez Dumont que j’aime tant et vs aussi apparemment, alors qu’il s’était montré si drôle sur bcp de personnages ds ma Loute – la famille « ds son jus », la maman qui attendrit la viande à coups de rame, le détective léger comme un ballon d’helium (lui surtout)…- et je vs dirai d’accord.. il a loupé paradoxalement la marche sur Binoche et Luchini ds ce film..
On peut être d’avis divergents, je n’en suis pas dérangée sauf si c’est l’hallali malveillant, mais je ne vs en soupçonne strictement pas. A part ça, qui sur ma liste de « Pas touche or I scream »?
Il faut que je réfléchisse mais oui, j’en ai une, comme Roro a une sorte de black list

Annelise dit: 23 juin 2017 à 20 h 05 min

…et un feat pas clandestin avec Manu Chao (ms pas sur Ava) ..c’est cela qui m’avait permis de les découvrir.., uniquement pour ceux qui jurent sur la tête de leur parapluie de ne jamais critiquer ni Binoche, ni Isabelle Huppert
https://www.youtube.com/watch?v=hNzaGYWk3Bg
(« Sabali » le morceau précédent est ds le film de Léa Mysius)
Alley ou l’Ombelle, qd la modé vs refuse c’est que vous tentez de mettre en ligne plusieurs liens (elle me le fait aussi, or. ..)

JAZZI dit: 23 juin 2017 à 20 h 53 min

Oui, et ce thème de la perte de la vue semble très personnel à Léa Mysius, Annelise ? D’où vient-elle ? En plus, elle est très belle !

Eriksen dit: 24 juin 2017 à 7 h 31 min

Jazzy a dit:
« Les femmes du film, filmées par une femme, sans concession, jusque dans leur vulgarité, mais non sans tendresse et admiration : la mère, [..]… »
Je ne sais pas où vous avez vu de la tendresse et de l’admiration envers la mère !

Eriksen dit: 24 juin 2017 à 7 h 52 min

Christiane: excellent le rapprochement avec Goya!: « el perro » monte vers un soleil noir.
Et Martin Parr bien sûr.

JAZZI dit: 24 juin 2017 à 8 h 01 min

Le portrait de la mère n’est pas entièrement à charge, Eriksen. La seule femme du film qui soit présentée sous un jour peu flatteur c’est la flic à cheval.

christiane dit: 24 juin 2017 à 8 h 21 min

Oui, Ericksen, souvent l’univers d’un artiste (toiles, sculptures, photos) vient se balader dans ma mémoire pour ouvrir la palette d’un cinéaste. L’univers de ces peintures noires de Goya a le même grain sombre que le deuxième mouvement du film.
Jazzi pointe la caméra tenue par une femme filmant des femmes mais ce Juan Cano est magnifiquement filmé, aussi. La vulgarité de la mère ? je crois qu’elle a franchi une étape de libération et qu’elle est restée un animal avide de plaisir. Bon… sa fille, Ava, est très distante face à ces débordements. Elle résiste aux paroles et gestes de sa mère, la met à distance, la repousse mais lui téléphone pendant sa fugue (réelle ou pas).
Au début du film ce sont tous les corps qui donnent une sorte d’effarement de nausée à Ava(J’ai retrouvé alors ces entassements de chair photographiées par Martin Parr jusqu’à saturation de la pellicule) et brusquement ce Juan, rejeté, arrêté, sauvage et rebelle comme elle et ce chien noir qu’elle vole et à qui elle donne une importance très grande, presque vitale… L’approche des deux corps d’Ava, la noiraude, et de Juan, l’exclu de charme, est magnifique car il passe par leurs regards, leur pudeur, leur mutisme sur fond de ces blocs de béton brise-vagues-furieuses d’océan déchainé qui créent des refuges ou de ces plages vides, immenses livrées au vent et à l’écume (Les Landes ?).
Le début de la fugue est lumineux puis le rythme du film s’emballe et c’est là que j’ai pensé aux images d’un cauchemar mêlant les images du réel au fantasme.
Le visage dans la voiture (dernier plan), je ne l’ai pas reconnu. Qui est-ce ? Cet été a-t-il été le plus beau de sa vie ?

Eriksen dit: 24 juin 2017 à 8 h 46 min

AVA
Un chien noir au pas décidé se faufile entre les châteaux de sable et les corps avachis d’une plage bondée. Les vagues de plus en plus fortes distillent une crainte de tsunami. La bête file sans hésitation vers Ava, jeune fille endormie au bout de la jetée. La scène a des airs d’Annonciation : archange des ténèbres et jeune vierge.
Pour Ava, la lumière fuit, et le chien annonce un nouveau soleil. Son champ visuel est peau de chagrin. Elle ne voit plus qu’au centre et seulement en plein jour. Le développement d’autres sens s’impose à elle, et l’adolescence fera le reste.
Historiquement Sainte-Ava, nièce du roi Pépin, entra au monastère après avoir guéri de sa cécité. Ava serait la transcription latine d’Ève. Ava, viendrait d’un mot hébreu qui signifie « vivre ».
Le chien noir annonce un Jésus presque noir : Juan, gitan en rupture de communauté, victime des siens et des soldats romains de notre époque.
Ainsi Juan (le « disciple bien-aimé » de Jésus) rencontre la nouvelle Ève sous l’œil vigilant d’un animal-archange noir.
S’ensuit une ballade sauvage pour Bonnie and Clyde de plages. À trois sur la moto, le grand chien noir dépassant d’une tête, ils filent dans le vent…
Tant que Léa Mysius parle des angoisses de celle qu’elle aime, la richesse cinématographique est patente. Les gitans sont un peu clichés, y compris Juan, si l’on compare à la justesse des films de Jean-Charles Hue (Manges tes morts, tu ne diras point, La BM du seigneur), mais c’est vivant et drôle. Notamment quand le couple de jeune marié dégomme au pistolet la figurine ridicule au sommet de la pièce montée.
Malheureusement elle ne sait pas traiter ceux qu’elle déteste. Elle se confine dans les recoins des extrêmes, rétrécie son regard aux clichés, et loupe ainsi le comique potentiel de la caricature. Détestation des vieux, tous bedonnants et laids, fin de race de l’Europe déconfite qui semble mériter d’être rançonnée. Mère 68-hard bécassine et honnie qu’Ava expose à la vue d’une bande d’enfants, chevauchant un grand black. Flics horribles comme il se doit.
Dommage.

christiane dit: 24 juin 2017 à 9 h 05 min

Ava et Juan partent dans leur voiture et la caméra passe devant le visage de Juan s’immobilise sur le visage d’Ava (?). Quelque chose m’a troublée, comme si ce visage n’était plus le sien mais celui d’une femme au regard indéfinissable… Le plan étant bref et faisant place au générique , il m’a laissée perplexe.

Laura Delair dit: 24 juin 2017 à 9 h 06 min

Ce qui est intéressant avec Eriksen est qu’il analyse toujours le film au lieu de le résumer à sa manière comme le fait Christiane

Eriksen dit: 24 juin 2017 à 9 h 10 min

Déjà en étant grimé, son visage avait changé. Elle ressemblait à Adèle Exarchopoulos.
Sur la dernière scène, c’est la nuit il me semble? peut-être le regard d’une aveugle ?

JAZZI dit: 24 juin 2017 à 9 h 27 min

Non, Juan et Ava, bénis par la mariée, qui leur transmet son voile, échangent un regard de pur bonheur. Il y a transfert de noce : Ava prenant la place de la belle gitane, quoiqu’un peu cagole sur les bords…
Je vous trouve dur pour la mère, qui avait dit, annoncée, prédit à sa fille que pour elle tout avait commencé à 13 ans. Même si elle lui avait conseillé d’attendre ses dix-sept ans.
Je savais bien qu’Eriksen trouverait là matière à symboliser…

JAZZI dit: 24 juin 2017 à 9 h 35 min

Ce que j’aime dans ce film, c’est que malgré un environnement, paysages et personnages quelque peu dégénérés et vulgaires, peu esthétiques, rudes, hostiles : les vagues sont plutôt effrayantes, et la musique concrète inquiétante, Léa Mysius en extrait poésie et amour. Pour le coup, on pourrait invoquer la religion, chrétienne, forcément chrétienne…

JAZZI dit: 24 juin 2017 à 9 h 39 min

C’est le chien noir, andalou, de l’apocalypse, qui m’a fait penser à Bunuel. Notamment dans la figuration des rêves d’Ava, qui mange son oeil !

JC..... dit: 24 juin 2017 à 9 h 40 min

LIVRAISON DE MOUCHES PASSIVES

J’ai une cargaison de 666 mouches vierges* à livrer à l’adresse suivante : « République du Cinéma chez Les Républiques de la Culture »

Quelles sont les heures d’ouverture ? Merci ….

*certifiées UE Bruxelles

JAZZI dit: 24 juin 2017 à 9 h 46 min

Ava regarde le soleil en face : aveuglant !
Ava sort nue de la mer et découvre Juan qui la regarde, amusé, tandis qu’elle se met à ramper, pour cacher son corps.
Ava pose sa tête sur l’épaule de l’amant noir de sa mère, père de substitution.
Ava, transfigurée, part finalement en voyage de noce…

JAZZI dit: 24 juin 2017 à 11 h 37 min

En son auberge espagnole, Annelise nous invite à apporter ce que l’on veut. Certains se montrent généreux : Christiane, Eriksen…, d’autres, tel JC, peuvent peu. Moi ? Je fais ce que je peux !

C.P. dit: 24 juin 2017 à 11 h 44 min

Puisque c’est samedi :

Mon gars Roro, après son 20h05, il faut se tenir à carreau ! Je vais aller faire un tour à La Rochelle, peut-être La Belle y sera-t-elle aussi, j’entends déjà mon ange gardien qui claque des dents.

Et quand même, pour Elle avec Dean Martin :

« Listen to me, Sophia,
Have you any idea
How much you mean to me-a ?
How much you’ll never know… »

christiane dit: 24 juin 2017 à 12 h 47 min

Pour Laura qui aime inventer les histoires des histoires tues, le troisième homme (après M.Parr et Goya)… Camus : »Ce devait être en même temps l’histoire de la fin d’un monde – traversé du regret de ces années de lumière. »

christiane dit: 24 juin 2017 à 13 h 17 min

Jazzi,
la lumière est le secret de Léa Mysius, comme un soleil noir autour d’une fille à peine vêtue sur une plage océane battue par des vagues énormes , une sorte de vestale qui s’offre au dieu élu sur la pierre douce d’une sorte de temple. Puis la lumière devient intermittente, vacillante, voilée par l’angoisse et le temps du rêve-récit devient précaire. L’obscurité grandit en elle, conscience que ce qui a été ne sera plus. Elle s’enfonce lentement dans le monde de la nuit.
Le dernier plan, je le vois comme une bougie mouchée laissant le spectateur dans le noir, blessé d’une égratignure en plein cœur.
C’est une magnifique création, presque romanesque sur l’absurde fatalité de l’histoire d’Ava.
Léa Mysius a confié à sa caméra une dérive onirique qui ne peut être racontée. Comme si, elle ne savait d’où elle venait, un immense oubli né du déracinement, des migrations. Un voyage dans la tribu des « sans nom », des sans papiers de famille. Mais la terre a une mémoire…. pour ceux dont les rêves sont brisés. Ce film est plein d’allégories… Je l’aime beaucoup.

alley car dit: 24 juin 2017 à 13 h 23 min

alley car dit: Votre commentaire est en attente de modération.
24 juin 2017 à 13 h 22 min
» Elle se confine dans les recoins des extrêmes, rétrécie son regard aux clichés, et loupe ainsi le comique potentiel de la caricature. »

Certains clichés ont en effet la vie dure … JLL a eu le bon goût de choisir sa première épouse quand elle était âgée de treize ans : sa cousine (radieuse par le fait)
https://www.youtube.com/watch?v=ZF3wm-CXuug

Annelise dit: 24 juin 2017 à 13 h 51 min

CP si vs prenez par les sentiments..je préfère Jerriléouisse mais Dinemartine j’en pince aussi, différemment…son Let it snow jette dans les bras de Hong Sang-soo & Davy Chou réunis lorsqu’ils font neiger sur l’écran – ces diables de crooners ont certainement des pvoirs hypnotiques, ok, ms que je qualifierais de limités, tandis que la Winchester affectivo-sensuelle activée par la confiance et l’amour au final fait de bien plus gros cartons, ne s’enraye jamais…c’est Areum/Kim Min-hee, (ds Le jour d’après comme par hasard elle est tentée par l’écriture..ça ne va pas ou quoi ?) la psychanalyse se chargera d’expliciter ce rapport qu’ont les filles sans trop de père aux hommes jupitériens ds ce style, mais pas moi ! Je ne cherche jamais trop à expliciter tel ou tel symbole – car qd c’est bien fait, ils « sont », parlent d’eux-mêmes, et voilà.. enfin vos 5 femmes ont manifestement de la chance
Jazzi, vs même êtes généreux &pouvez vous englober ds votre liste à 11h37

Annelise dit: 24 juin 2017 à 14 h 01 min

Qui est JLL Alley ? Votre extrait au-dessus, brrr. Qu’est-ce que vs avez avec les Cramps? pas apprécié Mariam et amadou mis en twit?…J’adore les paroles : « Je m’adresse à toi Chéri. arrête-toi chéri la vie est belle. Je te fais un gros bisou. Je t’embrasse fort (oui je biche, après le slove chez Garrel, on y va avec les Maliens)..
Eriksen, d’accord, je vais vs rejoindre qq mn sur votre terrain, tant votre 8h46 comme svt est solide. Si la question est, dans ce qui m’a été donné de voir pour l’instant, est-ce que je préfère JCharles Hue à Léa Mysius la réponse est oui. « Mange tes morts » développe une autre énergie, on ne sent pas la construction comme ds Ava, où tt est bien fait, des couleurs au choix de la musique, mais où justement on sent encore un peu de « fabrication ». Chez Hue il y a une pulsation non commandée, voire qui peine à être encadrée correctement, ce qui donne au film sa patte particulière, un grain non prédictibles. J’en conviens. Pourquoi je ne le mets pas en avant, le réserve (au risque de vous paraître exagérément tolérante envers la jeune cinéaste ?) à des conversations de type à bâtons rompus plutôt que de l’inscrire ds le dispositif critique ? Je ne vs ferai pas le coup de vs rappeler que c’est son travail de fin d’études à la Fémis – comme s’il fallait invoquer la jeunesse de l’auteur pour prévenir des faiblesses, alors que la maturité n’est pas non plus une question d’âge – Non. Je fais donc comme ça a été dit « avec ce qu’il y a dans le frigo ». Principe de la bonne cuisine fraîche. Je peche le poisson au lieu d’ouvrir la boîte de lentilles (le champ du sang de Judas).Et ce que j’ai trouvé ds le réfrigérateur d’Ava m’a paru savoureux à plusieurs titres, même s’il y a des façons sans doute ostensibles de prendre le spectateur par la main ? Pourquoi le faire (prendre le spectateur par la main ) ? ça c’est une question. Après, je ne vous parle pas de si je préfère Bras ou Rollinger, Pialat, Clint Eastwood ou Naruse. Encore une fois, ce n’est pas l’objet… Et je ne vs reproche pas du tout de le faire mais moi, en tant que critique, je me refuse à en passer d’abord par là – pas par complaisance (pourtant, Mister Dog pattes aux épaules, les trois en moto, déjà, j’étais aux anges, un jour je reparlerai du rapport des Gitans aux chiens, de mon rapport aux Gitans, aux chiens &vice versa),.. non non..rien à voir avec de la bienveillance convenue ni l’ouverture du robinet d’eau tiède.. plutôt le contraire : voir, en se tenant à une exigence épistémologique, dans un désir non pas de « comparaison » mais dans la volonté de ne pas tout mélanger, de garder la porte ouverte… laisser entrer l’air. Et ce que j’ai vu est vivifiant. Des défauts, c’est vrai.Un petit BA ba narratif, des clichés..mais aussi des dispositions évidentes qui vont pvoir se libérer à mesure que Léa Mysius se sentira moins « tenue de ». J’ajoute que Noée Abita et juan cano sont extra.Vos remarques aux uns et aux autres sur le chien, le prénom (au passage que dire pour reparler d’Hitch de « Eva Marie-Saint » ?), Goya, la perte de vue au centre, les pubis fournis, la mère frappée de contretemps éducatif, la lumière me font envie de revoir le film

Annelise dit: 24 juin 2017 à 14 h 06 min

Eriksen dit : Détestation des vieux, tous bedonnants et laids, fin de race de l’Europe déconfite qui semble mériter d’être rançonnée. Mère 68-hard bécassine et honnie qu’Ava expose à la vue d’une bande d’enfants, chevauchant un grand black. Flics horribles comme il se doit.

(« Et si c’était vrai »? comme dirait Marc Lévy -euh pardon,Jean-Pierre Foucault,euh, Michel, zut je m’ai encore trompée !)

JAZZI dit: 24 juin 2017 à 14 h 54 min

Ava caressant le sexe de Juan dans l’obscurité et disant : « Je l’aime bien, on dirait un petit animal »

Annelise dit: 24 juin 2017 à 15 h 00 min

Jazzi 14h54 pourquoi, ça n’est pas ça? Dire que je l’ai tjs cru.. . (le moment ou js de m’affranchir)

JAZZI dit: 24 juin 2017 à 15 h 11 min

Oui, et c’est toujours émouvant de le voir impérieusement se dresser : le plus bel hommage rendu à l’amant(e) !

J’aime beaucoup les décodages d’Eriksen, mais il est vrai que ça n’a pas de sens de comparer Jean-Charles Hue et Léa Mysius au sujet de la question gitane. Chez l’un elle est centrale, consubstantielle à ses films, chez l’autre elle est périphérique. Ava et Juan sont à la marge de leurs communautés respectives, ce dernier en est même chassé. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai été plusieurs fois ému aux larmes durant la projection de ce film où, même parmi les naturistes, rien ne semble me concerner !

Paul Edel dit: 24 juin 2017 à 16 h 41 min

Je me demandais toujours, en revoyant « les oiseaux » de Hitchcock, pourquoi un tel malaise depuis les premières images du film :tout a l’air faux, miné de l’intérieur,plastifié, dans des décors ,couleur de bowling vu par un lapin albinos halluciné, et je lis que Hitchcock refusait de filmer les gros plans en lumière naturelle ; ils furent ajoutés plus tard, en studio. Et surtout, surtout, qu’il fit reconstruire en studio tous les décors du petit port de bodega bay, boutiques, station- service, école, église, etc. ; d’où ce côté maquetté, repeint rutilant, comme les petites voitures dinky toys ou des paysages peints en miniature sur des etiquettes de bouteilles de bière..ou des villages minuscules de couvercles de boites à fromage.. en jouant d’une inauthenticité totale ;ce qui permet au réalisateur de donner des présence presque surréelles , comme trop saturées chimiquement, et avec ces paysages des séries de collines comme des jouets trop repeints, des maquettes de paysages pour trains électriques pour chambres d’enfants. Notez des chevelures comme des perruques,des maquillages de mannequins en vitrine, qui installent à notre insu de spectateur, une idée d’un monde macabre, légèrement momifié, tout est effleuré d’une touche macabre.
Le réalisateur, âgé, s’est transformé en thanatopracteur..
tout ce qui meuble le port de bodega bay, les chaises, les balançoires, les canots, les enfants et leur chorale,institutrice irradient de quelque chose de macabre.. les lieux sont saisis dans une atmophère orageuseet un éclaurage lateral filtré de fin du monde..,avec des fausses tables vernies, des visages aux matières terreuses ou trop fardées, bref nous sommes dans un funérarium.., tout ca dans une espèce de soirée d’été interminable et vaguement cauchemardesque.., et tout :l’eau de la baie, le cieel, la terre a k’aauir d’être chargé d’une électricité lourde et maladive. Tippi Hedren a un regard de petite fille poupée préservée dans la cellophane d’une vieille boite.. trop joliment peinte et coiffée poupée qu’un bec de goeland pique pour que coule sur ce teint de porcelaine un mince tr ait rouge d’une inquiétante sensualité sadique.et cela finira dans une folie de défiguration.. Mais le tour de force dans cet univers photographique qui semble sorti d’un vieux numéro de Life technicolor, c’est le regard d’un bleu acier, si rapace de la mère de Rod Taylor, regardant la jeune femme blonde Tippi Hedren ,qui vient lui voler son fils..c’est elle, avec ses prunelles , figées,vrillantes, l’oiseau de proie fait le plus peur .

Roro dit: 24 juin 2017 à 17 h 34 min

CP
Annelise
pas le temps de tout lire
ni d’aller au ciné
(En tout cas on ne peut pas apprécier tous les acteurs ou -trices)

christiane dit: 24 juin 2017 à 17 h 55 min

Ah, mais j’avais raté le commentaire d’Ericksen de 8 h 46 ! Je n’avais lu que la question du 8h47 ! Je comprends mieux celui d’Annelise !
Vous avez le chic pour faire revivre certaines certaines scènes.
Pour les gitans, j’ai bien aimé ces suites baroques où sur fond de pièce montée, Ava, cherche à se faufiler dans la caravane de Juan à tâtons.
Je ne connais pas le cinéaste que vous évoquez, ni ses films mais j’ai lu le témoignage bouleversant d’une rescapée tsigane, Ceija Stojka : »Je rêve que je vis ? Libérée de Bergen-Belsen » (éd. Isabelle Sauvage- 2016).
Libérée de Bergen-Belsen, elle se souvient. Elle avait 11 ans… Elle y passa 4 mois avec sa mère, terrorisée… souvenirs de l’horreur : “J’étais toujours assise entre les morts, c’était le seul endroit toujours calme.” , mangeant la laine des vêtements et les lacets de chaussures pour ne pas se livrer au pire, comme d’autres…(L’expression « mange tes morts » y prend tout son sens), buvant la goutte d’eau déposée par le brouillard sur les fils barbelés cernant le camp…
Maintenant, elle dit : “Quand je vais à Bergen-Belsen, c’est comme une fête ! Les morts volent dans un bruissement d’ailes. Ils sortent, ils remuent, je les sens, ils chantent, et le ciel est rempli d’oiseaux. C’est seulement leur corps qui gît là. Ils sont sortis de leur corps parce qu’on leur a pris la vie violemment. Et nous, nous sommes les porteurs, nous les portons avec notre vie.”
Je ne trouve pas que Léa Mysius a raté certaines scènes. (peut-être, Ericksen, les auriez-vous tournées différemment).
Votre développement « christique » me sidère. Jamais fait ce rapprochement…
Ce film est passionnant, à chacun son regard. La discussion l’est tout autant. J’adore le souvenir de Jazzi. J’avais trouvé très beau le… petit animal endormi…

alley car dit: 24 juin 2017 à 18 h 12 min

La modération me fait des misères … Alors disons qu’il fut marié en deuxièmes noces avec sa cousine germaine (et deux enfants naquirent de cette union qui dura treize ans) car il a été marié sept fois ; et il est toujours en vie.

christiane dit: 24 juin 2017 à 18 h 24 min

Étonnante mémoire des « oiseaux » d’Hitchcock sous la plume de Paul Edel. Quel humour !
Rien ne venait me rassurer quand j’ai vu ce film et aucune explication scientifique n’était donnée à cette folie des oiseaux. J’ai oublié le début, ne l’ai jamais revu. Je me souviens juste des battements d’ailes, du comportement étrange des corbeaux noirs, se posant sur une structure métallique, s’accumulant :
https://www.youtube.com/watch?v=pScoDK0Csok
et du visage terrorisé de Tippi Hedren. J’étais terrifiée ! N’est-ce pas elle qui a joué plus tard dans « Pas de printemps pour Marnie » ?

Annelise dit: 24 juin 2017 à 18 h 26 min

Non non Christiane, l’expression mange tes morts n’agite pas exactement ce que vs y mettez 17h55..les Yéniches ont un rapport très différent à la mort, au deuil, à l’injure, au clan(les Gitans fréquemment aussi),je connais ça de près .. l’invite à l’ingestion croyez-moi ne présage rien de bon..ni non plus « b..tes morts ds leur cercueil », usité par grosse colère, dépit ou malheur. Le rite en particulier est important,la question de la mémoire, aux talismans ou au repos très idiomatqiue..et l’acculturation passée par là fait des ravages..hélas pas le tps de vraiment développer ce soir..Eriksen ne dit pas que LM a raté des scènes, il dit les bornes qu’il y a vues..bel échange de points de v entre vs ts

Annelise dit: 24 juin 2017 à 18 h 39 min

Alley car : le petit tailleur? Lui c’était 7 d’un coup. Qu’elle est vilaine, la photo.. thanatopracteur, horreur. Je hais aussi les taxidermistes. Midnight in Paris chez Deyrolle,ou Wes Anderson qui, s’il avait pu, aurait monté un renard ou un blaireau empaillés en pendentif ?Ou le goût très space de Lynch ou Michael Jackson là-dessus..forme de fascination pour les vanités qui voudrait réussir à passer en-dessous de la pellicule du vivant (alors que pas comme ça qu’on y réussit)

Annelise dit: 24 juin 2017 à 18 h 49 min

Oui, Marnie..à un moment elle est habillée avec un rideau kaki à la Gianbattista Valli, (diplômé pourtant de Central Saint Martins comme S, votre vénéré modérateur ici!)styliste italien actuel ultra prisé qui a massacré quelquefois Rooney Mara, il faut le faire..Tippie H réussit qd même à être belle en face de Sean Connery..en jaune flattant l’encolure du cheval, en blonde, en brune..
Essayez de voir le Jean Charles Hue, Christiane. Un beau Jean-Vigo plus « dur », mais.. Contente que Léa Mysius vs ait plu.La « dévoration » tsigane (c’est le mot adéquat), encore autre chose

Paul Edel dit: 24 juin 2017 à 19 h 09 min

Tippi Hedren était une inconnue avant qu’ Hitchcock lui confie le rôle principal dans « les oiseaux ».
On a su plus tard que l’équipe de tournage fut à l’époque scandalisée par le sadisme avec lequel hitccock lui faisait balancer des oiseaux vrais ou mécaniques à la figure jusqu’à ce qu’elle craque… psychologiquement..jamais il n’aurait osé faire ça avec une Grace Kelly ou une autre comédienne connue; mais il fut si content du résultat sur la pellicule, que l’année suivante,il confia le rôle de « Pas de printemps pour Marnie. à cette Tippi Hedren qui, ancien mannequin, portait si bien les tailleurs verts amande.

C.P. dit: 24 juin 2017 à 19 h 19 min

Le dernier commentaire de Paul Edel à propos des « Oiseaux »me paraît vraiment très juste (outre la question du désastre écologique dont il a parlé auparavant).

La prem!ère fois que j’ai vu ce film, le « décor » en effet funèbre et Tippi Hedren elle-même me faisaient peur.

Annelise dit: 24 juin 2017 à 19 h 31 min

Oui..le vert tilleul, b aussi. Phil avait commencé de charger la barque en parlant du « pervers » Hitch – ce dont on ne doutait pas et que « Hippi, A memoir  » ne dément pas trop : « c’était sexuel et immonde », dira-t-elle. « il s’est jeté sur moi ds la limousine »
…à l’arrière des berlines, je suis le roi des scélérats (dixit Bashung..vs déteignez sur moi, Alley..Osez osez)

Eriksen dit: 24 juin 2017 à 20 h 03 min

vous avez raison, Annelise, j’aurais du dire « les gitans sont un peu clichés » tout court, au lieu de donner un contrexemple avec JC Hue.
Je trouvais cela un peu court, justement, mais n’avais pas l’envie non plus de renter plus avant sur ce qui m’avait gêne dans Ava et les gitans. Je dirais donc, sans faire de comparaison, que l’exploration embellissante de la réalité ne me plait pas trop, et que c’est ce que j’ai ressenti avec Ava (en ce qui concerne les gitans).
Là ce qui nous divise sur ce film, je pense, se situe sur l’appréciation d’une certain binarisme chez Lea Mysius. Vous pensez que c’est une erreur de jeunesse, moi non.
La maladresse, cela se corrige par foi (pour le meilleur ou pour le pire). Mais le tropisme qui tend à magnifier ce que l’on aime et noircir ce que l’on déteste c’est une donnée je pense presque hormonale, essentielle, un formatage fait d’inné et d’acquis. Incontestablement cela fait aussi des grands artistes. Mais pas ceux que j’aime

Annelise dit: 24 juin 2017 à 20 h 07 min

Eriksen dit « La maladresse, cela se corrige par foi (pour le meilleur ou pour le pire). Mais le tropisme qui tend à magnifier ce que l’on aime et noircir ce que l’on déteste c’est une donnée je pense presque hormonale, essentielle »
Brillant

Eriksen dit: 24 juin 2017 à 20 h 13 min

vous m’honorez.çà n’empêche que vous aurez peut-être raison pour Léa Mysius. c’est ce que je lui souhaite.

Annelise dit: 24 juin 2017 à 20 h 26 min

Ms je n’ai pas dit qu’il s’agissait d’une erreur de jeunesse. Bien plutôt une façon de se sentir,ou d’être tenue à une lisibilité, dont il est possible de s’émanciper ensuite pour donner la mesure d’un talent singulier dont l’ADN est déjà là

C.P. dit: 24 juin 2017 à 20 h 51 min

Je n’ai pas vu « Ava », mais juste comme ça : c’est drôle et bien qu’à trente-trois ans de distance un film de cinéaste-auteur jeune (Leos Carax avait vingt-quatre ans) fasse un effet de réception assez comparable à celui de « Boy meets Girl ».

Eriksen dit: 24 juin 2017 à 21 h 08 min

« d’être tenue à une lisibilité » c’est très beau

Ce qui la tient est peut-être ce que l’on évoquait plus haut: cette « donnée », à la fois moteur par l’amour et frein par la détestation. C’est sa part de liberté qui lui permettra de trier le bon grain de l’ivraie.

JAZZI dit: 24 juin 2017 à 21 h 54 min

A noter que la taxidermie hitchcockienne, dans « Psychose » va jusqu’à l’empaillement ou la momification de la mère ! S’il n’avait été cinéaste, Hitchcock aurait été serial killer !

olga dit: 25 juin 2017 à 1 h 14 min

« couleur de bowling vu par un lapin albinos halluciné.. » vous avez de ces fréquentations,Paul Edel !!J’y voyais plutôt un roman-photo, tout bien harmonieux, la jolie dame en vert-amande,au teint de porcelaine, chiquissime,une si jolie petite baie,et je me demandais dans quelle galère il (hitch) allait bien pouvoir l’entraîner, aucun précipice en vue,pas de nuage noir..Vrai challenge.Tippi ne peut tout de même pas se noyer…Et vlan, les oiseaux débarquent.Je le vois plus en serial killer qu’en thanatopracteur.Tout ce beau monde,en voiture! En plus, les 3 femmes à bord « famille réunie »,en route pour nulle part, on se fait du souci.. la fin ,faussement consensuelle, est assez noire, Tippi H.ignore ce qui l’attend..
Bon, je vais essayer d’aller voir Ava..

Roro dit: 25 juin 2017 à 6 h 56 min

JAZZI dit: 24 juin 2017 à 21 h 54 min
il paraît qu’il a subi un horrible traumatisme dans ses jeunes années

JAZZI dit: 25 juin 2017 à 7 h 57 min

Oui, Roro, son père, enfant, pour le punir de sa désobéissance, la emmené au commissariat et, de connivence avec l’officier de police, a demandé qu’on le garde en cellule : la trouille de sa vie et la naissance de son génie particulier !

tristan dit: 25 juin 2017 à 9 h 08 min

« …ou la momification de la mère ! S’il n’avait été cinéaste, Hitchcock aurait été serial killer ! »
…ou archéologue !

Annelise dit: 25 juin 2017 à 10 h 33 min

Okja, appel au boycott? Vs me l’apprenez – me voilà de nveau en peine de relai, Facebook ondulant comme le monstre ds The Host, plus d’accès à MP et svt pas de réseau du tt, y compris pour venir ici sur RdC..outre que cela m’angoisse, je ne peux même pas lire la presse… votre remarque est juste. En revanche, Hitch archéologue? Hum. J’en connais plusieurs et concrètement, il me paraît bcp trop gros. .les fouilles c’est épuisant et très physique, y compris lorsqu’il s’agit d’épousseter, il y a comme un geste calligraphe qu’il vaut mieux maîtriser d’emblée. .son côté doigts boudinés fait que j’y crois pas trop.. ou un travail de bureau, de recherches? Pour l’arrière de la limousine sous Tippi, dommage que Mme Hedren n’ait pas été l’amie de Nomi Malone de Showgirls (j’ai dit toute ma tendresse, mon appréciation en connaissance de cause du petit coup de rein avec stilletos « spécial danseuse » appliqué sur barbu crade, si espièglement filmé par Verhoeven).. oui le féminisme a parfois de ces douceurs
Bon, et Ava?..

Annelise dit: 25 juin 2017 à 10 h 45 min

Ne boycottez certainement pas Okja Tristan svp! Park Chan-wook, Hong S-s, HSs, Yang(+) et Bong, is name is Bong font partie d’un cinéma que j’ai découvert relativement tard – au moment de The Host, en l’occurrence pour ce dernier.. croyez-moi c’est un acte virtuose, profond sous l’hirsute, plein d’humour, fin, bourré d’inventivité, de drôlerie ms également d’une certaine mélancolie latente.. j’aime décidément a priori bcp

Phil dit: 25 juin 2017 à 10 h 47 min

lis à rebours que le fil de la discussion a bien cerné le gros Hitch pour finir en beauté avec Marnie, film cul()te des séries B et testament du réalisateur « immonde et sexuel » (même les traducteurs sont de série B…CP devrait nous donner la version originale de cet « immonde et sexuel » à l’insu de son plein gré).
« Marnie » met en pâture l’étalon james bond dans un technicolor formidable de kitch (pauledel l’a bien dit pour les oiseaux), le viol consenti suinte à tous les plans, le gros Hitch est à son affaire, fils de vendeurs de poulets, comme Himmler. bon dimanche.

Annelise dit: 25 juin 2017 à 10 h 58 min

Phil vs êtes parfait.. la scène du viol conjugal « à l’insu », en effet d’anthologie.. à la fois Sean est extrêmement courageux ds son entreprise qd on voit la chemise de nuit dont le pervers fils de marchand de chicken aux hormones affuble la grande Tente ? Réal tres méchant… et la scène avec la mère, l’enfilade des maisons où maman faisait un drôle de métier qu’on espère lucratif m’a tjs rappelé discrètement la marinière, les pubs pour « Le Mâle » JPG

Annelise dit: 25 juin 2017 à 11 h 07 min

Allons bon je n’arrive pas non plus à ouvrir votre lien pour lire l’article, Tristan. Je voulais justement mettre en twit sur RdC des diffusions d’Okja prévues en plein air, à Nantes &Bx, je n’y arrive pas, ni twitter ni non plus à aller sur FB, ça déconnecte en 1mn zut

Phil dit: 25 juin 2017 à 11 h 12 min

right, Annelise, j’avais oublié la marinière du matelot manière genet qui querelle la mère à Marnie.
Tout est bon dans le gros Hitch (qui voulait zigouiller la mère de jr ewing du dallas de notre jeunesse. un pervers polymorphe)

Annelise dit: 25 juin 2017 à 11 h 24 min

Miss Ellie, la Barbara Bel Geddes (pas d’internet google pour vérifier l’ortho…)Dans mes bras, Phil !Son univers impitoyable.. si je vs disais qu’à Science-Po c’était mon sujet d’exam « Dallas »…j’ai eu comme une hésitation, avant de faire tout mon gd O (gd oral) sur le soap…les mouches volaient…comme une petite peur au ventre. Ensuite ils me disent finement « rien d’autre »? Je prends l’air vague en avançant timidement (j’avais pris soin que le tps soit écoulé)… JFK? Ils abondent. Enfin qd même on ne peut pas tjs parler de tout, non?

Phil dit: 25 juin 2017 à 11 h 46 min

annelise, les petits déjeuners à jus d’orange au bord de la piscine de jr avec sa mère sont des lieux de mémoire que Nora devrait refourguer dans sa bible, histoire de ventiler le reste.
ne nous dites pas que vous avez fait votre doctorat sur wonderwoman.

C.P. dit: 25 juin 2017 à 12 h 18 min

Phil, je ne connais bien que le document « Tippi Hedren : Alfred Hitchcock tried to destroy my carrer », que vous retrouverez facilement. Vous savez que le témoignage de Tippi Hedren, même consolée sinon confortée par Kim Novak, a été discuté. Bah ! Ces choses sont désagréables, mais elles nous ramènent à l’influence sur les acteurs de réalisateurs qui ont les défauts de leurs qualités, et peut-être des traits psychiques au fond ordinaires que le pouvoir fait mousser.
Il ne manque pas en France de ces réalisateurs… y compris de ceux qui crachent sur tel ou telle qui fut leur vedette, parce qu’il ou elle avait été par eux mis en lumière. Je ne donne pas d’exemples, ils traînent partout.

Roro dit: 25 juin 2017 à 12 h 24 min

JAZZI dit: 25 juin 2017 à 7 h 57 min
on m’avait parlé d’un autre truc (supplémentaire) tout aussi angoissant sinon plus, de la part de sa mère cette fois, mais j’ai oublié

JAZZI dit: 25 juin 2017 à 12 h 39 min

Oui, C.P., on se souvient de la querelle d’Abdellatif Kechiche avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos à propos du film « La vie d’Adèle ». Le mieux est de s’en tenir aux films, en général, mais Phil aime la polémique !

Petrus dit: 25 juin 2017 à 14 h 02 min

Quelqu’un a peut être déjà parlé du dernier film de Schroeder, tant pis, je n’ai pas le temps de vérifier…
Je ne sais vraiment pas pourquoi je croyais que Barbet Schroeder avait disparu des écrans depuis « More » dont j’écoute toujours la BO 48 ans après. En fait, Barbet Schroeder n’a jamais cessé de travailler, il a même déployé une intense activité comme réalisateur, comédien (je l’ai vu sans le reconnaître dans plusieurs films) et producteur : « Le genou de Claire », par exemple c’est lui.
Mea culpa.
J’ai donc vu hier « Le vénérable W. » Là encore je confesse mon ignorance : de la Birmanie je ne connaissais que la junte militaire, l’assignation à résidence de la belle Aung Sang Suu Kyi et son accession au pouvoir quotidiennement fragilisée, menacée. J’ignorais que des minorités musulmanes, les Rohingas, fussent l’objet de persécutions d’une rare violence orchestrées par certains moines bouddhistes à la tête desquels le vénérable et souriant Wirathu qui se laisse complaisamment interviewer par Schroeder, proférant un discours aussi zen que haineux, ahurissant paradoxe. Tout de même même, sur scène, devant des foules captives qui répètent docilement ses slogans, il se lâche un peu et ce n’est pas beau à voir. Encore moins à entendre. Je ne vais pas tenter de disserter ici sur la religion bouddhique, les religions en général, la violence et le racisme, d’autres le font beaucoup mieux que moi. Je veux simplement dire que j’ai vu un film intelligent, bien construit, sans pédanterie et sans effets, un véritable travail de cinéaste. L’équilibre est parfait entre les images d’archives, les images tournées par des amateurs et celles filmées par Schroeder toujours belles, jamais anodines comme dans tant d’autres « docus ». « Le vénérable W. » décline une gamme splendide, du jaune safran des robes des jeunes moines au rouge sombre de celles de leurs aînés. Le sang, que ce soit celui de ces malheureux Rohingas dont on a fracassé le crâne à coups de bâton ou celui, artificiel, des DVD de propagande du Vénérable est lui, vermillon. Il y a aussi les flammes orangées qui s’élèvent dans la nuit tropicale, détruisant mosquées, habitations et commerces. Âmes sensibles s’abstenir, disait-on autrefois, certaines images vont me hanter longtemps. La haine engendrant la haine, on peut craindre, sans grand risque d’erreur, que Daesh ou l’une de ses filiales ne s’implantent bientôt en Birmanie sur un terreau fertile..

JAZZI dit: 25 juin 2017 à 20 h 42 min

C’est le film que je suis allé voir cet après-midi, Petrus. Moi, j’ai toujours suivi la carrière de Barbet Schroeder, jusqu’à son dernier film, de retour à Ibiza avec Marthe Keller. Mais je suis sorti plutôt confus de la projection de « Le vénérable W. ». J’en savais pas plus que vous sur la question, mais je connaissais le film loufoque qu’il avait fait sur Amin Dada. Entre la grosse voix du bouddha dictateur et la petite voix du bouddha traditionnel dite par Bulle Ogier, j’ai pas très bien compris qui étaient les gentils et qui étaient les méchants ? Quant à « la belle Aung Sang Suu Kyi », elle ne vaut guère mieux. C’est inquiétant pour la suite !

Petrus dit: 25 juin 2017 à 22 h 27 min

@ Jazzi 20h42. Je crains que la frontière entre « méchants » et « gentils » ne soit très, très floue, et pas seulement en Birmanie. Quant à Aung Sang Suu Kyi, il me semble qu’elle est condamnée à faire un grand écart permanent pour se maintenir au pouvoir et que ce doit être épuisant. Vous avez vu la gueule des militaires Birmans dans leurs uniformes vert grenouille ? Leur sens de l’humour paraît affreusement limité. Ceci étant, si demain on apprend que Aung Sang Suu Kyi a sciemment laissé commettre des horreurs ou mis les doigts dans la confiture, je ne tomberai pas de ma chaise, j’ai perdu tout espoir en l’homme (en la femme en l’occurrence). Ça ne m’empêche pas de la trouver séduisante. Peut-être pas autant que Kim Min Hee. Car ça y est, je l’ai vu, enfin, « Le jour d’après », dont vous avez tous très bien parlé (surtout Annelise) je ne vais pas revenir dessus, encore que si quelqu’un s’y connaît, en technique, j’aimerais bien savoir quels objectifs a employé le chef op’ et comment il a fait pour éclairer l’arrière-plan aussi violemment et conserver la douceur des visages… Je suis encore ébloui au meilleur sens du terme. C’est autre chose que Garrel, pardon à ses afficionados ! À propos est-ce qu’il serait possible de mettre en place, sur le blog, un petit moteur de recherche ? On taperait, par exemple « Kim Min Hee » et l’on retrouverait tous les « posts » qui la mentionnent ? Je ne connais rien en informatique, c’est peut-être compliqué, ou hors de prix ?
@alley car 18h30 : moi c’est Boko Haram qui m’enchante. Au début de croyais que c’était un groupe pop des années 60. « Night in white satin », vous vous souvenez ? Enfin pas forcément, vous êtes peut-être jeune…

alley car dit: 25 juin 2017 à 23 h 02 min

Si je me souviens du jeune juge en bois brut et du proc de la république …Aussi bien que de mon premier tube de Pento

P. comme Paris dit: 26 juin 2017 à 2 h 11 min

Visage allongé, regard clair myope d’héroïnomane décavée, nez fin et osseux s’incurvant sur la gauche, sourire s’étirant en larme soulignant la courbure du nez, dents de lapin nettement marquées, cou gracile, salières en auge à parfum pour colibris et crinière à la « va comme je te pousse ».
Une gueule, quoi.
Un visage qui se remarque.
Vous n’avez pas l’air d’apprécier photographes.

Heureux de vous trouvez taulière sur ce bolg, vous avez l’air de savoir le tenir.
Je vous souhaite la bienvenue :
et je doute, pour les bons crus, que vous soyez incapable d’en trouver sur votre route. La façon dont vous en parler au détours d’un sujet me fait croire que quiconque en parle en connaissance vous ferait visiter sa cave. J’espère seulement que vous êtes encore de ceux qui refusent obstinément le plastique.
Que vous vous habilliez en sac de toile, quelle importance, mais une bonne bouteille mérite le cristal.

Bonjour.

P. comme Paris dit: 26 juin 2017 à 2 h 19 min

Petrus, il est tard, mais si le sujet vous intéresse, pour ce qui est de la Birmanie actuelle et de ce moine soit disant bouddhiste, nous pourrions approfondir. Quant à ce qui est de la religion et ce qui tient de la philosophie, il ne faut pas confondre.

Sur ce, bonne nuit à toutes et à tous en cette fête de l’Aïd.

P. comme Paris dit: 26 juin 2017 à 2 h 28 min

Un bon point en plus pour vous, Annelise, vous êtes restée à l’heure hivernale, celle des bolets et des escargots.

J’m'en vais m’pieuter hilare!.

Annelise dit: 26 juin 2017 à 7 h 30 min

Merci, P comme Paris, bienvenue à vs..Vous m’avez forcément rencontrée, pour dresser à 2h11 un portrait physique aussi juste… « Regard clair myope de décavée héroïnomane », vs arrêter à « clair myope » suffisait. Ayant eu pas mal d’amis, en particulier musiciens, sur lesquels j’ai vu les ravages, j’ai préféré m’abstenir, entretenir ma verdeur ou mon bleu fouillis en laissant se refléter les cèdres et les châtaigniers, les lacs ou les forêts de pins sur l’iris. Sans « ne pas apprécier » les photographes, disons qu’il faut qu’il y ait des motifs pour poser, montrer, échanger ou regarder – voir une photo est très intime pour moi..j’enregistre ou je collecte sur mon bureau celles que j’aime, qui m’émeuvent..pas les miennes, veux-je dire..Longtemps pensé qu’il s’agissait d’une mémoire supérieure, comme de parler des, ou penser aux morts, je n’en suis plus si persuadée.. Les Gitans (j’en reviens à vs Christiane) par exemple n’aiment pas parler des morts, ni garder des effets leur ayant appartenu. Ils estiment que c’est troubler le repos, qu’au bout d’un moment il faut leur donner quitus, revenir à une place dégagée du morbide où ils (les morts) désirent ns voir remis, tandis qu’eux acquièrent le droit de reposer ds le tps, à l’abri des passions, du regret et même du chagrin.. je trouve cela assez compliqué mais..
Une remarque au passage, P-A-R-I-S(j’épelle comme ds la chanson de Daniel Darc) : je trouve déstabilisant que vous, vous connaissiez mon nom, mon visage et ma silhouette, tandis que je n’ai pas idée des vôtres. Je ne sais pas si vs êtes le monsieur qui m’avait « commentée » à la piscine mais si c’est le cas, ne refaites pas,ou je vous exclurai. Il ne s’agit pas d’une menace, c’est une certitude
Ah vous avez vu?.(2h28), l’horloge est récalcitrante oui.. je vs ai dit que le modérateur qui a aidé initialement sur les trucs techniques ici est diplômé de CSM..le farceur ns aurait-il mis à l’heure de Londres?..Petrus, sur la demande sur le moteur de recherche, hum.. en ce moment tt mon attirail informatique en capilotade, plus de Facebook ni Twitter et je ne vois déjà pas comment réparer..Apprécié votre post et échange avec Jazzi sur Barbet Schroeder
Quid d’Ava otros amigos?

Annelise dit: 26 juin 2017 à 7 h 50 min

Petrus, vs reparliez de Kim Minhee ds Le jour d’après en inclinant Alley aux nights in white satin et en remettant une tournée au passage sur Garrel, jaloux que vs êtes..
Je vs rétorque par Procol Areum !…moustache et ralenti for ever, tt ça avant le Brexit
https://www.youtube.com/watch?v=Mb3iPP-tHdA
Après, étonnez-vs qu’Ariane vole ds l’escalier le rejoindre…quel tombeur

Annelise dit: 26 juin 2017 à 8 h 10 min

Shade of Pale mon oeil..Le moustachu en cape Sergent P à 0’39, au pied du clocher façon Vertigo,fort.. ce style de slove érotique I confirm laisse loin derrière ds le Dakota les fifty shades de la petite-fille des Oiseaux

Sylvain dit: 26 juin 2017 à 8 h 17 min

P comme Paris 2.11:j’avais vu Annelise dans une librairie parisienne:trés mimi!!

(j’en reste là,Annelise).big classe hitckockienne.vous ressemblez à Rosanna arquette.

Okja je comprends pas le PB(Tristan l’article du fig):ce sera diffusé ou pas?

Quelqu’un peut m’expliquer?

Phil dit: 26 juin 2017 à 8 h 30 min

merci CP pour votre analyse des comportements hitchcockiens. le « sexuel immonde » me rappellait simplement certains passages de Miller (Henry) si mal traduits en français. Le biopic monumental (what else)de Donald Spoto (nos amis américains retournent les vies comme des champs mais ne ramassent pas toujours le meilleur. manque le coup d’oeil paysan), nous en apprend de belles sur les goûts du gros Hitch, mais c’est un autre sujet.
Barbet Schroeder a donné du premier coup son chef d’oeuvre « More » sans trop y croire, difficile de renouveler, syndrome Carax. Son histoire de bouddhiste enragé ne semble pas bien comprise comme il le souhaitait.
L’avant dernier film, retour à Ibiza, bien décevant, Ganz en prévisible caricature de soldat de la Wehrmacht, bon pour passer chez Arte. contrairement à l’impression, Schroeder n’est pas Allemand et n’en a pas la culture. Il y a de la haine recuite chez ce P comme Paris.

Annelise dit: 26 juin 2017 à 9 h 04 min

Schroeder est Iranien ds mon svenir ms j peux me tromper et pas de google p vérif, ça n’arrête pas de sauter.. Sylvain désolée de n pvoir dévlp

fontebranda dit: 26 juin 2017 à 9 h 41 min

Suite de mon Anthologie Littéraire de Critique Cinématographique d’Anticipation, même si Musil commentateur de Vertigo a fait un four (ça arrive aux meilleurs).
Venant confirmer la vision prométhéenne des Oiseaux par Paul Edel, Aragon en technicolor et son surround :

… cela jette sur moi la rousse odeur des plumes
Un jacassement de nuée
Jaune et rouge un tournoi de becs implacables
Le bruit dément d’une source d’ailes
Tu viens sur moi tu viens épouvante légère
Poussière de peur aérienne
Ô volante panique voilà voilà sur moi
J’entends leur cœur sous le duvet
Les oiseaux la foule impalpable des oiseaux
La faim féroce et folle des oiseaux
Éternellement sur moi la tempête des oiseaux
Le poignard innombrable des oiseaux
Monstrueux amour du ciel avec sa victime
Accouplement de la vie et de la mort

Phil dit: 26 juin 2017 à 9 h 45 min

non non, Schroeder a un parent suisse mais il est né à Téhéran car son père y exerçait sa profession (archéologue ou ingénieur, ne sais plus très bien).
Reste que sa vision de l’histoire allemande servie dans « Ibiza », son avant-dernier film, souffre d’artéisme.
Le premier opus sur Ibiza (More) qui nous montrait un nazi retraité, bien meilleur dans sa vérité crue. quarante de palabres sur la culpabilité ont brouillé le message.

C.P. dit: 26 juin 2017 à 10 h 46 min

Phil, j’ai vu moi aussi « Le Vénérable W. », et je comprends aussi bien Petrus que Jazzi / Jacques, ayant eu le sentiment qu’il y avait d’autres choses en Birmanie, trop vaguement remuées DERRIERE le discours en somme superficiel du personnage et l’agrément des couleurs.

Accord avec vous touchant Barbet Schroeder, producteur méritant puis polycinéaste comme on dit qu’il y a dans les lettres des polygraphes. C’est une curieuse carrière, et le second « Ibiza » était plutôt convenu, en effet. J’ai cependant un assez bon souvenir de « La Vierge des tueurs ».

Ce que je voulais dire pour ce qui concerne les témoignages sur Hitchcock, c’est que je n’avais guère envie de lire l’autobiographie de Tippi Hedren, dont des passages (parfois contestés par d’autres familiers et familières de l’homme) ont été donnés aux Etats-Unis, puis traduits, comme de « bonnes pages » croustillantes. Je sais que vous allez me comprendre si je dis que je doute un peu des moments où Céline, dans « Bagatelles pour un massacre » évoque les producteurs américains se faisant systématiquement lécher par des starlettes en recherche de rôles…

Eriksen dit: 26 juin 2017 à 11 h 14 min

Shaheen de Nothingwood contre Vénérable W (suite de Eriksen dit: 21 juin 2017 à 9 h 06 min )

Le film de Schroeder a aussi sa voix off fatiguée. Celle de Bulle Ogier est comme la lumière vacillante du Bouddhisme originel ou bien ce qui reste du rêve bouddhique déconfit de l’occident.
Si dans ses émissions et ses films Sonia Kronlund explore le bon côté de la nature humaine, Schroeder nous délivre ici le 3e opus de sa trilogie du Mal, après « Idi Amin Dada : autoportrait » et « L’avocat de la terreur ». Il m’avait semblé s’être fait un peu baladé par l’avocat Verges, mais il a repris ici la main sur sa méthode : laisser les egos se montrer et ne rien démontrer.
Du miel avec le vénérable W, dont le parcours est incroyablement hitlérien (racisme, appel aux meurtres, prison, écriture d’un livre sur la race, émergence politique fulgurante à sa sortie). Il délivre son discours jusque devant des enfants. Son immaturité frappe par ses mimiques enfantines et la manière ridicule dont il piétine de rage un morceau de tissu blanc devant la caméra (sa tenue de prison).
Comme Shaheen de Nothingwood, W est aussi scénariste, d’un film mettant en scène le viol et l’assassinat d’une femme bouddhiste par 3 musulmans. W a une perception vive de la propagande et de son adaptation aux médias actuels.
Le portrait de W réalisé par Schroeder semble à charge vu d’ici, mais ce n’est qu’une question de point de vue : W aurait probablement valider sans problème des 4/5e du film. En particulier les appels à expulser les musulmans, considérés comme l’avant garde d’envahisseurs visant à changer la Birmanie en Malaisie ou Indonésie ou Afghanistan, bien que la proportion de musulmans soit faible en Birmanie. Cela nous ramène à Nothingwood et au destin des Buddhas de Bâmiyân, ultime effacement des traces bouddhistes par l’islamisation qui ne s’est terminée qu’au 19e siècle, soit 1200 ans après son début.
Aung San Suu Kyi joue un jeu assez trouble, coincée entre son besoin de légitimité internationale et le faible niveau de « humaniste » de la majorité des birmans.
On ne voit pas grand-chose des musulmans dans ce film, sauf une scène d’émeute musulmane, où ils se comportent comme n’importe quels émeutiers de base. Schroeder montre très peu de modérés. Juste un moine apparemment bien éveillé à la fin.
L’Asie sous deux angles, l’irrationnel sous deux angles, le cinéma sous deux angles, l’humain sous deux angles, le bien le mal. Les deux films se nourrissent et se répondent.

C.P. dit: 26 juin 2017 à 11 h 28 min

Un remords à propos de « Amnesia », parce que Marthe Keller / Martha y est d’autant plus intéressante qu’elle joue un personnage PLUS âgé que son âge civil. Mais Phil a raison : Bruno Ganz y est mollasson.

Et me voici également, je crois, en accord avec Eriksen pour « Le Vénérable W. » : j’ai appelé discours superficiel (même si violent) ce qu’il appelle « immaturité ».

JAZZI dit: 26 juin 2017 à 11 h 59 min

Oui, Eriksen. Et le malaise est grand quand on a que le choix, pour un jeune Birman, qu’entre se faire moine moutonnier et tueur ou militaire autoritaire et indifférent. Même si la petite voix bouddhiste et fatiguée de Bulle Ogier nous rappelle que : « On ne triomphe pas de la haine par la haine, seul l’amour peut triompher de la haine ». On ne voit plus très bien comment faire passer cela dans la pratique !

Eriksen dit: 26 juin 2017 à 12 h 05 min

le Nourestan fut la dernière terre d’Afghanistan à rester majoritairement bouddhiste…(jusqu’en 1895).
A l’époque cela s’appelait Kafiristan (terre des infidèles) devenu Nourestan ensuite (pays de lumière).
Kafiristan, je pense que cela va rappeler quelque chose à beaucoup !
Où l’on retrouve Sehaan Connery, décidément partout sur ce blog.

P. comme Paris dit: 26 juin 2017 à 12 h 13 min

Annelise :

Ce n’est que le portrait par écrit de votre photographie.
Je ne vous ai rencontré qu’hier. Après un passage par la RDL, j’ai poussé jusqu’à la RDC. Là je suis tombé sur votre article. Le temps passant, après avoir déroulé le fil de la conversation ce qui m’a pris trois heures, je suis remonté à l’entête. poussant le curseur, je suis tombé sur cette photographie qui m’a interpellé.
Ensuite je suis sorti errer dans les rues de Paris de bar en bar. En rentrant, je me suis installé au clavier.
Pour ce qui est « regard clair myope d’héroïnomane décavée », c’est une expression de mon époque, cela aurait put-être « en descente de trip » ou « en descente de lit ».

Je ne sais pas si j’apprécie votre style, mais vous en avez un.
Je suivrai donc votre fil de discutions avec certains de vos intervenants.

En tout bien, tout honneur, bien à vous.
Mes salutations.

Phil dit: 26 juin 2017 à 13 h 44 min

dear CP, suis bien d’accord avec vous, où est le temps perdu à lire les con-fessions de nos stars aimé(e)s…les souvenir du souverain acteur Georges Sanders, pour qui j’ai ein faible comme on dit en allemand, (memory of a lad)? m’ont semblé agréables (some parts).
pour les us et coutumes des producteurs d’hollywood à l’époque de Céline, vous conseille les articles du frère du Cardinal Daniélou (oui, le frérot !) en route vers l’Inde (passé par L’os en gelé comme Colombus) assez sidéré par ce qu’il verra aux portes des studios. L’homme est de droite, certes, mais pas d’extrême comme l’imprécateur des lettres. Il virera bouddhiste, à une époque où l’on ne confondait pas avec une religion. Nous voici revenu à Schroeder. Son nazi de « More » est très authentique (le modèle habitait Majorca), le soldat Ganz cède à l’air du temps, manque de réalité.

Sylvain dit: 26 juin 2017 à 13 h 53 min

REM,rep en marche ou Rapid Eyes Mouvement?

Sur un des premiers album 1 moreceau qui s’appelle ANNELISE!!

Vous connaissez Michaeal stipe?(everybody hurts…hang on)

olga dit: 26 juin 2017 à 13 h 59 min

Fontebranda 9h41 . Superbe texte. Du meilleur, dont on parle peu souvent. Et pas besoin de Pléïade, on peut le glisser dans sa poche.
En parfait accord et avec PEdel et avec le film.

Eriksen dit: 26 juin 2017 à 15 h 47 min

à P.. comme Paris:
Je comprends votre trouble devant la photographie d’Annelise. Je l’avais jamais regardée de près, cette photo.
L’asymétrie du sourire me plait et j’ai tenté de la démêler, en doublant soit la gauche soit la droite. Il y a bien là deux personnes différentes. L’une au sourire un peu triste, lèvres et joue en lumière, les yeux dans l’ombre derrière leur auvent. Dans l’autre, la douceur des contrastes nous offre l’œil bleu d’une perspicacité, et l’auvent s’efface quand l’intrusion lumineuse se modère. Alors le sourire donne toute sa mesure, magnifié par les dents qui tendent vers l’ombre par meilleure acceptance et qui deviennent ici presque la source lumière.
Ravi d’échanger avec vous, Paris. Néanmoins je vous trouve quelque peu trouduc, à débarquer dans une maison en délivrant les bons points à la maitresse des lieux. Pas la meilleure manière de séduire votre Hélène.

récré dit: 26 juin 2017 à 15 h 47 min

Qui, pour filmer le couronnement -au château de V évidemment (reine grand-mère y compris)- pour faire rêver la populace restée « si attachée à la couronne » il l’a dit lui-même ( ne se trompe jamais)

C.P. dit: 26 juin 2017 à 17 h 08 min

Merci, Phil, vous faites allusion à des textes que j’ignore d’Alain Daniélou passant par les Etats-Unis. Je le connais seulement un peu comme musicologue, et également grâce à une vieille émission d’Apostrophes. Il me semble que ce n’était pas comme tenant de l’Inde bouddhiste, mais au nom de l’hindouisme qu’il critiquait les monothéismes, en particulier l’Islam, ce qui nous rapproche indirectement du « Vénérable W. »
Enfin, c’est la biographie de Jean Renoir par Pascal Mérigeau qui m’a appris assez récemment qu’Alain Daniélou avait été consultant auprès du compositeur de la musique du film « Le Fleuve ».

Petrus dit: 26 juin 2017 à 22 h 16 min

Pour autant que l’on puisse se fier aux informations d’Internet, Barbet Schroeder est de nationalité suisse, né à Téhéran, élevé en Colombie. Etudes secondaires à Paris.
Vous avez raison, Eriksen (11h14) d’après ce que j’ai pu lire, le Vénérable a validé son portait… Ceci étant, Schroeder dresse un portait à charge, les modérés n’y ont pas vraiment leur place me semble-t-il ?
Merci Annelise pour le lien : le degré zéro du clip vidéo… Avez-vous vu celui d’Annie Lennox revêtue on ne sait trop pourquoi d’une peau d’ours synthétique ? Je vous l’offre. https://www.youtube.com/watch?v=VZqPoriYXho
Et mille pardons d’avoir confondu « Nights in white satin » avec « In a whiter shade of pale ».
Merci enfin à alley car, la belle voix de Bukovsky réchauffe comme une gorgée d’alcool.

P. comme Paris dit: 27 juin 2017 à 2 h 02 min

(Trouduc, trouduc, trouduc!
Y’en a j’vous jure,…
finir dans l’irisation d’hydrocarbure parmi les rats crevés, plastiques divers, condoms et méduses!
-fut un temps…….. Shit.)

Hey, attendez d’être en face de moi pour me cracher à la gueule.

Ce n’était juste qu’un commentaire sur une photographie et un ressenti après avoir lu vos 450 posts et Cie…

Merdre de merdre.

http://ubu.com/film/welles_hearts.html

M’enfin quoi…
Et bonne nuit à toutes et tous.

christiane dit: 27 juin 2017 à 7 h 48 min

J’aime beaucoup de mille-feuilles. Enfin un vrai éphéméride. Ça s’accumule, devient une pile instable comme des vieux journaux dont on ne veut pas se séparer avec la poussière d’un grenier à peine troublée par les plumes fatiguées d’un hibou vénérable qui vient ici déposer ses souris et les oublie avant de s’éveiller à la nuit. Parfois on cherche un numéro ancien. On tire. Ça fait tomber toute la pile. On édifie à nouveau un échafaudage précaire. On trouve des plumes (9.41 – merci, Olga) qu’on n’avait pas lues. C’est bon. Notre grenier. Les amis. Des films, des photos, des incises sans queue ni tête, des morceaux d’anthologie et du temps, du temps qui passe et qui change les chiffres de la petite horloge jaune, chiffres de l’heure et de la date. Ça pourrait durait une éternité à l’abri de ce qui se passe dans le monde et qui n’a pas été filmé et projeté.
« …Et la sensibilité, l’espace d’un instant, était si étrangement bouleversée qu’on ne savait plus si c’était ce petit œil noir et vif qui tournait, ou l’immense immobilité des montagnes. On ne savait plus si c’était la volonté du monde qui s’accomplissait en vous, (…) s’il y avait encore des batailles, ou si déjà régnait l’éternité…. »
(La souris – « Œuvres pré-posthumes » – Robert Musil)

Phil dit: 27 juin 2017 à 8 h 14 min

merci CP, on en apprend en blog ! collaboration Daniélou Renoir inattendue, quoique..n’est-ce pas Mérigeau qui épingle la correspondance de Renoir xénophobe ? peut-être la même vision du monde.
Les articles de Daniélou en voyage à Hollywood dans les années 30 ont été réédités il y a quelques années.
(le portrait nocturne de P comme Paris est bien envoyé. au débotté ou sous l’influence de fumette ?)

olga dit: 27 juin 2017 à 9 h 44 min

A propos de Okja, ce matin sur France Inter, à 9h dans Boomerang, itw de Darius Khondji; exceptionnel.
Il parle avec finesse, intelligence, de l’art de l’éclairage,en grand technicien, en créateur, en poète. De l’évolution du métier, du ciné. Il rappelle la fin du « conformiste » de B.B. (l’italien) Dominique Sanda, ds les tout derniers plans.Trintignant sanda BB , le carré d’as ! je l’ai vu 3 fois,au moins.D.K. parle des collines coréennes, bleutées..(mes amis coréens sont là dans 4 jours….) De ces moments, parfois fugaces où un plan, un seul, peut changer toute la vision du film. A une époque, je pouvais reconnaître , par 2 ou 3 plans, la patte d’Agnès Godard,quelle « cadreur »!!
Bref, une envie folle de sortir de mon lit, c’est fait! Darius m’a ressuscitée.

C.P. dit: 27 juin 2017 à 18 h 03 min

Très simplement pour dire que j’ai été très heureux de participer un tout petit peu à l’activité de ce blog :

Je m’en vais à La Rochelle voir ou revoir quelques films, puis à New York, puis à Gorbio… J’espère bien vous retrouver tous, Guys & Dolls !

Pour Annelise, Christiane, Olga, Laura et les autres :

‘Round her neck she wore a yellow ribbon
She wore it in spring time in the merry month of May
And if you asked her why the heck she wore it
She wore it for her lover who was far, far away

Far away, far away
She wore it for her lover who was far, far away…

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