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La République Du Cinéma

« Eperdument » : les circonstances atténuantes

Par Annelise Roux

Lors de la 41ième édition des César, vendredi dernier, Florence Foresti et son comparse ès cérémonie ont taillé un petit costume à Guillaume Gallienne, prétendant l’avoir aperçu filant, poches non pas crevées comme celles de Rimbaud mais alourdies de cinq statuettes compressées par le sculpteur ayant donné son nom aux récompenses. Air connu, en ce qui le concerne : au passage, allusion à peine voilée à son phrasé, comment dire ? Particulier.

Or, si j’avais apprécié le numéro où il incarnait à la fois sa mère et lui, je n’ai jamais vraiment compris la distinction partitive opérée par le titre entre « Guillaume » et « les garçons », rapportant plutôt sa performance à celle de Dustin Hoffman dans « Tootsie ». Je ne le trouve pas maniéré. Un peu braque, au prétexte qu’il ne dédaignait pas revêtir la crinoline de Sissi ? Que celui qui n’a pas péché… Les comiques, dont c’est le métier et qui le font bien, n’ont pas à omettre que cette fameuse diction, qu’ils jugent peut-être emphatique, ou – à mon avis un contresens – précieuse, par sa précision même, on a pu le constater en écoutant Guillaume Gallienne lire de grands textes à la radio, a autant de pouvoir qu’un marteau-piqueur lorsqu’il s’agit de percer les réticences, d’atteindre et de faire vibrer quelque chose chez les gens, tous milieux confondus. Chez les intellectuels comme chez les gros bras, les prix de l’Académie française ou Albert Londres, les mères regardant Secret Story avec leurs gigasses de filles, les CAP de coiffure, les tourneurs fraiseurs épris de beau langage. Sa manière de donner vie à des écrits réputés difficiles par sa voix ondoyante, souple, expressive, fait tomber les barrières. Être capable de mettre K.O des boxeurs, des manuels qui comprennent soudain que Proust, Melville, la littérature, le théâtre peuvent aussi leur être destinés, je n’appelle pas cela être chochotte, voyez. Au contraire beaucoup de force, du courage, de l’insolence à déjouer les stéréotypes qui réduiraient la masculinité à traîner une fille par les cheveux, massue à la main.

Pendant la conférence de presse où j’étais appuyée contre le mur, le comédien m’a (tout à fait gentiment) interpellée sur le fait que je soupirais. Effet muleta – j’étais en rouge – ou parce que l’homme a décidément des yeux derrière la tête, qu’importe : il venait de dire que son personnage « embourgeoisé et paternaliste, qui voudrait avoir un petit côté Keanu Reeves sans y parvenir, assez égocentrique, dans le paraître, le gonflait un peu »… Ayant vu le film quelques heures auparavant, je soupirais pour plusieurs raisons. Pas entièrement d’accord avec lui. En matière de critique, sans dire que tous les avis se valent, ceux qui sont étayés méritent bien entendu considération. Guillaume Gallienne, les cheveux plus longs, mal rasé, ressemble davantage à Serpico ou à la limite, à Gabriel Byrne qu’à l’acteur de « Speed » ou de l’excellent « Point Break » de Kathryn Bigelow. Il a cette sorte d’occupation patricienne de l’espace, ce regard légèrement exophtalmique, poché, italien, cette pointe de lenteur ou d’inertie qui annoncent la tempête, et pas que de Shakespeare (je sais, il a des liens plutôt avec la Géorgie caucasienne, Colchide que je connais, que j’aime). Des réactions différées, explosives de façon rentrée, à la façon de Pacino ou du personnage d’Usual Suspects – passons, on ne va se battre sur ça… Je n’allais pas lui dire non plus qu’après le film de Pierre Godeau, si j’étais en prison, il m’aurait donné envie de faire du classement dans son bureau.
Sa composition de directeur de centre de détention déjà à la tête d’une belle carrière, en apparence serein avec sa jolie petite famille, tourmenté en secret par les failles, des rêves inaccomplis, une promotion sociale manifestement pas très bien digérée (l’allusion au père garagiste, sa manière de reprendre sèchement le fonctionnaire chargé d’une enquête à son sujet en lui rappelant son grade de « commandant », la façon qu’à sa femme -  Stéphanie Cléau, parfaite en épouse qui voit venir la bourrasque mais qui n’étant pas assujettie aux mêmes doutes, n’est pas prête à sacrifier qui elle est, ni ce qu’ils ont construit – de lui jeter au visage ses « complexes ») que l’arrivée d’Anna, une Adèle Exarchopoulos écorchée, boule de nerfs exaspérée de sensibilité, elle aussi, va précipiter dans la décompensation est fine, émotive.
Adèle Exarchopoulos en détenue mutique, secrète et blessée qui lors de son admission commence à se déshabiller sans attendre que la surveillante le lui demande traduit l’habitude de la malchance, le cercle vicieux, le désabusement et les erreurs qui peuvent vite faire basculer une vie dans l’ornière, les spirales négatives. Le rapport avec une mère aimante et infantile (Marie Rivière) qui ne la comprend pas ajoute une note d’humanité très juste.
« Moi je n’ai que toi » dit-elle à Jean/Guillaume Gallienne, après avoir dessiné leur « maison idéale » sur les murs de la prison. Plus tard, dans une chambre d’hôpital donnant en vis-à-vis sur les étages découpés d’un immeuble, un aperçu est offert sur la vie extérieure qui bat à son rythme. Le temps est aboli, lorsqu’on est enfermé ( les « institutions totales » dont parlait Foucault, où la normalisation obligée équivaut à une coercition majeure). Pas anodin que la seule scène du dehors où sont perceptibles d’autres bruits que ceux de l’incarcération ait lieu sous une pendule énorme, stipulant le retour à un réel où les règles ne seront plus les mêmes.

À dire vrai, sortie de salle contrastée, pour les quelques confrères avec lesquels j’ai vu le film il y a une dizaine de jours. Parmi eux, une opinion m’est chère. La personne et moi en discutons rapidement, pressées l’une et l’autre et devant nous séparer, pendant que je l’aidais à ramasser les perles de son collier dont le fil avait cassé. Le scénario ne la convainc pas. Elle juge « invraisemblable » cette façon qu’a le directeur de la prison de faire l’amour à la sauvette avec une des détenues, dans un bureau dont la porte n’est pas fermée à clef.
Ayant un peu l’habitude du milieu carcéral pour y avoir quelquefois donné des lectures, animé deux ou trois ateliers, je dois admettre que d’un point de vue objectif, elle a raison ? Le film souffre ici ou là de maladresses agaçantes, comme ce ralenti lorsqu’Anna soulève ses cheveux avant de repartir en coulisses, foudroyant Jean. Publicité pour du déodorant. De la même façon que cette manière d’insister sur le fait que c’est « basé sur une histoire vraie » (la caution du régime amaigrissant « vu à la télévision » ?) pour expliquer ensuite à longueurs d’interview que le film s’en écarte. On s’en doute et on l’espère. Le résultat en gros a déplu à ma consœur, tandis que moi, c’est le contraire. Le personnel carcéral, les leçons autour de Racine (oui, Marivaux chez Kechiche, Phèdre chez Godeau) parmi des détenues – saluons Selma Mansouri, Sabila Moussadek – se mettant à réfléchir avec leurs mots à ce que signifie l’amour, tout cela est rendu dans une certaine tendresse humaniste… Hormis les défauts énoncés, la « faisabilité » des situations ne me paraît pas tant le propos que le jeu paradoxal de libération mutuelle des deux personnages : Anna dépouille Jean du carcan qui l’encombrait, tandis que Jean, par sa passion sincère, redonne à Anna confiance en un avenir. Il est animé par un désir violent mais tombe profondément amoureux de l’ange qui arrache d’emblée ses ailes de tulle blanc, lors du défilé de mode. Il se rédempte, se débarrasse ainsi de ses scories et la relève en vivant une descente, un dépouillement semblables à ceux qu’elle a pu vivre. La reprise de Raphaël en générique de fin par Katerine, chantant d’une voix pour le coup maniérée jusqu’à l’ânonnement, « Ne partons pas fâchés » est une trouvaille.

Adèle Exarchopoulos, actrice instinctive, spontanée, immédiate, Guillaume Gallienne surmaîtrisé, réfléchi, inhibé ? Voire. L’inverse est aussi vrai. Exarchopoulos avec son visage de bébé maltraité, malheureuse, vulnérable et à cran est drôlement intelligente. Et Gallienne embrasse si bien à l’écran, vibrant d’un érotisme viril tellement doux, passionné, quand il cligne des yeux pour dire son assentiment… Il s’avère être un acteur très corporel quand il fait la cuisine, goûte et lèche ses doigts, suit du regard Anna ou caresse ses courbes, l’étreint impatiemment. Il ne faudra pas qu’il s’étonne après si les femmes se jettent sur lui. Tant pis, il l’aura voulu. Un peu, beaucoup, « éperdument » ?

« Éperdument » de Pierre Godeau (sortie nationale mercredi 2 mars)  

 

 

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commentaires

57 Réponses pour « Eperdument » : les circonstances atténuantes

xlewm dit: 29 février 2016 à 11 h 33 min

Bonjour Annelise in red.
M. Gallienne dans le film est si viril. Au point qu’on serait prêt à jurer sur la Bible de Cyrille et Méthode que le grizzly de The Revenant est revenu, comme Mathilde, semer l’ivraie de sa vengeance d’animal-acteur chassé des studios Stanislavski, ainsi que du salon de coiffure Vitez, pour absence de profondeur pilaire au niveau du collier, dans la région du manque de menton, avec le poème d’Emile Verhaeren dans la gueule plutôt que celui de Baudelaire (qui a « La vengeance éperdue aux bras rouges et forts »).
Un être très sensible dans sa lecture des grands textes, dont le style est la voix, et le style c’est l’homme, les caractères physiques visibles ou invisibles de la réalité virile, cachée ou dévoilée, ne tenant plus beaucoup dès lors.
Comme pour Podalydès (qui aurait pu se glisser dans le rôle avec la même souplesse de chatte).
Lui aussi me fait me reconnaître dans le portrait du tourneur-fraiseur de l’article lorsqu’il lit à la radio.
La virilité est un problème qui tenaillait Alain Delon au début de sa carrière, les acteurs semblent devoir en passer par-là. L’étudier à l’écran est peut-être pacte fondateur avec soi-même pour ce genre d’artistes.
En attendant Groddeck, ils peuvent se reposer sur sur un certain degré d’imitation, c’est ce qu’a l’air de proposer le film qui ne se démarque pas énormément des faits réels, mêmes cheveux gras, même mine de garçonnet, malgré des sourcils broussailleux et un petit bouc naissant, que le fameux Florent G. directeur de la prison de Versailles, on dirait.
C’est tout le talent de Gallienne que de savoir faire rejaillir ça, avec un visage à facettes multiples, prendre l’apparence d’un maître de conf en Gender Studies d’une fac de banlieue perdue de Chicago, ou celle d’un décorateur de gratte-ciel pour Portzamparc à NYC, et de toujours retomber sur ses pattes de jeune dirlo de la Pénitenciaire appâté par la perspective de l’amour, tours d’écrous suspendus dans l’air, dans les murs mêmes d’un panopticon si cher à Foucault (fantasme primaire digne d’un homme immature).
Le problème pour le réalisateur est d’articuler tout ça dans les images. On imagine les scènes du film de Godeau prises depuis une caméra sujective ne faisant pas apparaître dans le champ le héros, un truc de pure narration à la Truman Capote.
Gallienne pénétrant la prison comme un gros oeil de boeuf suintant de désir, mouillé comme un objectif de Bettina Rheims.
Une sorte de journal visuel tenu par un Maurice Garçon de la vieille école qui en remontrerait à tous les Guillaume enfouis dans Gallienne, voilés par lui. La virilité de Guillaume aurait pris une autre envergure, fine et dure comme le bambou.
Emmanuel Finkiel délivre autre chose en termes de création dans son dernier film.

Jibé dit: 29 février 2016 à 12 h 06 min

Pour moi, Guillaume Gallienne, s’inscrit dans la longue lignée des acteurs maniérés à voix et à textes, que l’on croirait à hommes et qui se révèlent plutôt à femmes, qui va de Sacha Guitry à Fabrice Lucchini…
J’avais bien aimé aussi Adèle, costumée en anarchiste.
J’irai voir le film.
Sait-on si, dans la réalité, le couple a perduré ou explosé ?

Annelise dit: 29 février 2016 à 13 h 04 min

Lew, Jibé, JC… (« Guillaume et les garçons »?), vite fait car je sors de la séance du film de Vincent Garencq & beaucoup de choses à faire. Vous avez dégainé aussi rapidement que Lucky Luke ce matin, quelle rentrée ! Lew c’est terrible, parfois en vous lisant je me demande si ce n’est pas moi qui écris en dormant? A éclaircir. Emmanuel Finkiel, bien vu, vous voudriez nous donner davantage de détails? Chez lui il y a cet apport indissociable de la culture yiddish à prendre en compte. Jibé je ne suis pas préposée au courrier du coeur, pas pensé à me renseigner. N’en prenez pas ombrage.Pour le reste,(à propos de « Revenant », des Oscars etc) je disais en deux mots à Jacques Ch sur un autre fil que je ne place pas systématiquement mes propres affinités électives au cœur de l’acte critique. Je préférerai toujours Jean Renoir, Carné, Tarkovski, pas mal d’Asiatiques et autres Cimino de l’infernal Voyage jusqu’au boutiste à Lasse Hallström, auquel je faisais par exemple allusion. Mes goûts m’inclinent à un éclectisme profond qui inclut le cinéma de genre, et à des films qu’on pourrait facilement qualifier d’à la marge, élitistes – mais le cinéma est un art populaire. Beaucoup d’intérêt à mes yeux à rester épistémologiquement dans un mouvement qui s’inscrit dans le temps réel, à se pencher sur ce qu’on a, au lieu de se retirer sur l’Olympe en regrettant les chefs-d’œuvre d’autres époques. (Je précise au passage que ce n’est pas là l’attitude que prônait Jacques Ch.)

ZEUS..... dit: 1 mars 2016 à 6 h 10 min

Mauvais choix !
Se retirer sur l’Olympe, c’est sympa !….l’Olympe est haut placée … on sent moins de mauvaises odeurs.

Annelise dit: 1 mars 2016 à 9 h 03 min

Zeus, les Dieux n’hésitaient guère à redescendre mettre leur grain de sel(sic). Voyez Daphné, se transformant en laurier pour échapper à Apollon. C’est César qui peut lui dire merci. Sans cela, point de couronne

Polémikoeur. dit: 1 mars 2016 à 13 h 13 min

Au fait, quelles « circonstances atténuantes »,
à part le désir d’évasion pour qui est enfermé,
à tort ou à raison, et qui atteint parfois
l’irrépressible (« La grande évasion »,
par exemple, un peu caricatural, il est vrai,
tant les conditions en sont éloignées
de l’argument du film en question ici) ?
L’amûûûûr ?
Quand l’un est la clé des champs potentielle de l’autre ? Est-il dupe de lui-même, en se servant
très déontologiquement dans la volière sous sa garde ?
Toute l’audace cinématographique réside-t-elle
dans la distribution des rôles ?
Ouah, qu’il va être douloureux d’attendre la sortie,
pour le commun des publics ! A moins d’aller s’égarer
éperdument dans des salles offrant d’autres chefs-d’œuvre.
Agaglacement.

Jacques Chesnel dit: 1 mars 2016 à 14 h 48 min

« Circonstances atténuantes » : délicieux nanar de Jean Boyer en 1939 avec Arletty, Michel Simon et Andrex

xlewm dit: 1 mars 2016 à 15 h 27 min

C’est vrai Annelise, chez les acteurs les embrasseurs talentueux le disputent aux poor kissers ou même à ceux qui « n’embrassent pas », on pourrait faire un classement. Ces trois catégories m’embarrassent un peu, je préfère ceux qui embrassent tout court tout au long du film sans forcément se torsader la langue pour tout aspirer à l’intérieur.
Comme Mélanie Thierry et Nicolas Duvauchelle dans le dernier Finkiel.
Ils ne récitent pas leur rôle ni le lisent tout haut pour la galerie, celle des critiques et spectateurs, deux communautés prisonnières du don d’une heure et demi de vie dans une salle obscure.
D’un seul plan, Finkiel, papa tigre, prend ses acteurs par la nuque, comme d’autres réals se sentent souvent obligés de le faire par la main, et les lâche dans leur nature, il n’a même pas besoin de les abriter derrière la confortable métonymie du jeu de miroir (au contraire ses personnages résistent à la puissance graphique des glaces qui les entourent, que ce soit les vitres de la bagnole, les vitrines dans la rue, les panneaux de verre de l’appart, primauté de la résistance des regards, et sauvagarde de l’impression des visages, sur ces surfaces froidement réflichissantes) pour qu’ils, l’actrice et de l’acteur, nous plongent, expression galvaudée ou non, dans une expérience sensorielle (je ne pense pas que la musique sit accompagnatrice, elle sort littéralement des battements du coeur de Duvauchelle (un vrai mâle lui, qui donnait du corps et ce qu’il fallait d’esprit au protagoniste de la série Braquo, qui rendait le scénario moins grotesque lorsqu’il paraissait sur sa superbe Ducati Monster blanche 796, tout comme Mélanie Thierry bonifie les films dans lesquels elle joue).
C’est un peu comme dans le film de Hong San-Soo, « Un jour avec, un jour sans », le héros ne joue pas avec son double, on assiste à une transformation-transfusion intérieure du caractère, Gallienne reste dans le jeu de la boule à facettes (un coup je joue les noirs, un coup je mise tous sur les blancs), même si sa version de l’homme-Bergé dans le premier biopic sur Yves Saint-Laurent était subtile et paradoxalement presque plus vacharde que celle proposée par Jérémie Rénier dans le second.

Phil dit: 1 mars 2016 à 15 h 58 min

xlew, il faudrait un troisième Saint Laurent pour faire le bon film, celui qui réunit Gallienne en fielleux Bergé(r), Berger (de Visconti) en ysl épaissi et l’excellent Bascher de Garrel ou Garrel de Bascher qui vaut tous les Caprio.
Le baiser de Notorious reste indépassé.

Phil dit: 1 mars 2016 à 16 h 31 min

et puis, j’ai croisé Jude Law à Berlin (quel nom…en allemand, c’est terrible) et l’ai pas reconnu ! tout petit et pas l’air bien nintelligent ! heureusement qu’une groupie hurlait son nom à côté. pas prêt d’oublier la bouche hurlante de la groupie.
le copain Clooney pourrait refiler des machines à café aux réfugiés.

xlewm dit: 1 mars 2016 à 17 h 18 min

C’est la banqueroute de la prononciation, Phil.
Ayant un peu de loisirs avant de repartir vers un pays éloigné je suis allé dans un petit cinéma de quartier du 6e arr.
C’est une salle à l’ancienne, la caissière exige qu’on annonce le nom du film en échange de la délivrance du ticket en forme de titre de transport du métro parisien des années cinquante (qu’elle oblitère avec une pince en fer de Bohême ou des Monts Métallifères), j’ai dit « Une place pour Eberdubanc, s’il vous plaît… », elle me répond « Plaît-il ? » (tout en lisant du même coin de l’oeil la « Revue de Métaphysique et de Morale » sur papier et le fanzine « En Attendant Naudeau » sur sa tablette Apple), voyant que je n’arriverais à rien si je persistais avec la voix enrhumée de ceux qui voyagent par les airs tous les mois et qui sont complètement décalés dans l’espace-temps des horaires des séances, je lui bredouille décontenancé, perdu, un « Abbé César » en désespoir de cause, qui m’ouvre finalement l’accès.
Le Jacques de Bascher est un personnage en or à interpréter, loin très loin des vagues possibilités qu’offrent Pacadis ou Beigbeder, même Laffite n’était pas si mal. Niney (alors que comme tout le monde j’étais convaincu d’avance par le Bonello) a au moins une scène qui montre beaucoup de ce que dut être le pouvoir de création que l’on pourrait accorder à Saint-Laurent. Rien que pour ça…

Phil dit: 1 mars 2016 à 18 h 56 min

xlew, je crois bien connaître votre caissière échevelée du 6e. A mon dernier passage elle faisait des confettis des billets années 50 qu’elle vendait. un vent de folie soufflait dans l’étroite cabine.

Annelise dit: 1 mars 2016 à 19 h 51 min

Oui, Jacques Ch, Arletty n’a pas fait que des visites le soir, en dehors de faire ce qu’elle voulait de son c.., Le genre d’actrice qui arrive à être parfaite dans un film moyen. J’aimais aussi beaucoup Françoise Rosay, quelle nature !
Lew, ah bon, vous c’est Mélanie Thierry? Je peux comprendre. Et vous suis totalement sur Duvauchelle et Finkiel. .. »Braquo », la première saison était bien. Ensuite le scénario a viré à la bouillie pour les chats, comme si parsemer les dialogues de « je vais le fumer » en démarrant dans des crissements de pneu faisait office de colonne vertébrale testostéronée, alors que quelle blague… une dent dévitalisée. D’accord aussi en ce qui concerne Guillaume Gallienne plus subtil,plus tragique que Jérémie R(mais peut-être avais-je encore la figure Claude François en tête)en Bergé qui ne conduit pas forcément son Yves là où rien ne saurait manquer.
En revanche, Phil vous connaissez la phrase d’Audiard, « quand les bornes sont franchies il n’y a plus de limites »? Vous cherchez la bagarre ou quoi? Vous voulez que je vous envoie mes témoins, qu’on aille au pré à l’aube? Évidemment que Jude Law est petit. Et bien sûr qu’il est dégarni, chauve (pourquoi croyez-vous qu’il porte un bonnet?), oui. Cela ne me gêne pas. Mais défense de dire qu’il n’a pas l’air intelligent. Vous me poignardez. Sa malice désabusée, patiente, dans « Sherlock » lorsque Downey Jr a encore tué le chien… Ou « Bienvenue à Gattaca », formidable non? Lors d’un dîner mémorable où j’avais pour voisin Jean-Claude Milner (c’est WGG qui serait content), j’avais eu la surprise de l’entendre se passionner quand j’avais évoqué le film… Il m’avait fait remarquer très justement que le seul moment où la médaille (d’argent) de l’Eternel second dilettante et suicidaire qu’incarne Jude Law prend des teintes d’or est à la fin, quand la cabine s’enflamme et que la fusée qui emporte Vincent/Ethan Hawke est propulsée dans le ciel. Excellent Andrew Niccol de 1997. Jacques Ch, si vous m’assénez que ça ne tient pas la route à côté de « Solaris » je serais bien embêtée de devoir choisir

Polémikoeur. dit: 1 mars 2016 à 19 h 52 min

Le cinéma est une industrie
qui peut conduire à une forme d’art
et à une expression qui y aboutit.
Le cinéma est, pour le public,
un abandon qui peut n’être que
divertissement, voire absence,
retraite, temps perdu ; il a aussi,
parfois, le pouvoir d’abolir le temps
et l’espace, et d’emmener de l’autre côté
de l’écran, dans les mondes imaginaires
(et ce, même en dehors de la fiction pure).
Son catalogue est comme les rayons
d’une bibliothèque ou le stock
d’une épicerie : impossible
de tout consommer,
alors il vaut mieux choisir
selon ses préférences.
C’est heureusement possible.
Bondivertissement.

Phil dit: 1 mars 2016 à 21 h 13 min

Annelise, j’ai vu Jude l. avec une coiffure seyante. Le regard un peu perdu est à mettre sur le compte des groupies en folie qui lui faisaient face. la vie de star, quoi.

Jacques B dit: 1 mars 2016 à 22 h 31 min

Qu’est-ce que vous faites au festival de Berlin chaque hiver, Phil, critique ou producteur ?

Phil dit: 1 mars 2016 à 23 h 12 min

Un peu des deux, Jacques B., en conservant une certaine improductivité. Berlin est une ville golem qui ne se laisse pas asservir. L’hiver au cinéma lui va bien, grâce à Cannes qui l’a obligé à quitter le mois de juin pour son festival, dommage…de guerre. Cette année l’Asie partout, l’Europe centrale -Est engloutie, des belles séquences par ci par là, la fiction des nouvelles générations moins passionnante que leurs documentaires, mais peut-être est- ce toujours le cas. Les stars défilent en habits légers et certaines s’enrhument.

Annelise dit: 2 mars 2016 à 10 h 00 min

Phil, la fiction est un peu en panne car elle souffre de désamour,conséquence certainement de son manque d’ambition depuis quelques années – d’où le recours au documentaire, genre que je n’irai certes pas décrier, pour espérer insuffler au moins une densité « authentique ». Je suis très proche du nez d’Hermès qui est en train de prendre un peu de champ (vers l’épure de ses chers ryokans japonais?) après avoir coopter depuis de longs mois le nouveau-nez Christine Nagel appelé à prendre sa succession, nous constations que dans les parfums hélas c’est la même chose : l’idée que le marché est consulté avant la créa, histoire de voir si ça pourrait prendre? Quelle erreur. C’est l’offre qu’il faut viser, faire en sorte qu’elle aille vers le haut, et certainement pas essayer de coller au plus près à ce qu’on s’imagine être la demande du public. Mais vous savez cela par cœur.
Lew, votre « Abbé César » enrhubé est le prochain billet (écrit il y a déjà pas mal de temps… eh oui, les Coen, bon ou mauvais, je ne peux pas résister – c’est comme le butler du placard du « Heaven can wait » de Warren Beatty, même si celui de Lubitsch…délicieux)

Annelise dit: 2 mars 2016 à 10 h 03 min

.. »après avoir coopté depuis de longs mois », (toujours mieux de se relire, encore faut-il avoir le temps)

Jibé dit: 2 mars 2016 à 10 h 44 min

Tout est fiction et plus rien de nouveau ne s’invente, au cinéma comme en littérature, Phil et Annelise ! L’originalité désormais ne dépend plus que de la singularité du regard du capteur d’images ou du phrasé du joueur de clavier…

Phil dit: 2 mars 2016 à 10 h 49 min

Annelise, le documentaire primé d’or dans cette Berlinale, « Lampedusa », est l’oeuvre d’un cinéaste italien roué qui met abusivement en scène son propre fils. C’est effectivement un peu gênant (d’avoir décroché l’ours d’or en se prévalant de l’esprit documentaire). Mais Visconti ne faisait pas autrement en filmant sa « terre tremble ».
Plutôt regarder les premières oeuvres qui révèlent parfois de belles inspirations dont les auteurs ne cherchent pas (encore) à faire commerce. me souviens d’une errance au Portugal au parfum d’empire déchu et d’une autre dans le Uckermark (le film s’appelle « Landstück » mais ce n’est pas une première oeuvre), région à côté de Berlin qui fut autrefois terre d’immigration des huguenots. je crains que ces films-documentaires ne franchissent jamais les barrières commerciales de la distribution.
La bonne nouvelle côté fictions: moins de dialogues ponctués de « fuck ! « . depuis quelques années, c’est un indice fiable pour mesurer la qualité du ventre mou des films.

g les jetons dit: 2 mars 2016 à 10 h 51 min

« plus rien de nouveau ne s’invente, au cinéma comme en littérature,  »

époque stérile semble-t-il pas trop la tête à « créer » du nouveau

Annelise dit: 2 mars 2016 à 11 h 40 min

@ Fuck, Phil 10h49, you’re décidément une sacrée fucking badass fine mouche ! A propos de cinéma (français), c’est François Truffart avec COLCOA qui m’a l’air de se bouger pas mal à L.A. Déterminisme (à une lettre près)de ce beau nom?

Polémikoeur. dit: 3 mars 2016 à 13 h 13 min

Les qualités indéniables du Gégé,
l’alibi de la fiction créatrice,
un soupçon d’échauffement hormonal,
tout ça, d’accord ; il n’y aurait pas,
néanmoins, place pour une pointe
de perplexité à s’inspirer
d’une lolita juste assez sulfureuse
pour avoir été l’instrument
d’une affaire criminelle ?
Mais comment, quelle morale
a jamais eu quoi que ce soit en commun
avec « l’art » et le « divertissement » ?
Pas la moindre complaisance donc
vis-à-vis d’une source pas très claire ?
Un rince-l’œil, quel meilleur passe-partout ?
Adèlibérément.

Annelise dit: 3 mars 2016 à 18 h 15 min

Merci Jacques ! « Elle était jeune et belle.. »(comme de bien entendu) »Il eut le béguin pour elle… » (comme de bien entendu)… De meilleur augure que les petits petons de Valentine. Surtout quand on pense au sort que lui fait Fernandel. Qui chantait « La caissière du grand-café » ou quelque chose comme ça? Une idée?

Polémikoeur. dit: 3 mars 2016 à 18 h 56 min

Pas possible, la Rdc retournée
à l’époque où c’est la manivelle
qu’il fallait tourner pour animer
le cinéma et où presque tout
a été inventé !
« Le samedi soir, après l’turbin… »
Celluloïdement.

Jibé dit: 3 mars 2016 à 23 h 34 min

Bon, j’ai vu le film et lu votre papier, Annelise. Pour le premier, je suis partagé entre vous et Sophie. Invraisemblable mais superbe duo d’acteur. Curieusement, j’ai été plus sensible à la sensualité d’Adèle-Lolita qu’à celle de Guillaume Gallienne. Pour le second, grandiose !
Merci de nous ouvrir les coulisses de votre théâtre particulier…

Polémikoeur. dit: 4 mars 2016 à 13 h 07 min

Qu’est-ce qui fait donc aimer un film,
juste aimer, ajouter à la liste de ceux
qui se revoient jusqu’au bout, même pris
en cours de route et sur petit écran ?
Pas une « sortie contrastée », dont il
est question, ici (dans le papier),
il est vrai après une projection
à « la critique », en tout cas, non,
plutôt un « c’était bien ! » capable
d’écraser tous les « invraisemblables ».
Une formule magique, ce « c’était bien ! »,
assez personnelle et subjective,
communicative néanmoins,
souvent partagée.
Alors, quelles raisons,
quelle d’exigence, pour élire un film
dans sa cinémathèque de référence,
seulement le divertissement mesuré
au temps soustrait à son désœuvrement ?
Qu’est-ce qui mérite notre coup de cœur ?
Cinéfiltrement.

Jacques Chesnel dit: 4 mars 2016 à 15 h 25 min

qu’est-ce qui fait donc aimer un film ? bonne question que je me suis posée hier soir en re-regardant « A serious man » des frères Coen; autant j’apprécie tous leurs autre films (avec une nette inclinaison pour « The big Lebowski) autant celui-là ,malgré ses qualités indéniables, ne me plait pas… et je n’ai pas (encore ?) la réponse

ratapoil dit: 4 mars 2016 à 16 h 51 min

Il est vrai que Guillaume Gallienne est un excellent acteur mais que diable, cette ressemblance avec Alan Rickman est fort derangeante, d abord elle réveille la douleur du deuil et ensuite imaginons le Pr Rogue embrasser Hermione ou pire encore Hans Gruber la fille MacLane !
Impensable, je vous le dis

Polémikoeur. dit: 4 mars 2016 à 16 h 53 min

Il y a notre propre « système de références »,
notre réceptivité du moment et, symétriquement
à cette dernière, le degré d’universalité
lui aussi variable de la mise en scène
dans ce cas précis (et de tout artiste,
plus généralement).
Après (ou avant), il n’est pas complètement idiot
de se laisser guider par ses impressions
pour jauger l’impression laissée
par la rencontre d’une œuvre
(ou une rencontre tout court).
De la justesse d’un assaisonnement
apparemment secondaire peut dépendre
la réussite (le goût pour) d’un plat
très élaboré.
Au risque de l’immaturité,
l’identification plus ou moins entière,
et toute proportion gardée, à l’un des personnages,
la capacité à se projeter un tant soit peu
dans l’histoire, ne sont-elles pas
essentielles et nécessaires ?
Guigui, Dèdèle, le choc de leur rencontre
dans ce scénario ou quoi que ce soit
peut-il atteindre le centre de l’émotion
chez cent pour cent des « clients » ?
Heureusement peut-être que non.
Césaroscarnavalement.

Polémikoeur. dit: 4 mars 2016 à 17 h 09 min

Alan Rickman (RIP !) dans la peau (le rôle)
d’un gentil n’est-il pas, malgré la galerie
de salauds qu’il a incarnés plus crédible
que, jusqu’à présent (à l’avenir, qui sait ?),
Gégé en ennemi public numéro un ?
Faut-il lui souhaiter que la vie lui apporte
le début de fêlure nécessaire pour appuyer
ou faire croire que l’on peut appuyer
sur le bouton de l’Apocalypse ?
Survivalistement.

Annelise dit: 4 mars 2016 à 18 h 22 min

Polé, jamais tenu la critique pour le simple énoncé de ses propres inclinations. Si on se cantonne à ses affinités électives personnelles,ça peut vite virer au ball-trap. Fusil à pompe pour chasser le moustique, tout le monde peut y trouver amusement. Admettons que je préfère Tarkovski, Scorsese, Haneke, Hou Hsiao-Hsien, Untel ou Unetelle, est-ce une raison pour ne plus rien voir.., tout rapporter à ce filtre ? Mélange de très forte exigence (replacée dans le bon contexte épistémologique, ça remplace avantageusement la condescendance), d’émotion, de passion, mise en perspective des connaissances & des relativités, de jeu, d’espièglerie.. . D’humilité, aussi. Comme ça que je le vois.
Jibé, pas spécialement été emballée par Edouard Louis, opus one. Le deuxième encore moins.. .Sa posture victimaire, assez convenue. Quelque chose de rebattu, d’un peu cuistre, jouant beaucoup sur la communauté « fashionita », la parole enfin libérée tout en se plaignant d’une ghettoïsation, bof. J’en discutais avec un prof de cinéma de San Francisco qui me disait que les gays en ont marre aussi de « l’étape 1″ qui consiste à des déballages genre Eddy Bellegueule. Les homos, j’espère que ça n’est pas un scoop, sont des gens ordinaires. Chez Louis on est loin de l’observation, la colère rentrée ou la compassion rageuse des Dolan de « Laurence anyways » ou « Mommy ». Mais bon, il est si jeune.Contrairement à Dolan qui y a mieux atteint d’emblée, il gagnera sûrement en épaisseur et en vérité. Pas ça qui me fera me précipiter, en tout cas. Mais j’aime beaucoup Téchiné. Anne Fontaine, moins convaincue par la perspective, on verra bien ce que ça donne.
Jacques Ch, le billet sur le César des Coen est écrit depuis un moment, ça va venir, un peu de patience . Quant à vous, Ratapoil, Rickman, beau visage venu du théâtre, bande de copains de Brannagh etc que l’on a vu dans des petites comédies romantiques (Love Actually & autres) mais aussi « Raison et Sentiments » (avec Kate Winslet & Emma Thompson). Il avait en effet composé un super méchant dans « Die Hard ». Quel dommage qu’il n’ait pas été aussi increvable que dans le film avec le bullettproof and bodybuildé John Mc Lane

Phil dit: 4 mars 2016 à 21 h 19 min

Prof de cinéma à San Francisco …c’est le guêpier (because le prix des loyers, of course )

ZEUS..... dit: 5 mars 2016 à 11 h 43 min

« Les homos, j’espère que ça n’est pas un scoop, sont des gens ordinaires. »

Très « ordinaires »….

Jibé dit: 5 mars 2016 à 23 h 59 min

« Emmanuel Finkiel délivre autre chose en termes de création dans son dernier film. »

En effet, xlew, là on a droit à un film de cinéaste;Rien à voir avec le film chroniqué par Annelise. J’ai dit à la jeune caissière du MK2 bibliothèque : « Je ne suis pas un salaud » en tendant ma carte. Sais-tu ce qu’elle ma répondue, l’insolente ? « Il faut voir ! »

Eriksen dit: 15 mars 2016 à 18 h 21 min

Toute l’audace cinématographique réside-t-elle dans la distribution des rôles, s’interrogeait Polemikeur.
Oui mais pour de l’audace c’est de l’audace ! Une passion sexuelle qui aurait roulé toute seule avec un Vincent Cassel, se perd dans les méandres de la manipulation, de la suspicion, de la mesquinerie, et du doute. Certes c’est courageux… On quitte le rêve pour la vie, l’airain de la passion et du sexe pour des sables mouvants : un peu d’animalité, un peu de calcul, quelques complexes, un peu d’affection, un peu de fantasmes… un peu d’amour?
Même si on la sent parfois un peu touchée, Anna gère. Godeau ne tente pas de nous faire croire à une la relation dominant/dominée : elle mène le jeu .
Dans la Vie d’Adèle, le personnage d’Adèle semblait handicapé par un naturel envahissant qui l’empéchait de jouer ses rôles dans la vie.
Anna, au contraire, connait parfaitement les codes de la séduction, y compris ceux du Naturel… Adèle Exarchopoulos les jouent sans faille, mais c’est un peu du gâchis à mon gout. Je suppose que l’abandon et le trouble chez Anna ne faisaient pas parti du projet de Godeau. Ce qui explique peut-être le choix de Guillaume Gallienne.
Peut-on croire au plaisir sexuel de la prisonnière ? peut-on croire qu’elle aime, qu’à un moment elle a fait quelque chose qui n’était pas dans son intérêt ?
L’éperdue ment, tout comme la Prisonnière de Proust. On ne peut le leur reprocher.
Certains hommes sont séduit par les femmes enfermées: Je me souviens de Verges (l’Avocat de la terreur) , marié une première fois à une algérienne terroriste qu’il sauva de la peine de mort, puis amoureux de Magdalena Kopp (alors femme de Carlos) terroriste allemande qu’il défendait. Un grand romantique ou qui se voulait tel… On peut malgré tout reconnaître à Firmino un certain panache dans la destruction systématique de sa vie, la seule preuve d’amour qu’il peut fournir.

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