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La République Du Cinéma

Georges Lautner est mort à 87 ans

Par Sophie Avon

Il incarnait une France qui n’existe plus que dans ses films. Un pays où on râle, où on s’empoigne, où on se castagne et où le temps d’un verre de « vitriol », on se rappelle le bon temps des colonies. C’était l’époque des 30 glorieuses et du cinéma de papa dont les fils se rebellaient à travers la Nouvelle vague. Georges Lautner, lui, voulait bien revisiter les codes du septième art à condition de se marrer. Des flingues, des acteurs solides, de bonnes répliques et un humour de potache qui se paye la tête de ceux qui n’en ont pas.

« Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait… »

« Les tontons flingueurs » ont 50 ans et c’est quelques jours avant l’anniversaire de leur sortie (le 27 novembre 1963) que Lautner s’est fait la malle, à 87 ans. Il a eu le temps de profiter d’un triomphe qui commença doucement - un peu plus de 3 millions d’entrées à l’époque – avant de s’étoffer pour devenir culte.  Une révolution lente que le cinéaste et son complice Michel Audiard avaient déclenchée sans le savoir parce au début des années 60,  ils pensaient surtout à survivre.

En 50 ans, le film où Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Robert Dalban et Jean Lefèvre règlent leurs comptes entre hommes, est passé seize fois sur le petit écran, dont la dernière, en 2012, a rassemblé plus de 5 millions de téléspectateurs. Le « vitriol » peut rendre aveugle, il n’a pas pris une ride tout en fixant le miroir d’une époque, les années 60. Puis viennent les années 70, puis les années 80. Mine de rien, les films de Lautner racontent trois décennies d’un pays qui se métamorphose doucement. C’est sans doute pourquoi, à sa façon, il est un auteur. Mineur ou pas, qu’importe. Il est le représentant d’un monde d’hommes où les femmes, sans être des potiches, sont des apparitions moqueuses, où les mecs sont des bras cassé ou des héros,  flics ou voyous, durs ou baltringues mais toujours sauvés par l’amitié et des sentiments nobles.

Il avait perdu son père à l’âge de 12 ans et aura fait 42 films pour dire que tout ça, la vie, la mort, mieux valait s’en moquer. Dessinant à son corps défendant le portrait d’un pays aimant le verbe. La preuve, 50 ans après, on se répète toujours les répliques des « Tontons flingueurs ». Et ça fait encore le buzz.

 

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commentaires

11 Réponses pour Georges Lautner est mort à 87 ans

Polémikoeur. dit: 24 novembre 2013 à 8 h 38 min

Imaginons un peu la réception qui l’attend,
le festin, la distribution et les dialogues,
où que ce soit, les voisins vont veiller tard !
Moteur !

Ô tempora, ô mauresques ! dit: 24 novembre 2013 à 12 h 20 min

Lautner, Georges pour les intimes, (pas « Gorges » profondes, Sophie… ) était un créateur de spectacles populaires, pas un cérébral à la con, comme vous nous en faites découvrir tant…hélas !

JC..... dit: 25 novembre 2013 à 12 h 11 min

« Il incarnait une France qui n’existe plus que dans ses films. »

Contre-sens, Sophie.
C’est la France des Vieux : elle est là et elle vote !

Sophie dit: 25 novembre 2013 à 18 h 25 min

Oups Ô tempora, Georges, bien sûr… Merci. Oui, JC, cette France existe toujours à travers les gens qui l’ont connue mais plus du tout de fait. Plus de DS, de 404, de 2 chevaux, et tout et tout…

JC..... dit: 25 novembre 2013 à 18 h 57 min

Pas tout à fait : les rassemblements de véhicules anciens rassurent les collectionneurs … ça marche, roule, fort ! On en voit de superbes.

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