de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

Guiraudie a dit : « Rester vertical » !

Par Annelise Roux

Léo (Damien Bonnard), scénariste en panne, part sur un causse de Lozère. Comme tout le monde, « le loup, ça le fascine et lui fait peur, il aimerait en rencontrer ». Il tombe sur une jeune femme, Marie (India Hair), veillant sur le troupeau, nantie d’un gros calibre. Ils se sautent dessus. Naît un enfant qu’elle ne tardera pas à lui laisser sur les bras. Dans le marais poitevin, une guérisseuse (Laure Calamy) lui installe des électrodes végétales sur le front, glissant en barque au fil de l’eau en l’exhortant à sortir de sa cache. Yoan (Basile Meilleurat) préfère Marcel (Christian Bouillette), tandis que Jean-Louis (Raphaël Thiéry) le désire en vain.
Sodomie, euthanasie en présence du bébé, « L’origine du monde » de Courbet filmée entre les jambes de la bergère, « sauf qu’elle a moins de poils »… L’idée d’aller voir le sexe féminin de près est issue, dixit le réalisateur, de ce « qu’on va ramer sinon des années à le sortir du placard ». Pauvre bête, cela n’est pas sans fondement.

Alain Guiraudie, auquel on doit « L’inconnu du lac », gay film noir explicite et hitch(cock)ien en camp naturiste, s’interroge en prenant rarement des gants. « Tous les homos ne sont des mecs de gauche », prévient-il, formulation qui d’emblée n’est pas dépourvue d’écueil épistémologique quant au pré-étiquetage. Marcel, le papi du film, est plus jeune que Pépé, personnage de « Ici commence la nuit » roman sorti chez P.O.L en 2014 où le scénario vient piocher, mais porteur des mêmes dérives homophobes, misogynes ou doucement racistes qui le font traiter le voisin de« petit pédé»… Les xénophobies vont souvent de pair. Ces corps prolétaires, pas très nets, éventuellement un peu gras mis en avant – en arrière également –  sur fond de phéromones, sont-ils réputés provocants à juste titre ?

L’homosexualité, n’en déplaise au marketing ayant flairé le filon et visant à faire acheter aux couples unisexes des cuisines, l’orientation sexuelle que je sache ne forment pas une catégorie socio-professionnelle et ne devraient pas constituer un marqueur.
Justin Trudeau, homme d’Etat canadien, a enflammé la Gay Pride en emmenant le « cortège des fiertés » en juillet à Toronto, en hommage au massacre d’Orlando. Il s’est « étonné que cela étonne », tandis qu’un représentant du mouvement se félicitait sur les ondes de Radio France du geste historique de l’actuel premier ministre, ému que ce dernier « n’ait pas hésité à se mettre torse nu sous ses yeux pour enfiler un polo rose», notant avec humour « n’avoir néanmoins pas trop regardé, étant lui-même un homme marié ».
Le rapport avec Guiraudie ? Le cinéaste a déclaré avoir réalisé là son « film le plus queer ». Ce mélange de volontarisme âpre, décorrélation, contre-esthétisation à outrance, naïveté plus ou moins fausse, poésie, ruse et délire farceur énonce le postulat de filmer l’homosexualité comme une normalité. Ce serait la moindre des choses, sauf que l’acquis est encore loin. Si l’on dépouille « Rester vertical » de la parure snob, éduquée ou en cours, de l’acceptation décontractée et assumée des altérités autres, qu’en reste-t-il ? Comme Paul Vecchiali porté aux nues, que la boulangère ou la coiffeuse qui n’ont guère l’habitude d’aller voir ce style de films regardent d’un œil interloqué en le trouvant empreint de maniérisme intellectuel ou paraissant fait au garage, cette façon fantasmatique de filmer la nature, ce surréel à force de décalage ou au contraire de direct live, brut de décoffrage (ah, cette manière d’embrasser si j’ose dire de front la génitalité !), cette hétérogénéité fonctionnent-ils sans le relais d’un savoir construit du cinéma ? Ces plans très « Cap d’Agde » sur le sexe de Marie, cette glose érotomane sur la circulation des désirs, la fascination, ici gérontophile, qui chasse sur des terres freaks ou free… Je repensais soudain à Lars von Trier, ses obsessions des triangulations, de la stérilité ou de la pornographie, du corps sexuel marqué de morbidité (Quand Emily Watson pousse sa mobylette en haut du Golgotha de « Breaking the waves » après avoir chuchoté au téléphone le creux de son ventre au mari paralytique, quand la jupe est lentement retenue en arrière dans « Melancholia »)… Le cinéma cru, étrange, parfois symbolique à la truelle du cinéaste né à Villefranche-de-Rouergue peut déplaire, laisser sur le bas-côté, s’inscrivant en quelque sorte à fond dans ce dont il déclare vouloir se libérer. En réalité, techniquement, c’est très bien fait. Il m’amuse et parvient à déconcerter tout le monde, son public habituel dont il révèle « qu’il aurait sûrement rêvé de davantage de braquemarts en gros plan », un autre à conquérir par ailleurs, qu’au lieu de cela, il déstabilise en lui envoyant du minou en pleine figure. Cette manière d’embarder est séduisante. Comique ? Outre la tessiture champêtre, il y a comme une fraîcheur candide, militante à rebours mais à fort degré. Lorsque pour défendre son film, son auteur déclare comme un seul homme « vouloir mettre en déroute la perception uniforme du milieu », montrant par exemple que « les hétéros aussi couchent direct, que le resto est un truc de vieux », on ne peut que saluer, tentés cependant de lui rétorquer que les combinaisons sont diverses, que le resto est en passe de (re)devenir un truc de jeunes chez les homos.

Comme les anciens maos qui vous expliquent que personne ne pourra jamais être de gauche autant qu’eux, qu’ils continuent d’avoir raison dans leur esprit après avoir fait le voyage sur place et eu largement de quoi admettre s’être en partie trompés, certains idiotismes ne sont pas faits pour être démontés sans respecter le tempo historique, au risque de tuer le porteur ? Les propos d’Alain Guiraudie réussissent à continuer d’être expérimentaux, ce qu’ils véhiculent est fondamentalement iconoclaste. Toujours eu le regard de Mary Austin sur Freddie Mercury passant l’aspirateur en moustache et mini jupe… Je me soupçonne d’aborder son travail d’un œil d’autant plus intéressé et pétillant que Sylvie Pialat est sa productrice (également celle d’Abderrahmane Sissoko, Joachim Lafosse, Guillaume Nicloux…) : la mère du « garçu », qui s’appelait encore Sylvie Danton et que Cyril Collard, alors assistant de Pialat, avait appelée à venir travailler avec eux, à laquelle Richard Descoings, directeur de Sciences-Po, avait à une époque proposé la direction de la communication de l’école – offre qui fut déclinée – a des fidélités qui font sens et poussent au débat.
Si vous ne les aimez pas, ni elle ni Alain Guiraudie, eux non plus ?

« Rester vertical » d’Alain Guiraudie.

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commentaires

134 Réponses pour Guiraudie a dit : « Rester vertical » !

christiane dit: 6 septembre 2016 à 7 h 18 min

Heureuse de retrouver cette chronique de septembre détonante, précise, illustrant par une analyse impitoyable et sans complaisance la violence diffuse de ce film. L’écran devient toile où se croisent lacérations, chaos, affichage cru de la sexualité un peu souillée. Il suinte, liquide. Rapport irrésolu de la cinéaste au corps, à la nudité ?
Soudain me reviennent en mémoire les toiles de Lucian Freud et de Francis Bacon, deux artistes très proches. Monstruosité et déchirures que chacun porte en soi.

Eriksen dit: 6 septembre 2016 à 8 h 23 min

La maison de Jean-Louis, en plein causse désertique, est à côté de celle de Marcel dans une jolie pleine boisée, elle-même pas très loin du marais d’allure poitevine où pratique la magicienne Mirande. Même le Finistère (où passe souvent Léo sans que l’on sache pourquoi) semble tout proche, et pas loin de Séverac le Château où s’installe finalement Marie. Si loin si proche. Un traité de délocalisation du monde. Vive le progrès des transports qui rapproche les humains.
Mais ils semblent pourtant tous si terriblement éloignés, avec des liens lâches sont comme des élastiques distendus, auxquels pourtant ils se raccrochent, dans les parages du vide comme dirait Houellebecq qui aurait eu bien sa place dans cette galerie de misfits.
Les repères familiaux sont aussi évanescents que les repères géographiques. La mère abandonne le nouveau-né, les fils enculent les pères de substitution, les enfants sont perdus, le grand père appâtent les loups avec le bébé et l’assistance sodomique au suicide est tendance. Le traité de délocalisation se double d’un traité de décomposition de l’humanité.
Y aura-t-il une punition pour cette nouvelle Sodome / Gomorrhe, délocalisée à la terre entière ?
Non, car Dieu a bien changé. Vieillit-il ? En tout cas il saute la punition pour en arriver directement au Messie.
L’enfant à peine né porte sur les feuillages de la canopée, un sourire vierge de rêves. Vierge de tous ces possibles qui nous tuent.
Y aurait-il autant de suicides sans les rêves frelatés ? Autant de migrants sans le mirage occidental ? Autant de malheureux sans tous ces putains de possibles ?
Guiraudie nous montre l’insoutenable légèreté de la liberté s’effacer devant la phorie. Léo, d’abord ombre errante, devient roi lion des Aulnes et Saint Christophe portant l’enfant.
Le film s’arrête sur Saint Jean-Baptiste portant l’agneau.
La suite on la connait.
En vérité je vous le dis, Guiraudie est un prophète.
Amen.

JC..... dit: 6 septembre 2016 à 8 h 26 min

Comment faites vous, Annelise, pour sortir indemne de ces salles de torture cinématograveleuse ? …

Je suis partagé entre admiration méritée et profonde inquiétude !

Jibé dit: 6 septembre 2016 à 11 h 16 min

D’une certaine manière, le Giraudie c’est l’anti Bonello. Ici, l’esthétique est au service d’une éthique, non pas construite autour du vide, de la vacuité, mais d’un trop plein de sens. Comme le montre Eriksen, le livre de référence est la Bible, relue et corrigée dans toute sa monstruosité et sa sexualité débridée. Les fils couchent avec les pères et les femmes, insoumises, se retirent du jeu, innocentes dans la transgression de l’interdiction du fruit défendu. Ni putes ni vierges. Juste des mères porteuses ou des mères nourricières (Marie a aussi deux enfants sans père). Visiblement, le cinéaste ne s’est pas remis du catéchisme de son enfance. Et nous non plus. Moralité, l’homme doit rester vertical devant la meute des égorgeurs d’agneaux, qui semblent plus intrigués et effrayés par lui que lui par eux. Le nouveau messie, que nous avons vu naître frontalement à l’écran, témoin de toutes la folie des hommes, nous sauvera-t-il ? Non pas Amen, mais Alleluia !

jodi dit: 6 septembre 2016 à 12 h 08 min

Superbe note Annelise! Guiraudie donne depuis le début dans un »choquons le bourgeois » qui marche surtout…dans l’intelligentsia conventionnée.Vous pensez que ça fait bouger les lignes?J’aime beaucoup votre lucidité acérée qui reste aimante sans se faire enrober dans la farine.Vous croyez que le film parle au (ou du) petit pédé( comme dit Marcel) honteux, qui ne vit pas dans le Marais en lisant Le Monde, au bon gars homo soulagé quand le mariage homo est passé ,de pouvoir faire les papiers pour mettre son conjoint a l’abri(après l’avoir emmené des années au restau)? je ne crois pas! Cinéma de happy few qui joue avec la forme.Mais bon.

Jibé dit: 6 septembre 2016 à 12 h 26 min

Faites gaffe, Jodi, c’est Annelise qui vous le dit : si vous ne les aimez pas, ni elle (Sylvie Pialat) ni Alain Guiraudie, eux non plus ne vous aimeront pas !

Jibé dit: 6 septembre 2016 à 12 h 37 min

« Même le Finistère »

Brest, le querelleuse, en hommage au fils abandonné par sa mère, Eriksen ? Il y aurait du Genet en Giraudie…

Gilles dit: 6 septembre 2016 à 14 h 34 min

Ouais. Amen ou allelouia c’est du kif-kif!Pas certain que ce soit le caté qui préoccupe Guiraudie. Est-ce qu’il fait du »cinéma homosexuel » en train de brouiller les barrieres, Ang Lee beaucoup plus fin dans « le garçon d’honneur ».Ou Visconti, parangon homo qui réussit a mettre l’orientation en devanture tout en subtilité.Peut-être que maintenant que la notion de secret saute, il faut arriver à trouver l

Chaloux dit: 6 septembre 2016 à 15 h 23 min

Pas vu beaucoup de films de Guiraudie, mais le plus frappant chez lui c’est qu’il laisse au spectateur le temps de regarder. C’est évidemment surtout aux… paysages que je pense.

(L’article est intéressant mais pourquoi ne pas aller plus souvent à la ligne? Le paragraphe du milieu y gagnerait).

Chaloux dit: 6 septembre 2016 à 15 h 24 min

Bis

Pas vu beaucoup de films de Guiraudie, mais le plus frappant chez lui c’est qu’il laisse au spectateur le temps de regarder. C’est évidemment surtout aux… paysages que je pense.

(L’article est intéressant mais pourquoi ne pas aller plus souvent à la ligne? Le paragraphe du milieu y gagnerait).

Chaloux dit: 6 septembre 2016 à 15 h 25 min

Troisième essai.

Pas vu beaucoup de films de Guiraudie, mais le plus frappant chez lui c’est qu’il laisse au spectateur le temps de regarder. C’est évidemment surtout aux… paysages que je pense.

(L’article est intéressant mais pourquoi ne pas aller plus souvent à la ligne? Le paragraphe du milieu y gagnerait).

Annelise dit: 6 septembre 2016 à 16 h 36 min

…ça m’inquiète, absolument pas geek et plusieurs contributeurs m’ont signalé ces jours-ci par mail ou Facebook MP que des posts RdC sont différés voire disparaissent (ou comme Chaloux, se mettent brusquement à compter triple). Rien en modé, me dit-on, désolée, caprices passagers de l’alambic?
Libérez Alain G.

Annelise dit: 6 septembre 2016 à 16 h 44 min

..pas faux Chaloux, pour la ponctu. Rédigé l’article au kilomètre et de chic, en avion, pensant le redistribuer et puis, le temps…
Christiane ce matin, pas mal, le lapsus calami de ce matin qui vous fait parler d’AG comme de « la cinéaste ». Il a de fort jolies chemises, chaîne sur la poitrine, bonne tête. Et en effet il a du métier pour filmer les paysages !

christiane dit: 6 septembre 2016 à 18 h 44 min

Oui, Anne-lise, un lapsus ! Alain Guiraudie. Je me souviens dans « L’inconnu du lac » de ce silence , du bruit du vent dans les feuillages plus que des crimes et de l’affolement de ce jeune homme découvrant le parcours périlleux qu’il a entrepris. Je me souviens aussi d’un homme corpulent dont les désirs seront funestes et qui longtemps scrutera les allées et venues de ces hommes de l’ombre.
Ce nouveau film semble encore plus terrible !

Eriksen dit: 6 septembre 2016 à 20 h 24 min

@JOdi
« Cinéma de happy few qui joue avec la forme. »
So what ? qu’est-ce que l’art sinon la forme ?
« Bouger les lignes », c’est-à-dire le fond (si je comprends bien), c’est message ou propagande (les deux faces d’une même pièce, selon le regard de l’observateur).
Guiraudie me semble en tant qu’artiste, largement au-dessus de la volonté de faire bouger la société.

Jibé dit: 6 septembre 2016 à 21 h 04 min

Normalement, ici, on a jamais eu de problèmes de modération ! Tu dois être dans le collimateur de qui, de quoi, Chaloux ? Oui, c’est vrai que les paysages naturels ou urbains sont remarquablement filmés chez Guiraudie et se laissent regarder avec plaisir. J’ai eu du mal a reconnaitre la singularité de Brest…

Eriksen dit: 6 septembre 2016 à 21 h 15 min

@jibé: je ne sais pas s’il y a du Genet dans Guiraudie, car je ne connais pas bien Genet.
Avec l’idée que je m’en fait cependant, il y en avait plus dans l’inconnu du Lac, ce qui n’empéche pas que Brest ne soit pas ici par hasard.
cela me fait penser que j’ai visité récemment une des prisons où était Genet: l’abbaye de Fontevrault (au bord de la loire) où sont les gisants d’Aliénor D’Aquitaine, Henri II plantagenet et Richard Coeur de lion (excusez du peu !). le lieu est magnifique mais la prison était la pire de France après Clairvaux (parait-il).

Jibé dit: 6 septembre 2016 à 22 h 34 min

Désolé, mais Jean Genet n’a jamais été incarcéré dans la maison centrale de Fontevrault, Eriksen. Mais comme il en a fait le lieu principal de son roman Le Miracle de la rose : « De toutes les centrales de France, Fontevrault est la plus troublante. C’est elle qui m’a donné la plus forte impression de détresse et de désolation, et je sais que les détenus qui ont connu d’autres prisons, ont éprouvé, à l’entendre nommer même, une émotion et une souffrance comparable », c’est à tort que l’on y raconte aujourd’hui qu’il y fut incarcéré. L’imaginaire est plus fort que la réalité ! En revanche, la colonie pénitentiaire de Metray, pour les adolescents, et la prison de la Santé, autres lieux carcéraux mythologiques évoqués dans les oeuvres de Genet, il les a bien connus…

Eriksen dit: 6 septembre 2016 à 23 h 28 min

@jibé. autant pour moi. je ne connaissais aucune légende la-dessus et c’est ce que j’ai retenu de ma visite à Fontevraud il y a 1 mois… mais j’ai peut-être mal lu pendant la visite.
En tout cas s’il n’y a pas Jean, y’a plein de Planta

christiane dit: 7 septembre 2016 à 8 h 11 min

Un moment de partage avec Sophie Avon, que vous avez évoquée dans vos Twit (merci Anne-Lise) :
https://www.youtube.com/watch?v=qXNMHxwV04E
Je n’ai pas encore lu le livre mais elle parle d’une façon intéressante de ce qu’elle a cherché dans la mémoire de ce voyage lointain et qui l’a conduite, non au cinéma mais à l’écriture.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 10 h 29 min

Le sexe de Marie et le braquemart de Théo ne seraient-ils pas les leurs à l’écran ? J’ai lu au générique un intriguant « doublage sexuel » !

Annelise dit: 7 septembre 2016 à 10 h 59 min

Jibé, comme ça sur le fil entre deux, je ne sais si vous l’énoncez sous forme d’humour, mais c’est intriguant, ce que vous soulignez… La question du faire fiction se pose encore plus. Où se tiennent l’obscénité, la réalité, la pornographie, l’érotisme? Le fait de « le faire en vrai »? De le montrer de face? D’user d’un « doublage sexuel » qui assure une mise en abyme insolite?
Vous savez l’étymologie de « braquemart » : un couteau courbé destiné à désherber. Ça laisse songeur, surtout après l’insistance de Guiraudie à filmer une origine du monde moins touffue.

Annelise dit: 7 septembre 2016 à 11 h 03 min

Ce travail d’Edouard Levé, intitulé justement « Pornographie »… Des corps tout habillés, dépourvus d’ouvertures comme Ken et Barbie, abouchés les uns aux autres dans des positions sans équivoque. La nudité en soi, rien d’obscène.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 12 h 23 min

Votre référence à Lars von Trier dans ce film est tout à fait juste, Annelise. Religiosité et pornographie. Ce nouveau métier de doublure sexuelle est apparu avec Charlotte Gainsbourg, bien avant Giraudie, me semble t-il. Et aussi chez Catherine Breillat.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 12 h 26 min

De la figuration de parties génitales et de copulation !
Comme quoi, seuls les acteurs porno payent de leur personne.
Marie est blonde, normal que son sexe soit moins sombre et touffu que celui du tableau…

Sylvain dit: 7 septembre 2016 à 13 h 03 min

Tout ça pour arriver à une bonne branlette du ‘Monde’ : « jamais la réunion du sexe et de la mort n’avait atteint un tel degré dans la littéralité de la réunion ». Jésus-Guiraudie met l’enfant dans la crèche.

Emmanuel dit: 7 septembre 2016 à 13 h 31 min

La question du maintien au placard comme jauge suscitant création plus ou moins inspirée et necessaire est pertinente.(CF.Scène avec Mirande « Vous n’allez pas rester cacher ».La marge fait moins sens quand l’espace se libère ? Ne restent que la provoc porno grand-guignol génitale et les enc.. en direct.

Eriksen dit: 7 septembre 2016 à 13 h 48 min

vous vous focalisez sur la provocation sexuelle et en particulier l’homosexualité, ce qui n’est vraiment pas le sujet de ce film, je pense.
Le sexe tel qu’il est montré ici, n’est qu’un moyen de marquer un monde en perte de repères et de lien.
La vrai provocation de Guiraudie c’est la fin chrétienne et la revalorisation de la fonction reproductrice du sexe.

Zem dit: 7 septembre 2016 à 14 h 37 min

Eriksen : si A-Guiraudy n’avait pas voulu qu’on se focalise dessus, il se serait moins focalisé dessus. CQFD.
Christiane 8.11 : le bouquin de l’ex-taulière? Je le sens moyen ! (comme un parfum de garcinnade de + en + appuyé)
mais comme vous, je vas essayer puisque Mademoiselle Roux en parle en twit.
Levé ,c’est le gars qui est mort du SIDA en direct sur un plateau TV?ou je confonds avec un autre écrivain proche de Dustan?

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 14 h 45 min

J’ai tellement vu la bande-annonce que je n’ai guère envie d’aller voir Frantz de Ozon ! Voilà ce qu’en dit Sophie Avon dans Sud-Ouest, assorti de quatre étoiles : « Le film n’en finit pas de dégoupiller sa trame, bombe narrative qui couve avant de disloquer le récit. »

Rowan Oak dit: 7 septembre 2016 à 17 h 46 min

moi, je suis plutôt du genre horizontal, alors Giraudie je m’en fous totalement, j’ai d’autres choses à faire

Chaloux dit: 7 septembre 2016 à 18 h 16 min

Le point de départ du film de Ozon c’est « l’Homme que j’ai tué » de Maurice Rostand. Personne n’en parle. Curieux.

Eriksen dit: 7 septembre 2016 à 18 h 44 min

j’avais beaucoup aimé Broken Lullaby. scénario terriblement efficace. film pacifiste et sur la rédemption. très beau.
Le titre français et le titre du roman ne cherchaient pas à concentrer l’intérêt sur le suspens…

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 19 h 01 min

Vu le Ozon. Je n’en dirai rien avant qu’annalise ne le fasse ? Juste, qu’une fois encore, il se vérifie qu’il ne faut pas se fier à la bande-annonce !

JC..... dit: 8 septembre 2016 à 5 h 44 min

Vous avez bien raison, Eriksen, un bon chimiste trouvera toujours une trace d’or dans le tas de merde que vous vend le metteur en scène putassier … ce n’est pas l’or qui compte mais les affaires du charognard.

Annelise dit: 8 septembre 2016 à 7 h 02 min

JC 5h44, « charognard », « tas de fumier »… de qui, de quoi parlez-vous exactement, cher poète dès potron-minet ?

theo dit: 8 septembre 2016 à 7 h 06 min

le fhaineux, scato, frustré , acariâtre , t.aré comme tous les fhaineux a juste besoin d ‘attirer l’attention

JC..... dit: 8 septembre 2016 à 9 h 22 min

Il me semblait clairement désigner Alain Guiraudie dont vous faites grand cas, très chère : il est à mes yeux le type même du metteur en scène putassier, du charognard remuant le « lisier » pour y trouver « son » or…

Rien de choquant dans ce propos quand on voit de quoi il retourne, n’est il pas vrai ?!

Eriksen dit: 8 septembre 2016 à 9 h 50 min

à JC…
« un bon chimiste trouvera toujours une trace d’or dans le tas de merde que vous vend le metteur en scène putassier »
une bonne définition du critique amoureux du cinéma non?

for men only dit: 8 septembre 2016 à 11 h 53 min

au moment de « Querelle », RW Fassbinder avait fait scandale lorsque Brad Davies suggérait sur écran géant, en salle parisienne de mon ancien quartier du côté du Palace, arts&essais pointus en province(c’était dans les 80′s)que « prendre un rien de merda d’artista au bout du spongiosum penis » était comme un truc salutaire. Encore j’édulcore.

On n’était pas dans le thésaurus. Ça et les pets de Genet dont l’odeur lui tenait compagnie en prison en le reliant à des contours corporels perso… tout le monde prenait dans les gencives sous forme d’ordonnance littéraire l’obscénité de la solitude, des pratiques cachées ou ingrates.

L’obscénité s’émousse ou augmente, avec la nécessité qui recule. Les hétérosexuels quoi qu’on en dise, pareil, sur Trudeau ou avec LvTrier, le parallèle est bien mené, Anne-lise; valable avec Fati Akin que vous citiez, qui fait encore partie du bon cinéma allemand contemporain ! Le lien qu’il établit est bien tissé, lui abolit les barrières mieux que des guiraudie; le communautarisme qui présidait à la séparation, argument pratique, y compris pour produire du médiocre inattaquable sous peine d’être accusé d’homophobie ! Ça l’est de moins en moins… La sortie de placard est génératrice d’une égalité nouvelle dont les hétéros ont aussi des fruits à cueillir.pour ça entre autres que c’est idiot de freiner, ou se réclamer d’un quelconque hygiénisme!La régulation naturelle fait son oeuvre, il suffit d’attendre ! Dommage qu’entre temps il y ait des morts, que ce soit d’abord la médiocrité, le convenu qui surnagent.
Plus que filmer du braquemard, faire du Catherine millet ou du Houellebecq, (encore que davantage d’intérêt chez le Bidochon sans dents ayant dû mettre son absence de ké-quête sur l’oreille, feuilletant du porno en buvant du jaja que chez la dame d’Artpress qui raconte ses crises d’angoisse si elle a pas joui une fois par jour), l’enjeu est moins de montrer le dehors que réapprivoiser le dedans après la tabula rasa où il fallait des écritures blanches, chasser la psychologie ?
quel pensum que les tendances, les écoles dominantes ! Le cinéma et la littérature y ont perdu beaucoup de substance. C’est paradoxal, cette mise à distance de l’intime quand tout est permis. Henry Miller faisait tout à la fois, baiser Mara en robe empesée et rentrer dans des fignolages, des replis psycho sur la fidélité ou le romantisme, l’argent, la jouissance… Aujourd’hui c’est poire ou fromage, histoires de cul exposées ou mise en visibilité suffisante à visées lissantes pour spectateur ou lecteur,mais qui osera désobéir à l’ukase de la chasse à tout sentimentalisme,parler de la misère sexuelle, l’abstinence contemporaine (les Français baisent moins mais font plus de selfies)? T.Ben jelloun parle d’impuissance pour raisons médicales, les vieux pisseurs à jet nocturne qui tarde ,qui en fout sur la cuvette me comprendront, comme moi ils ont les cheveux qui se dressent sur la tête, mais le quadra qui ne bande plus parce qu’il bouffe seul devant la télé ou qu’il a des problèmes?
L’obscénité la voilà: le crade, c’est l’intime de l’autre non pris en considération, la décrépitude du lien et de l’amour !Sur cela, je vous donne raison, eriksen 7 sept 13h48. La perte de repères est totale,la chair est triste et ça ne s’arrangera pas en lisant les livres de la rentrée.

Le livre de S.Avon? Il n’en finit pas de « dégoupiller une trame gentillette vers le Brésil »… pas mauvaise journaliste, à part ça. (Une de celles qui minaude ou fait moins le sketch au « Masque ».

Annelise dit: 8 septembre 2016 à 12 h 53 min

@11h53, oui redoutable!
S’agit-il de vous Xlew? Je suis sur tout petit écran, loin du tableau et sans disponibilité pour discuter. Pour le livre de Sophie Avon, votre droit de ne pas aimer, mais laissez aux autres toute latitude pour se faire leur propre opinion.

Annelise dit: 8 septembre 2016 à 12 h 56 min

Elle ne minaude certainement pas et défend souvent dans l’arène du Masque ou du Cercle des points de vue sensibles qui n’épousent pas forcément la pente

jodi dit: 8 septembre 2016 à 14 h 50 min

Annelise,j’ai acheté le livre de Sophie parce que je sais que c’est votre amie! »Le vent se lève », le titre est déjà pris par Loach et Miyazaki alors qu’elle est critique , c’est un livre sur le cinéma, Je la lis à compter de ce soir.

alley cat dit: 8 septembre 2016 à 20 h 28 min

Annelise dit: 7 septembre 2016 à 16 h 29 min

En matière de toc et de tics, il touche sa bille votre protagoniste mis en lien ; pas agrégée de philo, pas minette branchée, pas fille de … Je ne sais si je dois vous remercier …
Ba-ba-banana, this ain’t Havana
Do you like bananas, ba-ba-banana
https://www.youtube.com/watch?v=vY-rvNjAgYQ

Sylvain dit: 9 septembre 2016 à 11 h 33 min

@For men only : effet sidérant;la lecture de Genet ou les films de Fassbinder ne sont pas réputés pour leur innocuité. A coté, G quel nain.

Ce serait intéressant de creuser sur ce qu’en pense la communauté gay.

Sylvain dit: 9 septembre 2016 à 11 h 37 min

Tiens, mon post pas passé?
essai 2 :

For men only : sévère mais bien tourné, sur Genet.
Lui et et Fassbinder ne sont pas anodins. Guiraudie a côté fait pâle figure

Où sont les femmes? dit: 9 septembre 2016 à 15 h 12 min

Je trouve élégant qu’Anne-Lise recense le livre de l’ancienne dirlo d’ici,ce que Maître Passouline n’a pas jugé bon de faire.

11:53, Genêt c’est vite scabreux dit comme ça, ça ^gène. Lecture pour soi?

Jibé dit: 9 septembre 2016 à 18 h 23 min

Bien d’accord avec vous, sylvain. Sans parler de Pasolini !
(Mais ceci n’engage que moi, pas la communauté à laquelle sociologiquement on pourrait m’apparenter…)

Eriksen dit: 9 septembre 2016 à 19 h 08 min

for men only dit: 8 septembre 2016 à 11 h 53 min
D’accord en grande partie.
Cependant
S’il n’y avait que cela dans Genet, je suppose (je ne l’ai pas lu) que ce ne serait pas très intéressant. La provocation est facile à concevoir. En faire une ouverture sur un questionnement ou un paradigme, c’est une autre affaire. Ce qui me semble être le cas pour Houellebecq. je vous rejoins sur Millet… , dont je n’ai ressenti que son long cri d’angoisse devant l’impossibilité de l’orgasme (une sorte de Nymphomaniac encore plus volontariste que le personnage joué par Charlotte) .
Mais je ne vois pas vraiment de provocation sexuelle chez Guiraudie. Ni dans l’inconnu du Lac, ni dans celui-ci. Dans Rester vertical, ils montrent de gens perdus. Le héros lui-même est vraiment étrange. Il « assiste » le suicide, mais sans affect. On se croirait en suisse. « Vous voulez du rock’n roll et une b. dans le c. ? On va voir ce qu’on peut faire. » Il est observateur curieux et ouvert d’un autre qu’il ne capte pas. Ce détachement m’a fait penser à l’étranger de Camus.
Guiraudie parle aussi d’une misère sexuelle généralisée, homo hétéro dans le même sac, comme si le Graal s’était brisé comme verre, du fait même qu’il était atteignable.
« L’obscénité | …] augmente, avec la nécessité qui recule ».
Est-ce à dire que le même film vu à deux époques différentes peut-être plus obscène quand la nécessité est moindre pour la société ? ça me va, mais qui juge de la nécessité ?
Vous ? une élite ? des sages ? le peuple ? ce dernier, je ne crois pas, car s’il y a nécessité, c’est qu’ « on » veut qu’il change, justement.

« Fathi Akin abolit les barrières mieux que des Giraudie » (Peut-être, mais pas dans The Cut). Abolir les barrières est-ce donc un passage obligé du cinéma ?
« L’ukase de la chasse au sentimentalisme » ? Allez-vous voir les films sentimentalistes ? S’il n’y en a pas, est-ce du fait d’un complot anti-sentimentalisme ou parce que ça ne marche plus ? Est-ce un ukase ou la loi du marché ?
Sinon, du sentiment, il y en a dans les films qui dont on parle ici. Mais c’est discret en général…

Annelise dit: 9 septembre 2016 à 21 h 24 min

Les amis de Dee Dee, Johnny& Joey sont mes amis, Alley ! Mais vous vous trompez au moins sur une des propositions.

@Jibé, Sylvain, Patrick Juvet et Eriksen-le-Finlandais ,comme il y a un merveilleux Suédois dans « La Pastorale » de Roth,ok parlons-en… je vais y sacrifier alors que pas le temps, vous allez me tuer au travail mais allons-y pour une réponse à rallonge, plus longue que le billet (ça s’impose) : Only for men hier, drôle de bombe à neutron, en effet. Pour âpres qu’elles soient, vous êtes à votre affaire dans ces perceptions, du moins première partie.
Sans verser dans le puritanisme, vous choquez simplement car l’économie d’un blog (sans jeu de mots) est plus centrifuge que centripète. L’examen précis des tronçons que vous mettez en avant sans préparation donnent le vertige, à certains la nausée… mais c’est dit. De la même façon, vous détailleriez cash chez Henry Miller son acceptation animale des menstrues de Lola, métis qui, au goût de Mara, « en fait trop question manières car elle est complexée par sa couleur  » lors d’une partie à quatre chez son ami Ulrich, vous parleriez vrai mais passeriez à côté de la compréhension de pas mal de lecteurs ici en axant tout, dans votre espèce de concision universitaire recevable et peu émotive, sur le côté cochon, libertin ou scandaleux de la scène ?
Je peux très bien regarder ça en face mais du coup le torrentiel, le tragique, le vibrant, la drôlerie, l’incroyable sensualité, le don de portraitiste, la peinture d’une époque qui font la force de Miller passent à l’as au bénéfice de sa seule « obscénité ». Mara, Lola, Maud, Kronski, toutes ces figures de « Sexus » : le titre a contribué à ce que les jeunes lecteurs qui l’abordent ont l’espérance de ne le lire que d’une seule main ! Alors que c’est plus que ça. Voyez sa chronique des années de misère, à Dijon (« Tropiques du cancer »). Ou les détails peu ragoutants, chez Bukowski, qui finalement cachent autre chose ?
Fassbinder était tout désigné pour une adaptation. Ah, le rapport de la pornographie, des vieilles salissures du national-socialisme et de la fascination trouble des formes classiques et du corps parfait ! Quand « Querelle » est arrivé en salle, je n’étais pas majeure. Des gens sortaient en pestant, écoeurés. J’avais des amis danseurs, musiciens, intellectuels ou D.J dont pas mal ont été décimés par le Sida, qui trépignaient de joie devant le pavé jeté dans la mare. Je le comprenais, mais trouvais ce sentiment de revanche poignant sur ce qu’il révélait de défiance réciproque, à l’heure où le HIV déboulait dans les backrooms, les cabarets berlinois, les clubs hard où les garçons s’attrapaient à huit ou dix sur du Wagner. Michel Foucault «Muzil » s’habillait en cuir pour filer à l’anglaise dans Paris (pour rester en Europe d’avant Brexit), avant de rentrer prostré des bars gays… Il n’y avait pas de trithérapies, on ne savait même pas exactement à quoi exposait le fait d’être séropositif. Ça a été un drôle de combat d’expliquer que la discussion sur le multi-partenariat dérégulé sauvage n’était pas affaire de moraline, ni le seul fait de la communauté gay. Qu’est-ce qui demandait tant à être libéré ? On en a parlé des milliers de fois avec des survivants de ces années-là, de Fassbinder, de Genet, de Pasolini et aussi de Hervé Guibert, Guillaume Dustan et ses perruques vert pomme, le bareback qu’il préconisait avant de revenir en larmes dire qu’il était fou, et qu’il avait peur… Une amie dont l’oncle Jean-Paul Aron se mourait de la maladie l’avait chez elle, à la maison. La petite amie du frère tiquait, lorsqu’il éternuait sur le gâteau d’anniversaire. Ça me faisait pleurer en secret, ça, et sa terreur sans borne en lisant « A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie », parce qu’il se disait qu’il allait y passer. Les jeunes homos insérés aujourd’hui lorsqu’ils jettent un regard dans le rétro trouvent cette description du milieu tellement tragique et datée ! Ils ont raison. Comme si pour faire rock, il fallait porter la banane laquée… (oui je sais Alley je vous tends la perche mais pas obligé de les prendre..)Ceux-là qui l’ont intégré ne se sentent pas concernés par les mésaventures d’Edouard Louis en tant que tel. C’est ce qui me gêne, dans les récits de cet ordre : la réclamation communautaire victimaire transformiste… Les jeunes homos actuels sont moins radicaux, moins stridents. Ils ne sont pas du tout plus éteints, ni plus ou moins subversifs par rapport aux hétérosexuels, la frontière est juste en train de se dissoudre. Les derniers barouds menés par réflexe comme si on en était au temps de la lutte armée entre clans, ce sont des queues de comète aperçues dans le ciel avec trois trains de retard : quand le feu rougeoie quelque part, généralement pour raisons de communautarisme, d’intérêt ou d’esbroufe, le corps de l’étoile, avec la distance et la vitesse, en réalité s’est déplacé très loin… Pour ça, Guiraudie a quelque chose d’exemplaire dans sa façon de raccourcir l’intervalle, à sa manière de déjouer les attentes de ce qu’on serait tenté de lui prêter comme « groupe d’appartenance ». C’est courageux et c’est fort. La remarque de Jibé aussi va dans ce sens et votre post aussi, Eriksen. Parce que, quoi ? « Vous, les homos » si on y réfléchit pourquoi ça aurait plus de sens que « Vous, les blonds » ?
Dans un autre genre, « La Grande bouffe » dix ans avant était insupportable d’obscénité. Un film jugé détestable par beaucoup, à l’instar de Fassbinder/Genet. Mais un grand film dont la scatologie n’est que l’instrument éprouvant, non l’objet dégueulasse ou platement voyeur. Toute la différence.

alley cat dit: 9 septembre 2016 à 21 h 46 min

Annelise dit: 9 septembre 2016 à 21 h 24 min
Les amis de Dee Dee, Johnny& Joey sont mes amis, Alley ! Mais vous vous trompez au moins sur une des propositions.

Voilà qui laisse perplexe ! Mais comme je vous aime bien, je ne vous demanderais aucun développement

Eriksen dit: 9 septembre 2016 à 23 h 57 min

Joliment dit !
mais je crains un peu la dissolution de la frontière. Si testostérone + testostérone n’a plus de frontière avec œstrogène + testostérone, qui n’en n’a pas non plus avec œstrogène + œstrogène, alors c’est qu’il n’y a plus de différence entre œstrogène et testostérone. quel ennui.

JC..... dit: 10 septembre 2016 à 4 h 33 min

L’intuition qu’il ne restera rien de tout cela … mais , enfin, tout ce qui fait causer, même en vain, donne une illusion de liberté, de compétence, d’intelligence …

Annelise dit: 10 septembre 2016 à 7 h 04 min

L’Ombelle, tell me, do you really know your brother, man? (comme dirait Ben dans « Jah work »)
Eriksen, votre humour provoc lance hameçon, vous savez qu’en réalité nous ne sommes pas menacés de cela, pas de cette réduction des frontières dont je parle ni d’une biologie des passions de ce style. Catherine Vidal neurobiologiste de l’Institut Pasteur n’a cessé de martelé que le cerveau en particulier n’avait pas de sexe initial. J’ai eu moi-même régulièrement des conversations très amusantes et instructives avec le Professeur Pier-Vincenzo Piazza, neurochercheur franco-sicilien qui dirige le centre européen Magendie, grand prix de l’Inserm 2015 et prix Lamonica : pas de prédisposition génétique à l’orientation sexuelle, testostérone et oestrogène restent indépendants de l’affirmation d’un goût (cf la moustache de Mercury). Peut-être qu’en terme d’évolution à long terme c’est différent. Nous sommes en train de perdre un doigt de pied faute de ne plus grimper aux arbres. D’ailleurs je vais m’y remettre, voir si ça repousse?
Mon bon JC toujours positif : même une illusion de ce type est bonne à prendre (surtout s’il n’y à rien d’autre?) Qui sait, peut-être que créditer la pensée dans ce sens fera que, comme le doigt de pied, ça finit par venir ?

Eriksen dit: 10 septembre 2016 à 11 h 14 min

Je ne peux pas croire qu’un cerveau baigné d’une hormone mâle soit identique à un cerveau baigné d’une hormone femelle, mais cela n’empêche pas l’influence de l’acquis ultérieur. Ces querelles dogmatiques entre extrémistes de l’inné et de l’acquis sont profondément d’arrière-garde. et le propre des dogmatiques est justement de « marteler ».

Quant à l’orientation sexuelle, je ne vois pas comment il pourrait y avoir un facteur génétique majeur (mineur peut-être), dans la mesure où cela aurait constitué un facteur d’élimination dans l’évolution.

On ne peut pas ne pas parler de biologie, sinon on perd le pragmatisme naturelle, et l’on se perd dans la foi ou le rêve.

la dédifférentiation des sexes, d’abord culturelle puis génétique) serait un appauvrissement de plus, tout comme la mondialisation culturelle et la raréfaction des espèces.

Eriksen dit: 10 septembre 2016 à 14 h 37 min

Sauvé par l’ennui.
la première surprise d’Éternité est le sous-jeu généralisé. Jamais aucun théâtre. Même les pièces rapportées de la famille se fondent progressivement dans le mode mineur familial, comme aspirées. Mathilde (Mélanie Laurent) incarne d’abord une femme centrée sur sa beauté, inquiétante avec son sourire figée et presque carnassier qui laisse paraitre les dents à la commissure des lèvres. Puis elle évolue vers la douceur (avec une once de résignation tout de même). Gabrielle (Bérénice Béjo) est plus spontanément dans le moule, mais c’est la seule dont la douleur s’exprime avec une violence relative (quelques cris), puis tout reprend sa place, acceptant le sort comme un fait. L’intensité des affects chez Valentine (Audrey Tautou la grand-mère) se perçoit dans le silence d’une nuit passée contre le corps de sa fille morte.
Le film évolue entre idéalisme et pragmatisme. On peut voir le film comme une successions d’images d’Épinal et ressentir l’ennui mortel de la répétition des clichés du bonheur. Mais il n’y a aucun volontarisme dans cette conformation à l’idéal, juste une foi dans le lien familial. La famille est une bulle, et sa paroi un filtre entre le monde et elle. Presque rien n’est montré de la dureté d’un monde extérieur, sauf lorsque la loi sociale impose le départ au front des deux ainés. Mais à l’intérieur de cette bulle à faible porosité, le pragmatisme est de rigueur et l’adaptabilité totale. La deuxième fille de Valentine devient religieuse au grand dam de sa mère, mais qui lui laisse sa liberté et son soutien. A la mort de leurs conjoints, le fils de Valentine et sa belle-sœur reforment une famille nucléaire avec les 14 enfants en commun ; et le nouveau couple semble encore plus équilibré et amoureux que les deux précédents. Outre une habitude de l’époque, cela marque aussi que l’apport de sang neuf est vécu comme un risque, nécessaire sous peine de dégénérescence mais qu’il est préférable éviter si une solution interne se présente. À l’échelle du couple, une très belle scène illustre l’adaptabilité et la souplesse : lors des premières rencontres entre un Charles taiseux (Pierre Deladonchamps) et une Mathilde sérieuse, Charles fait le constat de leur méconnaissance, de l’absence d’amour qu’ils ressentent, et de la page vierge qu’est leur couple. A l’écoute de l’autre plus que d’eux-mêmes, ils mêleront alors leurs partitions de peu de notes, pour écrire une mélodie commune qui s’étoffera avec le temps.
Ainsi l’idéal n’est pas ici un rêve d’airain inentamable et inatteignable, mais un cocon de souplesse dans un espace solidement protégé. Cette éternité, c’est peut-être bien ce dont rêverait Terrence Mallick, et le film aurait pu aussi s’appeler « The tree of life ».
Cette vision presque idyllique du foyer et de la famille, donne la part belle aux femmes. Les hommes sont-ils à la chasse ? on ne sait pas, mais le repos du guerrier épuise les femmes, jusqu’à la mort de l’une d’entre elle. La douceur des relations entre mère et belles-filles est un éloge de la féminité douce, possible seulement dans la bulle, loin de ce monde de brutes. Il n’y a d’ailleurs pas de pièces rapportés « hommes » puisque les premières filles de la famille sont morte ou marié avec le Christ. La maternité n’est pas qu’imposée cependant. Le plaisir est discrètement suggéré, et le plus grand regret de Valentine vis-à-vis de sa fille nonne, est qu’elle ne connaitra pas l’enfantement.
Ainsi, l’épaisseur des personnages fait progressivement disparaitre le sentiment de clichés du début (si l’on a bien voulu se laisser porter). Certes, la famille traverse la vie sans beaucoup de découvertes, sans grand émerveillement du vaste monde car il est d’abord pour eux danger. À notre époque, c’est un crime. Mais si l’on changeait le décor et les corps pour y mettre une tribu de papous, tout le monde applaudirait, car libérés de l’impression de « valeurs de droite » qui émane de ce film. Au-delà de ces valeurs, l’obligation d’interagir constamment avec l’extérieur est un dogme du temps, un excès du balancier mais qui n’a pas vocation à rester immobile.
La deuxième partie de cette saga sur 3 générations (j’ai pensé aux Jalna de Mazo de la Roche), s’accélère et tourne à la rubrique nécrologique par manque de temps. Mais dans cette famille de Bisounours, seuls les morts font évènement de scénario. Le reste n’est que la longue litanie du bonheur où chaque jour ressemble à un autre, et où chaque repas de famille, sans heurt, s’amalgame dans un sentiment unique et permanent qui donne sens au titre. Il est des films ou l’ennui du spectateur est nécessaire au propos (Indian Song par exemple). Sans l’ennui du spectateur, ce film ne serait que qu’un cliché de bonheur de plus.
Mais ce film n’a pas valeur prescriptive : juste le constat d’une voie possible, dont personnellement je ne suis pas prêt à payer la note d’enfermement.

PS : A For men only : que diriez vous du sentimentalisme ici ?

la chinoise dit: 10 septembre 2016 à 16 h 19 min

Jibé dit: 10 septembre 2016 à 12 h 37 min
Annelise dit: 9 septembre 2016 à 21 h 24 min

J’ai pas tout compris (même rien)

moi non plus,pas plus que la Daneytique continuée des autres commentatos d’ailleurs bro
mais bon disons à sa décharge qu’un com de jibé c’est jamas bien compliqué à déchiffrer man.
« du jibéy moin compliqué » ce serait quoi d’abord?
un manuel de fil à couper l’eau tiède fondue d’un paquet de beurre?
jibet, l’Ed Wood du cinéma du comment taire en moins impliqué

Jibé dit: 10 septembre 2016 à 16 h 23 min

La seule chose qui pourrait me donner l’envie d’aller voir « Eternité », c’est Audrey Tautou transformée en mère-grand !

Jibé dit: 10 septembre 2016 à 16 h 31 min

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement – Et les mots pour le dire arrivent aisément. »

Comment traduit-on cela en mandarin, la chinoise ?

Annelise dit: 10 septembre 2016 à 23 h 21 min

@18h19, rien n’égalera jamais un Turturro en survet mauve et filet dans les cheveux… à part peut-être Steve Buscemi berçant la poupée en fredonnant, dans « Les ailes de l’enfer »?
Et ceci :
https://www.youtube.com/watch?v=nUyJ5CdqgAE
que personne ne le prenne directement pour lui, surtout !
(Juste histoire de mettre tout le monde d’accord sur les notions d’obscénité, d’étrangeté, de burlesque, d’ultra mauvais goût ou de transgression. Katerine y excelle mais bon, il est fou.)

Annelise dit: 10 septembre 2016 à 23 h 24 min

Ce coucou à la fin est si reposant… le bruit des abeilles… Un excellent travail sur le son, à la sobriété trompeuse.

radioscopie dit: 11 septembre 2016 à 7 h 45 min

Annelise, un peu de géographie : votre « Villefranche-sur-Rouergue » est sûrement SUR Aveyron, en Rouergue, et donc Villefranche-de-Rouergue. En pénitence : tripoux, aligot et une bouteille de marcillac.

Annelise dit: 11 septembre 2016 à 10 h 43 min

Merci, Radio. Je corrige. Vous êtes clément (encore que tripoux, vous êtes sûr? accordez-moi en entier les circonstances atténuantes)

Annelise dit: 11 septembre 2016 à 10 h 48 min

Enfin « je » corrige… saluons un des deux webmasters qui oeuvre à distance là-dessus, et même les deux qui tour à tour toilettent le site avec amour! Sans eux, techniquement démunie.

Jibé dit: 11 septembre 2016 à 10 h 56 min

Prix, très mérité, de Paula Béer à Venise. La remarquable héroïne de « Frantz », aux côtés de Pierre Niney, de François Ozon. Elle fait penser à la jeune Romy Schneider.

Jibé dit: 11 septembre 2016 à 20 h 23 min

C’est de la provocation, Eriksen ! « Eternité » c’est l’anti Guiraudie. Un défense et illustration de la bourgeoisie. Que du charme discret, pas une once de vulgarité. Comme chez Bonello, les acteurs y font de la figuration. Intelligente, ici, la figuration, vue la brochette de comédiens prestigieux. Certes il y a les joies et les drames de la vie familiale, entre naissances, mariages et enterrements, mais jamais aucuns conflits. D’amour ou de raison, les couples s’aiment durablement et les parents et enfants, tendrement. Pas de problèmes d’argents ni de logements. Malgré un rythme soutenu d’accouchements, le patrimoine familial, avec villa de rêve sur la Côte d’Azur, semble se transmettre comme par enchantement par une sorte de droit d’ainesse généralisé ! Chez ces gens-là, les femmes ne travaillent pas, bien évidemment, et les maris sont du genre polytechniciens. On est naturellement chrétien. Pas de mésalliances ni de mixité raciale ni sociale. Même les soubrettes semblent n’avoir jamais entendu parler de la lutte des classes. Jusqu’à la dernière génération bobo avec laquelle se conclut le film. J’ignorais que l’éternité était essentiellement bourgeoise ! Ce qui sauve le film de l’ennui, que j’ai feuilleté comme un album suranné, une curiosité amusée, une étrangeté involontairement comique, c’est que le scénario est bâti de part en part sur l’émotion. Et ça marche, sur la longueur, à mon grand étonnement, non sans quelques bâillements !

Jibé dit: 11 septembre 2016 à 21 h 23 min

J’oubliais de mentionner le fait que dans « Eternité », tout le monde est parfaitement hétérosexuel, pas l’ombre du moindre homosexuel dans la famille. L’anti Guiraudie, vous dis-je !

Eriksen dit: 12 septembre 2016 à 0 h 01 min

je pense que l’on peut imaginer à peu près la même bulle dans un autre milieu, et d’autre part, le bonheur de la bourgeoisie n’a pas moins droit de cité qu’un autre.
Pas tout à fait notre tasse de thé? et alors ?
la construction de la bulle est intéressante en soit.
Et, je vous rejoins, on finit par être touché par cette bande de Bisounours dans leur bulle.
Mais, rassurez-vous, il y a peut-être d’autres conditions possible au bonheur.En tout cas, le film n’affirme pas l’inverse.

Eriksen dit: 12 septembre 2016 à 0 h 11 min

L’Eternité c’est l’anti-guiraudie. c’est sûr, mais les deux films disent la même chose sur le lien familial.
Quant à l’homosexualité, faut-il vraiment des quotas?

JC..... dit: 12 septembre 2016 à 5 h 43 min

Il n’y a bien sûr aucune alternative : le bonheur est forcément bourgeois, comme l’hétérosexualité en est la semence …

Jibé dit: 12 septembre 2016 à 8 h 08 min

Oui, Eriksen, car cette bulle est complètement coupée de toute réalités extérieures. C’est un film pratiquement sans dialogues, sans paroles, expressionniste, où tout passe par le regard et par le toucher. Une spécialité pour Bérénice Bejo, au point que lorsqu’elle pousse son cri, j’ai sursauté sur mon fauteuil !

JC..... dit: 12 septembre 2016 à 8 h 27 min

On a essayé de jeter daniel dans la fosse aux lions pour s’en débarrasser : les lions n’ont pas voulu de ce poison ! A quoi tient une vie, vraiment ….

boudegras dit: 12 septembre 2016 à 10 h 13 min

Annelise, vous tenez vraiment à ce que votre blog devienne nauséabond avec les commentaires flatulents de ce JC ?

Emmanuel dit: 12 septembre 2016 à 10 h 27 min

désolé ,Anne-lise, si j’ai choqué la blogosphère la dernière fois 11.53; mille excuses, j’avais cru prévenir que la lecture n’était pas à mettre entre toutes les mains.
La question des quotas 00.11, de la discrimination positive est bien là, pour Guiraudie comme pour « Eternité »; en quoi le fait que ce soit un cinéma gay ou un cinéma bourgeois est un critère? D’accord avec vous et Jibé sur ces points.
Remarquable note d’Assouline sur O.M (non c’est pas l’Olympique marseillais)

Jibé dit: 12 septembre 2016 à 10 h 35 min

Non, Eriksen, ce film est une curiosité. On peut le voir comme une parabole. La famille comme refuge, ultime valeur à sauver ? Même si la vision idéale qui nous est donnée à voir nous parait éloignée de toute réalité : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. On n’est pas dans la vie mais au musée…

Emmanuel dit: 12 septembre 2016 à 10 h 52 min

10.35 le film fait vite naphtaline, I agree… Béjot ressemble à Paula Beer, non?prochain billet sur ‘Franz » alors, anne-Lise? Quand ça?

Eriksen dit: 12 septembre 2016 à 10 h 55 min

pas si sûr que ce genre de bulle n’existe jamais. Dans une certaine mesure, je l’ai vécu pour la moitié de ma famille, mais dans un milieu ouvrier.
@emmanuel: c’est vrai, y’a aucun bourgeois dans le Guiraudie. c’est de de la bourgeoisophobie ;-) .

JC..... dit: 12 septembre 2016 à 10 h 55 min

« tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. On n’est pas dans la vie mais au musée… »

Bien vu, JiBé !
Dans la vraie vie : « tout le monde il est moche, tout le monde il est méchant ». Ce qu’il y a dans les musées est généralement profondément inintéressant … Mort. La villa Borghèse, un peu à part.

Annelise dit: 12 septembre 2016 à 11 h 04 min

Si vous êtes à Borghese, allez donc saluer de ma part une de mes toiles préférées de Felice Casorati, le panier de pommes vertes, à la galerie d’art moderne. Retour obligatoire par le pincio. Vous voyez que tout n’est pas perdu.

Eriksen dit: 12 septembre 2016 à 12 h 25 min

Pas d’accord avec vous JC. le musée, c’est de la vie à l’oeuvre. Le présent du passé. Mais pour cela, il faut un peu lâcher le présent. N’ayez pas peur…

Gilles dit: 12 septembre 2016 à 13 h 07 min

Ce serait bien que Popaul Edel qui a l’air de toucher sa bille sur l’Allemagne donne sa contribution sur RFassbinder?

Paul Edel dit: 12 septembre 2016 à 14 h 16 min

je réponds à Gille..A propos de RW Fassbinder, je recommande de ce cinéaste grassouillet à blouson de cuir, au regard si éperdu, un film rarement projeté »le marchand de 4 saisons » (Händler der vier Jahreszeiten) de 1972 -Il donne une image parfaite de la solitude d’un vendeur de fruits et légumes ambulant mal marié – film d’une humanité bouleversante- mais surtout d une grande originalité car peu de cinéastes ont montré ces cours intérieures qui communiquent d’immeubles en immeubles et la vie des petits commerces à charettes dans les grands ensembles dans Berlin de ces années 70, quand on jetait des pièces de monnaie des fenêtres..– . portait d’un humble, une détresse sans fond filmée avec une distance parfaite.
Rien à voir avec les machins kistch désolants couleurs de tutu ou de poupées de fête foraine , avec frou- frou plissés psychologiques hilarants genre « larmes amères de Petra machin chose » -fassbinder peut offrir le pire et le meilleur.
Pour bien comprendre l’Allemagne,(celle du sud et notamment de la Bavière) voir ou revoir les trente et quelques heures de « Heimat ».

Phil dit: 12 septembre 2016 à 14 h 22 min

c’est diablement animé par ici. Très bon commentaire (entre autres) d’Annelise (celui 09.11 à 20.24. j’ai tout compris, comme j’adhère aussi à celui de men only, écrit trente ans plus tôt.
« l’inconnu du lac » m’a rappelé du Téchiné sans jeunes ni espoir. A aucun moment Fassbinder, bien trop nazifié dans les moelles, contre son plein gré. autre pays, autre génération.
A voir pour le second Guiraudie qui semble élargir le champ du possible, à lire ici les enthousiasmes claudojeanphilippiens.

JC..... dit: 12 septembre 2016 à 16 h 10 min

« Eriksen dit: 12 septembre 2016 à 12 h 25 min
Pas d’accord avec vous JC. le musée, c’est de la vie à l’oeuvre. Le présent du passé. Mais pour cela, il faut un peu lâcher le présent. N’ayez pas peur… »

Le musée ?…. comme vous voulez mon gars ! c’est comme vous voulez ! Vous préférez le passé, je préfère le présent.*
* votre histoire de « peur » est amusante : aucune raison d’avoir peur !? Bizarre …

Jibé dit: 12 septembre 2016 à 16 h 14 min

Oui, Phil, je suis très limité pour comprendre toutes ces subtilités verbales.
Vous pourriez m’en fair une traduction simplifiée ?

Phil dit: 12 septembre 2016 à 17 h 15 min

baroz, le message de Annelise sent son vécu, celui du men only, as well. vous avez préféré l’inconnu du lac ou celui-ci ?

radioscopie dit: 12 septembre 2016 à 18 h 07 min

Paul Edel dit: 12 septembre 2016 à 14 h 16 min
A propos de RW Fassbinder, je recommande de ce cinéaste grassouillet à blouson de cuir, au regard si éperdu, un film…

Interrogeons le « spécialiste ». On voudrait savoir : le taux de surcharge pondérale dudit RWF, la couleur du blouson (on tremble qu’il ne soit noir), l’analyse toxicologique qui pourrait justifier le « regard éperdu ».

Gilles dit: 12 septembre 2016 à 18 h 17 min

Moi aussi j’ai tout compris. Lumineux.C’est exprès Jibé?14.12,merci Paul.Je note sur le cinéaste grassouillet. (Première fois que j’entends ça.)Phil, Téchiné n’a pas trop pris un coup de vieux parce qu’il est resté à l’orée du secret.Allusif,quoi.. Risquait moins de se griller.

Eriksen dit: 12 septembre 2016 à 18 h 25 min

JC….. dit: 12 septembre 2016 à 16 h 10 min
Je ne suis pas exclusif… ni pour ni contre passé ou présent.
Le passé, c’est décanté. Reste le meilleur. C’est reposant.
Effectivement, aucune raison d’avoir peur. Certains craignent ce qu’ils ne connaissent pas. Bizarre, je vous l’accorde.

Annelise dit: 12 septembre 2016 à 18 h 50 min

14h16, oui « Heimat » merveilleux, Paul. Vous voilà responsable de l’image pour toujours ancrée dans l’esprit de Gilles &Radio d’un Fassbinder grassouillet, en blouson de cuir sous les lampions ! A quoi tiennent les images. Grazie pour la traduction en condensé bien vue, Phil. Jibé vous allez être content, demain je fais écho au « Ich bin ein Berliner » qui a retenti à Venise… Paula Beer à la Mostra (and proud to come to this city as the guest of your etc)
The distinguished Eriksen profitera t-il de « Frantz » pour dégainer sur Lubitsch ? J’ai l’impression que ça le travaille

Phil dit: 12 septembre 2016 à 19 h 35 min

Ozon dire que c’est du Jules et Jim ?
Oui décidément, ce  » grassouillet » n’est certes pas homophobe mais très peu homophile, liebster pauledel. Si l’on traduit Heimat en patrie, la France attendra longtemps son Edgar Reitz.

Jibé dit: 12 septembre 2016 à 20 h 18 min

Non, rien à voit avec Jules et Jim, Phil. Du Ozon en noir et blanc et en costumes d’époque…
Je n’avais pas été emballé outre mesure par L’inconnu du lac, mais je découvre un cinéaste singulier, qui a son atmosphère et ses tropismes, ce qui n’est pas si courant, à suivre donc…
Guiraudie, plus proche de Vecchiali que de Techiné.

Phil dit: 12 septembre 2016 à 20 h 51 min

Effectivement, bien difficile de revoir un Vecchiali à notre époque hygiéniste. Son dictionnaire du cinéma ( very expensive because faible tirage et papier pas chiotteux) vaut aussi le détour.
Pas vu le Ozon, baroz, mais ce « Frantz » sonne hesselien.

jissé dit: 13 septembre 2016 à 9 h 49 min

12 septembre 2016 à 18 h 25 min

effrayants, les nombreux musées de porcroll, construits à côté des résidences pour réfugiés

JC..... dit: 13 septembre 2016 à 12 h 53 min

Jibé,
dans le rôle du c.on, tu es parfait : il faut accueillir les véritables réfugiés (camp de transit, enquête … reconduite à la frontière) et virer avec violence, torture et méchanceté, les migrants économico-culturels qui viennent polluer notre hexagone malade …

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