de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

« Hacker »: sous la menace, la contemplation

Par Sophie Avon

Hacker oblige, le récit commence par des plans magistraux où la tuyauterie du net est filmée au plus près, véritable maillage souterraine par lequel passent des milliards de codes et autres équations sibyllines. La technologie digitale a beau être invisible, elle n’en est pas moins  représentable sous forme de circulations multiples – décharges bleutées et armée psychédélique à l’assaut de  boyaux minuscules. Au terme du parcours, les claviers. Qui dit clavier dit écran, qui dit humain. Un type fume en attendant les conséquences de la vague qu’il a déclenchée. Le hacker, c’est lui. « Blackhat » disent les anglo-saxons pour désigner les pirates du net.

Celui-ci est assez malveillant pour provoquer un accident nucléaire en Chine. Surchauffe, explosion, morts. Bienvenue dans le monde contemporain où à distance et en quelques encodages complexes, un fou-furieux peut prendre les commandes d’une centrale et programmer un carnage.

Michael Mann s’est d’abord intéressé au monde des hackers avant de bâtir une histoire. Celle qu’il raconte est d’ailleurs d’une simplicité biblique : le FBI pourchasse le blackhat, lequel a utilisé pour son méfait un code ancien, créé par deux jeunes étudiants, colocataires et amis à l’époque de leurs études. L’un est devenu capitaine, l’autre croupit en prison. L’un est chinois, l’autre américain. L’un s’appelle Chen, l’autre  Nicolas Hathaway. Comme c’est Chris Hemsworth qui lui donne sa belle carrure de héros, on se doute bien que ce n’est pas pour le faire replonger. D’ailleurs, Hathaway est un roc, un type hors normes. « C’est moi qui gère mon temps, dit-il, pas la prison ». Autour de lui, la cohabitation s’organise. Chine et Amérique, FBI et ex-taulards. Outre le capitaine Chen qui a fait libérer Hathaway pour aider à l’enquête, l’agent fédéral Carol Barrett (Viola Davis), surveille les opérations. Son mari est mort dans les tours du World centrer – peut-on désormais faire un film sur ce qui menace la terre sans en passer par l’attentat du 11 septembre, date curseur d’une Amérique frappée pour la première fois à l’intérieur de ses frontières, lesquelles sont d’autant moins protectrices quand il s’agit de cybercriminalité.

La sœur de Chen, enfin (Wei Tang), complète l’équipe. Elle est une brillante ingénieure et par ailleurs ravissante. Dieu merci, il n’y a pas que des hackers malveillants dans cette histoire mais aussi de l’amour et des corps érotisés par la caméra de Michael Mann, laquelle s’attarde sur un profil, capte le reflet d’une chevelure ou isole le détail d’une silhouette, au service d’un film qui célèbre la présence physique et s’affirme comme un hymne pur à l’incarnation. Dans cette enquête au cœur du numérique, jamais sans doute la présence humaine et les codes classiques du film noir – course-poursuite, tirs, explosions, blessures -  n’ont eu une place aussi légitime. Le monde est en proie à une ère nouvelle et d’autant plus angoissante qu’elle est impalpable, nous dit l’auteur de « Heat », mais c’est encore des hommes et des femmes parfaitement tangibles qui le peuplent.

D’ailleurs, Hathaway a beau taper sur des claviers et remonter la filière informatique du blackhat, il a besoin d’être sur le terrain pour cerner son adversaire. De Hong kong dont Mann filme avec une fascination contemplative les buildings lumineux et les rues surpeuplées à la Malaisie en passant par Jakarta, c’est bel et bien une géographie sensible, colorée, habitée qui nourrit le film et lui donne sa part la plus consistante. Et c’est sur place, à Hong Kong et non devant un écran d’ordinateur, qu’Hathaway, tâtonnant dans la nuit et reprenant le trajet du blackhat, tache de comprendre comment il communique ses informations sans laisser de trace. C’est encore sur le terrain, à Kuala Lumpur, face aux vallées successives où gisent des mines d’étain qu’il appréhende les véritables motivations du bandit.

« Hacker » est un film de genre derrière lequel court un récit sophistiqué, réalisé par un cinéaste qui observe l’époque en artiste et la ressuscite, dans son chaos, à travers une idée de la beauté. Une idée crépusculaire sans doute, mélancolique et ferme où les individus, sous  la fragile carapace de leurs corps, sont les derniers remparts d’un monde en voie de dématérialisation – de déshumanisation?

« Hacker » de Michael Mann. Sortie le 18 mars.

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commentaires

19 Réponses pour « Hacker »: sous la menace, la contemplation

La Reine des chats dit: 20 mars 2015 à 17 h 53 min

Tout cela est fort bien dit. D’autant qu’aucune raison d’avoir les yeux ds la poche, comme vs le soulignez,Sophie, les muscles (nécessité ici de prononcer le vocable à l’anglaise, pour maximiser l’effet visuel) de Hemsworth en eux-mêmes sont un spectacle, même si ce côté Brad Pitt bodybuildé n’est pas mon genre – depuis Proust on sait néanmoins combien il faut se méfier justement de ce qui n’est pas notre genre… J’irai aussi rapidement que possible, non pas pour Chris H, ms par curiosité, fidélité confiante envers Mann. « The Heat », c’était qqchose.A mon goût un des meilleurs duels d’acteurs qui soit. Pacino habité d’une rage contenue, dépassé dans son couple, nerveux, lessivé..Rarement il a été aussi bon – le pbm avec Pacino ,c’est que je dis presque tjs ça! Michael Mann avait su en tout cas en tirer une nouvelle fois une forme d’apothéose.Quand il emporte dans ses bras la petite Portman aux veines coupées,sa transpiration je m’en souviens arrivait à ruisseler directement sur mon propre corps. Il faut le faire. Il m’avait déjà bluffée dans la série « Angels in America », en avocat homo refoulé totalement combinard, marron, folle honteuse poursuivant les Rosenberg de sa vindicte et le petit masseur qui lui donne soin d’une homophobie de façade. Et De Niro! A part dans le « Casino » de Scorsese où, sans jeu de mot, il est royal,jamais il n’a dépassé le niveau de jeu qu’il atteignait là : sa précaution, cette sorte d’aspiration prudente, humble, dans le désir de rédemption, qu’on voit grandir en même temps que l’amour possible d’une femme…Et la longue course poursuite finale, haletante, avec cette espèce d’échange des rôles entre rivaux, qui propulse en pleine lumière leur fraternité interdite, lancinante, enfin réalisée.Qqchose d’un accompagnement profondément fraternel et, à la fois,de la mise à mort d’une corrida, sur la piste d’aéroport, à la fin. Quel bon film!J’ai un ami qui avait décidé en cet honneur de se marier avec son compagnon en costume &chemise noirs, cravate rouge, tel qu’est habillé Pacino dedans. Quelle horreur. Il ne faut pas exagérer.Là-dessus, j’avais tenté de le dissuader, pour le reste, je souscris. « Hacker », donc, oui Madame.Vos papiers st tjs aussi fins

ueda dit: 24 mars 2015 à 22 h 24 min

« Tu dors, Nicole? »

Cette question s’adresse aussi aux commentateurs.

Sophie a le génie d’aller jusqu’où il est possible (fairness) sur un film dont on sent bien qu’il est inabouti.

Elle laisse parfois échapper un soupir: « peut-on désormais faire un film sur ce qui menace la terre sans en passer par l’attentat du 11 septembre? »

Quant à cette phrase, je la prends avec un grain de sel: « jamais sans doute les codes classiques du film noir – course-poursuite, tirs, explosions, blessures – n’ont eu une place aussi légitime ».
Hem, hem.
C’est cohérent avec sa perception qui est sans doute la bonne: « un hymne pur à l’incarnation/ une géographie sensible (bravo) ».

J’irai, j’irai.
Pas spécialement pour Tang Wei (son beau travail au travers des dialectes chinois n’apparaît sans doute pas ici).
Mais bon, ça nous parle de nous…

ueda dit: 24 mars 2015 à 22 h 36 min

Sur la réception de ce film, je suis allé voir Wiki (on devrait pas).

The Hollywood Reporter’s Sheri Linden noted, “The essential problem of cyber-thrillers is one that even so gifted a director hasn’t quite solved, particularly in the film’s first half: Characters looking at computer screens and explaining the significance of what they see doesn’t make for the most riveting viewing.”

Je ne sais pas si c’est pertinent pour ce film, mais c’est un problème.
Un bavardage sur fond de technologie reste un bavardage.

La Reine des chats dit: 25 mars 2015 à 9 h 24 min

Pas faux, Ueda. L’hibernation du commentarium ici on l’espère va bientôt prendre fin? Surtout s’il est neuronal. Refleurir en même temps que les primevères, les jacinthes! Quant au billet, ce que vs pensez déceler de réserves chez SA, seule notre chère mystérieuse le sait? Elle énonce ses phrases ciselées, ensuite chacun interprète. Quoi qu’il en soit, difficile (surtout aujourd’hui, ds le contexte, alors que le 11-09 marque le début « historique » du maniement terroriste comme arme de propagande et de guerre) d’omettre d’y faire allusion ds un film de genre. L’évènement tient lieu de quasi paradigme, sur place et ds le monde, désormais, qu’on en ait été traumatisé à vie, qu’on l’oblitère volontairement, voire s’en réjouisse ou s’en glorifie comme claque magistrale infligée à la toute puissance US, ou qu’on n’en mesure pas toujours l’exacte portée traumatique, délavée d’avoir été bue de la sorte dès le biberon, comme on constate que c’est le cas parfois parmi la jeune génération.
Puis un bavardage de Mann vaut peut-être davantage le déplacement qu’un film à thèse de Dany Boon ou d’Eric Lartigaut? Pas une question de personnes, bien sûr : une interrogation que je vs adresse. Impossible de ne pas y aller à mon sens après avoir vu « Miami Vice » et surtout, « Heat ». Trop envie de voir où en est le cinéaste. Pour « Heat », hormis Pacino/De Niro, je repensais à l’humanité de cette scène entre Ashley Judd et Dominik (Val Kilmer) : ils sont amis d’enfance, lui est gangster, un des tueurs du braquage emmené par De Niro qui a mal tourné, gosse de l’assistance ou je ne sais quoi (à moins que ce soit Ashley Judd qui soit de l’assistance). En tt cas, ils ont un enfant, et Ashley Judd est son seul amour. Le couple bat de l’aile. Les flics ont réussi à mettre la main sur la femme, au travers d’un amant qui adore user de son corps. Ils lui mettent le marché en main : ou elle livre Dominik, ou ils lui retirent la garde de son fils. La sobriété, l’intensité de cette séquence, au balcon où elle voit arriver Kilmer de loin, ds la rue, et trouve le courage, alors qu’elle est déchirée, qu’elle a manifestement cessé de l’aimer d’un amour de femme et qu’elle est placée sous surveillance étroite de la police, de lui adresser un signe muet lui indiquant de passer sa route : ce qu’on appelle une loyauté par delà les mots, qui ressortit à l’enfance en commun, la parentalité partagée, le souvenir respectueux de ceux qu’on a aimés ou simplement la noblesse personnelle, que sais-je.
Ou lorsque l’amant la rabroue, lui manque à ce point de respect qu’un des flics le recadre sèchement… Le mépris vil du type, alors qu’il rétorque : »Ben quoi, je la baise! », et le regard de l’inspecteur à ce moment-là sur lui et sur la femme, juste avant de proposer un café à cette dernière.
Non seulement Mann est capable d’être fin psychologue, mais il se révèle être un maître hors pair du temps : il décortique et déconstruit la temporalité, les rythmes, en proposant concomitamment une action qui pulse dans un sens, et une caméra qui s’attarde dans l’autre, un son destiné à ralentir et saturer les scènes. En résulte une curieuse sensation d’apesanteur, qui n’a pas de sens d’un point de vue réaliste, mais qui instille une reflexion quasi contemplative, en effet. L’exécution de Barrett est très représentative à ce titre : l’impact des balles est filmé de manière sourde, sans appel et cependant caressante. Cette espèce de matité de la mort. John Woo offre des séquence assez semblables dans « Volte/Face », développées avec plus d’humour et de kitsch. Puis comment ne pas discerner un net clin d’oeil à son Kubrick (connu de toute évidence sur le bout des doigts), dans ce « Hacker »? Les scènes où l’information court le long des réseaux…on dirait 2001, lorsque la capsule traverse les âges! Signe renouvelé et appuyé d’autant, lors de l’échange de tirs – magnifique – à la sortie du boyau par lequel les tueurs s’échappent : Hemsworth trouve abri derrière des blocs de béton dressés, ressemblant à s’y méprendre à la fameuse pierre philosophale de l’Odyssée de l’espace! Mann a une manière oblique, infiniment lente, picturale, de filmer la ville, le ciel où croisent les hélicoptères, les ponts suspendus…L’amour, la volonté de reconstruction alors que c’est trop tard tiennent une place importante ds ses films. Le romantisme entendu selon le sens commun ne lui fait pas peur, c’est étonnant, curieusement doux, briseur de clichés et avant-gardiste, sous la pellicule académique.

La Reine des chats dit: 25 mars 2015 à 12 h 13 min

Avant d’aller lire PA à propos de Tanger et du beau livre de Toledano sur RdL puis de quitter pour la fin de semaine, j’aimerais rajouter ici une chose sur laquelle j’aimerais bien avoir votre avis, Lew ou tout autre(s) commentateur(s), si vs passez par là. Au passage, hi!, XLew, longtps que ns ne nous sommes croisés..;C’est que Mann, en dépit de la consonance d’un patronyme en l’occurrence provocant, est à mes yeux un cinéaste féministe. Pas une moindre qualité, additionnée qui plus est à l’excellence de ses choix musicaux que j’aurais dû mentionner ci-dessus (Brian Eno &Moby aux manettes ds « Heat », excusez du peu). Chez lui, les femmes sont compétentes (ds « Hacker », au lieu d’être secrétaire, la soeur de Chen est un crack en informatique, ce que je ne cesse de lui envier). Elles se battent avec dignité et amour pour sauver leur couple, pour améliorer la vie autour d’elles, pour aider les hommes qu’elles aiment, loin des clichés (c’est Charlene/Ashley Judd envers Chris – je me suis trompée ds mon post précédent, « Dominik » est le nom de leur fils, son mari/Val Kilmer s’appelle en réalité Chris, me semble t-il. Ou encore, la femme innocente dont Neil/De Niro tombe amoureux ds « Heat », qui va faire le choix de l’accompagner alors que le voile se déchire, que la vérité lui apparaît crûment, et qu’elle est plus que difficile à supporter. Ou celle de Pacino/Vince, Diane Verona/Justine, qui bataille, tente de donner une dernière chance à leur mariage alors que de son propre aveu, Pacino est un mari désastreux… Cela devrait être normal, mais, à l’heure où, en 2015(!), des rapports réguliers, pas seulement rendus par le CSA, font état d’un traitement inégal à l’égard des femmes, c’est à la fois moderne, pas si fréquent et roboratif. Combien de débats, y compris à des hauteurs où cela devrait naturellement être banni, cantonnent d’ailleurs plus ou moins discrètement les femmes au rang de potiches? Cela peut être sur un plateau de télé, ou entre deux livres, portant sur un même sujet : l’homme est tenu pour l’expert, le « faiseur de prix », donne le la, tandis que la femme est le gentil témoin, auquel on consent de temps en temps à donner la parole. En plus il faut qu’elle soit reconnaissante! Et c’est vrai que les femmes « s’imposent » moins, souvent parce qu’éducativement, elles vont être plus portées à l’écoute, au fait de réserver une place à l’autre et attendre leur tour… qui parfois ne vient pas, étant donné que les hommes trouvent légitime d’occuper le terrain Ou, si la femme est consultée comme « expert », souvent c’est entaché d’une légère réprobation induite : forcément un bas bleu. Pas sexy. Si elle est jolie, c’est vite suspect. Blonde, n’en parlons pas.
J’en viens donc à ce « bavardage » que vs évoquez, Ueda. Je ne me prononce pas sur le fait que vs l’ayez ressenti comme tel, ni ne dis forcément que le film en est exempt. Je pense plutôt à l’avis d’Eric Neuhoff, au Cercle, sur Canal, sur le film de Mann. Sa moquerie. Souvent, ses opinions carrées, sans ambages, me font rire, m’interloquent comme une sorte d’absurde et complémentaire apport à ma propre approche – si tant est que Neuhoff ne verse pas dans ce qui m’avait déconcertée, pour ne pas dire plus, dans son livre intitulé « Mufle » qui portait bien son nom : une espèce d’invraisemblable légitimité frisant la misogynie, dans la certitude de penser qu’il n’existe qu’un seul cadre dans laquelle est susceptible de s’inscrire la critique! S’il y a de la psychologie, que c’est élaboré, complexe, discursif, alors ce serait « embrouillé », on « n’y comprendrait rien » etc ? Voire. Le féminisme qui ne s’entend pas toujours -uniquement, ou pas du tout -comme de grimper seins nus sur des voitures, d’escalader des statues en agitant banderolles et (pour les plus chanceuses)opulentes poitrines, de tenter de molester ou de mordre DSK à la sortie de son procès, là-dessus aurait beaucoup à dire. La parole, l’exploration des sentiments, un bavardage? Mais qui en décide? Qui emporte le morceau globalement dans les « opinions »? Le plus convaincant, le plus fin et le plus juste? Ou la pensée dominante, dont on oublie de réfléchir à d’où elle vient, à ce qui l’a construite, ratifiée sans consultation véritable? Quelle épistémologie de départ, sur quels critères acceptés et reconnus se fonde-t-on pour donner avis? Qui détient autorité, pour quelles raisons articulées, suivant quels mécanismes. Qui décrète que c’est bien ou que c’est raté?
Je n’entends pas répondre à ces interrogations. Je les pose. Et, moi qui ne suis en rien pour une discrimination positive ni pour quelque quota égalitaire « imposé » que se soit – l’égalité, ni ne se décrète par la force, ni ne peut se raisonner en termes d’équivalences platement arithmétiques, elle est une expérience vécue, qui réussie, élargit tout à la fois le champ des femmes ET des hommes – il n’en demeure pas moins que lire la liste des palmes d’or à Cannes, comme celle des Goncourt ou autres prix, relativement pauvres en éléments féminins au regard de la diversité de l’offre générale, peut donner une bonne raison de s’y pencher.

La Reine des chats dit: 25 mars 2015 à 12 h 17 min

Ueda, comment avez-vs deviné? Calamity Jane is my second name(celle de Lucky Luke, bien sûr, qui crache au saloon et manie la pétoire comme pas deux…) Hum.Eh bien non. Plutôt Melody Nelson, voyez. A part lui-même, personne… BàV, bonne fin de semaine à ts

Jacques Barozzi dit: 25 mars 2015 à 18 h 36 min

Au fait, le dernier Tim Burton, très bien, plus « linéaire » dans la narration en forme de biopic d’une Colette peintre à succès maquerautée par un Willy américain. Le tout sur fond de Californie et d’Hawaï des années cinquante : décors et lumières de rêve saturées jusqu’au kitsch…

Pas mal non plus « L’homme idéal », on pense à Delon dans « Plein soleil » !

PS : Je rentre de trois semaines en Thaïlande et j’ai plein de films en retard…

La Reine des chats dit: 25 mars 2015 à 20 h 26 min

Jacques, allons, vous savez bien que si vs le demandiez gentiment, je vs céderais sans pbm ma place. Ne soyez pas jaloux.

ueda dit: 25 mars 2015 à 21 h 30 min

Reine des chats, notre ami Jacques (revenu bronzé) mérite aussi un titre nobiliaire, quelque chose comme Sa Majesté des Mouches!

sdg dit: 26 mars 2015 à 11 h 15 min

La Reine, c’est la grande classe. Pour des pointures comme elle qu’on lit Passou et Sophie. Puissance nucléaire tout en restant 100% écologique. La classe je vous dis!

xlew.m dit: 27 mars 2015 à 12 h 33 min

Reine (des abeilles également pour moi), bien d’accord avec vous lorsque vous commentez l’attraction féminine, et ses aimants déployés, dans les films de Mister Mann, the man.
Notamment lorsque vous parlez de « construction ou reconstruction de l’amour », c’est bien de ça qu’il s’agit.
Rouyer en a parlé dans l’émission que vous signaliez (je suis toujours d’accord avec Sophie, lorsque je la regarde, c’est bizarre), mais dans « Thief », film magnifique (repassé sur TMC cet automne, au moment même de la mort du principal musicien de Tangerine Dream, l’auteur de cette incroyable bande-son), Tuesday Weld avait un chouette rôle déjà, très dans la ligne des femmes fortes des films noirs à la Siodmak dans les années cinquante par exemple.
Extraordinaires scènes de couples (Caan était particulièrement fier de celle du Diner, le soir.)
Je n’ai pas encore pu voir le film, qui s’est hélas planté au box-office en Amérique. C’est cruel, il a l’air d’en dire plus que quiconque sur l’internet 3.0 qui s’annonce.
Bien à vous, un grand salut hyménoptère qui fait buzz.

La Reine des chats dit: 27 mars 2015 à 14 h 01 min

Tjs agréable de vs lire, Lew. Oui, Sophie regarde finement. Curieux comme l’intelligence est facilement reposante, au final, n’est-ce pas? Mais il faut d’abord accepter de s’y laisser aller, ce qui ne va pas de soi. Pas disponible pour développer, dommage, excellent billet de PA sur RdL où il y aurait bcp à dire (s’entend bien sûr « hors frasques jicessesques », auquel on ne déniera cependant pas des intuitions à la Perec – un Perec d’un goût qui n’a rien de douteux, objectivement exécrable – néanmoins il a été ainsi un des rares à oser relever l’homonymie plutôt malencontreuse du nom du village du co-pilote, « Montabaur », avouez que ça ne s’invente pas…, dans une espièglerie suggérant, soit qu’il n’a jamais souffert, soit que sa vitalité, toute primesautière, vogue au-delà du bien et du mal et masque le fond réel (qui est pire qu’on l’imagine?), soit que l’homme est frappé d’une stupidité, d’une insensibilité insignes! Les trois ne vont ni forcément de pair, ni ne sont incompatibles. Je pencherais pour la deuxième option mais vs laisse juge.
J’avais envie également d’aller faire un tour de vaporetto chez P.Edel, moi qui aime tant la ville, qui ai passé tant de temps à essayer de dissoudre la tristesse dans l’absinthe verte de l’Adriatique qui baigne Guidecca, au printemps…assise sans pédaler sur les vélos d’appartement semés dans le parc, à Giardini, sans rien faire d’autre, alors que se préparait la biennale, que regarder le soleil se coucher sur les ombrelles du Cipriani.
Je serai contente de revenir là-dessus avec vs, une autre fois. Tuesday W., vous préchez une convaincue. Vous vous souvenez, dans « Il était une fois en Amérique », sa manière de distinguer  » à l’aveugle » Noodles et Max? Je crois que dans la vie, elle est une amie de De Niro. Pour moi, une vraie héroïne « physique » à la Henry Miller, avec sur les traits une sorte de perversité sexuelle naturelle évidente et troublante, que le cinéaste a su mettre en valeur. Et James Woods! Difficile de faire plus croquignolet, avec son visage grevé. Dans le « Casino » de Scorsese déjà cité parmi mes films préférés, la scène où Sharon Stone lui téléphone en pleurnichant, le jour de son mariage en bottes et ensemble blanc Courreges est renversante. Quels remèdes hypnotiques, inusables, que la littérature et le cinéma! Capables d’apaiser sans doute un peu des maux terribles ( mais c’est une autre histoire)

La Reine des chats dit: 27 mars 2015 à 14 h 18 min

Grêlé! (le visage).C’est plutôt leur budget qui est grevé, lorsqu’ayant à faire le choix entre une première passe avec la putain en titre de l’immeuble ou une charlotte à la crème, le gosse du film de Leone opte pour le gâteau, non sans en avoir progressivement léché les abords. L’enfance en ce qu’elle a d’irréductible en une seule scène. Cette fois, au-revoir pour un bout de tps. BàV

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