de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

« Inside Llewyn Davis »: la corde au cou

Par Sophie Avon

Llewyn Davis est chanteur de folk. Dans le Greenwich des années 60, il traîne sa silhouette mélancolique, sa voix chaude et ses mélodies qui remplissent l’âme. Mais le succès ne vient pas. Pour lui, la vie ressemble à une ascension à la Sisyphe. Les mêmes déboires reconduits de jour en jour dans un monde mal taillé à ses désirs. Un destin sourd à ses aspirations comme à ses inspirations. Chaque soir, il gratte sa guitare devant un public qui sans être hostile a l’air indifférent. Il est vrai que pour un élu que le sort distingue, combien restent dans l’ombre ? Et pour un Dylan, combien de Davis ? A-t-il pour autant moins de talent ? Même pas. Alors quoi ?

La malchance ? Ne serait-ce que cela qui fait la différence ? La poisse a toujours intéressé les frères Coen, eux à qui tout semble sourire et qui pourtant,  se sont  penchés en frères goguenards sur les déshérités, qu’ils soient idiots ou inadaptés, qu’ils soient doués et que le destin en ait décidé autrement à l’instar de Llewyn Davis. A propos, est-ce qu’il y met suffisamment du sien ? Est-ce qu’il ne ferait pas en sorte de saborder sa propre route ?

On a beaucoup dit que « Inside Llewyn Davis », grand prix à Cannes, était l’histoire d’un looser magnifique. Oui, dans la mesure où c’est avant tout l’histoire d’un lent détachement et celle d’une déveine, un de ces films que Woody Allen ne renierait pas, lui dont l’œuvre est travaillée par les coups du hasard  – « Match point » n’était rien d’autre qu’une tragédie montrant à quel point la vie tient à un fil. C’est à croire qu’il faut une résignation à toute épreuve et le goût de la noirceur pour accepter l’idée que décidemment, rien n’a de sens sur cette terre, pas même la beauté.

Cela n’empêche pas les frères Coen de faire l’un des plus beaux films qu’ils aient jamais réalisés. D’une délicatesse d’autant plus millimétrée que la folk ne s’arrange pas d’à peu près et que pour enchaîner les plans en tenant la note comme ils le font, il faut une grande rigueur. Llewyn Davis – interprété avec brio par Oscar Isaac qui chante lui-même- peut bien passer pour un raté. Il peut bien se faire injurier par une petite amie (Carey Mulligan), il peut bien se faire casser la figure dans une ruelle obscure de New York, perdre le chat de ses hôtes, traîner son accablement d’artiste incompris et chanter «  Pendez-moi, oui, pendez-moi », il n’en est pas moins un personnage tragi-comique comme on les aime, maladroit sûrement, brillant incontestablement, attirant la guigne comme un paratonnerre attire la foudre, que oui…  Mais le portrait ne serait qu’une effigie sans la finesse de metteurs en scène qui se gardent de psychologie, ayant l’art, en très peu de choses, de laisser entrevoir la profondeur de l’être. Llewyn ne dit pas grand-chose mais il est d’une telle vérité qu’il en est désespérant après avoir fait rire à ses dépens.

Dans une ville assiégée par le froid, il continue de faire semblant d’y croire et affronte le micro. L’ouverture du film dure le temps d’une chanson, plusieurs minutes, installant d’entrée de jeu, par le truchement du texte et par sa durée tout ce qui va compter dans cette histoire. « Passez-moi la corde au cou » répète Lewin qui conclut son show par une petite phrase, toujours la même : « Pas toute jeune et pas une ride, c’est ça la folk… »

A la vérité, Llewyn chante comme s’il était à moitié mort, et pour cause. D’ailleurs, cette ville est un royaume crépusculaire, une scène de rêve, un songe dont Lewin hante le labyrinthe sans jamais pouvoir en sortir. La reconstitution du Village est un bijou de leurre. Réaliste, mais rien dans le cadre pour surligner l’époque, sinon les voitures et une atmosphère imperceptible – quant à la grisaille, elle emprunte autant à l’histoire du cinéma qu’à la saison froide, intemporelle par définition.

Même discrétion pour les coupes de cheveux et vêtements que les cinéastes ressuscitent sans y remorquer toute une époque, si bien que  seuls, les individus comptent, assumant péniblement  ce qu’ils sont : plombés par l’amertume et sur le point de quitter leur jeunesse.

« Tout ce que tu touches se change en merde ! » hurle Jean qui avec Jim chante aussi au Gaslight café. Llewyn ne réplique rien, met ses insultes sur le compte de la colère. De toute façon, il est incapable de réagir. Déjà ailleurs, définitivement absent. Et quand il va tenter sa chance jusqu’à Chicago, le même fantôme à l’intérieur de lui parvient à le convaincre qu’il vaut mieux tout lâcher. Ce serait à pleurer si les frères Coen, trop élégants, n’avaient le chic pour faire surgir des créatures improbables, gens de cœur ou voyous, universitaires ou choristes chantant en pulls norvégiens… Les artistes qui se produisent n’ont pas tous le talent de Davis – mais il faut admettre  qu’en chanteur scout au sourire cruche et aux textes tartes,  Jim, autrement dit  Justin Timberlake  est désopilant.

La déveine ? Appelons cela une vie ordinaire, semblent dire Ethan et Joël Coen. Un train qui passe au moment où au téléphone, votre interlocuteur prononce une phrase capitale, est-ce encore de la guigne ? N’est-ce pas le lot commun après tout ?

« Inside Llewyn Davis » de Joël et Ethan Coen. Sortie le 6 novembre.

 

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84 Réponses pour « Inside Llewyn Davis »: la corde au cou

JC..... dit: 6 novembre 2013 à 10 h 37 min

Aux USA, le niveau musical est si haut, la concurrence si forte, qu’il faut se battre et avoir de la chance. Lorsqu’on a ni l’un, ni l’autre, il faut émigrer, changer de job, faire un mariage de raison, bref être réaliste.

Les Frères savent raconter des histoires et les rendre crédibles.

xlew.m dit: 6 novembre 2013 à 12 h 36 min

Hâte moi aussi de découvrir le « Village » des frères Cohen à l’heure de la fin des années cinquante. Un journaliste de Télérama, L. Rigoulet, nous donne un aperçu des possibles influences qui pourraient imprégner le personnage de L. Davis (à lire en même temps que le papier de S. Avon), Dave van Ronk se posant comme un très sérieux candidat…La prétendue malédiction des 28 ans, ce chat noir qui rôde partout à son aise au coeur de la légende folk-rock, peut aussi frapper après qu’un artiste rencontre le succès (on pense à Hendrix, Cobain et Joplin, mais il existe des dizaines d’exemples de gens talentueux, music heroes d’un jour, qui retombèrent aussi sec dans l’oubli ou la misère.) Des exemples s’offrent peut-être à nous dans la littérature (le parcours de Kerouac, entre autres) également. Je pencherais presque pour évoquer le film de Bob Fosse sur Lenny Bruce aussi… Plus que la loi du genre, c’est une marque que ces femmes et ces hommes avait un lien direct avec une énorme charge poétique venue d’ailleurs, ils brûlèrent plus facilement au soleil, c’est une hypothèse. J’ai lu récemment le livre-témoignage d’un journaliste de Los Angeles, Thomas Wictor, qui écrivait pour Bass Player et Guitar Player dans les années quatre-vingt ; celui-ci raconte bien que quelquefois tout se joue à un fil et qu’on ne sait pas toujours les raisons exactes du triomphe de l’un et de l’échec de l’autre.
Le « Freewheelin Bob Dylan » de 1963 mis tout le monde d’accord en attendant. L’époque était mûre pour se choisir un grand artiste, il passait dans une rue enneigée de New York avec au bras une superbe blonde from the north country, on lui a tous sauté dessus, la suite est connue…
J’aimerais bien qu’un cinéaste anglais (pourquoi pas Frears) se sorte les doigts du péteux et s’attelle à retracer les débuts du folk britannique. Il y a tant de beaux personnages dont on pourrait là-aussi s’inspirer, Martin Carthy, Dave Swarbrick, les merveilleux inspirateurs de Richard Thompson et du Fairport. Mais on a l’air de s’en ficher comme de l’an quarante.

Jacques Barozzi dit: 6 novembre 2013 à 20 h 44 min

« il gratte sa guitare devant un public qui sans être hostile a l’air indifférent. »

Pas vraiment,Sophie, le public l’apprécie et l’applaudit aussi.

« l’un des plus beaux films qu’ils aient jamais réalisés. D’une délicatesse d’autant plus millimétrée que la folk ne s’arrange pas d’à peu près et que pour enchaîner les plans en tenant la note comme ils le font, il faut une grande rigueur. »

Exact, délicatesse et élégance de la narration filmée et mise en musique !

Ici, le chat n’est pas noir mais roux, xlew.m, et Inside Llewyn Davis n’est pas seulement une histoire sur le folk américain, c’est avant tout un film des frères Coen.

J.Ch. dit: 7 novembre 2013 à 11 h 04 min

OUI, excellent, magnifique un grand COEN Bros, ce portrait de looser autant pitoyable que touchant et toujours ce rapport avec l’Odyssée, le chat Ulysse comme le nom du personnage joué par George Clooney dans « O’Brother » revu hier soir… 14 films, 4 chefs-d’œuvre (dont mon préféré « The big Lebovsky »), 1 presque ratage (Lady killers), cet humour désespéré à rapprocher de celui de l’écrivain Philip Roth et son personnage Zuckermann, du grand CINÉMA à l’égal d’un Woody Allen ; et sans flagornerie (qui n’est pas le genre de la maison) Sophie, votre papier le plus judicieux, la palme de la bêtise revenant à François Forestier qui a eu le culot d’écrire  » Les frères Coen prennent Llewyn Davis pour une andouille », quel con ce FF !

Jacques Barozzi dit: 7 novembre 2013 à 19 h 22 min

Violette, c’est chouette aussi, Sophie !
Beau duo d’actrices, et Kiberlain est une de Beauvoir parfaitement crédible, à voir.

Avon dit: 8 novembre 2013 à 0 h 09 min

Oui, j’ai vu « Violette », Jacques, mais je suis moins enthousiaste que vous. Je vais faire un billet malgré tout, ne serait-ce que pour Violette Leduc.

J.Ch. dit: 8 novembre 2013 à 16 h 55 min

avec Cortázar, nous nous étions amusés au jeu de « l’île déserte »… en ce qui me concerne, pour le cinéma : « CITIZEN KANE »

et vous ?

Jacques Barozzi dit: 8 novembre 2013 à 18 h 31 min

En attendant, JC et J.Ch., je vous recommande l’exposition sur Pasolini, son oeuvre, sa vie, à la Cinémathèque française. J’en viens : parfaite !
Pas de films italiens, voire européens, dans votre île désertes ?
Faut que j’en parle à Paul Edel ?

puck dit: 8 novembre 2013 à 20 h 38 min

comme article je trouve que c’est bien, oui c’est vraiment bien.
comme je ne suis pas un intello comme Jacky je ne saurais dire pourquoi je trouve que c’est bien mais je trouve que c’est bien.
dans ‘sérious man’ le film commence sur le type qui écrit au tableau l’équation de Schrodinger.
à ma connaissance c’est le seul film jamais réalisé sur cette équation dans laquelle figure une unité ‘imaginaire’ qui n’a rien à voir avec le nombre du même nom.
si les frères Coen ont pondu un film sur l’équation de Schrodinger c’est qu’ils ont réfléchir à la question de la causalité et du principe d’incertitude, car faire de l’incertitude un principe c’est tout sauf une broutille.
en fait on dit ‘incertitude’ ou ‘indétermination’, c’est pareil.
des types qui ont autant réfléchi à la causalité et au principe d’indétermination ne sont pas à considérer avec des pincettes, ou avec le dos de la cuillère.

par exemple à la question : c’est quoi un looser ? sûr que la réponse est différente suivant qu’on a planché ou non sur Schrodinger.
Schrödinger était un type très sympa, malgré ses soucis de santé il sautait sur toutes les gonzesses qui passaient à moins de dix mètres de lui, comme il était assez beau garçon en général les filles ne restaient pas insensibles à son charme, d’ailleurs c’est grâce à sa secrétaire (une rousse plantureuse) qu’il a trouvé son équation, il avait dit à sa femme qu’il partait à un congrès alors qu’il se trouvait dans un hôtel au bord de la mère avec la rousse plantureuse épuisée d’avoir passé son week end à grimper au rideau, au moment de partir hop ! il a pondu son équation sur le chat qui se trouve simultanément à deux endroits différents
le chat de Shrödinger c’est un peu comme la pomme de Newton, sauf qu’il miaule.
pour savoir ce qu’est un looser il faut savoir ce que n’est pas un looser, à savoir un type qui a réussi sa vie, et pour le savoir il faut savoir ce que signifie ‘réussir sa vie’.
il est évident que pour les Coen pour réussir sa vie il ne suffit pas de sortir des 33 tours.
Je ne sais pas si Schoringer a réussi sa vie mais je sais que quand on le voit sur les photos avec son chat ce dernier a une fière allure, le chat semble assez content de sa personne, heureux d’avoir aidé à la l’élaboration d’une expérimentation de pensée ayant fait le succès de la mécanique quantique : le chat de Schodinger n’est pas un looser, c’est un chat qui a réussi sa vie, et ça les frères Coen ne l’ignorent pas parce qu’ils sont tout sauf des imbéciles.

car c’est bien ainsi qu’il faut aborder la question : moi Sophie, qui je ne suis pas une looseuse… moi Jacky qui ai réussi ma vie… moi J.Ch qui à force d’avoir vu des films sait tout de la nature humaine et de ce qu’est une vie réussie… moi Lew qui suis bien au dessus de ces questions bassement matérielles a connu le bonheur de vivre le grand amour… et la Reine du Com ? elle est où ?

sérieux vous croyez que les frères Coen vont vous dire ce qu’est un looser ? des spécialistes du principe d’indétermination ? le monde, le réel, le possible et le probable… et les unités imaginaires de l’équation de ce brave Erwin coureur de jupons et mateurs de rousses plantureuses….

désolé, ce n’est pas pour critiquer mais je crois qu’il faut essayer de redevenir sérieux deux minutes, si ce monde fabrique des loosers et des winners le problème n’est là où le pense.

.

puck dit: 8 novembre 2013 à 20 h 41 min

« un hôtel au bord de la mère » : désolé pour ce lapsus, encore une historie d’inceste ? boire ou être a serious man pour écrire des commentaires sérieux de blog : il faut choisir.

puck dit: 8 novembre 2013 à 21 h 04 min

vous savez pourquoi ce type ne perce pas ? parce qu’il joue sur une guitare de chiotte, une Guild fabriquée en Chine !!!
pour le faire réussir il fallait lui donner une Martin, une D28 ou mieux une D45, une D48, le son rond, velouté, les basses profondes que quand on en joue une elle ne s’arrête plus de vibrer.
Dylan avait une Martin.
Maintenant les types ils jouent sur des Taylor fabriquées à San Diego, ou des planches fabriquées au Canada ou en Chine.
Freddy Martin a fabriqué sa première guitare en 1833 !!! où ? à Nazareth ! en Pennsylvanie. Nazareth c’est la Mecque des guitares folks.
comment faire un looser ? c’est fastoche, faites le jouer sur une guitare fabriquée par des chinois ou des canadiens.

puck dit: 8 novembre 2013 à 21 h 05 min

« Jacques Barozzi dit: 8 novembre 2013 à 21 h 03 min
Et toi, puck, qu’emporterais-tu sur ton ile déserte ? »

toi?

puck dit: 8 novembre 2013 à 21 h 25 min

tout être humain n’aspire qu’à une chose : devenir un artiste.
être un chanteur pour pouvoir crier qui il est..
être un auteur pour pouvoir inventer sa vie…
être un artiste pour avoir le monde à refaire, être un anarchiste et vivre comme un millionnaire…

voilà de quoi parle le film des Coen.

puck dit: 8 novembre 2013 à 21 h 29 min

mais dans la vie on fait ce qu’on peut… et pas ce qu’on veut.

voilà la grande leçon nietzschéenne.
faire sa vie comme un oeuvre d’art, il n’y a que des crétins comme Onfray pour y croire.
heureusement les frères Coen nous ramène à la vraie réalité de la vie : nous ne sommes pas des artistes, mêmes les artistes ne le sont pas plus que les autres.

puck dit: 8 novembre 2013 à 21 h 35 min

déjà à l’époque des premiers hommes, les préhistoriques, certains se sont mis à taguer les murs de leurs cavernes pour faire craquer les gonzesses.
les types ne rêvent de jouer de la guitares que pour avoir des filles prêtent à s’assoir sur leur genoux, il suffit de les voir, ces demoiselles dans les concerts des beatles ou de tokyo hotel : elles sont le moteur de l’art.

ensuite les types préfèrent passer à l’underground.
les frères Coen nous disent quoi ? qu’il faut commencer par passer à l’underground.

les experts comptables n’ont pas ce problème, c’est pour cette raison qu’ils sponsorisent les opéras, le monde est divisé en deux : les artistes et les sponsors, il ne faut pas se tromper de camp, pour réussir sa vie il faut devenir non pas un artiste mais un sponsor.

voilà de quoi nous parle le film des frères Coen.
d’ailleurs je vais essayer d’aller le voir ce week end si j’ai le temps.

vani dit: 8 novembre 2013 à 23 h 14 min

« le chat de Shrödinger c’est un peu comme la pomme de Newton, sauf qu’il miaule. »

Il miaule aussi quand il est mort ?

Moi j’y comprends rien, c’est dur la science

Jacques Barozzi dit: 8 novembre 2013 à 23 h 16 min

D’ailleurs, il y a poisse et poisse !
Dans ce film des frères Coen, le héros, à cause de sa poisse, ne parvient même pas à se réengager dans la marine. C’est plutôt une chance, pour qualqu’un qui n’a pas très envie d’échapper à son destin de musicien !

vani dit: 8 novembre 2013 à 23 h 20 min

Paceque si il miaule quand il est mort ça change tout.
Peut-être qu’en réalité il est pas mort alors qu’on voit qu’il est mort.
D’accord pour le Nobel il va falloir que je creuse, mais avec l’assistance des scientifiques de la bande sait-on jamais.

vani dit: 8 novembre 2013 à 23 h 25 min

Faut dire qu’avec la pomme c’est plus facile.
D’abord elle ne miaule pas.
Même si on la mord.
En plus elle tombe et là on est sûr qu’elle est morte.

vani dit: 8 novembre 2013 à 23 h 30 min

Si on fait tomber un chat, on peut pas savoir s’il est mort pisqu’il retombe toujours sur ses pattes, même mort à ce qu’il paraît.
Mais là on a jamais pu observer car il est interdit de faire des expériences de chutes avec des chats morts.
Alors qu’avec les pommes c’est permis, on se demande bien pourquoi.

vani dit: 8 novembre 2013 à 23 h 39 min

Schrödinger a eu raison de choisir un chat pour ses expériences, c’est plus rentable dirait JC.
Comme le chat a neuf vies, Schrödinger pouvait observer faire plusieurs expérience avec le même matériel.
L’économie de marché appliquée à la physique.

vani dit: 8 novembre 2013 à 23 h 43 min

Le problème avec le chat et ses neuf vies, c’est que quand on ouvre la porte il est toujours vivant pisqu’il revit.
Je me demande finalement si c’est une aussi bonne idée que ça de faire les expériences avec un chat.

vani dit: 8 novembre 2013 à 23 h 51 min

D’autant que le chat faut le prendre pour un con, il ne va sûrement pas attendre neuf expériences avant de s’apercevoir qu’on se fout de sa gueule.
A mon avis au bout de trois fois il comprend le truc il pousse le flacon et le marteau il tombe sur que dalle.
Un chat va pas user toutes ses vies pour le plaisir d’un physicien, même prix Nobel.

vani dit: 9 novembre 2013 à 0 h 03 min

Alors qu’avec la pomme c’est évident, elle tombe, elle est morte et basta.
Pour se fondre dans l’économie de marché et faire plaisir à JC on peut aussi y réfléchir,
faire une compote par exemple.
Pour l’expérience un autre truc potentiellement rentable c’est de mettre le flacon sous la pomme.
A partir d’une certaine hauteur la pomme fait marteau, tout bénef.
Pour calculer la hauteur là faut demander à Newton, ce qui prouve bien que tout ces machins quantiques c’est du blabla pour toucher du fric offert par des vieux suédois qui veulent toujours paraître avoir un Millénium d’avance.

vani dit: 9 novembre 2013 à 0 h 07 min

Pour mon apport à la science je crois que ce sera tout pour ce soir.

Mais si puck a d’autres idées,
faut voir.

JC..... dit: 9 novembre 2013 à 6 h 54 min

« sur le chat qui se trouve simultanément à deux endroits différents »

Oui….euh…on peut dire deux « états » différents, c’est pas plus mal… !

J.Ch. dit: 9 novembre 2013 à 10 h 01 min

la charrue avant les bœufs : Puck  » voilà de quoi nous parle le film des frères Coen… que je vais essayer d’aller voir » !!!!

antoine dit: 9 novembre 2013 à 10 h 06 min

@Perdida
pour beaucoup de monde ça fait longtemps qu’il n’est plus intéressant (en plus maintenant il n’a quasiment plus de voix)

JC..... dit: 9 novembre 2013 à 11 h 52 min

Au médiéval, les reliques étaient recherchées par des commandos de jeunes curés catholiques qui les volaient, les achetaient, les « fabriquaient ». Meurtres, fuites éperdues, gloire dans leur Communauté…

J’ai lu un ouvrage qui recensait en Europe les « morceaux de la vraie Croix », les os sacrés, etc, etc. Inimaginable ! La Croix devait faire 30 mètres de haut ! Les Saints devaient avoir 6 membres !

Aujourd’hui, changement de reliques, guitare de l’Aphone, robe de Marilyn, etc, etc…

« La connerie humaine est infinie » dirait le Grand Albert. Celui qui naquit à Ulm !

pado dit: 9 novembre 2013 à 12 h 16 min

Au feu les reliques.
Mais JC pourquoi le « Grand » Albert ?
Ce serait-y pas le signe d’un soupçon de bondieuserie par hasard ?
Manquerait plus qu’on retrouve sa langue.

xlew.m dit: 9 novembre 2013 à 12 h 46 min

Si votre femme a les yeux bleus et qu’il se fait tard, profitez-en pour vous allonger près d’elle, prenez votre Epiphone six cordes au cou (assurez bien la sangle) et chantez-lui la chanson de Kim Carnes (jouer de la guitare sur le dos, Dieu n’a pas trouvé mieux.) En moins de temps qu’il n’en faut pour le taper, vous vous retrouverez vite « inside Bette Davis. » Et ma foi, le film n’est pas mal, (y’a de l’action, comme sur une guitare.)

pado dit: 9 novembre 2013 à 13 h 09 min

@xlew.m

Le problème c’est que ça ne fonctionne qu’avec les yeux bleus.
Vous me direz ici cela semble être la bonne couleur, mais quand même c’est restrictif comme approche.

Blue-eyed Perdita dit: 9 novembre 2013 à 14 h 32 min

xlew.m — ça fait rêver, mais c’est une autre histoire.
antoine : j’en suis pour ma part restée aux débuts, c’était seulement un private joke (pas terrible,je sais) — parce que je trouvais que disons « Zimmerman, Grunt, Edelstein, Porterhouse & Wilbury » ce ne serait pas mal pour un cabinet d’experts comptables.

Blue-eyed Perdita dit: 9 novembre 2013 à 14 h 56 min

Il paraît que l’agence de notation A. Bechdel a déclassé pas mal de films, dont Gravity.
Pour avoir un triple A, les critères paraissent pourtant à première vue peu exigeants :
— au moins deux protagonistes féminines (protagonistes, pas comparses)
— elles doivent se parler entre elles (l’air du catalogue, ça ne marche pas)
— et quand elles parlent entre elles la conversation doit porter sur autre chose que les hommes
La vie d’Adèle, forcément
Frances Ha AAA
Landes ça marche théoriquement (mais on se demande si un 4ème critère ne serait pas nécessaire : les 2 femmes qui se parlent ne doivent pas être ennemies jurées, sinon la Rdl passerait haut la main …)

Mais cela amène à réfléchir autrement au sujet de certains films que j’avais bien aimés : Jimmy P., 9 mois ferme (la mère-marionnette et son mentor professionnel sont-elles des personnages à part entière ?), La grande bellezza …
Je ne dis pas que seul cet aspect serait important et encore moins décisif, mais c’est assez drôle de faire le test et de se rendre compte de ce à quoi on ne fait même pas attention.

JC..... dit: 9 novembre 2013 à 16 h 20 min

pado,
parce qu’à la lecture de ses travaux, Einstein mérite plus que quiconque le qualificatif de « Grand Albert » !

puck dit: 9 novembre 2013 à 16 h 47 min

mes groupes de folk préférés c’était Simon & Garfunkel, les Lehmann Brothers, Crosby Still & Nash, Standard & Poor, Peter Paul & Mary….

puck dit: 9 novembre 2013 à 17 h 08 min

la charrue avant les boeufs ? non, je suis désolé mais je n’ai jamais vu ce film des frères Coen.

les Coen brothers ont lu Saul Bellow.
non seulement ils l’ont lu mais en plus ils l’ont beaucoup lu : Serious Man est un remake d’Herzog, l’amant est le sosie de l’amant de la femme d’Herzog.
J’avoue que ça fait un choc : un tas lecteurs d’Herzog s’étaient imaginés que ce dernier pouvait être un prof de physique quantique, à sa façon de toujours trouver un sens à ce qui se passe autour de lui.
Trouver le sens de la vie, the meaning of life, chercher les causes, les raisons, comprendre, expliquer, le pourquoi, le comment : les frères Coen sont des très grands parce qu’ils refont toujours le même film.

Sachez Monsieur J.Ch qu’il est dans la nature humaine de mettre la charrue avant les boeufs, un type qui dit aimer les films des Coen ne reprochera à personne de mettre la charrue avant les boeufs, vivre c’est mettre la charrue avant les boeufs, demandez à Jasques Barozzi s’il na jamais mis la charrue avant les boeufs, ou à Sophie ? ou à JC ! nous mettons tous la charrue avant les bouefs.

Alors je vous pose la question : que serait selon vous une vie qui serait autre qu’un mettage de charrue avant les boeufs ?
N’avez-vous donc jamais lu Shakespeare? vous pouvez me dure à quoi ça sert que tous ces types se soient décarcassés?

Je vous en prie, le blog de Mademoiselle Avon est un blog tout à fait sérieux alors le moins qu’on puisse exiger des intervenants est de faire preuve d’un minimum de sérieux dans leurs interventions critiques….

j’ai pas raison Sophie ?

J.Ch. dit: 9 novembre 2013 à 17 h 17 min

bien joué, Puck, mais, je le répépète : mieux vaut voir un film avant d’en parler (valable aussi pour le grand Bill)
j’ai pas raison, Sophie ?

puck dit: 9 novembre 2013 à 20 h 10 min

J.Ch bien sûr, vous voulez parler des approximations? bien sûr on peut toujours être coupable de quelques approximations quand on ne connait pas tous les détails car les détails permettent d’avoir une vue exacte (et non pas précise) des choses, prenez par exemple un type qui sait qui est le Christ mais que ne sait rien des détails de sa mort, en imaginant qu’il a été noyé il pourrait penser qu’il trouvera des aquariums dans toutes les églises, est-ce si important ? se recueillir devant une croix ou devant un aquarium qu’est-ce que ça change? l’important est le recueillement, le reste c’est des détails, les cas particuliers ont pris trop d’importance, ils nous font perdre de vue les généralités, et les généralités croyez-moi c’est hyper important.

Desmedt dit: 9 novembre 2013 à 20 h 42 min

Les Cohen, toujours bons à prendre! Je viens de voir leur film à Paris.

Mon panthéon personnel : Barton Fink. Big Lebowski. Fargo. O’Brother. Celui-ci y prendra sa place une fois digéré, mais il m’a fait forte impression.

Le Billet d’Avon n’est pas mal, mais quel doping ! Ce serait trop demander aux uns et aux autres de signer du même nom? Pour suivre la conversation, ça facilite.

Puck, c’est agréable de vous lire, mais Vani et vous c’est pareil, non? Pourquoi cet éclatement? Faire nombre? Ce saucissonnage est fatigant. Idem avec X-Lew/La Reine des Coms : mon contributeur préféré, je lis vos interventions en priorité et toujours avec plaisir, elles sont nettement au dessus de la mêlée mais je trouve plus sexy quand vous signez « la Reine ». (Comme quoi, le pouvoir de suggestion…) Ce changement de sexe ne vous pose pas problème?

C.D.

Antonio Corrado dit: 9 novembre 2013 à 20 h 50 min

« mais Vani et vous c’est pareil, non? »

Moi je voudrais bien y croire, me dire que c’est possible, qu’il y a une once de chance mais vraiment je ne peux pas. Mon miroir refuse.

pado dit: 9 novembre 2013 à 21 h 00 min

N’empêche que sur ce coup là on se refait un petit 60 peinard.
Sans forcer, les mains en haut du guidon, en déroulant.
Légers.

puck dit: 9 novembre 2013 à 23 h 27 min

agréable de me lire ? c’est n’importe quoi.
et c’est quoi cette histoire de saucissonnage ?
quand c’est pas les boeufs c’est le saucisson ?

je suis désolé mais la Reine doit être une pro, c’est visible, sans doute une critique littéraire ou une auteure d’essais philosophiques.
comme Sophie c’est une pro.

nous nous sommes des amateurs, j’en suis désolé mais je suis un petit amateur et les amateurs ça fait quoi ? je vous le donne en mille : ça saucissonne, ça met la charrue avant les boeufs et ça saucissonne, c’est même à ça qu’on reconnait les amateurs, au saucisson.

alors maintenant, Monsieur Desmedt, si vous voulez réserver l’accès d’internet aux seuls professionnels, je savais que vous n’étiez un grand fan de la démocratie mais là ce n’est même plus de la discrimination c’est carrément de l’apartheid.
alors va pour l’apartheid, on peut demander à Sophie de faire deux blogs : un pour les aristocrates de la pensée comme vous et un autre pour les saucissonneurs, non mais allez-y, et pas sur les blogs, même dans les transports publics, vous imaginez : être assis à côté de la plèbe saucissonneuse ? non mais allons-y, personnellement je n’y vois aucun inconvénient, je ne supporterais pas moi-même d’être assis dans un bus à côté de moi.

JC..... dit: 10 novembre 2013 à 6 h 49 min

Dans mes bras, renato moi !
Tu vois que l’on peut avoir quelques points communs, grâce à Sophie et aux Coen, nous aimons les mêmes films.

JC..... dit: 10 novembre 2013 à 6 h 50 min

Dans mes bras, renato mio !
Tu vois que l’on peut avoir quelques points communs, grâce à Sophie et aux Coen, nous aimons les mêmes films.

puck dit: 10 novembre 2013 à 10 h 55 min

c’est la tragédie des Coen : toujours finir en quinté+.

je préfère retenir sur ce point l’avis profond de turfiste éclairé de Madame Desmedt : Barton Fink. Big Lebowski. Fargo. O’Brother.

alors moi je joue placés gagnant « the Barber » et « no country », vu que the Barber est meilleur sur les longues distances et il se comporte mieux sur terrain lourd alors que Fargo a fait de meilleurs résultats sur les courtes distances et terrain léger.

que le meilleur gagne !
Sophie c’est quoi le lot commun ?

puck dit: 10 novembre 2013 à 11 h 21 min

c’est d’autant plus drôle que les Coen sont obsédés par cette question de « miser sur le bon cheval », sauf que personne ne demande l’avis d’un cheval, à la différence du cheval pour qui courir plus vite qu’un autre ne signifie pas grand chose, l’homme est un animal qui naturellement participe à la course, il y consacre toute son existence, après tout vivre consiste essentiellement à participer à une course où les meilleurs gagnent, l’homme passe l’essentiel de sa vie à cette course hormis les dernières années de sa vie consacrées à se reposer dans une maison de retraite, encore que même là les vieux se bousculent pour la meilleure place à table.

du haut des 4000 ans de philosophie où les hommes (et aussi accessoirement les femmes) ont disserté sur la question de savoir ce qu’était « une vie bonne » il semble évident qu’en dehors de Michel Onfray et Monsieur Desmedt personne n’a réussi à apporter une réponse quelque peu satisfaisante à cette question.

pourtant les hommes, et parfois aussi les femmes, continuent de se poser cette question et nul doute que dans 4000 ans ils continueront de se la poser, à tel point que de toutes les activités humaines la philosophie est celle où règne un esprit de compétition bien pire que celui des artistes où des cabinets d’experts comptables.

Dans tout musée digne de ce nom il faut qu’un tableau écrase sans pitié les autres par sa beauté, c’est pour cette raison que les musées ont été crées, pour y apprendre l’esprit de compétition, il est de même pour les salles de cinémas, les salles de bourse et de concert. les cinéastes, les artistes et les traders font un même boulot, pareillement placé sous l’égide du « que le meilleur gagne », ces pauvres frères Coen, malgré tous leurs efforts, n’y auront rien changé.

puck dit: 10 novembre 2013 à 11 h 34 min

les chansons folk ont à peu près toutes en commun de critiquer ou de faire oublier cet esprit de compétition qui broie les hommes.
c’est pour cette raison que les chanteurs folk sont plus que les autres soumis à l’esprit de compétition : la compétition est toujours plus dure et impitoyable quand elle s’applique au monde de la critique de la compétition car c’est là où la demande est la plus forte.

JC..... dit: 10 novembre 2013 à 11 h 54 min

Puck/Dexter,
Dans ma courte vie, je n’ai connu que trois rencontres fabuleuses : ma compagne, toi, et un technicien de surface travaillant la nuit dans les building, qui roulait les idées comme Diogène son tonneau … ce que tu fais admirablement bien.

puck dit: 10 novembre 2013 à 12 h 25 min

ce devait un de ces techniciens de surface qui prend soin à faire les coins et recoins qui nous paraissent inaccessibles et qui regarde comme une fatalité relevant du tragique de l’existence ce type qui jette son mégot là où il vient de passer sa balayeuse.
ils sont rares, le plus souvent ils ont sont obsédés par la vérité des lieux, peu enclins à l’importance des contes, comme nous trop guidés par leur esprit rationnel et leur intelligence, par leur foutu esprit critique.
plus que les centrales nucléaires c’est notre esprit critique et notre intelligence qui détruira notre écosystème, pour que le monde des hommes fasse encore monde il faut pouvoir encore croire aux contes, nous n’y croyons plus car notre besoin de tout éplucher est plus fort que nous, mais ça les écologistes ils s’en foutent, quel est l’intérêt de vouloir sauver un monde qui ne fait plus monde ?

Perdita (dans la mêlée) dit: 10 novembre 2013 à 13 h 37 min

C’est sûr que les daltoniens peuvent faire leur top ten des meilleurs coloristes.
Mais ceux qui distinguent le rouge du vert ne sont pas obligés de les suivre les yeux fermés.

Desmedt dit: 10 novembre 2013 à 17 h 25 min

Puck, mon prénom, c’est Clément. Mais ne vous gênez pas si ça vous fait plaisir de me donner du Madame Desmedt. Nous sommes très décontractés là-dessus, en Belgique.

Continuez de mettre la charrue avant les boeufs autant que vous voudrez, les boeufs avant les boeufs, à foutre la charrue en l’air et à bouffer le boeuf, l’âne et le mouton si ça vous chante, le problème n’est pas là. Le fond de ce que vous dîtes est souvent intéressant. C’est le saucissonnage et surtout le doping qui sont lassants. Pourquoi pas un long post qui assume ce qu’il a à dire ? Faites comme vous le sentez.

C.D.

Sophie dit: 10 novembre 2013 à 18 h 21 min

Oui vous avez raison! – et j’admets que j’arrive un peu tard avec ma réponse qui tombe à plat forcément et qui n’apporte strictement rien au débat…

des journées entières dans les arbres dit: 2 décembre 2013 à 8 h 07 min

« Ce serait à pleurer si les frères Coen, trop élégants, n’avaient le chic pour faire surgir des créatures improbables »
Aussi improbable que cette apparition subliminale, dans le film, d’un artiste -réel- qui a eu la reconnaissance publique aux US .

On peut dire comme Puck, pour tant de musiciens partants passionnés de musique, peu à l’arrivée.

Ce film des frères Coen ne restera pas dans ma mémoire. Ce doit être à cause du chat, dont la poursuite a été vaine et pénible à suivre; ou trop simple pour la résumer à ce qu’est la vie de Llewin Davis « inside »

Mon tiercé gagnant dans la filmographie des frères Coen:
No country, O’Brother et Fargo.

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