de Annelise Roux

en savoir plus

La République Du Cinéma

James Franco s’empare de Faulkner

Par Sophie Avon

Il faut être un peu fou ou super audacieux pour porter à l’écran une œuvre de Faulkner, lequel fut scénariste à Hollywood où il gagna sa vie tout en s’y ennuyant autant qu’il y buvait. Pour autant, les adaptations de ses romans et nouvelles furent nombreuses – puis se tarirent : depuis 50 ans, aucun texte du Nobel 1949 n’a vu le jour au cinéma. En s’emparant de « As I lay dying » (« Tandis que j’agonise »), James Franco montre qu’il est davantage qu’un acteur – il est aussi un cinéaste rare attaché à la force d’une langue.

Il a donc essayé de trouver son propre langage en phase avec celui du grand homme. Non pas un équivalent du récit faulknérien mais quelque chose d’apparenté, comme une réminiscence mystérieuse qui ferait apparaître soudain la beauté d’un univers. « As I lay dying » est une œuvre qui ânonne et profère, bégaie et assène : James Franco parvient à faire entendre cette musique intérieure dont les multiples partitions opacifient la structure sans l’éparpiller.

C’est l’histoire d’une femme, Addie, qui meurt en laissant un mari, quatre fils et une fille. Lesquels vont la conduire à la tombe durant un périple de deux jours qui se transforme en Odyssée. C’est aussi l’histoire du sud américain, bien sûr, des fermiers du Mississipi, d’une langue archaïque et d’une nature violente. Autant d’éléments à convoquer et d’écueils à éviter sans tomber dans la facilité ou l’image d’Épinal.

James Franco a choisi la manière radicale : écran divisé (split screen) pour rendre compte de la multiplicité des points de vue, ralentis et silence quand tout est vacarme, voix off et  visages face caméra quand ce qui est dit relève moins du monologue que du mantra – quoiqu’il soit utile de tendre l’oreille lorsque à tour de rôle, la mère, la fille puis le fils disent que le mot est une forme, que le péché est un habit et qu’il faut deux hommes pour faire un homme et un seul pour mourir…

Alors bien sûr, la mise en scène n’est pas d’un dépouillement absolu – parfois on ne voit qu’elle dans ses parti-pris tranchés-, mais il y a une véritable force dans cette façon d’imposer des images : le fils Cash (Jim Parrack) sciant le cercueil devant la fenêtre de sa mère mourante et sous une pluie diluvienne ou le chariot bringuebalant dans la chaleur, flanqué  du même cercueil, rempli cette fois, et puant.

La famille Bundren est pauvre, le père, Anse (Tim Blake Nelson) n’a plus de dents et les fils, Jewel en tête (Logan Marshall-Green), sont comme des chevaux sauvages. Au milieu d’eux, Dewey Dell, la fille (Ahna O’Reilly), porte un amour caché que Darl (James Franco) a compris depuis longtemps. Mais rien n’est dit, sinon par métaphores ou allusions.  Ce qui compte, de toute façon, c’est d’amener la mère jusqu’à sa ville natale, de passer la rivière en crue et d’éviter que les vautours ne s’en prennent à cette boîte dont le benjamin, le petit Vardaman, s’émeut qu’elle attire les oiseaux de proie.

« As I lay dying » est une œuvre sensorielle où chacun perd ce qu’il de plus précieux. C’est une œuvre de damnés où les âmes murmurent.

« As I lay dying » de James Franco. Sortie le 9 octobre.

 

 

Cette entrée a été publiée dans Films.

69

commentaires

69 Réponses pour James Franco s’empare de Faulkner

u. dit: 10 octobre 2013 à 17 h 44 min

Comme j’attends le moment où je pourrai m’enfermer dans les salles obscures, dont je sortira les yeux cernés comme Patrice Chereau, je goûte la prose de Sophie.

Sophie, c’est un sacré zakouski.

« Il faut être un peu fou ou super audacieux pour porter à l’écran une œuvre de Faulkner, lequel fut scénariste à Hollywood où il gagna sa vie tout en s’y ennuyant autant qu’il y buvait. »
Très belle attaque.
On y passe de la folie à la gnole.
Je lis ça en tendant le bras vers mon saké.

« « As I lay dying » est une œuvre qui ânonne et profère, bégaie et assène »
Ça fait penser à un blog.

« quoiqu’il soit utile de tendre l’oreille lorsque à tour de rôle, la mère, la fille puis le fils disent que le mot est une forme »…
C’est comme Sound and Fury, quand on ne sait pas qui est Benjy?
Sauf qu’avec un livre, on peut feuilleter en arrière.
Il n’aurait pas dit que le cinéma est fasciste, le père Barthes?

C’EST COMME le ciné-club de lycée où m’envoyaient mes parents.
On regardait « Les visiteurs du soir » (un peu barbant) et au moment de se glisser vers la porte, on se heurtait à deux pédagogues musclés qui criaient d’une voix forte: « Et maintenant, LA DISCUSSION! »
On était faits comme des rats.

« le fils Cash (Jim Barrack) sciant le cercueil où gisait sa mère mourante ».
Je n’ai fait qu’une retouche.
Sauras-tu l’identifier?

JC..... dit: 10 octobre 2013 à 17 h 52 min

Le split screen, n’est ce pas un retour « novateur » à l’époque des Mannix, Mission Impossible, Bullitt ? Avec en MO les arrangements géniaux du merveilleux Lalo Shifrin ?

A manier avec précaution, la mosaïque d’image …

JC..... dit: 10 octobre 2013 à 18 h 27 min

J’angoisse …

Pado aurait-il été enlevé par les fabuleuses Loveless Commandos ? Son silence infini m’effraie…

Sans lui, et sa froide détermination, comment arriver à 10 commentaires intéressants ?

Desmedt dit: 10 octobre 2013 à 19 h 01 min

Je ne vous avais jamais entendue, Sophie. Bien. Très « journalistes ». Froufroutages autour de Garcin. M.lle Heimann, M.lle Avon. . .

Les trentenaires comme moi n’ont pas envie de s’astreindre aux RdV hebdos. Les émissions podcastées, c’est mieux.

Possibilité pour les parents pris par les enfants, les célibataires partis manger un potjevleesch à l’estaminet du coin, les francophones ayant autre chose à faire ou n’étant pas sur place de satisfaire leur envie de se tenir au courant.

J’essaye de venir ici de temps à autre, avant de retourner à la source (Passou Himself, imbattable). Toujours le même espoir : rencontrer autre chose que le goût du plat tout préparé oublié dans le koelkast, qu’on nous fourgue habituellement et mangé sans conviction. J’ai regardé les autres républiques . Elles aussi nous tendent les bras. C’est vrai que Charlotte a l’air charmante. Amaury et Bernard aussi. Certains des papiers jazz sont extraordinaires.

C.D.

pado dit: 10 octobre 2013 à 21 h 57 min

Il faut le dire,
je ne sais pas le faire,
mais bon, pourquoi ne pas débuter ?
Sophie, vos billets donnent envie, toujours,
sûrement parfois trop mais c’est bien connu
« sans trop le bien ne peut exister »
(proverbe porquerollais fin XXème)

Je ne sais pas si j’irai, mais je devrais.

pado dit: 10 octobre 2013 à 22 h 32 min

Pour revenir à Adèle.
N’ayant aucune compétence en science cinématographique (ne m’en veuillez pas Elena) il est fort possible que cette histoire de gros plans soit la mise en oeuvre de techniques très innovantes qui marquent une évolution dans la façon de filmer.
Je n’en sais rien, Spielberg, le jury et les critiques peut-être, j’espère.
Moi je me place en spectateur lambda qui ne représente que moi,
sur trois heures c’est lassant, fatigant, répétitif et finalement assez chiant.
Trop de technique tue l’émotion (c’est con mais c’est ça) et cette technique, sans la comprendre, je la vois, je la ressens, trop.
A part ça, déçu par Léa (digne d’un téléfilm de TF1 dans la scène de rupture) en plus les TRES gros plans ne l’avantage pas trop et je me demande si ce n’est pas pour ça qu’elle fait la gueule (affirmation totalement gratuite, sournoise, qui devrait valoir des huées à son auteur)
Quant au scénariste quelques trucs m’ont vraiment gonflé
La scène très homophobe des copines d’Adèle

pado dit: 10 octobre 2013 à 22 h 55 min

P’tain j’ai fait enter sans vouloir (donc pas relu, pourvu que….)

Donc

La scène très homophobe des copines d’Adèle (je me demande même si JC aurait osé)
Les discours philosophiques niveau 4ème pour bien montrer les différences sociales.
La bolognaise et les huitres là aussi pour enfoncer le clou.
Ce clou qui d’ailleurs n’apporte strictement rien au film. Je ne vois pas pourquoi la mère d’Adèle doit absolument être conne.
Le conformisme final du personnage d’Emma (Léa) me gêne aussi un peu (petite famille homo bien bourgeoise avec femme et enfant) Leurs rêves ?

Finalement comme plusieurs fois je me suis demandé si je ne commençais pas à m’emmerder, une heure et demie aurait sûrement fait l’affaire.

Ah si, un truc,
il faut absolument que j’aille à Roubaix visiter La Piscine, fabuleux.

JC..... dit: 11 octobre 2013 à 6 h 33 min

Enfin, Pado !

Ce n’est pas parce que je susurre que les pédés et les gouines vivent dans l’erreur de façon grossière (et font chillier les hétéros non-déviants qui n’achètent pas les enfants au marché, eux) que je serais un effroyable homophobe !!!

Vous sentez bien que mon raisonnement, tout en nuances, n’a rien d’agressif !

Je ne suis qu’un citoyen, libre de son expression …

JC..... dit: 11 octobre 2013 à 7 h 55 min

Sophie,
Avant de partir dans d’autres espaces : vos billets sont faits du mieux possible ! Compte tenu du fait qu’on sent bien que vous n’êtes pas toujours enthousiasmée par ce que vous avez « regardé ». Bravo, et merci !

sophie dit: 11 octobre 2013 à 10 h 54 min

Merci JC, mais vous savez, je parle surtout des films qui m’intéressent, donc même si je nuance mon enthousiasme, je suis forcément d’abord dans le plaisir de l’appréciation. Pas de mérite à ça.

u. dit: 11 octobre 2013 à 11 h 04 min

« Je ne sais pas si j’irai, mais je devrais. »

Il ne faut pas le dire comme ça, Pado.

Se sentir devenue une instance culpabilisante, ça va devenir lourd pour Sophie.

Polémikoeur. dit: 11 octobre 2013 à 11 h 27 min

Une fois encore : venez vous marrer au cinéma !
Non que se dilater la rate résume en soi
tout mobile à être cinéphile, non plus
que le film-corbillard ne puisse véhiculer qu’une enveloppe corporelle usée,
mais là, peut-être que la bande-annonce
préfigure le supplice d’être plongé
dans le souci d’un convoyage
qui nous reste étranger.
Demandez le programme :
sciage de cercueil
et salivage des vautours !
Faudrait voir à voir
et à en avoir envie…
Permission de passer ?
Accordée, semble-t-il,
par notre critique en chef
dans son papier plein d’alertes.
Evitement.

Jacques Barozzi dit: 11 octobre 2013 à 13 h 06 min

A propos de Faulkner, et pour relancer le débat avant que je n’aille voir ce film (merci, Sophie !), ci-dessous un extrait de mon « Goût du cinéma » :

« A la fin des années trente, Francis Scott Fitzgerald, ruiné et désenchanté se fit engager comme scénariste à Hollywood. C’est là qu’il mourra, en 1940, d’une crise cardiaque, à l’âge de 44 ans. Après sa mort, on trouvera parmi ses papiers le manuscrit, inachevé, de son roman : Le dernier nabab. Incontestablement, le meilleur qui ait jamais été écrit sur la Mecque du cinéma. On y suit à la trace le destin d’un magnat de l’industrie du 7e art, Monroe Stahr, qui règne en maître absolu sur tout un monde de financiers, de techniciens et d’artistes en tous genres concentrés autour de la fabrication à la chaîne de films destinés à faire rêver les spectateurs des quatre coins de la planète. A travers le portrait de ce personnage, omnipotent, nous découvrons, de l’intérieur, l’univers impitoyable de la production hollywoodienne et les mœurs pittoresques de ses principaux protagonistes.(…)
En 1976, Elia Kazan tournera Le Dernier Nabab (The last tycoon), avec Robert De Niro, Tony Curtis et Robert Mitchum. Les dialogues avaient été adaptés alors par le distingué dramaturge anglais Harold Pinter. Malgré ces noms prestigieux au générique, on peut affirmer que le livre est bien supérieur à l’adaptation cinématographique qui en a été faite. Sur le même thème, celui de l’écrivain-scénariste dont l’immersion dans l’univers de « l’usine à rêves » vire au cauchemar, on préfèrera le Barton Fink, des frères Coen*, qui remporta à juste titre la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1991. Ce film fascinant, qui nous replonge dans le Hollywood de 1941, nous permet de retrouver, en prime, dans un second rôle délirant, la figure légendaire de… Scott Fitzgerald lui-même. A moins que ce ne soit plutôt William Faulkner ? »

*Mercredi 16 octobre à 19h30, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Joel et Ethan COEN accompagnés d’Oscar ISAAC, le comédien principal du film, présenteront en avant-première INSIDE LLEWYN DAVIS, Grand Prix du Jury au dernier festival de Cannes, tandis que la Palme d’or récompensait La vie de mort’Adèle, au visage poupin de… goret !
http://54.img.v4.skyrock.net/1044/22601044/pics/651665191.gif

curiosa dit: 11 octobre 2013 à 13 h 46 min

pas très sympa d’écrire qu’Adèle a un visage poupin de goret… il est vrai que rien n’étonne plus de la part d’un vieux cochon

JC..... dit: 11 octobre 2013 à 16 h 32 min

Il n’est pas impossible que ce visage de goret poupin entraine ce vieux porc bergérien de Barozzi vers des rivages nouveaux … Alleluia !!!

Jacques Barozzi dit: 11 octobre 2013 à 23 h 02 min

J’ai relu votre papier, Sophie, on ne saurait mieux dire, chapeau !

P.S. : j’ai beaucoup apprécié aussi l’illustration musicale, comme sortie tout droit de l’Ircam !

JC..... dit: 12 octobre 2013 à 14 h 01 min

Je connais une version rarissime de Tata Ydille, par SUN RA, soliste Annie C. entendue à Châteauvallon je ne me souviens plus de l’année ?!

C’était avant que le Nul de Tulle prenne les commandes du pédalo aux flotteurs poreux.

puck dit: 12 octobre 2013 à 16 h 41 min

c’est vrai que Desproges avait un humour bien à lui, il fallait le suivre quand il disait « quand j’ai appris la mort de Christian Gailly j’ai versé une larme alors que quand j’ai appris celle de Patrice Chereau j’ai repris deux fois des moules ».

Elle s’appelle comment déjà celle qui a réalisé ce film « la bataille de Solférino », sait-on si elle a lu Spengler : le Déclin de l’Occident ?
Je ne sais pas jusqu’à quelle dose de divertissement culturel la Rome antique est allée avant de sombrer dans le chaos.

Faulkner n’a jamais cherché à divertir les lecteurs, comme ses personnages il appartenait à un monde, à un monde qui ne se définissait pas par ce qui lui appartient mais par ce qui en est exclu, le partage de la misère est le plus propice à l’aspiration évangélique.

Il faudrait que les critiques se décident un jour à parler de ce qu’ils n’aiment pas, sinon notre monde va partir en déconfiture et finira par ressembler à ce film dont j’ai oublié le nom de cette réalisatrice, si un jour on décerne un prix du réalisateur qui n’a pas inventé le fil couper le beurre faudra penser à lui refiler.

JC..... dit: 12 octobre 2013 à 16 h 50 min

Sophie a répondu plus haut : elle se situe d’abord dans l’appréciation, et c’est vrai, Puck, que l’on aimerait quelquefois une bonne critique négative.

Le consensus poli « on n’en parle pas de ce film raté », c’est parfois si neutre, si complice …

u. dit: 12 octobre 2013 à 17 h 17 min

« Mes Haines », c’est ça?
Comme Zola?

Ensuite, tu te fais traiter de « réactif » par les nietzschéens.

pado dit: 12 octobre 2013 à 18 h 27 min

Bof, moyennement d’accord avec puck. Elle va nous raconter quoi Sophie ?
Qu’il y a quatre (ou six, ou dix) grosses merdes cette semaine et nous les décrire bien en détail.
L’intérêt ?
Elle nous parle de ses choix, semaine après semaine, moi ça me va, même si je ne suis pas d’accord au final.

Ok j’espère qu’elle nous dira si elle n’est pas d’accord sur le palmarès d’un festival (s’il y a lieu), quelques remises de prix douteuses, ou mieux sur quelques « chefs d’oeuvre » du passé qui lui resteraient en travers de la gorge, mais sur les sorties de la semaine ?

Ne rien écrire n’est-ce pas déjà une critique.

Le vrai problème est que je ne sais pas si je suis nietzschéen et ça c’est dur à vivre.

puck dit: 12 octobre 2013 à 19 h 24 min

non surtout pas de haine, juste des ruptures, des séparations, des limites, des frontières….
nous ne vivons même plus dans un monde de consensus mou, nous sommes passés au stade supérieur : le stade de l’indifférencié, de l’inséparabilité, de l’inséparé, un culture qui englobe, qui ingère tout ce qui passe pour le transformer en objet de culture nouveau né,nouvellement admis dans notre monde.
Je n’aime pas welbec mais son bouquin sur la carte et le territoire dit tout de cette extension infinie du domaine de la culture qui devrait nous interroger sur la topologie de nos jugements esthétiques : une carte géographique ne remplace pas le territoire, le monde humain n’est pas une cartographie il relève d’une territorialité, Faulkner fait monde parce qu’il ne se situe pas sur une carte mais sur un territoire, avec des ruptures et des séparations, je n’ai pas vu le film Adèle de Kéchiche mais il suffit de constater le consensus générale de la critique pour avoir la certitude que ce film doit être une grosse daube qui dans 5 ans sera considéré comme une grosse daube, ça a été le cas de tous les films qui ont été objets de consensus ces 20 dernières années, pas de raison que ça s’arrête.
qui veut prendre le pari?

puck dit: 12 octobre 2013 à 19 h 47 min

u. c’est justement le fait de sentir monter la haine autour de moi qui me fait flipper. On ne peut pas couper le monde en deux, on ne peut pas échapper à la réalité du monde, sinon on finit par se prendre cette réalité dans la figure.

pado dit: 12 octobre 2013 à 22 h 06 min

« qui veut prendre le pari? »

Ben pas moi.
Déjà que je ne le trouve pas terrible et que globalement je suis plutôt d’accord avec moi-même, vous pensez bien que cinq ans ne vont rien améliorer.

Mais si Adèle devient ce qu’elle peut devenir, il faudra peut-être plus de cinq ans.
Pour elle.

pado dit: 12 octobre 2013 à 22 h 13 min

Suite à la remarque de puck, je me suis demandé s’il y avait vraiment consensus.
Dans ce cas là, que fait-on ?
On va lire la critique de Neuhoff ?
Horreur et putréfaction, il est d’accord avec moi (ou l’inverse si vraiment vous le souhaitez)

Donc pas de consensus (JC jubile)
Et merdre, le film gagne trois ou quatre ans de gloire.

pado dit: 12 octobre 2013 à 22 h 26 min

Je vieillis ou quoi ?

Déjà que ce soir après m’être revu Excalibur (4€ à la FNAC) je me demandais si c’était le film ou moi.

Faut que je fasse gaffe.

JC..... dit: 13 octobre 2013 à 6 h 02 min

Si on arrivait à trente trois, on pourrait dire « 33″ … On a des rêves modestes, à la Kéchiche kebab.

JC..... dit: 13 octobre 2013 à 10 h 10 min

Ah ! Abdel Gance ! je ne me souviens plus de ce film, vu tout gamin, où l’écran est divisé en trois, quatre ou plus… Napoléon, peut-être ?

Elena dit: 13 octobre 2013 à 13 h 42 min

Tenez, un petit passage de Georges Picard, à propos des « œuvres plaisantes ou réussies dans leur genre », de moyenne gamme, qui se distinguent donc par un ensemble de qualités du lot commun des productions insignifiantes ou nulles : « J’en fais mon plaisir à l’occasion, en vérité de moins en moins souvent tant m’énerve l’écart grotesque entre leur valeur réelle mais limitée, et les louanges disproportionnées que leur octroie la grande presse. C’est ainsi que la multiplication des chefs-d’œuvre — plusieurs par mois — donne l’impression d’un jeu de société fondé sur une surenchère factice, sur une simulation d’enthousiasmes programmés. On sombre dans la stupéfaction en comparant tel roman avec la littérature critique unanimement laudative à laquelle il a donné lieu. […] Je me demande si les critiques sont sincères. J’ai tendance à croire qu’ils le sont plus fréquemment que ce que le simple cynisme inclinerait à penser. La crainte de rater un livre qui fera peut-être date ou d’esquinter un auteur qui finira par s’imposer est aujourd’hui à son paroxysme. Le complexe historique joue à plein depuis que quelques vieux critiques d’antan ont sacrifié leur réputation sur l’autel d’une sincérité trop naïve. Pour avoir dit le mal qu’ils pensaient d’auteurs aujourd’hui intouchables, ils brûlent dans l’enfer des gaffeurs éternels. On ne crucifiera jamais un critique pour avoir qualifié un navet de chef-d’œuvre (tout au plus en sourira-t-on), mais l’inverse — qualifier un chef-d’œuvre de navet — constitue un péché impardonnable au regard des tables de la loi professionnelles. La tendance générale est donc plutôt à la louange »

sophie dit: 13 octobre 2013 à 16 h 04 min

Non, je ne me braque pas du tout! Ca m’amuse au contraire. Je relève le pari pour « La vie d’Adèle », parce que je crois que c’est un grand film, un peu comme l’est resté « La maman et la putain » d’Eustache. Quant au prochain grand film, il sort le 23 octobre: « Heimat » – et c’est ainsi que le hasard de la distribution propose une si grande richesse tout à coup. Pour le reste, je ne vois guère de chef d’oeuvre – seulement, en effet, des films diversement honnêtes..

pado dit: 13 octobre 2013 à 17 h 16 min

Ya failli avoir braquage à Mayol.

JC, vous qui avez une grande influence sur la rade, vous ne pouvez pas leur demander de rester concentrés ?

Tout ça nous fait donc 40.

puck dit: 13 octobre 2013 à 17 h 40 min

Picard ? Georges Picard ? c’est sans conteste le plus grand philosophe français d’aujourd’hui. Je n’échangerais pas une strophe de Picard contre toute la production philosophique actuelle, les Onfray, Ferry, Comte Sponville, et les tous autres le seul qui fait le poids c’est Rosset, et encore…
« il ne faut pas avoir peur de nos peurs elles sont la preuve de notre lucidité » c’est beau ? non ? Nietzsche montait sur les montagnes pour s’élever au dessus du monde Picard lui monte sur les toits pour regarder la ville, et pour faire le clown, vu que c’est la seule façon de faire désormais de la philo : faire le clown, quand on voit la quantité d’individus intelligents qui nous entourent ça donne envie d’être idiot, depuis l’invention de l’homme jamais l’intelligence n’a atteint un niveau aussi élevé, heureusement qu’il reste encore des types comme Picard. Quand il sort un nouveau bouquin c’est Chevillard qui en fait le résumé. Chevillard ne prendra jamais la peine d’écrire sur un livre d’Onfray ou Enthoven, c’est un signe.
Elena vous lisez quel livre de Picard ?
je vous fais le pari que dans 50 ans le seul nom qui restera sera celui de Picard.

puck dit: 13 octobre 2013 à 17 h 49 min

c’est bien beau de parier encore faut-il dire ce qu’on gagne.

la maman et la putain ? d’Eustache ? alors là c’est un très bon exemple, c’est le meilleur exemple qu’on pouvait trouver : ce film s’est fait démonté par toute la critique, pas que pas la droite catho, aussi par la gauche laïque, et aussi par la gauche révolutionnaire qui ne supportait le dandysme d’Eustache, sa façon de se moquer de Sartre qui boit des demis bouteilles de pinard : à la sortie de son film Eustache s’est fait allumer par toute la critique. Et quand on lui a refilé son prix à Cannes la critique en a rajouté une couche, en se gaussant, en ricanant, à tel point qu’Eustache s’est mis sur la figue avec des critiques, ils se collaient leurs poings dans la figure !!!
vous imaginez Sophie se mettre sur la figure avec un réalisateur ? parce qu’il lui avait dit qu’il trouvait ses idées dans les chiottes.

et pourquoi les critiques se mettaient sur la figure avec les réalisateurs ?
pourquoi selon vous ?
parce que les gens avaient confiance dans l’avenir ! en 1973 le monde nous appartenait, du coup prenions plaisir à nous balancer des gnons, il ne pouvait absolument rien nous arriver.

si aujourd’hui un film comme celui de Kechiche fait unanimité c’est parce que les gens ont peur de l’avenir.

JC..... dit: 13 octobre 2013 à 17 h 50 min

Pado, les Ecossais même par terre, ils continuent à se battre : j’ai eu peur pour les messieurs coûteux du RC de Toulon

puck dit: 13 octobre 2013 à 18 h 06 min

sérieux Sophie jamais un film n’a fait l’unanimité, le premier qui me vient c’est l’adaptation du bouquin de Begaudeau (j’ai oublié le nom), cette daube qui a eu la palme à Cannes : tous les critiques adoraient ce film, pas une seule voix pour le critiquer.
c’est du jamais vu, une oeuvre d’art est une oeuvre d’art parce qu’elle partage le monde, elle partage les avis, comme un mur : de chaque côté on vient la percuter.
quand un film fait l’unanimité c’est qu’il y a un gros problème quelque part, comme quand les enfants sont d’accord sur tout avec leurs parents.
en fait je sais pas où mais il y a un gros problème, et ce problème il faut le chercher.
même si vous avez aimé le film il faut chercher le problème, l’un n’empêche pas l’autre, il faut s’interroger : pourquoi ce consensus ? qui sommes-nous donc pour tous être d’accord entre nous ? par quel processus nos esprits ont-ils été formatés ? voilà les questions que vous devez vous poser, parce que c’est un truc pas normal, il y a un truc qui cloche quelque part, forcément, ou alors notre société est devenue un immense hôpital psychiatrique, ce qui en soi n’est pas gênant mais il faut juste le noter pour l’avoir à l’esprit.

JC..... dit: 13 octobre 2013 à 18 h 20 min

« par quel processus nos esprits ont-ils été formatés ? »

Evident, mon cher Watson !
Le principe de « précaution »….

puck dit: 13 octobre 2013 à 18 h 39 min

pas vraiment parce que le plus drôle dans l’histoire c’est que les débats se décalent entre le réalisateur et ses actrices : les actrices critiques leur réalisateur !
alors là c’est à mourir de rire : les critiques adorent et les actrices détestent.
la phrase la plus drôle restant celle de Léa Seydoux dans un journal californien du genre : si nous n’avions pas eu la palme ce film serait un très mauvais souvenir.
on croit rêver.

u. dit: 13 octobre 2013 à 18 h 55 min

« le premier qui me vient c’est l’adaptation du bouquin de Begaudeau (j’ai oublié le nom), cette daube qui a eu la palme à Cannes » (puck)

Il y a quand même ceux qui, au seul ton de l’éloge, ruent comme Balthazar et n’iront JAMAIS.

Hélas, j’en ai raté des chefs d’oeuvre (Les intouchables, le Begaudeau…).

Je ne suis ici que parce que Sophie est extrêmement libérale.

pado dit: 13 octobre 2013 à 20 h 06 min

« Je ne suis ici que parce que Sophie est extrêmement libérale. »

Ben oui, nous avons traversé le miroir sur un coup de dés, une impression, une envie,
ça dure,
espérons.
Perso j’ai retrouvé (un peu) le chemins des salles.
Bienfaits libéraux ?
Manques enfouis ?

pado dit: 13 octobre 2013 à 20 h 20 min

Georges Picard.
L’avantage avec puck (merci Elena) c’est la découverte, des années que cela dure, j’en suis toujours étonné.
Parfois j’essaie.
Je sens que Picard va décrocher une place.
Faut pas croire les blogs sont parfois initiateurs de découvertes.
Tiens, on ne le croirait pas, mais dans des passés lointains , dans des lieux bizarres, même JC pouvait inciter

pado dit: 13 octobre 2013 à 20 h 26 min

Encore cet « Enter » de merdre (ou moi flippant face à la Bête)
Ouais, même JC.
Renato pourrait-il croire ?

pado dit: 13 octobre 2013 à 20 h 32 min

Bégaudeau.
Il y quelques jours (semaines)
seul , télé, film ?
Les murs sont proposés.
Impossible.
Puissance des blogs ?

pado dit: 13 octobre 2013 à 20 h 38 min

On dit toujours que certains films vieillissent mal.
Jamais leurs interprètes.
Et pourtant.
Josette Day par exemple.
C’est pas dieu possible.

Elena dit: 13 octobre 2013 à 20 h 47 min

Puck, peut-être sortez-vous de la lecture de « Tout m’énerve » ou « De la connerie » ou encore « Le génie à l’usage de ceux qui n’en ont pas » ? Pas « Du bon usage de l’ivresse » quand même ?
(tous publiés chez Corti)
J’ai la même réaction instinctive de défiance devant l’unanimité, dans la louange ou l’exécration. On n’est pas des veaux, ni des moutons, bon.
Sauf que prendre le contre-pied ne nous fait pas sortir de la zone d’influence (on parlait des ados et des parents …) Là je m’aperçois que je suis trop basique — ça ne s’applique pas vraiment à ce que vous disiez (« par quel processus nos esprits ont-ils été formatés »), qui porte sur les conditions de possibilité de l’uniformité.
Autre problème : tant qu’on n’a pas vu (lu/ écouté) on ne peut pas vraiment savoir, puisque le « discours sur » n’est jamais l’équivalent de l’œuvre.

Elena dit: 13 octobre 2013 à 21 h 43 min

Enfin entre œuvre complexe, rare et incomprise et daube grand public, grosses ficelle, air du temps et plus petit dénominateur commun, il y a aussi une troisième possibilité, assez rare je vous l’accorde : qu’une vraie création soit prise pour un produit, et « marche », suscite un engouement, pour de mauvaises raisons.
Georges Picard encore (on substituera « film » à « livre », « voir » à « lire », « tourné » à « écrit », etc.) :
« j’ai toujours pensé qu’un livre profond et populaire était une gageure ou, plus certainement, le produit d’un malentendu »
mais aussi :
« La valeur d’un livre exige pour se révéler la bonne disposition du lecteur — je parle ici de livres d’un niveau suffisant pour échapper au relativisme généralisé des goûts mettant sur le même plan des ouvrages culturellement incompatibles.
Que signifie être bien disposé à l’égard d’un texte ? C’est le lire sous l’angle où il a été écrit, avec le même regard intellectuel en quelque sorte. […] La bonne disposition, si elle est nécessaire selon la méthode, ne débouche pas forcément sur l’approbation ou le plaisir. Mais en faire l’économie fausse la qualité du jugement. […] Toute œuvre d’art mérite qu’on l’aborde avec un esprit ouvert, libre et actif. Sans cette discipline préalable, qui fait tomber les préjugés et nous met dans un état d’accueil favorable, prêt à tirer de l’expérience esthétique la substance la plus riche, nous risquons d’être en dessous du niveau de compréhension et d’adhésion minimum dont toute œuvre est en droit de bénéficier a priori. »

Donc, on voit et on en reparle ?

JC..... dit: 14 octobre 2013 à 5 h 20 min

Ce n’est pas pour faire du mauvais esprit, j’en suis incapable, mais votre Picard de 21:43 enfonce des portes largement ouvertes …

En outre ce : « toute œuvre est en droit de bénéficier du niveau de compréhension et d’adhésion minimum ? » me stupéfie… Au nom de quoi ?

Emetteur/récepteur : tout « signal » aurait droit à une « adhésion » minimale ? Pourquoi ?

L’adhésion minimale, c’est ouvrir le livre et lire, regarder l’écran et voir : et c’est tout !

Picard parle là pour ne rien dire.

Elena dit: 14 octobre 2013 à 9 h 35 min

Georges Picard toujours :

Ennui ou paresse ?
La liberté d’écriture n’a jamais été aussi grande, tout étant permis, ce qui ne va pas sans susciter un malaise chez les lecteurs privés de références stables. Cette incertitude finit par appauvrir le jugement, étréci à sa dimension subjective, à l’étique « j’aime/je n’aime pas » […] verdict un peu fruste mais efficace, décidant qu’un livre est « ennuyeux » ou pas. À cette aune, neuf chefs-d’œuvre sur dix ne passeraient pas la rampe chez neuf lecteurs sur dix, inconscients du fait que l’ennui réside généralement dans celui qui l’éprouve plutôt que dans sa cause supposée. […]
Que l’on n’applique pas systématiquement cette règle [relever le défi d’un texte jugé fastidieux en s’efforçant d’y pénétrer à cœur par des lectures renouvelées], je le comprends, la vie est courte. Que l’on ne l’applique jamais, se contentant de goûter les livres du bout des lèvres avant de les consommer ou de les repousser, est une faute. Car on finit par caricaturer ses jugements et par s’enfermer dans un univers mental uniforme, sans altérité ni dépaysement.

Polémikoeur. dit: 14 octobre 2013 à 12 h 05 min

Il y a une République pour les livres !
Est-ce que négocier un livre « difficile »
est pareil qu’encaisser un film ennuyeux ?
La cadence n’est pas la même, la liberté
de dicter la sienne non plus. Implication – activité, passivité – différente.
Stéréovisuellement.

JC..... dit: 14 octobre 2013 à 12 h 27 min

Que j’aimerai débattre* de cette vision des choses que projette Picard : si étroite, si courte, si « propre » ! Stupide, cette littérature avant tout ! Arrogance sans nom…

Goutez donc de cette bêtise :
« Que l’on ne l’applique jamais, se contentant de goûter les livres du bout des lèvres avant de les consommer ou de les repousser, est une faute. »

Une faute !…..

* rien d’original : un jeune con en rencontrerait un autre.

Elena dit: 14 octobre 2013 à 13 h 48 min

Polémikœur
a) je ne la trouve pas très républicaine la RdL
b) parler de livres sur un blog de cinéma serait déplacé mais à l’inverse l’utilisation, la « dévoration », la vampirisation, la consommation-transformation, le recyclage de livres (d’un roman de Faulkner ou de Christian Gailly à la BD « Le bleu est une couleur chaude » pour « La vie d’Adèle ») irait tellement de soi qu’il n’y aurait jamais à y redire ?
c) Cela dit, votre objection est tout à fait recevable et GP serait sans doute le premier à me l’opposer. Passer du livre au film dans ce type de réflexion pose en effet un certain nombre de problèmes.
Mais …
il me semble que le « formatage » de pas mal de films pour une vision à la télévision ou sur écran d’ordinateur qui en constitue le véritable débouché — et donc une capacité d’attention bcp plus courte et une implication minimale (un soupçon de lenteur ou d’incompréhension de ma part et je zappe, on ne va quand même pas y passer L’Éternité et un jour) — aboutissant par ex à un tempo complètement différent voire à un changement de catégorie (on passe subrepticement du film au télé-film dont on adopte les codes et les tics) relève me semble-t-il du même débat et de la même différence entre œuvre d’art et produit de l’industrie du divertissement.
On laisserait volontiers les gens s’empiffrer de burgers et de viennoiseries industrielles en se délectant dans son coin d’autres nourritures (vive l’apartheid culturel) si une telle coexistence était possible, s’il ne s’agissait pas d’un jeu à somme nulle. Elle se situe là la véritable intolérance, dans les faits et non dans les discours.
Et en mettant tout sur le même plan (comme c’est le cas dans la plupart des magazines, émissions et blogs, si « cool ») on travaille activement (qu’on le sache ou non) à la disparition des œuvres et à l’hégémonie des produits industriels. Vous vous souvenez du prénom de Valance ? Liberty.

Quant à confondre une œuvre avec un signal ou un message … c’est bien la peine que Roman Jakobson et qq autres se soient décarcassés.
Pour le plaisir, je remettrai une couche de G. Picard : « Tout ouvrage dont le sens peut se déployer dans le discours n’appartient pas à la littérature. En littérature, il n’y a pas deux façons différentes de dire la même chose » — ça marche aussi pour les films.

puck dit: 14 octobre 2013 à 14 h 51 min

hého ! héhoho ! minute papillon ! en tant que fondateur du CDOGP qui est, comme chacun sait le Comité de Défense des Oeuvres de Georges Picard (qui entre autre milite pour sa panthéonisation de son vivant) je m’insurge totalement contre ces attaques portées à son encontre.
Que ce soit clair Picard n’est pas vraiment un écrivain comme les autres, ce qui chez un autre pourrait sembler être de l’enfonçage de porte ouvert devient chez lui une pensée à la fois drôle et sérieuse, à la fois innovante et déjà vue, à la fois conservatrice et révolutionnaire, convenue et saugrenue, pesante et légère, grande et minuscule… ceci tient au fait de sa personnalité, sa coiffure à la Ferré, son sourire bonhomme et son regard d’éternel enfant, tout ceci fait que je vous le dis mes frères : cet homme est inattaquable, autant on peut cogner sur Onfray, dégommer Enthoven, déblatérer sur Ferry et tirer à vue sur tous les autres autant, si on à croisé un jour Monsieur Georges Picard on ne peut alors que l’aimer, il appartient à une espèce en voie de disparation, dans ce monde de brutes, de requins, de truands, Picard est un bébé phoque, il faut le protéger, en parler avec infiniment de douceur de peur que quelques cris ne viennent le réveiller, comme on le fait d’un nourrisson, d’un hérisson, ou d’un limaçon il faut le manipuler avec la plus grande prudence, il est fragile comme un porcelaine de Limoges.
Aussi, nous membres bienfaiteurs du Comité de Défense des Oeuvres de Georges Picard nous demandons à ce qu’une Loi soit votée par le parlement pour condamner avec la plus grande sévérité tous propos injurieux et racistes contre cet auteur.
Dans l’attente d’une réponse favorable, veuillez, Monsieur le Ministre de la Culture, agréer les insignes et marques les plus respectueuses à votre endroit ainsi qu’à votre… envers.
puck (bras droit et armé d’Obéron).

JC..... dit: 14 octobre 2013 à 16 h 22 min

« Quant à confondre une œuvre avec un signal ou un message … c’est bien la peine que Roman Jakobson et qq autres se soient décarcassés. »

Confusion !!!
On appelle « confusion » un choix parce qu’on refuse d’envisager les choses autrement…! Doxa, pure et dure !

Polémikoeur. dit: 14 octobre 2013 à 16 h 56 min

Merci pour tant d’attention !
Le ratio 12 h 05 sur 13 h 48 aurait toutefois
été plus équilibré sans la réserve du mais…
Sur ce, quelle surprise le Jeunet peut-il
donc bien dévoiler dans le billet suivant ?
Voyageusement.

Elena dit: 14 octobre 2013 à 20 h 17 min

Serait-ce un débat électoral
Qu’il faille un temps de parole égal ?
Et faudrait-il désormais faire court,
Se réfugier dans l’humour toujours
Pour ne pas ENNUYER Billancourt,
Neuilly, Toulon et Chaminadour ?
C’est bien, hélas, le problème du jour.
CQFD-tiquement.

J.Ch. dit: 22 octobre 2013 à 14 h 13 min

un peu tard, sorry Sophie, vu le film hier… en tant que vieux et fidèle faulknerien que j’ai découvert en 1946 grâce à un libraire et dont je relis régulièremnt les œuvres, je dois vous dire que j’ai apprécié le film et votre chronique et détexté celle de Pierre Murat que je prends définitivement pour une gourde… le spilt screen est nécessaire pour correspondre au mieux au découpage du roman, un chapitre par personnage… bravo !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>