de Annelise Roux

en savoir plus

La République Du Cinéma

Je sais que tu peux le faire…suivi de « Soyons vaches »

Par Annelise Roux

Quoi de mieux pour la rentrée qu’un feel good movie ?
Patricia Dombrowski (Danielle MacDonald), jeune femme du New Jersey, rêve d’une carrière dans le hip-hop. Quand on sait qu’initialement le mouvement contestataire naît en flux tendu, à la fin des années 70, entre graffs considérés alors comme pollution urbaine souvent nocturne et expression corporelle d’une colère, d’une injustice et d’un ras le bol, dans le Bronx ou à Detroit, en réaction au « white flight – la fuite des Blancs, une fois la ségrégation abolie, de certaines écoles et de quartiers entiers où ils ont préféré laisser entre eux les gens de couleur – on se dit que Patti, bonne fille blonde surnommée « Dumbo » par des camarades bien intentionnés, obèse, pâlichonne, chair tremblotante comme de la jelly anglaise, physique puisé quelque part entre la chanteuse Adèle, beauté Botero et « Muriel » (Toni Colette, déjà bien boulotte), comédie de P.J Hogan où le réalisateur australien démontrait en éclaireur que les hommes peuvent préférer les grosses qui écoutent Abba, nantie d’une grâce avec un « c » et non deux « s », d’une tonicité, de cette légèreté inattendue qu’ont parfois les contraires des poids plume pour se mouvoir aura tout de même du mal à s’imposer dans la discipline ?
Le conflit avec la mère alcoolique plutôt versée country, Nana, la grand-mère salvatrice qui restaure la confiance…O.Z, l’icône du rap dont rêve la jeune fille a la mégalomanie, la vulgarité à la fois matoise et innocente bien croquées, caricaturales certes, mais non sans rappeler des exemples réels de casquettes à l’envers, poitrails couverts de chaînes épaisses comme des dérailleurs de vélo où pendraient des dollars en or massif..le copain D.J indo-américain est amusant, le jeune punk noir qui fera tilt… les portraits sont rendus avec une énergie communicative.
Edouard Waintrop à la Quinzaine des réalisateurs, ou le Sundance qui repèrent ce « Patti Cake$» savent ce qu’ils font en privilégiant des histoires bien troussées, pas trop intimidantes qui ramènent sur le devant de la scène, par des biais de comédies ou d’un cinéma sympathique, des faits sociétaux moins plaisants. « Billy Elliott » de Stephen Daldry jouait ainsi plutôt finement sur une crête émotive et politique une partition consacrée à une Angleterre thatchérienne crevée de chomâge où l’homosexualité dans les petits milieux pouvait s’avérer tabou, «Les Virtuoses » de Marc Herman remportait en 1996 le César du meilleur film étranger avec un Ewan Mc Gregor venu fermer les mines et un Pete Postlethwaite tuberculeux crachant ce qu’il lui reste de poumons dans un trombone ad majorem gloriam d’une fanfare villageoise, tandis que plus récemment, le « Moonlight » oscarisé de Barry Jenkins levait des coins d’ombre sur le machisme supposé de cadors noirs musculeux aux dents baguées. Ces succès ne doivent pas entraîner un systématisme, et c’est là l’écueil : que le cinéma « art populaire » ne devienne pas le lieu de recettes, shaker dans lequel on mêle des ingrédients comme il faut pour cocktail en vue d’un bon « binge drinking » décontractant.
Geremy Jasper, le réalisateur, vient de la publicité. Il ne se cache pas d’avoir mis pas mal de lui-même dans son opus, d’aimer les « filles fortes » qui lui rappellent celles qu’il fréquentait, jeune homme parti d’une ville moyenne, avant de s’adonner à la caméra… Moins exigeant que les feel good-movies de Capra affirmant que la vie est belle avec son ange de seconde classe, John Ford, les narrations sur la construction américaine de la démocratie, le défrichement du territoire ou la conquête amoureuse des femmes, les fresques eastwoodiennes éclairant des maux typiquement US ?.. Ces gestes ont laissé place à des histoires qui concentrent des thématiques moins flamboyantes, dont l’innocence dans l’abord paraît plus louche mais dont la patte bel et bien est actuelle : on est passé de relations épiques d’un pays de cowboys et d’Indiens, de guerre de Sécession, de grands ravages vietnamien ou coréen, de défense généraliste de droits raciaux égaux à la tentative de rendre mieux visible une mosaïque de petites gens où les laissés pour compte, gros, moches, sans grand projet ni avenir, dans une Amérique où non seulement continuent de sévir un suprémacisme blanc rampant mais aussi une pauvreté stigmatisante, ne sont pas si « marginaux » que cela. Dans un pays dépourvu de couverture sociale, où se faire soigner les dents coûte une fortune tandis que l’obésité, la malbouffe minent denture et santé, ils constituent au contraire une large part de population que le cinéma glamour n’est que peu enclin à dépeindre.
Le hip-hop a fêté ses quarante ans en août, l’a-propos est donc parfait.
Je me rappelle les premières émissions de breakdance retransmises à la télévision française, lorsque j’avais moins d’une dizaine d’années, aspirant à embrasser une carrière sportive, épatée dans un autre genre – bien que – par le moonwalk de Michael Jackson, aussi miraculeux qu’une apparition céleste.. le jingle saoulant, plaintif, s’ouvrant par ces mots : « je sais que tu peux le faire…car tu viens, de Sarcelles ! ».. Des adolescents du 93 tournaient sur leurs talons puis sur les coudes, adroitement renversés en poirier en survêtement Adidas… Montreuil, ghetto-blaster sur l’épaule. L’agilité langagière contre la grammaire, pourquoi choisir? L’émerveillement ne saurait passer, si les visites ne consistent pas à aller au zoo jeter des cacahouètes aux spécimens.

Dans un genre plus discret, disons des vacheries au sens rimbaldien – puisque c’est le poète l’inventeur du mot – tournons les yeux vers le film de Hubert Charuel qui sent la paille et l’étable, « Petit paysan ». Pierre (Swann Arlaud, avec son visage aux arêtes coupantes lunaire, valises sous son séduisant regard exophtalmique disant le souci, la préoccupation, la sensibilité) s’occupe d’une ferme. « Bon qu’à ça », comme d’autres l’ont prétendu à propos de l’écriture. Sa mère essaie de lui refiler la boulangère pour faire l’amour dans le pré. Les petits pains au chocolat de Joe Dassin : « Il était myope voilà tout, mais elle ne le savait pas ? » Il y a pie, mais lui pour l’instant préfère ses vaches. Arlaud a tout bon en donnant une densité légèrement mal dégrossie, méfiante et tendre, à son personnage.
Charuel saisit très bien, sans anthropomorphisme exagéré et en fuyant la parodie rurale exaspérante l’inclination d’une oreille, le poil des bêtes, la robe bicolore, les meuglements sourds, apaisants, le regard lent, mouillé, battu de cils féminins. On y est. Bon, l’histoire… Une maladie de mauvais augure s’abat sur l’exploitation. « Béliers » de Grimur Hakonarson, deux frères islandais ennemis après s’être regardés en chiens de faïence pendant quarante ans faisaient concorde autour de moutons condamnés. Cela leur avait valu le premier prix en 2015 à Cannes dans la section « Un certain regard », et je me rappelle qu’il s’agissait d’un des premiers, sinon du premier billet RdC de ma main en succession de Sophie Avon, intitulé «Bêêêêê».
Ici, pas tant cette nécessité du cinéma actuel de fonder un « récit » recevable pour des spectateurs ayant payé leur place, (ni certaine idée que l’exotisme de la glace peut soutenir sur la Côte d’Azur tandis que l’exploitation de la trentaine de laitières de Pierre/Swann Arlaud, ce « petit paysan » seraient parés, du côté du cercle Arctique, de Reykjavik ou Akureyri d’une aura tout aussi furieusement dé-paysante) qui retient que l’aperçu charnel, simple, sur les bottes qui s’enfoncent d’une certaine façon dans le sol, le vert (kaki tirant sur le vert canard de la blouse des chirurgiens) exact du bleu de travail, la solitude latente attenante à un monde en décalage que le réalisateur ne regarde pas en réserve indienne observée par Custer, mais dans le prisme d’une sociologie qui a envie de montrer, rendre compte. De surcroît il n’est pas dépourvu d’humour, serti dans la mine doucement ahurie, poétique, d’Arlaud.
Dans la ferme, il y a des petits veaux, hi ha hi ha ho : les pattes sont chancelantes, les rythmes liés à la traite. Bouli Lanners, India Hair sont confirmés. Le père (Jean-Paul Charuel) a toutes chances d’être en vérité de la famille, Sara Giraudeau en sœur vétérinaire a toujours cet épi émouvant sur la tête, col un peu long lui conférant une ligne de fleur ployée par la pluie, un tempo bien à elle où est perceptible une faille… déterminée, pourtant légèrement déséquilibrée par une pointe de doute furibard qui la rend vibrante. L’ensemble vient du reste d’être légitimement primé lors du 10ème Festival francophone d’Angoulême, le cinéaste recevant un Valois de diamant tandis que son principal interprète se voyait décerner celui du meilleur acteur et Myd en emportait un pour la musique.
J’ai hésité à chroniquer un autre film, « Gabriel et la montagne » (Fellipe Barbosa, Brésil) sortant au même moment, également distingué comme « Petit paysan » par la Semaine de la critique emmenée par Charles Tesson dont les choix attentifs, subtils et modestes, frais ou brusquement iconoclastes et détonants sont d’une fantaisie finale irrésistible. L’oeuvre de Barbosa est une lettre d’amitié et de deuil filmée, via la fiction mais retrouvant des pistes, des protagonistes réels, adressée à son ami disparu Gabriel Buchmann, juste aussi dans la façon de retracer un idéalisme naïf, espérant, une ascension sans doute irresponsable, sans retour, mais bouleversante… Je ne me suis pas attelée à une recension écrite plus fournie, cette période étant pour moi la date de commémoration d’une perte personnelle survenue fin août 2011 dont je ne dirai pas davantage, mais je ne saurais trop vous engager à aller le voir.

« Patti Cake$ » de Geremy Jasper
« Petit paysan » de Hubert Charuel
« Gabriel et la montagne » de Fellipe Barbosa

(sortie le 30 août pour les 3 films) 

Cette entrée a été publiée dans Films, Non classé.

501

commentaires

501 Réponses pour Je sais que tu peux le faire…suivi de « Soyons vaches »

Paul Edel dit: 28 août 2017 à 7 h 38 min

« Nous regagnerons le village
Au ciel mi-noir ;
Et ça sentira le laitage
Dans l’air du soir ;

Ça sentira l’étable, pleine
De fumiers chauds,
Pleine d’un lent rythme d’haleine,
Et de grands dos

Blanchissant sous quelque lumière ;
Et, tout là-bas,
Une vache fientera, fière,
A chaque pas… »
Arthur Rimbaud, Extrait de « les reparties de Nina »
Ecrit à 16 ans.

Phil dit: 28 août 2017 à 8 h 49 min

nous attendons toujours le recueil des chroniques de M. Edouard Waintrop du temps de « son » Libération. please forward.

Sylvain dit: 28 août 2017 à 11 h 03 min

Plaisr de vous retrouver ,Annelise…

Vendu ,pour Hubert Charruel!(pour vos « yeux des vaches mouillés,battus de cils de femme ».)

JAZZI dit: 28 août 2017 à 13 h 52 min

Des trois, c’es le « Petit paysan » qui me fait le plus envie, Annelise !
Rien sur « 120 battements minute » ?

D. dit: 28 août 2017 à 14 h 20 min

Elle était fantastique dans Ne nous fâchons pas, un film remarquable et qui plus est moderne dans sa réalisation. Une musique très bonne aussi. D’excellents acteurs, du rythme. Beaucoup de petits freluquets de cinéastes français contemporains feraient bien de s’en inspirer au lieu de nous servir leur soupe fade. Je vais mettre ce commentaire également sur La République des Livres où il est aussi question de Mireille d’Arc, une grande actrice française que j’aimais beaucoup, talentueuse et gentille. Qu’elle repose en paix.

Sylvain dit: 28 août 2017 à 15 h 40 min

Jazzi 13.52 ( sur Petit Paysan),me too!!

Cents20 de Campillo:Annelise était en vacances…me parait gay friendly?(sans l’hystérie faux c.des bobos qui notifient ça sur guide).

« Valois de diamant »(au festival franco.d’Angoulême)le héros de 120 s’appelle Arnaud V.Bon acteur.

Paul Edel dit: 28 août 2017 à 16 h 10 min

Selon les extraits interessants de la bande- annonce,du film de Cheruel le réalisateur a choisi pour son casting la race bretonne à robe pie noir (tachetée noire et blanche).Meuuuhhhh Pourquoi pas.. ,mais ais le cinéma est passé à la couleur que diable. Il eût mieux valu filmer en Vista Vision une des plus plus belles vaches au monde : la Salers. La Ferrari des vaches . Cette auvergnate qui a failli disparaitre entre 1945 et 1959 possède une robe d’un brun -rouge légèrement rouillé, et avec des reflets rousseurs automnales sur les flancs. La substance de cette robe a quelque chose d’un paillasson légèrement brillantiné par les frimas de l‘Auvergne…. Une star, vous dis-je. Par ailleurs, pour les connaisseurs, on sait quelle est capable de brouter avec gaieté et légèreté sur les pentes abruptes des monts du Cantal sans jamais avoir le vertige. De plus, elle donne une viande admirable ( presque aussi fondante que celle de l’indolente bazadaise -je dis ça pour me faire bien voir d’Annelise…) et elle produit un lait bien mousseux qui fait la joie des petits et des grands.. Je résume :trois qualités :viande, lait, grimpeuse.Elle mérite un long métrage.

Petrus dit: 28 août 2017 à 18 h 43 min

Heureux de vous voir revenue, Annelise, avec trois films en plus, ça démarre fort. J’avoue que j’avais de fortes préventions envers ce « Petit paysan » qui m’évoque à la fois un fromage industriel (« Petit paysan, un fromage pour les petits et les grands ! » par exemple) ou encore un commentaire de Albert Cohen sur madame Deume que l’on aurait pu croire, écrit-il, entourée d’une domesticité naine parce qu’elle parlait toujours de ses « petites » bonnes ou de sa « petite » couturière. Charuel ! Pour parler de la paysannerie on ne fait pas mieux… Bref, en dépit de la présence de la petite, pardon de la charmante Sara Giraudeau et de ce petit, pardon, de ce jeune comédien au visage intéressant (je n’aurais pas su le décrire avec votre lyrisme, Annelise) je craignais le style téléfilm France 3, section terroir et tradition.
C’est donc mieux que cela ? Tant mieux.
Il se trouve que je fréquente les vaches depuis l’enfance et que je les aime tendrement. Je partage l’enthousiasme de Paul Edel pour la Salers (y compris la viande) dont Gérard Klein est également un fan absolu, le saviez-vous ? Je me permets tout de même au passage, cher Paul Edel, d’attirer votre attention sur la race d’Hérens, qui, avec sa belle robe aux reflets violets et ses pattes courtes, pourrait aussi faire chavirer votre cœur…
Nous voilà loin du cinéma.
Ce « Gabriel et la montagne » ne me disait rien qui vaille non plus, l’impression d’en avoir déjà vu dix du même tonneau, entre idéalisme niais et couchers de soleil bouleversifiants sur la montagne, mais les bandes-annonces sont souvent trompeuses…
Un film qui n’est pas niais et où il n’y a pas de vaches mais un gros chien, genre dogue, – mais contrairement aux vaches je n’y connais rien -, c’est « Truman » (le nom du chien) de l’argentin Cesc Gay. Ce n’est pas un sortie récente, il date de 2015, je crois. Une merveille de scénario, de dialogues, avec deux comédiens formidables Ricardo Darin et Javier Camara. Le synopsis ? Julian a un cancer, il se sait condamné et décide d’arrêter les traitements. Son ami Tomas qui vit au Canada vient passer quatre jours avec lui. La grande préoccupation de Julian, comédien de son état, affublé de tous les défauts inhérents à la profession, c’est : que faire de Truman quand il ne sera plus là pour s’occuper de lui ? On rit beaucoup , c’est tendre pudique, intelligent, brillant.

J.D dit: 28 août 2017 à 19 h 01 min

Elle est née la divine enfant! Je suis heureux comme nous tous de retrouver les chroniques craquantes du Feygele! Jazzy,ganif,je vais reprendre mon entreprise de lèche ,vous permettez? Mekhaie ! aucune lecture de la presse ne me fait cet effet .Maidelée Annelise ,ses taquineries m’ont beaucoup manqué.La mort de MMe Darc,Delon doit être veuf à présent ?elle qui n’avait pas d’enfants lui a appris à être père…

J.D dit: 28 août 2017 à 19 h 03 min

Mes excuses,je ne vous vois pas en fille de ferme Annelise.Je dois admettre ,la description des vaches de vos yeux est schmalts.Tesson ,le frère de Philippe ou sylvain?

P. comme Paris dit: 29 août 2017 à 0 h 04 min

« Le bousier est une espèce en voie de disparition. »
R.I.P
Dommage pour les vaches.
Les prairies deviennent malsaines.

Annelise dit: 29 août 2017 à 9 h 54 min

En passant à 7h10, en dépit de votre assertion pateline si pleine de bienveillance je ne peux pas vs donner entièrement raison. .que lui reprochez-vs? Ses films à connotation franco-franchouillarde, le passage aux séries télé téheffunisées vers la fin?.. Paul relevait que Jeanne Moreau elle-même avait vécu une traversée du désert, que des rôles elle n’en avait plus et sans Josée Dayan..Fanny Ardant question TV ne s’est pas privée, « le Clan des Lanzac » un peu moins bien à mon goût que « Les Dames de la Côte » de Nina Companeez..? Et n’empêche, Truffaut, Ozon.. alors Mireille Darc, oui, « Les Yeux d’Hélène » ou « Les coeurs brûlés » ne marqueront pas les esprits.. « Frank Riva », où la rejoignit le viscontien Alain-Rocco Delon, qui si je me m’abuse a aussi tourné une adaptation de Jean-Claude Izzo?.. Cela m’est en partie sorti de l’esprit, et je ne suis pas fan a priori du comique de Georges Lautner.. sauf que les « Barbouzes », quel classique ! Que seraient devenus Lagneau (Ventura), Eusebio Cafarelli (Blier) et Boris(Blanche)sans Amaranthe (la grande sauterelle dont il est question..) O’Brien démarrant en trombe avec son klaxon de cucaratcha… ou l’alacrité franchouillarde appuyée exprès, tonique, de « Laisse aller c’est une valse » écrit par Bertrand Blier..les coloris sont très beaux, l’image de Maurice Fellous a du grain et le scénario, si drôle, teinté de vulgarité indéniable ms d’une dextérité… déjà très Audiard… Rufus en prof d’anglais dénudé, serré dans le placard demandant à ce que son ambassade soit prévenue…un ton misogyne, homophobe, politiquement incorrect..ça décanille à tout va avec clichés déplaisants pour chacun, frasques emplies de joyeuseté à ts les étages..Français moyen brutaux, homos maniérés et sadiques, nénettes ayant deux de tension ds le cerveau, machos comme Jean Yanne ou Michel Constantin savaient faire… ça crépite, ça tombe comme des mouche sur une B.O de Sarde et Alan Reeves criarde et survoltée, quel plaisir.. et le « Grand Blond », Yves Robert..ne me dites pas que vs n’avez pas un peu ri, même si je préfèrerai pour tjs la partie de tennis de Bedos interrompue par Marthe Villalonga en pied-noire juive se plaignant de devoir prendre RV avec son fis si elle veut lui parler, maintenant !
Paul, sur les Salers : après Naruse, le boeuf de Kobé? Diable.. le cinéaste et le lait mousseux ont plus de chances de me séduire
Petrus, autre histoire de chien du tonnerre, manière grinçante, c’est « Baxter », le toutou qui en a marre des hommes..votre « Truman » donnera aux lecteurs ici un nouvel argument pour s’intéresser comme moi au cinéma argentin,entre autres, Santiago Mitre ou Damian Szifron
J.D, 19h03 . .Tesson, prénom Charles – et ça lui suffit et à moi aussi comme ça pour que ce soit parfait

JAZZI dit: 29 août 2017 à 10 h 07 min

Oui, le cinéma n’a pas été très généreux avec la gentille Mireille Darc, qui, malgré ses rôles de serveuse de plats aux acteurs mâles, a néanmoins réussi à imposer l’image, hyper décolorée, de sa sympathique singularité !

« séries télé téheffunisées »

Jolie invention verbale, Annelise !

JAZZI dit: 29 août 2017 à 10 h 35 min

A propos de séries télé téheffunisées, et quitte à perdre tout crédit à vos yeux, Annelise, et à ceux des distingués lecteurs et commentateurs de la RDC, puis-je avouer que « Camping paradis » ou « Joséphine ange gardien » ne me laisse pas insensible…

radioscopie dit: 29 août 2017 à 10 h 42 min

L’excellent « Truman », Annelise, est pas mal hispano en plus d’être argentin. Son réalisateur (Francesc Gay i Puig)alias Cesc Gay est un Catalan pure orxata de xufa.

en passant dit: 29 août 2017 à 12 h 29 min

Annelise dit: 29 août 2017 à 9 h 54 min
C’était une question, d’après les films où je l’ai vu jouer- « Les Barbouzes », pas pu regarder jusqu’à la fin
Oui Marthe Villalonga et ‘son fils’ Guy Bedos, trop drôles – pas mal de films alertes et drôles à cette époque
Maintenant on ne rit plus, par ex on s’attend à un remake mais réel de Docteur Folamour

Annelise dit: 29 août 2017 à 12 h 57 min

Yes, Radio
En passant.Ah ça, le dirigeant nord-coréen. ..les Japonais n’ont pas apprécié..cette menace à la fs terrible, extravagante,à la limite du burlesque noir à force de folie, d’incohérence, de jeu du poulet ado poussé à l’extrême et mis sur la sellette sur un échiquier politique et des populations on ne peut plus vrais

D. dit: 29 août 2017 à 13 h 13 min

puis-je avouer que « Camping paradis » ou « Joséphine ange gardien » ne me laisse pas insensible…
-

Hurk hurk hurk…ça sera retenu contre toi, Jacques.

Annelise dit: 29 août 2017 à 13 h 20 min

Un terme politique sur l’escalade, D.. la force atomique dissuasive, entendue comme « n’ayant js à être employée ».. après quoi, non tu n’étais ni à Hiroshima, ni à Nagasaki..renversement post-bomb, nécessité de repenser les notions de responsabilité, de détention du pvoir et d’usage de la puissance.. le jeu du poulet est déjà décrit chez Machiavel. Le bluff, la menace et le qui-perd-gagne s’il parvient à rester juste à l’orée du ravin..Une des meilleures illustrations cinématographiques est ds « La Fureur de vivre »
https://www.youtube.com/watch?v=ksVbeKIj5yU

Annelise dit: 29 août 2017 à 14 h 04 min

..et tiens, avant d’en revenir demain mercredi à la sortie en salles de Patti, de Gabriel et la montagne et du film de Hubert Charuel, puisque j’ai eu l’occasion d’apprendre que plusieurs étudiants, notamment de hacheheussé et médecine lisent la RdC..je recommande ce petit livre intelligent inattendu, « 52 Conseils éternels pour entreprendre & innover » (d’après les maximes de Baltasar Gracian), par Jacques Birol, aux éditions Diateino
Jacques Birol, qui fut l’ancien PDG de Publicis Etoile démontre qu’on peut être cultivé, chef d’entreprise et néanmoins éviter de poser la question si oui ou non Chantal Thomas des « Adieux » est la même que celle des soutien-gorges

Phil dit: 29 août 2017 à 20 h 48 min

De nos jours, dear Annelise, les chefs d’entreprise cultivés sont très rares. le pédégé qui connaissait ses classiques est mort dans les années septante (pour la date exacte, me consulter, ce sera payant). aujourd’hui, c’est pépette et pépés, no books at home because too busy and everything is my smartphone in my slip. ikea envisage d’ailleurs la suppression de ses étagères en bois compressé Billy pour livres (déjà inadaptées en profondeur aux « vrais » livres qui chez nos amis suédois semblent avoir la taille d’albums de photos).
A vos élèves d’HEC qui surfent ici en sursis, fort de l’esprit prépa généraliste, avant de sombrer dans la glue à colgate, conseillerais une petite rareté des années 30: « Si j’étais le patron », réalisateur austro-hongrois passé en France, dont j’oublie le nom en passant.
(la race de vaches aux reflets violets s’appelle Milka.)

JAZZI dit: 29 août 2017 à 20 h 55 min

« réalisateur austro-hongrois passé en France, dont j’oublie le nom en passant. »

Richard Pottier, 1934, avec Fernand Gravey et Mireille Balin, Phil. Merci wiki !

JAZZI dit: 29 août 2017 à 21 h 04 min

Mireille Balin, de « Pépé le Moko », avec Gabin, 1937. Morte ruinée, elle fut enterrée au petit cimetière de Saint-Ouen, en compagnie de Jean Tissier, par les bons soins de « La roue tourne », oeuvre caritative au profit des comédiens impécunieux…
Autre temps autres moeurs !

Phil dit: 29 août 2017 à 21 h 05 min

merci baroz. avec un nom pareil, pas facile d’imaginer l’autriche-hongrie;
et surtout avec Max Dearly, excellent acteur (Français qui a changé de nom aussi, mais dans l’autre sens)

JAZZI dit: 29 août 2017 à 22 h 08 min

« Ernst Deutsch, dit Richard Pottier, est un réalisateur français, né le 6 juin 1906 à Graz et mort le 2 novembre 1994 au Plessis-Bouchard. Il a également été scénariste, adaptateur, directeur de la photographie, et superviseur de la réalisation. » Wikipédia

JAZZI dit: 29 août 2017 à 22 h 10 min

« Max Dearly, de son vrai nom Lucien Rolland, est un acteur français né à Paris XVIIᵉ le 22 novembre 1874 et mort à Neuilly-sur-Seine le 2 juin 1943. » Wikipédia

P. comme Paris dit: 29 août 2017 à 23 h 29 min

Chantal Thomas : ?

Une lacune au niveau de l’écrivain.

Mais rue du Perron,
à l’entrée de la rue Vivienne,
un délice affriolant de rêverie.

Il fut un temps.

Phil dit: 30 août 2017 à 7 h 38 min

Merci Baroz, grâce à vous je mémorise wikipedia, c’est bien l’essentiel pour éviter de virer myope à force de consulter. indeed une photographie de Ernst Deutsch-Pottier serait bienvenue car il y a des « gap » sur la notice, il n’est pas donné partout comme né à Graz.
La biograhie de Dearly de la comédie Française, dont il garde le ton dans ce film, est largement documenté.

Annelise dit: 30 août 2017 à 7 h 41 min

Merci Phil. C’est combien pour vs consulter ? Faites le prix en ayant la main lourde, je paierai double ou triple de mon plein gré, encore mieux, comme au scrabble, pour contribuer à ce que vs preniez de belles vacances près du lac.. Si(s)si, il n’y a pas que les Austro-hongrois.. Jacques Birol l’ex pédégé dont j’aimais énormément la terrasse sur les Champs (je me mettais à l’écart pendant les coquetailles pour regarder le ciel à 360°) se défend hors sentiers battus du joli vernis, c’est bien là la rareté..Vos conseils pour nos futurs petits dirigeants sont utiles, déjà que pour se faire bien voir chez Danone ils lisent Toledo ..l’inverse n’étant pas vrai avec le livre de Maurice Barrès « Le Greco et le secret de Tolède » .. superflu pour cartonner sur la vente de yaourts. Ne soyons pas défaitistes. Milka, votre description enchante… avec lait cacolac

JAZZI dit: 30 août 2017 à 9 h 01 min

Quel délice de blog où chacun remercie chacune et inversement, ça change de celui d’à côté !

Phil dit: 30 août 2017 à 9 h 19 min

Dear Annelise, la terrasse du Publicis remplace-t-elle la culture ? vous avez vécu la scène d’ouverture du Saint-Laurent de Lespert…ne suis pas sûr que Madame Badinter goûte la prose maquilleuse des successeurs de son père. s’ils savaient que Barrès était l’idole des jeunes au tournant du siècle passé, ils laisseraient vite tomber Toledo pour relooker leurs yaourts.

en passant dit: 30 août 2017 à 10 h 12 min

JAZZI
celui d’à côté !

oui- hallucinant! coups, prétentions pathétiques, ivrognes, frustés, givrés..

Annelise dit: 30 août 2017 à 11 h 27 min

Ah oui Phil 9h19..la prose maquilleuse, comme vs dites..,aucune terrasse sur Arc de triomphe ni aucune vente de lessive ni boîte de soupe en formule choc ne remplacera bien sûr jamais l’infinie perte de temps gris et bleu qu’il faut pour écrire un roman, cette drôle de disposition à l’introspection destinée aux autres, arche entre le dedans, le dehors, bout d’arc en ciel.. quoi ils s’étripent, chez PA?
This is the day pour Patti, Gabriel et la montagne et Petit paysan. (Vu hier que Serge Kaganski ds les Inrocks a encensé le film de Hubert Charuel, et celui de Barbosa coup de coeur du Monde )

Annelise dit: 30 août 2017 à 11 h 31 min

Court aparté sur Saint Laurent : j’aimais bien aussi le Bonello . .Pierre Bergé nettement moins (la scène de la caserne mal digérée?).. pb des biopics du vivant des protagonistes.. le Jackie de Larrain pas eu d’échos

Paul Edel dit: 30 août 2017 à 11 h 35 min

 » l’introspection destinée aux autres » comme définition du roman contemporain, fumant!et juste..

Phil dit: 30 août 2017 à 11 h 51 min

oui Annelise, le meilleur Saint-Laurent fût sans doute un patchouli des deux films. avec l’expert baroz, nous avions convenu que la figure de Jacques de Bascher était magnifiquement jouée par Garrel, en Charlus Montesquiou pour nous redonner le goût de l’introspection du temps retrouvé.

Annelise dit: 30 août 2017 à 12 h 59 min

Bascher était magnifique, il faut avouer…Garrel, the son, tb en effet…en Redoutable aussi..je ne dis pas cela systématiquement sur les « fils de », croyez-moi..enfin j’en connais un ou deux qui tout en l’étant, dépassent sans en être conscients et pour des raisons très différentes un père déjà tip-top..pour en revenir au dandy JdB, le vénéneux en soi me séduit rarement.. ou qd c’est l’expression d’une tragédie intime et non d’un hédonisme, si j’ose dire, à la con. .me suis tjs demandé comment aurait vieilli le gd amour de Lagerfeld si le sida ne l’avait pas fauché…un bouquin sur lui me semble t-il de Marie Ottavia (acheté, et puis sur la pile qq part, jamais lu..)Freddie Mercury que j’aime tant, en mini-jupe de cuir passant l’aspirateur en cuisine, he wants to break free mais sans l’amour de Mary Austin, il a tjs dit que ces enchaînements mécaniques lui auraient lessivé le coeur.. cette hantise du dessèchement affectif que la prise de muscles, disons, contrôlée, ni le nombre, ni la chir esthétique n’a aucune chance de résoudre ..je me tue à dire aux copains concernés que ds l’amour hétéro non plus, pas plus ni moins..malgré tt c’est bizarre…bon je ne vais pas revenir sur Guibert ni Muzil en cuir qui rentre tremblotant, vomit ds les toilettes après les grosses virées.. conversations là-dessus depuis tant d’années avec des amis du Bâtiment comme on dit, (l’expression, incompréhensible pour moi comme certaines insultes affectueuses ultra salées qu’ils se jettent au visage, m’a tjs fait rire ..)
« Avec l’expert Baroz vous êtes convenus » etc, cet intérêt que je mesure soudain chez vs sur Joao Rodriguez, l’Ornitho..sûrement pas une enquête de police, aucune réponse surtout n’est appelée et quelle qu’elle soit, ne la donnez pas, mais je me dis brusquement que vs êtes probablement vous-même homo? ..la sexualité, qd même le 1er échange hors le corps maternel, et l’abord qu’on en a rapidement en dit long sur le mode, excès ou absence, confiance, libéralité, gai(y)té ou gêne, inhibition, détente ou sentiment de salissure transformé en boulimie hargneuse.. la joie et la jouissance, ou la joie OU la jouissance.. je pense encore à Daney, vs suggériez une tournée des bordels.. C’est Paul Newman qui disait que qd on a du steak 1er choix à la maison, rare qu’on aille au McDo. ..L’interrogation du lien, des complexes physiques initiaux, de l’abandon et des sensations expérimentées à deux ds le consentement..Bref, tt cela a l’air de ns emporter loin de « Petit paysan » – bien queue? J’ai été très étonnée d’entendre à la radio, ou était-ce une itw papier qui m’est passée sous les yeux?.. Karl Lagerfeld mettant un point d’honneur à expliquer qu’il n’avait pas eu de commerce charnel avec Bascher..ce qui m’intéresse moins est de savoir si c’est vrai (et c’est tt à fait possible, n’en déplaise aux clichés sur le sexe triomphant, tous azimuts en majesté.. cf Andy Warhol, la Factory où il était svt davantage question de se poudrer le nez que de galipettes objectives)que pourquoi raconte t-il ça? L’abstinence nazarinienne, plus chic et surtout « exposant moins » qu’un amour bêtement humain, trop humain, celui-là vraiment dangereux, vraiment singulier ?.. comme dirait notre Stendhal chéri par Paul, « on brave le danger à la tête d’un escadron tout brillant d’acier, mais le danger imprévu »?..l’amour en est sacrément un

JaZZi dit: 30 août 2017 à 13 h 23 min

Ne demandez pas à Phil s’il est dans une backroom, sa mère le croit toujours à la messe, Annelise !
Garrel parfait dans le Redoutable…

Phil dit: 30 août 2017 à 13 h 24 min

comme vous y allez, dear Annelise…les smarties du matin vous profitent ! mais je suis loin d’abonder dans mon sens, comme disait la Marquise de S. juste question :
comment aurait-il (ils) vieilli ? mais simply comme des vieilles folles, dear annelise, et c’est pas jolijoli. Brialy a su garder une cambrure et ne pas trahir le bon cousin qu’il fut, mais tous ne sont pas fils de colonels élevés à la « trique ». imagine-t-on James Dean rescapé de sa porsche au carrefour de Salinas au bout de 3 films ? pas aussi Géant que la postérite l’a faite. vous nous direz justement si ce film des « cent un battements » martelé depuis Cannes tient compte de ce temps retrouvé travesti par le souvenir. comparez les photographies de Bascher avec celles du film.
nous demandons au cinéma l’illusion (accessible uniquement en 35 mm (24 images seconde). impossible en numérique, Tarentino explique ça très bien dans Le Monde de ce lundi).

Annelise dit: 30 août 2017 à 13 h 26 min

Lu le livre de Maria Ottavia sur JdB, Jazzi? Dites-ns. Et maintenant bon cinéma, H.Charuel ou F.Barbosa aux Erdéciens, salut aux étudiants d’Aix

Annelise dit: 30 août 2017 à 13 h 33 min

13h24..indeed, le beau Serge bien tel que vs le dépeignez, Phil..je connais des tas d’homos qui ont tb vieilli, en embellissant en plus – ah ayez des copines ! Elles vous ruineront en petits secrets de beauté échangés ( tt dernièrement, un gommage au sable sur l’un d’elles, à Arcachon… en institut ça lui aurait coûté une blinde…Bouscaut frais et huitres sur le banc d’Arguin, paréo..

Phil dit: 30 août 2017 à 13 h 59 min

ah oui… oublié cette histoire de Lagerfeld…mais tous des menteurs, dear Annelise ! il y a quelques années…Bergé déjà viellissant de la pipe a laissé passer un reportage sur ses années Saint-Laurent…fabuleux, à son corps défendant…le titre aurait dû être » Comment je l’ai liquidé ».
m’a rappelé cet autre reportage, de Friedkin (l’auteur de l’Exorciste, la poupée qui hurle et qui bave..), admirateur de Lang (Fritz)/ : F. Lang, donc, raconte comment il s’enfuit de Berlin après une entrevue avec Goebbels et passe la frontière, en train, vers la belgique et la France sans encombre…L comme menteur ! liar, Lügner !
y’a donc plein d’estudiants ici ? qu’ils se manifestent !

JAZZI dit: 30 août 2017 à 14 h 10 min

« Lu le livre de Maria Ottavia sur JdB, Jazzi ? »

Non, Annelise, le petit monde de la couture ne m’intéresse pas plus que cela, mais j’avais bien aimé les deux YSL.

valentin dit: 30 août 2017 à 15 h 50 min

‘qu’il se manifestent’.
+ facile a dire que le faire, Philippe. ecrire trop ballistic !
pourquoi AMU, Anne-Lise? etudiant. je fais la rentree mais pas la-bas. pas que des anoraks et des chav dans les ecoles de commerce et hors mis a aix-Marseille. Replique du Cinema la + brill !respect.je vais voir Charruel ce soir.

Phil dit: 30 août 2017 à 16 h 12 min

ecrire trop ballistic
que voulez-vous dire, dear Valentin ? faites-nous part de vos critiques, « l’écrire ballistic » donne envie de voir.
trouvé hier les critiques ciné de Jacques Audiberti, anno 1940. ça vieillit très bien.

Annelise dit: 31 août 2017 à 6 h 58 min

Bien vu, Olga. Bovines ou la vraie vie des vaches, Emmanuel Gras, j’aurais dû le mentionner.. Primé pour son formidable Makala cette année, à voir absolument !
Valentin je ne comprends pas que viennent faire la balistique ou les anoraks ms oui, j’aimerais bien que votre génération s’exprime davantage ici.., allez-y, normalement personne ne mord ! Si ça pince trop, la modé fait son travail
« Plein » d’étudiants je ne sais pas, qquns, j’espère et a priori, oui… (mon salut à l’AMU parce que j’en ai rencontré cet été en Corse une poignée qui m’a donné un coup de main alors que j’avais un petit souci)
« Kedge »? Comme le Nicolas du « Volte-Face » de John Woo dont j’avais failli faire élection et présenter lors d’un « Ecrivain fait son cinéma » ..si ça n’est pas un signe ! (J’hésitais entre un Bruce Lee, L’H qui tua Liberty, un ou 2 autres et avais finalement choisi Gattaca de Andrew Nichol. .)La scène où il lace les lacets du frère tombé de la verrière

olga dit: 31 août 2017 à 16 h 22 min

Annelise ,bonjour et merci d’évoquer E.Gras. Je n’ai pas vu « Makala », est-il sorti en salle ?
http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2017/05/26/cannes-2017-makala-le-calvaire-a-velo-d-un-forcat-de-la-terre_5134084_766360.html
Par le plus grand des hasards j’avais vu « Bovines », que j’ai revu TV 2 fois ! Inclassable. On imagine un docu paysan –marre des lions et des pandas– et on –j’avais été happée illico par ce groupe de vaches si banales dans un pré, qui deviennent des actrices malgré elles. Les bruits, les sons, leurs musiques, leurs gestes, leurs comportements , un moment de leur histoire; pas une minute d’ennui. Quel réalisateur…
Quant aux films de la Rentrée, nada, je prends la fille de l’air, c’est encore l’été !

JAZZI dit: 31 août 2017 à 17 h 57 min

Bien, j’ai vu le « Petit paysan » et je viens de lire le papier d’Annelise à la suite de la projection : beau film, bon texte.
Ce genre de western à la ferme, je ne connaissais pas : L’homme qui parlait à l’oreille des veaux ! Surprenant. C’est bien filmé, rythmé avec une musique appropriée et le scénario est ficelé. Les seconds rôles (je ne parle pas des vaches, les stars de cette tragédie à l’antique) sont soignés : j’aime bien le vieux voisins, qui voit tout, sait tout, mais veut bien accepter d’être pris pour un idiot, tant il doit s’ennuie avec ses vaches. Pierre-Swann est charmant. Mais en dehors de ses vaches il fait quoi ? Elle était pourtant bien mignonne et bien disposée, la boulangère ! Il n’était pas obligé de l’épouser pour tirer un bon coup. Il serait pas un peu homo ce petit paysan qui est pourtant un grand garçon ?

Annelise dit: 31 août 2017 à 18 h 54 min

Jazzi, ne rêvez pas de happy-end accommodé à votre façon à tt va… c’est une solitude parfs bien objective que celle des hommes ou des femmes à la campagne, attelés à des tâches dures qui laissent peu de temps pour conter la crème fleurette..et puis on y rencontre pas gd-monde, et avec les années les inhibitions grandissent.. je ne crois pas que l’homosexualité soit la préoccupation de Pierre
« la boulangère lui souriait ms il ne la voyait pas, aïe aïe aïe » (et pourtant elle était belle, les clients ne voyaient qu’elle)
https://www.youtube.com/watch?v=FaswDILZU8c

Emmanuel Gras, magnifique n’est-ce pas Olga? Et sur le charbon vs verrez..termitières fumantes, sac flageolant tenu sur le vélo à bout de bras (et tiens, encore de nveau une touche de la Semaine..King Charles T)

P. comme Paris dit: 31 août 2017 à 19 h 19 min

Pour fréquenter les prés,
un seul conseil,
bouse ou pas bouse,
mettez des bottes.

Un homme qui préfère garder les mains propres.

Annelise dit: 31 août 2017 à 22 h 28 min

Si bluffée que je tente l’expérience, moi qui ne suis jamais parvenue à mettre une photo en ligne jusqu’ici : un internaute, qui conservera l’anonymat s’il le souhaite, me fait parvenir par mail une photo de groupe (sa classe de 8ème apparemment) où figure… Bascher
Qui saura le reconnaître? (Et aussi le fils d’Irwin Shaw, belle promo).. Comme ce contributeur est crédible, je ne résiste pas à ce plaisir qu’il nous offre et vais tenter de vs le faire partager Merci au généreux donateur…

Phil dit: 1 septembre 2017 à 0 h 02 min

diable…après les étudiants et asheucés déroutés, les camarades de Bascher du cours moyen…que du beau monde ici
et Anne s’enlise dans le oueb

radioscopie dit: 1 septembre 2017 à 6 h 31 min

JAZZI dit: 31 août 2017 à 19 h 17 min
Yes, sir ! Je l’ai ajouté à à ma collection d’aptonymes. Non loin de la statue de J. Jaurès où je villégiature régulièrement, j’ai repéré un Euillade, opticien et un Espié, podologue. Ce pays-là est plein de Labit mais aucun n’en fait apparemment profession.

Annelise dit: 1 septembre 2017 à 7 h 00 min

Ne suis pas arrivée à la mettre en ligne, Phil .. »copier », « enregistrer sous » etc, photo rétive. Dommage, beau document, il vs aurait amusé et ému (fête de fin d’école sur le thème du tour de Fce, enfant déguisés autour de l’institutrice.. on les distingue tb) Me reste à espérer que celui qui me l’a adressée la post ici sous un autre pseudo

Annelise dit: 1 septembre 2017 à 7 h 06 min

Jazzi, Hubert Charuel diplômé de la Fémis tt comme Claude Le Pape (scénario) ms venant d’un milieu agricole. Radio d’humeur joueuse à 6h31..

Annelise dit: 1 septembre 2017 à 12 h 07 min

Bascher, suite. Le généreux donateur me fait sourire en me révélant ne pas arriver lui non plus à copier directement sa photo exhumée d’un vieil album perso sur le blog. . il me donne un lien à copier (en suivant), avec l’image en question – mot de passe DEBASCHER – en m’autorisant à la communiquer aux aficionados RdC (visible jusqu’au 11 septembre.. )
Le buveur de Perrier au centre, Adam, fils d’Irwin Shaw, auteur du « Bal des maudits », JdB censément à droite, 1er rang casquette « l’Equipe »

JAZZI dit: 1 septembre 2017 à 12 h 47 min

« Adam, fils d’Irwin Shaw, auteur du « Bal des maudits », JdB censément à droite, 1er rang casquette « l’Equipe »

Marrante, la photo. Ecole privée à Paris ? Une seule fille en robe, plus grande que la moyenne des garçons ! Olga ? JdB est à gauche, pour nous. Les vélos sont acceptés pour la photo !

Phil dit: 1 septembre 2017 à 13 h 02 min

merci au généreux donateur (hypercodée, l’entrée dans son école primaire..).
serait-il le seul à genou ? (avant d’y mettre les autres)

J.D dit: 1 septembre 2017 à 13 h 10 min

Baroz 31 août,19.03 vous me reprochiez la drague appuyée d’Annelise et vous lui sortez le fils Dassin? Le pire Chat’hen qui soit devrait être interdit de ces arguments ! La femme sui rit à moitié dans ton lit ,celle à l’oreille charmée y est au 3/4. Glick à celui pourvu du plus bel organe ,celui-là va se retrouver sous le daix nuptial.Chère Feygele,votre présentation du paysannat est délicieuse ,à vouloir se rouler dans les bottes de foin.Vous me recommandez celui-là ou d’abord le brésilien globe trotter pour qui ça finit mal? Votre ‘hessed avec espièglerie fait toujours plaisir .Les étudiants n’écrivent pas,plus.Je vous ai dit que j’ai un fils à NY,la génération n’a pas ce réflexe .Lui aussi vous lit .Il vous fait dire en réponse à 30/08 à 15.50 que quand valentin écrit ‘RDC la plus brill’,ça ne veut pas dire que vous êtes barbue! Comprenez:’neat’,géant..Le jeune vous complimente dans leur joli argot.Feygele ,si vous ne parlez pas le slang dans le texte,permettez que je traduise les mots manquants : ‘anorak’ en trendy signifie potz,pauvre type .’Ecrire balistic’par contre ,terme de ‘nerd’? pas compris…

JAZZI dit: 1 septembre 2017 à 13 h 19 min

« et vous lui sortez le fils Dassin ? »

Non, J.D., c’est Annelise qui a tiré la première, avec les petits pains au chocolat !

Phil dit: 1 septembre 2017 à 14 h 00 min

vraiment bien cet « anorak » pour pauvre type, demeuré.. merci JD. image sympathique,history on ze move, Anorak a fait faillite, indeed. heureusement que vous avez expliqué.
il faut dire à ces jeunes gens lecteurs d’intervenir, délier ici leur slang en belles phrases charmeuses. ceci dit, ne pas croire que la prose tortueuse proustienne n’a pas d’avenir, on zi opposite.
vu un brokeback mountain version écossaise. insémination humano bovine dans les highlands avec l’accent et sous-titres, du rough au pays du whisky. les producteurs visqueux ont flairé le filon, mais ça va se dégonfler (si l’on ose dire).
le blog devient prestigieux, aussi « le généreux donateur » ne va pas se contenter d’un trombinoscope. further information are requested, bitte sehr..où est-il sur la photographie ? Bascher en herbe avait-il déjà la pompe de son nom ? aguichait-il le bourgeois comme Lagerfeld au même âge sur les plages de Hamburg ? en un mot, devait-il finir dans un biopic à la saint-laurent ?
Généreux donateur, mandez-nous vos souvenirs du temps englouti.

Annelise dit: 1 septembre 2017 à 14 h 41 min

Mais non, pas la fille. .je le taquinais. Bien aimé en effet le coup de l’anorak.. « non mais quel anorak, celui-là » sonne tb..
Les petits pains au chocolat de Joe Dassin, à cause de la boulangère qui fait de l’oeil au jeune paysan de Charuel. .la camionnette, pourtant.. l’odeur des brioches et des petits pains.. comme la fin splendide de « C’est pas gd-chose mais ça fait du bien » de Ray Carver (Lyle Lovett ex de Julia Roberts ds le film d’Altman si je ne m’abuse. .quel beau scénario que d’avoir ainsi entrecroisé les nvelles)

gilles dit: 1 septembre 2017 à 17 h 28 min

De Bascher,plus attrayant que son mentor KL? comment s’appellait le garçon corse dont il est fou amoureux?gautier,personnage plus sympathique .Je me rappelle de votre allusion a la marinière de « Mamy »,Annelise.Votre decryptage de l’évolution du substrat narratif des comédies’mises à la portée de’pour catcher plus de spectateurs(Patty cake),brillant feygele.Avec ce que ça suppose de perte d’exigence et d’ambition des réalisateurs.Globalement,baisse en Q.

Annelise dit: 1 septembre 2017 à 18 h 01 min

Vous n’allez pas tous vs mettre à m’appeler « Feygele », à parler anglais (Gilles), allemand (Phil) ou yiddish (JD)?
Gilles au-dessus : la « marinière de Mamy » écrivez-vs. Pour parler de Jean-Paul Gaultier? Il s’agissait de la marinière de Pas de printemps pour Marnie

Annelise dit: 1 septembre 2017 à 18 h 07 min

- Passe moi ton anorak, Geoffroy
- Plait-il Annelise?
- Caus correc sur le blog sans slanger, que sinon t’as pas le swagg ! Trop balistique ton intervention. Je sais que tu peux le faire (Bascher déjà tt petit avait la beauté Tadzio, la mort à Denise)

GENEREUX DONATEUR dit: 2 septembre 2017 à 9 h 09 min

A propos de la fameuse photo…
Nous sommes en 1959 ou 1960.
Il ne s’agit pas d’une école privée mais de l’école primaire Charcot, rue de la ferme à Neuilly sur Seine.
Je vais vous décevoir, je n’étais pas particulièrement ami avec de Bascher,non qu’il fût distant ou désagréable d’ailleurs. Il me semble qu’il était très habile aux billes, notre jeu préféré à la récré. Je me souviens de lui comme d’un garçon un peu rêveur, un peu « ailleurs ». Mais ce que je sais de lui aujourd’hui influence peut-être des souvenirs assez vagues.
Adam Shaw nous fascinait parce qu’il était américain et que son père Irwin (l’auteur à succès donc) conduisait une Facel Vega. Adam était un garçon gentil qui n’abusait jamais de sa force (il était baraqué comme son père). Il portait des pulls magnifiques, souvent blancs. J’ai fait quelques recherches sur Internet sans trouver grand chose. Il semble qu’il soit journaliste (il aurait travaillé pour le Washington post) et qu’il ait conservé le chalet de son père à Kloster, en Suisse, près de Davos.
En 1959, il y avait des écoles de filles et des écoles de garçons. La fille sur la photo est donc une aberration. L’aberration, c’est moi, déguisé pour les besoins du spectacle de fin d’année.

JAZZI dit: 2 septembre 2017 à 10 h 48 min

Le thème du spectacle, c’était le tour de France, d’où les vélos, généreuse donatrice transformiste ? La perruque bouclée vous va à ravir, avez-vous eu droit aux mains aux fesses de la part de vos petits camarades ? Seules, les chaussures ne sont pas très féminines ! Qu’avez-vous fait de ce talent précoce ?

J.D dit: 2 septembre 2017 à 10 h 56 min

Gilles,vous n’êtes pas gênée à 17.28!Votre annexion du terme à chain chikse Annelise ,pas très cacher…Da lifné mi ata Omet (moi aussi j’aurais tenté ,pas la peine donc de vous traiter de’hazir!)Belle photo et commentaire de Généreux Donateur.Lagerfeld serait fou de voir ça ,vous y avez pensé?Relu le post lumineux de Feygele le 30/08 à 12.59 sur l’amour charnel .Le kayser a bien expliqué partout qu’ils ne b.pas.Vous dites que vous voulez bien le croire et révélez pourquoi .Il porte des mitaines ,as Gould?Après la photo en fille et Jazzy qui se demande si Swann arlaud préférerait le fils Dassin à la boulangère ,on ne va plus savoir à quel sein se vouer.

Marie dit: 2 septembre 2017 à 11 h 25 min

Annelise, aurons-nous votre avis sur 120 battements?j’ai reçu un uppercut.
Un bon gommage au sable devrait me detendre!

Emmannuel dit: 2 septembre 2017 à 15 h 17 min

Bonjour Annelise,chui revenu:;ça voufé plaisiromoin?,;chai rester discré ,jfé palgougnafier,vouzinquiétez pas!!;’Feygele’,jidé yreconnait kil lapalecopyrate,cétentant dvouzapelé lptitoiseau.,Zetes une très belle femme toute gracile mekon lui marchpadssu !Comme sik kylie Minogue ou jane russell ellefesé des articles d’1 super niveau universitaire; ça change de tousse ces serveurs de soupe cauteleux :; chui ok pour etphotografié agenoux ssulafoto sivou zyette avec lgenereudonateur!;Avé larentré desklass,ça dviencho dallé au ciné;chui allé au Charruel hier pour vobozieux.;Les vaches y jouent bien ,arlaut av ses « aretes coupantes » il failaffere ,sinon l’histoire bof.;ssafé tro capillotracté; salut a toussent.; les étudiants n’écrivent plus ;ni tro les ados..;pareil:. G pamieux à la maison;@marie,Campillo cété bon.attendu ,mébon.;caisse vouzen pensé?;ouskellson les filles ,Christy,olga etoussa?;

puck dit: 2 septembre 2017 à 18 h 51 min

un film sur « l’amour est dans le pré » ?
c’est mon émission préférée à la tv, je loupe jamais un épisode.

sauf que les dialogues sont vachement meilleurs dans l’émission télé.

j’veux dire ils sortent jamais des trucs du genre « c’est la boulangère, ma mère veut me caser avec elle », ou du genre « elle est pleine ».

en plus dans l’amour est dans le pré les acteurs sont vachement meilleurs aussi, quand ils pondent une réplique on y croit vachement plus.

par exemple dans la dernière saison de l’amour est dans le pré y’avait un épisode où le type qui traie les vaches (un trayeur) il pensait qu’il allait finir ses jours tout seul avec ses vaches, du coup ses copains ils écrit à la télé pour le faire passer à l’amour est dans le pré, et du coup vlan ! on lui envoie non pas une gonzesse mais deux !

et là le type, qui passe du niveau j’ai zéro gonzesses au niveau j’en ai deux commence à se la péter du genre « c’est moi que je suis le héros de la série comme Mac Taylor dans les experts à Manhattan ! même que les filles elles commencent à flipper du genre « c’est pas moi qu’il va choisir c’est l’autre pétasse ! »

du coup elles commencent à se tirer la bourre pour savoir c’est qui la mieux des deux gonzesses qui fait les massages dans le dos les plus cools pour enlever les courbatures après une journée passée sur le tracteur !

et à la fin, quand le type il dit à une allez hop tu peux rentrer à la maison, c’est un moment hyper dramaturgique que même à la fin de roméo et juliette on pleure moins que ça.

tout ça pour dire que quitte à faire un film de l’émission ils devraient reprendre les même acteurs parce qu’eux ils sont super bonnards !

radioscopie dit: 3 septembre 2017 à 9 h 00 min

« 120 battements par minute » est un film de guerre… contre la mort. C’est un film politique qui ravive les couleurs de l’action, du débat, en un mot : de la démocratie. Au niveau construction, on oscille entre collectif et intime, il n’y a rien de trop, rien ne manque, c’est une œuvre d’art cinématographique.

C.P. dit: 3 septembre 2017 à 9 h 16 min

Dexter, je vous aime beaucoup en hamlet, bien que vous poussiez un peu loin la charrue du contre-temps et du paradoxe (je vous le dis quand nous nous écrivons de temps en temps par mail, mais cela nous regarde).
Aucun doute sur le fait que vous avez lu Musil. Je ne suis pas certain en revanche que vous ayez vu « Petit Paysan » au-delà de la bande-annonce.
Mettons que l’on vous prenne au sérieux et que puck ne joue pas seulement les zigotos : je n’ai vu que deux ou trois fois « l’amour est dans le pré », ce n’est pas mon truc, mais bon… En écrivant « acteurs », vous admettez que cette émission est scénarisée et montée, et vous la traitez, en partie du moins, comme une fiction. Soit ! Que reste-t-il ? des personnages et leur discours plus « vrais » que ceux du film ? Au passage et sur les amours, -que vous évoquez avec humour tout de même-, vous m’avez fait visiter avec curiosité Wikipedia : les bilans des compagnonnages continués ou des épousailles ne sont pas terribles !

J’ai vu hier, sur les conseils d’Annelise, « Petit Paysan ». Je ne le regrette pas, c’est un film à la fois frais, triste… et angélique*** malgré sa juste concrétude. Je suis en accord avec Jacques, un peu aussi avec le « capillotracté » d’Emmanuel. Swann Arlaud est un acteur sensible, mais on lui fait jouer un personnage curieux, hésitant entre les tourments intelligents (les discussions avec sa soeur) et l’innocent de village, peu porté vers la pulpe féminine. Les vaches sont touchantes.

Dexter, vous ne m’en voulez pas ?

*** angélique ? La maladie et l’abattage sanitaire, c’est affreux, mais le film fait silence, -je sais bien que ce n’est pas le sujet-, sur le sort ordinaire des vaches laitières qui, après la forcerie de la production de lait, du vélage et la séparation précoce des veaux de leurs mères, finissent jeunes (aujourd’hui plus jeunes qu’hier) à l’abattoir, dans des conditions de transport et de mise à mort souvent honteuses. C’est comme la réclame pour les poulets de Loué : vous les voyez courir dans la belle herbe verte, puis rôtis sur la table humaine. Entre les deux, tintin. Mais je ne veux pas embêter le monde et n’empêche personne de manger du mammifère ou de l’oiseau.

Bon dimanche et bon appétit à tous !

Laura Delair dit: 3 septembre 2017 à 10 h 33 min

il ne s’agit pas de comparaison mais des miettes sur Jeanne Moreau et une tartine sur Mireille Darc, on se demande…

JAZZI dit: 3 septembre 2017 à 10 h 37 min

C’est la rentrée, C.P. ! Bon retour à Paris.
Ce « Petit paysan », c’est aussi un éloge, en creux, du système sanitaire européen, bonjour les contrôles, et des primes pour abattage ! Le héros, petit exploitant agricole d’une vingtaine de vaches, possède du matériel moderne et un trop luxueux camion…

Annelise dit: 3 septembre 2017 à 11 h 31 min

Radio, sur Robin Campillo..vs avez b compris qu’il aurait amplement, largement mérité un billet (idem Philippe Mangeot, co-scénariste) – ms le film sorti trop tôt, et j’ai compté qu’ici sur la RdC, comme vs le faites, ns le chroniquerions à mesure – et de conserve- en nos fameux « billets ds le billet ».. d’ailleurs pas tt à fait un hasard si la photo de J de Bascher est venue sur le tapis (chapeau de nveau au passage au Donateur qui mérite son adjectif « généreux ».. and I confirm, il s’agit bien d’un homme, du moins depuis 25 ans que je le côtoie il s’est tjs présenté comme tel?.. désormais quasi sosie d’un célèbre acteur chez Cronenberg, à lui demander un autographe à l’aéroport)
.. Ces tps de si gd amusement,liberté, sexualité, fraternité.. la belle fête des sens sans frein, pas que chez les homos..St Laurent, Loulou épousant Thaddée, avec pour témoin l’ex petite amie du marié.. celle-ci, d’une famille de galeristes, racontera qq années plus tard combien finalement, pas un confort si ouaté que ça.. le Palace, dix ans plus tard je commençais à avoir l’âge..(on croisait aussi bien Grace Jones, Prince que Roland Barthes ms j’ai tjs eu le privilège de préférer le gd air aux atmosphères confinées.).bcp rentraient le surlendemain en se croyant la veille..ensuite tant et tant d’amis st morts.., il y a eu une période où je me rendais à un enterrement par semaine. .le film fait monter les larmes aux yeux parce qu’il pose la question de l’énergie, de quel sens donner à la dépense à la Bataille mais aussi, surtout, de l’amour..et le « lit d’appoint » de Lagerfeld dressé – qu’il ait couché bibliquement ou pas avec son dandy – dans la chambre d’hôpital où Bascher se meurt du Sida, qu’est-ce, sinon cela?.. et j’ai connu pas du tout les mêmes circonstances, mais tous ces accompagnements, liens,luttes épaule contre épaule ou doigts entrecroisés qui disent la solidarité, l’empathie, l’amour vrai qui explose les barrières, l’impossibilité et d’une certaine manière, vainc la mort.. tout ce qui nous tient grands, beaux et vivants, tout ce qui a de la sève est là.! .il est arrivé qu’on m’interroge sur mon opinion « morale » là-dessus.. je n’en ai aucune qui soit de moraline ni de pruderie.., bien pour ça que je suis attristée, scandalisée qd j’entends que se protéger, maintenant, bof… comme si le Sida était une maladie chronique lambda, pas trop invalidante.. je dis aux jeunes de faire comme ils veulent, autant qu’ils veulent avec qui ils veulent tout en prenant la mesure exacte de LEURS goûts, de LEUR responsabilité sexuelle, affective et humaine.!. l’ultra multiplication des expériences ne valant que si ça leur fait envie, pas pour « obligation », diktat d’un autre genre ni réponse névrotique à un déséquilibre personnel passé inaperçu autrement, complexes ou désamour initial, manque d’affection qu’il s’agirait de compenser.. émue de lire à propos de la mère de Lagerfeld : « j’avais intérêt à parler vite car il fallait que ma phrase soit finie le temps qu’elle traverse la pièce ». .Eu un ami danseur qui à 20 ans promettait bcp (Merce Cunningham etc), « Minou » (Dominique).. portrait craché à ts points de vue de Guibert.. balayé en qq mois..je me souviens de ma terreur qd il est tombé malade, qu’il m’a annoncé « qu’il l’avait ». On ne savait pas comment ça s’attrapait ! Mes disputes avec lui, à la fin, qd sachant ce qu’il en était, par désespoir, il voulait continuer de faire comme si de rien n’était.. Le film de Campillo est aussi façon de marquer que la « liberté sexuelle » est d’abord notion à décorréler de celles du plaisir ou de la jouissance, que son sens d’autre part est entaché d’une connotation historique extrêmement forte, signifiante et donc soumise à évolution. C’est pourquoi il enthousiasme aussi
C.P right !
Marie 11h25, contente de lire une nouvelle signature féminine. En revanche pour mon côté esthéticienne bio à domicile, c’est rigoureusement non… Coiffure, manucure, massage aux produits naturels.. ils ne st réservés qu’à la famille, aux amoureux et/ou amis intimes…même une carte de fidélité RdC bien remplie j’en ai peur ne vs donnera pas droit à un gommage – mais restez tt de même ?(pour le cinéma)Bien à vs

Annelise dit: 3 septembre 2017 à 11 h 32 min

Laura Delair au lieu de râler sur les miettes sur Jeanne Moreau et tartine sur MD, qu’attendez-vs pour ns en parler?

radioscopie dit: 3 septembre 2017 à 13 h 30 min

Je n’irai pas voir « Gabriel et la montagne » de Fellipe Barbosa. Parce que j’ai déjà vu, dans la réalité, de ces Gabriel débarquant en terre exotique pour aussitôt tenter de se fondre dans un paysage, une culture, des coutumes, des habits que la couleur de leur peau et leurs usages démentaient, qui fuyaient comme la peste leurs semblables, ne supportaient pas l’idée de passer pour ce qu’ils étaient pourtant : des touristes, des Européens. Nous autres, à la Chancellerie, on allait chercher au fin fond de la brousse des cadavres qui finissaient dans la soute d’un avion à destination de Roissy. Naïveté suicidaire.

Phil dit: 3 septembre 2017 à 14 h 09 min

beaucoup d’idéologie perverse continue d’inonder les écrans soixante-dix ans après la fin de la seconde guerre…c’est dire si trente années ne sont pas suffisantes pour donner le reflet dans l’oeil d’or de la génération sida.
Les Barthes, Pollack (pas Michel, Mickael), faux Muzil mais vrais sociologues solidement dotés d’outils…intellectuels qui pouvaient éclairer à rebours les conséquences de cette camarde sur les époques à venir, ont tous été fauchés (Barthes passé intouchable sous une lessiveuse mais c’est tout comme), ne restent plus que les amis « d’activistes », jeunes vieillis prématurément par les morts proches, donc visions d’activistes inconsolables. Le sida au cinéma attend sa « Bataille d’Alger » qui dira sans cris la seule et triste réjouissance qu’éprouvaient les personnels médicaux, réquisitionnés avec bâtiments devant la déferlante, appelés à soigner brièvement comme ils disaient « leurs sidas, si jeunes, agréables et cultivés ».

puck dit: 3 septembre 2017 à 15 h 13 min

bonjour C.P. ! je sais, les films c’est comme les livres, autant quand je les ai pas vus / lus j’arrive à peu près à les critiquer, autant que je les vois / lis je sais plus trop quoi en penser.

pour tout vous dire, mon intérêt pour les marchés bio n’est qu’assez récent. cela dit j’ai quand même fait un lycée agricole, trois ans d’internat au lycée agricole d’Aix Valabre, pour en sortir avec une mention très bien à mon bac D’ qui depuis ne m’a plus quitté.

Après je me suis spécialisé dans la génétique, quand je vois tout ce qui s’y passe, j’aimerais avoir 20 ans. C’est pas pour me vanter mais je suis un super expert du séquençage, j’ai travaillé sur les tout premiers séquenceurs et j’ai vachement travaillé à leur amélioration. D’ailleurs il suffit que je vois la ressemblance inouïe entre Anna Giraudeau avec son père (ils se ressemblent presque plus qu’une vache avec son petit) pour avoir une idée assez précise de ce qui a dû se passer lors de la transmission génétique.

D’ailleurs la transmission et aussi la reproduction sociale semblent être le sujet et le moteur de ce film : le réalisateur n’a pas voulu reprendre la ferme de son père, il a préféré le cinéma, du coup il fait un film sur le sujet, avec bien sûr, puisqu’il est question de la transmission père / fils la question de la « Loi » qui plane sur l’ensemble, qui plus est : de la Loi sanitaire, et avec une dramaturgie qui tourne autour de la question : le fils réussira-t-il à échapper aux commandements de la Loi sanitaire.

Je ne sais pas ce que vous aurez pensé de ce film, mais là, dans cette articulation « transmission père/fil », héritage, dette, et Loi pour chapeauter le tout, là on voit bien que nous sommes plongés dans une affaire qui relève plus de la psychanalyse et de la relation oedipienne entre le fils et le père.

Je ne veux pas connaître le dénouement de l’histoire, pour les questions psychanalytiques il faut savoir garder le suspense total, d’autant que j’imagine bien que le réalisateur, qui par ailleurs ne semble pas être un grand spécialiste de Bourdieu et des histoires de reproduction sociale, mais qui se souvient encore de Bourdieu aujourd’hui me direz-vous, et vous aurez bien raison de le dire, sinon il saurait toutes les ficelles de sa trahison sociale, je veux dire que ce type a trahi les siens, c’est évident, il ne suffit pas d’en appeler aux tourments des règlemetations européennes pour noyer le poisson ! ce type a trahi les siens, en tout cas il a trahi cette règle fondamentale connu et reconnu par tous les agriculteurs de la planète : on ne fait pas rentrer un bourgeois dans étable sans trahir les siens !

J’imagine que quand ce réalisateur aura pris conscience de tous ces éléments relevant à la fois des théories génétiques, freudiennes, sociales et politiques, il éprouveraz sans doute le besion de faire un film plus sombre, je veux dire aussi sombre que l’épisode 3 de Stars War ou l’on voit les difficultés inhérentes à le relation père / fils, c’est pour ça que je préfère attendre son prochain film, en attendant je regarderai celui-là dans 6 mois sur canal+.

JAZZI dit: 3 septembre 2017 à 15 h 21 min

Dans le film, le père est aimable, la mère épouvantable, Puck ! C’est elle qui veut absolument lui caser la boulangère dans les bras. Sinon, je ne me souviens plus déjà comment finit le film. Genre, fin ouverte. Le réalisateur a annoncé qu’il avait encore quelques films à faire sur la campagne, mais qu’il ne ferait pas ça toute sa vie.

JAZZI dit: 3 septembre 2017 à 15 h 23 min

Moi aussi je regarde l’amour est dans le pré, Puck : tous les paysans célibataires voudraient épouser la jolie animatrice métisse !

puck dit: 3 septembre 2017 à 15 h 49 min

reste la question que vous posez sur la question éthique liée à l’élevage et au traitement réservé aux animaux d’élevage, question qui donne un aperçu de la piètre valeur de notre humanité.

j’imagine que nous lisons et nous allons au cinéma, nous admirons, nous encensons, nous congratulons, nous complimentons toutes les oeuvres artistiques humaines, pour tenter d’oublier ce qu’en vérité nous valons, le seul mot « humanité » suffit en soi, à foutre la pétoche.

Tout ce qu’a écrit Swift sur ce sujet reste d’actualité, je pense qu’on a pas fait mieux depuis.

puck dit: 3 septembre 2017 à 15 h 55 min

« dans le film, le père est aimable, la mère épouvantable »

c’est la preuve que j’ai raison, il a bien fait ce film parce que son problème avec son père n’est pas encore réglé, il s’en veut d’avoir fait du cinéma plutôt que reprendre l’exploitation familiale.

Qui plus est il s’en veut de faire du lieu de travail de son père un lieu de décor de cinéma !

et c’est pas en faisant de son père un personnage aimable que cela l’aidera à régler son problème, en tout cas c’est pas à nous qu’il fera avaler ce genre de couleuvres, pas vrai jazzy ?

C.P. dit: 3 septembre 2017 à 15 h 56 min

Dexter, vous voici psy ET bourdieusant, à présent ? Mon gars, je m’en vais écrire à vos fils !
J’ai déjà dit ce que je pensais du film.
Il y a une pièce de Roland Dubillard qui s’appelle « Où boivent les vaches ». Quand j’avais dix-douze ans et que je passais une partie des mes vacances à Gy L’Evêque (Yonne), elles buvaient encore dans des mares ou à l’abreuvoir municipal, conduites par des gamines ou par des simples, anciens enfants de l’Assistance Publique devenus valets-de-ferme, comme par exemple Théodule, dit Dudule. C’est fini, c’est sans doute mieux pour les employés agricoles, ça ne l’est pas pour les vaches, il n’y a pas plus de succession que d’ablettes au Sahara.

puck dit: 3 septembre 2017 à 15 h 58 min

hein jazzy que j’ai raison ? vous et moi sommes bien placés pour en parler ? non ?
ce serait tellement facile de boucler ces histoires en deux coups de cuillères à pot à lait maternelle ? pas vrai ? alors qu’une vie entière ne suffit pas à résoudre ces histoires !

puck dit: 3 septembre 2017 à 16 h 09 min

« tous les paysans célibataires voudraient épouser la jolie animatrice métisse ! »

croiser un mâle d’une race bourguignonne avec une femelle issue d’un croisement ?

il faut savoir qu’au niveau des probabilité, il y a une chance pour qu’à la sixième génération naisse un petit noir.

d’ailleurs, ayant une grand-mère noire j’ai prévenu mes enfants dont certains sont un peu blondinet de cette probabilité génétique, pour éviter la surprise de voir leur femme blondinette (elle aussi prévenue) mettre bas un petit complètement noir.

c’est tout le charme du métissage, surtout quand on le sait avant.

alley cat dit: 3 septembre 2017 à 16 h 13 min

selon la légende, il buvait presque autant de vodka que puck réuni

« De nombreux faits peu vérifiables circulent sur son compte, notamment ceux-ci :

Hasil Adkins buvait entre quatre et cinq litres de vodka par jour
La quantité de café qu’il buvait par jour se chiffrait en gallons (1 gallon = 3,7854 L)
Il pouvait ne pas dormir pendant des semaines
Il pouvait avaler des kilos de viande crue. Une anecdote raconte que durant l’enregistrement de What the Hell Was I Thinking? il gardait de la viande dans le freezer du studio et faisait régulièrement des pauses pour en consommer. »

C.P. dit: 3 septembre 2017 à 16 h 28 min

Dexter, bien sûr que OUI pour votre 15h49 ! Ce n’était pas une « question » que je posais, c’était un fait. Nous ne nous complimentons sur rien du tout de l’AAART par rapport à l’humanité (comme qualité) et à l’éthique, mais vous faites semblant de le croire, c’est votre présupposition habituelle, ailleurs et ici.

Je vous embrasse quand même, sacré Puck lutin-de-la-colline !

JAZZI dit: 3 septembre 2017 à 16 h 47 min

Je suis pas sûr que ce soit avec le père que le Petit Paysan ait un problème, puck. Avec la mère, assurément. Lui, le père, est plus libéral, dans le sens progressiste, la mère, elle, est l’image de la conservatrice type. Le fils, n’imagine pas faire un autre métier que le sien. Mais il met trop d’affectivité dans lien au cheptel dont il a la charge : les bras chargé du veau qu’il a euthanasié, il fait penser à la Callas dans Médée de Pasolini !

C.P. dit: 3 septembre 2017 à 17 h 29 min

Jacques, vous avez raison, mais vous voyez bien que puck projette dans le duo père/fils du film Charuel et son père. Il confond, ou plutôt il le fait exprès, le salopard, ne vous laissez pas entourlouper. Faut lui tirer au gros sel dans les fesses !

JAZZI dit: 3 septembre 2017 à 17 h 50 min

Je suis de nature pacifiste, C.P.
Mais ce film, parfaitement exotique pour moi, pose question. Comment rentabiliser une petite entreprise composée de seulement 20 vaches, avec tout le matériel moderne adéquat : système de vidéo surveillance, appareillage pour accoucher la vache, trayeuses automatiques et camion rutilant, voiture, ordinateur, frais de vétérinaire, nourriture… ! Sans parler des normes extrêmement contraignantes à respecter et tout ça 24h/24 et 7jours/7. Comment peut-on encore être un petit paysan ?

C.P. dit: 3 septembre 2017 à 18 h 39 min

Jacques, vous avez encore raison, il y a une disproportion. J’ai regardé le film au MK 2 Odéon avec les deux filles de Julie (qui voient encore à Bonnu, dans le Berry, des vaches laitières au pré et à la mare, des trayeuses à l’étable pour des troupeaux de six à douze mais peu de grands appareils dans les quelques fermes familiales qui restent). Cela dit, elles ont aimé et pleuré, n’ont pas cherché d’embrouilles, trouvent la fin plutôt pessimiste.

Annelise, un clin d’oeil pour le « bloc de sel ». Vous me permettez de dire que vous connaissez bien les chevaux ?

JAZZI dit: 3 septembre 2017 à 20 h 07 min

Je crois que le problème des paysans, C.P., ne soit la solitude et le surendettement : le film le montre, indirectement…

Je croyais, Annelise, que vous ne teniez pas strictement compte de l’actualité cinématographique : 120 secondes… méritait un flashback, ainsi que le montre ce que vous en dites dans le billet !

J.D dit: 3 septembre 2017 à 20 h 17 min

Jazzy 17.50 , »ce film parfaitement exotique pour moi,comment peut-on encore être paysan? »
On ne peut pas.Tout le PB est là.Feygele,vous m’aviez fait lire Elizabeth de Fontenay sur le blog- Affreux d’intelligence.La RDC grâce à vous file de sacrées ruades.C.P 18.39 ,qu’est-ce que ce clin d’œil? VOus aimez les chevaux ,Annelise?
Phil 14.09 « Barthes intouchable sous lessiveuse ».Quid?
Radioscopie à 13.30 su Felipe B,dur dur;

alley car dit: 3 septembre 2017 à 21 h 03 min

@Vous me permettez de dire que vous connaissez bien les chevaux ?

tant qu’elle ne demande pas une pierre à sucre à l’heure du café, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles

Phil dit: 4 septembre 2017 à 9 h 01 min

JD, Barthes est passé sous une voiture lessiveuse en traversant la rue, lassé de tout et de tous. Dernière chute à la Yourcenar.

Phil dit: 4 septembre 2017 à 9 h 43 min

oui Baroz, j’avais oublié. ainsi comme Akerman..pour revenir au cinéma, Barthes dans ses mythologies y va de sa critique cinéma, en particulier pour le Docker Brando (re)manié par Kazan. Un peu tiré par les cheveux (ou par les pectoraux) mais bel exercice de style.

C.P. dit: 4 septembre 2017 à 11 h 13 min

à Mensch J.D :

Outre le sel en cristaux nécessaire dans la nourriture de tous les mammifères de ferme, on accroche au mur des écuries ou à la mangeoire individuelle des chevaux un bloc de sel moulé (ou une « pierre à sel ») qu’ils lèchent avec délice. On en voit même un, fugitivement, dans la vidéo rigolote (« Village Girls ») qu’Annelise a donnée. Oui, Annelise connaît très bien et aime les chevaux, mais elle vous répondra si elle le veut, comme Phil l’a fait à propos de Roland Barthes.

Jacques, si vous avez vu ou voyez le film de Campillo, dites-en quelques mots, comme radioscopie l’a fait. Annelise a bien parlé plus haut, mais elle était petite fille dans les années 80-90 et moi j’ai vu mourir, à côté de vedettes, six collègues, trois aux Etats-Unis et trois en France, dont un que ma femme et moi avons accompagné jusqu’à ses derniers moments. D’autres ont été rattrapés plus tardivement.

J.D dit: 4 septembre 2017 à 11 h 58 min

Frynad C.P.,salutations.Vos makshtu?.votre parole est celle de quelqu’un de bien.Je bois glezere en votre honneur et celle de votre épouse dévouée.Gotenyu ,cher d.ieu avait abandonnée les hommes à leur sort en cette époque!Le 7 de Emaer,avec Garouste et la bande de MME Putman concernant ma partie .Je me rappelle d’Annelise évoquant l’anniversaire de Jean-Paul Aron ou personne n’osait se servir quand il soufflait les bougies .Feygele ne retient pas ses larmes.une des meilleures critiques,good shtern.Vulnérabilité,causticité,3ème œil,pudeur.Pouliche en jambes.Sur Barthes,dans le prolongement:qu’entendez-vous par « dépense a la Bataille »dans le post sur Romain Campillo,3/09 à 11.31?

C.P. dit: 4 septembre 2017 à 12 h 36 min

J.D, juste comme ça : un an avant sa mort, alors que tout le monde le savait malade, Jean-Paul Aron que j’aimais bien m’entreprend dans une soirée à propos de de ce qu’il détestait farouchement dans la critique littéraire « moderne ». Il postillonnait beaucoup, et alors ? J’ai embrassé de même, ma femme aussi, jusqu’au bout mon collègue d’un Institut d’Etudes Théâtrales, R.M. Ce n’était pas du tout ainsi qu’on attrapait la maladie.

en passant dit: 4 septembre 2017 à 12 h 56 min

« Barthes est passé sous une voiture lessiveuse en traversant la rue, »

il traversait dans les clous! c’était bien la peine !

JAZZI dit: 4 septembre 2017 à 13 h 01 min

« Jacques, si vous avez vu ou voyez le film de Campillo, dites-en quelques mots, comme radioscopie l’a fait. »

J’avais lancé la balle il y a fort longtemps, C.P., mais n’ayant jamais eu de retour, j’ai un peu oublié…

« JAZZI dit: 15 juillet 2017 à 11 h 28 min
Hier, j’ai pu voir deux films très remarqués lors du dernier festival de Cannes : « 120 battements par minute » de Robin Campillo et « Le Redoutable » de Michel Hazanavicius. Deux films très différents de genre et de facture, plus dramatique pour le premier et comique pour le second, mais reliés cependant entre eux par une continuité générationnelle : celle de 68, via Godard et son éphémère épouse Anne Wiazemsky, immédiatement suivie de celle de la liberté sexuelle des années 70-80, avec Act up en première ligne face au front du sida… Mais Annelise nous en reparlera probablement lors de la sortie de ces films ? »

Phil dit: 4 septembre 2017 à 15 h 56 min

en passant,
Barthes y aurait vu la marque du destin, sa réflexion manque pour éclairer les années sida, livrées aujourd’hui aux seuls gens des médias.

JAZZI dit: 4 septembre 2017 à 18 h 04 min

Il y a eu aussi des livres : essais, romans, théâtre, Phil et En Passant…

A la fin des années 80, au Gai Pied, après un démarrage tardif, on ne parlait plus que de cela : le sida, rebaptisé virus HIV ! Et puis, peu à peu, le gros du lectorat est allé rapidement décroissant, tombé au front, sur plusieurs lignes, jusqu’à l’extinction des feux de l’hebdomadaire et au profit unique de la radio Fréquence Gai. A ce moment là, j’étais parti depuis quelque temps déjà, me retirant sur la pointe des pieds…
Fin du premier épisode des années gay !

eriksen dit: 4 septembre 2017 à 19 h 53 min

bonjour à tous,
C’est la rentrée… commençons doucement avec Patti Cakes, Feelgood movie assumé. Vous n’allez pas vous faire mal, et vous allez adorer…
Patti, Jehry, Basterd… trois génies, Trois couleurs, trois continents.
Avec Nana, la tante infirme, ça donne PBNJ. (C’est mieux que Andy Kapp and the Benettons)
PBnJ.PPBnJ… / PBnJ.PPBnJ….
https://www.youtube.com/watch?v=0T-g-RwmMgs
Çà vous plait ? moi aussi. Le meilleur du film c’est la musique.
Pour le reste, on ne risque pas la surchauffe du corps calleux… et c’est un peu fatiguant de voir une telle dose de génie spontané chez des personnages.

JAZZI dit: 4 septembre 2017 à 20 h 01 min

Salut, Eriksen !

En sortant du Mercure, où je suis passé prendre les épreuves de mon prochain livre, à paraitre en novembre, je voulais aller voir Patti Cake$, dont la séance commençait à Odéon. Mais comme un con, j’avais oublié ma carte à la maison ! J’irai le voir sans faute demain: ça changera des vaches ! quoique l’héroïne…

Phil dit: 4 septembre 2017 à 21 h 14 min

quel est votre prochain livre Baroz ? je lisais justement les démêlés de Léautaud avec Gaston Gallimard s’agissant de ses droits (d’auteur) en 1926, je vous souhaite bien du courage ! il venait de rompre son contrat avec Martin du Gard (le cousin, Maurice), aussi rapace que Gaston.

P. comme Paris dit: 5 septembre 2017 à 1 h 41 min

Fin 80, Baroz, les femmes et les hétéros se protégeaient.
Penser à procréer, implique de se protéger contre les MST.
Dés 83, les papillonneurs savaient comment butiner.
Si Gay-pieds se les est emmêles, Ouarf!…

Annelise dit: 5 septembre 2017 à 7 h 51 min

Daaaaniiiish boy !
Ah les rois thaumaturges. Avais écrit un article à ce propos il y a qq années, je ne sais plus ds quelle revue qui n’avait rien d’ésotérique
Tt en continuant de vs attendre sur Patti, Petit paysan (et « Gabriel ».., personne n’y est allé? Ce qu’éprouve la Chancellerie est une chose, la qualité du film à justement ne pas omettre cette sorte d’idéalisme suicidaire dont parle Radio en est une autre)j’espère vs lire sur « Barbara »…Jeanne Balibar, Mathieu Amalric devant et derrière la caméra (sortie demain)
J.D 11h58 « dépense à la Bataille », je parle de Georges, ce qu’il place ds la notion de dépense, non de l’énergie passée à la lutte contre le HIV

Phil dit: 5 septembre 2017 à 20 h 17 min

Entendu l’auteur de « Gabriel » causer de son opus avec un bel accent de grand pays qui donne envie.
« Barbara », grosse caisse média this evening, what else. Laure Adler (prolongée exceptionnellement après son joli générique) donne son micro à Jeanne Balibar qui ne se fait pas prier. (« je suis rentrée par hasard à normale sup »..prenez vos billets, braves gens. qu’en pense la Chancellerie à Radioscopie ? ne dédaignons pas, l’avis d’une Chancellerie n’est pas à lire dans toutes les chaumières en blog.

JAZZI dit: 5 septembre 2017 à 20 h 41 min

Annelise et eriksen, j’ai vu « Patti Cake$ » et (re)lu vos avis respectifs. Vous l’aviez mis en premier, Annelise, à juste raison. Il me semble qu’il s’agit plus de rap que de hip hop ? On y chante plus que l’on y danse ! eriksen à raison, je suis rentré fatigué dans la salle, en fin d’après-midi à l’Odéon, et j’en suis sorti avec la pêche. J’adore quand la poésie jaillit de la vulgarité…
et le rap est un concentré d’autofiction qui se crache dans les oreilles ! Miss Macdonald, gonflée à l’hélium, est géniale et ses partenaires aussi. L’image et le son tournent à fond et les décors sur fond de cimetière rehausse le paysage. J’aime bien les histoires qui finissent bien…

radioscopie dit: 5 septembre 2017 à 20 h 45 min

Phil, je vous trouve très « quai ». Chancelez, mon cher, chancelez ! Les Ambassades (Roger Peyrefitte) est un peu daté, lui aussi.

Phil dit: 5 septembre 2017 à 20 h 54 min

c’est bien dommage, dear radioscopie. « Les amitiés particulières » du conseiller d’ambassade déchu ont donné un bon film du fabricant français Delannoy. Rarement montré..l’époque est pleine de mauvaise pudeur, le film est tourné dans une abbaye, aucun risque de paraître chez Laure Adler.

on rigole dit: 6 septembre 2017 à 6 h 25 min

Deux projets de film à suspense : les critiques littéraires désespèrent et se rebiffent ( contre les écrivains) – un premier homme providentiel va-t-il les sauver
L’illusion d’exister, ou, médiocre est leur vie : deux voyeuses rament nuit et jour sur un blog, leurs tentatives si désespérées pour se croire intelligentes, qu’elles en oublient de prendre leurs médocs . ..

Annelise dit: 6 septembre 2017 à 6 h 52 min

..On rigole, après le dilemme soulevé par Pierre, « Qu’auriez-vs fait », un dénouement à la « Duel au soleil » entre protagonistes, concocté cette fs par les frères Safdie, pourquoi pas
Tant mieux Jazzi et Eriksen (Patti). .Phil sur Barbara, (vu le film) quelle impression en avez-vs retirée ?
Le film de Fellipe Barbosa, j’insiste un peu n’en déplaise à Radio.. il m’est arrivé d’aller au cinéma avec un ami extrêmement chancelant, sorti hors de lui de « Into the wild », concluant d’un ton exaspéré que Sean Penn était idiot – les coups de stabilo sur écran pour souligner Walden et Thoreau ne l’avaient pas calmé .. mais « Gabriel et la montagne » ce n’est pas cela

Emmanuel dit: 6 septembre 2017 à 10 h 16 min

menfin Jibé, asstad, cédlaboulimie!!;
tarinson mongrand, tfaçon ssafépa grossir ,. Chaipa où tutrouv tousse ctemps;(LDumont, je me rappell dla critik sur ‘MaLoute’ kété marrante,:Annelise l’avé parlé klinstinct maternel slon Elisabadinter.;, kla mamamam kiatendrissait laviand ,cé 1bonne mère ,elle soigne son ptitgars ka lpompom.?;jiré lvoir;
Phil alor caisse savo barbara; Almaric kirmé le couvert avé sonex pour parler dlaigle noir sam botte; Cheune peine lépatro connu pour etre malin; yveut bienfer mélétro lourdo.;lfilm avec Charlizetéronne cété la cata, ssui dfélipe Barbosa ,rienavoir?;

Emmanuel dit: 6 septembre 2017 à 10 h 27 min

Ssui de Lanzmann, g peur de m’em..;é pâquestion dtoucher au monument!;jchoisi l’absention,chai ssé voter blanc.;tépapri en compte!;

Emmanuel dit: 6 septembre 2017 à 10 h 34 min

Annelise, ha pendankjvoutiens !;(cétune fasson dparler, donte oueurri;.)céki vot ami chancelant?;la Chancellerie cé kune ambassade oujme tromp as Donald?;
Phil 20.54,jaimeré ktandiz plusse su ‘la mauvaise pudeur’ dlépoc;tu veux dire ssu lpopcorne kiétro sucré?; poulbridge, fofergaf;!

Phil dit: 6 septembre 2017 à 12 h 08 min

kestveux savoir, dear Emmanuel ? Peyrefitte a manqué le goncourt en 44 parce que le thème était « difficile », le Renaudot lui fut attribué. aujourd’hui il gagnerait le « dutroux ». you know what ? history on ze move.
L’aigle noir sur vinyle suffit à mon goût de Barbara. l’angle choisi du film (film sur, mise en abîme !…) n’est pas déplaisant mais quelques préventions envers les biopics et l’acteur Amalric, celles-ci sûrement injustes, hélàs, qui oblitèrent un peu le plaisir à l’écran.

radioscopie dit: 6 septembre 2017 à 13 h 54 min

Difficile à mon avis d’établir le moindre parallèle ente Into the wild et le film de Barbosa. Il y a chez ces jeunes gens (les héros) deux démarches totalement différentes, voire opposées. Un fond de misanthropie chez l’un le poussant à fuir tout contact humain pour s’immerger dans une nature idéalisée, chez l’autre ce besoin tout aussi illusoire et délétère de s’immerger dans la rencontre d’un autre également idéalisé. D’autre part, il y a dans la culture américaine (Into the wild) une vision romantique autour de la figure du hobo ou du tramp, comme de ces personnages en rupture avec les formes aliénantes du « rêve américain ».

radioscopie dit: 6 septembre 2017 à 16 h 26 min

Voici ce qui me fait renoncer à voir le film de Barbosa (et accessoirement à me replonger dans des souvenirs pénibles):
« Malgré son désir de submersion totale, Gabriel ne peut échapper à son statut d’étranger, de mzungu, comme on nomme les Blancs en Afrique de l’Est. Il n’est pas seulement trahi par sa couleur de peau mais surtout par sa volonté trop affichée de s’intégrer. Par exemple, lorsqu’il s’habille vaguement comme un Massaï alors que personne n’est vêtu ainsi autour de lui, ou lorsqu’il court après des zèbres comme un enfant sans prendre conscience du danger.
Enfant gâté

Bien sûr, aucun Africain ne regarde et ne vit l’Afrique avec une telle excitation naïve vis-à-vis de tout ce qui l’entoure, avec un tel élan humaniste face à une misère dont il n’est qu’un spectateur passager, avec une telle fierté à ne pas se comporter comme ceux de sa classe. Venue le rejoindre pendant quelques jours, sa petite amie, plus lucide, lui rappelle ses origines bourgeoises, que démontrent les rapports compliqués à l’argent de ce riche jouant au pauvre. Sa façon systématique de se méfier des autochtones dès qu’il s’agit de payer relève d’un réflexe condescendant, d’autant plus problématique qu’il vient contredire sa vision idéaliste d’une fraternité désintéressée. »
«Gabriel», les versants d’un idéaliste
Par Marcos Uzal / Libération 29 août 2017

on rigole dit: 6 septembre 2017 à 16 h 31 min

Annelise dit: 6 septembre 2017 à 6 h 52 min
.
What else en effet après lecture de commentaires toujours plus ravagés – l’époque actuelle est déjà assez sombre …

on rigole dit: 6 septembre 2017 à 16 h 32 min

Annelise dit: 6 septembre 2017 à 6 h 52 min
.
What else en effet après lecture de commentaires (sous le dilemme) toujours plus ravagés – l’époque actuelle est déjà assez sombre …

Annelise dit: 6 septembre 2017 à 18 h 09 min

Radio j’entends vos raisons, au passage vs suggérez avec tact les motifs qui vs font passer le tour sur le film de Fellipe Barbosa. Je l’ai aimé et recommandé très exactement à cause de ce que vs énoncez en reprenant Libé.. .le film tt en étant une œuvre de deuil et d’amitié ne fait pas l’impasse sur le côté illusoire, j’allais dire énervant, déséquilibré, de l’entreprise de Gabriel. Eh oui, les zèbres.. La tenue frisant le folklore. . Mais j’aimerais vs reprendre, débattre avec vs sur l’expression « enfant gâté » .Aucun n’est gâté des lors qu’il rencontre la mort prématurément, qq soit l’immaturité à l’œuvre. .je trouve qu’il y a en creux une ode sans dolorisme au monde, aux utopies, aux grandes espérances qui, si on ne les éprouve pas à cet âge, alors quand? T beau personnage, in mémoriam

max malthus dit: 6 septembre 2017 à 19 h 07 min

Ce type de Libé m’apparaît représenter exactement ce qu’il dénonce. Sauf le sentiment éprouvé par tout touriste qui se respecte : se faire entuber par l’indigène (fut-il corse) ; trop condescendant, quelle que soit la classe d’appartenance – c’est cependant indéniablement un navet que ce film

max malthus dit: 6 septembre 2017 à 19 h 24 min

Et ce brouillon de Pavese, destiné à Hemingway, ici l’auteur de Green Hills of Africa, retrouvé dans sa corbeille à papier : « They are brown, yellow and dusty, sometimes « green ». » Il évoquait, en anglais, les collines de son Piémont natal en regard de l’oeuvre d’Hemingway. Si on devait faire des critiques de ciné à Libé des critiques tout court, je me demande quels enseignements on pourrait tirer de cette anecdote

Annelise dit: 6 septembre 2017 à 19 h 51 min

Un navet? surement pas. En revanche votre propre condescendance est éclatante. . prôner la restriction de la démographie pour mettre l’éco en adéquation avec les ressources, ben voyons. « J’ai travaillé, offert de la poésie aux hommes, partagé les peines de bcp, je me suis cherché », ça aussi c’est Pavese, Dialogues avec Leuco

max malthus dit: 6 septembre 2017 à 20 h 24 min

« La mort viendra et elle aura tes yeux ». C’était dans la corbeille aussi, et c’est advenu aussi … « ojos de la muerte »; d’aucuns ont-ils pu ironiser sur ces décombres recyclables (ironiquer signalait le correcteur ; il n’a aucun sens de la distance)

P. comme Paris dit: 7 septembre 2017 à 0 h 23 min

Vous me dites, ?
Non, ce n’est pas ainsi.
J’ai essayé mais je ne peu?.
Fatigué m’a « Mange tes morts ».
Sur ARTE, pendant une semaine.

Vous en parliez pour l’expression  » Mange tes morts » dans un post précédent.

Résultat :
garder l’expression mais oublier le film.

Mettre 5 minutes pour tuer un lapins du premier coup de carabine,…
Et mettre 10 minutes pour ne pas tuer un malfrat ?
Ah, pérave de Schmits, Keuf’s ou Co.
Va, les Yénischs ou autre personnes du voyage sont toujours aussi bien servis.

Pas regardé l’entre deux,
trop mal filmé.

Annelise dit: 7 septembre 2017 à 7 h 09 min

P comme Paris à 0h23, comment, « Mange tes morts » de Jean-Charles Hue est repassé sur Arte ?..est-ce cela dont vs me parlez? Je ne le savais pas et n’aurais pas pu le regarder, étant donné où je me trouve… un des meilleurs films que je connaisse à cet égard avec « Snatch » de Guy Ritchie, où Brad Pitt en Manouche bredouillant magouilleur (Mickey) était hilarant, touchant, inquiétant..croyez-moi, et je connais bien le milieu pour l’avoir cotoyé, puis m’y être mêlée de longues années d’une manière qui n’avait rien de touristique. .(les Tziganes, les Sinti, les Yéniches et les Roms, les Gens du voyage avec lesquels généralement on fait amalgame alors que…) Hue, un prix Jean Vigo mérité haut la main

en passant dit: 7 septembre 2017 à 8 h 22 min

Annelise
« si on ne les éprouve pas à cet âge, alors quand? »

Les rabougris, jamais !
Petit est leur monde

JAZZI dit: 7 septembre 2017 à 8 h 59 min

Quand je dis que je vous attends sur Barbara, Annelise, c’est juste pour vous indiquer que j’ai vu le film, rien de plus…

Annelise dit: 7 septembre 2017 à 9 h 31 min

Bien compris cher Jacques, ouvrez le bal, volontiers, je vous inscris sur mon carnet pour ma première danse ms là, suis occupée

Annelise dit: 7 septembre 2017 à 9 h 39 min

Idem sur Dumont, que j’ai tendance à bcp aimer.. est-ce que là, sur Jeanne?. .Barbara j partage qq caractéristiques avec Phil..pas forcément pour aboutir aux mêmes conclusions? Amalric un des meilleurs méchants chez James Bond – avec Mads Mikkelsen (« l’autre » Danish man), bien sûr Javier Bardem et Waltz (Christoooooph !)
Cela ne suggérant pas que nous en ayons fini avec Barbosa, ni Campillo ni même Charuel. .

Annelise dit: 7 septembre 2017 à 9 h 44 min

Sur Jeannette comme sur Barbara, billets ds le billet, à mesure que ça vient.. vous pouvez y aller, entamez le gâteau ms ne mangez pas trop vite les amis, prenez le tps de mâcher et vous resservir, sinon on ne sent pas le goût, les lecteurs non plus

JAZZI dit: 7 septembre 2017 à 10 h 21 min

Barbara n’est pas vraiment un biopic, plutôt une approche fragmentaire et impressionniste de la Dame brune et, plus touchant, un rôle en or offert à Jeanne Balibar, par le père de ses enfants. Pour calmer son angoisse, Barbara tricotait. Avec son film, Amalric en fait tout autant et on suit les méandres de son fil noir avec plaisir, surtout grâce à la musique. Mais que vient faire Pierre Michon dans cette aventure ? Un peu comme Barthes chez le Téchiné des soeurs Brontë ? Hier, dans la salle, le public était un peu âgé…

Phil dit: 7 septembre 2017 à 10 h 23 min

Barbara
intraitable pour imposer un éclairage minimal à ses concerts, voix perlée, visage au fusain, le mot rare toujours mieux préservé dans la chaleur du sillon vinyle. un film n’était pas nécessaire, la confession arrachée dans les derniers moments a sûrement avivé l’esprit numérique des producteurs.
Son vrai public se contentera longtemps de Göttingen qu’elle a su chanter si seule et si tôt.
Melle Balibar, trop éclairée de naissance, parle beaucoup
(n’ai pas vu ce james bond Amalric, dear Annelise…à chaque époque ses méchants. j’aime assez l’unique mackenzie…pour les paysages vintage des routes suisses !)

JAZZI dit: 7 septembre 2017 à 10 h 44 min

« Barbara intraitable pour imposer un éclairage minimal à ses concerts »

Si l’on en croit le film, Phil, elle aurait voulu chanter dans le… noir ! Juste une voix, couleur vinyle !

J’avais 16 ans et j’étais encore au lycée à Cannes. L’été, je m’étais fait engager comme garçon de café au Martinez : boulot crevant mais très bien payé ! Un matin, sur la terrasse, à l’heure du petit déjeuner, l’ange noir, caché derrière d’énormes lunettes de soleil, s’est installée seule à une table. Je l’avais découverte deux ou trois ans plus tôt, chez Denise Glaser, à l’occasion de ses rendez-vous hebdomadaires du dimanche midi. Et j’avais été fasciné par le timbre de voix et les mots de cette étrange créature. Faisant semblant de ne pas la reconnaitre, je me suis approché d’elle, et d’un air qui se voulait conforme à l’usage de ce palace, tentant de jouer mon rôle à la perfection, je lui ai demandé, avec mon noeud pap’ et ma serviette blanche pliée sur le bras gauche : « Madame désire ? » C’est alors qu’elle m’a commandé un thé et… un oeuf en gelé. Je n’avais jamais mangé d’oeufs en gelé, avec son bout de jambon pris dans la mixture figée et non pas tremblotante. Par la suite, j’ai exigé que ma mère m’en serve à la maison…

JAZZI dit: 7 septembre 2017 à 11 h 14 min

Cela se passait durant l’été 68, Annelise.

Vingt ans plus tard, je pigeais alors au Gai Pied. Il y avait un gentil et joli petit photographe permanent au journal. J’appris qu’il était touché par le sida. Plus jeune que moi et métis antillais, je me demandais comment il s’apprêtait à affronter sa mort programmée, le voyant déjà bien amaigri et ne pouvant pas trouver refuge et soutien auprès de sa famille. Il me dit qu’il pouvait compter à toute heure du jour et de la nuit sur Barbara, très impliquée dans ce combat-là. Le film y fait allusion. Les homos semblèrent-ils alors pour elle comme les juifs durant l’Occupation ?

J.D dit: 7 septembre 2017 à 12 h 16 min

Puisque vous l’autorisez,dear F je rebondis sur Barbara après J et Phil .Je sens votre réticence.Vous devinez pourquoi le sujet m’interesse .Sur vinyle d’abord.Depardiou,le sanglier dansant avec la biche,ça arrive dans la nature.MMe balibar a le physique qui va TB.Amalric malheureusement fait trop son desplechin .dans le dernier ,ses fantômes d’Ismael » sentent à plein nez le diplomé de Fémis qui récite Deleuze à am ha-aretz,des pèquenots ignorants .La sœur (Marie) a fait un film avec la fille de Gilles (Emily),la grenouille gonflée aussi gonflée que le bœuf !Autant d’intérêt qu’un bouquin de Foenkinos .Ces créateurs se regardent l’ombilic .Michon,ridicule.Label intellectuel,indice que nous sommes pris pour des potz .Mauvais travail de plus en plus prétentieux d’une l’intelligentsia trop gâtée,qui tourne en boucle .Sur « bien mâcher »,sinon on ne sent pas le goût .Vous avez raison Annelise .hier sur Fce Cu,compte rendu sur la fréquentation des théâtres parisiens .Ca se maintient,mais l’affiche doit se renouveler trop vite pour rentabiliser.Vais voir le Barbosa sur vos conseils.Chalom alei’hem.

JAZZI dit: 7 septembre 2017 à 13 h 12 min

Oui, J.D., Amalric en fait des tonnes dans le genre ahuri devant la muse. Mais ça ne m’a pas gêné. Et Balibar, comme Fanny Ardant, ces divas de tragédies, me font beaucoup sourire et rire ! Perso, je n’ai pas d’à-priori négatifs face aux bobos, bien plus sympathiques que les fachos !

Roro dit: 7 septembre 2017 à 13 h 27 min

JAZZI

Quelle honte y aurait-il à être bobo??
Ce sont les fachos qui emploient ce terme « bobo » comme une injure

Phil dit: 7 septembre 2017 à 14 h 09 min

merci roro. En 1964, la plupart des étudiants venus écouter Barbara avaient des parents nazis, qui pour certains se trouvaient dans le public. C’est cette histoire qu’il fallait filmer, les jeunes cinéastes allemands sortis du manifeste d’Oberhausen en 1962 (« la fin du cinéma de papa ») l’ont fait, en tête Alexander Kluge (toujours en vie). Barbara aurait pu jouer dans « Abschied von Gestern » , adieu pour l’hier, histoire d’une fille juive rescapée qui décide de voler à l’étalage dans la brd naissante. Probablement un film qui fit partie du cursus normalien de Balibar, maintenant installée à mi-temps à Berlin; suis moins sûr pour Amalric.
Barbara a choisi de faire rêver en français ces jeunes Allemands en 64. oui, quel intérêt ces biopics ?

Roro dit: 7 septembre 2017 à 14 h 24 min

Phil
Elle a composé cette chanson précisément pour l’accueil qu’elle avait reçu à Göttingen pendant son séjour, de la part des étudiants de la ville
Réconciliation franco–allemande

JAZZI dit: 7 septembre 2017 à 15 h 43 min

Moi, j’aime bien les biopics et le cinéma, art également de reconstitution (de lieux, de personnages, de situations…), se prête bien à ce genre…

JAZZI dit: 7 septembre 2017 à 15 h 46 min

Barbara, mutine, et juive cachée du côté de Châteauroux durant la guerre, un point commun avec Depardieu, chante : « Que l’on me pardonne, mais à Göttingen ou à Paris, les enfants sont les mêmes »

christiane dit: 7 septembre 2017 à 20 h 45 min

Phil dit: 7 septembre 2017 à 10 h 23 min : « Barbara – intraitable pour imposer un éclairage minimal à ses concerts, voix perlée, visage au fusain, le mot rare toujours mieux préservé dans la chaleur du sillon vinyle. un film n’était pas nécessaire, la confession arrachée dans les derniers moments a sûrement avivé l’esprit numérique des producteurs.
Son vrai public se contentera longtemps de Göttingen qu’elle a su chanter si seule et si tôt. »
Comme c’est juste. Plaisir de lire ces lignes. (et d’autres, ici).

alley cat dit: 7 septembre 2017 à 21 h 21 min

I am the Walrus – Liverpool/Hamburg 1960 > 1962

Le Wikiesque :

Les Beatles ont fait leurs dents dans les clubs de Hambourg ; ils y sont devenus professionnels. Les conditions de vie étaient difficiles et ils passaient de longues heures sur scène. Lors des deux premiers séjours en Allemagne, d’août à septembre 1960 et d’avril à juin l’année suivante, le groupe fut sur scène pour un total de 918 heures (à coup de 4½ à 6 heures par soir, six fois par semaine4). Durant leur troisième séjour, du 13 avril au 31 mai 1962, ils jouèrent de trois à quatre heures par soir. Pour leurs deux derniers contrats au Star-Club, du 1er au 15 novembre et du 18 au 31 décembre 1962, avec Ringo maintenant membre du groupe, ils n’avaient qu’à jouer deux heures par soir.

À leur dernier séjour à Hambourg, ils étaient deuxième tête d’affiche derrière Johnny and the Hurricanes (groupe instrumental américain très populaire en Allemagne à l’époque) et devant The Strangers, Kingsize Taylor and the Dominoes (en) (deux groupes de Liverpool), Tony Sheridan, Roy Young (en)n 1,7 (qui jouaient dans le groupe en résidence du Star-Club) et Carol Elvin (une chanteuse de Londres). Malgré le fait qu’ils avaient de meilleures conditions, étaient mieux rémunérés n 2 et logés gratuitement avec chacun une chambre à l’hôtel Pacific située non loin, le groupe n’avait plus de motivation à être à Hambourg. Ils avaient un contrat en poche avec EMI, un 45 tours dans les « charts» et un second d’enregistré, mais ils se devaient de respecter un contrat signé antérieurement8.

Plaque mémoriale derrière le Star-Club sur la rue Große Freiheit à Hambourg.
Un soir n 3 durant cette ultime visite dans le quartier Sankt Pauli, Ted « Kingsize » Taylor demande à Adrian Barber (en) d’enregistrer la performance de certains des groupes à l’aide d’un magnétophone à bande Grundig mono relié à un seul microphone placé devant la scène.

Le son pourave :

https://www.youtube.com/watch?v=4JhKYwHyoYU&app=desktop

Vous savez quoi ? Je vous fiche mon billet qu’il y avait au club ce soir là de sacrés fils de putes

Annelise dit: 7 septembre 2017 à 21 h 35 min

A qui pensez-vs en des termes si âpres, Fils? Jean-Jacques Burnel, bien que déjà porté sur la baston, n’avait pas encore tt à fait entamé sa dégringolade misanthropique glauque… et bien que d’accord sur la dame en noir n’ayant besoin que de sa voix pour percer l’ombre, la délicatesse de Phil à la dépeindre et ne doutant pas une seconde de sa sollicitude à cent lieues du toc décrite par Jazzi envers ceux qui se retrouvaient malades et mis au ban,
https://www.youtube.com/watch?v=cYQTL-ws6p4
(ds les années 80… ou « Féline », ou « Midnigt summer dream »..)
Sinon rien sur mon Fellipe Barbosa, Charuel ni Robin Campillo?

radioscopie dit: 8 septembre 2017 à 6 h 30 min

Un jour, à brûle-pourpoint, M. Almaric, dubitatif, me demanda : « Franchement, vous lui trouvez du talent à mon neveu ? ». A l’époque, le connaissant mal, j’ai bredouillé « il me semble ». Après avoir vu son « Barbara », s’il me reposait la question, je serais nettement plus affirmatif.

en passant dit: 8 septembre 2017 à 7 h 26 min

Phil « , la plupart des étudiants venus écouter Barbara avaient des parents nazis, qui pour certains se trouvaient dans le public. »

parents nazis: en 64 ??!

Annelise dit: 8 septembre 2017 à 8 h 30 min

Phil – il semblerait, en effet (sur la dénazification… )Sans parler de l’Etat français recyclant de gdes figures ministérielles qui avaient qqpeu hâté les convois ou donné ds les noyades « par balles » ds la Seine, pas mal à distance de 45? C’est qu’ils étaient compétents ds leur domaine, ces bons serviteurs du système..on leur refaisait une virginité… Ou ce brave homme ayant longtemps dirigé la Formule 1, SS notoire.. bref
Ms j’aime bcp Jeanne Balibar – et Amalric ! Radio à 6h30, parce que Mathieu A a un oncle?..Griffu de bon matin, êtes-vous ? Yoda, oreilles couchées en arrière va vs coller une amende si déjà vs n’écrivez pas le nom comme il faut.. Scorsese idem. Je vais devenir intraitable là-dessus, comme Ezine jetant les courriers sans les ouvrir dès lors qu’on lui écrivait Théophile Gautier de travers (avec H à Gautier). Lui c’est différent il est braque
Le James Bond c’est Quantum of Solace.. bon acteur, vraiment..Craig aussi, d’ailleurs. .Bon, les biopics, c’est délicat..tt l’un ou tt l’autre… tiens, d’ailleurs le duel reconstitué, Mc Enroe Borg ouvre le festival de Toronto..Janus Pedersen à la caméra..à qui de servir?

Phil dit: 8 septembre 2017 à 8 h 36 min

indeed Annelise, restons au cinéma, le premier directeur du festival de Berlin était archiviste chez Goebbels avant d’être promu.. par nos amis américains,

radioscopie dit: 8 septembre 2017 à 13 h 01 min

AmaLric, scusi… (6h30 CQFD) ! Donc Matieux Lamaric « avait » un oncle, homme charmant au demeurant. J’ai vu ce « Barbara » comme un tableau pointilliste qui, avec le recul, une vision globale, dessine un portrait précis alors que les fragments abordés de près entretiennent le flou. C’est de plus un document passionnant sur le travail de l’acteur/trice, du réalisateur, du lien entre réel et fiction, etc. Ah cette toile qui figure le décor à travers la fenêtre et qui tout à coup tombe… magique !

christiane dit: 8 septembre 2017 à 13 h 56 min

radioscopie (8 septembre 2017 à 13 h 01)
Vous écrivez : « J’ai vu ce « Barbara » comme un tableau pointilliste qui, avec le recul, une vision globale, dessine un portrait précis alors que les fragments abordés de près entretiennent le flou. C’est de plus un document passionnant sur le travail de l’acteur/trice, du réalisateur, du lien entre réel et fiction, etc. Ah cette toile qui figure le décor à travers la fenêtre et qui tout à coup tombe… magique ! »
Ces lignes me donnent envie de voir ce film. Merci.

Jacques Chesnel dit: 8 septembre 2017 à 14 h 22 min

Barbara, Amalric et Babilar ou le maniérisme multiplié par trois… très peu pour moi, je n’irais pas voir ce film. Merci.

Jacques Chesnel dit: 8 septembre 2017 à 15 h 54 min

au début des années 60, je suis allé l’entendre deux fois, la première j’ai tenu dix minutes ; quelques années après, je suis sorti à la deuxième chanson… je sais « qu’on ne touche pas à Barbara » (Christiane) mais Barbara ne me touche pas

Jacques Chesnel dit: 8 septembre 2017 à 16 h 34 min

le vinyle ? j’en avais 3000 et maintenant autant de CD… mes chanteuses préférées ? : KATHLEEN FERRIER, KIRI TE KANAWA, BILLIE HOLIDYAy, SHIRLEY HORN, CARMEN McRAE, MARISA et CATHERINE SAUVAGE

christiane dit: 8 septembre 2017 à 17 h 32 min

@Jacques Chesnel dit: 8 septembre 2017 à 15 h 54 min
Ah, je me souviens Jacques de notre dispute au sujet de Barbara. Nous étions irréconciliables ! C’était tonique nos échanges ! mais vous avez remporté le match avec le jazz et le partage de vos grands romans ‘et j’ai continué d’écouter Barbara en boucle !). Puis nous nous sommes perdus de vue, je ne sais plus comment…

christiane dit: 8 septembre 2017 à 17 h 36 min

De ce lot, Jacques Chesnel je retiens avec joie Kathleen Ferrier, Billie Holiday, et Catherine Sauvage.
Mais place au cinéma ! Je continue passionnément à revoir les films des années 50/60.

Jacques Chesnel dit: 8 septembre 2017 à 17 h 36 min

Christiane, je vous lis parfois ici ou sur la RDL mais je commente rarement, je suis un peu en retrait , pas en retraite, la vie continue autrement

eriksen dit: 8 septembre 2017 à 18 h 37 min

Barbara est un drôle de titre pour ce film. Looking for B… ou Desperately seeking B… , auraient été plus appropriés.
Le mélange d’archives de Barbara et des scènes de Balibar est techniquement remarquable, mais la différence des Barbara saute aux yeux.
Ce n’est bien sûr pas le physique qui cloche. Balibar est ressemblante (presque trop, le mimétisme est en général un assez mauvais signe dans les biopics, … au mieux contreproductif quand il cache l’incarnation, au pire arnaqueur quand il en masque l’absence). Pas non plus la musique, J Balibar s’en sort très bien au piano, et même à la voix, dans la mesure du possible pour la représentation d’une chanteuse d’exception.
Non, ce qui cloche vraiment c’est la personnalité. Il manque à JB la touche autistique des grands surdoués. Trop sympathique.
Or Barbara, si elle affiche une empathie extrême pour le monde, pour les faibles, n’en est pas moins une handicapée de la relation à l’autre par une l’asymétrie. Des antennes invisibles qui captent tout de la contingence humaine- et qu’elle nous rend dans une perfection sensible surhumaine -, mais des expressions de visages et des attitudes de corps, qui marque une grande peur de l’autre. J Balibar est trop délicieusement humaine pour cela. On a envie de la prendre dans ses bras, pas Barbara.
D’elle j’ai bien plus perçu par la fantastique série d’émissions de France Inter cette été, et surement que je me serais moins ennuyé devant Barbara si je ne les avais pas écoutés.
https://www.franceinter.fr/emissions/les-feuilletons-radiophoniques-des-mfp/les-feuilletons-radiophoniques-des-mfp-04-juillet-2017
IL est possible, comme le suggère Radioscopie, que le sujet du film soit ailleurs, dans cette exploration du « travail de l’acteur/trice, du réalisateur, du lien entre réel et fiction, etc. ». J’ai dû loupé quelque chose, mais je n’y ai vu qu’un magma indifférencié entre actrice et personnage, sans perspective, sans propos. C’est cela être actrice ? je ne pense pas.
Quant au réalisateur/acteur lui-même, si vous pouvez m’expliquer pourquoi il est toujours désemparé, pourquoi pleure-t-il tout le temps, je suis preneur. A moins qu’il ne soit toujours terriblement amoureux de son ex-femme, ce qui rajouterait un niveau de profondeur supplémentaire à cette mise en abime. Bref, je n’ai pas compris.
Mais j’aimerais finir sur une très belle scène où Jeanne travaille anonymement Nantes dans un bar routier, une nuit de tournée : ces 4 hommes debout au bar dans le flou de la profondeur de champ minimale, tous les regards tournés en silence vers elle, fascinés comme les pèlerins d’Emmaus. Un miracle.
Et puis, ces extraits de Frantz le premier film de Brel, un « Barbara vu par », très touchant dans la rencontre de ces deux absolus.

JAZZI dit: 8 septembre 2017 à 20 h 09 min

« chesnel, aimez-vous les oeufs en gelée ? »

Je vois qu’on a de bonne lecture, Phil !
Mais qu’est-ce qui irrite tant chesnel chez Barbara ?

JAZZI dit: 8 septembre 2017 à 22 h 09 min

Après le roman sans fiction, le film sans fiction : « Gabriel et la montagne » du brésilien Fellipe Barbosa. Vu. Pas grand chose à en dire…

Phil dit: 8 septembre 2017 à 23 h 20 min

bien aimé lire la recension de Eriksen, et vous ?
(baroz, avant de lire Eriksen je ne voyais pas de bonne justification pour cette alliance si peu culinaire entre le thé et l’oeuf en gelée)

Phil dit: 8 septembre 2017 à 23 h 26 min

Chesnel dear, beaucoup moins de CD que vous mais j’aimerais autant de vinyles; j’y entends les mêmes différences qu’au cinéma entre le 35 mm et le numérique, est-ce une illusion ?

P. comme Paris dit: 9 septembre 2017 à 1 h 19 min

Jacques Chesnel dit: 8 septembre 2017 à 16 h 34 min.

Yma Sumac,
sur votre liste ne déparierait pas.

et KATHLEEN FERRIER et ses Kindertotenlieder de Mahler sont encore là.

P. comme Paris dit: 9 septembre 2017 à 1 h 40 min

« Soyons vaches »

BARBARA :

Se servir d’une icône patentée pour gueuler à son ex-femme qu’elle nous fait encore bander?

eriksen dit: 8 septembre 2017 à 18 h 37 min.

Comme quoi, l’indécence s’immisce partout.

P. comme Paris dit: 9 septembre 2017 à 1 h 56 min

« chesnel, aimez-vous les oeufs en gelée ? »,

Une question merveilleuse, car Jacques :
expliquez nous comment avec l’handicape de votre mère, vous avez pu lui exiger de vous faire ne serait-ce qu’un seul œuf en gelée.

Cela dut-être homérique.

P. comme Paris dit: 9 septembre 2017 à 2 h 29 min

Phil dit: 8 septembre 2017 à 23 h 26 min

Lorsque le label ECM est apparu (Keith Jarrett, Jan Garbarek), j’ai ressenti un manque tout en admirant le travail acoustique. Avec le numérique, j’ai compris le manque.
Nos oreilles sont habituées à la résonance, ce qui nous permet de situer un son.
Le numérique oblitère l’espace dans lequel le son se propage et en fin de compte nous écoutons ce que veut bien nous faire écouter l’ingénieur du son.
Comme quoi, une salle de concert,…

Roro dit: 9 septembre 2017 à 5 h 05 min

« Yma Sumac »
sublime

« le roman sans fiction, le film sans fiction  »
question d’époque
(et les critiques -ces génies- de piaffer!)

radioscopie dit: 9 septembre 2017 à 7 h 38 min

Pour tenter une réponse à eriksen (8 septembre 2017 à 18 h 37 min). Amalric a cherché à brouiller les genres et il y est parvenu : c’est en cela que le film est réussi. C’est en somme un « work in progress » et un film dans le film, voire deux films dans le film si on y intègre la relation particulière, personnelle, du réalisateur à l’actrice principale. C’est ainsi qu’on ne sait plus si Almalric est subjugué par la réincarnation de Barbara sous les traits de Balibar ou par Balibar elle-même ou par son jeu, son talent. La séquence où il quitte son poste de cinéaste pour se glisser parmi les spectateurs, de faux spectateurs (des figurants) est à cet égard révélatrice. Qu’est-ce qui est à l’origine de cet abandon, de cette émotion, de cette fascination ? On ne le sait pas et c’est mieux ainsi. Il devient spectateur du film, il devient ce que l’on est devant un film dès lors qu’on « y entre ».
J’ai été vivement intéressé par ce laboratoire d’une œuvre en cours de création, cette visite des coulisses, des arrière-cuisines de la fabrique d’illusion qu’est le cinéma, du dévoilement de ses artifices : la scène –j’en ai déjà parlé- où la toile décor obstruant la fenêtre tombe, celle des techniciens demandant à Brigitte (Balibar à peine sortie du plateau et encore tout imprégnée de son personnage) de surveiller le piano qu’ils ont poussé dans un hangar en attendant le camion… Ruptures entre monde enchanté du plateau et trivialité d’usine à rêve.

christiane dit: 9 septembre 2017 à 8 h 32 min

radioscopie / eriksen
Votre dialogue ? le charme de ce blog. Merci
——————————————————–
Pensée amicale à J.Chesnel

JAZZI dit: 9 septembre 2017 à 9 h 01 min

En visionnant « Gabriel et la montagne », hier, j’ai eu l’impression que l’on me contait la vie d’un saint laïc, à la manière de Sylvain Tesson !
Et malgré tout cela, le personnage, le héros, ne m’était pas sympathique !

JAZZI dit: 9 septembre 2017 à 9 h 05 min

La dernière demeure de Barbara semble bien abandonnée, délabrée, radioscopie ? Son adresse actuelle : cimetière de Bagneux…

Phil dit: 9 septembre 2017 à 9 h 35 min

P. comme Paris, votre explication CD/numérique me semble bien situer aussi le monde visuel qui sépare les 24 images seconde que la pellicule restitue à nos neurones conditions, du décalque numérique qui « oblitère » (très juste) l’espace et doit être sûrement destiné à des mutants sortis de la planète des singes (une prochaine nuit organisée par la cinémathèque française).

Phil dit: 9 septembre 2017 à 9 h 37 min

Baroz, souvenir votre folle époque de serveur au Martinez, quelle différence entre l’aspic et l’oeuf en gelée ?

radioscopie dit: 9 septembre 2017 à 10 h 11 min

JAZZI dit: 9 septembre 2017 à 9 h 05 min
Jazzi, vous pourriez prendre l’initiative de créer une fondation à l’instar de la Casa Museu – Fundação Amália Rodrigues à Lisbonne. Promis, je mets des thunes dans le nourrain.

JAZZI dit: 9 septembre 2017 à 11 h 50 min

radioscopie, Barbara, comme le rappelle le film d’Amalric, était une nomade, une saltimbanque doublée d’une juive errante, aux valises toujours prêtes, et ses diverses adresses, étaient, pour elle, seulement des lieux de passage… Ne faisons pas de sa dernière maison un musée, mais si vous avez des sous, rien ne vous empêche de la racheter !

christiane dit: 9 septembre 2017 à 13 h 36 min

@Jacques Chesnel dit: 8 septembre 2017 à 15 h 54 min
Je comprends mieux vos réticences après avoir vu ce film, ce matin. De Barbara (jamais vu en concert) je ne connaissais que son visage, sa silhouette et sa voix (disques DVD, radio) et cette voix crée de l’intime, du silence. Les chansons sont rares surtout chantées par elle. Rien à voir avec la voix de Jeanne Balibar. Le film est bruyant et cette Barbara interprétée par Jeanne Balibar, maniérée, excessive, fatigante (peut-être proche de l’original…). Almaric du début à la fin la regarde en apnée avec des yeux de poisson mort d’amour hors de son aquarium.
Oui, la scène dans le bar avec ces clients de passage et le patron du bar est très belle (Ericksen). Oui, la surprise du décor qui tombe est un beau moment de cinéma (Phil ou radioscopie). Mais je préfère écouter Barbara sans toutes ces fanfreluches, ce cirque et Jeanne Balibar loin de Barbara.

eriksen dit: 9 septembre 2017 à 13 h 45 min

Christiane: vraiment je vous conseille les émissions pour lesquelles j’ai mis le lien vers la première dans mon post. vous allez adorer.

eriksen dit: 9 septembre 2017 à 13 h 47 min

A radioscopie.
VOus dites « Amalric a cherché à brouiller les genres et il y est parvenu : c’est en cela que le film est réussi. C’est en somme un « work in progress »

Je ne comprends pas du tout comment la réussite d’un brouillage serait en soi une réussite .
On dirait l’application au cinéma du concept de Destruction Créatrice : le destructeur devient créateur en temps que destructeur-même. La table rase-créatrice en somme.
Destruction-Création je comprends, mais destruction créatrice… ! Un bien dangereux concept qui peut servir d’alibi aux destructeurs pour cacher des motivations moins nobles (ressentiment, jalousie etc).
Si c’est au sujet du film, je comprend Work in Progress : Pour le brouillage c’est fait, pour la création, c’est en cours.
si c’est au sujet du film dans le film, on peut avoir des doute sur le « progress » du film, car je n’ai pas ressenti d’évolution sur le plateau ou dans les rushes. Un WIP devrait théoriquement donner envie de voir le travail fini.
Le film sur le film est un genre par définition sujet au risque omphalotropique, encore aggravé quand le cinéaste se filme lui-même en temps que cinéaste, plus encore quand l’héroïne est son ex-femme, et maximale quand le scénario le fait amoureux de son actrice. Ce risque n’est pas rédhibitoire en soi si on parvient à décoller. Les ruptures dont vous parlé n’ont pas suffi en ce qui me concerne.
Curieusement ce qui m’a dérangé dans le film est ce qui m’avait intéresse dans Tournée : ce directeur de troupe/d’acteurs à la ramasse. Mais autant s’installait dans « tournée » un intéressant mode de relation entre les filles et lui, autant ici, cela m’a semble confus.

Phil dit: 9 septembre 2017 à 13 h 49 min

ce je craignais, dear Baroz, l’évocation serpentine de l’aspic moins engageante que « l’oeuf en gelée », dont la représentation doit cependant convenir au désir de certains pervers de figer ce qui leur glisse dans la main.
vu dans ses films Amalric apprécie les exhibitions, dont la sienne.
ceci après la note crue de Eriksen sur ses satisfactions en faisant « tourner » son ex-compagne.

JAZZI dit: 9 septembre 2017 à 14 h 17 min

« en faisant « tourner » son ex-compagne. »

Il l’a met aussi à nue et lui fait faire l’amour avec un jeune mâle, Phil, ou l’exhibe dans un restaurant de routiers, sympas les routiers ! Work ou perversion in progress, that’s the question ?

Phil dit: 9 septembre 2017 à 14 h 51 min

« les yeux de poisson mort » (sic) d’Amalric…Christiane a osé ! et pourquoi pas, nous sommes au cinéma; Libération a bien parlé du « nez porcin » de Glenn Ford et « sa tronche en tirelire »…au moment de l’enterrer.

tristan dit: 9 septembre 2017 à 15 h 55 min

@Phil de 23h26

« …les mêmes différences qu’au cinéma entre le 35 mm et le numérique, est-ce une illusion ? »

Non pas d’illusion là-dedans. Le numérique par rapport à l’analogique, c’est un peu comme si on plaquait tout un volume sur un plan, on perd une dimension. Les ingénieurs du son filtrent les fréquences que l’auditeur ne peut pas percevoir selon eux, mais ce n’est pas parce qu’on ne les entend pas qu’on n’y est pas sensible…

tristan dit: 9 septembre 2017 à 16 h 00 min

« ad majorem gloriam »…manque le « Dei » Annelise !
Je sais bien que Dieu, on ne le voit plus bcp depuis bien longtemps, mais quand même !

christiane dit: 9 septembre 2017 à 16 h 56 min

@eriksen – 13 h 45 min
Merci, je crois en avoir capté certaines en rediffusion, la nuit, mais je vais vérifier. Si c’est celles que j’ai écoutées entre veille et sommeil, c’est du beau travail qui ne l’abime pas et c’est SA VOIX.

christiane dit: 9 septembre 2017 à 17 h 00 min

Ah merci, Ericksen, c’est cela, sur France Inter. Magnifique, je vais réécouter l’ensemble en copiant votre lien.

christiane dit: 9 septembre 2017 à 17 h 53 min

Je viens de réécouter : magnifique ! quels beaux témoignages et toutes ces chansons. Cela m’a consolé du film. Je l’ai retrouvée mais il n’y a que la première : l’enfance. Comment faire pour avoir accès aux autres ?
Merci pour le Sylvain tesson et Homère. C’est la fête, ce soir !

JAZZI dit: 9 septembre 2017 à 18 h 41 min

« les yeux de poisson mort »

C’est tout à fait ça ! Et en plus, il pleure sans cesse par-dessus !
Il ne tourne pas un film. Il nous fait tomber dans l’abîme et donne à assister à la vie de sainte Brigitte réincarnée en sainte Barbara. Et c’est alors qu’il découvre que la sainte est son ex femme. Des yeux de poisson mort pleins de larmes. C’est peut-être un rôle de composition. Dans ce cas-là, je dis chapeau l’artiste !

JAZZI dit: 9 septembre 2017 à 18 h 43 min

« bizarre cette relation d’ex »

Pourquoi, bizarre, en passant ?
Moi je trouve plutôt ça beau, tendre, émouvant…

christiane dit: 9 septembre 2017 à 21 h 53 min

Ericksen,
grand merci. Sur la page que j’avais il n’y avait pas ces références.
Jazzi,
ne pas oublier d’amour, sinon ça ne veut plus rien dire. Je voulais signifier que son visage était pétrifié dans une expression d’adoration et ses yeux écarquillés et fixes me gênaient. Mais rien de méchant car j’ai su l’apprécier dans d’autres rôles (Le fils de Joseph – Trois souvenirs de ma jeunesse – Jimmy P – La Vénus à la fourrure – Le Chat du Rabbin – Un conte de noël…) C’est un acteur très intéressant.
Quant à Jeanne Balibar, quelle intelligence !
https://www.franceculture.fr/emissions/invite-culture/jeanne-balibar-est-notre-invitee-culture-du-4-juillet

Elle est très mystérieuse.

christiane dit: 9 septembre 2017 à 22 h 19 min

Écoute, Jazzi, cet entretien mis en lien (18mn). Jeanne Balibar y est éblouissante. « La profondeur de la langue littéraire » dit-elle en parlant de son expérience de comédienne dans sa quête des grands textes (à Avignon, au Français, en Allemagne…). Je comprends qu’on puisse l’aimer d’un amour extrême. J’en veux un peu à M. Almaric de l’avoir piégée avec ce rôle de « Barbara ». Il l’étouffe dans cet espèce de mimétisme affolé, alors qu’elle peut être d’une finesse rare dans ses interprétations.
Quant à Ericksen, oui, ses interventions sont remarquables. Il pense tout le temps et ça se sent dans son écriture.

Annelise dit: 9 septembre 2017 à 22 h 23 min

Phil, Jazzi, Danish B.., on s’amuse bien avec la sémantique.. aspic, velouté, barbaresque œuf en gelée ? Radio je croyais que vous vouliez fusiller Mathieu Maricla?. Right, Eriksen au-dessus.. La marathon woman du Médoc (les 42,195m de Pauillac cet après-midi, 60 nationalités, grele et orage vers St Estephe, les Chinois &gens de Taipei courant comme des gazelles au départ de l’Hotel d’Angleterre,  » face à la centrale » entre Latour et Montrose…) tient qd même à souligner que le meilleur Tesson qui soit, urbi et orbi – devant le Sylvain motard en Sibérie – facétieux, doux, extraordinaire et souvent souverain ttes catégories est Charles, éponyme

Annelise dit: 9 septembre 2017 à 22 h 51 min

Christiane dit « Eriksen pense tout le temps ». Exact. Croyez-bien que tt a été mis en œuvre pour l’en empêcher, mais il n’en fait qu’à sa tête

en passanr dit: 10 septembre 2017 à 6 h 21 min

JAZZI dit: 9 septembre 2017 à 18 h 43 min

(gênant ou tiré par les cheveux) garder des relations où l’un peut mettre l’autre en scène

christiane dit: 10 septembre 2017 à 7 h 41 min

Sacrée Annelise, toujours le sourire bondissant entre deux tirs à vue. Bon, alors ces vendanges sous l’orage ? mal au dos mais étourdie par la senteur des vignes ?
« L’odeur des vignes monte en un souffle d’ivresse :
La pesante douceur des vendanges oppresse
La paix, la longue paix des automnes sereins… »
Renée Vivien

radioscopie dit: 10 septembre 2017 à 11 h 03 min

Un peu déçu que Phil ne se soit jeté telle Hélène de Zuylen de Nyevelt de Haar sur la Renée Vivien évoquée ci-dessus.

Phil dit: 10 septembre 2017 à 12 h 42 min

et lis ça.. en passant…gougnote apparait souvent chez Léautaud, avec une autre expression que j’oublie.. I will be back, dear Radioscopie

christiane dit: 10 septembre 2017 à 15 h 45 min

Autre planète : le film de Hubert Charuel : « Petit paysan ». Pierre (Swann Arlaud) est au centre d’une tragédie. Film très dur, en huis-clos avec la présence de ces énormes bêtes qu’étrangement Pierre aime, caresse, aide à vêler. Monde complètement étranger pour moi qui ai toujours eu peur de ces bêtes en troupeau corné et qui n’aime pas trop le goût et l’odeur du lait fraichement trait.
Mais ce Pierre est vraiment attachant avec son air buté, son combat perdu d’avance, cette maladie qui le gagne comme des stigmates d’amour. Sarah Giraudeau donne de l’espace avec sa silhouette fine et ses grands yeux bleus. Le visage de son père dans certaines expressions. Tendresse de son personnage mais lucidité.
Et cette étable sombre où l’on voit rarement une bête en entier. Des mamelles à nettoyer, une mise à bas où il faut s’accrocher à son fauteuil, un sol de béton recouvert de paille salie. Même les gros yeux globuleux des vaches m’ont fait peur.
Beaucoup aimé le rêve qui ouvre le film avec déjà cette oppression des vaches qui enserrent Pierre mal réveillé.
Oui, le drame des éleveurs. Quand ce n’est pas la maladie qui envoie le troupeau à l’abattage c’est le lait qui se vend à perte…
Les grosses machines avec leur gueule béante accentuent cette impression de danger immédiat. De véritables animaux préhistoriques. J’ai pensé au « Procès » de Kafka, ce mal qui vous vient des autres même quand vous vous sentez coupable. J’ai préféré « Béliers » de Grimur Hakonarson, et les deux frères islandais ennemis. (Les béliers c’est plus petit… et la lande était belle.) Je me souviens de ce premier billet d’Annelise et mes efforts têtus pour avoir accès à ce film.
Enfin oui, un peu d’humour (la mère pot de colle, le voisin qui plane, la boulangère qui trouve qu’il mange bien vite au restaurant, les réponses au policier…). A.L évoque la musique. Je n’en ai gardé aucun souvenir vivant au rythme du meuglement des vaches et de leurs piétinements.
Un très beau film qui fait peur et un excellent passage de ce long billet de rentrée.

christiane dit: 10 septembre 2017 à 16 h 07 min

« Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc » coproduit par Arte et déjà passé à la télévision – est désarçonnant. J’ai beaucoup aimé la danse rituelle de l’enfant (chorégraphie de Philippe Decouflé), ses chants presque inaudibles lancinants comme des incantations maladroites, cette façon qu’elle a de taper des pieds vigoureusement et de secouer sa chevelure. Un décor minimaliste, peu de personnages. Des moutons au loin, pas très nombreux. N’ai pas pensé à l’enfance de Jeanne d’Arc, juste une rencontre inouïe avec ce texte de Claudel, des voix d’enfants, un ruisseau, une dune piquetée d’herbes sous un grand ciel immense, énigmatique. Les deux nonnes qui dansent le rock sont épatantes. C’était bien.
Bruno Dumont, je crois. Grand cru.

christiane dit: 10 septembre 2017 à 16 h 10 min

Radioscopie,
vous avez l’esprit tordu (Renée Vivien). Je cherchais quelques vers qui évoquent l’odeur de la vigne. S’il faut maintenant trier les textes par les préférences sexuelles des auteurs, c’est un peu moche, non ?

christiane dit: 10 septembre 2017 à 17 h 32 min

Oui, Radioscopie, MERCI. C’est Péguy qui a écrit « Le mystère de la charité de Jeanne d’Arc ». Dans cette œuvre, Jeannette a treize ans et demi, Hauviette son amie, dix ans, et Gervaise vingt cinq ans. Bruno Dumont en adapte la première partie.
C’est impressionnant(dans le film) quand elle répète « Mais rien, jamais rien » (les paroles exactes du texte de Péguy.) ou encore « c’est la même histoire, exactement la même, éternellement la même ». La petite Lise Leplat Prudhomme, qui interprète Jeanne, enfant, est craquante car elle ne sait ni danser, ni chanter.
Mystère du mal et de la charité. B.Dumont en fait un film d’une grande pureté, bizarre, déconcertant . On se demande où on est . Un film un peu fou.

alley car dit: 10 septembre 2017 à 19 h 54 min

Annelise dit: 9 septembre 2017 à 22 h 51 min
Christiane dit « Eriksen pense tout le temps ». Exact. Croyez-bien que tt a été mis en œuvre pour l’en empêcher, mais il n’en fait qu’à sa tête

Lobotomy, lobotomy
Lobotomy, lobotomy
DDT did a job on me
Now I am a real sickie
Guess I’ll have to break the news
That I got no mind to lose
All the girls are in love with me
I’m a teenage lobotomy
Slugs and snails are after me
DDT keeps me happy
Now I guess I’ll have to tell ‘em
That I got no cerebellum
Gonna get my Ph.D.
I’m a teenage lobotomy

The Ramones

JAZZI dit: 10 septembre 2017 à 19 h 56 min

N’ayant pas trouvé une salle et un horaire qui me conviennent pour la « Jeannette » de Dumont, je me suis rabattu sur « Ma Pomme » de Florence Quentin. La comédie n’est pas spécialement géniale, mais le duo Deneuve/Depardieu tient encore le coup…

P. comme Paris dit: 11 septembre 2017 à 0 h 40 min

XLI

La mort le fait fremir, pallir,
Le nez courber, les vaines tendres,
Le corps enffler, lascher, moslir,
Joinctes, oz, nerfz croistre et estendre.
Corps femenin, qui tant est tendre,
Poly, souëf, si precïeulx,
Te fauldra il ces maulx actendre?
Oy… ou tout vif aler es cieulx.

tristan dit: 11 septembre 2017 à 3 h 06 min

« « Jeannette » de Dumont, « Ma Pomme » de Florence Quentin »…mais comment peut-on se nourrir de navets pareils alors qu’au même moment on vous sert »Wind River » dans la salle d’à-côté ?

christiane dit: 11 septembre 2017 à 7 h 22 min

Tristan,
pour « ma pomme », je ne sais, pas vu, pour « Jeannette », Dumont fait un exercice d’équilibriste, donnant dans la musique rock et la danse échevelée, d’une façon un peu sauvage, là où le texte devient trop difficile. Il choisit des acteurs maladroits mais possédant du charme. Les litanies de la petiote sont presque incompréhensibles d’où les sous-titres, mais elles sont entêtantes. Les décors, très sobres, sont intéressants : ils disent autre chose. C’est anti-image de Saint-Sulpice, anti légende dorée. Ne pas oublier la folie de « Petit Quinquin ». Un film fou mais pas un navet.
Pour « Barbara », j’ai écouté des paroles d’Almaric et Balibar et d’autres de critiques de cinéma. J’ai peut-être raté quelque chose, cherchant à retrouver la voix et les chansons de Barbara, une sorte de folie volontairement agressive, un jeu trouble de miroirs déformants. Parfois on sait mieux ce que l’on refuse que ce qui est à découvrir.

JAZZI dit: 11 septembre 2017 à 7 h 35 min

« j’ai écouté des paroles d’Almaric et Balibar »

Christiane, le « l » après le second « a », pas le premier : Amalric…

Janssen J-J dit: 11 septembre 2017 à 9 h 59 min

Je viens de prendre connaissance du billet « Petit paysan » et de toutes les réactions. Et c’est fort instructif !…
Je remarque avec bonheur qu’y sévissent les plus intéressants des intervenautes de la rdl, et qu’y manquent des plus insupportables et frelatés d’entre eux (lvdb, jc, gwg), et c délectable !
Vu qu’on ne peut s’empêcher de faire abstraction d’une comparaison générale entre les deux blogs, je dirais que ce qui fait la qualité d’icelui est sa faculté d’y rendre les internautes plus passionnnants que chez Passoul, car Annelise s’y investit apparemment particulièrement. Elle rebondit constamment sur les commentaires uns et les autres, leur permet de s’améliorer ou de devenir plus précis ou moins laconiques dans leurs remarques, d’essayer de donner le meilleur d’eux-mêmes. Voilà ce qu’on peut reprocher à Passoul, l’absence de son blog et la gestion des affaires confiée à son robot, ce qui provoque une dérive permanente vers la médiocrité générale, une incapacité à mettre fin aux dérives les plus insupportables.

Brefl, me voici un blog alternatif très agréable à visiter plus souvent, même si je suis pas vraiment cinophile. Je ne pense pas que ce soit d’un empêchement dirimant.

(Bonne suite à toussent vers la qualité collective)
Pourtant, il y aurait des ponts et des liens à faire entre actualités littéraires et cinématographiques. Je suis par ex. très surpris que sur la passionnante actualité des vaches (charuel), nul n’ait songé à revenir sur le roman de Jean-Baptiste del Amo, Règne animal, à situer la condition des jeunes paysans devenus esclaves de la production bovine industrielle engagée par leur père (dépeinte par cet auteur) avec l’enjeu de ce jeune paysan « bon qu’à ça ».

cool dit: 11 septembre 2017 à 10 h 16 min

il faut reconnaître que c’est de la chance que la pire (qui se croit géniale, en plus!!) ne s’aventure pas sur le cinéma et que sa ‘copine’, aussi grotesque, non plus d’ailleurs!

Janssen J-J dit: 11 septembre 2017 à 11 h 21 min

@ la pire (qui se croit géniale, en plus!!) ne s’aventure pas sur le cinéma et que sa ‘copine’,

J’espère qu’on ne pense pas aux deux mêmes créatures, ce serait trop triste. Gardons alors une marge d’incertitude à ce sujet.

Je me souviens de ce matin-là, il y a juste 16 ans maintenant, j’étais en train de relire les épreuves d’un manusucrit pour l’éditeur avec Isabelle, la secrétaire, quand on est venus nous alerter et nous autoriser à aller voir sur l’écran de télévision interne de la salle de conférence de la boîte, les images en boucle des tours en flammes. Jamais nous n’oublierons ce moment d’hébétude.
Chacun, dans le monde entier, a quelque chose de précis à dire de ce moment-là (où étais-je, que faisais-je…). Ce moment a lié une humanité à la globalité du monde terrestre, comme nous serons collectivement liés un jour à son anéantissement général, je pense.

Janssen J-J dit: 11 septembre 2017 à 11 h 27 min

Tiens, je viens de m’apercevoir d’un lapsus révélateur à 9.59. J’ai mis « cinophile » pour dire « cinéphile »… Or, j’adore les chiens, je fais d’ailleurs partie d’une réserve citoyenne dans une brigade cynophile… D’où, sans doute, la confusion (le lape-suce calamiteux).

J.D dit: 11 septembre 2017 à 11 h 42 min

« Sacrée Annelise toujours le sourire bondissant entre deux tirs à vue »(Christiane).Ma chère je ne vous reproche pas ,vous ne devez pas savoir manier un pistolet ni quand sont les vendanges Le Feygele a parlé de marathon,pas de récolte .Un b.. de Coupe du monde à Pauillac,plus de bénévoles que d’habitants réguliers.Vous avez couru Annelise?L’évvénement est épatant ,un de ces jours j’irai courir en chtramel !Kilbouts galouyot de la montée du château Croc est une misère d’après mon fils.Vous y êtes montée?
Jazzy » face au silence Annelise »:the silence of the lambs!Notre gazelle dira t-elle pour qui elle a couru(le livre de Harris fait pour le père.)?
Almaric,le neveu du journaliste why not?on parle du film.Plus proche du sous texte de phil à 13.49 ou 14.17 sur l’exhibition,branl..,solitaire de lecteurs de Rancière et Wallerstein que de l’extase .je peux me tromper.Quiquin de Dumont ,génial;

J.D dit: 11 septembre 2017 à 11 h 47 min

Tir al vue.Annelise,en tutu ,aligne 5 balles dans la cible de 3cm postée à 100m,en plein brouillard ,en jouant entre chaque à démonter le chargeur…la sexualité des intellectuels est-elle plus riche ou plus pauvre ,dear Ericstein?

Annelise dit: 11 septembre 2017 à 12 h 54 min

Le Crock en effet une tuerie J.D! Caillasse et montée rendue pire par le passage des coureurs par temps de pluie . Une forme de calvaire chrétien. Vous savez bien sur ce qui hypnotise Lecter vis à vis de Clarice Starling? Son incommensurable vulnérabilité non déguisée… L’absence de certitudes sociales, si humaines quant au sac à main & chaussures. . Beauté pure de Jodie Foster. Trop petit écran pour continuer. Mathieu Lamaric décidément ne vous dit pas merci question orthographe de son nom… Quid de cette bizarre question pas si idiote sur la richesse de la sexualité des intellectuels? Eriksen vs répondra peut-etre. Entendons-ns déjà sur l’épistémologie du mot richesse. Jansen la médiocrité, ce st aussi les internautes RdL ou RdC qui chaque jour la badigeonnent ou la déjouent grâce à leurs apports. Ni Pierre ni moi ne sommes des maîtres cenśes s’adresser à des écoliers. Christiane irez-vs voir Gabriel et la montagne?

Janssen J-J dit: 11 septembre 2017 à 13 h 29 min

@ Ni Pierre ni moi ne sommes des maîtres cenśes s’adresser à des écoliers

En effet, mais vous êtes plus présente auprès de vos internautes que ne l’est pierre passouline. C’est la grande différence entre les enseignants à l’EN, les uns s’intéressent à ce que pensent les élèves et en discutent, les autres s’en b… royalement. Voilà tout ce que je voulais suggérer. Aucun « élève » n’est en soi médiocre, et vous le savez bien, chacun a sa personnalité qui ne demande qu’à être reconnue.

petite vidure dit: 11 septembre 2017 à 16 h 39 min

@Chacun, dans le monde entier, a quelque chose de précis à dire de ce moment-là (où étais-je, que faisais-je…).

En vrac … J’étais dans la librairie bordelaise Mollat ; des badauds devisant bruyamment sur un funeste événement m’apprirent que la scène se déroulait à New-York. Des avions suicide fondent sur la ville ! Une demi-heure plus tard à une station service, le pompiste me dit : »Les Palestiniens ont fait le coup ».Confusion. Plus tard Pujadas. Incrédulité. Les moyens de diffusion de l’information ont bien changé en si peu d’années. Davantage que l’actualité du monde.

Annelise dit: 11 septembre 2017 à 17 h 17 min

Tous de la même génération nous souvenons la plupart du temps où nous étions précisément à l’instant où les avions traversant les tours ont été relayés sur les écrans. Le choc etrange et oxymorique du ronronnement doux des moteurs.. tranquillité de la scene des towers empalées avant l’effondrement..Et suis frappée par le fait que pour mes propres neveux et nièces, nés dans les 90′s l’événement fait partie d’une histoire presque fossilisée . .tt comme la chute du mur ou la lutte pour des droits égaux, Mandela . .

Annelise dit: 12 septembre 2017 à 7 h 13 min

8 500 participants, inscriptions closes vu le succès planétaire (en vue d’égaler celui de New York !), des centaines et des centaines de milliers de supporters…cette année j’avais (en plus) un badge presse..le déguisement dieu merci n’est pas obligatoire.. cf le lien.. .De Caunes protégé de la pluie par la perruque et la gliterring jacket.., j’aurais aimé y voir le José Garcia des heures de Canal en Cindy Trofort
http://www.sudouest.fr/2017/09/09/marathon-du-medoc-retour-en-images-sur-la-33e-edition-3762209-4754.php
(Les durs ne dévient pas ni ne s’arrêtent déguster. .stoïques, déterminés en croisant autour de Mouton Rothschild ou de Pichon Comtesse. .) J’attends vos avis sur le film de Fellipe Barbosa
J.D 11h42 on peut lire Immanuel Wallenstein et faire un bon film. .pas tant la question.. puisqu’on évoque en filigrane Balibar, the father, selon ses mots « l’universalisme ne rassemble pas, il divise ».. Amalric, père de ses petits-fils, a commis un opus calqué sur la formule.? ..la pureté aussi est une forme de tyran, comme ts les absolus? Qt à Michon, j’espère qu’il a reçu un cachet à la hauteur. .si ça se trouve uniquement pour lui permettre de mettre du beurre ds les épinards . Déconcertée par Dumont, alors,Christiane?

christiane dit: 12 septembre 2017 à 11 h 00 min

Oui, Annelise,
déconcertée et dans le même temps, dans l’impossibilité de lâcher le film. Je crois qu’oubliant Jeanne d’Arc et l’œuvre de Péguy, j’ai été fascinée par le jeu de cette gamine, la musique, la mise en scène, les danses (Comme dans Petit Quinquin).
C’est dans un univers de ce genre que se cache l’impossible révélation. Les ors de la religion, les mythes de l’histoire ont saccagé ce que Dumont recueille et réinvente : la facilité avec laquelle les enfants parlent à des êtres invisibles, imaginaires (?).
J’ai observé longuement des enfants, dont les miens, enfouis dans des dialogues en jouant avec gravité, qui feraient pâlir des scénaristes…
Cet a-m, je vais donc rencontrer le dernier film que vous évoquiez dans votre billet (« Gabriel et la montagne » (Fellipe Barbosa). Au retour , j’essaierai de dire ici mais j’ai toujours peur d’être trop longue tant j’ai du mal à traduire ces émotions en mots.

Annelise dit: 12 septembre 2017 à 11 h 12 min

Regardez Malick, ou plus généralement l’art de perdre du tps ds certaines scènes …chez Eastwood aussi, pas une question de rythme, au fond. Déperdition vs efficacité, notion dépassée. Vrai ds la poésie comme ds le sport. J.D qd je cours, c’est la solitude de la coureuse de fond

J.D dit: 12 septembre 2017 à 11 h 46 min

« Lecteurs de wallerstein ou Michon ».Feygele,vous savez fort bien que ce n’est pas ce que je reproche .admettez que le film est poseur.Que ce soit mon obédience ne gêne pas pour le voir .Michon vous avez raison ,moyen de donner un fixe au grantécrivain.D’accord avec Phil pour préférer le vinyle qui craque dans le noir .Vous aviez compris ,je suis sûr .Votre insert sur balibar est narquois ,as usual bien amené! Vous ne laissez pas de me surprendre .Par contre pour le marathon ,vu que sur le podium,catégorie homme ou femme ,la 1ère marche était occupée par des tenants de l’équipe des vins familiaux? Congratulations .Quel temps avez-vous mis?

eriksen dit: 12 septembre 2017 à 12 h 03 min

120 BPM
J’ai quelques réticences vis-à-vis des films-témoignages, souvent biaisés par les mécanismes de la mémoire et les enjeux des vivants, tant parmi les auteurs que les spectateurs. Qui par un membre de la famille, qui par un ou plusieurs amis, les spectateurs impliqués sont nombreux. Ce n’est pas mon cas et je ne voudrais pas heurter d’un regard distancié les souvenirs douloureux des uns et des autres. Je les invite à me pardonner ou éviter la suite.
La découverte de la démocratie Act-Up fut pour moi la grande surprise du film : fameuses RH (Réunions Hebdomadaires), ses règles de prise de parole, et les claquements de doigts à valeur d’applaudissements qui pourrait faire figure de leçon 1 de la Démocratie. Quel contraste avec la perception médiatique d’Act-Up à l’époque, où l’affect semblait submerger toute rationalité…
Romain Campillo nous montre au contraire le soubassement rationnel d’Act-Up, voire sa froide rationalité (notamment dans la personne de son président), qui nourrirent et se nourrirent de la théâtralité de ses troupes. Une synergie de stratèges et d’histrions pour rendre la mort la plus visible possible et en faire un scandale : d’un part l’infection mortelle en masse était déjà devenue inadmissible moins de 40 ans après les premiers antibiotiques, d’autre part, dans un monde individualiste et déspiritualisé, pour l’individu qui meurt, c’est « juste la fin du monde ».
D’où une volatilisation des limites et des exigences (de vérité, de non-violence, de respect du discours de l’autre) que supposait notre vernis des Lumières. C’est en cela que 120 BPM est un plus qu’un film-témoignage car il explore aussi la situation paradigmatique que représentait le SIDA à l’époque de la modernité individualiste à son apogée. Est-il légitime d’être violent quand on va mourir ? Est-il légitime de mentir pour soutenir son discours ? Est-il légitime que le discours de l’Autre (celui qui ne va pas mourir) n’ait aucun poids face à l’absolu de sa propre mort ? La fonction d’aiguillon est-elle légitime ?
RC marche sur des œufs et ces questions sont posées à la marge, à discrétion du spectateur, dissimulées derrière les dénonciations (immobilisme gouvernemental, rapacité des labos, complot pour éliminer homosexuels et drogués). Valables ou non, je ne sais, mais les dénonciations sont toujours des faiblesses scénaristiques et ici elles fleurent le politiquement correct de l’incorrect.
Certains ont critiqué la faiblesse de ce qu’ils appellent la « Love Story » de la 2e partie. Elle me semble procéder du même schéma. En surface une histoire d’amours d’une mère géniale et d’un compagnon attentionné, idéal d’accompagnement dans la mort que probablement peu de mourants ont vécu (encore moins si l’on rajoute l’euthanasie). Mais derrière on devine la solitude dans un long tunnel entre la dernière action et la « solidarité » post-mortem. Par la confrontation de cet idéal au passé de Nathan, Romain Campillo parle de la culpabilité, moins d’avoir survécu que n’avoir pas toujours accompagné les mourants comme il aurait fallu.

christiane dit: 12 septembre 2017 à 16 h 17 min

Vous écrivez Annelise, juste avant votre silence bien compréhensif : « L’oeuvre de Barbosa est une lettre d’amitié et de deuil filmée, via la fiction mais retrouvant des pistes, des protagonistes réels, adressée à son ami disparu Gabriel Buchmann, juste aussi dans la façon de retracer un idéalisme naïf, espérant, une ascension sans doute irresponsable, sans retour, mais bouleversante… »
Je sors du cinéma (4 spectateurs dans la salle. idéal pour vivre le film dans le calme d’une salle à moitié vide et ce film mérite cette attention.)
Je n’ai lu aucune critique hors votre présentation. J’essaie donc et je sais déjà que ça va être difficile.
Le premier choc, premières images du film : découverte du « blanc » qu’on cherchait partout. Mort, mais « on ne lui a rien volé. Il semble endormi.
Je m’attendais donc à un retour arrière sur sa vie des derniers mois en Afrique subsaharienne mais la confrontation de ce comédien qui l’interprète (excellemment) avec des vrais témoins qui ont traversé sa vie et qui parfois ont une parole en voix off pour exprimer la mémoire triste de sa disparition m’ont mise en alerte. une fiction un peu chamaniste. Il y avait là un passage de frontières peu commun. Étonnant décalage. Jeu de faux-semblants et de chausses trappes dans ce labyrinthe de ces quelques mois. J’ai retenu une parole de son amie « Tu fuis, tu as fui ». On ne sait quoi mais j’ai eu l’impression qu’elle avait raison.
Une autre dimension de ce Gabriel est étonnante : il veut aller vite, use ses accompagnateurs, sème le dernier comme s’il (hors visa) il avait hâte d’être présent à un rendez-vous. Ce sera la mort, annoncée au début, pourtant il n’est pas suicidaire. Naïf, je n’ai pas trouvé, je dirais sur une autre longueur d’onde. Une autre perspective d’appréhension du monde.
Autre étrangeté du film : il est avant l’arrivée de sa « copine » souvent le seul blanc au milieu de populations locales qui semblent le trouver sympathique mais un peu… fantasque. C’est un voyage, un partage avec le pays réel, une Afrique habitée et quotidienne. Et là encore : frontière. Comme s’il voulait troquer sa peau de blanc « inutile » contre tout ce vivant africain, cette chaleur, ces gosses rieurs, ces femmes ondulantes, ces hommes fiers. Tout ça dans le dénuement des trois pays traversés où ses hôtes mettent joie à lui offrir le repas et un lit, maison simple ou campement. Le lit est partagé.. Les paysages ne sont pas ceux d’un safari même s’il veut voir la migration des gnous, même si nous frôlons les chutes du Zambèze. C’est comme un paysage inquiétant car on ne sait quand et comment il va trouver la mort.
Et la mort lui vient comme si elle l’enfantait dans une position fœtale où il s’endort, posé sur la terre des hautes herbes, sur cette montagne impressionnante dont le dernier guide disait, c’est un territoire interdit et dont la dernière femme rencontrée dans le refuge lui déconseillait l’ascension. Une Pythie ?
C’est un voyageur anti-naturaliste qui refuse le tourisme, l’exotisme et l’instrumentation de l’étranger. Il se veut Massai. Il aime (ait) se prendre en photo (la question du regard est très importante dans ce film et ceux de la jeune femme amoureuse sont sans concession) et écrire son journal (son voyage rêvé ?), en quête d’une autre vie, poétique… Une quête qui n’aurait d’autre objet que la quête : la connaissance… Un territoire où la mort fait partie de la vie.
Ce film est troublant et fascinant, qui lie aussi les deux. Une fiction comme une énigme à la mémoire de Gabriel. Barbosa abolit les frontières entre documentaire et fiction. Un portrait paysagé. Des chemins, des rues, des routes, des pays, à pied, en car, en charrette. L’arrondi de la terre.
Merci, Annelise. Sans vous je ratais ce film incandescent

JAZZI dit: 12 septembre 2017 à 16 h 31 min

« (4 spectateurs dans la salle. idéal pour vivre le film dans le calme d’une salle à moitié vide et ce film mérite cette attention.) »

Une salle de cinéma de 8 places, à Paris, c’est du jamais vu, Christiane !

JAZZI dit: 12 septembre 2017 à 16 h 53 min

Je n’ai vu dans ce film, véritable hagiographie cinématographique d’un pseudo saint laïc, rien d’autre que l’histoire, navrante, d’un étudiant brésilien, fier de ses études dans les meilleures universités américaines, désireux d’aller étudier, au pas de charge (70 jours) et à moindre coût, la pauvreté dans le monde. Que n’a-t-il commencé par son pays ! Et quelle vision des gentils petits nègres !

Annelise dit: 12 septembre 2017 à 17 h 46 min

Jazzi 16h53, ds les transports, pas le tps d’en découdre, là, à l’arrière du taxi. .si vs parlez comme ça du Barbosa, vais vs assommer d’un coup de rôti de boeuf congelé avant de le servir aux internautes RdC ,moi je n’y touche pas, ce sera ma vengeance de petite paysanne charuelo-hitchcokienne. . vs trouve b sévère, il m’a paru au contraire beau que le réalisateur, notamment au travers du regard de la petite amoureuse, mais pas que – les zèbres, mon dieu.. le Masaï qui se voulait plus Masaïs que les Masaïs..- ne fasse pas l’impasse au sujet de notre Dormeur du mont (Gabriel) sur cette légère petite connerie exultante, par définition immature, que l’on nomme jeunesse. .ce feu facilement imbécile, exalté, fatigant sûrement d’un idéalisme encore mal pesé qui se jette au visage de tout, embrasse tt, veut y aller. . des coins d’ombre,des zones ambiguës (l’argent, qui l’a noté? je crois Radio..bien vu..) ms aucun rassissement de rien.. .Un ami, médecin humanitaire de haut vol, m’a tjs dit, quelquefois les larmes aux yeux « ce st les pires ».. en même tps, Dieu fasse que cela ne passe jamais tt à fait ? Si si. .je trouve un bel in memoriam plus complexe que ce que vs dites

JAZZI dit: 12 septembre 2017 à 18 h 59 min

Le seul avantage du film de Barbosa, c’est de nous offrir un voyage éclair à travers l’Afrique transsaharienne, depuis les dernières neiges du Kilimandjaro aux chutes du Zambèze. Du tourisme, à base de trekking et d’ethnologie de pacotille, pour bobos pressés…

On préfèrera relire, plus tranquillement, Amadou Hampaté Ba, celui qui disait que lorsqu’un vieillard disparait en Afrique, c’est toute une bibliothèque qui brûle. Extrait de la cérémonie de la circoncision chez les jeunes Peuls de sa tribu :

« Quand les jeunes gens arrivèrent dans la cour, Lenngui [une griotte locale renommée] leur lança une harangue chantée destinée à exciter leur courage :

O jeunes garçons, soyez braves !
Ne vous conduisez point en étalons ombrageux.
Bientôt votre chair connaîtra
la morsure du couteau tranchant.
Le fer fera gicler votre sang vermeil,
mais qu’il ne fasse pas jaillir vos larmes !
(…)
Quand le forgeron coupera, plaisantez avec lui !
Frappez légèrement sa tempe
pour le punir d’avoir osé toucher
à un membre qu’il aurait dû respecter
comme celui de son propre père.
Et pour montrer que vous n’avez pas peur,
dites-lui de recommencer !
(…)
Prouvez demain que vous êtes virils,
et la communauté reconnaîtra votre majorité !
Chaque parent se levait à nouveau pour venir encourager le futur circoncis et lui promettre, s’il supportait l’épreuve sans broncher, de lui donner une ou plusieurs vaches laitières qui constitueraient le début de son petit troupeau personnel.
Les jeunes gens entraient à leur tour dans le cercle en esquissant quelques pas de danse. Les griots les y incitaient :
« Premier fils de son père, as-tu peur de la terre ? Si tu n’as pas peur, saute, danse, frappe-la de tes pieds, que je vois les talons soulever la poussière !… »
Quand le ciel commença à s’éclaircir, les jeunes gens, toujours en file indienne, furent conduits sur les bords du Yaamé. Ils traversèrent la rivière. Chaque garçon, accompagné d’un parent-témoin, portait la brique de terre qui lui servirait de siège pendant l’opération. Les femmes et les enfants n’étaient pas du cortège.
Arrivé au pied des deux grands balanzas qui avaient abrité de leur ombre des générations de circoncis, chaque garçon s’assit sur sa brique, le dos tourné au soleil levant. Bougala, le forgeron circonciseur, leur demanda d’étendre leurs jambes en les écartant le plus possible. Mon frère Hammadoun devant être opéré le premier, Bougala vint se placer devant lui. Il ouvrit une noix de cola en deux et en plaça chaque moitié entre les molaires du fond de la bouche de mon frère, une à droite et une à gauche, afin que l’on puisse y mesurer ensuite la marque de ses dents, indice de son courage. Se saisissant de son membre, il tira sur le prépuce de manière à renvoyer le gland le plus loin possible en arrière, puis attacha solidement la base du prépuce avec une petite ficelle, mettant ainsi la chair du gland hors de portée de sa lame. Il prit le couteau, fixa mon frère et dit :
« Hammadoun, fils de Hampâté Bâ, tu vas être le premier à verser ton sang comme prix de ton admission dans le camp des adultes. Tu vas être un homme, à toi de prouver que tu en es digne. détourne les yeux, que je sectionne ce qui te classait parmi les gamins incirconcis.
- O vieux père Boulaga, répondit Hammadoun, tu voudrais que je tourne le dos le jour de mon premier engagement avec le fer ? Que dirais-tu de moi ? Ne suis-je pas aujourd’hui le chef qui doit conduire ses compagnons ? Wallaye ! (Par Dieu !) c’est sous mes yeux bien ouverts que je veux te voir couper ce prépuce qui retient ma majorité et me maintien parmi les bambins. Coupe, ô vieux père et coupe bien !… »
Bougala sourit et d’un coup de couteau adroit et rapide, en prononçant la formule musulmane « Bismillâhi errahman errahimi » (Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux), il trancha net le prépuce d’Hammadoun. Celui-ci éclata de rire, appliqua sa main droite sur la joue du vieux forgeron comme pour le gifler, cracha ses deux noix de cola et s’écria :
« Filla fa fillo Bandiagara ! (Recommence [et que cela dure] jusqu’à faire le tour de Bandiagara !) Recommence, vieux père, je t’en donne l’ordre ! » et il se mit à chanter d’une voix claire la devise de Bandiagara.
Le vieux Bougala présenta aux parents le prépuce d’Hammadoun et les deux moitiés de noix de cola sur lesquelles ses dents n’avaient imprimé qu’une marque légère. « Koulou diam ! Hourra ! s’exclama-t-il. Le fils de Hampâté a traversé le fleuve de l’épreuve à la nage malgré les crocodiles ! » Et il poursuivit ses opérations sur les autres garçons, qui avaient à cœur d’imiter l’attitude d’Hammadoun. »
(« Amkoullel, l’enfant Peul », Acte Sud)

Phil dit: 12 septembre 2017 à 19 h 37 min

Dear Baroz, avez-vous vu « Wound » ? (sorti en France peut-être sous un autre titre). c’est la circoncision en Afrique gay et plutôt réussi (le film, pas la circoncision qui fait aussi mal à l’écran que celle de votre texte (ne lisez pas trop vite)
Eriksen, la deuxième fois sur ce fil, vote « I like » pour votre recension des 120battements. retenons « un monde individualiste et déspiritualisé ». qui n’a plus de mythes, écrit Debray (qui ferme les fenêtres quand la gaypride défile dans sa rue).

christiane dit: 12 septembre 2017 à 19 h 48 min

Jazzi,
Amadou Hampaté Ba, oui, livre très juste mais aussi Cheik Hamidou Kane « L’aventure ambiguë ». Voyage inverse de ce fils, Samba Diallo, qui quitte son village pour faire ses études en France, exil et brèches identitaires. Il sera déchiré à vie entre deux cultures.
C’est vrai, Annelise, que Gabriel a un rapport à l’argent pas clair quand il marchande dans le souk ou au cours de son voyage. Il accepte de recevoir, a du mal à donner comme saisi d’une angoisse de survie. Mais quel beau film.
Tu m’as fait rire avec « la salle à moitié pleine ». C’est mon ressenti des deux rangées où étaient assis les 4 spectateurs. Le reste, les 3 premiers rangs étaient vides et dans la pénombre.

puck dit: 12 septembre 2017 à 20 h 25 min

toujours pas vu le film mais j’ai croisé un tas de gens qui disent l’avoir adoré, de quoi remplir une salle pleine.

je ne vois pas trop l’intérêt de dire tout le bien qu’on pense d’un film à type qui l’a pas vu et qui compte pas le voir.

c’est comme parler des aspects merveilleux de l’ascension du mont blanc à un type qui a le vertige, ou de la traversée de l’atlantique à un type qui a le mal de mer.

en fait c’est juste pour se la péter, parce qu’ils commencent toujours pas demander : t’as vu le petit paysan ? non ? tu l’as pas vu ? j’te jure sur la torah c’est le meilleur film de l’année !

en plus ces crétins ils n’ont même pas lu la torah.

P. comme Paris dit: 13 septembre 2017 à 1 h 58 min

Les Peuls,
une façon d’être,
si vieille qu’elle a façonnée leurs corps.
Mes yeux savent reconnaitre la démarche d’une femme peul.

tristan dit: 13 septembre 2017 à 4 h 15 min

Le sida c’est quand même, sauf cas exceptionnel, une des rares maladies que tu peux ne pas avoir si tu décides de ne pas l’avoir, non ?

en passant dit: 13 septembre 2017 à 5 h 50 min

« comme saisi d’une angoisse de survie.  »

il a l’air de souffrir d’être en décalage par rapport à ce qui l’entoure, à commencer par son milieu ou pays

en passant dit: 13 septembre 2017 à 5 h 51 min

tristan dit: 13 septembre 2017 à 4 h 15 min
à l’époque il y a eu aussi les transfusés , on ne connaissait pas

JAZZI dit: 13 septembre 2017 à 7 h 07 min

Petite cuvée cette année, parait-il, à Venise.

Le palmarès de la 74e Mostra de Venise

Lion d’or
The Shape of Water, de Guillermo Del Toro.

Grand Prix
Foxtrot, de Samuel Maoz.

Prix de la mise en scène
Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand.

Prix d’interprétation féminine
Charlotte Rampling, pour Hannah.

Prix d’interprétation masculine
Kamel El Basha, pour L’Insulte.

Prix du scénario
Martin McDonagh, pour Three Billboards Outside Ebbing, Missouri.

Prix du jury
Sweet Country, de Warwick Thornton.

christiane dit: 13 septembre 2017 à 7 h 11 min

Je vous ai lu, « en passant », tous vos commentaires… Oui, il souffre mais il a à se dépouiller de ce qui lui brouille la conscience dont l’argent. Il laisse progressivement ses sacs, ses habits, ses fameuses sandales en pneu (cadeau). Et s’est allégé de toute cette futilité qu’il s’endort dans la mort.
Le fait comme le soulignent Radioscopie et Jazzi que ce soit un jeune issu d’un milieu bourgeois, se transformant en globe-trotter une année donne encore plus de force à son aventure intérieure, à sa quête têtue. Rien ne le retient,ni sa compagne encore peu connue, ni les recommandations des guides, des amis de passage, ni les nuages qui envahissent la montagne, ni l’épuisement. Il va, hélé par plus fort que lui…
A l’instant je découvre celui de « P.comme Paris ». Sa remarque sur la façon dont les femmes Peul marchent, éveille en moi le souvenir de la première scène du film. Une chorégraphie : la marche rythmée et répétitive, magnifique, des deux coupeurs d’herbes à l’amble. Leur coup de serpe, le tapotement de la poignée d’herbes qui libère une poussière dorée, et leur gerbe dans le creux du bras où elles se posent. Se faisant, ils gravissent paisiblement et sûrement le flanc de la montagne herbeuse jusqu’à ce que l’un d’eux découvre Gabriel. Or, non seulement ce geste est beau, ainsi que le bruit de la serpe et des herbes mais en plus il y a mise en place par ce choix d’une des symboliques de la mort et de sa faucille. C’est admirable de beauté.

JAZZI dit: 13 septembre 2017 à 7 h 55 min

Oui, cette première scène est la plus belle du film, Christiane. Tout à la fois rapide, dans le geste, et lente, dans la progression répétitive. Un rythme qui sera rompu, hélas, par l’entrée en scène, en flash-back, de notre saint Sébastien ! De quel symbole est-elle le nom ? Il y a aussi le fait que le héros, qui a perdu son père, enterre dévotement sa photo au pied de la croix située au plus haut point d’une montagne. Ici, l’humanitarisme est à base de gestuelle chrétienne. Un évangile qui nous est restitué par le témoignage des adeptes africains…

en passant dit: 13 septembre 2017 à 9 h 12 min

Christiane
Oui pourquoi serait-ce ridicule, condamnable, d’être en porte à faux, et désespéré de ne pouvoir remédier non plus au décalage énorme entre bourges (richesses) et le dénuement -
Il avait le projet de combattre la pauvreté
Et quand on voit le degré de corruption …

(« la marche rythmée et répétitive, magnifique, des deux coupeurs d’herbes à l’amble »

comme au début des temps, qu’il aurait essayé de remonter ?

christiane dit: 13 septembre 2017 à 9 h 24 min

Ah oui, Jazzi, la photo du père, enterrée au sommet de la montagne. C’est une œuvre très symboliste, une filiation entre vivants, morts et esprits de l’Afrique et cette sorte de grotte entre les flancs de la montagne, maternelle, où son corps repose. Il ne sautille plus frénétiquement, ne court plus. Il disparait pour de bon, l’Afrique l’a endormi. Il fusionne avec son rêve secret : escalader seul le mont Mulanje, sa montagne.
Fellipe Barbosa a construit un tombeau mystérieux à son ami dont le nom emplit l’écran au début du générique. Un film qui a une grâce, une légèreté mélancolique.

christiane dit: 13 septembre 2017 à 9 h 27 min

Comme c’est juste, « en passant » et quelle présence de la jeunesse et de ses rêves idéalistes d’amitié, d’égalité, de reconnaissance de l’autre. Un Fanfan la Tulipe, en Afrique !

christiane dit: 13 septembre 2017 à 9 h 28 min

« comme au début des temps, qu’il aurait essayé de remonter ? »
Cette pensée, « en passant », je ne la commente pas, je la garde comme un trésor…

JAZZI dit: 13 septembre 2017 à 9 h 47 min

« Fellipe Barbosa a construit un tombeau mystérieux à son ami dont le nom emplit l’écran au début du générique. »

Et dont les images réelles se substituent à celles du film en générique de fin, Christiane. Mais là où tu as vu une certaine légèreté, je ne vois que morbidité complaisante. Il faut mentionner aussi le bon choix de la musique de fond qui ponctue les images. J’ai trop le…
http://www.mercuredefrance.fr/livre-Le_goût_de_l_Afrique-2247-1-1-0-1.html

christiane dit: 13 septembre 2017 à 10 h 54 min

Jazzi,
tu écris : « Et dont les images réelles se substituent à celles du film en générique de fin »
Il m’avait semblé mais j’avais les yeux un peu… mouillés.

Annelise dit: 13 septembre 2017 à 13 h 16 min

La photo enterrée. . dédicace rituelle révélant en creux un manque, une faille ou un deuil inaccompli qui attisent une fringale d’ altérité compensatrice – ms accomplis, les deuils le st-ils jamais entièrement qd on a aimé, qu’on aime? Helas G ne vivra pas l’emoussement du temps qui, sans l’ôter, transforme la brûlure, le désespoir révoltants en dispositions élargies à la douceur, l’affectivité, le possibilité de peut-être réhabiter une façon de vivre plus personnelle et équilibrée que la grande oblation , le désir de rencontre « sans limites » de tous qui parfois masque la difficulté à s’intéresser à un seul, plus proche mais menaçant et pratique à retoquer, car finalement pas à la hauteur de l’idéal éclipsent.. Qq chose à dépasser, avec lequel se mettre en paix. Le film de Barbosa aborde cela finement. La scène du début m’a fait penser au champ que foulent (Eric) Elias Koteas et Christina (Mia Kirshner) tout émus sans doute d’un amour entre eux naissant, ds « Exotica », avant que. . L’innocence, leur jeunesse elle-meme soient à js altérées par l’inhumanité de la découverte du petit corps

christiane dit: 13 septembre 2017 à 14 h 09 min

C’est très subtil, Annelise, cette méditation. On dirait que vous avez vécu mille vies. Vous avez donc rencontré et aimé ces êtres fragiles qu’on ne remarque pas, ces visages timides, presque transparents. Et vous avez fait halte.
Gabriel poursuit un souvenir en vain. Une incertitude. L’ailleurs est en lui et il ne le sait pas…
Oui, certainement, il lui a manqué du temps mais on ne le sait pas, avant, que l’étau se resserre. Plus tard, il y a le manque, ce bruit léger des fantômes, ce silence de leur absence dans le quotidien. On a l’amour qu’on peut. C’est une histoire de temps.

Paul Edel dit: 13 septembre 2017 à 15 h 27 min

Qui va parler du « Redoutable »? et du couple Jean luc G. et Anne W.?vu par H. ?ça mérite débat, et pas strangulation lente au fond d ‘une page , genre Libé de ce matin.

Emmanuel dit: 13 septembre 2017 à 16 h 53 min

Cévré kissi lépost sont bon:;Sseux de christy ssu la montagne et de Ricain ssu ssanvin,respect;.@4.05,ssasser akoi dslever to pour écrire ssa?Suivant kté pd ou nhémophil,lauré phallus faire en différences ??;Onnapassu desuite comenssa ssassatrapait ..;lfé transmettre esspré ,voui ssa devré êtes puni parlaloi!! au mem tit kun crime .; sapré jazzi 18.59 kinou rfile lrécit dlinitiation kanton tlcoupes!;,jamé jferai ssa;jmen fou ssicé culturel  »jtiens amma b… Amon couteau aussi;
Annelise ,pti oiseau à 17.46,;jlaîqueue afon vot »petite connerie exultante qu’on appel ljeunage « ;.;ssé trébo ; et « le rassissement de rien « ;au deb j’avions lu lverb « rassasier « .Ssé bocou plufor ckevou écrivez .;Christy técrit « pas naïf « ,léssu une ote longueur d’ondes »:;bin ssi tappel passa ettenaïf dconfondre l’appétit dézot’ & l’appétit dézot assujetti até fantasms,comman tukalifissa?;

christiane dit: 13 septembre 2017 à 18 h 44 min

Emmanuel,
toujours aussi simple de vous lire !!!
Pas naïf avec l’argent.
Pas naïf dans cette tranche de vie mais allant trop vite des uns aux autres, trop vite avec sa copine, trop vite dans ses randonnées. Il me fait penser au lapin qu’Alice (au pays des merveilles) voit passer et avec qui elle ne peut dialoguer car il court toujours, regarde sa montre et craint toujours d’être en retard. Il ne prend pas le temps de vivre ces belles rencontres, ces paysages extraordinaires, les heures qui passent. C’est un marathonien ! (sourire à Annelise en son odyssée dans les vignes du Médoc)

alley cat dit: 13 septembre 2017 à 19 h 01 min

@P. comme Paris dit: 12 septembre 2017 à 10 h 19 min
OU EST LE PINARD ?.

Pas de panique. Ainsi qu’il a été finement suggéré, Michon a capté tout le rouquin à portée de main ; d’où un triste panorama de coureurs, ni pinard ni gens beurrés pour égayer les images (loi Evin oblige ?)

aparté dit: 14 septembre 2017 à 6 h 25 min

Jazzi
Félicitations pour surnager au milieu de beaufs et petits marquis qui se gaussent de KD et n’y comprennent rien (la mégère baveuse cette espèce de hyène qui l’accuse de sexisme atteint les cimes de la c..), alors qu’il ne cesse de l’intérieur de mettre en garde contre les dangers qui guettent et frappent

Petrus dit: 14 septembre 2017 à 9 h 03 min

Il a été dit beaucoup de choses, sur ce blog comme ailleurs, à propos du « Barbara » de Mathieu Amalric qui, manifestement n’a pas fait l’unanimité. Je ne suis pas fan de Barbara dont les chansons ont pourtant bercé mon enfance ; ma mère, elle, l’adorait. Ceci explique peut-être cela… Néanmoins, je me suis laissé séduire. Par Barbara ou par Jeanne Balibar ? Telle est la question que nous pose et nous propose assez malicieusement Amalric qui réalise ici, à mon avis, son film le plus abouti (y compris techniquement) avec des jeux et des effets d’abyme (à l’image comme au scénario, cosigné par Philippe di Folco) intelligents et sophistiqués. C’est une belle réflexion sur le vrai, le faux, la fiction, le docu, le cinéma, quoi. Quelqu’un a reproché à Amalric de se desplechiniser, moi j’ai bien aimé le dernier Desplechin, ou l’histoire d’amour des personnages était joyeusement entortillée à celle tournait le héros réalisateur, interprété, précisément par Amalric ; alors pourquoi pas. « Barbara » ne doit pas être vu comme un biopic mais comme un film librement inspiré par Barbara. L’expression « l’envers du décor » y prend tout son sens. Sa seule faiblesse, j’en conviens, c’est Pierre Michon qui s’est fourvoyé là comme Tobie Nathan dans le « Ils sont partout » de Yvan Attal.

J.D dit: 14 septembre 2017 à 11 h 08 min

Ach ach .Le nom du cru pomerol a planté le couteau loin en reparlant de mentsh T.Nathan dans le film de Y.attal!! Le feygele en avait fait une critique croustillante ,très post-moderne.Le film m’avait donné envie de casser la g.à Lellouche.on ne fait pas ça impunément .ou c’est du racisme confessionnel,une insulte à l’humour du tonneau de gad Elmaleh qui se paie la tronche des asiatiques en les appelant les nems .quel niveau ! Dire qu’ils ne sont même pas goyim.Pas que le cheveu sur la soupe Michon qui gêne ,mon cher .Rien de comparable toutefois entre le sympathique AmaLric ,Jeanne Balibar gracieuse et cette b.
P.Edel ,redoutable JL. le Garel du mois porte pas mal la tonsure .Les affiches sont alléchantes .MMe Wiazemsky pas mal servie.Pas retrouvé libé dont vous parlez .Qu’est ce que ça dit ? Vous l’avez vu?

christiane dit: 14 septembre 2017 à 11 h 17 min

Oui, Petrus, le chemin est difficile mais vous avez certainement raison. Il faut séparer la mémoire que l’on a de Barbara pour entrer dans ce film étrange. Le lien offert par Ericksen des émissions sur France inter pour la mieux connaitre sont épatants.
Maintenant faire le lien entre Brigitte qui doit jouer la longue dame brune et un biopic ou le livre de Tournier Barbara ou les parenthèses c’est un peu comme Les exercices de style de Queneau, des variations…
Amalric ? Son style, son rythme, brouillent la vérité de ces deux femmes, en partie doubles. L’occasion de délirer, chanter et percuter la vie de Barbara.

JAZZI dit: 14 septembre 2017 à 11 h 23 min

J.D, un extrait de ce que dit Libé, pour en savoir plus, il faut payer !

« Le film de droite déguisé en biopic élogieux, déguisé en foutage de gueule, déguisé lui-même en film de Godard, déguisé quant à lui en faux militant de gauche, etc. »

Paul Edel dit: 14 septembre 2017 à 12 h 35 min

Vu « Le redoutable ». Une acrobatie de Michel Hazanavicius,le malin,, le malicieux, le nostalgique d’un cinéma disparu.. entre coup de rétroviseur des années 60-70 et situation actuelle. Confuse ?.. le film pose des questions.. Qu’est-ce que vieillir avec une idole et un marqueur d’une époque ? Où sont passés les karina et les Macha Meril d’antan ?.. Que ressentait- t-on quand Godard nous livrairt « Vivre sa vie » où il filme et photographie Anna Karina comme personne.. ouquand, dans une salle de province à moitié vide on découvrait « une femme mariée « et ses plans de dos de femme avec une main d’’homme en travers.. ou le choc incroyable :« le mépris » quand Godard filme Bardot et Piccoli comme personne.. Enfin, avec ce « mépris », on voyait pour la première fois en France certaines couleurs en scope ( immense écran ouvert avec travellings sur le fonds ble du ciel.. et ke bleu piscine à reflelts que traverse une minuscule sirène. Et cette terrasse de la villa Malaparte digne de l’Odyssée..) c.o,n voyait enfin, il nous ouvrait les yeux.c’était le choc si nouveau des freres Lumière, mais come on voit des couleurs avec certains Picasso.. insondable azur des dieux perdus.., et cette jupe jaune d’assistante à chevelure rousse , la démarche légère, à l’accent italien charmeur.. parmi des gens lourds…. des gens de cinéma qui crient, hurlent.. ,.Et cet appartement pas fini cloisons blanc de plâtre partout….le regard de dieux en plâtre, eux aussi.. un rouge alfa.. des villas avec escalier péplum. un couple, un vrai, se détériore à coup de bouderies, de silences, de phrases ,ans retour possible.. Au bord d’une mer odysséenne paradisiaque.. Michel Hazanavicius aimait le Godard première période ;et il se demande ce qui s’est passé en quelques mois pour qu’n le perde définitivement d’une manière aussi abrupte..
Michel Hazanavicius analyse et filme donc deux choses :1)le regard d’une femme amoureuse(Anne W.) qui ne comprend plus celui qu’’elle aime(Jean Luc)
et2) le plongeon- suicide artistique de jean- Luc qui se dissout dans le groupe Dziga Vertov . Ce harakiri en direct d’un cinéaste prodigieux inventeur de Formes, on y assiste, accompagné par le regard d’une femme tendre et lucide.. et blessée. On voit comment une révolution personnelle(jean luc) veut rejoindre une révolution sociale et sociétale qui nous hante tous encore..(je parle de ma génération qui a eu 25 ans en 68..) Tres digne et très impressionnant. ce Jean Luc. Incompris.. rigolo dérisoire dans son combat (on évite tout pathos, merci ..) Tout ça est une démarche digne, difficile pari à tenir en images et séquences tant la grammaire godardienne et les souvenirs de ses films dévorent tout.. ..Attrapez donc l’air du temps comme le fit Aragon dans ses romans.. Casse gueule !..lui qui se fit jeter du Boul Mich par les étudiants mao…. Donc film sur un cinéaste en pleine mue violente et quasi suicidaire…. Mais Godard est un phénix. Il lui fait régulièrement une odeur de brulé et des cendres.
J’ai aimé les plans qui célèbrent célèbrent le jean -Luc de « Une femme mariée », ou de « masculin/féminin »
Sur Mai 68, ça glisse vite et tant mieux tant il y a de paramètres et ce serait un autre film.. Je me demande pourquoi la comédienne qui joue Anne W. ressemble à Chantal Goya. Humour ? Hommage à masculin fémiunin ?Fantasme personnel du cinéaste ? ou de la comédienne ? fantôme de la frange d’Anna Karina ?.. je me demande aussi ce que peuvent penser les jeunes générations quand on leur montre une Cournot râleur, ours bourru, en pétard contre ce festvalde caennes qui lui a dérobé son film « les gauloises bleueues.. » .. si on ne sait pas que le critique de cinema Cournot a allumé le jean luc Godard première manière . Quand Cournot écrivait dans ‘l’express « ce film mal fichu,mal éclairé, mal tout » à propos des « carabiniers .. l’ autre n’a pas oublié.. liquider un film en une ligne.. ça ne s’oublie pas !…. Enfin aussi hommage à Raoul Coutard et son Ilford HPs d’a bout de souffle.. à l’Agfa Rekord du « petit soldat » ,lettres d’un bleu ou rouge néon des génériques.. ce Raoul Coutard qui a permis à Godard de trouver le fauve des couleurs façon Delacroix.. ces couleurs romantiques et sauvages de « Pierrot le fou » qui scient la rétine.. .
Michel Hazanavicius , a l’air , sans avoir l’air d’’y toucher, de poser la question : comment filmer en France depuis ce jeune Godard ?..oui, j’aime bien ce film fragile, morose, distancé ,pudique, avec un ou deux gags à la Mac Senett.. Michel Hazanavicius regarde bien les femmes et les trattoria italiennes. Il a visiblement la maladie et la fièvre d’’une époque cahiers du cinéma.. sa jeuensse. ?. Quand les critiques et les cinéastes étaient les mêmes( de Rohmer à Chabrol.. de Luc Moullet à Rivette) .Ces gens de cinéma parlaient à 4 heures du matin,piazza Navone, de la morale ou de l’immoralité d’un travelling… Michel Hazanavicius examine et nous livre avec précaution et ferveur les diapos d’ une époque, la révolte d’un homme, l’effacement d’un couple. Le passage étoile filante d’un Bertolucci est un curieux calligramme, le passé, un puits…Il sonde tout ça rapido mais avec beaucoup de finesse ; et aucun cynisme, comme voudrait nous le faire croire le papier vicelard de Libé de mercredi dernier.
Regardons une fois de plus la scène de rupture entre Jean Luc et Anne, filmée par Michel Hazanavicius : c’est un moment de cinéma.

JAZZI dit: 14 septembre 2017 à 12 h 51 min

Oui, en tout point d’accord avec toi, Paul. Et tout cela, sans nostalgie aucune, mais avec beaucoup d’humour, ramassé sur un court laps de temps, celui du couple, guère plus d’un an. Un moment clé dans la carrière de Godard, qui passe de la production traditionnelle à l’autoproduction. J’avoue préférer le Godard de la première époque… Il faut souligner le jeu éblouissant de Louis Garrel, qui lui offre en plus sa beauté ! Je me demande ce que Godard pense du film ? En est-il agacé, flatté, inquiété par son côté nécrologique ?

alley car dit: 14 septembre 2017 à 19 h 13 min

(…
D. : Ce dont vous parlez est souvent désigné sous le terme anglais « found footage ».

JLG : « Found footage », bah voilà.

D. : Par exemple, il y a quelques réalisateurs autrichiens qui travaillent dans ce genre.

JLG : Quels réalisateurs ?

D. : Gustav Deutsch ou…

JLG : Je ne le connais pas. Moi, je ne vois presque rien. Ici, quelquefois dans un journal je vois qu’on parle d’un film, et je demande une copie, je demande si je peux avoir un DVD pour regarder, pour me tenir un peu au courant. Ce que Anne-Marie ne fait plus du tout.

D. : Et comment les choisissez-vous, ces films ?

JLG : Bah, je me dis : « Là, il y a peut-être… » J’espère trouver (c’est un peu utopique ou nostalgique) quelque chose qu’autrefois, à l’époque, on découvrait, plus ou moins à tort, et on en faisait d’énormes phrases dans les Cahiers du cinéma. Mais il y avait… Tout à coup, on s’est dit : « Ah, ça, c’est possible », par rapport au cinéma français dans lequel on avait été élevé. Moi, je suis venu assez tard par rapport à d’autres, par rapport à Truffaut, Rivette ou Rohmer. Moi, je suivais, je regardais, je ne disais rien.

D. : Mais A bout de souffle est sorti moins d’un an après Les quatre cents coups. Pas beaucoup plus tard.

JLG : Non, non, mais après. Disons, on est plutôt deuxième….)

Via débord/ements
http://www.debordements.fr/Jean-Luc-Godard-608

JAZZI dit: 14 septembre 2017 à 20 h 46 min

Aux Cahiers ou a Libé, Ils se veulent plus Godardiens que Godard !

Cahiers du Cinéma :
« Derrière les multiples couches de vintage, plus grand-chose ne vibre : ni l’ébullition paradoxale du moment, ni l’appétit d’invention du cinéma d’alors, ni la relation entre un artiste et son égérie. »

JAZZI dit: 15 septembre 2017 à 18 h 14 min

Ils peuvent s’en passer, Phil. Téchiné aurait mieux fait de s’attaquer frontalement au Eddy Bellegueule, comme il en avait eu l’intention. Au lieu de quoi, il remâche le passé (la Première Guerre) dans un film sans fiction : « D’après l’histoire vraie de Paul et Louise Grappe ». Malgré une bonne idée de départ, ça ne décolle pas, ça s’étire, j’ai baillé, et me suis passablement emmerdé…

candide dit: 15 septembre 2017 à 18 h 40 min

de l’heure des séances et de l’art de voir un film. on pourrait aussi bien évoquer l’influence de la pression atmosphérique, de l’hygrométrie du lieu, du dernier repas en cours de digestion, du moyen de locomotion pour se rendre sur le lieu de projection … mille et une chose dont le critique doit à la fois faire fie et considérer avec la plus grande importance quand il s’agit de se mettre à la place d’autrui, sa cible et son client, pour l’inciter à voir telle réalisation plutôt que telle autre … quant aux préjugés culturels et aux conseils qu’on vend au plus offrant

JAZZI dit: 15 septembre 2017 à 18 h 57 min

candide, je vais au cinéma à pied ou en vélo, l’esprit clair et l’estomac léger. De préférence en semaine, l’après-midi. Des balades quotidiennes d’une heure ou deux, en passant toujours par un parc ou un jardin, dans divers quartiers de la capitale. Parfois, devant un cinéma, j’entre voir le premier film qui commence, sans choix préalable. C’était le cas hier, avec « Les Grands Esprits », pour Denis Podalydès. Je ne l’ai pas regretté…

Phil dit: 16 septembre 2017 à 0 h 09 min

baroz, l’affiche de Techiné rappelle le Frantz de Ozon, les producteurs mettent leurs billes dans la guerre de quatorze plus sexy au cinéma que la suivante.

JAZZI dit: 16 septembre 2017 à 7 h 23 min

Oui, Phil. Mais là où chez Ozon c’était plutôt réussi, chez Téchiné, ça coince. De grandes aberrations dans le scénario. L’histoire de cet homme déserteur, qui, pour éviter le peloton d’exécution, se déguise en femme, sous l’impulsion de sa compagne, malgré ses grandes réticences, est censée se dérouler de 1914 à 1925 environ. Au début de la guerre, celle-ci est enceinte. A la fin, longtemps après l’armistice, leur bébé, qui ne marche toujours pas, n’a guère plus d’un an ! Paul, devenu Suzanne, se prostitue au bois de Boulogne et aime tellement çà, qu’il a du mal par la suite à redevenir le mec viril d’avant guerre qu’il était ! Téchiné nous fait le coup de l’histoire en abîme, avec la vie de Paul racontée parallèlement en scènettes dans un cabaret de Montmartre. C’est les années folles d’une folle qui s’ignorait ! Les comédiens, tous excellents, font ce qu’ils peuvent pour porter ce mauvais roman de gare adapté à l’écran sans le génie de Godard… Et la presse, quasi unanime, crie au chef-d’oeuvre. Sophie Avon est une rare à se montrer plus réservée. Et je comprends qu’Annelise prenne du recul par rapport au beau métier de critique cinématographique…

Annelise dit: 16 septembre 2017 à 7 h 47 min

Cher Jazzi, j’aime aussi laisser du champ, vous lire. De belles pépites à vs laisser prendre chacun la barre.. regardez les notules d’Eriksen, les comm de Phil ou de Radio, vos dévelpments ou ceux de Christiane, CP, Paul ou Petrus. .Quoi de mieux que de fomenter le libre arbitre, hors magistère? Nveau billet lundi, vs remettant sur la piste de 3 films
Harry Dean Stanton est mort. .ms non, je ne fais pas de nécro

eriksen dit: 16 septembre 2017 à 10 h 13 min

Gabriel et la montagne
Dès la première scène, le routard homérique a déjà subi la sanction de son hubris. Ce film hommage est construit comme la chronique d’une punition annoncée et le metteur en scène Philippe Barbosa n’épargne pas Gabriel, son ami disparu. Les excès du néo-colonialisme routard sont décrit par le menu avec, comme trait principal, l’irrespect de la mesure.
La Montagne, le Monde sont ses territoires de conquête et ces ascensions une métaphore de sa relation à la nature et au monde : obsédé par le but et aveugle au chemin.
Son écoute aussi est empêchée. Qu’entend-t-il vraiment de ses hôtes en jouant à Massai- Massai et demi ?
Même s’il ne semble pas malhonnête, aucun de ses actions n’est vraiment à son crédit (on est loin de l’héroïsation suspecte de « Into the wild »).
Coté africain, quelle justesse de Barbosa dans ce mélange d’intérêt financier, de curiosité, de mépris et de soumission.
Et parfois d’amitié… pour ceux qui y croient.
Ou ceux qui la méritent.
Gabriel est peut-être quand même de ceux-là… Des africains témoignent d’amitiés… Le reste du film étant à charge, ils ne viennent pas en appui d’un héros, mais en rédemption d’un idiot.
Un grand idiot blanc qui fut sur la liste d’attente de Harvard.

Phil dit: 16 septembre 2017 à 10 h 17 min

merci dear baroz pour votre synopsis décomposant. faites-moi comme mi, rarement une virée cinéma au delà de 1960. Vu un film de Jacques Rozier de 73 pour retrouver l’atmosphère de ces années, mais déçu par une évocation à moitié ratée ou réussie(premier rôle de Menez, pas mal du tout)

JAZZI dit: 16 septembre 2017 à 11 h 33 min

A trop fréquenter la cinémathèque, Phil, vous allez sentir la naphtaline !
Heureusement que vous allez vous aérer régulièrement au festival de Berlin !

JAZZI dit: 16 septembre 2017 à 11 h 35 min

J’ai été surpris d’apprendre que Louis Garrel avait convolé en juste noces en Corse cet été avec la belle Laetitia Casta. Il n’est donc plus le beauf de Sarko !

Phil dit: 16 septembre 2017 à 12 h 17 min

dear Baroz, tout est question de dosage, trop de navets nuit aussi au goût de votre canard.
Les cinémathèques de tout pays interdisent les mâcheurs de popcorn et proposent des filmographies complètes dans une qualité d’origine, avantages indicibles qui font passer le goût du cinéma multi(com)plexé.

JAZZI dit: 16 septembre 2017 à 12 h 30 min

Le tout est de savoir doser les deux, Phil. Mais un cinéphile accompli se doit d’avoir visionné les « filmographies complètes » dans son jeune âge ! Prenez exemple sur Paul Edel, qui, jouissant d’une honorable retraite, n’hésite pas à aller admirer les jeunes nuques d’actrices contemporaines…

J.D dit: 16 septembre 2017 à 12 h 33 min

Ericksen 10.13.je salue le post !Vous rejoignez la réflexion d »‘Annelise ,12/09 à 17/46 (que j’ai trouvé ,vous me direz si c’est à tort ,Feygele ?) d’une bouleversante compassion quand elle parle au sujet du jeune buchmann d’une « légère connerie exultante qui s’appelle jeunesse »que le réalisateur montre ,ou encore de « feu encore imbécile d’un idéalisme mal pesé « ,tout en rajoutant :d.ieu fasse que ça ne passe pas!(et le 13.09 à 13.16 sur la photo enterrée ,magnifique !) chalom Alei’hem,dear Feygele .Quand Christiane écrit que vous semblez avoir plusieurs vies ,je suis d’accord.La majesté des très vieilles âmes qui flambent en repandant une douce chaleur .A côté de ça ,votre œil éclairant comme celui d’un enfant turbulent! Bientôt Roch Hachana .Chez nous c’est difficile de calculer quand ça tombe .Je vais m’arrêter de manger ‘hazir ,du porc quelques jours histoire de.. Pas etre toujours ‘mouktsa’ Vos billets sont Louchen kodech ,Annelise .Rare finesse .Kol akavoth .Phil 16 à 10.17 êtes-vous agé?Difficile de se rendre,d’aller au devant.Trouver un voisin voisin pour vous conduire? Le haim.

Phil dit: 16 septembre 2017 à 12 h 40 min

JD, je suis bien trop jeune et ne supporte pas les mangeurs de popcorn. ça existe !
Baroz, les filmographies ne sont pas destinées à la prime jeunesse.

C.P. dit: 16 septembre 2017 à 13 h 29 min

Annelise vendangeuse a accepté avec grâce des commentaires à propos de quelques films (« Barbara », « Jeannette », « Le Redoutable »…) sur lesquels elle n’avait pas vraiment donné son avis.
Il faudra voir ? J’en étais à « Petit Paysan », bon film triste***, je n’irai pas voir « Barbara », n’aimant guère Barbara et encore moins Jeanne Balibar, comédienne qui a saboté quelques spectacles de théâtre, copieusement sifflée à Avignon dans « Par les villages » et remplacée à la reprise. Et si Amalric y fait le saucisson pleurard, merci !
J’ai depuis vu avec navrance « Jeannette ». J’avais beaucoup aimé, je l’ai dit, Bruno Dumont avant « Ma Loute », film au fond desservi par ceux de ses acteurs trop professionnels. Les intentions (que l’on peut lire) de Dumont sur « Jeannette » sont pures et étonnamment naïves, il a voulu faire un film musical et a choisi le texte de Péguy (qui m’ennuie mais cela me regarde). Sauf qu’on n’entend pas même ce texte noyé dans une musique doublement erratique. Restent quelques tableaux et la p’tite Lise en mouvements maladroits, beaucoup moins intéressante que les simples en esprit des films précédents.

@ Christiane : « Petit Paysan », tragédie ? Pas plus au fond que « P’tit Quinquin », sans dénouement. Vous appelez « tragédie » le risque de l’abattage sanitaire, mais les vaches laitières vont à l’abattoir pour la viande après deux vélages en moyenne et la plupart du temps avant l’âge de dix ans.

JAZZI dit: 16 septembre 2017 à 15 h 22 min

Bonjour, C.P.
On vous attend encore, en frémissant, sur « Le Redoutable » !
Je suis en train de lire, avec délectation, « Neige » d’Orhan Pamuk. Sur sa fiche wikipedia, on parle de ses liens avec Columbia university. You know him ?

Annelise dit: 16 septembre 2017 à 15 h 59 min

Vs me faites plaisir, Jazzi.. et drôle de coïncidence, je parle d’Ipek ds mon billet prévu en 15 (pas dans celui qui arrive lundi, le suivant. .) Merveilleux livre, mon préféré de OP. .. K, le petit village aux confins du lac de Van.. lu il y a très t longtemps,cela me donne envie d’y replonger ..ds le livre, pas ds le lac, bien que.. il y a là-bas des chats nageurs exceptionnels

JAZZI dit: 16 septembre 2017 à 16 h 02 min

J’en suis au premier tiers, Annelise, et je tremble en passant à Ipek : va-t-elle être contrainte à porter le voile ?

C.P. dit: 16 septembre 2017 à 16 h 34 min

Jacques, oui, j’ai lu « Neige » et « Le Musée de l’innocence », le second écrit dans le temps où Pamuk était professeur associé à Columbia.

J’ai vu tourner, boulevard Henri IV au niveau de la rue de la Cerisaie, la partie manifestation de 68 du « Redoutable », avec un malaise un peu nostalgique. Le bout de bande-annonce où un galopin ragouille des sottises à Garrel-Godard me laisse rêveur, mais j’irai voir le film à cause du commentaire de Paul Edel et également parce que vous dites vous y être amusé.
Cher Jacques, soulignant que vous n’aimez pas trop Godard « deuxième période », vous donnez avec perversité le lien vers « Nouvelle Vague », que je n’avais pas vu. J’appuie donc et regarde l’objet sur mon ordinateur. Ah, mes aïeux ! Delon dépressif, une servante rudoyée, de fausses noyades et de l’herbe… Je n’ai pas compris grand’chose au propos.

JAZZI dit: 16 septembre 2017 à 17 h 53 min

Oui, mais c’est « plastiquement » très beau, Nouvelle Vague, C.P. !
J’avais bien reconnu votre quartier, dans le film d’Hazanavicius.
Votre célèbre voisine a été bien à la peine, avec Delon, au regard de vieil épagneul triste, lors de la messe à Saint-Sulpice, pour les obsèques de Mireille Darc…
J’avais lu « Istanbul » du même Pamuk, il y a quelques années, à mon retour de cette ville incroyable. Mais ce n’était pas un roman. « Neige » est captivant : il aborde les sujets les plus graves avec un humour rare !

JAZZI dit: 16 septembre 2017 à 18 h 04 min

C.P., si vous lisez l’excellente interview de Godard, que quelqu’un a mis en lien ici, vous verrez que Godard lui-même ne comprend pas bien non plus grand chose à ses derniers films…

christiane dit: 16 septembre 2017 à 19 h 55 min

Eh bien , C.P. quand vous atterrissez c’est la voiture-balai ! Mais c’est très amusant. Comme Jazzi vous ne mâchez pas vos mots et c’est tonique. Eriksen a cette douce violence, aussi. J’adore ne pas être d’accord avec vous. J’aime me comprendre par mes désaccords même si au fond l’inverse n’est pas très clair. Mais c’est de famille : les femmes ont toujours su dire non avant de dire oui.
Vous, c’est le théâtre qui vous met en joie et ça c’est extra car les tréteaux parfois sont oubliés.
J’aime beaucoup votre passe d’arme avec Jazzi sur Godart. Vous avez des mémoires de révolutionnaires et de barricades.
En ce moment j’ai le nez dans mes livres. En ce début d’automne venteux c’est un plaisir sans fin avec plaid et lampe douce. Bonjour à vos filles que je n’oublie pas et à la dame des collections d’art contemporain du 4e et du 5e étage.
On est bien chez Annelise. Quelles vendanges…

alley cat dit: 16 septembre 2017 à 20 h 20 min

Et de Georgia

Je ne dors pas Georgia
Je lance des flèches dans la nuit Georgia
j’attends Georgia
Le feu est comme la neige Georgia
La nuit est ma voisine Georgia J’écoute les bruits tous sans exception Georgia
je vois la fumée qui monte et qui fuit Georgia
je marche à pas de loup dans l’ombre Georgia
je cours voici la rue les faubourgs Georgia
Voici une ville qui est la même
et que je ne connais pas Georgia
je me hâte voici le vent Georgia
et le froid et le silence et la peur Georgia
je fuis Georgia
je cours Georgia
Les nuages sont bas il vont tomber Georgia
j’étends les bras Georgia
je ne ferme pas les yeux Georgia
j’appelle Georgia
je t’appelle Georgia
Est-ce que tu viendras Georgia
bientôt Georgia
Georgia Georgia Georgia
Georgia
je ne dors pas Georgia
je t’attends Georgia

Philippe Soupault, 1926

https://www.youtube.com/watch?v=v6wc41N-GYY

C.P. dit: 17 septembre 2017 à 8 h 32 min

Christiane, nos désaccords ne sont pas complets, puisque vous mettez tout de même à la question « Barbara » et « Jeannette ».
Je sais un peu ce que vous lisez : je vais parfois faire un tour à la RdL, moins pour les billets que pour quelques commentaires. Vous cheminez plutôt sereinement (pas toujours, vous avez parfois des coups de sang) entre teignes et bogues de châtaignes.
Je passe votre bonjour aux filles et à Nadine. Très bon souvenir de votre présence à la MdlP, lorsque Chloé et Julie étaient aux côtés d’Olivier Rolin.
Chloé sera Lady Macbeth à l’Odéon fin janvier, j’ai trouvé la traduction nouvelle efficace et vive.
A l’Odéon, j’ai vu la reprise un peu augmentée des « Particules élémentaires ». C’est un long spectacle, riche de tonalités diverses, et Gosselin a choisi des vidéos qui ne doublent pas le mouvement scénique. La comparaison est peut-être inutile, mais à mon goût cette adaptation du roman au théâtre est bien meilleure que le film de Roehler et c’est mon excuse pour en dire un mot.

Annelise dit: 17 septembre 2017 à 9 h 04 min

C.P mes colonnes vs st ouvertes ..encore des pbs de connexion (pas d’accès à mon mail). Bien à vs à bientôt
Billet ds le billet au sujet de « Good Time » de Joshua et Benny Safdie
- – - – - – - – - -
Josh et Benny Safdie ont récupéré Robert Pattinson ex « Twilight » pour l’embarquer dans « Good Time », film d’auteur inspiré aux couleurs primaires, jaune rouge bleu vert d’une grande beauté, dans une histoire de casse et d’évasion extravagante bien reçue au festival du film américain de Deauville. Speed et ralenti, je l’ai trouvé profondément mannien avec ses rues longues trouées de lucioles urbaines, phares, signalisations, guirlandes allumées, déco de parc d’attraction, recueilli, d’une tristesse infinie sous le rire, commençant par être fatiguée par la bande son d’un des frères, Benny, qui y fait l’acteur et qui instille une cadence sonore du côté d’un Giorgio Moroder excité qui vivrait un retour d’acide, avant de trouver cela bienvenu… cela génère un épuisement non rattrapable, dans lequel se débattent les protagonistes. La maîtresse-carte bancaire, vieillie, rouge à lèvre filant dans les ridules, à la fois vile, ne pensant qu’au petit voyage qu’elle projette et pathétique, victime (les batailles avec la mère concernant l’aval de la banque), comme l’est la jeune fille noire amorphe, flanquée d’un absurde cerceau rose à noeud enfantin, à laquelle le héros entreprend vaguement de faire voir le loup, dans le seul but de la détourner des infos révélant sa cavale où son visage apparaît sur l’écran.
De gros plans. Un très bel amour, dédié entièrement à la fratrie, «Déchire son ordonnance (à propos du psy), Grand-mère on l’emmerde… Sans toi je n’y serais pas arrivé ! » et au dévouement est dépeint en creux, avec au passage une réflexion sur le handicap, la déveine, la recherche vaine d’une issue. Ça matraque, on rit alors que le propos in fine est d’un pessimisme noir «Ma vie est une vraie merde, mec, tu n’imagines pas !», doux dans l’humanité du désespoir généré. Sans trop en révéler, le visage de Pattinson au moment où son compagnon d’infortune, lui aussi impliqué dans une logique fraternelle dans une sorte de chassé-croisé, s’évade par la façade de l’immeuble, fait mouche en évacuant toute hystérie : à la fois la séquence est montrée, et immédiatement neutralisée au plan émotionnel sur l’écran, de sorte qu’elle explose en nous sans matelas. Il y a des défauts ms ils st doués.

christiane dit: 17 septembre 2017 à 10 h 39 min

C.P. –
Quelle différence faites-vous entre un rôle au théâtre et au cinéma. Le jeu à l’écran ou sur scène exige-t-il une approche différente. Quoi des directions d’acteurs / comédiens dans l’un et l’autre ? (Vous pouvez vous faire aider par vos filles !!!)
Ce que j’aime au cinéma : les visages, les cadrages, les paysages, les musiques.
Ce que j’aime au théâtre : à chaque représentation l’acteur n’a pas le droit à l’erreur contrairement au cinéma où une scène peut être tournée de multiples fois.
La scène est plus impressionnante que l’écran. La position du spectateur est plus difficile au théâtre…
Au cinéma on peut revoir le film plusieurs fois sans qu’une parole, une expression soit changée. Une sorte de temps infini…

JAZZI dit: 17 septembre 2017 à 11 h 56 min

Il y a deux mots différents, Christiane : acteur et comédien.

Vous nous sortez le film joker, Annelise ! Celui-là, dont j’avais bien aimé la bande-annonce, mais que je n’ai pas vu, vous inspire un bien beau texte…

C.P. dit: 17 septembre 2017 à 12 h 47 min

Mais, Christiane, vous avez TOUT dit ! Et Jacques aussi bien. Après bien d’autres, Alain Delon (eh, oui !) a fait un jour la différence simple. Je ne l’ai vu qu’une fois au théâtre, alors que j’étais bien jeune, dans la mise en scène par Visconti de « Dommage qu’elle soit une putain », avec Romy. C’était un joli couple, Daniel Emilfork foutait la trouille. J’ai bêtement hésité à aller voir l’adaptation françase de « Sur la route de Madison », où Delon retrouvait Mireille Darc, à cause du film avec Clint Eastwood et Meryl Streep. J’ai eu tort.

JAZZI dit: 17 septembre 2017 à 13 h 25 min

« Au cinéma, on joue ; au théâtre, c’est joué. »
Marcel Achard

« Le cinéma, c’est comme faire l’amour par correspondance, tandis qu’au théâtre on fait l’amour dans son lit. »
Pierre Arditi

C.P. dit: 17 septembre 2017 à 14 h 11 min

Puisque c’est dimanche, -et avant le billet promis d’Annelise : même chose pour Depardieu au théâtre naguère. Dans les pièces de Handke mises en scène par Claude Régy dans les années 70, ses grosses patoches vivantes (plus épaisses sinon plus longues que celles de Michel Robin) étaient en avant-scène fascinantes. C’est comme ça.

C.P. dit: 17 septembre 2017 à 15 h 08 min

Je signale, sans népotisme aucun, que Stéphane Braunschweig vient de mettre en scène à l’Opéra d’Helsinki un opéra inspiré de la « Sonate d’automne » d’Ingmar Bergman. Musique de Sebastian Fagerlund, Anne-Sofie von Otter dans le rôle d’Ingrid Bergman.
A regarder sur le site TheOperaPlatform le 28 septembre à 18h ou en streaming jusqu’au 31 octobre.
http :/www.the operaplatform.eu/fr/opera/fagerlund-sonate-dautomne

christiane dit: 17 septembre 2017 à 16 h 41 min

Ah, C.P., mais c’est tout petit, ça tiendrait dans une pochette de bal !
Je comprends votre hésitation pour l’adaptation de « La route de Madison ». Tout est tellement juste dans ce film et quels interprètes !
Mon premier film ? Ça remonte à 1956, je crois. Cela se passait dans un petit cinéma de quartier dans les environs de la place Clichy. Le rideau de scène était tapissé de réclames pour des magasins des environs. Mes souvenirs ? « Crin Blanc » et « Le ballon rouge » d’Albert Lamorisse. Le premier en noir et blanc, le deuxième en couleurs. Je savais, à la fin, que ça parlait de mort. Quand l’enfant, désespéré par les voyous qui ont crevé son ballon, voit arriver de tous les coins du ciel, des ballons qui l’emportent… Quant à « Crin Blanc », aucun doute sur ce qui attendait l’enfant et son cheval s’enfonçant dans la mer.
Ce double souvenir a écrasé les Charlot, Laurel et Hardy et Buster Keaton qui ont suivi. Mon frère préférait Cochise, les indiens fiers, Davy Crockett. Son pistolet en plastique et sa pétarade d’amorces, c’était fatigant.
Je me souviens de la musique qui accompagnait les films muets pour couvrir le ronflement du projecteur, le jeudi, puis…plus rien jusqu’à Jean-Pierre Léaud et « Les 400 coups » (-Ma mère est morte, M’sieur) et Godard pour « A bout de souffle ». Jean Seberg vendant son New York Herald Tribune sur les Champs Élysées…

Et vous Annelise, c’était quoi votre premier film ?

Annelise dit: 17 septembre 2017 à 17 h 28 min

CP, l’Espiègle, « sans népotisme aucun » – ah, ouf j’ai eu peur. .. Dont acte, Erdéciennes, Erdéciens, foncez voir Stéphane Braunschweig en ses oeuvres, avec ma bénédiction
Christiane c’était ds un cinéma de campagne vraiment déglingué, bancs de bois ds une salle des fêtes, le comité éponyme en corrélation avec la paroisse avait cru louer « Le fantôme de Barbe noire » de Walt Disney, erreur malheur ils se foutent dedans et projettent ce qu’ils ont reçu sans l’avoir visionné d’abord, une sombre histoire de pirates ms ultra sanglante, supplice de la planche…figurez-vs que je me suis demandé 30 ans après s’il ne s’agissait pas du Barbe noire de Walsh avec Linda Darnell (confusion concevable entre les 2 titres..) enfin, oula !Ds mon souvenir qqchose de très coloré, brutal, les cris de protestation fusent, les mères de famille outrées, menaces au maire, à Dieu, au 7ème art voyou et suborneur en général, l’épicier (qui était aussi le pompiste, le libraire et le bedeau, pompier volontaire de surcroît)chargé de la séance navré, tout son honneur perdu d’un coup. .je le voyais souvent pour feuilleter « Strange » au magasin, il en est resté marqué longtemps – je devais avoir 4 ou 5 ans, il me tenait la main pour m’aider à passer le rideau de perles à l’entrée, dont je n’aimais pas le contact.. je lui avais dit que c’était b, qd même.. il y avait de l’Orangina à l’entracte, pour moi du gd-style jamais vu..
Si mon internet continue d’etre aussi recalcitrant, le prochain billet sera ds 15 j..la phrase d’Arditi, le cinema par rapport au théâtre, « comme faire l’amour par correspondance », hum… Ou alors il compare « Le sang de la vigne » VS Ibsen.. le cinéma, on pourrait dire que c’est loin aussi d’etre le lieu de l’artifice, de l’illusion ou de la mise à distance : une façon d’entrer au contraire de haut en bas par les pores et par la rétine..frontières abolies entre nous et ce qui se déroule sur gd écran.. puce électronique direct implantée ds le cerveau qui vs permet d’appréhender en son entier un autre univers.. cf le film de Kathryn Bigelow, « Strange Days », le « casque à projections ».. qd vs etes ds un ascenseur, vs ne sentez pas qu’il bouge alors qu’il vous emmène en haut.. ce que le théâtre, par la matérialité physique même de son dispositif (un univers fini, réorganisé sous nos yeux) ne dispense pas les mêmes choses – et ça n’a rien d’un défaut… je ne suis pas sûre que ce soit comparable à vrai dire.. le fait par exemple de se prendre Depardieu comme ça, sur scène, tel que vs le décrivez CP.. ce gros corps, cette voix sans aucun filtre entre, la médiation n’est pas du tout pareille, mais cela dégage des charmes autres, que je veux bien reconnaître tt aussi extraordinaires . .pourvu que la conversation ne se conclut pas par des violons brisés..vs connaissez l’histoire de ce bon Avida Dollar en pleine décompensation, fracassant l’instrument d’un camarade musicien pour lui signifier qu’il tenait la musique pour un art inférieur à la peinture. . Fou, et pas juste du chocolat

christiane dit: 17 septembre 2017 à 18 h 24 min

Irrésistible, Annelise, ce Barbe noire qui fait scandale !
Quant au cinéma et au théâtre, il y a tellement d’osmose entre les deux arts, tant de comédiens acteurs et d’acteurs comédiens. Quelle aventure nouvelle est recherchée par ces transfuges ?
Laura : hasard de roi. Vous avez du être émerveillée.

C.P. dit: 17 septembre 2017 à 18 h 46 min

Ah mais, ce sont là souvenirs de douces infantes ! J’avais vu tout plein de films à New York, dont « Gone with the Wind », et il y avait un projecteur à la maison pour Charlot, Mickey and so on… Mais alors j’arrive en France à sept ans-et-demi, et mes premières vacances d’été se passent à Gy L’Evêque (Yonne), où un cinéma ambulant venait chaque semaine s’installer dans le café Carpi, avec Actualités d’avant-hier, docucu, entr’acte pour les consommations puis grand film. Ma grand-mère paternelle corse et française Lucia, retraitée en Basse-Bourgogne et qui aimait les « beaux drames », m’emmène voir « Forfaiture » de Marcel L’Herbier, 1937, avec Louis Jouvet, Lise Delamare, Victor Francen et surtout Sessue Hayakawa (je n’ai vérifié cela qu’ensuite). Je n’y ai rien compris, mais c’est le premier film qui m’ait collé les gloglos : les visages de Jouvet et Hayakawa m’avaient terrifié.

JAZZI dit: 17 septembre 2017 à 19 h 55 min

« Gone with the Wind », n’était-ce pas terriblement érotique pour un enfant n’ayant pas encore, ou tout juste, atteint l’âge de raison (7 ans) C.P. ? Passer de New-York à Paris, ça s’est fait en douceur ou l’avez-vous vécu comme une rupture ?

C.P. dit: 17 septembre 2017 à 21 h 10 min

Jacques, vous m’étonnez encore en retrouvant « Forfaiture » !

Dans « Gone with the Wind », celui qui me fascinait, enfant, c’était Clark Gable (que Louis-Ferdinand Céline appelait « Craque-Cable »).

En arrivant en France, j’ai été surpris par la quantité de films en noir-et-blanc encore dans les années 50, alors que la couleur était depuis longtemps courante aux Etats-Unis.

C.P. dit: 18 septembre 2017 à 7 h 20 min

alley cat, « Gone with the Wind » (technicolor, 1939) a été projeté en Georgie et à New York avant de l’être à Los Angeles. En France, première projection en 1950.

alley cat dit: 19 septembre 2017 à 18 h 44 min

C.P. dit: 18 septembre 2017 à 7 h 20 min
alley cat, « Gone with the Wind » (technicolor, 1939) a été projeté en Georgie et à New York avant de l’être à Los Angeles. En France, première projection en 1950.

Dois-je en déduire que vous êtes de 43, C.P. ?

C.P. dit: 19 septembre 2017 à 19 h 38 min

Mais oui, alley cat, et Annelise le sait bien ! Cela dit, j’avais vu le film à New York avant mon arrivée en France.
Vous avez raison quant aux captations-couleur avant 1970, même aux Etats-Unis. Je voulais simplement ajouter, moi, que pas mal de peplums et de westerns « en couleurs » des années 50 ont déferlé assez vite en France, côtoyant nombre de films européens en noir-et-blanc.

alley cat dit: 19 septembre 2017 à 21 h 54 min

On cause, on cause … Pour l’anecdote, je peux me vanter d’avoir introduit les crus de Beaujolais, Fleurie en particulier, auprès des étudiants en histoire sur le campus de Columbia, en 69 ; il y a des survivants qui témoigneront – s’il le fallait absolument

C.P. dit: 20 septembre 2017 à 11 h 50 min

alley cat, vous seriez de 49 ou 50 ? Je vous crois quant à l’entrée du beaujolais à Columbia… 69, c’est l’année de mon DA à NYU.
Oui, je vois bien que les « Ramones » n’ont été captés en couleurs qu’à la fin des années 70.
Bonne journée, vos liens animent musicalement le blog d’Annelise.

Annelise dit: 20 septembre 2017 à 19 h 11 min

Je ne censurerais certainement pas un caviste – ni Columbia, même si mes amitiés/inclinations « et plus si », sont plutôt concrètement du côté de Yale et Harvard.. en tt cas ça s’est trouvé comme ça. Ramones vs savez tb que vs faites mouche à chaque fois . .mon t-shirt favori..Venez plutôt ns rejoindre sur Loveless, histoire de ns concocter une happy end

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>