de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

Jedi or not Jedi

Par Annelise Roux

La tendance systématique à prôner « c’était mieux avant » serait-elle en voie de s’imposer ?
Émerge au contraire nettement la stimulante idée que cela a toutes chances d’être mieux demain, un jour à venir prochain, si tant est que ne soient pas dilapidés les héritages antérieurs.

Tabula rasa ? Changer les serrures, les codes ? Pourquoi pas. Cela sous-entend néanmoins toujours qu’aient été pris en compte à un moment donné un historique, une mémoire, fussent-ils évacués, laissés de côté, forclos.
S’inscrire dans l’historique ? Alors il faut l’assumer. En bouleverser la donne ou continuer dans la direction prise – mais en posséder le sens, être à la hauteur.

Lors de la sortie des premiers « Star Wars », combien de parents ont eu à endurer les plus extravagantes variantes autour de Luke Skywalker découvrant ce qui le relie à Dark Vador (pardon, « Darth Vader » dixit Claro, le traducteur, sur le vaisseau amiral de La RdL emmené par Obi-Wan-Pierre Assouline, avec lequel le chasseur de votre servante, princesse AnneliseZ,liseZ, de la planète Terre et d’innombrables lunes, navigue de conserve). Un fils, une fille, paire de chaussettes roulée en boule, filtre à café ou passoire à thé devant la bouche en guise de masque, énonçant la voix caverneuse : « Je suis ton père ! »
Croix, bannière. Mon Dieu, on vous l’offre.

Moment fascinant que celui de l’apparition des chevaliers en robes de bure, combattant néons de salle de bain colorés à la main. Épopée marquante, qui reprenait avec ingéniosité et talent les thèmes de la chevalerie, des sociétés secrètes et du zen.
Populaire, iconique, à échelle planétaire.
L’art chevaleresque du tir à l’arc, le néokantien Eugen Herrigel assimilés à vitesse grand v, par la grâce d’une séquence d’anthologie où le jeune jedi apprend le maniement du sabre les yeux bandés.
En matière de trajet d’apprentissage exemplaire, l’Iliade et l’Odyssée, Homère passaient largement au second plan dans les chaumières, quand ils ne sombraient pas dans l’invisible, remplacés par Yoda, Ben Kenobi… La Force se décuplait à hauteur du nombre colossal de salles où le film fut diffusé.

Chroniquer ce nouvel opus réalisé par J.J. Abrams – épisode VII de la saga, qui après des retours en arrière, dont une narration autour de l’enfance et l’initiation d’Anakin, respecte de nouveau une chronologie linéaire – prétendre à une exégèse en pénétrant au cœur du sujet (ou de l’étoile noire) serait purement et simplement verser dans le pilpoul.
Pensons aux primos-accédants, découvrant ce volet d’un œil vierge. Aucun désir de leur scier les pattes.

C’est pourquoi : une colonne « pour », une colonne « contre ». Contentons-nous d’être binaire.
La seconde a des chances d’être plus fournie ? George Lucas reconnaîtra les siens.

 « Pour » :

-S’asseoir au milieu de cent, deux cents inconnus ou davantage, dans une salle qui ressemble à un théâtre bondé. Cette vague d’excitation qui parcourt les rangs comme pour une Première importante, un match de Coupe du Monde ou un jour de boxing day. Le brouhaha à son comble quand les lumières s’éteignent. Le silence, d’un coup, tous suspendus. L’explosion de joie discrète, le regain d’enfance qui submergent les spectateurs lors du premier plan, tandis que retentissent les notes bien connues, l’introduction galactique.

-Le bonheur de retrouver des visages, d’entendre évoquer des noms, Han, Leïa, jamais sortis de notre esprit. Vieilles figures amies ou ennemies, pour ainsi dire la famille.

-Ces hologrammes à s’y méprendre permis par la 3D, la magie des cartes qui s’affichent à nos yeux telles des constellations. On voudrait tendre la main, cueillir une ou deux étoiles. Ces personnages glissant sur un fil dans une réalité telle que nous devenons nous-mêmes ces funambules arachnéens. Ces longs plans du désert où on se sent perdus, si petits, admiratifs devant les dunes à perte de vue, ridées par endroits comme lorsque la mer se retire loin (résister à l’envie de se déchausser pour ôter le sable de nos pieds). Ces vaisseaux qui ressemblent à des papillons noirs. Au moment où ils déploient leurs ailes, on voudrait être Nabokov, les capturer.

-Le sourire suscité par Solo et Chewbacca, gros clin d’œil à cette tendance qu’ils ont à avoir du mal à faire passer leur cargo, le Falcon Millenium, en vitesse lumière dans les situations tendues.

-BB-8, le nouveau robot, tout en sphères, rotondité, gazouillis, est un appel aux câlineries.

-« Finn »/John Boyega, au physique de boxeur délié, beau comme Sidney Poitier dont Joanna Shimkus ne pouvait que tomber amoureuse, Denzel Washington étoffé, hésitant, transpirant de doute au moment d’abattre sa basse besogne. Du jamais vu chez les sbires de l’Empereur.

-Le côté féministe du film, l’extrême combativité de « Rey »/Daisy Ridley, experte en arts martiaux qui ne s’en laisse pas compter. Question bagarre, elle ne donne pas sa part au chien. Sculptée, réactive, jeune, visage de Madone butée. Elle en a dans le pantalon, la petite dame. Et le Général qui dirige la Résistance en l’occurrence est une femme.

-Le personnage de Kylo Ren (Adam Driver), quelle idée étonnante, ce visage sensible, imprévu, à la grande bouche, au grand nez, aux grandes oreilles, défait par une émotivité mal maîtrisée, instable.

-Les harangues du général du « Nouvel Ordre » devant des parterres de soldats réunis en cohortes, leur dimension totalitaire bien reproduite. Décors mussoliniens fouettant l’agoraphobie, le sentiment des identités foulées aux pieds, fascisants, avec brassards, fanions, drapeaux, oriflammes rouges et noirs, discours soutenu par une gestuelle hitlérienne oppressante, s’adressant à une foule tétanisée, soumise. Le salut des troupes à la fin est directement inspiré du « Heil ! » nazi. Steven Spielberg, éminence grise de l’esprit Star Wars depuis qu’il avait secouru son ami George Lucas découragé, en plein tournage de cette guerre des étoiles qui laissait les studios dubitatifs, n’a jamais oublié la dimension paradigmatique de la Shoah et il a bien raison.

-Ce sanctuaire où s’est retiré, où se cache peut-être le dernier des Jedi, ces falaises abruptes aux contours déchirés au milieu de la mer, l’herbe d’un vert cru, ces escaliers de pierres empilées qui évoquent les chemins des monastères, au Népal… Pour le lieu lui-même, d’une beauté sauvage, on pense à l’île aux mouettes, en Irlande.

« Contre » :

-Le scenario, sorte de « main négative » dans le sens des peintures parientales préhistoriques ne fait que remixer des éléments antérieurs. Recours à un pochoir, consistant grosso modo à inverser la décalcomanie.

-Le bonheur de retrouver des figures anciennes est tempéré par l’absence de créativité nouvelle : les scènes de taverne, si inventives lors des premiers opus – ces personnages improbables, le Kraken, monstre dont le propriétaire, bourreau bossu fond en larmes lorsque le Jedi auquel on l’avait jeté en pâture le détruit, l’inénarrable Jabba the Hutt, crapeau libidineux rhabillé pour l’hiver, de manière impertinente et cocasse par Mels Brooks, dans sa « Folle Histoire de l’espace » de 1987, parodie qui avait transformé le batracien en pizza dégoulinante de fromage – sont remplacés ici par des ersatz sans aspérités ni caractère. À l’Empereur lui-même, vieillard encapuchonné dont jusqu’ici on ne voyait guère le visage, qui semblait se nourrir du fluide vital de ses adversaires mis à mort, a succédé une créature à laquelle Peter Jackson, réalisateur du « Seigneur des Anneaux », serait presque légitime d’intenter un procès tant elle ressemble au Gollum créé par Tolkien, autrement appelé Sméagol (visage de tortue maléfique, peau pâle, yeux globuleux, longs doigts grêles) : nous aurait-on caché que le tourmenteur de Bilbon Sacquet attendait un heureux évènement, que J.J. Abrams a adopté un petit de la portée pour en faire son grand méchant loup ?

-La 3D, procédé émerveillant dont l’apport ne saurait être remis en question, n’est pas la panacée. Une conversation croisée, il y a peu de temps, avec des étudiants (ou jeunes diplômés) respectivement de Central Saint Martins College of Art and Design (Londres), l’École Émile-Cohl de Lyon ou l’école des Beaux arts de Hambourg, la Hochschule für bildende Künste où Fatih Akin fit ses premières armes, a permis de vérifier qu’il ne s’agissait pas non plus d’un apport récent : Hitchcock en 1954, réalisait déjà en relief ce conte amoral où Grace Kelly au sommet de sa beauté réglait son compte à coup de ciseaux au cambrioleur dépêché par Ray Milland, son mari attentionné.
Fred Mc Leod Wilcox en 1956 et Andreï Tarkovski en 1972 ne lui doivent pas grand-chose dans la production de leurs chefs-d’oeuvre poétiques.

-Devant le clin d’œil, la sempiternelle gestuelle de Han Solo et de « Chewie » Chewbacca, on se dit : ils ne vont pas encore suggérer qu’ils risquent d’avoir du mal à faire passer leur vieux Falcon Millenium en vitesse lumière lors d’une situation tendue ? Inusable coup de la panne. Harrison Ford et son griffon géant, de tout temps personnages favoris, naturellement après Darth Vader (noblesse oblige).

-BB-8, le nouveau robot, tout en sphères, rotondité, gazouillis, est un appel aux câlineries, n’empêche, ce serait bien qu’il s’endorme dans son berceau, suce sa tétine, nous laisse en paix de temps en temps.

-Le personnage de Kylo Ren (Adam Driver), quelle idée malheureuse, ce visage imprécis, juvénile à l’excès, à la grande bouche, au grand nez, aux grandes oreilles, défait par une émotivité surjouée, aux airs de caprice nerveux.

-Enfin, le féminisme du film est-il si affirmé ?
Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a signalé plus d’une fois, à juste titre, l’inégalité des places attribuées aux femmes dans le paysage télévisuel, les débats… Cette façon de les reléguer, les juguler, leur faire prendre la tangente de manière plus ou moins explicite : des témoins à valeur consultative, rarement des experts, à moins d’avoir un protecteur comme il faut en amont. Le langage à ce propos et les réflexes parlent d’eux-mêmes. Combien sommes-nous à avoir été mises en difficulté, sur la touche, en situation professionnelle, journalistique ou promotionnelle, où un aréopage se montrait empressé surtout de ne pas nous confier la parole ou les clés du commandement, quand nous étions à compétence égale, un tiers masculin et nous ? Depuis Simone de Beauvoir, ces dévaluations sont en voie d’être compensées, n’étant souvent le fait que de simples mufleries ou étourderies individuelles ordinaires, et non d’un sexisme particulier extraordinaire.
Le personnage de Rey (Daisy Ridley), s’il possède la rectitude acharnée, l’énergie, la rage que James Cameron avait accordées à Sarah Connor (Linda Hamilton) dans « Terminator » – en soi, un  progrès – ne se détache pas pour autant entièrement des codes masculins qui ont tendance à être corrélés à toute situation, sinon de suprématie, du moins de domination, de victoire passagère ou définitive sur un autre protagoniste. Pas de déconstruction préalable : la jeune fille, au prétexte de servir un propos féministe, se retrouve parée d’une force physique équivalente, voire supérieure à celle de son acolyte. C’est elle qui prend la main, envoie ses ennemis au tapis. Elle qui gagne en cognant le plus fort, débrouille les situations, remporte les bras de fer. Aurions-nous eu des motifs d’en douter ? Évidemment pas. Cette affirmation stridente d’égalité, qui se veut militante et avant-gardiste sans doute, a quelque chose d’un premier degré sympathique mais plutôt mal dégrossi, comme si l’égalité se mesurait au poids, aux recoupements point par point et non au travers d’équivalences fines, qui n’excluent ni ne nient des différences éventuelles. Égaux ne veut pas dire pareils. C’est là une base de réflexion minimale, si l’on ne veut pas passer à côté de l’altérité. La reine de Naboo Padmé Amidala/Natalie Portman était moins guerrière mais aussi déterminée.
La générale Leïa Organa illustre cruellement ce travers. La voilà propulsée pour faire bonne mesure commandeur en chef de la Résistance. On vient prendre ses ordres auprès d’elle, se mettant au garde-à-vous. Han Solo/Harrison Ford a vieilli comme le bon vin. Il retrouve son amour de jeunesse. Carrie Fisher est si ravagée de chirurgie esthétique qu’elle précipite en une seule apparition tout féminisme au fond d’un puits. Non car elle est botoxée à mort, ou que l’opération a raté, mais parce que dans les bras de Han, c’est une princesse Leïa autorisée à vieillir comme cela lui chante, parcheminée, ou refaite à la truelle, qu’importe, mais s’assumant, qu’on aurait pu légitimement attendre si le discours féministe avait porté, au lieu de cette Phèdre réprimant le chevrotement de sa voix, raidie de vouloir paraître trente-deux ans pour prix de demeurer séduisante en face d’Hippolyte.

Consternés, on assiste à des embrassades qui nous font poser la question de s’être trompé de film, « Jurassic Park » à la place du « Réveil de la Force ». Cette dernière scène nous la fait craindre très assoupie.

« Star Wars, épisode VII, Le Réveil de la Force » de J.J. Abrams  

 

 

 

 

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commentaires

24 Réponses pour Jedi or not Jedi

Polémikoeur. dit: 27 décembre 2015 à 14 h 47 min

Aïe, aye-aye-aye
et même plus,
foire à la quincaille !
Quand le cinéma
tend vers la série,
il risque d’épuiser
le filon (artistique).
Et ce n’est ni question
de moyens, techniques ou financiers,
mais, encore et toujours, celle de l’âme.
Et qu’est-ce que c’est l’âme d’un film ?
Son histoire et ses personnages !
Savoir coudre une histoire
n’est pas banal du tout.
Bien sûr, l’écriture particulière du cinéma
permet pas mal d’assaisonnements
pour faire gober la pilule,
et bien des plats au menu
restent comestibles
mais les vrais régals,
ceux qui donnent envie
de les retrouver dans une liste de Noël,
relèvent d’une autre recette.
Réveiller la force est d’abord
l’aveu qu’elle est en sommeil.
Réveiller ? Ranimer plutôt !
Pas toujours possible.
La lueur éteinte le reste
mais, quelquefois, ailleurs,
sans prévenir, une autre jaillit,
étonnante comme celles qui l’ont précédée.
Clignotement.

JC..... dit: 28 décembre 2015 à 14 h 41 min

Ayant appris à lire tardivement, disposant en période de fêtes d’un nombre de neurones disponibles réduit, je n’ai pu finir le billet d’Annelise.

Que cela me soit pardonné ! Vous y gagnerez, en Paradis, une place près du Salon des Vierges Folles disponibles (en cas de problème de genre, on peut échanger une vierge contre 0,5 combattant de Daesh reconstitué à l’identique, évidemment)

Gabriel dit: 28 décembre 2015 à 18 h 54 min

Ouah! Pas l’habitude de critiques de cette hauteur. Merci Annelise. Je suis un vrai fan de Star Wars et de cinéma. Ça donne plus qu’envie de vous suivre!

Pvp dit: 29 décembre 2015 à 8 h 15 min

Pour ou contre ? Alla fine contro se uno ha più di 9 anni e in favore se uno ha meno di 9 e non ha ne internet ne lettore di DVD.
Riprendendo la critica belliessima di Annalise vorrei fare questa precisione temporale, in fatti per rendere meritevole questo film uno non deve avere visto gli altri. Se non li ha visti e non ne ha mai sentito parlare il film è fantastico. Se no è un sacrileggio. In somma un vero film per le giovani generazioni.
Come si dice « chi ha avuto, ha avuto, chi ha dato ha dato, scordiamoci il passato et cercammu a riconincià »
Non bisogna essere egoisti anche i futuri adulti hanno diritto a pensare che Star Wars è uscito al tempo della loro infanzia.

Polémikoeur. dit: 29 décembre 2015 à 9 h 46 min

Est-ce que « Star Wars »
s’étale dans le temps
comme une série banale
qui exploite son filon
en épuisant génération
après génération ou bien
maîtrise-t-elle son univers
pour y bâtir une vraie saga ?
S’il est trop tôt pour le dire,
n’y aurait-il pas un début d’indice,
sur le plan commercial au moins ?
Disnérâlement.

Jacques Chesnel dit: 29 décembre 2015 à 10 h 37 min

Beau billet pour un film que je n’irai pas voir n’ayant jamais eu envie de voir les précédents; tout de suite, je craque pour les films de KORE-EDA HIROKAZU, c’est vraiment différent, c’est le genre de cinéma que j’aime

Santal dit: 29 décembre 2015 à 14 h 35 min

Merci Annelise d’avoir pensé aux primo-accédants, je me sens moins seule et c’est vraiment décomplexant.
Pour ne pas mourir idiote, j’ai vu mon premier Star Wars. Apparemment, ce n’était pas le bon… Me suis ennuyée ferme.
Et j’ai regretté d’apprendre qu’Adam Driver, adoré dans la géniale série Girls, où son « visage sensible, imprévu, à la grande bouche, au grand nez, aux grandes oreilles, défait par une émotivité mal maîtrisée, instable » fait qu’on lui pardonne d’être un looser, bourreau des coeurs et mauvais forniqueur, fait partie de ces acteurs américains victimes du syndrome de la « single facial expression ». Tout comme Kirsten Stewart dans Sils Maria (un César meilleure actrice pour un second rôle à base de froncements de sourcils) ou Ben Stiller dans Zoolander (mais là, j’avoue, j’ai adoré et j’assume).

xlewm dit: 29 décembre 2015 à 17 h 19 min

Bah, tant qu’il y a aura des primo-sourcilleux pour tacler à la gorge les actrices, on peut s’avancer à dire que le cinéma d’action a de beaux jours devant lui.
Le jeu corporel de Kristen Stewart (sans parler de ce qu’elle sait faire de son tatouage carré au poignet droit) aurait beaucoup séduit Sharaku, le japonais dessinateur d’estampe vers 1794-95, il en aurait retrouvé la souplesse en exagérant les mimiques à son visage dans un pur procédé impressionniste qui donne des suées, douces et inavouables, aux spectatrices du premier rang dans les salles des multiplex gigantisés.
Je parle d’un artiste japonais parce que les showrunners de Star Wars ont déjà tant piqué à Kurosawa…
Voir, dans Sils Maria, Kristen vomir adossée à la portière de sa voiture sur le bas-côté d’une route de montagne suisse dans le chaos tranquille d’une brume étouffant les pare-brises, et mourir, me paraît tout à fait négociable pour un cinéphile digne du nom.
Le côté brumaire de la force, trop souvent écarté au profit des tenant du sabre laser vendémiaire rasant bien les ombres derrière les oreilles des primo-regardants munis de projecteurs antibrouillard 3D, n’en ressort que plus frais et vivant.
Carrie Fisher actrice du Retour du Jeudi (rue de Rivoli) était déjà un personnage féminin très fort, chère AnneliZe, c’est elle toute seule qui étranglait Jabba et sa tenue ultrasexy ne rendait pas moins implacable sa force de décision.
Dans son autobiographie (« Whisful drinking », beau style tranchant, livre fourni avec une couve d’anthologie), on voit qu’il y avait quelqu’un derrière le personnage.
La nouvelle petite Rey (je ne pense pas qu’il faille y voir un hommage caché à la Florence de 1994) est sans doute une Kenobi non encore dévoilée, même si son accent british trahit sir Alec Guiness sur les bords, (tout comme personne ne serait surpris d’apprendre que le néo-vilain soit un Jedi in disguise infiltré pour enfin approcher et « terminer » Snoke, la force obscure) qui à mon avis doit beaucoup à la Ygritte d’un célèbre show télévisé, l’épouse de John Snow, une vraie chevalière sortie major de la Table Ronde. Et à la Agnès Villermosa (Françoise Dorléac), du film L’Homme de Rio, qui menait le permissionnaire Belmondo (un nom lucassien par excellence) par l’oreille et par le bout de son nez de statuette plus cabossée que cassée.
Sinon le pourcontré et le contrepour semblent une bonne approche pour la critique en 2016.
De quoi faire frémir dans leur suaire les hologrammes de Charensol, Bory, peut-être Langlois et même le vieux Bonnaud (si jeune et déjà le jeu de sourcils de Yoda.)

JC..... dit: 29 décembre 2015 à 18 h 09 min

Bon, j’ai réussi à aller jusqu’au bout du billet : une splendeur de billet … (Grands Dieux, qui là-haut tirez les ficelles des marionnettes cinéphiles, allez vous me faire oublier la divine Sophie ?) NON !…

Fâchons nous illico avec Annelise pour protéger le souvenir de cette passion en cendres. La place des femmes est à la cuisine, ou -variante- à la maternité, sinon, ça sert à quoi que Allah soit grand ?!

Pour Star Wars, Rambo, etc, seul le premier de la série est bon…. Les suivants, c’est exclusivement pour le pognon.

Annelise dit: 30 décembre 2015 à 11 h 46 min

Polémikeur, soyez notre bon Nostradamus RdL/RdC, avec d’heureuses prédictions pour 2016? J’espère.
Jacques Chesnel, peut-être voudriez-vous essayer? Mais pas avec celui-là.
Pvp, wow! Quelle chute… (à tomber)
Xlewm, je vous sens sur les dents avec Kirsten. Avouez que l’intervention de Santal sur la « single facial » est très espiègle, très bien vue. Puis il n’est dit nulle part que c’est un défaut.
JC,avant-hier 14h41, vous m’avez fait peur. Je me suis dit, un souffle d’air et le voilà tout bouffi, un rien l’empêche. Chère petite nature! Complexion délicate. J’ai craint pour votre santé. Rien de trop subtil dans ces cas-là, oui.Heureusement si c’est le mal dont vous souffrez, les potions pour le soulager sont légion. Mais n’oubliez pas Sophie, certes non

Annelise dit: 30 décembre 2015 à 13 h 05 min

Que la Force soit avec vous! Autre pratiquant émérite de la single face expression : Stallone. De Rambo, en passant par Bilboa & Cliffangher. Pourvu qu’il n’en guérisse pas.

Polémikoeur. dit: 30 décembre 2015 à 20 h 35 min

Tut, tut, pas de prédiction, surtout pas :
autant accorder du crédit à un horoscope !
Et puis, en ce qui concerne le cinéma,
il suffit sans doute de capter l’info.
Ce qui est en tournage, ce qui a cartonné,
ce qui a fait long feu, les « gueules »,
les autres, transparentes, les batailles
pour des droits et, au milieu de tout ça,
le scintillement de pépites inattendues !
Mais beaucoup de boues remuées sans joie
pour que maintenir en forme une industrie
gourmande qui ne dit pas toujours son nom.
Bref, il y en aura encore pour tous les goûts !
Autrement, la question des figures plus
ou moins expressives dans le monde du spectacle
ouvrirait une belle partie de tir au pigeons
avec au moins trois catégories assez tranchées :
clowns blancs, limandes-soles et catcheurs.
Allez, 2016, année à l’aise !
Bobinettement.

MH dit: 6 janvier 2016 à 0 h 34 min

J’ai lu avec attention votre critique de ce film, que j’attendais avec impatience. Je n’ai pas tout compris! Pour ma part, quand je suis sorti de la salle j’avais retrouvé mes 10 ans, émotion que je n’avais pas ressenti avec les épisodes 1,2 et 3. Mais vous Annelise, avez vous aimé ce film?

Annelise dit: 6 janvier 2016 à 9 h 32 min

Intéressante question, très « générationnelle »,MH! Ce « Réveil de la Force » est l’épisode 7 des Star Wars, nous sommes d’accord? De quels 1,2 et 3 parlez-vous? De ceux juste avant ce film-là, avec Erwan Mc Gregor(c’est-à-dire en fait 4,5,6), ou des tout premiers (Luke est adulte, Obi Wan Kénobi est déjà un vieil homme et perd son combat contre Dark Vador)? Parce que ça change tout, pour ma réponse. J’ai trouvé ce n°7 bien fait, mais il ne génère pas pour moi l’émerveillement des débuts où je ressortais comme vous, ayant dix ans. Bravo de vous frotter à des articles où vous ne comprenez pas tout… « Courageux et formateur, c’est », je dis (en bougeant mes grandes oreilles vertes de Yoda)

Bunisset dit: 10 janvier 2016 à 11 h 46 min

Chère Annelise, votre critique surprend par la profondeur et l originalité de l analyse. De la sincérité sans la moindre complaisance. C est drôle, après vous avoir lue, on ne voit plus avec les mêmes yeux. Il y a de la contagion. Et surtout quelle belle plume ! C est si rare. J ai hâte de lire votre prochaine critique. Encore bravo

Fanny dit: 11 janvier 2016 à 19 h 30 min

Ayant en horreur la « prélogie »dont je dénie même parfois l’existence, l’annonce de ce nouveau film après le rachat de LucasFilm par Disney m’a fait tremblée.
« Encore un film fait uniquement pour faire de l’argent » J’avoue m’être même promis de ne pas mettre les pieds au cinéma…enfin, je m’étais dit cela avant de voir le teaser, pas mal du tout puis la bande annonce qui a éveillé dans mon cœur de fangirl un panel d’émotion difficile à ignorer.

Je suis absolument d’accord avec ce que vous écrivez Annelise Roux pour les pour et contre.
(Pour ma part, je ne pourrais pas dire du mal d’Adam Driver qui pour moi, était la plus grande réussite du film_yeux larmoyants et oreilles décollées compris.)
Pour les moins j’ajouterai aussi cette fin avec un Mark Hamill dans le surjeu et un plan à 360 inutile et assez ridicule qui ne finit pas le film en beauté…

Au final, ce « Réveil de la force » remplit quand même ses objectifs : il n’est pas foncièrement bon, il n’est pas du tout mauvais, il réussit à réunir plusieurs générations de spectateurs, il reste fidèle à l’univers Star Wars et surtout, il arrive sans problème à relancer la franchise (Disney peut dormir sur ses oreilles) . Bref, je ne suis pas sortie de la salle insatisfaite, j’ai eu même plaisir à le voir plusieurs fois mais il est vrai que l’hommage aux originaux (aucune mention du 1,2,3 fort heureusement) est parfois trop présent avec ces effets miroirs pas du tout subtils comme ces personnages qui ressemblent étrangement aux anciens (bb8/c3p0…maze/yoda…Snoke/Sidious) et quelques scènes comme si on nous servait un best of.

Mauss dit: 13 janvier 2016 à 20 h 52 min

Suivant un ordre venu d’en haut via votre compagnon (via projet Financé) bien triste dire pour ce dernier Star War que c’est un peu du bof-bof par rapport au n° 3 du cycle avec la sénatrice.
Un monde, une galaxie !

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