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La République Du Cinéma

« Julieta » : Movida digest(e)

Par Annelise Roux

On ne va pas parler de la Canadienne de langue anglaise Alice Munro nobélisée en 2013. Pedro Almodovar s’est appuyé sur trois de ses nouvelles extraites du recueil « Fugitives ». Le Nobel peut avoir des vertus cachées, faire découvrir des inconnus au grand-public auquel cela fait de l’effet. Christine Ferniot dans « Télérama » avait parlé dès 2001 à son propos de « nouvelles stupéfiantes de sagesse ». Douze ans avant l’attribution du prix, on ne peut taxer la journaliste de surfer sur la vague. D’autres n’avaient pas aussi bien discerné les subtilités de l’auteur, ou ne les ont tout simplement pas appréciées.
La sagesse, pas ce qui caractérise le mieux la Movida ?
On ne parlera pas non plus des Panama papers, du frère de Pedro, Agustin, également son producteur exécutif, qui fait des apparitions dans ses longs métrages. Que Pedro Almodovar gagne de l’argent n’a rien de répréhensible. Il en a gagné beaucoup, j’espère suffisamment voire plus, pour rétribution d’une facture personnelle qui non seulement d’emblée, mais au fil des ans, a su faire office de signature. Le fait que des sociétés écran aient été bâties pour permettre telle ou telle éventuelle évasion fiscale appartient à un champ éthique qui ne concerne que lui et non nous, spectateurs, qui ne sommes pas tous a priori juges d’instruction au pôle financier, même si côté estime, certaine chute…

« Julieta » n’a pas la fulgurance, l’âpreté pétulante et cryptée, purement espagnole des Almodovar des années d’or peuplés de gueules, de travestis, toreros reconvertis, femmes au bord de la crise de nerf habillées par Agatha Ruiz de la Prada… Ce cinéma surchargé, émotif, très peu dans la retenue, sentimental en excès, étouffant puis prude, lorsqu’il se rappelle que la monarchie est catholique. Pour moi il n’y a pas photo – et rien qui procède d’une nostalgie envers ses films antérieurs – le réalisateur est à son apogée entre « Tout sur ma mère » de 1999 et « Volver » de 2006. Pour le numéro un, j’hésite entre « La Mauvaise Éducation », imparfait, mais où un Gael Garcia Bernal angélique découvrait l’amour dans un pensionnat religieux (les oxymores cinématographiques d’Almodovar, son innocence peinte en criard font partie de son talent, nul n’a su comme lui faire synthèse d’un pays longtemps flanqué de duègnes, dominé par la religion sanctifiée par un roi et une reine, dans lequel d’autre part le mariage homosexuel fut reconnu légal plusieurs années avant la France) et, mon péché mignon, « Parle avec elle ».
Pas seulement à cause de Pina Bausch : ce dernier film fut l’occasion d’une de mes plus belles disputes sur le thème, une amie sévillane, outrée, soutenant mordicus qu’il s’agissait ni plus ni moins d’un blanc-seing accordé au viol sur personne vulnérable. Je pensais autrement, voyais en Benigno, l’infirmier fidèle (Javier Canara a la rondeur d’Almodovar lui-même, ce même visage un peu gras, perché dans le flou que soudain traverse l’étincelle perçante d’yeux très noirs) une sorte de Joseph accompagnant Marie : la conception d’un enfant par cette femme plongée dans le coma alors qu’il la veille n’est pas le résultat d’une brutalité physique, mais l’expression théophanique faite chair de son dévouement.

Certains déclins ne sont pas gênants : évolution saisonnière normale qui permet la découverte d’autres périodes. L’énigmatique dans « Julieta » recule au bénéfice d’une narration aux rebondissements quasi explicatifs. Et cependant quelle maîtrise. Tant mieux. Je ne m’en serais pas passée. Le ludique provocant, la stridence théâtrale, les plateforme-boots aux talons compensés de seize centimètres risquent de vous manquer ? N’y allez pas, mais vous ne verrez rien de l’éblouissement épuré que le coloriste tend. Ce rouge, si typiquement tauromache en ouverture, m’a fait me demander ce que Michel Pastoureau, déjà consulté sur le bleu et le vert, aurait pu en dire. La passion et l’enfer? Chez Hitchcock, c’est la couleur de la culpabilité. « Pas de printemps pour Marnie », la robe de Grace Kelly dans « Le crime était presque parfait » en témoignent. Il est amusant de reconnaître ici ou là des hommages inconscients semés par l’Espagnol à l’adresse du maître du suspense. Car le récit almodovarien, aussi bien narratif que visuel, est émaillé de signes qui ne sont pas dispensés au hasard. Moins hirsute, extravagance rabotée, mais empli de raffinement, de références qui illustrent sa culture et son dépassement : le film est l’expression d’une Movida apprivoisée, digeste et mondialisée, très construite. Il y a un livre de Ryuichi Sakamoto (musicien et capitaine Yonoï de « Furyo » ) glissé dans la valise de Julieta.  Il y a quelques années j’aurais parié sur une version du Gay Pied traînant dans un coin et vite escamotée… Le frère de la meilleure amie d’Antia est le portrait de David Bowie en Ziggy Stardust, cheveux stricts à la « China Girl» : Pedro âgé de 66 ans s’est assagi, paie son tribut d’admirations discrètes et cela ne sent pas le sapin. Je trouve touchant de mêler à ses façons tellement particulières les particularités d’autres grandes figures qu’il a aimées, digérées et intégrées.

La jeune Julieta (Adriana Ugarte, si blonde avec ses sourcils noirs, comment ne pas penser à Isabella Rossellini dans « Blue velvet » ?) vêtue de bleu dur, boucles d’oreilles rouges, dans un train, s’estime responsable du malheur d’un homme monté dans son compartiment, dont elle n’a pas su percevoir qu’il avait besoin de parler… Julieta plus âgée (Emma Suarez), ayant perdu la trace de sa fille Antia, après avoir formé le projet d’accompagner au Portugal son compagnon Lorenzo (Dario Grandinetti, un habitué que l’on retrouve avec plaisir), rompt avec lui sans préavis, retourne dans son ancien quartier attendre un hypothétique signe : la scène où, assise sur un banc sur fond roux vénitien aux abords d’un terrain de basket, elle déguste en pull noir une pomme rouge est à elle seule une leçon de peinture, un Rothko.

Le film dit beaucoup cette fois. Son explicite n’évacue pas pour autant les mystères que le cinéaste poursuit : la maternité, le secret, la transmission, l’obscure punition tapie quelque part, ce que signifie connaître l’autre, la polarité sexuelle, l’amour rédempteur. Julieta tombant amoureuse de Xoan (Daniel Grao) habillé de rouge au wagon restaurant vert amande prend la place de sa femme légitime plongée dans le coma. Un cerf court dans la neige en toute liberté lors de la rencontre, et elle espère que la locomotive ne le percutera pas. Marian (Rossy de Palma en sorcière aux cheveux gris), femme de charge ou marâtre fait en sorte que les Écritures néfastes s’accomplissent, révélant des vérités aptes à séparer au lieu de réunir : plus tard, la propre mère malade de Julieta (poignante scène du lit où la vieille femme s’éveille pour admirer la beauté de sa petite-fille) verra à son tour sa place disputée auprès de son mari. L’interchangeable, la précarité des situations occupées, le temps. Xoan lui-même avait été ravi à son amie et maîtresse occasionnelle, Ava : Inma Cuesta est superbe en cheveux sombres, pull jaune et boucles d’oreilles anis, assurant en face d’une Julieta proche de la Teresa de Kundera scénarisée par Jean-Claude Carrière pour Philip Kauffman une Sabina (Lena Olin) convaincante, sculptant des petits personnages aux sexes marqués, protubérants mais indéterminés.

« La magie est dans le visible et non l’invisible » écrit Giono. Cela se vérifie ici sans tapage, chez le rondouillard castillan de la Mancha aux cheveux blancs qui le situent entre Plastic Bertrand et David Lynch. Il nous avait habitués à plus d’invention mais moins de synthèse. Lorsque Julieta amputée de famille serpente en Toyota rouge sang parmi les pins verts, allant au-devant de la répudiation ultime… Le long trajet qu’elle aura à faire avant le choc (elle se fait renverser alors que le compagnon éconduit réapparaît) salutaire, la réunification par l’amour. Après le drame qui frappe à son tour sa fille Antia, Julieta y va « pour lui tenir compagnie », ce qu’elle n’avait pas fait pour l’homme du train.

Ainsi la boucle est bouclée.

« Julieta » de Pedro Almodovar.

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commentaires

157 Réponses pour « Julieta » : Movida digest(e)

radioscopie dit: 31 mai 2016 à 7 h 47 min

C’est en effet un film très maîtrisé. La scène du train me semble à cet égard exemplaire : elle est métaphorique de l’espèce d’odyssée que vit notre Julieta, sorte d’Ulysse en mini jupe, ballotée sur le πόντος (póntos) -référence explicite- entre amour, périls, mort, séparation… l’aventure de la vie, en somme.

christiane dit: 31 mai 2016 à 9 h 39 min

Voilà un bien étrange billet. L’ayant traversé il m’en reste un labyrinthe de la perception des couleurs et ce film devient toile. Des rouges « tauromache » dominants, brûlants, la paille incandescente ou la crinière poussiéreuse des cheveux, des bleus aphones, en lieu et place de quelque chose d’autre qui n’y apparait pas. Ce champ coloré que l’on a sous les yeux au fil du drame raconté et que vous nous offrez dans ce billet.
On cherche des indices comme des conflits entre des forces obscures, un contrepoids aux empâtements de l’histoire racontée. Je me souviens aussi de quelque chose de noir au sens profond du mot peut-être dans les regards… (un peu de l’agressivité de Barnett Newman). Une œuvre au noir. C’est une peinture qui provient de la nuit même si midi est l’heure sans ombre pour les blancs. Les incurables du souvenir et du deuil contre les battements affolés du rouge-passion. « La passion et l’enfer ». L’identité des choses et des êtres en est pulvérisée. La couleur s’échange contre des fantômes pour Julieta et Antia.
Puis vient le groupe d’acteurs capables d’évoluer dans cette mise en scène et on s’embarque dans l’inconnu.
C’est seulement à la fin du film que j’ai perçu l’ampleur et le rôle des couleurs, cette intimité entre Almodovar et sa palette. Pendant la projection, une sorte d’empêchement-œil à cause du tourbillon de l’histoire.
Une « toile » pour vivre une expérience émotionnelle et esthétique car ce film s’enracine par ces couleurs dans le monde enfoui de l’inconscient. C’est son étrange et troublante force. Votre analyse y donne accès par un glissement progressif. Avant de la lire, il y avait comme une chose en suspens, une énigme. La couleur s’insurgeait de ne pas être reconnue car les spectateurs avancent souvent sur des barques fragiles. C’est bien quand on rencontre un nautonier…

JC..... dit: 31 mai 2016 à 9 h 59 min

Cinématographiquement, Annelise nous viole intellectuellement : je m’en vais la trainer devant les tribunaux pour harcèlement émotionnel…

Si certains veulent s’y associer, ça diminuera les frais. On fera une belle photo, coloriée, en souvenir.

roca dit: 31 mai 2016 à 10 h 12 min

Moi mon préféré c’est VOLVER .Les coloris vous avez raison :très important chez Alkmodovar .Le film méritait la palme ? Il aurait pu,vu l’impression que depuis quelque temps ce sont les oeuvres plus « lisibles » qui la

christiane dit: 31 mai 2016 à 10 h 13 min

Euh… pas Barnett Newman mais Robert Motherwell. Je pensais à sa série impressionnante des « Élégies » tellement marquée par la guerre civile en Espagne. Le noir y joue un rôle clé. Tous ces peintres se connaissaient et gravitaient près de Mark Rothko que vous citez dans votre billet.
(JC, pas un « Harcèlement émotionnel » car les écrits d’Annelise ne font pas dans le pathos mais quelle ouverture à l’art !)

roca dit: 31 mai 2016 à 10 h 19 min

Moi mon préféré c’est VOLVER. Les coloris vous avez raison: très important chez Almodovar.Le film méritait la palme? Il aurait pu, ‘vu l’impression que depuis quelque temps ce sont les oeuvres plus « lisibles » qui la décrochent ,les chichiteries sorties de la cuisine interne,avec lot de simplifications dommageables et paprika pour masquer le gout comme les bulots pas trop frais .Faut que ça change! Super billet

Jibé dit: 31 mai 2016 à 10 h 21 min

La double prétérition de ce début de papier vous va comme une paire de gant, Annelise ! De longs gants parachevant votre belle robe de bal cannoise (on demande la photo !).
Cette ultime variation, digeste, forcément digeste, de la movida almodovarienne, s’est diluée dans le mélo de Munro. Ici, les travestis se sont fait opérer et sont devenus de respectables bourgeoises. Seul demeure leur mal de maternité !
Au rouge sang des menstrues se substitue le bleu du carrelage de la cuisine du pêcheur, avec vue sur la mer…
Mais le vent ici ne berce toujours pas sa palme !
La prochaine fois sans doute ?

Momo dit: 31 mai 2016 à 10 h 25 min

Motherwell c’est le compagnon photographe de Patti Smith Christiane?ou Mappelthorpe? Je n’y connais quecouic en peinture mais ça donne très envie. C’est beau quand on trouve dans l’article les mots très justes pour revêtir ce qu’on a ressenti et aller plus loin !
Merci Anne Lise. il y a croisement entre Almodovar et Woody Allen autour de penelope Cruz. Vous aviez vu Jamon jamon? (Bigas Luna)

christiane dit: 31 mai 2016 à 11 h 14 min

Momo,
c’est Mapplethorpe, le photographe (sulfureux), ami de Patti Smith.
Motherwell est un peintre américain dont le nom est lié à l’expressionnisme abstrait appartenant à L’École de New York.

Eriksen dit: 31 mai 2016 à 11 h 27 min

Ce « nouveau » Almodovar s’éloigne des sentiments exacerbés et des personnages théâtraux. Les personnages d’Almodovar ne sont pas si « normaux » d’habitude, y compris Antia. Sa disparition rappelle « L’AVENTURA » d’Antonioni, et « A PROPOS D’ELLY » de Asgard Fahradi.
Le PASSÉ, du même Fahradi, résonne extrêmement fort avec JULIETA ou l’on retrouve une femme dans le coma, une autre alitée et délaissée, et des hommes qui refont leurs vies. Le PASSÉ montrait un processus d’apaisement des culpabilités, par la parole et la responsabilité partagée. Ici, Julieta et Antia se heurtent à une culpabilité brute : celle qui juge totalement coupable celui qui n’est que co-responsable.
La responsabilité de Julieta est vraiment minimale dans la mort de son mari, mais Antia n’en a cure. Elle navigue en Absolus, qui se succèdent et s’excluent : sa famille (surtout son père), Béa son amie, puis une secte. Antia élague les branches mortes de sa vie avec ces mots : « tu ne fais pas partie de ma nouvelle vie ».
Antia, c’est la part d’ombre du film, l’énigmatique, le non explicite et ce qui n’est pas « explicatif ». L’énigmatique est ici absence et retrait, donc non-jeu, contrepied hallucinant de l’Almodovar d’antan. Si déclin il y a chez Pedro, ce n’est que celui de de l’hystérie.
Mais Antia ne sort pas de nulle part. On est loin d’une famille dysfonctionnelle à la Dolan ou Almodovar vintage, mais il y a cependant quelque chose de choquant : Julieta « protège » sa fille de la mort de son père. Au lieu de vivre le traumatisme dans le lien et dans la solidarité familiale, elle laisse sa fille, insouciante, s’amuser en colonie de vacances, et même suivre à Madrid sa nouvelle amie et sa mère. En ne partageant pas les moments de douleur avec son enfant, Julieta dissimule ce qu’il faut aussi apprendre à vivre. Les enfants surprotégés se rendent compte trop tard que le monde n’est pas là pour leur faire plaisir. Outre qu’ils en veuillent aux parents, ils reproduisent avec leurs enfants, n’ayant rien appris d’autre. Le film se termine sur une lueur d’espoir, malgré le cout faramineux des erreurs passées de chacun.
Le nouvel Almodovar semble donc en cure de désintoxication d’absolu, un capitaine Achab en sevrage. Ni le grand-père, ni Xoan, ni Ava ne sont culpabilisés, par le film ou par les personnages, pour leurs compromis/compromissions qui entache l’absolu de l’amour et de la fidélité. En revanche, nous vivons de l’intérieur les dégâts causés par l’entière Antia, image décalée de nos djihadistes explosifs.
La sagesse peut-être aussi belle que la folie… et je suis 100 fois d’accord avec vos propos, Annelise, sur la couleur, la peinture, Isabella Rosselini, Sabina, et cette insoutenable légèreté des êtres avec laquelle Antia apprendra peut-être à vivre.

christiane dit: 31 mai 2016 à 11 h 42 min

Annelise,
Le capitaine Achab et l’énigme de la blancheur de ce monstre marin, le léviathan : Moby Dick. Le bien, le mal, la destinée… sa guerre obsessionnelle de damné contre un géant. Le Pequod…
Vous dans le rôle d’Ismaël, celui qui raconte.
En 2006, dans Le Magazine littéraire un beau dossier de Mark Niemeyer.

jodi dit: 31 mai 2016 à 12 h 21 min

Et « Matador » Annelise! Ne pas oublier la grande période de love story(on ne parle pas forcément de chair) avec Banderas :la corrida de l’amour !! Verhoeven n’a rien eu à Cannes mais Matador c’eszt Katherinbe Trammell sans pique à glace,avec banderilles

radioscopie dit: 31 mai 2016 à 13 h 12 min

Déclin de l’hystérie chez Almodóvar ? « Hystérie », c’est sans doute une étiquette péjorative que l’on colle sur les manifestations d’une exception culturelle dès lors qu’on la méconnaît. Au-delà des thèmes universels qu’il aborde, Almodóvar incarne et expose quelque chose de l’Espagne qui est immédiatement identifiable.

Vébé dit: 31 mai 2016 à 13 h 15 min

Jibé 10.21 : vous voulez dire pour parler crûment qu’il a lissé son oeuvre de l’oeil de gabès, la rendant moins « homo » dans le but de récolter la Palme?

@anne-Lise, incroyable comme vous faites vibrer ces couleurs sous nos yeux ! C’est ultra saturé, à-plats violents de bleu, de rouge, vert céladon. Almodovar a t-il fait des études de peinture et est-ce votre cas?

Le post d’Erikstein, sa mise en abîme hystérie de Dolan/hystérie de Pedro, la seule folle du film ici étant non pas Julietta mais Antia, la fille mène sur des sentiers intéressants.

Le Almodovar que j’élirais est « Tout sur ma mère », condensé de couleurs, figures improbables et consultations chez le psy. Autre mise en abîme avec Woody Allen !

radioscopie dit: 31 mai 2016 à 13 h 30 min

Puisqu’il est beaucoup question de couleur, voir cette autre figure de la Movida madrileña : Ouka Leele. Après plus de 40 ans de l’obscur tunnel franquiste, l’explosion de la vie.

Jibé dit: 31 mai 2016 à 13 h 33 min

Pas exactement, vébé. Rien de stratégique. Mais avec l’âge et l’expérience, Almodovar s’allège de l’attirail drag queen, comme Woody Allen de celui de la psychanalyse…

Eriksen dit: 31 mai 2016 à 13 h 36 min

@radioscopie: La personnalité hystérique se caractérise par « le théatralisme (histrionisme), l’exagération de l’affect, la dépendance et la quête affective, l’hyperémotivité et l’impulsivité, une sexualité perturbée et un mode de pensée imaginaire ».
Cela n’exclue en rien la qualité cinématographique.
Cependant vous avez raison, la phrase « déclin de l’hystérie chez A » n’était pas appropriée et aurait du être « déclin des personnalités hystériques chez A ».
Par ailleurs, que trouvez-vous de « spécifiquement espagnol » dans Julieta?

Jibé dit: 31 mai 2016 à 13 h 37 min

Et puis Ken Loach, qui ne s’est pas départi de son côté « social », a bien décroché une deuxième palme !

Jibé dit: 31 mai 2016 à 13 h 40 min

« que trouvez-vous de « spécifiquement espagnol » dans Julieta? »

La bonne… espagnole, savoureusement interprétée, toute en teinte de gris, par Rossy de Palma !

radioscopie dit: 31 mai 2016 à 14 h 27 min

@Eriksen
Sous le bariolage des masques, des apparences, une noirceur, une gravité diffuses. Le fardeau, le piège du fatum.

Vébé dit: 31 mai 2016 à 15 h 13 min

Jibé 13.33 je vous suis. Est engagé là dedans notre « positionnement » vis à vis de l’homosexualité, vous ne croyez pas.? « L’âge et l’expérience venant »… « le côté drag queen ». Je ne connais pas le votre mais le mien est clair.

J’ai été élevée dans la religion catholique, une éducation qui aurait pu me conduire à enseigner la catéchèse. Ce qui ne m’empêche pas d’être sans réserve pour le mariage pour tous. Je ne parle pas du terme en soi mais de l’égalité des situations.

Cette bifurcation apparente catho/acceptation franche de l’égalité des amours est-elle « purement espagnole » d’après vous? les pays du Nord ont mené cette réflexion avant la France, avec la Belgique qui a légalisé il y a plusieurs années.

Ce qui a l’air clair ne l’est pas tant que ça, les préceptes « officiels » du pape entrant dans le jeu en brouillant les cartes auprès de chrétiens tradis qui en déduisent que l’homosexualité, c’est le Diable dans la maison.

Je ne cherche pas polémique en soulevant qu’à Cannes, être homo ne doit plus poser problème depuis belle lurette. la victimisation homosexuelle est cousue de fil blanc, voire peut représenter un atout, un plus?CF. l’hystérie de Xvier.dolan sur scène. D’où, un brouillage accru.

Le débat risque toujours d’être rattrapé à la frange par la question de l’homophobie. Il ne faut pas céder à jouer sur l’hystérie ni la mise au placard en en rajoutant, car en parallèle c’est un mal tout ce qu’il y a de réel !

Comme Erikstein je pense que ce « Julietta » représente une maturation de Pedro Almodovar. Votre post va dans ce sens?

Le film vous a plut donc? Moi beaucoup, mais j’aimais plus que tout la stridance inquiète des débuts. « Autre période » comme le qualifie A;L

JC..... dit: 31 mai 2016 à 16 h 37 min

Sincèrement, et je ne provoque en rien le fiotteland, ….. avouons le : l’homosexualité, c’est le péché !

Eriksen dit: 31 mai 2016 à 17 h 17 min

@Radioscopie: « Sous le bariolage des masques, des apparences, une noirceur, une gravité diffuses. Le fardeau, le piège du fatum. »
Dans Julieta, il n’y a que peu de masques, de noirceur, de fardeau ou de fatum, en tout cas pas plus que dans dans des films non espagnols.

@Jibé: Cette ultime variation, digeste, forcément digeste, de la movida almodovarienne, s’est diluée dans le mélo de Munro. Ici, les travestis se sont fait opérer et sont devenus de respectables bourgeoises.
c’est grave docteur? le film en est il creux pour autant?

Annelise dit: 31 mai 2016 à 17 h 19 min

JC 16h37, pas de ces dérapages ici. Je tolère les petits salés mais pas les gros porcs. De nouveau des problèmes de maintenance avec RdC je le crains, j’interviens depuis mon téléphone. Pour votre proposition c’est vous qui payez l’essence. Et je veux un casque avec auto-collants UBBG (Union des Basketteurs Bruxellois Gays), Amnesty International, Unicef, Mare Nostrum-Secours et Assistance aux Réfugiés, MdM, MSF, ISF (ça c’est pour vous), Reporters Sans Frontières, Nos Amies les Bêtes, Musées de France, Librairies Indépendantes, Cinémas art et essai, Sauvez Venise et Marathons des villes de Tokyo, Paris, NY, Bordeaux et Boston.

Annelise dit: 31 mai 2016 à 17 h 31 min

J’ai pourtant beaucoup à débattre avec Radio (l’idée d’Ulysse& de la Grèce… et je ne connais pas Ouka Leele), le riche Eriksen de ce matin avec ses mises en perspective alléchantes, L’Avventura, Le Passé de Fahradi – et Vébé sur homosexualité confrontée à la chape éventuelle du catholicisme, l’Espagne, Franco…

Paul Edel dit: 31 mai 2016 à 18 h 07 min

Papier suave à lire par sa délicate comptabilité pharmaceutique des points d’accroche du film, et- un soupçon de perplexité pas complètement affirmée…Mais je lis peut-être trop entre les lignes..
Surtout une question : si je commence à regarder le tissu écossais du fauteuil dans lequel le personnage est assis, puis la pomme rouge sur fonds de terrain de basket, puis la touche cramoisie tremblante de la robe du personnage flou en arrière- plan de la route forestière, ou les pigments épais genre muralistes mexicains sur lesquels s’adosse la femme bouleversée de chagrin, c’est que je ne suis plus vraiment l’histoire et que je me raccroche aux détails du plan.. alors je suis dans un film décoratif.
J’aime être emporté, empoigné, essoré au cinéma par l’histoire, genre les grands films noirs américains des années 4O.. Alors qu’en peinture, j’aime m’asseoir sur un banc dans un musée de province (tiens, Angers par exemple) et essayer de saisir pourquoi je me sens tout descellé de mes petits soucis quotidiens , tout aspiré, par la fugacité vibrante d’un simple brun léger terre de Sienne laissé derrière la pêche de Chardin.

Jibé dit: 31 mai 2016 à 18 h 56 min

D’aucuns ici ne semblent pas savoir que l’on apprécie mieux le papier d’Annelise après qu’on a vu le film.
Ce que je viens de faire, avec retard, pour « Les malheurs de Sophie » de l’honorable Honoré (il faudra parler un jour de la recherche du titre chez notre facétieuse hôtesse).
Charmant.
Je me demande cependant si le choix de Muriel Robin, qui apparait peu dans le film et en a tiré toute la couverture médiatique, est une si bonne idée que ça ? Une Catherine Jacob n’aurait-elle pas été plus inquiétante et convaincante ?

Annelise dit: 31 mai 2016 à 21 h 08 min

Eriksen 17h49 d’où vous nous sortez ça?
Jibé, Christophe Honoré, je crois me rappeler que Lew nous avait brandi un .357 Magnum de Police Python d’une précision mortelle contre Muriel Robin, dans le corps des commentaires. Mais je vous le confirme, Catherine Jacob est inquiétante.
Paul Edel 18h07, la suavité, la morbidesse il faut s’en méfier vous savez : ça vous descend un costaud en moins de deux, sur une simple tonalité de rose. Je ne choisis jamais entre la poire et le fromage. Je prends les deux et si c’est bon, je me ressers trois fois. Mais vous avez raison, comme vous j’aime être emportée. Un fruit très savoureux, cueilli vivant sur l’arbre à cause de son odeur, la rugosité tendre, un peu duveteuse de sa peau. Jus sur le menton, et cette petite sensation granulée quand on croque. Juste après, un Munster qui sent fort, orange et qui suinte, amer sur la langue en fin de bouche : pas la même saveur qu’un Brillat-savarin, pourquoi aurais-je à écarter l’un pour goûter l’autre? Les effluves nets de la truffe noire qui vous rafraîchissent, vous étourdissent à la fois, en même temps qu’ils vous font entrer en légère transe… Quand je revois « Bienvenue à Gattaca » (un de mes plaisirs renouvelés, quel étonnement il y a quelques années en entendant Jean-Claude Milner s’extasier dessus à une table du Banquet de Lagrasse), tout de suite il y a la peinture. Hopper immédiatement et en premier lieu, un soupçon de De Chirico ensuite… et une histoire, même une très bonne histoire dessous, mais qu’il faut attendre, voire aller chercher… Si je ne place pas mon focus correctement, que j’attrape mon papillon de travers je lui froisse les ailes, de la poudre plein les doigts, après il ne peut plus voler. Dirai-je qu’il est mort? Moi, plutôt, qui ne l’ai pas capturé comme il faut d’emblée ! Comme Le Caravage : vous jurez un instant que c’est un maniériste, il vous peint de ces couronnes de fleurs dont on croit sentir le parfum en se penchant sur la toile et l’instant d’après, avec « Le Joueur de luth », c’est un peintre sexuel, violent, lourd de sens que vous avez sous les yeux… Le Merisi qui se bat, assassine pour un plat d’artichauts après une rixe. La peinture, elle, n’a pas bougé. Il y a comme une « vision virile » dans ce que vous exprimez qui ne me déplaît pas, que j’éprouve également, pourtant pas tout à fait comme ça. Le couloir focalisé de la jouissance masculine, intense et brève, la nôtre « en étoile », comme aurait pu le dire Desnos que je lisais enfant, plus volontiers que Rudyard Kipling ? Ce bel hippocampe cheval marin, cheval de trempe qu’aucun cocher n’a harnaché, Hip ! Hip ! avec son Yvonne de Knops George aux sentiments non partagés.
Les deux lignes se recoupent ici ou là, alors ce sont les choses à l’unisson, le feu d’artifice. Moi qui suis morte plusieurs fois du typhus, ça me va que vous ne pensiez ni ne soyez pas pareil. Aimer c’est commencer par avoir de l’élan et pour l’élan, il faut du recul, pas uniquement de la proximité.

Annelise dit: 31 mai 2016 à 22 h 07 min

Inferno ! Cop21, les Ramones, cela fait plus de vingt ans que je les porte en t-shirt. Le clip, très Movida d’avant-guerre, bien vu. Dee Dee devait être sacrément fumé ce soir-là. J’ai ri aux éclats.

cop 21 dit: 31 mai 2016 à 23 h 27 min

Je ne vous crois pas une seconde mais merci d’avoir essayé (curieux cette histoire de T-shirt ; Ramones semble-t-il très prisé et vu cet aprèm pour la première fois un Clash)

JC..... dit: 1 juin 2016 à 5 h 18 min

« JC 16h37, pas de ces dérapages ici. Je tolère les petits salés mais pas les gros porcs. »

Que vous le vouliez ou non, l’homosexualité est un péché pour les Croyants ! Ce n’est pas un dérapage, c’est un constat…

Que vous préfériez les petits salés aux gros porcs est votre choix, Annelise. Pas le mien qui suis bien à l’aise parmi les gros porcs, et pour finir, continuerai à me passer de vos juvéniles conseils partisans….

sam dit: 1 juin 2016 à 7 h 15 min

le pq n’est qu’un opportuniste, de bas-étage, un beauf, un taré fasciste qui tente constamment, en vain, de prouver, qu’il est ‘normal’ et pas c.n !!

sam dit: 1 juin 2016 à 7 h 17 min

vu la propension du pq à usurper les pseudos, je décline d’avance toute responsabilité pour les posts qui seront désormais signés ‘sam’ . Annelise peut vérifier

JC..... dit: 1 juin 2016 à 7 h 26 min

Rien n’est plus agréable à l’honnête homme que d’être détesté par de détestables idiots…

Jibé dit: 1 juin 2016 à 8 h 38 min

« c’est grave docteur ? le film en est il creux pour autant ? »

Seulement allégé de l’attirail habituel, Eriksen. Ce n’était pas forcément mieux ou pire avant…

Jibé dit: 1 juin 2016 à 8 h 40 min

Rien n’est plus agréable au détestable idiot que d’être détesté par d’honnêtes hommes…

Miss Tigris dit: 1 juin 2016 à 9 h 15 min

JC traité de gros porc, c’est bien ; dénommé comme andouille, c’est encore mieux

Annelise dit: 1 juin 2016 à 10 h 01 min

Miss Tigris, j’accepte les petits salés pas les gros porcs. Nuance. Je suis fordienne. Revoyez « The Quiet man ». Ou chez Cimino, la chasse aux daims. La scène où Michael/De Niro revenu de la guerre lève son fusil.

Annelise dit: 1 juin 2016 à 10 h 04 min

Je vais y venir Jibé. Vu quelques nouveautés. Prochain billet déjà écrit, je compte sur vous pour ce pas de côté fondamental avant de revenir à l’actualité. « La Mauvaise Éducation », qu’en aviez-vous pensé?

Jibé dit: 1 juin 2016 à 10 h 07 min

Par temps humide, on a envie d’aller au cinéma, Annelise !
Qu’elle était belle Marlène Jobert dans « Le passager de la pluie » !

Annelise dit: 1 juin 2016 à 10 h 12 min

Vous voulez que je lance des noix à l’envers contre mes carreaux? C’est fait. Et maintenant j’entre en projo pour vous dans 1/4d’h

Jibé dit: 1 juin 2016 à 10 h 12 min

« La Mauvaise Éducation », qu’en aviez-vous pensé ?

Celui-là, incontestablement, aurait mérité la palme, Annelise !
Je m’étonne de l’absence de réaction de Jacques Ch. ?

JC..... dit: 1 juin 2016 à 10 h 14 min

« Miss Tigris, j’accepte les petits salés pas les gros porcs. » (Annelise)

Vous êtes comme tout le monde, dans le fond,…. assez peu courageuse … aimant peu la diversité d’opinion !

christiane dit: 1 juin 2016 à 10 h 25 min

@JC….. dit: 1 juin 2016 à 10 h 14 min
Non, JC, elle a raison et sa réponse est juste. Vous dérapez souvent, JC, sous prétexte de provocation et de liberté d’expression.

JC..... dit: 1 juin 2016 à 10 h 45 min

Ne te mêle pas de ça, Christiane … je suis fou de rage devant tant d’imbécillité injurieuse.

christiane dit: 1 juin 2016 à 10 h 50 min

@JC….. dit: 1 juin 2016 à 10 h 45 min

« Ne te mêle pas de ça, Christiane …  »
Ah oui, pourquoi ? J’aime la rapidité de réaction d’Annelise, sans concession et toujours avec une pointe d’humour – cet épice qui relève l’ordinaire.

inutile de préciser dit: 1 juin 2016 à 10 h 56 min

Jibé dit: 1 juin 2016 à 10 h 20 min
« Ne pas confondre provocation à deux balles et opinion, JC  »

le pq n’est qu’un con n ard

JC..... dit: 1 juin 2016 à 11 h 15 min

Et bien, tant pis…. Christiane, si tu adhères aux insultes d’Annelise à mon égard, que le Diable vous emporte en ses immeubles de grande hauteur !

C’est la dernière fois que je mets les pieds dans ce repaire de truandes…

Polémikoeur. dit: 1 juin 2016 à 11 h 34 min

Cote d’alerte. Le débordement de la Rdl
dans la Rdc sera-t-il endigué ?
Une fois que les gremlins sont mouillés…
Pompablement.

christiane dit: 1 juin 2016 à 12 h 12 min

@JC….. dit: 1 juin 2016 à 11 h 15 min
Elle ne t’a pas injurié, JC, elle a posé ses limites : ce qu’elle peut accepter ou non. Et là, je partage ses limites. Mais enfin, pourquoi es-tu si virulent envers les homos. Laisse-les être heureux et sois-le de même avec qui tu veux. Le mot « porc » pointe ce qu’elle ne peut supporter comme les dires des homophobes surtout quand ils sont aussi vulgaires, des racistes, des xénophobes. Elle a raison. Marre de cette haine ! On n’en peut plus ! Tu t’es habitué chez Passou à ce que tous tes commentaires apparaissent. Pas de censure ou peu. Ici, une jeune femme courageuse et talentueuse refuse que son espace porte des commentaires infâmes. Elle est droite et ne cèdera pas. A toi de voir si tu aimes parler de cinoche ou si tu cherches une plate-forme où tu tournes en rond avec tes posts parfois nauséabonds. Il y a pourtant dans ta pensée un espace sauvegardé de ce qui est moche : ton humour, ton amour de la nature…

christiane dit: 1 juin 2016 à 13 h 20 min

@donald dit: 1 juin 2016 à 12 h 41 min
La bonté de ce genre ne sert à rien, donald. Commenter l’échange des autres, non plus, surtout sous ce pseudo ridicule. Occupez-vous de cinéma et laissez-moi libre de mes propos, coin-coin. Quand je m’adresse à JC, je ne m’adresse pas à la… basse-cour !

donald dit: 1 juin 2016 à 13 h 35 min

vous avez raison grande prêtresse! loin de moi l’intention de venir déranger vos échanges si profonds et personnels

fabienne dit: 1 juin 2016 à 14 h 15 min

Cette affaire des abords d’angles différents est très juste.J’adore vous ,lire Annelise. Voilà comment j’interprète votre remise au point à Mistigri 10.01 :vous ne traitez JC de gros porc comme elle,ou il,veut vous le faire dire,NUANCE(et c’est tout le sens de votre post) vous « acceptez qu’il donne dans le petit salé mais pas dans l’excès homophobe ».Et c’est très bien. Entièrement d’accord avec Christiane pour dire que vous ne l’injuriez en rien ,je crois que vous l’aimez bien en fait mais vous lui désignez sans hésiter les limites à ne pas franchir.Echange raffiné à 18.07,P.Edell,et votre réponse plus tard dans la soirée.Paul E.avec sa façon de vouloir simplifier,marquer au but « virile »,vous avez raison! Loin d’être désagréable.Et chez vous l’envoi vif d’une fraicheur de pluie,nuée de papillons extra-lucides.Justesse sans concession ,punch,mordant,bonté.Humble avec fantaisie,on vous sent proche,vraiment penchée sans condescendance ni familiarité. Ca porte drolement! On sent que si vous ne retenez pas les coups… Vraie belle énigme de ce trait fluide,coupant dans les accélérations.Rien de sucré,jamais mièvre.Ce que vous dites est plein de chair,une double leçon d’écriture et d’humanité.Ca me frappe que nous ,femmes,lectrices majoritaires,lisons souvent à l’aune de critères masculins.C’est là ou la modernité doit intervenir,le féminisme rééquilibrer les perceptions au lieu de faire passer l’un ou l’autre devant comme  » seul valable ».

ceci n'est pas un pseudo dit: 1 juin 2016 à 14 h 29 min

 » ce pseudo ridicule » (christiane)

ce n’est pas respectueux pour le futur président du monde

Annelise dit: 1 juin 2016 à 14 h 32 min

14h15 : sait-on jamais Fabienne?
Donald, et à part parler du commentaire qui parle du commentaire, quid d’Almodovar? De cette noirceur, ce fatum dont parle Radio, qu’Eriksen 31 mai 17h17 ne trouve pas si flagrant ici, en tout cas pas si « spécifiquement espagnol »? Tous les films d’Almodovar pour moi ont cette noirceur, ce grotesque rentrés,peut-être moins flagrant là que dans « La Mauvaise Éducation » mais…

Paul edel dit: 1 juin 2016 à 15 h 22 min

N ai jamais cherché une soi disant virilité en déclarant que j aime un tracé serré d intrigue et les films noirs américains des années 40 qui sont souvent avec humphrey Bogaert d un grand romantisme genre Casablanca le grznd film de la couleur c est le mépris et le plâtre frais d un appartement en travaux Godard est peintre en mouvement

Phil dit: 1 juin 2016 à 16 h 38 min

il me semble que le cinéma d’Almodovar garde toujours un goût un peu « fake » auquel on préfère les films de Jose de la loma ou ceux d’eloy de la iglesia; me suis toujours demandé s’il reconnaissait une filiation avec ces cinéastes de l’immédiat après-franquisme.

JB dit: 1 juin 2016 à 17 h 36 min

Almodovar ecrit généralement ses propres scénarios. Ici, il part des nouvelles d’Alice Munro. Est-ce que ça fait une grosse différence ? Oui et non…

JB dit: 1 juin 2016 à 17 h 43 min

Peu importe les pensées ou les supposées actions de JC. JC n’est pas JC. Le commentateur n’est pas celui qui signe sous ce pseudo. C’est un masque, un leurre, un personnage de fiction. Ce soucie t-on de ce que pensent ou font Julien Sorel ou le baron de Charlus ?

donald dit: 1 juin 2016 à 17 h 45 min

Jibé, super Carlos Saura depuis « Stress es tres tres » jusqu’à « De prisa de Prisa » (Vivre vite) , « Mama cumple cien años », Carmen..

Annelise ai vu peu de films d’Almodovar, juste au début un ou deux à l’époque de la Movida c’état assez drôle mais ensuite ses histoires de mères larmoyantes ne me tentent pas et je ne vais plus au ciné quasiment

Annelise dit: 2 juin 2016 à 7 h 36 min

Ramon, cette connivence irait donc dans le sens du parallèle d’Eriksen (il évoquait L’Avventura, mais aussi « A propos d’Elly » d’Asgard Fahradi)?
Paul Edel si vous dégainez Le Mépris et Casablanca je suis fichue : passé des heures à attendre le bateau pour Capri en pleine chaleur de juillet uniquement pour aller voir la casa rouge qui a servi de décor au premier. Il faut grimper, elle ne se visite pas mais ça vaut le coup. C’est elle, sur l’affiche de Cannes cette année (transposée en jaune).
Quant à Humphrey Bogart/Lauren Bacall cela confine au mythe. De tous les films, de tous les réalisateurs dans le monde il fallait que vous citiez celui-là. Arrêtez les suspects habituels, jouez As Time Goes By.

Annelise dit: 2 juin 2016 à 7 h 50 min

Isabella R a hérité beaucoup de la beauté de sa mère. Quel visage, Ingrid Bergman. Elle a toujours eu à mes yeux quelque chose de Silvana Mangano sortant cuisses nues de la rizière. Érotisme plus tempéré mais flagrant, maternité triomphante, elle qui a eu des difficultés à concevoir des enfants. Connotations terrestres, presque italiennes en dépit des origines suédoises. Rossellini a dû le ressentir. Il fallait au moins ça pour rivaliser avec Anna Magnani. C’est intéressant les types de femmes dont les cinéastes font élection. Généralement une figure centrale d’où partent les déclinaisons. Plus ou moins de ruptures, ensuite. Les femmes almodovariennes sont très contrastées.

Annelise dit: 2 juin 2016 à 7 h 59 min

Bel extrait, ce Deprisa deprisa. Almodovar, non réductible à des « histoires de mères larmoyantes »

Annelise dit: 2 juin 2016 à 8 h 01 min

Quant à JB, « on ne se soucie pas de ce que pensent Julien Sorel ou Charlus » – bien sûr que si !

radioscopie dit: 2 juin 2016 à 8 h 13 min

Le silence d’Antia dont il est question quelque part (est-ce que le 1er titre du film n’a pas été « El silencio » ?), la désertion d’Antia, sa disparition, est peut-être une manière de signifier la rupture vis-à-vis d’un cycle de répétitions qui a à voir avec le temps de la tragédie, l’odyssée homérique, en un mot : le destin. Et d’échapper à l’oeil implacable de Rossy de Palme (Marian)dans son rôle de Moire.

Annelise dit: 2 juin 2016 à 8 h 29 min

Il me faudrait revoir le début. Eriksen ou JB l’ont peut-être exactement en tête (quelquefois deux films par jour et je prends rarement des notes). Repensé à votre piste d’une odyssée grecque, au regard aussi de la maison de Xoan, la grande prépondérance de la mer(e)! dans le récit.
A propos de psychanalyse dans la sémantique : j’étais il y a quelque temps avec un ami de JLGodard qui me raconte que le réalisateur boitait quand ils ont dîné ensemble, ce que JLG attribuait naturellement à une « tension dans la relation à autrui ». (Explication : « mal au je-nous »). J’étais moitié ahurie, moitié admirative. Il ne s’agit pas de ma conviction, ce rapprochement est-il pertinent ou non pour explication de sa douleur, mais de ce que lui, JLG, y met.

JB dit: 2 juin 2016 à 8 h 39 min

Dans le roman, oui, mais pas dans la réalité, Annelise, pour Sorel ou Charlus.
Il me semble que le film commence avec les préparatifs du départ, avorté, pour le Portugal : saudade, saudade !

Phil dit: 2 juin 2016 à 9 h 36 min

c’est tout de même osé, Annelise, de comparer les femmes de Rossellini à celles d’Almadovar. Heureusement que nous sommes au cinéma ! Gageons plutôt que Almodovar partage avec Rossellini le goût de la belle carosserie.

Eriksen dit: 2 juin 2016 à 9 h 49 min

@Annelise:
Heureusement qu’il n’avait pas mal au « poids-niais » ou au « coup de gauche » : il aurait été bien embêté …
S’il avait fait une « pleurez-y », cela aurait-il changer ses films ?
Et je ne parlerai pas de ce qu’une pathologie du « paon créa », aurait plus lui suggérer.
Je vous rejoins donc sur votre analyse, Annelise pourfendeuse des ânes.

Ross dit: 2 juin 2016 à 10 h 22 min

Hé bé.ça monte ça monte, comme on n’espère pas avoir à le dire pour l’eau de la Seine; Anne Lise, pour bien lire son Godard et ses bredouillis, logorrhées verbales interruptus, digressions et flots disjonctés, il faut un dico, un don de voyance, la capacité que vous avez à passer dedans, en plein, au travers, dessous, dessus, à l’endroit et à l’envers. A l’avenant, ou à l’inspiration, suivant, c’est tout le génie de ce JCVD en mieux cortiqué que de mettre de la psychologie partout alors que tout le monde exige d’en enlever. BB s’en est bien trouvée, il lui a fait monter les échelons labyrinthiques de la Malaparte avec Michel. On les aime ses fesses, comme vos articles et vos mots, votre poésie incapturable. La jeune panthère Roux qui batifole tout d’un coup avec le vieux lion Amette pour un pas de deux dans les hautes herbes restera dans les mémoires, franchement quel beau moment inattendu. C’est votre côté Marthe Keller Anne Lise, pas celle de la demoiselle de Louis Velle ,la seule Suisse capable d’emballer son Italien par sa prestance mystérieuse ! Je suis Pacino. Quant à JC qui vous largue sur le bas-côté de la route en scooter, vous auriez du faire gaffe. Il n’a pas sauté sur l’occasion quand vous lui avez enjoint de payer l’essence, le défendant de coups de pattes tordus, tant pis pour lui. Moi je l’aurais fait, que vous montiez en amazone ou à cru; je vous laisserai conduire, en Vespa, comme chez Trumbo et ses holidays in Roma ! Vous tire mon chapeau.

Ross dit: 2 juin 2016 à 10 h 25 min

Si ça se trouve Miss Tigris contre laquelle vous le défendiez roule en ce moment vers pq, heureuse

Annelise dit: 2 juin 2016 à 11 h 34 min

Eriksen, si vous suggérez que j’assimile la folie suggestive de JLG à une ânerie, sûrement pas. Il n’a pas les mêmes instruments de mesure, c’est tout. La création a de ces idiomatismes parfois… Ross n’essayez pas de m’avoir au sentiment en parlant d’Al Pacino. Forcément ça fonctionne ! Vintage, la Vespa?
Phil qui avez lancé la boule psy dans le couloir des quilles et fait un joli strike, je ne compare pas les femmes chez Rossellini& Almodovar, je dis que c’est intéressant de voir quels archétypes féminins sont développés chez chacun. Eustache serait d’accord. Les femmes chez Truffaut ne sont pas les mêmes que chez Almodovar ou Hitchcock.

Jibé dit: 2 juin 2016 à 13 h 08 min

« intéressant de voir quels archétypes féminins sont développés chez chacun. »

Notamment chez Fellini, Annelise !

Phil dit: 2 juin 2016 à 13 h 28 min

toutafait, Annelise. Hitchcock nous a servi la petite grosse blonde à lunettes (prototype Barbara Bel Geddes, la future mama des feuilletons daaallasss), bonne à zigouiller par des invertis (l’inconnu du nord-express), Truffaut coince ses femmes en bibliothèque et Almadovar, bloqué dans le compartiment maternel, nous la décline nourricière ou affamée.

Annelise dit: 2 juin 2016 à 13 h 46 min

On ne vous tient plus, Phil ! Que dire des femmes felliniennes souvent (très) « fermement bustées », comme dirait Echenoz dans les Grandes Blondes qui ne sont pas forcément si grandes, ni d’ailleurs si blondes : entre le gavroche enfantin, tragique et libertaire de la Strada où sa Giuletta à lui brise les chaînes en aimant « Le Fou » et les planches, qui portent en l’occurrence très mal leur nom, de son ami Milo Manara ?

Annelise dit: 2 juin 2016 à 13 h 56 min

13h28 un jour il y perdra la vie ! Il n’a pas fait tourner que des petites grosses. Sa femme lui a assez reproché d’envoyer de mini cercueils à Mélanie Griffith avec effigie de Maman Tippie à l’intérieur, dans le seul but de l’apprivoiser bien entendu. Une gentille intention sans doute mal comprise ?
Vu un bien mauvais film hier, d’où mon obligation de retourner à la mine trouver meilleure pitance pour les jours à venir. Les hommes traditionnellement chasseurs-cueilleurs

Phil dit: 2 juin 2016 à 14 h 35 min

Annelise, vous me damez le pion.
quel mauvais film avez-vous vu ? il faut aussi en parler, ça détend.

donald dit: 2 juin 2016 à 15 h 30 min

Annelise dit: 2 juin 2016 à 7 h 59 min
Bel extrait, ce Deprisa deprisa.

on peut le voir en entier sur internet – Youtube je crois. Les jeunes du film ‘sauf peut-être la fille?) étaient de vrais ‘voyous’ dans ‘la vraie vie’ – leur chef, Sébas a pris dix ans de taule quand le film est sorti. Et le film a longtemps été interdit là-bas (l’est peut-être encore?) Montrer un braquage de banque et des vieux franquistes se faire railler dans El Valle de los Caídos ne pardonne/ait pas même dans l’Espagne post franquiste;
Almodovar est bien gentil mais fatiguant avec sa collection de mamans!

Annelise dit: 2 juin 2016 à 18 h 20 min

Almodovar gentil, Donald? Revoyez « La Mauvaise Éducation », cette bifurcation terrible sous couleur pimpante de Garcia Bernal, quelle noirceur ! On y retrouve des accents en moins pincé, embrumé et glacial à la Gus Van Sant, « My Own Private Idaho » celui-ci étant plus mat, River Phoenix narcoleptique tombant cuit sur une route, carte postale de la mère en main avant de se faire délester de ses chaussures… J’ai pleuré en voyant le film la première fois. Il y a beaucoup de tragédie implosive au contraire. J’aimerais bien que Radio ou Ramon donne un coup de projecteur sur Ouka Leele, ce cinéaste post-franquiste apparemment que je ne connais pas
Phil je ne donne pas dans le tir aux pigeons, pas ma conception de la critique. Ou peut-être je suis longue à la détente, comme vous pourriez le dire à 14h35 ? Si vous voulez me lire quand je me crispe, vous pouvez le faire en vous replongeant dans le billet écrit sur « Sunset song » de Terence Davies. Il m’arrive d’être chatouilleuse.
Le film en question, si j’effectue un crochet et si je donne un billet dans le billet, je ne le citerai pas, mais avec Yvan Attal, Dany Boon, François Damiens et Tobie Nathan. Je l’avais vu d’abord seule. Pour faire bonne mesure j’y suis retournée ensuite avec un Juif moitié séfarade moitié ashkénaze, la mixité parfaite en quelque sorte (vous imaginez ses tiraillements internes ordinaires) ressorti de là un peu furieux. Presque moi qui ai dû l’apaiser. D’abord, il me faut reconnaître mon incapacité à dire du mal de Charlotte Gainsbourg. J’ai ma petite idée quant à mes raisons là-dessus, rien de religieux, je ne fais partie d’aucun fan club et je dois me rendre à l’évidence : je ne la connais pas mais suis programmée à la défendre, elle, sa famille et Jane Birkin comme le Terminator reformaté de James Cameron l’est pour assurer la survie de Sarah Connor et de son fils John, chef de la rébellion.
Pour ceux qui iront voir le film, ils comprendront : je m’appelle Roux, je suis blonde – triple peine ? La personne avec laquelle je suis allée le (re)voir était ulcérée, qu’est donc allé faire Tobie Nathan dans cette galère, cette « grande vasouille »? Peut-être a t-elle été d’autant plus déçue qu’elle attendait beaucoup. J’ai trouvé le film sans doute raté mais y ai pris des choses à la maraude, à l’insu probablement d’Yvan Attal lui-même : la scène du pilpoul avec Podalydès et les ramoneurs, la bonté de ses yeux comme il caresse sa barbe tirant doucement dessus. Braoudé en Hollande parodique, invraisemblable, lavant mieux que 3 barils d’Ariel. Les claquements de langue, le beau visage attentif de Nathan à tenter d’accoucher en douceur les tourments explicatifs fort lourds du récitant Attal, dont j’adore décidément les traits abouliques, l’oeil à demi clôt de reptile endormi… Qu’est-ce que vous voulez, je bois du petit lait en le voyant. On parlait de Pacino, je trouve qu’il lui ressemble. Que de maladresses avec ça ! Contreproductives, j’en ai peur. Eh oui, mais Boon en père battu que personne n’invite à Roland Garros, qui n’arrive pas à trouver sa judéité et se prend une torgnole morale par Maman Villalonga et Papa Castel entre l’anisette et le couscous remue vaguement un truc. Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton en couple Thénardier emmarinés se tirant la bourre pour emprunter la vague bleue : le coup du pyjama a mis mal à l’aise mon voisin, même s’il y a bien vu l’envers de Faurisson, le spectacle de Dieudonné tombant sous le coup de la loi. François Damiens met dans le mille comme à chaque fois, sur Alzheimer en plus… je le voyais arriver gros comme une maison, mais quand Popeck a pris le micro, pareil ! Plus fort que moi. Le pompon étant bien sûr Gilles Lellouche envoyé en soucoupe par le Mossad : ça c’est chose osée, croyez-moi, surtout si le x-ième degré en est absent. Qui sait? Tellement énorme et semblant avoir été « fait dans son garage » que j’ai ri. Après tout n’est-ce pas l’effet voulu? Le message qui passe est-il désagréable pour les catholiques? Je trouverais idiot qu’ils se vexent. Le foutoir ne me dérange pas, j’y survis très bien. Mon camarade de film, les trois-quarts de sa famille sont partis en fumée, alors sûrement qu’il voudrait que je sois très détendue selon l’acception que vous y mettez en parlant de cet opus ? Ce fonctionnement par tableaux… Yvan Attal lorgne à certains moments sur Damian Szifron, « Les Nouveaux Sauvages »(Almodovar producteur), la filiation recherchée est très nette, d’autres fois les Monty Python (effarante scène de drague, si grossière, bâclée quand il patauge en tongs ou lâche ses cheveux dans le Jourdain qu’elle en finit en effet par passer le Mur du son). D’une façon comme de l’autre, bel et bien il y a méprise. « Crucifixion » ? comme dirait Eric Idle ou je ne sais plus lequel avec une tête de crétin dans « La Vie de Brian ». Yes. C’est très étonnant, en tout cas, la participation de Tobie Nathan. Je serai intéressée à suivre les réactions autour de cet objet bizarre : non identifié certes, ou bien plus nanar que nanar, donc pas si nanar, mais volant?

braquée a la siete dit: 2 juin 2016 à 19 h 24 min

donald dit: 1 juin 2016 à 18 h 21 min
deprisa deprisa, extrait https://www.youtube.com/watch?v=_XzQaAXwaWY

Une bande annonce qui donne envie de voir le movie. Tient-il ces promesses Donald ? Qu’un acteur fut un « vrai » voyou et condamné à dix ans de prison semble vous impressionner mais n’est pas un argument

Jibé dit: 2 juin 2016 à 19 h 31 min

Votre critique accouchée aux forceps par doc Phil gynéco, me donne furieusement envie de voir ce nanar qui n’est pas un nanar, Annelise !

Phil dit: 2 juin 2016 à 19 h 51 min

Ah oui, c’est bien envoyé, je vais relire cette critique sefarado -ashkénazienne.
Bel aveu de pleurer River Phoenix, mort pour de vrai, quasi dans les bras de Johnny Depp. J’ai lu votre bon souvenir, je partage, de la scène dégobillage de Stand by me.

Annelise dit: 2 juin 2016 à 20 h 05 min

Fait pour ça, Jibé.
Phil 19h51 devant le Viper Room après une piqûre quelque peu mortelle, à ne pas y croire. River for ever.

radioscopie dit: 3 juin 2016 à 6 h 33 min

@Annelise
Ouka Leele est 1/ une femme et 2/ une photographe (entre autres). Bárbara Allende Gil de Biedma (Madrid 1957)a choisi ce pseudo à partir d’un tableau, une carte du ciel où le peintre avait donné ce nom à une étoile. Très active durant la Movida. Elle a crée pour Almodóvar les chapeaux du film « Laberinto de Pasiones »(1981). Des expos partout dans le monde. Sa caractéristique : la couleur (pétante)! Sujet du film de Rafael Gordon « La mirada de Ouka Leele » nommé aux Goyas (2010).

c'est tout pour aujourd'hui dit: 3 juin 2016 à 7 h 17 min

@braquée a la siete dit: 2 juin 2016 à 19 h 24 min
Bien sûr que ce n’est pas un argument (je n’ai jamais dit que ça l’était ). Mais ça en dit long.
Le film est très bien Faudrait le revoir dans la perspective de l’époque-post franquiste -le franquisme et sa roue de secours l’église, se portent encore bien, semble-t-il du moins

c'est tout pour aujourd'hui dit: 3 juin 2016 à 7 h 28 min

@Annelise
« Maman Villalonga et Papa Castel »
‘La famille Hernandez’ !!

« la participation de Tobie Nathan »
ils sont ‘passés’ hier à 28’ sur Arte (possibilité de le (re)voir en Replay)

c'est tout pour aujourd'hui dit: 3 juin 2016 à 7 h 50 min

Annelise dit: 2 juin 2016 à 18 h 20 min

il est sûrement très sympathique comme personne mais je ne supporte pas ses films: pas assez pour aller en voir davantage

Annelise dit: 3 juin 2016 à 8 h 07 min

Le fait qu’il soit sympathique ou pas n’entre pas en compte. Avez-vous vu le film d’Yvan Attal C’est tout pour aujourd’hui? (au risque de démentir le pseudo)
Radio, merci pour l’éclairage de l’étoile Ouka Leele

c'est tout pour aujourd'hui dit: 3 juin 2016 à 8 h 53 min

Non . je n’ai plus le temps d’aller au ciné, n’ai pas vu le film d’YA ( lui et TB étaient hier à 28′Arte pour parler du film)

Phil dit: 3 juin 2016 à 9 h 58 min

Beaucoup de bons films post-franquistes sont difficilement visibles en France..les films de J. La loma et ceux d’eloy de la iglesia, ont-ils été projetés en France ? où peut-on les voir aujourd’hui ?

donald dit: 3 juin 2016 à 10 h 32 min

Annelise « Le fait qu’il soit sympathique ou pas n’entre pas en compte »
certes, mais le fait est qu’il l’est ou en a l’air (c’est d’autant plus dommage de ne pas raffoler de ses films (trop de pathos ) )

Phil
aucune idée, jamais entendu parler

Phil dit: 3 juin 2016 à 11 h 00 min

c’est bien le problème, Donald, les films de qualité (faible audience, petit budget, réalisateur marginalisé) passent rarement la frontière.

radioscopie dit: 3 juin 2016 à 13 h 29 min

Almodóvar (tout comme Saura) peuvent être partiellement associés à ce genre du « cine quinqui » dont les pères sont José Antonio de la Loma et, à sa suite, Eloy de la Iglesia. Fin des années 70 – début 80, ce cinéma se focalise sur la vie de marginaux (délinquants, drogués, homos…)avec un souci de réalisme cru (images/ langage) et de critique sociale assez radicale contre la bourgeoisie, les institutions. Il illustre bien l’époque troublée de la transition post-franquiste.

Phil dit: 3 juin 2016 à 13 h 56 min

en effet, radioscopie. mais la rudesse des iglesia et la loma, aujourd’hui vintage !, ne se retouve pas chez Almodovar.
Saura, entre les deux, sauf à la fin où il vire inspecteur callahan à la eastwood. nostalgie franquiste, dirent les uns, gâtisme pour les autres

Jacques Chesnel dit: 3 juin 2016 à 14 h 36 min

Cinéastes espagnols : ne pas oublier BIGAS LUNA (Jamon, jamon)et, surtout FERNANDO TRUEBA (Belle époque et La fille de tes rêves), premiers succès pour Penelope Cruz

Good Look dit: 3 juin 2016 à 14 h 39 min

donald : « trop de pathos je n’aime pas » « maman larmoyante chez Almodovar »;ça ressemble aux assertions d’un instit ayant ses vapeurs. Tout ça pour nous servir la mère centenaire chez Saura.
Anne-lise, le franco-cambodgien de la Semaine critique de Charles tesson distingué sur votre FB, super flair.Futur grand nom. plaisir d’assister au ping-pong entre vous

donald dit: 3 juin 2016 à 15 h 03 min

Phil dit: 3 juin 2016 à 13 h 56 min
quarante ans de franquisme, ça marque
CS s’est apparemment tourné vers l’Argentine, depuis-

le beau gosse dit: 3 juin 2016 à 15 h 08 min

@Good Look

eh oui ah bas les instits -qu’ils restent donc dans leur cour d’école , s’effacent devant les grands esprits carburant à l’intelllligence d’avant-garde !Tout à fait scandaleux de ne pas s’agenouiller devant un génie tel que le génial petit jeune almodovarien et ses madones transcendantes

radioscopie dit: 3 juin 2016 à 15 h 51 min

@Phil
C’est surtout que le temps a passé… Au sortir de l’obscurité franquiste, l’Espagne s’est violemment ébrouée, a cabriolé comme un chien délivré de sa chaîne. La démocratie s’est finalement installée, avec elle une forme de ronronnement apaisé, l’Europe a franchi les Pyrénées. Así es la vida.

Good Look dit: 3 juin 2016 à 15 h 54 min

un peu gras ,mais je me soigne – ça devrait aller avec l’été; mon pseudo ne recouvre pas l’aspect, pourquoi ne pas prendre de la distance eu égard à la métaphore? Bon instit ,celui qui dispense son savoir avec amour, pas celui qui distribue des points depuis l’estrade ,raye de la pointe du feutre rouge la movida des branchés qu’il « n’aime pas » unanimement; ça que je vous reproche, votre « Donald a dit »;
que vous soyez de droite ou ce que vous voulez ,que vous ne fassiez pas votre tasse de thé de l’effervescence des grandes folles, j’admets TB. Peux même adhérer à 1des 2; j’aime moins le péremptoire affirmatif du je tiens la règle
Oui oui, faites bien de prendre note pour David chou;toujours facile d’arriver après en disant je l’ai vu le premier. .son long présenté chez Ch Tesson mérite compliments, Anne-lise a bien fait de le porter sans attendre; pas d’agenouillements, un regard porté sans grenouillage ;15.03 là ok je partage

Phil dit: 3 juin 2016 à 16 h 38 min

oui radioscopie, le temps qui passe émousse les rancoeurs comme les enthousiasmes, au cinéma comme ailleurs, peut-être.
cependant Loma et Iglesia ont aussi portraituré l’envers de la modernité post-franquiste, celle qui produisit ces voyous de banlieue, reclus et « usinés » comme les Rocco-frères de Turin/Milan.
à côté de ces cinéastes sacrifiés comme leurs acteurs sans fard, Almadovar fait enfant gâté.

Annelise dit: 3 juin 2016 à 16 h 57 min

Davy (pas David) Chou en effet. Où l’avez-vous vu, c’est sorti?
15h54, pitié, pas la bombe à neutrons éculée gauche/droite. Pourtant ça porte immanquablement, une part de vérité induite sans doute. Suis plus convaincue par Phil 16h38, cette histoire de générations. Donald s’est contenté de dire qu’il n’aimait pas les mamans larmoyantes des Almos nouveaux, à la fois c’est ce qu’on a à se mettre sous la dent.

Annelise dit: 3 juin 2016 à 18 h 17 min

Bien vu Good Look pour Davy Chou : samedi 4 juin 16h30 à la Cinémathèque française. (Dernière projection du film en Europe avant un petit moment.) Avec sur la page Facebook de l’intéressé, un commentaire étoffé de Her Highness le prince kmer exilé Ravivaddhana Monipong Sisowath chassé par la montée des Kmers Rouges, que je connais depuis longtemps et qui vit à Rome !

Petrus dit: 3 juin 2016 à 22 h 44 min

Le temps que j’écrive quelques lignes sur le film de Attal et vous êtes déjà passés à autre chose… Tant pis si j’ai un métro de retard.
Dénoncer l’antisémitisme en montrant à quel point ses arguments sont ineptes est une idée louable. Encore faut-il savoir le faire. Nous ergotions récemment à propos de « Café society »… Trois répliques de Woody Allen font plus pour la cause juive que le film entier d’Yvan Attal…
C’est peut-être ça, le talent ?
L’intention était bonne, voire excellente mais le traitement est rédhibitoire. Un film à sketches ne se réduit pas à une suite de sketches séparés par des cartons. Les séances d’Attal chez son psy (le sympathique Tobie Nathan) ne suffisent pas à faire le liant, le ciment de cet édifice branlant, disparate, de guingois.
Attal a le tort d’annoncer et d’illustrer son propos. Pire, il surligne. Le résultat est aussi lourd que la cuisine d’Europe de l’Est.
Pour rester dans la métaphore culinaire, la cerise sur le gâteau c’est le sketch consacré au Messie, incarné par Gilles Lellouche en agent très spécial du Mossad. Je suppose qu’Yvan Attal et sa co-scénariste ont voulu jouer ici d’un second, voire d’un troisième degré façon OSS 117 ? Cette mayonnaise spatio-temporelle ne prend pas. C’est simplement grotesque et aussi fastidieux que la vie de Jésus de Serge Moati dont je ris encore, vingt ans après.
Manque de recul, écriture plate. Un film, ce ne sont pas seulement des comédiens, des costumes, des décors et des effets spéciaux. C’est d’abord une écriture. Ici elle est tragiquement absente. Je me suis consolé en me remémorant « La vie de Brian », pur chef d’œuvre du Monty Python qui ne visait qu’à nous faire rire alors qu’Yvan Attal, je le crains, veut nous faire réfléchir…
Je me suis donc concentré sur les comédiens : Benoît Poolevoerde, toujours remarquable, François Damiens, Charlotte Gainsbourg, Marthe Villalonga sur laquelle le temps ne semble plus avoir de prise, c’en est presque inquiétant.Patrick Braoudé en clone de François Hollande, carrément impressionnant.
Ma palme personnelle revient à Gregory Gadebois et Denis Podalydès dans le sketch sur la yeshiva. Ces quelques minutes de pur non-sens talmudique suffiraient presque à sauver le film.
Je me souviens que certains d’entre vous ont fait la fine bouche sur « Ave Caesar » des frères Cohen. Eh bien faites-moi le plaisir de comparer la scène de crucifixion du film de Attal à celle où George Clooney, centurion romain, se convertit. Vous comprendrez pourquoi je préfère le film des frères Cohen…

Phil dit: 4 juin 2016 à 6 h 15 min

aussi lourd que la cuisine de l’est

Les ashkénazes y ont ajouté ail et oignons en abondance. Ça doit bien se retrouver au cinéma.

petit esprit dans la grande cour dit: 4 juin 2016 à 7 h 06 min

« que vous soyez de droite ou ce que vous voulez ,que vous ne fassiez pas votre tasse de thé de l’effervescence des grandes folles,  »

les grandes folles sont de gauche??

Vébé dit: 4 juin 2016 à 8 h 13 min

Anne Lise 2 juin 18.20 : qu’elle est drôle votre chronique dans la chronique sur Yvan attal ! Vous l’aviez lue Pétrus ? ALR a l’oeil laser, comme Mohamed ali elle invente le jeu de jambes, « vole comme un papillon et pique comme une abeille ».

Good Look la défense de Carlos Saura, justifiée ! J’ai apprécié « l’Espagne comme un chien qui fait la cabriole délivré de sa chaine » de Radioscopie, ça et fossé générationnel qui fait repeindre Pedro Almodovar des couleurs de l’enfant gâté en comparaison.

La génération d’après à laquelle A.L appartient (à vue de nez une bonne vingtaine d’années d’écart nous séparent sinon plus?) a eu à s’accommoder d’une approche différente, avec effondrement du politique « direct » ,une acculturation historique qui s’est traduite par une fuite en avant qu’il a bien fallu absorber.

La génération actuelle paie les pots cassés de beaucoup de méconnaissances et d’abandons, une lost generation à sa manière,dont les codes ont changé (passée de la stridence, l’hypersexuation qui après une période de pic refluent, voire enregistrent un fléchissement énorme, un retour au « conservateur »sécurisant)

Je préfère CSaura à P.Almodovar, n’y entre t’il pas une forte influence de la génération dont je fais partie? Donal 13.41 le souligne et dit que CS s’est tourné vers l’Argentine : n’est-ce pas là que les cabinets de consultation ne désemplissent pas (« Les Nouveaux Sauvages » de Damien Szifron)?

Jibé dit: 4 juin 2016 à 9 h 10 min

« Le film en question, si j’effectue un crochet et si je donne un billet dans le billet, je ne le citerai pas »

Pourquoi, Annelise ?
« Ils sont partout » n’est pas un mauvais film. Ce n’est pas une réussite non plus ! Il a les qualités de ses défauts : belle brochette d’acteurs pour un film formellement archaïque. Comment peut-on encore faire un film à sketchs aujourd’hui. Doublé de surcroit de didactisme primaire ? Sujet plombé, véritable champ de mines qu’Yvan Attal parvient à traverser sain et sauf. Mais l’astuce ne pallie pas le manque d’humour. Ils sont partout ? Qui ? Les Juifs ? Non, les antisémites !

radioscopie dit: 4 juin 2016 à 9 h 46 min

Mais qu’est allée faire Annelise dans cette galère ? Ah, oui… je lis : « Roger, qui vit à Drancy, est jaloux du mémorial dédié aux Juifs et s’invente une association de défense des roux. » Avec une minuscule (roux), Annelise, cela fait une différence !

Annelise dit: 4 juin 2016 à 10 h 47 min

Vébé 8h13, 48kg en comptant les chaussures, pas 95! Belle musculature, MA. Courageux devant la maladie.
Radio, comme vous dites. Ite missa est. Yvan Attal ne donne pas dans la dentelle, il nous concocte un film sur l’antisémitisme pour aller danser le jerk à la Thierry Hazard. Mais Ch. Gainsbourg équivaut pour moi à reprogrammer le Terminator dans le sens de la protection.
Petit esprit dans la grande cour, les grandes folles peuvent être fort adroites. Je ne vous parlerai pas d’écrivains mais de Priscilla du désert, plus récemment (en moins bien) « Tangerine », l’angiome du chauffeur de taxi en forme de coeur

Jibé dit: 4 juin 2016 à 11 h 19 min

Ce que l’on ne peut pas reprocher à Yvan Attal, Annelise, c’est de ne pas s’être impliqué personnellement dans ce film, lui, ses grands parents ou sa femme ?
Juste une coquetterie, lorsqu’il ne nous dit pas son prénom secret…

donald dit: 4 juin 2016 à 14 h 45 min

Vébé
« un fléchissement énorme  »
Il est arrivé à Paco Ibañez ces dernières décennies de chanter de nouveau avec une certaine rage dépitée, des poèmes des générations antérieures mis en musique par lui, dont il dit qu’il ne pensait pas qu’ils seraient encore ou de nouveau d’actualité là-bas, où il vit depuis les années d’exil

« CS s’est tourné vers l’Argentine : n’est-ce pas là que les cabinets de consultation ne désemplissent pas (« Les Nouveaux Sauvages » de Damien Szifron)? »
Pour une petite minorité de la capitale, qui en a les moyens financiers ???

Petrus dit: 4 juin 2016 à 15 h 04 min

@Vébé
Oui, bien sûr, j’avais lu la chronique d’Annelise. Je suis fan, voyez-vous. Pour le reste, j’ai parfois du mal à suivre les échanges… : l’âge peut-être ? Une certaine lenteur d’esprit, des références qui me font défaut… Mais continuez, je vous en prie.
Annelise parlait de la couleur chez Almodovar, à ce propos, quelqu’un a-t-il vu « La saison des femmes » de Leena Yadav ? Mais là aussi j’ai peut-être un métro de retard et l’on va me dire que le film a été chroniqué depuis belle lurette…

DHH dit: 4 juin 2016 à 16 h 05 min

@Phil 6 h 15

Même ashkénaze, la cuisine de l’est est sans grâce: ni variée ,ni imaginative, ni colorée ni goûtue
j’ai une amie ashkénaze; elle a tout pour elle: elle est très intelligente musicienne ,archicultivée , diplômée, polyglotte, mais il lui manque, comme à la plupart de ses congénères ashkénaze, un peu de ce savoir-faire culinaire qui la ferait sortir du triste registre alimentaire de sa tradition
Heureusement! Car sans ce manque ,elle serait parfaite donc insupportable

Gilles dit: 4 juin 2016 à 17 h 15 min

@Donald 15.00,excellent Paco I. et aussi Amparo Sanchez.Annelise ;pas de cuisine mais  » de quoi bouffer » nous dit Brecht. Puissance narrative,clairvoyance de vos billets dans le ton profus et singulier de vos livres.Poesia arma cargada de futuro,Passou avec vous nous fait aimer aller au-devant des doum-doum.Serviteur.

Phil dit: 4 juin 2016 à 17 h 28 min

Comme vous y allez dhh…c’est l’europe de l’est ou les ashkénazes qui vous restent en travers…Et le goulasch – le vrai, avec du veau- vous l’avez vu en noir et blanc ?

Annelise dit: 4 juin 2016 à 17 h 32 min

L’esprit lent Petrus? Rien de flagrant.
Oui DHH j’ai cru comprendre que vous aviez des liens avec plusieurs domaines de l’esprit mais aussi quelques rudiments sur la cuisine séfarade.
Donald 15h00, qu’Ibanez est beau ! A tous points de vue. Sa longue introduction parlée dans l’extrait, avant « los ojos claros de la muerte ». Gilles je ne connais pas Amparo S, son prénom réveille un souvenir en moi. Quand j’étais petite fille, à côté de chez nous il y avait des réfugiés Républicains échoués là après avoir été assignés à la construction de la Base sous-marine, à Bordeaux. J’aimais beaucoup la vieille dame, elle avait perdu l’esprit et sa fille m’avait raconté combien le franquisme ne lui avait pas fait du bien… Elle errait sur la route, je la rattrapais vers le garage et la raccompagnais chez elle. Elle ne s’opposait pas mais se mettait parfois à pleurer, ce qui me brisait le coeur. Son prénom était Amparo. Je devais avoir 6 ans. Lorsque je parlais d’elle à ma mère, sans du tout chercher à faire la maligne ni jouer sur les mots, je disais « Désemparo » probablement parce qu’intuitivement j’avais compris qu’il s’agissait de cela. Touchée que cela me revienne à l’esprit.

donald dit: 4 juin 2016 à 18 h 20 min

À sa sortie le film ‘Vivre vite’ ( Deprisa de prisa), de Carlos Saura, a été marquant, à l’époque du moins, aussi pour les chansons dont celle-ci par Lole y Manuel mais il faut (fallait voir) la scène dans le contexte du film entier –ce film de tensions, où de Madrid, à part une banque, on ne voit que les faubourgs https://www.youtube.com/watch?v=ea5PkIcz2LE

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