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La République Du Cinéma

« Kingsman 2, Le Cercle d’or » : Bourrin(s), bourrine(s)

Par Annelise Roux

Qu’on ne croie pas que je pourrais critiquer les chevaux.
Aucun terme argotique ne touchera l’aile des blanches colombes m’ayant jetée à bas, traînée dans les épines, à demi cassé les os, à tel point que fini, cette fois, juré… je ne monterai plus ! Si grands à l’encolure. Je leur arrive à l’épaule. Longs flancs monumentaux. Robe brillante, lisse. Châtaigne revêtue de poils ras, aux doigts semblable à la caresse d’une joue d’homme rasé depuis 24 heures. Naseaux au toucher d’une douceur sensuelle étourdissante, bouche sensible… J’ai aimé qu’ils m’emportent, petit poids dans l’enfance juché à cru, poings serrés dans la crinière, frémissement à frémissement. Les chevaux vous ne m’entendrez jamais les critiquer, bien qu’entre eux et moi, terminé !

Bourrin, le terme sonne sec ? Il faut y voir le fringant, la patte qui s’allonge, le plaisir qui s’ébroue. Envoyer balader ses chaussures après la journée, marcher pieds nus, boire un verre de vin… Fenêtre ouverte sur la rue, odeur de pizza chaude, on furète… quoi de pas trop compliqué ni trop guindé ?… Entendu des jeunes gens, des jeunes filles en parler dans des exclamations à midi, dans la file du meilleur Bo Bun, du meilleur kebab enveloppé de papier alu que s’arrachent les étudiants, les employés simples qui n’ont pas 30 ans, 5 euros, et pour 50 cents de plus, sauce blanche maison concoctée par la grand-mère venue de Cappadoce. ..Que vont-ils voir?  Les superlatifs, l’enthousiasme sont-ils pour le film ou la touche de ciboulette? Le petit bourrin du dimanche soir pour se reposer de la fièvre du samedi, voire de toute la semaine. Le bourrinage en cinéma a son historicité, ses idiotismes, ses envolées… ne le sous-estimez pas. Grandes lignes avec des intersections, des recoupements. Nuances, exégèses, excommunications. Un film de bourrin, non synonyme de « nanar », mais il y a des nanars bourrins. Le vocable s’applique à tous les genres, avec des prédilections : un film d’action bourrin, un policier bourrin… Le film d’amour bourrin, rien à voir avec le porno…« Western bourrin», tautologie étant donné les montures en nombre ? Sûrement pas. John Ford, Hawks, Peckinpah ou Hathaway, Eastwood, en quelques noms le malentendu se dissout. Vertige de catégories à sérier, toujours en expansion. Le navet, lui, entre dans la recette de la daube.
Même Etienne Balibar ou Gilles Deleuze ont dû faire comme Marguerite Duras une ou deux fois… regarder en chaussettes ce style de trucs. Je le leur souhaite. Ipek suivant la novela serrée contre son père, dans « Neige ». Pas là, mais des bluettes bourrines, ça doit bien exister ? Ne pas attendre au tournant.
Avoir une idée assez complète de l’oeuvre de Pierre Michon, de qui sont Cornelius Castoriadis ou Robert Linhart. Inclinée par une émotion intime dont la délicatesse, la puissance, la rareté déjouent tous les radars, acheter le coffret Dreyer où sont réunis «Dias irae » et «Ordet », et ne pas dédaigner néanmoins le premier « Die Hard » de John Mc Tiernan, même si je préfèrerai toujours un million de fois l’austérité lente, sensuelle et profonde du «filmeur d’ours blancs marqué par le muet», amateur de visages car «derrière, il y a une âme»… Les scènes où Bruce Willis se roule dans des éclats de verre, retire l’arme d’un étui scotché dans son dos ou prend congé d’Alan Ryckman au lieu de rester piégé dans le cristal : « Youpiii-hey, pauvre con ! ». Le renseignement sur époque donné par la permanente, le chemisier épaulé de Holly, l’épouse… Plaisir d’accompagner des adolescents qui ne s’encombrent pas. Prétendre emmener « vers le haut » suppose de commencer par jauger de ce il en est « en bas », l’avoir éprouvé sans mépris ni désir d’y rester toujours – reconnaître quand c’est bien fait.
Sergio Leone sortant d’un restaurant de luxe où il a bien dîné, faisant la tournée des baraques à frites, « parce qu’il se rappelle d’où il vient ». Le professeur Piazza, ami cher, grand prix de l’Inserm, diplômé de philosophie, meilleur cuisinier de pâtes à la poutargue pour vaste tablée, prince du zeste de citron confit, incollable D.J des années 80-90, qui me téléphone, fébrile, dès que sort le plus improbable film de Science-Fiction de 3ème zone…Historien du cinéma hors pair en la matière : « On y va ? » .Oh que oui. Quand ça lui prend il peut disserter au Collège de France sur les mécanismes synaptiques ou ce qui rend caduque au plan de la véracité médicale « Lucy » de Luc Besson. Sortie sans élaboration, qui ne dément pas la promesse de dépassements futurs plus érotiques… analyse, discernement, raffinement…  Le film crétin comme un bol, dont on se souvient dix ans après, dans un éblouissement farceur. L’inoubliable n’importe quoi, qui, réflexion faite ?…
Le film bourrin qu’on regarde en ayant vaguement pitié (ou honte, ce qui est pire)… pas terrible, mais… « Barry Seal »… Tom Cruise s’est pas mal fourvoyé, cependant vu de dos, moulé dans son pantalon d’aviateur, je remarque que les jeunes filles dans les cinémas pas trop chics gloussent encore. Tant de temps après « Top Gun », l’effet des canines pointues « vampyr » et de ses yeux verts ? Les couleurs sont belles. L’ambition de fond, ce que ça dit, même la manière parodique de reproduire les plans, sujet à caution ? Cynisme de l’époque Reagan, « l’homme qui dialogue avec un chimpanzé devenu président ». L’apparition en nuisette de Sara Wright, visage entre Rachel Mc Adams et Sienna Miller est épatante, avec un côté anti Sharon Stone dans « Casino »… fidélité au couple à mesure de la montée dans l’échelle sociale… les personnages du roux Schafer, (Domhnall Gleeson, énigmatique et croquignolet à souhait) et surtout du beau-frère, face tachée de son, grands yeux liquides noyés d’une folle sottise (extraordinaire Caleb Landry Jones, il ira loin) valent le coup d’œil…
«American Assassin », de Michael Cuesta.?. des scènes de torture infamantes, elles sont complaisantes et me gênent, développées sur fond géo-politique lourdaud pédagogiquement. .Le petit barbu (Dylan O’Brien) – débarbusé aussi, avec sa tête de gosse enragé – veut faire vengeance, ça chauffe… Rome, Istanbul avec un côté James Bond immature qui se passe de licence to kill. . il vient d’une série télé, «Teen Wolf», et du «Labyrinthe»… les 15-25 d’un certain milieu adorent. Quand il frappe le sac de sable ou s’entraîne à pas d’heure, rabroué par son logeur auquel il veille à répondre poliment, lorsqu’il rumine en bonnet rouge isolé dans la foule, c’est moi au même âge ! Que vient faire Michael Keaton, tout de même golden globé, dans semblable bourbier ? C’est fou ce qu’il ressemble à Julien Lepers. . je suis le film, nez en l’air, me prenant à rêver qu’en son temps, l’animateur ait appliqué aux candidats de «Questions pour un champion » les méthodes brutales de l’instructeur incarné dans le thriller.
Faire son marché là-dedans. Le côté branque… le régressif.. ? Pas trop de qualités, sinon celles d’accrocher quelque chose d’enfoui en nous… schémas de l’enfance, éducation plus ou moins subtile, éclectique, des goûts. Le borderline, qui est l’autre côté de la vulnérabilité extra lucide qui n’hésite pas à aller au contact. .. il y a ceux qui attendent que le ballon rentre pour commenter le point, et ceux qui aiment aller le chercher. .je continue de penser que la meilleure critique est conserver la subjectivité, tout en s’écartant du solipsisme .. ne pas juste se laisser percer le cuir par les mêmes motifs. Ceux-là m’éblouissent : j’aime que l’appréciation du bourrin tienne à une cinéphilie dépassée, un tout-terrain précurseur accordant toutes les beautés circonstanciées au palace mais capable de masure, non à un contentement fiérot, décomplexé de n’être pas lecteur de la princesse de Clèves…  « Hitman, the bodyguard », si ce n’était l’humour scatophile américain auquel je suis allergique présenté comme ça (la grosse fille flatulente reléguée au coin – quelle vision de misogynie raciste !), je peux marcher à l’énorme rire entraînant de Samuel L. Jackson… dents éclatantes dans sa figure noire, miroir amplifié de toutes les frasques… aurait-il eu besoin d’argent ? Il ne se prive pas.
Le couple de bras cassés avec Ryan Reynolds fonctionne… très « Deadpool »… le tableau où le jeune flic tombe amoureux de la Frenchie Elodie Yung (elle avait commencé elle aussi dans une série policière sur M6 avec Jean-Pascal du Loft), cercueil malencontreusement renversé pendant une cérémonie de mafieux m’a réjouie, de même que j’ai ri, incrédule, quand Salma Hayek en pétasse fumeuse, carrossée comme Jill Mc Bain à laquelle Le Cheyenne d’ « Il était une fois dans l’Ouest » pince les fesses, séduit son homme par la grâce féminine avec laquelle elle fracasse des goujats, leur explosant des bouteilles de tequila en pleine face : « I want to know what love is… ». Le tube romantico-planétaire des Foreigners qui nous a emballés dans tous les sens du terme suinte sur la bande son… surréaliste !

Pas seulement les blockbusters avec gros bras. Les films d’action pure. Les films de série B, C, D, E descendant jusqu’à Z qui se faufilent hors catégorie, de par leurs intrinsèques qualités. De ces relégations non méritées qui parfois frappent des œuvres étonnantes, libres, subversives. Bruce Lee n’a jamais été bourrin. Fantaisie poivrée d’Ovnis sortis de la gangue… brusque poésie embusquée du giallo derrière le barzingue, la marge ou l’orthodoxie conduite à l’absurde. Les canons du genre bien repérés, qui, dévoyés, explosent, projetant confettis et langues de belle-mère au lieu de tirer. Flirt plus que poussé, jeu avec le pas vraiment réussi, le complétement raté, le bizarre… Le raté réussi, l’essai qui foire, le réussi sot qui fait pschitt, le tellement raté que ça en devient excellent, le malin, le bon, le brut et la truanderie, la connerie en « décontraction de l’intelligence » selon la formule de saint Woody Allen, la grâce… Le « grand-public » ne coche pas fatalement toutes les cases. Ouvrir les vannes, en rappelant que l’appétence est un bon début. Rien d’antinomique avec le désir de construire en parallèle un soubassement solide dans les cinémathèques où les filmographies peu à peu permettent de remettre en perspective ce qu’on a vu, rendent d’autant plus libres en jugement, les salles art et essai.
Pour le comique également, art difficile que l’agréable contagion du rire place de manière impropre, quelquefois tout à fait à tort, dans la case d’une facilité sans conséquence. Lu sur la page de Nathalie Hubert cette assertion de Philippe Garrel qui me plaît bien : la comédie, belle voie parfois «pour rester caché». Wes Anderson partageant une part d’ADN avec Owen Wilson, son camarade de chambre, avait changé la mule en trotteur de course (en particulier aux côtés de son frère Luke dans « Bottle Rocket ») Rien n’est donc perdu. Louis Lumière, Central Saint-Martins College of Art, Sciences-po et Polytechnique tombent d’accord sur ça : rester curieux. Le désenclavement est possible. Les sas ne sont pas si étanches.

Cinq raisons (idiotes) d’aller voir « Kingsman 2 » :

1)    Matthew Vaughn, le réalisateur, est celui de « X men, le Commencement » , Marvel bien fichu retraçant la jeunesse tourmentée de Magnéto (Michael Fassbender) après le sacrifice de la mère en camp de concentration : maître des éléments ferreux, pour une fois gagné à la cause de son meilleur ennemi le Professeur Xavier (James Mc Avoy), il arrête en plein ciel une myriade de roquettes tirées depuis des navires soviétiques et américains et évite de justesse la guerre atomique qui allait s’ensuivre. C’est magnifique visuellement et, tandis que Kim Jong-un s’est encore risqué mi-septembre à envoyer un missile balistique au-dessus du Japon et se trouve engagé dans un absurde bras de fer avec celui qu’il qualifie amicalement de «gâteux américain» , cela réconforte et peut servir.
2)    Sortant de la séance, vous ne passerez plus pour un anorak (N.B : merci aux internautes estudiantins, docteurs ès-slang de nous avoir appris que le mot signifie « un looser, un pauvre type » en argot anglais) auprès de vos adolescents et de leurs camarades. Surtout si vous glissez négligemment, au prétexte d’une critique comparative que bah, par rapport au premier « Kingsman » ?.. Clouez leur le bec en disant que la découpe en deux, grâce aux prothèses de la fille façon Oscar Pistorius, vous avait scié, tout en arguant que cette façon de ressusciter Harry Hat (Colin Firth) ?.. . N’hésitez pas à souligner que la moralité de la représentation d’une violence déchaînée lors du meurtre collectif de la fin – toujours dans le premier opus – malgré tout vous pose question, « intellectuellement ». Qu’en est-il, de leur point de vue, de la transgression des tabous sociétaux, de la réflexion autour de l’appropriation et l’intégration des limites via l’enseignement porté par le cinéma ? N’ayez pas peur : eux aussi utilisent des mots grossiers. Je sens qu’ils vont vous répondre
3)    Enchaînement parfait pour porter l’estocade : le moment de remettre sur le tapis à ce sujet que Colin Firth en Mark Darcy n’est pas uniquement l’amoureux de Bridget Jones. Cela les épatera que vous l’ayez déjà vu dans la série britannique, « Orgueil et préjugés ». Eh oui mon pote ça t’en bouche un coin. Jane Austen et Simon Langton auraient-ils copié ?
4)    L’air de rien, adhérant au film vous direz votre engagement pour la SPA : dans le 1, lorsque le petit gars de la banlieue, Eggsy (Taron Egerton) se voit ordonner par son instructeur Merlin (Mark Strong, sosie de Stanley Tucci du « Diable en Prada », Lord Blackwood dans le « Sherlock Holmes » de Guy Richie…) de tuer son chien pour prix d’intégrer l’élite du renseignement britannique, il refuse catégoriquement. Sage décision. Un sentimentalisme qui ne l’empêchera pas, une fois qu’il se sera fait des muscles, de dérouiller son beau-père qui bat sa mère. Autre sage décision. En partie pour ça que vous y retournez : ce genre de carlin et bouledogue français vous rappelle le chien de Colette, celle du « Blé en herbe» et non celui de Toni, l’homonyme aux deux l, vue dans «Little Miss Sunshine». Il n’y a pas de mal.
5)    Et donc Taron Egerton (Eggsy), Colin Firth (Harry Hat, relooké pour l’occasion en espèce de corsaire british) auxquels viennent se joindre en renfort Julianne Moore (Poppy) et Halle Berry(Ginger). Il y a pire. Pas du tout mon genre d’homme, mais… Channing Tatum (Statesman). Ce monstre bébé taillé en V, trop parfait, aux biceps et pectoraux ronds, petite bouche, yeux bleus rapprochés… dans « Foxcatcher », Bennett Miller avait su repérer sa vulnérabilité ambiguë, son feeling queer très Brad Davis qui ne laisse ni hommes, ni bêtes indifférentes. Pour tous les goûts ? Je ne vous prends pas en traitre, afin de vous permettre de vous habituer à l’idée (le film sort le 11 octobre).
Vive le cinéma !

P.S. On me rappelle en régie que mercredi 4 octobre un film de Denis Villeneuve, réalisateur de « Premier contact » et « Sicario » avec Ryan Gosling et Harrison Ford sera en salles ?… Ridley Scott en « producteur délégué » et non plus à la caméra… Si je l’ai vu ? Oui. Pourquoi je n’en dis rien, après vous avoir rebattu les oreilles avec Roy (le Néerlandais Rutger Hauer) venant de massacrer son créateur, graciant Deckard, le tueur de réplicants qu’il tient à sa merci, lâchant une colombe sur le toit, « J’ai vu des rayons C, des aubes merveilleuses » avant de s’éteindre, la mémoire implantée et les larmes de Rachel (Sean Young), ma passion pour Philip K.Dick ?… Ah « Blade Runner ». Aurais-je manqué à mes devoirs ? Peut-être l’envie de vous lire, vous, à propos de ce « BR 2049 », sans vous avoir au préalable influencés.
Enfin pour les inlassables, les durs, les vrais, les tatoués cinéphiles, ceux qui ne veulent pas passer à côté, ceux qui ne veulent pas rester sur leur faim – mais c’est bien d’avoir faim, cela pousse à partir en chasse, ventre creux, sans a priori – « Téhéran tabou » d’Ali Soozandeh, film d’animation tourné en rotoscopie (technique qui consiste à redessiner les acteurs entièrement filmés sur fond vert). Le jeune cinéaste né à Shiraz, en Iran, avant de partir pour l’Allemagne, s’est intéressé au rôle que les femmes doivent jouer dans une société où la sexualité est contrôlée, où elles peuvent difficilement l’affirmer sans contournement, ni même s’affirmer elles-mêmes tout en étant censées imposer des règles qui entravent la liberté de la jeune génération : faisant de ce tabou plus un problème social que politique, il tend à prouver que l’étroitesse d’esprit est une barrière plus forte que le cadre légal. Épatant.

 « Barry Seal » de Doug Liman
« American Assassin » de Michael Cuesta
« Hitman & Bodyguard »  de Patrick Hughes
« Kingsman 2, Le Cercle d’or » de Matthew Vaughn
« Blade runner 2049 » de Denis Villeneuve
«Téhéran tabou» d’Ali Soozandeh (sortie en salle des deux derniers le 4 octobre)

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commentaires

171 Réponses pour « Kingsman 2, Le Cercle d’or » : Bourrin(s), bourrine(s)

JAZZI dit: 2 octobre 2017 à 7 h 19 min

Eh bé, Annelise ! C’est dense, tout à la fois léger et roboratif, à lire et à relire sans toujours tout bien comprendre, à boire et à manger en somme pour tous les goûts : en un mot, généreux !
Et formellement parfait. Il manque juste un « qu’ » dans la phrase ci-dessous :

« Prétendre emmener « vers le haut » suppose de commencer par jauger de ce il en est « en bas » »

christiane dit: 2 octobre 2017 à 7 h 20 min

Quelle plume ! j’en suis toute étourdie. l’intro avec le cheval sauvage et le petit bourrin du dimanche soir : magnifique ! après : quel déferlement tsunami qui emporte comme fétus, les idées reçues et tièdes ! Bravo.

Annelise dit: 2 octobre 2017 à 7 h 44 min

Arg, Jazzi merci bien vu! Oeil de lynx.Je suis loin de la tour de contrôle et ne peux hélas pas intervenir ni corriger, ms ce sera fait… Christiane si ce n’est pour nous parler de l’inavouable d’habitude, je compte sur vs pour Blade et le film iranien. .

Sylvain dit: 2 octobre 2017 à 8 h 00 min

Magic!Vous êtes extraordinaire Annelise.Le+drôle c’est que j’en ai parlé à la table du petit déj:tout juste!

Une khagneuse et un matheux et ils vont voir ça.

D*** dit: 2 octobre 2017 à 11 h 40 min

Kingsman et Blade Runner étaient des films pour enfants. Je ne suis pas sûr d’aller voir les suites, ou alors en emmenant mes nièces.

JAZZI dit: 2 octobre 2017 à 14 h 37 min

Pas spécialement petit, Laura. Mais puisque tu sembles avoir vu le film, pourquoi ne pas nous en faire profiter ?

J.D dit: 2 octobre 2017 à 14 h 37 min

Chère Anne-lise, le moins qu’on puisse dire est que vous êtes l’outsider qui laisse sur place les chevaux de l’émir !L’Agha khan croisé autrefois sur des champs de course vous aurait adorée .il savait repérer le coureur racé.Il avait une très jolie femme ,une blonde distinguée dans votre style.Je ne sais si la dame avait votre humour .De toutes façons je ne vous le souhaite pas ,la pauvre MME Hayworth n’avait pas été heureuse en begum.Les passages sur la spa ou la Corée sont savoureux .Vous me feriez aller voir le film avec Lepers (et celui du scientologue !) Darcy ,c’est juste ,Jane austen a du son regain de popularité Uk à BBC.En France jean Rouaud ,kiosquier avant de passer à Champs d’honneur répétait qu’elle était son ècrivaine préférée .Descoings à sciences-po avait mis en place des outils pour briser la rigidité cadavérique des catégories .Pas tous les quatre matins que le facteur fait un Bourdieu .Un ascenseur social huilé passe par ce que vous énoncez .Mais vous le savez mieux que moi ,Fegele.

Phil dit: 2 octobre 2017 à 16 h 34 min

voilà une notule globulante de vraie cinéphile pour qui la scène sauve le film. et très « Milady », dear Annelise, vous êtes. Morandienne de surcroit, allez savoir
la transmission est votre affaire, pas facile de faire cinéaste à l’époque de la disparition de l’écrit.
Rita Hayworth atteinte d’Alzheimer a joué sans le savoir son dernier film dans le meilleur des Lautner.

Sylvain dit: 2 octobre 2017 à 17 h 18 min

Phil:le billet de AL pose tranquillou la question de l’obscénité.

Super votre »sans le savoir » pour la rouquine RH.

Phil dit: 2 octobre 2017 à 17 h 38 min

La route de Salina, Sylvain. Avec le cométeux Marc Porel, fort apprécié par Annelise. Un film aux destins chargés.

JAZZI dit: 2 octobre 2017 à 17 h 54 min

« Marc Porel, fort apprécié par Annelise. »

Elle n’est pas la seule, Phil.

C.P. va-t-il venir nous causer des chevaux aux cinéma ?

Annelise dit: 2 octobre 2017 à 18 h 14 min

Ah, Porel.. « La scène qui sauve le film ». Un truc christique, Phil. .Un seul juste et la ville épargnée. Parfois ça me peut me prendre néanmoins inversement d’ôter mes lunettes d’Adonai… Si j’ai le sentiment d’un truc faux, qui fait le malin ou croit pouvoir se payer ma tete. .Le Maître et Marguerite raconte ça Tb… Alors c’est plaies d’Egypte &bébé liquidé avec l’eau du bain sans ambages. Mais la bourrinerie réussie n’est pas donnée à tt le monde, c’est tt un art

Phil dit: 2 octobre 2017 à 19 h 18 min

yes Baroz, bien vu. Mimsy Farmer a porté sa belle nudité perverse d’un film à l’autre. Aujourd’hui elle fait de la sculpture, en France.

JAZZI dit: 2 octobre 2017 à 20 h 34 min

Pas si perverse, la nudité de Minsy, Phil. Les temps étaient moins prudes, surtout pour les femmes, sans voile, ni burkini…

Phil dit: 2 octobre 2017 à 20 h 44 min

dear Baroz, Mimsy toutes voiles dehors couche avec son frère, le sachant.
certes, Marc Porel est irrésistible

Annelise dit: 2 octobre 2017 à 21 h 26 min

Ne critiquez jamais Tina, Alley (Iron man 18h59?.)..I don’t need another heroe
Je vois qu’il y a du beau monde au balcon pour le Marc..? Right..je reviens un instant sur Abadonna, pire que « Cyclope » ds les Xmen. .tbeau personnage, juste esquissé chez Boulgakov. Il enlève ses lunettes et voufffff tout est anéanti..Pdt ce tps Behemot continue ses agaceries. .je dis svt aux adolescents que ce livre-là ferait un excellent Marvel, ..ou qq Burton – pas Richard, l’autre, de Mars attack – avec le bal, la procession aux genoux pourrissants. .la chemise déchirée de Woland d’un érotisme équivalent à « Porel au bandeau ». .la bourrinerie, elle, exige un soupçon de faille, une fragilité ou au contraire un contentement bégueule qui outrepasse de t loin la qualité du résultat. .un zeste d’inconscience ne nuit pas..un brin de bêtise ou de prétention bienvenues ..

Emmanuel dit: 2 octobre 2017 à 21 h 52 min

Jkiff kan Jidé parldla pouliche qui poute the blâme on heur.;ellesezé epiler les chveux en V.sissa cépa dlobsénité ?;Sbillé etex celan as uzuel:; lbourrin ypeufinir par ferla ferté dubox .;padmée pris,kidirait stiveune spchilbeurge;Annelise céla ptitefemme ké féminine comtou et kiffé palafier.;jolikom lorenbakal,ciel tplante laplum danlvitriol elletetu,mékante essmel dette douce ,chui touchose ;Lplu bourrin cé tome crouse,ya dlodanlgaze dans son jeu.; kadique ,blede reuneur cété cool cke vouavié écrit ssu lumanité droy.;; jader; cékoi lplubourrin kta vu ,Phil?;etoi Christy? vazy yapa dmal assefer dubien..

JAZZI dit: 2 octobre 2017 à 21 h 55 min

Certes, Phil, mais ce n’est pas l’innocente nudité de Mimsy qui est perverse, c’est le scénario du père de Pascal Jardin…

Annelise devient un peu trop ésotérique pour moi, est-ce pour masquer son côté midinette ?

Phil dit: 2 octobre 2017 à 22 h 11 min

sissi Baroz, le port de cette nudité conduit à l’inceste. il fallait sûrement un fils de vichyssois pour faire avaler la pastille mais le casting est excellent. I told you, film aux puissantes hérédités. Porel a tourné sa fin.

PETRUS dit: 2 octobre 2017 à 22 h 16 min

Éblouissante chevauchée, Annelise. Comme le dit Christiane, on en sort étourdi avec une furieuse envie de cavaler jusqu’au cinéma le plus proche pour s’y régaler sans modération.

Phil dit: 2 octobre 2017 à 22 h 38 min

« ..que l’appréciation du bourrin tienne à une cinéphilie dépassée »
bien dit..et pas seulement pour l’appréciation « du bourrin »

P. comme Paris dit: 2 octobre 2017 à 23 h 13 min

Mors de filet,
ou
Mors de bride.
Pour le bourrin, nombre de cavaliers le sont.

Pas toujours facile de monter une bréhaigne.

iron man dit: 2 octobre 2017 à 23 h 25 min

@J’ai aimé qu’ils m’emportent, petit poids dans l’enfance juché à cru, poings serrés dans la crinière, frémissement à frémissement. Les chevaux vous ne m’entendrez jamais les critiquer, bien qu’entre eux et moi, terminé !

La branloire pérenne – Then Play On
https://www.youtube.com/watch?v=_ASO08vm_xg

Sylvain dit: 3 octobre 2017 à 8 h 04 min

Je reviens dessus(toujours charette,désolé).

Ce qui est passionnant ,AL est que vous arrivez à construise un paradigme sous forme aussi intelligente sur un sujet aussi glissant et casse-gueule.

Totalement d’accord avec phil 22.38& petrus sur le mot « eblouissant ».

Vous allez rire,j’ai testé votre reco numéro 2 au sujet du premier kingsman et…ça marche!

Conversation hier à table:le meurtre les a fait marrer mais…

J.D dit: 3 octobre 2017 à 11 h 48 min

Pas parce que retrouve mon allemand quand ça m’énerve que je suis illisible comme Manu,si?
@Jazzi.Annelise ésotérique :sur bulgakov?Non.Ce que j’aime c’est qu’elle passe d’un genre à l’autre .A 21.26,ça claque de plus belle!Mon langage assez clair pour « mamzer  » D**** ou PEdel,j’ai passé l’examen,ça va ?(mamzer,pas de quoi se vexer ,quand c’est dit gentiment).Pourquoi la fascination sur porel,Feygele? Quel acteur bourrin aurait vos faveurs ?

Phil dit: 3 octobre 2017 à 15 h 05 min

Marc Porel, mort jeune et beau à son corps défendant, petit-fils de Réjane, de particulé à particulier, james dean ennobli, de la matière pour cinéphile qui saura décrypter son destin à rebours dans les vieilles bobines; la consécration d’un acteur est de finir en misfit pour cinéphiles.

C.P. dit: 3 octobre 2017 à 19 h 27 min

Jacques, les chevaux au cinéma, ce n’est pas vraiment le sujet. Mais puisque le brillant article d’Annelise commence par sa relation avec les chevaux : j’avais déjà dit qu’Elle les connaissait bien, je comprends mais regrette qu’elle ne monte plus. TOUT cavalier (je ne parle pas de la promenade au pas) tombe un jour ou l’autre, et plutôt deux fois qu’une ! Les conséquences sont très variables…

« Bourrins » ? J’ai moi aussi revu il y a quelques jours « Die Hard… », Willis, Jackson, Irons… C’est quelque chose, même si c’est trop et trop long.

C’est Christiane qui rappelait q’un des premiers films qu’elle ait vus était « Crin-Blanc ».

Cormac McCarthy, amateur de chevaux et de monte, dit qu’au cinéma les plus beaux acteurs-cavaliers ont été Randolph Scott, William Holden, Robert Ryan … et Clint Eastwood. Pour John Wayne devenu un peu lourd, il fallait à la fin des chevaux de 750 kg !

Au bon souvenir de tous ici sans doute : « The Horse Whisper », de et avec Robert Redford. Et, en remontant au début des années 60, « Lonely are the Brave », avec Kirk Douglas en cow-boy affronté au monde moderne, et formant un beau couple avec sa jument. Ce film au dénouement triste m’avait alors beaucoup touché.

JAZZI dit: 3 octobre 2017 à 20 h 26 min

« Jacques, les chevaux au cinéma, ce n’est pas vraiment le sujet. »

C-à-d que je n’ai pas bien compris quel était le sujet de ce brillant billet, C.P. ! « Les bourins » ? Annelise veut parler des films de genre ou de seconde zone, le contraire des purs sangs donc. Mais Dreyer alors ? Plus de la moitié du billet, pour nous dire quels films finalement elle a sélectionnés et nous conseille… Quoiqu’il en soit, demain j’irai voir le Haneke.

C.P. dit: 3 octobre 2017 à 20 h 50 min

Jacques, ELLE est filou(te), sachant bien que le bourrin « The Hard 1″ repassait à la télé… Mais Elle connaît vraiment bien aussi les westerns.

Bon courage demain pour la sortie du Haneke !

C.P. dit: 3 octobre 2017 à 22 h 22 min

Lilm / Film, ça ne s’arrange pas !

Pour compenser : avez-vous remarqué qu’Annelise avait une affection particulière pour Jason Robards, « Le Cheyenne » dans « Il était une fois dans l’Ouest » ?

D*** dit: 4 octobre 2017 à 10 h 14 min

Si C.P. revient aujourd’hui, j’espère qu’il sera un plus sobre. L’alcoolisme du quatrième âge est un véritable drame social.

JAZZI dit: 4 octobre 2017 à 11 h 20 min

Pas très bonne presse ni grande diffusion pour « Happy end » d’Haneke ! Et sur la page précédente, Annelise n’est pas très explicite… Je sens que je vais soit adorer soit détester !

eriksen dit: 4 octobre 2017 à 11 h 56 min

Avis
C.P. j’ai pensé à vous, car nous avions discuté du Tartuffe par Stéphane Braunschweig…. J’ai vu celui monté par Michel Fau au théatre de la porte ST Marin : un parti pris presque exactement inverse.
L’attraction principale c’est Michel Bouquet, 92 ans, qui tire Orgon vers la démence sénile. Que ce choix d’interprétation vienne de l’acteur ou du metteur en scène, qu’il joue sur le physique de l’âge ou cache quelques troubles de mémoire, on ne sait, mais l’effet est saisissant : le corps d’Orgon ne semble plus dirigé que par quelques neurones faméliques aux synapes ralentis et lunatiques. Les hésitations et les oublis sont au service du personnage.
Le naufrage de la vieillesse se double d’une décadence sociétale, suggérée par la sophistication engoncée des costumes de Christian Lacroix et par un décor néo-andalou collapsant littéralement sous ses ors. Le pouvoir sénile et vacillant du père ne peut rien espérer de sa progéniture, dont la stupidité – déjà manifeste dans le texte – est surlignée par un jeu farcesque et pesant. Plus osé est le choix de ridiculiser également Elmire et Cléante son frère – ce n’est pas dans le texte – laissant ainsi le champ libre à la domesticité intelligente : Dorine semble annoncer Figaro.
L’arrivée du faux dévot, banalement gras et libidineux, vient naturellement renforcer l’ambiance prérévolutionnaire qui prévaut ici, et la marionnette poudrée qui clôt la pièce avec des accents jupitériens n’y changera rien. Entre temps, Michel Fau ne fait rien du trouble d’Elmire et de sa réplique étrange à la fin de la scène sous la table : « C’est contre mon humeur que j’ai fait tout ceci, Mais on m’a mise au point de vous traiter ainsi. ».
La mise en scène de Michel Fau met plus l’accent sur le dégagisme que sur le danger des gourous. Pourquoi pas ? les deux sujet sont dans l’air du temps. Malheureusement, en dehors d’un Michel Bouquet crédible a souhait seul surnage Damis héroïquement vivant dans le surjeu mécanique.

JAZZI dit: 4 octobre 2017 à 12 h 01 min

Vous pourrez toujours dire, eriksen, que vous avez vu le dernier spectacle de Michel Bouquet. A un journaliste qui lui demandait ce qu’il allait faire après, il a répondu : « mourir ! »

eriksen dit: 4 octobre 2017 à 12 h 22 min

Jazzi, j’ai lu l’interview et ce n’est pas du tout ce qu’elle dit !
Ce n’est pas parce qu’il est très vieux que je dis cela, mais il est un des seuls à vraiment incarner son personnage….
Je trouve que l’interview n’est pas trop politiquement correct … un privilège de l’age?

christiane dit: 4 octobre 2017 à 12 h 27 min

Entre l’entretien publié sur le Parisien (merci Jazzi) et la subtile mémoire d’Eriksen ayant assisté à la représentation du « Tartuffe » mis en scène et joué par Michel fau avec l’immense Michel Bouquet, on approche ce pari théâtral. Pour ma part j’ai affronté « Au but » de T.Bernhard au Petit Poche Montparnasse. J’évoque mon ressenti chez Paul Edel puisque c’est lui qui nous avait engagés à aller assister à une de ces représentations dans les commentaires et un billet consacré à T.Bernhard, au théâtre.
http://pauledel.blog.lemonde.fr/2017/09/13/theatre-parfait/

C.P. dit: 4 octobre 2017 à 12 h 40 min

eriksen, merci ! N’est-ce pas tout de même embêtant de transformer en spectacle de la décadence une oeuvre en principe « de combat » ?

J’ai moi aussi pensé à vous, parce que Stéphane (Braunschweig) et Chloé m’ont dit du bien de « Ibsen Huis », spectacle écrit par Simon Stone d’après l’oeuvre d’Ibsen, qu’ils ont vu à Avignon. J’avais parlé rapidement ici du film de Stone, « The Daughter » adaptation un peu lointaine du « Canard sauvage ».

Demain, à L’Odéon, « Les Trois soeurs », mise en scène de Kouliabine, en langue des signes russe (!) mais avec surtitrage. Le 10 novembre, « Les Trois Soeurs » encore et Simon Stone (je n’avais pas aimé sa « Medea »), D’APRES Tchekhov. Cela fait bien des « d’après »…

eriksen dit: 4 octobre 2017 à 13 h 17 min

je croyais que la langue des signes était internationale… Je suis déçu.
C.P.dit: « N’est-ce pas tout de même embêtant de transformer en spectacle de la décadence une œuvre en principe « de combat » ? »
Je ne comprends pas très bien.
outre que le dégagisme sociétale que je perçois peut aussi être un combat, je crois que Molière est conscient que les œuvres de combat s’épuisent avec les victoires ou défaites définitives qui les suivent. Seules les questions philosophiques restent. La dénonciation des « directeurs de conscience », à la mode à l’époque, n’est heureusement pas le seul intérêt de Tartuffe car il n’y en a plus beaucoup. De même la remise en cause de la gérontocratie et du respect des anciens, si elle était nécessaire à cette époque, serait plutôt à pondérer maintenant, parce que l’immédiateté généralisée nous mène à un oubli du passé et donc à l’incompréhension de l’avenir. J’ai trouvé le parti pris de M Fau assez conventionnel dans son irrévérence, à la différence de SB et son gourou… question qui risque de nous travailler beaucoup dans les années à venir.
Donc je me méfie des œuvres de combat et Tartuffe dépasse clairement ce cadre.
Je vais essayer de voir de Ibsen Huis

Annelise dit: 4 octobre 2017 à 13 h 19 min

« une décadence sociétale, suggérée par la sophistication engoncée des costumes de Christian Lacroix et par un décor néo-andalou collapsant littéralement sous ses ors. Le pouvoir sénile et vacillant du père ne peut rien espérer de sa progéniture, dont la stupidité – déjà manifeste dans le texte – est surlignée par un jeu farcesque et pesant. Plus osé est le choix de ridiculiser également Elmire et Cléante son frère – ce n’est pas dans le texte – laissant ainsi le champ libre à la domesticité intelligente : Dorine semble annoncer Figaro.
L’arrivée du faux dévot, banalement gras et libidineux, vient naturellement renforcer l’ambiance prérévolutionnaire qui prévaut ici »

Du Danish boy tt craché…qd je vs dis qu’il est tb!… Eriksen, je vs attends aussi sur le bourrinage, les divers films évoqués ou à paraître. .CP 10h27 vs me faites sourire. .c’est D qui mérite le coup de pied de l’âne (Connu qq gde dame ayant un peu bcp à voir avec la réouverture de Scala qui démarrait gaillardement au Gd Hotel « et » de Milan par deux whisky avant tte transaction sérieuse. ..) Sur JD également, D, qu’est-ce qu’il vs prend? Bien que, JD..svp TRADUISEZ ,je ne parle pas allemand, ni ..hébreu?…en revanche Emmanuel vs êtes difficile à lire. .pensez à ns, tt en restant vs-même

gilles dit: 4 octobre 2017 à 13 h 34 min

Loveless(retour au billet d’avant ).Anne-lise,puis-je rappeler que vous aviez écrit sur le sujet il y a 15 ans une des nouvelles noires la plus bouleversante que je connaisse ?(deux pères /deux fils dans des circonstances analogues ,deux résultats différents).pardon je ne me rappelle pas du titre exact ,elle se trouve dans le recueil Pecata mundi.Chair de poule en y repensant .très humain.L’écrivain Hervé le Corre avait écrit dans la revue de gilles mora que vous étiez la plus forte ,que enterriez en 5 pages tout ce que les briscards du suspense et de la violence etaient en 700 pages ! Bien dit.Je vais voir Blade 2049.Michael Sarrasin/fonda (eriksen)il y a plus « bourrain »…?

eriksen dit: 4 octobre 2017 à 13 h 35 min

J’ai participé à la discussion sur les bourrins. eriksen dit: 3 octobre 2017 à 23 h 58 min: They shoot horses, don’t they ?

Le problème est que j’écris des critiques parce que je suis comme le personnage de Memento de Nolan: je n’ai que quelques heures pour me tatouer la critique d’un film: c’est le traitement que m’a prescrit mon docteur. Mais pour les « bourrins » je ne me souviens jamais assez longtemps, la barre est trop haute. Merci à vous Annelise, qui êtes le facteur principal de mon observance thérapeutique!
Pourtant j’ai ancré dans ma mémoire le feeling d’un Kingsman, probablement du fait d’une forte émotion: j’avais emmené ma fille et j’ai eu extrêmement honte.

C.P. dit: 4 octobre 2017 à 14 h 26 min

eriksen, soit ! Je retire « de combat », alors que je voulais dire un combat de l’époque… Mais s’il ne reste rien de ce que dit Cléante, quelle question « philosophique » demeure, et quel sens pour aujourd’hui ? Au fond, en dehors du « dégagisme sociétal », vous donnez du spectacle de Michel Fau l’image d’une farce générale. Insituable ? Votre critique est finalement assez sévère.
Je me souviens très bien de notre échange touchant la mise en scène de Stéphane… que je n’aimais guère, sauf dans sa scénographie, il le sait. Au reste, et n’ayant vraiment rien contre Michel Bouquet, au contraire, on peut discuter de l’âge d’Orgon, père abusif mais homme d’affaires actif, peu ou prou compromis politiquement d’ailleurs dans des troubles récents. Souvenez-vous : Claude Duparfait jouait un Orgon sinon jeune du moins dans la force de l’âge, et j’avais trouvé très faible, dans cette mise en scène, le personnage de Tartuffe.
Je vous lis toujours avec attention et je me souviens aussi d’un échange à propos de « Fenêtre sur cour » qui m’avait vivement intéressé.

eriksen dit: 4 octobre 2017 à 15 h 18 min

Vous avez raison, le spectacle de Fau m’a déplu, c’est entre les lignes, car je n’aime pas assassiner les spectacles. Pas vraiment « insituable », plutôt trop situable même.
C’est étrange, je trouve le personnage Tartuffe de SB au contraire très puissant… mais nous avons déjà eu cette discussion…
Je crois que M Fau avait envie de jouer avec M Bouquet (un de ses maitres il me semble) et lui donner encore l’occasion de monter sur les planches. De ce coté là c’est réussi, l’incarnation tient très bien la route, bien que le parti pris du gâtisme fait que Tartuffe n’a plus besoin d’être séduisant pour être crédible.

eriksen dit: 4 octobre 2017 à 15 h 29 min

Annelise dit: 4 octobre 2017 à 14 h 09 min
« Extrêmement honte » en emmenant votre fille Eriksen? Non?

un navet beaucoup moins drôle que Mr Bean je trouve.

Paul Edel dit: 4 octobre 2017 à 17 h 50 min

Je préfère le gala des vaches au manège des bourrins,donc je passe mon tour et je reste sur mon dada:le cinéma japonais noir et blanc.

Annelise dit: 4 octobre 2017 à 19 h 07 min

K.Dick aussi Paul? La bonne somme d’Emmanuel Carrère, « Je suis vivant et vs êtes mort » que les libraires ne savaient trop où mettre en rayon ..il s’était mal vendu à l’époque sous couv bleu électrique, et pourtant

Il y a qq années au festival de St Sébastien, un Islandais, Benedict Erlingsson, avait emporté le prix des nveaux talents avec « Horses and men », soulignant que c’était bien que pour une fs ça ne tourne pas en boucle ds le paddle ..vs l’avez vu CP? ( aimé Marian Morrisson « poids lourd » du western.. Alan Ladd montait-il comme il fau?) Au même moment le prix du public allait à Kore-Eda pour Tel père, tel fils..Balle au centre..mon manège à moi cela peut-être (aussi) lui

C.P. dit: 4 octobre 2017 à 20 h 01 min

Chère Annelise, eh bien non, je n’ai pas vu « Horses and Men », mais je le retiens.
Sur Marion Mitchell Morrison / John Wayne, j’ai seulement dit qu’il était un peu lourd à la fin, par exemple dans « Cent dollars pour un shériff » . Mais il montait admirablement dans « La Charge héroïque / She Wore a Yellow Ribbon *** « .
Alan Ladd, de petite taille, montait fort bien, comme d’autres après lui, Robert Redford y compris. C’était un athlète miniature, qui nageait le 1OO mètres tout près de la minute.

*** C’est l’hymne de la Cavalerie. Il faudrait que je vous en chante un jour les paroles :

Around her Neck
She wore a Yellow Ribbon
She wore it in Springtime
In the Merry Month of May
And if you asked her
What was the Heck she wore it
She wore it for her Lover
Who was Far Far away…

puck dit: 4 octobre 2017 à 21 h 48 min

très belle et très fine analyse du concept d’inséparation entre low culture et high culture.

je ne me souviens le nom du type qui avait écrit un bouquin sur cette notion d’inséparation ? Nous vivons effectivement dans un monde où tous ces objets cohabitent et forment un tout : un chorus d’Hendrix, la robe de Marilyn, une cantate de Bach, un poème de Rimbaud, un refrain des Beatles, un pas de tango, un tableau de Matisse, un service volée de Mc Enroe, un opéra de Puccini, une recette de cuisine…

plus rien ne séparent ces objets humains et non humains qui nous entourent, et de ce fait plus rien ne leur est ni extérieur, ni étranger.

plus que post-moderne notre époque est devenue post exotique en fabricant un monde humain sans autres ni ailleurs, un monde humain qui ressemble à un océan qui engloutit l’ensemble des objets qui le constitue et lui confère son essence.

sauf que, Annelise, en vous lisant bien, vous recréez de la hiérarchie, vous remettez de la verticalité : Bruce Willis avec son marcel d’accord il est un des objets définissant notre monde humain mais attention : il ne vaut pas etc… (et plus grave il semble que vous le fassiez pour redonner de la légitimité à votre discours).

il me semble qu’il faudrait au contraire totalement évacuer toute forme de verticalité, Bruce Willis et son marcel sont bien là et notre monde a évolué de telle sorte qu’ils valent autant que….

dans la mesure où la cohabitation « océanique » de tous les objets humains et l’idée d’inséparation que notre modernité leur a donné exigent d’elles-mêmes une horizontalité : un épisode de Die Hard avec Bruce Willis ne peut plus valoir moins qu’une cantate de Bach.

en effet votre article laisserait supposer à certains que notre monde ressemblerait à une chambre dans laquelle nous n’aurions pas fait le ménage depuis des lustres, et la tentation de remettre de la hierarchie entre les objets (culturels pour la plupart) viserait à remttre de l’ordre dans la chambre.

mais en fait non, ce n’est pas ainsi que cela marche, parce que derrière toutes ces histoires d’inséparation et de chambre mal rangée se cache une notion importante qui est la notion de liberté, là il faudrait relire Koyré et ses disciples comme Feyerabend qui avaient pressenti les premiers cette évolution des sociétés (post) modernes.

surtout ne pas recréer de hiérarchie comme vous semblez le faire… c’est je crois hyper important, même s’il existe une pression (sociale, professionnelle?) qui exige de la critique une remise en ordre des objets (et c’est effectivement (cf les derniers articles de la rdl) le rôle qu’elle assume aujourd’hui : remettre de l’ordre), il ne faut surtout les remettre en ordre (se poser la question : quel ordre? et qui dicterait cet ordre?)

il faut apprendre désormais à assumer le désordre de la chambre mal rangée.

Annelise dit: 4 octobre 2017 à 23 h 48 min

Joli, Puck 21h48. .vs avez visiblement à dire,ms je crois que la hiérarchie, c’est vs qui la mettez si j’ose dire où vs pensez que je la mets, moi – alors que je suis seule à savoir comment je l’agence, et que si j’en discute de façon « personnelle » ds l’espace privé, j’ai justement à coeur de ne pas l’imposer trop ici. En revanche le relativisme des fameuses sociétés que vs évoquez m’agace, je le trouve svt fallacieux, masquant mal une paresse ou une désespérance en une capacité de discernement intuitif et analytique qui se vêtent d’autres plumes, accessibilité, égalitarisme ..or l’art n’a js été d’essence si franchement démocratique, tt en même tps qu’il est vecteur de démocratie. N’allons pas pour autant y passer la nuit ..vs attends donc concrètement sur Kingsman, Blade ou Teheran tabou

P. comme Paris dit: 5 octobre 2017 à 1 h 49 min

Citez-moi un seul film qui transcende une œuvre :
sculpturale, picturale, littérale, ou même mentale.
Le « moi » de mon « je » ne se pose plus la question.
24 images par seconde multipliées par tant de 24 images par seconde, encore et encore. Image imaginée et crée si possible par le réalisateur et toute son équipe pour soit disant expliciter la substantifique moelle d’une seule photographie.
Shit.
Une sculpture, un tableau, un livre, une idée vous propose.
Une suite d’images vous impose

Annelise dit: 5 octobre 2017 à 7 h 14 min

Alezan un peu vite sur mini écran hier, j’ai écrit paddle au lieu de paddock .Merci de corriger automatiquement )à la lecture
Puck ce que vs dites à 21h48 est intéressant..Commencé donc à vs répondre tard hier et relu votre post ce matin.. ..qd vs écrivez par exemple « Le Marcel de Bruce Willis », vs présupposez que sous prétexte que ce marqueur précis est globalement identifié ds un sens donné, je vais épouser ce sens – or vs n’en savez rien…pas parce que l’écran est saturé de magenta ou bruité qu’avec un bon denoiser etc, je ne peux rien faire à la colorimètrie.. Je m’étais penchée sur Koyré, étudiante, son travail sur le mensonge ..et aussi sur Erving Goffman pour les interactions, la mise en scène de la vie quotidienne. .un jour ns reparlerons, plutôt que de hierarchie ou de relativisme de sédimentation, qui suppose à la fois de disposer d’assez de matière et d’une distance suffisante pour l’agencer…après le « comment on l’agence » procède d’un jeu subtil du dégagement des singularités, comment, pourquoi et de quelle façon on remet en perspective, ou décide de bouleverser « l’ordre ». .pourquoi je discute parfois avec des amies, mères de jeunes enfants en disant que non, le barbouillage charmant du fils de 5 ans, aussi inspiré, prometteur ou joli soit-il, ne me fait pas l’effet de Picasso, ni Bertrand Cantat ou Betrand Belin dont j’aime pourtant bcp Hypernuit ne st comparables à Lautréamont

C.P. dit: 5 octobre 2017 à 9 h 45 min

puck, Annelise n’a besoin de personne pour vous répondre. Mais…
Je n’ai lu de Koyré que « Réflexions sur le mensonge ». Dites-moi donc comment on peut transposer la déshiérarchisation de l’histoire des sciences dans le domaine des arts ET du divertissement, voire dans la valeur subjective qui y est ajoutée.
En réalité, je crois que vous parlez simplement des facilités du brassage post-moderne, tout comme vous parleriez fort bien de l’égalitarisme télé-visuel, par exemple.
Enfin, VOUS ne pensez certainement pas, horizontalité ou non, que le marcel de Bruce Willis vaut « L’Homme sans qualités »… Cher puck, ne vous faites pas de mal inutilement.

Fontebranda dit: 5 octobre 2017 à 10 h 53 min

Non, en effet personne n’est dans la tête de personne d’autre et chacun est assez grand(e) pour répondre aux autres, ce qui ne nous empêche pas de nous entregloser alors que l’ironie (ou son absence, allez savoir) n’est pas toujours manifeste dans ces échanges cryptiques.

Histoire d’obscurcir encore le débat, je vous livre mes impressions (versant réception, donc, sans connaître les intentions de l’auteur et peut-être aussi par incapacité intellectuelle et tempéramentale à comprendre certaines notules) : en lisant certains articles je me suis dit « Tiens, génération ‘en même temps’  » — posture imparable, qui ringardise immédiatement les malheureux qui en sont encore à ‘Ou bien … ou bien…’  »
Disons que parfois, il me semble que le manque manque, comme dirait l’autre.
Cela dit (ah, ce n’est pas drôle de cracher crapauds et serpents alors que d’autres à chaque phrase laissent délicatement tomber fleurs et perles) j’apprécie beaucoup qu’A-L R prenne toujours la peine de répondre à ceux qui interviennent sur le blog.

eriksen dit: 5 octobre 2017 à 11 h 46 min

Happy End de M Haneke
« Amour » était son précédent film. Ceux qui n’avait pas saisi l’antiphrase vont être tristement décillé : pas plus d’amour d’hier que de fin heureuse aujourd’hui. L’enchainement d’Amour à Happy End est souligné par les acteurs et Jean-Louis Trintignant et Isabelle Huppert, père et fille déjà dans Amour. Haneke nous suggère qu’ils sont les mêmes, le père ayant étouffé sa femme malade quelques années avant… Et dire que certains ont cru a de l’amour …
La suite logique de « Happy End », c’est le « 7e Continent », un des premiers films de Haneke – le plus impressionnant en ce qui me concerne – qui montrait l’autodestruction matérielle méticuleuse des biens d’une famille avant liquidation totale de celle-ci. La petite fille de 8 ans découpant les robes de ses poupées et déchirant ses dessins avec calme et détermination me sont restés en mémoire. Une volonté de ne rien laisser, ni gène, ni héritage, comme un œuvre de salut universel ou un manifeste politique par le vide.
Le 7e continent, par la précise reconstitution du fait divers, la froideur factuelle et l’absence totale d’explication psychologique, laissait le spectateur troublé par un « POURQUOI ? ». « Happy End » n’est à l’inverse que psychologie. Les motivations de chacun sont claires et aucune part d’ombre ne décale les personnages de leur déterminisme, qui tend sur plusieurs générations à l’implosion de la lignée. Dépeinte avec autant d’amour que de subtilité, on reconnait dans cette haute bourgeoisie « hauts de France » les dégénérés de Ma Loute.
Alors je voudrais dire à Mr Haneke, que l’absence d’amour et la perte des liens social et familial sont presque l’unique sujet du cinéma de nos tristes jours. Tout le monde n’aurait pas capté le message ? Peu probable pour ceux qui vont voir vos films. Le constat étant fait, montrez-nous une autre pente que le suicide, ou bien suivez là jusqu’au bout, ou du moins cessez de radoter en attendant que la mer monte.

Sylvain dit: 5 octobre 2017 à 11 h 51 min

Anne-lise 7.14.Oui.

Pour ça que ne parler que de films anciens est moins risqué!

Aucun risque .(pas une critique envers Paul:mois aussi je suis fan de cinéma japonais n&b).

Une fois qu’on a dit ça..?!

Annelise dit: 5 octobre 2017 à 11 h 59 min

Oui Roro… merveilleuse Chinoise chez Godard et (presque « en même temps »?) Au hasard Balthazar chez Bresson. .en imper blanc chez Garrel avec Maublanc, l’Enfant secret. RIP

En passant dit: 5 octobre 2017 à 12 h 08 min

« aucune part d’ombre ne décale les personnages de leur déterminisme, qui tend sur plusieurs générations à l’implosion de la lignée.  »
H est un petit rigolo …

JAZZI dit: 5 octobre 2017 à 12 h 33 min

ANNE WIAZEMSKY

L’hommage à Pygmalion

Avant d’être la romancière à part entière que l’on sait, la petite-fille de François Mauriac devint, à la fin des années soixante, l’égérie d’un certain cinéma d’avant-garde européen : Au hasard Balthazar (1966) de Robert Bresson, La Chinoise (1967) de Jean-Luc Godard, Théorème (1968) de Pier Paolo Pasolini… Dans Jeune fille, Anne Wiazemsky revient, non sans humour et émotion, sur ses tout premiers pas dans le monde fascinant et effrayant qui s’ouvrit alors à elle au cours de l’été 1965. Où l’on voit une candide postulante au métier d’actrice, à peine sortie de l’adolescence, affronter, irrémédiablement, son propre destin. Et comment l’informe chrysalide s’est subitement transformée en un vivant papillon. Un véritable conte de fée, qui pourrait commencer par : « Il était une fois, Robert Bresson… » Captivant !

« Mes journées passées sur le tournage d’Au hasard Balthazar comptent, encore aujourd’hui, parmi les plus heureuses de ma vie. Tout de suite je m’y suis sentie à ma place, chez moi, avec le sentiment exaltant d’avoir rencontré ma vraie famille, celle qui me permettait enfin de m’épanouir, de devenir l’être rare que Robert Bresson croyait avoir discerné en moi. J’étais la plupart du temps sagement assis à ses côtes, passionnée par sa façon de diriger ses interprètes et ses techniciens. Il semblait savoir toujours ce qu’il voulait et toujours il l’obtenait. Parfois, c’était au bout de plusieurs heures et malgré l’exaspération ou le désarroi de certains. Mais il n’abandonnait jamais. J’admirais son autorité, la précision avec laquelle il s’exprimait et cette élégance qui le faisait ressembler à un « chevalier du Moyen Âge », comme me le dirait quarante ans après Jany Holt*. Au travail, il était beau Robert Bresson, très beau. Il maintenait en permanence une distance polie avec les autres, tous les autres. Avec moi, il était affectueux, attentif, patient, toujours disponible. Et c’est ainsi qu’il me fit en douceur glisser du rôle d’observatrice à celui d’interprète. Quelques plans anodins et muets d’abord : de brefs passages, des entrées et des sorties de champ. Puis des amorces de scènes. Les séquences de jeu importantes étaient prévues pour plus tard, à mi-parcours du film. Hasard du plan de travail ? Tactique finement élaborée ? Je ne me posais jamais ce genre de question. Il m’indiquait quelque chose, un geste, un regard, une intonation et je m’appliquais à faire ce qu’il demandait, toujours avec plaisir, toujours avec facilité. Lui obéir allait de soi puisque lui seul savait. Cela me donnait un sentiment de totale sécurité et me rendait encore plus souple. Je me suis mise à aimer profondément, à aimer d’amour, le quotidien d’une vie de tournage, cet instant entre le « Moteur ! » et le « Coupez ! » quand toutes les respirations sont suspendues et que seuls comptent des gestes à faire, des mots à dire. J’aimais cette tension, le rassemblement de tous les membres de l’équipe pendant une poignée de secondes, parfois plus ; le relâchement ensuite, l’effervescence, et à nouveau cette extraordinaire mobilisation de tous. J’aimais autant être devant la caméra que derrière où j’apprenais, petit à petit et grâce à la gentillesse de chacun, comment se fabrique un film. On s’était vite habitué à ma présence et à ma curiosité ; on m’avait adoptée. » (« Jeune fille », éditions Gallimard, 2007)

* L’héroïne des Anges du péché, le premier film de Robert Bresson, tourné en 1943.

Sylvain dit: 5 octobre 2017 à 13 h 08 min

Les livres de A.W,jazzi?On espère voir :petite fille de Mauriac,ex de Godard…

Sorti de là?Pas grand chose.

(Désolé des mauvaises circonstances pour le dire.)

Phil dit: 5 octobre 2017 à 14 h 16 min

Dear Pauledel, la cinémathèque de Bruxelles projette tous les soirs actuellement un film en noir et blanc de Naruse. Fiat rare, l’entrée est gratuite…comme d’habitude ceux qui aiment prendront le train.
A. Wiazemsky n’a évidemment pas choisi son jour mais simplement donné l’occasion de parler cinéma. La dernière secrétaire d’Hitler est décédée juste avant la projection de l’unique film qui lui a été consacré. Ces imbéciles de producteurs ont annulé pompeusement le débat qui devait suivre au prétexte du décès.

JAZZI dit: 5 octobre 2017 à 14 h 31 min

« Ces imbéciles de producteurs ont annulé pompeusement le débat qui devait suivre au prétexte du décès. »

Double peine à son enterrement, les cons !

Phil dit: 5 octobre 2017 à 14 h 51 min

Bonne occasion de relire le bloc-notes du grand-père. Il y parle de sa petite-fille bien sûr, c’est aussi l’époque de la sortie de « La religieuse » et Mauriac torche le critique Cournot, qui ne comprend pas les préventions contre ce film, pour son manque crasse de connaissances religieuses.

JAZZI dit: 5 octobre 2017 à 14 h 59 min

Oui, mais Mauriac il se prenait pour Garbo, Phil !

«Comprenez-moi, monsieur… du fond d’une loge, à New York, à Chicago, à Vienne, à Berlin, à Paris, j’ai vu souvent, dans une demi-ténèbre embrumée, cette foule énorme, fascinée par mon visage ; toujours et partout la même foule, me semblait-il, le même monstre dompté d’où s’élevait, vers ma face, l’encens de mille et mille cigarettes. Non, certes, vers ma face telle qu’elle est, vers ma pauvre figure meurtrie, avec la trace des larmes, avec la marque des baisers, avec ces griffes légères que la moindre douleur imprime sur un visage mortel, fût-il le plus beau et le plus chéri de tous les visages vivants.
« Car, mon vrai visage, ils ne le connaissent pas ; et moi-même, je l’ai oublié : pour offrir aux hommes cette merveille hors du temps, cette splendeur de mes traits telle que, sur l’écran, ils l’adorent, j’ai dû altérer la figure d’enfant que Dieu m’avait donnée… Qui sait si je n’ai point déplacé mes sourcils… et ce ne sont peut-être pas mes vrais cils qui ombragent mes regards. La jeune chair n’épand plus sa chaleur, ne rayonne plus à travers les fards, les enduits et les pâtes. Je me suis détruite, je me suis sacrifiée à l’image d’une beauté qui pût assouvir chacun de ces millions de désirs trompés, d’attentes sans espérance. Je suis ce que cet adolescent ne trouvera jamais, et ce que pendant un demi-siècle ce vieillard chercha en vain, et ce que cette femme aurait voulu être, afin de retenir celui qui l’a trahie. Comprenez-vous pourquoi je me dérobe ? C’est par pitié pour eux, et parce que je ne veux pas qu’ils sachent que je n’existe pas. »
Ainsi parlait Greta Garbo. Je la voyais pourtant ; ou plutôt, à cette heure indécise du chien et loup, j’entrevoyais une forme merveilleuse, pareille, il est vrai, à beaucoup d’autres. Tout ce que la voilette, arrêtée au-dessus de la bouche, ne me dérobait pas, disparaissait sous la couche de plâtre et de peinture qui recouvre aujourd’hui le peuple entier des femmes. Je songeais qu’il est étrange que le cinéma exige de ses étoiles cet excès du maquillage pour atteindre à nous livrer, d’une figure, la pure essence. L’écran, barrage mystérieux, ne laisse filtrer que les éléments impérissables de ce nez, de cette bouche. Peut-être, pâtes et onguents servent-ils à en absorber et à en dissoudre tout l’éphémère ? La pensée que Dieu eut, en créant un tel visage, apparaît dans ce dessin d’une simplicité céleste, nettoyé de toute souillure, préparé pour l’Eternité. Il serait incompréhensible que les foules du monde entier, devant cette révélation, n’eussent point la tentation de tomber à genoux, si l’écran ne fixait aussi, hélas ! n’isolait, ne détachait ce qu’il y a de pire, pour chacun de nous, dans un trop beau regard.
Ces yeux merveilleux de Greta Garbo, un garçon faible et fiévreux, perdu dans ces foules innombrables, en supporte tout seul le trouble immense. Chaque désir, en particulier, est éveillé par cette créature à la fois réelle et inaccessible. Impunément, la femme sourit, entrouvre les lèvres, gonfle le cou, laisse retomber à demi sa paupière. Elle est là, vivante et offerte à des millions d’hommes ; mais si l’un d’eux, pris de folie, se précipitait, il ne trouverait rien de plus que le chiffon tendu sur le vide, dont le taureau se leurre, et il n’embrasserait que le néant. Peut-être Greta Garbo sait-elle qu’un soir, à Philadelphie, à Buenos-Ayres ou à Melbourne, l’un de ses amants inconnus se leva soudain, et que se frayant un chemin à travers les corps furieux, marchant sur la foule comme sur la mer, les bras tendus vers la forme adorée présente, insaisissable, il donna de la tête dans l’écran crevé… Scène étrange qu’évoque pour mon cœur une phrase de Rimbaud : « … Puis, ô désespoir, la cloison devint vaguement l’ombre des arbres, et je me suis abîmé sous la tristesse amoureuse de la nuit… »
… Je voyais son corps se tasser dans l’ombre, elle inclinait un front humilié. La clarté de la lampe alluma ses cheveux d’or pâle. « Non, ajoutai-je, ne baissez pas la tête : cette montée, cette marée d’adoration et de désir qui vient battre votre image multipliée n’a pas une source impure. Ces millions de cœurs qui vous chérissent savent, d’instinct, que la vérité ne tient pas dans les paroles des philosophes, ni dans les formules des savants. Ils savent que la vérité n’est point abstraite, mais charnelle, mais vivante ; et qu’on peut la trouver, la rencontrer, lui parler, parce qu’elle est quelqu’un : elle possède, comme vous, un front, un regard, une voix, un cœur – un nom entre tous les noms des hommes : « … Ce que nous avons entendu, atteste saint Jean, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et ce que nos mains ont touché… »
Vous occupez sa place, votre image masque une absence ; vous êtes une remplaçante, une doublure, un reflet. Vous trompez la faim et la soif de beauté qui immobilisent, devant un écran, les misérables troupeaux humains… O beauté de ce Visage, de cette Face qui pourrait nous apparaître (combien de fois l’ai-je rêvé !), qui pourrait apparaître tout à coup sur ce linge tendu, chaque soir, aux multitudes fascinées, dans tous les cinémas du monde !
(François Mauriac, « Un soir Greta Garbo… » in « Journal (1932-1939) »
Editions de la Table ronde, 1947)

rabat-joie dit: 5 octobre 2017 à 17 h 36 min

« la couche de plâtre et de peinture qui recouvre aujourd’hui le peuple entier des femmes. »
Il serait plus juste de dire ‘la couche de plâtre et de peinture qui recouvre certaines femmes mais certains hommes aussi ‘

JAZZI dit: 5 octobre 2017 à 20 h 33 min

Je craignais le pire et j’ai été heureusement surpris. Jubilatoire, le « Happy end » de Haneke ! Ici, la faute d’amour est que lorsqu’il y a une once d’amour chez les personnages, il est tourné uniquement sur soi. Décapant le Haneke, comme du Thomas Bernhard. L’Autriche chez les bourgeois de Calais. Remarquable couple du grand-père et de la petite-fille, les seuls encore en vie et qui n’ont qu’une obsession : en sortir au plus vite ! Belle leçon de cinéma et de dignité…

christiane dit: 6 octobre 2017 à 7 h 51 min

Pas encore vu le film d’Haneke, la tentation de « Blade Runner 2049″ a été la plus forte. Trente années après celui de Ridley Scott (qui repasse dimanche soir sur Arte), trente années après notre époque. Trois heures de face à face hypnotique avec un écran.
Bien sûr, il ne faut pas raconter le scénario imprévisible sur lequel Denis Villeneuve a construit cette suite. On retrouve un personnage, Deckard, puissant et un peu ailleurs et on découvre un nouveau personnage, K. (clin d’œil à Kafka ?) Ryan Gosling, toujours impassible et séduisant.
Voyage-arrière dans certains films de Villeneuve : « Contact » avec Jodie Foster, « Incendies » pour la quête de l’origine, celle du père. Mais aussi d’autres mémoires : « Pinocchio », David dans « I.A » pour ce désir d’être né d’un humain et non fabriqué.
2h45, cela m’a paru long, très long surtout avec ces basses synthétiques assourdissantes… pas bien entendu le violoncelle !
Étouffant aussi : pas un coin de ciel bleu : un univers de ferraille, de poussière, de brouillard rouge et dense. Une ambiance poisseuse, presque une nuit permanente. Des surprises avec les hologrammes…
Pas d’action vraiment. Une grande sècheresse émotionnelle. Le lyrisme n’y est plus ou presque jusqu’à…
C’est une longue traversée mélancolique d’un monde de solitude, une sorte d’épuisement.
Et pourtant, un son étouffé prend peu à peu l’espace du film. On s’habitue à ces clartés blafardes, à cet univers parfois somptueux. On écoute. Quelque chose de poignant s’insinue. Pluies, neiges et sables deviennent un lieu où l’on rejoint K/Joe dans sa quête mystérieuse. On ne peut pas dire qu’il est entouré de personnages sympathiques sauf l’hologramme amoureux, Joi, interprété par l’émouvante Ana de Armos. Et pourtant, le film s’ouvre à un frémissement sentimental, lyrique. Le miracle a lieu.
Et puis, que de charme à regarder ces vieilles guimbardes un peu rouillées (même une Peugeot) qui sillonnent les villes en béton et les déserts. Drôles d’engins volants un peu désuets et rassurants (mais très…bruyants !).
ce film interroge sur l’humain avec entêtement, ce que nous ne sommes pas prêts à voir disparaître, même imparfait…
(Voilà, Laura, je n’ai rien raconté, juste quelques impressions…)
Heureuse d’avoir affronter ce film et d’en être ressortie méditative mais avec les oreilles en compote !

Art' dit: 6 octobre 2017 à 8 h 33 min

bonjour Anne-Lise Roux.
Le nom fait mégalo sur un blog cinéma, juste le diminutif du prénom.
Etudiant (Sorbonne). Je lis sans participer. Cette fois l’article me fait réagir. Merci pour les billets variés, regard& plume jamais démagos. Vos papiers sont des bijoux critiques ET littéraires. Même vos interventions.
celui-là collector.
question (intéressée): vous dirigez des thèses?

Phil dit: 6 octobre 2017 à 8 h 52 min

Baroz, vous connaissez le goût « rentré » de Mauriac pour l’androgyne. Une belle plume.
Belle voix de gorge de A. Wiazemsky diffusée sur les ondes françaises ces jours-ci pour raconter sa jeunesse bercée de Russes blancs.
Haneke aurait-il fini ses jeux excessifs ? me suis arrêté de le voyurer après ses jeunes hommes insanes meurtiers sans plaisir au bord d’un lac autrichien, bréhaignes échos des décadents viennois qui n’ont plus que l’étoffe d’un Weininger. Jelinek est passée par là, supportée par I. Huppert qui ne manque jamais une occasion d’assassiner le bourgeois.

JAZZI dit: 6 octobre 2017 à 8 h 54 min

Dans le genre biopic, le « Confident Royal » de Stephen Frears m’attire plus que les films prescrits par Annelise cette semaine…

JAZZI dit: 6 octobre 2017 à 9 h 02 min

Mais dans « Happy end » personne n’est épargné, Phil. Les domestiques marocains de la grande famille bourgeoise en prennent aussi pour leur grade. Le film est drôlement grinçant. Avec Trintignant et ses tentatives de suicide toujours ratées, d’où un happy end en forme de pied de nez de Haneke. J’ai ri à gorge déployée à la fin quand la petite Antigone de cette tragédie comique filme la noyade de son grand-père sous l’oeil effaré d’Isabelle Huppert venue à la rescousse de son père. Cette petite sera cinéaste…

JAZZI dit: 6 octobre 2017 à 9 h 21 min

Le film d’Haneke excède, dérange. C’est ça qui est bien. Faut voir l’accueil à Cannes et les papiers scandalisés de la critique des Cahiers à Libé. Après le grand consensus général autour d’ »Amour », que je n’ai pas vu, Haneke frappe un grand coup et tout le monde crie : « Assez ! » Un suicide professionnel du cinéaste qui va avoir du mal à monter son prochain film ?
Là est la dignité de l’artiste, eriksen…

D*** dit: 6 octobre 2017 à 11 h 21 min

Je retire les réserves que j’avais pu exprimer au sujet de ce mystérieux Jazzi. Tout ce qu’il dit me semble frappé au coin du bon sens. Serait-il lui-même cinéaste dans la vie pour avoir une vision aussi fine du septième art?

D*** dit: 6 octobre 2017 à 11 h 25 min

J’avoue m’être laissé influencer par des avis extérieurs. On m’avait dit : Jazzi ? mais c’est celui qui signait jadis Annibal et que tout le monde prenait pour un con fini. Je vois qu’il n’en est rien. Il ne peut pas s’agir de la même personne. On ne peut pas passer ainsi du statut de crétin de base à celui de critique inspiré.

eriksen dit: 6 octobre 2017 à 11 h 50 min

Jazzi, le présupposé d’utilité que vous attribuez à « ce qui excède et dérange » fait partie du dictionnaire des idées reçues du 20e siècle.
Ce n’est plus possible.
D’autre part, il n’y avait pas de consensus autour de Amour: un certain nombre de critique ont dit à l’époque (si je me souviens bien) qu’il n’y avait pas d’amour dans Amour.

Paul Edel dit: 6 octobre 2017 à 12 h 10 min

Taper sur la bourgeoisie au cinéma, Jazzi, n’est pas d’une originalité folle,tu ;e reconnaîtras..c’est même le cliché habituelet si attendu.. .. ça dérange qui ? Ni la bourgeoisie qui ne s’y reconnait pas, ni bien sûr les autres classes sociales, c’est un peu comme les films de gangsters du temps de Pigalle :de l’exotisme, du guignol..
Je préfère le souci d’ un cinéaste comme Jean Grémillon(« Remorques », »lumière d’été ») qui s’intéresse de près à ce qui se passe psychologiquement et socialement autour de la table de la salle à manger en 1943.. et dans le garage de province d’un couple de petits commerçants .
la manière dont Grémillon filme Charles Vanel et Madeleine Renaud ,leurs réactions devant leur fille ou la grand-mère face à ce désir d’évasion t d’héroïsme de la femme, Thérèse, qui ne veut pas rester avec son tablier à la cuisine mais veut voler et abbatre des records de vol avec l’afrrique.…. C’st une étude de province tres fine et qui ne cache pas l’incompréhension de la ville.. écrit et filmé avec quelque chose de nuancé et de généreux, et qui rappelle la position nuancée de Simenon qui écrit sur ce qu’on appelle « les braves gens », avec leurs défauts, leurs peurs, et leurs aveuglements.. Grémillon traite chaque personnage avec un coefficient d’empathie qui manque actuellementdans es films qui traitent de la bourgeoisie. On ne peut pas « imiter » le chamboule- tout fracassant de Thomas Bernhard ou les rages de Jelinek si facilement/.
.

Grémillon nous offre un chef- d’œuvre absolu avec « le ciel est à vous ».je te recommande Jazzi de découvrir ce film.
Je pense, dans un même ordre d’idée, à la manière dont Henri Decoin montre la bourgeoisie dans « la vérité sur bébé Donge » , adapté de Simenon ou « la marie du Port » de Marcel Carné ,à Port en Bessin. Oui, nostalgie.

en passant dit: 6 octobre 2017 à 12 h 37 min

eriksen dit: 6 octobre 2017 à 11 h 50 min
, il n’y avait pas de consensus autour de Amour

sordides le film, le sujet

christiane dit: 6 octobre 2017 à 12 h 38 min

Art’
Oui, il y a tout cela dans ces billets et commentaires d’Annelise Roux. Pour ma part, j’aime assez ce léger flottement, cet espace de jeu qui remet en cause l’illusion de la certitude que l’on a, un temps, de ses jugements et pensées sur le cinéma. Aucun enfermement, impossibilité de fixer son identité, énigmatique. C’est une écriture du risque. Une langue libre, concise, rapide. Rien ne l’enferme dans un jugement prévisible et ces « bourrins » sont extras !
C’est un assaut perpétuel contre les frontières des idées reçues sur fond d’une passion du cinéma. Musique secrète accordée à un temps déchiré. Ça déménage !

JAZZI dit: 6 octobre 2017 à 13 h 29 min

Merci, P. comme Paris. Je viens de regarder « Amour ». c’est intéressant de voir le dytique à l’envers. On ne peut pas parler de suite entre les deux films, mais plutôt d’antinomie. Le différence, l’amour, justement ! Comment peut-on dire qu’il n’y a pas d’amour dans « Amour » ?

eriksen dit: 6 octobre 2017 à 14 h 07 min

Jazzi, je maintiens qu’il n’y a pas d’amour dans Amour. je n’ai plus le film exactement en tête mais voici ce que j’avais noté à l’époque:

Film bien étrange. Au premier abord, une histoire d’amour et de fin de vie, la question de l’euthanasie active.
Mais il y a beaucoup de choses qui ne colle pas à ce schéma. Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, parce que j’avais totalement oublié que le film était d’Haneke, duquel on ne peut attendre une simple histoire d’amour. J’ai vue le film avec l’idée irréfléchi qu’il était de Resnais.
Le personnage féminin n’est pas particulièrement sympathique. Cassante, brutale, entière. Lui est aux petits soins, amoureux ?
C’est Isabelle Huppert qui jette le trouble en campant la fille du couple. Froide, théâtrale, artificielle, sans affection, ni avec ses parents, ni à l’écouter avec ses propres enfants. Comment peut-elle avoir été élevée par ces deux personnages au premier abord très humains ? Mystère. Une scène ou la fille est au lit de la mère et lui parle. Elle ne parle que de maison, d’investissement, d’appartements. La mère tente de lui dire quelques choses mais c’est incomprehensible. On entend « maison »… se plaint t elle de l’égoïsme de sa fille ? Si isabelle Huppert n’arrive pas à prendre la main de sa mère, si les dialogues entre Huppert et Trintignant donnent l’impression que la mère n’est pas la mère d’Isabelle (alors qu’elle l’est), il se fait jour un problème mere/fille très profond, et pour lequel la mère est forcément en grande partie responsable. Quelques remarques cassantes de Trintignant le font voir aussi sous un jour moins reluisant qu’il n’y paraît. Ces deux là semblent avoir vécu dans un cocon froid et égoïste d’intellectuels parisiens. Il est à parier que leur fille fut privée d’une affection maternelle et peut-être bien mais à un moindre degré de l’affection paternelle. Certes Huppert « joue » la fille qui veut faire quelque chose pour ses parents, amener sa mère à l’hopital, la sauver, alors qu’elle la déteste ou presque. Trintignant, devant cette attitude, lui dit « mais pour qui tu te prends ? qui tu es pour venir dire ce qu’il faut que l’on fasse ? ». Une phrase d’une violence extrème quand elle est dite à une fille par un père au sujet d’une mère. On comprend le pourquoi de cette phrase. Elle est parfaitement justifiée eu égard à l’attitude d’Huppert. Mais comment a t on pu en arriver là ? qui est mieux placé pour aider ses parents que leur fille ?
Ce film s’appelle amour, mais il suinte l’absence d’amour. Et ce serait bien du Haneke de nous présenter un leurre pareil.

Hanneke a l’habitude de questionner dans ses films les lourdes histoires de famille et de relation parent/enfant (ruban blanc, caché, benny’s vidéo, la pianiste), l’enfermement (7e continent, caché), le meurtre ou le suicide (ruban blanc, 7e continent, benny’s vidéo, 71 fragments, caché). l’homme joué par JLT est dans le mensonge et il nous entraine dedans. IL s’inquiète joliment pour elle mais il joue.
MH récolte une 2e palme avec le même procédé. Un leurre pour satisfaire les journalistes (l’amour pour Amour, l’origine du nazisme pour le Ruban blanc) mais en creux, un film terrible et accusateur au même titre que ses autres films.

JAZZI dit: 6 octobre 2017 à 14 h 20 min

Ceux qui ne voient dans « Happy end » qu’un prétexte à taper sur la bourgeoisie n’ont pas vu le film ou n’y ont rien compris. De ce fait, la comparaison avec Bunuel n’a pas lieu d’être. C’est l’humanité tout entière qui en prend pour son grade : la veulerie du concierge marocain n’est pas piquée des hannetons ! Et ici, une fois n’est pas coutume, les migrants calaisiens font uniquement de la figuration. Les indigènes ont la vedette. Contrairement à l’image de Calais dont nous abreuve la télé. D’où les pincements de nez et les haut le coeur des représentants de la bien pensance. Dans le film, trois personnages s’en sortent avec les honneurs : le grand-père, la petite-fille et… le chien, gros chien de garde pleutre, qui au lieu de s’attaquer aux méchants mord l’innocente fillette des gardiens, que l’on achète avec une boite de chocolats, sous l’oeil complice des parents. De même que la famille de l’ouvrier mort sur le chantier se laisse acheter par un chèque de 35 000 euros par l’entreprise dont Isabelle Huppert est la patronne. Spectaculaire scène de l’écroulement du terrain sur le chantier. Géniales scènes intimes filmées par la petite fille avec son smartphone, qui nous donne à voir ce que généralement l’on cache… Superbe utilisation des nouveaux moyens de communication par ordinateur, tels les amours de Mathieu Kassovitz avec sa maitresse violoncelliste. Grand film. Après la thèse et l’antithèse, une synthèse est-elle possible et le diptyque devenir triptyque ?

JAZZI dit: 6 octobre 2017 à 14 h 45 min

Inutile d’aller chercher quelques raisons dans un pseudo conflit oedipien, eriksen. Pratiquement tout le monde à recours à l’hôpital ou aux autres institutions publiques ou privées pour placer leurs parents en fin de vie. La mère n’était pas cassante ni dure quand elle était en bonne santé. Elle le devient avec la fin inéluctable qui s’annonce et qu’elle ressent comme une humiliation, ce que l’on peut comprendre, et dont elle veut épargner la vision aux autres. Après avoir fait promettre à son mari de ne plus permettre qu’elle retourne à l’hôpital, elle lui demande de l’aider à partir au plus vite. « Amour » est bien un film d’amour avec un grand A. Et les deux comédiens y sont admirables.

P. comme Paris dit: 6 octobre 2017 à 14 h 57 min

Prendre deux heures pour expliquer une « brève » de journal régional de quatre lignes…
J’ai quitté le film au bout d’une demie-heure.
Tout était déjà terminé avec l’insistant :
« Promets-moi de ne pas me ramener à l’hôpital! ».
La suite : ce que subodore le cinéaste Austro-allemand Michael Haneke ne m’intéresse pas.

Art' dit: 6 octobre 2017 à 15 h 23 min

Madame Roux,
puis-je vous adresser une demande d’amis facebook que vous agréerez ?Je voudrais vous exposer mon sujet en mp.
Pistes : De « l’écriture à exploration constellaire » (surpris que quelqu’un parle ici d’un acteur « cométeux », même galaxie) vs fonte d’une écriture qui a abandonné sa fonction aventureuse, troquée contre une « prétention » confisquante dont le talent est basculé dans le mauvais sens (c’est le journaliste qui fait l’écrivain au lieu de faire du journalisme une extension aventureuse de la littérature/domaine parallèle dédié à la découverte).
Vous renouvelez les DEUX. Pouvons-nous correspondre par mail?

Art.N.

D*** dit: 6 octobre 2017 à 15 h 31 min

Ecoutez, Art, vous commencez à nous casser les pieds, à nous briser les glaouis dirait Jazzi. Anne-Lise à autre chose à faire qu’à se pencher sur les cas psychosociaux.
Adressez-vous plutôt à J.D., il adore ça et, à l’en croire, il dispose d’un carnet d’adresses formidable.

D*** dit: 6 octobre 2017 à 15 h 34 min

« De « l’écriture à exploration constellaire » (surpris que quelqu’un parle ici d’un acteur « cométeux », même galaxie) vs fonte d’une écriture qui a abandonné sa fonction aventureuse, troquée contre une « prétention » confisquante dont le talent est basculé dans le mauvais sens »
Qu’est-ce que c’est que ce charabia ?

Art' dit: 6 octobre 2017 à 15 h 55 min

?
Je ne m’adresse pas à vous. Vous me faites un remake de marina abramovic, »rythm 2″ (1974)avec les pills?
@ALR
Blade runner, l’original,culte.Quand on a demandé à gosling ce qu’ils ont en commun avec Harrison ford, il a répondu « on aime tous les deux les chiens ». « Star quality ».

christiane dit: 6 octobre 2017 à 17 h 36 min

Jazzi,
vu « Happy end ». Beaucoup aimé pour différentes raisons. Te donne raison : ce n’est pas un film de plus sur la bourgeoisie. C’est autre chose et c’est passionnant.
Aimé la force terrible de Trintignant. Sa parole est nette et coupante comme son visage, taillée au scalpel. Beau duo avec la gamine qui, déjà, connait l’inquiétante étrangeté du mal. Animaux, humains, vie privée de son père, tout lui est terrain d’expérimentation puisqu’il y a la place en elle, faute d’amour… Isabelle Huppert est moins dure que dans ses autres rôles, pétrie d’indifférence sauf pour son fils. Le couple de gardiens, tu l’as bien ciblé.
Je voulais voir Trintignant, surtout après « Amour ». la mort de sa femme lie les deux films. Il est superbe et complémentaire dans ce film : quel acteur ! Le final est grandiose. Oui, « Amour » est un film d’amour avec un grand A.
Mathieu Kassovitz est très subtil dans sa nage entre deux eaux… Enfin, il y aurait tant à partager sur ces deux films d’Haneke. Vraiment un grand cinéaste qui sait dénicher de sacrés acteurs. Merci d’en avoir si bien parlé.

eriksen dit: 6 octobre 2017 à 19 h 28 min

Jazzi : Vraiment la famille d’Amour ne vous semble pas dysfonctionnelle ? Vous m’étonnez.
Par ailleurs, étouffer sa femme n’est pas banal vous en conviendrez… que JLT le fasse dans les deux films, ne suggére-t-il pas qu’ils sont les mêmes ?
Or si on peut peut-être croire à l’amour dans Amour, dans Happy End cela devient compliqué. Haneke ne se cache plus, et montre du doigt des cartes qu’il avait posé il y a très longtemps dans ses premiers films et que d’aucuns avaient oublié dans un coin.
Je suis d’accord avec ce que vous dites sur Happy End. Haneke ne se contente pas de régler son compte à la bourgeoisie, tellement dégénérée qu’il n’y aurait qu’à attendre , il vise au moins l’occident sinon l’humanité toute entière, en bon misanthrope.

Paul Edel dit: 6 octobre 2017 à 20 h 13 min

Ce qui me frappe chez Haneke, ( je n’ai vu que « le ruban blanc ») ..c’est qu’il fait avec ténacité l’épopée de la violence dans une petite ville dr’alemagne du nord.. des années précédents 1914. chez ces êtres civilisés,la violence est soutenue et entreneue par le protestantisle . Médecins, pasteurs, barons, paysans,etc tous crapuleux,hypocrites……tous dans le même sac,bal des hyporcites .. Haneke fait du Chabrol retrospectif sur une société qu’il n’a pas connu et dans laquelle il projette ses hantises d’autrichien marqué par le nazisme et le catholocisme autrichien.. dommage qu’un tel anachronisme déforme tout.. d’autnt que les plans, l’image , la photo,les comediens.. sont exceptionnels. le romancier Fontane,sorte de Flaubert de Allemagne du nord, qui a vécu dans cette société d’allemagne du nord..ne dit pas du tout la même chose..

JAZZI dit: 6 octobre 2017 à 20 h 20 min

« étouffer sa femme n’est pas banal vous en conviendrez… que JLT le fasse dans les deux films, ne suggére-t-il pas qu’ils sont les mêmes ? »

Pas banal, en effet, eriksen. Mais en l’occurrence c’est la solution apportée dans un cas extrême. Qu’aurions nous fait ? Dans les deux films ils ont même le même nom : Laurent. Il y a une continuité des personnages mais dans des situations et des cadres différents : la bourgeoisie intellectuelle parisienne dans « Amour » et la bourgeoisie industrielle de province dans « Happy end ». Et le premier film est tout entier centré sur le huis-clos du couple. D’ailleurs, dans « Amour » on ne sait pas très bien ce que devient Trintignant à la fin. C’est le même et pas le même Trintignant que l’on retrouve donc dans « Happy end ». Un Trintignant totalement désenchanté, vidé d’amour, qui se rend compte qu’il y a encore une dose d’humanité uniquement chez sa petite-fille et qu’il va pouvoir s’en servir pour atteindre son but…

eriksen dit: 6 octobre 2017 à 20 h 56 min

Jazzi: Et bien nous v’la bien… si la relevé de l’humanité c’est la petite fille…
P. Edel: d’accord avec vous sur tout.
Dans cette société protestante rigoriste, l’éducation est culpabilisante et stricte, mais les adultes pour la plupart ne sont pas à la hauteur de ce qu’ils exigent de leurs enfants.
Le ruban blanc, à la fois signe de pureté et punition (rapport avec la fleur de Lys ?), fait de l’enfant puni un acteur de la pureté.
De la à devenir ange exterminateur… il n’y a qu’un pas.
Haneke avait failli appeler le film la « Main droite de Dieu ».
Une inspiratrice du Ruban blanc fut pour Haneke la rencontre avec Ulricha Meinhof, Fille de pasteur.

En conclure que c’est la cause du Nazisme est un peu rapide et ce n’était à mon avis pas le propos d’Haneke

JAZZI dit: 6 octobre 2017 à 20 h 57 min

Ravi que le film t’ait plu Christiane. J’aurais parié le contraire ! Sais-tu de quel peintre sont les superbes paysages insérés dans « Amour » et qui nous donnent une grande respiration dans ce huis-clos étouffant ?

JAZZI dit: 6 octobre 2017 à 22 h 09 min

Paul Edel, merci pour tes recommandations, mais le cinéma d’avant, de pendant et d’après guerre je le connais assez bien. Grémillon, Deooin, Autant-Lara, Carné, Marcel Lherbier et tant d’autres je les ai vu pour la plupart dans les salles du quartierLatin. Etudiant à Paris, j’étais plus assidu chaque soir à la cinémathèque que le jour sur les bancs de la fac de Droit d’Assas.
Tiens, un petit cadeau, celui-là de Jacques Becker, que j’aime tout particulièrement !
https://vimeo.com/87248986

christiane dit: 6 octobre 2017 à 22 h 25 min

Ces tableaux, Jacques, me reviennent mais c’est très flou. Je n’ai jamais revu ce film depuis sa sortie… il me semble que ce sont des paysages poétiques, romantiques, de la peinture hollandaise du dix-septième siècle. Ruysdael ? Rembrandt ? âpres et sauvages, ciels orageux et lumineux, amples aussi, ouverts, vides (forêts, plages, mer).
Je revois une des plus belles scènes du film. Georges raconte à Anne un souvenir d’enfance en lui caressant la main tendrement pour apaiser sa souffrance (juste avant la mort). Une telle relation de confiance, de liberté dans leur amour fou et leur intimité, bouleversant et sans pathos. Comment lui faire oublier un instant ce terrible avilissement qu’elle vit sous les yeux de l’être aimé, le compagnon de toute une vie ? C’est un geste d’une grande tendresse, très pudique. Comment gérer la souffrance de ceux qu’on aime ?
Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva au sommet de leur art et parfaitement consentant aux rôles difficiles que leur avait proposé Haneke.

JAZZI dit: 6 octobre 2017 à 22 h 39 min

Oui, Christiane, ces paysages romantiques superbes, sont ceux-là mêmes qui décorent l’appartement du film, reconstitué en studio d’après celui des parents d’Haneke en Autriche. Ils ne sont pas mentionnés au générique, contrairement à la musique, essentiellement de Schubert. Il lui raconte que pour l’aguerrir ses parents l’avaient envoyé en colonie de vacances à dix ans. Si tout ce passait bien, il avait convenu avec sa mère qu’il lui enverrait des cartes postales où il dessinerait des soleils. Dans le cas contraire, des étoiles. Ses cartes, alors, étaient recouvertes d’étoiles…

P. comme Paris dit: 6 octobre 2017 à 23 h 53 min

M’enfin,
toujours pareil :
6 millions de juifs partis en fumée.
Haneke ou pas Haneke!

Ah: les Austro-allemands.

P. comme Paris dit: 7 octobre 2017 à 0 h 16 min

Jazzy : trop facile
« étouffer sa femme n’est pas banal vous en conviendrez… que JLT le fasse dans les deux films, ne suggére-t-il pas qu’ils sont les mêmes ? »

Il existe un film japonais où l’on parle de l’après : Un croquemort qui soigneusement ensevelis le corps dans un pliage traditionnel du linceul qui dure plus d’un quart-d’heure.
Ce film m’a réconcilié avec la mort de mes proches.

Comment un Austro-allemand va_t’il vous réconcilier avec vos morts ?

radioscopie dit: 7 octobre 2017 à 6 h 17 min

Syllogisme du jour :
Marina Abramovic pense que l’art ne doit pas être dérangeant.
Le cinéma de Michael Haneke dérange.
Donc Haneke n’est pas un artiste.

Paul Edel dit: 7 octobre 2017 à 8 h 03 min

Merci Jazzi pour « Edouard et Caroline », toujours exquis à revoir. connais- tu cette « Rue de l’Estrapade »,avec Daniel Gelin et Anne Vernon , tournée par Becker deux ans aprés « Edouard et Caroline? » un film qui a pour sujet une histoire d’infidélité et de garçonnière louée rue de l’Estrapade.., Becker, avec une grande audace , brise toute construction dramatique traditionnelle en précurseur de la « Nouvelle Vague » . Becker avouait un jour à un journaliste du magazine Arrts de 1953:  » les sujets ne m’intéressent pas en tant que sujets.L’histoire,l’anecdote, m’importent un peu plus,mais ne me passionne nullement.Seuls les personnages de mes histoires(et qui deviendront MES personnages m’obsèdent au point d’y penser sans cesse. »étonnant pour l’époque.

Sylvain dit: 7 octobre 2017 à 8 h 35 min

Amour et Ruban Blanc,grands chocs.

Je ne vois pas quelles réserves de Paul E?

H donne sa version d’artiste.

Pardon pour la transition:vous avez vu,Annelise?Cantat revient pour parler du brexit.

ça faisait longtemps qu’il ne nous avait pas bassinés.

Cluzet aurait mieux fait de le traiter d’éculé.

Bon chanteur.à par ça ,qu’il la boucle!

christiane dit: 7 octobre 2017 à 8 h 38 min

Retour sur « Amour ».
Oui, Jazzi, ces paysages d’une grande beauté tranquille permettent durant de courts instants d’échapper à l’émotion insoutenable, sauf à la fin du film. Là, ils sont vides comme les plans fixes sur l’appartement vide où marche silencieusement leur fille. Marche silencieuse. Elle s’assoie sur le fauteuil habituel, face à l’autre, vide… La présence des deux absents est pesante. Et c’est le grand silence qui accompagne le générique sur fond noir.
Je me souviens aussi de leur retour complice dans le bus qui les ramène du concert (Ils sont serrés l’un contre l’autre. On sent l’habitude qu’ils ont l’un de l’autre. Autobus symbolique ?) et de leur effarement quand ils trouvent la porte de leur appartement fracturée. Une tentative de profanation qui n’a pas abouti mais qui semble avoir laissé le malheur s’introduire chez eux. Ils vont entrer dans le domaine de la mort…
Dans un des derniers plans du film, elle termine la vaisselle, il met ses chaussures sur son conseil. Elle s’étonne qu’il ne prenne pas son manteau. Lui, l’aide à enfiler le sien. Les portes innombrables de ce bel appartement haussmannien où se jouait ce huis-clos, si souvent refermées, s’ouvrent en cette séquence symbolique. Ils sortent. Ils repassent le seuil… Ils sont libres.
La porte n’est plus fracturée. L’appartement est propre, clair, rangé. Ce sont les derniers de ces petits gestes pleins de tendresse qui ont émaillé le film – sans oublier l’agressivité également présente…
Avant, il avait écrit une lettre où il disait avoir attrapé le pigeon et l’avoir remis en liberté (on ne connait pas le destinataire)… Il s’était réchauffé à sa présence douce roucoulant dans la couverture avec laquelle il l’avait capturé.
Puis il disparait… Était-il réel ? Était-il une hallucination ?
Moi aussi, je fais un flash-back avec ma mémoire estompée.
Aucune froideur chez Haneke mais pas de sentimentalisme, pas d’épanchement. Ni un film expressionniste, ni un documentaire clinique, c’est un contre-point, un film souvent délicat et sensible, toujours juste mais aussi d’une grande violence. Je l’ai regardé avec gravité et respect mais je n’ai pu revoir cet « amour » d’une fin de vie…

D*** dit: 7 octobre 2017 à 9 h 37 min

JAZZI dit: 6 octobre 2017 à 20 h 20 min
Dans les deux films ils ont même le même nom : Laurent.

Chez Haneke, on s’appelle Laurent de film en film, voir « Caché », entre autres. C’est que le nom de Laurent a une connotation particulière en Autriche, enfin à Vienne plus exactement.

JAZZI dit: 7 octobre 2017 à 9 h 53 min

Genin en petite culotte est hilarant, Paul, mais les dessous d’Anne Vernon sont audacieux pour l’époque ! Grande modernité des personnages de Becker, en effet. Bobos avant l’heure…

P. comme Paris dit: 7 octobre 2017 à 23 h 28 min

« Qu’on ne croie pas que je pourrais critiquer les chevaux. »

On nait chevalier, ou on ne l’est pas. (._).

D*** dit: 8 octobre 2017 à 15 h 38 min

Jazzi, pour votre gouverne, la « metropolitana » de Naples date de 1925. Ce n’était pas le métro actuel, mais un réseau ferroviaire urbain qu’on appelait la metropolitana.
Je vous le dis ici parce que je ne peux pas poster à la République des livres où tous mes envois partent dans les cintres pour y finir en attente d’adoration.
(Preuve que le D. qui signe là-bas n’est pas moi.)

D*** dit: 8 octobre 2017 à 15 h 43 min

hop là, mon post vient de sortir des limbes à la Rdl.
C’est tant mieux parce que l’auteure est une amie personnelle et les calomnies que vous répandez sur elle avec zerbinette commençaient à peser sur ma conscience.

Annelise dit: 8 octobre 2017 à 17 h 43 min

Personne pour le Denis Villeneuve?
Eriksen avait donné une remarquable recension à l’époque de « Premier contact ». Le Blade initial repassant ce soir sur Arte, peut-être fourbissez-vs vos armes pour en parler bientot… sur le nveau billet qui parait demain, à propos d’un film qui sera en salles mercredi

D***** dit: 8 octobre 2017 à 17 h 46 min

Ce soir sur Arte ? Impossible, le dimanche soir c’est Les Enquêtes de Murchoch sur la 3. Bien meilleur, dirait Jazzi, et il n’aurait pas tort.

Annelise dit: 8 octobre 2017 à 17 h 48 min

La recension du Danish boy s’appuyant en particulier sur une fine analyse, de nbreux reports renvoyant au livre de Ted Chiang, né à Port Jefferson en 1967, Etat de NY, travaillant actuellement ds « l’industrie informatique » & auteur de « La Tour de Babylone » (Folio SF) dont Villeneuve s’est inspiré pour son précédent opus

Annelise dit: 8 octobre 2017 à 17 h 53 min

Hélas, D.. vs venez de perdre à 17h46 une étoile que vs vs étiez auto-octroyée, j’ai b vu, certes soutenu ds cette folie « palace » par un Jazzi plein de libéralité

Phil dit: 8 octobre 2017 à 20 h 52 min

Rue de l’estrapade (une torture, pas une sorte d’escapade), excellent couturier inverti joué par Jean Servais, rare à cette époque, 53. Becker, fils d’une modiste anglaise s’y connait, mais pas sectaire: dans « Falbalas » les beaux hommes n’aiment que les belles femmes. Il faut en avoir connu pour en parler, des couturiers comme des Autrichiens.
« il parait » que le Villeneuve vaut largement (2heures30) la voyure.

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