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La République Du Cinéma

La prunelle de (leurs) yeux : Olivier Assayas/Mia HL, Axelle Ropert/Serge Bozon, Kooples en cinéma

Par Annelise Roux

Olivier Assayas, « Personal Shopper »… Un prix de la Mise en scène à Cannes, ex aequo avec le Roumain Cristian Mungiu. Kristen Stewart, Lars Eidinger, Anders Danielsen Lie dans un glissement spirite : Maureen choisit les vêtements d’une célébrité – en soi déjà un travail de dissociation qui ressortit à habiller au sens propre l’identité d’un(e) autre – pendant que l’assaillent par la bande des manifestations de Lewis, son jumeau disparu. «Je veux un signe. Donne-moi plus». L’eau dans la baignoire. Elle reçoit des messages sur son portable, ne veut plus décrocher de la veine.
L’idée de la duplication éthérée, du double astral, sosie, frère du précédent comme dirait Vincent Van Gogh né juste un an après le premier du nom ou J.B Pontalis, de la part dérobée manquante, purement projective peut-être (« Solaris » chez Tarkovski), sans être un thème nouveau, est riche de questionnement sur l’absence et les apparences, le pourtour du soi, l’émanation endogène de notre propre esprit (le dérangement côtoyant la supra lucidité, mais cela n’est pas sûr qu’il y ait dérangement, au contraire, peut-être le désordre apparent avant harmonie) ou l’accession à un infra monde.
M’étant intéressée il y a des années aux symboles sous la houlette d’Alain Gheerbrant (éditeur notamment d’Artaud, de Péret, Bataille, Césaire, explorateur en Amazonie, auteur d’un «Dictionnaire des symboles» avec Jean Chevalier chez Robert Laffont/Bouquins) à l’interprétation des tarots, aux superstitions archaïques, au côté chamanique, « voyant », des poètes, l’ésotérisme étant pris comme poésie fragile, susceptible donc d’être examiné comme tel – certainement pas tenu pour science exacte, une religion ni un manuel de vie sectaire à pertinence établie par décret – née de surcroît un 26 février, comme Victor Hugo qui après la mort de Léopoldine faisait tourner les tables demain, dès l’aube, et qui est très présent dans le film – j’avais été interloquée d’apprendre que le signe astrologique des Poissons symbolise ceci : la double complétude attachée tête-bêche en forme de tàiji tù, sigle du Yin et du Yang dans la philosophie chinoise, réputée viser au ralliement cosmique (le grand océan), instrument de Révélation (la Chance, en Chine, Dieu de l’amour en sanskrit), signe chrétien, extrêmement syncrétiste à la fois, de la restauration cyclique joyeuse, des nourritures terrestres (Dieu du Maïs chez les Indiens d’Amérique centrale), de la multiplication et de la réunion karmique observable au fronton des cathédrales comme dans l’ancienne Asie mineure, associé au losange (rhombe, symbole féminin par excellence, suggérant le passage initiatique, la porte secrète qui figure le contact entre le ciel et la terre ou l’union sexuelle… au Mexique, la jupe de Chalchiutlicue, déesse des eaux douces, épouse du puissant Tatloc en est parée)…
On n’est pas forcé d’en tenir compte. Quand même, si l’on est un peu attentif dès le générique on trouvera à se réjouir avec le nom de la société créée par Barbet Schroeder et Eric Rohmer : les films du… Le feraient-ils exprès? Nous referait-on le coup de la psychanalyse appliquée à la sémantique, Godard énonçant avoir mal au genou (je-nous) en plein marasme conjugal? Un ami, ex de Positif n’en est toujours pas revenu ! Nul désir indiscret de me plonger dans le thème astral d’Olivier Assayas. Je ne m’y risquerais pas pour tenter d’expliciter où il est allé pêcher sa louable passion pour Bruce Lee – Dieu sait pourtant combien je mords à l’hameçon dès qu’il s’agit de Tang Lung «China dragon» et de Chuck « Colt» Norris au Colisée – mais avec « Personal Shopper », plaçant le fantastique dans l’intériorité privée d’équilibre, renouant avec une manière de film de genre initiée avec «Irma Vep » ( l’ex Bella de «Twilight» à ce titre fait particulièrement sens pour passer le témoin vampirique) il y a vingt ans, il forge un curieux objet.
Sa critique du matérialisme d’époque siglé plein pot, prétexte à allitérations sur genres, le fantastique, le thriller, à explorer d’encore plus près Kristen Stewart qu’il ne l’avait fait avec «Sils Maria»? Ça donne quoi, en images? Il filme fort bien le léger immobilisme de son visage de pythie à moitié endormie aux adorables dents de marmotte…ce côté Belphégor au Louvre de la grande maison où elle attend le contact, luttant contre l’empire de Chanel, Hermès et Dries van Noten…
Chichiteux, boursouflé ? Comme Jean-Luc G., si farceur sur le fond lorsqu’il ne décompense pas à Capri au sommet de la villa de Malaparte ou fait sautiller Belmondo en bleu, pourquoi ne pas parier sur le fait qu’Assayas puisse en avoir sous le nunchaku? Parlez-moi de lui, il ne parle que d’elle. La gémellité a souvent donné lieu à des déclinaisons comiques, quiproquos de boulevard dont Assayas s’écarte. Pour bien me représenter les combinaisons, frère/frère, soeur/soeur, frère/soeur, homo, ou hétérozygotes et en cotoyer au quotidien de longue date, je dois reconnaître que le film d’Ivan Reitman, «Twins», Arnold Schwarzenegger vs Danny De Vito n’était pas si injouable. En tête, ces jumelles dont l’une est une fois et demie comme l’autre. Ou, autre couple en fratrie : pas sûre, si l’on mettait une perruque au frère correctement rasé de le distinguer de sa soeur. Mais comme ça, en surface… En réalité ils se distinguent très bien, quand on serait susceptible de confondre deux frères proches en traits et ultra complices ayant dix-huit mois d’écart !
Contre-exemple majeur au ton enjoué – je ne reverrais pas le film en échange de cinquante mille dollars (version originale du manuscrit, s’entend), néanmoins Mister Crash donnait là une version très intelligente, ordinairement malsaine et tourmentée chez lui de la partition identitaire – Cronenberg… L’érotisme perturbateur luttant contre la morbidité (sauf que l’idée du phénix chez l’auteur de «La Mouche» et de «Faux-Semblants» passe par la décrépitude, la violence sur la chair, la mutilation et le pourrissement, au lieu d’être transformatrice sous un versant solaire). La femme incapable de se perpétuer par complexion qui initie la scission, réceptacle accueillant et redouté de la sève venue de l’extérieur… Comme si l’anatomie peinant à enfanter donnait libre place à l’occupation sexuée de l’homme, une dévolution au pur plaisir : cet emboîtement complémentaire, parfait, immuable et en perpétuel mouvement que représente le tàiji tú
Alors que, n’en déplaise aux frères cronenbergiens : même issue d’un même oeuf, chaque personne a des contours scindés dès expulsion au monde hors de la mère. L’illusion de l’interchangeable, de la fusion qui peut-être entretenue pour diverses raisons, un leurre. Cette irréductible beauté de l’être distinct est posée d’emblée, et demeurera toujours. La pure biologie dont parler avec des médecins experts, circonstanciée, renseigne autant qu’elle égare… Des correspondances souterraines, filins génético-psycho-affectifs troublants, mais pas plus que le mimétisme éducatif qui va faire qu’un fils adoptif qui n’est génétiquement pas du père va se mettre par exemple à épouser ses traits physiques, à force d’échange affectif et de mise en réseau de synapses étalonnée. L’humanité continue souvent d’avoir une main assez simple là-dessus.
Le thème du fantôme chez Assayas est séduisant car il profite de la flexibilité pour y glisser ses réflexions, une quête de formes. Intello? Il tente de faire précipiter l’ectoplasme grâce à un attirail complexe alors que chez Dreyer, une lune, un carreau… Le halo captivé doucement, qui ondoie et se rend. ..Foi de Fandor, trop tard, alors que « Nadja » m’a tellement collé à la peau, il n’y a pas que Breton pour la capture des âmes errantes : j’ai déjà aimé le cinéma posh du réalisateur, ciselé comme ses traits répartis sur une palette « gris » (yeux enfoncés, vifs, inquiets, cheveux, sourcils écartés en ailes de papillon), élégants, un peu trop fins sans doute, emberlificotés, sensibles et flottants… Je l’aime au présent en son dernier film pour sa part expérimentale, sa volonté d’entrer dans la chambre à écho en évitant de devenir sourd au fuyant, ou à l’évanescent, ou fou (l’ombre annonciatrice et les miroirs qui dupliquent tout chez Cronenberg). Je l’aimerai sans doute encore au futur.
Sans risque d’être attirée sur les terres de Gala, Voici ni de la vie privée, parlant toujours de dualité, il est d’ailleurs des mises en abyme d’oeuvres de couples de cinéma notoires qui sautent aux yeux : je repense à mon hypnose autour de « L’Avenir » de Mia Hansen-Løve (sa compagne à l’époque, blonde, regard diaphane – sans garantie pour le « suivi matrimonial », autour duquel je ne fais aucun effort pour me tenir à la page) ?
Ce film avec Isabelle Huppert, André Marcon, Roman Kolinka où elle lâchait son chat dans la nature, pleurait seule dans une chambre en plein Vercors… cérébral et sensuel, plus circonscrit dans le réel, ou circonscrit tout court, que celui du compagnon, du mari… Singulier de voir comment la création se répond « en couple » ? Je ne parle pas « d’influences », de Gena Cassavetes et de John Rowlands mais de points de jonction et d’intersection, retranchements affirmés ou dépassés, périmètres explorés par l’un, délaissés ou vidés par l’autre… Émouvant à constater. Étant pour la paix des ménages, évitons la distribution de notes :
Olivier Assayas, « Personal Shopper » – 8,5/10
Mia Hansen-Løve, « L’Avenir » – 9/10
Ou,
Arthur Harari « Diamant noir » – 9/10
Justine Triet (elle qui a fait mention dans une itw du lien avec le jeune prodige de Beaune) « Victoria » – 8/10
Il ne s’agit pas tant d’une mise en concurrence absurde, plutôt ravageuse au sein d’une conjugalité plus ou moins avérée qui derrière le rideau se tirerait la bourre que d’observer la répartition fluide, l’effet miroir en creux, le balancement naturel d’inspirations liées par une sorte de principe des vases communicants… l’économie du couple libérant énergie, étendue au cinéma. Justine Triet avait investi avec Virginie Efira (sur laquelle on pourrait ouvrir une nouvelle niche via les activités de Mabrouk El Mechri, auteur de «JCVD » dont elle partage la vie, qu’on lui souhaite aware) un personnage de célibataire à la Cukor pendant que Harari donnait son opus assez dur, aux couleurs de Soutine, chez les diamantaires à Anvers.

Axelle Ropert, critique cinéma, scénariste, (« La prunelle de mes yeux ») travaille avec Serge Bozon, le père de ses enfants. Commençons par des salutations posthumes à Humbert Balsan, producteur entre autres de Youssef Chahine, Arcachonnais, auquel Mia Hansen-Løve pour décidément faire boucle avait consacré un biopic éponyme retenu des plus réussis (Louis-Do de Lencquesaing dans le rôle titre).
L’avantage de la critique journalistique est le déplacement entier à côté du terrain intime et à part lui. Signant une chronique, je peux espérer ou souhaiter mettre en circuit vers l’extérieur une singularité en partage, je n’ambitionne certainement pas d’être « personnelle ». Quand je désire l’être, j’envoie une… lettre. La coïncidence sémantique entre les deux termes me va bien pour dire la sphère privée, où je retiens ce que je ne veux vivre qu’en échange dual, protégée par le secret. Je peux donc déclarer sans implication dans ces colonnes à Axelle Ropert être sous le charme de sa moitié, Serge Bozon. Elle ne m’en tiendra pas rigueur. Acteur, pongiste, prof de philo, chercheur en logique mathématique : je goûte son air de téléphone à ligne suspendue pour impayés… Le film en lui-même (Mélanie Bernier/Bastien Bouillon) manque de fil rouge et de structure en pensant que laisser filer le navire vers l’improbable et l’ubuesque permet fatalement de rencontrer la fantaisie –  ce qui n’est pas toujours vrai.
Tant pis, dans ces cas-là, il ne faut pas hésiter à aller puiser dans les détails, se laisser bercer par la brise légère du film en se disant qu’elle contient en ferments des éléments qu’on retrouvera tôt ou tard dans un film à venir, mieux maîtrisé… Bozon, Mélanie Bernier mais aussi Swann Arlaud en émergent. Je préfèrerais toujours un travail avec des défauts, porteur d’une idée, à des objets calibrés, séductions comme il faut ou contre-discours démagogues selon opportunités. On peut prendre plaisir au badinage amoureux inspiré de la tradition hollywoodienne entre Theo, petit-fils de la grande prêtresse du rebetico, musique grecque lancinante qui finit par se prétendre non-voyant, et Elise, son contraste en musicienne classique tâtonnant dans sa nuit rétinienne.

En vous souhaitant une bonne vacance jusqu’à 2017, voir(e) plus : «Diamond Island» de Davy Chou, «Hedi, un vent de liberté» de Mohamed ben Attia et le beau film documentaire de Viviane Candas,«Algérie du possible».
Je vous voeux de belles choses.

« Personal Shopper » d’Olivier Assayas
« La prunelle de mes yeux » d’Axelle Ropert   

 

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commentaires

31 Réponses pour La prunelle de (leurs) yeux : Olivier Assayas/Mia HL, Axelle Ropert/Serge Bozon, Kooples en cinéma

Sylvain dit: 20 décembre 2016 à 9 h 01 min

Ha ha haha….
« Assayas fan de Bruce Lee »

non.Pas plus que vous êtes fan de Chuck norris (pourquoi le Colisée?)

Sinon ,p… de papier!

Widergänger dit: 20 décembre 2016 à 12 h 07 min

Moi-même je communique avec les esprits qui m’envoient des signes. La question posée dans le film c’est : Comment sait-on que ce sont des signes ? Eh bien, on ne le sait pas. Il faut être attentif à ce qui se passe dans sa vie, les signes sont là, il suffit de les lire. Ma mère m’a envoyé des signes, ma grand-mère morte à Auschwitz. Mes ancêtres de Pologne quand je suis allé les voir en Pologne m’ont adressé des signes, mes ancêtres de Russie quand je suis allé les voir à Pskov.

Alors on me dira bien sûr que tout ça c’est de la foutaise. Question de croyance. Pas si sûr ! Les développements récents de la mécanique quantique invite à penser que nous sommes tous reliés à une grande conscience universelle à laquelle on a accès après la mort. La physique quantique est en train de devenir une physique de la conscience et de l’information avec des phénomènes déjà expérimentés par de grands physiciens dans le monde, les têtes pensantes de la physique contemporaine mondiale, comme la double causalité qui suppose une rétroaction de l’effet sur la cause qui modifie le passé et permet de choisir des lignes de l’espace-temps selon notre conscience et notre désir. On est en plein dans la philosophie de Spinoza.

Les avancées les plus contemporaines de la physique expérimentale et théorique débouchent ainsi sur une nouvelle spiritualité universelle où nous pourrons communiquer avec les esprits de nos ancêtres, produire notre futur par la puissance de notre désir et de notre conscience.

Au départ n’était pas la matière mais l’esprit. La matière est née de l’esprit comme le bozon de Higgs naît du vide quantique. Le temps, l’espace, la matière, la gravitation ne sont que des hologrammes de l’espace-temps. Dans les confins ultimes de la matière, en dessous de la fameuse distance de Plank (10 puissance -35 = 0, (35 zéros) 1), il n’y a ni espace ni temps, ni gravitation, ni matière. Autrement dit, l’espace, le temps, la matière n’existent pas. Il n’y a que l’esprit, d’aucuns diraient Dieu.

J.D dit: 20 décembre 2016 à 12 h 24 min

Des vœux de prospérité en cette fin d’année ,Feygele!
merci de nous accompagner .David Cronenberg je comprends que vous ne puissiez pas revoir .Vous aviez parlé de la mouche il y a quelques mois .(Vrai que je ne vous imagine pas aimer ce genre de cinéma ? Pourtant vous semblez dire oui )?
Olivier Assayas a bon gout avec les femmes .Maggy cheug ,très belle femme en vampire habillée de cuir .Il a du souffrir du départ .

J.D dit: 20 décembre 2016 à 12 h 52 min

mia Hansen ,la nouvelle femme :l’article sur l’Avenir  » ne mettait pas d’accord sur Isabelle Huppert .L’intelligence fait fuir les hommes moyens ?
Mia la blonde après la brune Maggy a l’air intelligente aussi .
Assayas est vernis ou assez intelligent lui-même pour se permettre .Le producteur de Chahine était du coin?
Comme mme Sanda.

Regia dit: 20 décembre 2016 à 15 h 33 min

@14.40,
Annelise a la bonté de signaler le documentaire sur l’Algérie en sachant de quoi elle parle .(dossier consacré au sujet, via dans un N° d’Esprit’ que je dois avoir rangé quelque part.) Je connais le journaliste d’el Watan auquel vous aviez accordé la longue interview, il vous passe le bonjour. Le temps des vaches pelées n’en finit pas en algérie.
Après hier, merci de ne pas faire l’amalgame.

Feygele,j’ai regardé sur wiki ,J.d. ça veut dire ‘le petite oiseau’ en hébreu. Si j’osais je vous écrirais une parole de paix en arabe pour les victimes de Berlin^,hélas la langue de mon père va s’éteindre avec moi. quelques mots à peine. Mes enfants ne la savent pas.
Widergrangër,12 07: le langage du coeur et des signes.je suis sûr que vos ancêtres l’entendent et vous répondent, Hamdoullah !Il est temps que le monde se redresse et ça ne se fera pas tout seul.

annelise le pratique. Les femmes sont des chemins de vie, J.D!Qu’elles soient bénies,quand elles sont douces et comprennent le coeur ce sont nos bénédictions.
Olivier assayas, ‘personnal shopper’ avec Kirsten au visage de marmotte adorable :comment résister à un argument pareil?

Gilles dit: 20 décembre 2016 à 15 h 50 min

belles notations sur les symboles indeed .(Tu quoque Wider 12.07) Gheeerbrant sur ça comme Pastureau pour les couleurs .(une ‘poésie fragile ‘,joliment vu )…
« ALI »,votre surnom,vous savez que ça veut dire »le lion d’Allah »,Annelise? avec ce qui vient d’arriver en Allemagne,vous lire met du baume au coeur !
Meilleurs voeux également .Notre lionne »shardula « =manifestation du Verbe dans la tradi hindoue .

Annelise dit: 20 décembre 2016 à 18 h 28 min

Sylvain ce matin : détrompez-vs je suis sérieuse. Bien sûr qu’Assayas est fan de Bruce Lee. Et moi aussi. Rien du domaine du snobisme : la « Fureur du dragon », déjà, regardez les couleurs… quand Tang Lung, après avoir absorbé sept assiettes de soupe car il ne sait pas lire la carte au restaurant et commande au hasard (il demande aussi dix fois où sont les toilettes, mis en difficulté par le voyage ou émotionnellement perturbé)affronte la horde pour la première fois. La distribution des teintes des chemises… quelle magie chromatique ! le jaune qui s’avance dans le cercle, est renvoyé, puis le vert, le rouge.. Et je ne vs parle pas du fond : le jeune arrivé de sa cambrousse que la fille ne respecte pas, qui se tient humblement sans faire de vagues sauf que… la maîtrise de la force ! On est ds le western spaghetti et déjà ds Star Wars (quand Luke s’avance ds le repère de Jabba qui fourmille d’ennemis : « Rendez-vs, ou vs serez détruits »… il n’est pas mégalo, il prévient. En même tps, il n’est jamais sûr, il doute.) Oui je bois du petit lait en le voyant… comme j’ai fait des folies de la série Kung Fu avec David Carradine! Il était notoirement cocaïnomane, un poil dépravé, et le voilà en petit moine shaolin, le regard vague… Irrésistible. Je sais par coeur la plupart des épisodes. Et Chuck Norris : si vs ne connaissez pas la scène du combat au Colisée vs n’avez rien vu! Le sport, la mesure corporelle sans chiqué, l’abandon des limites… le petit chat observe (une chatte en plus : assurément car le petit animal dans le film est « isabelle », trois couleurs, ce qui génétiquement ne peut exister que chez les femelles, c’est comme ça…) Bref, Chuck le supra champion a été envoyé pour abattre le petit gars (Bruce Lee) plouc venu aider…dont au début tt le monde se moque. Et ils y vont. Le colisée est désert, ils se retrouvent. Il était une fs ds l’Ouest. Tang Lung déploie ses ailes, il souffle le feu du dragon, se met à avoir le dessus… Et il serait prêt à en rester là. Pas Colt (Chuck Norris), orgueil, ou désir de rencontrer enfin des limites qui l’ancreront au monde. Donc combat à mort. Bruce n’y tient pas et laisse à l’autre plusieurs fois l’occasion de quitter le duel – que Colt réfute. Miaulements et gros dos du petit chat qui scandent la scène. Tang Lung revient pour couvrir respectueusement le corps de Chuck de son kimono (j’avoue, là, on est « over » question pilosité…)J’ai l’air de rire ms je donne dix films pour celui-ci. Pas Paulina de Santiago Mitre.
Votre post est beau, Widerganger 12h07.A propos d’Auschwitz, ns parlions des « contours », de l’unicité existentielle au plan de la matérialité physio brute, il ya qqtemps, avec un médecin neurochercheur qui a reçu le Gd Prix de l’Inserm, un Palermitain qui est aussi docteur en philo… Il m’avait émue, arrivant avec moi à cette conclusion que l’horreur nazie qui a voulu confondre ds le néant, par la cendre, les êtres, a beau y être arrivé ds une monstruosité concrète indépassable,elle est frappée intrinsèquement au sceau de l’échec et de la défaite parce que, en effet, nos mémoires.., notre affectivité encore et toujours – et chaque personne abolie physiquement, sous ce qui n’a parfois même pas été un « nom identifié », qui éclate d’une existence qu’eux-mêmes n’ont AUCUN pouvoir de défaire. Ns en chérissons le souvenir, pouvons en être habités, ou construits – et il n’y a aucun « déchet » à placer du côté de l’absurdité (on retombe ici sur « Arrival » dont parlait Eriksen…)Ces gens ont été – et même pour dix minutes,ou cinq, ou deux, ils ont été, ils ne ns sont pas un poids, ns en sommes traversés, nous les reconnaissons comme tels, comme part de nous et du monde

Annelise dit: 20 décembre 2016 à 21 h 33 min

Regia 15h33, passée un peu vite tt à l’h, merci il s’agissait de Rachid Mokhtari? Je ne vivais pas en France à l’époque, l’itw avait eu lieu à distance, lui à Alger, moi ailleurs. Ms j’avais lu parmi ses ouvrages « Mauvais sang » (qu’il m’avait adressé), disant les difficultés du pays entre soubresauts post coloniaux et années de braise et de sang, et « Elégie du froid »

Emmanuel dit: 20 décembre 2016 à 21 h 52 min

Ali,la Fureur du dragon;il fallait le lire ..:l’aparté sur Jhon Caradine toxico dans la série vaut nomination aux oscars;.Complimentations sur votre profession de l’ExistenZ avec le prof de médecine ;,auschwitz fend et fendra le coeur ,et aujourd’hui l’allemagne de mutti grosse dame Merkel va être bien em..;les disciplines complémentaires sont parlantes !; Tout ici nourrissant .;
Mes voeux à vous ,chère Ali; de + en + certain que vous gagnez à ce qu’on vous approche ?;Votre côté ombrageux cache de tels territoires …;
Olivier assayas ,époque Maggie cheung a surfé sur la vague ,des oeufs pondus par genius daney était il le meilleur ? Tesson dont il était question pour la Semaine est plus pur ;saviez vous que c’est le big defenseur du cinéma indien,Ray,?le nom ne doit pas vous dire beaucoup etant trop jeune ..; L’avenir réservé à huppert par mia-Love était bien ;;personnal opinion ..;
Happy christmas dear U;

emmanuel dit: 21 décembre 2016 à 15 h 38 min

jibé 10.41, pas parce que je t’ai fait une décla pour de faux (va savoir)qu’il faut faire ton misstérieux; à part ton jeu de mots tu veux en venir où?.;O.assayas,prototype du réal intello, n’empêche, quand on gratte la couche il a des choses à dire?;Sa personnelle shopperisation de Kirsten, faut voir ça;les yeux verts ,on ne se lasse pas..;
Je reviens sur Cronenberg avant de partir pour le sapin avec la belle-mère, Ali ;parentés avec david lynch, vous trouvez or not?;L’1 +organique que l’autre..;l’interrogation de la matière; Je vous annonce qu’en votre honneur, j’ai l’intention de me faire une revoyure totale de Cro..;;de « A » à « Z ».faut l’estomac solide mais j’aime mieux ça à la bûche de danielle Thompson(en parlant de belle-mère : feue Mlle Morgan s’est endormie à 96 printemps sans attendre la nouvelle année.;salut à l’artiste..

Jibé dit: 21 décembre 2016 à 20 h 32 min

Pour son travail, pour parler à son petit ami, à l’autre bout de la Terre, jusque pour prendre son café, notre héroïne tape des chiffres et des lettres sur un clavier électronique. Et tout ça, sous l’oeil énamouré d’Olivier Assayas, Emmanuel. C’est plus clair comme ça ? D’où mon concept de film à touches…

J’ai nettement préféré le Jim Jarmuch, vu cet après-midi !

Jodi dit: 22 décembre 2016 à 13 h 36 min

Olivier assayas va pâtir des vacances ,Ali…revu Sils maria hier sur Arte à la lueur de votre papier « Personnal. »Binoche en helena à laquelle l’assistante remet Sigrid sous le nez,qui se sent vieillir juqsqu’à ce que l’œil du metteur en scène renvoie la fille à ce qu’elle est ..Rien ne vaut la profondeur .Le propos d’assayas avec le serpent de brume ,entre sincérité et manipulation ?.(Il remet ça sur Chanel dedans )Il parle beaucoup des apparences parce qu’il doute de la sienne ?Harrison Ford ni bob Redford n’ont eu besoin d’épouser des top models .Assez surs d’eux pour avoir qui ils veulent en évitant la case bimbo.Paul Newman itou.
Paterson JB? jarmush a eu des ratés mais bilan » globalement positif ».

Jibé dit: 22 décembre 2016 à 14 h 38 min

Oui, Jodi, il y a une certaine continuité entre les deux derniers films d’Assayas. Cette relation de maitresse et servante. Mais dans le second, la maitresse est liquidée (on ne saura jamais pourquoi et par qui ?) et l’on s’attache uniquement aux forts beaux yeux de la jeune héroïne, qui vit tout à la fois dans le virtuel et l’occulte, le passé et l’avenir. Un film planant, à voir sous influence !
Paterson est plus austèrement poétique, dans la forme et dans le fond. Paterson, nom d’une ville de l’Amérique profonde et nom de son jeune poète, chauffeur de bus, qui y vit. Un film en forme de biopic, qui nous ramène quelques décennies en arrière. Le héros, marié à une beauté compassante, et possesseur d’un chien grincheux, peu amateur de poésie, écrit sous nos yeux, en direct-live, ses poèmes au jour le jour : mélange de Dylan et de Beat génération. Le film est classe…

Jibé dit: 22 décembre 2016 à 14 h 43 min

A Paterson, les paysages ressemblent étrangement à ceux du parc des Buttes-Chaumont, celui du « Paysan de Paris » de Louis Aragon !

La force soit avec vous dit: 22 décembre 2016 à 22 h 04 min

assayas n’est pas gaulé athlète .;Pas 1déf,.c’la dit pour séduire il a du plutôt faire dans le moins primaire ?:;l’esquisse du// des kooples est bien sentie, Ali…;ya de ça ,forcément ,:de quoi vous voulez parler à la maison quand le rideau est tombé .au pied du Nordmann?;assayas,pas un »physique » de sportif ..,;sa vénération pour le karaté prend source là certainement ,;?les arts martiaux,;aïkido :o n utilise la force en face pour impulser le mouvement ..;
Tarantino otro fan de Bruce Lee,avec la combinaison jaune de Uma Th.;
ali,quand vous deviez piquer la pierre dans le poing ,Petit scarabée?;.:
La complémentarité en couple ,large sujet .
C ce que j’aime chez vous ,cara..;très physique;dans la douceur ,(& pensée aussi présente )..;on ne sait pas quel registre à l’ordre du jour ,,;petit animal libre ..;sonnenstrahl,;
Pour eich bin a berliner il y a 3 jours,ai retrouvé sur le woueb votre entretien avec Rachid mokhtari,.votre parole contrait dès 2010 les manichéismes et le populisme en désamalgamant avant l’heure au lieu d’angéliser ;livre très fin!Cologne et le marché de Berlin,le boulevard est ouvert pour l’extreme droite allemande et marion marechal-le Pen contre les migrants ;;;du nan-nan.;une section ouverte à science-po rue st guillaume , David Veyl et Gontrand malherbes a libournes en 33 ou en moselle à hayange où ils ont viré le secours populaire qui serait un « nid de cocos »?;)ça fait de la peine;reflechir au lieu de nier les faits :.
,les 1ers morts de merad étaient « issus de l’immigration « ;il faut RECONNAITRE, démêler pour détricoter et ne pas faire le lit du FN ;,..;ça ne va pas être facile ,faut pas se leurrer ;les Français préfèrent le beauf Wouelleck qui agite la haine et la peur de l’Arabe avant de se barrer a l’abri après Charlie .
P.s juppé a joué dans star wars Rogue One & vous ne disiez rien?

Gilles dit: 23 décembre 2016 à 11 h 09 min

la Mia Hansen -love présentée par Annelise n’avait rien d’une bimbo.l’acclimatation à assayas passe par la tete?Pas un cinéaste de la sensualité .Sa femme non plus .L’avenir était très cérebral.
« Victoria  » in all honesty,ça ne cassait pas trois pattes à la dinde de Noel.lacoste,marrant.JCVd était plus drole!Et le diamant d’Anvers d’Harrarri que j’étais allé voir après lu ici.(Annelise »diamonds Island »,c’est le film dont vous aviez parlé au moment de cannes en disant du bien?Un jeune laotien?)
Jarmusch on dira ce qu’on veut mais Stra

Gilles dit: 23 décembre 2016 à 11 h 11 min

suite.mais Stranger than paradise ou celui-ci,bon cinema.Adam driver que vous aviez croqué dans stars wars est un geant(1.90).

JC..... dit: 23 décembre 2016 à 17 h 55 min

Ce n’est pas la force qui est avec notre simplet de 22h04 mais la connerie ….

Joyeux Noel Annelise ! Joyeux Noel Sophie ! Longue vie aux images animées !

Annelise dit: 26 décembre 2016 à 23 h 44 min

Bonne idée, donner ici vos films de Noel.
Avant de m’éclipser, -ms je ferai de petites incursions en tant que lectrice!- je vs conseille « Diamond Island » de Davy Chou (qui sort le 28)… évoque par certains accents le Rumble fish de Coppola, le Motorcycle boy… ça se passe au Cambodge, un chantier de Phnom Penh…Bora, le petit campagnard va pour y travailler, retrouve Solei le frère prodigue qui ne donne plus de nouvelles à la mère.., pris peu à peu ds le prisme coloré de la modernité, de l’argent facile… C’est assez douloureux et dit pas mal de choses sur le pays sans être pesant…Une sorte de douceur ds la façon qu’ont les illusions de s’évaporer..puis les teintes, le soin apporté à la B.O..cela pourrait vs plaire

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