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La République Du Cinéma

« Le Disciple » : coeur de fer vs chair

Par Annelise Roux

Allez voir ce film inquiétant, mortifère dans ce qu’il décrit, à la réalisation déliée qui dissèque à la fois le fanatisme religieux – de longs plans séquences traversés d’inventions visuelles (la grotte etc) disent le basculement dans les Écritures, mais la métaphore est bien faite pour ne pas s’arrêter à la seule Bible maniée par des thuriféraires orthodoxes, laissant le spectateur libre d’ouvrir le champ de la réflexion à tous les fondamentalismes qu’il veut – met en avant un duel tendu entre un jeune embrigadé et une enseignante tentant de l’amener à dessiller, ainsi que la faillite de l’entourage, familial, professionnel, social à démontrer une vraie capacité à réduire le conflit, non seulement échouant au démantèlement des arguments du prédicateur mais au contraire, finissant en quelque sorte par apporter de l’eau au moulin des confusions entretenues.
Veniamin (Pyotr Skvortsov) psalmodie des passages saints à sa mère pécheresse – puisque divorcée – exigeant d’elle un repentir, dans un appartement sombre de Kaliningrad.
La femme, dépassée, se voit tannée dans le but d’obtenir une dispense à la piscine. La vision des corps dénudés semble une manière d’injure faite au fils. Il est beau, très ange Pygar de « Barbarella » (en brun) au physique découplé, air d’apôtre ambigu qu’ont parfois les adolescents à l’orée de l’âge adulte. Autoritaire, il emploie son charisme à condamner les pulsions qu’il qualifie de souillées, à remettre en question les théories de l’évolution, la contraception… Les prêtres orthodoxes « modérés » ? Des tièdes, eux qui « n’osent pas mourir pour leurs convictions».
Il les méprise pour abandon de poste, lui, le dogmatique n’ayant de cesse de répandre l’obscurantisme, convaincu qu’il pourrait guérir un estropié grâce à sa foi.
L’objectivation? Les démonstrations inverses ne sont pas en mesure de porter, dans la mesure où elles s’inscrivent dans une rationalité placée aux antipodes de son terrain. Elena (Victoria E.Isakov) son professeur de biologie, bien qu’athée, pour le combattre se penche à son tour sur les Évangiles afin d’arguer de flèches textuelles fondées cette fois sur une étude circonstanciée. En vain. Envoyé chez la principale, Veniamin retourne la situation au point de la faire réprimander, elle, tant l’incapacité du corps éducatif et de la société en général à encadrer la folie mystique du jeune est patente. L’affrontement glisse sur une tout autre pente que verbale.

Le film de Kirill Serebrennikov, adaptation de la pièce de Marius von Mayenburg, « Martyr », donnée l’année dernière au Théâtre National de Strasbourg dans une mise en scène de Matthieu Roy appuie la réflexion autour de figures de l’adolescence, continuant d’installer avec pas mal de légitimité novatrice le débat sur l’émergence « intrusive » de la sexualité bouleversante, bouleversement se voyant interdit d’accès dans le processus d’enfermement et de radicalisation, en quelque sorte «sublimé », mais converti en part noire : dispense généreuse, volontaire, profondément affective, charnelle et sensible, contre blocage, rétention, barrage au corps châtié à coup de chasteté pour retarder le passage à l’âge adulte ou à l’altérité de l’acte sexuel, du « faire l’amour » dissolvant les barrières, nécessitant abandon mais revitalisant à terme.
« Assez » novatrice, car on est proche des écrits de Bataille, de ses idées fines sur la dispense, voire les excès à forte capacité subversive, alors que « l’économie » s’ancre dans le maintien conservateur de l’ordre établi, du tout-est-en-place : c’est que l’amour, et notamment physique, est susceptible de mettre une sacrée pagaille, renversant tout, même si on a stipulé au facteur qu’il vaut mieux sonner deux fois s’il veut qu’on l’entende de la cuisine… L’extrait proposé à ce titre est on ne peut plus clair, passionnant : on y voit notre archange marmoréen, sombre néanmoins, penché sur sa Bible alors que défilent des petites fesses en maillot. Il voudrait s’en désintéresser sans y parvenir tout à fait : il se passe la main sur la figure avant de relancer la jeune fille en bikini rouge, bien entendu pour lui cracher au visage une forme de dégoût, de réprimande.
Sauf que c’est lui qui y va, qui provoque l’échange pour mieux y couper court, se renfermant ensuite dans sa masturbatoire lecture faute de pouvoir s’adonner à d’autres éclaboussures qui, s’il s’y laissait aller, auraient bien pu l’atteindre aux tripes, remonter au cerveau en passant par le sexe et le coeur.
L’ascèse élaborée, ce n’est pas pareil : autre forme de délivrance et de don secrets. Tandis que là, l’interruption de la circulation de l’énergie est flagrante, transformant les possibles exaltations, exultations, exutoires sexuels en ressassement sans libération…  La mort, le sexe bien sûr. L’érotisme, avec ce qu’il contient d’effrayant, de terminal mais de toujours possiblement renaissant et doux dans la construction tournée vers l’autre, empêché de fleurir et de se partager par interdit, crainte ou dévoiement quant à sa dimension humaine, noircit, meurt d’implosion ou mute en monstruosité (je pense à l’image terrible, qui n’est pas dans le film mais tirée de l’actualité de ce jeune jihadiste français en 4×4 traînant des cadavres derrière lui, tout sourire).

Quand la frêle Lidia pense « gym, baignade et bronzage sur la digue », chahutant Kostia dans l’eau, recevant sur la peau les gouttelettes de leurs jeux, ne demandant peut-être qu’à être « souillée » par la douceur du contact dual, notre disciple assène que « Samarie sera punie de s’être révoltée contre Dieu, que les femmes enceintes seront éventrées » : à ce moment-là le cadrage dévoile le visage du jeune homme à hauteur exact du sexe et du ventre de l’adolescente à la virginale, menaçante minceur… Troublant, vraiment ! Surtout que l’action se déroule à Kiliningrad, l’ex Königsberg de Prusse-orientale. Rien d’anodin : l’enclave, enchâssée entre Pologne et Lituanie, est le territoire le plus à l’ouest de la Russie au milieu de l’UE. Le cinéaste russe, qui présente la religion orthodoxe comme « seconde idéologie officielle » dans son pays, a inséré en ouverture un long morceau d’un groupe interdit sur les ondes car « pouvant provoquer de mauvaises pensées ».
Politique ? Le film de Serebrennikov l’est assurément. On connait assez l’opinion des conservateurs religieux sur la chair. Nadejda Tolokonnikova (Pussy Riots) a d’ailleurs commis en mars 2016 un livre « Désirs de révolution », où elle rappelle entre autres que les homosexuels sont pistés, condamnés, molestés. Elle s’est montrée extrêmement pessimiste, soulignant que la situation « ne laisse plus de place aux happenings burlesques pour attirer l’attention de la communauté internationale ». Du temps de « Voïna », son mari et elle s’étaient livrés avec « Fuck for the heir Puppy Bear ! » à des rapports sexuels « publics » pour dénoncer l’élection de « l’homme de paille » Dmitri Medvedev. Le problème n’est pas mon approbation, mon adhésion à la méthode précise mais de pointer la portée perturbatrice du plus ou moins bon accueil réservé au corps sexué qui demande sa part. Enceinte jusqu’aux yeux à l’époque, elle devait être condamnée après l’épisode de la prière punk à l’église du Christ Saint-Sauveur à deux ans d’internement en camp de travail alors qu’elle était jeune mère.
Je ne sais si Dieu est vraiment mort, ni si la religion sous une saine acception consiste à tendre au peuple des pipes d’opium. En revanche, que l’amour soulève potentiellement des montagnes insensées, que la perturbation amoureuse est révolutionnaire au sens propre, It’s only love*, Love is a beautiful thing*, The Miracle of love*, Sexual healing*, The Power of love*, I want you*, Nights in white satin*, Message personnel*, Tu me fais planer*, Solo tu*, Vertiges de l’amour*, j’en suis sûre et j’en réponds.

« Le Disciple » de Kirill Serebrennikov (sortie en salles le 23 novembre)

 (*) Simply Red, Al Green, Eurythmics, Marvin Gaye (ou Ben Harper), Frankie goes to Hollywood, Bob-le-Nobélisé-qui-n’ira-pas, Moody blues (reprise en live par Bashung malade, une de ses dernières apparitions), Françoise Hardy, Michel Delpech, Matia Bazar, Alain Bashung

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commentaires

151 Réponses pour « Le Disciple » : coeur de fer vs chair

JC..... dit: 22 novembre 2016 à 10 h 06 min

« Je ne sais si Dieu est vraiment mort »

Bien sûr que non ! Comment voulez vous qu’il meure ? Tant de cons en ont besoin pour vivre.
Mal ….
(p’tain ! encore un film que je n’irai pas voir : je suis maudit. Tant pis, j’irai voir les copines)

watteau dit: 22 novembre 2016 à 11 h 03 min

Konisberg en touriste, ça a son charme .L’intérieur est gangrené.Déjà passer du 3ième Reich à la russification manu militari ; maintenant l’oblast est coincé,la population dans les tensions qui expliquent ces dérives .Il y en a beaucoup ,Annelise ! J’y suis allé c’est vite irrespirable.

Eriksen dit: 22 novembre 2016 à 11 h 07 min

Je me permets de répondre à un message posté sur le fil précédent ce matin à 8 :05
Radioscopie dit « Bizarre ! Celui-là même qui voulait déraciner « le bambou de la RdL » square Georges Méliès ne craint pas d’y cultiver l’anthémis fétide… »

Voici vos deux derniers échanges avant le post que vous citez :
Widergänger dit: 18 novembre 2016 à 18 h 16 min
Faites donc une petite radioscopie et remplacez votre humeur aigrelette par des arguments sur le fond des choses. Vous parviendrez peut-être alors à nous convaincre. C’est trop facile de dénigrer par des affirmations gratuites. Et un peu bête, faut bien le dire.

radioscopie dit: 18 novembre 2016 à 18 h 34 min
Une fois de plus, Widergänger, vous bottez en touche et videz ce sac de jugements de valeur qui vous tient de cervelle. Vous ne savez que distribuer des bons (fort rarement) et surtout des mauvais points, comme au bon temps de l’école « temple du savoir ».

Entre JC et deux intellectuels qui ne s’écoutent pas, je préfère le fou de la Reine de la RDC. Un fou, on prend ou on laisse. Les intellectuels on se sent sali par la honte de leurs insultes.
Pour (re) paraphraser Shakespeare
« Quels histrions avons-nous là si près du lit de la reine ?
Une pièce imminente ! … »
Malheureusement l’auditeur s’ennuie à cette pièce quand vos insultes n’ont même pas l’excuse d’être folles ou drôles.
L’Anthémis fétide des champs est bien moins gênante que le bambou..

(En complément de ce fou médiéval à marottes pourfendeur du bobo-chiraquisme post-68, il nous manque un grand fou nostalgique de Staline.)

JC..... dit: 22 novembre 2016 à 11 h 25 min

Eriksen, s’il vous faut un fou nostalgique de Stalin, je sais faire*. J’ai de la famille …
(*moyennant une petite indemnité pour les frais…)

Phil dit: 22 novembre 2016 à 11 h 50 min

Etes-vous bien sûre que la « métaphore » soit si bien faite, Annelise ? pris le temps (2 minutes) de voir l’extrait, qui ne résume pas le film, certes, mais mon dieu le trait est bien appuyé. comment peut-on lire une bible au bord d’une piscine sans que le papier (et le spectateur) ne se gondole ? les années passent et la propagande cinématographique semble de plus en plus maladroite, pour des spectateurs peut-être de moins en moins éclairés.
Kaliningrad aujourd’hui est d’une grande misère lorsqu’on songe au Königsberg qu’elle fut. Ne pas oublier que les Russes ont procédé à un nettoyage ethnique en débarquant à Königsberg, Allemands intégralement chassés ou tués, populations russes « translatées » de force depuis les régions lointaines incultes (Sibérie). Le résultat est un conglomérat soviétisant de mémoires brisées, histoires artificielles, vies stupides. Souvenir étonnant d’un énorme pont autoroutier interrompu qui s’arrête devant l’église où est enterré Kant. A la belle époque, Thomas Mann et Goering y avaient chacun leur maison de campagne.

JC..... dit: 22 novembre 2016 à 12 h 21 min

L’extrait est à vomir : on est dans le lourd, le bête, le ridicule… Lire la Bible à la piscine, non mais … !

Les billets d’Annelise ne servent à rien sinon à nous montrer qu’elle est bonne cuisinière. Qui va aller voir ce film pesant, aussi débile que les précédents chroniqués !!!

Où sont les bons ?!

Jodi dit: 22 novembre 2016 à 12 h 53 min

Monsieur Poutine a partie liée avec les popes ;Vous connaissez bien la Russie on dirait?Voina (« la guerre ») ça parait débile? Vous faites bien de souligner qu’ils partent au goulag ou équivalent en moins de 2. Autres rétorsions que quand un de nos syndicalistes déchire une chemise .Pas pareil.

Roro dit: 22 novembre 2016 à 12 h 53 min

« ne demandant peut-être qu’à être « souillée » par la douceur du contact dual,  »

Bel exemple pour la jeunesse! heureusement que bientôt fifi veillera à rétablir LA morale

ami sincère dit: 22 novembre 2016 à 12 h 58 min

« ce film pesant, aussi débile que les précédents chroniqués »

Ça permet à la dinde de pq de ricaner et d’éructer : son passe-temps favori (à force de crachoter elle va perdre ses chicos)

JC..... dit: 22 novembre 2016 à 13 h 04 min

Mon ami sincère, la lecture de tes imbécilités ne me fait pas éructer, mais glousser : le propre des dindes !

Amitiés à ton psychiatre et aux infirmiers…

Annelise dit: 22 novembre 2016 à 13 h 04 min

Oui, Jodi et Phil je connais assez bien la Russie… Y compris dans ses « extensions ». J’y ai bcp voyagé et pas exactement en surface à une époque, même si ce temps est révolu disons depuis…5 ans. Mais la dégradation dont vs parlez est antérieure, Phil. Ah, si je connais les petits apparts suintants de misère… Et comment s’est effectuée « la russification »! Au moment de redonner un nom de baptême à la ville, il me semble bien que qqchose autour de Kant avait été proposé ( puis rejeté car Kant était Allemand) Voyez le film d’abord, ns ns enguirlanderons le cas échéant après. Dans tous les cas votre réaction m’intéresse

l'équipe médicale dit: 22 novembre 2016 à 13 h 09 min

@à13h04
à propos : vous avez encore oublié de prendre vos cachets -d’ailleurs il va falloir augmenter la dose

Annelise dit: 22 novembre 2016 à 13 h 10 min

JC 12h21 : « les billets d’Annelise ne servent à rien sinon montrer qu’elle est bonne cuisinière. »
Comment le savez-vs? N’essayez pas de me flatter, fripon.

Jibé dit: 22 novembre 2016 à 13 h 55 min

Le petit puceau de l’extrait a le regard faussement neutre et particulièrement insistant. C’est l’enfance de Tartuffe, ce film, Annelise ?

J.D dit: 22 novembre 2016 à 14 h 28 min

Phil en quoi ce que vous écrivez s’inscrit -il en contre du billet?
Le « peuplement » pour dire dela pudiquement de l’oblast de K s’est fait dans des conditions abominables indeed…Anne-lise me semble le suggérer nettement .Quant au sort réservé aux homosexuels à Moscou je vous jure pour y être allé et y avoir des amis qu’il est indigne .Si vous en doutez il n’y a qu’à aller sur internet .;reportage en caméra cachée montrant comment ils se font huer de se tenir par la main .En 2014 .Fuck for le nounours ,pas très fin mais il faut ce qu’il faut.
Ericksen quel rapport avec WGG? L’ennemi juré est sur RDL (Pablo 65 ou Chaloux ,selon).Le disciple était dans la sélection Un certain regard,Annelise.On ne mesure pas la difficulté de faire un film russe comme cela.

Phil dit: 22 novembre 2016 à 14 h 43 min

Annelise, JD, l’extrait donné du film ne me semble pas bien joué, voilà tout…mais suis bien d’accord que l’on ne doit pas juger sur deux minutes. quand même. question de gueules de cinéma. y-a-t-il quelqu’un dans la salle qui aie trouvé la prestation de Caprio déplorable dans ses imitations outrées de Hoover et Howard Hughes ? je fus pris de saisissement en voyant le public trentenaire applaudir à tout rompre ces mimiques adolescentes qui n’auraient jamais dû sortir du titanic.
ensuite j’irais bien voir ce film pour revisiter Kaliningrad dont je n’ai qu’un souvenir de sauvagerie sociale à tous les étages. évidemment JD, rien n’est rose en urss today mais la dérive n’est pas circonscrite aux frontières russes

Gilles dit: 22 novembre 2016 à 15 h 20 min

Ha ha ha ha!!Ne serait ce que votre façon de mixer Georges Bataille et Matia Basard..;
canzone sucrée et érudition .avec vous ça prend .Vous êtes forte .j’adore votre humour .On dirait toujouirs que vous êtes mélancolique .Vous avez des ennuis Anne-lise?
Et les zouaves qui s’empoignent ;
‘reusement qu’il y a pas 1 orthodoxe et l’autre pas …

Annelise dit: 22 novembre 2016 à 16 h 01 min

D’accord avec Phil 14h43 sur LDiC, aimé ds Gilbert Grape… Déjà il m’avait laissée perplexe en rampant chez Scorsese, peut-être la comparaison avec « Casino »lui était-elle fatale? (James Woods en truand pleutre, auquel Sharon Stone sous sa coupe téléphone en pleurnichant le jour de son mariage, de nouveau avec De Niro « Noodles » comme chez Leone) Pas emballée non plus par la prestation oscarisée ds The Revenant, Inarritu à mon avis mieux inspiré ds Babel Amours chiennes ou 21g
Gilles on ne se moque pas de Matia Bazar. Je peux supporter bcp, mais pas ça. Simply red, Françoise Hardy ou Michel Delpech alors là c’est l’exclusion

boudegras dit: 22 novembre 2016 à 16 h 09 min

sur la photo, le type lit le manuel pour savoir comment tirer sur le cordon pour faire tomber le slip épicétou

Annelise dit: 22 novembre 2016 à 16 h 11 min

Sur Matia (après ns fermons la parenthèse) : sur certains play-back, la chanteuse et le crooner ont nettement le temps de manger une pizza entre les paroles et le mouvement inscrit sur leurs lèvres. Un doublage si approximatif qu’il fait mon admiration. Seul Dutronc a osé le truc en chantant parfois volontairement à contretemps. Là on sent que tous s’appliquent, mais…

Phil dit: 22 novembre 2016 à 16 h 31 min

oui Annelise, Gilbert Grape, Private idaho, tout ça du very good.
mais dès que le postiche devient nécessaire, il faut s’inquiéter.
il y a de la concurrence chez les jouvenceaux rebelles au cinéma, Pierre Clementi for instance. si peu fréquent de parler de Kaliningrad au cinéma, ne faisons pas la fine bouche.

christiane dit: 22 novembre 2016 à 16 h 40 min

Bon, comme dirait Jibé, un pas de côté -que je lui dois- car son entrefilet (sous le billet précédent), m’a donné envie d’aller voir « Polina, danser sa vie » (Angelin Preljocaj…) et
voilà que commençant « La solitude de la fleur blanche » de…Annelise Roux (éd. Sabine Wespieser)- roman qui me happe dès la première page- je trouve, page 10, ces quelques lignes qui donnent à ce film un sens magnifique :
« fut un temps où Angelin Preljacaj n’a connu l’Albanie que pour l’avoir éprouvée dans le ventre de sa mère. Le chorégraphe a passé la frontière vers les camps de réfugiés bien douillettement, à l’état de fœtus. Il est donc né ailleurs, a grandi, fait sa vie sous d’autres cieux qui n’ont que peu à voir avec les déchirements du Kosovo, mais sa danse continue de chercher et peut-être savoir l’Albanie, comme appliquant d’une autre manière cette étrange « loi du Kanun » typiquement albanaise dont parle Ismaïl Kadaré, qui veut qu’un crime puisse être vengé des générations après qu’il a été commis.
Peut-on à long terme se remettre d’une perte des origines, d’une privation de soi-même qui peinent à s’énoncer, tant elles entraînent de fantasmes et de suspicions ? Les pas que le danseur invente en tout cas vont en ce sens, l’Albanie est un grain en lui comme l’Algérie l’est en moi, un grain susceptible de rester des années en sommeil puis de finir par lever en d’irrépressibles efflorescences, comme le haricot magique du conte… »
Beaux chemins parallèles qui le conduit, lui, vers la chorégraphie et vous vers l’écriture, pour sauver la moisson.
Ce roman est d’une densité incroyable, il prend à la gorge pour ne plus nous lâcher. L’histoire d’un impossible exil… Magnifique.

Annelise dit: 22 novembre 2016 à 16 h 53 min

Private Idaho à mon sens le meilleur GvS. Mon dieu… le gosse narcoleptique qui rêve, carte postale de la mère enfuie à jamais en main…la chaussure volée, tombé en bord de route… ms oui Phil vs me direz pour celui-ci, qui n’a rien à voir et que je ne mets pas au niveau de My own private

Roro dit: 22 novembre 2016 à 17 h 22 min

Christiane « Peut-on à long terme se remettre d’une perte des origines, d’une privation de soi-même qui peinent à s’énoncer, »

(…) A l’exil classique – l’arrachement familial, la disparition des paysages, des odeurs, des points de repères familiers, à cela vient s’ajouter la question de la violence de la guerre elle-même. (…)
Autour du film « GO HOME » de Jihane Chouaib. (sortie en salles le 7 décembre 2016)
B Stora

Roro dit: 22 novembre 2016 à 17 h 25 min

le lien pour la citation du commentaire de 17h22 n’apparaît pas
la citation est tirée d’un article du site de Benjamin Stora, rubrique entretien avec B S

Roro dit: 22 novembre 2016 à 18 h 27 min

Annelise
OK !
ça ne passe pas en tout cas!Le lien est-il trop long? Mystère. Bon il suffit d’aller sur son site en tapant son nom dans gougueule of coursen et, de là, à la rubrique « entretiens » je crois (la flemme à la seconde de retourner vérifier) -ce qu’il dit de l’exil à l’occasion de ce film, est très intéressant je trouve

JC..... dit: 23 novembre 2016 à 5 h 52 min

Jadis, par Elle, traité de « gros porc » … hier honoré d’un « fripon » plutôt sympathique … méfions nous, car Elle est maline, la bougresse !

Annelise dit: 23 novembre 2016 à 8 h 58 min

Alley, un autre Jésus au cinéma après Bonvoisin, que vs apprécierez je pense (chez les frères Coen, Turturro, « Big Lebowski…)Ns ne sommes pas si loin du thème du « Disciple », version burlesque avec le personnage de Walter(John Goodman), un peu plus loin en pleine crise psychotique devant l’inénarrable Steve Buscemi et Jeff Bridges, quand il s’énerve : « I don’t roll on shabbos ! » avant d’éclater en imprécations xénophobes et grossières, tout enflé de sa (prétendue) judéité nouvelle plus que pointilleuse
https://www.youtube.com/watch?v=MoU2XwXLFrA

JC..... dit: 23 novembre 2016 à 9 h 06 min

Un souvenir du Big Lebowski, la dispersion des cendres du défunt en plein vent, et le retour du nescafé en pleine gueule de Goodmann … Quel film !

Widergänger dit: 23 novembre 2016 à 10 h 53 min

Ce que dit Annelise sur la religion en Russie ou dans cette enclave de Kaliningrad ne m’étonne pas du tout. Le fanatisme religieux en Russie est patent et visible à l’œil nu même pour quelqu’un comme moi qui l’est découverte pour la première fois en 2005. J’ai été frappé par les longues files d’attente dans les monastères pour voir et embrasser avec ferveur en se prosternant à terre les icônes célèbres d’Andreï Roublev et d’autres. Ça m’avait beaucoup impressioné à l’époque, impressionné, veux-je dire, dans le mauvais sens du terme, comme d’une grave pathologie sociale qui laissait sceptique sur l’avenir démocratique de la Russie. Mon intuition ne m’avait pas trompé…

L’analyse quasiment filmique du plan par Phil me paraît fort intéressante. Je ne saurais dire si ce qu’il dit est justifié ou excessif. Je ne sais pas. Mais il pointe du doigt un problème d’esthétique du film qui me paraît vraiment intéressant. Peut-on dire que le réalisateur insiste trop, prend les spectateurs pour des gourdes à qui il faut mettre les points sur les i pour qu’il comprenne ? Peut-être, ce n’est pas impossible après tout. Ou bien il s’adapte peut-être à son public ? Ou bien il veut montrer aussi l’insistance de la fille elle-même, qui semble provoquer par ailleurs le jeune homme. L’insistance du réalisateur ne serait ainsi pas la sienne, par là maladroite selon le jugement esthétique de Phil, mais au contraire pertinent et simplement le reflet de l’insistance de la fille au maillot rouge. Il est très difficile de se prononcer au final. Mais Phil donne des pistes de lecture du film, une sorte de critère d’analyse ; reste à voir le film pour savoir si l’intuition de Phil peut se généraliser, est juste ou pas.

Le jugement de Phil est intéressant pour une autre raison. C’est qu’il appartient à une autre génération, et comme tel, il juge les générations montantes et ce qu’elles sont habituées à voir, à comprendre ou pas, et leurs goûts esthétiques. Il y a là manifestement un gros décalage, que je ressens aussi pour ma part de plus en plus. Et d’autant que Phil est un homme de goût, ‘une manifeste immense culture quoique ce soit un homme fort modeste comme chacun a pu s’en apercevoir depuis qu’il fréquente ces lieux équivoques…

Au total, je trouve ce film fort intéressant à voir. Et Annalise, une fois de plus, s’est surpassée pour nous en rendre compte. Un grand et chaleureux merci à Annelise donc.

Widergänger dit: 23 novembre 2016 à 11 h 04 min

Ce qui m’avait surpris et fasciné aussi dans la religion orthodoxe, c’est ce que nous appelons « la messe » qui est quelque chose d’incroyable dans les églises russes. En réalité les orthodoxes ne connaissent pas la messe telle qu’on la pratique chez les catholiques. Les participants se tiennent debout dans l’église autour d’un pope et il y a plusieurs popes officiant en même temps. Pas de chaise, pas de rituels collectifs. Chacun va et vient dans l’église où bon lui semble sans arrêt, rentre et sorte de l’église sans cesse et va déposer un petit papier dans le hall d’entrée de l’église à un autre pope avec une prière inscrite dessus : priez pour ma mère malade, priez pour mon mari qui vient de décéder, et ce genre de message. Puis la personne retourne à l’intérieur de l’église et le message finit par parvenir à l’un des popes qui accomplit les prières et les rituels nécessaires à la sauvegarde des âmes des malades ou des morts. C’est extrêmement impressionnant. Une église russe peut ainsi devenir un gigantesque foutoir comme on ne l’imagine même pas en France.

Annelise dit: 23 novembre 2016 à 11 h 38 min

Merci Michel. Rien de quoi avoir honte pour des étourderies ou lapsus calami, vraiment. Ce que vs dites et ce que dit Phil est particulièrement élaboré &circonstancié. Tout à fait exact qu’il y a ds le rite lui-même, ou les dérives qui s’y sont attachées une sorte de dimension syncrétiste très pratique ensuite pour contribuer à une infantilisation. C’est problématique en ce sens que confisqué à d’autres fins, cela donne par exemple le « culte de l’homme fort », une espèce de tentative de remplacer le père (« le petit père du peuple »!)pour régler les affaires « à la place de », les citoyens rendus à une place d’enfant ayant peu de compétences ni autorisation à décider. Un sociologue des religions dont j’ai malheureusement oublié le nom après l’avoir pourtant lu de fond en comble l’année dernière s’est penché sur la question, le lien avec la pauvreté, aussi, la manipulation du ressentiment… comment émerge un populisme religieux dressé bien entendu à des desseins qui n’ont rien de spirituel… très troublant… Pour le film, aussi une question de générations, oui sans doute – mais vos regards & opinions là-dessus m’intéressent et me passionnent d’autant, en dépit ou justement à cause même de l’écart éventuel

Phil dit: 23 novembre 2016 à 12 h 21 min

sapré Widergänger..j’ai connu Kaliningrad il y a vingt ans, en 1995, la chute du mur n’avait que cinq ans, les églises se remplissaient à nouveau, les mafieux sortaient de leurs caves (les rues en étaient pleines, comptant sur une police corrompue), les acteurs du film naissaient à peine. encore une fois, il faut se garder de juger le film sur son trailer (qui malgré tout annonce la couleur). parfois des bonnes surprises mais ce jeune homme au visage trop lisse et gestes saccadés ne semble pas jouer pour d’autres générations que la sienne, we’ll see.

Jibé dit: 23 novembre 2016 à 12 h 33 min

En Grèce, la messe orthodoxe était joyeuse. Il y avait des chaises, mais les femmes étaient parquées d’un côté et les hommes de l’autre.

Phil dit: 23 novembre 2016 à 12 h 39 min

le rite orthodoxe est dit être le plus proche des origines de la chrétienté. le catholicisme aurait fait perdre le souffle oriental qui traverse encore la bible (selon les traductions plus ou moins fidèles). il faudrait savoir quelle traduction lit le jeune homme du film, sans oubler l’adaptation du sous-titrage qui nous traduit la traduction. au finish, du canada dry ?

Phil dit: 23 novembre 2016 à 12 h 49 min

vous le dites bien, baroz. question de générations, nos gosiers ne supportent plus le retsina alors qu’un paysan de Delphes le sifflait comme du petit lait il y a trente ans. ça me donne envie de revoir la Mercouri dans ses oeuvres.

JC..... dit: 23 novembre 2016 à 14 h 41 min

Comme toujours ceux qui savent s’étonnent que cela soit partagé par un si petit nombre….

Rien à foutre qu’il en soit ainsi !

Gilou dit: 23 novembre 2016 à 15 h 03 min

Cricri,ma mie ,votre lien 18.33 sur Stora ne marche pas .
Je vais voir le disciple ce soir .L’orthodoxie des popes nul ne l’ignore est au service de Poutine .Pouvoir et richesse considérables.Plus grand chose à voir avec l’esprit de la foi qui animait le petit peuple miséreux.Quand Phil parle de « sauvagerie sociale à tous les étages à Kaliningrad »il a tout bon .Une horreur .Quand même bizarre que le nom soviet ait été gardé.Une explication Annelise?
Quelqu’un est allé voir Bercot?
(Merci au camarade JB;vu Polina grâce à sa chronique ici,en attendant le nouveau film.L’entrefilet de votre main sur Prejlocaj superbe ,A-li.

Annelise dit: 23 novembre 2016 à 15 h 15 min

Gilou 15h03, l’histoire de l’oblast est complexe en effet, après avoir fait l’objet de bombardements très denses anglo-US, l’assaut par les troupes soviétiques sous le commandement de Vassilievski (celui-là même qui a donné son nom à la pointe sous les tilleuls où les mariés viennent s’embrasser sans fin, à côté des colonnes rostrales, à St Petersbourg)a abouti à la capitulation allemande. « Kaliningrad », du nom du président du soviet suprême a alors été en qqsorte consenti en « réparation » des pertes considérables… Les habitants qui n’avaient pas été tués lors de la bataille ont été amenés à vider les lieux, ds les conditions de la fameuse russification abrupte que dépeint Phil. Au moment de la chute du bloc communiste, rebaptiser l’ex Königsberg s’est avéré de nouveau délicat. Le « Kantograd » proposé s’est vu rejeté, le consensus n’ayant pas pu se faire (Kant étant Allemand)

christophe dit: 23 novembre 2016 à 15 h 35 min

« le « culte de l’homme fort », une espèce de tentative de remplacer le père (« le petit père du peuple »!)pour régler les affaires « à la place de », les citoyens rendus à une place d’enfant ayant peu de compétences ni autorisation à décider. »
Côté infantilisation et avilissement, et avec le fils qui s’est pris une branlée, la culpabilisation originelle, c’est mieux chez les cathocathos par exemple???

« bizarre que le nom soviet ait été gardé. »
soviet , ça veut dire « comité » tout simplement, non ?

igor dit: 23 novembre 2016 à 15 h 39 min

Widergänger dit: 23 novembre 2016 à 11 h 04 min
« Pas de chaise »
« un gigantesque foutoir »
imaginez là-dedans le brêle de pq avec ses varices courant désespérément tous azimuts à la recherche de chèvres

christiane dit: 23 novembre 2016 à 16 h 46 min

Désolée pour le lien !
Ai donc vu « Polina, danser sa vie » (clin d’œil à Godard « Vivre sa vie » ?). Angelin Preljocaj et sa compagne Valérie Mûller nous embarquent dans un destin, celui d’une petite fille russe mutique et butée, issue d’un milieu pauvre qui d’abord, veut danser(Bolchoï) et qui, plus tard, voudra être chorégraphe. Polina Oulinov qui a trouvé son interprète avec Anastasia Shevtsova et pas seulement pour les scènes dansées.
Nikita Bojinski (ici interprété avec force par Aleksel Guskov) la formera (rudement) mais lui façonnera des ailes avec lesquelles elle s’envolera vers l’Europe, à la recherche de son identité. Juliette Binoche, dans le rôle de Liria Elsaj, tiendra (dans le centre chorégraphique dit Le pavillon Noir, à Aix-en-Provence) le rôle qu’aurait pu tenir Preljocaj -ici derrière la caméra-. Les plans filmés en ce lieu sont très beaux. Créé par l’architecte Rudy Ricciotti, il offre aux scènes de danse un jeu de transparence, d’ombre et de lumière, étonnant.
Les plus belles chorégraphies sont bien sûr le final superbe, lyrique et sensuel, avec sa gestuelle cassée et cette coulée au sol des corps magnifiques D’Anastasia Shevtsova et Jérémie Bélinjard (danseur étoile de l’opéra de Paris), mais aussi celle dansée de nuit au bord de la mer ou, cette autre, quand enfant, elle piétine dans la forêt enneigée.
Cette Polina Oulinov offre là un beau personnage entre soumission et rébellion, mais surtout butée, envoyant tout valser (meubles et petit ami) quand sa rage de danser la conduit à chercher ailleurs, autrement, comment danser sa vie. La BD de Bastien Vivès, qui a donné naissance à ce film est, parait-il, très belle. Le film invente un chemin de chorégraphe, proche de celui de Preljocaj.
Les regards qu’elle porte alors sur le monde -passants rencontrés, scènes de rue- sont autant de germes de ses futures chorégraphies. J’aime la gratitude finale exprimée à son mentor après tant de résistance, cela nous vaut leur sourire – et ce n’est pas rien !
Merci Jibé : bonne idée !
Merci, Annelise, car grâce à votre roman (« La solitude de la fleur blanche »), on comprend d’où vient ce chemin de danse de Preljocaj et peut-être celui d’une certaine…écriture.
Vu aussi un film graphique époustouflant de beauté et de poésie, qui sort aujourd’hui « Louise en hiver » de Jean-François Laguionie. Mais ça, c’est une autre histoire…

igor dit: 23 novembre 2016 à 16 h 58 min

Annelise c’est le troisième ou quatrième fois que j’essaie d’envoyer un commentaire en réponse à christiane
Il ne s’affiche pas est-ce ce parce que j’y remets l’adresse du site ‘honnis par l’hystéro de la rdl)

Annelise dit: 23 novembre 2016 à 17 h 19 min

Beau post Polina Christiane 16h46, j’étais tentée de le chroniquer, ms pas le temps. Jibé & vs lui avez rendu hommage, merci
Igor 16h58 je suis loin du tableau, un pb de modé? Là je ne peux pas ms vais essayer de joindre qq pour débloquer ça. Quel site honni par quel hystéro de la RdL? Comprends pas

Emmanuel dit: 23 novembre 2016 à 21 h 53 min

Annelise,article brillant .
Je vais aller voir The Student (disciple).Votre Kyril Serebrennikov à mettre au moins au registre des opposants à la résistance à la grande vague poutinienne .Vous avez vu ça en Moldavie ? Et Fillon et Poutine qui »discutent boutique « ;devenu difficile de s’opposer à l’embrigadement ,les organismes de propaganda de + en + sympathiques et passent-partout en apparence.Poutine a amélioré la vie des Russes mais les P.d continuent d’être vilipendés en toute indifférence,Annelise .A la façon de traiter les minoriés que se caractérise une démocratie ? On est mal barrés ici aussi;les frontières de l’UE d’un cordon démocratique paraissent toujours plus éloignées au sot qui regarde le doigt quand on lui désigne la lune.
L’histoire a des temps inconciliables avec la décence ,Je vous salue avec Widergranger .Ca devient rare de lire les lectures papier intelligentes .J’aime bien aussi « 7eme Obsession « ,ils ont des trucs pas mal.Mais vous c’est le top inimitable.

Annelise dit: 24 novembre 2016 à 8 h 19 min

Bel extrait nocturne Alley…Learning to crawl… Tjs adoré Chrissie Hynde. Pleuré des rivières sur I go to sleep, l’intro instrumentale est magnifique

Widergänger dit: 24 novembre 2016 à 11 h 00 min

Le film a été évoqué hier au Journal d’ARTE. Une chronique sur le fanatisme religieux en Russie. Pas gai pour le devenir du monde tout ça quand même. Pourquoi les hommes se complaisent-ils ainsi dans le mal ? Pourquoi les hommes ont-ils besoin que Dieu en personne leur dise dans quelle direction il faut pisser le matin ? Je ne m’y ferai jamais…

Widergänger dit: 24 novembre 2016 à 11 h 04 min

Oh, oui, Rio Bravo, John Wayne, mon Dieu, toute mon enfance ! Quel bonheur c’était ! Mon frère cadet et moi, nous allions voir les western dans des petits cinémas du boulevard des Italiens, on payait 5 frs, et nous y restions tout l’après-midi du jeudi à les voir au moins deux fois de suite. Qu’est-ce qu’on était heureux avec ça ! Et arrivés à la maison, on remettait ça avec nos cow-boys mocarex en plastique compressé et ça y allait, on dévalisait des banques qu’on avait construites de nos mains avec des bouts de bakélites collés, des bars d’où sortaient des bandits échevelés et pétaradant sur tout ce qui bouge… Ah, Dieu qu’on était heureux !

Gilles dit: 24 novembre 2016 à 11 h 16 min

Quelle noirceur ! Vous avez plongé au coeur de la problématique sans révéler trop la narration et le deroulé A-li ,bien vu !
Film dérangeant .Je ne trouve pas que Piotr Skortsoff soit mauvais choix;il a cette face bien ruskoff comme on en voyait sur les cartes postales de propagande soviétique lors de la campagne anti alcoolique .Mens sana in corpore sano & tout le toutim.Tout ça appuyé d’un gros délire .Les scènes de la mère avec la tapisserie à moitié décrochée ,on sent que c’est la mère qui ne va pas tenir .Le propos est sur les orthodoxes mais la translation est vite faite avec les autres religions .Votre manière de replacer le débat sur la dispense, G.bataille etc est très bien vue …Le gosse qui se claquemure dans une idée de pureté délirante qui lui permet d’exercer toute sa folie .Grande faillite , à commencer au sein des familles ,pour éradiquer les dérives sectaires .Le délire remplace littéralement dieu,ça devient ça la vraie jouissance parce que plus bandant ,avec moins d’effort ;le contrôle par peur d’autrui .Le combat avec la prof sur darwin on est dans l’actualité.

eugene dit: 24 novembre 2016 à 11 h 37 min

11 h 16 min
« cette face bien ruskoff  »

ah ben ça c’est sûr que tout l’monde i peu pas hêtre gaulois ben tiens !

Annelise dit: 24 novembre 2016 à 12 h 03 min

Oui Michel, et Dean Martin était bouleversant. Et Angie Dickinson ! Quel western était votre préféré? Moi c’est très difficile de trancher. J’aime bcp John Ford. Mais aussi Hawks, Walsh…bon, il faudra que ns fassions un papier là-dessus un jour ts ensemble. Nos « cinéma Paradiso » en somme.
Eugene parlez avec des prof de médecine, des paléontologues, des spécialistes de l’évolution. Evidemment une seule race, mais des « types » physiques. Et Veniamim, par une sorte de coup du sort ironique au plan sémantique(vu les tensions extrêmes, les bisbilles ds la région) bel et bien est un Russe de type… caucasien ! (un certain nombre de « Gaulois » comme vs dites l’ont aussi)
Quant au délire qui remplace dieu, commencez par voir de quel délire il s’agit

Jodi dit: 24 novembre 2016 à 13 h 07 min

« Ca devient ça la vraie jouissance parce que plus bandant avec moins d’effort » :
J’entendais il y a un mois sur Fce Cul un sociologue parler de ça ,que la sexualité devient un maillon plus faible .Le désir vs peur de l’affectivité qui lui a rogné les ailes.Les jeunes aiment mieux jouer à la play qu’emmener popol au cirque avec la copine .
Si ça c’est pas inquiétant ? Après quand on voit en FRANCE le foin pour la campagne de prévention adressée aux homosexuels perçue comme »incitation » ,difficile de faire la part entre la permissivité démago de certains messages ( l’enfant Roi dont parlaient Dhh ou Wgg sur le fil swager ) et le contrepoint correct pour encadrer l’évolution de la société .On n’est pas en Russie mais tonton Vlad adore Fifi,il l’a dit. J’espère que ma fille va pouvoir aller se baigner en bikini a la piscine sans se faire agresser par Veniamin-gueule d’ange .
Le real est malin de le faire beau.C’est pas le refoulé chétif: baraqué le cheum….
L’affrontement avec la professeure fait peur

Annelise dit: 24 novembre 2016 à 13 h 16 min

Jibé, pourtant, le déhanchement suggestif (dû à une chute de cheval lui ayant bousillé le bassin..,il en était très complexé, ce qui éclaire peut-être le côté d’autant plus testostéroné ensuite) de Marion Morrison/Wayne/Tom Doniphon (ds Liberty)/The Quiet Man…
Un autre que j’adore ms je n’ai pas le temps de m’étendre, avec Stewart Granger (eh oui « Moonfleet », Lang, il y était déjà), Wayne et Capucine… »Le Grand Sam »…parce qu’il faut pas oublier Hathaway non plus… ni bcp plus tard, Eastwood de « Bronco billy », pastiche westernien mâtiné de tout ce que son cinéma ultérieur développera… et mon goût pour les séries B – on en parlera une autre fois
Quel Anthony Mann, Paul? Comme dirait Woody Allen, « le cas échéant on discutera »

Annelise dit: 24 novembre 2016 à 13 h 18 min

Jodi, j’espère que vs ne parlez pas de NOTRE Popol? Restez correct. Nous parlons d’Anthony Mann, pas de San Antonio

Paul Edel dit: 24 novembre 2016 à 14 h 39 min

« Winchester 73 » et « l’homme de la plaine » avec James Stewart sont mes meilleurs souvenirs d’ Anthony Mann. Pas emballé par le jeu machiste rugueux frimeur de John Wayne et sa démarche chaloupée ridicule.. John Ford bien sûr reste LE superbe grand cinéaste des hommes absorbés dans le paysage. Les nuages isolés dans le vide, dans les plans de John Ford, ont du génie, ils ressemblent à des dieux voyant héroïsme ou la lâcheté se battre .

Annelise dit: 24 novembre 2016 à 16 h 08 min

Mon Dieu ! Qu’est-ce qu’il ne faut pas endurer.A moi!au secours! J’ai l’impression d’entendre mon frère quand il me parle de John Wayne et de sa « ridicule démarche frimeuse »! Des disputes terribles entre ns, enfants… il finissait toujours par l’emporter parce que je l’adore et que de toute façon, il ne comprenait rien à ma façon de voir le western… bien sûr que Wayne était ridicule en roulant des hanches! Pas pour lui que j’en pince mais pour le personnage de Doniphon… Hallie Stoddard (Vera Miles) qui pleure quand les cactus fleurissent… Eh bien oui. Mais qui a t-elle épousé hein? Et quel est celui dont la baraque se casse la figure? Il avait peut-être choisi d’avoir le bassin fracturé aussi? Paul ça fait un moment que je voudrais aller vs lire un peu chez vs mais je suis tjs par monts et par vaux, de quoi parlez-vs en ce moment? Vs avez vu le Disciple? BàV

Annelise dit: 24 novembre 2016 à 16 h 17 min

Et je le dis sans rire, pas anodin que Ford le borgne ait eu recours de la sorte à cette figure exagérément masculine d’un côté, mais marquée de faille (je ne reviens pas sur l’attitude assez déplorable de Wayne au moment du maccarthysme(contrairement à Kirk Douglas) déjà parlé avec Trumbo puis la question n’est pas là. Mais le héros fordien, c’est aussi au-delà du grand mythe viril et de l’Ouest triomphant une Amérique « héroïque » en train de fondre les plombs qui pointe… l’avocat supplante la force brute et mal dégrossie du pionnier, sacrifiée… pas le temps d’en parler. Joseph Mc Bride, Fordien devant l’Eternel a écrit de sacrés bouquins à ce sujet. Et vs avez raison sur l’insertion ds l’espace, les paysages… le passage au parlant et à la colorisation aurait pu lui être fatal, et pas du tout. Puis la rousseur de Maureen, c’était qqchose

Widergänger dit: 24 novembre 2016 à 16 h 32 min

Quand j’étais enfant, j’adorais Rio Bravo, j’adorais John Wayne. Et en vacances je jouais au coq-boy en me prenant pour John Wayne… C’est dire si j’étais aliéné par la culture américaine. Après, j’ai adoré Rio Lobo. Et aujourd’hui encore j’adore Rio Lobo. Mais j’ai appris à aimer aussi beaucoup les westerns de J. Ford qui demandent plus de maturité, une conscience plus développée de l’histoire des États-Unis. La violence déchaînée de Sam Peckinpah, j’aime aussi beaucoup non pour la violence elle-même mais pour l’image du délire américain qu’il donne à voir dans sa folie. Major Dundee, j’ai absolument adoré ce film, tout, l’histoire, les acteurs et la musique. Un film fabuleux et terrible comme une tragédie grecque.

JC..... dit: 24 novembre 2016 à 16 h 43 min

« Evidemment une seule race, mais des « types » physiques. »

Mais non, il y a plusieurs races ! on me l’a appris à l’école de la république et j’y crois, dur comme fer !

En plus, y en a des bonnes et y en a des pourries … uhuhu !

Annelise dit: 24 novembre 2016 à 16 h 51 min

Ah lala Michel, Straw dogs (on ne dirait pas mais je suis en projo)..le directeur de la salle où je suis va finir par se vexer si je pianote sur mon téléphone et il aura raison – aussi j’arrête

Emmanuel dit: 24 novembre 2016 à 17 h 14 min

Le cinéma russe a surtout énormément de mal à exister vu la main mise .
Quand Annelise écrit que Kiril S a « inséré un long morceau interdit car suscitant de mauvaises pensées  » on se dit qu’on a mal lu .En 2016??
Pourtant si.Censure ,prise de contrôle des radios ,presse …On ne se rend pas compte vu de France ce que c’est sur place.Pussy riots ça excite les gens parce qu’elles sont mignonnes .Ca fait rigoler ,comme ça .Mais la fille s’est pris 3ans en Sibérie ou je ne sais pas ou pour une chanson.Là tout d’un coup ça rigole moins. Le film rend bien ce climat brutal ,la déceépitude,la connerie ,la vrille du délire et l’auto entretien de tout ça .

cocorico dit: 24 novembre 2016 à 17 h 24 min

Widergänger dit: 24 novembre 2016 à 16 h 32 min
en vacances je jouais au coq-boy

m’étonne pas de toi, mon poulet.

Jibé dit: 24 novembre 2016 à 17 h 26 min

Si Annelise pianote en pleine séance de projo, c’est que le film ne doit pas être passionnant. On ne saura jamais de quel film il s’agit, car elle n’en parlera probablement pas ici ?

Annelise dit: 24 novembre 2016 à 18 h 54 min

Ce que j’aime avec vs Alley c’est que vs n’avez aucun côté obsessionnel ni monocorde. .. puis Bob, on ne s’en lasse pas ou c’est louche

Annelise dit: 25 novembre 2016 à 8 h 48 min

Alley, je me frotte les yeux… « Ellis », avec son chapeau à plume. Mais oui, Dylan himself ! vs êtes une mine, notre gardien du trésor (de la Cinémathèque française?) sous vos airs nonchalants

Annelise dit: 25 novembre 2016 à 8 h 51 min

Après le Nobel, je propose qu’on en parle à l’académie des Oscars. Ms ira-t-il le chercher s’il l’obtient?

JC..... dit: 25 novembre 2016 à 9 h 46 min

Comment peut on aimer de tels films. Dylan est ridicule dans ce western auvergnat, et pour l’autre … un type qui lit la Bible à la piscine !!!

Comment peut on « entrer », comme spectateur payant, dans un scénario aussi con ?

Roro dit: 25 novembre 2016 à 9 h 56 min

Annelise dit: 25 novembre 2016 à 8 h 51 min

Pour le Nobel il a dit qu’il irait le chercher au printemps

lu je ne sais plus où qu’à la question (jadis posée) pourquoi Sara plutôt que Joan, réponse approximative dans les termes: et bien parce que Joan ne vient pas quand on la siffle (ça devrait plaire au satyre de pq )

Roro dit: 25 novembre 2016 à 9 h 57 min

JC….. dit: 25 novembre 2016 à 9 h 46 min Comment peut on « entrer », comme spectateur payant, dans un scénario aussi con ?

Pour faire s’interroger les c.ns

Oscar Roty dit: 25 novembre 2016 à 10 h 33 min

I’m Not There

Things are crashing down
She’s all too tight
In my neighborhood
She cried both day and night
I know it because it was there

It’s a milestone
But she’s down on her luck
And the day makes her lonely
But to make it hard to buck, now and then

I believe that she’d stop him
If she would start to care
I believe that she’d look upon
His side that used to care
And I’d go by the Lord
Anywhere she’s on my way
But I don’t belong there

No I don’t belong to her
I don’t belong to any body
She’s my Christ-forsaken angel
But she don’t hear me cry
She’s a lone-hearted mystic
And she can’t carry on
When I’m there, she’s all right
But she’s not when I’m gone

Heaven knows that the answer
She don’t calling no one
She’s the way, forsaken beauty
For she’s mine, for the one
And I lost her, hesitation
By temptation as it runs
But she don’t holler me
But I’m not there, I’m gone

Now I’ll cry tonight
Like I cried the night before
And I’m knees on the hassle
But I’ll dream about the door
It’s so long, she’s forsaken
By her faith, worse to tell
It don’t have contonation
She smiles, fare thee well

Now when I treat to leave ‘er
I was born to love her
But she knows that the kingdom awaits
So high above her
And I run a better race
But it’s not too fast still
But I don’t perceive her
I’m not there, I’m gone

Well it’s all about diffusion
And I cry for her veil
I don’t need anybody now
Beside me to tell
And it’s all affirmation
I receive but it’s not
She’s a lone-hearted beauty
But she don’t like a spot
And she calls

Yeah, she’s gone like the rain
Below the shining yesterday
But now she’s home beside me
And I’d like her here to stay
She’s a lone, forsaken beauty
And it don’t trust anyone
And I wish I was beside her
But I’m not there, I’m gone

Well, it’s too hard to stay here
And I don’t want to leave
It’s so bad, for so few
See, but she’s a heart too hard to need
It’s alone, it’s a crime
The way she mauls me around
But she don’t fall to hate me
But tears are gone, a painted clown

Yes, I believe that it’s rightful
Oh, I believe it in my mind
I’ve been told like I said one night before
Carry on the cryin’
And the sole gypsy told her
Like I said, carry on
I wish I was there to help her
But I’m not there, I’m gone

Widergänger dit: 25 novembre 2016 à 10 h 46 min

Je pense que ce n’est pas « un type qui lit la Bible à la piscine », mais plutôt un « lycéen qui lit la Bible à la piscine ». Ce qui change tout. Un cours d’EPS à la piscine ; les autres se baignent, lui lit sa Bible. C’est plausible, ça dit son fanatisme : les autres s’amuse et apprennent à nager, lui reste plongé dans sa Bible. Idée fixe. Puis tentation à travers le petit cul d’une copine. Thème de la tentation. Typique. Classique. Flaubertien. St antoinesque… D’où peut-être insistance du réalisateur pour revenir sur la critique de Phil. Au total quand même : film très intéressant et qui fait peur. À voir et revoir. Bon.

Annelise dit: 25 novembre 2016 à 11 h 47 min

Aviez-vous vu Léviathan, Michel? Cela rejoint Emmanuel 17h14 sur les enjeux et/ou difficultés d’un cinéma russe à exposer un état des lieux déplorable au plan de la corruption, des pressions, privations ou restrictions de liberté au bénéfice de maffias plus ou moins identifiées. Évidemment pas la religion orthodoxe en elle-même qui est visée ici, mais les mécanismes de distorsion très pervers instaurés à d’autres vues. Et que la société non seulement subit mais prolonge de son propre chef parfois ensuite, sans bien identifier quel fondamentalisme « fondu » elle véhicule. On est en pleine analyse à ce stade de notre Milner, dont la pensée trouve des applications malheureusement très concrètes dans la vie politique mondiale actuelle. Votre approche du film est bien menée

Annelise dit: 25 novembre 2016 à 12 h 01 min

Sinon, comme cinéma russe il y avait le remake de Ben Hur (par l’auteur du déjà si subtil « Lincoln, chasseur de vampires ») dont j’avais dit dans un précédent fil quelques mots navrés, tout de même ébahis : une telle débauche de moyens, Jésus « Calvin Klein », un original avec Charlton Heston si caviardé que ça en devient de la charcuterie, Messala en moignon provocant l’adversaire comme le chevalier noir des Monty avant de nous offrir une happy end délirante… Cela dit également bcp sur le cinéma bien toléré et en cours là-bas. Je regrette qu’aucun de vs n’ait eu envie de le voir. Autant de comique involontaire est rare, mélange d’affliction, d’incrédulité… Il faut goûter le kitch à double bind, sachant que ce n’est objectivement pas ce que visait le film.
Léviathan, tout autre genre disons. Comme une austérité qui a soudain son charme

Jibé dit: 25 novembre 2016 à 12 h 03 min

« Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c’est d’y céder. »
Oscar Wilde.

Sinon, danger, frustration !

J.d dit: 25 novembre 2016 à 12 h 53 min

Indeed Annelise dear vous êtes unique !Tout en finesse sous couvert de plaisanter.Votre sourire un des plus fins que je connaisse ; très intelligent au lieu de mépriser les films de série Z, d’observer comme vous le faites l’évolution.Le repassage de l’histoire et l’effacement des mémoires pour mieux abrutir .ca passe toujours par là .Votre compte rendu du ben-hur du Timour qui transforme Abraham en héros de film pour ados attardés est à encadrer !

JC..... dit: 25 novembre 2016 à 13 h 59 min

« À voir et revoir. Bon. » (Wiwi)

Film de merde d’après l’extrait. Ce type qui lit la Bible à la piscine, en lorgnant des culs juvéniles, cela reste à mes yeux d’une connerie rédhibitoire en 2016…

On est pas obligé d’être d’accord. Y a mieux.

Annelise dit: 25 novembre 2016 à 14 h 32 min

JC 13h59 « Rédhibitoire en 2016″. Je vs aurais bien proposé de le voir en 2015, ms le film n’était pas sorti
J.d 12h53 je l’ai vu ds une salle parisienne pleine à craquer,adolescents, familles, jeunes adultes (surtout des ados) en pâmoison. Timur Bekmambetov avec son Sheik Ilderim (qu’est allé faire Morgan Freeman dans cette galère?)clone de Frankétienne ou de Bob Marley sous un acide qui n’a rien à voir avec Cannes remplit davantage les salles qu’une rétrospective de Naruse, quel dommage

Annelise dit: 26 novembre 2016 à 8 h 39 min

Pas encore allée voir Eastwood Jibé…ms j’irai forcément. Je suis fan (certes à géométrie variable, ms sur le principe) depuis « Bronco Billy », un des plus méconnus en somme, avec le chapiteau qui ressemble à des toiles rapetassées de Jasper Johns, au « flag ». Et Minuit ds le Jardin, et Unforgiven, et Un monde parfait, et Million dollar baby… même Un frisson ds la nuit. Pale rider etc, des classiques. Je l’aime parfois ds les coins, sur des films mineurs, un peu vulgaires et réac en apparence alors que, lorsqu’on détaille… C’est Assayas je crois que j’avais lu à ce propos de manière inattendue, il y a cinq ou six ans, enfin bref. Pour le Pitt/Cotillard, j’aime indépendamment les deux acteurs, Brad Pitt ds Snatch, chez les Coen ds Burn after reading ou les Ocean est un excellent comédien (le jeune aigrefin de Thelma &Louise, rappelez-vs, c’était lui, épais comme une allumette..) Le film en lui-même ne m’a pas inspiré de billet. Dites-ns si vs vs inscrivez en contre.

Annelise dit: 26 novembre 2016 à 8 h 42 min

Je n’aime pas bcp Tom Hanks, à deux exceptions notoires près, Forrest Gump & Philadelphia. Peut-être même Big. Madre mia je vais finir par m’apercevoir que j’aime ce qu’il fait?

christiane dit: 26 novembre 2016 à 9 h 23 min

Le western ? dans la tradition hollywoodienne, c’est, dans ma mémoire des années 60, des paysages de désert, de rochers et de solitude (toute l’immensité de Monument Valley, la Vallée de la Mort…), des chevauchées et le bruit des galops, des régiments de cavalerie, des hordes d’indiens (Sioux, Apaches, Comanches et Cheyennes) et leurs bisons, souvent ennemis cruels (hélas, sauf « Les Cheyennes » de Ford)), des fermiers têtus, des shérifs face aux bandits sanguinaires, des voleurs de chevaux, des pilleurs de banque, des convois de diligences, des villes et des voies ferrées que l’on construit au milieu de rien, des locomotives à vapeur, la soif de l’or, la lutte pour la terre, le grondement des troupeaux, les saloons, le mythe de l’Ouest (Far West)…
C’est l’omniprésence de la mort au bout d’un colt
et
nos frères brandissant des colts en plastique et les amorces qui sentaient la poudre, foulard autour du coup et étoile de shérif sur le pull ou leurs batailles sur le plancher avec leurs petites figurines en plastique d’indiens et de cow-boys où ils inventaient des batailles et les plaines du Grand Ouest.
C’est aussi le « lonesome cow-boy” ou “chevalier errant “ (comme dans les romans de chevalerie).
C’est, progressivement, l’apparition des héros qui doutent, leur démythification (« Le train sifflera trois fois », « L’homme qui tua Liberty Valance », « 3h10 pour Yuma », « La lance brisée », « Hombre »…
C’est John Ford, Anthony Mann, H.Hawks, Henry Hathaway, Raoul Walsh…
C’est James steward et Cary Cooper, John Wayne (« La prisonnière du désert », « Rio grande », « Johnny Guitar »…)
Puis le western s’essouffle et quitte Hollywood pour Cinécittà…

JC..... dit: 26 novembre 2016 à 9 h 26 min

Puis le western s’essouffle et quitte Hollywood pour Cinécittà…, puis pour la Mairie de Paris où règne sans partage Calamity Jane …

observateur dit: 26 novembre 2016 à 9 h 58 min

à 9h49 le quart de neurone avec ses provocs de frustré petit manipulateur n’a pas encore pris ses cachets

Gilles dit: 26 novembre 2016 à 11 h 23 min

Le disciple; le parallèle avec l’embrigadement djihadiste est net ; helena la prof essaye de l’attaquer sur son interprétation du texte ,et lui ça le renforce dans ses convictions; tout le PB de la radicalisation .Et la question de comment la combattre ? La défaite parentale ,la mère totale à la masse débordée par le gamin ça évoque des parallèles .Pas le hasard si c’est souvent des fratries (auto entretien)
Leviatan était terrible Anne-lise! Le pauvre gars garagiste que le système veut avaler .Il se fait grignoter ; c’est cauchemardesque .Zviaguintseff avait dit « tout est russe ,typiquement russe dans mon film ».Vraiment un chef d’oeuvre .Vous faites bien de le rappeler et le rappeler encore annelise…

Annelise dit: 26 novembre 2016 à 11 h 40 min

Le film m’avait passionnée, Gilles – pas seulement en raison de mon goût pour la Russie, l’Est… Andrei Zviaguinstev, quel homme intelligent… 52 ans, d’une lucidité poignante. En visite à Paris il était conscient d’avoir livré une vision évidemment partitive (il parlait des hipsters de la capitale, qu’il aurait pu filmer…) mais très juste malgré tout. Tournage près de la mer de Barents, paysage superbe de désolation, de splendeur, pas d’arbres, le vent… et cette sorte d’irrationnel russe très bizarre qu’A.Z. décrit à la perfection. Il faut savoir que le film a été financé à 35% par le gouvernement de Vladimir Poutine : est-ce à dire qu’il accepte la critique? Le réalisateur avait plutôt l’air de suggérer que le scénario n’avait surtout pas dû être lu jusqu’au bout, échapper grâce à ça au couperet… il admet que gouverner un pays aussi vaste n’est pas chose facile… mais la violence partout infiltrée, l’ivrognerie généralisée, le désespoir, la corruption tels qu’il les a montrés il dit voilà, mon pays, c’est ça. Il a reçu le soutien de la veuve de Soljenitsyne, alors qu’elle est très croyante, et que le film l’a choquée profondément (en particulier l’église bâtie sur… mais chut, spoiler) .

Gilles dit: 26 novembre 2016 à 11 h 40 min

Un film comme ça (disciple ou leviathan) reçoit quel accueil en Russie? La censure doit s’abattre ils doivent tous terminer au goulag .C’est très courageux.

Paul Edel dit: 26 novembre 2016 à 13 h 24 min

Un film comme » Léviathan » de Andreï Zviaguintsev sur la mer de Barents pose la question : ce régime poutinien qu’on présente comme horriblement tyrannique, comment a-t-il pu traverser toutes les censures ? expliquez moi. je ne comprends rien.
Petit détail : qui sait filmer comme lui quelques ouvrières d’une poissonnerie dans un bus ,mal réveillées, le matin ouor une journée éprouvante? là c’est digne de Tchekhov. Quel admirable cinéaste.

Annelise dit: 26 novembre 2016 à 15 h 44 min

Paul, cela paraît une blague ms Zviaguintsev était sérieux en disant qu’ils avaient peut-être échappé à la censure ou étaient passés en dessous simplement parce que le scénario n’avait pas vraiment été lu par la commission ! Par exemple : la grossièreté est censurée, car donnant une « mauvaise image » (raisonnement de même acabit pour les « mauvaises pensées » suscitées par le morceau d’intro chez Serebrennikov). C’était incroyable d’entendre ça ds l’itw d’A.Z pour « Léviathan »…il suggérait aussi que possible également que Poutine ait laissé passer, histoire de montrer qu’il est bcp moins despotique qu’on ne veut le faire croire en matière de liberté d’expression… une espèce de jeu de billard à tant de bandes qu’on s’y perd. Zviaguinstev rapportait d’autant cela à l’irrationnel dont on a parlé… puis ce n’est pas Moscou, la mise à distance selon lui a pu jouer : la mer de Barents, Kolia et Roma le fils, le maire magouilleur ça reste la cambrousse, quoi. Pour finir c’était très émouvant d’entendre Z conclure qu’il « n’avait toujours pas compris » et que si ça se trouve « il ne comprendrait jamais comment ça s’était passé »… et nous voilà de nouveau avec le débat autour du cinéma de Nikita Mikhalkov, dont j’ai par ailleurs aimé les Yeux noirs ou Le Barbier de Sibérie, les steppes, la belle Russie qui fait rêver et ne dérange pas grand-chose et qq comme Tarkovski, qui rapidement ne donne ds aucun cinéma pro-soviétique, ce qui fait qu’il se retrouve vite avec la censure sur le râble et obligé dès la fin 70 de quitter son pays puisque les organes de l’URSS ne lui permettaient pas de financer ses films.
Rester, ou partir, et que faire de cela, c’est justement en gros le thème d’un film roumain que j’ai bcp aimé et que je chroniquerai sans doute d’ici un ou deux billets

Phil dit: 26 novembre 2016 à 21 h 32 min

(avant de se travestir en Italie, le western us rencontra Peckinpah, Christiane. il fallait un Indien pour ce baroud d’honneur au genre)

christiane dit: 27 novembre 2016 à 14 h 52 min

Phil,
Je n’ai vu qu’un seul film de Sam Peckinpah : « Les chiens de paille ». Ce n’était pas un western mais un film sur une certaine barbarie. Je me souviens du personnage ambigu, pas sympathique (hypocrite, mou, chétif et lâche) de Dustin Hoffman (David Sumner), prof de maths, en mari fragile d’une poupée blonde, aguichante. Drôle de couple mal assorti, en transit dans cette ferme à restaurer, isolée d’un village perdu au milieu de nulle part, en Cornouailles…
je revois cette partie de chasse où on l’égare pendant que sa jeune femme est violée ou encore d’une jeune fille enlevée par un costaud un peu simplet qui la tue par accident, de David recueillant cet inconnu blessé, sur la route, l’emmenant chez lui et le défendant contre la horde sauvage de voyous, en tuant tous ses poursuivants, lors de l’assaut final, avec férocité.
De pacifique, il devient tueur fou, d’une violence incontrôlable puis il part avec ce fugitif sur la route… L’homme qu’il était n’existe plus… laissant tous ces cadavres derrière lui, l’œil vague, dans un état second.Ils ne peuvent plus, ne savent plus rentrer chez eux car leur territoire n’existe plus.
La tension monte toujours dans ce film insoutenable qui m’a tétanisée, rendue nauséeuse. Est-ce une apologie de la violence ? Peckinpah veut-il montrer que la violence est en tous ?
Ce film m’a fait penser à « Orange mécanique » de Stanley Kubrick ou encore au terrible « Délivrance » de John Boorman.

ya-t-y- un bon dieu dans la salle dit: 28 novembre 2016 à 8 h 47 min

un maire de saint-germain des près, n’a jamais bossé dans le privé, preum d’un gouv de 600 milliards d’euros de dette publique entre autres prouesses

JC..... dit: 28 novembre 2016 à 10 h 56 min

J’aime l’idée que les grilles des cages du Zoo volent en éclat, et que les singes (et les guenons) restent sur place, apeurés, surpris de cette infinie liberté …

Widergänger dit: 28 novembre 2016 à 11 h 08 min

Oui, en effet. Si la gauche ne présente pas un seul candidat, nous sommes fichus. Notre vie va devenir encore plus précaire qu’elle n’est, plus pénible, plus difficile, plus pauvre. Les responsables politiques porteront une lourde responsabilité. Je crains fort, hélas, que la gauche soit dans une impasse alors que les choses à gauche pourraient être tout autres si les hommes de gauche le voulaient. Constat amer et terrible !

l'équipe médicale dit: 28 novembre 2016 à 11 h 47 min

 » apeurés, surpris de cette infinie liberté … »

le pervers de pq de plus en plus ravagé et fier de l’être erre dans l’île sa croix g a mmée dans les bras

JC..... dit: 28 novembre 2016 à 13 h 17 min

Au cours de nombreuses années à fréquenter « l’inintelligenzia politique nationale », j’ai acquis la certitude que plus tu es de gauche, plus tu es nul et con.

Eriksen dit: 28 novembre 2016 à 13 h 45 min

Un film profondément dérangeant que ce Disciple, dont le titre russe (M)uchenik veut dire élève et martyr.
On suit la mue d’un adolescent timide (Benyamin), en prêcheur orthodoxe. ll découvre, ébahi, la force des mots de la bible, surtout les passages de menace et de punition qu’il apprend par cœur. Il les professe avec une autorité d’abord hésitante, puis, encouragé par des victoires aisées, se saisit crânement de l’autorité morale en déshérence jusqu’à n’avoir plus pour adversaire qu’Elena, professeure de Biologie et belle battante de la laïcité.
Au début, le malaise tient au déséquilibre inhabituel avec lequel le cinéaste Serebrennikov traite les forces en présence. La direction féminine du lycée abdique avec une facilité déconcertante, ce qui rappelle le proviseur de La journée de la jupe. La mère est d’une bêtise et d’une hystérie crasses. Benyamin crée un climat de culpabilité qui entre en résonnance avec celles, cachées, de ces femmes : les libertés dont elles ont hérité ne leurs semblent pas vraiment légitimes, au fond. Pire encore l’absence de réaction des congénères, plus préoccupés de leurs premiers émois. Ils youtubent avec joie les actions politiques de Benyamin, même si les renoncements qui en découlent sont les leurs : à la piscine, le bikini est remplacé par un sombre maillot une pièce.
S’ouvre alors le combat des chefs : un homme contre une femme, la religion contre les lumières, foi en Dieu contre foi en l’Homme, et, chose à laquelle nous ne sommes plus du tout préparé, Serebrennikov rééquilibre sous les yeux du spectateurs la balance entre les deux discours, malgré toute la foi que l’on met dans les Lumières. Quand la lumière ne vient plus que de cette télévision constamment allumée dans les foyers et même dans le bureau du proviseur en présence de l’élève, la débandade générale n’a rien d’étonnant et en dit long sur la médiocrité et l’absence de bonheur à défendre dans notre monde. Émerge alors Elena, seul rempart au retour en arrière.
Benyamin agit comme les activistes des années 60, avec les mêmes méthodes et le même refus de partager le pouvoir des mots. Par les actions de l’élève-martyr, Serebrennikov crée une ambiance de Mai 68 à l’envers, y compris dans l’opposition farouche de quelques tenants du vieux monde, représentés ici par Eléna. Si elle est nettement moins pathologique que Benyamin, il n’en est pas moins sortie du même moule de certitude.
Le vertige prend le spectateur à la vue de cette inversion cauchemardesque des valeurs. Benyamin (« fils de la main droite ») remet en question la liberté de l’homme par son orthodoxie (« la loi droite »),
Crédible ? depuis quelques jours, je le pense. Après tout, l’éducation d l’Homme est une balance entre autorité et autonomie, et l’éduqué n’est pas nécessairement apte lui-même à juger du bon dosage pour progresser. Comme il n’y a personne d’autre pour décider, les oscillations sont inévitables.
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Il est difficile d’écrire sans spoiler (et sans s’poiler) de films qui inversent leur message dans le dernier quart d’heure (à bon entendeur pour ceux qui n’ont pas encore vu le Disciple). « Fenêtre sur cour » en est l’archétype et « Flight » de Zemeckis mon dernier exemple en tête.
Ici, Serebrennikov s’assoie dans un des plateaux de la balance et transforme l’idéaliste Benyamin en menteur et en assassin (au demeurant une métaphore assez juste du régime soviétique). À défaut de la victoire, le film rend à la belle Elena une fierté de Juste, quoiqu’un peu ridicule dans ses baskets cloués au sol de la classe. In fine le film se soumet donc apparemment à la norme, en nous affichant la duplicité du discours religieux radical.
C’est en fait assez pervers, car le spectateur aura surtout été marqué par les 1H45 d’appel à l’autorité, comme si le dernier quart d’heure normatif, rendu nécessaire par la censure latente, ne comptait pas vraiment. Faux film de gauche et vrai film de droite ?
Restent les références bibliques que je ne maitrise pas bien et qui sont troublantes : la lutte entre l’Homme et Dieu a un épisode exceptionnel dans la bible : celui du combat de l’ange divin avec Jacob, père de Benyamin…. Jacob résiste. L’aurore se lève sur sa victoire, avec bénédiction en prime de la part de l’Ange, qui semble plutôt avoir été ici un sparing partner.
Jacob…, un héros douteux par ailleurs, si l’on se souvient du plat de lentilles en échange duquel il obtient le droit d’ainesse face à Esaü son frère, avant de tromper son père Isaac sur son lit de mort, alors qu’Esaü était parti à la chasse. Mais c’était avant ce combat avec l’ange…
Le film baigne dans une ambiance punitive d’ancien testament, mais il y a le petit Grigoriy, victime absolue des médecins, des autres élèves et de Benyamin, ce qui ouvre sur le nouveau testament. Qui plus est, il boite, comme Jacob après sa victoire.
Si quelqu’un a une interprétation cohérente par rapport au film, je suis preneur.

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