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La République Du Cinéma

« Midnight Special » : special, indeed

Par Annelise Roux

Alton (Jaeden Lieberher) petit garçon pâle est enlevé par son père biologique, Roy (Michael Shannon) aidé de Lucas (Joel Edgerton). Lourdement armés, ils l’évacuent de nuit, en proie à une extrême urgence, dans un climat de grande violence, pour le soustraire aux forces de police lancées à ses trousses, ainsi qu’à un groupe de fanatiques conduit par Calvin Meyer (Sam Shepard), prédicateur ayant élevé l’enfant sous son nom.
Meyer monte en chaire pour scander d’énigmatiques prédictions chiffrées révélées par son fils adoptif, avant que la communauté ne soit appréhendée par des agents du gouvernement. Parmi eux, un jeune scientifique, Paul Sevier (Adam Driver) se cantonne à l’observation.
Alton porte en permanence des lunettes bleues. Dans la journée il dort, casque anti-bruit sur les oreilles, après que les ravisseurs ont calfeutré les fenêtres avec soin. Ils roulent vers un but qu’il leur indique d’une voix sans relief, lui obéissent au doigt et à l’œil, prêts à tout pour protéger son évasion. Le père entièrement dévoué le surveille sans repos, craint qu’il ne dépérisse. En chemin ils passent prendre sa mère, Sarah (Kirsten Dunst), aimante, éprouvée de le revoir, elle qui ne l’a pas élevée.

Dans la voiture Alton lit des comics à la lampe torche. Superman, quoi d’autre? Il lui arrive de changer de station de radio en s’emparant des fréquences par sa voix. Agité de convulsions, il fait chuter des satellites. S’il ôte ses lunettes, un rayon laser en jaillit, aspire ou détruit tout sur son passage tel Abadonna, Ange de la mort du chef-d’oeuvre de Boulgakov « Le Maître et Marguerite ». Si l’on souhaite une référence susceptible de parler à la jeune génération, « Cyclope » dans la série des X-Men peut faire l’affaire.
Jeff Nichols n’emprunte cependant rien aux Marvels.
C’est un réalisateur frappé d’étrangeté, à la sémiologie trouble, inquiétante, véhiculant des métaphores autour des passages, de la transmission, de l’âge adulte. « Frappé » en ce qui le concerne est le bon mot : la dimension d’immobilisme à laquelle il faut réagir sous peine de mort et de paranoïa, en tout cas de soupçon de désordre mental, est de chacun de ses films. Son cinéma fonctionne sur l’émission de signes apocalyptiques, l’Apocalypse étant entendue comme une fin, mais également le début éventuel d’autre chose.

Obscur mal identifié à l’œuvre, transformation, quête haletante, douloureuse, vers une mise à l’abri, une libération… Cela peut être entendu comme la représentation des perturbations endurées pour grandir, quitter la gangue de l’enfance vulnérable et toute puissante, troquer ses habits d’imaginaire et d’entier possible pour ceux plus âpres d’un monde aux arêtes coupantes auquel il s’agit d’accéder, incertain, mais plus vaste au final.
« Mud » permettait à Matthew McConaughey enfermé sur une île, bateau éventré échoué au sommet d’un arbre dans la moiteur des bayous du Mississippi de requérir l’aide de deux adolescents qu’il allait guérir de l’enfance.
Rite initiatique doux, insidieux, brutal : sans doute une des marques de fabrique de Nichols, avec son interrogation angoissée de la paternité. « Take Shelter » impliquait déjà Michael Shannon (qui campe ici un père non pas possessif, mais protecteur bec et ongles, jusqu’à l’oblation), en homme guetté par les visions, assailli par les vols d’étourneaux, qui se demande s’il doit être soigné pour folie ou construire au contraire un abri anti-tornades où se replier avec sa famille.

On sort du film en ne sachant pas sur quoi on est tombé. Ovni.
Cela peut être considéré comme un avantage, dans un paysage cinématographique où on se plaint du déjà-vu. On frise le ridicule, dans les dialogues livrés au compte-goutte sous mode télégraphique. Le boursouflé grotesque, dans les longs regards appuyés de la mère ou du père… La frontière est mince parfois entre réussite et ratage.
La part cryptée, dérangeante, est affaiblie par une ou deux maladresses – la voix robotisée de l’enfant pour suggérer son origine extra-terrestre, classique qui aurait pu nous être évité, les soucoupes volantes qu’on dirait sorties d’une esquisse de l’architecte de la Fondation Vuitton de métro Sablons Frank Gehry, la vie non humaine sous forme de lueurs à la Near Death Experience…  En revanche, l’absolu de l’amour parental qui va au-delà de sa propre chair, sacrificiel dans l’abandon que représente le fait d’accompagner sans l’empêcher la course de l’enfant vers un but qui aboutit pourtant à une séparation, est d’une grande force.

Sam Shepard, en plus d’être un dramaturge prisé, est un acteur dense. Ses dents dérangées, son sourire gauche sous chapeau melon nous avaient bouleversés dans « les Moissons du ciel », ce très vieux Terrence Malick où, riche fermier du Texas, il épousait une femme en-dessous de sa condition. Il est impénétrable et dangereux en chef de file d’une secte. Le jeu monocorde de Joel Edgerton, aussi vitaminé et varié qu’un Chicken McNuggets, se trouve employé ici au service d’un sourd dévouement. Michael Shannon en père hanté par l’accomplissement nécessaire, fût-il à son détriment, donne chair avec puissance aux obsessions de Jeff Nichols (ce dernier a déclaré dans une interview que le film lui avait été inspiré par une convulsion fébrile de son fils Sam qui l’avait paniqué). Kristen Dunst/Sarah en mère dépossédée, souffrante, mais qui laisse aller par la force des choses, retrouve un peu trop ses expressions de fin du monde à la « Melancholia » de Lars Von Trier. Le film n’en demeure pas moins intriguant.

Adam Driver (le fils de Han Solo et de Leia dans le dernier Star Wars, pris lui aussi dans la problématique psychanalytique de « tuer le père ») a toujours autant de séduction sensible et d’aussi grandes oreilles. Pour mieux te prêter attention, mon enfant ? En personnage « neutre », qui plutôt que d’être dans le jugement ou l’entrave est celui qui accorde écoute et dont l’enfant fait élection en lui dévoilant sa capacité de dédoublement, est ce tiers qui va – littéralement – permettre l’envol.

« Midnight Special » de Jeff Nichols

 

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commentaires

23 Réponses pour « Midnight Special » : special, indeed

Polémikoeur. dit: 21 mars 2016 à 12 h 42 min

Raconter, trop, pas assez, où placer le curseur ?
Eternelle difficulté du dosage, dans la bande-annonce
comme dans la critique. Un enseignement de la physique
est que l’observation d’un phénomène induit du changement
dans le système composé par le phénomène et le dispositif
qui l’observe.
Voir un film est donc une rencontre entre ce dernier
et un regard particulier, rencontre qui produit
une somme d’impressions propre au moment et au lieu.
Ceci péniblement rappelé, il n’y a plus qu’à balancer
du surnaturel et de l’image à dominante nocturne
pour remplir le vase qu’une goutte suffit
à faire déborder.
Après « Ma femme est une sorcière », « Mon fils est un alien » !
Que les moyens de la production, distribution incluse,
donne un résultat aux normes des grands studios américains
mérite-t-il encore de s’y arrêter ?
Conclusion ? Bof, un peu comme au « fast food »,
pour prendre le « special », il vaut mieux avoir
plus d’appétit que pour prendre le normal,
voire le « small », faute de quoi, une sorte de boule
reste sur l’estomac, surtout au-delà de « midnight ».
Meltingpotement.

jodi dit: 21 mars 2016 à 13 h 18 min

Anne-Lise,intimidant d’ecrire apres vous.Pas d’objection,au contraire.Impression de retrouver les grands textes chiadés à la Blondin,Perec ou Marmande.On avait eu tendance à oublier ça depuis les Gautier,les Bainville et les Nerval.Assouline nous gate avec vous.

J’avais marché a fond pour « Mud ».celui-là on ne sait plus ou on habite.Pertubant mais pas un defaut!Mikael Shannon flanque vraiment la trouille.Des infos sur le prochain Nicols?

el flaco dit: 21 mars 2016 à 13 h 54 min

Vous aviez aimé Mud, Annelise? Les Américains sont total dingues de Nichols.De là à dire que c est digne du meilleur Spielberg….

Jibé dit: 21 mars 2016 à 14 h 32 min

On passe d’un film archaïque à un film futuriste.
Plus que le pas de côté, cher à Passou, avec vous c’est carrément le grand écart, Annelise !

maman dit: 21 mars 2016 à 15 h 51 min

« accompagner sans l’empêcher la course de l’enfant vers un but qui aboutit pourtant à une séparation »

la mère se sacrifie toujours

Annelise dit: 21 mars 2016 à 16 h 05 min

Mon passé de danseuse classique, Jibé. Il faut bien que ça ressorte. Qu’avez-vous pensé de celui-ci, après l’appréciation sur la performance ..musclée(?)de McConaughey dont vous nous avez fait part sous forme de lien?
Jodi, le prochain Nichols, « Loving », d’ores et déjà présenté comme bête à concours cannoise, met en scène un couple mixte. J’ai un peu peur de Joel Edgerton dans le rôle titre, mais ne présageons de rien. L’Obs a parlé pour ce « Midnight » d’une grande réussite onirique. Sur un autre fil, un camarade de la Femis, par ailleurs musicien electro-pop doué fan d’Isao Tomita a exprimé sa profonde réserve en parlant de fumisterie, « d’imbécilité ». Clivant?

Annelise dit: 21 mars 2016 à 16 h 07 min

@Maman : chez Nichols la figure maternelle est facilement sacrificielle en effet, mais trouble, perturbée. Le père est au centre

Annelise dit: 22 mars 2016 à 8 h 31 min

Tant mieux Jibé.. .donc vous avez vu, narration plane, qui ne s’écarte pas ni ne dévie.. Je préfère Boulgakov cité ci-dessus, sa fantaisie et sa rigueur (fût-elle d’un abord délirant) dans la manière d’embrasser intimement le politique, ses sauts de cabris, les méandres d’Edith Wharton, les Américains à fresques – Scorsese ou Mann – les Français à (très) libre interprétation (les Larrieu de « Pattie »), les Sud-Américains à digressions & onirisme dans le tiroir (cinématographiquement, en littérature comme en peinture, cf Kahlo) mais V.Garenq, dans sa façon très française, sans recherche d’aucun effet,a le mérite de mettre à plat et rendre accessible un embroglio terrible, et je continuerai de m’intéresser à son travail. Dommage que son désir de clarté, que je respecte, ligote à ce point la créativité.
Et ce Jeff Nichols?

christiane dit: 22 mars 2016 à 9 h 10 min

Bonjour Annelise,
allez-vous vous faire plaisir et nous faire plaisir en allant voir ce si beau film vu en avant-première hier au soir ? J’aimerais lire vos mots sur celui-ci :
Titre original : Rosalie Blum
• Réalisation : Julien Rappeneau
• Scénario: Julien Rappeneau d’après l’oeuvre de Camille Jourdy
• Acteurs principaux : Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi, Alice Isaaz, Anémone, Sara Giraudeau, Philippe Rebbot,…
• Sortie : 23 mars 2016
• Synopsis : « Vincent Machot connaît sa vie par cœur. Il la partage entre son salon de coiffure, son cousin, son chat, et sa mère bien trop envahissante. Mais la vie réserve parfois des surprises, même aux plus prudents… Il croise par hasard Rosalie Blum, une femme mystérieuse et solitaire, qu’il est convaincu d’avoir déjà rencontrée. Mais où ? Intrigué, il se décide à la suivre partout, dans l’espoir d’en savoir plus. Il ne se doute pas que cette filature va l’entraîner dans une aventure pleine d’imprévus où il découvrira des personnages aussi fantasques qu’attachants. Une chose est sûre : la vie de Vincent Machot va changer… » – 3 points de vue – ébouriffant ! ( singulière et poétique aventure adaptée du roman graphique (BD) éponyme de Camille Jourdy.)

Vébé dit: 22 mars 2016 à 12 h 41 min

Il est curieux ce film, Anne-Lise! Une sourde angoisse, dont on ne sait pas d’où elle vient.

Nous n’étions pas d’accord en sortant avec la personne avec laquelle je l’ai vu. Il y a des moments de bravoure tels que vous les décelez ; et puis l’impression que Jeff Nichols joue surtout sur sa réputation pour nous faire avaler ses soucoupes.

Merci pour la critique. Je n’en rate pas une.

Annelise dit: 22 mars 2016 à 16 h 33 min

@Christiane de ce matin, (un peu commotionnée, beaucoup d’amis belges)j’ai vu le film il y a quelques jours. Julien Rappeneau, scénariste également d’Au nom de ma fille de Vincent Garenq.Casquette à multiples motifs, comme on voit. J’ai pas mal de tendresse pour Noémie Lvovsky. J’avais aimé « Camille redouble ». Le Coppola dont il s’inspire, « Peggy Sue s’est mariée » est d’ailleurs une oeuvre dite mineure, alors que Kathleen Turner et Cage y sont formidables. Pour « Rosalie Blum », donc pas impossible que …
@Vébé : on peut détester l’opus de Nichols, le trouver grotesque, mais quand vous dites qu’il « se sert de sa réputation » (sic), pour nous faire prendre des vessies pour des lucioles extra-terrestres(?), pas sûre que vous soyez dans le vrai. Il est récurrent dans ses obsessions. Cela semble une redondance mais n’en est pas une. Cela signe une cohérence dans la névrose qui au moins ne le situe pas dans la manipulation. Je crois qu’il poursuit une ligne qu’on peut juger fumeuse, ou à côté de la plaque, qui peut plaire ou excéder (à Cannes visiblement ils en sont plutôt friands) – mais « fabriquée », non.

christiane dit: 22 mars 2016 à 17 h 04 min

Je comprends, Annelise… Bruxelles…
(Mais j’aime bien vous lire). A une de ces jours. Merci.

Eriksen dit: 23 mars 2016 à 17 h 30 min

Les religions du Livre ont eu un chapelet d’individus prophétiques. Il n’est pas absurde d’en imaginer un autre.
Cet enfant est d’une essence particulière. Pour les autres personnages, la question d’y croire ou non est dépassée avant même que le spectateur n’entre en scène : chacun l’a déjà admis et porte cette connaissance comme une responsabilité, un honneur, voire parfois un fardeau, mais toujours comme une évidence. Evidence-Based Faith.
Et cette évidence touche le spectateur parce que ces personnages sont tous discrets, humbles et pudiques. Même le chef de congrégation est d’une sobriété inhabituelle pour un gourou. Les membres de la secte sont touchants par leur certitude de ne pas être cru. Pourquoi un couple uni et aimant s’est-il résolu à laisser l’éducation de l’enfant à une congrégation religieuse ? pourquoi un flic se place-t-il tout à coup en marge de la loi ? Tout parle de la puissance transcendante de cet enfant et c’est par l’absence de « surjeu » que Nichols fait émerger dans l’esprit du spectateur la crédibilité de l’irrationnel.
En Saint-Thomas spectateurs que nous sommes, il nous faut cependant plus : et l’enfant de reproduire en parfaite synchronisation une voix de la radio, avant même que celle-ci soit allumée…
plus quelques autres confirmations par l’image, plus visuelles, moins intimes.
Mais l’individu prophétique est un enfant. Nos Marie et Joseph doivent-ils l’éduquer ? Comment des humains pourraient-ils savoir ce qui doit être enseigné alors qu’un prophète est censé montrer la voie ? Même avec la plus grande ouverture d’esprit du monde, l’éducation est toujours formatage… et l’on n’est sûr de rien.
Faux. Il y a une chose avec laquelle on peut « formater » sans réserve. Une chose qui donnera la sécurité d’aller voir ailleurs, le socle qui permet de ne pas projeter sur l’autre ses peurs rationnelles ou irrationnelles, de porter un regard bienveillant sur le monde. Jeff Nichols semble avoir beaucoup été aimé par une mère de tranquillité et de sécurité, et le regard bienveillant qu’il porte sur les hommes fait de lui un OVNI parmi les cinéastes.
Mais l’éducation d’un enfant-dieu n’est pas celle d’un enfant normal et la comparaison s’arrête là, pour ne pas faire de l’enfant un roi.
La force d’évidence du film s’étiole un peu sur la fin, probablement par la surabondance d’effets spéciaux : « L’autre monde » fleure bon le cliché, sorte de Brasilia écolo d’un futurisme un peu daté et où la chair et le sang semblent avoir disparus. Ces Lumières exsangues sont presque obscènes de nos jours.
Et l’enfant est parti : ce n’était pas un prophète mais une erreur d’aiguillage : « à la suite d’un bug informatique, un sauveur prématuré a été envoyé sur la terre. Des mesures ont été prises pour corriger au plus vite cette anomalie. Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour le dérangement occasionné ».
Reste l’homme vraiment rationnel, celui qui prend en compte la possibilité de l’irrationnel : Paul Sevier. Celui par qui l’homme se sauve par lui-même ?
Le plus beau, c’est que l’acteur s’appelle Adam Driver.

Jibé dit: 23 mars 2016 à 20 h 57 min

« et l’enfant de reproduire en parfaite synchronisation une voix de la radio, avant même que celle-ci soit allumée… »

En espagnol en plus, Eriksen !
Les films de science-fiction, c’est comme les films religieux : thématiquement limité…
Ici, on a les deux pour le prix d’un et le paquet cadeau est bien fichu.

Annelise dit: 24 mars 2016 à 7 h 53 min

Christiane, le billet sur « Rosalie Blum » écrit il y a déjà quelques jours sortira d’ici peu

Annelise dit: 24 mars 2016 à 8 h 44 min

Eriksen ( brillant, votre commentaire!), est-ce certain qu’Adam Driver incarne cet « homme vraiment rationnel » que vous dépeignez? Me suis posée la question soudain en vous lisant. Tout de même lui qui remet les clés permettant la fuite au lieu de se contenter d’une observation en laboratoire. S’il était au contraire l’affectif profond, mais mature, à bonne distance?

Annelise dit: 24 mars 2016 à 8 h 50 min

Enfin votre définition « de l’homme rationnel qui admet la possibilité de l’irrationnel » par d’autres mots recoupe cela très bien, en somme

Jibé dit: 24 mars 2016 à 10 h 53 min

Sauveur pour les uns, extraterrestre pour les autres, cet enfant, qui ne peut voir la lumière du jour, n’est-il pas aussi un vampire ?
Beaucoup de genres revisités pour un seul film ! Sans parler de Roy et Lucas, qui après être abattus par une balle de révolver se relèvent aussi fringants que les héros de bandes dessinées !
Un peu comme Vébé, je me suis senti baladé à travers des thèmes récurrents de bric et de toc. La seule originalité ici, c’est que la figure de Joseph prime sur celle de Marie. Y a t-il un salut pour les cinéastes contemporains américains en dehors du melting pot des films en tous genres ? Le réalisme serait-il mort ?

Annelise dit: 24 mars 2016 à 11 h 09 min

Intéressante question Jibé, qui diffère légèrement de l’affirmation un peu rapide qu’on entend cet an-ci, comme quoi le documentaire est « la voie d’avenir ». La nuance est très nette avec ce que vous nommez réalisme, et qui n’exclut en rien la fiction. En parlant d’Avenir… vu le nouveau film de Mia Hansen-Love qui sortira le 6 avril. J’en parlerai

Eriksen dit: 24 mars 2016 à 14 h 58 min

@annelise : Dans Midnight Special, Adam est un surdoué. Son humilité lui permet d’incarner le top du rationnel en l’état actuel des choses, c’est-à-dire un rationnel ouvert à l’irrationnel.
Est-il vraiment affectif ? C’est difficile à dire: on aurait bien envie d’en faire un gros nounours rassurant. Il me semble cependant plutôt incarner l’homme des lumières tel que le rêverait Nichols. L’irrationnel affectif comme partie du rationnel me semblait plus clairement illustré par deux films récents : The revenant et The assassin. Dans les deux cas le héros ou l’héroïne intègrent dans leur pensée l’inconditionnalité du lien affectif, alors qu’ils sont chacun opposés à celui ou celle pour qui le lien affectif est inconcevable ou du moins à éviter. Ceux-là oublient que l’homme totalement sans lien est, à terme, une impasse génétique… et donc irrationnel.
Sans rapport avec cela, j’ai appris que le titre Midnight Special venait d’une chanson du début du 20e siècle sur le pénitencier de Sugarland (sic) Texas dont les détenus voyaient toutes les nuits le faisceau de lumière du train pénétrer leurs cellules : devenu symbole de la liberté… (d’où Midnight Express ?)
Si l’on se place du point de vue de l’enfant, envoyé par erreur sur terre, Midnight Special est le symbole de l’évasion ?

Eriksen dit: 24 mars 2016 à 15 h 21 min

@jibé : l’enfant ne peut voir la lumière du jour au début mais il dépasse lui-même cette impossibilité, qui ne vient donc pas de son essence mais de sa contingence éducative. Il dépasse ici la peur de ses propres parents.
Je vous trouve très injuste sur le peu d’originalité du film. Comme bien de films au box-office avec des familles qui ne soient pas dysfonctionnelles ? Combien de films qui ne renforcent pas la peur de l’autre ? combien de films sans hystérie quand il s’agit d’enfant ou de religion ?
Certes je regrette un peu tous les effets spéciaux, pour lesquels Nichols prend manifestement beaucoup de plaisir, par gout d’un cinéma qui lui vient de l’enfance (comme le fait Tarentino dans ses films). Mais je ne jetterais pas l’enfant avec l’eau du bain !

el flaco dit: 16 avril 2016 à 8 h 26 min

J ai beaucoup aimé cette fuite sans retour en arriére… quid du ranch et de ses habitants…idem que sont devenus les personnages envoyés pour enlever l enfant? film axé sur l impérieuse nécessité d accomplir son but, sa quête, obsessionnel, vibrant.A voir donc!

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