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La République Du Cinéma

« Mise à mort du cerf sacré » : tout attribut castré

Par Annelise Roux

Steven (Colin Farrell), chirurgien cardiaque, est marié à Anna (Nicole Kidman), ophtalmologue. Cœur, non seulement organe prosaïque dispatcheur de sang, mais sanctuaire affectif, univers du dedans, intime renfermé sous herse thoracique.  Oeil, lentille qui reçoit l’extérieur pour le transmettre à l’intérieur après filtrage, « fenêtre de l’âme », interface avec le dehors protubérante affleurant hors de la chair.
Pas pour rien s’il est tranché dans « Un chien andalou » ou autrement prisé chez Julia Ducournaud, dans le virtuose « Grave », que je n’ai entre parenthèses toujours pas réussi à voir in extenso, sous peine de crise de panique suivie d’arrêt maladie d’un mois.
Ils mènent une vie sans heurt avec leurs enfants, Kim, 14 ans (Raffey Cassidy) dont le large regard se prête à la fixité narcoleptique et Bob, 12 ans (Sunny Suljic). Le père visite Martin (Barry Keoghan) jeune homme qu’il a pris sous son aile, dont on ne comprend pas tout de suite ce qui les relie : fils caché, giton mal assumé par le praticien ? Le garçon s’immisce dans la famille, devient menaçant jusqu’à conduire le père respectable à de nauséeuses extrémités.

Le film n’a pas été très bien reçu à Cannes, le message qu’il renferme jugé « douteux » – sans compter que la dernière ligne déroute, énerve ou déçoit.
Yorgos Lanthimos joue t-il d’emblée pour autant perdant ? Son rapport à la chair se démarque du tout au tout de l’organicité sombre et réfléchissante d’un Cronenberg. C’est un clinicien à misanthropie et pessimisme forts, contrairement à l’auteur de « La Mouche » dont l’œuvre est traversée de romantisme présenté en tartare, éclaboussures et carpaccio transformatifs, y compris via la putréfaction. Le réalisateur grec inocule le malaise en instaurant un calme à pesanteur létale, d’où l’humanité est à encéphalogramme plat, stérilisée au détergent.
L’utilisation de la steadycam, très hôtel Overlook des Rocky Mountains chez Kubrick avant que Nicholson ne dégage les occupants, Diane Arbus au corridor de 1967 des « Identical Twins », étire des couloirs démesurés, étrécis, regardés à l’envers par des jumelles rendant négligeables la présence et les velléités humaines, la verticalité impossible… Ses très gros plans sur opération font disparaître la chair, il n’y en a plus : elle est chosifiée, ne tient plus debout.
Le petit rite sexuel entre époux en dit long, empreint d’un humour glauque et terrifiant, surtout en ces temps de scandales frôleurs : Nicole Kidman, manche à balai mincissime, sanglée, nez pincé comme on ne l’avait plus vue depuis « Les Autres » d’Alejandro Amenabar ne risque pas de balancer son porc. Le choix (de nouveau) de Colin Farrell, au visage d’homme-enfant, corps joujou sexuel éperdu auprès duquel une bonne putain aurait de quoi faire, et dont la maman a noué les aiguillettes serré, est habile, cruel, savamment paradoxal.
Depuis « Canine », où Christina, dévolue à la satisfaction sexuelle d’un fils cloîtré offrait un serre-tête scintillant ou « The Lobster », où Rachel Weisz errait dans un labyrinthe de haies vertes, Yorgos Lanthimos nous a habitués à ses méthodes dé-constructives sévères, sciemment désagréables et méchantes semées d’allusions à la tragédie grecque : ici le nom maudit poursuivi de vengeance filiale – l’intrusion du tiers faisant penser évidemment à « Théorème » de Pasolini –, dans le précédent, le héros hésitant à se crever les yeux tel Œdipe…
On se rappellera au passage avec bénéfice l’affiche du fameux « homard » antérieur : néantisation (l’angoisse de castration montée jusqu’à l’exaspération, indice pouvant aller jusqu’à la psychose survenant durant la période oedipienne) portée au point que l’iconographie du corps est tout bonnement assimilée à du vide.

En discutant au sortir de la séance lors du festival bordelais il y a une dizaine de jours avec un jeune confrère de la radio, je relève en off une phrase amusante : « le réalisateur semble avoir des problèmes, il ne doit pas faire bon de croiser en sa compagnie ». Isabella Rossellini disait de Martin Scorsese qu’il avait l’air fou mais qu’il était un mari très calme et de David Lynch, l’inverse. Ayant été l’épouse des deux hommes, son tableau comparatif peut s’entendre ?
Lanthimos sème la déroute sur tracklist raffinée, pièces de Schubert, Penderecki ou Cyörgy Ligeti, s’appuyant sur voix frêle, reprise de « Burn » susurrée par Raffey Cassidy en comptine : quid du « human race, human race » du refrain ? La dernière partie a beau malheureusement trébucher comme si le réalisateur avait eu peur de son ombre scénariste, ses œuvres n’en demeurent pas moins inquiétantes, marquées d’un questionnement cryogênant
Le cerf, animal du titre : symbole de l’arbre de vie grâce à sa ramure, évoquant rythmes de croissance et renaissances…image archaïque de la rénovation dans les traditions musulmanes, altaïques, Maya ou Pueblo, annonciateur de la lumière du jour chez les Pawnees. Comme le renne, le chevreuil, il joue le rôle de psychopompe dans plusieurs traditions européennes : le Morholt d’Irlande, oncle d’Iseult, tué par Tristan git « cousu dans une peau de cerf ». Rapporté aussi à l’ardeur sexuelle, il figure près du couple d’Aphrodite et d’Adonis, près de Suzanne au bain que lorgnent les vieillards sans trop de risques… Lanthimos énonce dès l’abord ce qui encourt d’être malmené, horreur et ironie brisant à froid, vitrifiées d’être plongées dans de l’azote liquide.

« Mise à mort du cerf sacré » de Yorgos Lanthimos
(sortie en salles le 1 novembre)

 

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300 Réponses pour « Mise à mort du cerf sacré » : tout attribut castré

L. dit: 29 octobre 2017 à 8 h 04 min

Y.Lanthimos, couple incontournable. Merci pour l’incise Cronenberg du « romantisme en tartare »/Farrel « sex-toy »/le questionnement plongé dans l’hydrogène liquide.
Je pars en… Grèce, Anne-Lise! Votre accompagnement tombe à pic. Bon courage pour la rétrospective Polanski.
L.H

Phil dit: 29 octobre 2017 à 12 h 03 min

sympathique synopsis, Farrel un peu trop beau pour un cardiologue « invasif », what else.
Merci à baroz pour la description des jardins de Bercy sur l’autre fil. Polanski y prendra l’air avant de respirer celui vicié des salles à cinéphiles.

J.D dit: 29 octobre 2017 à 14 h 13 min

‘Polanski y prendra l’air avant de respirer celui vicié’.
Avez-vous des enfants Herr Phil?Les fillettes de 13ans ont l’air d’en avoir 16 d’après MME Deneuve ,accordons-lui?Plus rare qu’ »elles soient formées à 9,10ans.8/14 est la fourchette prisée par l pedophilie.Au dessus elles deviennent trop vieilles.Les enfants Polanski mal servis,.Adjani c’est le contraire ,le fiston day-lewis a mal tourné.M.Hirsch dénonce les pratiques hospitalières .A glit hot dir getrofen!il ferait mieux de regarder celles du milieu de l’édition, Jean-Paul (pol) est-il le père et/ou rapport avec Maurice? L’affaire PolanSki,a shandeh oun a sharpeh.Les films anciens ont eu du charme ,maintenant auf tsores ,venus fourrure d’un ennui complet!Travail de alter kicker!MMe Nyssen ne depasse pas la contradiction.

Phil dit: 29 octobre 2017 à 18 h 28 min

lieber JD, je ne songeais pas aux affaires « extérieures » de Polanski. simplement aux cinéphiles qui ont aussi leurs fixettes. reverrais volontiers rosemary’s baby.

PETRUS dit: 29 octobre 2017 à 19 h 45 min

En fait de Lobster, de homard donc, je ne connaissais que le court-métrage hilarant de feu Artus de Penguern. Les cerfs, pour ma part, il m’est arrivé d’aller les entendre brâmer à l’automne, en forêt de Fontainebleau. Le meilleur « spot » c’était au centre d’un terrain militaire interdit d’accès ce qui ajoutait du piquant à l’affaire d’autant que nous étions plutôt alcoolisés. Mais je m’égare.
Votre article, Annelise, m’a donné envie de découvrir ce réalisateur grec que je ne connaissais pas et j’ai, par ailleurs, beaucoup apprécié votre évocation du cinéma de Cronenberg que je connais bien, en revanche.
Sur le fil précédent, Jazzi avait fait un bref éloge du film de Dupontel adapté du roman de Pierre Lemaître « Au revoir là-haut ». Le film est en effet très réussi, à la fois enlevé et émouvant, avec un Dupontel épatant, un Niels Arestrup formidable et des effets spéciaux d’autant plus réussis qu’ils restent discrets. On rit, on pleure, on écarquille les yeux, on sort content. What else ?
Quant à Polanski, je ne suis pas certain d’aller voir son prochain film, alors qu’il fait partie des réalisateurs que j’admire le plus. Pas à cause du déferlement médiatique porcin qui règne en ce moment mais parce que la bande annonce m’a glacé : les dialogues échangés sont dignes d’un roman de la collection Harlequin. Vous me direz, ça s’explique, c’est l’adaptation d’un roman de Delphine de Vigan. Je préfère quand Polanski adapte une vraie auteure comme Yasmina Reza…

Emmanuel dit: 29 octobre 2017 à 20 h 50 min

En attendant Lcerf sacré,con su permiso Annelise?;bombé,chrais plutàot dlavis d’Emma 17.47,jidé?;Sinon,tu peux plus lire Céline,nil pêcheur islande:;jcomprends ksi tu es le père d’1 fillette dedizans ,polansk tporte ssu lénerfs;?10ans safé jeune ;laptite Myriame barnard lavé ptete pas dmandé à ske sas passe comssa;David amiltone t’en a amidonné plusieurs avan davaler lticket;?Ses postères kanti panse ..;lvieu degueulasse nan navet plu dans lcalbut;onss ratrap comonpeu ;;la chairé faib ,Jidé;;!sois patro dur; Menfin cépalsujé,polanski l’a été un bon cineass;rosemary,phil veut rvoir lbébé ;moissé chaineutaoune .;nicoleson dvé étun gropointu,?;ssa stermine en odeboudin.; Ski minkiete cé kemmanuelle seigner,:;pourkoi elssé empatéassepoint,; elle jou kom1pié de culdejatte ;mainant on diré passa sas soeur,.prends passa pour 1compliment;.Ltruc sur Masoch tulsenté vnir à plin né;;ssafleur kom 1odeur de gaz l’erotism »touristique « des 70′s;caisskon s’est bidonnés!; tussen klepov polanski y décompense son érotisme primaire ,;lapassu négocier après soixante dix ans « l’effraction de la poussée constante de la libido » du nourrisson ,tréclairment ;mainant le vieillard maniac a bsoin qu’on lui doz le verre!ssaariv à des gentrébien;cété lmomen dlire Daniel Rosé ou Schaeffer ;léfilms dépremieres annees été porteurs d’1pulsion libidinale morbide ,ki resté kameme alliée à la conservation ;kom Bataille kiregardépa ala depense ;céplussa ;;Assayasse ,coscenariss;g peur kil rfasse lcoup dusserpendebrume ?;sils maria,kristen S et juliette b,jme gondolotan quLaureléhardy;

JAZZI dit: 29 octobre 2017 à 20 h 55 min

Intrigué par rose, qui sur la RDL en dit le plus grand bien, je suis finalement allé voir « The square », Petrus ! C’est pas que le film soit nul, il y a même de beaux plans d’escaliers, mais comme vous le dites, c’est au niveau du scénario que ça pèche : ça part dans tous les sens et ça traîne un peu trop en longueur. A trop vouloir prouver le cinéaste ne prouve rien. Tantôt, c’est le monde mondain de l’art moderne qui est sur la sellette, à un autre moment il s’agit de dénoncer les moeurs de la communication et de la publicité, ou de l’injustice des univers parallèles opposant les riches bobos suédois aux pauvres mendiants roumains, sans parler de l’animalité toujours sous-jacente sous l’homme, femme comprise, primaire ou cultivé. Un peu too much pour ce pudding cinématographique inconsidérément palmé à Cannes cette année !

alley car dit: 29 octobre 2017 à 21 h 39 min

Mais quel était donc ce film de Chabrol où un type, cadre quelconque dans une boite, auquel poussent des ramures, finit en gibier pourchassé à courre par ses employeurs ?

Sylvain dit: 30 octobre 2017 à 9 h 48 min

Polanski:Le locataire.is Adjani/Shirley Winters,Melvil douglas sur une musique de Sarde…

Immense.Le film avait était reçu couci couca à la sortie,Annelise Pareil que lanthimos?

Celui -la ne m’emballe pas malgré eva green, aussi belle que la mere.

J.D dit: 30 octobre 2017 à 13 h 00 min

Bubbala Emma à 17.47,vous me voyez marri si je ne suis pas clair.Bei mir bist du shayn,vous êtes régal pour moi.Dieudonné monte sur scène pour moquer la shoah?qu’il garde son théatre !Je ne vais pas signer de pétition ou manifester :je cesse d’y aller et je dis pourquoi ça ne m’amuse pas .Beaucoup de films de Polanski ont ma considération .Souvent kvell over,parlé de son génie sans demander votre aval! Vous êtesn certainement luftmensh ,une personne romantique qui veut témoigner qu’elle n’est pas effarouchée.Votre droit.Personne ne nie les qualités des Rosemary s baby or Chinatown cités.Une rétrospective n’est pas opportune ,ça s’arrête là.Pourquoi laisser entendre que je piétine l’œuvre ?Olivier assayas le co-auteur ou MME Baye sont au conseil d’administration de la Cinémathèque .Ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied.Pas besoin de hok a chainik,discuter sur une évidence.Herr petrus n’a pas envie d’y aller après avoir vu la bande-annonce .J’ai acheté le journal ‘Elle’ au moment de l’hommage à MME Trintignant,pour le soutien?Ca ne fait pas de moi un client pour les crèmes anti-rides .Ne mélangez pas les affaires en me reprochant de le faire.Mentsh Jazzi sur le ‘Bercy’ savant.Das war sehr gut !Le vignoble produit encore du vin ?Une vente aux enchères sur le modèle de la rue des saules .Idée :le profit sera pour rénover la peinture de la CF abimé par les féministes en colère.

l'ombelle des talus dit: 30 octobre 2017 à 13 h 19 min

Mais en quoi une suspension de la rétrospective serait-elle opportune ? Jusqu’à quand serait-il opportun de la différer ?

JAZZI dit: 30 octobre 2017 à 13 h 25 min

La Différer pour mieux la faire sauter, hypocritement, l’Ombelle : maintenons, maintenons, si l’on veut conserver quelque chose de nos libertés de création !

Annelise dit: 30 octobre 2017 à 16 h 57 min

Petrus 19h45. Penguern est mort ? Je l’ignorais. Sa petite fossette timothy-daltonienne, ces yeux bruns perchés..il avait une belle tête. Votre histoire d’aller surprendre le brame parmi les militaires est hilarante, je ne suis pas certaine que Yorgos Lanthimos vs fasse un effet similaire
Je me doutais que Polanski viendrait sur le tapis. Je ne vois pas que j’aie à faire part ici d’une opinion sur les affaires intimes..justiciables ou pas, l’opportunité de la chose etc, ces conversations, je les ai en privé ou en tête-à-tête, pas sur réseaux sociaux spécialistes des résumés foireux bien déformés.. Emmanuel 20h50, votre sortie sur Hamilton est particulièrement atroce, ms qd vous condescendez à être lisible,vs piquez ma curiosité en citant Rosé, ses travaux sur l’érotisme… oui oui. .ms vs savez c’est comme Bataille : le nombre de gandins posh qui me ressortent la photo du supplicié chinois en se pourléchant les babines.. ouh lala ! Ils le découvrent et vous exhibent ça, tout farauds.. ça ne m’intéresse pas comme ça.. en revanche sur le transfert, la douleur « matée »..Bataille traumatisé par le père réduit qui déverse des insanités sexuelles, qui voudra prendre ensuite en charge le destin d’une femme prostituée, tout de suite une autre portée..contrepoison.. rien à voir avec la masturbation complaisante sur horrifique d’autant plus excitant qu’il en atteint d’autres…mieux vaut sérier correctement dès le départ
Revenons à Polanski, cinéaste : « Le bal des vampires », la merveilleuse Sharon Tate est encore là en Sara Shagal, Roman himself en Alfred.. son goût frasqueux un peu vulgarisé dans « Pirates »..plaisir à voir qd il s’amuse bien., tellement drôle, malgré tout mélancolique et inquiet sous le comique..mitteleuropa. .Polanski toujours cerné de toutes parts..ghetto de Varsovie qui pèse, comment pourrait-il en être autrement ? L’abord psychanalytique de l’œuvre, simple complément parmi d’autres. Transparent partout. Humour aussi, dans « Rosemary »..les Woodhouse confinés dans la demeure maléfique, le vieux couple si serviable (lui s’appelle…Roman et elle, Minnie)..la décomposition de Mia Farrow sous l’empire des Castenet..et la musique ! L’écriture cinématographique de Polanski en est imprégnée. « Le Locataire » installe grâce à des plans d’une efficacité effroyable encore plus l’idée de la menace diffuse en espace réduit, l’intrusion d’un étrange informe, l’expulsion démoniaque ..Trelkovsky le timide se sent épié..Adjani en cigarette, gilet moumoute et lunettes écaille est extraordinaire. Il y avait aussi Eva Ionesco, Piéplu, Rufus. .Ou la beauté formelle de « Tess », l’exultation des bocages pour un déroulé si sombre, une finale si désenchantée. .oui il se peut qu’il y ait du sport à Bercy ce soir ailleurs qu’au POPB. .vs me raconterez ça avant de passer aux tzatzikis

Annelise dit: 30 octobre 2017 à 17 h 24 min

..quant à la dépense artistique, l’écrit, la compo musicale ou le filmé comme tentative (en tt cas, chez les bons)quand même bien dérisoire et vouée à l’échec de guérir de qqchose, c’est d’une telle évidence, hum ?

Paul Edel dit: 30 octobre 2017 à 18 h 08 min

j’aimais beaucoup les personnages beckettiens de « Cul de Sac »,de Polanski et de son scénariste Gerard Brach, -tres drole- et ce début de film avec une voiture poussée sur une route qui rejoint une ile , dans la marée montante. l’eau (qui envahit la route et la voiture )ressemble à du mercure.le personnage blessé et ses petites lunettes rondes à la Anouilh, et le gros malabar, un bras mal pansé, qui pousse la voiture.. quelle image..ou la séquence Françoise Dorleac qui glisse des petits morceaux de papier entre les doigts de pied du gros truand qui dort au soleil.. et elle enflamme le tout.gamineries polanskiennes délicieuses qui résument sa première époque très joueuse..

PETRUS dit: 30 octobre 2017 à 20 h 13 min

Oui, précisons, désormais, Polanski cinéaste.
Merveilleux Chinatown en effet, et, plus récemment, Ghostwriter à la mise en scène sans faille. Bien aimé aussi le Dieu du carnage. Quant à l’inquiétant Locataire (tiré d’un bref roman de Topor) vous auriez pu, Annelise, citer aussi Gérard Jugnot dont c’était peut-être le premier (tout petit) rôle au cinéma.

JAZZI dit: 31 octobre 2017 à 8 h 55 min

rose a beaucoup aimé « The square ». Voilà ce qu’elle m’en dit sur la RDL :

« jazzi
je l’ai trouvé limpide succinct et joyeux.
Ce n’est pas pour vous contredire.
L’argument du quotidien qui démythifie l’imaginaire : soyez confiants. blam tu te fais baiser.
La charge corrosive contre l’art contemporain : le technicien de surface, homme de bonne volonté.
Les enfants totalement livrés à eux-mêmes, avec des parents totalement dépassés : les soeurs qui se crêpent le chignon et le petit rom hystérique.
Les parents entre eux : la mère qui fout les deux mômes devant la porte du père, c’est ton tour dém…-toi.
Le conservateur qui conserve tout y compris son sperme.
L’acteur/performer plus crédible qu’un grand singe.
Le vrai grand singe qui vit avec la fille.
La romano qui réclame un ciabatta-poulet et sans salade, pas de s’il vous plaît.
Cette éducation extrêmement puritaine qui fait à un docteur psy demander de la tolérance envers le syndrome de la Tourette injurieux.
Sauf la scène de baise j’ai jubilé non stop.
Toutes les scènes longues avaient cette nécessité de la longueur.
N’ai pas vu -assez-celle où le couple se dispute avec le bruit des chaises.
Les invités au vernissage qui se ruent sur le buffet gratuit.
Les mécènes au cul serré et au courage à l’avenant.
j’ai trouvé ce film jouissif : une caricature bien observée de notre société. Et bravo au jury de l’avoir primé. »

JAZZI dit: 31 octobre 2017 à 9 h 27 min

rose ne désirant pas « entrer en concurrence avec vous », Annelise, demande que son commentaire soit retiré !

Sylvain dit: 31 octobre 2017 à 10 h 27 min

JC brisseau?

Ils cherchent le bâton pour se faire battre.

Pas s’étonner qu’il n’y a que des vieux pour aller à l’institution.

La comparaison de P avec les « nazis »,bof.

Gégé Depardieu a dit que dewaere avait été tué par un abus sexuel petit.coincidence?

Roro dit: 31 octobre 2017 à 12 h 00 min

tristan dit: 31 octobre 2017 à 10 h 30 min

Il estt peut-être trop trop en dehors du contexte de la période qui avait précédée la NV, et dont elle découlait

gilles dit: 31 octobre 2017 à 12 h 00 min

Vouais.La défense de polanski dans le compte rendu du Monde sur les Nazis qui brulent les livres ,au minimum maladroite.Au tour de Kevin spacey ,idole de mes enfants de s’excuser d’une agression sur bambin en faisant son coming-out(secret de polichinel).Les homosexuels vont être contents ! Boulgibougla .Sinon ,lu sur facebook que vous aviez été voir le film de nakkache et Toledano?On rit,on passe un bon moment .Bacri dans son rôle.Le mariage western sous la direction de sam karmann donne des idées pour pimenter les réceptions .Cerf sacré entre dépôt des chrysanthèmes ,ça c’est du timing.

olga dit: 31 octobre 2017 à 14 h 17 min

VU 2 fois TV « sudden fear » le masque arraché. C’est ..hors d’âge, mais d’une beauté fabuleuse, un NBl traité comme ds « les forbans de la nuit ». La poursuite ds les rues de San Francisco, Jack Palance au volant, un morceau d’anthologie. Et 2 Hollywoodiennes de charme, aussi cruelles chipies l’une que l’autre. Joan Crawford et Gloria Graham.
La critique de ce film fut le 1° article publié par Truffaut ds Les Cahiers du Cinéma.Il avait bon goùt. Je n’avais jamais entendu parler du réalisateur David Miller; je suis tombée dessus par hasard et je n’ai pas décollé de mon fauteuil..
Vus de superbes films avec DD, »battement de coeur » « adorables créatures » entre autres, finesse, beauté, coquinerie de la tte jeune DD,face à Martine Carol éblouissante et Edwige Feuillère en tailleur noir et qui fume le cigare.
C’est sur Ciné classic et c’est « Affrodisiaque » avec 2 FF comme le découvre dans son Journal intime, le père de Catherine-antonella Lualdi, tandis que la mère, libérée enfin ! balance la soupière fumante qui s’écrase sur la table . Vive les « adorables Créatures » !

Sylvain dit: 31 octobre 2017 à 16 h 38 min

olga:jack Palance dans Bagdad cafe.La grosse femme se dénude de son plein gré.

Schiappa a fustigé le tapis rouge à Polanski.

« S’il etait boulanger,on ne dirait pas il fait des bonnes baguettes. »cqfd.

Ca ne m’empêchera pas de trouver spacey un des meilleurs acteurs.De là à mettre en Une…(écoeuré).

l'ombelle des talus dit: 31 octobre 2017 à 17 h 26 min

« S’il etait boulanger,on ne dirait pas il fait des bonnes baguettes. »cqfd. »

Qu’est-ce qui vous fait penser que Polanski n’est pas un justiciable comme un autre ? La justice serait-elle complice de ses non-condamnations ?

l'ombelle des talus dit: 31 octobre 2017 à 18 h 49 min

A l’inverse, la justice obéit-elle à l’opinion la plus bruyante quand elle condamne monsieur-tout-le-monde de manière arbitraire, comme on balancerait son porc à la vindicte populaire ?

Emmanuel dit: 31 octobre 2017 à 19 h 21 min

Bin lombeldétalu,personne t’a dit que Roman P n’été pas justiciab;??cé kle boulanger k’a trop abusé dla baguette dans lfournil,il a pas de quoi faire les zarrangements fisscaux pour couvrir lméfait:?;rapport à la « clause de confidentialité « ;:t’as été agressé ,cpa grav tu las fermes en néchange dpognon ..;harvé cété lspecialiss , y tient ferm la kouronne!; le cerf dlantimosse acoté ifé palfigur ; Reusement kquévine spéssi y dispute le titeule dchampion dimmonde ;olga ,céjoli cprénom russkof; Martine carole el’avait 1gorge kété éblouissante .;god bless;

JAZZI dit: 1 novembre 2017 à 9 h 18 min

Ah, cette semaine, je vais pouvoir retourner plus souvent au cinéma !
Au moins quatre films à aller voir. Outre celui proposé ici par Annelise, le dernier Polanski, bien sûr (presse peut enthousiaste), l’intriguant « Carré 35″ de Caracava (critique élogieuse) et « Ex Libris : The New York Public Library », de Frederick Wiseman…

Annelise dit: 1 novembre 2017 à 9 h 29 min

Wiseman sans hésitation, cher Jacques !
Ne l’ai pas chroniqué alors que c’est mon chouchou car il n’a nul besoin de la presse « alternative » pour que son nom soit inscrit sur les tablettes des connaisseurs. .CP avait parlé de son amitié pour lui, Eriksen de sa fascination..à bientôt donc de vs lire. .votre notule sur le parc de Bercy extra.. l’ai même reprise pour y puiser une autre information. .merci encore
Rose, mon hote le 31 : my pleasure..votre lecture sur The Square a inspiré un ami lecteur l’envie de vs emboiter le pas sur le film

JAZZI dit: 1 novembre 2017 à 11 h 10 min

My pleasure, Annelise !

J’ai oublié de préciser que le documentaire de Frederick Wiseman dure 3h 17 min. ! Prévoir un en-cas. J’y vais…

JAZZI dit: 1 novembre 2017 à 19 h 15 min

Oui, le temps n’est pas un problème, chère Annelise ! Il est ailleurs. C’est un film documentaire très intéressant. Le réseau des bibliothèques de New-York est assez différent de celui de Paris. Plus impliqué socialement et offrant des prestations culturelles de qualité : conférences-débats, concerts, récitals de poésie… Je trouve cependant qu’il y a un peu trop d’os et pas assez de chair. Je m’explique. Trop de séquences de réunions de direction des responsables au détriment de la vie du petit peuple des bibliothèques, aussi bien du côté de ceux qui y travaillent que de celui de ceux qui les fréquentent. Par moment on a l’impression d’être dans un film d’entreprise ! Prégnance de la question Noire dans les animations culturelles aussi…

C.P. dit: 1 novembre 2017 à 23 h 52 min

Jacques, vous ne dites pas l’art du MONTAGE qui est celui de Wiseman, à partir d’une masse de documents visuels et parlés, sans anticipation au départ, sans voix off à l’arrivée. Son travail, depuis les années 70-80, donne ainsi une étonnante impression de vie en direct et surtout d’un échange généreux de propos et de niveaux de langue très divers qu’il appelle, -pourquoi pas ?-, « démocratique ».

J’ai vu, il y a cinq mois déjà (Wiseman est un familier des Braunschweig) la version provisoire de « Ex Libris » qui durait quatre heures et qui a été un peu réduite. Il est vrai que ce film est un peu plus sévère, donnant beaucoup de place en effet au personnel « responsable », que des travaux en noir et blanc dont j’ai revu avec plaisir des extraits récemment au cours d’une soirée à l’Odéon, présentés par Wiseman lui-même (il parle un excellent français, a travaillé avec la Comédie Française, etc.). J’en avais dit un mot, certains étaient réjouissants de drôlerie mais tous faisaient entendre « le pour et le contre » dans des situations très diverses, parfois apparemment très banales, enregistrées par des équipes attentives aux différentes ethnies représentées aux Etats-Unis. Wiseman garde évidemment cette même attention lorsqu’il se met au travail de choix et de montage.
Le monsieur, maintenant âgé et toujours doué d’humour, a ses fanatiques, dont je fais partie, comme Annelise, Eriksen, d’autres sans doute ici. Mais enfin les qualités de ses documentaires sont reconnues depuis longtemps. Le meilleur spécialiste français de son oeuvre est à mon sens Philippe Pilard : articles de revues dès 1980 et livre de 2006.

JAZZI dit: 2 novembre 2017 à 8 h 25 min

Le montage de ce qui est donné à voir c’est la « narration » du film. Et le fait que le temps long de celui-ci ne se sent pas spécialement au visionnage prouve que c’est réussi, C.P. J’ai juste évoqué un problème de fond : j’ai trouvé plus vivant, passionnant, humoristique le plan du début du documentaire sur les standardistes de la bibliothèque répondant aux demandes et recherches du public. C’est ce genre de scènes que j’aurais voulu voir tout au long du film, plutôt que les réunions infinies et auto promotionnelles de la direction. J’ai trouvé aussi un côté « bien pensance » dans le choix des activités culturelles montrées à l’écran…

Phil dit: 2 novembre 2017 à 10 h 01 min

trop long « New york library » et bien elliptique. Le patron de la NY library, Mr Marx, homme de pouvoir politique cache son puissant jeu de sa voix rogommeuse et Wisemann lui déroule un beau tapis. Son conseiller et bras droit dont les expressions réprimées trahissent la fonction ne fait pas entendre sa voix non plus, malgré 3 longues apparitions; la questions noire ,indeed, trop alibi malgré la crue vérité. il fallait cuisiner les vieilles frippées bagousées réunies au conseil d’administration. a noter le seul vrai chercheur sous les lambris est un doctorant français, qui travaille un sujet « gay »..
Nous aurions aimé suivre un des boss de la library depuis son manhattan domicile jusqu’à son prestigieux bureau et mesurer sa dedication au monde des « livres publics ».
Ridicule affaire Spacey qui se confesse comme un scout pris la main dans le slip. Protestantisme US dans toute sa crasse confessionnelle sans le talent de Rousseau.

Phil dit: 2 novembre 2017 à 10 h 10 min

La scène des téléphonistes déroulant la liste des livres empruntés aux pas moins empruntés appelants est une des meilleures, que n’a t-il pas suivi ce fil rouge

Phil dit: 2 novembre 2017 à 10 h 17 min

très bon « Brooklyn Yiddish », la survivance d’une langue d’Europe centrale dans un newyork de commerçants, où l’on entend malgré ce film la voix millénaire et psalmodieuse des rabbins.

C.P. dit: 2 novembre 2017 à 11 h 28 min

Phil, vous êtes sévère pour « Ex Libris », mais en somme vous pointez le même déséquilibre que Jacques. Ce film est pour une part du moins une oeuvre de commande originale de la NYPL, ce qui explique le caractère officiel et défensif des activités proposées. La parole est tout de même donnée à de simples pratiquants, non ?
Or moi aussi je préfère d’autres documentaires de Wiseman, à l’exemple du déjà ancien « Hospital » et de ses situations très variées, parfois sérieuses, parfois drolatiques. D’autres courts et plus récents films (en couleurs) sont doucement satiriques ou franchement comiques (comme « Cat-massage »), mais avec les mêmes qualités d’ attention à l’alternance des tons.

JAZZI dit: 2 novembre 2017 à 11 h 37 min

Oui Phil, la liste des livres empruntés est à mourir de rire. Et les dames liftées montrées au diner de gala est d’une cruauté sans paroles et sans pareille ! On est d’accord sur les deux films new yorkais. Mais vous êtes plus radical que moi dans vos jugement. J’approuve ! J’ai regretté aussi que l’on ne nous montre pas assez les superbes lieux de la bibliothèque principale aux lions. Aussi belle que l’opéra Garnier !

JAZZI dit: 2 novembre 2017 à 11 h 40 min

« Ce film est pour une part du moins une oeuvre de commande originale de la NYPL »

ça se sent trop, hélas, C.P., raison pour laquelle j’ai parlé de film d’entreprise…

Laura Delair dit: 2 novembre 2017 à 11 h 49 min

Jazzi, vous mes demandez des nouvelles de Suzy, ma lointaine parente : elle son tralala moins flamboyant mais le reste fonctionne bien

Annelise dit: 2 novembre 2017 à 12 h 29 min

J’entends, Jazzi 8h25 et Phil 10h01. . Mais Wiseman est Wiseman, avec l’aura et les moyens qui sont les siens, qu’il rend en une discrète et je trouve instructive, généreuse manifestation de puissance auprès d’un public qui ne se verra jamais délivré les bons badges et a envie de voir comment cela se passe. A son niveau, eût-il continué sur les standardistes, on pouvait prendre cela pour l’exploitation d’un folklore. Parce que oui.. tt dosé dans une grande intelligence, des possibilités d’observation inouïes, quasi exhaustives : évidemment que le chercheur bosse sur « sujet gay ».. et que FW force en douceur, ms force malgré tt les portes du sacro-saint conseil d’administration : qui sinon lui pouvait le faire ? « Plus d’os que de chair » , dites-vs, Jacques ? Oui il désosse l’énorme machine avec le même brio introduit, patient, qu’un chef étoilé servant du pigeon. . connaissance intime du squelette, retourné comme un gant ..je ne me suis pas ennuyée du tout, j’ai appris, même si je vois tb ce dont vos regards esthètes peuvent avoir été en manque. .moins de sûreté légitime, d’œil sociologique, humaniste et de compétences déployées en 3h17..mais Wiseman a 87 ans, il voit tout, a accès à tout et il sait faire ! Paradoxe de lui reprocher le « film d’entreprise » parfait. Pas ressenti ainsi… avec son pedigree il ne serait pas crédible en cinéma expérimental ni doc trébuchant… ici c’est toute implantation de caméra gommée, bluffante endoscopie que ce « NY Public Library » avec pédagogie vivante, chiquissime jusque ds la façon d’aller ds les coins.. Là où cela me touche et devient compliqué, c’est que je rejoins « par la bande » (mais pas sur Wiseman) une partie de votre argumentation : l’idée par exemple que le doc bien « brut » est le lieu rêvé des imperfections, plans un brin foireux, accrocs, raideurs induites par la présence perturbante d’une caméra dont les protagonistes n’ont aucunement l’habitude, à laquelle ils vont se faire tant bien que mal.. c’est parce qu’ils ne jouent pas qu’ils jouent mal.. ça zyeute l’appareil anxieusement, sans pouvoir s’empêcher.. pas deux-cent cinquante prises… naïvetés, trucs gnangnan, comme fulgurances saisies en total instant t, avec les moyens du bord.. et pourquoi ne pas le rester. ? .je reviendrai peut-être un de ces 4 matins, qui sait, sur un certain « jouer faux » loin de me déplaire..(je pense au bel « emprunts des empruntés » de Phil)..Comme ça dans la vraie vie, donc le vrai docu, je suis loin de détester parfois qu’il rende ce son-là ..pas trop « expert » ni bordé.. dire que le petit gâteau fait maison, de chic, ingrédients frais puisés ds ce qu’il y a sous la main, certes un peu raté, est meilleur que le macaron Ladurée, je ne dirais pas cela, mais qu’il peut laisser un goût très différent sur la langue, oui
Phil sur Spacey, j’aime bcp le « protestantisme US ds sa crasse confessionnelle ». Saluons l’agilité du héros de House of C : le confiteor est censé se dire à genoux, une main crispée sur le missel, l’autre occupée à faire en boucle le signe de croix. .la 3ème pour « le pantalon du scout » ? Il ya des années j’ai dîné chez un couple d’éditeurs parisiens à la table de Bill Clinton .J’étais de l’autre côté, bien en peine de dire un seul mot, intimidée, ne pouvant m’empêcher de rire intérieurement en voyant son visage poupin, ses yeux bleus criants d’une innocence bonhome exagérée en repensant à lui, s’excusant main sur le cœur de « relations inappropriées » en bureau ovale devant un parterre de caméras venues pour la curée. Spectacle

JAZZI dit: 2 novembre 2017 à 12 h 48 min

« vos regards esthètes peuvent avoir été en manque. »

Pas seulement esthète me concernant, Annelise. Sensible, plutôt. Désireux des autres, les travailleurs et les lecteurs, et des lieux aussi, les coins et les recoins du labyrinthe. Mais je ne me suis pas ennuyé et j’ai tout regardé. Je suis seulement sorti avec une douleur au bas du coxis d’être resté si longtemps immobilisé dans les fauteuils mal rembourrés du MK2 Beaubourg. Du coup, je suis rentré chez moi à pied, jusqu’à la Porte Dorée, en suivant les quais de la Seine…

Annelise dit: 2 novembre 2017 à 13 h 28 min

Jacques qd je parle de « regards esthètes » de votre part ou celle de Phil,pas une critique au sens commun : je veux dire que les porter comme tels, l’appréciation éventuelle supérieure du home made ou du fait au garage présuppose paradoxalement une éducation, ou aristocratie cinéphiles qui se passent de la perfection voire du « fait comme il faut » ..je ne le tiens pas pour un défaut.. Qqchose que je peux partager, au contraire

JAZZI dit: 2 novembre 2017 à 14 h 06 min

Oui, Annelise, mais nos critiques ne sont pas formelles. Ce sont des critiques de fond, portant sur le choix des séquences tournées et retenues au montage. J’ai beaucoup appris du système américain, financé pour moitié par le public et l’autre par le privé. Un système très différent du notre. En tant que gros usager des bibliothèques parisiennes, ça m’a beaucoup intéressé. J’ai trouvé plus intéressantes cependant dans le film les séquences où est donnée directement à voir la vie du réseau des bibliothèques new yorkaises, plutôt que celles sur la stratégie adoptée par leurs responsables et leur auto satisfaction. Par ailleurs, la Culture américaine parait réduite essentiellement ici à l’histoire de l’esclavage ! J’ai aimé aussi les trop rares autres aspects des animations proposées dans le réseau new-yorkais, tels que le récital du poète rappeur, la séance d’introduction au très riche fond du département images ou la conférence de l’architecte allemande sur l’aménagement des bibliothèques actuelles en Europe et en Amérique.

Phil dit: 2 novembre 2017 à 14 h 59 min

yes CP, les autres films de Wiseman nous rendent exigeants, what else. nous attendions tous ce moment de folie qui secoue chacun de ses documentaires comme le cameo d’Hitchcock (la cendre du médecin dans « lilicut folies » qui manque de tombe dans la pipette intranasale de l’aliéné nourri de force, le policier de newyork (« Police »? ) qui tente d’enlever le dentier d’une vieille femme noire évanouie, or elle a encore ses dents -her teeth are real…).Bon, 87 ans,j’avais oublié, thanks for reminding us, Annelise. Reste que la New YorkLibrary est un puissant lieu, Baroz parle des belles dorures, trop de mots couverts, ombres et communautarisme maquillé…dans cette ville capitalistique, la reconnaissance intellectuelle ne s’achète pas, CP shall agree.
Bien sûr un jeune s’y casserait les dents et Mr Marx le coincera dans la porte (maybe not like Mr Spacey in his bathroom, but who knows..).

christiane dit: 3 novembre 2017 à 20 h 03 min

Annelise,
ce fameux film de Mario Monicelli passe ce soir en VO sur Ciné+Classic.
revoir la fameuse séquence des baffes distribuées par les cinq affreux qui voient partir le train et giflent tout passager se penchant à la fenêtre !

eriksen dit: 3 novembre 2017 à 20 h 19 min

Sacré Cerf.
Suivre Lánthimos, c’est croire à la malédiction jetée par un ado sur la famille du chirurgien cardiaque fautif (ou coupable) de la mort d’un père. Si vous l’acceptez, soyez prêt à une plongée dans des monstruosités dont le rationnel nous a sorti. Trop ? peut-être.
Le film s’ouvre sur un sentiment d’hubris : un cœur palpitant à la merci d’un chirurgien, tout puissant comme un prêtre aztèque juste avant une cardiectomie.
Mais son univers va basculer, il va devoir en rabattre sur la maitrise et le rationnel, et comprendre qu’il n’est plus dans un monde où l’on s’exonère d’une faute par une assurance ou une aumône.
Les réparations se mesurent ici à ce qu’elles coutent pour le coupable, et non à ce qu’elles valent pour la victime.
De surcroit, ce qui est exigé n’est pas une punition subie, mais l’accomplissement d’un sacrifice : plus il est douloureux plus la réparation est grande.
Il s’agit d’apaiser des puissances plus fortes que lui. « Le sacrifice d’un Cerf Sacré » nous ramène au temps des holocaustes animaux de la bible, et à Isaac sauvé de justesse.
Soumission, il fera, comme Agamemnon. Dans un monde où les malédictions ont cours, il n’y a plus qu’à être humble. Qui hésiterait entre un ou 3 morts quand il s’agit de sa famille ?
Si en revanche vous ne voulez pas suivre Lánthimos, apprêtez-vous à du Grandguignol avec force de musiques et contreplongées tragiques.
J’ai opté pour le voyage, plus a postériori que pendant la projection.

P. comme Paris dit: 4 novembre 2017 à 2 h 26 min

« J’ai opté pour le voyage »…

Un jour,
je suis arrivé au large de Poulo Condor,
au large du cap st-jacques,
en attente d’un pilote pour remonter la rivière.
Sur les ancres,
deux hommes surgirent des écubiers.
La nuit était enlunée,
pas de chance pour eux,
un cri suffit.
Le lendemain s’appelait destin.

Annelise dit: 4 novembre 2017 à 8 h 58 min

« Carré 35″ d’Eric Caravaca, agree !
Post brillant du Danish Man à 20h19 sur Le Cerf alors que ns l’attendions plus classiquement sur Frederick Wiseman
Phil sait me parler : « her teeth are real ».. la cendre ds la narine..tt pour me combler

Sylvain dit: 4 novembre 2017 à 10 h 19 min

Ex libris(Frédéric Wiseman):doc prestigieux.

Pas possible sous Trump,beauf qui se vante de boire de la bière,se f… de la culture et aimer le cinéma populaire US « populiste ».

Le dirigeant prêt a accueillir des SDF pour dormir:l’institution démocratique à point culminant.cliché but real teeth?

Vu le film de Eric Caravaca hier,Annelise& jazzi.Sorti le jour de la toussaint.

Sans vous contredire:la forme est super léchée. »Emotion garantie »(22.02):le passé marocain et la soeur trisomique rendus tip-top.

@ericsen: »voyage plus a posteriori que pendant »(Y.Lantimos)?

Vrai.Il y a des films qui retentissent plus après que sur le moment.

eriksen dit: 4 novembre 2017 à 11 h 34 min

@ sylvain. vous avez raison, il y a des films qui vous hantent à postériori.
Mais ce n’est pas le cas ici, c’est plutôt la « contrainte » d’y réfléchir, qui a induit de ré-accepter à postériori le voyage proposé.

JAZZI dit: 4 novembre 2017 à 12 h 14 min

« la forme est super léchée »

Elle est efficace et simple, Sylvain. Pas si facile, et c’est ce qu’il fallait faire, ici. Mais elle est plutôt traditionnelle et va à l’encontre des nouvelles écoles documentalistes, tel Wiseman. Caracava recoure à la voix off, et il insère même des séquences extérieures au film : les enfants trisomiques chez les nazis ou les cadavres exquis de Palerme avec la bambina embaumée, ou encore la conservation des vieux films sauvés au fort d’Ivry… Mais ce n’est pas gratuit et sert magnifiquement son propos. Son doc, sous forme d’enquête progressive, nous étreint du début à la fin.

JAZZI dit: 4 novembre 2017 à 12 h 25 min

C’est ce que je voulais dire en écrivant qu’ici « c’est le fond qui compte le plus ». Par référence à La Fontaine et aux vers du Laboureur et ses enfants : « Travaillez, prenez de la peine c’est le fond qui manque le moins ». C’est-à-dire, « par défaut ». Pas de défauts, dans le fond, pour le doc de Caracava…

Annelise dit: 4 novembre 2017 à 16 h 55 min

Merci Christiane 9h41 pour le lien « Répliques », Hubert Charuel « Petit paysan » et l’éleveur Vincent Delargillière.. sans vous je ne l’aurais pas entendu..pb de connexions tjs, des tas d’endroits où le réseau ne passe pas, ds ma vie l’informatique ne m’aura pas servie. .mon Alain Finkielkraut comme je l’aime bien, il va y aller, il y va, il y est allé « voir les vaches gambader dans le pré après la rétention hivernale en étable », j’en suis sûre.. s’enthousiasmant, frétillant, légèrement fébrile..la différence animaux de rente, animaux domestiques effacée dans le film.. l’éleveur soulignant que « même la presse agricole spécialisée » guettait l’interprétation de Swann Arlaud et Sara Guiraudeau.. Hubert Charuel se reprenant sur « la maladie de la vache folle » que les vétos lui stipulent de qualifier plutôt d’ESB…moins « maladie de la honte »… la question d’avoir nourri ses bêtes comme il faut, au lieu de les rendre anthropophages, nourries à la farine de viande… Vincent Delargillière qui s’est retrouvé « dans la vraie réalité », dixit..tt ça bien distribué dans le trio en ce samedi matin.. La mère de Charuel, fils de paysan diplômé de la Fémis qui lui dit « si ça arrive chez nous je me suicide »..marquant. .. « le stress a gagné les petites vallées » – eh oui.. le paradoxe soulevé de rompre tt lien, les faire disparaître pour mieux les libérer..j’ai aimé aussi ce flirt discret, constant, avec le livre d’Elisabeth de Fontenay, « Le Silence des Bêtes » que je sens planer..le philosophe et elle s’aiment, ça se voit, ils ont raison.. mon regret, en parlant avec un immortel tout vert, que la dame ne soit pas entrée à l’Académie.. limite d’âge atteinte, paraît-il..je connais bien son livre et l’apprécie.. l’euthanasie du veau, « pour rassurer le consommateur, pas de sentiment : abattre tout le troupeau »… « le suicide dans le monde agricole, un sujet en soi ».. Charuel ne voulait pas rajouter… A écouter..

christiane dit: 4 novembre 2017 à 19 h 53 min

Annelise,
écoutant Hubert Charuel, j’ai compris ce qui vous avez émue à la projection du film. Il parle très bien aussi de la première séquence, si forte. Heureuse que ce lien vous ait intéressée.
Ce soir, sur TCM, une balade poétique que je reverrai avec plaisir : « L’épouvantail » de Jerry Schatzberg (1972). Deux marginaux : Gene Hackman et Al Pacino. Une allumette sur le bord d’une route. Un peu de Macadam Cowboy de Paris-Texas. Un harmonica mélancolique.

J.D dit: 4 novembre 2017 à 21 h 44 min

Quelqu’un a parlé sur RDC de Brooklyn Yddish?Je m’y colle .Excusez l’homonymie Weinstein :Josh Z,non Harvey,n’ayez pas peur Feygele.Les posts Wiseman sur ma bibliothèque newyorkaise font plaisir .Les oreilles de FW décollées pour entendre en détail!Bonne tête de juif cérébral.

Le Film:le shtetl transposé à NY de l’Europe Centrale.Yddish land ,Annelise!Le veuf dont le rabbin trouve l’éducation de son enfant mauvaise,il devrait se remarier !Rythme lent.Les Hassidiques étouffés par la religion ,le gros bonhomme trainant dans sa supérette dans la crainte d’être séparé de son fils.N.Y la plus grande ville juive du monde !De quoi revêtir mon caftan!Salut à Jazzy et à Erikstein .
Finkielkraut avait fait l’objet de puantes allégations .Il est de droite et son amie EDF de gauche, »what else » selon Clooney,

JAZZI dit: 4 novembre 2017 à 21 h 52 min

Personne pour parler « D’après une histoire vraie » de Roman Polanski ?
Je m’y colle donc. Ce sera vite fait : c’est raté ! J’espérais que d’un mauvais roman de prisunic, Polanski en aurait tiré une oeuvre plus ambitieuse. Dès le premier plan : l’auteure, excédée, quasi dépressive, signant son best-seller à la foire du livre, sous les éloges engluants de ses lecteurs et lectrices, j’ai senti que ça ne le ferait pas. Et tout à l’avenant, en effet, jusqu’au dernier plan, en symétrie (la signature du livre suivant), à l’issue d’un scénario poussif, co-signé par Olivier Assayas. Du sous Stéphen King tourné par un sous Hitchcock. Du déjà vu ailleurs et en mille fois mieux. Vers le milieu du film, on sent un léger frémissement. La nunuche écrivaine, jouée par Emmanuelle Seigner, va t-elle cesser d’être la proie de la froide et diabolique Eva Green, inversant ainsi leurs rôles sadomasochistes ? Même pas. De même que la fascination d’ordre sexuel liant les deux femmes est passablement édulcorée. Les deux actrices en sont réduites à surjouer, l’une la pauvre victime, l’autre la beauté méchante. Polanski ne nous épargne même pas le coup du « vertige de la page blanche », plusieurs fois montrée sur l’écran de l’ordinateur, entre une foultitude d’autres clichés ! Sans parler du pâlot François Busnel incarné par Vincent Perez… La suite va être dure pour Polanski, qui rêve de monter une super production autour de l’affaire Dreyfus, mais en anglais !

christiane dit: 4 novembre 2017 à 22 h 59 min

« L’épouvantail » de Jerry Schatzberg (1972). Gene Hackman et Al Pacino fantastiques. Chef-d’oeuvre. fin déchirante mais quel voyage avec ces deux paumés et cette amitié indéfectible malgré les trahisons, les épreuves. Al Pacino passe du rire aux larmes, du fou au sage, fragile , vulnérable à coté de son copain-armoire à glace, bagarreur et baiseur. Et ce premier plan : route, désert, vent et poussière et eux deux qui s’apprivoisent car il lui a donné sa dernière allumette en attendant qu’une voiture s’arrête.
Lion dit que les corbeaux rigolent quand ils voient l’épouvantail, la fin donne plutôt envie de pleurer. Déchirante…
J’ai pensé à « Vol au-dessus d’un nid de coucou » de Milos Forman.

puck dit: 4 novembre 2017 à 23 h 24 min

si je peux me permettre un petit conseil d’un film que je viens d’aller voir et que j’ai adoré : « intérieur ».

ça se passe à Paris dans le 5ème et c’est l’histoire d’un type qui est infiltré pendant 2 ans au début des années 2000 dans le milieu de l’édition et qui va aider a démanteler tout un réseau, les acteurs ne sont pas connus mais c’est un thriller assez époustouflant.

puck dit: 4 novembre 2017 à 23 h 35 min

je veux pas raconter la fin mais il y a des scènes assez dures niveau suspense, comme celle de la soirée dans une villa dans le Lubéron où le type infiltré est à deux doigts d’être démasqué suite à une bourde de la femme qui joue le rôle de son épouse, pas sa vraie épouse dans le film dans la mesure où en fait elle est aussi un agent infiltré, mais dans la vie normale c’est sa véritable épouse, je veux dire qu’ils sont mariés, mais pas dans le film, sauf qu’elle joue le rôle de son épouse pour rendre plus crédible leur couverture pour éviter que les pontes de l’édition ne découvrent qu’en fait ce sont des agents infiltrés, du coup ils sont pas mariés dans le film, par contre ils sont mariés chacun de leur côté, sauf qu’en jouant ce rôle d’être mariés en faux ils finissent par tomber amoureux, en fait c’est un thriller assez tendu, et ils vont réussir à remonter tous les échelons de la hierarchie et remontrer aux chefs des cartels de l’édition, ceux qui tirent les ficelles, sauf que pour arriver jusqu’à eux il faut qu’ils arrivent à gagner la confaince de tous les hommes de main, et aussi des femmes de main, un super film!

puck dit: 4 novembre 2017 à 23 h 45 min

en fait pour sa couverture il joue le rôle d’un agent immobilier qui propose aux cartels de l’édition de recycler l’argent dans l’immobilier, c’est bien vu parce que pour les coincer le type a une mallette qui dissimule un magnétophone qui lui sert à enregistrer les conversations, à un moment pendant la fête dans la villa du Lubéron sa mallette tombe dans la piscine et àça flingue le magnétophone qui commence à se mettre à grésiller du coup il est à deux doigts d’être démasquer mais comme celui qui remarque que la mallette grésille est bourré au champagne et à la coke personne ne le croit, j’ai faille partir tellement c’est une scène hyper dramaturgique au niveau du suspense.

JAZZI dit: 5 novembre 2017 à 7 h 05 min

Palpitant ton film, Puck. Je l’ai vu. La scène du diner chez Lipp et le coup de théâtre au moment de payer l’addition, j’en suis encore sous le coup de l’émotion ! Les acteurs, peu connus, sont excellents…

christiane dit: 5 novembre 2017 à 11 h 54 min

Je suis vraiment hors circuit… je me régale devant une comédie romantique américaine des années 60 : « The pleasure oh this company » (« mon séducteur de père ») de G.Seatton. Fred Astaire « Pogo » qui sème le trouble dans la préparation du mariage de sa fille, (non revue depuis des années…) un film où il ne danse pas, modeste, élégant, drôle. Nostalgie quand tu nous tiens… Mine de rien, cette comédie frôle des sujets graves : la place du père, la solitude, le temps de vivre… L’occasion aussi de retrouver une actrice que j’aime beaucoup : Lili Palmer (quelle classe…), ainsi que Debbie Reynolds, Charlie Ruggh…
Sont-ils tous morts ? je ne sais. Le cinéma est troublant qui superpose la vie et la mort…

Annelise dit: 5 novembre 2017 à 14 h 09 min

Jamais hors circuit avec Astaire ni Gene kelly, Christiane. .today Marathon woman in NY.. est-ce sans danger? Tony Richardson répondra pour moi

christiane dit: 5 novembre 2017 à 16 h 24 min

Sympa, Annelise. Merci.
Ce marathon à NY… Belle réponse à la peur… Le vôtre au milieu des vignes était plus festif !

JAZZI dit: 5 novembre 2017 à 22 h 10 min

Je m’étais gardé le meilleur pour la fin, Annelise. Mais je craignais d’être dans la seconde catégorie recensée par Eriksen. Et bien j’ai pas été déçu !
J’ai relu vos papiers. Magistral, Annelise ! et Eriksen tartine un superbe complément. J’ai pensé très vite à Théorème, à part qu’ici l’ange de la mort a succédé à l’ange de l’amour. J’ai beaucoup apprécié l’acteur qui interprète Martin, une gueule intéressante, pas vraiment belle, un corps quelconque, mais une allocution si étonnante qu’elle en devient captivante : voix lente, comme épuisée et intimidée. Le père est à croquer et Kindman
plus Callas que jamais en tragédienne antique ! J’ai aimé aussi les morceaux de musique concrète, qui ajoute de l’étrangeté au film. A Cannes, je lui aurais donné volontiers la palme. Mais le film n’a pas été compris. Voici ce qu’en disent :

Les Cahiers du Cinéma
par Vincent Malausa

« Comme dans The Lobster, le précédent film de l’auteur, la rapidité avec laquelle ce pensum s’écrase contre sa propre bêtise prête à sourire. Mort-né, ce cinéma de beau parleur court après lui-même et se condamne à disparaître, au fil de ses petits coups de force, dans un écran de fumée. »

JAZZI dit: 5 novembre 2017 à 22 h 50 min

Je précise que je ne connaissais pas le cinéma de Yorgos Lanthimos. Je découvre avec plaisir. Je n’ai pas identifié la ville ni le pays, Irlande ou USA ?

PETRUS dit: 5 novembre 2017 à 23 h 53 min

Je voulais voir le film de Lanthimos, je suis arrivé à l’heure mais c’était complet. Je me suis rabattu sur « Logan lucky » de Steven Soderbergh. Soderbergh avait juré de ne plus faire de cinéma au moment où il a tourné « The Knick » délicieuse série médicale dans le New York du début du siècle, eh bien c’était sans doute une coquetterie d’auteur, le voilà qui remet le couvert avec une histoire de braquage plutôt savoureuse où une équipe de bras cassés comme on les aime va pomper – stricto sensu – les dollars qui tombent en pluie dans les caisses du circuit automobile de Charlotte, West Virginia. Soderbergh nous montre une Amérique rurale et patriotique, celle des Blancs, plus ou moins paumés, celle qui a voté Trump à une écrasante majorité en Virginie (le film a été tourné avant les élections). Le braquage est bien ficelé, jouissif, il y a un double, voire un triple rebondissement à la fin et un réjouissant défilé de crétins (certains le sont nettement moins qu’ils ne le paraissent) que les frère Cohen n’auraient pas renié. On rit souvent, de petits détails, de clins d’œils, de contre-champs judicieux (je pense à la tête du flic chargé de passer les menottes à un vétéran de la guerre d’Irak auquel il manque un avant-bras et la main…) Soderbergh est, résolument, un excellent réalisateur. Daniel Craig a dû se régaler à jouer Joe Bang, le taulard spécialiste des explosifs qui n’hésite pas à faire un cours de chimie à ses acolytes, en pleine action, formules à l’appui, écrites avec un morceau de plâtre sur un mur de parpaings.
Pas un film inoubliable, certes, comme le « Scarecrow » dont nous parle Christiane, mais un film agréable.
Ce que vous dites, Jazzi, du dernier Polanski, confirme ce que je craignais en voyant la bande-annonce. En toute amitié, puis-je vous faire remarquer, puisque le vôtre semble avoir été malmené, que « coccyx » s’écrit ainsi, et non « coxis » (qui fait penser à un personnage de la mythologie grecque j’en conviens).
Quant à la New York Public Library (je n’ai pas vu le film dont vous parlez mais j’ai lu vos commentaires) j’ai une petite anecdote. En 1977, je me suis présenté au département des estampes, sachant qu’ils possédaient une collection admirable. On ne m’a demandé aucun justificatif (alors qu’à a la BNF il fallait être nanti de titres universitaires que je ne possède pas) on m’a aimablement installé à une table, on m’a donné une paire de gants de coton et j’ai pu voir toutes les gravures que je demandais, un appariteur me les apportait à mesure dans des cartons : Rembrandt, Meryon, Callot, Seghers, etc… Je me demande si ce serait encore possible aujourd’hui ?

Annelise dit: 6 novembre 2017 à 6 h 44 min

Ah oui Vincent Malausa ne l’a pas loupé.. « sa propre bêtise prête à sourire », diable..contente que vous y ayez décelé autre chose, Jacques. Pour autant si la question est massivement « est-ce que j’aime le film? » la réponse est non – alors que Cronenberg, oui. Comme quoi c’est peut-être le « massivement » qui prête à sourire? L’acteur a ds sa complexion un je ne sais quoi qui me fait penser à Reda Kateb. Soderberg, belle voyure de Petrus..un homme qui s’obsède à remonter des films dont il n’est pas l’auteur et qui sont classifiés chefs d’oeuvre (entre autres le 2001 de SK)fait montre a minima d’un esprit curieux, pour ne pas dire taquin. L’anecdote en gants de coton à la NY Public Library est savoureuse.. avez-vs jeté un coup d’oeil autour? Elvis Costello et Patti Smith y étaient peut-être, ms vs n’aviez d’yeux que pour Meryon & Rembrandt
Un marathon est-il festif? Pour moi il ne l’a jamais été tant que ça..ce pour quoi se déguiser pour le courir à mes yeux est une aberration.., pas du tout comme les sports collectifs populaires, dont je partage tjs d’un peu loin la liesse..à la marge, en spectatrice..partie de boxe entre vous et vous..bras de fer avec la muerte, dont la petite mort du passage de la ligne si vous y arrivez délivre un peu.. le film de Richardson, un des plus beaux et significatifs..j’en ai connu en courant, des égarements ds ce style..méditation sur la vie, l’autorité, la solitude qui passe par les pieds, l’exténuation de rêves vains ou d’une rage, point d’orgue vers l’accord..une sorte de sport de combat ultra violent qui épouse étroitement le zen à certains endroits..dimension secrète ms non auto-centrée..chant d’amour, hammam en transpiration corporelle ou ablutions intérieures afin d’arriver neuf pour la vie érotique et sociale..on achève d’exploser un coeur qui l’a déjà été pour d’autres raisons, cette fois volontairement.. rien de maso, dédicace à la condition humaine dans laquelle on sait qu’on va retomber d’autant plus qu’on veut lui craquer les coutures..ne vs inquiétez pas, elle se rappelle très vite à vs..on pense tjs en courant..sauf que la submersion inconsciente est tellement grande qu’elle n’est plus formulable, elle baigne tout et donc disparaît. .comme de vs retrouver la joue collée à une montagne..vous ne pouvez pas dire ce que c’est, c’est trop haut, vous n’en voyez pas le bout, vs prenez ça en pleine figure avant de vs ébrouer, mains tâtonnant contre la paroi..l’abandon, drôle de truc : plusieurs sens.. renoncer au triomphe pour que la dépense, absurde en soi,reste gratuite, intacte et démesurée et/ou acte d’humilité qd le corps lâche..cela dit je n’empêche personne..ou mon rapport à la course est en train de changer?.. je finirai peut-être par le faire à la bonne franquette..un ami algériano-marocain me met systématiquement des longueurs dans la vue et lui, termine toujours, à son train-train..j’aime pratiquer et écrire le sport, les films à ce sujet..

Annelise dit: 6 novembre 2017 à 7 h 31 min

Qq mots encore tant que le réseau veut bien.. ne pas oublier que si je parle en critique ici, je me comporte d’abord en écrivain..et ça m’intéresse de voir comment le sensible est abordé au cinéma.. pourquoi je « préfère » Cronenberg? Je lui trouve EN IMAGES, en exécution, un rapport plus assumé, frontal à la vie humaine réelle.. d’une certaine façon il n’en a pas peur.. la crainte des bons sentiments, de l’affectivité certes torturée ne le domine pas, il y répond en plans & narration maîtrisés, non en bottant en touche par l’évacuation ou la surenchère stylisée qui procurent réaction, mais qui sont vides.. le reproche à la copie de Lanthimos peut s’entendre, je veux bien l’examiner en ce sens, mais parler de « bêtise » ou de condamnation à s’évaporer ?..c’est tb tourné.. sur ce coup, il aime ça, le fusil à pompe, Vincent Malausa..il tire bien ms ce faisant, il tombe lui-même ds ce qu’il décrie : le coup de force.. « Carbone » d’Olivier Marchal etc..bcp de cinéastes actuels cela dit peinent vraiment à se dépatouiller de la question sensible..par peur du cucul la praline, plutôt que de risquer d’être terrorisés ils optent pour la tabula rasa au karcher.. sorte de précaution hygiéniste dont parle Hubert Charuel, quand lui justement n’y sacrifie pas : pour le consommateur, mieux vaut ne prendre aucun risque, abattre le troupeau.. (Au passage, sur « Le Cerf »,bien vu Eriksen sur la Grèce et les Aztèques)

eriksen dit: 6 novembre 2017 à 8 h 21 min

Je ne comprends pas pourquoi vous avez été déçu par la fin du Lanthimos… Il faut bien que le sacrifice ait lieu face aux forces occultes toutes puissantes. Et la part d’humanité rationnelle qu’il lui reste, c’est de refuser de choisir en se planquant derrière le hasard.
J’aime bien votre « cryogênant », qui dit tout du critique emballé, prêt à crier au génie, mais gêné par une fin qui refroidit son enthousiasme.

C.P. dit: 6 novembre 2017 à 8 h 56 min

Jacques, j’ai vu le film touchant de Caravaca, et il est vrai que sa « méthode » (construction anticipée, voix off…) est bien différente de celle de Wiseman. Cependant ces documen(taire)s ont en commun le fait que pour moi l’information au sens courant y est secondaire. Je veux dire que « Ex Libris » ne m’apporte rien que je ne connaisse déjà, et que donc, même si l’expression vous paraît nunuche, c’est la « présence humaine » qui m’est sensible, saisie en société chez Wiseman, mais avec ses failles. C’est pourquoi je préfère à « Ex Libris » d’autres films du même, je l’ai dit ; c’est pourquoi Phil a raison de dire -en d’autres termes- qu’il faut que « ça déménage », au-delà même de la satire. C’est pourquoi encore on y rit souvent (il y a bien sûr des exceptions, « Blind » ou « Primate » par exemple) de situations qui peuvent attirer en même temps une légitime pitié, dans un équilibre remarquable. Il y a pourtant bien quelque chose d’étrange dans le film de Caravaca, mais il est presque uniformément triste.

JAZZI dit: 6 novembre 2017 à 9 h 08 min

« coccyx »

Oui, Petrus, enfin j’avais mal au cul, quoi ! Selon le film de Frederick Wiseman, il semble que l’accès aux collections d’images soient aussi facile aujourd’hui.

C’est tout à fait ça, Annelise, il a quelque chose de Reda Kateb l’ange de la vengeance, car, plus que de sacrifice sacré, c’est aussi, surtout, une histoire de vengeance : oeil pour oeil… Pratique toujours en cours en Corse où chez les indiens de la Guajira en Colombie.

christiane dit: 6 novembre 2017 à 9 h 15 min

« Un marathon est-il festif? Pour moi il ne l’a jamais été tant que ça..ce pour quoi se déguiser pour le courir à mes yeux est une aberration.., »
Votre commentaire l’était et vous vous réjouissiez d’avoir échappé au déguisements. J’en avais saisi un paysage de vignes et en filigrane ces fêtes pour les vendanges. C’était en octobre, je crois, ou peut-être fin-septembre. J’imaginais les chais, le pressage du raisin, la dégustation du premier jus, comme autrefois…

JAZZI dit: 6 novembre 2017 à 9 h 18 min

« Je voulais voir le film de Lanthimos, je suis arrivé à l’heure mais c’était complet. »

Et moi j’ai eu la dernière place au premier rang, hier, au Forum des Halles vers 18h ! ça riait souvent dans la salle, quand, par exemple, la fille demande à son frère : « Tu me légueras ton MP3 après ta mort ? »

JAZZI dit: 6 novembre 2017 à 9 h 28 min

Ce qui me frappe, c’est la façon dont les héros de films font désormais l’amour : une manière plus masturbatoire que frontale, plus cérébrale que primaire… Ainsi le couple de médecins chez Lanthinos ou la gâterie de Kindman à l’anesthésiste, ami de son mari…

JAZZI dit: 6 novembre 2017 à 9 h 33 min

Oui, C.P., le film de Caracava est infiniment triste. Et pourtant, quelques touches miraculeuses, telle la tombe intacte de la petite soeur ou la mort du père dans un hôpital de banlieue face à un… palmier !

eriksen dit: 6 novembre 2017 à 9 h 35 min

Vincent Malausa dit: « Comme dans The Lobster, le précédent film de l’auteur, la rapidité avec laquelle ce pensum s’écrase contre sa propre bêtise prête à sourire. Mort-né, ce cinéma de beau parleur court après lui-même et se condamne à disparaître, au fil de ses petits coups de force, dans un écran de fumée. »
Voila deux phrases bien écrites, mais qui ne disent pas grand-chose… un emboitement miroitant de jugements de valeur, mais finalement sans queue ni tête et qui semble plus s’appliquer à ce texte lui-même qu’à n’importe quelle œuvre cinématographique.

JAZZI dit: 6 novembre 2017 à 9 h 45 min

J’ai dit une bêtise. Bien sûr je connaissais un peu le cinéma de Lanthinos. J’avais vu en son temps « The Lobster » et l’avais bien aimé par son étrangeté de propos et de ton.

eriksen dit: 6 novembre 2017 à 11 h 26 min

Bien d’accord avec vous CP sur l’étrangeté de Carré 35.
Le spectateur est troublé, se posant la question de savoir s’il a bien à être là, regardant. Si Eric Caravaca était mon voisin et me montrait son film de thérapie familiale, je réagirais avec compassion, parce que cette famille fait partie de mon univers de vie. En la mettant sur la place publique, Caravaca donne une portée universelle à cette thérapie. Dé-couvrir un secret, l’exposer, en faire un bien commun, et réinscrire dans la mémoire un souvenir commun sous forme d’un « consensus ». Le consensus pour cette famille, exprimé en une phrase à la fin du film par la voix off d’Eric Caravaca, n’a pas vraiment l’accent de la vérité mais peu importe : ce qui comptait était de décloisonner la mémoire familiale encombrée.
Pour le spectateur qui n’a pas nécessairement sous les pieds un secret familial à déterrer, Caravaca invite à réfléchir sur ce qui a dysfonctionné à la mort de l’enfant et qui a généré « cette mémoire inconsciente qui est en chacun de nous et qui fait ce que nous sommes ». Une mémoire pathologique, si l’on en s’en tient aux interviews de chacun et à la démarche de l’auteur : « ce que nous sommes » ne semble pas particulièrement satisfaisant en termes d’équilibre personnel.
Ce qui hante « cette mémoire inconsciente » est moins l’enfant que le déni.
Et le déni, c’est uniquement la mère qui le porte. Une de ses femmes pleines de toujours et de jamais. Personne ne sait ce qu’est la réalité, mais il est facile de repérer que ce n’est pas celle de ces femmes, dont la foi en leur idéal dicte les réécritures et la mainmise sur la mémoire officielle, films et albums de famille. L’album de la période française, avec ces deux garçons habillés comme des jumeaux, rappellent la famille idéalisée des pubs pour la Chicorée dans les années 70.
Le père a laissé faire, pour avoir la paix, comme souvent en face de telles femmes. Rétif à la thérapie familiale, il lâche immédiatement le morceau comme pour en signifier l’inutilité en ce qui le concerne.
On est donc en face d’une femme, réelle, très largement mise en accusation par un film, et par son propre fils. Cela me fait l’effet d’un « Guillaume et les enfants à table », en plus dramatique et un peu moins « règlement de compte ».
Je suis gêné par ce film car les personnages sont vivants. S’ils le voient, ils peuvent le vivre comme la mainmise d’un individu sur le souvenir que l’on aura d’eux, un processus autoritaire finalement assez peu différent de la méthode maternelle… d’autant plus que l’on se demande s’il ne contraint pas la mère déclinante à une fouille mémorielle qu’elle ne souhaite pas.
Dans 100 ans d’ici, quand tous les protagonistes auront disparu, quand plus personne ne s’intéressera aux enjeux du souvenir de ces individus réels, alors les spectateurs pourront les voir comme des caractères.

C.P. dit: 6 novembre 2017 à 11 h 46 min

Eriksen, j’ai la même gêne que vous, et vous dites très bien l’étrangeté de ce film : il est personnel… et en même temps il construit des personnages peu à peu tranchés, des « caractères », dites-vous. La pente est en effet celle d’une dramaturgie.
J’ai pensé par contraste au film de Sandrine Bonnaire sur sa soeur.

C.P. dit: 6 novembre 2017 à 12 h 38 min

Eriksen, j’ajoute ceci : en parlant d’une pente dramaturgique (et après tout Caravaca est un très bon comédien, ce qui ne me fait pas suspecter la part intime et souffrante de son film), j’ai songé, sachant que vous connaissiez bien Ibsen, à « Petit Eyolf ». Sauf que la confrontation entre les époux y est autrement violente… mais finalement apaisée.

JAZZI dit: 6 novembre 2017 à 12 h 40 min

J’ai eu juste un petit moment de gêne en me disant « il va nous montrer son père mort ? » Il l’a fait, comme jadis on le faisait à l’époque des masques mortuaires, et cela passe très bien. La boucle est ainsi bouclée, qui va du jeune marié au vieil homme. Oui, tout repose sur le déni de la mère. Mais on la voit finalement sur la tombe de sa fille trisomique. L’essentiel du film n’était-il pas de (re)donner un visage au fantôme de cette famille ? Belle femme, la mère…

eriksen dit: 6 novembre 2017 à 12 h 59 min

Je ne connais ni le petit Eyolf ni le film de Sandrine Bonnaire, mais le « par contraste » m’intrigue… qu’entendez vous par là ? je prête à S Bonnaire une grande pudeur pour l’avoir entendu parlé à la radio un jour de ce film que je n’ai pas vu.
Mettre sur pellicule et donner à voir son parent mort ou presque mort, j’ai deux souvenirs de cela. Une video de Bill Viola dont je garde également une impression de pudeur et de douceur, et des photos de Richard Avedon sur son père, que j’avais trouvées détestables.
Ici à vrai dire, c’est assez neutre, presque clinique : un homme que l’on voit heureux dans sa jeunesse et mort ensuite. Une vie.
Belle femme dites vous Jazzi ? Au physique certainement, pour le reste je dirais plutôt terrible femme.

C.P. dit: 6 novembre 2017 à 13 h 30 min

Eh bien, Eriksen, « Petit Eyolf » est une pièce relancée aujourd’hui, grâce en particulier à Alain Françon. Un enfant handicapé à qui son père, écrivain, voudrait se consacrer mais qui se noie, une mère d’abord plus égoïstement occupée de ses plaisirs. Un conflit qui se résoud en partie. Je ne compare qu’avec prudence le travail d’Ibsen avec le document (mis tout de même en scène) de Caravaca, où les personnes / personnages demeurent séparés.

Je connais la vidéo discrète de Bill Viola. Richard Avedon, bon photographe, n’était pas pour rien un ami de Francis Bacon.

Sur le film de Sandrine Bonnaire, -que j’admire d’autant plus qu’Elle a eu bien du mal à le faire distribuer-, c’est bien le mot de « pudeur » qui convient, et aussi celui de « suspens » continu : comment DIRE Sabine ?

JAZZI dit: 6 novembre 2017 à 14 h 06 min

Terrible, terrible, c’est pas un monstre, la mère, eriksen ! Une femme de caractère, qui essaie de préserver sa tribu, et qui est parfois de mauvaise foi en toute bonne foi !

christiane dit: 6 novembre 2017 à 16 h 29 min

C.P
vous écrivez :
« Sur le film de Sandrine Bonnaire, -que j’admire d’autant plus qu’Elle a eu bien du mal à le faire distribuer-, c’est bien le mot de « pudeur » qui convient, et aussi celui de « suspens » continu : comment DIRE Sabine ? »
Oui, « Elle s’appelle Sabine », un film documentaire fort réalisé par Sandrine Bonnaire qui part en lutte contre cet abrutissement aux médicaments qu’on a infligé à sa sœur, Sabine, sa cadette d’un an, en hôpital psychiatrique avant qu’elle réussisse à trouver un foyer d’accueil en Charentes, avec une structure adaptée pour autistes, où Sabine réapprend, avec beaucoup de difficultés, une certaine autonomie et une frêle possibilité de communiquer à nouveau même si certaines de ses capacités sont définitivement altérées.
« Plus elle était violente, plus on lui donnait des médicaments qui lui faisaient perdre ses capacités, jusqu’à devenir incontinente. »(S.B)
Ce qui est bouleversant c’est l’ajout d’archives personnelles de S.B qui a filmé sa sœur pendant 25 ans. On peut découvrir Sabine enfant, capable de courir, d’interpréter au piano des musiques aimées, de jouer avec ses frères et sœurs même si son comportement devenant agressif l’isola peu à peu de l’école puis de la tendre protection de ses parents qui vieillissaient. Ce perpétuel va-et-vient entre passé et présent est très émouvant.
C’est un combat sans fin, cette reconnaissance des enfants autistes. Quant aux adultes qu’ils deviennent, tout ou presque repose sur les familles par manque de structues adaptées et quand elles existent par les listes d’attente faisant barrage.

J’attends avec impatience ce film qui sort mercredi « Prendre le large », de Gaël Morel, où Sandrine Bonnaire interprète le rôle d’une ouvrière mutée au Maroc.
« Ce film raconte l’immigration, dans l’autre sens, chose à laquelle on n’est pas habitué. Les salaires français sont bien plus élevés qu’au Maroc. Et les Marocains se demandent ce que cette femme vient foutre chez eux » dit Sandrine Bonnaire.

Phil dit: 6 novembre 2017 à 21 h 14 min

attention au film de Gaël Morel, le synopsis ne dit pas du tout « …chose à laquelle on n’est pas habitué »
comme on dit, va y avoir de la surprise

C.P. dit: 6 novembre 2017 à 23 h 37 min

Merci à Christiane pour avoir précisé mes « suspens » et « comment dire ?  » à propos de « Elle s’appelle Sabine ». C’est que Sabine n’est pas morte, et c’est là que le documentaire devient délicat et se prive du fixe à partir duquel on peut dégager vers les survivants.

christiane dit: 7 novembre 2017 à 10 h 21 min

C.P
vous écrivez : » C’est que Sabine n’est pas morte, et c’est là que le documentaire devient délicat et se prive du fixe à partir duquel on peut dégager vers les survivants. »
Par cette pensée vous questionnez l’Histoire contemporaine. Peut-on témoigner de ce qui est inachevé ? Peut-on témoigner sans risque d’erreur de ce qui est achevé ? Qu’est-ce qu’un témoignage ? Que serait devenu Sabine hors ces années en HP ? Que va-t-elle devenir dans les années à venir ?
Les documentaires nous apprennent beaucoup sur ceux qui les ont construits. Ici, la douleur d’une femme qui fantasme sur ce que sa sœur cadette aurait pu devenir à partir de sa mémoire, des images enregistrées dans leur enfance où rêver et partager était encore possible. Certaines scènes tournées dans le présent (qui est déjà du passé) entrent dans le monde fermé de l’agressivité solitaire quand Sabine emmurée en elle, mord, s’énerve, refuse, s’enfonce dans un corps verrouillé.
Au-delà de Sabine, on pense à tous ces êtres qui déraillent, sont différents, souffrent dans leur solitude. Il y a un si mince décalage entre la folie et ce qui – dit-on – n’est pas la folie.
Le cinéma explore, sans risque pour l’acteur, ce passage de frontière. En est-il de même pour le spectateur ? La fiction imprègne tant de fait-divers…

en promenade dit: 7 novembre 2017 à 14 h 51 min

quel décalage entre les nombreux persiflages grotesques d’à côté (que de cinglé ( e) s s’écoutant parler pour la postérité ) et les critiques et points de vue sympas et riches ici

eriksen dit: 7 novembre 2017 à 17 h 16 min

je renvoie ce post envoyé hier car il reste en « modération », pb du fait de 3 liens vers des images.
à CP : Avedon bon photographe. Pas de doute. Mais on peut trouver douteux de publier çà sur son propre père :
https://www.pinterest.fr/pin/443182419563918205/
(la photo en ht à gauche)
Je ne connais pas assez Bacon pour faire le lien.
à Jazzi : elle rend inguérissable le malheur. Et au delà de sa propension à faire entrer de force la vie dans le schéma qu’elle a rêvé, elle est particulièrement froide, on ne croit pas du tout à l’amour qu’elle exprime.

C.P. dit: 7 novembre 2017 à 18 h 12 min

eriksen, plein accord avec vous : la photographie par Avedon de son père cancéreux figurait dans l’exposition du MOMA en 1974. Avedon, photographe de mode, a aussi une autre facette : photographies de malades dans des hôpitaux psychiatriques notamment, portraits pas de tout repos de Chet Baker et Mick Jagger (mais eux s’y prêtent). Mon rapprochement avec Francis Bacon n’est pas hasardeux, au-delà même de leur amitié. Bacon, qui est aux côtés d’Avedon à New York en 1974, le retrouve en 1979 à Paris pour une exposition de portraits comparés. Encore Mick Jagger, chez les deux. Décidément !…

Annelise dit: 7 novembre 2017 à 19 h 28 min

Il y aurait un long dvlpt à effectuer, impossible à faire ds les circonstances – Avedon, oui..ou Nan Goldin.., le rapport diffracté au corps..soeurs et saintes, avant que de finir couchées sur la voie. Tt autre est mon rapport à Sandrine Bonnaire, que j’aime autant devant que derrière la caméra.. « femme terrible » (la mère)..vs plaisantez? cette scène magnifique où Sabine à la piscine entre en imprécations grossières..la mère est gênée, c’est une femme simple qui trouve tt à coup qu’elle pourrait faire un effort..dignité bafouée pour ceux auxquels le langage châtié n’a pas été donné clef en main.. tbeau.. Sandrine B qui murmure « mais maman, elle est malade »..(Sabine)…Ou la poupée au coffre, après ce que l’on ne voit pas mais que l’on suppose de crise de violence, avec arrachage de cheveux.. tabassage…il faut l’avoir vécu, et Sandrine Bonnaire le rend avec une exceptionnelle humanité..je n’en reviens pas qu’elle ait eu du mal à le distribuer?…la poupée au coffre de Sabine qui rêve d’avoir un enfant…le fils d’Anne et Jean Vautrin, autiste aussi..pas un secret ou jamais je ne me permettrais de le divulguer..Bacon, je voyais à une époque son triptyque dans un bureau, son propriétaire me disait « tu trouves ça joli? » – Je répondais oui, il n’a pas l’air bien, qd même?… L’histoire avec son gentleman cambrioleur, classieuse ..l’amour, c’est le plus grand des voleurs

JAZZI dit: 7 novembre 2017 à 20 h 21 min

« Bacon, je voyais à une époque son triptyque dans un bureau, son propriétaire me disait « tu trouves ça joli? » »

Mazette, elle fréquente le gratin, Annelise !

Annelise dit: 7 novembre 2017 à 20 h 47 min

J’avais sauté des classes, Jazzi..j’arrive à Bx bachelière, ébahie par les jeunes filles qui s’achetaient des boucles d’oreille rue Sainte-Catherine..je ne connaissais que la campagne et les animaux, tt ds les livres..j’ai pris l’avion la 1ère fois, j’avais 25 ans..je rencontre ce gd homme svelte dans une sorte de dispensaire pour « enfants en difficulté » qui me parle de Lepoardi..un gros hamburger de Claes Oldenburg ds son salon…ça me fait rire..bingo.. pas encore vu Gael Morel..ça m’intéresse

JAZZI dit: 7 novembre 2017 à 21 h 27 min

Pour sûr, c’était un esthète homosexuel, Annelise ! Mais c’était des reproductions ou des oeuvres originales ?

Annelise dit: 7 novembre 2017 à 21 h 55 min

Originaux, Jacques – pour le reste non, pas que je sache,navrée de vs décevoir. Aimé votre recension d’Eric Caravaca

eriksen dit: 7 novembre 2017 à 22 h 53 min

A annelise: femme terrible c’était pour carré 35…Je ne connais pas le film de SB
Sur Avedon je me souviens d’une expo à paris en 08. sur sa période des portraits célébres, il avait des méthodes douteuses. Quand des sujets récalcitrants se refusaient à dévoiler « autre chose » que leur composition habituelle, il n’hésitait pas à des manœuvres dont il a le culot d’être fier. Pour exemple cette horrible photographie d’Edouard VII et de Wallis Simpson*. On y voit une femme affligée et son mari qui la soutient dans sa peine. Avedon expliqua qu’il avait observé le couple au casino mais n’avait pu retrouver lors de la séance de pose, les attitudes déplaisantes qu’il souhaitait montrer. Wallis désirait se faire tirer le portrait avec son chien qu’elle adorait et Avedon eut l’idée de lui dire en substance : « Oh quel joli chien, c’est terrible, mon chauffeur a écrasé le même en venant ici » Et c’est le cliché de leur réaction qu’il garda. Outre que l’on ne voit pas le rapport entre cette expression et l’attitude du casino, la méthode est pour le moins contestable.

On imagine la partie d’échecs qui se jouait entre le photographe et ses clients, eux-mêmes lassés des photographies statiques et composées des studios Harcourt. Une partie ou Avedon s’attribue le dernier coup. Henry Kissinger avait commencé la séance de pose en disant à Avedon « Be kind to me ».
Pourtant certains sujets ont gagné la partie! Chaplin quittant l’Amérique pour cause de Maccarthysme, a posé pour Avedon ne lui donnant à shooter que des poses sans intérêt… sauf la dernière : un diable rigolard faisant la nique à l’amérique*. Avedon n’a servi que de chambre d’enregistrement.

Mais généralement, c’est Avedon le maitre, et les personnages célèbres, des individus masochistes à en quête du regard qui tue ou magnifie. Une roulette russe photographique.
Portraitiste irrévérencieux à une époque ou l’irrévérence était dans l’air et passait pour de l’art, Avedon décida ultérieurement de s’éloigner de la photographie immédiatement rémunératrice pour se confronter des sujet des anonymes. A commencer par son père, qu’il « shoot » régulièrement depuis la découverte de son cancer. Avedon a-t-il trouvé « intéressant » l’idée de capter la décrépitude de son père et le regard de celui qui va mourir ? C’est possible. On peut aussi concevoir un tel projet par amour ou par angoisse de la mort. Il est malgré tout difficile de voir dans ces photos autre chose qu’une utilisation voire une lutte. La dernière photo de la série ou le père en chemise d’hôpital a la tête baissée comme pour échapper au regard inquisiteur, signe une victoire du photographe sur la bête traquée*.

JAZZI dit: 7 novembre 2017 à 23 h 06 min

« une victoire du photographe sur la bête traquée*. »

*C’est un véritable parricide en image, eriksen !

Annelise dit: 8 novembre 2017 à 8 h 47 min

22h53 le travail de Sandrine Bonnaire, fait pour vs, Danish.. en DVD?
Votre post sur Avedon pose intelligemment la question du vrai, de la recomposition du vrai (oxymore, et pas oxymore), des plans « organisés » et de ce que cela déclenche de vouloir (ou non) y échapper – les protagonistes gauches, le « jouer faux » qu’entre nous, Bergman reprochait tant à Léaud.. d’une certaine manière, des films contemporains ont annexé le principe pour le réintroduire volontairement ds une stylisation qui leur correspond..je pense à la déclamation/récitation ou simplement le décalage d’un langage peu « naturel » ds un premier tps pour illustration d’une vérité intérieure ou de situation.. Rohmer dont le phrasé va dérouter le bon gars campagnard que la cinéphilie n’a pas encore baigné de sa sainte lumière…il est tt interloqué devant, il trouve que Vecchiali c’est mal joué, bizarre ..ou Guiraudie, il se dit c’est quoi ces électrodes d’herbes sur le front ? Quand il va chez son cardiologue, il voit bien que ce n’est pas ça, et pourtant… de tte façon, des interactions st à l’oeuvre. Je ne parle pas bien sûr de jugement « moral » sur ce qui, de « truchement » ou de vecteur pour montrer et dire, peut devenir « déformation », ça c’est encore autre chose..même si la déformation intervient dès le premier instant de créa, la perception & retranscription absolues, « intégrales » étant un leurre. . enfin, avec des nuances…je ne dirai sûrement pas le nom, pas question, mais j’avais été scandalisée qd m’était revenu aux oreilles il y a qq années que tel cinéaste européen faisait bien boire ses (j’allais écrire « victimes ») interlocuteurs filmés pour leur extirper des confidences. Après quoi, il est rentré tranquillement au chaud, ce sont eux qui ont payé de fâcheuses cséquences.. je trouve ça révoltant, et je trouve que ça se voit !.. est-ce ici, que la conversation avait roulé sur Larry Clark? Sa non pertinence – à mes yeux – qd il shoote son petit « James Dean » simulant une pendaison les jambes écartées, en slip blanc dont émerge l’oiseau de l’Ornithologue.. maniérisme amoureux pour exciter le bourgeois et la bourgeoise, je veux bien, mais loin de sa compassion à donner à voir la petite Amérqiue sinistrée..oui oui, je comprends l’érotisme que lui y met.. ms à ce moment, cela me parle ni plus ni moins qu’un photographe du dimanche qui photographierait la grosse dame de ses pensées dans son garage sur un parterre de fleurs.. c’est la même chose..disons qu’un certain contenu est toujours transparent, d’une façon ou l’autre. Comme la médecine, la photo est un éternel gant réversible. Ce n’est pas anodin que vous évoquiez les photos du père malade par RA..? Comment est forgé notre regard ? L’intention perçue ou supputée (à tort ou à raison) de l’auteur y a une part, retentit sur nous ainsi que des gestes incestueux, pas plus « déplacés » que d’autres expressions d’amour parental en apparence, seraient cependant distordus si l’intention n’est pas limpide ? Soudain ils prennent un tour inquiétant .. je n’aime pas F-M Banier photographiant Beckett à la sauvette ..mais je trouve Tippi H persécutée par Hitch, sur laquelle il précipite de faux oiseaux mécaniques doublement crédible, emplie à la fois de la terreur du rôle et de son dégoût, de sa peur envers notre bon gros cinéaste pervers

Annelise dit: 8 novembre 2017 à 8 h 57 min

Je me rappelle une conversation où Bernard « Ploplo » Plossu disait ne pas aimer du tout Clark, ni Goldin..entiers fake pour lui ( je repense à Bergman détestant le film d’Eustache et méprisant le jeu de Léaud)

Annelise dit: 8 novembre 2017 à 9 h 05 min

Et inversement un autre photographe distingué me disant…. »quel intérêt, Plossu? Ça mitraille et parfois même, c’est flou » alors qu’à mes yeux, BP a une géographie, ou plutôt une répartition architecturale photographique tte particulière… Ses paysages du Mexique, ms aussi ses photos familiales de Françoise, de Joaquin ou Manuela…son œil sur les villes, ou sur une tablette de salle de bain repeinte en Rothko

JAZZI dit: 8 novembre 2017 à 9 h 12 min

« Larry Clark? Sa non pertinence – à mes yeux – qd il shoote son petit « James Dean » simulant une pendaison les jambes écartées, en slip blanc dont émerge l’oiseau de l’Ornithologue »

On peut avoir l’image pour en juger par nous-même, Annelise ? De la pertinence ou non, bien sûr !

Annelise dit: 8 novembre 2017 à 9 h 22 min

Jacques, ce serait avec plaisir ms je ne sais pas faire la manip. Suis sur mini écran de tel, réseau gondolant, ds les transports. . Les photos de la mère (de Larry Clark) exposées a une époque a Beaubourg à coté de celles du fils …Caniches et pompons, je comprends que le pauvre homme ait fui

JAZZI dit: 8 novembre 2017 à 9 h 24 min

Beaucoup de films cette semaine, mais rien de très palpitant semble-t-il ?
Peut-être « En attendant les hirondelles » et « Prendre le large » de Gael Morel avec Sandrine Bonnaire ? Les enfants de Pialat à la sauce Vecchiali ! Sinon on a le choix entre Karin Viard, Catherine Deneuve ou Kate Winslet…

eriksen dit: 8 novembre 2017 à 10 h 29 min

C’est un peu compliqué tout çà, mais je dirais que le bon « joué faux » d’un personnage de cinéma (dans la mesure où il n’est pas seul à l’écran) nous fait percevoir un humain qui compose son propre personnage (« Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle » WS). Huppert est une actrice remarquable dans ce domaine.

Annelise dit: 8 novembre 2017 à 11 h 03 min

Eriksen 10h29, il y a du faux joué-vrai, du vrai joué-faux, du vrai joué-vrai et du faux joué-faux, pas vrai?
Je vote Gael Morel, puis Hirondelle..le « Jeune femme » bi-étoilé par les Cahiers et ma Sophie préférée dont vs faites mention le 1 nov ne vs tente finalement pas, Jazzi?

JAZZI dit: 8 novembre 2017 à 11 h 10 min

« un humain qui compose son propre personnage »

Jean-Pierre Bacri, eriksen ! Et sur le tard, Catherine Deneuve, qui doit imposer fines cigarettes et bon coups de vin dans ses contrats…

Phil dit: 8 novembre 2017 à 11 h 12 min

bel échange sur les photographes pris la main dans le..Banier. déjà lu cette accusation comminatoire de « Plossu mitrailleur » (un Chinois, what else) versus l’esthète Avedon. quid des photographes millionaires versus les éternels fauchés, non sans talent..
Larry Clark est un cas. réalisme social pas mal vu si l’on juge la rue aujourd’hui. Au Maroc en reportage Gaël Morel va sûrement nous jouer son « ornithologue ».

JAZZI dit: 8 novembre 2017 à 11 h 13 min

Je l’ai vu « Jeune femme », Annelise. Joli premier film d’une élève de la Fémis. L’intérêt repose en grande partie sur la personnalité de l’interprète principale, une fille naturelle de Bernadette Laffont…

Phil dit: 8 novembre 2017 à 11 h 55 min

comment sait-on qu’elle est « fille naturelle », dear Baroz ? se déclare-t-elle ainsi pour sa pub ?
il faut faire le test « bon film »: rappelle-t-elle Bernadette Lafont dans le Chabrol des débuts ?

JAZZI dit: 8 novembre 2017 à 13 h 21 min

« rappelle-t-elle Bernadette Lafont dans le Chabrol des débuts ? »

Oui, Phil, mâtinée d’un brin de la Fiancée du pirate ! Une nature intéressante, moins sexuelle que la précédente, la jeune femme d’aujourd’hui…

JAZZI dit: 8 novembre 2017 à 20 h 04 min

Bonne surprise, « Prendre le large » tient parfaitement la ligne. Gaël Morel sert son personnage à fond et offre à Sandrine Bonnaire un superbe rôle de femme cinquantenaire, en perpétuelle état de sidération face à la solitude et aux conditions de travail de plus en plus difficiles. Sans se lamenter outre mesure, celle-ci, par instinct de survie et pour continuer d’exister, d’être au monde, n’a qu’un seul but… travailler. Licenciée de son usine de confection textile, elle accepte de se délocaliser au Maroc. Personnage casse-gueule que Sandrine Bonnaire incarne à la perfection. On la reverra sans aucun doute au César.

Sylvain dit: 9 novembre 2017 à 10 h 50 min

Laeticia dosch, »fille naturelle,moins sexuelle que la précédente ».

Elles sont vraiment de la même famille jazzi?

Avedon, »parricide en photo »(23.06).Soit passage à la posterité(CF.Camille Monet sur son lit de mort).

Gilles dit: 9 novembre 2017 à 12 h 01 min

Avec retard,je m’excuse:Au revoir la-haut.Les enfants ont passé un bon moment .Ambiance cinema de papa,remis au gout du jour par le sympathique Albert Dupontel.Des masques clins d’oeil à Cocteau,la belle et la bête.L’immeuble de Nils Arestrup,la reconstitution des batailles sont esthétiques.Nahuel Perez biscayar (Edouard),vu chez R.Campillo joue de son corps et des expressions en héritier de Chaplin.Je me rappelle d’un film ou le mauvais meurt dans un silo a blé,quelqu’un sait lequel?(avec Bébel)…
« Jeune fille ».
« Un film plein de charme ,encensé par les Cahiers du cinéma et S.avon »(06/11 à 19.22),caméra d’or à Cannes .bon signe ..Noté d’aller le voir .Lecteur des CdC,je n’ai pas ouvert le dernier numéro.j’ai du le rater.
S.avon est bordelaise,Jazzy! Exportée à Paris pour le « masque « ,elle continue à tenir joliment la rubrique-ciné du journal sud-ouest.J’écoute ce qu’elle dit .Vincent Malausa & elle,figures stars de la génération critique montante .!Ils se ressemblent.Au physique et dans les formules tranchantes.Fiers d’assumer leur rôle d’experts .Ils ne s’en laissent pas compter et dégagent les nuls.Sophie est notre prochaine laure adler!Elle a LAMINE Lantimos programmé au FIFIB sans prendre de gants.Ceux qui avaient organisé doivent regarder le bout de leurs chaussures .Et elle a laminé de chez laminé l’icone Polanski ,en ayant par contre l’élégance de sauver Assayas le scénariste et Delphine De Vigan ,l’auteure ,que j’ai vu décriés sur ce blog.Elle prend la peine d’affiner en disant que ce n’est pas la faute du livre,que c’est uniquement Polanski qui a loupé !Après son avis ,pas encie du goncourt vuillard pour découvrir celui-la…S.bonnaire ,bonne actrice.Meilleur César féminin et Bacri pour Toledano-Nakache?

eriksen dit: 9 novembre 2017 à 16 h 19 min

Sophie a amené une réelle fraicheur au masque, quoique cela s’atténue avec le temps. Elle a fini par se laisser un peu contaminer par la culture ambiante, fête des bons mots et des formules lapidaires… Est-ce bien le rôle d’un critique de LAMINER un film ?

christiane dit: 9 novembre 2017 à 17 h 53 min

« Prendre le large » de Gaël Morel : bouleversant. Sandrine Bonnaire, âpre et douce, fragile,brisée puis révoltée, explosant de colère rentrée, digne, généreuse. Quel beau personnage… et quelle dureté pour les femmes que ce monde du travail au Maroc.
Comme un souffle unit Mona de « Sans toit ni loi » (d’Agnès Varda) à Edith dans « Prendre le large ».

Une belle renaissance, à la fin (fable utopique…) sur fond d’amitié imprévue avec Mina (excellente Mouna Fettou) n’est peut-être pas ce que j’attendais.

Sylvain dit: 9 novembre 2017 à 19 h 30 min

Quand le film est une bouse,why not?

Role des critiques de décalquer des festivals & sélections ce qui doit pas y figurer.

Danielle heymann et Philippe rouyer ont embrayé pouce baissé sur le cerf sacré: »prétentieux « , »inexistant »,bref nul.

Divines(houda Beniamina)selon Malausa : »baudruche mondaine crade ».il met le pied dans le plat et remue.

Courageux de la part de s.avon de relever le défi de la parité,se payer le roi Polanski comme la grande qu’elle est!Nique la cinémathèque fr.

@gilles.L’entretien avec la mignonne Léonore seraille n’est pas mauvais .)cahiers).

P. comme Paris dit: 9 novembre 2017 à 23 h 39 min

« se payer le roi Polanski »,

Un peu lourd, jeune homme…
Votre nombril n’est pas le centre du monde !.
Apprenez à tenir votre queue dans votre style nouvelle vague.
L’éjaculation précoce n’est guère permissive.

eriksen dit: 10 novembre 2017 à 0 h 12 min

Qui décide que le film est une bouse? le critique? de quel droit ? Du droit qu’il se donne parce qu’il travail dans un journal, à la radio ou sur un blog ?
Plutôt plus facile que de faire un film.
Bouse ou œuvre, parole contre parole, je prend celle du cinéaste.

radioscopie dit: 10 novembre 2017 à 8 h 29 min

Autant eriksen est extrêmement audacieux en matière d’orthographe, autant il ne sort pas des sentiers battus et rebattus quand il s’agit du rôle des critiques. La France, vieux pays de râleurs professionnels, devient -par le truchement d’internet- un pays de critiques amateurs qui postent tous azimuts des « avis » à peu près sur tout, une chambre d’hôtel, un restaurant, un film, un auteur, un politicien, les frasques d’une bimbo, etc. avec notes et pouces levés ou baissés, comme à Rome au temps du cirque. On peut choisir de ne pas entrer dans l’arène.

JAZZI dit: 10 novembre 2017 à 9 h 36 min

Dans « Prendre le large », Edith, qui refuse de participer à la grève et accepte de se délocaliser, est sérieusement prise à partie par sa collègue syndiquée. Elle lui rétorque le peu de cas quelle fait du syndicat qui ne les a pas défendues ! Je me suis demandé alors ce que l’Humanité allait dire du film ? Rien, à la trappe !

christiane dit: 10 novembre 2017 à 9 h 48 min

radioscopie – à 8 h 29
Mais ici, c’est une conversation, un labourage où chacun dépose ses impressions, sans prétention… bien que certaines plumes laissent des sillons profonds. C’est tonique que certains n’aiment pas, d’autres donnent des raisons d’entrer dans ces salles magiques où on se laisse embarquer dans un film.
Autour de Blanche-Neige, il y avait sept nains. Ne seriez-vous pas Grincheux, toujours nerveux et grognon ? Eriksen pour Prof… Dormeur apparaît comme un des nains les plus perspicaces. Les sept démons de la tradition scandinave ( les frères Jacob et Wilhelm Grimm aurait été inspiré par un mythe germanique) jouent ici, dans cette chaumière, leur partition ! Et l’écran devient le miroir magique du conte qui reflète notre univers intime… Mais Annelise n’est pas Maria Sophia Margaretha Catharina d’Erthal, alias Blanche-Neige ! Elle aurait fissa trucidé la belle-mère et installé une salle de projection dans la chaumière des nains plutôt que d’y faire le ménage !

eriksen dit: 10 novembre 2017 à 10 h 03 min

« Il faut sortir des sentiers battus » : Voilà bien un de ces résidus peu ragoutants de la pensée du 20e siècle. En posant « être en dehors du sentier » comme une fin en soi, on tend vers la disparition des sentiers communs. Chacun sa petite route. Mais comme ce concept se mord la queue, il faudra bien qu’il accouche, après avoir constaté que « sortir des sentier battus » est devenu un « sentier battu », d’un tropisme vers les chemins communs, dont on regardera alors avec soulagement qu’ils sont battus et rebattus.
Pour en revenir à la critique, ce n’est pas parce que ce sujet a été discuté et rediscuté par le passé, qu’il n’est pas pertinent quand on réagit à la qualification de bouse pour un film ou un autre. Et si vous avez quelque chose à répondre à ce que vous considérez comme un cliché, il serait assez convivial de me déniaiser plutôt que de m’afficher votre mépris.
Mais je m’incline devant vous en ce qui concerne l’orthographe.
Ce qui m’est étrange, c’est que, passé l’attaque frontale de la première phrase, vous critiquez les jugements à l’emporte-pièce sur les films, ce qui était le propos qui m’a valu votre réponse. Si votre post est cohérent, je comprends que les « avis » postés ici sont, à vos yeux, les « pouces levés ou baissés » que vous dénoncez. Là, vous me faites pensez à JC… (le nôtre, pas Jacques Chancel).

eriksen dit: 10 novembre 2017 à 10 h 08 min

le problème avec les 7 nains, c’est qu’il manque la stroumpfette Christiane.
D’accord sur Grincheux… à partager peut-être

Emmanuel dit: 10 novembre 2017 à 11 h 43 min

« Aurevoir là-haut » ,dédié à marcel Gotlieb; chai pas s’il avait pas fé une version de Blanche-neige où j’aurais voulu rtrouver la taulière d’issi?;chStroumpf coqué ,amézeures; blancanieves looklaïque, not’ravissante AnneLise ,: le »channel ilé plein dfinesse édélan »;klass :.
lpouce levé ou baissé?;,cépa le problème d’internet, la press écrite cépareil ,en moinsse amplifié, radiocopie.;interaction moins visib, mé ssu lfond?.;
;chpencheré pour ériqueseine, bouze cépalmo ,la kritik cépafé pour jeter en pature;lémotif par contre :,ssapeu lfer, sissé du topniveau kiouv des doors ssu toutun univer?;messé rar.

à par ssa, j’adore Avon, Malausa, Delorme : cé la nouvelle garde;issont bo et jeunes,kt’as l’impression dvoir nicolas Bedos dvant toi!;ysavent chauffer la salle;once bidonne messa rest hygiénissst pro-promossionnel!;fo etes pro et fair vendre,koi;
finky, Christy avou ksémoin bandant ke Guillaumgallienne kidi àllah télé kil est boulversé..grassalui si maryline avécu,!; franssoi bunel lété prekenlarm.!;
Heymann elkomence adater. ;
bombé ,jvé voir le morel pisk’Annelise, et jazzi dise ksé bien;

Emmanuel dit: 10 novembre 2017 à 11 h 48 min

finky, Christy avou ksémoin bandant ke Guillaumgallienne kidi àllah télé kil est boulversé.;jdéconne, Annelise !;merssi pour lépapiers..cekia dbien avec le nette cé kjay pu vous lir dpui lJapon(ison pa les inroques à T);

eriksen dit: 10 novembre 2017 à 11 h 57 min

Emmanuel, j’ai écouté Répliques avec le metteur en scène de petit paysan et le fermier picard où Finky s’est émerveillé de la danse des vaches à la première sortie du printemps.
Lorsque la discussion porte sur la douleur d’avoir à abattre son cheptel, Charruel explique qu’il avait entendu sa mère dire » si çà m’arrive je me tue ». Et ces derniers mots se sont clairement brisés dans sa voix.
il y a aussi de l’émotion chez Finky.

Roro dit: 10 novembre 2017 à 13 h 34 min

JAZZI dit: 10 novembre 2017 à 9 h 36 min

Peut-être parce que cette délocalisation (de cette personne) est invraisemblable??

Par ailleurs, un avis sur « En attendant les hirondelles »?

JAZZI dit: 10 novembre 2017 à 13 h 45 min

« Peut-être parce que cette délocalisation (de cette personne) est invraisemblable?? »

Le tour de force de Gaël Morel, c’est justement qu’avec Bonnaire on y croit, Roro !

Les hirondelles attendront un peu…

Sylvain dit: 10 novembre 2017 à 17 h 57 min

B.blier n’a jamais eu les honneurs?Buffet froid ou valseuses.

Dujardin au whisky-glaçons ne vaut pas le monstre Depardieu.Ou Carmet.

@Eriksen 0.12,pas dit que lanthimos=m… Je dis « si le film est naze »?

Nicolas scheller l’a defendu(le seul)chez trapenard.D.heymannl’a mega enfoncé.

La retro brisseau .Ils ne peuvent pas reculer au nom de l’independance ou ça ne serait pas cohérent.

Quid de ses films?(Connais pas à part « noces blanches ».)

eriksen dit: 10 novembre 2017 à 18 h 29 min

J’avais trouvé « les anges exterminateurs » de Brisseau assez passionnant… bien que ce soit le film qui ait donné lieu à sa mise en examen (il me semble).

Phil dit: 11 novembre 2017 à 1 h 08 min

Dear Baroz,je plébiscite une rétrospective Blier, mais Bernard, le père. Sa naissance à Montevideo le singularise déjà.
Brisseau est viré de la cinémathèque pour tripotages, Spacey sera rejoué dans les films à sortir et sa carrière finie. « a bit » ridiculous.

P. comme Paris dit: 11 novembre 2017 à 1 h 37 min

Ouah, ouah ouah :

Doucement, doucement,
doucement s’en vient la nuit,
Doucement, doucement,
à pas de velours.

P. comme Paris dit: 11 novembre 2017 à 1 h 46 min

« Sa naissance à Montevideo le singularise déjà. »

De même pour Isidor Ducasse dit Lautréamont.

Annelise dit: 11 novembre 2017 à 9 h 13 min

« Expurger Spacey du dernier film de Ridley Scott à six semaines de sa sortie est un défi sans précédent à Hollywood et un pari audacieux » (AFP)… bit strange en effet, selon la douce expression de Phil : plum(m)er Kevin pour le remplacer par Christopher, le pb n’est pas de savoir si on perd au change mais la fondamentale hypocrisie de vouloir maquiller maintenant à la va-vit, et pour sauver le budget, un caché dont tt le monde peu ou prou connaissait l’existence… on n’en est pas à discuter ici de l’éthique d’un travelling mais à l’application d’une moraline du pas vu, pas pris. Keyser Soze pas content

eriksen dit: 11 novembre 2017 à 10 h 50 min

Pour Keyser Soze, je propose de replacer Spacey à posteriori (çà doit pouvoir se faire).
Par Casimir, pour plus de sécurité.

JAZZI dit: 11 novembre 2017 à 12 h 21 min

C’est du plus haut comique et le feuilleton hollywoodien est loin d’être fini, mais les studios s’en remettront…

JC..... dit: 11 novembre 2017 à 17 h 59 min

Le cinématographe étant ce qui se fait de plus pourri en art mineur, pourquoi s’offusquer de l’encre que jette la seiche pour échapper au prédateur ?

JAZZI dit: 11 novembre 2017 à 22 h 38 min

J’avais vu récemment sur Arte le moyen métrage de Karim Moussaoui, « Les jours d’avant ». On retrouve intacte la pâte du jeune cinéaste algérien dans son premier long métrage, « En attendant les hirondelles ». Même image pisseuse éclairant des paysages sans fantaisie : blocs d’immeubles inachevés, vagues prairies transformées en dépotoirs où s’ébrouent quelques troupeaux de moutons, baraques informes d’où s’entend le caquètement des poules…
Un homme entre dans le champ de la caméra et on va le suivre jusqu’à ce qu’un autre en sorte à son tour définitivement. Entre temps, le relais est passé et trois histoires nous sont contées. Celles de l’Algérie contemporaine vue à travers la classe moyenne. Pas directement les hommes de pouvoir mais plutôt la bourgeoisie intellectuelle : architecte ou chef de travaux, prof, chirurgien… Ici, on vit plutôt dans de confortables maisons, on roule en voiture et on ne manque visiblement pas d’argent. Deux générations se distinguent : celle des enfants de l’Indépendance, les parents d’aujourd’hui, dont le langue originelle est mêlée bribes de français, et celle de leurs enfants, la jeunesse actuelle, qui ne parle plus qu’en arabe. Sur tous néanmoins pèse un identique fatum : les parents s’attristent de voir que rien n’avance comme ils le souhaitaient et les enfants semblent se résigner à constater que l’archaïsme a rattrapé la modernité ! Les seuls brefs moments de grâce du film surgissent lorsque une jeune fille enlève son voile, ébroue sa longue chevelure brune et danse au son de la musique d’un orchestre dans une salle de bal improbable ou quand des jeunes gens et des jeunes filles improvisent une sorte de comédie musical orientale à un carrefour sur la route qui va d’Alger à Biskra !
Il y a quelque chose de Pasolini en Moussaoui…

Annelise dit: 12 novembre 2017 à 10 h 31 min

Oui Jazzi, un film attachant que celui écrit par Karim Moussaoui et Maud Ameline.. « En attendant les hirondelles » (qui annoncent le, ou les printemps..arabes?) ..en réalité elles sont passées, qu’en reste t-il ? Je vous ai dit que j’ai commis la préface d’un écrivain, éditeur, universitaire et ancien journaliste algérien dont l’ouvrage à paraître pénètre au coeur de ces problématiques.. drôle comme devant Mourad, Aïcha et son chauffeur de taxi ou Daman, j’ai ressenti cette même vibration trouvée dans le cinéma géorgien entre liberté qui ne demande qu’à pulser, espoir de renouveau et gangue historique qui malgré tout colle à la peau..en Géorgie, c’est le spectre des deux guerres d’indépendance et de la révolution des roses qui n’a pas toujours tourné comme la population l’espérait qui apparait en filigrane… en Algérie ce n’est plus tant l’accablement des temps coloniaux – tant d’années après les accords d’Evian, ce n’est plus la préoccupation principale, vous l’avez dit, si les parents parlent un peu le français, les enfants quant à eux ont récupéré l’arabe, parfois même le tamazight, bien que la langue berbère ait davantage de mal à émerger…la poésie c’est un signe ne se réfère plus seulement à Baudelaire ou Lautréamont, mais aux grandes voix locales.. – la toile de fond, c’est plutôt la sale guerre ayant empoisonné l’histoire récente.. la population coincée entre les islamistes et le pouvoir militaire des années de terreur, vers 90… 200 000 morts… et tjs un certain déséquilibre,ruralité et zones urbaines.. un territoire bouillonnant, avec des bidonvilles peuplés de bcp de jeunes.. l’ennui prégnant qui rabat parfois les espérances (l’homme dont j’ai écrit la préface me disait : peu voire pas de cinémas sur les hauts plateaux.., une cinémathèque qui a rouvert mais peu fréquentée.. »de l’argent mais pas de musées »)

JAZZI dit: 12 novembre 2017 à 12 h 54 min

L’enfant du viol ne parle même plus, Annelise, il crie et ne supporte aucun contact physique. Les hirondelles n’ont plus qu’à hiberner ailleurs. Dans « Les jours d’avant », on avait droit à des paysages hivernaux, aux rues truffées de flaques boueuses, que les personnages tentaient de contourner pour éviter de se saloper le bas des jambes. Mais Karim Moussaoui néanmoins ne met pas totalement les pieds dans le plat. J’aurais aimé suivre le dernier personnage, l’oncle de l’enfant sans nom, de condition plus populaire, pour découvrir, au-delà des cercles bourgeois, l’Algérie profonde : les derniers cercles de l’Enfer, en somme, dans un univers ou l’on ne distingue plus aucun Paradis ?

Annelise dit: 12 novembre 2017 à 14 h 38 min

Mais malgré tout, on espère que non.. (sur le « on ne distingue plus aucun paradis »).. j’aime b votre interrogation finale, Jazzi, elle me touche..Vs parliez d’un voyage ds votre belle-famille avec Ch, ou je me trompe?..Que se passe t-il « au-delà des cercles bourgeois » comme vs dites, eh oui…il y a une population qui, du fait de la démographie, est jeune, svt désoeuvrée, se cherchant…j’avais été navrée de lire ds un rapport de l’OMS que le tabac est un des premiers ravages de santé publique à Alger..gros fumeurs incessants, le réflexe de l’anxiété réactionnelle à la difficulté de discerner où tt ça va..des retentissements aussi retors que ça..Rachid (mon interlocuteur) a été frappé par une grave maladie, il avait fait de la prison « politique » qqmois, durant les temps sombres où le pouvoir se fâchait facilement contre les intellectuels osant évoquer un certain nombre de dérives observées, cela n’a pas arrangé… et encore c’est un homme de haute culture, mieux « armé », donc, ayant pignon sur rue en littérature, radio,cinéma etc?. il me confiait combien simplement arriver à se faire soigner sans se sentir « fliqué » déjà était rude.. la lenteur de toute tentative de décentralisation quant à l’accès concret à des salles de théâtre, des bibliothèques. .et pourtant évidemment des choses à dire, des artistes qui ont repris leur langue et les commandes de leur histoire, qui disent une Algérie qui brusquement nous apparaîtrait folklorique parce qu’elle se détacherait nettement de la seule décolonisation? ..Surement pas. les Algériens ont bcp à dire en dehors de la France, pas juste tjs sous sa tutelle ou en l’ayant comme référent de près ou de loin..Boudjedra, « La Répudiation », le Démantèlement..après avoir dit nettement que de ce point de vue, la guerre n’avait pas débuté en 1954 comme on le croit, mais dès 1830, alors qu’il a vécu la guerre de libération de l’intérieur, vu les divergences grandir entre le FLN et le Parti communiste algérien etc, quand il se permet enfin d’écrire en arabe, il va aller chercher une anamnèse.. démêlement et déconstruction propres aux créateurs, qui ne vont plus avoir besoin de l’épouvantail d’abord légitime, mais devenant ensuite pratique voire encombrant, de la martyrologie pour conter à leur manière l’histoire nationale ! Pas pour rien si je souligne que la poésie en français a presque disparu.. le rapport des jeunes écrivains, des jeunes cinéastes est devenu bcp moins conflictuel – c’est-à-dire, aussi moins adulatoire, plus tranquille sur ces sujets..Kamel Daoud revient certes sur Camus, que Raymond Aron qualifiait de « colonialiste de bonne volonté », ms l’Algérie en soi a d’autres chats à fouetter depuis qq décennies !.. Mohammed Dib, Assia Djebar, Kateb Yacine..le critique algérien me faisait observer que jusque à la fin des années 80, l’esthétique du roman dans son pays s’articulait autour du personnage de combattant de l’indépendance nationale. Puis les années 90 ont vu apparaître celui du « terroriste »… le fossé des générations s’explique également par la rupture de 10 ans avec arrêt de la production au moment de la libération… Dib ds une itw avait eu des mots justes, « l’arbre de la guerre de libération cachait la forêt de la mal-vie, du pb de la révolution agraire et de l’édification nationale. C’est avec cela principalement que la contestation des années 2000 a eu à composer, avec le recul terrible des 90′s, et la destruction des formes elles-mêmes »..
Des traditions ont été perdues sous le coup de la sidération des années noires, vers lesquelles le cinéma, mais surtout le pictural (bcp de cyber cafés devenus galeries)rouvrent des fenêtres..une société « sclérosée, mais effervescente » – et je trouve que le film de Moussaoui rend bien compte de ces aspects.. non seulement le poids de l’auto-censure due aux craintes mais également des contraintes objectives, des aides étatiques qui n’existent pas… donc ça peut être vite réglé : il ne se passe rien ! Emouvant, quand Mohammed Harbi, chercheur, ou Sofiane Hadjaj, éditeur parlent en 2012 sur France Culture de « la saleté frappante des cités » et de la volonté des jeunes cinéastes, « si la réalité devient positive et belle, de filmer aussi le positif et le beau », avant de conclure « Beaucoup de marbre, mais peu de gens qui lisent, avec diffusion de chaînes sportives sur écran plasma… » Tt cela en train de changer..la cinémathèque algérienne a paraît-il réussi à ouvrir des antennes, même si Rachid se plaignait à une époque « qu’elle n’ouvre pas le soir »

Annelise dit: 12 novembre 2017 à 15 h 08 min

De jeunes historiens du cinéma comme Olivier Hadouchi vont chercher et repèrent de belles choses.. je suis ça parfs avec attention sur Facebook.. des cinéastes femmes, aussi.. Viviane Candas « L’Algérie du possible », en 2016, évoqué au fil d’un billet

JAZZI dit: 12 novembre 2017 à 15 h 12 min

En Tunisie, je n’ai pu aller au-delà, ou plutôt en deçà de la classe moyenne, Annelise, mais m’a heurté aussi « la saleté frappante des cités », en dehors des beaux quartiers, plus auto organisés, où ma belle famille possède une villa au Bardo, et surtout des paysages naturels méditerranéens, transformés, ici, comme visiblement en Algérie, et ailleurs en Afrique, en vaste dépotoirs de sacs et de bouteilles en plastiques, depuis les hautes montagnes, forêts et collines jusqu’aux rivages et aux plages !

Annelise dit: 12 novembre 2017 à 15 h 14 min

..qui plus est Olivier Hadouchi promulgue régulièrement des pages agrémentées d’extraits sur Lou Reed, le Velvet ou Karen Dalton (ou c’est moi, sur K.Dalton?)de belle teneur, dignes d’Alley ..tout pour plaire ?

JAZZI dit: 12 novembre 2017 à 15 h 18 min

Le monde de Moussaoui est un monde intermédiaire, ni celui des cercles du pouvoir ni celui du petit peuple. Double univers impossibles à pénétrer !
Je songe à ce Niçois parti l’hiver dernier faire de l’escalade en Algérie et qui s’est fait proprement égorger. Je songe aussi qu’il ne doit pas être facile d’être homo, même à Alger !

Annelise dit: 12 novembre 2017 à 20 h 50 min

Agnès Varda (Cléo de 5 à 7, Sans Toit ni loi, Les Glaneurs et la glaneuse…) a reçu un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, rejoignant le cercle des rares Français couronnés : Maurice Chevalier en 1959, Henri Langlois en 1974 (et cela n’était pas pour ses confitures), Jean Renoir en 1975, Jean-Luc Godard en 2010… Première femme ! Angelina Jolie lui a remis la récompense

P. comme Paris dit: 12 novembre 2017 à 21 h 58 min

« Grâce au langage du colonisateur français, Kamel Daoud a pu subtilement exprimer sa pensée… » :

Certains vivent, et survivent, et ont le courage de s’exprimer.
Que vivent et survivent des gents tel Omar Khayyām.

JAZZI dit: 12 novembre 2017 à 22 h 27 min

Souviens-toi de ce que disait Kateb Yacine, P. comme Paris !

« La langue française,
c’est le trésor de guerre des Algériens. »

P. comme Paris dit: 13 novembre 2017 à 0 h 26 min

Quand en prendont-ils conscience ?

A force de tenir les murs d’immeubles à moitié écroulé en insultant les jeunes femmes, et fumant du Kif de mauvaise qualité ?
Je doute que demain soit la veille.
L’Éducation Nationale n’ose pas sortir ses statistiques sur la population magrébine.

P. comme Paris dit: 13 novembre 2017 à 0 h 42 min

Dans les années 80 et 90, je n’ai jamais été autant respecté que lorsque j’ai fait « écrivain public » pour leurs pères.
Les fils me respectaient car je me débrouillais mieux qu’eux à la passe anglaise.

P. comme Paris dit: 13 novembre 2017 à 0 h 55 min

Et leurs pères savaient avec leurs chairs
ce que pouvait leur coûter en solitaire
la traversée du bois de Vincennes.

Roro dit: 13 novembre 2017 à 14 h 04 min

« Quand en prendont-ils conscience ? »
mais ils ne sont pas débiles!
L’article de Jacques Mandelbaum sur ce film est très bien aussi

Annelise dit: 13 novembre 2017 à 14 h 33 min

Oui l’article est bon
Les homosexuels ne sont pas en odeur de sainteté à Moscou non plus, Jazzi.. Un reportage montrait en caméra cachée des couples se tenant par la main se faire injurier voire molester dans la rue par des gros bras se réclamant de l’orthodoxie virile.. .consternant
Ce matin sur FB où j’avais posté sur Agnès Varda hier, un commentaire peu amène d’un diplômé de la Fémis ( il l’a effacé depuis, tiens..?) la qualifiant de « coucou qui faisait son cinéma dans le nid des autres » Ah bon? Serait-ce son feat avec JR dans « Villages, visages » qui aurait tant déplu? Bcp aimé l’écriture de « Cléo ».. Celle aussi de « Sans toit », avec donc Sandrine B à laquelle je trouve décidément une présence, une pertinence toute particulières.. .dans la famille je demande le mari, Jacques Demy… Sa manière de saisir les coloris francs, pimpants, pour les redistribuer dans des contes extravagants, cruels sous l’espiègle, le phrasé élaboré, emphatique… Il y a les fans du collant de Jacques Perrin en culotte bouffante et poulaines, ceux de la fée Seyrig qui s’envole en hélico ou des sœurs jumelles Deneuve-Dorleac… Sorte de mélancolie mortifère des comédies musicales? Brigadoon chez Minnelli d’après Loewy& Lerner, on n’Oz pas assez rêver over the rainbow sur la lancée de Flemîng?.. Lala land, Chazelle s’y est essayé.. Pour revenir à AV, et le fils, Jeanne au garçon formidable.. Qu’en aviez-vous pensé ?

christiane dit: 14 novembre 2017 à 9 h 26 min

Vu, hier, au Saint-André des arts, seul cinéma où ce film est projeté à 13h jusqu’à la fin de la semaine sauf aujourd’hui : « Patmos » de Martin Ziegler.
http://www.apax-films.com/
Étrangeté et beauté, lenteur venimeuse aussi.

p. comme puck dit: 14 novembre 2017 à 22 h 27 min

la bande annonce de film est très bien, j’adore le regard de Colin, ses yeux tout ronds, notamment le passage où le gamin mange des spaghettis à la sauce tomate, d’où le nom donné à ce genre de « thriller spaghetti » (on voit là le clin d’oeil du réalisateur au western du même nom, d’ailleurs sans doute la même sauce tomate qu’on retrouve sur le corps ensanglanté de la pauvre victime, le fait même d’utiliser la même sauce tomate dans les spaghettis et sur le corps de la victime démontre un soucis de non gaspillage, et de recyclage, d’où le nom donné à ce genre de « thriller écologique », sans compter qu’il faut aussi y voir une critique acerbe du système de remboursement des frais médicaux aux EU, et aussi une critique du système capitaliste ultra libéral dans la mesure cette bande annonce annonce (en général c’est qu’elle fait) un film qui pointe l’individualisme exacerbé qui fait justement des individus des proies faciles pour la pub et la consommation de produits culturels et autres, en ce sens le réalisateur semble vouloir dénoncer le système cinématesque hollywoodien, d’où le fait de choisir pour les deux stars les métiers de cardiologue et d’ophtalmologue, dans la mesure où, en effet, le coeur et l’oeil sont les deux mamelles de la vache à lait du cinéma américain, et c’est là que nous touchons le top du top, à savoir que s’il faut attendre du cinéma chinois qu’il nous ponde des films genre chinois, du cinéma iranien des films genre cinéma iranien, des frères Dardenne des film du genre film des frères dardenne, et bien le cinéma américain produit rarement autre chose que des films du genre film américain, en ce sens il semble évident que nous vivons dans un monde terriblement prévisible, d’aucuns diraient un peu trop prévisible, mais pas moi dans la mesure où j’adore tout ce qui est prévisible et je fuis comme la peste l’imprévu, aussi j’irai voir ce film avec le plus grand plaisir, le coeur et l’oeil en bandoulière…

JAZZI dit: 14 novembre 2017 à 22 h 55 min

Le problème, p. comme puck, c’est que ce film n’a pas d’identité unique, c’est une véritable macédoine de cultures et de nationalités…

Annelise dit: 15 novembre 2017 à 14 h 45 min

Mais non Jacques..prochain billet le 20
Bcp lisent sans commenter, j’en ai assez régulièrement des échos, pas parce qu’ils n’osent pas poster que cela ne les intéresse pas..moi je suis occupée, mais je lis les écrits et avis de vous tous sur RdC avec intérêt en appréciant le principe de la critique en kolkhoze « vivante » qui, rebondissant, couvre un champ bcp plus large de sorties

Annelise dit: 15 novembre 2017 à 14 h 51 min

Les dialogues croisés avec Eriksen sur les frères Safdie.., vos interventions ou celles de Puck ou de Christiane, de Sylvain, de Phil ou de Petrus équivalent à des « billets ds le billet » faisant avancer la bicyclette.. contrairement à la chanson de Montand il n’est pas interdit de poser le pied à terre quand il y a du sable

Annelise dit: 15 novembre 2017 à 15 h 07 min

.. j’en parlais avec des jeunes, étudiants, métiers ds l’audio-visuel etc..pourquoi ne postent-ils pas? Ils ont peur, cela les intimide. Entre autres, la crainte de faire des fautes d’orthographe ou de mal tourner leurs formulations..ils écrivent de moins en moins.. Cela me scie. Qu’ils aient peur ET qu’ils craignent de faire des fautes. Pour autant je n’ai pas un tempérament de mère fouettarde.. je regarde volontiers le geste et l’idée.. la dimension « technique » vient après – mais cela compte néanmoins..armature nécessaire, artisanat, beauté de la menuiserie et du travail manuel.. polissez-la sans cesse et la repolissez

JAZZI dit: 15 novembre 2017 à 15 h 49 min

Des fautes on en fait tous ! Dites leur, Annelise, que Leurs avis nous intéressent…

Si, ici, on favorise la critique en kolkhoze « vivante », je veux bien avouer que j’ai vu avec plaisir, hier, Le vieux Jackie Chan reprendre du service, et quel !, dans « Foreigner ». ça fait du bien de voir triompher le Bien. Ici le Mal est représenté par de jeunes extrémistes irlandais…

Annelise dit: 15 novembre 2017 à 16 h 05 min

Ah ah !..en bien, Jacques!.. j’avais bien révélé ma passion pour Bruce Lee et Chuck Norris s’affrontant au Colisée sous les feulements d’une petite chatte isabelle..beau moment de cinéma pictural, fraîcheur, sens de l’honneur..un scénario à la limite de la parodie, à la fois sérieux comme un pape.. .failli chroniquer « Diane », tenez..ms je n’ai pas tjs le temps de chroniquer tout ce que j’ai vu, ni parfois même, tout ce qui a retenu mon attention

Annelise dit: 15 novembre 2017 à 17 h 03 min

Une des deux en tout cas m’a défrisée.. ns verrons si nous tombons d’accord sur laquelle, entre vs moi et autres internautes RdC qui ne craignent pas la bourde orthographique, tjs moins grave qu’un contenu couci couça

p. comme puck dit: 15 novembre 2017 à 19 h 41 min

les jeunes ont raison d’avoir peur d’intervenir sur les blogs !
moi-même cela m’a valu de gros ennuis et de véritables tourments qui m’ont empêché de dormir bien souvent, à tel point que j’avais, à une époque, rédigé un petit manuel à l’attention des jeunes bloggueurs, forumeurs et autres… qui permettait d’acquérir les bases rudimentaires sur l’art de bien se comporter sur un blog. La première règle mettant l’accent la bienveillance, et la seconde sur la sollicitude, l’attention, savoir écouter l’autre c’est important, la compréhension, l’empathie, la sympathie… voilà là les règles fondamentales de toutes relations entre humains. Car l’humain, ne l’oublions pas est le seul être vivant, voire même la seule entité dans tout l’univers chez lequel il est possible de voir un plus fort épargné un plus faible, ce que ne font même pas les étoiles et les soleils qui explosent à force de gonfler pour devenir énorme plus gros que les autres planètes et autres étoiles pour tous les engloutir ! chez les humains point non, je veux dire non point. Aussi je le dis à tous les jeunes qui seraient tentés de se lancer et écrire leur premier commentaire de blog, ici ou ailleurs : soyez des humains et non pas des planètes.

Regardez ce film américain, où il est question de multiplier les identités comme le dit mon cher ami jazzi, tout ça dans le but unique de satisfaire son petit plaisir personnel et égoïste, quand on voit ce genre de film (qu’entre parenthèses je n’ai pas encore le temps de voir) et bien qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ? l’élection de Trump évidemment ! comment voir le moindre truc américain aujourd’hui sans penser à l’élection de Trump me direz-vous ? et vous auriez raison de le dire car vous les jeunes vous représentez tout l’avenir de cette planète ! la question il faut vous la posez avant que d’autres vous la pose et le réalisateur de ce film vous la pose : jusqu’où seraiez-vous prêts à aller pour satisfaire vos désirs ? prendre la carte d’abonnement à la fnac et celle de canal+, d’accord ! parce que l’ultra libéralisme actuel passe évidemment par la consommation de biens culturels, qui plus est de biens culturels, comme le dit jazzi sans identités, sans nationalité, en un mot une véritable macédoine ! écoutez-moi bien et comprenez-moi bien les jeunes, la macédoine est le ciment qui permet de construire les fondations du système ultralibéral capitalisme basé sur l’échange de produits culturels de voyages aériens à bas prix ! c’est ce que veut nous dire le réalisateur de ce film, il essaie de nous prévenir, attention à ne pas dépasser la limite, ne pas aller trop loin dans la satisfaction de désirs même les plus fous ! voilà de quoi parle ce film ! et c’est pour ça qu’il a choisi des personnages qui incarnent la guérison du coeur et de l’oeil. Car guérir nos coeurs passe obligatoirement par la guérison de nos yeux et de ce qui se cache derrière : notre âme… comme les peintres italiens de la renaissance après avoir trouvé la perspective, quand ils mettaient des escargots au premier plan pour éviter que notre regard aile se perdre dans l’horizon lointain qu’ils venaient d’inventer, c’est pareil. Voilà le conseil que je me permets de vous donner avant de vous lancer dans le commérage de blog, et aussi, et surtout bien éviter de parler d’un film ou d’un livre avant de l’avoir lu ou de l’avoir vu, sérieux, de tous les trucs cheloux (jazzi : ils parlent encore à l’envers les jeunes aujourd’hui?)c’est celui qui la fout le plsu mal.

p. comme puck dit: 15 novembre 2017 à 19 h 45 min

autre chose les jeuens : relisez-vous avant d’envoyer votre commentaire pour corriger toutes vos fautes, un commentaire avec des fautes ça fait pas sérieux, j’ai pas raison Annelise ?

p. comme puck dit: 15 novembre 2017 à 19 h 55 min

et aussi les jeunes : n’oubliez pas de vous présenter avant d’envoyer vos commentaires, nom, prénom, parcours scolaire, ce que vous aimez faire dans la vie, et ne pas faire, sinon les blogs deviennent des lieux d’anonymat, où sous couvert d’anonymat n’importe qui peut se permettre d’écrire n’importe quoi ! d’insulter les gens, et là on bascule dans la violence, comme ces militaires américains dont on arrive plus à voir le visage derrière tout leur attirail de destruction ! parce que vous les jeunes vous aimez bien tous ces jeux vidéos où ça dégomme à tour de bras ! et bien sachez qu’un blog n’est pas comme un jeu vidéo, derrière chaque nom se cache un être sensible ! sérieux quans on voit tout ce temps que vous passez derrière des écrans, entre le i-phone, le i-mac, pour finir par sombrer dans le i-soloir de l’exsitence ! on le voit dans la bande annonce de ce film, ces scènes stylisées, les couleurs sont retouchées, les décors sont retouchés, la violence est stylisée, le crime est stylisé, et après les gens s’étonnent de voir Trump au pouvoir, mon Dieu quelle misère.

p. comme puck dit: 15 novembre 2017 à 20 h 06 min

parce qu’un film c’est comme un livre : il ne faut jamais dissocier l’esthétique de l’éthique ! pas vrai jazzy que j’ai raison ? parce que tout est politique, ce n’est jamais visible au premier coup d’oeil, du coup il faut toujours aller chercher le politique derrière l’esthétique, c’est ce que j’ai toujours reproché à jazzy, cette paresse d’esprit qui lui évite d’aller rechercher le politique et de toujours en rester à l’esthétique comme si l’esthétique pouvait représenter une fin en soi ! l’esthétique n’est jamais une fin en soi, sinon on bascule tout de suite dans le kitsch !
je pourrais faire la liste des personnes que je connais et qui sont elles-mêmes très kitsch du fait de leur regard très kitsch qu’elle porte sur les objets culturels, mais comme la première règle gérant la relation sur les blogs est la bienveillance je ne nommerai personne, et croyez-moi il faut être sacrément bienveillant pour s’empêcher de balancer des noms ! rien n’est plus gonflant que cette satanée « bienveillance ».

Annelise dit: 15 novembre 2017 à 20 h 23 min

La bien-vaillance comme la bravitude ne st pas destinées à être mangées en salade, cher Puck.. j’adore qd vs parlez des djeunes, qui ont intérêt à causer correc sans trop se préoccuper du pourquoi du comment de l’écriture inclusive, sinon… l’égalité syntaxique alourdira d’autant plus la balance déjà déficitaire
Vu Maryline, Diane ou Sara ?

Annelise dit: 15 novembre 2017 à 20 h 27 min

Avoir ou pas les épaules, telle est la question? Françoise Héritier avec laquelle j’avais partagé une table ronde ds votre région (Mouans-Sartoux) il y a qq années ou Sylviane Agacinski avaient leurs opinions là-dessus

C.P. dit: 15 novembre 2017 à 20 h 32 min

@ hamlet : attention au jaja dégoulinant du soir ! Allez, un petit coup de Bruant Aristide :

 » Et pis, mon p’tit loup, bois pas trop
Tu sais qu’ t’es teigne,
Et qu’ quand t’as un p’tit coup d’sirop,
Tu fous la beigne… « 

Annelise dit: 15 novembre 2017 à 20 h 41 min

C.P, la Goulue avait de la cuisse comme le bon vin bordelais !
Eh oui la petite bonté aristocrate, celle de ts les jours à la Vassili Grossman voire à la Brassens des qq bouts de pain refusés par les croquants et les croquantes c’est autre chose..ms ds les transports, difficile d’en discuter.. Et le Guillaume Gallienne, Puck, Jazzi, alors? Parlez-moi de lui..il me parle de vous

Annelise dit: 15 novembre 2017 à 20 h 59 min

Le calendrier Pirelli 2018, à peine moins célèbre que celui de la Poste, consacré cette année à des personnalités noires… La belle Naomi Campbell, cela sonne redondant, tant pis, et Isabelle Huppert tant aimée chez Mia Hansen-Love ou Haneke, mais qui ne fait pas l’unanimité ici, au lancement

JAZZI dit: 15 novembre 2017 à 23 h 58 min

« Une des deux en tout cas m’a défrisée.. ns verrons si nous tombons d’accord sur laquelle »

A vu de nez, Annelise, je parierais pour l’histoire de la Bègue et de l’analphaBète ?

christiane dit: 16 novembre 2017 à 0 h 06 min

Une bourrasque a balayé le blog. Sacré Puck !
Mais c’est difficile de parler d’un film, encore plus d’écrire sur un film surtout si on ne veut pas dévoiler le scénario, les scènes fortes. Alors on parle de quoi ? des acteurs, des réalisateurs, de l’image, du son, des autres films de ce réalisateur, des autres rôles de ces acteurs ? Des films qui nous remontent en mémoire en parlant de celui-là ?
Tenez, ce soir, revu sur une chaîne cinéma un très grand film de Spielberg « Le Pont des espions » (2015). Mark Rylance dans le rôle de l’espion russe m’a encore bluffé. Une telle paix intérieure. Un personnage énigmatique… Tant de force dans ses réparties face à un Tom Hanks angoissé, fébrile et obstiné (comme le Mr Smith de Capra), projeté dans une aventure qui le dépasse. Tout est tranquille dans ce qui est pourtant en tension, presque à éclater. Notre cœur bat à 100 à l’heure car on est sans cesse au bord du drame et de la violence et pourtant on est saisi par la beauté des images (Berlin sous la neige et les armes) et des visages. Quelle maitrise de la caméra… Trois aventures qui se croisent pour n’en faire plus qu’une où les hommes sont « debout ». Ce pont sous la neige… Un grand film noir de nuit habillé de neige. Presque un film des années 50 pour l’atmosphère. Très amer. Encore des hommes broyés par l’Histoire sur fond de guerre froide et de géo-politique… Je crois que les frères Coen ont participé au scenario, j’ai vu leur nom sur le générique fugitivement.

P. comme Paris dit: 16 novembre 2017 à 1 h 29 min

Ce soir, resto.
6 claires de Marennes,
6 perles noires de Bretagne,
2 bouteilles de Riesling.

Le C.V est-il OK ?

Annelise dit: 16 novembre 2017 à 7 h 57 min

Bien vu Christiane, Joel et Ethan Coen ont retouché Matt Charman
P comme Paris : notre rêve en commun.. je remplacerais juste les « 2 Riesling » par un Carbonnieux (modestement pour deux), quitte ensuite à commander au verre, au gré des envies
Jazzi 23h58..Qu..qu’e..qu’est-ce q..q…qui..qui. vous..f..f..fffait dire ç..ça ?

Sylvain dit: 16 novembre 2017 à 10 h 07 min

Annelise,Mes enfants vous lisent pour choisir le film qu’ils vont voir .Au moment de « poster »,ils font faire le coup de la panne!

RDC est largement le meilleur site interactif.Chroniques de super qualités critiques&littéraires,interventions riches ,courtoises.

Jazzy vous n’allez pas etre déçu.Guillaume galienne a pété une durite…

Emmanuel dit: 16 novembre 2017 à 11 h 22 min

« G.G a pété une durite »:;
caisse tuveux dire, sylvain?;Ke galllienne l’a 1géniessstravagant la2dan?; bintuvoi ,chuipa persuadé.;poussfer photographier dans gala ‘avé Eglantine,ssa ravissantépouse’, jdis pas.;
cte grandautruche lit bien, ctun bon sociétaire;.sinon, sson ‘Guillaume élégarçons’ cédla soupe Royco pour bourges kivont découvrir la bisesssalité!.:;kanjpense kil sséramassé chaiplu combien dCésar..;jvé boillecoter la cérémonie avé Catrine Deneuve; lmank d’estim, yapa pir!;
Ssu les hirondelles:;personnalu la tribune de Said bin Said, lprod algérien de Verreouéveine danl ‘Le Monde’?;ssaoui ya dla matier grease!;kanty parl de ‘l’antisémitism arab kilavu monter’,onla écarté dunfestival paskil avé soutenu ducinéma israélien, saa plusse de tronche que le matchounet plenel-Riss!!;

Annelise dit: 16 novembre 2017 à 13 h 35 min

Emmanuel, oui j’ai vu passer la tribune de Saïd ben Saïd.. lue ds l’avion, ms c’était il y a qqtemps, pas cette semaine si? Le nom ne me disait rien, on ne prête pas tjs attention au nom des producteurs ms je l’ai remarqué car il disait que le festival de Carthage l’avait mis à l’écart, probablement car il était à la base d’un film de Nadav Lapid, cinéaste israélien, en effet..édifiant. Verhoeven vous croyez? Dans mon souvenir, « d’une famille musulmane pratiquante », mais Tunisien, pas Algérien? En tt cas je l’ai retenu comme ça grâce à un curieux clin d’oeil mnémotechnique, pensant à Claudia Cardinale, native du pays.. Jill McB se faisant pincer les fesses par le Cheyenne Robards qui lui susurre « fais comme si tu ne l’avais pas remarqué »..en ces temps de nettoyages hollywoodiens qui demandent au bas mot du discernement pour démêler des situations à teneurs disparates, ne par risquer de perdre le vif plaisir de se faire draguer par des amoureux maladroits, transis, timides ou bourrus

Annelise dit: 16 novembre 2017 à 14 h 14 min

Retrouvé à l’instant la tribune, mais internet regimbe, je n’arrive pas à la mettre en ligne. Propos courageux de cet homme (SbSaid) qui se présente avec la même fierté « musulman, français et tunisien » et détaille le pourquoi des dérives agressives, « l’hostilité » dit-il qu’aurait pu engendrer sa venue à Carthage après qu’il a fait voeu de produire un Israélien

C.P. dit: 16 novembre 2017 à 18 h 53 min

Robert Hirsch est parti. Je sais bien que ses rôles au cinéma étaient le plus souvent « seconds », mais il les tenait impeccablement, chez des réalisateurs et dans des films très divers.

Au théâtre, je suis passé une fois sous mon fauteuil à force de rire : il jouait Bouzin sans « Un fil à la patte »… Mais il a été aussi un très bon Richard III, et Al Pacino lui a rendu hommage pour cette incarnation.

JAZZI dit: 16 novembre 2017 à 19 h 01 min

J’avais découvert Robert Hirsch à le télévision, quand il faisait les délices du théâtre de boulevard avec Jacques Charon, dans les années soixante…
C’était avant tout un très grand comédien. Faire l’acteur était assez secondaire pour lui.
Adieu l’artiste !

C.P. dit: 16 novembre 2017 à 19 h 39 min

Jacques, je prolonge un peu : dans les années 60, Charon et Hirsch étaient sociétaires de la CF, interdits de « théâtre privé », mais il est vrai qu’alors la télévision transmettait des spectacles du « public », par exemple les pièces de Feydeau. Mes premiers souvenirs des deux lascars sont même plus lointains : ils venaient faire les saucissons dans les émissions de Jean Nohain, et avaient failli se faire virer de cette même Comédie Française.

P. comme Paris dit: 16 novembre 2017 à 20 h 10 min

Robert Hirsh :
Très, très bon souvenir de lui au TNP dans le rôle tire de la pièce de Bertold Brecht « La Résistible Ascension d’Arturo Ui » avec George Wilson.
Je dois encore avoir le livret de la pièce avec photographies dans mes archives, dont un Hirsh faisant du trampoline sur un canapé blanc éructant hystériquement son texte.

JAZZI dit: 17 novembre 2017 à 19 h 12 min

Pas très convaincu par les épaules de Diane, Annelise !
La fille est sympa de bien vouloir faire un enfant pour un couple d’amis homos. A part ça, je la trouve assez conne et quelque peu irresponsable.
Et particulièrement chiante avec le brave hétéro qui veut bien d’elle…
Rien à voir avec la Sara de « M » !
Pour moi, y a pas photo…

christiane dit: 17 novembre 2017 à 20 h 14 min

Je viens de relire l’échange entre Jazzi, CP et Eriksen à propos de « Carré 35″ d’Eric Caravaca. Les impressions les plus proches des miennes sont celles d’Eriksen. J’ai vu le film cet après midi et il m’a replongée dans une expérience vécue à Saint-Ouen en 2011. Dominique Cabrera était alors en résidence à L’espace 1789. Soutenue par « périphérie » elle a tenté un travail de collaboration avec le public puisque sur quelques mois elle nous a présenté les rushs accumulés quand elle filmait sa famille, puis les différentes étapes de montage du film qui allait venir. « Grandir » qui s’est d’abord intitulé « O heureux jours ».
La mort du père s’y immiscé également et je souviens avoir eu du mal a supporté les images de son père mort dans le cercueil ouvert. Comme si la vie privée était éclatée, piétinée. Dans le même film l’histoire de sa mère qui préserve un secret de naissance, incite D.C à retourner à Oran pour comprendre les conditions mystérieuses de la naissance de sa mère en Algérie.
J’ai donc éprouvé devant le film de Caravaca cette même gêne face à cette exposition de l’intime qui rend le spectateur voyeur malgré lui. Deux très beaux films qui me laissent perplexe. Comme si pour ces deux cinéastes, la caméra leur avait permis de poser les questions qu’ils n’osaient pas poser à leur mère, l’une sur la naissance de sa mère, l’autre sur cette petite sœur morte avant sa naissance et dont il n’existe aucune photo. Les deux mères sont dans le déni, ne pouvant (ne voulant) se souvenir d’un épisode trop douloureux de leur vie.
Dans les deux films, un épilogue lumineux semble conduire à une justification de l’entreprise mais comme Eriksen, je me demande si ce passé élucidé a apporté une délivrance, une paix aux deux mères et à leurs enfants.
Ces exercices autobiographiques, ces témoignages qu’ils abordent tous les deux avec tact et empathie, au final, me blessent même si les images sont souvent belles et douces. Un fils, une fille ont-ils le droit de faire cela ? C’est comme une transgression quand cela devient un film offert au public.

Annelise dit: 17 novembre 2017 à 20 h 59 min

Jacques 19h12, ds l’esprit, aviez-vs vu la friandise signée Ang Lee en 93, Wedding banquet? C’était avant qu’il ne brokeback-mountaine jusqu’à ce qu’oscarisation s’ensuive, avec Jake Gyllenhaal et Heath Ledger

JAZZI dit: 17 novembre 2017 à 21 h 10 min

Oui, Annelise, rien à voir ! « Wedding banquet ? » c’est une super comédie, bien enlevée… Tandis que ça pèse lourd sur les pauvres épaules de Diane !

P. comme Paris dit: 18 novembre 2017 à 2 h 12 min

« C’est comme une transgression quand cela devient un film offert au public. »

N’est-ce point le principe du jeu ?
A la base :
un réalisateur ne s’interroge pas sur lui-même ?
(se permettant de phagocyter entre 30 à 60 personnes)
Heureux qui sont payés (BIEN).

christiane dit: 18 novembre 2017 à 2 h 34 min

P comme…
Je ne sais si ce que vous pensez est juste. Je crois que, réalisateur ou pas, chacun s’interroge sur ses angoisses quand on frôle certains secrets de famille, angoisses qui se transmettent de génération en génération avec leurs lots de non-dits. Comme le disait Eriksen, offrir ces films quand tous les protagonistes sont morts serait moins violent. Mais ces mères et leur secret projetés sur les écrans de ces salles de cinéma avec leur douloureux visage, leurs lèvres tremblantes, leurs regards fuyants, c’est presque indécent. Et ce fils invisible que l’on ne voit jamais et dont on entend les questions lancinantes, répétitives… Tout cela est oppressant même si cette petiote dans le film de Caravaca semble sortir des limbes et retrouver un visage sur cette photo enfin (re)trouvée. Que tout cela est triste et douloureux. La séquence tournée par les nazis des enfants handicapés mentaux, intégrée au film, est désolante ainsi que la crypte des catacombes de Palerme avec ses morts costumés, terrifiante.
Enfin, il reste la parole douce de ce cousin, rappelant ce délicat souvenir du rire cristallin de la petite quand il lui faisait d’un petit canard en plastique une marionnette.
Puis cette fenêtre close sur une mort sans visibilité… Ce film va me hanter durablement …

P. comme Paris dit: 18 novembre 2017 à 4 h 20 min

Quant à choisir 24 images/seconde
ou
une seule
me suffit ?.
Qu’importe pourvu que j’ai l’ivresse.

Annelise dit: 18 novembre 2017 à 11 h 53 min

Jazzi dit le 17 :
« Pas très convaincu par les épaules de Diane, Annelise !
La fille est sympa de bien vouloir faire un enfant pour un couple d’amis homos. A part ça, je la trouve assez conne et quelque peu irresponsable.Et particulièrement chiante avec le brave hétéro qui veut bien d’elle…
Rien à voir avec la Sara de « M » ! »

Un peu expéditif non? Bien aimé Thomas Suire, Grégory Montel, Rongione ou encore Rabourdin, svt de belle présence..modernité, complexité du sujet « endossé » par Clotilde Hesme?.. Après, bien compris que le traitement ne vous a pas plu!

(et plus loin vous demandez : « D’ailleurs, c’est qui ce Fabien Gorgeart, le réalisateur ? »)
Je lis : Film soutenu par la Région Nouvelle Aquitaine (conception & production), le Conseil Départemental de Lot-et-Garonne en partenariat avec le CNC. Accompagné par l’Agence régionale Ecla. L’auteur-réalisateur a bénéficié d’une résidence d’écriture au Chalet Mauriac (sa directrice étant d’ailleurs une ancienne libraire que j’ai connue…)
Quel pedigree
http://chaletmauriac.aquitaine.fr/?page_id=354

Annelise dit: 18 novembre 2017 à 12 h 07 min

..le sujet avait du reste été abordé, commenté plus généralement ici au fil du billet Fifib, lorsque j’avais rapporté qq extraits d’une table ronde emmenée par SoFilm et Thierry Lounas sur le thème « comment devenir cinéaste…et le rester ? »
Le pb de l’élaboration et du financement d’un film – comment cela se passe, qui fait quoi, à quel rythme, les aides etc – …toute une économie ! L’intervention de Thomas Salvador « Vincent n’a pas d’écailles » à mes yeux la plus réaliste, la plus modeste et sans doute la plus émouvante à dépeindre les difficultés, les écueils & fourches caudines..Cela m’intéresse..je m’y repencherai peut-être, un de ces jours

JAZZI dit: 18 novembre 2017 à 12 h 17 min

Merci pour l’info sur Fabien Gorgeart, Annelise. Les comédiens du film, plutôt bons, ne sont pas vraiment la cause de mon jugement expéditif. C’est le scénario qui ne m’a pas vraiment convaincu. Et je ne crois guère à l’indifférence entre le ventre et l’esprit de la comédienne principale. Faire un enfant ne peut se réduire, éthiquement parlant, à la confection d’un paquet cadeau ! C’est un des actes les plus lourds de conséquences. Il ne me serait jamais venu à l’idée de demander un tel service à une amie, amenée par la suite à côtoyer l’enfant qu’elle aurait porté. Quant à l’image des femmes dans ce film, je ne la trouve pas glorieuse…

Sylvain dit: 18 novembre 2017 à 12 h 48 min

Entièrement d’accord avec Jazz 12.17, en moins sévère: »Diane »,à peine gentillet!Sujet pas évident,ok.Clotilde H.belle,à part ça?

@Anne-lise 11.53:c’est à dire, »résidence d’écriture au chalet de François Mauriac »?

Un ,Malagar(sur photo)ça ne fait pas trop « chalet »,deux,pas convaincu par les »ateliers d’écriture » à l’américaine.

Si tout le monde met son grain de sel,ça tourne à des études de marché déguisées.Verrait-on Godard »bénéficiant de »…?

eriksen dit: 18 novembre 2017 à 16 h 32 min

En lisant dans votre commentaire le mot « voyeur », j’ai tiqué. Bien que l’ayant suggéré dans mon commentaire, je m’aperçois que le voyeurisme n’est pas ce qui me gêne.
Entre autres impressions, je ressens le cinéma en général comme un substitut de voyeurisme : comme on ne peut décemment pas observer de près les vies des gens, le cinéma nous permet de les connaitre par un succédané relativement crédible. Et même quand des vies réelles sont exposées comme dans Carré 35, je ne me sens pas pour autant coupable de voyeurisme.
Ce qui me gène dans Carré 35, c’est qu’en plus d’être voyeur, je suis aussi caution. J’observe un cinéaste qui grave en public sa mère dans le marbre par un portrait « à charge ».
Même si la voix de Caravaca est humble et douce, même si l’amour filial ne semble pas exclu du tableau, il émane du film, par contraste « aux lèvres tremblantes et aux regards fuyants » de la mère, un sentiment de pouvoir absolu du cinéaste sur une femme qui s’incline.
Le tableau que vous faites du film dans votre 2e commentaire, est absolument terrible… mais c’est à mon avis un des axes de compréhension du film.

Phil dit: 18 novembre 2017 à 16 h 57 min

Dear Annelise, il me semble qu’il faut préférer « chirurgien cardiologue ou simplement « cardiologue interventionnel » (invasif dit-on chez les spécialistes) à « chirurgien cardiaque ». Mais peut-être vouliez-vous dire que la vue du beau Colin Farrell tout nu sous sa blouse blanche n’est pas conseillée aux cardiaques.
Le cinéma art de voyeurs pour voyeurs, of course. see « Peeping Tom » et « The camera man »

Annelise dit: 18 novembre 2017 à 18 h 00 min

Le vernaculaire des blocs m’aura égarée, Phil. .Colin under blouse a pu également contribuer, vous n’avez pas tort, surtout je cumule, entre la famille et les amis, tant de spécialités dont j’entends parler familièrement que cela ressort comme ça .- la chir « cardiaque », ortho, celle des « parties molles » qui ne sont pas celles que les carabins grivois dans le viseur de la lutte contre le harcelement aiment à laisser croire, la neuro, le Samu et la vascu (même combat, honni soit, là encore)…Jusqu’à ma nièce, frêle blonde que je crois encore au jardin d’enfants, qui récemment m’a effrayée quand j’ai réalisé qu’elle opere des gens( conversation entre nous la-dessus.. Moi, incrédule : « Ah bon, mais ça y est, tu les ouvres vraiment? » Elle : « Oui mais ne t’inquiète pas, je les referme »)
Quid de Diane?

JAZZI dit: 18 novembre 2017 à 20 h 13 min

« Et le musée des Merveilles ? c’est bien ? »

Les critiques sont bonnes et le sujet m’intrigue. Je vais aller le voir.

Aujourd’hui, j’ai achevé mon contrat de films de portraits de femmes, après Sara et Diane, il ne me restait plus qu’à voir Maryline. C’est fait.

C’est la cerise sur le gâteau !
Le film n’est ni fait ni à faire. Pendant un long moment et presque jusqu’à la fin, je me suis demandé où Guillaume Gallienne comptait nous emmener ?
Dans ce second film, Guillaume est Maryline. Ses parents ne sont plus de riches bourgeois parisiens mais des bouseux de la France rurale profonde. Seul point commun, mais inversé, ici la mère de la petite fille voulait un garçon. Une étrange mère, quasi mutique, qui la tondait, la boule à zéro, entre deux crises d’hystérie. A partir de là, on va suivre à peu près le même shéma que dans Guillaume et les garçon : le salut par le théâtre, jusqu’aux portes de la Comédie Française. Le film est une successions d’actes théâtraux mettant en valeur le talent de la comédienne principale. Pour son premier tournage, le plateau cinématographique est digne de la mine dans le roman de Zola. Maryline, fille du bistrotier du village y pénètre toute apeurée. De plus, elle a une grave problème d’alcoolisme et sa prestation va tourner au bide. Au point que le jeune cinéaste qu’elle avait séduit au casting, la vire comme une malpropre…
Par la suite on retrouve notre Cosette, mi actrice mi clocharde, exerçant pleins de petits boulots pour survivre. Tout allait de mal en pis, quand elle croisa sur son chemin une bonne fée : Vanessa Paradis. Unegentille marraine qui va l’introduire dans le milieu du théâtre Intello, genre Arthur Miller, because Maryline ! Elle y excelle et ne touche plus un verre d’alcool. Happy end garanti en forme d’acte-séquence joué sous le signe de la commedia dell’arte !
Bref, c’est une véritable anthologie théâtrale, ce film, qui laisse néanmoins en bouche un goût d’inabouti !

J.D dit: 18 novembre 2017 à 21 h 00 min

Feygele 18.00, être leste toute en grâce. Je n’ai jamais fantasmé sur les docteurs, vais m’y mettre. Danser un slow avec AnneLise sur Sexual Healing de Marvin gaye, le tensiomètre bondit.
@16.32, cinéma « substitut du voyeurisme »?Non.Votre plaidoyer, sans l’éloquence machinneuse de Dupont-M. plaide le contraire, Erikstein. Plaisir de votre lecture.
Mentsh jazzi, vous êtes courageux!Gallienne donne dans l’ersatz depuis un moment;il va donner gratuitement des cours de théâtre et part s’exiler à grands frais à New York. Qu’ils le gardent. Film insupportable. « Guillaume » était imbuvable. « Marylin », j’appelle cela de l’indécence, what else?
« Diane » n’a aucun intérêt.

p. comme puck dit: 18 novembre 2017 à 21 h 12 min

merci Phil pour ces précisions, effectivement dans les affaires de coeur il vaut savoir à qui on a affaire, dans le doute il faut lire ce qui est écrit sur la blouse, ou la cas échéant lui demander sa carte de visite avant de se faire opérer, en général ils ont toujours une dans leur portefeuille, ils vous la donneront sans problèmes, après ça, comme chez les officier de l’armée de l’air il faut compter le nombre de barrettes qu’ils arborent au col de leur blouse pour connaitre leur grade, s’il y a deux barrettes on a affaire à un toubib qui a réussi un double pontage coronarien, trois barrettes un triple pontage ainsi de suite etc…

reste les questionnements métaphysiques et psycho relationnels qui peuvent entourer le terme « invasif », vous savez comme moi Phil comment marche un coeur, en tout cas tant qu’il marche encore, je veux parler bien sûr des histoires d’oreillettes et de ventricules, il faut savoir que les oreillettes supportent très mal qu’on touche aux ventricules et vice versa, aussi il est recommander d’y aller avec la plus grande prudence, et surtout demander la permission aux oreilletes avant de toucher les ventricules et vice versa, à tel point que certains, dans certains livres spécialisés parlent de leur susceptibilité et de leur mauvais caractère, et c’est là qu’il faut essayer de remttre le mot « invasif dans un contexte où la susceptibilité règne en maitre, alors « invasif » oui, d’accord Phil, mais à condition de respecter une extrême prudence et aussi un minimum de savoir-vivre, demandez à tous les cardiaques ils vous diront tous l’importance du savoir-vivre, un savoir-vivre comme fin en soi car il est toujours très difficile d’exiger d’une oreillette ou d’un ventricule de faire preuve d’un minimum de savoir-vivre au moins jusqu’à la fin de l’opération chirurgicale et du réveil du patient, et pour finir sur une petite note optimiste Phil je vous rappelerai la fameuse histoire de ce type qui disait juste avant son triple pontage à son gendre de chirurgien « n’oublie que si tu loupes tu vas devoir te coltiner ta belle-mère chez toi » !!! et ça si c’est pas du savoir-vivre qu’on me dise ce que c’est.
et C.P. inutile de dire que je suis bourré, je n’ai jamais eu besoin d’être bourré pour écrire n’importe quoi !!!

Annelise dit: 18 novembre 2017 à 22 h 42 min

J.D dit « Diane n’a aucun intérêt ».
Lapidaire et gratuit. Je veux bien que vs n’aimiez pas ou donniez des arguments sur le modèle de Jazzi le 17 à 19h12, y compris si je ne suis pas d’accord – mais le tir aux pigeons critique one shot pour tuer sans même avoir faim ni se nourrir de la chasse, quel intérêt? Fabien Gorgeart fait tentative d’aborder le thème d’une parentalité nvelle, au moins physique, non plus classiquement « à deux », ni monoparentale, mais « à trois », voire à quatre, avec l’aménagement d’une vie amoureuse éventuelle en parallèle d’une procréation pour autrui, insouciante il est vrai. .critiquez la forme, critiquez le fond si ça vous chante, mais ne passez pas dessus avec une désinvolture qui en somme ne dit pas gd-chose, voire rien

J.D dit: 18 novembre 2017 à 23 h 23 min

Ne vous énervez pas ,chikse AL!Je vais developper .J’ai peur si je dis faire un gros trou.’Haver Jazzy écrit sur Diane (Clotilde Heme )qu’elle est conne et chiante ,est-ce mieux ?Vous préfereriez ?Das ist nicht mein kaffee.Pas envie que vous me preniez pour un type grognon.Le film manque de nechama.Pas d’âme!l’arrivée de l’electricien dans la partie de quilles ,on reve!Franchement vous y croyez ,cette femme enceinte ravie qui veut faire croire à la liberté et l’épanouissement ?Qu’elle donne la recette .Passons sur le corps dédié à l’amitié avec les copains homos.Je ne suis pas gêné par la morale .La réduction édulcorée au pochoir m’emm.. Kol akavoth,bonsoir à la RDC.
@p comme puck.Pourquoi être chikkor est grave ?Yannicq Haenel écrit ses bouquins entre deux verres .

Phil dit: 19 novembre 2017 à 0 h 32 min

Dear Puck, les cardiologues qui n’opèrent pas, (« n’ouvrent pas », comme la nièce de Annelise), sont dits « non-invasifs ». c’est aussi un vaste programme.
Dear Baroz, n’ai jamais bien compris les raisons pour lesquelles Galienne s’est acquis une réputation en jouant le gay qui ne l’est pas ? Pour le coup, cette attitude me semble assez « invasive ».

christiane dit: 19 novembre 2017 à 10 h 05 min

Eriksen,
vous écrivez : « Le tableau que vous faites du film dans votre 2e commentaire, est absolument terrible… mais c’est à mon avis un des axes de compréhension du film. »
C’est à partir de l’effroi de cette mère que j’ai compris l’importance de ce film. La naissance d’un enfant handicapé a été longtemps un drame insurmontable pour bien des familles, une sorte de faute qu’il fallait cacher, un empêchement à se réjouir en famille et dans le cercle social. On voit au long du film, l’itinéraire reconstitué des déménagements successifs de la famille et ce constat terrible : quand la mère ne pouvait plus cacher le handicap de sa fille, Christine, elle retourne au Maroc et l’abandonne à sa sœur avec, comme vous le dites le consentement muet du père. Six mois plus tard l’enfant s’éteint dans son sommeil. Les parents reviendront à la sauvette pour l’enterrement.
Eric Caravaca dit de la petite Christine : « la vie qu’elle n’a pas eue et la vie qui lui avait été enlevée une deuxième fois en la niant . » « Après la mort de son père, Eric Caravaca a convaincu sa mère de retourner au Maroc, pour la première fois depuis cinquante ans. Il l’a conduite sur la tombe de Christine, et filmé la scène avec une caméra super-8… »(Samuel Douhaire pour Télérama – Festival de Cannes)
Aujourd’hui, les enfants handicapés, de mille et une façons, font partie de la vie sociale et c’est heureux. Encore que leur itinéraire scolaire est souvent bref… et nécessite un personnel supplémentaire pour affiner l’apprentissage.
A ce titre, le film de Sandrine Bonnaire, sur sa sœur autiste, « Elle s’appelle Sabine », que nous évoquions ici récemment est important. Les efforts de Lino Ventura pour Linda (Il était venu parler d’elle avec pudeur à la télévision :« Je suis père d’une enfant pas comme les autres », avait-il expliqué avant de lancer un appel pour que la société cesse « d’ignorer » ces enfants souvent élevés loin des regards.), de De Gaulle qui aimait tendrement sa fille Anne trisomique (« Elle était aussi une grâce, elle m’a aidé à dépasser tous les échecs et tous les hommes, à voir plus haut » dira-t-il en 1940.) et de bien d’autres anonymes ou célèbres, font bouger les mentalités.
A ce titre, le film de Caravaca est absolument magnifique. (mais la mère n’est pas épargnée…)

JAZZI dit: 19 novembre 2017 à 10 h 36 min

« La naissance d’un enfant handicapé a été longtemps un drame insurmontable pour bien des familles »

ça l’est toujours, Christiane.

(mais la mère n’est pas épargnée…)

Eric Caravaca est très respectueux de sa mère. Il l’emmène doucement, sans jamais la brusquer, jusqu’à la tombe de sa fille cachée, niée et, finalement, retrouvée. Son frère, lui, semble plus vindicatif envers leur mère. Nous révélant les diverses identités de celle-ci et le flou sur sa date de naissance.

C.P. dit: 19 novembre 2017 à 10 h 44 min

Entraîné par mes deux saltimbanques, je suis allé voir avec elles « Maryline ». Elles ont été tour à tour abasourdies et prises de fou-rire. J’ai de mon côté trouvé ce second film de Gallienne (je n’avais pas vu le premier) à la fois chaotique et et imbécile, entretenant du cinéma, du théâtre (ET de leurs milieux) l’image qu’en ont ceux qui n’y vont pas, ce qui est curieux de la part d’un comédien. Et Adeline d’Hermy qui se dit enchantée d’avoir été dirigée par son confrère ! Et Annelise qui ne dit rien !
Il est bien que les avis critiques diffèrent, mais dans ce cas ils montrent des contrastes ahurissants. Isabelle Regnier écrabouille le film ; je ne crois pas, à la différence d’elle, que son auteur ait voulu souiller son héroïne, mais en somme on se croirait dans un conte de fées aux situations parodiques dans leurs exagérations, du plus misérable au miracle final.

Annelise dit: 19 novembre 2017 à 11 h 47 min

Chirurgie, tjs : j’en passe et des meilleures inscrites au tableau.. viscérale, néonat, obs, uro, thoracique, maxilo-faciale, plastique (que l’on a tendance à réduire à l’enjolivement alors qu’elle est le cas échéant reconstructive)..une de mes pires fascinations, entre Franju et Volte-face de John Woo ,étant les greffes de visage.. Isabelle Dinoire, décédée après dix ans, plus récemment le pompier américain mal suicidé Andy Sandness.. les entreprises du professeur Lantieri dépassent sur le fond la science-fiction
J’en reviens à l’échange Eriksen/Christiane sur l’indécence, Phil sur le cinéma, « art de voyeur pour voyeurs ». Suis-je si d’accord sur la formulation?.. Le faire-film (ou le faire-livre), pas la même chose qu’un exposé direct à autrui?. .la médiation n’est pas anodine..je suis frappée soudain par ma difficulté à écrire ici – je parle du blog – que ma mère fut, entre autres, défigurée en 88, d’où mon intimité avec le monde médical due à une longue pratique – alors même que j’ai (plus de vingt ans après) en quelque sorte « dit » par livre l’accident, le spectacle de mon père et celui ensuite de son corps, dans un tiroir de la morgue… mais c’était par voie décalée, dans le sanctuaire de l’écriture lâchée ensuite urbi et orbi.. Et d’une certaine façon, non pas « on s’en détache », mais il y a qqchose d’un donner quitus vers le général humain. Le personnel, lui, demeure personnel à tout jamais, à l’abri de toutes les effractions, parce qu’il est caparaçonné d’un consentement qui n’appartient qu’à celui qui promulgue le récit, qui choisit ou pas de l’accorder plus avant. L’indécence, vocable à perception secrète. Idiotisme infrangible. Il y a qqchose d’irréductible. Pas tant le fait de se raconter, ni de raconter ou montrer..Bataille qui évoque sa masturbation sur la dépouille de la mère, pas du tout la même chose que des petits jeux morbides montés de toutes pièces pour exciter ou choquer la ménagère bonne mère de famille qui cuit des gâteaux.. Ou Sandrine Bonnaire qui filme la détresse d’une Sabine en crise.. ou les gestes d’amour simples, quotidien sans fard..cela peut-être très dérangeant à voir aussi..je vous rejoins sans doute sur cette idée de la confiscation..? Avedon avec le père mourant, la mère prise au piège du Carré 35 forclos ? Enfin c’est très compliqué.. déjà pu dire que je n’aime pas Beckett chopé par F-M Banier, mais je trouve davantage « d’indécence » au sens moins noble à Larry Clark au gamin pseudo-pendu en slip, que lorsqu’il shoote de face la petite Amérique des camés, piquouse enfoncée en pleine veine
CP, parfois mieux vaut que je ne dise rien : il est des silences éloquents, manier le marteau-piqueur donne mal à la tête et j’aime bien la conclusion de Phil à 0h32
Pour « Diane », en revanche, trouvé que J.D était allé un peu trop vite et durement en besogne ..

JAZZI dit: 19 novembre 2017 à 12 h 00 min

On a le droit d’être sibyllin, parfois, Annelise. J.D. n’avait guère envie d’en dire plus. C’est pas bien grave, on est pas des critiques professionnels et ça n’engage que nous.
Dans Diane, le couple homo est quasi inexistant. Seul, l’électricien a un peu de consistance. Les épaules, c’est plutôt lui…

Sylvain dit: 19 novembre 2017 à 12 h 36 min

Annelise 11.47:joli(sur l’ecriture/montrer,le rapport de l’indecent&du perso,Bataille,Bonnaire).

Jazzi:diane retape la maison de famille et se tape l’électricien.

Bof.Pas emballé par la décontraction bisounours du ventre porteur.cliché femme libérée, gros sabots.

JAZZI dit: 19 novembre 2017 à 12 h 50 min

Ce qui m’a un peu heurté dans « M » de Sara Forestier, selon moi le meilleur des trois films, c’est la petite culotte salle de l’héroïne ! Par souci de réalisme ou par négligence ?

Phil dit: 19 novembre 2017 à 13 h 52 min

dear Annelise, dense témoignage confession, je vais relire. ajoutons que les cardiologues se positionnent en haut de la hiérarchie « carabineuse ». Farrell n’allait pas jouer le généraliste.
Goûtons ensemble le beau lapsus linguae de Baroz, voyeur en diable des salles obscures de cinéma, pour sans culottes

Annelise dit: 19 novembre 2017 à 15 h 11 min

Oui Phil.. « la petite culotte salle » de Jazzi, exquise. Mais pas de « confession » de ma part. Cela en serait une si nous nous trouvions face à face vs et moi d’une façon ou d’une autre et que, même l’ayant dit antérieurement par écrit, je rebrisais l’énigme, me mettais à vous en parler dieu sait pourquoi, dans un élan personnel mû par un mystère levant entre ns..et qd même l’écriture ça n’est pas ça. .ce que je veux bien confesser, c’est mon certain effarement qd un éditeur vous dit « pense au lecteur ».. vieux débat. .sans aller bien sûr jusqu’à « écrire contre », je trouve l’idée de « penser au » très bizarre.. à qui s’adresse t-on dans ces cas-là? Une intériorité… ensuite on s’adapte en face, on reçoit, on prend ou pas, mais pas la démarche inverse..Pas un geste autiste, non, mais de là à « s’adresser ».. J’ai un ami qui fut longtemps parfumeur, il m’a toujours dit que le luxe réel de sa grande notoriété fut qu’on ne lui demande jamais cela.. Partant de là, c’est vrai que le principe des « ateliers » ou des « résidences » cinématographiques ou littéraires pique ma curiosité. .la plomberie s’apprend en corporations, pas mal de beaux artisanats avec. Mais le cinéma, faire un livre?.. les Américains sont fans, avec parfois du joli calibre en résultats.. Missoula, entre autres pour les écrivains..les 2 Big Jim (Harrison et Crumley), Mc Guane, Sims Reid et Ford, prénom Richard..sauf que j’ai l’impression que ce sont eux qui ont fait l’école et non pas l’école qui les a faits?.. bon bon, le cinéma c’est sans doute différent..par définition travail d’équipe? Encore que

Sylvain dit (sur les ateliers à l’américaine)le 18 novembre : « Si tout le monde met son grain de sel,ça tourne à des études de marché déguisées.Verrait-on Godard »bénéficiant de »…?
Godard est en résidence avec lui-même, pas à Malagar ms en Suisse, pour le reste il y a Anne-Marie Miéville

Annelise dit: 19 novembre 2017 à 15 h 23 min

« En regardant de plus près le cinéma d’Anne-Marie Miéville, on peut mieux mesurer son apport à celui de Jean-Luc Godard : c’est grâce à ce regard d’une femme sur le monde contemporain et à son tempérament plus « fragile » comme elle le dit elle-même dans Soft and Hard, que Jean-Luc Godard sort de ce que Serge Daney qualifiait de « pédagogie masturbatoire »
Ah c’est chouette Google, ça a un côté « magic » qd ça fonctionne

Annelise dit: 19 novembre 2017 à 18 h 56 min

Jacques 16h04 je vs apprécie réellement, mais on ne va pas être copains si vs écrivez cela.. . Carver n’a pas « appris à écrire » – c’est lui qui apprend, a appris avant même de le savoir, apprendra le cas échéant aux autres ad vitam aeternam, et ite missa est.!.oui oui, je connais les argumentaires et autre langage de 4ème de couv, bio volontiers trash-vendeuses, ce qu’on dit de lui, ceci ou cela. .les petits pains à la cannelle pour maladroitement compenser l’atrocité de l’enfant mort, ou le pauvre type au comptoir « alors, c’est pas une belle chagasse? » parlant de sa propre femme, tentant de la faire-valoir à ses propres yeux auprès d’un pékin accoudé regardant ses bras plissés.. .cela ne s’apprend pas, croyez-moi. Pas plus que les chiens errants euthanasiés chez Kevin Canty,ou comment plumer un pigeon chez McGuane (que je n’ai jamais rencontré, qui a été me semble t-il marié à la fiancée de Superman, Margaux Kidder?).. En revanche j’ai connu les 2 gros Jim, ils sont venus chez moi (alternativement).. Harrison, large comme une barrique, larmoyant de conjonctivite, doux comme un agneau disant « je n’avais qu’un oeil..je me cognais partout.c’est ça qui m’a fait écrire »..ça ne s’apprend pas, c’est comme ça – même si après c’est perfectible, mais pas sûre que l’impulsion ait besoin de bcp venir de l’extérieur…la « main douce posée sur l’épaule », la réassurance entièrement nécessaires mais pouvant suffire

Annelise dit: 19 novembre 2017 à 19 h 14 min

Cela me fait plaisir que vs le lisiez, que vous l’aimiez. .je l’aime bcp. J’aurais aimé le rencontrer. Pas forcément pour dire gd-chose : je ne dis parfois rien, ds ces cas-là..pour quoi faire? Même aimé le Altman dessus..Lyle Lovett en patissier

JAZZI dit: 19 novembre 2017 à 20 h 44 min

Je suis d’accord avec vous, Annelise. Néanmoins, dans « Les Feux », Carver reconnait une très forte dette à son prof. d’écriture à l’université de…
Carver confesse, lui-même, que son style il le doit essentiellement à ses deux jeunes enfants à vingt ans. Ne pouvant consacrer que peu de temps à écrire, il lui fallut aller au plus court : Nouvelles et Poèmes, exclusivement !

JAZZI dit: 19 novembre 2017 à 21 h 02 min

J’ai donc vu cet après-midi « Le musée des merveilles » de Todd Haynes. Gentil film. Délicat. Triste. Mais qui laisse briller une lueur d’espoir, d’amour et d’amitié à la fin…
Ce qui m’intéressait c’était de voir la reconstitution du New-York des années trente, en noir et blanc, et des années soixante-dix, en couleur.
Et le double destin, à cinquante ans d’écart, de la petite fille à la recherche de sa mère et du petit garçon à la recherche de son papa. Tous les deux sourds muets…

alley car dit: 19 novembre 2017 à 21 h 52 min

@JAZZI dit: 19 novembre 2017 à 21 h 02 min
J’ai donc vu cet après-midi « Le musée des merveilles » de Todd Haynes. Gentil film. Délicat. Triste. Mais qui laisse briller une lueur d’espoir, d’amour et d’amitié à la fin…
Ce qui m’intéressait c’était de voir la reconstitution du New-York des années trente, en noir et blanc, et des années soixante-dix, en couleur.
Et le double destin, à cinquante ans d’écart, de la petite fille à la recherche de sa mère et du petit garçon à la recherche de son papa. Tous les deux sourds muets…
ouaip
C’est pur, vieux et tendu comme pas possible
https://m.youtube.com/watch?v=S8kPqAV_74M

JAZZI dit: 19 novembre 2017 à 22 h 17 min

Il me semble que j’ai été plutôt gentil avec J.D., alley cat. Je l’ai défendu auprès d’Annelise. C’est elle, la méchante…

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