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La République Du Cinéma

« The Neon Demon » : l’oeil plus gros que le ventre

Par Annelise Roux

Pour goûter le sel du titre, il faut avoir vu ou aller voir le film. Avec l’engouement suscité, il sera encore à l’affiche. Puis-je vous envoyer au casse-pipe ? Y êtes-vous prêts ?
La curiosité, bon moteur. L’envie de rire, de bayer aux corneilles en regardant sa montre ou d’être mal à l’aise pendant presque deux heures qui en paraissent quatre devant du sado-maso soft, de l’horreur boursouflée, des photos grandiloquentes nées de l’union trioliste de Helmut Newton en panne de bondage, Nan Goldin pour les coloris et Quentin Bertoux, auteur d’une célèbre campagne de pub Hermès où les objets avaient l’air de léviter comme des mobiles de Calder. Il peut arriver que les films de Jeff Nichols créent de l’ennui, au moins ils redistribuent l’espace, étirent la narration – mais là ? Pour y sacrifier il faut avoir du temps à perdre, même si quelquefois, cela permet de vérifier des choses, d’acquérir.

L’opus de Nicolas Winding Refn était en compétition officielle à Cannes. Énorme attente. Mon confrère assez félin de la presse littéraire Baptiste Liger, dont les articles dans « Lire », « Technikart » ou « L’Express » plusieurs fois ont attiré mon attention, m’a enchantée dernièrement sans le savoir, faisant sur sa page Facebook une mention facétieuse de ce « Néant Dément » dûment rebaptisé – vu son prénom, il a le droit – par ses soins.
Je professe sans ironie mon admiration envers sa défense ambiguë de l’impossible objet. Mon ton est ludique mais sincère : ma fantaisie peut m’incliner à l’improbable, j’aime éventuellement l’expérience faite de la fraicheur à l’envers. Liger the Cat voit juste, son adhésion au néon de cuisine high tech m’intrigue, n’est pas pour me déplaire. Il y a un peu de « La Féline » de Tourneur détourné, dans ce navet qui bourre le mou (c’est moi et non lui qui l’écris de la sorte). Certains ont bu du petit lait devant les pumas empaillés façon la « Belle et la Bête », ces décors de Cocteau du pauvre colorisés violemment, ces lits roses capitonnés comme des cercueils… Dieu sait si je n’ai rien contre une ambiance boule à facettes. Sachons ce qu’on va voir sans se faire berner par l’enseigne bling-bling du night club où mixe un D.J. branché. Le conte est très présent, Blanche Neige, ou ici plutôt Boucle d’Or livrée aux dangers de la défloration à venir, du passage au corps adulte et aux pulsions sacrificielles des jalousies générées alentour. À ce stade, on était en veine d’espérer.

« Drive » tiré de James Sallis, dont le roman n’avait jusque là pas particulièrement passionné les lycéens ni les lycéennes, dès lors que le rôle titre avait été confié à Ryan Gosling avait effectué ce qu’on appelle le grand bond en avant. Justifié : avec son héros mutique revendiqué comme hérité du samouraï de Jean-Pierre Melville, ces promenades qui semblaient statiques au travers d’un paysage défilant sous la pression rauque de la voix de Kavinsky, le réalisateur réussissait son permis de conduire. Gosling/Le Driver qui massacrait dans l’ascenseur celui qui voulait s’en prendre à Irene/Carey Mulligan jusqu’à lui réduire la tête en bouillie à coups de pied y a contribué, comme la vision de Bryan Cranston, saigné à mort dans son garage.
Winding Refn donnait l’impression d’avoir saisi en une belle intuition le lien unissant mort et érotisme. Aucune économie de moyens : débauche d’effets hollywoodiens, fantasmes de pureté, menace, sexe, empêchement sont au contraire déjà présents dans « Drive », mais soutenus par une cohérence signifiante et poétique qui fait la différence. Le film avait tout emporté au box-office et cela pouvait se comprendre.

« The Neon Demon », le cinéaste danois est seul attelé à l’histoire et à la réalisation. Film dédié à Liv Corfixen, sa femme. Cette délicate attention m’aurait fait plaisir. Le générique où apparaissent ses initiales comme une marque de Velin a de quoi alerter ? Ne nous décourageons pas pour si peu. L’imagerie mise en place semble sourdre en continu d’une baudruche gonflée à l’hélium qui, piquée d’un coup d’épingle, en se dégonflant se propulse en zigzag à grand bruit.
Je ne dédaigne pas le kitsch – à condition qu’il soit volontaire ? A la fois j’en ai connu de hasardeux si stupéfiants qu’on rie ou qu’on quitte la salle. On ne sait plus trop soudain quelle part de mégalomanie s’ancre là-dedans. Vincent Maraval (Wild Bunch) a du culot. Un homme qui vient à la cérémonie des César en t-shirt informe estampillé « Bad Seeds » ou « Batman » ne peut me faire fuir d’emblée. Beaucoup écouté Nick Cave. Il avait lancé un pavé dans la mare en 2012 via une tribune dans« le Monde», arguant que les acteurs français «étaient trop payés». Réactions de Serge Toubiana et de Jean-Michel Frodon sans tarder, en réponse au provocateur. Article aux Cahiers du cinéma en février 2013 intitulé «Des ronds dans l’eau.»
Les jolies Américaines de Géorgie reçoivent-elles un cachet au lance-pierre ? Elle Fanning (la jeune Jesse, cheveux lâchés de Vénus de Botticelli) a des atouts pour devenir mannequin. Elle épouse comme par hasard un type physique copié-collé sur la fiancée de Dale Cooper dans « Twin Peaks ». L’univers lynchéen, en particulier celui du génial feuilleton où Kyle Mac Lachlan mangeait des donuts en poursuivant la piste évanouie de l’Indien assoiffé de sang « Bob »  – Hank (Keanu Reeves), le patron du motel n’est qu’un dérivé délavé du hippie accroupi derrière les barreaux du lit de Laura Palmer – est vénéré dans une surenchère bravache qui n’a pas la générosité de l’admiration. Nicolas Winding Refn verse dans le clip, la parodie même pas si inconsciente : or la saveur, la singularité éblouissantes de David Lynch sont dans l’hyper profus qui a l’air erratique mais qui remue loin, du côté de la psychanalyse, de l’identité, d’un travail de caractérisation psychologique fouillée où l’angoisse tient le haut du pavé, de l’intégration ad nauseam de paramètres de plus en plus nombreux et du ressassement vomitif (cette fameuse distorsion croisée de « Mulholand Drive », autre chef d’œuvre où Naomi Watts et Laura Harring vénéneuses se dissolvent l’une dans l’autre).  « The Neon Demon » donne le sentiment que le cinéaste s’offre grâce à de très beaux plans une tranche de melon fantasmatique adolescente, égotique sans plancher. Faire défiler des belles nanas griffues autour du petit Chaperon rouge éthéré comme une Vierge de la rue du Bac, bombe sexuelle frigide à la Deneuve échappée d’un film de Buňuel… Dans le shaker, «NWR», comme il nous faut le considérer et l’appeler désormais, a déposé un zeste de surréalisme à la « Chien andalou » avant d’agiter le cocktail. Sauf que l’Aragonais appuyé par Salvador Dali se pare là aussi d’un autre bagage d’onirisme et de culture, de dangerosité, de capacité à bouger les lignes.
« Elle » (Fanning) a tort de repousser la rouquine Ruby venu l’accueillir (Jena Malone en clone affamé de Kristen Stewart, séduisante). Thanatopractrice à ses heures, la jeune femme a des fringales de lesbianisme bien compréhensibles à l’égard de la blonde. La seule scène vraiment dérangeante se passe à la morgue, et je ne sais pas si l’obscénité qui m’a perturbée était celle voulue.

La musique au stroboscope plein pot, des triangles roses martelés comme des installations visitées à Beaubourg ou au MoMA font-ils film ? Le cinéaste se fait plaisir naïvement. La masturbation, acte naturel ? Hardi petit. Mais que l’exécution demeure privée, que nous soit offerte seule la transfiguration finale au lien de la montée laborieuse. La vraie perversité vient de ce long aiguisement qui ne débouche sur rien. Les mannequins choisis eux-mêmes ne sont guère convaincants pour cette critique des apparences et de la compétition. À part peut-être Abbey Lee Kershaw, à laquelle une ligne de bouche tombante confère un visage de masque blanc comparable à celui de l’assassin qui dessoude les teen-agers dans « Scream ».
La fille néanmoins n’est pas mauvaise puisqu’elle accepte de finir l’assiette de sa copine, Gigi. Elle se douchent ensemble et on se croirait revenu aux premiers temps des photos cochonnes importées d’Allemagne dans les années 80 : quelle pitié que ce retour en arrière quasi réactionnaire !
Lorsque le photographe (Desmond Harrington) enduit le corps de Jesse de peinture dorée, la regardant avec des yeux de merlan, frémissement s’apparentant à de la friture : hommage déguisé à Robert Hossein, lorsqu’il caressait les courbes d’une statue en regardant sa Marquise des Anges ? Certes il le mérite.
Michèle Mercier avait de la conversation. Sur ce coup Nicolas Winding Refn n’a pas grand-chose à dire. Stage, afin de recouvrer en intégralité ses points ?

« The Neon Demon » de Nicolas Winding Refn.

 

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commentaires

65 Réponses pour « The Neon Demon » : l’oeil plus gros que le ventre

sophie dit: 27 juin 2016 à 8 h 12 min

BRAVOOOOOOOOOOOO Anne Lyse; je suis scotchée par les références, j’adore la baudruche qui se dégonfle, tout est vrai…ce film, en un mot, est : UN NAVET SUR CANAPE

Sylvain dit: 27 juin 2016 à 10 h 05 min

Vous êtes un sacré number. Je vous lis en me tenant les côtes Anne-lise ! Jamais vu ça. La chronique laisse sans voix tellement c’est bien. Pas dans « l’effet ». Vous arrivez à éviter l’écueil. Quelle claque!

Le bon lecteur de presse et de romans peut vous dire que Passou est un découvreur hors pair. Merci à lui pour nous avoir permis de vous lire.

Je reviens plus tard pour parler du film mais je voulais vous féliciter : l’esthétique, le parallèle Twin Peaks, le masturbatoire, Hossein; Terrible !

R.Oats à qui vous pensez? à Depardiou?

Eriksen dit: 27 juin 2016 à 10 h 17 min

Annelise, je désapprouve ce qui précède, y compris les commentaires. Votre analyse est pleine « d’effets » de mépris. Le mépris devant une oeuvre, c’est quand on n’est pas entré dans l’univers de l’autre, et c’est d’abord un échec.
je n’aime les critiques vraiment négatives, que révoltées.
Post à suivre

Sylvain dit: 27 juin 2016 à 10 h 28 min

Eriksen a ses petits nerfs.

Je ne vois aucun mépris. Contre-sens total de lecture. Vous confondez ton alerte, patte personnelle forte avec l’avis qui s’amuse à forcer le trait pour briller.

Tout l’inverse ici: Anne-Lise nous fait un saut digne du cinéma asiatique (« Assassins » ). Elle tranche la main du géant qui bloque la porte devant le quel tout le monde se couche ! Vous n’êtes pas bien réveillé ?

Eriksen dit: 27 juin 2016 à 11 h 28 min

encore du mépris…Sylvain.
« tout le monde se couche » ?
2 sommets sur 3 du triangle des Bermudes de la critique ont détesté (monde libé)
Le film a été sifflé à Cannes.
Les avis sont manifestement partagés…

jodi dit: 27 juin 2016 à 11 h 52 min

Quel mépris ? Vous êtes marrant Eriksen.Ou bien naif? « Mépris » quand on souligne comme ici, arguments à la clef,les travers et dérives mégalos d’un gars qui a les chevilles qui enflent jusqu’à éclatement ,j’appelle pas ça comme ça! L’exégèse est excellente et le report critique au pillage de Lynch d’un brillant absolu .Sifflé ouais,mais NWR en sélection officielle…, ça ne vous interroge pas? et soutenu par Wild Bunch . Vous ne semblez pas réaliser ce que ça veut dire.

Annelise dit: 27 juin 2016 à 12 h 29 min

Eriksen 10h17, c’est mal me connaître : aucun mépris, je n’y ai que très peu tendance, et sûrement pas dans ces circonstances. De la colère, ça oui. Dites-nous ce que vous avez aimé pour défendre ce film, ça m’intéresse.

Zem dit: 27 juin 2016 à 13 h 24 min

Gros désastre. J’aime les films d’horreur. J’étais très déçu.N-Windin Refn n’en fout pas une rame.Vous êtes sérieuse quand vous dites que vous êtes proche de sourire?Vous devriez pas. Cinéma complaisant, super imbu.Je sentais l’embrouille vs D.Lynch sans arriver à la dire;ça m’a gêné tout le temps.Vous l’avez formulé pour moi bien à fond.Je crois pas qu’il est au second degré Anne-Lise Elégant de prendre ça sous l’angle de la plaisanterie.

Zem dit: 27 juin 2016 à 13 h 28 min

Un second degré l’aurait sauvé? Le truc de la barbouiller de paillettes je n’y croyais pas. Cour de récré. Pas généreux, en plus.ça m’a vraiment gêné…(pas dans le bon sens). Même l’oeil, bof.

Gilou dit: 27 juin 2016 à 18 h 16 min

La météo signale une forte activité sur RDC le 27 juin: des impacts de foudre sans précédent sont à craindre .Annelise transformée en tornade balaie le ciel cannois encombré par le CO2. Vous n’avez pas vu les Xmen,Eriksen? Il ne faut pas l’énerver ! J’hésite entre Halle Berry et celle au pouvoir mental extraterrestre dans le film de Bryan Singer.
Hi hi hi .
Prétentieux navet que ce Néant Dément .

Annelise dit: 27 juin 2016 à 18 h 50 min

Gilou je ne cherche pas à délivrer une opinion pour sécher qui que ce soit sur place. Je ne tiens pas à prôner à tout prix mes « opinions », surtout sous la casquette « critique ». Je ne sais comment vous l’expliquer. Ce n’est pas du tout ça.
Les X men je vais vous surprendre j’adore ! Pas tous, mais Singer qui est aussi l’auteur de « Usual suspects », où là aussi ça donne dans le néon blafard mais autrement dérangeant, Bryan Singer donc a fait montre d’un talent sidérant dans un ou deux des opus Marvel… Celui où Magneto sous l’emprise du nazi Ken Bacon hurle sa colère de n’avoir pu sauver sa mère, balançant pour la première fois l’énergie dévastatrice qui va l’amener à distordre les métaux (il défonce le portail du fameux camp où « le travail rend libre »…) C’est complétement enthousiasmant, ces contes de fées bizarres des comics, quand c’est réussi. Et Jean Grey, la femme télépathe, ah vous ne pouvez pas le savoir mais je prends cela pour un compliment ! Non seulement elle est très belle, mais son lien au Cyclope est magnifique. Son rejet aussi par sa famille, la nécessité pour elle de contrôler ses pouvoirs qui s’égarent parfois vers des sphères noires (elle se dédouble en « Phénix », et le film prend des accents à la « Planète interdite » qui enfant, m’avait laissée comme deux ronds de flan…) Ou encore, au moment de la guerre froide, un sous-marin russe et la flotte américaine s’affrontent, un missile longue portée est tiré. Magnéto s’énerve et aspire le bâtiment hors de l’eau ! Les roquettes sont en l’air. Incroyable. C’est extra.

radioscopie dit: 28 juin 2016 à 9 h 17 min

J’ai répertorié à peu près soixante-dix références dans le billet d’Annelise. Les voici : Helmut Newton / Nan Goldin / Quentin Baroux / Hermès / Calder /Jeff Nichols / Baptiste Liger /« Lire »/ « Technikart » /« L’Express »/ Facebook/ « La Féline » / Tourneur / Cocteau/ Blanche Neige / Boucle d’Or / « Drive » /James Sallis / Ryan Gosling /Jean-Pierre Melville/ Kavinsky/ Irene Carey Mulligan / Bryan Cranston / Liv Corfixen /Vincent Maraval / Wild Bunch/ « le Monde » /Serge Toubiana / Jean-Michel Frodon/ Cahiers du cinéma / Elle Fanning (la jeune Jesse, cheveux lâchés de Vénus de Botticelli / Dale Cooper/ « Twin Peaks » / l’univers lynchéen/ Kyle Mac Lachlan / Hank (Keanu Reeves) / Laura Palmer /David Lynch /« Mulholand Drive »/ Naomi Watts et Laura Harring / petit Chaperon rouge /Vierge de la rue du Bac /Deneuve / Buňuel /« Chien andalou » /Salvador Dali / la rouquine Ruby /Jena Malone / Kristen Stewart / Beaubourg/ MoMA /Abbey Lee Kershaw / « Scream »/ Desmond Harrington / Robert Hossein/ Marquise des Anges/ Michèle Mercier.
Annelise écrit avec un fusil mitrailleur et décharge ses munitions tous azimuts à l’instar d’un tireur fou. Ce n’est pas mortel mais ça secoue, c’est nerveux, on est balloté comme sur une mer déchaînée, ça refile le vertige. Et comme après le bouquet final du feu d’artifice, on goûte comme une jouissance le silence revenu.

Emmanuel dit: 28 juin 2016 à 10 h 31 min

Mon cher Radioscopie,libre à vous ,si vous êtes retraité surtout, de vouloir conserver de la quiétude pour éplucher les annonces du Figaro et recherches sur Meetic ;je ne voudrais pas me passer des déchaînements ,du torrentiel jamais creux de la femme télépathe Annelise à cause de vous. Elle tient en toute humilité les scuds tirés de la Corée en respect . Le tireur fou s’avère être un sniper qui ne fonctionne pas par analogies ni name dropping ,mais donne dans le circonstancié, l’extra frais, sans économie dès que ça touche à la connaissance pointue. Très différent voyez-vous.La relève du niveau ne vous effraiera pas si vous avez le pied marin. Restez à quai ,si vous rendez à la moindre houle; ça ne se commande pas ! Je profite du feu d’artifice. Le silence revenu auquel vous aspirez sera assez long dans la tombe. Ou ne pas aller sur les blogs?
Anyway, Annelise,vous l’avez bien descendu, je parle du démon du box-O;Nicolas Winding a raté son coup ,et j’aime que votre façon de l’étriller ne soit pas d’ordre personnel stricto comme le font les paresseux,mais appuyé sur une épistémologie nette, bien balancée. Bon bon, sans doute je vous lis aussi par goût pour l’écriture, retrouver l’écrivain ? Après la fin du film j’hésite à parler « d’oeil » , sinon on pourrait dire ça : j’aime voir comment vous l’avez vu. Comme j’aime lire Perec sur ses lectures, Marmande à la corrida. Ils y sont entièrement, eux, sans se hausser du col ni donner dans le sucré acide discret qui préfigure le pourrissement embaumé .Critiquer serait « ne pas être entré dans le monde de l’autre »? A ce taux d’aiguisement qui ne table pas sur le nombril, la suprématie de position, l’opinion, l’avis perso qui compte « par dessus tout », je réponds non. Vous rendez hommage au Driver sans vous faire prier ;vous n’étiez pas obligée non plus de sauver présentement ce qui peut l’être encore dans ce film fallacieux. Je pourrais être plus long ,mais Radioscopie l’endurerait-il? Ne le dérangeons pas dans sa lecture de Paris turf , naissances à Monaco dans Point de vue. Allez les bleus.

Annelise dit: 28 juin 2016 à 11 h 10 min

Naissances à Monaco, Emmanuel? J’achète! Je partagerai le journal avec Radio. Mon autre grande passion avec « Trente millions d’amis ». Mal remise de la disparition de l’émission. Le mépris, je ne l’aime qu’avec Bardot à casa Malaparte.

Rowan Oak dit: 28 juin 2016 à 11 h 18 min

revu hier soir « Lola Montès » de Max Ophuls : quelle belle leçon de cinéma… les deux plus belles façons de faire du cinéma avec le « Citizen Kane » d’Orson Welles

Annelise dit: 28 juin 2016 à 11 h 35 min

La petite luge fait aussi partie de mes rosebuds, Rowan Oak (fan de Faulkner apparemment?),je ne suis pas certaine que Nicolas Winding Refn en comparaison vous séduise beaucoup – celui-ci en particulier. Il me paraît important de faire avec ce qu’on a, ne pas dresser les hypothèses les unes contre les autres, catégorie par catégorie, « les vieux retraités », « les jeunes », « les femmes ». Je ne suis pas romancière ici, Emmanuel, même si ça influe bien sûr : je regarde des films avec vous.
Radio, on parle toujours de la violence des fleuves comme dirait vous savez qui – je ne vais pas le nommer afin de ne pas augmenter les références-, mais que dire de celle des berges qui les enserrent?

Annelise dit: 28 juin 2016 à 11 h 38 min

Oups, je recommence :
La petite **** fait aussi partie de mes ****, ****, (fan de **** apparemment?), je ne suis pas certaine en comparaison que **** vous séduise beaucoup – celui-ci en particulier.
Qu’est-ce que je ne ferais pas pour vous !

radioscopie dit: 28 juin 2016 à 12 h 19 min

« Radio, on parle toujours de la violence des fleuves comme dirait vous savez qui – je ne vais pas le nommer afin de ne pas augmenter les références-, mais que dire de celle des berges qui les enserrent? »

Annelise, mais… c’est du brecht cit ! A propos de « berges », ce (cher) Emmanuel m’en prête plus que de raison. Je le soupçonne, sans y parvenir, de chercher à imiter votre style torrentueux.

Sylvain dit: 28 juin 2016 à 14 h 19 min

Eriksen 11.28 le 27, solidarité entre Danois ?

Niet pour le mépris, l’ami. Anne-lise 11.10 ne l’aime qu’avec Piccoli et Bardot, moi idem. Petits nerfs » était en trop. Je charre.

Quelqu’un là au dessus a employé l’adjectif fallacieux, c’est ça : ce sentiment d’avoir été trompé.

N.WR n’est pas le premier intermittent chômeur venu. On lui allonge les $ et il en fait un livre d’images luxueuses, vues partout.Jamais dedans. Chair à cannes, là dessus Th.F mord à l’hameçon, on croit rêver !

La chronique a raison de regretter l’utilisation sournoise et sans reconnaissance de Lynch, Maître en horreurs poisseuses. Quand Palmer the Father pousse la chansonnette… ça a marqué une génération entière d’après Carpenter.

Le billet de notre Jane Grey « cinéma » tellurique-visionnaire comme d’hab. Je les trouve exemplaires, fondés, d’un humour sautillant pudique, à faire fondre.

Bravo pour les louanges concernant « Le Commencement ».Vrai cinéma de genre catégorie nouvelle. Les cinéphiles devraient aller voir sans oeillères. Le conflit infra psy d’Eric qui se termine en pièce tronçonnant l’agresseur, fort en café !!

Sylvain dit: 28 juin 2016 à 14 h 27 min

Vous n’êtes pas « Magnéto » alias Eric Lensherr, Eriksen ? Que je m’inquiète si j’ai trop de fer dans le sang.

Ian McKellen était bon mais fassbender meilleur.

Emaury dit: 28 juin 2016 à 18 h 20 min

Carpenter avait inventé un style qui tirait vers Abraham Stocker .Twilight à coté ,quelle dégringolade de l’intelligence .Les ados n’ont rien fait pour mériter .Lynch a un autre calibre .Audrey Horne, »Twin Peaks »,l’ultra baroque de DL,on etait tous fous devant; comme un code secret:pas seulement générationnel,ni pour exclure les vieux!!Des profs de fac s’y penchent.

Emmanuel dit: 29 juin 2016 à 11 h 26 min

Les films d’horreur ont pris de l’essor dans ces années.les gens comptaient sur une catharsis. Une démarche immature qui a fait florès.C’etait vachement malin,même si on est loin de Murnau,des Carpenter tiennent la route . »L’hyper profus qui remue loin,du côté de la psychanalyse,l’intégration ad nauseam de paramètres de plus en plus nombreux » pour caractériser Lynch: pas mieux! Grand grand cinéaste.X-Men,c’est la nouvelle Odyssée de nos gosses.C’est dans lequel que Famke Janssen se dédouble en Phoenix?Le Commencement?

Zem dit: 29 juin 2016 à 16 h 52 min

ça sent les vacances Anne-Lise ! Moi cette année ça va être Cuba. Avant je vais à L.A pour le boulot, si vous voulez je saluerai D.Lynch;

Zem dit: 29 juin 2016 à 17 h 05 min

Sur RDL ça yoyote autour de ‘la gueule d’Yves Bonnefoy’ avec ceci ou ça (Charles)…on croit rêver!!

talon.nettes dit: 29 juin 2016 à 17 h 07 min

« en bon existentialiste, je préfère l’Etre. »

l’Etre ou le neon, beau film de la princesse de crèves

Annelise dit: 29 juin 2016 à 18 h 02 min

Simeune et Talonnettes, l’ambiance « Camping » gagne ? J’ai ri en lisant le twit de Pierre sur RdL à propos du détournement de l’affiche de « Belle du Seigneur » par Franck Dubosc. Pauvre Albert ! Je n’étais pas au courant. Mais, le Cap-Ferret… je ne résiste pas à l’océan.
Emmanuel, c’est le n°2. Jean Grey connaît une bifurcation proche du très beau film de 1956 de Fred McLeod avec Ann Francis, Warren Stevens & Walter Pidgeon (« Planète interdite »)… le stockage des émotions négatives, le refoulement imposé chez cette amoureuse responsable génèrent une créature maléfique indépendante qui met en pièces ceux qui veulent la désarmer. Un des opus les plus réussis, signé Singer, et un de mes préférés. Au passage je me suis trompée, « Le Commencement » (mon favori), a été fait par Matthew Vaughn : Kevin Bacon y campe un Sebastian Shaw/Klaus Schmidt, nazi capteur d’énergie plein de patience à faire éclore les talents néfastes. Son exultation à déchaîner la fureur de Magnéto canalisée grâce au chagrin… La scène des roquettes suspendues, mais aussi les leurres projetés par la femme-diamant pour divertir un oligarque russe (sous son contrôle mental, il tripote du vide d’un air libidineux pendant qu’elle fouille ses papiers), celle où Shaw absorbe les radiations d’une bombe… C’est très troublant.

Annelise dit: 29 juin 2016 à 18 h 04 min

Emaury : oui Murnau avec des moyens infiniment moins spectaculaires m’a donné beaucoup plus d’émotion

Annelise dit: 29 juin 2016 à 18 h 12 min

Zem, Cuba? Wow.Merci pour David Lynch.Vous pensez que cela lui fera plaisir? Alors tant mieux. Vous connaissez la formule d’Isabella Rossellini à son sujet et à celui de Scorsese (elle a été mariée aux deux) : Scorsese a l’air dingue et survolté et jouit d’un relatif équilibre. Lynch a l’air posé, calme, il est authentiquement dérangé, logorrhéique et plutôt inquiétant. La fille d’Ingrid Bergman a eu bon goût pour ses maris.

En attendant la RDT dit: 30 juin 2016 à 9 h 58 min

Hier soir, M6 diffusait le Marrakech du Rire, festival international créé par Jamel Debbouze (3,6 millions de téléspectateurs).
On y voyait un florilège de jeunes humoristes Français, massivement issus de l’immigration, s’adressant à un public de jeunes Marocains privilégiés, soigneusement triés sur le volet. On a pu y rire de François Hollande, joyeusement houspillé, mais pas un mot sur le roi du Maroc. L’impertinence à ses limites !
(en attente de modération erdélienne)

Sylvain dit: 30 juin 2016 à 9 h 58 min

Hé hé..c’est la révolution dans le palais avant villégiature d’été? Anne Lise ,vous avez raison X-men c’est de la bonne contre culture. W. Refn aurait bien fait de s’en inspirer.

Quant aux blogueurs de 55-60 ans selon sondage qui prennent RDL-RDC pour passe-temps en arrêtant le bon cinéma l’année des vingt ans, vous secouez le cocotier !

Vous aurez moins de posts, le lectorat jeune est plus réticent avec ça, cette timidité d’ailleurs se fait sentir dans l’orthographe; et un élargissement du lectorat par le haut.

On a à la maison un jeune de la Femis fan de vos billets. A l’heure des infos sur attirail connecté, on est soulagés de voir qu’il sait lire. ..

Sylvain dit: 30 juin 2016 à 10 h 06 min

Cékoi, Djamel Debbouzze ?

Debbouzze a été un bon comique télévisuel, meilleur que Gad Elmaleh et donne maintenant de l’humour cinématographique bas de gamme qui rapporte des thunes.

Il est Marocain, le Roi doit lui en mettre plein la vue.C’est pas un intellectuel… sa femme est une beauté et bonne journaliste par contre;

Eriksen dit: 30 juin 2016 à 10 h 15 min

Le film s’ouvre sur une scène de crime. Une poupée blonde au maquillage rose est allongée sur un canapé, la tête en arrière sur l’accoudoir. La gorge tranchée, un large filet de sang descend et s’égoutte par la main pendante dans une flaque de sang flashy comme du vernis à ongles. Tout brille sous l’éclairage de grand tubes néons blancs : le sol comme un miroir, le mur argenté en volutes irisées, la robe bleue métallique. Un photographe, shoot et chaque flash déclenche un bruit étrange à mi-chemin d’un coup de sabre et d’une porte qui claque dans un souterrain. La musique est puissante, mécanique, enveloppante. La poupée se relève et rejoint la loge où l’attend Ruby, la maquilleuse.
Pourtant Jesse fait tâche dans ce monde artificiel : visuellement sublime, elle n’est pas assez fausse, car elle doute encore. Le film raconte le processus de mise en cohérence du corps et de l’âme, et la transformation fatale du doute en certitude.
Runaway child, elle est de prime abord une elfe. Sa beauté vierge est un diamant qui capte le soleil et en devient source. Mais si le diamant est excusé pour leur inconscience, elle devient irréfragablement coupable quand elle prend conscience de sa beauté. Ils et elles ont tous reconnu en elle l’astre solaire, avant qu’elle ne le sache elle-même.
Sa sensualité semble émerger lors d’une séance de pose où un photographe étale d’une main caressante une poudre d’or sur son corps nu. Mais de sexe, il n’y en aura point… déjà trop fascinée d’elle-même à ce stade. Zeus est plus fasciné par l’Homme que par lui-même quand il se commet avec les mortelles.
Le point de bascule du film est un défilé de mode, son premier, où elle est immédiatement choisie comme point d’orgue. Avant, le doute … après, la certitude. Les bouches blondes deviennent des mèches raides. Blanche neige devient la reine. La vénus de Botticelli se mue en Marie Madeleine de Crivelli. Éjecté l’ami photographe courageux et fiable : elle n’a besoin de personne, elle vole comme Icare.
Au centre du petit grand monde d’Hollywood, elle est cernée de fantasmes et de haine, qu’elle potentialise par son arrogance croissante. Triangle féminin central, elle est entourée de 3 triangles périphériques qui vont se replier sur elle pour lui couper le jour. L’inconscience de son pouvoir l’a préservé, sa prise de conscience va la perdre car elle devient alors à la fois l’injustice incarnée du monde et une nourriture céleste. Le banquet cannibale est vengeance et vol du pouvoir. Dès que le sublime devient arrogant, il redevient humain, mortel… et coupable. On pense à la nouvelle de Kipling et au film de Huston où l’homme qui voulut être roi meure d’être reconnu humain par une égratignure.
Contre toute attente, réémerge finalement la culpabilité originelle, celle qui semblait avoir disparu du monde artificiel et décadent d’Hollywood… l’œil te regarde, comme pour Caïn.

Eriksen dit: 30 juin 2016 à 10 h 16 min

Réponses à la condamnation générale :
Entendu récemment à la radio une phrase de la Torah « Si un jugement de condamnation est prononcé à l’unanimité, la halakha est que l’accusé est acquitté ».
Annelise, vous êtes un cœur tendre qui hait le néon vaste et noir… je comprends.
Certes NWR se plait dans l’artifice, mais je ne ressens pas qu’il s’y complait. La boursoufflure est aussi paradigme quand il y a de la matière. Ne voir que néant signe un rendez-vous raté, dont la responsabilité tient autant au cinéaste qu’au spectateur. Il est ridicule de reprocher à NWR « l’utilisation sournoise et sans reconnaissance de Lynch » : les œuvres livrées au public s’émancipent de leurs auteurs à l’instant même, pour devenir matière à d’autres. Seuls les médiocres stigmatisent les plagias de leur esprit commerçant. Le thème de l’humain plein d’espoir débarquant à Hollywood n’est pas la propriété de Lynch ou de W Allen. Si NWR est nourri par Lynch, il l’est aussi par Tarantino et Kubrick et certainement beaucoup d’autres.
La scène de masturbation dans la morgue est dérangeante mais parfaitement cohérente : dans un monde où l’apparence est tout, la jouissance peut prendre pour support n’importe quel (beau) corps. Déjà sans âme quand elle était vivante, sa mort ne change pas grand-chose… encore un peu plus froid, c’est tout.
Il est injuste de reprocher à NWR le caractère stéréotypé des mannequins sans âmes : leur vie est une tension vers la conformité et le cliché son horizon.

Zem dit: 30 juin 2016 à 11 h 30 min

anne-Lise vous allez au festival Les Vieilles Charrues en Bretagne, cette année? Je vous avais vue de loin il y a quelques années avec un célèbre ‘chanteur clivant’.

Annelise dit: 30 juin 2016 à 12 h 19 min

En attendant la RDT, ce matin 9h58, je ne dispose que du mini écran de mon téléphone et suis coupée de la modération jusqu’à tard, mais si Pierre Assouline vous modère à cause de ce « massivement issus de l’immigration » un peu trop complaisamment appuyé pour être honnête vous ne trouverez pas meilleure oreille avec moi.
Eriksen 10h15 et 10h16, cela valait la peine d’attendre ! Vous lirai pour de bon plus tard, mais globalement, comme ça, Kubrick en plus de Lynch, « réponse à la condamnation générale », vous me sortez la Torah, caramba… Il ne va pas falloir que je me loupe. Nicolas Winding Refn, vierge et martyre comme son personnage de Jesse?
Je vais regarder ça de près.

En attendant la RDT dit: 30 juin 2016 à 13 h 29 min

Pas plus de complaisance, Annelise, dans cette phrase, que de mépris dans votre critique. La modération, totalement irrationnelle de la RDL, a été rapidement levée…

Annelise dit: 30 juin 2016 à 14 h 00 min

En attendant la RDT, ok si pas d’idées derrière la tête, ce qui me gêne je vais vous le dire : pensez-vous que vous écririez de la même façon, dans un naturel déconcertant ce « massivement issus de l’immigration » s’il s’agissait non pas des jeunes humoristes Français originaires du Maroc, mais de Martin Scorsese, Robert De Niro, Francis Ford Coppola, Al Pacino, Sergio Leone ?
Question comme ça. Je vous la pose sincèrement.

Rowan Oak dit: 30 juin 2016 à 14 h 43 min

vu dernièrement deux autres grandes leçons de cinéma : CONVERSATION SECRÈTE de Coppola et BLOW OUT de Brian de Palma… difficile de lieux faire

Sylvain dit: 30 juin 2016 à 15 h 45 min

Eriksen dit : Il est ridicule de reprocher à NWR « l’utilisation sournoise et sans reconnaissance de Lynch » : les œuvres livrées au public s’émancipent de leurs auteurs à l’instant même, pour devenir matière à d’autres. Seuls les médiocres stigmatisent les plagias de leur esprit commerçant. Le thème de l’humain plein d’espoir débarquant à Hollywood n’est pas la propriété de Lynch ou de W Allen. Si NWR est nourri par Lynch, il l’est aussi par Tarantino et Kubrick et certainement beaucoup d’autres.
La scène de masturbation dans la morgue est dérangeante mais parfaitement cohérente

Non sans charre, Eriksen ?? je me suis excusé sur ce que vous preniez pour du mépris mais même avec « l’aide de Dieu et l’amour du peuple » suivant la devise du Danemark, je ne vous suis pas du tout du tout.

Le Monsieur vient chez la Dame et met les pieds sur la table. Vive la reine Margrethe II ou qui vous voulez, mais pas le PB de « l’héritage de Lynch » que celui de son pillage sans prolongement perso, avec grands tremblements à effet d’épate sur bobos!

Je l’entends comme ça dans l’article d’Ali.R. Que « Twins peaks » soit matière à d’autres, il n’a pas attendu NWR pour ce faire; DL ne s’en est jamais plaint et ce n’est pas ce que dit A-L.. Mais où est l’apport? Je vous paie une tournée d’aquavit si vous arrivez à me le pointer.

Et Kubrick?? Parce qu’il a monté deux images avec triangle sur fond noir qui se battent en duel? Elle est bonne celle là!

Sans être puriste ni accroché au copyright nerveux des auteurs, je vois mal où vous voulez en venir.

Sylvain dit: 30 juin 2016 à 15 h 47 min

La scène de la morgue est la seule avec travail sur le choc et les couleurs qui vaut la peine.Et celle de la piscine où EF s’élève au-dessus du plongeoir. Là on sent qu’il a pipé un truc chez les surréalistes.

JC..... dit: 30 juin 2016 à 15 h 55 min

Cela vous apparaitra curieux, mais un type comme Gamel Debouzze est ce qui se fait de mieux en pire, bref j’aimais mieux une société solide, où un khon n’occupait pas une place indue pour des raisons humanistes.

Quand à sa femme, ouarf ….. !

JC..... dit: 30 juin 2016 à 16 h 00 min

Eriksen dit: 30 juin 2016 à 13 h 10 min
« j’aime votre perception des films, Annelise.
nous ne sommes pas en lutte. »

Ah ! La lutte …. ? Classe ….

Jibé dit: 30 juin 2016 à 18 h 05 min

Parce qu’on a tous en nous quelque chose de Jacques Tati, vous serez charmés par « L’Effet aquatique » de Sólveig Ansbach…
Les Islandais méritent vraiment d’emporter l’Euro 2016 !

Décrivons les choses par leur nom, Annelise. Je suis issu de l’immigration et vit avec un de même. La génération réunie par Jamel Debouzze en est fortement teintée et aborde, jusqu’à un certain point, les problèmes y afférents. Pas trop quand même, avec plus de liberté ici que là-bas ! Le roi n’est-il pas un descendant du Prophète ? Peut-on rire de tout, oui avec Desproges, plus guère depuis Charlie…

De même que je n’ai trouvé aucun mépris dans votre critique, et Eriksen a raison de faire entendre son avis, le bienheureux qui a trouvé une porte d’entrée, là où je n’ai fait que soupirer tout du long. Ni name dropping dans votre référentialité aiguë : c’est là la singularité de votre style. Je sens cependant, parfois, comme une tendance à la bienpensance, parfois…

Annelise dit: 30 juin 2016 à 18 h 13 min

Depuis le petit écran toujours : les Jumelles 16h15 et plus récemment Fred 16h56, vous ne sortez le nez que pour l’agonir d’injures en représailles, jamais pour participer, à tel point que je me demande si vous n’êtes pas pure émanation sui generis du farceur, façon « Planète interdite »?
Quoi qu’il en soit si vous ne changez pas de disque comment voulez-vous l’y inciter?
Sylvain 15h45, Eriksen ne mettrait jamais les pieds sur la table.
C’est un élégant, vous voyez bien, 13h10. Surtout il a raison, nous ne sommes pas en lutte. Puis je ne déteste pas son homme qui, lorsqu’il mange la pasta, en flanque à côté… Signe de meilleur appétit que la serviette sans tache.

Annelise dit: 30 juin 2016 à 18 h 21 min

Ma bien pensance, Jibé ? Vous me faites rire de bon coeur. Je n’avais pas compris que c’était vous, l’autre pseudo, et n’ose vous dire ce que vous pourriez en faire – à moins que cela vous enchante, auquel cas… Salutations à Ch.

Jibé dit: 30 juin 2016 à 19 h 44 min

« Le thème de l’humain plein d’espoir débarquant à Hollywood n’est pas la propriété de Lynch ou de W Allen. Si NWR est nourri par Lynch, il l’est aussi par Tarantino et Kubrick et certainement beaucoup d’autres. »

Certes, Eriksen, mais moi j’ai continuellement pensé au Mulholland drive de David Lynch ! Outre l’innocente débarquant à Hollywood il y a aussi la lourde ambiance lesbienne qui va avec et la fin sordide de l’héroïne. Beaucoup de similitudes thématiques pour un seul film !

fred dit: 1 juillet 2016 à 7 h 20 min

Annelise
S’il faut s’incliner, passer sous silence la teneur des coms fhaineux la plupart du temps, et en considérer l’auteur comme un petit protégé génial, drôle ou pitoyable à ménager etc, rien à dire en effet
Par ailleurs, n’allant plus au ciné, je vous lis de temps en temps pour info sur ce qui sort de nouveau

Eriksen dit: 1 juillet 2016 à 7 h 21 min

@jibé
Vous avez raison sur le scénario, mais le propos et le traitement sont très différents. Mulholland drive était, pour la première partie le rêve d’une réussite, et pour la seconde la réalité d’un échec, Pour Neon Demon c’est le paradigme de la réussite et les conséquences qui en découlent.
Lynch fait émerger l’étrangeté dans la réalité alors que l’étrangeté de Neon Démon tient à la stylisation radicale du stéréotype. Il est un entre-deux du cliché qui est insupportable car conventionnel. Mais NWR pousse le cliché tellement loin qu’il devient parangon.
J’ai aussi pensé à Mulholland Drive pendant le film… et alors ? l’univers mental des deux metteurs en scène est suffisamment différent pour que ce ne soit pas une redite. On peut préférer Mulholland Drive (et c’est mon cas), mais NWR me semble un cinéaste vraiment intéressant.

Eriksen dit: 1 juillet 2016 à 7 h 51 min

@sylvain
Je ne vous comprends pas très bien. Suis-je le Monsieur qui vient chez Dame Annelise et met les pieds sur la table ? Ce sera « dans le plat » ou rien.
j’ai déjà répondu ci-dessus à « l’absence de prolongement perso » et à « l’apport » de NWR (je vous laisse juge pour l’Aquavit) et j’assume les qualificatifs de bourgeois et de bohème, dont le péjoratif (et méprisant ;-) ) BoBo cherche à ridiculiser la force de l’oxymore. Allo Maman, bobo ? t’inquiète… même pas mal.
De même « bourgeois », terme dévalorisé si l’en est, est un pragmatisme et une réussite à l’image de ces Bourgeois du moyen-âge qui prenaient à leur compte l’organisation des villes au détriment des seigneurs. Il est temps de réhabiliter le bourgeois dans sa version responsable. Mais tant qu’à faire, je préfère le bourgeois bohème (et un peu irresponsable…) au bourgeois confit ou au looser magnifique. Quant à Kubrick, c’est le gout du paradigme et l’exploration de la violence humaine qui m’y a fait penser.

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