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La République Du Cinéma

« Paulina » : viva la vida ! (preuve par l’absurde)

Par Annelise Roux

Quasiment dix minutes de conversation entre un père, Fernando, puissant juge de Buenos Aires (Oscar Martinez) et sa fille Paulina (Dolores Fonzi) expliquant qu’elle a l’intention de renoncer à sa carrière d’avocate pour aller enseigner auprès de populations défavorisées aux confins du Paraguay. « Enfin, que veux-tu prouver ? » – Et toi, l’idée qu’une femme pauvre puisse un jour diriger ce centre te dérangerait ? « Ne sois pas ridicule. Tu me traites de réac, maintenant ? Tu ne crois pas que tu vas trop loin ? » – Mes paroles ont peut-être dépassé ma pensée.
Le père lui entoure les épaules, ils partent déjeuner après cet interminable plan-séquence théorique où le réalisateur Santiago Mitre, donnant la parole alternativement à l’un puis à l’autre dans une joute digne de Rohmer – Trintignant/Françoise Fabian – remet sur le tapis le sens de l’engagement, ses implications, son essence et ses limites. Longueur? Non pas. Ce film ambitieux transforme l’essai du précédent, « El Estudiante » où il était déjà question d’apprentissage politique.
Paulina rencontre ses élèves. Alberto, son fiancé (Esteban Lamothe) vit mal cet abandon, ne la suit pas. Le père n’est pas d’accord mais reconnaît la pureté de ses idées. Terre rouge de l’Argentine, cabanes de bric et de broc, déforestation. Les troncs sont émondés, la civilisation recule en même temps que la jungle. Paulina demande aux étudiants s’ils savent s’ils sont gouvernés par une monarchie, évoque la Déclaration des droits de l’Homme. Ils parlent un dialecte qu’elle ne possède pas. La construction déconcerte, qui reprend une même scène un peu plus tard en changeant de point de vue, met l’accent sur une voix-off qui indique que Paulina a un entretien avec une femme médecin psychiatre.

Son idéalisme est mis à mal lorsque ses élèves la prenant au mot quittent la salle où elle essaie de leur faire cours : « N’aie pas peur d’eux, ni pitié d’eux, lui assène une institutrice sans illusions. Affronte-les, et gagne ! »
Ciro (Cristian Salguero), ouvrier de scierie éconduit par Vivi, sa petite amie déjà mère d’un garçonnet, assiste à ses ébats dans une voiture avec un autre. À la suite d’un quiproquo, c’est Paulina rentrant à mobylette de chez sa consœur qui est victime d’une agression destinée à punir la fille (trop) libre, dont on apprendra plus tard que le père de son enfant, ivrogne et volage, a été tué : « bon débarras ».
La caméra explicite volontairement avec un coup de retard, retourne le focus. Prolixes, les dialogues, les scènes d’échanges  s’entrecoupent de silences tout aussi parlants. Les gros plans magistraux sur Dolores Fonzi au lieu de s’attarder pour faire joli insistent sans restriction, forant vers l’essentiel, comme Paulina elle-même n’élude rien. « Vous voulez qu’on attende pour en parler ? » – Non, on peut en parler. « Est-ce que cela vous dérange, si je fume ? » – Non, vous pouvez fumer.

Santiago Mitre n’épargne rien, ne laisse personne de côté.
Il dit les contradictions d’une conscience en quête d’équilibre et de justice, qui pour aller au bout va ébranler le confort de ceux qu’elle aime, sans précaution, peut-être injustement. « Qu’aurais-tu fait si la situation s’était présentée avec Alberto ? » Paulina admet que sa démonstration relève de la preuve par l’absurde, qu’elle-même est dépassée. Son entourage lui veut du bien, n’a pas tort, et elle, pour des raisons à la fois d’idéalisme, d’intuition, d’entêtement et de névrose – à travers le détail du foulard caressé, du personnage de la tante admirant les orchidées tout en évoquant le tempérament de sa mère, de l’amie institutrice qui à la fin n’en peut plus, Mitre pose avec une remarquable absence de manichéisme le postulat qu’un peu de tout ça entre dans les convictions fortes – va refuser de souscrire aux solutions qui lui sont tendues.
Le film, profondément compatissant, prend tout. Rien n’est remisé. Dolores Fonzi a le front bombé, quelque chose de Romy Schneider dans son visage ouvert aux quatre vents, à la vulnérabilité comme à la force, l’idée que le bon est toujours possible : casting à la justesse parfaite, pour des développements qui mêlent en permanence méandres, exploration de bras secrets, de recoins et frontalité, refusant de choisir entre des voies a priori opposées.

Paulina pourrait confondre ses bourreaux (Fernando, son père, n’aura qu’un mot à dire et les policiers iront traquer les agresseurs à l’école et à la scierie). « Chez les pauvres, on ne cherche pas la vérité mais les coupables » : elle va les confondre d’une façon conforme à sa manière, reprenant dans son corps non seulement l’idée mais la vérification faite chair qu’il n’y a « que des victimes » méritant, sinon le respect, du moins l’attention. Tenter de comprendre non pour excuser, mais dissiper les malentendus, briser les fatalités, produire un autre résultat.
La scène où elle va voir Ciro, effrayé, interdit de la voir arriver, résolue, au milieu des copeaux de bois… cette façon de lui donner rendez-vous « pour parler », l’identification à la « Usual suspects » qui tourne court, l’attente magnifique, cette espérance d’une concorde qui aurait pu être sur les lieux des brutalités, qui ne surviendra pas, mais pas pour les raisons qu’on imagine… le contrepoint est offert par Fernando, père meurtri, saisi de tournis dans son beau jardin enclos, bien protégé, de Buenos Aires.

« Paulina », outre un portrait de femme exigeant, arborescent, rude, vivant, est une œuvre qui réussit le pari d’être tour à tour (et en même temps) intellectuelle, discursive et de poser la question des tripes, du ventre à engager si l’on veut être cohérent avec ce à quoi on croit. Théorie, mise en pratique, tête et corps : pas lieu de séparer des entités indéfectiblement tissées ensemble chez tout honnête homme.
Le film débute sur une longue conversation stérile en apparence, qui prépare en fait le terrain de la réflexion, et se clôt sur la marche d’un personnage seul sur un chemin, accompagné du martèlement énergique de ses pas. Pas tant un constat de solitude en guise de conclusion que l’acceptation solaire d’une fécondation par le réel qu’il s’agit toujours de prendre à bras le corps à un moment donné, si l’on veut vivre dignement.
Dolores Fonzi épouse sans embarder chaque ramification. Le film de Santiago Mitre embarque par sa complexité, sa subversion énorme sous l’angélisme qu’on pourrait y lire en se fourvoyant dans une lecture superficielle tenant à la « vraisemblance » – le film fait mieux en atteignant à beaucoup de justesse, de sensibilité – , par sa générosité, sa manière de tirer vers le haut les spectateurs sans céder à aucune simplification clientéliste.

 « Paulina » de Santiago Mitre
Grand Prix de la Semaine critique à Cannes 2015

 

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43

commentaires

43 Réponses pour « Paulina » : viva la vida ! (preuve par l’absurde)

jodi dit: 23 avril 2016 à 11 h 52 min

J’avais vu l’original Y a du boulot.Contexte que vous dites.Anne Lise ne devait pas être née à l’époque.On est des vieux de la vieille,le poil commence à blanchir.Un tel billet un samedi fait du bien ou qu’ça se passe!Vébé votre clin d’oeil à « Prince  » Rogers Nelson hier continue de clignoter!Il savait TOUT faire comme la maitresse de maison ici,instrumentiste multirécidiviste,vidéaste,danseur….le cheum avait l’admiration de Miles!La maison de disques lui avait refusé « Kiss »,quel flair!Ils n’ont pas fini de traiter leur gros rhume qui bouche les oreilles.
Le film de Mitre a tout bon.Scénar pas évident à suivre.Comme l’écrit AnneLise rien n’est laissé de coté,il explore toutes les pistes.A propos:Charles Tesson dont vous parliez pour « Mékong story » ,un rapport avec Sylvain et la Sibérie?

el flaco dit: 24 avril 2016 à 16 h 32 min

C’est ce qui s’appelle donner envie!Attiré à prendre la plume alors qu’il y a des bagages à défaire.j’ai vu la Patota en blanco y negro de Tinayre mais pas celle ci.Vais y aller vite ,les désirs d Annelise me réussissent.Quelles différences avec la obra dirigida por Mitre,vous qui avez vu les deux,du boulot?

Annelise dit: 24 avril 2016 à 22 h 26 min

N’ayant pas de kit ADN sur moi comme les « Experts », je ne saurais me prononcer sur la parenté entre le délégué général de la Semaine critique Charles Tesson et Sylvain, auteur de « Dans les forêts de Sibérie ». Safy Nebbou est en train de tourner une adaptation (avec Raphaël Personnaz). J’en dirai plus en temps utile. 3 commentaires seulement pour « Paulina », film primé justement à la Semaine, quel dommage : les vacances vous croyez? Quant à la mort de Prince… la danseuse classique de formation que je suis ne pouvait qu’être impressionnée par sa manière d’enchaîner grand écart, riffs de guitare d’une variété insensée, passage d’une tonalité vocale à une autre avec une facilité déconcertante tout en glissant à plat ventre sur le piano sans cesser de se déhancher ni abandonner son instrument une seule seconde… Miles Davis, je l’avais entendu dire, oui. Quelle référence. Toujours été émue par le fait que ce dernier jouait de dos.

ya du boulot dit: 25 avril 2016 à 8 h 39 min

C’est la première génération depuis des décennies à ne pas subir la répression
Le travail social ne laisse pas indemne

Annelise dit: 25 avril 2016 à 11 h 23 min

Oui, Y a du boulot ce matin. Et c’est judicieux de le souligner : cela éclaire son application à tenter d’enseigner des rudiments de « géo-politique » à ses élèves. Prix d’autant plus élevé accordé à une démocratie récente que la conscience, la mémoire des difficultés pour l’acquérir sont encore bien présentes. Leur effacement progressif coûte d’ailleurs cher à de plus anciennes

Annelise dit: 25 avril 2016 à 11 h 29 min

Parce que vous avez raison : quoi, 35 ou 40ans sans coup d’état, peut-être moins, depuis la dictature ? Cela change évidemment la donne

Annelise dit: 25 avril 2016 à 18 h 42 min

The most kind and elegant webmaster of the world qui veille sur la page me signale un problème de maintenance de République du Cinéma temporaire, comme il en arrive parfois. Capricieuses, ces petites bêtes. Il s’applique à le régler. Je m’étonnais qu’un aussi beau film que « Paulina » suscite peu de commentaires. J’ai l’explication.

Polémikoeur. dit: 25 avril 2016 à 19 h 22 min

En tout cas et au moins,
le bandeau-menu du portail
des Républiques de la culture
est-il revenu et fonctionne-t-il !

sometimes it snows in april dit: 25 avril 2016 à 20 h 56 min

« …Dolores Fonzi a le front bombé, quelque chose de Romy Schneider dans son visage ouvert aux quatre vents… »
Romy Schneider ? Et pourquoi pas Sandrine Bonnaire ou Christine Boisson ? (et cette réplique dans Identification d’une femme; jolie respiration… Je délaisse Clovis Trouille et ses jeux de mots douteux sur Calcutta et Bombay, le nombre de commentaires pourrait augmenter, malgré les freins techniques)

Annelise dit: 25 avril 2016 à 22 h 13 min

Sometimes it snows, (joli pseudo), les freins techniques continuent. Apparemment vous êtes un des rares à pouvoir passer la barrière, comment faites-vous? Moi-même je n’ai pu maîtriser le wild horse aujourd’hui, depuis hier il erre totalement en dehors de l’enclos. Dolores Fonzi ressemble pas mal à Romy Schneide, non? Clovis Trouille, vous savez que Michel Onfray lui avait tressé des lauriers? Ses peintures « religieuses » anar peuvent amuser mais son anticléricalisme, ses provocations sont trop systématiques à mon goût pour être réellement subversifs. Question humour & jeux langagiers je préfère Perec et pour ce qui est des mangeurs de calotte,il en est de beaucoup plus fins (et du coup, beaucoup plus drôles?)

sometimes it snows in april dit: 25 avril 2016 à 22 h 53 min

C’est selon les circonstances. L’humour de garnison a ses heures irremplaçables . Et elles n’ont heureusement rien à voir avec le Trouille d’ Onfray ou avec Perec (incidemment, quel drôle de rapprochement vous faites là)

Annelise dit: 26 avril 2016 à 7 h 42 min

Quel étrange commentarium réduit à une poignée, sur un film qui aurait mérité bien des développements ! Bravo aux déjoueurs de bug, j’aimerais posséder leur secret. Je souris, Sometimes, Jodi ou Y a du boulot mais suis déçue pour « Paulina » et bien embêtée, étant privée d’accès pour l’instant au prochain billet (écrit il y a 15jours)que je vous réservais sur un opus qui sort en salles demain. Sometimes, vous n’avez pas tort. Ayant une jeune nièce chirurgien, longtemps (hélas?) que l’humour carabin « interne » n’a plus de secret pour moi. Parfois il est inventif, prenant souvent pour cibles le sexe ou la religion (souvent les deux). Les bonnes sœurs de Clovis Trouille en posture bizarre me rappellent ces horribles jouets vendus sur des étals où les seins leur jaillissaient du corsage quand on appuie dessus, ces Immenculées Vierges Marie ne m’ont pas surprise outre mesure non plus… Le rapprochement avec Perec n’est que de surface (je pensais à quelques inventions, « les funérailles/des zobs secs »), certains passages de la correspondance entre lui, cher, très cher et admirable ami et Jacques Lederer où éclate un humour potache. Mais le cruciverbiste a une autre portée… je ne sais pas, un rapport à l’enfantin… Sur ce, je m’en vais continuer mon mano a mano avec la technique : à peu près comme de mettre sur un ring une danseuse étoile face à un boxeur poids lourd. J’y crois. Eye of the tiger !

Eriksen dit: 26 avril 2016 à 17 h 07 min

Éloge de la philosophie antique.
La discussion père/fille de la première scène donne le ton du film : on sera à gauche mais sans pensée confortable, dans une lutte incarnée mais en se laissant la possibilité de reculer en cas d’erreur. Déjà, ça fait plaisir et çà réconcilie avec la gauche.
La prééminence des actes sur les paroles est à l’ordre du jour, nourrie par le discrédit politique et les excès de la philosophie « d’en-haut. ».
« Tarte à la crème » certes. Mais les surfeurs de clichés utilisent la matière à disposition, ce qui ne discrédite pas pour autant la matière. Et Santiago Mitre est un orfèvre de questions ciselés, le Confucius du cinéma qui « ne cherche pas à connaître les réponses, [mais …] à comprendre les questions. »
L’exigence intellectuelle est présente des deux côtés, mais la fille (Paulina) entend aller plus loin et en faire une exigence comportementale.
Sensible à l’argument, le père indique que sa propre théorie n’est pas isolée de la pratique. Si on a les capacités de monter dans l’échelle du pouvoir, une action menée d’en-haut est plus efficace qu’une action menée d’en bas : au pragmatisme de l’action sur le terrain, il oppose l’efficacité dans le système : chacun à sa place (d’efficience maximale), ce qui est aussi un précepte grec, au même titre que la cohérence des actes et de la pensée.
Voilà pour les 5 premières minutes du film comme exposition d’une problématique… qui va ensuite se confronter à une réalité, qui amènera d’autres questions etc.

Eriksen dit: 26 avril 2016 à 18 h 19 min

Éducation.
Tant dans la relation père/fille que dans la relation professeure/élèves, les « enseignés » luttent contre la condescendance des « éducateurs ».
Paulina, malgré ses 28 ans, se sent encore faible par rapport à la stature intellectuelle et sociale de son père (juge). Elle encaisse difficilement l’ironie et devient parfois agressive.
De même les élèves se défendent de Paulina. Il faut dire qu’elle accumule les erreurs pédagogiques (ironie, certitudes).
La réalité lui montre son propre décalage paroles/actes : elle veut être dans la réalité mais garde une position surplombante sur elle. Tout comme son père.
Dans ce film, les relations éducateurs/éduqués entraînent plus de changement chez les premiers que chez les seconds, tant pour le père que pour la Paulina professeure.
Ce n’est pas banal.

Eriksen dit: 26 avril 2016 à 21 h 04 min

Justice
Ce qui fait déraper le père, c’est de savoir que sa fille sait qui sont les coupables et ne fait rien.
Pour lui, la pauvreté, la misère en sont pas des excuses. Pour elle, ce n’est pas la question.
Pour lui, elle se prend pour une martyre. Pour elle ce n’est pas la question.
Pour lui un coupable doit être puni pour la société. Pour elle, il n’y a coupable que s’il y a victime, et elle refuse ce statut.
Au point que la justice se demande si Paulina n’est pas folle ou atteinte de syndrome de Stockholm.

Eriksen dit: 26 avril 2016 à 21 h 32 min

N.
Si le film est initialement un constat d’échec de Paulina devant la réalité violante, elle tente d’inverser l’échec en positivité.
… ce qui l’amène à mélanger ses gènes à la lie de la terre et faire d’une grossesse un acte politique.
Quelle est la part d’ostentation, quelle est la part de Christ, quelle est la part de « dire oui » nietzschéen ?
Santiago Mitre laisse le doute sur çà, et sur beaucoup d’autres choses.

Eriksen dit: 26 avril 2016 à 21 h 42 min

fragile
trop cohérente, trop résistante, trop seule… Paulina ne se fissure pas mais il lui manque quelque chose, du coté du lien.

Très très grand film.

how boring dit: 26 avril 2016 à 21 h 43 min

Ah la part de Christ d’un Coeur supplicié

« Mon triste cœur bave à la poupe …
Mon cœur est plein de caporal!
Ils y lancent des jets de soupe,
Mon triste cœur bave à la poupe…
Sous les quolibets de la troupe
Qui lance un rire général,
Mon triste cœur bave à la poupe,
Mon cœur est plein de caporal!

Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs insultes l’ont dépravé;
À la vesprée, ils font des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques;
Ô flots abracadabrantesques,
Prenez mon cœur, qu’il soit sauvé!
Ithyphalliques et pioupiesques,
Leurs insultes l’ont dépravé.

Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé?
Ce seront des refrains bachiques
Quand ils auront tari leurs chiques!
J’aurai des sursauts stomachiques
Si mon cœur triste est ravalé!
Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé? »

Annelise dit: 26 avril 2016 à 23 h 42 min

How boring, je découvre l’échange un peu tard, d’assez loin. Qui se soucie de ces vieux machins ? Pareil quand je lis Boulgakov que je suis en train de relire, ou à peu près n’importe quoi qui finalement compte et marque. La foultitude le prend rarement en compte. C’est Givenchy qui disait (en l’occurrence à propos d’Audrey Hepburn), reprenant les préceptes du dandysme et de Baudelaire, deux ou trois remarqueront, mais ce seront ceux-là qui auront discerné. Votre relativisme peut s’appliquer à tout, rien de très risqué. Comme votre pseudo il a vocation à tout éteindre sans prendre grand-chose dans sa mire. Chaque post d’Eriksen se lit avec gourmandise & intérêt. « Paulina », quel beau film. Pris un grand plaisir à le lire sous sa plume.

how boring dit: 26 avril 2016 à 23 h 55 min

Pendant que je manifestais mon intérêt pour les observations d’Eriksen, vous aviez sans doute à faire ailleurs

roro dit: 27 avril 2016 à 6 h 47 min

Il faudrait voir le film. ..Ça a l’air très dur Ce n’est pas tous les jours que des gens de la capitale et en particulier des jeunes femmes de ‘bonne famille’ s’aventurent dans ces régions (ça n’arrive jamais ?!) méprisées. Difficile de ne pas penser aux années de dictature (même si grâce aux Kirchner, qui ont abrogé la loi d’amnistie, les principaux assassins ont été jugés et ont pris perpète (au grand dam du futur très saint-père), à une certaine hypocrisie (dénoncée par les Mères de la place de Mai par exemple) depuis le rétablissement de la démocratie, et à ce qui se passe ailleurs aussi

roro dit: 27 avril 2016 à 6 h 50 min

« Au point que la justice se demande si Paulina n’est pas folle ou atteinte de syndrome de Stockholm. »

Les mères de la Place de mai étaient/sont traitées de folles..

Eriksen dit: 27 avril 2016 à 8 h 32 min

Pour les mères de la place de mai, ce sont des « emmerdeuses » que l’on souhaitaient cacher en les faisant passer pour folles.
Ici, la démarche de Paulina est tellement hors norme que la question de la folie se pose légitimement pour la société. Et la société répond qu’elle n’est pas folle.

Le parallèle est assez fascinant pourtant:
Pour la place de mai, c’est une revendication à être considéré comme victime.
Pour Paulina, c’est une revendication à ne pas être considéré comme victime.

Et il s’agit d’enfant dans les deux cas.

JC..... dit: 27 avril 2016 à 11 h 24 min

Les mères de la place de mai étaient aussi folles que leurs chers disparus ! Admettons le, sans barguigner, car c’est une évidence !…

Polémikoeur. dit: 27 avril 2016 à 11 h 56 min

Après tout, il est peut-être dommage
que le coup de chaleur qui atteint
la machinerie des « Républiques
de la culture » et surtout
la gestion de leurs commentaires,
façon « trempette » dans Roger Rabbit,
ne soit pas encore plus détergent.
Evidemment.

roro dit: 27 avril 2016 à 13 h 56 min

« Pour la place de mai, c’est une revendication à être considéré comme victime. »
Ce n’est pas ce qu’elles revendiquent!

 » il s’agit d’enfant dans les deux cas. »
Oui

roro dit: 27 avril 2016 à 14 h 22 min

« la démarche de Paulina est tellement hors norme »
elle incarne les espoirs du cinéaste et de plein d’autres

« Les mères de la place de mai étaient aussi folles que leurs chers disparus ! Admettons le, sans barguigner, car c’est une évidence ! »
D’abord elles continuent leur lutte,
ensuite jc être un crétin impressionné par les nazes, qu’il trouve normaux
« Nous allons d’abord tuer tous les agents de la subversion, ensuite leurs collaborateurs, puis les sympathisants, après, les indifférents et enfin les timides », général Ibérico Manuel Saint-Jean, gouverneur de Buenos Aires .
« La lutte que nous menons ne connaît pas de limites morales ou naturelles, elle se situe au-delà du bien et du mal », lieutenant-colonel Pascarelli. http://www.cinemotions.com/article/7976#ct6d6LO4Bv08pOWl.99

C’est vrai que l’actrice est lumineuse

Eriksen dit: 27 avril 2016 à 15 h 52 min

« « Pour la place de mai, c’est une revendication à être considéré comme victime. »
Ce n’est pas ce qu’elles revendiquent! »

que revendiquent-elles?

roro dit: 27 avril 2016 à 16 h 43 min

vérité justice pour les disparus et les enfants volés -récemment la démission de l’actuel Président (trop proche de a dictature et figurant dans les panama papers (ce ne sont pas les docs qui manquent)

JC..... dit: 28 avril 2016 à 8 h 12 min

Les humanistes qui plastronnent leur moraline ici, auraient probablement collaboré là-bas…
(on les connaît, les girouettes gauchistes, maoïstes, polpotiennes, …des larves…uhuhu !)

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