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La République Du Cinéma

« A Perfect Day » : suicide is painless

Par Annelise Roux

Balkans. Les populations mises au supplice. « Autrefois, tu étais musulmane, tu avais un voisin chrétien ou vice-versa, ça ne posait pas de problème » dit un des protagonistes devant un paysage apocalyptique.
Villages fantômes cisaillés par les tirs, maisons au toits crevés par les explosions. Les frontières – pas seulement géographiques, mais éthiques, le bien, le mal, la monstruosité, l’humanité, le pragmatisme ou le cynisme – sont gommées. Des enfants de douze ans brandissent un revolver pour se disputer un ballon. Outre le conflit ethnico-religieux, l’éclatement du pays a entraîné une dislocation de l’ensemble des paramètres.
Des travailleurs humanitaires œuvrent en zone de guerre. Mambrù (Benicio del Toro, qui retrouve son côté compact, naturellement sombre),  dont la mission est en voie de s’achever. Que fera t-il de sa peau ? Il s’apprête à être rendu à la vie civile auprès d’une compagne qui aimerait qu’il l’aide à choisir les papiers-peints. « B » (un Tim Robbins à la barbiche blanchie, discrètement abîmé, d’autant plus allumé), son vieux complice à humour flegmatique est persuadé qu’il ne vaudra plus un clou, sorti de l’hallucination dans laquelle ils vivent, sillonnant le territoire ravagé pour tenter de démêler les situations tendues, signaler les exactions. Des tâches peu ragoutantes, souvent. Déboucher les latrines d’un camp de réfugiés après avoir imbibé d’eau de cologne un masque de fortune. Piétiner dans la boue, dormir dans des voitures car une vache a été abattue, laissée en plan au milieu du chemin pour les obliger à passer sur le côté. Droite, ou gauche ? Evidemment, des mines ont été semées… Jeu de pile ou face, pour parties de poker où la mise ne consiste pas en un tas d’allumettes.

Précautionneux, en même temps qu’ils sont dopés au stress, à l’urgence. Moins adaptés dès lors qu’il n’y a plus de crise. Amphétamines particulières d’une liberté sans contrôle, sinon d’uniques barrières personnelles. Leur relativité intrinsèque : certaines incompressibles, d’autres moins, dans des pays où il n’y a plus de règles, voire où les règles édictées sont contradictoires. Marcher sur des œufs. Agir. Rire. Témoigner. Oublier. Faire. L’ivresse intense de l’absence d’encadrement ordinaire. Sophie (Mélanie Thierry), nouvelle recrue chargée d’inspecter si l’eau est potable, y croit encore. Elle ne sait pas détourner les yeux au bon moment, ne se rend pas compte que sa lutte contre les absurdités administratives, la paperasse, la surdité éventuelle d’un Etat-major casqué de bleu risquent de lui jouer des tours.
Le corps pourrissant d’un « gros lard » a été jeté dans un puits. Des autochtones prennent le relais, vendant des bidons d’eau à des tarifs prohibitifs. Le trafic des guerres : toujours les mêmes qui se retrouvent coincés dans l’étau.

Damir (Fedja Stukan) le traducteur, goûte modérément la décontraction de « B » qui transforme leur odyssée en visite à Disneyland. Arrêtés à un check-point, il lui demande d’exprimer aux soldats son regret de ne pas avoir de monnaie pour qu’ils lui fassent le pare-brise. C’est que Damir a un frère au village. Pas les mêmes enjeux. Katya (Olga Kurylenko) la « Russe canon » avec laquelle Mambrù a eu autrefois une liaison sans s’étendre sur ses engagements affectifs parallèles est chargée de se prononcer sur la validité de leur mission. La guerre est finie, mais les horreurs sont loin d’être terminées. « B » exhorte son ami à se dévouer, à « la sauter, puisqu’elle ne demande que ça et leur délivrera ainsi un avis favorable ».

Le film de Fernando Leόn de Aranoa, grâce à une caméra simple, mobile,  joueuse (focus variable sur le trou d’eau, dedans/dehors/vu de surplomb), une photo concise paradoxalement lumineuse, dégage un sentiment jouissif, doux-amer, mélange de sarcasme bien dosé (le réalisateur s’autorise la mélancolie, la douleur), de compassion et de rire salvateur. Sur un sujet aussi grave, beau tour de force. Sorti il y a trois semaines il fait rentrer la lame sans forcer, jouant sur la jointure. Le film a été tourné en Espagne mais pour qui connaît la Bosnie Herzégovine, ces coins-là, on peut s’y croire. Ses portraits sont à hauteur d’homme : la pudeur de Benicio del Toro, fouillant sa ceinture pour en extraire un billet qui permet de relancer un petit avenir, Tim Robbins accro à la radio « Mike 1, ici Mike 2, je crois que ce serait bien de faire comme mémé qui suit ses bêtes si tu ne veux pas qu’on explose » ou encore Mélanie Thierry, minuscule par la taille, mais qui occupe à bon escient l’espace de son jeu engagé, son côté poupée craquante laissé au vestiaire…

Il y a des années, j’ai été le témoin de mariage d’un homme dont le meilleur ami et second témoin était le docteur Biberson, un des premiers « French Doctors ». Philippe Biberson se vit remettre plus tard le prix Nobel de la paix pour MSF dont il était le président. Il n’avait pu se rendre à la fête, ce soir-là : quelques petits pépins avec les réfugiés salvadoriens au Honduras, à l’époque, l’avaient détourné de la noce… J’ai connu pas mal de reporters de guerre. Des baroudeurs, sans le romantisme échevelé finalement assez fat qu’on leur prête. Tenants de failles, parfois. Déboussolés quand ils rentrent au bercail. On le serait à moins. Certains reportages sont des pièces de littérature. Genèses pour comprendre d’où partent les grands marasmes. L’histoire, la politique in vivo. Je pense à des prix Albert Londres. Anne Nivat, ses travaux précurseurs sur l’Afghanistan, son film très récent sur l’Irak que l’on peut trouver en ligne. Pierre Veilletet, Jean-Claude Guillebaud, Jean-Paul Mari. Yves Harté, ses articles sur la Roumanie, l’effondrement du mur de Berlin que je suivais au jour le jour… polaroïds fulgurants, non simplificateurs. Feuilletons à dramaturgie non truquée. À Oslo (en 1999) Philippe Biberson avait profité de la tribune pour dénoncer les bombardements russes en Tchétchénie. L’énergie, la lassitude rentrée (les deux) de ceux qui en ont vu beaucoup et ne pavoisent pas autour. « La guerre, ça existe », avait-il commencé par dire. Ce qui a l’air d’une platitude rappelle la difficulté à représenter les violences, la nécessaire mémoire les concernant. Faire œuvre est un bon moyen. Si la fiction ne s’empare pas de cette lave, alors quoi ? La défense de la démocratie passe également par là.

Fernando Leόn de Aranoa retrouve la veine d’Altman, ce « MASH » qui en nous susurrant que le suicide est indolore, en faisant rigoler ses chirurgiens « Hawkeye » Pierce et « Trapper John » McIntyre sur des parcours de golf en-dessous des hélicos nous avait bouleversés et à la fois, donné tant à penser sur les temps de chaos. Le cinéaste espagnol balance par-dessus cela une B.O poignante mêlant une version déstructurée, brutale, d’Eurythmics et la tessiture aggravante de Lou Reed.
Le son est important. Il ne s’agit pas d’une joliesse. Sweet Dreams are made of this.

« A Perfect Day » de Fernando Leόn de Aranoa    

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commentaires

44 Réponses pour « A Perfect Day » : suicide is painless

Polémikoeur. dit: 10 avril 2016 à 10 h 57 min

Quand le cinéma montre,
sans virer à l’interlude
ni brider la dinguerie du monde,
il tutoie l’une des fonctions
qui lui conviennent le mieux.
Détonablement.

el flaco dit: 10 avril 2016 à 15 h 54 min

J ai adoré le film et encore plus votre billet. Je vais regarder ça pour Mme Nivat. Merci ,Annelise.

jodi dit: 10 avril 2016 à 15 h 54 min

Le film était vraiment bien, Anne-Lise…J’aime votre manière de poser la question des représentations de l’Histoire » avec une grande hache » in progress. Débat passionnant!

Jibe dit: 10 avril 2016 à 20 h 05 min

C’est un western revisité, le bon, la brute et le truand, la parité en plus. Les indiens sont les indigènes de tribus adverses et les cow-boys humanitaristes ou casques bleus. Le bien et le mal est partout mais au bout du compte, les gentils sont de notre côté !
Le film est efficace mais sa morale sujette à discussion…
À déconseiller à JC !

Annelise dit: 11 avril 2016 à 8 h 02 min

Jibé hier. A mes yeux c’est plus mêlé, la bonne conscience, l’ONU, l’implication européenne etc en prennent pour leur grade : désordre, contretemps dans les interventions, différences de niveaux, raisons plus ou moins légitimes ou biaisées des implications, turn-over des « objets » de l’aide ou des « apitoiements » internationaux en fonction certes de l’urgence mais aussi de la com… Voyez le drame des migrants dont le petit noyé sur la plage semble soudain faire prendre la mesure ! Fernando Leon de Aranoa réussit à mener son film sans cynisme, sur un ton assez funny-punk, mais tout cela est bien présent. Lors d’un échange hier avec une journaliste à juste titre estimée, elle m’écrivait en gros retourner régulièrement dans « ses » pays de guerre, avec le sentiment que « tout le monde les oublie rapidement », sitôt que le projecteur n’est plus braqué dessus. Alors que bien entendu ça continue…ou couve…

roro dit: 11 avril 2016 à 9 h 27 min

« la bonne conscience, l’ONU, l’implication européenne etc en prennent pour leur grade »

Bonne conscience? Facile à dire! Quoi qu’ils fassent et ne fassent pas, ils sont critiqués de toute façon!
Ils font ce qu’ils peuvent malgré les grosses machines bureaucratiques et aussi envers et contre tout une mafia qui aggrave la m …pour en profiter encore plus et dont on parle si peu .
Et on ne parle qu’à peine de tous les enfants qui meurent comme et depuis petit Aylan

roro dit: 11 avril 2016 à 10 h 10 min

il n’est pas rare que des humanitaire (Croix Rouge etc ) se fassent cibler, soient tués dans des attentats, assassinés

Annelise dit: 11 avril 2016 à 12 h 13 min

Bien ce que je dis, Roro 9h27 et 10h10. Le film sous ses tonalités d’embrouillamini et de fausse frivolité rend cette complexité, ce sentiment d’être pris entre l’écorce et l’arbre de façon virtuose. D’où les étoiles que je lui décerne. Mais je suis peut-être juge et partie sur ce coup, ayant beaucoup d’amis reporters, travailleurs humanitaires ou œuvrant à la défense d’une Europe pour laquelle la démocratie n’est -ou ne serait pas? – un vain mot

Polémikoeur. dit: 11 avril 2016 à 13 h 30 min

D’un usage éveillé, sublimé même, ici,
de la fiction pour donner à voir une réalité
autrement que sur place ou par le reportage.
L’échelle du conflit armé touche-t-elle plus
que celles du blues de classe ou de la scène
de famille ? Bonne distance ? Bon dosage
du ressort loufoque si souvent effleurant ?
Juste (38ème) parallèle avec « M.A.S.H. ».
Désespoliment.

Polémikoeur. dit: 12 avril 2016 à 10 h 14 min

Toujours pas de bandeau-menu
du portail des Républiques de la culture !
Suggestion temporaire : ajouter, dans la colonne droitière,
sous « Les Républiques de la culture »,
un lien vers chacune d’elles encore en vigueur.
Taquinement.

Vébé dit: 12 avril 2016 à 10 h 48 min

Comme DHH sur la chronique « L’Avenir », je prends plaisir à lire même si je n’ai pas encore vu le film. Salon où l’on discute.

Ce « Perfect day »,tentant. Comment comprendre le présent sans connaissance minimum de ce qui s’est passé ou se passe dans le monde? Un des défis. Déradicaliser les jeunes désorientés passe certainement par là, remédier à la panne. Education, transmission. Sarajevo, la grande bibliothèque…quels souvenirs!!!

Annelise dit: 12 avril 2016 à 15 h 46 min

Jibé, Jean-Marc Vallée pas d’accord ! (prochain billet, écrit depuis un bout de temps) Il va y avoir du sport. Comme bientôt, je le prédis éventuellement, avec Jacques Ch sur un autre thème. On voit ça vite. Pour la fréquentation c’est vrai. Tout le monde skie sauf nous?
@ 10h48, mon Dieu, la Vijecnica… jamais vue, pas même reconstruite! Cela devait être quelque chose. Et pour rester dans les Balkans, les bandes originales insolites : cette curiosité, le duo Luciano Pavarotti/U2, « Miss Sarajevo » au sous-titre glaçant : don’t let them kill us (Brian Eno à la production, au moment de la destruction de la bibliothèque)
https://www.youtube.com/watch?v=gdczQ2LsY0I&nohtml5=False

Jibé dit: 12 avril 2016 à 20 h 35 min

Aujourd’hui double déception.
Visite de la Canopée (quelle appellation pompeuse) ex forum des Halles : chape lourdingue de verre et d’acier couleur caca d’oie !
Visionnage du remake de La piscine, A bigger splash, avec un Matthias Schoenaerts peu convaincant malgré le fait que j’aie pour lui les yeux de Chimène pour Rodrigue…
Il y a des jours avec et des jours sans !

Annelise dit: 12 avril 2016 à 22 h 29 min

Perfectly agree pour M.Schoenaerts. Pour Danish girl & cette adaptation classique mais si réussie de Hardy, « Loin de la foule déchaînée ». Règlements de comptes à OK Corral bientôt entre vous et moi autour de Jake Gyllenhall, en attendant de poignarder j’en ai peur J.Ch… (Roro, DHH, Eriksen, Xlew, Lola et les autres comme disait Sautet seront peut-être rentrés, trancheront)

Annelise dit: 13 avril 2016 à 9 h 33 min

Façon de signifier votre prédilection pour Donald Sutherland & Elliott Gould, Jacques Ch? J’aime beaucoup Robert Altman. Son adaptation de Carver, « Short cuts », était séduisante.
Pour qui avez-vous penché la dernière fois? Almodovar ou mon cher Andrew Niccol ?Les deux ont leur charme. « Gattacca », réel chef-d’oeuvre. J’ai raconté avoir entendu Jean-Claude Milner, pourtant peu porté à frivolité, dire l’attachement qu’il lui portait. Et ce Fernando Leon de Aranoa ? Outre des qualités de virtuosité dans la façon de tenir la caméra et le jeu des acteurs, le mérite de prendre à bras le corps l’histoire récente

Annelise dit: 13 avril 2016 à 9 h 38 min

Il rencontre d’ailleurs un beau retentissement. Tim Robbins dont on connaît le long engagement aux côtés de son ex-compagne et mère de ses enfants Susan Sarandon disait de son ton goguenard : « Certains découvrent à cette occasion que ça a chauffé en ex Yougoslavie! Pas mal non? »

Jacques Chesnel dit: 13 avril 2016 à 14 h 24 min

Oui, Annelise, surtout pour Altman et Carver… aussi pour Bill Evans mon pianiste et musicien préféré (j’ai été chroniqueur de jazz pendant 30 ans, membre démissionnaire de l’Académie du Jazz trop parisianiste à mon goût)

Annelise dit: 13 avril 2016 à 15 h 34 min

Ah! Comme je vous rejoins pour Bill Evans. Bien qu’étant fondamentalement une enfant du rock, j’aurais des choses à partager avec vous sur le jazz… Madeleine Peyroux (inégale, mais quand elle s’y mettait!), Liz Mc Comb un soir lointain, au Normandy de Deauville après les « Victoires » dont s’occupait un proche à l’époque. Nous étions 5 autour d’une table, très tard, il y avait même Ahmad Jamal en calot bleu ciel… chacun s’est mis spontanément à donner un peu de lui, comme ça, pour se dire au-revoir… Et une autre fois, Kyle Eastwood (dans un style très différent). Je retenais mon souffle… Incroyable générosité de ces instants.
Altman, il ne pouvait y avoir que lui pour adapter « C’est pas grand-chose, mais ça fait du bien ». Carver, un des princes! Le pâtissier mécontent qui persécute de ses coups de fil le couple dont il ignore qu’il est en deuil… (l’acteur qui l’incarnait était le mari de Julia Roberts) et finit par réconforter la mère à coups de petits pains sucrés à la cannelle.Jamais pu le lire sans avoir les larmes aux yeux. En revanche, sujet de discorde peut-être à venir entre vous et moi, d’ici un ou deux billets?

Annelise dit: 13 avril 2016 à 15 h 38 min

Je regardais du coin de l’oeil les frères Belmondo et leurs instruments bizarres… Tellement novice en la matière. Je n’osais pas demander s’ils étaient parents de Jean-Paul (que j’ai toujours adoré chez Ph de Broca.)

Annelise dit: 13 avril 2016 à 15 h 56 min

A propos de jazz : je suis en train de lire « Les Zazous » de Gérard de Cortanze (Albin Michel). Tendresse excentrique, certain dandysme crâne, faussement désinvolte en fait, plutôt élégant & généreux de la petite bande, Pierre, Josette, Lucienne etc amateurs de « Rebecca » et de cette musique américaine qui envoie dinguer les principes, fait swinguer les corps. Le livre a du charme et du panache. J’avais découvert son auteur il y a un bail, pour son extraordinaire biographie de Le Clézio où JMGLC regardait danser les ampoules au bout de leur fil (du temps d’Adam Polo)Sur ce, je pars travailler, à la recherche de bon grain pour RdC

Jacques Chesnel dit: 13 avril 2016 à 16 h 05 min

J’ai été zazou sous l’occup’, Annelise, puis mon premier disque de jazz m’a été offert par Joe Louis, champion du monde de boxe; à la libération… on peut encore trouver mon livre (épuisé) écrit avec Gérald Arnaud « Les Grands Créateurs de Jazz, Bordas éditions)

Jacques Chesnel dit: 13 avril 2016 à 16 h 10 min

Puis à Paris, j’ai connu le Tabou, le Lorientais, les grandes créations théâtrales de années 50/60, Godot, la compagnie Barrault-Renaud, Pierre brasseur, Sartre, Camus… les premiers films de l’est (au feu les pompiers) et du Japon (la femme des sables, Kurosawa, Ozu…
c’est vous dire si j’ai de la bouteille, hihihihihi

poussif dit: 13 avril 2016 à 22 h 22 min

Annelise dit: 12 avril 2016 à 15 h 46 min
Jibé, Jean-Marc Vallée pas d’accord ! (prochain billet, écrit depuis un bout de temps) Il va y avoir du sport. Comme bientôt, je le prédis éventuellement, avec Jacques Ch sur un autre thème. On voit ça vite. Pour la fréquentation c’est vrai. Tout le monde skie sauf nous?
@ 10h48, mon Dieu, la Vijecnica… jamais vue, pas même reconstruite! Cela devait être quelque chose. Et pour rester dans les Balkans, les bandes originales insolites : cette curiosité, le duo Luciano Pavarotti/U2, « Miss Sarajevo » au sous-titre glaçant : don’t let them kill us (Brian Eno à la production, au moment de la destruction de la bibliothèque)
https://www.youtube.com/watch?v=gdczQ2LsY0I&nohtml5=False

pour les besoins de la cause quand elle apparaît désepérée …

https://www.youtube.com/watch?v=qupH9aLF4hA&nohtml5=False

Annelise dit: 14 avril 2016 à 7 h 06 min

@Poussif 22h25, c’est un peu court jeune homme! On pouvait dire bien des choses. En variant le ton, par exemple. Quant à nous servir Lou Reed, la tirade de la seringue d’Ewan McG dans le « Trainspotting » de Boyle -au demeurant un des films les plus virtuoses et marquants qui soit- j’aurais mieux aimé, pour coller au pseudo un extrait d’un des derniers concerts où je l’ai vu, où il errait sur scène tel un Merce Cunningham privé du déambulateur de son ballet dédié aux ravages de l’âge : un Lou ayant perdu en certitudes, qui ne risquait pas de faire grand mal au Petit Chaperon, mais qui m’avait émue dans sa manière forcée de descendre en énergie. D’autres émotions naissaient. Leonard Cohen, Patti Smith ont saisi cela depuis longtemps, les digressions proustiennes mutées en profondeur, en densité. Lettrés du chant et de la voix.

Annelise dit: 14 avril 2016 à 7 h 27 min

On verra Jibé (sympathie non seulement pour The Devil mais pour les Belges) N’hésitez pas si vous avez envie d’en dire un mot. Bientôt « Demolition » dont vous vous déclariez mécontent.
Jacques Ch hier 16h05 et 16h10, wow. Et un Zazou alors? Connaissiez-vous le livre évoqué?

Jibé dit: 14 avril 2016 à 8 h 17 min

Les Ardennes, un Rocco et son frère flamingant, tout en gros plans et musique tonitruante. Film puisant que l’on reçoit comme une série de coups de poings. A la fin, je me suis demandé qui allait garder le chihuahua, Annelise ?

Annelise dit: 14 avril 2016 à 10 h 45 min

@Jibé 8h17, votre résumé est drôle! Je sors à l’instant d’une longue projection débutée ce matin à l’heure du laitier. Film qui sortira fin avril. Je ne m’attendais pas à être séduite et en fait… de sorte que je vais peut-être le chroniquer, laissant de côté un papier très méchant déjà écrit sur un autre risquant de nous mettre en délicatesse avec Jacques Ch? Ou présenter les deux afin que nous en débattions? Forçat des salles obscures

Annelise dit: 14 avril 2016 à 11 h 06 min

Dans une veine plus documentaire que « A Perfect Day », scénarisé de façon beaucoup moins fictionnelle, avec moins de fantaisie mais un désir de rigueur tout aussi estimable, toujours sur la difficulté à représenter les soubresauts et complexités de l’histoire, je recommande le film de Lars Kraume, « Fritz Bauer, un héros allemand ». Le juge Bauer, apprenant qu’Eichmann se cachait à Buenos Aires, eut recours au Mossad dans une Allemagne préoccupée plutôt de tourner la page… Cet homme, né en 1903, n’eut de cesse d’affronter le pays à son passé récent, ayant l’idée de choisir ses procureurs dans une tranche d’âge qui garantissait qu’ils n’aient pas trempé directement dans le marigot infiltré de national-socialisme. Une tâche ardue, pour mener à bien un devoir de mémoire d’autant plus complexe que le pays était assoiffé de concorde. Son grand regret étant de n’avoir pu conduire le procès du dignitaire nazi en Allemagne. Un travail instructif, révélant que les tensions après guerre n’ont pas tout de suite été dissipées ni même mises en lumière, que l’élucidation et le démêlement comme d’habitude ont pris du temps

Annelise dit: 14 avril 2016 à 17 h 09 min

Jibé 11h49, je confirme ! Baptiste Liger se demandait sur un autre fil s’il ne s’agirait pas d’ouvrir une rubrique « nanar ». L’idée n’est pas loin de me séduire, surtout si on rajoute l’adjectif « improbable ». Hélas ayant beaucoup à faire…

Eriksen dit: 14 avril 2016 à 17 h 43 min

Film sur l’occident perdu, un de plus. Cette caricature de l’interventionnisme occidental est aussi drôle que MASH mais d’une férocité plus tendre: le metteur en scène semble aimer tous ses personnages (sauf le mort peut-être). Jamais cynique, il garde dans son propos décapant une lueur d’admiration pour eux, même si le film met en doute l’utilité de leur action.
Il questionne aussi les motivations de chacun en termes d’image de soi-même et pour les autres : Mambru alimente son personnage de Dom Juan de l’urgence (çà permet de s’échapper plus facilement), Kathia poursuit sa vengeance (elle est à la fois l’Elvire et le commandeur du Dom Juan de Molière), et B a besoin du danger ambiant pour donner toute la puissance de son humour.
Bref, ils sont en représentation sur le théâtre des opérations.
Mais Sophie montre quelque chose en plus, qui me semble être la peur.
Pas la grande peur paralysante mais une peur simple, presque rationnelle, qui décape le courage de sa couche de témérité et de panache.
Peut-être les autres cachent-ils leur peur alors que Sophie la laisse passer ? Surement, mais il me semble problématique d’aborder un rôle humanitaire en surhomme, surtout en tant qu’occidental. Les « sweet dreams » romantiques, handicapent la fonction.
Le courage moins spontané de Sophie se rapproche de la ténacité, version durable du courage. Certes c’est moins spectaculaire (on n’en meure moins), moins théâtral, plus ennuyeux et plus sage. La mode étant au durable, voici le Courage Durable, porté par la sagesse de Sophie.
Bon je m’emballe un peu, car Sophie d’Artagnan a bien son chargement d’Absolu, et sa sagesse est bien relative, comme toute sagesse.
Mais la sagesse du film est bien là : primum non nocere et laissons le temps au temps : la scène finale clôt cette agitation autour d’un cadavre par un grand éclat de rire.
Avis

el flaco dit: 14 avril 2016 à 18 h 54 min

Jacques Chesnel :conçernant Julietta,il semble qu’ Almodovar ait renonçé a sa promotion pour cause de Panama Papers, son frêre a volé a son secours en disant que c était lui le détenteur d actions off shore et que Pedro s etait contenté de la partie artistique du site abritant le compte…? ?

robert dit: 15 avril 2016 à 11 h 22 min

18 h 54 min
on le croit bien sûr car tout ça est trop injuste, de la pure calomnie, de la jalousie cf le multimillionnaire qui ne savait pas à l’insu de son plein gré

pedro dit: 16 avril 2016 à 6 h 12 min

« conçernant Julietta,il semble qu’ Almodovar ait renonçé a sa promotion pour cause de Panama Papers,  »

non, il ne renonce pas -quel courage, et quelle probité surtout -(le cinéma lui dit merci )

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