de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

Guillaume Nicloux

Par Sophie Avon

 

En quoi votre adaptation de  »La religieuse » de Diderot se différencie-t-elle, sur le fond, de celle de Jacques Rivette ?

Jacques Rivette et Jean Gruault, son coscénariste, étaient dans une autre dynamique parce qu’en 1967, il y avait encore la censure et le carcan religieux. Leur film est forcément travaillé par ça. Mais moi, cela m’aurait paru aberrant de m’en tenir à ça.L’une des grandes lignes de mon film, c’est d’avoir enlevé la fausse étiquette anticléricale qui est attachée au sujet pour aller à l’essentiel, au cœur même du roman qui rend Diderot si moderne. La force de son livre, c’est d’avoir posé dès le XVIIIe siècle les bases de la condition féminine. Sans en faire a posteriori un brûlot du féminisme, il a une résonnance très forte aujourd’hui, si bien qu’on ne peut pas ne pas faire de Suzanne, cloitrée contre son vœu, une sorte de fer de lance de l’émancipation des femmes. Elle est une héroïne féministe et moderne. Je voulais recentrer le film sur l’autonomie de pensée, sur la liberté, et non m’en prendre au couvent. D’autant que les couvents à l’époque, étaient souvent chaleureux. On y riait, on y chantait, on y dansait. D’ailleurs, Suzanne ne nie à aucun moment son amour de Dieu et sa foi. Et puis, la condition humaine était au cœur de l’œuvre de Diderot. Il n’avait pas de refus de la religion mais un désir de panthéisme. Diderot dit que les pierres pensent.

Sortie le 20 mars.

 

 

 

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