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La République Du Cinéma

« Rosalie Blum », entre Sophie Calle et ma Sorcière bien aimée

Par Annelise Roux

Scénariste-justicier minutieux de l’affaire Bamberski auprès de Vincent Garenq, Julien Rappeneau passe à la réalisation, se dévergonde du côté de la fiction en adaptant une B-D de Camille Jourdy, et cela lui réussit.
Sans chercher midi à quatorze heures, son film retrouve une dimension de comédie à la discrète féérie surannée. Frais, généreux, gnangnan juste ce qu’il faut, coloré des teintes d’une friandise de Pâques, réussissant à insuffler de la poésie au salon de coiffure d’une petite ville de province, il met de bonne humeur.

En premier lieu parce qu’en Rosalie Blum, Noémie Lvovsky brune, sans fard, avec sa carnation de Sophia Loren étendant son linge, son visage de femme épuisée par un secret qu’elle ne peut plus porter est d’une beauté émolliente, avec sa fatigue rentrée, son courage de tous les jours sans cirque. Sa voix de magicienne douce, sans d’autre baguette que celle du pain qu’elle vend entre deux pères Noël en chocolat et une boîte de crabe, rieuse par pudeur jusque dans la tristesse… Sa bienveillance explose à l’écran, touche.
Vincent Machot (Kyan Khojandi, dont le regard sans défense va gagner en séduction à mesure qu’il s’émancipe) vit sous la coupe d’une mère-Tatie Danielle infecte et dérisoire (Anémone) qui l’envoie faire ses courses, pense qu’elle peut jouer avec lui comme elle manipule ses marionnettes, dans son monde de petite fille capricieuse et rassie.

L’homme s’exécute patiemment, par gentillesse mais le cœur lourd, jusqu’à ce qu’il croise la route d’une épicière de supérette à la poubelle remplie de boîtes de Prozac.
Le film fonctionne sur une construction en flash-back qui fait entrer le spectateur dans un jeu à la « qui suit qui ?» évoquant le travail de Sophie Calle qui prenait des inconnus en filature, les photographiait tout en tenant un journal de bord pour en faire œuvre. Vincent suit Rosalie dont le visage lui rappelle quelque chose, l’intrusion de ce visage l’amène non seulement à rompre des liens malsains avec une mère castratrice, mais à découvrir un univers plus raffiné que celui auquel le huis-clos inhibant l’assigne.
Ce fils dévoué, que les conquêtes bien carrossées du cousin laissent indifférent et dont la rêverie est souvent mise en pièces par une Anémone délirante, est soumis à son tour à filature, Rosalie demandant à sa nièce, Aude, comme elle en rupture de ban, de « suivre le suiveur ».

L’emprunt de chemins de traverse par Julien Rappeneau donne le sentiment d’une promenade sans prétention, d’un joli bol d’air.
Sara Giraudeau (Cécile, la meilleure amie d’Aude) a de la gouaille. Comme une fragilité enfouie dans une bouille éperdue de gosse. Son abattage issu du théâtre fournit matière, est indice de tempérament mais nécessite d’être encadré comme un poney sauvage. Qu’il n’aille pas trop ruer dans le bocage ni manger la haie et elle peut aller loin. La petite équipe s’improvise bande de détectives à la manque.
L’arroseur arrosé probablement n’avait besoin que d’un peu de pluie rafraîchissante pour fleurir… Lui aussi devient objet d’attention dans la grisaille qui caractérisait son existence. Alice Isaaz incarne cette nièce en roue libre, dont la solitude s’agrège à celle de sa tante et de Vincent et qui grâce à cela va retrouver progressivement confiance en elle, le goût d’ambitions qu’on croyait éteintes…. Vrai sens de la vie. La jeune comédienne ressemble à Lou de Lâage vue dans « Les Innocentes » mais dégage une énergie plus primitive et tendre comme si aucun dompteur ne l’avait prise dans son filet. Ravissante, elle joue juste, échappe à la sophistication stéréotypée qui atteint les jeunes actrices qui se comparent à Léa Seydoux ou tentent de la battre sur ce terrain : Alice Isaaz évite ce registre et c’est parfait comme ça.

La fantaisie se décrète rarement. Le co-locataire d’Aude, l’excellent Philippe Rebbot, avec sa tête de Fred Chichin (on entend d’ailleurs « Marcia » des Rita Mitsouko durant la fête) se distingue en lanceur de couteaux sur grosse dame assez peu consentante, s’évertuant à dresser un chien chow-chow à sauter à travers un cerceau, faute de lion… Il évoque Rhys « Spike » Ifans, seul personnage qui valait vraiment le coup dans « Coup de foudre à Notting Hill » en ami alternatif de Hugh Grant.

Les scènes sont douces, lorsque volent les confettis, les flocons, que des enveloppes sont glissées dans des boîtes aux lettres ou laissés libres les cerfs-volants… Si douces que j’ai pardonné à Julien Rappeneau une entame qui aurait pu lui être fatale : accueilli par le chat qui soulage son isolement, Vincent lui sert du lait dans une coupelle. Pas à une militante SPA de la première heure dans mon genre qu’il s’agit de la faire. Le lait de vache, pour les félins, aussi mauvais que si nous engloutissions cinq hamburgers d’un coup…. Pour le reste, ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux, regardez-les s’envoler, c’est beau ?

« Rosalie Blum » de Julien Rappeneau

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commentaires

62 Réponses pour « Rosalie Blum », entre Sophie Calle et ma Sorcière bien aimée

JC..... dit: 29 mars 2016 à 10 h 04 min

Sacrée Anne Lise ! Que deviendrait elle si elle ne pouvait plus émettre ? je veux dire : niveau, quantité…

el flaco dit: 29 mars 2016 à 13 h 53 min

Sacré JC! Qu’est ce que vous deviendriez si vous ne passiez pas vos journées suspendu au blog comme une tique au cul d’ un pur sang à déblatérer vos sornettes! Personne a qui parler?

JC..... dit: 29 mars 2016 à 18 h 04 min

« Qu’est ce que vous deviendriez » (el fiasco)

Probablement un cadavre pensant ses vers !…

christiane dit: 29 mars 2016 à 20 h 10 min

Ah, un bonheur de lecture !
J’aime beaucoup le rapprochement avec le travail de Sophie Calle et tous ces portraits d’actrices et d’acteur, si justes.
(J’ai ri sur l’entame au chat : même réaction !)
Je me suis demandée, n’ayant pas lu l’œuvre graphique en 3 tomes de Camille Jourdy, comment il s’en était détaché. J’ai su pour la pluie de papiers multicolores – lui ayant posé la question – que cela avait été sa première idée, magnifiquement élucidée à la fin. A la fin de l’avant-première il a été tellement simple et accessible.
Bien aimé cette méditation en filigrane sur ces souvenirs qui nous échappent, cette impression de reconnaître un visage, un paysage sans pouvoir trouver la clé de l’énigme. Ici le spectateur seul, sait.
Merci, Annelise. Superbe billet.

jodi dit: 29 mars 2016 à 21 h 30 min

Oui bon billet Anne-Lise,bien dans vos manières,le film n’est pas terrible mais gracieux,au lieu de l’ereinter parce qu’il ne vous ressemble pas,vous réussissez à dire sans complaisance mais avec la finesse qui vous caractérise ce qu’il a de touchant.Jugement d’airain dans un gant de velours.vous êtes notre Audrey Hepburn blonde!

Continuez,surtout,sans vous laisser atteindre par les bargeots,envieux et frustrés de la Nef des fous.à bientot.

Vébé dit: 30 mars 2016 à 11 h 12 min

Bonjour Anne-Lise, vos articles donnent envie, j’en suis une lectrice fidèle. Le contenu est toujours singulier et fort. Le film n’est pas un grand film mais vous avez su en révéler sans snobisme le charme désuet.

Je suis allée chez Pierre Assouline hier, les billets comme les vôtres sont de grande qualité, mais je suis effarée par l’agressivité des intervenants, entre eux ,contre n’importe quoi.

Injures ad hominem, jets de bave. Une RDC bien agitée. C’est comme cet débat politicien alors qu’il y a eu tant de morts au Bataclan ou à Bruxelles… cela parait bien vain.

roro dit: 30 mars 2016 à 12 h 54 min

« Quand on a 17 ans » semble être un bon Téchiné ?Allons-y voir !

d’après les extraits ou la bande annonce le rôle de la mère est plutôt glauque , horreur

roro dit: 30 mars 2016 à 12 h 58 min

« je suis effarée par l’agressivité des intervenants, entre eux ,contre n’importe quoi. »

Comment est-ce possible! vous n’appréciez donc pas les « ta gueule keupu « du génie proclamé, la provocation fhaineuse et les propos méprisants des bouffis de frustration contre clopine notamment, la propagande ultracons rabâchée et se prétendant (objective) non idéologique ?!!Heureusement que d’autres relèvent le niveau

lola dit: 30 mars 2016 à 13 h 42 min

Les posts précédents ont déjà tout dit.Le plaisir de vous lire, la précision et la justesse de votre jugement. J’ajouterai simplement que j’ai aimé N. Lvovski et Anémone. Un film réussi,ce n’est pas que des « banquables »…

Eriksen dit: 30 mars 2016 à 14 h 51 min

Qu’il est doux de s’installer avec Vincent, Aude, Rosalie et les autres, dans cette grisaille de Parapluies de Cherbourg, en un temps où l’on pouvait encore donner du lait à son chat…
Puis s’entremêlent des histoires de liens familiaux, trop ou pas assez coupés, et de liens non familiaux, violeurs d’intimité. Fouiller les poubelles, entrer par effraction, ne sont pas des manières anodines d’aborder l’autre. Cela rappelle très justement les méthodes de la terrible Sophie Calle, ses intrusions (suivre l’autre, dormir chez lui), ses prises d’otages (le pauvre GB devant 107 femmes) et autres viols assumés d’intimité (lecture du journal intime de la mère morte).
Mais le scalpel génial et froid de Sophie est délicieusement émoussé chez Julien, si bien que la curiosité intrusive débouche sur la Bienveillance. Au-delà d’un préchi-précha sur la peur de l’inconnu, Rappeneau aborde le viol d’intimité, que la victime doit accepter si elle veut interagir avec l’autre, dont peut naître l’amour chez celui qui le commet …
Tout cela part donc très fort entre limites à poser et celles à transgresser.
Ou entre la curiosité menant à l’affect et l’affect menant à la curiosité. Les deux étant vrais, s’installe un cercle vertueux à initier par l’osé.
Tout cela est bel et bien, mais Rappeneau surscénarise… et la résolution finale clôt le film en réduisant chez Vincent la liberté énigmatique de la quête à une mécanique de l’empreinte. Vincent y perd une partie de son charme et toute sa liberté à peine retrouvée.
Et que penser de cette scène finale, totalement « bisounours », et qui contredit de manière si volontaire un proverbe chinois : « le cerf-volant vole parce qu’il est tenu » ?.
Autre proverbe, cette fois explicite, et qui fit durer ma joie de ce film sur tout le trajet du retour : « ce chien est une nullité de lion ».

Jibé dit: 30 mars 2016 à 17 h 10 min

Non, roro, Sandrine Kiberlain, qui est loin d’être mon actrice préférée, est lumineuse dans ce film. C’est en effet un bon Téchiné, dans la lignée des « Roseaux sauvages ». Mais je n’en dis pas plus car Annelise ne peut pas ne pas nous en parler, ne serait-ce que pour la problématique agriculture traditionnelle de montagne versus agriculture industrielle, qui est évoquée, entre autres thèmes, dans « Quand on a 17 ans »…

Jibé dit: 30 mars 2016 à 17 h 32 min

« Le co-locataire d’Aude, l’excellent Philippe Rebbot, avec sa tête de Fred Chichin… évoque Rhys « Spike » Ifans, seul personnage qui valait vraiment le coup dans « Coup de foudre à Notting Hill »

C’est, en effet, proprement décalqué !

roro dit: 30 mars 2016 à 17 h 36 min

Jibé

je parlais du rôle,du personnage, pas nécessairement de l’actrice (qu’on voit trop d’ailleurs )

roro dit: 31 mars 2016 à 10 h 50 min

Jibé
je n’ai vu ni l’un ni l’autre, juste la bande annonce et des extraits – elle a un rôle de mère maquerelle, à mon avis , en d’autres termes elle est tout sauf innocente ou neutre (elle ‘essaie même pas), c’est infâme. Mais il est de bon ton de trouver ça normal et s’extasier

el flaco dit: 31 mars 2016 à 17 h 45 min

JC : c’ etait non pas el fiasco ,ni el flaco mais el flacon d’ armagnac qui parlait… je devais etre sous influence…mais bon, de là a regretter !?

Annelise dit: 31 mars 2016 à 20 h 34 min

Trahie par les vidéos Jibé?
Roro, j’avoue être comme Eriksen, je ne regarde jamais les bandes annonces. Quelques mots en inclusion sur « Quand on a 17 ans ». « Billet dans le billet ». J’aurais pu le chroniquer. Pas le temps. Tant aimé les « Roseaux sauvages », la délicatesse de cet éveil secret… Sensualité, montée du trouble. Je ne crois pas que la mère ici soit « manipulatrice » : Téchiné donne à travers une Sandrine Kiberlain tout à fait convaincante en soi une version paradoxalement édulcorée de ce qu’il projette d’un accompagnement adulte, de la part d’une femme qui comprend que les pulsions « brutales » qui jettent son fils Damien & le jeune Tom l’un contre l’autre sont d’un autre ordre. Cette façon de faciliter l’accès à la sexualité vous incommoderait-elle autant s’il s’agissait d’une relation hétérosexuelle? Alors interrogez-vous. Ce qui m’a gênée n’est pas cela. Téchiné est à mes yeux plus à l’aise dans l’allusif, l’imperceptible montée des sens, d’un désir qui peine à s’orienter que dans cette sorte de manifeste à usage parental de jeunes homos. L’aspect presque pédagogique du film, « mères, voyez comme vous pouvez le prendre si cela vous arrive » m’a paru moins troublant et puissant que ses autres opus. Mais je suis d’une génération où l’homosexualité est une donnée de moins en moins clivante, pas plus marquante ou signifiante que d’avoir des cheveux bruns ou blonds. Téchiné a connu le temps où le secret était parfois préférable si on voulait vivre en paix, de sorte que la parole se libérant, il est saisi par l’urgence de fournir à la communauté une espèce de viatique/manuel-à l’intention-de… Je trouve cela très estimable, mais moins intéressant que Dolan qui envoie bouler ceux qui forment projet de lui décerner je ne sais plus quelle grotesque « palme queer » : l’égalité est actée. Cela dit, Jibé hier 17h10 voit très juste dans ce qu’il énonce. Et notamment aussi la différence de « réception » selon le milieu, l’appartenance socio-professionnelle, la géographie. De nos jours encore, infiniment plus facile d’être un(e) homosexuel(le) urbain, diplômé, dans un milieu branché que d’avoir à avouer ses inclinations ex-abrupto à un père qui élève quelques vaches dans la Creuse, qui tombe des nues en apprenant que ah bon, Rock Hudson? Celui qui embrassait Liz Taylor dans « Géant »? André Téchiné, Jacques Nolot demeurent pour moi les artisans d’un propos neuf, très français et subtil, bien avant les films de plus en plus explicites d’Ang Lee. Je vois leurs films avec gourmandise, un respect énorme.

Jacques B dit: 31 mars 2016 à 20 h 52 min

C’est vrai qu’il y a un côté l’amour est dans le pré, Annelise, mais de bien belles images hivernales pour cette éclosion de passion en ouverture du film !
Et Tom nu dans la neige, plongeant dans un lac glacé ! Le jeune blondinet ressemble à Édouard Louis, dont Techine devait adapter le roman. Mais il aura choisi cette histoire d’amour qui finit mieux qu’en général…

Annelise dit: 31 mars 2016 à 21 h 23 min

André Téchiné filme les jeunes corps comme il filmait (son complice Nolot aussi) la nature, les sous-bois… Amoureusement, avec sensibilité. Et j’ai aimé cette forme de happy-end : son évitement aurait pu signer une culpabilité comme rançon d’un sentiment qui ne serait pas jugé « recevable » ! Évidemment que les amours homosexuelles procèdent comme n’importe lesquelles de tâtonnements qui peuvent bien finir. Pour Edouard Louis c’est Anne Fontaine qui devrait s’y atteler ai-je cru comprendre. Le roman ne m’a pas passionnée, je l’avais trouvé très surestimé, de médiocre intérêt pour tout dire. On verra l’adaptation

Jibé dit: 31 mars 2016 à 22 h 14 min

Au-delà de son « roman », le cas d’Edouard Louis me semble intéressant à suivre.

Ils sont fous aux Cahiers du cinéma : deux étoiles au Téchiné (je peux comprendre) mais quatre étoiles au Vecchiali !

Annelise dit: 31 mars 2016 à 22 h 51 min

Qui a fait le papier? Vecchiali, avec sa chanteuse en robe parme,comme les chœurs des premiers Fatih Akin… Son kitsch déroutant génère une distance très curieuse parfois.Une suspension qui ne vise pas à une description directe du réel. Philippe Katerine quand il chante « non mais laissez-moi manger ma banane tout nu sur la plage », pas même signification que la danse des canards.

roro dit: 1 avril 2016 à 7 h 11 min

Annelise « Cette façon de faciliter l’accès à la sexualité vous incommoderait-elle autant s’il s’agissait d’une relation hétérosexuelle? »

Bien sûr , et ça n’a rien à voir – Elle se mêle de ce qui ne la regarde pas. Cette relation à trois, avec intervention d’un(e) adulte, est perverse. Sans doute est-ce la mode de le montrer et crier au génie

Annelise dit: 1 avril 2016 à 8 h 00 min

Roro, pas une question de mode qui m’occupe. Je peux tout à fait imaginer que la sexualité parentale, par exemple, ne soit en rien la question des enfants. Un dialogue étayé avec la psychanalyse, entre autres, a permis d’établir depuis longtemps combien le cotoiement peut poser le problème, ne serait-ce que parce que la moindre effraction des barrières peut vite s’avérer flirter avec le tabou majeur de l’inceste – d’accord avec tout ça. Selon cette nouvelle précision de votre pensée, c’est le côté « intrusif » de la mère, jugé par vous « actif » qui vous fait la qualifier de « maquerelle », etc? Vue de la sorte, votre question sur le film de Téchiné mérite d’être abordée sous un autre angle : doit-il y avoir « intervention adulte » dans l’accession à la sexualité? Qu’est-ce qu’une « éducation sexuelle »? A qui incombe sa dispense? C’est un problème malgré tout de santé publique – on a pu le voir au travers du HIV, mais également de la pilule, des grossesses non souhaitées des très jeunes filles.. Problématique qui ne s’applique pas seulement aux pays émergents confrontés aux fléaux du Sida ou de la famine. Parfois dans les campagnes, voire dans des milieux qu’on pouvait juger mieux réceptifs. La difficulté de donner cet enseignement dans les collèges, alors qu’il s’agit pourtant d’un acte naturel, de la santé de nos enfants est réelle. Les pays du nord ont de cela une approche plus pragmatique, qui n’englobe ni l’affectivité ni la morale qui sont affaires strictement privées mais proposent des « solutions » concrètes. Laisser cela dans un flou qui n’a parfois rien d’artistique, n’est-ce pas aussi une forme d’abandon de ses responsabilités? L’équilibre est malaisé, comme tout ce qui se rapporte à la sphère intime. C’est pourquoi on préfère souvent « médicaliser » le débat. Mais le désir, le plaisir sont enfants de Bohême, font des sauts de cabris hors des cases où on veut les enfermer sagement

Annelise dit: 1 avril 2016 à 8 h 09 min

En parlant d’intrusion, pour en revenir à Rosalie Blum : le film de Julien Rappeneau y prend sa source (Julien fouille les poubelles de Rosalie pour en apprendre davantage sur elle, elle dépêche sa nièce pour l’épier…) C’est aussi la descente des barrières qui est la condition sine qua non pour que l’autre ait possibilité de nous toucher. Si la herse est en place, par définition personne ne peut entrer dans la forteresse

Jibé dit: 1 avril 2016 à 9 h 00 min

Pour les quatre étoiles de Vecchiali, Annelise, des Cahiers du Cinéma
c’est Florence Maillard : « L’emporte finalement la liberté enjouée d’une composition à la tenue mystérieuse, dont le jeu est sans cesse relancé sous nos yeux. »

Annelise dit: 1 avril 2016 à 10 h 46 min

@ Jibé 9h : quelque poisson farceur de circonstances? En effet, 2 à Téchiné, 4 à Vecchiali, je ne suis pas sûre que j’aurais épousé la même notation mais bon…

Annelise dit: 1 avril 2016 à 10 h 56 min

Vincent Malausa m’a fait rire en lançant dans la mare le pavé d’une question existentielle d’importance : « Superman vs Batman est -il le film le plus nul de tous les temps »? Cela tourmente au corps, tant les candidats dignes de concourir sont légion et le match parfois serré

roro dit: 1 avril 2016 à 14 h 21 min

Jibé dit: 1 avril 2016 à 8 h 56 min

Dans cette histoire, porter aux nues le personnage de la mère, qui est tout tout sauf innocente, me paraît déplacé (imaginez les réactions si au lieu de la mère, du fils et du ‘copain’, c’étaient une père, sa fille et la copine ). C’est fausser d’avance l’histoire.

lola dit: 1 avril 2016 à 16 h 22 min

Annelise. « quand on a 17 ans » , billet dans le billet ; je n’ai pas encore vu le film, j’ai eu l’idée de taper ,sur mon ordinateur, « j’ai 17 ans » ; les rubriques et les posts sont assez révélateurs des aventures, des questions et des tourments des jeunes de 17 ans. Ceci apporte-t-il, enlève-t-il quelque chose au film de A.T….que je vais voir,ce soir.
Autrefois, le film de L. Malle ,sur un sujet voisin mais différent il est vrai, avait soulevé des tollés . J’en ai oublié la date.

Annelise dit: 1 avril 2016 à 16 h 34 min

Lola, je suis très attachée au travail de Téchiné. Ici je l’ai trouvé finalement bien moins ambitieux et pertinent que dans d’autres films beaucoup plus sinueux, moins « lisibles » au premier chef. Ce sera intéressant que vous nous disiez ce que vous en pensez

lola dit: 1 avril 2016 à 16 h 36 min

Le film de L.Malle « le souffle au coeur » est de 1971; mais l’action est censée se passer dans les années 50. Lea Massari, superbe, jouait le rôle de la mère.
Ceci, non pour faire une comparaison entre les deux films,mais pour réfléchir sur la question que vous posez: l’éducation sexuelle; en 1970 //en 2015.
Je n’ai pas oublié que votre chronique portait sur Rosalie Blum ! vu; L.Malle vu plusieurs fois.

Jibé dit: 1 avril 2016 à 18 h 25 min

roro dit à 14 h 21 min

Téchiné ne fausse pas l’histoire mais affronte le problème. La mère dit à son fils qu’elle trouve son condisciple joli garçon et a même un rêve érotique avec le sujet de la passion de son fils…

Jibé dit: 1 avril 2016 à 18 h 27 min

roro dit à 14 h 21 min

Téchiné ne fausse pas l’histoire mais affronte le problème. La mère dit à son fils qu’elle trouve son condisciple joli garçon et a même un rêve érotique avec celui qui se révèlera être le sujet de la passion de son fils…

roro dit: 2 avril 2016 à 10 h 09 min

Jibé
en deux mots (pardon Annelise) je dirai que ce qui est (ou peut être) agaçant c’est voir dans les critiques le personnage de la mère porté aux nues comme mère parfaite, voilà

Jibé dit: 2 avril 2016 à 12 h 42 min

Sinon j’ai vu « Five » avec Pierre Niney. Une comédie bourgeoise au scénario en forme de dispositif bouclé, stéréotypé. A tout prendre, dans le même genre, je préfère encore « Pataya » !

Annelise dit: 2 avril 2016 à 23 h 56 min

Jibé, Roro a le droit de ne pas partager mon estime pour Téchiné, même si je n’ai dit à aucun moment que la mère était idéale. Il a probablement projeté ce personnage pour tenter de guérir de rejets qu’il a dû endurer, là où il aurait aimé de la compréhension. Nuance.
Autrement pour « Five », qu’est allé faire Niney dans ce nanar? Les Cahiers l’ont haché menu.

roro dit: 3 avril 2016 à 7 h 30 min

Annelise « Il a probablement projeté ce personnage pour tenter de guérir de rejets qu’il a dû endurer, là où il aurait aimé de la compréhension »

Non. Ce n’est pas du tout ça. Et je n’ai jamais vu de film de T. Là, mon agacement vient de la niaiserie (commerciale? peut-être) des louanges au sujet du personnage de la mère dans ce film donc, personnage présenté comme l’idéal absolu.

Annelise dit: 3 avril 2016 à 8 h 06 min

Roro, quand j’écris « il a projeté ce personnage de mère comme ça pour réparer des rejets etc » je ne parle bien sûr aucunement de vous, mais de lui, Téchiné. Vous nous dites maintenant n’avoir jamais vu un de ses films? S’il vous prend l’envie d’essayer, « les Roseaux sauvages » est au passage une ode à la nature

Jibé dit: 3 avril 2016 à 8 h 27 min

Et puis ce que disent les médias du film n’est pas le plus important, roro, le plus important est ce que nous dit le film ! Encore faut-il aller au cinéma…

Jibé dit: 3 avril 2016 à 8 h 29 min

Quant à juger un film sur sa bande annonce ce serait comme juger d’un livre à partir de la 4e de couverture !
Soyons sérieux, nous n’avons plus 17 ans !

roro dit: 3 avril 2016 à 9 h 09 min

Annelise
Jibé
oui il aurait fallu voir le film -
Le titre « les Roseaux sauvages » est engageant certes, outre qu’il est rare que le drame des évènements de l’époque, leurs effets, soient évoqués au ciné
J’ai souvent trouvé que les bandes-annonces étaient mieux que les films
Excusez ces hors-sujets
Je lis vos billets de toute façon

Annelise dit: 3 avril 2016 à 19 h 01 min

Je vous en prie, Roro. Welcome. Le hors-sujet est une notion toute relative. L’essence même de Proust. Drôle que vous parliez des évènements de l’époque, de la pénurie de leur traitement. Prochain billet après celui sur Huppert consacré à un film qui s’y attelle

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