de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

Soderbergh, le chant du cygne

Par Sophie Avon

L’ironie du destin veut qu’au moment où Steven Soderberh décide de renoncer au cinéma, ce soit un film produit par et pour HBO qui marque son départ. Considéré comme une œuvre de télé,  « Ma vie avec Liberace » ne peut donc prétendre concourir aux Oscar. Ce dont le cinéaste semble se moquer, le principal étant pour lui que son film soit vu par un large public et qu’il soit conforme à ce qu’il voulait. « Aujourd’hui, confiait-il au dernier festival de Cannes, je peux dire que mon film est fait comme il devait être fait et qu’il est bon… »

Il a raison, « Ma vie avec Liberace » est bon et même excellent, en dépit du fait qu’ Hollywood, obsédé par la rentabilité et indifférent à la politique des auteurs,  ait jugé cette histoire trop spécifique quand, à la vérité, elle est universelle. La présence de Matt Damon et de Michael Douglas n’y auront rien changé. Ni l’amour des Américains pour la star que fut Liberace, ni le fait que sous le strass, le film de Soderbergh est bouleversant.

Liberace donc. Adulé dans les années 70 aux Etats-Unis dont il animait un show à la télévision. Homosexuel mais clandestin dans une époque moins tolérante,  adoré des femmes qui le trouvaient à la fois glamour et irrésistible, danseur, pianiste, chanteur, il était doué, flamboyant, paré de somptueux costumes et jouant en présence d’un candélabre planté sur son piano à queue.

Cela faisait un bout de temps que Steven Soderbergh s’intéressait à lui, mais le cinéaste ne voulait pas d’un biopic. La liaison orageuse de « Lee » avec Scott Thorson, liaison qui dura cinq ans, lui a finalement donné la solution,  Scott ayant eu la bonne idée d’être un amant passionné et un scribe minutieux,  rapportant son histoire dans un livre : « Behind the candelabra ».

Le film démarre au moment de la rencontre à Las Vegas, au faîte de la célébrité de Liberace, et se termine en 1987, à la mort de l’artiste, rongé par le sida. Entre temps, il a aimé Scott d’un amour qui comprenait la tendresse d’un père et celle d’un ogre, allant jusqu’à lui demander de se refaire le visage pour lui ressembler. Fasciné, amoureux, éprouvant de son côté une affection filiale, Scott n’eut de cesse de lui obéir.

A la folie généreuse de l’artiste qui se moquait de lui-même en disant « je finance à moi tout seul l’industrie du strass autrichien » s’ajoute le pathétique d’un homme vieillissant qui aime un jeune homme et se l’attache par tous les moyens. C’est pourtant lui qui se lasse le premier, chasse Scott,  lequel essaie de s’accrocher, tempête, fait un scandale, casse les meubles puis s’effondre.

Il y a bien sûr du tragique dans ce feu de joie qui laisse un goût de cendres. Soderbergh en explore toutes les facettes, trouvant le dosage parfait entre l’apothéose et le précipice, la gloire et la chute, la passion et l’indifférence.

Son scenario est impeccable, sa mise en scène élégante et d’une puissance telle que cette histoire d’amour clandestine serre le cœur. Les acteurs y sont évidemment pour beaucoup : Michael Douglas, atteint d’un cancer avant le tournage, puis finalement guéri, y apporte sa force de Phœnix, et au-delà, un maniérisme enfantin qui travestit tout sauf la violence des sentiments. Quant à Matt Damon, dont le personnage est plus jeune et plus innocent, il est d’une rare subtilité, faisant passer lui aussi, et peut-être davantage encore, une douleur filtrant à travers les artifices et les simagrées de ce couple hors du commun.

« Ma vie avec Liberace » de Steven Soderbergh. Sortie le 18 septembre. 

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139 Réponses pour Soderbergh, le chant du cygne

La Reine du com dit: 18 septembre 2013 à 10 h 03 min

Bon papier, Sophie! Bien vu et donnant envie d’y aller. Soderbergh il est vrai excelle dans ce style de mise en abyme affectivo-amoureuse sur fond de tourment, de contrainte ou de jeu. Il en résulte un ralentissement latent, une mélancolie qui, sans rien économiser parce que fondamentalement Soderbergh est un conteur, cassent le rythme, construisant une ironie & une élégance particulières. L’initial « Sex mensonges » bien sûr autour de la médiation de la caméra maniée par Spader. Ici, au travers de la folie de Lee visant à abolir les frontières, tentant de pousser son amant à se confondre avec lui via la chirurgie esthétique (on peut penser qu’il ne s’agira pas entièrement d’un rôle de composition pour le pauvre Douglas couturé jusqu’à l’os) ou encore, dans ce petit film moins connu, plus anodin mais plein de charme, Out of sight, où Jennifer Lopez enfermée dans le coffre d’une voiture en jupe entravée flirte avec Clooney de façon particulièrement languide et érotique, hors du temps.

Polémikoeur. dit: 18 septembre 2013 à 11 h 18 min

Histoire universelle, soit !
Du coup, ne risque-t-elle pas
de n’être qu’une pellicule de plus
au sommet très provisoire de la pyramide
clinquante des couches géologiques du cinéma ?
Du droit de ne pas être client systématique
ni même spectateur spécifique en dépit
ou grâce à la confiance accordée
à une critique soignée.
Singulièrement.

La Reine du com dit: 18 septembre 2013 à 11 h 59 min

Polémikoeur, que voulez-vous dire? « Encore une histoire d’homos »? « Encore une histoire de Juifs » : vous savez que c’est là la réaction (rapportée par Pierre Assouline dans une chronique antérieure) de je ne sais quel éditeur recevant le journal d’Anne Frank. Je vous titille un peu à dessein, je comprends que vous devez mériter votre pseudo chaque jour et que comme dirait Donna Summer, you work hard for the money, mais je ne vois pas en quoi l’opinion ni les réserves que vous émettez ici sont qualitatives ? Si on va par là chaque film est une pellicule de plus au sommet d’une pyramide provisoire. Ce n’est pas forcément jouer à Etonne-moi Benoît qui permet d’y échapper. Vous avez le droit de ne pas être tenté sans autre justification et je trouverais peut-être le film sans intérêt, mais rien ne remplace une réelle curiosité détachée des diktats.

La Reine du com dit: 18 septembre 2013 à 12 h 08 min

Parce que si vous voulez être l’homme qui tua Liberace Valance, faut le mériter. Mon coeur de toute façon appartient depuis longtemps à Doniphon et retournera être enterré parmi les cactus en fleurs.

JC..... dit: 18 septembre 2013 à 12 h 10 min

Ceux qui tout jeune ont vu, écouté, haï, sur place aux USA, ce connard, cette tantouze, ce minable peint, ce trouduc musical de Lovelace, effroyable pitre du show business pudibond anglo-saxon, ceux-là auront à cœur de ne pas aller voir ce film, probablement à succès, l’ennui de l’actuel étant si grand …

On ne réchauffe pas la mauvaise soupe ! On la jette ! Sauf à la servir aux indigents ….

La Reine du com dit: 18 septembre 2013 à 12 h 24 min

Ah ben voilà une opinion qu’elle est argumentée, sentie, JC! Sûrement vraie pour vous. Pas encore vu le film. En même temps pourquoi cette confusion entre un sujet qui vous répugne a priori et son traitement? L’Adversaire d’Emmanuel Carrère est un livre puissant, l’un de ses meilleurs avec Classe de Neige, sur un sujet scabreux. « Connard », « tantouze », hum et alors? Je peux être mal à l’aise sur certains points avec le battage putassier autour de Larry Clark ou sur sa vie même, trouver certains de ses travaux totalement surestimés, gangrénés de snobisme et être médusée l’instant d’après par son talent à dépeindre une très petite Amérique à l’espoir sinistré, en pleine dérive… En quoi votre propre répulsion envers ce fameux trouduc musical de Lovelace est-elle censée nous décourager?

JC..... dit: 18 septembre 2013 à 12 h 37 min

J’adore le mot « argumenter » : il n’ y a pas plus bête… mais si français !

Il n’y a pas à argumenter de ma part : je témoigne de la nullité putassière du phénomène Liberace. Point barre !

Allez voir le film sur la vie de ce couillon, si vous voulez, rien ne vous en empêche. On peut douter cependant que la cuisine soit bonne, faite avec des matières premières pas fraîches.

pado dit: 18 septembre 2013 à 12 h 42 min

Notre cher JC me semble comme parfois (plus rarement ici) un poil outrancier dans certains de ses propos, mais moi qui n’ai pas eu le manifeste bonheur de voir l’artiste sur place j’avoue n’avoir aucun souvenir de son existence (si jamais d’ailleurs j’ai eu connaissance de cette existence).
Je vais donc sûrement resté dans l’ignorance (à moins que dans quelques années un soir d’orage sur M6).

Otez-moi d’un doute Sophie, la bande son, c’est pas une compilation du maître ?
Si oui, promis, ce soir là je pars me balader sous l’orage.

JC..... dit: 18 septembre 2013 à 12 h 49 min

Mon bon pado,
Un gars, pianiste mièvre, nommé Richard Clayderman, vous connaissez… ? Il a vendu beaucoup de disques en France et en Asie. Succès énorme… Disques d’or en pagaie, disques de platine, des dizaines de millions de disques vendus !!!

Et bien, Clayderman, le roi de la musique d’ambiance, c’est Chopin par rapport à ce nul de Liberace !!!

u. dit: 18 septembre 2013 à 12 h 50 min

La vulgarité atroce de ce zozo, et celle des dames platinées qui l’écoutaient, est certes un puissant dissuasif.
Ce mec est à dégueuler, et son milieu aussi.

Le billet ne trouve dans ce monstre que de l’humain, alors que le réflexe primal d’hommes en peau de bête comme le camarade JC et moi, c’est le poing dans la gueule.

Euh, JC…
Il s’agit de cinéma, on a tout faux, là.
Il est peu vraisemblable que Soderbergh et Douglas soient totalement inintéressants…

On va essayer d’éviter de jouer les atrabilaires:
« Allez-y sans moi!
J’ai la goutte.
Vous m’raconterez.

- Tu sais pas c’que tu manques!

- C’est ça, c’est ça ».

La Reine du com dit: 18 septembre 2013 à 12 h 52 min

Un brin atrabilaire en ce début d’après-midi, JC? Les sangliers ont mangé des cochonneries ou quoi? Je n’y vois pas d’inconvénient, et je ne vous demande en effet en rien « d’argumenter ». Votre manière de torcher une conclusion à propos des « matières premières pas fraîches » n’est d’ailleurs pas sans toucher la cuisinière éprise de bons produits en moi. Je dis juste qu’une critique pour être recevable ou pouvoir être partagée se doit de puiser dans des éléments allant au delà du simple ressenti épidermique, n’est pas non plus là pour nous tartiner avec de seules questions de « goût » personnel ou d’instant plus ou moins favorable. Vous dégainez vite dites donc. Alors c’était vous, embusqué sous le perron pendant que Stoddard était sous les feux de la rampe?

u. dit: 18 septembre 2013 à 12 h 53 min

Claydeman et Rieu, on est fort.

Au moins, ce faux playboy de Cooper ne faisait pas venir un Liberace pour ses soupers au Ritz.
Je les trouve de mieux en mieux, ces tsiganes infernaux, c’est pas Liberace qui aurait accepté d’abimer sa mise en pli en jouant dans un hammam.

u. dit: 18 septembre 2013 à 12 h 55 min

« Vous dégainez vite dites donc. Alors c’était vous, embusqué sous le perron pendant que Stoddard était sous les feux de la rampe? »

Non, JC, c’est le type à qui Stoddard disait:

« C’était mon steak, JC.
Et tu vas l’ramasser. »

JC..... dit: 18 septembre 2013 à 12 h 59 min

Pardonnez-moi si je vous ai choqué, je n’aime pas, comme je le disais à Tonton Cristobal, les bocaux et les étiquettes, ce qu’adorent les français cartésiens.

Je préfère l’épiderme. Et le mélange irraisonné… Bonne soirée !

La Reine du com dit: 18 septembre 2013 à 13 h 14 min

U., un abrazo! Enfin quelqu’un capable de réciter dans le texte The maneouchote!
Je ne sais pas pourquoi, le personnage de Liberace me fait penser brusquement à Jimmy Gator, dans le film d’Anderson sorti il y a qq années, « Magnolia » : ce présentateur télé dominateur, âpre au travail, sans pitié, livide et transpirant sous le fard que les projecteurs peu à peu font fondre, hanté par le lien incestueux noué avec sa fille, tandis qu’un cancer le ronge. La compassion impuissante de sa femme à les rabibocher, après le rejet définitif de cette dernière occupée à s’en fourrer plein le nez, fragilissime, amoureuse d’un policeman irlandais prêchi prêcha qui est sa dernière chance. Le regard que la belle-mère brushinguée, impeccable et plus toute jeune lance sur le bourreau vieillissant alors qu’il sait qu’il n’obtiendra aucun pardon, mélange de sollicitude, de tristesse et peut-être de dégoût. Très fort.

Polémikoeur. dit: 18 septembre 2013 à 13 h 35 min

(Retour à la mi-journée, s’il vous plaît).
Joli ! Et pas mal vu du tout.
Tout à fait entre nous,
puisque c’est là
le sel de l’expression
à découvert, pseudo ou pas,
l’appétit d’untel pour un film
est secondaire, quels que soient
l’un et l’autre.
L’idée, rase-mottes, il est vrai,
n’était que d’affirmer l’envie
de rétorquer à une force de frappe
publicitaire avec l’alibi artistique
et culturel du cinéma qu’elle n’avait
pas forcément le dernier mot.
C’est peut-être dommage s’il a fallu
plaider la cause du film
contre le conformisme
des gestionnaires
hollywoodiens.
Que la machinerie de guerre commerciale
autour de cette pure « story » Las Vegas
dont la trace semblait plutôt estompée
recycle la saga familiale de sa tête d’affiche
au secours de sa valeur universelle
pourrait au fond bien être
à décharge.
Moralité permanente : faudrait voir !
Faudrait encore avoir envie.
Retour à la case départ.
Incorrigiblement.

La Reine du com dit: 18 septembre 2013 à 14 h 00 min

JC, Clayderman était le seul, (je dis bien le seul?) à porter de la sorte le costume pelle à tarte en vinyle façon « faux satin » bleu électrique/noeud papillon rose tendre avec autant de crâne naïveté, une inconscience aussi affirmée du kitsh. Ou bien était-ce au contraire le fait d’un coma dépassé, d’une rouerie supérieure qui se fout bien des estimations, vend des albums ? Claude François ou Patrick Juvet, y compris replacés dans le contexte temporel qui les a vu naître et s’épanouir y mettaient une pointe d’angoisse ou d’acharnement, une distance inquiète ou moqueuse qui ne rendait pas le résultat pareil. Tout ça ne nous renseignant pas davantage, hélas, sur où sont les femmes, les femmes, les femmes?

La Reine du com dit: 18 septembre 2013 à 14 h 15 min

Je veux dire que le personnage Liberace a probablement dans ses anfractuosités mêmes (pas de mauvais esprit paillard) de quoi susciter un ancrage d’où développer ensuite une fiction destinée plus largement à le déborder. Encore que je ne croie pas non plus que la crédibilité romanesque, disons, tienne à l’élection d’un sujet « mouvementé ».
Sur ce, je retourne à la mine. Bien à vs.

Jacques Barozzi dit: 18 septembre 2013 à 20 h 48 min

Le film est super et Michael Douglas aurait mérité un oscar, Matt Damon pas moins ! Belle mise en scène, en effet, Sophie, et sous les paillettes pas mal d’émotion. Mieux que la cage aux folles et Michou peut aller se rhabiller. The show must go on !

La Reine du com dit: 18 septembre 2013 à 21 h 28 min

U. , qu’est-ce qu’il vous faut de plus?
Alors Jacques ça y est, on s’enthousiasme pour Michael et pour Matt, on délaisse Sophia et son manteau vert pomme à la descente d’avion à Nice, Claudia, Audrey, Ava, Silvana et consorts? Tssss. Cruel, va.

La Reine du com dit: 18 septembre 2013 à 21 h 37 min

Sans rire, je rebondis sur le twitt de Céline Musseau du journal Sud Ouest ici, ne sachant pas twitter. Dupeyron, franchement ça fend le coeur. Il a fait de si bons films. Comment se peut-il qu’il soit ainsi planté? Quelque chose de pourri dans le Royaume. L’homme de Tartas. Pour aller du côté de chez lui, dans les Landes, il ne fallait pas hésiter à affronter des hordes de marcassins prêtes à se lancer sous les roues, tant ils n’étaient pas habitués à croiser des voitures dans la grande forêt. Sur la route, on croisait Manciet à Sabres, sa femme aussi pieuse qu’il était truculent ayant cuisiné une pintade aux herbes entre deux cours de catéchisme. Dupeyron a des choses à dire, bon Dieu. Alors écoutons-les, allons dans les salles le voir.

Jacques Barozzi dit: 18 septembre 2013 à 22 h 06 min

La bande annonce du film de Dupeyron n’est pas très engageante : une histoire de soigneur qui aurait un don !

La Reine du com dit: 18 septembre 2013 à 22 h 13 min

Un masseur thaïlandais bâti comme un Apollon vous brancherait-il davantage? L’imaginaire fait des miracles, mais quand même. Dupeyron a vraiment du bon, croyez moi. Simplement laissez vous embarquer sans a priori, n’y allez pas pour les mêmes raisons qui vous auront conduit à aller voir Liberace.

Polémikoeur. dit: 18 septembre 2013 à 22 h 24 min

Ta douleur, Dupeyron, sera donc éternelle,
Et les tristes discours
Que te met en l’esprit ton milieu professionnel
L’augmenteront toujours !
Consolationnement.

renato dit: 19 septembre 2013 à 8 h 40 min

Quel intérêt que le producteur soit cultivé ou pas ? Il doit trouver les financements pour un projet dans lequel il croit. Après si “l’artiste” (ou ses représentants) n’est pas capable de le persuader de la valeur du projet, on peut se demander s’il est vraiment cultivé ou s’il ne se limite à une description par poncifs à la mode — ce qui n’est désormais plus une exception…

J.Ch. dit: 19 septembre 2013 à 8 h 56 min

Gregory Gadebois, l’acteur à l’affiche de plus de 30 films depuis 2002, Le Chignon d’Olga… impressionnant, notamment dans Angèle et Toni

Arno dit: 19 septembre 2013 à 9 h 33 min

mesdames, messieurs,
MON ÂME PAR TOI GUÉRIE, le sujet est casse-gueule – d’ailleurs la bande annonce se prend largement les pieds dedans. Et pourtant, l’alchimie étonnante de Dupeyron opère encore une fois. Cette histoire de don, de guérisseur, un prétexte pour un film profondément humain, qui parvient encore une fois à rendre avec générosité une foultitude de ces détails précieux de la vie qui sortent systématiquement les caractères de leurs caricatures. Et puis, comme dans « C’est quoi la vie? », il semble s’attacher à offrir la plus belle image, le plus beau cadre à des personnages qu’il semble aimer très sincèrement. Nom de dieu que c’est simplement beau. Et Grégory Gadebois est un putain d’acteur. Casse-gueule, je me suis forcé à y aller, j’ai bien fait – il a ensoleillé ma semaine.

u. dit: 19 septembre 2013 à 9 h 34 min

« Un masseur thaïlandais bâti comme un Apollon vous brancherait-il davantage? »

S’il n’a pas les rondeurs de Sakyamuni, je crie US go home, Remboursez.

u. dit: 19 septembre 2013 à 9 h 36 min

« Casse-gueule, je me suis forcé à y aller, j’ai bien fait – il a ensoleillé ma semaine. »

Un bon week-end qui vire à la castagne?

Arno dit: 19 septembre 2013 à 9 h 38 min

Le problème ce n’est pas les producteurs, mais les décideurs des chaînes de TV. Quand Dupeyron raconte que, sur la fiche du lecteur de scénar’ appointé par telle chaîne, concernant ce dernier film, il était simplement écrit « sujet non traité », désolé, mais c’est à se les mordre. Sans déconner, on dirait une appréciation de prof de philo sous Xanax®…

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 9 h 57 min

Jacques, hier 18h06. A ce moment-là qu’est-ce qui a pris à Pialat d’aller tourner « Sous le soleil de Satan » hein? Un curé qui a des vapeurs. Si on s’amuse à résumer, tout est réductible salement.
Renato 8h40, mais où avez-vous vu qu’un « artiste » (apprécions les guillemets)ou un auteur aient à être « persuasifs »? Terrible de le voir comme ça. Pas une réunion Tupperware. C’est comme quand on demandait à Schumann ce qu’il avait voulu dire. Il se remettait au piano et rejouait. Le système crève justement d’avoir de la sorte à montrer patte blanche auprès de technocrates pour accéder au simple droit de boire à la coupe. On peut avoir profondément des choses à dire et être bien en peine de s’en expliquer. Ne vous étonnez pas ensuite si le paysage est dominé par des sons creux rapportés par de bons orateurs, des petits malins ou des faiseurs. En disant cela vous les cautionnez.
Arno aujourd’hui, 9h33. Pas encore vu le film, je n’y ai pas de royalties en vue, mais merci! Voilà, ça donne envie. Après on peut entrer ou pas dans son monde, mais en connaissance de cause, pas comme un branleur dédaigneux qui préfère ne pas se casser le bol.

renato dit: 19 septembre 2013 à 10 h 02 min

« Le problème ce n’est pas les producteurs, mais les décideurs des chaînes de TV. »

Bravo ! et puisqu’il s’agit de financer un projet, où voyez-vous la différence ? (Tenez en compte que le cinéma est un art populaire et que c’est l’un des paramètres dont le décideur et le producteur doivent tenir compte).

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 10 h 03 min

Eh oui, Fatih Akin (et son frère Cem!!!!)Fort comme un Turc avec son bandana au-dessus de ses yeux foncés. « De l’autre côté » était merveilleux aussi. Et « Head on », poignant et âpre ! Vous savez qu’à une époque F.A. mixait assez souvent au Paris Bar, à Berlin, entouré d’une cohorte de copains de Kinshasha, Istanbul…

Polémikoeur. dit: 19 septembre 2013 à 10 h 05 min

C’est ce qui arrive
lorsqu’un air connu
est emprunté à son auteur
par un voyou qui ne mérite
aucun encouragement
à perpétuer ses forfaits.
Malherbeureusement.

renato dit: 19 septembre 2013 à 10 h 16 min

Je suppose que tout le monde ici a lu « Faire un film » de Fellini, inutile donc de revenir sur sa position relative au chèque nécessaire pour faire le film.

Quant à Schumann, se remettre au piano était la bonne réponse à une mauvaise question car son travail se fondait avant tout sur des questions musicales (développement des matériaux) et quiconque ait eu un minimum de culture musicale n’aurait pas posé une si stupide question.
Cela dit, ce n’est pas un hasard si Schumann fut “l’inventeur” de la critique musicale.

Polémikoeur. dit: 19 septembre 2013 à 10 h 30 min

Pour en revenir au virtuose sauce Vegas,
nul n’est besoin de goûter le factice
propre au casinoland du Nevada, bien sûr,
pour apprécier un film à la manière américaine.
Il doit agréger de quoi satisfaire plus d’un public, des fans de Doug aux amateurs de paillettes.
Il n’aura, heureusement pour lui, pas besoin
du soutien actif de râleurs qui peuvent toujours
attendre la sortie du prochain western
où le Davy Cooper Crockett protège et sauve
Audrey Pocahontas Hepburn.
Annachroniquement.

renato dit: 19 septembre 2013 à 10 h 32 min

Tenez aussi en compte que l’époque de Schumann est la même que celle de l’émergence de la bourgeoisie, et donc de la nécessité de donner une signification à des objets dont on ne comprenait pas la raison d’être. Évidemment, cela n’arrivait pas à Beethoven qui avait l’archiduc Rodolphe comme élève et compagnon d’ensemble… mais je suppose que, tout comme moi, vous ne voudriez pas revenir à cette lointaine époque.

renato dit: 19 septembre 2013 à 10 h 48 min

Polémikoeur,

« le virtuose sauce Vegas » était un clown qui jouait d’un instrument (c’est d’ailleurs, un aspect spécifique de tout bon clown). Je ne sais pas si dans le film cet aspect est mis en lumière, et pas envie d’aller voir si c’est fait, mais si vous visionnez quelques YouTube en analysant son comportement cela saute aux yeux. Après, qu’un segment de son public l’ait pris pour autre chose, ce n’est pas de sa responsabilité — par ailleurs, le comparer à un Richard Clayderman ou à un Rieu c’est un erreur de jugement sans pareil…

Polémikoeur. dit: 19 septembre 2013 à 10 h 48 min

… »revenir à cette lointaine époque » ?
Outre que le voyage dans le temps
reste problématique à mettre en œuvre,
le « re » suppose d’avoir déjà séjourné
dans le passé assez éloigné pour dépasser
allègrement le record de longévité
homologué dans l’espèce humaine.
« Re »lativement.

u. dit: 19 septembre 2013 à 10 h 49 min

« mais c’est à se les mordre.
Sans déconner, on dirait une appréciation de prof de philo sous Xanax®… »

Il faut probablement un certain nombre de gelulles pour se persuader qu’on s’est montré capable de cette acrobatie.

J’ai eu un prof de philo qui vivait sous fumette et était pratiquement maoïste.
Il était dogmatique avec fantaisie, il coupait des têtes (conceptuelles) avec une agréable nonchalance. Un totalitarisme cool.
Par contrecoup, je souhaitais faire exactement le contraire (le scepticisme avec rigueur?) sans pouvoir vraiment y parvenir.

Ce café était très bon.

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 10 h 50 min

Voire. Porter des perruques de 16kg sur la tête comme Romy dans « Sissi » (surtout si elles sont signées Charlie Le Mindu, fils de gens du voyage né juste à côté de chez moi, partagé les mêmes aires de jeux…, c’est peut-être ça ma came. Dupeyron, j’irai.

u. dit: 19 septembre 2013 à 11 h 04 min

« le « re » suppose d’avoir déjà séjourné »

Ce mystère du « re » m’oblige à un deuxième café.

Un jour, dans une métropole située très à droite sur la carte, je monte en ascenseur avec un natif formé au Français par une Alliance et par un certain temps passé en Sorbonne.
Les services culturels se reposaient à l’excès sur cet excellent élément dont ils faisaient ce qu’ils appellent une « vitrine » et, à l’occasion, un très bon interprète.
Ce garçon était légitimement fier sa maîtrise de notre langue, qu’il poussait jusqu’au pédantisme.

Ce jour là, des Français qui travaillaient dans des bureaux de ce gratte-ciel, entrent dans l’ascenseur et croisent d’autres Français, déjà montés à un étage inférieur.
Ils échangent des regards et s’écrient: « Re! »

Sur le visage de l’excellent natif, j’ai lu le choc et l’angoisse.

Aucun manuel ne l’avait entretenu de ce Re là.
Je l’avais laissé dans son marasme non par cruauté, mais parce que le pédagogisme a quand même des limites.
Souffre un peu, petit Wang.

Deux jours plus, il me voit et sans autre salutation me dit: « Re-bonjour! Ça voulait dire re-bonjour! »
Il était radieux.

renato dit: 19 septembre 2013 à 11 h 44 min

Bon, La Reine, je ne discute pas de la valeur du travail de Dupeyron, éventuellement de sa capacité à persuader ceux qui tiennent les cordons de la bourse.

Cela dit, nous vivons une époque heureuse où l’on peut inventer les sources de financement (souscription via internet, par exemple) — songez à l’époque où des artistes de grande qualité s’ endettaient pour « faire » un travail que l’on aurait par la suite transformé en “fétiche puissant”.

JC..... dit: 19 septembre 2013 à 11 h 51 min

« Soderbergh, le chant du cygne »

Je tend l’oreille… : je tremble de n’entendre que le dernier coin-coin d’un canard à qui on a coupé la tête et qui court encore un peu !

Jacques Barozzi dit: 19 septembre 2013 à 12 h 10 min

Il faut savoir que tous les films français chroniqués ici par Sophie ont été cofinancés par des chaines de télé. Et en fin de compte, Dupeyron a bien trouvé un financement pour son dernier opus !
Où est le problème ?

renato dit: 19 septembre 2013 à 12 h 26 min

Pas d’angoisse chez moi, u., vous savez sans doute (Urbino, si je ne fais pas erreur), que les italophones sont plus portés au sourire qu’à la pédanterie ortho-grammatique-syntactique (déjà admirable que l’étranger fasse preuve de “participation”) — et pourtant l’italien c’est une langue de prestige, contrairement au français qui n’est qu’une langue de pouvoir… et maintenant… en avant les grosse caisses…

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 12 h 42 min

Le problème, Jacques 12h10, c’est l’usure, le laminage profond qu’il dénonce. OK vous voyez un résultat. Mais les combats inégaux menés pour y arriver? Vous pouvez vous en ficher. Quand je dis « Dupeyron, j’irai », je veux dire que j’irai avec gourmandise, avec intérêt. Après il se passera ce qu’il se passera, je serai peut-être déçue, ou pas, mais j’irai non pas avec des rêves immodérés, le pistant à chaque plan pour voir s’il n’a pas omis d’y mettre des choses que j’aurais aimé y voir, dressée sur mes ergos à construire et appeler de mes voeux un film qui prendrait la tonalité de MA voix, non. Juste en essayant de distinguer la sienne, en me laissant porter par elle et lui laissant latitude pour m’atteindre.
Et le problème voyez-vous, c’est pour reprendre l’expression de Renato que ceux qui tiennent les cordons de la bourse sont parfois plus occupés à essayer d’estimer comment il faudrait amender ci ou ça de sorte que ça marche, plutôt que d’essayer de distinguer la voix de celui qui est aux manettes concrètes de la créa et ENSUITE, d’essayer de voir comment la porter au mieux,la singularité éventuelle et la fragilité de cette voix, en espérant bien sûr que ça marche. C’est très différent. Il y a des producteurs qui ont été comme ça. Humbert Balsan, par exemple. Il en est mort me direz-vous. Eh oui. On n’en meurt pas toujours juste symboliquement. Il avait produit Sandrine Veysset, le merveilleux Y aura t-il de la neige à Noël, qu’est-elle devenue? Disparue des écrans radars. C’est à force aussi d’être guidé par une demande du marché que le cinéma français crève, à bout d’innocence et d’oxygène. Cette impression qu’ils se refilent toujours le ballon entre eux, quelle tristesse – et surtout quel ennui. A terme c’est contreproductif, en plus. Mais qui veut l’entendre?
Et parallèlement est-ce que je vais continuer d’aller voir Desplechin-Ozon-Giannoli etc, bien sûr que oui. Mais vraiment – et Dupeyron aussi. En sachant que les premiers nommés réalisent en une simple poussée ce que Dupeyron (ou Pialat en son temps) a mis dix fois plus de temps à réussir, bien que ce délai supplémentaire ne parle pas forcément d’un écart qualitatif entre eux. C’est pour ça, entre autres, qu’il est légitime avec Dupeyron d’aspirer à ce que les producteurs ou toutes instances payantes soient en effet cultivés, ouverts, à l’affût plutôt que d’être des marchands, des maquignons rusés, habiles mais ignares.

renato dit: 19 septembre 2013 à 12 h 59 min

Votre argument ouvre une voie d’eau, La Reine, car vous vous obstinez à ne pas tenir en compte que le cinéma est un art populaire, et que la majorité des payants n’a pas le seul souci de la Kulture car pour beaucoup, passer un bon moment dans la contingence (c’est-à-dire, hors des brides de toutes nécessitées) c’est déjà ça de gagné. N’oubliez pas qu’à côté de la « Sagrestia Nuova », les Médicis payaient des fêtes populaires où le « message humaniste » était quand même transmis…

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 13 h 13 min

Mais Renato c’est exactement le contraire. C’est bien parce que j’ai conscience de manière aiguë que le cinéma est un art populaire que je prône ceci, qu’il faut s’efforcer de tenir ou bien c’est considérer que la masse est juste bonne à se contenter d’une gamelle pas trop regardante! Quant aux Médicis, vous tombez à pic chez moi en parlant d’eux. Ms c’était tout de même il y a qq temps, et il y a certaine distorsion ponce-pilatienne dans votre approche & manière de le présenter.

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 13 h 17 min

C’est comme Camus, auquel on reprochait son côté un peu trop « pue la sueur » par rapport à Sartre. Bouh! Lourmarin, maintenant passe encore mais à l’époque, c’était moins bien que St Germain. Le léger mépris dont était entouré cet écrivain « pour classe de terminale »..

u. dit: 19 septembre 2013 à 13 h 19 min

« Pas d’angoisse chez moi, u., vous savez sans doute (Urbino, si je ne fais pas erreur) »

Sans doute Perugia, renato?

À vrai dire, l’objet de ce petit apologue (macchiato) n’était pas du tout la connaissance imparfaite qu’on peut avoir d’une langue mais, dans cet ascenseur, la rencontre de deux surprises, celle de petit Wang (un peu gâté par les flatteries de sa tutelle) et ma mienne, étant toujours prêt à m’amuser des multiples bizarreries de ma propre langue (ce Re me paraissait tout d’un coup grammaticalement inventif et par ailleurs plutôt poilant!).

u. dit: 19 septembre 2013 à 13 h 21 min

« C’est comme Camus, auquel on reprochait son côté un peu trop « pue la sueur » par rapport à Sartre. » (Reine)

Sans doute s’agissait-il de personnes peu au fait de l’hygiène corporelle du second.

renato dit: 19 septembre 2013 à 13 h 32 min

« Sans doute Perugia… »

Oui, Perugia, u., pardon. J’avais Urbino en mémoire pour d’autres raisons… inutile de les évoquer ici, maintenant.

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 13 h 41 min

U., Urbino, sûr que c’est poilant, ou plutôt chevelu, érotique comme la Vénus du même nom, allongée alanguie, une main traînante entre les cuisses non loin du petit Jean de Bologne et d’Eléonore de Tolède protégés dans leur écrin de nâcre. Ah, les Offices.
Bien à vs tous, au-revoir.

u. dit: 19 septembre 2013 à 14 h 03 min

« allongée alanguie, une main traînante entre les cuisses non loin du petit Jean de Bologne et d’Eléonore de Tolède protégés dans leur écrin de nâcre. » (Reine)

Ecrin de nacre…
C’est formidable.
Je ne savais pas qu’on personnalisait le clitoris sous le nom de petit Jean, c’est charmant.

Les professeurs offrent une lecture didactique de ce tableau, destiné à la mariée avec les caisses de son trousseau.

Tu parles.
La leçon du tableau est à l’arrière -plan.
Je veux bien être pendu si on y voit pas une scène pré-sadienne où une des servantes retrousse sa manche avant d’administrer à l’autre une fessée.
« Voilà ce qui t’attend dans cette chienne de vie » est-il dit à la future épouse, pourquoi croyez-vous que le petit chien soit mis au milieu?

C’est égal, la servante à genoux et de dos représente une imago érotique plutôt triviale, et qui ne répond pas à la haute idée que nous faisons aujourd’hui de la femme, ce n’est pas JC qui me contredira.

http://en.wikipedia.org/wiki/File:Tiziano_-_Venere_di_Urbino_-_Google_Art_Project.jpg

(Je suis désolé Sophie, mais au moins nous restons dans les Visual Arts).

renato dit: 19 septembre 2013 à 14 h 04 min

La Reine,

inutile de narrer à nouveau ici une histoire déjà relatée sur la RdL au début de ma participation, mais « nella mia giovinezza ho navigato » (Umbero Saba), et longuement débattu avec des “acteurs” de ce présent-là à propos de la vocation chorale et populaire du cinéma, et la question du financement venait toujours se poser comme la mauvaise fée prés du berceau ; mais la lutte (passez moi l’expression) pour eux tournait toujours autour de ce qui est populaire et de ce qui ne l’est pas, donc vous comprendrez sans peine que Pasolini peintre (bien qu’il illustre l’image populaire du peintre) est loin d’être populaire car il investi et communique une image du peintre que sans médiation historique ne peut pas être comprise par le gars qui (à l’époque) : scolarisation moyenne ; quelques enfants ; factures à la fin du mois ; temps dédié à la socialisation (amis, amis des enfants, collègues) ; etc. Enfin, pas envie de vous faire une longue liste car, sauf si vous reposez sur un beau capital, vous savez de quoi je parle. Disons que c’est la limite de beaucoup de intellectuels et d’artistes de croire que tout le monde dispose de son temps comme bon lui semble. Après, vous pouvez toujours exiger qu’un niveau donné de culture soit requis par décret, mais là on tombe dans une société autant névrotique que la société du spectacle, avec l’aggravante que l’on fait appel à un générique « humanisme ». Vous me comprenez, là ?

renato dit: 19 septembre 2013 à 14 h 15 min

La Reine, « … érotique comme la Vénus du même nom… », vous dites, et vous me prêtez là des qualités que je ne mérite point : c’était plutôt de la « vraie chair », et pas métaphorique.

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 14 h 17 min

Bien sûr que je vous comprends et pour vous répondre de manière ambiguë, certes, mais juste également : non justement je ne repose pas sur un « beau capital ». Cela me permet peut-être de parler d’où je parle avec une certaine vérité. Il faut que je parte. Ce que vous dites sur Pasolini est sensible, judicieux, bien vu, n’empêche, Carlo Levi a beau être à la base un intellectuel, ce qu’il délivre avec son Cristo si è fermato possède des qualités de pénétration et de justesse de toute évidence dues au dénuement vécu, et cette mise à la portée qui est le contraire d’une condescendance a des effets auxquels aucune snobinarderie ne pourra jamais prétendre

renato dit: 19 septembre 2013 à 14 h 25 min

Bien, La Reine, à plus tard, peut-être, mais, pour faire court, vous comprendrez sans doute que Levi est seul avec ses papiers, tandis que Pasolini donnait du travail à un tas de gens… (art chorale, n’est-ce pas).

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 14 h 29 min

U. 14h03 vous m’aurez fait rire avant de partir! Je vous ferai remarquer que chienchien dort, ce qui signifie qu’il n’y a eu que peu d’activités dans la chambre car ces petits clébards ont le sommeil leger, que la petite servante est à genoux en train de pleurer à gros bouillons dans le coffre à le recherche de draps fraîchement repassés pendant que la Javotte en rouge derrière la houspille, menace de lui flanquer une torgniole si elle ne s’execute pas rapidement. Pouah, ce petit personnel…
Cette fois je file.

renato dit: 19 septembre 2013 à 14 h 35 min

Bon, La Reine, John Cage disait qu’un travail n’est pas fini s’il n’est pas donné au public… nous n’en pouvons rien si quelque qualité de ménagement est désormais demandé à l’artiste, cela fait parie des contraintes… A+

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 18 h 02 min

Eléonore de Tolède et son fils Jean de Médicis, pas « Bologne »! Oups. Comment j’ai pu écrire ça? Ca m’a préoccupée en voiture. Pardon. Bronzino a dû se retourner dans sa tombe. Comme en avait parlé avec moi un ouvrier vinicole, le plus sérieusement du monde : il s’appelait comme ça parce qu’il avait pris le soleil?

Jacques Barozzi dit: 19 septembre 2013 à 18 h 37 min

La Reine, c’est Chaloux cinéphile ou bien c’est rose ?

Je viens de voir au George V sur les Champs-Elysées, « La bataille de Solférino ». Nous n’étions pas plus de dix dans la salle, en ce début d’après-midi. Le film est bien tricoté serré, mêlant histoire privée et évènement national : l’élection de François Hollande, en mai 2012. C’est si bien fait qu’on dirait que le film a été tourné en 24 heure chrono en main ! Une histoire bobo dans toute sa splendeur.

@La reine, avez-vous remarqué que la majorité des romans et des films sont signés désormais par des femmes ? Où sont les hommes !
Que pleure donc ce bon Dupeyron ? Elles, au moins, elles se retournent toutes les manches, comme la bonne sur le tableau del Urbino…

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 19 h 09 min

Non, Jacques ni l’un ni l’autre. Je me contente la plupart du temps de lire quand c’est possible et n’interviens guère, par le passé j’ai aimé laisser à l’occasion quelques posts rdliens du coté de chez Swannassouline, Soeur du Précédent etc, mais je n’usurpe rien et n’ai aucune tendance à me dédoubler en pseudos, en particulier si je me dispute. De même, je n’ai jamais usé que d’un seul par chronique. Si l’on veut mon ethique bloguienne à moi, qui pratique si peu l’exercice. De toute façon le voudrais-je que je ne saurais pas, n’étant pas une geek. C’est me parler chinois que de m’entretenir d’adresses ipp (aucune idée de comment se passe ce genre de tambouille) Pour ne pas ajouter à la confusion, j’ai laissé tomber les hétéronymes fantaisistes lancés au gré du vent un jour que j’étais en train de relire Himes. Quant à la majorité de., signée par des., vous savez bien que vous êtes de mauvaise foi! Comme quand vous voyiez Helmut Burger sur le cheval et la cavalière pris en photo à Tanger par PA, alors qu’il s’agissait de Kim Novak, j’en jurerais sur la Vraie Croix. Si vous croyez que je ne vous vois pas venir.
Renato 14h35 Ben si, nous y pouvons quelque chose en allant voir le film, en ne se faisant pas embrumer, en continuant d’avoir envie de faire la différence entre la promo les réseaux et le boulot dur, le vrai boulot physique et crevant, usant et tuant parfois, qui consiste à aller au bout pour proposer une voix.

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 20 h 07 min

Bah! le tout étant d’avoir toujours un foulard dans son petit sac afin de masquer la pomme d’Adam, n’est-ce pas?

Jacques Barozzi dit: 19 septembre 2013 à 20 h 38 min

La Reine, demandez à Sophie, à propos des femmes, écrivaines et cinéastes d’aujourd’hui !
Il semblerait qu’elles aient plus de choses à dire que les mâles, et aussi beaucoup plus d’énergie pour mener à bien leurs projets ?
Il faut se souvenir qu’à part Godard, grand inhalateur de fumée de havanes, tous les cinéastes-auteurs de la Nouvelle Vague sont morts et enterrés.
La femme serait-elle l’avenir de la culture ?

renato dit: 19 septembre 2013 à 21 h 57 min

La Reine, pour ce mois, j’ai fait le plein de cinéma.

À propos de : promo, réseaux, boulot, etc., voyez-vous, pendant la deuxième moitié du XXe siècle, on se demandait : « Comment réagit-il le public contemporain ? » — Ulrich Dibelius, l’œuvre désœuvrée, musique en jeu, mai 1972 (Seuil) : « … attitudes flottantes d’expectative, d’attention en éveil ou de refus exaspéré, d’intérêt au goût du jour, de conservatisme artistique démodé et de préjugé toujours opérants. Mais en fins des comptes, rares sont ceux qui veulent être informés des problèmes de l’élaboration, de sa mise en exécution, de sa réalisation. ».

Le public a un peu évolué, pas toujours comme on aimerait car le goût du jour semble désormais le fil conducteur, mais il a commencé à s’intéresser au moins à l’élaboration. Quelques artistes aussi ont évolué, pas tous les artistes… Évolué en quel sens ? voyons.

Les médias grand public, par le biais de la démocratisation de l’information, sont devenus des acteurs majeurs du système, et puisqu’ils se référent à un public peu ou mal informé (la question du temps dont on dispose), ils ont tiré la pratique critique vers le bas. Or, que l’on le veuille ou non, qui on l’aime ou pas, les médias ont posé par là une nouvelle contrainte, et l’on doit en tenir compte. Après, l’usage que l’on en fait, comment on la contourne ou on l’adapte à nos nécessités, c’est à chacun de voir. Malheureusement, ce sont les meilleurs qui prétendent se soustraire à la contrainte, ce qui est d’une grande inélégance et de peu d’intelligence.

L’argent est une autre contrainte, et celle-là ne date pas d’aujourd’hui. Faire un film, un tableau, une sculpture, coûte beaucoup d’argent, et il faut le trouver. Or, sauf quelques cas heureux, ceux qui mettent de l’argent sur la table avec la possibilité d’un échec se situent généralement juste en dessus du grand public, et il faut les persuader. Cela implique la capacité à élaborer un discours simple, ce qui ne minimise pas la valeur du travail. Inutile d’aller plus loin, chaque époque a ses contraintes et c’est aux artistes de jouer avec…

Oui, je sais, la mythologie bourgeoise de l’artiste veut qu’il soit intransigeant et tous ces genres de choses, mais lisez, par exemple, les conversations avec Cézanne ou les interviews avec Bacon de David Sylvester, vous verrez que faire un travail complexe et en parler simplement est tout à fait possible. Cela vaut aussi pour le passage médias, évidemment, et c’est une partie du travail.

Enfin, parfois je me demande pourquoi les gens ne lisent plus les contes de fées…

(Pour votre erreur, on en fait tous. Si je peux conjecturer, vous avez pensé Bronzino, qui vaut petit bronze, et Gianbologna est sorti du clavier envers et contre vous.)

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 22 h 47 min

Jacques, un peu tard, je viens de rentrer et j’ai à faire, mais je vais vous répondre en vous faisant partager une légère inquiétude.
Sans pouvoir parler pour elle, il me semble que ni Sophie Avon ni moi je pense ne sommes frappées par la prépondérance des femmes dans ces domaines. Le nombre brut, « apparent » des émergences qui vous attirent l’oeil, peut cacher un autre type de forêt, plus complexe et inextricable (à commencer par le genre de « catégories » dans lesquelles on est censé boxer..) Les femmes postulent sans doute davantage, s’y essaient plus qu’avant, certaines échappent bien sûr à tout écueil comme une autre catégorie d’hommes y échappe à tout coup ou presque – on peut imaginer en effet que quand Xavier Giannoli, Emmanuel Carrère, Arnaud Desplechin ou Delphine de Vigan se mettent en tête de vouloir faire un film, les écueils devant eux auront tendance à être plus vite aplanis que devant Dupeyron (puisque c’est de lui qu’il est question) – mais il faut faire alors la part du népotisme, où l’égalité entre sexes là oui fonctionne parfaitement. De là à conclure autour d’un espoir ou d’un « avenir de la culture placé dans les femmes »? Je serai moins optimiste que vous.
Vous savez ce qu’on dit concernant la littérature : le gros des lecteurs est en fait constitué de lectrices. Inversement les prix sont emmenés par des décideurs qui sont en majorité des hommes. Cherchez l’erreur? (Pas fondamentalement,d’ailleurs : je ne sache pas qu’un jury dominé par des hommes soit par nature inapte à distinguer une femme.., n’empêche, il serait intéressant d’interroger les statistiques) Pas de femme réalisatrice primée à Cannes depuis quand? Réellement je ne sais plus. Font-elles de moins bons films? Après tout, c’est possible – et alors rien à redire. Cela demande à tout le moins à être jugé sur pièce. La question me paraît plutôt être située en amont, sont-elles prises autant au sérieux, englobées et suivies dans une volonté d’aide équivalente afin que leur travail aboutisse, aille où elles le souhaitent, bref soit reconnu de façon pleine, à compétence et à âge égal avec leurs homologues masculins? Je pose vraiment la question, ne sachant pas la réponse. De quelle considération, de quelle curiosité leur travail fait-il l’objet, auprès d’un éventuel aréopage d’hommes préférant identifier par exemple pour seule Mecque un bon polar musclé dans le style de ceux de Marchal, ou le livre d’un copain historien ou reporter de guerre? Habitués à couper et tailler, à être décisionnaires, ayant tout naturellement, (et sans s’en rendre compte) accordé a minima leurs violons autour d’une multitude de « goûts masculins » qu’ils partagent, ceci n’excluant pas bien entendu les discussions, les polémiques, mais qui les conditionnent au moment où ils entrent en contact avec cette fameuse « altérité féminine ». Je caricature, néanmoins il y a de cela. Pendant combien de temps les hommes étaient des écrivains, tandis que l’écriture chez les femmes était assimilée à une sorte de « hobby »? C’était déjà là le motif d’une inquiétude et d’une exhortation au changement chez Beauvoir : les femmes ne sont pas si souvent solidaires entre elles. Elles ne peuvent donc pas prétendre hélas à s’organiser ni à se défendre, tandis que dans la société actuelle, les hommes privilégient volontiers les hommes. Heureusement il y a des exceptions, c’est en train de changer. Enfin le féminisme a encore des progrès à faire, à continuer de s’inventer un espace qui ne soit ni du domaine d’un affrontement ni de celui d’une tentative d’imitation. Bref il faut un producteur homme très intelligent et très ouvert pour avoir envie de porter un projet de femme. Et les productrices femmes vont être plus facilement hypnotisés par des projets d’hommes. Ca a l’air insoluble comme ça, mais je me dis qu’arrive toujours un temps finalement où l’eau infiltrée dans la pierre en gelant la fait voler en éclats. Je n’appelle pas cela pour autant de la magie ni de la chance. De la pugnacité féérique, folle, insoupçonnable, plutôt. En sachant qu’on peut rester sous l’éboulis.
Pas le temps de me relire, vous fermerez les yeux sur les fautes, s’il y en a, je l’espère.
Bien à vs.

La Reine du com dit: 19 septembre 2013 à 22 h 56 min

Renato 21h57, ça m’intéresse bien ce que vous écrivez là, j’aurais voulu en débattre – surtout autour de Bacon, où je disposais de qq billes qu’il aurait été agréable de partager avec vous mais là, j’ai des choses à finir, il est bien tard alors bonsoir,à une autre fois.
Bien à vs.

Jacques Barozzi dit: 19 septembre 2013 à 23 h 25 min

Et bien, La Reine, j’ai pas tout compris à votre réponse superbe et argumentée, promis, je la relirai à tête reposée !
Je me demande soudain, comment peut-on être féministe en terre d’Islam ?
Vous voyez pas le rapport, moi non plus !

La Reine du com dit: 20 septembre 2013 à 9 h 59 min

Renato ce matin,si le film est sensible et bon, s’il a été promu pour ça tant mieux, vraiment de quoi se réjouir! Maintenant s’il a été mis en avant en jouant du contraste putassier pour attirer l’attention, autre paire de manches

renato dit: 20 septembre 2013 à 10 h 14 min

La Reine, en accord avec vous pour la question « qualité en soi ».

Quant aux motivations sous-jacentes à la présentation de ce film aux Oscars, je ne sais pas. Je me pose évidemment des questions car il s’agit quand même d’un pays où les femmes ne sortent qu’accompagnées, et je me demande donc dans quelles conditions elle a tourné.

La Reine du com dit: 20 septembre 2013 à 10 h 15 min

Jacques, j’y songe par association d’idées, pas le temps de développer ici, ça nous amènerait trop à l’écart du sujet (encore que? à propos de « Liberace » je pensais à « Priscilla folle du désert », à une série US délirante qui m’a beaucoup fait rire, « Angels in America » puis à Coppola par capillarité, enfin bref)Il me semble que c’est vous qui aviez confié dans un com il y a très longtemps que votre père était sourd et muet? Peut-être j’invente? Vous saviez que c’était le cas d’Al Pacino (sa mère)? Classieux non? Il dit qu’il a tiré de là sa puissance de jeu. Purement tordant et hallucinant dans le rôle de Roy Cohn, procureur raciste et homophobe protégeant âprement le secret de sa propre homosexualité. Trop forts, ces Ritals.

u. dit: 20 septembre 2013 à 10 h 51 min

« un éventuel aréopage d’hommes préférant identifier par exemple pour seule Mecque un bon polar musclé dans le style de ceux de Marchal, ou le livre d’un copain historien ou reporter de guerre » (Reine)

La Mecque de ces mecs resterait donc un mec?
(cette phrase, Polémikoeur, est-elle un vers?)

Chez les femmes, j’ai le plus grand respect pour la vigueur des mecques, mais je préfère la douceur et la sophistication des médines .

Une mecque, c’est par exemple quelqu’une qui aime la mode des années 20 (la catastrophe esthétique absolue), une médine préfère, vingt ans plus tard, l’explosion de l’immédiat après-guerre, entre le cintré de Dior et le volume de Balenciaga.
Qui dira le plaisir que l’on ressent aujourd’hui devant les merveilleux costumes féminins des films de cette époque?
Ouaouh!

(Toujours sérieux.
Toujours à un jet de pierre du cinéma)

renato dit: 20 septembre 2013 à 11 h 03 min

La mère de Liberace, polonaise et catholique plutôt bigote, n’aimait pas que son fils étudie le piano, mais s’est très bien adapté quand le fils, encore enfant, fut capable d’entretenir la famille.

Du père, napolitain, je ne sais rien — peut-être une vie effacée : présence rare… peut-être rêveur… peut-être que le clown Liberace vient d’un vague souvenir de Pulcinella que le migrant portait dans son bagage…

Polémikoeur. dit: 20 septembre 2013 à 11 h 14 min

Après le « Che », « Liberace »
mais pas « d’Ocean’s Fourteen »…
Catalogiquement ?
(Un vers… La Mecque, certainement !;> ).

La Reine du com dit: 20 septembre 2013 à 11 h 20 min

J’ignorais, pour le père napolitain. Naples, pas grand-chose au-dessus. C’est intéressant d’ailleurs que vous le mentionniez : toute une tradition du reste qui abolit les frontières du gender. Mais vous avez vu comment tout le monde est coiffé, maintenant? Pas seulement dans Spaccanapoli, de Santa Lucia au bas du château de l’Oeuf jusqu’au quartier espagnol, dans les petites rues (en passant par Antonio&Antonio, meilleur restaurant de pâtes à l’Ouest du Pecos où ils servent des petits poulpes grillés véritablement à tomber): rasé sur les côtés, avec une touffe importante de cheveux sur le dessus. Qu’est-ce que c’est moche. Je comprends que le sang de Saint Janvier se liquéfie. Place Trieste y Trento ou au San Carlo, j’ai hésité à grimper sur un fauteuil pour le clamer à la ronde, mais ça aurait vexé. Je me suis abstenue. Par ailleurs si beaux.

Sophie dit: 20 septembre 2013 à 11 h 23 min

Les femmes réalisatrices se multiplient, oui, Mia Hansen Love, Sophie Letourneur, Isabelle Czajka, Justine Triet, Emmanuelle Bercot,Céline Sciamma, Léa Fazer, j’en passe, suivant en cela l’évolution heureuse quoique légèrement tardive d’une société jusqu’ici faite pour et par les hommes. Suffit de relire « Une chambre à soi » de Virginia Woolf. Cela dit sans hostilité aucune à l’égard des hommes.

La Reine du com dit: 20 septembre 2013 à 12 h 33 min

Quand il fait très chaud, les vieilles personnes des hauteurs descendent et se donnent rendez-vous devant l’Oeuf d’assez bon matin pour la baignade, étalant leurs serviettes sur les rochers au pied de l’Albergho, achetant pour pas cher des nono, des granités de melon à la baraque moyennement réfrigérée en bas. Dans la gare maritime s’enfournent des cars de Japonais voulant se rendre à Capri, les pauvres, alors que le seul moment où il faudrait y aller, c’est hors saison. La piazza Plebiscito est toute seule même lorsqu’il y a du monde. Elle me donne à chaque fois le tournis, un terrible sentiment d’agoraphobie. Partout alentour au détour des ruelles des images pieuses, des niches, des fleurs artificielles criardes et crasseuses. C’est bigarré, populaire, extraverti et secret, avec une bizarre tristesse, une démesure que j’aime. Et le Vésuve toujours là, curieusement tranquille, apaisant.

Jacques Barozzi dit: 20 septembre 2013 à 13 h 00 min

« Il dit qu’il a tiré de là sa puissance de jeu. »

Cela ne m’étonne pas, La Reine, oui mes deux parents étaient sourds et muets. Et chez ces gens-là, la communication passe à travers l’expressivité du visage et la puissance du regard… du sourd, dont parle Bob Wilson !

La Reine du com dit: 20 septembre 2013 à 13 h 07 min

Respect. J’ai dit que mon coeur appartenait à Tom (Doniphon) et c’est vrai – n’empêche, Al, je crache pas dessus.

La Reine du com dit: 20 septembre 2013 à 13 h 11 min

Puis Jacques, il vous avait un de ces balancements de hanches, hein, le Marion Morrison ? Chute de cheval. Ca n’a pas aussi bien réussi à Faulkner (autre passion définitive)

u. dit: 20 septembre 2013 à 15 h 54 min

« Et bien, La Reine, j’ai pas tout compris à votre réponse superbe et argumentée, promis, je la relirai à tête reposée ! »

On dit ça.

Quel résultat un jour plus tard, Jacques?

u. dit: 20 septembre 2013 à 15 h 54 min

« J’ai dit que mon coeur appartenait à Tom (Doniphon) et c’est vrai – n’empêche, Al, je crache pas dessus. »

Je comprends ça très bien.

(Version amitié virile, hein)

u. dit: 20 septembre 2013 à 16 h 00 min

Doniphon, c’est pratiquement un personnage de Sophocle!

Revu il y a peu le DVD de L’homme qui…

Plus fort que le feu structuralisme, on y trouve absolument tout (le mythe/ le rituel, la loi/le droit/la transgression, tout!)
Ouaouh!

u. dit: 20 septembre 2013 à 16 h 01 min

Je viens de m’interroger sur ma contribution à ce blog et me juge avec sévérité.

Aussi avisé que le chienchien dans le tableau.

Tans pis.
Ouaouh!

Castex dit: 20 septembre 2013 à 18 h 44 min

J’ose poster ici mon maigre avis, tant le film semble faire polémique sur ce blog!!! J’ai positivement ADORÉ et j’ai du mal à entrevoir ma future vie sans Soderbergh… Et Merci à HBO qui nous avait déjà offert les Sopranos!!!

JC..... dit: 20 septembre 2013 à 19 h 58 min

renato dit: 20 septembre 2013 à 16 h 08 min
« D’un autre point de vue, u., nous sommes peut-être grand grâce à notre médiocrité. »

On se console comme on peut…

Jacques Barozzi dit: 20 septembre 2013 à 20 h 02 min

Je viens de relire votre critique précédente après avoir vu « Elle s’en va » cet après-midi, Sophie. C’est tout à fait ça, ce que vous en dites, car moi aussi j’ai senti ce film comme un hommage, une déclaration d’amour d’Emmanuelle Bercot à Catherine Deneuve, présente du début à la fin sur et sous tous les plans : le chant du cygne est là aussi, Sophie ! Mais ici, à la différence de Liberace, aucun artifice, ni glamour, seulement la beauté à son zénith d’une actrice (reine de beauté et Marianne) et des paysages de la campagne française. Tout le reste n’est que mélodrame…

renato dit: 21 septembre 2013 à 10 h 02 min

Et pour ne pas rester dans l’ambiguïté, Jacques, “Le planète des singes” n’est qu’une justification car nous dit que n’importe quelle espèce aurait fait le même parcours. Et je suppose que tout comme moi, vous tenez toute justification pour grotesque.

JC..... dit: 21 septembre 2013 à 10 h 40 min

Jeunes gens de bonne formation cinématographique,
ce que la nature a conçu de plus résistant à la mort est ce que vous appelez vermine.

Les taux de radioactivité qui feraient disparaitre les « singes », dont nous sommes, épargneront sans problème les insectes !

Seuls à survivre, quoi qu’il arrive. Le cafard plus chanceux que Renato …

renato dit: 21 septembre 2013 à 11 h 06 min

L’histoire des talents des cafards était très à la mode dans les années 60&70, aujourd’hui elle est à la portée de n’importe quel comique de bistrot.

Jacques Barozzi dit: 21 septembre 2013 à 11 h 33 min

Tout est fiction, renato, à commencer par se demander si notre espèce à donné un beau spectacle !
Ni bon ni mauvais, dans la mesure où l’on n’a pas d’éléments comparatifs…

Jacques Barozzi dit: 21 septembre 2013 à 11 h 36 min

Au fait, dans « Elle s’en va » j’ai été heureux de voir revenir sur nos écrans Claude Gensac, je croyais qu’elle était morte !

renato dit: 21 septembre 2013 à 11 h 49 min

Élément comparatif au hasard, Jacques : robots sur Mars vs population qui n’a pas accès à l’eau… mais vous avez, évidemment, des justifications à la hauteur…

Jacques Barozzi dit: 21 septembre 2013 à 13 h 29 min

Les robots sont une fiction de l’espèce humaine et non le contraire, renato ; ne mélangeons pas les torchons d’avec les serviettes !

castex dit: 1 octobre 2013 à 10 h 28 min

Je ne sais plus si j’avais posté ma passion pour ce film. Les acteurs et quel réalisateur!!
Le masque dit « pas assez de piano », je réponds; avons nous vu le même film?

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