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La République Du Cinéma

« Spotlight », Oscar du meilleur film ? Si vous le dites.

Par Annelise Roux

La statuette est des plus convoitées.
Davantage que le fétiche de « l’Oreille cassée » que tout le monde s’arrache dans Tintin.
Les Américains sont friands de films d’investigation. Une longue tradition précédant même « Les Hommes du président », sorti en 1976, où Alan J. Pakula faisait exploser le scandale des écoutes (emblématique au point que, discutant avec des trentenaires, il n’est pas rare qu’à l’évocation des journalistes à l’origine de l’enquête, en lieu et place de Bob Woodward et Carl Bernstein, ils citent en toute bonne foi Robert Redford et Dustin Hoffman) en passant par « Erin Brockovich » de Steven Soderbergh (2000), où une Julia Roberts, mère courage va-t’en-guerre, employée d’un petit cabinet d’avocat remontait les filières jusqu’à faire vaciller un système cent fois plus gros qu’elle, dénonçant les ravages du rejet de l’eau de refroidissement d’une usine empoisonnée par le chlore. La base-line « Seule contre tous » dépeint parfaitement l’état d’esprit.

La réactivité à leur propre histoire a de quoi rendre envieux le cinéma européen : le film de Pakula sort deux ans seulement après que le Watergate a conduit à la démission de Nixon. Il en va de même pour le traitement des guerres de Corée ou du Vietnam, quand en Europe combien de temps a-t-il fallu pour que soit ne serait-ce qu’abordé le tabou toujours vivace de la guerre de l’indépendance algérienne, métro Charonne etc ?
Il y a quelque chose de généreux, de décomplexé, de volontaire ou de dicté par l’urgence, c’est selon, à la limite parfois une forme de naïveté ou de l’hygiénisme dans ce désir de porter ainsi à l’écran certaine profession de foi accordée à la transparence, au bon fonctionnement de la démocratie.
Ces films d’investigation sont souvent des odes à la victoire de David(s) contre Goliath(s) à grande échelle, grâce à l’acharnement de quelques uns, à peine héroïsés. Comme quoi la liberté de la presse, la justice, les institutions sans entrave et le retour à leur juste respect permet de vaincre les hydres. On peut penser également au film de Jonathan Demme « Philadelphia » où Tom Hanks en plein cœur des années Sida avait perdu trente kilos, dansé avec Antonio Banderas sur une partition de Neil Young et de Springsteen spécialement conçue afin d’appuyer le refus de toute discrimination au travail due à la maladie et gagner son procès.

Les Américains en sont fiers.
Là-dessus ils n’ont pas tort, ne ménagent ni leur peine ni leur enthousiasme.
Tom McCarthy, dont l’opus a remporté cette année la statuette du meilleur film, s’est inspiré du prix Pulitzer décerné en 2003 à une équipe du Boston Globe ayant dénoncé l’église catholique qui avait couvert les agissements de prêtres pédophiles dans la région. Pas juste une ou deux brebis galeuses… Comment ne pas saluer le courage de ceux qui se sont attachés à faire voler en éclat le silence entourant ces criminels protégés par le pouvoir, le secret, parfois l’argent ? Prétendre le contraire serait renier un combat au service de l’équité.

Prenons les acteurs. Mark Ruffalo, très bien. Même dans Hulk. Dans « Foxcatcher », n’en parlons pas : son visage un peu morne – quand on sait qu’il a eu à récupérer d’une hémiplégie, ça explique tout – atteint d’une légère immobilité… L’émotivité met un peu de temps à se répandre et du coup, prend une épaisseur. En enquêteur qui se contente de manger une pizza et néglige sa vie personnelle, il est impeccable. Stanley Tucci ne s’habille plus en Prada mais gagne en densité. Michael Keaton a une façon de se renverser sur sa chaise les mains derrière la tête éminemment journalistique. Quand on traverse une salle de rédaction, on repère cela tout de suite. Ils ont à creuser des pistes, à contourner des portes qui se ferment devant eux, l’hypocrisie sociale, y compris et surtout venant de bons chrétiens parmi leurs propres relations, leurs amis. L’Eglise, pas touche ! C’est vrai qu’aller s’y attaquer aux Etats-Unis, c’est comme s’en prendre à la religion orthodoxe en Russie, en moins grave. Les deux Pussy Riots qui ont été envoyées en camp pour une chanson punk jugée irrespectueuse pourraient en témoigner. Quelques scènes fortes, lorsque Rachel McAdams va frapper à la porte d’un coupable. En vrai pervers le pédophile ne voit pas où était le mal : on parle d’enfants, mais pour lui « il n’y a pas eu viol ». La bonne surprise vient de l’Américain Liev Schreiber en Marty Baron. Reprenant les rênes du journal, loin de détourner comme on pouvait s’y attendre l’équipe de ses objectifs, il va au contraire la pousser à creuser le sillon.
Cette grande baraque, gros bras, visage peu avenant, bien pris dans son costume développe une élégance plutôt mystérieuse, une détermination discrète mais d’une fermeté à la Eliott Ness. Sa judéité dans le film est soulignée juste comme il faut, on suggère qu’elle pourrait vite être montée en épingle contre lui pour sous-entendre qu’il met un intérêt personnel à son acharnement à traîner dans la boue une confession qui n’est pas la sienne. Sa composition en homme retenu, mais qu’au contraire rien n’arrête est pesée au gramme près.

Mais à part ça? Une fois qu’on a dit que ces fumiers qui injurient l’idée même de Dieu méritaient d’être traînés devant les tribunaux ? Raisons suffisantes pour remporter l’Oscar ? Tom McCarthy profite t-il de la lancée pour disséquer  une société phagocytée par le puritanisme, à la protection sociale si mal organisée que les familles les plus précaires sont sacrifiées, bâillonnées par un respect excessif des hiérarchies ?
Pour le meilleur film étranger, les données étaient différentes : il m’aurait plu que Deniz Gamze Ergüven  (Mustang) rafle la mise pour les qualités de fraîcheur, les résonances politiques de son travail sur ce que peut représenter le patriarcat en Turquie – je suis une lectrice d’Orhan Pamuk que le personnage d’Ipek a toujours fascinée – mais je m’incline devant le propos à jamais inusable abordé par le Hongrois Laszlo Nemes (Le Fils de Saul).
La question se pose davantage quant à la pertinence d’élire Alejandro Inarritu comme meilleur réalisateur, et Leonardo DiCaprio comme meilleur acteur pour « The Revenant ».

Le Mexicain, dont la capacité à dynamiter les petites narrations claires comme un filet d’eau tiède, gentiment linéaires, conçues pour amoureux du pitch simplifié me séduit tant, paraissait mieux inspiré dans « Babel », « Birdman », « 21 grammes » et surtout « Amours chiennes » (la construction chorale fait penser à ces toiles de Frida Kahlo où passé, présent, ascendants, descendants, action, rêves, vivants et morts sont mêlés en une même toile, reliant l’être et ce dont il procède grâce à des rubans torsadés grimpant à des arbres généalogiques complexes).
Je comprends que Rex Leonardo ait tiré la langue devant la statuette. Peut-être aurait-il dû l’avoir depuis un moment, plutôt que pour son rôle de Jeremiah Johnson en boucher éventrant un cheval mort pour nous refaire en moins bien la scène de « Béliers » de l’Islandais Grimur Hakonarson, ce « retour à la caverne initiale du ventre», au pays des trappeurs sur lesquels le sort s’acharne. Corps labouré par un grizzly, rampant sur le sol comme il l’avait déjà fait dans « Le Loup de Wall Street », à moitié paralytique ensuite, tel Anthony Hopkins traînant une ardoise dans cette – très mauvaise – adaptation d’une des plus belles nouvelles du géant borgne, doux comme une jeune fille, Jim Harrison, Leonardo Dicaprio est là bien en-deça de la gratuité,  l’inventivité auxquelles on peut s’attendre chez lui.
De sorte que cette façon de différer les récompenses à Los Angeles, peut-être légitime si on considère les carrières globalement, les distributeurs, les producteurs qui y ont des billes, les intérêts et beaucoup moins si on regarde le résultat et le détail à l’instant t, embrouille les esprits et gâche en partie la fête.
Opération mains propres et de remise à niveau pour bientôt ?
Ils n’auront qu’à confier la tâche à ceux de « Spotlight ».

« Spotlight » de Tom McCarthy

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commentaires

48 Réponses pour « Spotlight », Oscar du meilleur film ? Si vous le dites.

xlewm dit: 5 mars 2016 à 1 h 24 min

Juste rappel de l’idéal démocratique du cinéma américain, Annelise.
Je pense aussi que Hollywood en 2016 avait envie de se donner un peu d’air, de sortir de l’auto-contemplation, parodique ou pas, les choses ont l’air d’également changer pour les producteurs indépendants, le Festival de Toronto semblant avoir pour lui la faculté de distribuer certaines bonnes cartes en amont.
D’accord pour la prestation de Lev Schreiber (que je pensais tout simplement américain pour ma part), même si je la trouve en retrait par rapport à ce que lui offre son rôle de Ray Donovan (je plaisante à peine, lui et son père savent faire le ménage dans la communauté pédophile de Boston et Los Angeles) dans la série proposée par Showtime.
Les autres acteurs du film m’ont paru fades mais l’ensemble nous apprend quand même des choses sur la société des journalistes de la grande ville irlandaise de la côte est (Martin Baron est en effet un génie dans son genre, même si j’aime aussi lire aujourd’hui des reportages publiés par le voisin du Herald), et surtout sur une enquête vieille de quinze ans déjà.
Je crois que le buzz américain (on parla beaucoup par exemple du visionnage par le Pape François du film en avant-première dans la presse) aura pleinement joué en sa faveur.
Pour revenir à Lev, son rôle de « fixer » pour les personnalités de Hollywood dans Ray Donovan renvoie à la très chouette composition de Josh Brolin (même activité mais au cours des années cinquante) dans le film des frères Coen, Hail Caesar !
En ce qui concerne The Revenant aux Oscars, c’était un peu le gros soufflé obligé de fin de repas, Iñárritu continuant, pour moi, de nous incendier, avec un briquet marchant à l’énergie solaire, son omelette norvégienne avant de nous la jeter à la figure, de nous refaire Birdman en nous prenant pour des canards sauvages (cf. le plan séquence qui fit tant baver d’admiration les critiques français du Cercle où l’on voit DiCaprio sauter, au sortir d’un songe en blanc, sur sa mule puis foncer à toute lenteur vers un précipice alors qu’il est poursuivi par des scalpeurs de barbichettes et de goatees qui ratent leur cible à deux mètres trente).
Ah en effet, il n’est pas encore prêt pour nous faire un remake d’Unforgiven, le lascar.
Call my mother !

Annelise dit: 5 mars 2016 à 6 h 16 min

Lew, vous n’avez pas rêvé, j’avais bien écrit que Schreiber était Australien, au temps pour moi, corrigé grâce à vous! Merci.Votre diligence (dopée au jet lag?)m’a eue, article posté dans la nuit sans relire, ça m’apprendra. Prochain billet – tenu au chaud depuis plusieurs jours – sur les Coen.
Jibé, votre question sur le fil précédent. Vous connaissez la réponse de Vincent/Ethan Hawke quand dans « Bienvenue à Gattacca », il nage et que son frère lui demande comment il fait pour y arriver? « Je n’ai jamais pensé au retour ».

xlewm dit: 5 mars 2016 à 8 h 40 min

La cérémonie des Oscars ressemble de plus en plus à une glissade sur de la neige artificielle.
Lâchez le noir des spotlights pour le blanc des ombres naturelles.
Rendez-nous « Eternal Sunshine Snow Of The Spotless Mind. »
Libérez Father Gondry.

Polémikoeur. dit: 5 mars 2016 à 14 h 24 min

Copieuse encore, l’assiette !
Heureusement que la critique
(et non le ping-pong, plus bas,
dans le commentarium) n’est pas
que « le simple énoncé de ses propres inclinations ».
En passant, que serait-elle sans ?
Mais assez de taquinerie, place au beau sujet
du cinéma d’investigation, sauf que, dans la balance,
ce n’est pas Tom McCarthy le plus attendu
mais Joseph ; le cinéma américain n’est pas
monolithique, il est aussi très conservateur
et même propagandiste, avec, là aussi,
comme qualité, d’être avant tout, américain.
Il s’y côtoient les deux conceptions de la liberté,
la totale, celle du plus fort, de l’Ouest sauvage
et de sa conquête (avant de reconnaître le premier occupant) et celle de tous, en principe garantie
par l’indépendance des institutions.
A propos du « cinéma d’investigation » (américain),
n’y a-t-il pas des degrés selon la précocité relative
avec laquelle il jette son sujet sur la place publique
et un peu aussi le climat sous lequel il le fait ?
Une sorte d’échelle de l’engagement ?
Bien entendu, si mettre aujourd’hui le nez
dans les petites turpitudes d’une église,
qui n’est même pas prépondérante,
ne relève plus du scoop géant,
il n’y a pas pour autant lieu
de s’en priver !
Quant à dire si la manière convient,
allô, les studios, l’antenne est à vous,
Lumière !

Phil dit: 5 mars 2016 à 16 h 03 min

sans doute un énième film (pas-encore- vu) destiné à vider nos pauvres églises de france et de navarre et remplir les petites mosquées, comme vous le dites bien sans le dire dear Annelise (le taux de remplissage des synagogues ne semble intéresser personne). le pape François, jésuite en diable, a bien compris qu’il faut « attend politely the screening » pour mieux désamorcer le feu d’artifesses. Son prédecesseur eut moins de chance à se coltiner les grossiertés marxisto-cathophobes du couple gavras-kassowitz dans leur Amen vaseux.
Sauf le jeu de ce Liev Schreiber, dont vous nous dites la subtilité finaude, est-ce un film ou un manifeste où le pédophile aura la tête de Georges Clooney plutôt que celle de Lavant ? Tout ça est un peu triste et bien dans la (dé)veine du « Lampedusa » couronné d’or à berlin sous les applaudissements du nespresso clooney dont la tendre et canoneuse épouse fait dans l’avocaillerie pour réfugiés.
Quel critique osera dire que Caprio était nul dans howard hughes et Edgar Hoover, incredible (prononcez à la française) avec sa dégaine d’ado restée bloquée dans la série happy days. mais paraît-il l’actor’studi à la scorsese est chargé de nous faire avaler l’incredible; comme son copain Depp, laissons leur les « gilbert grape » et autres private idaho à jouer, le temps qu’ils mûrissent un peu, que sa mère meurt, son île bio engloutie dans un tsunami ou je ne sais quoi qui lui donne ue bienheusreuse ride à la « Hurt ».
et le bouquet, cerise dans le derrière, le « méchant » du film à caprio oscarisé a l’accent français.

que sais-je dit: 5 mars 2016 à 16 h 24 min

« en Europe combien de temps a-t-il fallu pour « que soit ne serait-ce qu’abordé le tabou toujours vivace de la guerre de l’indépendance algérienne, métro Charonne etc ? »"

certes , mais on ne sait probablement pas « tout », même si des dossierss sont régulièrement déclassés. Et en Algérie c’était une importante (la plus importante?) colonie de peuplement: rien à voir avec leurs guerres du Viet Nam et de Corée etc

que sais-je dit: 5 mars 2016 à 16 h 34 min

Anneliese,
René Vautier par exemple a très tôt commencé à faire des films sur la Guerre d’Algérie, avant même l’Indépendance

Annelise dit: 5 mars 2016 à 17 h 09 min

Oui , Que sais-je, René Vautier, « Avoir 20 ans dans les Aurès », et « l’Algérie en flammes », dès 58 ou 56, vous avez raison…et des écrivains, des ethnologues, sociologues qui s’y sont penchés aussi, Henri Alleg, Germaine Tillion (je ne parle pas de Sartre &Camus). Mais la fiction, une dimension plus « grand-public » comme Cimino a pu le faire si magistralement avec Deer Hunter? Ou Coppola, Kubrick, Oliver Stone?Qu’est-ce qui vient à l’esprit alors? « Indigènes », de Rachid Bouchareb? (et encore c’est « par la bande », au travers de soldats non métropolitains, comme on dit,en 1943).. Ou « Un balcon sur la mer », de Nicole Garcia, qui joue sur les réminiscences?..La palme d’or pour « Chronique des années de braise » est attribuée à Mohammed Lakhdar-Hamina en 75! L’appétence, la promptitude à s’emparer du réel récent ne me paraissent pas équivalentes.
@Phil, bon, vous voulez sa peau (d’ours)? Vous tenez à me l’entendre dire? Leo DiCaprio, en effet pas très bon (litote)en Hughes ne pourra – je l’espère – jamais être pire qu’en Gatsby. Mon amour pour Fitzgerald mis à si rude épreuve que j’ai failli devoir prendre un cachet. Seul le fait que je me mordais les poings pour ne pas crier m’en a empêchée. En revanche, quid de l’évocation de My Own Private? Le petit River Phoenix, auquel une méchante morsure de vipère à la sortie chargée d’une boîte a mis fin, était irréprochable en jeune narcoleptique terminant dans un fossé avec une seule chaussure, carte postale délavée lâchée dieu sait où. Beaucoup aimé ce Gus Van Sant, à l’époque

Phil dit: 5 mars 2016 à 17 h 25 min

oui annelise, I perfectly agree, « my private idaho », beau rêve de jeunesse, avec Udo Kier pour contenter toutes les générations. tragique destin pour si beau nom, river phoenix. ce film où Caprio n’a pas joué, va beaucoup mieux aux Keanu/Caprio/Depp que tous les costumes trop larges qu’ils ont la prétention de nous imposer. l’audition du vrai Howard hughes devant maccarthy ? est encore visible sur youtube; une vraie leçon de cinéma.

que sais-je dit: 5 mars 2016 à 18 h 05 min

à 17 h 09 min

la deuxième guerre mondiale est plus ‘vendeuse’
ou consensuelle malgré la déconstruction du mythe gaullien (au nom de l’unité nationale, tous résistants ou presque..)

Flabbergasted dit: 5 mars 2016 à 18 h 33 min

Dans le genre « film-d’investigation-qui-défend-le -bon-fonctionnement-de-la-démocratie-sans-devenir-trop-ennuyeux » : « The insider » (« Révélations ») de Michaël Mann,avec Al Pacino et Russell Crowe, sur les pratiques des fabricants de cigarettes.

Polémikoeur. dit: 5 mars 2016 à 18 h 53 min

S’il n’y avait que sur grand écran
que la nation française n’a pas fait
la part de l’ombre dans son histoire !
Elle semble même assez mûre à nouveau
pour être capable d’en rejouer des moments,
et pas qu’à Béziers !
Pas de bol, hein, même les charniers
réussissent à parler aujourd’hui,
à crier parfois une vérité
au travers d’un « détail »
mal effacé !
Où va-t-on en plus si des survivants
à peine bousculés s’en plaignent
maintenant, y compris longtemps après ?
N’est-ce pas ?
N’est-ce pas le refrain entonné sans vergogne
dans ce commentarium ?
Pauvre « credo », qui voisine avec la pourriture
au nom d’un ordre du même coup rongé au cœur !
Choix usé de la peste contre le choléra !
Prophylactivement.

Annelise dit: 5 mars 2016 à 19 h 13 min

Oula! Flabbergasted, vous m’appâtez gravement. Michael Mann, pas tous, mais « Heat », déjà, en soi… braquage et course poursuite rendus à la hauteur d’une tragédie antique! De Niro/Pacino, wow. Ashley Judd subissant la vulgarité de son amant occasionnel, que l’agent du FBI remet séchement en place. Val Kilmer.Et la toute petite jeune fille Natalie Portman, poignets tranchés dans la baignoire .

Polémikoeur. dit: 5 mars 2016 à 19 h 31 min

Pour « The Revenant », tout le monde (qui l’a vu)
a l’air d’accord : il n’aurait pas dû (revenir) !
Le bizness étant ce qu’il est, l’oscarisation
était partie intégrante du retour sur investissement.
Il ne manque à ce chef-d’œuvre que, lorsque son principal porte-manteau écrit dans la neige « Omar m’a tuer », il s’en acquitte en vidant sa vessie.
Il y aurait au moins eu le germe d’une audace narrative.
Cinématographiquement plat.

Polémikoeur. dit: 5 mars 2016 à 19 h 43 min

Puisque le fil part dans tous les sens,
ce qui est moyennement étonnant
dans les « Républiques de la culture »,
est-ce la quantité de cartouches tirées,
le gonflement des paupières de Pacino
ou les deux, qui font le succès de « Heat » ?
Sans Bob de Niro…
Comment un cinéma, au moins de fiction,
sans connivence avec son public
peut-il remplir des salles ?

Phil dit: 5 mars 2016 à 19 h 56 min

Le revenant n’est pas celui qu’on croit, polemikoeur. C’est aussi ce Français dont les futurs anglo- américains sont obligés de louer les services pour traverser ces beaux pays que le corniaud de Louis XV a cédé aux yankees. le Français de ces films est devenu l’Allemand de service dans olihoude d’après 45.

JC..... dit: 6 mars 2016 à 9 h 31 min

J’attend avec perversité le premier film sur la pédophilie dans les madrasas …. uhuhu !
(personne est à l’abri d’un petit câlin à un élève mignon, et tentateur, quelle que soit la religion qui vous entrave les sens, l’infâme !…)

xlewm dit: 6 mars 2016 à 12 h 17 min

Le méchant français remplaçant le never ending nazi allemand dans le ciné d’action date du refus de Chirac de soutenir les USA en Irak lors de la seconde intervention de 2003, avec quelques exceptions de ci-delà, comme par exemple le personnage de Albert Laurent « mercenaire burkinabé » au fort accent francophone dans le film The Island de 2005, cher Phil.
En 1800 Napoléon avait racheté la Louisiane en cachette de Jefferson qui le prit très mal, et je crois me souvenir que les Acadiens réfugiés ne savaient pas que le roi Louis l’avait cédée aux Espagnols à la fin des années 1760…
Le merle moqueur qui choisit de s’exclure, dans un mouvement olympien ô combien légitime, du présumé « ping-pong » infestant le blog , dans ses beaux habits de poète aux vers blancs, Stan Smith aux petons, chemise immaculée Lacoste, raquette en bois précieux, tension des boyaux de chats angora réglée à 4 kilos, avant de faire un jeu de mot vaseux s’appuyant sur le nom du sénateur chasseur de cocos, devrait lire Raymond Borde.
Dès 1955 ce dernier avait repéré que le « film Noir américain » (appellation française reprise par amusement ou désoeuvrement par la critique américaine), typiquement libéral (lire de gauche), dans sa dénonciation des méchants capitalistes (voir Hammett et Chandler dont au moins l’un des deux avait bossé pour Pinkerton), de la vie matérialiste, etc., était un magnifique et paradoxal véhicule de propagande pour l’American Way of Life, à son corps défendant ou pas (c’est beaucoup plus complexe que ça en a l’air).
Quant aux films conservateurs, laissez-moi rire, pour un « American Sniper », combien de tartines bien-pensantes (à la Sean Penn, l’ami des dictateurs et des serial drug dealers) depuis quinze ans ?

Polémikoeur. dit: 6 mars 2016 à 14 h 00 min

Un comptable, pourquoi pas ?
Le principal étant,
qu’une fois tout tamisé,
la production cinématographique
américaine apparaisse plus diverse
qu’un simple nid de lanceurs d’alertes,
ce qui pouvait être entendu plus haut.
Bienpansement.

Phil dit: 6 mars 2016 à 14 h 18 min

Oui xlew, bonne remise à l’heure des pendules olihoudiennes. Indeed depuis Chirac, surtout Villepin, héros des pays arabes comme j’ai pu le constater à la tivi égyptienne alors qu’il était en France passée aux oubliettes depuis belle lurette. N’empêche, ce matraquage inepte est insupportable. Me reviens en mémoire un film avec caprio justement des années 2000 qui promenait le germano-italien dans la France vichyste, toute peuplée de pygmées dégénérés. Combien de temps encore ces nababs olihoudiens continueront-ils à se prendre pour Lubitsch sans être nés à Berlin…

Jibé dit: 6 mars 2016 à 14 h 28 min

« Combien de temps encore ces nababs olihoudiens continueront-ils à se prendre pour Lubitsch sans être nés à Berlin… »

Ne sous estimez pas l’influence française, de Renoir à la Nouvelle Vague, sur les cinéastes américains actuels les plus talentueux !

Phil dit: 6 mars 2016 à 16 h 30 min

Oui baroz, of course Godard aussi influence mais avec un retard à l’allumage.
Tandis que les siodmack, Preminger lang, Lubitsch sont venus sur place mais la descendance est faiblarde. La vie au Bel Air doit être moins fortifiante que le berliner Luft (air).

Annelise dit: 6 mars 2016 à 16 h 52 min

C’est vrai que Preminger ou Lang, bon sang… Phil, ne préférez-vous pas Mankiewicz à Lubitsch? Je ne sais pas.., à propos de ces histoires justement de transposition interprétative,d’inspiration plus ou moins judicieuse du réel? Moins de fanfare forcée, même si je vois tb ce que le claironné visait à recouvrir. C’est Truffaut qui l’avait méchamment dans le nez dans mon souvenir? Je ne suis pas sûre. J’ai la mémoire qui flanche. ..

xlewm dit: 6 mars 2016 à 16 h 59 min

On a souvent dit que Arthur Penn avait introduit une sensibilité européenne (philo-trufffaldienne) dans le cinéma américain, tout en lâchant des piques sur certains du « cinéma d’auteur à la française » (une grosse vanne un peu grasse sur Eric Rohmer au début du beau film Night Moves avec le grand Hackman et la fille de Tippi Hedren), aujourd’hui c’est plus le ciné d’Apichatpong et toujours ce bon vieux Sergio Leone qui les motivent.
Nous on peut compter sur la fabuleuse lumière du nord captée par Dumont et les cinéastes belges (Belgica beaucoup pompé sur les films de Theo Van Gogh) (?).
L’invention du Northern.

Phil dit: 6 mars 2016 à 17 h 49 min

Annelise, c’est Sadoul qui ne supportait pas Lubitsch. Trop vulgaire jugeait le critique, tenté par le surréalisme avant de rejoindre le communisme.

Eriksen dit: 6 mars 2016 à 18 h 10 min

Avec un nom comme çà, on ne peut pas être léger.
Tandis que Lubitsch c’est comme un Ether entre Lou et bitch…une espièglerie aérienne.
Sadoul ne lui a jamais pardonné Ninotchka ?

Phil dit: 6 mars 2016 à 18 h 27 min

Oui probable, Eriksen. Mais avant d’être thèses à cinemathéqueurs, Lubitsch ne faisait pas rire tout le monde et pas seulement les marxistes. Cinéma à trous de serrure et jupes relevées comme « la princesse aux huîtres », un titre qui annonce la couleur.

Annelise dit: 6 mars 2016 à 18 h 35 min

Pas le temps, hélas. Je ne pensais pas à Sadoul. Je connaissais la délicieuse histoire du gruyère de Truffaut, concernant Lubitsch (je ne l’égratigne pas, Eriksen, je dis juste que je préfère Mankiewicz, bien que la comparaison ne soit pas particulièrement fondée. ..) Je me demande d’ailleurs si Truffaut n’avait pas eu la dent dure sur Lub, au regard justement de cette comparaison, mais n’arrive pas à retrouver la référence? Il faudrait demander ça au scénariste &historien américain du cinéma Joseph McBride. Sur John Ford en particulier, incollable.

Annelise dit: 6 mars 2016 à 18 h 39 min

Mais comment pourrait-on « ne pas pardonner Ninotchka » ? Au fait, joli titre, Phil. Perle dans l’écrin.

Eriksen dit: 6 mars 2016 à 18 h 45 min

Lubitsch jubile à jouer sur les limites, en particulier sur celles de la décence de l’époque, mais de manière beaucoup plus subtile que ce titre de film… C’est le français qui lui donne cette lourdeur cochonne.
Austernprincessin est-il même grivois? qu’en disent les germanophones?
En tout état de cause l’extrait que l’on en voit ici est des plus réjouissant.
http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/la-princesse-aux-huitres,84365-video-9184

Phil dit: 6 mars 2016 à 19 h 24 min

Austern (huîtres) peut rappeler Ostern, Pâques en allemand, et effectivement anoblir la princesse davantage que la version française qui sent le poisson. Oui bien dit Eriksen, le jeu des limites chez Lubitsch qui savait avait connu la discipline prussienne. But zat’s not ze subject.

Annelise dit: 6 mars 2016 à 20 h 30 min

Jacques Chesnel, 19h05, ah bon?En dépit de mon intérêt pour Ruffalo & sa bande, je trouve qu’à part Liev Schreiber, tous sont relativement atones. Rachel McAdams? A part sa consternation fugitive, fine, il est vrai,la scène où le prêtre se livre avant d’être rabroué par la sœur, je ne vois pas où? Et la ressemblance de Michael Keaton avec Julien Lepers m’handicape toujours (peur qu’il dégaine des fiches)

Annelise dit: 7 mars 2016 à 16 h 50 min

Ani B., avec me semble t-il Matthew Mc Conaughey à la prod, on peut faire pire. .. J’éprouve ça pour Charlotte Gainsbourg. Jamais pu la trouver mauvaise dans un seul film. Même les faiblards, elle tire son épingle du jeu. A propos d’actrice(s), Elizabeth Gouslan sort un livre (Grasset) « Truffaut & les femmes ». Pas encore lu, mais sur la pile. Utile, après la Holly Bible d’Antoine de Baecque et Serge Toubiana (Nrf)?

Polémikoeur. dit: 7 mars 2016 à 18 h 51 min

« Avoir un faible pour les actrices »,
voire pour les acteurs, soit !
C’est le contraire,
qui ne serait pas banal !
Pour qui les « stars » ont-elles
donc un faible ?
Fanclubinettement.

Annelise dit: 7 mars 2016 à 21 h 27 min

C’est le prochain, cher Jibé. Vu « Sky », de Fabienne Berthaud qui sort le 16 mars. J’aime beaucoup Diane Kruger. Norman Reedus a un tel charme, mais pas sûre que. ..

Annelise dit: 9 mars 2016 à 12 h 13 min

Pourquoi honte? Rien ne vaut une interrogation sur le charme & la nécessité. Quelquefois rire, passer un moment espérant ou simplement distrayant peuvent être des raisons personnelles valables. Au plan critique, prospectif, constructeur et nourrissant, c’est un autre problème. Prenons la littérature. Faulkner à mes yeux, Flannery O’Connor, Truman Capote, Modiano, Carver ou Tristan Egolf ont toujours mieux rempli ces critères que …non, je ne les citerai pas, à chacun de mettre ici les noms des baltringues auxquels il pense. Idiomatique en diable ! Pas d’hygiénisme ni de moraline bourgeoise chez moi consistant à mépriser qui que ce soit, y compris ceux qui voient des navets. Sans compter qu’il y a un temps pour « Le gendarme à St Tropez » cher à Michel Houellebecq et un temps pour « Solaris » de Tarkovski. Presque une paraphrase biblique. L’incompatibilité n’est pas aussi absolue qu’il semble. Duras suivait des émissions sur TF1, en socquettes, avant de foncer en voiture avec Yann Andrea sur le périph pour essayer de se détendre les nerfs. Real life : je la préfère nettement à la politik du même nom. Billet prévu en principe sur « Assassin »

Jibé dit: 9 mars 2016 à 13 h 41 min

Don’t worry, Annelise, sur l’éclectisme du plaisir cinématographique je suis entièrement d’accord avec vous ! Je suis allé voir Pattaya pour me ressouvenir de mon séjour Thaïlandais de l’hiver dernier et constater que ce pays est le paradis des cailleras de banlieue, comme je l’avais noté sur place avec Chedly. Ce qui repose des fous d’Allah !
Je faisais juste un peu de provocation pour que Polémikoeur nous en fasse tout un poème ?

Phil dit: 9 mars 2016 à 14 h 39 min

le paradis des cailleras de banlieue…quel genre de paradis, baroz ?
Si on demandait aux thaïlandais de dessiner un Français..
(la Duras en socquettes, vision de cauchemar)

Annelise dit: 9 mars 2016 à 15 h 29 min

Phil, pensez au kilt…et tenez bon? Je pardonne tout (vestimentairement) en hommage au « Barrage »& autres.
Jibé,pour les Kaïra, le côté cornet de frites grasses,l’étincelle canaille de Gastambide peuvent amuser, mais nous sommes encore loin des facéties serpentines, de la fantaisie monty-pythonesques ayant légitimement fait école. Pas encore vu le Céline. Beaucoup de choses à mener de front. Pierre en a dit un tel mal, ça ne m’a pas donné envie. Mais j’irai, et sait-on jamais? (Pas le genre à m’avoir fait signer préalablement un contrat d’opinions superposables.)Plutôt de l’intérêt pour Lavant. Dans le « Pattie » des Larrieu il en fait trop en chargeant le bois, mais est si savoureux en amant Cro-Magron. ..hélas je crois voir ce que PA veut dire pour le film d’Emmanuel Bourdieu.

Phil dit: 9 mars 2016 à 15 h 39 min

Annelise, au cinéma le kilt évoque sean connery, pas vraiment le gabarit de la Duras..
Merci Baroz. Effectivement les instituts culturels français ont de la concurrence.

JC..... dit: 9 mars 2016 à 19 h 52 min

Phil dit: 9 mars 2016 à 14 h 39 min
« la Duras en socquettes, vision de cauchemar »

Une femme au sourire en chaussettes courtes, à la sénilité précoce, à la clope baveuse, au romanesque lourd comme des enclumes empoisonnées, j’avoue que j’aurai marqué un instant d’hésitation avant que de l’entreprendre à la cosaque !

Un côté philosophe… parfois gênant !

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