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La République Du Cinéma

« Sunset song » : Ecosse, les petits poids.

Par Annelise Roux

Agyness Deyn, poids plume, androgyne, platine. Doc Martens aux pieds, idéale égérie de Vivienne Westwood. Irrésistible, photographiée par Patrick Demarchelier ou défilant pour Saint Laurent. Pas mauvaise actrice, de surcroît ? Comment savoir ?
Terence Davies, le réalisateur ? Difficile d’en vouloir à un homme d’une fratrie de dix enfants dont seulement sept ont survécu, né à Liverpool dans la classe ouvrière catholique, qui a adapté lors d’un précédent opus John Kennedy Toole. Ma très grande passion pour l’amateur de hot-dogs pétaradant de « La Conjuration des imbéciles » publiée à titre posthume  m’a fait attendre quelques jours après la sortie du film. Pouvoir en débattre sans lui nuire.

Avec « Sunset song », tiré du livre éponyme de Lewis Grassic Gibbon, la pioche est nettement moins bonne. Elle laboure le terrain comme un boeuf. Bien sûr, on retrouve en filigrane la réflexion de Davies sur le dogmatisme criminel de la religion, sa manière sûre de « filmer le beau ». Les paysages d’Écosse sont photogéniques. Verts. Vaches, chevaux de labour…  Veaux, cochons et couvées ne sont pas loin. Agyness, petite coiffe sur la tête, godillots dans la boue, en bas de coton noir et dessous rétro, est à croquer.
Les cheveux plus longs, teints d’une autre couleur, elle ressemble à Charlotte Casiraghi. Incontestablement, il y a pire. On reste dans le mannequinat en multipliant les gros plans. Instrument de paresse. Son visage est parfait. Campagne (de pub) écossaise, champs de blé. Brochure. On feuillette en se disant que dans le bucolique, l’adaptation de Hardy, « Loin de la foule déchaînée » était meilleure. Grâce à l’Anversois Matthias Schoenaerts? Pas la question.
La vie des petits paysans écossais au tout début du XXième  siècle, pas de la tarte.
Chris (Agyness Deyn) et son frère Will (Jack Greenlees) vivent sous la coupe d’un père autoritaire et violent, John (Peter Mullan, qui aurait mieux fait de continuer à s’appeler Joe comme c’était le cas dans le bon cinéma social de Ken Loach).
Mélo? On serait prêt à y souscrire. Agyness/Chris pleure de bout en bout. Cadrée serrée. De près, de loin. Sur les chemins. En cuisine. Elle pleure jeune, quand le père dérouille le fils (seul moment qui ébranle vaguement et rappelle le Lindsay Anderson de 1968, « If » : la correction administrée à Will, après laquelle un Jack Greenless révulsé de haine envers le patriarche peine à se rhabiller). Elle pleure avant de se marier. Quand elle se marie. Mariée. Quand elle est triste. Quand elle a peur. Quand elle est heureuse. Elle pleure quand elle se libère. Elle pleure quand elle pleure. Ce qui s’appelle du boulot.

De vieilles chansons écossaises comme s’il en pleuvait.
J’irais bien refaire un tour du côté de chez Swann, Proust, Emily Dickinson, Henry James et Jane Austen. Comédie musicale embourbée. Pâturages, cieux, soleil finissant par percer à travers les nuages… le fantôme des « Moissons du ciel » de Terrence Malick, sa dénonciation du fossé social, ses interrogations féministes douloureuses et poétiques, sont convoqués. Personne ne répond. La joliesse ne remplace pas la métaphysique, l’approfondissement sociologique, l’étude de mœurs fouillée. La colère qui monte en moi n’est pas celle des raisins.
Le père, vieux bouc lubrique, a encore engrossé la mère « après l’avoir prise comme une truie ». Ce mélange d’espèces en soi annonce déjà le pire. Sommier qui grince, glapissements. Elle n’aime pas ça et on la comprend. Boucherie de la mise au monde. Nous n’en sommes plus au mezzo-voce. Les cloisons sont minces, il faut avouer. Comme elle n’a pas réussi à mourir en couches, lui vient une autre idée. Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre.

Que fait Chris, sa fille ? Attendez voir… Oui, elle pleure.
Ewan, le jeune métayer timide (Kevin Guthrie) fait sa demande. C’est si beau qu’elle pleure. La grange est si bien décorée qu’elle pleure. Il est tellement doux et attentionné qu’elle pleure. Elle pleure, et elle s’émancipe. Non mais. Étude des évolutions sociétales, de la libération de la femme à la « Wings of the Dove », Dove correspondant ici à un déodorant pour peaux sensibles. Au secours Polanski, au secours « Tess » : la dureté de la condition des femmes était évoquée là avec moult digressions, sur fond de parfum d’aubépine et sans ambages. Ewan au clair regard a les fesses poilues. Il s’en passe de belles, chez les fermiers écossais de 1914. À la veillée, en buvant du thé, en buvant du whisky, en labourant, en se couchant, en se levant, en bourrant leurs pipes et vice versa, ils entonnent un chant folklorique, soutenus par un chœur, au cas où on ne l’aurait pas suffisamment senti passer.

Quand le guide religieux monte en chaire pour exhorter au combat les « lâches » qui refusent de combattre l’Allemagne, le clair-obscur dans lequel baignaient les fidèles est remplacé par un « effet illuminateur » acheté en pharmacie. Manifeste pacifiste appuyé par… (devinez) des pleurs de Chris. Complaintes écossaises de derrière les fagots. N’en jetez plus.
Ça commence à bien faire. Au royaume des aveugles, on se dit que ce ne serait pas mal d’être sourd. Handicap transformé en atout. Fondu enchaîné sur les collines douces, le grand ciel. Manuel du film agraire contemplatif à l’usage des nuls.

Ewan le gentil mari revenu en permission n’est plus tout à fait le même. On se pince quand le butor rentre à la maison. Cherchez l’erreur. S’il y avait eu un radiateur, il l’y aurait attachée. Heureusement elle comprend que tout ça « c’est pour elle ». Comme Vivian Leigh dans « Gone with the wind » parlant de Tara, il n’y a que la terre qui vaille. Tout passe, tout lasse, sauf les glaces ? Et le comté d’Aberdeen, ouf.
Quand Chris câline le costume, on est tenté de se saisir de l’archet du violon pour le faire avaler au réalisateur. On aimerait qu’autant en emporte le vent, en effet.

« Sunset song » de Terence Davies  

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commentaires

43 Réponses pour « Sunset song » : Ecosse, les petits poids.

Jibé dit: 20 avril 2016 à 9 h 13 min

Vous êtes aussi drôle dans la descente que sérieuse dans la montée, Annelise !
C’était donc ça le film « polémique ». Je ne l’ai pas vu, mais je ne doute pas que Jacques Ch. nous fasse entendre un autre point de vue, lui qui est sensible aux photos de Newton ou d’Hamilton…

Jibé dit: 20 avril 2016 à 9 h 39 min

Sophie Avon n’a pas aimé « Démolition » (**) mais beaucoup « Le Fils de Joseph » (****) !

Jacques Chesnel dit: 20 avril 2016 à 10 h 32 min

Est-ce pour vous démarquer de vos camarades critiques, ce tir au bazooka, Annelise, car c’est vraiment (trop) féroce… je n’en dis pas plus pour l’instatnt… débordé par ailleurs

Jibé dit: 20 avril 2016 à 10 h 35 min

Mais non, JC. Tu confonds avec Eva Ionesco. Chez Hamilton et Newton, les jeunes filles sont tout à la fois majeures et en fleur, telle l’actrice du film pour lequel Annelise s’est faite critique de mode & de cinéma…

Polémikoeur. dit: 20 avril 2016 à 11 h 41 min

Tiens donc, voilà un papier qui pourrait bien
venir du club de celles et ceux qui ont parfois
l’impression d’en avoir déjà trop vu !
L’Ecosse, les vies, sinon misérables,
laborieuses à un extrême encore dépassé
par l’irruption des conflits historiques
réglant pour beaucoup la question existentielle
et l’aggravant de séquelles pour les survivants…
Fresque, saga ?
Le « chant » a l’air de plus tenir du concours
de récitation que du souffle fordien.
« Casting » d’agence de mannequins, en effet,
ou esthétique léchée de clip haute définition ?
Un album pour table basse vitrée du living-room ?
Comme un chardon O.G.M. débarrassé de son piquant.
A projeter dans toute salle à moins de cent mètres
d’un magasin bio.
Cornamusement.

Eriksen dit: 20 avril 2016 à 12 h 02 min

Ma môme, elle joue pas les starlettes
Elle met pas des lunettes
De soleil
Elle pose pas pour les magazines
Elle travaille en usine,
À Créteil

L’un brandissant le glaive et l’autre le ciboire
Les peuples n’avaient plus à s’poser de questions
Et quand ils s’en posaient c’était déjà trop tard
On se sert aussi bien pour tondre le mouton
Du sabre que du goupillon

Leurs voix se multiplient à n’en plus faire qu’une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l’histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France.

En trois chansons de J Ferrat, voila une petite idée du film si on replace France par scotland et Usine par champs.

Annelise dit: 20 avril 2016 à 12 h 57 min

Je n’ai pas détesté « Le Fils de Joseph » Jibé, j’ai trouvé qu’il s’agissait d’un film frisant parfois le comique, ce qui s’apparente déjà en soi à mes yeux à une qualité.
Jacques Ch, je ne cherche à me démarquer de rien. J’ai plaisir à lire mes confrères et consœurs critiques et je ne me sens tenue à aucun étalonnage. Sophie Avon et moi avons déjà eu par le passé des avis très peu superposables, et alors? Estime et affection sororale réciproques depuis tant d’années que je ne compte plus! Le bazooka, c’est user d’une grosse pièce indistincte pour crever une petite cible sans défense. Je ne pratique pas. J’use plutôt du calibre de précision, mouillant la chemise pour la chasse aux éléphants : si mon tir est mal ajusté, je suis morte. (Chasse toute symbolique, d’ailleurs, car je milite pour la SPA) Terence Davies s’en remettra. Et j’ai eu suffisamment de tendresse pour avoir attendu que le film ait fait son beurre.
C’est tout Eriksen? Vous ai lu plus explicite…

Annelise dit: 20 avril 2016 à 13 h 17 min

Les photos d’Hamilton… toute une époque. Robes pastel, glycine. Jamais pu voir depuis de ces magnifiques grappes bleues (c’est l’époque en ce moment, elles ne sortiront leurs feuilles qu’après) sans penser à la façon trouble qu’il a de brouiller la frontière entre enfance & nubilité. En tt cas pour moi.Signature datée, reconnaissable entre toutes, dont je n’aime pas l’espèce d’oeil pédophile traînant – mais je ne voudrais pas m’exposer à des poursuites pour une impression diffuse. Je n’aime pas cette représentation esthétisée, floutée, niaiseuse hypocritement chargée de motif sexué par contraste de l’innocence. Sinon qui n’a pas eu un poster dans sa chambre de jeune fille ?Pour le brouillage des lignes, Larry Clark savait y faire aussi, version hard, et à tt prendre je le préférais nettement.
Pour la glycine, on pense également à Faulkner. Parfum omniprésent.

Jibe dit: 20 avril 2016 à 14 h 51 min

Bon, pour Le fils de Joseph j’irai me rendre compte par myself…
Pour cette semaine, il y a déjà Les malheurs de Sophie et aussi Mékong Stories ! What else ?

Eriksen dit: 20 avril 2016 à 16 h 59 min

A Annelise: justement, il y a beaucoup trop d’explicite dans ce film. Pas d’implicite, Terrence Davies ne souhaitent pas ma collaboration mais mon adhésion.
Eh bien j’adhère aux parties (comme dirait Coluche) et je rajoute une couche de Ferrat, que j’avais omise dans le premier post.

Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume.
Face aux autres générations,
Je déclare avec Aragon:
La femme est l’avenir de l’homme

Eriksen dit: 20 avril 2016 à 17 h 15 min

je ne sais pas à qui vous faîtes allusion Polémikoeur, mais j’ai très touché par la mort à 51 ans de Ronit Elkabetz, dont j’avais beaucoup aimé Gett et Les 7 jours, et qui étaient une femme magnifiquement libre.

roro dit: 20 avril 2016 à 17 h 59 min

Jibé dit: 20 avril 2016 à 10 h 35 min

si, la chose a été évoquée à propos de ses photos – il avait un faible pour les jeunes filles de 16 ans maximum
« cet âge ambigu où l’adolescente devient femme, chrysalide maladroite qui voit son corps se former, «ces quelques mois qui vont changer sa vie en bien ou en mal»
…chaque image, «pourtant largement diffusée à l’époque», posait question. «Le regard avait changé; on voyait de la pédophilie là où l’on ne percevait auparavant que de la fraîcheur.» http://www.letemps.ch/culture/2015/05/21/difference-entre-david-hamilton-autres-photographes-richissimes-c-lui-un-style

Poids Plume dit: 20 avril 2016 à 18 h 23 min

@17h15
Pastis 51 et Jet 27 … Après les âneries et idées reçues lues dans la colonne commentaire de cette republique – les grands vins, Haut-Brion de mémoire, sont les plus chargés en résidus de pesticides – aucune suggestion n’est épargnée citoyen de passage

Polémikoeur. dit: 20 avril 2016 à 18 h 56 min

Une chanson où il est question de glycines sur un mur :
simple allusion-passerelle entre une moisson
de chansons et une éclosion de glycines
dans le fouillis des commentaires.
Lamadivement.

Annelise dit: 21 avril 2016 à 7 h 06 min

Poids Plume, plutôt que de railler l’hommage d’Eriksen à Ronit Elkabetz (visage d’Anna Magnani israélienne),de parler d’âneries en nous servant votre plaisanterie sur Gett, les 7 jours et le fresh mint on the rocks assortie d’un lien velouté d’underground, vous ne voudriez pas balayer devant votre porte, tenter d’enrichir le débat?
Roro 17h59. Je ne connaissais pas l’épisode… assez fin! Rouerie contenue mais déterminée du journal contre rouerie bien contrôlée de l’amateur de nymphes : ce regret de l’époque « où les mères lui confiaient des filles de 16 ans qu’il emmenait à l’autre bout de la planète », l’insistance à se ranger derrière Lewis Carroll et Alice Liddell. Incontestablement « il aime le ballet ».

roro dit: 21 avril 2016 à 7 h 19 min

Annelise
oui , big money oblige, ce n’est pas sans rappeler l’épisode des parents, innocents, qui à l’époque ‘confient’ leur fille mineure à un cinéaste quadra célèbre, seul dans une grande baraque, pour ‘photos’ (innocentes) et crient ensuite au scandale -ça pouvait leur rapporter gros .

signe des temps dit: 21 avril 2016 à 8 h 16 min

idée de documentaire sur l’époque :chez la rdl le frustré de fhainepq se déchaîne avec la bénédiction de la merdération

JC..... dit: 21 avril 2016 à 9 h 35 min

INVITE AU P.P.
« vous ne voudriez pas balayer devant votre porte, tenter d’enrichir le débat? » (Annelise)

Tenter d’enrichir le débat !!!
CAPITALISTE, ma chère ! voui, voui….

xlewm dit: 21 avril 2016 à 10 h 26 min

En matière d’élargissement ce Sunset Song se fait bien évaser la rondelle (l’objectif) tout de même. On peut voir les sables bitumineux et calcaires de Montmartre à travers la béance en profitant du rayon vert qui s’attarde depuis le coucher de soleil d’un autre Boulevard, d’hollywoodienne mémoire, tellement la critique est bien penchée.
Malick, Annelise ? Certainement comme dans tous les films qui font des prises de vue du « grand dehors » depuis la sortie de The Thin Red Line, on peut penser à Lean aussi, le vent sur les blés photographié à la Louma est, je crois, une image bien inscrite dans les esprits britanniques lorsqu’on évoque la Grande Guerre en Flandres et sur la Somme (tragédie, cent ans aujourd’hui), elle ne pas déplu mais presque ému (pas de bleuets, pas de « poppies », vue qui colle à l’esprit du livre, pacifiste, c’est un défi d’essayer de voir comment le réalisateur s’occupe de certaines transcriptions, écrit vers l’image, et retour quelquefois.
Je n’ai pas été déçu par un film qui doit faire la part (comme toujours avec ce cinéaste, vu sa méthode de production) entre le commerce et l’art, les plateaux de la balance ne paraissent pas si déséquilibrés. Moins déçu que par son biopique sur Emily qui contenait de belles scènes déjà (sauf la dernière trop chromatiquement raccord avec le Farewell tombant à point nommé juste avant le générique), les commentateurs unanimes ont dû voir le film sur un plus grand écran que moi et repérer toutes les fautes de cadence.
Je crois que j’ai aimé la lumière (un gros badigeon de chaux de Senlis, bien jaune, faisant la nique au sépia) et le jeu de l’actrice ne pas gêné (Keira Knightley tourne les spots Chanel sur sa Ducati Sport 750 café crème et joue aussi dans des Jane Austen, cela ne lui enlève rien, surtout lorsqu’elle ôte son casque devant un Darcy médusé par tant d’audace), seul l’accent escossois à couper au tranchelard (alors que dans le roman l’anglais est très fluide, un chouette auteur d’ailleurs que le film fait découvrir) est difficile à supporter. Yeats le disait déjà à propos du Revival gaélique aux gars du Théâtre de l’Abbaye de Dublin.
Enfin certaines scènes (flagellation) renvoient à d’autres films (les références feront hurler alors je m’abstiendrais), le père rappelant peut-être un peu le personnage de Max von Sydow dans La Source de Bergman (qui lui se mortifie pour les exactes raisons contraires).
Graphic Grassic.

jodi dit: 21 avril 2016 à 11 h 34 min

« Magnifiquement libre ».Cela s’applique à vous ,Anne Lise!Toujours pensé en vous lisant que vous déteniez l’arme atomique.
Clairvoyance,poésie sans forcer,actually on ne voit pas ça tous les jours.Votre scud,un bijou.Et vous n’actionnez pas le bouton!Film des plus médiocres,qui l’aura dit?Davies agenouillé devant les petits saints d’Agyness perd beaucoup au change.Vous ne cherchez pas à mettre les rieurs dans votre poche comme le font 90% des prescripteurs en se plaçant du bon coté du manche,vous déposez la statue avec arguments quand ça le mérite.Compliments.Hamilton,comme dit Roro il aime les prépubères .Trop sirupeux pour moi,pas ma tasse de thé.Je n’en dirais pas autant de Dodgson,d’Alice in Wonderland dont la fascination demeure.

Jibé dit: 21 avril 2016 à 11 h 58 min

Ce qui a surtout exaspéré notre Annelise, xlew, c’est le côté « La femme qui pleure » rappelant la regrettée Dominique Laffin !
Pourtant, dans la bande-annonce elle sourit plus qu’elle ne pleure…

Annelise dit: 21 avril 2016 à 13 h 35 min

Jodi 11h34,mettre les rieurs de mon côté, non vraiment pas. Toujours détesté baisser le pouce parmi la foule dans l’arène afin de réclamer une tête. L’aristocratie (rien à voir avec l’esprit petit-bourgeois si revanchard) véritable d’une bienveillance sans hauteur, à bonne distance. Lew ce matin 10h26,une mauvaise humeur passagère m’aurait-elle saisie? Jamais écrit ni pensé cela dit qu’Agyness était mauvaise actrice. Très crédible(du moins…quand elle pleure?) Sienna Miller a pu me surprendre aussi. Sobriété, justesse de jeu au-delà de l’évidente beauté : le mannequinat, aucunement une condition excluante. Jibé, je ne sais pas si c’est ça? D’une certaine façon, toujours celui qui aime qui a raison, en matière d’art? A ce titre, peut-être ai-je eu profondément tort. Vais faire en sorte de revoir le film à tête reposée. Cela m’intrigue.
Entre ce Davies et « Paulina », billet à venir (film argentin de Santiago Mitre)en tt cas pas photo

Jibé dit: 21 avril 2016 à 21 h 30 min

Phil nous avait dit que Berlin était un petit cru cette année.
En tout cas, « Mekong stories », en compétition, est un superbe film : à voir !

DHH dit: 22 avril 2016 à 8 h 51 min

Puisqu’ Annelise autorise les digressions quelques mots sur Ronit Eljabet
Au risque d’encourir le ridicule ,comme suggéré plus haut, je souscris à la formule « la Magnani Israélienne » pour caractériser cette puissante actrice : même stature de cariatide ,même style, de femme, violente et étrangement belle, intelligente et passionnée, à la fois dure et généreuse.
De la réalisatrice je retiens surtout les films qui composent cette trilogie où elle a magnifiquement su montrer les limites de l’acculturation au monde israélien des séfarades originaires du Maghreb
Les familles qu’elles y met en scène viennent du Maroc où ,même si elles vivaient dans un univers francophone, elles n’étaient toutefois pas vraiment entrées dans la culture occidentale urbaine des classes juives assimilées. Et elle vivent , dans la société israélienne qui les a accueillies, un nouvel isolement culturel, peut-être inconscient, qui se superpose à celui d’avant
Dans les trois films qu’elle consacre à ce monde des immigrés maghrébins en Israël ,celui où elle a grandi, Ronit Elkabetz montre avec justesse, la permanence d’ un archaïsme tribal qui modèle les consciences et les comportements, qui étouffe l’aspiration à la modernité et génère l’incompréhension.
Dans Shiva notamment, qui est le plus réussi à mes yeux des trois films, elle joue intelligemment sur les langues parlées par les personnages pour montrer , dans ses différentes expressions , l’incomplétude de l’insertion de cette famille judeo marocaine dans la modernité israélienne.
De la mère, matriarche ,portant le foulard des juives d’Afrique du nord, qui « là-bas » baragouinait sans doute à peine le français et qui dans le film morigène ses fils en judeoarabe ,aux filles faussement libérées et portant jean qui pensent et s’expriment entre elles en français, la langue de leur scolarité primaire dans le Maroc post colonial ,jusqu’à la belle-fille Ashkenaz ,dont le yddish ancestral a contaminé son Séfarade de mari .

roro dit: 22 avril 2016 à 9 h 12 min

DHH il paraît que lors de l’Indépendance de l’Algérie, les Juifs ‘pieds-noirs’ d’Algérie désireux de s’établir en Israël n’y ont pas été accueillis avec un fol enthousiasme (traités de métèques, du moins à l’époque

Vébé dit: 22 avril 2016 à 10 h 10 min

Merci pour cet encart sur Ronit- »Magnani »! Si juste comparaison. Votre regard contient des développements passionnants, DHH. Comme vous ma prédilection va a Shiva ; cet entre deux respire le vécu sans nez collé, avec une retranscription qui signe oeuvre.

Vous etes notre Kid de Minneapolis, Anne-Lise; pop-rock, douée pour tous les instruments ; vous avez bien fait d’étriller Terence Davies.vous ne faîtes pas la maligne. Caustique parce que spirituel ;fondé à 100%.je suis sortie du film avec le sentiment de m’être fait rouler.

On ne passe pas un mauvais moment , comme le souligne Xlem ,ç’est même agréable mais quel vide! Anesthésiée par le joli visage d’Agynes Deyn, les « beaux » paysages. »Tess » ou le film de Terence malik avaient un autre bagage!

Les réalisateurs qui s’acottent a des « noms » sans faire davantage d’efforts, ou Monsieur Bolloré qui se plaint du déficit de Canal devraient commencer à penser à ça : c’est l’offre qui détermine en premier la donne. A force de décourager la qualité par une politique paresseuse de séduction à court terme, on finit par avoir Kev Adams en tête du hit.

Quand nous parlez-vous de « Paulina » Anne-Lise? En voilà une grande émotion, parlant aussi bien à la tête qu’au coeur!

Polémikoeur. dit: 22 avril 2016 à 11 h 28 min

Après tout, rien que pour l’Ecosse,
décor brut de pas mal de films trempés.
Walterscottement.

Poids Plume dit: 22 avril 2016 à 16 h 14 min

roro dit: 22 avril 2016 à 9 h 12 min
DHH il paraît que lors de l’Indépendance de l’Algérie, les Juifs ‘pieds-noirs’ d’Algérie désireux de s’établir en Israël n’y ont pas été accueillis avec un fol enthousiasme (traités de métèques, du moins à l’époque

Juste. Et n’importe quel quidam pourvu d’un peu de background sait que ce fut pire en métropole

un peu d'air dit: 22 avril 2016 à 16 h 23 min

« Quand nous parlez-vous de « Paulina » Anne-Lise? »

du moment que avec l’Ecosse aussi ça change des Isa, Sandrine …

quidam pourvu de beaucoup de background dit: 22 avril 2016 à 16 h 24 min

« n’importe quel quidam pourvu d’un peu de background sait que ce fut pire en métropole »

ah bon

DHH dit: 22 avril 2016 à 16 h 58 min

@poids plume
ce que vous dites est vrai, mais la signification de ce rejet n’a pas le même sens en metropole et en israel car les populations concernées étaient très différentes
sont venus en metropole les juifs assimilés issus du decret Cremieux des gens « plus français qu’eux tu meurs »,essentiellemnt des fonctionnaires et des bourgeois plus ou moins nantis ,tous formés à l’ecole de la republique et le rejet qu’ils ont pu subir venait d’une population qui ne souhaitait pas leur faire une place et qui surrout les assimilait tous à ces gros colons,d’ou venait tout le mal que leur avaient apporté ces 8 ans de guerre .
en Israel a eté envoyée sous l’égide d’organisations caritative, la masse constituée par une population ,pour l’essentiel immigrée du Maroc qui formait un Lumpenproletariat miserable,arabophone et comprenant à peine le français analphabete,

DHH dit: 22 avril 2016 à 17 h 01 min

suite de mon mail parti trop vite
« et que son niveau économique et culturel installait en marge de la population israélienne d’alors ,à base de mitteleuropeens plurilingues et éduqués « 

pas mieux dit: 22 avril 2016 à 17 h 13 min

« le rejet qu’ils ont pu subir venait d’une population qui ne souhaitait pas leur faire une place et qui surrout les assimilait tous à ces gros colons, »

les tortures par l’armée fr , sujet tabou !

Annelise dit: 22 avril 2016 à 22 h 10 min

Phil, vous m’avez l’air bien renseigné et de bon conseil. Beau « Mekong Stories » en effet,après « Bi, n’aie pas peur » du même Phan Dang Di distingué il y a quelques années.
Vébé, billet « Paulina » demain.
DHH, beaucoup aimé Ronit E. Sa disparition à 51 ans nous prive d’une actrice intense et d’une réalisatrice ayant à dire. Pas pu l’évoquer comme je l’aurais souhaité, ayant été empêchée par des évènements indépendants de etc. Apprécié que vous preniez le relais

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