de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

« Battle of the sexes » suivi de « Thelma » : Mieux vaut Trier ?

Le sport. Comment filmer ce style d’affaires.  « La Solitude du coureur de fond » (1962, avec Tom Courtenay et Michael Redgrave) était remarquable … Tony Richardson, à l’instar d’un Karel Reisz ou d’autres « Angry Young Men » de la Nouvelle Vague anglaise, se saisissant d’un Colin Smith, menu délinquant ayant volé dans une boutique puis placé en détention, petite vedette douée pour la course qui va réinterpréter à sa sauce rageuse, subversive et exténuée les ambitions très peu compatissantes que le directeur du centre Ruxton Towers a placées en lui, plongeait sans fard les working class heroes dans le bain d’intrigues tournées vers le prolétariat, envoyant valser le cinéma traditionnel tout en délivrant une narration filmée sociologique et humaine déchirante.
Les « Chariots de feu » de Hugh Hudson  ont vieilli, la morale précise dressée par le récit souffrirait d’être réexaminée au microscope en 2017, n’empêche : le Juif Harold Abrahams mis au ban par l’Histoire, qui remporte la course face à Eric Lidell car un bon chrétien ne saurait combattre le jour du Seigneur, cela posait la question du moteur des compétitions intimes, du fair-play et des solidarités imprévues et avait une certaine allure, foulées psalmodiées sur Vangelis. Autre terrain – de foot – cette fois, lorsqu’en 1979, Patrick Dewaere sur un scénario de Francis Veber, Jean-Jacques Annaud à la caméra, envoie tout bouler d’un « Coup de tête ». Le garagiste ruinant lui-même sa concession sous l’empire psychologique d’une menace engraissée à son objective mauvaise conscience reste dans l’esprit ? Dewaere, grand brûlé de la vie surdoué, refusait d’en faire la promotion à la télévision pour laquelle il n’avait pas d’estime et c’est pourtant – paradoxe –  le succès télévisuel du film qui en a assuré la postérité, quand lors de sa sortie au cinéma, il n’avait pas cassé la baraque… « Raging bull », Scorsese avec son Jack LaMotta-De Niro..l’inusable « Rocky », Stallone débutant auquel Marc Porel emprunte son look sur la route de Salina pour la boxe, ou encore « Million dollar baby », Clint Eastwood se servant du ring pour filer sur la ténacité, l’endurance et l’isolement, renouer avec une filiation hors-sang  qui vous rouvre le coeur après la glaciation… Le sport est bel écrin, excipient violent ne souffrant aucune innocuité pour véhiculer en images des vérités plates, plus ou moins agréables à entendre ou regarder autrement.
Lectrice de Jerome Charyn en partie par goût pongiste – le coup de poignet de « Zyeux bleus » Manfred Coen, holster en bandoulière, me ramenant aux premiers tournois olympiques de tennis de table, les champions chinois qui maniaient la raquette moussue tels des dieux sautillants ultra concentrés, (ce n’est qu’après qu’il s’est su que politiquement, ils avaient intérêt à ne pas flancher, ou leur vie entière en serait impitoyablement brisée lors du retour au pays) comment ne pas tourner le regard vers le nouveau film de Jonathan Dayton et Valerie Faris ?

« Miss Little Sunshine » trimballait en break Volkswagen pourri les rêves improbables cristallisés sur Olive, micro reine de beauté de 7 ans, d’une famille américaine moyenne.
« Battle of the sexes », il y a du lourd dans le tennis dans ce film aux couleurs bariolées : Emma Stone transfigurée en brune à lunettes calquée sur Billie Jean King – tennis woman détentrice de trois titres du Grand Chelem – affrontant en un match mythique pour l’égalité un partenaire masculin qui la moque, Bobby Riggs, macho et graveleux… Steve Carell dans le rôle, évidemment parfait… son côté caméléon qui endosse tout, avec à la fois, une constance personnelle épatante et presque inquiétante, alors même que les rôles qui lui sont proposés sont censés le distribuer aux antipodes.
La championne était tourmentée par des désirs féminins difficiles à assumer à l’époque (1972). Le bras de fer s’engage, verbal et à distance, avant de se régler en direct sur le court – seulement au bout d’une heure ! Jack Kramer (Bill Pullman), cofondateur de l’Association of Tennis Professionnals incarne une interface trouble assez représentative du climat.
Le film hésite – ni sportif, ni si comique, ni n’abordant le cœur du sujet, l’écart honteux entre les traitements, le sexisme réel, non seulement admis mais tenus pour norme, donc invisibles, donc indéboulonnables, le tourment d’une sexualité qui voudrait dans la victoire faire rendre gorge aux préjugés… J’aurais dû recenser le « Borg-Mc Enroe », opus de Janus Metz Pedersen (Shia LaBeouf, Sverrir Gudnasson, Stellan Skarsgard) sorti début novembre, biopic à tournure épique retraçant la finale de Wimbledon en 1980 ?… comment j’y suis allée, dans le désir de saisir quelque chose des longues passes monocordes de fond de court avant l’accélération, le point ? Que donnerait le tennis filmé en continu à toutes les heures, comme l’Empire State Building par Andy Warhol ? L’ennui lénifiant, assimilé à une méditation possible qui monte…
Je ne « consomme » pas, je veux regarder en essayant de voir ce que le cinéaste a voulu dire, qu’il a dit ou non, ce qu’il a dit malgré lui… Le contenu de « Battle of the sexes » est fluctuant, la peinture du lesbianisme de Billie Jean King, avec son côté appliqué, sérieux, la préoccupation des joueuses pour leurs vêtements, la représentation datée, traditionnellement assez hommasse de l’homosexuelle – comme celle de l’homosexuel efféminé? – auxquels répondent à tous les étages les rodomontades crétines mais globalement bien tolérées du zozo Bobby Riggs étant souvent manichéennes, plutôt anecdotiques… Aucun opportunisme de thèmes – le gender, encore lui – n’est susceptible de me faire souscrire à un racket, fût-il, comble de l’horreur, réputé cordé en boyaux de chat(te) – pourtant, l’impression de cafouillage née de l’absence de fil directeur restitue in fine une confusion caractéristique autour d’une égalité fictionnelle à force de n’épouser que des traductions en équivalents masculins, le langage des hommes censé illustrer, continuer de détenir les fourches caudines sous lesquelles passer pour gagner, la difficulté de mener de front une lutte circonstanciée, à l’époque si délicate à définir et à énoncer, aux rhizomes si divers qu’il manque des contours francs pour l’attaquer… En cela, le film de Jonathan Dayton et Valerie Faris remporte un set, au-delà du mimétisme drolatique donnant l’avantage conjoint à Steve Carell et une Emma Stone en pleine forme.

Changeons de sujet.
Le lien : la date de sortie en salles est la même. Quand l’éthique personnelle ne s’y oppose pas, au moment de faire un choix entre deux, sans hésiter, je prends les deux.

Contrairement aux purs et durs, doigts sur la couture du pantalon dès qu’il est question du feu follet, et sans aucunement prétendre qu’il surpasse l’adaptation originale de 1963 par Louis Malle où Lena Skerla et Maurice Ronet étaient irremplaçables, je fais partie de ceux qui ont aimé le remake de Drieu La Rochelle, « Oslo 31 aout ».
J’avais regardé les deux séparément, tombant en arrêt admiratif devant le grand nez, la grande bouche assez niaise, le grand regard clair, les grandes mains du petit ami ex-dentiste Anders Danielsen Lie, séduite par les feuilles mortes jonchant les avenues de la ville où s’enfuyait une mobylette, lâchant des bouffées d’extincteur dans la nuit d’une cure de désintox qui n’allait nulle part.
« Thelma » dès les premières images me fait retrouver le réalisateur montrant des immeubles, un petit groupe d’étudiants filmés depuis en haut – sur la terrasse panoramique de Beaubourg, allant boire un thé au Georges, regardant vers le MK2 de Citizen Karmitz ou l’atelier de Brancusi, je me suis fait la remarque que la plupart des gens sont habillés en noir…peu de couleurs vues en surplomb. La façon qu’a le cinéaste de divulguer des plans lents, scrupuleux, d’où se dégage une certaine agoraphobie est séduisante.
Trond (Henrik Rafaelsen), le père barbu, dont on apprendra qu’il est médecin généraliste, Unni (Ellen Dorrit Petersen) une mère en fauteuil, dans une belle maison d’une petite ville danoise en bord d’eau… parents si attentionnés envers leur jeune fille, Thelma (Eili Harboe), croyante, peinant à s’émanciper depuis qu’elle est « montée » suivre des études à l’université. Au téléphone elle répond à heures fixes, doit justifier pointilleusement de sa présence aux cours, de ce qu’elle a mangé, « acheté ou fait à la maison ».
D’autres élèves suivent des cursus en parallèle. Anja (Okay Kaya), sublime brune émancipée au physique indien. Les filles sympathisent. Joachim Trier met des gros plans sur visages et sur nuque, des images magnifiques sur yeux baissés qui glissent furtivement de côté, à la bibliothèque ou en amphithéâtre. Cils, carnations. Pâleur, éclat sourd, croix discrète sur peau blanche : des ravages annoncés d’une religiosité mal réglée, à visée d’encadrement strict.
Les premiers mensonges de Thelma au père « auquel elle peut tout dire », le trouble feutré qui entre pas à pas. La confession d’avoir bu de l’alcool, en lieu et place d’un autre supposé péché : « Deux bières ? Ce n’est pas bien méchant »… Pleurer et prier dans une attitude frôlant la flagellation, front contre le mur, pour demander d’en être débarrassé.
La pucelle extatique, « Poltergeist » ou « Carrie au bal du diable » dont l’hystérie, le refoulement semblent déclencher une épilepsie… Les scènes intimes sont belles. Filles côte à côte, au lit, cheveux dénoués… délicat tableau lesbien (modernisé, cette fois), ou peinture tout court d’amours débutantes, administrés de main de maître… élan contrebalancé par hésitation tendre et violente… Le lâcher prise progressif, l’abaissement des barrières qui préfigurent la sensualité volcanique dédiée à l’élu(e). L’entraide, l’accès au corps prosaïque sans défense quand Thelma urine sur elle, démunie de conscience, à la merci de l’autre dans cet abandon. La caméra de Trier balaie le cou, les mains…racine des cheveux, duvet. L’affiche de « Back Home » (Isabelle Huppert, Gabriel Byrne, Jesse Eisenberg), l’opus précédent, révélait un goût sûr pour les corps disposés en petite cuiller.
Ensuite c’est alambiqué, trop long ?
Ça s’en va et ça revient, au plan chronologique. On sait désormais que Cloclo ne serait pas mort dans sa baignoire : cela ne serait absolument pas gênant, mais ces joues empourprées par le souffle de l’Enfer, rougeoiements sous la peau… On croit à un trucage de « L’Associé du diable » (à ne pas confondre avec Guilty as Sin « L’Avocat du diable » phonétiquement proche, de Sidney Lumet), film de Taylor Hackford de 1998 où Al Pacino incarne un Malin chef d’entreprise en face de Keanu Reeves ! Esthétique très fin XXème, avec épistaxis gouttant dans du lait… mélange peu cacher. Louder than bombs – cas de le dire. Cela m’a rappelé une dispute amicale et néanmoins pénible avec Daniel Darc – il était capable de menacer du poing de pauvres gens qui avouaient étourdiment ne pas aimer tout Dylan -, autour d’un éculé «les robes de mariées sont maculées de sang » auquel il n’avait su résister, écriture estampillée « Palace» venant gâcher à mes yeux « La pluie qui tombe» : il est dangereux de se pencher au-dedans ? Ne comptez pas sur moi pour me dispenser des propos de Buñuel, mais dangereux ne signifie pas mauvais, voire est parfois synonyme de risqué, nécessaire. (Crève coeur : les regrets ça va droit au coeur – et ça y reste, jusqu’à ce qu’on meure)…
Joachim Trier n’y va pas de main morte, avec le secret de la grand-mère dérobée, l’asile psy, le bébé lorsque la mère était encore valide… Ce n’est pas l’intrusion « fantastique » insérée en images dans le récit qui embarrasse mais l’effort permanent fait en parallèle ensuite a contrario pour relier les points d’un dessin « naturaliste ». Donc, tout s’explique ? Les médicaments, la prudence des voix mesurées, la glaciation en profondeur…
Les cheveux scotchés sur la vitre, les vitres qui volent en éclat, la destruction des vivants par vœu du mental prisonnier de la cabine torturante d’une IRM ou la résurrection des morts, Lazare sautant sur ses pieds les yeux blancs, pourquoi ? Laissez vivre les spectres !
Le très catholique « Lars von », confrère danois presque homonyme de l’auteur Joachim est convoqué, l’apparition en chemise de nuit blanche, spectrale en bout de cours d’eau où le père enflammé de méfiance, de doutes et de foi part en barque et en quenouille tandis que la nymphe achève de malaisément détruire la gangue où elle se nourrit, évoque l’ambiance plombée de « Melancholia », le tourment culpabilisant, crépusculaire du monothéisme chrétien.
Puis-je dire par ailleurs compliment d’un film égaré dans le raté ?
Pas parce que la narration emprunte des sentiers parfois très grossiers – mon dieu ! Eve et le Serpent, il fallait oser…clip de Julie Piétri : « lève-toi, danse avec la vie… Bleu de l’enfer, couleur amour, dessine sur la pierre les mots du premier jour » – que le film a de quoi être jeté au feu. Il a des grâces visuelles, des fulgurances maladives, des chuchotements entre père et fille, entre femmes naissantes, hors kitsch, vraiment exquis, des coloris danois subtils. Sandra Bullock échouée sur la grève dans « Gravity » d’Alfonso Cuaron avait ému grâce à la photo et à ses jolies cuisses. Thelma nageant hors du lac parmi les herbes, formellement, tient la rampe.
Les curiosités réussies ne sont pas où le cinéaste a voulu les mettre aux forceps. Dans les intérieurs ou extérieurs des bâtiments, l’espèce de vide environnemental très Vilhelm Hammershøi rendus par la caméra… ou sa manière plutôt de laisser filer des silences au téléphone dont on ressent la matité, de couvrir les regards, étoffes, visages butés, inquiets sur lesquels lève un sourire timide, séisme qui ignore quel chemin prendre, réfrènement d’abord si virulent qu’il génère en soi une expression libératrice à l’échelle, l’éclosion d’une Lilith explosive, thaumaturgie sombre du désir, plutôt que de chercher à nous obliger à avaler, puis assister à la régurgitation de l’oiseau noir de la pulsion sexuelle.
Pas tout prendre, loin de là, mais dans tous les cas reconnaître le mystère, trier.

« Battle of the sexes» de Jonathan Dayton et Valerie Faris
« Thelma » de Joachim Trier
(sortie en salles le 22 novembre) 

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commentaires

354 Réponses pour « Battle of the sexes » suivi de « Thelma » : Mieux vaut Trier ?

Sylvain dit: 20 novembre 2017 à 8 h 37 min

papier subtil!Fond&comme vous l’écrivez…merci Annelise.Vais relire pour la route.

Thelma,rien que l’affiche met mal à l’aise,(volontairement).Des noirs Manet,un air traqué menaçant.

Les homos au cinéma souvent caricaturés,moins les femmes?(elles etaient moins représentées).

JAZZI dit: 20 novembre 2017 à 8 h 55 min

Si je comprends bien, pour vous, Annelise, il n’y avait aucun film à sauver parmi les sorties de cette dernière semaine ?

eriksen dit: 20 novembre 2017 à 9 h 30 min

Avec un train de retard, en réponse à Annelise, 19 Novembre 11h47. « Cinéma, Substitut de voyeurisme », parce que nous avons tous vu au cinéma des scènes, sexuelles ou non, que nous n’aurions jamais vu sinon. Mais le désir de voir ce que l’on ne connait pas se mêle très bien à celui d’être emmené par le médiateur dont vous parlez, et que l’on ne connait pas non plus. Il peut même devenir le sujet principal de la curiosité cinématographique.
J’ai compris, Annelise, que malgré tous les dévoilements du médiateur, il reste un « personnel [...] qui demeure personnel à tout jamais ». On peut donc se cacher derrière ce que l’on dévoile ? Tout en se libérant d’une charge, et avec la satisfaction d’un travail bien fait. C’est aussi une des facettes de Carré 35.
L’indécence en est une autre. Quand l’idiotisme devient infrangible, il touche à l’absolu du particulier, à la difficulté de communiquer, et finalement à l’idiotie, sens secondaire et désuet de l’idiotisme. Si beaucoup de controverses ne tiennent qu’aux sens différents que les participants attribuent aux mêmes mots, « décence » est peut-être effectivement un paradigme en ce domaine. Mais dans le magma de ces indécences particulières, il y a peut-être malgré tout deux formes à séparer, celle d’un individu se montrant au-delà des conventions, et celle d’un individu exposant un autre qui aurait bien besoin d’un avocat pour s’en protéger. La première ne me gêne pas (sauf si elle m’est trop imposée), la seconde beaucoup plus.
En relisant Christiane 19 novembre 10h05, j’ai pensé aux Pride américaines, là où les anciennes hontes viennent se sublimer en fierté. Est-ce qu’une Triso-Pride n’aurait pas du sens ? … sous réserve que personne ne soit forcé de singer une fausse fierté, ce qui serait indécent.

Sylvain dit: 20 novembre 2017 à 9 h 53 min

Tu l’entends comme ça jazz?

Elle a sauvé fab Gorgeart ,et sara F.(Pas galienne,ça c’est sur!)

Little miss Sunshine,TB.

@9.30,Eriksen:super échanges avec notre délicate Annelise!!L’avais noté sur le billet Safdy bros(very »Good time »à vous lire).

christiane dit: 20 novembre 2017 à 10 h 41 min

Premier film. Le billet me donne une envie de revoir : « La Solitude du coureur de fond », « Les Chariots de feu », « Coup de tête », « Raging Bull », « Rocky », « Million dollar baby » plutôt que « Battle of the sexes ».
Avant le deuxième film, deux hors-champs : « Little miss Sunshine » (un délice) et le « Citizen MK2 de Karmitz (formule cinglante) ou l’atelier de Brancusi (et je quitte les salles obscures).
Deuxième film. Suite du billet. « Thelma »…
« le trouble feutré qui entre pas à pas. »…
« La pucelle extatique, « Poltergeist » ou « Carrie au bal du diable » dont l’hystérie, le refoulement semblent déclencher une épilepsie… »… « ambiance plombée »…
Bien sûr il a  » des grâces visuelles, des fulgurances maladives, des chuchotements entre père et fille, entre femmes naissantes, hors kitsch, vraiment exquis, des coloris danois subtils. »
Mais, pas envie, ni de l’un, ni de l’autre ! sauf de relire ce billet qui, grâce à cette manière-là, nous fait voyager. On apprend à y glisser d’une phrase dans la pensée d’Annelise, à réfléchir. Le débit torrentiel du billet ne cache pas une grande lucidité de ce qui n’est pas encore là (22 novembre). Abandon à cette écriture mais analyse. De billet en billet une langue originale qui fait mémoire, continuité, trouée par les films, cinéastes et acteurs du présent et du passé. Une doublure du monde…

christiane dit: 20 novembre 2017 à 11 h 29 min

Ah, Eriksen, c’est une cruelle histoire qui remonte à l’adolescence. Je revois ma mère terrassée par la lecture de mon journal intime qu’elle avait découvert, caché dans mes affaires personnelles. J’y analysais les convulsions du couple terrible de mes parents, la dureté de la vie des familles dans mon quartier (dont la mienne).
Quand je suis rentrée du collège, il gisait déchiré en mille morceaux et j’ai reçu l’interdiction d’écrire si c’était pour dire autant de mal de mes proches… Blessure inguérissable qui m’a maintenue hors de l’écriture et du dévoilement…
Alors, dans ce film que nous évoquions, cette mère dont la vérité est mise à nu par son fils, ça m’a chamboulée…
Quant à la place de l’enfant différent dans les familles et dans la société… autre blessure que je garde au fond de mon silence.

eriksen dit: 20 novembre 2017 à 11 h 42 min

Juste question: Libérer (enfin) la parole contrainte parce que celui ou celle qui la contraignait s’affaiblit… et ceci avant qu’il ne soit trop tard… Je comprends.

JAZZI dit: 20 novembre 2017 à 11 h 43 min

« j’ai reçu l’interdiction d’écrire »

Il ne t’ai pas venu à l’idée de désobéir, te révolter, passer outre l’interdit, le contourner, Christiane ?

Sylvain dit: 20 novembre 2017 à 12 h 34 min

« Blessure que je garde au fond de mon silence ».

Pardon,Christiane.Pas de volonté de vous heurter,ça fait paradoxal(dit comme ça).Jazzi a raison:vous pouviez désobeir.

Votre démarche,à l’opposé de celle d’Annelise,(thaumaturgie et pudeur sur le « secret »).

christiane dit: 20 novembre 2017 à 12 h 41 min

Eriksen (plus que Sylvain) quand vous écrivez « la parole contrainte parce que celui ou celle qui la contraignait s’affaiblit… et ceci avant qu’il ne soit trop tard… »
Plus il s’affaiblit, plus il devient vulnérable, plus le passé s’estompe. La mère devient l’enfant puis la mort l’emporte, elle et tous les non-dits. Il ne reste que la tendresse et les roses au fil des visites. Entre temps, j’ai découvert comment on pouvait parler à mots couverts par le dessin, la peinture, la gravure, la sculpture et ça me convient.
Merci à tous trois pour avoir un peu ravaudé ce trou des mots, fil à fil.

J.D dit: 20 novembre 2017 à 13 h 17 min

Jolie notule ,Frau Christiane à 10.41,le Feygele concocte à chaque fois un fulgurant destin littéraire et critique qui moi me donne une envie furieuse ..Y compris de ce que je ne serais pas allé voir !Notre diablesse en collants roses à la langue à daney les saints .Eclairage à la bougie ,au feu de bois,doux,à la lampe ,à la kryptonite radioactive ,au pétrole,à l’electricité et aux étoiles des recoins et remise à la genizah de « ce qui ne peut être touché »!
Annelise,vous m’avez rectifié sur mon commentaire lapidaire sur Gorgart ,je m’incline.Des fois le stylo va trop vite ,le post n’est pas respectueux.Behaime !Le maskil ,disciple des Lumières ne devrait pas faire cela .La chronique fond de court-volée ,smash gagnant ,remet les idées en place sur votre grand amour pour les cinéastes .
« La représentation homasse de la lesbienne et du gay effeminé datée contre le rigolo marrant « ,très parlant.Toubon et MME Avenard vont avalé de travers en lisant le rapport HCE sur les actions de promotion de promotion pour l’égalité .Le défenseur des droits a du travail .Vous jouez au tennis ?La plume fait penser à SHu Qui,hou Siao Hsien.Coup de sabre sur gangrène ,gracieux ,contemplatif .Le reste du temps ,mis au service de la population .Pas de rapport :La mort du fou Manson a du replonger Polanski dans les souvenirs maudits,après les affres de « l’affaire « .La coincidence tombe mal,rien de quoi flatter hatikvah,l’espoir ..Je vais déjeuner en buvant glezele,un petit verre de bordeaux à votre santé,Feygele.Le cinéma et les livres nous apprenent à vivre ,vous le rappelez !(Encore un PS).ravissante la culotte-salle de herr J.:fera date!

christiane dit: 20 novembre 2017 à 15 h 37 min

Sylvain,
d’un écrivain Pierre Péju, que j’aime relire dans un essai « Enfance obscure  » (Gallimard), cette très juste réflexion :
 » Qu’appelle-t-on faire des bêtises ? Casser pour voir ce qui arrive, pour entendre le bruit que ça fait. (…) Enfance rongeuse, sale, morveuse et grignoteuse. Bon débarras ! Les gosses comme des rats : voilà ce que révèle la flûte enchantée !(…)
Alors, chacun va et se débrouille comme il peut, confronté à la possible impossibilité de son existence comme à la possibilité de son inexistence. Deux chocs ou deux échecs ! Je songe à tous les êtres qu’il m’a fallu ne pas être afin d’être celui que je suis. Je pense à tout l’être qu’il me faudra déployer avant de ne plus être. L’activité artistique consiste, entre autres, en une exploration tâtonnante de chacune de ces failles. (…) Considérer l’Art comme un antidestin, une parade au néant,(…) souci d’avant l’enfance et souci de mort. Nous progressons entre ces deux vides. Corde tendue, corde lâche. Marcher comme on danse. »

Cela m’a permis de trouver refuge dans la présence charnelle des mots des autres, des livres… mon herbier… et laisser l’enfance enfouie, derrière moi comme un vieux film… (et j’aime les vieux films…

Sylvain dit: 20 novembre 2017 à 17 h 43 min

Hé bin…(jazz 15.57)La thceque jena Novotna,matchs collector face à M.Hingis ou Steffi Graf) morte aujourd’hui.

Sans faire d’humour noir,coïncidence promotionnelle troublante.

réputée pour son jeu d’attaquante …Se mesurer en sport homme/femme sans le même capital musculaire,n’est ce pas se fourvoyer sur une déf circonscrite de l’égalité?

Christiane 15.37,Désolé si j’ai mal formulé.Je veux dire que passer le cap,dur quelque soit les voies…

Mon choix:battle of the S!Thelma attendra.

Eriksen ,quel avis sur le cinéma de votre pays?(voir en vo doit faire une grosse différence.Qui a part Trier et Lars VT?)

christiane dit: 20 novembre 2017 à 17 h 46 min

Pour la porte, c’est exactement cela, pour la sortie… tu me l’avais montrée le jour de l’accompagnement de Màc mais ce que j’avais le plus aimé : cette allée aux pierres moussues et les vieilles marches de guingois de l’escalier de pierres. Marcher à tes côtés c’est écouter la rumeur de l’Histoire. Ça permettait de laisser se tasser le chagrin, là où nul n’irait le déloger, avec une rose à la main que j’ai gardée longtemps…
Il manque ce qui précède le premier pli.
« L’enfant naît avec vingt-deux plis. Il s’agit de les déplier. La vie de l’homme alors est complète. Sous cette forme, il meurt. Il ne lui reste aucun pli à défaire. Rarement un homme meurt sans avoir encore quelques plis à défaire. Mais c’est arrivé. » (Henri Michaux – « La vie dans les plis »)
Je crois que pour la petite Christine, de « Carré 35″, Caravaca a déplié les derniers plis et que maintenant, elle repose en paix.

eriksen dit: 20 novembre 2017 à 18 h 14 min

sinon,la malédiction du temps plié vous poursuit sur 13 générations…
Sylvain, je ne suis pas Danois (je suis normand de Sicile), mais je peux dire qu’il y a l’excellent Nicolas Winding Refn dont vous aviez tous adoré The Néon Demon.
Et Thomas Wintreberg, quand même

Sylvain dit: 20 novembre 2017 à 19 h 42 min

Normand de Sicile???

pourquoi anneLise vous appelle Danish man? Because le film ou la consonance?

Néon démon, bof.NWR a fait mieux! Fésten?

PETRUS dit: 20 novembre 2017 à 20 h 24 min

Après lecture de votre très bel article, Annelise, juste un mot pour préciser que « La solitude du coureur de fond » est adapté d’une nouvelle de Allan Sillitoe, auteur australien à découvrir ou redécouvrir.
La bande-annonce de Thelma laissait craindre une sorte de daube post-bergmanienne mâtinée de mauvais Stephen King, vos propos rendent, en quelque sorte, sa dignité au film…
Une critique généreuse, en somme.

Paul edel dit: 20 novembre 2017 à 23 h 30 min

petrus Sillitoe est anglais et délicieuse Annelise dans le feu follet c est Skerla la si belle maîtresse de Ronet

Phil dit: 20 novembre 2017 à 23 h 56 min

Voilà de la recension qui débouche les écoutilles. sorti un peu lobotomisé d’un film soviétique de 43, je puise l’air de votre critique ventilée, comme le poisson rouge passé par erreur dans le filtre de l’aquarium.
« La solitude du coureur de fond », excellemment résumée dans cette phrase proustienne de cinq lignes déconseillée aux asthmatiques.
vous donnez le regret de cet « Oslo » tiré de DLR (acronyme des accros à Drieu), pas vu quand la cinémathèque de Bercy l’a programmé. je lis plus haut que « le coureur de fond » est tiré d’un roman australien et n’avais pas imaginé que cette histoire claustrophobique aie pu échapper de la campagne british pluviométrique.
Les angry young men donneront aussi un « Saturday evening, sunday morning » (titre invendable mais ce cinéma ne vend que de l’âme), merveilleux angoissant film de nos destins écrasés.
dans la catégorie vintage, entendu ce weekend un « masque et la plume » de 1961: Georges Sadoul, France Roche et Regis Bastide recevaient Visconti himself pour la sortie de Rocco. Quel ton ! Le vicomte répondait en perfect french à Sadoul et Roche qui rivalisaient de subjonctifs. retenu que Alain Delon est « un bel enfant », dixit le Vicomte.

Annelise dit: 21 novembre 2017 à 9 h 16 min

Ah ah ! merci Paul 23h30, je corrige. . »Lena Skerla ».. une amie partant ds l’Himalaya le matin où j’écris le billet, google en rebuffade ce jour-là et boum ! Gentil télescopage,j’ai dû être à deux doigts d’écrire Sherpa, néanmoins la palme continue d’être détenue par Jacques et la culotte-salle qui ns a ts ravis
Svp donnez la réponse circonstanciée sur Sillitoe, à présent que le doute est semé.. je savais pour le nom, je ne connais pas la nationalité
Phil, Saturday evening je crois que c’est Tony Richardson le producteur – mais à vérifier, internet fluctuant aura t-il ma peau après avoir détruit mes nerfs, that’s the question ..qu’il était beau, Finney ! KR a un petit côté fordien sur ce coup
.. méfiez-vous des asthmatiques, parmi eux il y a des gens tb (Marcel himself..), parfois ils trouvent le souffle par nécessité, les petits malins se mettent à courir comme des chevreuils, des lapins ou des écureuils blancs au Montana !

Sylvain 20 nov à 12h34 dit :
« votre démarche,à l’opposé de celle d’Annelise,(thaumaturgie et pudeur sur le « secret »).
..La thaumaturgie, exact : il faut l’utiliser en concentré, sur pâte ultra fine, avec quelques olives noires, des rondelles d’oignon et de chorizo tranché très fin pour agrémenter la pizza

on s'marre dit: 21 novembre 2017 à 9 h 25 min

Un film tragi-comique sur les deux pouffettes hystériques qui s’étripent, beaufes trash et perverses chacune se croyant supérieurement intelligente

Sylvain dit: 21 novembre 2017 à 10 h 01 min

@9.16 vous êtes redoutable,(pas a la Hazavanicius).Vous donneriez envie à une corpo d’aveugles d’aller à la cinémathèque voir une rétro de films muets !

Par contre,K.Reisz fordien?Marxiste ,je veux…(Pas une critique).

« 2 poufettes hystériques qui s’étripent »(on se marre);qui ça?Vous parlez de sadoul,Fr Roche et bastide?

Le masque avait du niveau en 61.

Festén:le froid danois ne réchauffe pas l’ambiance familiale.

JAZZI dit: 21 novembre 2017 à 10 h 04 min

« la palme continue d’être détenue par Jacques et la culotte-salle qui ns a ts ravis »

C’est ça, foutez-vous bien de ma gueule, les occasions de rire sont rares !
pourtant, ce concept, involontaire, de la culotte-salle pour désigner le voyeurisme cinématographique…

Annelise dit: 21 novembre 2017 à 10 h 22 min

Sylvain.. si si un peu fordien..malheureusement pas le tps de développer, ms si vs avez l’occasion de revoir le film..je ne sais pas ce qu’en dirait Phil?.cette façon de filmer des scènes de la vie quotidienne, comme dirait Erving Goffman que j’ai aimé lire à l’égal d’un roman. .les pérégrinations hantées par les états psy du héros Albert F..bien sûr ce n’est pas la Seine, Ce n’est pas le bois de Vincennes,
Mais c’est bien joli tout de même
A Göttin.. euh, à Nottingham, à Nottingham

Phil dit: 21 novembre 2017 à 10 h 24 min

Sylvain, il doit s’agir des « poulettes » du prestigieux blog à passou. France Roche ne faisait pas « poulette » en 61. Plus tard le ton est devenu lascif, comme l’époque libidineuse (comme Chapier a forcé malgré lui le ton tapette) mais elle n’a jamais franchi le cap « poulette », tout au plus « chef de poulettes ».
Admirable langue de Sadoul qui fait oublier son dogmatisme politique. En 61 il n’avait plus que six ans à vivre.
Baroz, votre concept de la « culotte salle » réversible, vaut largement celui de la caméra-oeil de Vertov dont les cinématéqueux nous rebattent les oreilles, à mon goût excessivement. Le cinéma s’accomode mal des parlottages, tout l’art consistant à ne pas « spoiler le plot » (s’poiler le plote) en donnant le goût du film.
Albert Finney crève l’écran dans ce « Saturday evening » et oui,Richardson a bien produit le film. Magnifique interprétation de la femme mariée, mise enceinte par le violent jouvenceaux Finney.

JAZZI dit: 21 novembre 2017 à 10 h 35 min

Il faut arrêter ce faux débat sur le voyeurisme des uns et l’exhibitionnisme des autres, soulèvé par Christiane et eriksen à propos du « Carré 35″ de Caravaca.
Tout art, et principalement le cinéma, ne donne-t-il pas avant tout à voir ?
Les mots, les sons, les images nous montrent tout autant qu’ils nous parlent !
Mais que peut bien vouloir nous dire la petite culotte sale de Sara Forestier ? Négligence ou souci de réalisme, Phil ?

Gilles dit: 21 novembre 2017 à 10 h 51 min

« Le poisson rouge passé par le filtre du ventilateur ».Pareil pour l’effet ,Annelise…passage du bocal avec bouffe à carpes lyophilisé à la piscine creusée dans la roche ,filtrée naturel eco-bio ,algues et romarin!Ping-pong tonifiant sur RDC sur l’indécence ;sur RDL ça partait bien jusqu’à ce que qu’un brave péquin décrive « l’impuissance sexuelle » du cheum Philippe Sollers par ordonnance médicale ,tabac/drogues/alcool.avec pincée sur le fils anormal et qu’il ne b… plus!
Ben ça calme .Là oui ,trempage jusqu’aux dents du fond dans l’indécence!La distinction pointée hier par AL entre « l’exposé  » artistique&privé sauf s’il est remis « volontairement » à quelqu’un ,hachement fin.
Caravaca ,(eriksen),okay: la différence est qu’on se demande effectivement si la mère pourra le digérer,après qu’il lui ait forçé la main?nuance :c’est aussi SON histoire(celle du réalisateur).Le porno ,par ex,pas de notion d’indécence (alors que tout est montré )?Aimé l’allusion a Hammershoi,AL.Très juste .
Autrement ,j’ai ,remonté le fil dans le billet d’hier,vous l’aviez préparée,jazzi »la culotte salle » de Sarah?
La « triso-pride , »,pas confondre une honte injustifiée sur un état ou la pathologie est absente et un genre qui a le malheur de déconner,avec des conséquences dont sans à en avoir honte ,sont ce qu’elles sont & génèrent des différences (hors mis jugement de valeurs).

Phil dit: 21 novembre 2017 à 10 h 57 min

malgré quelques accointances, ne suis pas spécialiste du sujet, dear Baroz.
dans mon encyclopédie de la culotte au cinéma, un seul cas datant de la période « prés-alleculotte »: Anne Parillaud (atomisée aujourd’hui) enfilait son jean face à Delon, quand une jeune fille dans la salle (obscure et voyeuriste) s’écria: « elle n’a pas de culotte ! »

lewshima dit: 21 novembre 2017 à 12 h 59 min

Phil, vous semblez tourner autour du string of affairs concernant monsieur Alain Delon depuis un petit moment déjà, vous me faites penser à Vittorio Sgarbi, le poète entre autre de la délitescence architecturale, antique et moderne, de son pays, qui, lors de l’une de ses dernières sorties sur ses différents comptes sociétaux en ligne sur le « Réseau », s’en prenait à la vestale Asia Argento (scotchgardisée vivante sur le cuir du divan d’Harvey) afin de construire sa démonstration.
Selon lui ce genre de pratiques existait depuis la nuit de la création d’Hollywood.
Ainsi prenait-il l’exemple de votre cher Visconti (et le nôtre aussi), réalisateur gourmand de ses acteurs (Delon passant à la casserole — d’après lui, attention), il me semble que cela corrobore vos interlignes et sous-textes élastiques d’il y a quelques billets supra.
Un acteur-réalisateur-producteur devenu, par imitation ou pas, très proche de ses actrices lui aussi, comme une certaine Harmony du Toubib put en faire l’expérience vers 1979.
Au-delà du répandage de cancans propre au monde du cinéma, plusieurs documentaires sur la vie et l’oeuvre de A. Girardot témoigneraient que les relations entre les actrices et les acteurs en vigueur dans les années septante (Delon mettant un point d’honneur à délivrer certains messages de son ami Salvatori, the « Rocco way », sur un lieu de tournage commun) seraient désormais de l’histoire ancienne.
Avant les prétendues révélations d’aujourd’hui, que toutes et tous étouffèrent dans le milieu (ça touche aussi la prod indé ou institutionnelle dans le journalisme télé).
Verhoeven, vrai sans-culotte chez les poudrés (tous libéraux et féministes sur le papier, comme c’est bizarre) de la production hollywoodienne, savait comment ne pas vider les salles lui (et montrer des femmes pleine de force).

Annelise dit: 21 novembre 2017 à 14 h 09 min

Beau post au-dessus..il est vrai qu’il ne fallait pas trop titiller Nomi Malone, surtout chaussée de talons aiguilles pointus au bout, et j’ai déjà pu par ailleurs louer le déhanché, la souplesse propres aux danseuses pour coup de tatane sur porc hard-rockeur ayant renversé tout en brutalité la copine noire.. Showgirls était un film bcp plus féministe, humoristique et douloureux qu’il n’y paraît. Sur Verhoeven je (re)signale l’excellent entretien avec Emmanuel Burdeau, « A l’oeil nu », chez Capricci – où on apprend le rapport particulier du Hollandais violent à Jesus, the real, not le joueur de bowling en survet mauve challenger du Dude… d’ailleurs coup de théâtre, en refeuilletant totalement par hasard, hier, l’ouvrage, je tombe sur le fait que c’est Saïd Ben Said, producteur franco-tunisien évoqué au fil du billet précédent autour du clash à Carthage pour soutien à Nadav Lapid qui est celui de PV?

Sylvain dit: 21 novembre 2017 à 15 h 36 min

Le prod tunisien VS le festival a Carthage.Si je comprends bien ils ont interdit l’accés parce qu’il produisait un film israélien?

En algerie,hadda Hazem a arrêté la grève de la faim pour protester contre la main mise de l’état sur son journal.Hospitalisée .C’est chaud.

Phil 10.57,elle s’est écriée ça pendant la séance?

Quelle salle?Le cinéma est plus devenu un lieu de conso aseptisé.

lewshima dit: 21 novembre 2017 à 16 h 13 min

Ciao, Annelise.
Oui, vous êtes devez être l’une des rares critiques à avoir aimé Showgirls (remarquez beaucoup reviennent à Starship Troopers si facilement « Leibstandartétisé » par la Division des Cinéphiles Blindés de Références à sa sortie).
Verhoeven, né à la Hague en 1938, vécut les tirs de V2 et les tentatives de contre-bombardements de la RAF en 1943, cela dut le secouer, il assista à des réunions de pentecôtistes de sa ville, juste avant l’explosion Provo, comme vous l’avez peut-être lu dans votre livre sur lui.
Une sorte de mouvement Quaker, pas des Trembleurs se déambulant dans la nef avec des serpents tenus par la tête dans la bouche comme en Amérique, mais presque. Y puisa-t-il des images ?
Prenons peut-être avec des pincettes ses protestations d’athéisme lorsqu’il va jusqu’à faire dans un film caresser le Christ comme on câline au cimetière du coin une partie de l’anatomie bouffie de Victor Noir. Noli me filmare.
Lui-même s’est pas mal fait peloter dans le noir par des amis cinéastes (Dick Maas montre un plan de son homme-grenouille-tueur qui reflète exactement le visage de Rutger sortant d’un bain chaud licencieux, voire lubrique, dans « La Chair Et Le Sang »).
Enfin l’auteur du grand Black Book.
E’ sempre un piacere leggerti sul blog, in queste colonne, ;-) .

Phil dit: 21 novembre 2017 à 19 h 10 min

dear Lew, Visconti Delon vous sortent du bois des coulisses, pour le grand bien du salon.
En passant méconnait les moeurs de hollywood précode,
rendez-nous le cinéma bis d’Argento (père).

Phil dit: 21 novembre 2017 à 19 h 26 min

L’uccello dalle piume di cristallo (The Bird with the Crystal Plumage) et « le cat’s nine tale ». Pour une entrée pleine de paillettes dans l’univers du giallo, dear baroz.

Annelise dit: 21 novembre 2017 à 19 h 29 min

..ah Dario dans le giallo, Jazzi.. et Bava, donc ! parfois tt est ds le titre, déjà..allez, quelques uns, de chic, pour la joie et pour saluer le retour de Lew.. « La morte a fato l’uevo ».. »La frusta e il corpo », ou encore « Cosi dulce..cosi perversa » et « La foto proibite di una signara per bene » (si, si …)

Phil dit: 21 novembre 2017 à 19 h 53 min

les signora sont bien aimées dans le giallo.
un de my favourites:
« Lo strano vizio della Signora Wardh »
( vizio n’est pas le vison !)

emmanuel dit: 21 novembre 2017 à 22 h 09 min

lémeilleurs billets sontissi,pas2dout!kant annelise ellécrit cé letzintzoum!;.Jazzy fépalcokin,tussé kle ptitoiseau lpardonnepa la vulgarité?;!Cépa passk’tas la lordose queté complaisant ,chai bien;ldjialo céla fantaisikitu;.: LRiquain rirsen képa danois et liouchima,same dairy?;
Jmaprete aallervoir battle offe the sexizes grassavou,Annelise ; dousse rime.;.Salut ,bonui a toussent;

Phil dit: 21 novembre 2017 à 22 h 42 min

Edwige Fenech, terrible indeed (elle apparait dans un autre film à baignoire, oublié le titre). A voir sur grand écran (avant une bonne pizza)

Phil dit: 21 novembre 2017 à 23 h 55 min

Oui Baroz, Argento est venu in persona à la cinémathèque il y a 10 ans, je crois. parfois quelques bons cinémas du quartier latin dans le creux de l’été vous sortent un cycle Argento pour vintageurs bien cuits. et yes, le giallo se voit en groupe..

Annelise dit: 22 novembre 2017 à 9 h 21 min

Certains auront noté que j’ai demandé à la modé d’effacer un post « sexuel » ce matin.
Je vous rappelle amicalement que sur RdC vous n’êtes (dieu les bénisse l’un et l’autre s’il en a envie) ni chez Thierry Ardisson ni chez Laurent Ruquier. Vous pouvez plaisanter, digresser, dériver, y revenir, contester, attester, blaguer, appuyer, démonter, admirer etc..mais des limites à ne pas dépasser ou, si elles st atteintes « que les bornes st franchies », qu’elles le soient sous une forme adéquate au lieu..Poireautant entre deux dans un café d’aéroport, j’en ai profité pour remonter le fil des commentaires avec attention et suis retombée sur Gilles, 21 novembre, relayant un extrait sur Sollers tiré de chez Passou
Qq jours sans avoir eu le temps de lire RdL, ms si ce sont les termes exacts, cela me scandalise ! Pas par pudibonderie.. un moment que je ne lis plus Sollers avec le plaisir des débuts, mais c’est quoi, ces quolibets sur la vie sexuelle « avérée supposée » de l’homme ? Le tabac, les drogues, etc – non mais ça va bien ? Les posteurs planqués derrière ordi, qui y vont de l’épandage de fumier ad hominem…l’opprobre définitive, bien croustillante reportée sur texte de la non sexualité du « vieux machin » accusé de « se la jouer » !… « D’ailleurs il ne baise plus » ? bon dieu, l’argument !.. What a « shame », diraient Fassbender &Carey Mulligan chez Steve Mc Queen(cinéaste), Fassbender canon scié en 2011 par la trop-pratique en chaine révélant le vide intérieur.. bon gros tabou masculin, maniable à ts crins pour jeter le ridicule ! Ah oui c’est scandaleux.. que les cauteleux aillent discuter avec, s’ils en ont, des amies femmes trentenaires ou lire « Nature », les gentils bilans sur l’état de la sexualité contemporaine des mâles en Europe où il est spécifié que le petit tricassin physiologique du matin, si rassurant pour la « virilité », aurait tendance à disparaître plus qu’on n’aimerait l’admettre, y compris chez des quadras tellement frétillants en apparence, dans leur genre – et pourquoi ? Pas en raison du jugement moral insidieux induit par l’accusation de « drogue ou alcool ».. par désarroi, par choc ou solitude… parce qu’ils n’ont plus envie, ou ne savent plus.. la voilà l’impuissance objective..( l’autre « médicale » bien plus rare, susceptible, elle, entre parenthèses, de meilleurs recours).. les dames de l’art – pour lesquelles j’ai considération, comme pour tout travailleur manuel ayant à cœur de fignoler – fréquentées à hauteur du crédit de cartes bancaires.. eh oui..moins facile de faire part de réclamations, quand le client est roi.. bien connu qd même que les réputés serial lovers sont éventuellement les mêmes que ceux que concerne le trouble du non-érigé… le forfait, ou plutôt non-forfait signé à la pointe de l’épée ainsi maquillé dans la disparition… « à la suivante » !.. . les fiérots rigolards magiciens de la baguette magique, brandie sur blog… wow…bizarre comme ils ne viendront pas raconter si au moment de passer à l’acte, ils ne préfèrent jouer à la console que de faire Merlin l’enchanteur, l’amour d’une manière ou d’une autre, parce qu’ils ont peur…ça ce n’est pas de l’égrillard, c’est du « Good Time », Pattinson chez les Safdie, tout isolé moralement, avec la maîtresse friquée qui veut son voyage et se fout du frère débile… le corps prosaïque de chacun en situation, après, de quoi je me mêle ? « fonctionnement » comme « érotisme », trucs intimes où la cuisine se fait généralement à deux.. « Mademoiselle » , de Park Chan wook : « quel fumier irait raconter sa nuit de noces ? » (le sale type lui tranche un doigt).. « Head on » de Fatih Akin.. romantisme aristocrate des sentiments..sans parler des décorrélations qui peuvent exister, Lagerfeld, l’homme de sa vie Baescher « avec lequel il n’avait pas de relations charnelles ».. cette mention sur Sollers est dingue, inique ! Elle vaudrait exclusion pour l’auteur, pour sanction non du « scandale » mais de la bêtise, la vulgarité crasse qui y st à l’oeuvre

Sylvain dit: 22 novembre 2017 à 9 h 49 min

superbe,Annelise.entièrement d’accord.En passant ,merci pour le rappel du film de St McQ…

Sollers est ridicule avec son look,so what?
Le sex,aréne ou la populasse adore voir le gladiator perdre son sang.

eriksen dit: 22 novembre 2017 à 11 h 04 min

Pour C Mulligan et M Fessbander, « la honte » était qu’il avait baisé ensemble. la « trop-pratique en chaine » ne révélait pas un vide intérieur mais cherchait l’épuisement intérieur afin de ne pas retomber dans « the shame ». Quel film !

en promenade dit: 22 novembre 2017 à 11 h 05 min

anneliese
« les posteurs planqués derrière ordi, qui y vont de l’épandage de fumier ad hominem…l’opprobre définitive, »
oui à côté c’est de plus en plus le défouloir pour beauf ( e ) s frustré ( e ) s

Sylvain dit: 22 novembre 2017 à 11 h 14 min

Ha ha ha!! A croquer.

La terreur de M.F,dans le film de MacQueen.La soeur(Carey M) sort mieux du trauma.

Battle au programme demain.J’irai voir TH cette semaine,en fin de compte!

JAZZI dit: 22 novembre 2017 à 11 h 45 min

Téchiné avait pris une option sur « Pour en finir avec Eddy Bellegueule ». Finalement c’est Anne Fontaine qui s’y est collée, avec « Marvin ou la belle éducation », sans mention d’Edouard Louis au générique. Qu’est-ce à dire ?
A voir…

Sylvain dit: 22 novembre 2017 à 12 h 54 min

Pas sur la même longueur d’ondes Ericksen 11.04.ça reduit le film a l’inceste.

Selon moi ça tourne davantage SUR le dérèglement initial.La soeur = une conséquence d’1 n’importe quoi paumé,plus que « cause ».

Après « Fess-bander » noie dans la sensation et nombre pour y »arriver ».

Jusqu’au backR.Par contre l’idée de la tentative homo,égal « dans le film toucher le fond »? ..pas sympa.

Il use un truc tout du long du film.Fort.Sur le désespoir contempo général plus que sur la honte d’avoir touché la soeur(est ce dit?)

JAZZI dit: 22 novembre 2017 à 13 h 05 min

Voir la liste des films « jaunes » italiens.
Je n’en ai vu aucun !
C’est grave docteurs Annelise et Phil ?

1963 : La Fille qui en savait trop (La Ragazza che sapeva troppo) de Mario Bava
1963 : Le Corps et le Fouet (La Frusta e il corpo) de Mario Bava
1964 : Six femmes pour l’assassin (Sei donne per l’assassino) de Mario Bava
1968 : La Mort a pondu un œuf (La Morte ha fatto l’uovo) de Giulio Questi
1968 : Le tueur frappe trois fois (La morte non ha sesso) de Massimo Dallamano
1968 : Naked you die (Nude… si muore) de Antonio Margheriti
1969 : Pervertion Story – La Machination (Una sull’altra) de Lucio Fulci
1969 : Si douces, si perverses (Così dolce… così perversa) de Umberto Lenzi
1970 : L’Île de l’épouvante (Cinque bambole per la luna d’agosto) de Mario Bava
1970 : L’Oiseau au plumage de cristal (L’uccello dalle piume di cristallo) de Dario Argento
1970 : Photo interdite d’une bourgeoise (Le Foto proibite di una signora per bene) de Luciano Ercoli
1970 : Une hache pour la lune de miel (Il rosso segno della follia) de Mario Bava
1971 : Carole/Le venin de la peur (Una lucertola con la pelle di donna) de Lucio Fulci
1971 : Je suis vivant (La corta notte delle bambole di vetro) de Aldo Lado
1971 : Journée noire pour un bélier (Giornata nera per l’ariete) de Luigi Bazzoni
1971 : La Baie sanglante (Reazione a catena) de Mario Bava
1971 : La Queue du scorpion (La coda dello scorpione) de Sergio Martino
1971 : La Tarantule au ventre noir (La Tarantola dal ventre nero) de Paolo Cavara
1971 : Le Chat à neuf queues (Il Gatto a nove code) de Dario Argento
1971 : Les Insatisfaites Poupées érotiques du docteur Hitchcock (La Bestia uccide a sangue freddo) de Fernando Di Leo
1971 : L’Étrange Vice de madame Wardh (Lo strano vizio della Signora Wardh) de Sergio Martino
1971 : L’Iguane à la langue de feu (L’Iguana dalla lingua di fuoco) de Riccardo Freda
1971 : Nuits d’amour et d’épouvante (La morte cammina con i tacchi alti) de Luciano Ercoli
1971 : Plus venimeux que le cobra (L’Uomo più velenoso del cobra) de Adalberto Albertini
1971 : Quatre mouches de velours gris (Quattro mosche di velluto grigio) de Dario Argento
1971 : Cran d’arrêt (Farfalla con le ali insanguinate) de Duccio Tessari
1972 : Amuck (Alla ricerca del piacere) de Silvio Amadio
1972 : Folie meurtrière (Mio caro assassino) de Tonino Valerii
1972 : Knife of Ice (Il Coltello di ghiaccio) d’Umberto Lenzi
1972 : La dame rouge tua sept fois (La dama rossa uccide sette volte) d’Emilio Miraglia
1972 : L’Alliance invisible (Tutti i colori del buio) de Sergio Martino
1972 : La Longue Nuit de l’exorcisme (Non si sevizia un paperino) de Lucio Fulci
1972 : La mort caresse à minuit (La morte accarezza a mezzanotte) de Luciano Ercoli
1972 : Les Rendez-vous de Satan (Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer?) de Giuliano Carnimeo
1972 : Le Tueur à l’orchidée (Sette orchidee macchiate di rosso) d’Umberto Lenzi
1972 : L’Œil du labyrinthe (L’Occhio nel Labirinto) de Mario Caiano
1972 : Mais qu’avez-vous fait à Solange ? (Cosa avete fatto a Solange?) de Massimo Dallamano d’après le livre d’Edgar Wallace
1972 : Qui l’a vue mourir (Chi l’ha vista morire?) d’Aldo Lado
1972 : Your Vice Is a Locked Room and Only I Have the Key (Il Tuo vizio è una stanza chiusa e solo io ne ho la chiave) de Sergio Martino
1973 : House Of Psychotic Women (Los ojos azules de la muñeca rota) de Carlos Aured
1973 : Torso (Carnal Violence) (I corpi presentano tracce di violenza carnale) de Sergio Martino
1974 : Eyeball (Gatti rossi in un labirinto di vetro) d’Umberto Lenzi
1974 : La Lame infernale (La polizia chiede aiuto) de Massimo Dallamano
1974 : L’Homme sans mémoire (L’uomo senza memoria) de Duccio Tessari
1974 : Spasmo (en) (Spasmo) d’Umberto Lenzi
1974 : The Killer Reserved Nine Seats (L’assassino ha riservato nove poltrone) de Giuseppe Bennati
1974 : The Perfume of the Lady in Black (Il Profumo della signora in nero) de Francesco Barilli
1975 : Frissons d’horreur (Macchie sola) de Armando Crispino
1975 : Les Frissons de l’angoisse (Profondo rosso) de Dario Argento
1975 : Strip Nude for your Killer (Nude per l’assassino) de Andrea Bianchi
1975 : The Killer Must Kill Again (L’Assassino è costretto ad uccidere ancora) de Luigi Cozzi
1976 : La Maison aux fenêtres qui rient (La casa dalle finestre che ridono) de Pupi Avati
1977 : Il Mostro de Luigi Zampa
1977 : L’Emmurée vivante (Sette note in nero) de Lucio Fulci
1977 : Watch Me When I Kill (Il gatto dagli occhi di giada) de Antonio Bido
1978 : Terreur sur la lagune (Solamente nero) de Antonio Bido
1978 : Violez les otages ! (titre original : Le evase – Storie di sesso e di violenze) de Giovanni Brusadori
1982 : L’Éventreur de New York (Lo squartatore di New York) de Lucio Fulci
1982 : Ténèbres (Tenebre) de Dario Argento
1984 : Murder Rock (Murderock – uccide a passo di danza) de Lucio Fulci
1985 : Phenomena de Dario Argento
1986 : Midnight horror (Morirai a mezzanotte) de Lamberto Bava
1987 : Bloody Bird (Deliria) de Michele Soavi
1987 : Delirium (Le foto di Gioia) de Lamberto Bava
1987 : Opéra de Dario Argento
1993 : Trauma de Dario Argento
1996 : Le Syndrome de Stendhal (La sindrome di Stendhal) de Dario Argento
2001 : Le Sang des innocents (Non ho sonno) de Dario Argento
2009 : Amer de Hélène Cattet et Bruno Forzani (hommage au giallo)
2009 : Imago mortis de Stefano Bessoni
2010 : Blackaria (Glam Gore 2) de Christophe Robin et François Gaillard
2010 : Last Caress (Glam Gore) de Christophe Robin et François Gaillard
2011 : Masks de Andreas Marschall
2014 : L’Étrange Couleur des larmes de ton corps de Hélène Cattet et Bruno Forzani
2015 : Francesca de Luciano Onetti
2017 : Deep Shock de Davide Melini
2017 : Secrète et Insoumise de Chris Rakotomamonjy

JAZZI dit: 22 novembre 2017 à 13 h 11 min

« 1996 : Le Syndrome de Stendhal (La sindrome di Stendhal) de Dario Argento »

Celui-là, faudrait le recommander à Paul Edel ?

Annelise dit: 22 novembre 2017 à 13 h 28 min

Diable ! Merci Jazzi. Bonne question à 13h10
Dire que je ne l’ai pas ts vus.. Je préconiserai, par amour de l’art marabout-de-ficelle « Une hache pour la lune de miel » suivie on ne peut plus logiquement de, « La queue du scorpion » ? Les Lacaniens vont se régaler
Sinon la prescription de Phil m’avait paru excellente..plumage de cristal (tiens, il me semble que la rivale de Nomi-Showgirl qui sème les perles d’un collier dans l’escalier pour scier les ambitions de sa copine a nom Crystal..) & Vice caché…Madame Wardh, l’art de Martino via Edwige Fenech de faire grimper aux nu(e)s..pas « rasoir ».. des répliques de fous, « Hate is a good feeling, fiery and violent »..tt ça baigné ds une épaisse sauce psychanalitico-erotico-flamboyantico-romanesco-grandguignolo.. on ne tient plus la Nora Orlandi, ça y va larga manu.. mon vice est un coffre-fort dont lui seul a la clé?

JAZZI dit: 22 novembre 2017 à 14 h 22 min

Quoiqu’il en soit, Phil a raison. Ce genre de films ne peut se voir qu’en salle. J’imagine le spectacle. Il y a forcément un moment où l’on ne peut que se jeter dans les bras de son voisin ou de sa voisine de fauteuil ! Bien choisir sa place au préalable…

Phil dit: 22 novembre 2017 à 16 h 54 min

Soyez le bienvenu dans la quatrième dimension du cinéma, dear Baroz. vingt ans d’errance cinéphilique et du bon champagne (parfois du mauvais) ne suffisent pas à prendre la mesure de la puissance pouacre des giallos/i. à chacun sa quête du graal, je désespère de trouver un bon enregistrement à prix décent du Dies Irae de Nora Orlandi.

JAZZI dit: 22 novembre 2017 à 21 h 47 min

Remarquablement dit, Annelise, sur « Thelma » de Joachim Trier !
Et entièrement d’accord avec vous. La narration est sublime, mais l’histoire tâtonne et on commence à trouver le temps long. Ensuite, ça part dans tous les sens… Finalement, si j’ai bien compris, c’est le père qui a jeté le bébé dans le lac ?

Annelise dit: 22 novembre 2017 à 22 h 36 min

Merci, cher Jacques! Sortant de Bercy en direct live de la Cinémathèque où je suis allée voir le film de Jean Rouch… J’arrive hélas avec un quart d’h de retard forcé, c’est drôle car il y a là Frédéric Bonnaud tenant quasi la caisse, je ne le connais pas mais le « reconnais » intérieurement, d’après photo… Je m’apprête à repartir, tout ça dans un anonymat parfait, et lui après m’avoir grondée sur le principe, « les horaires d’avion, je n’y suis pour rien… » me laisse généreusement entrer, m’asseyant sur les marches avant de me glisser au fond, dans la salle emplie. Élégant. Phrase forte du film , »les femmes, c’est bcp d’emmerdements ». Difficile de nier?
Sur le Norvégien.. Ne déflorez pas trop d’un coup, mais le père, vs croyez? Je ne suis pas de cet avis…let´s talk

eriksen dit: 23 novembre 2017 à 0 h 39 min

Sylvain (22 à 12h54), l’interprétation critique de Shame s’était focalisée sur l’addiction sexuelle.
M’avait semblé moins réductrice l’hypothèse d’une honte dont le scénario ne parlerait jamais, suivant lui-même le non-dit induit.
Dans une interview, la question suivante a été posée à Fassbender : « Vous a-t-on donné des indications sur ce qui était arrivé dans le passé de Sissy (Carey) et Brandon (Fassbender) ? »
« FASSBENDER: Well, we talked about backstory. Carey, Steve and I got together and discussed it, many times. We all had an idea of something, but perhaps had our own versions of it. But, I’m not going to tell you what that is. It’s not really that important, to be honest. It’s not just to be tricky with it. They never mention their parents, so that intelligent people that go to see the film, they’ll fill in the blanks much better then what you could ever put on paper. » already speaks volumes. There is a history between them. I thought, “God, isn’t it great that there’s not a paragraph in this film where they have an explanation of what happened with expositional dialogue.” We get it. We get that there’s a history between these two, and they’re coming from somewhere. When you have wonderfully
« Le dérèglement initial » dont vous parlez, est-il ce qui « speaks volumes » ? What is your filling of the blanks, Sylvain?
Ce que vous voyez comme « toucher le fond », je l’ai vu comme une fuite. Dans son désir d’épuiser sa testostérone, les femmes ne suffisent plus.
Je suis d’accord, ce n’est pas sympa.
Mais pas plus que ça. Il faut laisser au moins la possibilité de n’être « pas sympa « , sinon difficile de créer, j’imagine.

Sylvain dit: 23 novembre 2017 à 11 h 08 min

Sur l’addiction sexuelle du frere . »We all had an idea,but perhaps our own versions ».

Tout à fait ça!J’avais imaginé:mort violente d’un, ou des parents?Je ne disais pas « toucher le fond » sur le mode raillerie.

Ca gâchait le film que Smac Q présente ça comme derniers recours,sans plus…

Quel film de Rouch,Annelise? Si j’avais su, je serai allé.Le quartier de la CF de nuit,pas tres glamour.Vous étiez accompagnée?

eriksen dit: 23 novembre 2017 à 11 h 23 min

« We all had an idea,but perhaps our own versions »: Je ne pense pas que cela veuille dire « à chacun sa vérité », car il y a « but ».
« mais peut-être nos propres versions » de quoi? de « an idea ».
l’idée est manifestement commune.
c’est cette idée-là dont « l’inceste » est une hypothèse, plus intéressante à mon goût que la mort d’un ou des parents.

Sylvain dit: 23 novembre 2017 à 12 h 28 min

Subtil,ericsen.Une chose plaide en faveur de votre thèse:sa gêne(elle)en sa présence.

Plus délicate? Les femmes le sont plus.

je persiste,(addiction pathologique)plus symptomes &conséquence que « cause ».

Le post d’Al pour la défense de Sollers que je ne peux pas sentir,(pourtant Mauriac!!) goûteux en langue ,iconoclaste singulier (j’aurais parié que notre Annelise l’enfoncerait)à relire sur la trame de la solitude de l’H du XXIe…

eriksen dit: 23 novembre 2017 à 14 h 17 min

Elle n’est pas subtile du tout, Sylvain. Extrait d’un message sur sa boite vocale: « je n’en ai plus que pour 3 semaines, j’ai un cancer, le plus grave qui soit, celui du clit.. » il coupe le message.

xlew dit: 23 novembre 2017 à 14 h 27 min

Je suis venu, suis au culot entré dans la salle, j’ai vu, vaincu l’idée de partir à reculons, dans l’obscurité même les dames hiboux ressemblaient à des hulottes mâles…
Je comprends de mieux en mieux l’art poétique d’Annelise, sa bataille, le fruit de ses entrains, son arc critique (bandé au réveil de son Ulysse intérieur, chaque flèche décochée le matin effaçant dans le ciel du soir sa traînée dynamique pour ne pas ruiner les efforts de tous les Zénon cinéphiles écrasés de sommeil sous les draps qui leur servent d’écran toujours intact, immaculé), les lieux et leurs images qu’elle habite sans les investir, l’honneur d’échapper au cadre (lectrice d’Erving Goffman, et ne le cachant pas, comme peut-être les vétérans de la French Theory le firent peut-être en leur temps) et sa dentelle de fixation, pas de Dark internet avec elle, mais des connexions multiples, en paiement de sa personne (je pense à Ueda, qui — ses « vieux camarades », Phil, Jazzy et C.P s’en souviennent — était le premier à faire barrage de son corps lorsque Sophie ou Annelise se voyaient prendre à partie de façon déloyale, il serait aux anges de voir les nouveaux commentateurs à la baguette aujourd’hui).
Et saisi mieux aussi son « vantage point » depuis les hauteurs carpatiques du Café Georges (ses fauteuils jaune safran alignés comme à la parade, ses tables en teck de Sibérie méridionale avec leurs queues de renards des sables libyens sortant par le dessous, à la Brauner, l’autre roumain du Centre, lorsqu’on commande un Spritz blanc arrosé de Cynar), pas du tout sur sa chaise perchée, glissée dans des habits de baronne arbitre des élégances que l’on prête aux gens qui vont et viennent en contrebas, vêtus du noir de Vienne en effet, les tailleurs et coloristes de cette ville continuant d’inventer le 19e siècle à Paris, la Seine ayant souvent des airs de Danube, quelquefois même une âme de Prout, comme le remarqua peut-être Muray d’ailleurs, alors qu’elle charrie vers l’aval, à la mer, vers Villerville, ou d’autres abers inconnus, en gros blogs de glace, dans le sillage des tourbillons errants des avis du Cercle, les traits d’esprits du Masque portuaire et les papiers critiques des sorties d’hier.
@~o>, j’ai vu Sollers dans la rue, il m’a parlé de doigts, de la manière dont ils débordent le corps des femmes — pour s’emmurer dans les torsades de leurs âmes méchées de sel d’argent, à l’arrière de leur explosive saveur de Camargue, de grignon, tout en cheveux, nues sur la lande et ses marais, comme des esprits cavaliers foulant les rizières, pulvérisant de leurs sabots revolvers les têtes des ragondins perceurs de digues et siphoneurs de levées –, lorsqu’ils le caressent une dernière fois.
D’ordinaire, Hollywood a toujours su se moquer de lui-même (les films indépendants étant distribués par les grands studios de toute façon), et le premier film présenté double l’actu, effet synchrone comme le note Annelise, les séries télé précédant souvent l’essence des faits, elles, c’est leur force inégalée, et si les couleurs de la photo rappellent celles du Escape To Victory de Huston et celles de The Babe de Hiller, BJK était une vraie star à l’époque, possédait paraît-il un halo qui devrait transcender le brouillard de la couleur locale une fois projeté sur écran, c’est trop facile la restitution de la couleur pour la couleur, les rockers recherchaient sa compagnie, ça s’est dilué un peu après avec les essais artistiques de Guillermo Vilas ou Gerulaitis à la guitare dont les journalistes se faisaient l’écho, les pauvres diables.
Ilie Nastase, dernier roumain du post promis, laissa fondre son humour au soleil des genderqueers triomphants d’aujourd’hui, Navratilova larguée, la part féminine de Connors faisant un moi d’honneur à la part robotique de Borg, les lesbiennes et les mâles gays deviennent des « mixters’ à leurs propres yeux, bientôt les Hoquenghem de demain organiseront de faux ré-embarquements au poste, rue Sainte-Anne, pour pimenter d’un peu d’ombres leur trop plein soleil d’invisibilité, se revigorer la mentalité d’avant-garde. Le rapt de Ganymède continue de plus belle.
On peut penser que les sportifs d’aujourd’hui franchissent un pas de plus vers l’infantilisation, la kitschisation de la société, avec leurs stories en direct sur instagram, un gros Lalaland à dribble perdu généralisé for the people, je trouve que cette critique du kitsch peut vite devenir un kitsch en soi-même, Frederick Exley, en dit peut-être autant sinon plus que Kundera sur ce plan.
Sur le second film, on voit que le cinéaste cherche sciemment, au risque de l’embardée, travaillée sur des rails comme on met au point une cascade, à sortir des sentiers de la citation, Carrie et sa tête de déterrée du jardin de Wallander, Hammershøi, mais aussi les grands italiens et espagnols de la Renaissance (les corps en suspens dans l’air sont des Piétàs aérobies, les artistes-réalisateurs du Nord ont tous lu le dernier Fernandez et retrouvent l’inspiration en se précipitant goulument entre les feuillets des livres d’enluminures bibliques), pour contrer ce mouvement naturel, ils reviennent aux fondamentaux et forcent les critiques à mentionner l’efficacité de John Carpenter, c’est malin un cinéaste en 2017, tous les films sont des réservoirs à reflets, Lanthimos se retrempait dans les mêmes eaux que le maître pour s’éclabousser carrément de la scène de Eyes Wide Shut dans son filmage de Kidman en sa salle de bains, Clouzot fit un superbe Black Friday des saints vendredis noirs de l’expressionnisme allemand, charge à nous les spectateurs de les faire atterrir, de les remettre dans la boîte de nos souvenirs.
C’est une danse d’électrons à deux bandes parallèles, un billard spatial aux contours disparus, une Europa d’ondes gravitationnelles sans gare de Triage, les critiques comme Annelise et ses fidèles commentateurs se transforment en corbeau blanc et sautent la barrière d’entrée du cinéma comme Noureev au Bourget, vers la liberté (de commenter longuement, et je le regrette, waroukatta, soumimass’,[inclinaison tête]).

Annelise dit: 23 novembre 2017 à 16 h 27 min

Wooooow. Lew, suis très, très touchée… yes (avec un internet qui d.. tjs autant, me fera tourner « bourrique » comme on dit ds les films de Rouch aux « 3 conseils »)

Annelise dit: 23 novembre 2017 à 16 h 30 min

Nastase, il faudrait qd même parler des poèmes à Caroline. . merguez, manèges enchantés.. le Roumain sait y faire ds les Carpates, érotisme sans gousse d’ail

J.D dit: 23 novembre 2017 à 19 h 03 min

« Belle enfant « (le vicomte à Alain Delon),MME ex Junot, »Itold you so » de MME mère Grâce K,avec Guillermo Vilas !La principauté eut de quoui endurer .L’argentin avait vaincu Ivan Lendl ,Annelise .De quoi s’enorgueillir .Thelma dans le viseur ,Feygele .Les titres giali de Herr Jazzy et Herr Philippe donnent le vertigo(hitchcoquien ).

JAZZY dit: 23 novembre 2017 à 20 h 45 min

« Battle of the sexes », bon film, efficace et rythmé, à la sauce émotion garantie par Annelise ! J’ai bien aimé, y compris les couturières-philosophes gays : « Un jour viendra où l’on pourra aimer qui on veut ! »…

C’est le troisième film de la semaine qui fait un retour en force sur les années 70. C’est une épidémie ? Dans celui-là, l’ambiance de l’époque est plutôt bien reconstituée. Ils en tenaient une couche les mecs à l’époque !
« Maryline » de Gallienne, est censé se passer dans les mêmes années. On a droit a un continuel défilé des pimpantes guimbardes de ce temps là. A part ça, rien de plus. Enfin, dans « Le musée des Merveilles », on assiste à une mise en parallèle des années trente et des années septante new-yorkaises, un régal…

P. comme Paris dit: 24 novembre 2017 à 0 h 16 min

Ainsi « donc »,
vous me châtrez,
du Dejazet au Midi/Minuit,
en me faisant un cours sur l’impuissance.
Pour un verbe à 02 heure du mat.
Votre réveil n’a pas dut être drôle.
Entre deux avions, peut-être.

Mille excuses.

P. comme Paris dit: 24 novembre 2017 à 0 h 34 min

« qui fait un retour en force sur les années 70.
Ils en tenaient une couche les mecs à l’époque ! »…

Saïgon, Saïgon, Saïgon :
Tu parles d’une couche?…

P. comme Paris dit: 24 novembre 2017 à 1 h 05 min

Demandez leurs vous qui savez,
lors votre père vous retrouvez
ce que le temps vous a laissé,
un pied de neige sur une fosse.
Oh Leningrad, oh ma souffrance,
Pourquoi ont-ils tué Jaurès.
Saint-Pétersbourg ton nom je clame,
Oui notre monsieur, oui notre bon maistre,
une ville sans nom, et puis que d’êtres.

Annelise dit: 24 novembre 2017 à 9 h 08 min

Mais oui Radio, certainement..vs ne voudriez pas parler des films au lieu de vous couper en nous rasant ?
Revu hier, en salle, « Le Locataire » de Polanski

Annelise dit: 24 novembre 2017 à 10 h 35 min

Curieuse donc de revoir à la Cinémathèque « Le Locataire » de Polanski.
Le film survient après le carton Chinatown et ne déchaine pas les enthousiasmes, trop long, cauchemardesque, jugé grand-guignol. Une part de vérité entre dans ce jugement. La poupée désarticulée « Simone Choule » maquillée perruquée, se rejetant une seconde fois dans la verrière « qui vient d’etre réparée » après avoir été renversée par Claude Dauphin et sa femme, se traînant sur les marches achevant sa kafkaiënne métamorphose sous l’œil de Zy et les aboiements de Mirza, chien-chien de la concierge Shelley Winters, jambes mortes et visage ruisselant : « ah vous en voulez du sang ?.. vous en aurez ! »
Qu’est-ce qui fait mon inclination particulière pour l’opus de 76, dont l’escalier d’emblée, à donner des sueurs froides, révèle un scenar si hitchcockien, tellement bien (mort aux) troussé ?
Le lutin franco-polonais a rarement donné comme avec le personnage de Trelkovski une mesure aussi transparente de son humour, de sa drôlerie pour parade ou viatique moins « dur » de ses obsessions traumatiques, de son isolement et de son détraquement…Sans filtre (comme les Gauloises bleues qu’il fume initialement dans le film) ou avec, comme les Malborough que s’entête à lui vendre le patron du café où lui est imposé d’abord « le chocolat de Simone ». Ecartèlement de celui qui, timide, ne cherche pas à la ramener alors que la meute sociale – son logeur, ses voisins, Bernard Fresson le collège de travail bourrin « le MLF ? Vu la tronche des militantes, de quoi devenir pédé ! » et plus tard, lorsque le pauvre Michel Blanc vient réclamer moins de bruit, sa femme étant malade « Vous n’avez qu’à l’amener à l‘hopital ! Pas parce que je suis sourdingue que je n’ai pas le droit d’écouter de la musique !» – s’ingénie elle à restreindre toujours davantage, à coups d’allusions comminatoires, le champ de liberté et de possible existence du « locataire »!
Le fait de « ne pas être Français » lui est ainsi reproché deux fois sans ambages. Il s’écrie « mais je suis naturalisé », qu’importe, la suspicion laisse des traînées assez effrayantes, comme lorsque rejoignant Stella (Adjani) chez un « ami » dont le frère « voyage au Pérou, pour s’amuser », l’homme auquel il a tenté de confier ses difficultés – pour le loyer, l’intégration, le sentiment de perpétuelle solitude qui l’atteint – non seulement n’entend pas, mais enfonce le couteau dans la plaie en présentant ses acquisitions comme « normales » : il n’en jouit que du bout des lèvres, semble trouver le pauvre T bien incapable, presque comique, une sorte d’original..jamais il ne « mesure », compatir n’en parlons pas.L’election sexuelle que paraît faire Stella du personnage va-t-elle compenser sa relégation toujours plus bas ? Elle lui palpe la cuisse au cinéma, c’est bien parti ? Ensuite la façon qu’a le realisateur de dépeindre la construction amoureuse dit très subtilement qu’il ne pourra pas compter sur elle : certes, il lui parle d’un bras « qu’il faudrait inhumer s’il lui était arraché » pendant qu’elle lui ôte son pantalon ? L’indifférence légère d’Isabelle Adjani est instillée de telle sorte que pire, Trelkovski lui-même a l’air d’en être, non la victime, mais le sot coupable : il boit, vomit dans la lunette tripes et boyaux et rentre visiblement sans avoir fait l’amour.
Encore raté ! Le film est impitoyable à décrire par cercles concentriques la ruine procurée par des affects censés venir au secours de l’extérieur absents ou tordus, l’indifférence généralisée et la coercition (les petitions, qu’il a été « seul à ne pas signer : il en paiera les consequences, tant pis pour lui ! »..) . La dimension confinée, (il se barricade chez lui les derniers temps), le fantôme des camps et des chambres à gaz sont omniprésents par allusion ( il trouve une dent, puis deux dans le mur – ce qui à la campagne est coutume maléfique, un sortilège annonciateur de mort – dans un trou bouché par du coton : « Qu’est-ce qu’on pourrait faire ? – Envoyer des gaz. – Péter ?..-Non : envoyer du gaz »
Polanski s’amuse avec le scabreux, le scato – et il est très fort, car il déclenche du rire en même temps qu’un chagrin, une compassion sans nom, à des années lumières du comique troupier..(le déchet/le péché/la pourriture… « tu pueras comme une charogne », à l’église « les vers te dévoreront » : la souillure remise sous les narines, le rappel martelé que le corps glorieux a disparu remettent en mémoire que l’assassinat de son épouse ne procéda pas d’une fiction). Abominable lancé en pleine tête comme une farce. Tout en chargeant les scènes en psychanalyse, il le fait avec tellement de fantaisie que le rire est tissé d’une immense pitié et d’effroi : lorsque la voisine mise au ban comme lui vient lui révéler « avoir fait caca sur tous les paliers », sauf le sien « car il est bon »…il s’empare de la carte du Louvre que Rufus avait enfin osé envoyer à la morte (un sarcophage !) pour épendre lui-même sur son paillasson la merde qui lui permettra peut-etre de ne pas faire l’objet de discrimination désobligeante . Blague autour du sale, délicatesse terrible du propos…! La représentation des enfants en dit également tres long : depuis la petite fille, fantomatique ou reelle, estropiée, yeux-coquards tels que les laisse parfois un traumatisme cranien mortel, qu’il defend (il ne signe pas la pétition, cherche à l’encourager, elle reste ce visage-masque dépourvu d’interface, énigmatique comme un trépas) jusqu’au garçonnet au bateau coulé, qu’il gifle au Luxembourg : petit morveux capricieux, gâté et beugleur, légitimement insupportbale, au fond, au vu de ce que la vie a refusé, ou a cruellement oté au personnage de Trelkovski… Polanski, décidément cinéaste fort,brisé, hautement comique et ravageur . Admiration

Phil dit: 24 novembre 2017 à 10 h 51 min

Vous avez aimé, dear Annelise ? Polanski a décliné sn Affaire dans tous ces films, cluedo pervers.
Vu « What ?  » , du giallo bien agréable.
le scénario: une belle fille aux seins nus manque de se faire violer par trois édentés en taxi sur une île italienne, elle leur échappe en en téléphérique à travers les bougainvilliers (remarquable vues des seins nus dans les fleurs rouges) qui la conduit dans la villa d’un pervers millionnaire en fauteuil roulant. très agréable sur écran large.

Annelise dit: 24 novembre 2017 à 11 h 03 min

Je connaissais b le film, Phil.. tjs agréable de revoir en salle..quelle photo..le peignoir à fleur qui pend doucement ds l’armoire..les intérieurs st magnifiques, avec les tapisseries à motif, les lampes – tjs le reflet …chemise blanche du petit bonhomme s’apercevant ds la glace… et dehors les pavés, la verrière, les rues… Peinture Lure.. perruque, l’achat visiblement ne comble pas la vendeuse, pointant un regard navré sur le client…bar restaurant « aux bons amis », ben voyons.. si j’ai le tps, ce soir je me refais Chinatown

Paul edel dit: 24 novembre 2017 à 11 h 05 min

le locataire? scénario de Gérard Brach qui passait son temps à lire Beckett et la correspondance de Flaubert

Phil dit: 24 novembre 2017 à 11 h 16 min

quand le pervers aperçoit l’autostoppeuse sur sa véranda, il n’a plus besoin de moteur à son fauteuil.
oui, belle photographie, musique parfaite (étonnante réutilisation « la jeune et la mort », déjà pris pour un tragique film avec Piccoli dans ces années, j’oublie le titre. quelle année, qui a pompé l’autre)

Phil dit: 24 novembre 2017 à 11 h 48 min

me semble que Deneuve s’est retrouvée aussi « locataire », n’est-ce pas « Répulsion » ? pas facile de louer un appartement à Polanski.

JAZZY dit: 24 novembre 2017 à 12 h 01 min

Encore un flamboyant retour aux années 70, Annelise et Phil !
De quel temps heureux étaient-ce donc le nom ?
Moi, « Le locataire », trop morbide, m’avait laissé un sacré malaise !
Sinon, pour le Jean Rouch ethnographique, Annelise, ça tient encore la route ?

Annelise dit: 24 novembre 2017 à 12 h 05 min

Lady in blue, Phil 11h16? Difficile de googliser ds la rame..Lea Massari – j’aime Piccoli, y compris en pape fuyant chez Moretti mais là..le De profundis de l’ennui sous Pompidou.. tandis que le Roman des renards (âmes des femmes mortes en Mongolie, dixit m’avait t-il semblé Volodine..ou un ami anthropologue avec lequel j’avais reparlé? En couches ,ou mort violente. .Vient néanmoins un moment où tt le monde doit être laissé en paix sans suppression suicidaire..morts & vivants.. ),wow

Annelise dit: 24 novembre 2017 à 12 h 22 min

Ah ça m’intéresserait que vs me disiez votre opinion, Jacques ! des scènes m’ont paru compliquées pour moi..je ne parle pas juste de ma « sensiblerie » devant le cadavre découpé par le lion, le sacrifice du mouton avec le griot farfouillant là-dedans..cette apreté -là, b normal d’avoir du mal..plutot comment s’articule la narration anthropologique « aimable » pour être recevable,reçue ..des trucs comme ça me posent question.. je ne pourrai pas être aux séances pour Hervé Le Roux où seront projetés « Grand bonheur » ou « On appelle ça le printemps », dommage. Voici ses mots, que je lis : « il n’y a pas bcp de différences entre un documentaire et un film de fiction en partie improvisé parce que pour moi, c’est le même travail : tourner, cadrer, prendre du son, faire des images, monter..même travail, ms à l’envers. Quand on fait un film de fiction, il faut essayer de produire des effets de réel, et qd on part du réel, il faut arriver à faire du cinéma »

JAZZY dit: 24 novembre 2017 à 12 h 27 min

« Quand on fait un film de fiction, il faut essayer de produire des effets de réel, et qd on part du réel, il faut arriver à faire du cinéma »

Pareil pour le roman, Annelise !

Phil dit: 24 novembre 2017 à 14 h 44 min

oui Annelise, « la femme en bleu »…un bon Piccoli qui donne envie de ressortir son tourne disques à vinyles. autre bénéfice vintage
les documentaires de Rouch ont besoin d’être décodés, discussion nécessaire après séance avec les ethnologues, sinon les impressions des spectateurs ne dépassent pas le niveau « Cousteau en Afrique »
intéressante information de pauledel sur le scénariste de Polanski, lecteur complusif de Beckett et correspondance Flaubert. me semble qu’il faudra choisir entre l’une ou l’autre influence sur le film.

Sylvain dit: 24 novembre 2017 à 14 h 46 min

tu y vas ,Jazz?Sans grande saveur,si je peux me permettre.

A.Fontaine s’est faite spécialiste des sujets chauds.Finnegan oldfield,(cow boys)est irréprochable,Berling est bon,sauf que…

Aimé le livre de Edouard Louis? pourquoi pas cité?

Annelise dit: 25 novembre 2017 à 10 h 29 min

Petite Vidure, ai eu du courage d’aller récupérer votre « msg in a bottle » à l’heure dite, internet avec une jambe de bois, cela arrive svt et je comprends qd je suis loin, ms là je suis à ..Paris, je finirai par penser que c’est moi qui perturbe? Cela valait le coup, un de meilleurs moments de Police.. à l’époque, je préférais les scansions-poignet nerveux de l’US Stewart Copeland, batteur, à Sting, cela dit quel rapport avec le billet?
Bah, pourquoi vouloir corréler à tt prix vos BO ou celles d’Alley au « sujet »?..jeune fille et la mort chez Polanski..cela emmène sur des voies personnelles.. un historien du cinéma qui a tjs une sacrée play-list, entre autres velveteuse, dont j’ai lu sur FB qu’un contributeur lui avait reproché que cela « ne faisait pas très sérieux », c’est Olivier Hadouchi..bref n’hésitons pas à redoubler
Parlant d’Anne Fontaine : prochain film, un Blanche Neige érotique avec Isabelle Huppert en marâtre et 7 hommes, dont Vincent Macaigne..Doc, Bashful, Dopey..? (« Coquet » vs confondez avec les Schtroumpfs) Hay Hi Hay Ho, Snow White va avoir du boulot

olga dit: 25 novembre 2017 à 18 h 10 min

AnneLise 24/11 10h et plus. Excellent votre com. sur Polanski et « le locataire ». J’ai vu le film XX fois, du grand art; les cigarettes de Simone. « Repulsion » est tout aussi passionnant, Deneuve, quel âge à l’époque ? fabuleuse.Polanski ? extra.
Dans un endroit moins sélect que la cinémathèque (que j’aime) donc alla TV ,j’ai vu 80 mn consacrées à Milos Forman,et au tournage de « vol au-dessus d’un nid de coucou » Pas de vieux messieurs racontant ,en riant de tout leur dentier, des souvenirs égrillards; le récit fait par Forman ,par Michaël Douglas (producteur) des difficultés rencontrées pour monter le projet, vieux matériel, lourd; le choix des acteurs (Nicholson, Fletcher, l’Indien ); le choix du lieu(l’hôpital de Salem) et l’opposition des médecins, les vrais de l’hôpital. Un détail…mêlés aux acteurs, il y avait de vrais malades mentaux ; un jour , nécessité absolue de nettoyer le matériel.. on confia le travail au plus grand incendiaire de tout l’Orégon; avec des litres de ..liquide inflammable, il s’acquitta brillamment de sa tâche et devint le contrôleur en chef de la saleté, avec succès ! C’était un malade de l’hôpital. C’est un docu magnifique d’Antoine de Gaudemar. Sur la chaine Histoire. Il repasse la sem.prochaine.
ps le film achevé durait 4h30 ; ramené à 133min, 3 équipes de montage..Bide prévisible assuré.. oscars au finale.

P. comme Paris dit: 26 novembre 2017 à 0 h 37 min

« vol au-dessus d’un nid de coucou »

Un film que l’on ne peut oublier.
Un des rares films qui transcendent le roman,
grâce à deux acteurs et son réalisateur.

Fila dit: 26 novembre 2017 à 8 h 59 min

Annelise dit: 23 novembre 2017 à 16 h 35 min
Nastase ou Guillermo V? Une hésitation brusque. . En tt cas j’avais suivi le truc avec un sentiment d’émerveillement rieur

BREVE ROMANCE CON GUILLERMO VILAS. A comienzos del verano del 1982 Carolina mantuvo un romance con el tenista argentino Guillermo Vilas, una relación que no fue bien vista por sus padres Gracia y Raniero de Mónaco, y que culminó unos meses más tarde. Se conocieron durante el torneo de tenis de Montecarlo, Carolina rompió con Rossellini, pero esta relación no llegó a buen puerto.

Gilles dit: 28 novembre 2017 à 12 h 17 min

Revenu faire un tour pour humer de la bonne critique. .Pas déçu par le commentaire au microscope ‘atomic’ ,de notre Blondie sise RdC sur Polanski ..(Le 22/11 à 10.00 et quelques ).Pas le seul à avoir été impressionné ,tant pis je le dis!
Remarquable analyse .Joaquim trier.Heillie harboe,!elle frea une carrière.Y suis été après lecture du billet(un défrichage n’est pas de trop,autrement sans vouloir spoiler ,tentation de jeter le bébé avec l’eau du bain). »back home « était moins ambitieux .J’ai préféré .Dans celui-là,le norvégien regroupe toutes ses ambitions techniques pour flirter avec le cinéma de genre fantastique /horreur .Le tarasbicoté ne dérange pas,après tout les gialli (voir liste de jazzy le 23,13.05 &seins nus sur le parking de phil) fonctionnent sur ce mix avec photo irréprochable .Pensé à cronenberg,à Bergman sur la santé mentale.Raté/pas raté :frontière ténue.Il n’a pas le back ground ,ou il l’utilise à des fins trop visibles.Barthes se demande si le cinéma repose sur un »langage de signes ».JT foire sur les serpents de la mythologie nordique qui lui sortent de partout .Sur la frigidité de la fille de 20 ans qui n’y a pas goûté,chez laquelle ça déclenche une violence les plans sont mieux construits .Votre allusion aux »corps en petite cuillères « :ok sur l’idée qu’il a réussi son intention sur l’intimité .Ou la piscine bouchée/lac gelé.De jolies correspondances .Le sage Trier « d’Oslo » se transforme en cinéaste expérimental.Plus ou moins de bonheurs dans le résultats .Je ne regrette pas d’y être allé.

J.D dit: 28 novembre 2017 à 13 h 46 min

Moi non plus,Herr gilles.pas tout compris ,est-ce embêtant?Quand le père prend feu ,die kirsche auf die Torte!Annelise cite le clip de juliette Pietri et le film avec Pacino ,Joachim trier a du écouter Genesis, »Lamb lies down? »en faisant le film.L’homme brûle en serrant la main dans la rue.
@mentsch jazzi .L’enfant ,ça ne serait pas Thelma au lieu de T rond?Refus de la rivalité du petit frère.Khurbn ,destruction dictée par le mental .Emouna,croyance excessive et Hassidim,les personnes pieuses ont mauvaise presse quand ça empêche trop.Le père n’est pas chlimazel,pauvre type religieux:il dose les médicaments(généraliste).Votre chronique du « locataire » à la cinémathèque donne la chair de poule,feygele.M’en vais le revoir passé à votre filtre .dvd ça ne sera pas autant fort? @olga ,l’histoire des bidons inflammables de One flew over the Cuckoo’s nest .Mein Liebling M.Forman.auf Wiedersen.

C.P. dit: 28 novembre 2017 à 17 h 11 min

Je n’avais lu ni le (bon) billet, ni les commentaires. Peut-être Annelise aurait-elle pu mentionner « This Sporting Life », même si elle n’était pas née en 1963. Et Jacques ajouter à sa liste « Le Masque du Démon » de Mario Bava, aussi rigolo que les autres « gialli ».
Je n’ai pas vu « Thelma ». Complètement à contre-courant des commentaires d’Annelise, Sylvain, Eriksen et Lew -que je suis heureux de retrouver ici, je trouve « Shame » faible, et plus encore les films de Verhoeven dont la réputation me semble fondée sur ses défauts. Bon, au moins ça saigne dans le polar « Basic Instinct », mais dieu que Michael Douglas y est mauvais !

Petite réflexion juste comme ça : il y a du Melville rétrospectif sur toutes les chaînes, qui se refilent entre autres (trois fois en quinze jours) le médiocre « Cercle rouge ». Pensé hier, en revoyant « Léon Morin, prêtre », que ce film et « Les Enfants terribles », « Le Silence de la mer », « L’Armée des ombres » étaient bien meilleurs que ses « films d’hommes », malgré « Le Doulos ». La carrière de Melville ne finit pas bien, avec le franc nanar qu’est « Un flic » : Delon figé, Deneuve dans un rôle invraisemblable…

Annelise dit: 28 novembre 2017 à 17 h 46 min

C.P « Basic instinct » est vraiment mon film de Verhoeven honni. .ou plutôt j’en ai ri à gorge déployée, cinéma criard presque comique, d’ailleurs je ne suis pas loin de penser que le Hollandais l’a fait exprès.. son féminisme secret à l’oeuvre, j’en suis persuadée,mais à l’envers..Miss Piolet sous le lit décroise les jambes, oup’s, la salle s’affole..Catherine Tramell a oublié qqchose, mais quoi? C’est très drôle, cette manip extrêmement grossière mort-érotisme destinée soi disant à faire monter la température ds la salle…ça marche, ms auprès de qui?
Verhoeven est un observateur très intelligent, à mon avis il s’amuse avec les codes en faisant croire qu’il les applique.. Basic me laisse de glace, sans pic..,mon inclination va plutôt à Showgrils – oui bon ça va, cela m’arrive d’être un peu dyslexique – la vulgarité dénoncée par prophylaxie complexe..si si, croyez-moi, Verhoeven est profondément éthique,vénéneux et efficace mais pas comme on le pense, plutôt à rebrousse poils..Ou Robocop..l’ultra violence, l’augmentation dégénérée coercitive de l’homme à laquelle résisteront toujours son coeur et sa mémoire affective reptilienne, en dépit de tout.. Une chose m’a fascinée, que je comprends tb et qui m’hypnotise : Verhoeven se voit nominé aux Razzie awards, l’équivalent je crois des Oscar pour « le pire »…pire réal, pire actrice pour Elizabeth Berkley (Nomi), pire scénario etc.. il est un des rares à aller chercher la récompense. Il monte sur scène et dit en gros ceci : « à l’époque, j’étais aux Pays-Bas, on jugeait mon cinéma bête, décadent et vulgaire. Je suis venu m’installer aux US. Et voyez, je suis devant vous, et vous me dites que mon cinéma est bête, décadent et vulgaire..  »
Il n’est pas « grand prince », il est d’une subversion suprême !Quel décanilleur. John Waters dira le film est bourré de clichés, pouacre, idiot, bref parfait..Cela me fait bcp rire..merveilleuse anecdote d’Olga..incendiaire

Annelise dit: 28 novembre 2017 à 17 h 48 min

Les plans « métal » de Robocop sont magnifiques..l’espace découpé en persiennes comme ds certaines photos noir & bl de Plossu

L’autruche qui tua Fritz The Cat dit: 28 novembre 2017 à 17 h 55 min

@ça marche, ms auprès de qui?

Pour à peu près l’humanité toute entière, ET itou ?

C.P. dit: 28 novembre 2017 à 19 h 45 min

Annelise, j’ai le même sentiment que vous à propos de « Basic Instinct ». Simplement, ce film à rebondissements m’amuse plus que « Les Seins de glace ». Sur « RoboCop », j’ai les mêmes réserves que sur « Blade Runner », mais vous avez raison pour ce qui concerne les « effets ».
Vous pensez bien que j’ai lu votre défense de « Showgirls ». Je persiste à penser que Verhoeven fait malignement fruit de ses défauts et motifs affichés. Pourquoi pas, puisque Melville se caresse en citant Céline, sinon même Pascal (le directeur de la PJ dans « Le Cercle rouge ») ? Cela n’a aucun rapport ? Soit !
Sur la sexualité féminine -si je puis me permettre-, je crois n’avoir vu de ma vie qu’un chef-d’oeuvre, c’est, de Bergman , « Le Silence ».

xlew dit: 28 novembre 2017 à 19 h 52 min

Léon Morin prêtre est un film grand en tout, le désir d’amour qui se duplique à l’alcool dans la vapeur du noir et blanc d’un magnifique montage, Riva, Tunc, Mirel, (présence et beauté des femmes), et leurs ronéotypeuses de choc, les images s’impriment pour longtemps chez nous.
Bébel doit se débrouiller tant bien que mal des longues séquences de dialogue, entre (très) gros plans et corps entier dans le cadre, fossette, commissures des lèvres, les mots sortent de sa bouche á l’état de spirantes, dont elle récupère les liquides pour pulser quelque chose d’audible, porteur de sens contre toute attente.
Belmondo sera toute sa vie cet acteur physique.
Bob le flambeur tourné en 1955 et sorti au même instant que l’Ultime razzia de Kubrick, on se demande qui inspire l’autre, Sterling Hayden ayant une drôle de ressemblance avec Roger Duchesne, la scène de l’hyppodrome de Deauville rappelant de façon troublante le dénouement de l’Américain…
On a tellement glosé les pillages de Tarantino qu’on en oublie les rencontres hyperréalistes, ou simplement poétiques, toujours possibles entre cinéastes.
La première partie du Cercle Rouge est belle, l’aimantation Delon/Volonté dans les aciers du coffre de la Plymouth…no comment.
Le Gu Mainda du Second Souffle est inoubliable, Denis Manuel qui retourne une scène sans rien dire ni faire lorsqu’il tend un verre à Ventura, extra.
Le polar français selon moi n’a pas réussi á reproduire cette tension lente, ce cattenaccio scénaristique qui n’étouffe rien, et toujours porté vers l’attaque, délicieux.
Giovanni scripteur de l’histoire n’explique pas tout.
On voit d’ailleurs des jeux de reflets, Paul Frankeur reprenant à front renversé son rôle de voyou rangé des voitures dans le grand Becker de Touchez pas au Grisbi.
Étrange.
À la même époque Deville avec son Lucky Joe montrait Constantine dans des situations presque identiques, rue de la Paix et 7e art., lorsque Melville shootait la Chapelle et les Champs.
Verheoven plante son Basic Instinct, indéniable de vulgarité, mais offre un commentaire sensé de l’après-Manson d’une certaine façon (ne pas oublier qu’ils étaient un nombre certain à « être Charlie » plus ou moins ouvertement á Hollywood dans les septantes).
Comme C.P, j’ai aimé les revoir récemment. Bonne soirée á tous.

puck dit: 28 novembre 2017 à 22 h 54 min

l’égalité ? une bien drôle d’égalité, les femmes ont voulu être l’égales des hommes comme si la masculinité était l’unique horizon de l’humanité.

quand on connait un peu les hommes on se demande s’il ne faut pas être totalement déjanté pour vouloir revendiquer une égalité.

cela dit elles sont bien rentrées dans ce moule compétitif fabriqué par les hommes, avoir comme seul objectif de son existence celui de remporter le grand chelem de tennis c’est un peu comme une pdg qui pour se sentir l’égale des hommes licencie deux fois plus d’ouvrir que son prédécesseur masculin.

quelqu’un aurait dit déjà pondu un film pour décrire l’absurdité de cette situation et la débilité des comportements humains ?

P. comme Paris dit: 29 novembre 2017 à 0 h 19 min

« Basic instinc »,
M’enfin, ben, et quoi ?

Je m’amusais plus dans les cours de récrée avec Satanik.

JAZZY dit: 29 novembre 2017 à 9 h 11 min

Contre toute attente, je suis finalement aller voir le « Marvin ou la bonne éducation » d’Anne Fontaine. C’est pas si mal que ça, bien que chez elle, Eddy Bellegueule, rebaptisé Marvin Bijou, prend des allures de Billie Elliot !
Ce film est un beau cas d’espèce sur l’adaptation cinématographique, que les étudiants devraient étudier en classe. Trahison ou vampirisation d’un auteur par un réalisateur ?

christiane dit: 29 novembre 2017 à 10 h 42 min

CP,
Bonjour,
J’acquiesce à votre survol des dernières années Melville quand vous écrivez :  » il y a du Melville rétrospectif sur toutes les chaînes, qui se refilent entre autres (trois fois en quinze jours) le médiocre « Cercle rouge ». Pensé hier, en revoyant « Léon Morin, prêtre », que ce film et « Les Enfants terribles », « Le Silence de la mer », « L’Armée des ombres » étaient bien meilleurs que ses « films d’hommes », malgré « Le Doulos »… »
Sauf, pour moi, en ce qui concerne « Le cercle rouge » Où le grand Bourvil jouait sa presque dernière partition, avec cran, alors qu’il était déjà très affaibli. Et puis ce film est un film géométrique où Melville s’est amusé à déplacer patiemment les pièces de son jeu.
La scène Montand-Delon dans le champ boueux figé par l’hiver est un beau morceau de cinéma.
Et comment résister à cette citation qui s’affiche avant le générique :
« Quand des hommes, même s’ils s’ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d’entre eux, et ils peuvent suivre des chemins divergents, au jour dit, inexorablement, ils seront réunis dans le cercle rouge. »
Ne résonne-t-elle pas dans le hasard de nos vies ?
Delon, hiératique ? C’est ce qui a fait son charme. Revu récemment l’excellent « Samouraï » du même J-P. Melville.
Mais bien sûr les trois films que vous citez sont de haute volée.

JAZZY dit: 29 novembre 2017 à 11 h 37 min

A part « La Villa » de Robert Guédiguian et le documentaire « 12 jours » de Raymond Depardon, que voir cette semaine ?
« Le bonhomme de neige », pour Michael Fassbender, peut-être ?

Phil dit: 29 novembre 2017 à 11 h 55 min

petite incise sur Melville qui revient en force « le Cercle rouge », revu et redeçu par trop d’invraisemblances, sauf Bourvil inattendu qui nous fait regretter une autre carrière, « Samouräi », reDelon sans dialogue (qui lui a donné le goût de causer comme César ? ), « l’armée des ombres », l’histoire ne fait pas oublier la pesanteur du jeu des postiches.
« Léon Morin », bien.
sans injustice, le meilleur rôle de Melville reste sa doublure interviewée par Seberg chez Godard.

Annelise dit: 29 novembre 2017 à 12 h 18 min

« L’armée des ombres, l’histoire ne fait pas oublier la pesanteur du jeu des postiches »
Vs êtes terrible !
« Le meilleur rôle de Melville reste sa doublure interviewée par Seberg chez Godard. »
Right. Et l’incursion de son personnage trépignant sous Stetson blanc -chemise rose en face du pauvre Allan, s’empêtrant dans une comparaison hasardeuse avec le nez des nasiques qui lui rappelle qq, chez Hergé, le Vol 714 pour Sydney
Fassbender, pourquoi pas ?- uniquement à cause du versant intellectuel, s’entend. .. cela dit j’en préfère des tas d’autres, dont en effet le Belmondo salué par Lew et Phil qui revêt la soutane de initiales B.B, Béatrice Beck..à ce sujet pourquoi l’avoir tjs vue surnommée « l’anti-Duras »?..réducteur
Jacques, n’hésitez pas à développer sur Marvin si le coeur vs en dit. Pour répondre à votre question, je penche pour Depardon

xlew dit: 29 novembre 2017 à 12 h 56 min

Ne pas aimer le Cercle Rouge, c’est s’exposer à voir débouler dans l’amphi de votre salon tous les amis cinéphiles que vous ne vous soupçonniez pas, pour une dernière séance privée.
La fameuse citation aurait fait peut-être marrer Alexandra David-Neel, à supposer que, selon les dires de Volker Schlöndorff (non contredits pas Tavernier dans son chouette Voyage à travers le cinéma français), cette dernière soit une pure invention de Melville, (qui était un provocateur-né, ne serait-ce que pour briser le consensus antiaméricain qui plombait la société française gaullisto-communiste, d’où tous ces commissaires fringués comme des personnages de Hammett, ces bagnoles yankees limousines longues comme des jours sans pain).
Et regarder en boucle les films de Melville est une méditation bouddhiste en soi, c’est ce qui lui a joué des tours dans ses deux dernières oeuvres, se passer de scénario, accepter que le bleu mordant de son cadre imbibe tout, rince les personnages, une sorte de camaïeu à deux bois qui flingue le contre-champ souvent en effet, les scène ne sont guère souples. Un bleu métallique repris par tous les films et séries qui veulent installer une atmosphère qui aurait de la gueule.
Bourvil n’est pas à l’aise (la maladie, je sais bien, hélas, son épuisement contenu lui offre un socle minimal d’interprétation), il subit sous l’acide, donne pas mal de regards caméra, sa diction chancelle, Ventura, s’il avait accepté le rôle, aurait emmené l’affaire encore plus loin.
Les plans que Melville construit sans rien laisser paraître sont quelque chose, les jeunes réalisateurs chinois, taïwanais ou coréens (les inventeurs plastiques de l’image d’aujourd’hui) l’étudient au scalpel.
Soko, actuelle enfant chérie du cinéma français, serait-elle la parfaite dakini que cherchait Melville ?
Celle qui lui aurait fait envoyer paître les acteurs trop porteurs de la douleur du doulos.

JAZZY dit: 29 novembre 2017 à 13 h 02 min

Annelise, sur « Marvin », la mise en scène est sans surprise, mais les comédiens sont tous très bons, même Huppert, qui interprète pour la première fois le rôle d’… Isabelle Huppert !
Sinon, l’adaptation est assez étrange. Très fidèle au roman, d’une certaine manière, mais comme vampirisé par Anne Fontaine elle-même !

JAZZY dit: 29 novembre 2017 à 13 h 32 min

Phil, qui a vu toutes les rétrospectives de la cinémathèque, ne manquera pas de nous expliquer ce que Melville, juif et homo, et Visconti, aristo-communiste et homo, ont fait du jeune Delon, leur muse inspiratrice !

C.P. dit: 29 novembre 2017 à 14 h 02 min

Ah bon ? La citation n’est pas de Rama Krishna ? C’est bien possible.
Plan niais : juste avant que Mattei déguisé ne retrouve dans le bar Corey, une vendeuse de fleurs énamourée offre une rose rouge à ce dernier.
Pascal de raccroc pour le directeur de la PJ : « Tous coupables / Tous les hommes, monsieur le Divisionnaire ! »

« Le Deuxième souffle » : Je veux bien croire que Scorsese estime Melville, mais un scénariste américain doit être plié devant le scénario foutraque. Par exemple : on me dit que le commissaire joué par Paul Meurisse estime Gu pour sa droiture et désapprouve les méthodes du commissaire marseillais. N’empêche qu’il est présent lorsque Gu est piégé et lâche le nom de Paul Ricci. Gu

C.P. dit: 29 novembre 2017 à 14 h 04 min

Je complète : Gu assomme Orloff et s’en va à sa place avec le carnet pour se justifier auprès de Jo Ricci et les deux transfuges de Paul à Jo. Il les dézingue. Pour venger Manouche à qui Jo

radioscopie dit: 29 novembre 2017 à 14 h 15 min

Vu, hier, « Marvin ou la belle éducation » de Anne Fontaine, excellente transposition du livre d’Edouard Louis. D’accord avec Jazzy pour souligner la fidélité au bouquin, i.e. au contenu, à l’analyse, au « message » (les guillemets étant là pour adoucir l’urticaire que ce mot provoque chez d’aucuns). C’est un film extrêmement fort, percutant, magnifiquement interprété sans exception, un film habile dans sa construction pour servir ses objectifs. Je ne suis pas du tout Jazzy dans ses réserves, comme dans celles formulées par certains critiques que je me suis amusé à compulser, a posteriori naturellement. Petit florilège : « une construction trop alambiquée » pour Céline Rouden (La Croix), « mise en scène conventionnelle [d'Anne Fontaine] et les flash-back assez usants à la longue (Le Figaro) , «mise en scène plan-plan » Alexis Campion (JDD), « des maladresses (des fins longues comme un train de marchandises) » Grégoire Leménager (Obs), « récit d’une floraison douloureuse est constamment en dents de scie » Sophie Avon (SO), « lourde construction en flash-back qui affadit le propos et étire le film en un long et fastidieux traité de sociologie illustrée » Jean-Philippe Tessé (Cahiers…) Bref, ces messieurs-dames devaient avoir l’esprit au paiement du dernier tiers, oublié leurs lorgnons, ou des aigreurs d’estomac voire des vapeurs. Car des gouffres s’ouvrent entre les « convenu » « plan-plan » des uns et les «alambiqué », « dents de scie » des autres. Quant aux fameux « flashbacks » certes il y en a. Ce n’est pas un procédé vraiment nouveau au cinéma (pas plus qu’en littérature) et ils ne sont en rien superfétatoires dans un film tel que celui-ci qui dessine un cheminement, une construction, entre enfance et âge adulte. Quel moyen d’en rendre compte si ce n’est à travers ces allers-retours ? Anne Fontaine serait avisée de poser la question à ces messieurs-dames qui ont la solution.
Chapitre suivant : « A. Fontaine signe curieusement un film stigmatisant sur le milieu prolétaire dont son héros est issu» Valentine Verhague, «Anne Fontaine se vautre dans l’anecdote et l’outrance » Jean-Marc Lalanne, « condensé caricatural de tout ce dont souffre un certain cinéma français en vase clos, du vérisme à la va-comme-je-te-pousse au romanesque sociologisant » Marcos Uzal, «sa représen¬tation du prolétariat, seule classe sociale décrite dans le roman, est catastrophique » Louis Guichard . Ici, procès en caricature, en mépris de classe. Pourquoi pas ? S’il se trouve, Valentine, Jean-Marc, Marcos et Louis, issus de ce même univers prolétarien, savent de quoi il en retourne. Pour ma part, je n’ai rien vu de tel dans cette approche de la famille Bijou, sauf un naturalisme correspondant parfaitement à la description précise que faisait Edouard Louis de son milieu d’origine. Ce n’est ni drôle ni confortable à observer mais cela est crédible tel que montré.
Enfin, pour conclure le banquet avec gâteau et cerise au-dessus, Louis Guichard (Télérama) s’étrangle « qu’un tel pignouf bling-bling [Berling dans le rôle d’un gay friqué] soit le grand ami d’Isabelle Huppert, dans son propre rôle, constitue une insulte au discernement de l’actrice »… que, on l’aura deviné, Anne Fontaine a fait jouer après prise d’otage, à l’œil et un revolver sur la tempe.

C.P. dit: 29 novembre 2017 à 14 h 22 min

Bons dieux, ça part tout seul !
… pour venger Manouche à qui Jo a fait des misères ? Gu, au lieu de rester tranquille dans la bicoque de Castellane, s’en va regarder des pétanqueurs, d’où une arrestation miraculeuse. Etc.

Je ne crois pas être un tenant de la moraline, mais ce film ne sent pas bon. Même si Giovanni s’est plus ou moins inspiré de voyous historiques, ce film n’est pas un biopic, SAUF que Gu-le-héros fatigué ne fait pas le détail : Paul (Pellegrin) timidement, demande si on ne pourrait pas éviter de tuer les motards. Non, on ne peut pas. C’est le commissaire marseillais (Frankeur), bien dégueulasse et tabasseur, qui pourtant observe que les motards aussi pouvaient avoir une famille.
Bref, soit un éventail de salopards, soit un scénario incohérent. Mais tout va bien, si le commissaire joué par Meurisse est en gloire !

JAZZY dit: 29 novembre 2017 à 14 h 25 min

CP a l’art du suspens…

Heureux de lire ton plaidoyer, radioscopie. Ce qui est en faveur d’Anne Fontaine et de son scénariste Pierre Trividic, c’est que les critiques cinématographiques reprennent les mêmes arguments que les critiques littéraires à la sortie du livre d’Edouard Louis ! On peut caricaturer le bourgeois, mais pas touche au prolétariat…

JAZZY dit: 29 novembre 2017 à 14 h 29 min

« un scénario incohérent »

Pas facile d’être homo, refoulé, et juif, pas vraiment assumé, dans le paysage cinématographique français d’après-guerre, C.P. ! Mais à l’incohérence du scénario ne correspond-t-il pas une certaine esthétique melvilienne ?

JAZZY dit: 29 novembre 2017 à 14 h 31 min

Moi même je me suis reconnu dans le film d’Anne Fontaine, radioscopie. Ce sentiment d’exil du personnage, ne m’est pas inconnu. Et je me demande si pour Annelise… ?

xlew dit: 29 novembre 2017 à 14 h 48 min

C’était le dilemme de la fameuse morale de l’époque, Melville se sentant obligé de préciser les choses dans une énième citation en début de film comme un carton de cinéma muet.
Gu est l’un des principes du mal, et de toute façon Meurisse est tout à fait en gloire, le coup du carnet faisant un peu deus ex machina du pauvre, image de la rédemption à portée des caniches, le chaste amour entre frère et sœur étant sauf.
Le scénario ne souffre pas de saut de chaîne d’après ce que je puis modestement en voir, cher C.P., la description de la planque de l’évadé n’étant pas si mal vue, si mal explorée.
Les effets du rèalisme porté à l’écran sont toujours tendus.
Le Second souffle aparaît d’ailleurs comme la répétition générale de l’Armée des ombres, mêmes acteurs, même clandestinité, mêmes plans, mêmes lignes de fuite.
La scène du braquage bien dégueulasse dans sa pure description est une magistrale leçon de ciné, même si cela n’est guère original de le rappeler en ces termes.
Des braqueurs tueurs français de convoyeurs et de flics qui défrayérent la chronique vers 2000 s’étaient inspirés du Heat de Mann.
Le film melvilien dut inspirer en son temps des types, qui sait.
La peinture du milieu, en fait sans aucun chevaleresque ni code d’honneur, n’en devient que plus crédible d’un point de vue moral aussi bien.
Je ne pense pas que Melville fasse de ce Gustave-là un Bruno Sulak petit fiancé d’une certaine presse.
Christiane continuez s’il vous plaît à nous offrir vos méditations sur la littérature et la peinture dans les blogs que nous aimons, vous avez un œil splendide, votre bleu à vous :-)

Phil dit: 29 novembre 2017 à 14 h 48 min

dear baroz, la cinémathèque est un crible qui distribue inégalement chagrin et pitié à nos films rêvés.
« Le cercle rouge » disparait à la deuxième voyure, sûrement à cause d’un Delon sans alter ego à sacrifier, comme Ronet dans sa vie à l’ombre du « Plein Soleil », film creveur d’écran après x revoyures. aristo ou populo, le metteurs en scène doit virer hétéro pour diriger « le bel enfant ».
Melville joue son rastapopoulos chez Godard, merveilleuse contribution.
xlew dit bien des asiatiques décortiqueurs de plans à la Melville en boulimiques couleurs.

radioscopie dit: 29 novembre 2017 à 14 h 53 min

Jazzy, puisque tu es dans le coin, entre autres billevesées proférées par nos critiques professionnels de la profession, dans le film d’Anne Fontaine, il y aurait un manque de perspective sociologique, « ce qu’il y avait dans le livre ». Sans compter que cela doit être plus facile à coucher sur le papier que sur la pellicule, ceux-là ont dû zapper ce moment saisissant où Macaigne établit une comparaison entre un enfant noir victime du harcèlement de ses camarades mais qui peut trouver auprès des siens un réconfort et le petit pédé qui n’a même pas cette ressource dans son milieu familial. C’est énoncé en deux ou trois phrases et cela vaut un mémoire de 120 pages.

C.P. dit: 29 novembre 2017 à 15 h 14 min

Cher Lew, soit ! Vous n’expliquerez pas la participation au piège du bon commissaire Blot, avant qu’il ne se défausse avec le carnet sur les méchants flics marseillais.
« Heat » pose le même et banal problème du voyou-héros à égalité avec le gendarme, au cinéma. Bah ! au théâtre parfois également.

JAZZY dit: 29 novembre 2017 à 15 h 26 min

« C’est énoncé en deux ou trois phrases et cela vaut un mémoire de 120 pages. »

Je crois que c’est la thèse de Didier Eribon, remarquablement interprété par Macaigne, radio ! Et Gadebois, dans le rôle du père, il est digne du grand Michel Simon !

C.P. dit: 29 novembre 2017 à 15 h 41 min

Mais si, Lew, il y a bien un code de l’honneur et un héros-voyou : jamais Gu n’aurait balancé Paul Ricci aux policiers s’il les avait reconnus (Blot ne sort qu’ensuite de la voiture), et il veut se justifier. C’est aussi ce que dit avec insistance Orloff à Jo Ricci : « S’il a fait ça, je le tuerai de mes mains… »

Annelise dit: 29 novembre 2017 à 16 h 24 min

Allons-y maintenant.. en taxi !vais bientôt faire chronique à pied, à cheval..
CP 15h14, Heat. Repassé on tivi av-hier me semble t-il, pas pu le voir?. .ça n’aurait été que la 3ème ou 4ème fs..Michael is my Man(n)sur ce coup..je n’y peux rien.. pas aimé Hacker(Black Hat) en dépit ou à cause de Chris Hemsworth, musculeux qu’à l’oeil nu j’ai tendance à confondre avec Channing Tatum, si apprécié pourtant ds le Foxcatcher de Miller.. même l’adapt de Fenimore Cooper, par ailleurs traître, distordue, je vs l’accorde péniblement « hollywoodiennée » sur bien des points. .Dernier des Mohicans/Day-Lewis physique comme il sait l’être, remontant la montagne à la course.. veux bien échanger Fassbender contre..toutefois garder le ticket de caisse, laisser 15j pour revenir sur la décision?. Nathaniel Poe & Uncas mortifiés par le sacrifice du fils, la jeune Alice Munro s’étant jetée ds le vide après hésitation (magnifique Wes Studi, accommodant à sa façon,esquissant le geste de lui tendre la main).. prix du sang et de l’honneur..ces plans longs, appuyés, assez gâchés par la musqiue lancinante, exagérée de Jones&Edelman ?..parfois le gâché n’est pas gênant. .ce traitement étiré du sentiment de solitude..Mann ralentit le temps..Heat et ses longues séquences sur la ville, les clignotements solitaires, rêve des îles Fidji.. (certaines scènes des Safdie « Good Time » aux couleurs saturées n’ont pas été sans m’y faire penser)..une signature..Cette très belle scène où Neil (De Niro) rabroue Eady qui l’aborde sur un livre qu’il lit.. « Vous sentez vs solitaire ? -Très solitaire ».. Chris & Charlene, liés par un indéfectible amour d’enfants brisés..Neil brutalisant Ashey Judd, l’enjoignant à laisser une dernière chance à Kilmer, « il paiera, l’installera à ses frais avec Dominic, pour l’instant elle doit la lui accorder.. ».. la vulgarité de l’amant et la dignité rendue à la femme par le flic noir, alors que la souricière est tendue, qu’ils font le guet et qu’elle encoure de perdre la garde du gosse..Tom Sizemore, en bon père bon mari, par ailleurs brute inconditionnelle qui veut « en être »..virilité corrélée à un absurde besoin d’adrénaline assimilée comme « preuve »..les bains de sang auxquels la tragédie des hommes qui ne savent plus où ils habitent, ni comment habiter le monde les condamne.. Et Pacino, enfant de sourds-muets élevé par maman et tatie, « Vince Hanna » qui chante en s’adressant à un indic.. »Je viendrai et trouverai porte close » (on est balancé soudain chez Jacques Demy,cette façon de détonner si inattendue)avant d’éclater en imprécations menaçantes..l’incommunicabilité hommes/femmes qui tâtonne vers l’issue tellement étroite de l’amour et de la compréhension..j’aime bcp le film, avec ts les défauts qu’on pourrait pointer..
Radio 14h15 sur le poilage critique d’Anne Fontaine..JM Lalanne& Sophie ne l’ont pas raté, oui

Annelise dit: 29 novembre 2017 à 16 h 30 min

Et bien sûr la gémellité Neil/Vince enfin avérée, qui se vit à l’airport pdt que décollent les avions (vers Fidji, et les rêves cartes-postales de My own private Idaho des enfants perdus sans attaches)

xlew dit: 29 novembre 2017 à 16 h 43 min

Code d’honneur peut-être…
S’il l’on prend en compte les différents mémoires des commissaires de l’ère qui couvre les décors dans lesquels se fondent les films de Melville, cela reste douteux.
Gu qui n’est pas le dernier des culculs sait bien que la boucler est un prérequis du job, un ascenseur social dans la carrière de bandit (non d’honneur, même Colonna, autre Corse, pourrait le confirmer), son ordre donné à l’un de ses acolytes est très clair : supprimez-moi ce cave qui ne connaît rien à l’ordre des choses du second monde interlope qui est le nôtre.
Ricci-aîné est le double de Melville, physique, spirituel, métaphysique, surnaturel, perpétuel calculateur face aux menées des producteurs installés, des techniciens de la machinerie de plateau.
Blot n’est pas plus doté de pouvoirs thaumaturgiques que tel ou tel infiltré du FBI, Gu aurait dû savoir que promener sa dégaine et son museau á l’air libre dans les ramblas de Marseille était suicidaire (et à mon avis il le savait, le fait en connaissance de cause car desperado dans l’âme, dèjà mort), de même que la mise en scène de son rapt est trop théâtrale pour être honnête.
Les indics règnent partout.
Gu tient à ce que sa réputation le précède no matter what, jusqu’à buter de mort lasse ceux qui la défacent de son vivant.
Rien que de fort banal.
Même sans le travail sur l’Adn, l’absence de caméras de surveillance, le Gu multiplie les fautes, sème des indices.
Son évasion de l’hôpital est un Kill-Gu tarantinesque avant l’heure.
Orloff représenterait cet improbable surmoi des braquos, une statue du Commandeur, le Désincarné par excellence, celui qui ne touche pas à la sœur blonde, qu’une pichenette suffit à envoyer dans les pommes.
La scène du premier rendez-vous à 4 dans le meublé crados étant le summum de ce qu’on peut montrer comme figure imperméable à l’impureté : et tout ça en chapeau et Mac, bravo l’acteur (spécialiste de la voix off plus tard ce qui en dira long).

C.P. dit: 29 novembre 2017 à 17 h 26 min

Annelise, moi aussi j’aime beaucoup « Heat », y compris pour Al Pacino et des problèmes domestiques qui ne sont pas rien, à côté du violent polar lui-même. Cela dit, on est encore dans la vengeance, sinon l’honneur, avec le personnage joué par De Niro qui, au lieu de prendre l’avion tranquillement avec sa chérie…

Lew, vous mettez remarquablement « à plat » (c’est un compliment) les diverses données su « Deuxième souffle ». Je ne peux cependant pas m’empêcher de sentir qu’il reste dans les « films d’hommes » de Melville quelque chose du bandit-à-honneur. C’est encore plus net dans « Le Doulos » (que je supporte mieux) : Jean remontre à Faugel que Silien, quand il a donné son amitié, est fidèle, fidèle, fidèle…
J’ai assez défendu le premier Melville, et même celui de « L’Armée des ombres », pour trouver le second faible et truqueur, de plus en plus jusqu’à « Un flic ». Ses déclarations -peut-être faites avec un humour de comédien ?- sur le-tragique-puisqu’il-y-a-le-mourir ne casse pas trois pattes à un canard.

C.P. dit: 29 novembre 2017 à 18 h 53 min

Christiane, si Annelise le permet :

Peut-être n’auriez-vous pas dû reconnaître à des teignes qu’il / elles disent PARFOIS des choses intéressantes (ce qui est vrai), car ils pensent en dire TOUJOURS, et sont fort jaloux de leurs opinions.
Il y a de bien ici que l’immodestie n’y est pas de mode.

C.P. dit: 29 novembre 2017 à 19 h 08 min

P. comme Paris, je pensais plus près de nous au « Roberto Zucco » de Koltès par exemple, mais la poétisation des tueurs n’est pas chose nouvelle.

christiane dit: 29 novembre 2017 à 23 h 00 min

Xlew,
quelque chose pour vous chez Sergio (amaryling).
CP,
vous me faites rire ! c’est comme effeuiller une marguerite (un peu, beaucoup, pas du tout…) ! Quel pataclès (comment ce mot s’écrit-il ?) chez P.E entre Elena, Céline, Julie, e, E.G, (.) !

christiane dit: 30 novembre 2017 à 8 h 13 min

Merci pour Pataquès, CP. Ce mot me trottait dans l’oreille sans que je puisse affiner sa prononciation, ni son orthographe. Je vais pouvoir, maintenant aller à la rencontre de son histoire dans la langue.
Belle rencontre, Phil, j’attends que la froidure laisse place à plus de douceur…

oui mais dit: 30 novembre 2017 à 8 h 56 min

ce serait une erreur de s’imaginer que l’horrible sorcière immonde allumeuse, perverse, se voulant irresistible, ne recommencera pas à s’enivrer de ses ricanements

JAZZY dit: 30 novembre 2017 à 10 h 14 min

La boboïtude généralisée, qui s’abat sur Marseille, à l’égal de Barcelone ou de Lisbonne, et fait se louer à prix d’or jusqu’aux vieilles baraques des calanques sur airBNB offre désormais l’occasion à Robert Guédiguian de nous jouer, à ciel ouvert, les bonnes âmes de Méjean. Un film plein de nostalgie, où s’agite à la fin le cadavre rigidifié du communisme ! A défaut des prolétaires disparus, les bons sentiments se recyclent ici autour des nouveaux migrants. Certes, bien sympathique cette Villa-là, mais pas totalement convaincante et un poil longuette…

JC..... dit: 30 novembre 2017 à 10 h 28 min

Ici, on se croirait entre babils d’aristocrates usés, n’ayant pas à bosser, peu avant la révolution bourgeoise de 1789 !
Délicieux…….

christiane dit: 30 novembre 2017 à 12 h 07 min

Merci, Jazzi, pour cette revue de Presse. J’aime deux films de Robert Guédiguian : « Marius et Jeannette » en 1997 et « Le promeneur du champ de mars » avec un formidable Michel Bouquet.
Tiens je vois que Chaloux vient déverser sa vulgarité maladive, ici.

C.P. dit: 30 novembre 2017 à 13 h 41 min

Jacques, les films de Guédiguian ne sont pas vraiment mon truc. Mais salut à la Marseillaise Ariane Ascaride : elle est aussi une bonne comédienne de théâtre, notamment et récemment dans les pièces de Simon Abkarian.

Phil dit: 30 novembre 2017 à 13 h 57 min

dear JC, il est bien évident qu’il ne faille pas travailler (« bosser ») pour goûter et parler « culture ». L’Ancien Régime avait atteint une excellence dans ce domaine, dont la correspondance de la Sévigné donne une vague idée à ceux qui peuvent la déchiffrer dans le bon sens.

JAZZY dit: 30 novembre 2017 à 14 h 04 min

Tous les comédiens de la bande à Guédiguian sont bons, C.P. Ils sont même très touchants, d’autant plus qu’on les revoit jeunes, puis trente ans après. Le film est sympa, et témoigne lui aussi, comme celui de Galienne, d’un certain salut par le théâtre, et pourtant…

Annelise dit: 30 novembre 2017 à 14 h 45 min

J’aime b la tête de Simon Abkarian. Vu qu’il allait être ds un téléfilm avec Sandrine Bonnaire sur le Bataclan ? Ayant un ami peintre qui y a pris 3 balles (curieusement je dîne avec sa femme ce soir),je ne sais ce que ça va donner ms regarderai

JAZZY dit: 30 novembre 2017 à 15 h 00 min

A part ça, vous avez aimé « La villa », Annelise ?

J’ai toujours rêvé d’habiter une villa ! Plus pour le jardin que cela suppose que l’habitation en elle-même. Mais je n’ai jamais eu de jardin. Du coup, j’écris actuellement un « roman » qui pourrait être titré « L’immeuble »…
A quoi tient notre destin ?

christiane dit: 30 novembre 2017 à 16 h 09 min

Merci Annelise pour ce nettoyage. Ce blog est si paisible…
Pour Guédiguian, je vous trouve sévère. Les deux films que je cite (je ne connais pas les autres) m’avaient charmée.
Oui, Ariane Ascaride est une excellente comédienne et Bouquet… un sommet. Que ce soit avec Chabrol, Truffaut, Corneau ou au théâtre je le trouve toujours aussi subtil, énigmatique. Comique ou tragique, il incarne tous ses personnages avec justesse.
Je n’ai pas osé « Le Tartuffe » mis en scène par Michel Fau, où il joue face à Michel Fau…

C.P. dit: 30 novembre 2017 à 16 h 43 min

Simon Abkarian (1m 90) était Alex Dimitrios, dans « Casino Royale ».
De ses deux dernière pièces comme auteur, seule « Le Dernier jour du jeûne » est montée à Paris (Nanterre-Amandiers). Mais, comme « L’Envol des cigognes », elle avait été créée à Marseille, avec une équipe sympathique, dont Ariane Ascaride (et Chloé).

JAZZY dit: 30 novembre 2017 à 21 h 20 min

Ne seriez-vous pas un peu l’agent des demoiselles Pouillon, C.P. ?
Vous touchez une commission ?
Moi, j’hésite pas à faire ma propre publicité, c’est gratuit.
Et comme l’on est jamais aussi bien servi que par…
Pourquoi pas ?

JAZZY dit: 30 novembre 2017 à 21 h 41 min

Au fait, j’oubliais l’essentiel, j’ai vu « 12 jours » de Depardon.
Après la prison, l’asile, vu depuis le cabinet des juges (deux femmes et un homme) chargés essentiellement de prolonger de six mois l’enfermement des déjantés qui leurs sont présentés. Le fond du trou de la folie ordinaire…
C’est du bon !

Phil dit: 1 décembre 2017 à 0 h 17 min

Alex Dimitrios…C.P., le mystère Dimitrios, excellent film de Negulesco (un de ceux qui n’est pas une negulesconnerie comme écrivait Lefort)avec Lorre, Greenstreet, Francken. tiré du roman de…
Du reste, Casino Royal, very good.

PETRUS dit: 1 décembre 2017 à 1 h 16 min

Je ne suis pas allé au cinéma depuis longtemps, d’où mon silence sur ce blog… en revanche j’ai eu l’occasion de voir deux spectacles au théâtre, la semaine dernière, et il ne me paraît pas inapproprié (!) d’en dire quelques mots. Le premier était « Belle Figura », une pièce de Yasmina Reza mise en scène par elle-même sur la grande scène du théâtre du Rond Point. Je fais partie des admirateurs de Yasmina Reza, j’ai savouré son « Art », son « Dieu du carnage » et bien d’autres pièces, j’apprécie ses romans, son jeu quand elle monte sur scène ; ma déception a donc été à la mesure de mon admiration. Non que cette « Bella figura » soit une mauvaise pièce. Ce n’est pas une pièce. C’est une suite de situations, de sketches au sens anglais du terme, avec les mêmes personnages dans des décors différents. Le parking du restaurant avec une véritable automobile qui démarre et roule « pour de vrai », les toilettes du restaurant, la terrasse du restaurant, encore le parking… Coûteux dispositif qui oblige les techniciens de plateau à manœuvrer entre chaque sketch dans une obscurité complice tandis que passent, sur un écran, des animations photographiques accompagnées de musique destinées à faire prendre au spectateur son mal en patience. Je reste persuadé que tout cela n’était pas utile, qu’un décor bout-de-ficelle eût servit aussi bien – sinon mieux -, la pièce que ce réalisme proche du glaçant, avec des personnages qui souvent semblent égarés, loin les uns des autres sur ce trop vaste plateau ; mais c’est sans doute une volonté de l’auteure (autrice ? autoresse ?) Cela n’empêche pas que le personnage de la maman (joué par Josiane Stoléru) soit assez réjouissant, qu’Emmanuelle Devos soit lumineuse, Camille Japy très juste, que le jeune Micha Lescot – son mari dans l’histoire – révèle un talent prometteur et que Loui-Do de Lencquesaing ait de très belles fesses qu’il nous dévoile hardiment lorsqu’on le voit culbuter sa maîtresse dans les toilettes du restaurant. Bien entendu, quelques répliques font mouche, c’est Yasmina Reza tout de même ! Mais cet exercice de style sur les mœurs et la décadence de la bourgeoisie bordelaise a un goût de réchauffé et ne méritait pas, à mes yeux, la standing ovation qui lui a été fait.
Le spectacle que j’ai vu deux jours plus tard à l’Odéon, lui, la méritait amplement. On me reprochera peut-être de comparer l’incomparable puisqu’il s’agissait de quelque chose de très particulier, une pièce intitulée « Quel chantier ! », écrite par des détenus de la prison de Fresnes sous la direction de Sylvie Nordheim. Sur scène, six grands gaillard vêtus de noir devant des pupitres. Il s’agit d’une lecture. Sylvie qui les présente brièvement évoque leur trac, ce que cela représente pour eux de passer pour quelques heures, grâce à une permission spéciale délivrée par un juge, d’une cellule à la scène, qui plus est celle de l’Odéon. D’autant plus impressionnant que la salle était comble. Rocambolesque histoire que celle de cette « tour pour tous » rêvée par un maire ambitieux, dessinée par une architecte délirant et confiée à une équipe de bras cassés que les détenus, de plus en plus à l’aise à mesure que passent les minutes, évoquent avec une truculence jubilatoire, endossant divers rôle auxquels il parviennent, sans jamais décoller de leur pupitre, à donner chair et vie. La salle, qui rit poliment au début se laisse aller à rigoler franchement lorsqu’au final le président Macron en personne vient inaugurer la tour finalement bâtie par ces ouvriers improbables après diverses péripéties. Ces six hommes, dont on peut raisonnablement craindre qu’aucun ne remontera jamais sur une scène, ont donné aux spectateurs un spectacle mille fois plus fort, plus juste, plus sincère et plus humain que les cinq comédiens – néanmoins excellents je le répète -, de la pièce de Y. Reza. Le théâtre n’est pas toujours où on l’attend.

C.P. dit: 1 décembre 2017 à 8 h 55 min

Mais non, Jacques, cela explique seulement que je sois allé à Marseille. Pour Chloé, mais également pour les Guédiguian que j’aime bien (sinon beaucoup leur cinéma) et Simon Abkarian, que je connais depuis les temps où il jouait chez Ariane Mnouchkine, ce qui ne me rajeunit pas !
Les filles n’ont aucun besoin de moi matériellement. Les deux saltimbanques ont des agents, mais elles jouent très peu au cinéma. Vous-même n’avez pas d’agent littéraire… Mais on ne sait jamais… Vous n’écrivez pas que des « Goûts »… Le voyage de l’enfant montant vers l’arrière-pays m’est toujours en mémoire.

Phil, je ne connais de Negulesco, banalement, que « Humoresque », « Comment épouser un millionnaire » et « Papa longues jambes ». Je crois que nous étions en accord à propos du « Cercle rouge ». Christiane est touchée par Bourvil dans ce film, pourquoi pas ? Des trois chats du commissaire Mattei, deux seulement vont à la soupe quand il rentre chez lui, le troisième n’a pas l’air d’avoir faim et reste sur son fauteuil.

Phil dit: 1 décembre 2017 à 9 h 15 min

yes, P. Paris. « The mask of Dimitrios », ai oublié mon beau petit exemplaire de poche au duty free de Budapest, ville de Peter Lorre. comme le cadavre du livre, le mien (de livre !) n’a pas retrouvé après ma certes tardive réclamation. mais il me reste la traduction en (bon) français des années 30. rare et excellent film qui nous fait passer d’Istanbul à Paris via Trieste (30 ans avant 007), ville quasiment jamais filmée comme l’éphémère royaume de Yougoslavie. avec deux des meilleurs pervers de la vieille Europe, recyclés par la turbine hollywood pour le coup manoeuvrée par un réalisateur né austro-hongrois.
CP, P Paris, mandez-nous ce qu’a donné Ambler.

Phil dit: 1 décembre 2017 à 9 h 30 min

merci CP de remettre en mémoire cette bonne scène des chats du commissaire Mattei que j’avais détachée du film. indeed, un des trois bien poilus n’a pas envie d’aller à sa gamelle. me revient aussi au souvenir la généalogie de Mattei qui pose problème dans les arcanes policières. le film pèche (et pêche) par Delon.

christiane dit: 1 décembre 2017 à 10 h 40 min

Joli, les chats de Mattei, CP. Comme Phil vous me les remettez en mémoire. La symétrie des plans, les « cercles » concentriques qui se resserrent comme un piège à souris, dans ce polar d’atmosphère nocturne où Bourvil, le solitaire, est si grave. Des personnages qui font oublier les acteurs… « Tous les hommes sont coupables »…

Phil dit: 1 décembre 2017 à 11 h 06 min

ah oui décidément, ricochets de souvenir…Christiane, c’est bien ce « tous coupables » lâché vers la fin du film qui m’est apparu comme le maillon faible.

C.P. dit: 1 décembre 2017 à 11 h 56 min

Eh bien, oui ! C’est ce que j’avais appelé plus haut un « Pascal de raccroc » confié au directeur de la PJ, y compris lorsqu’il épluche le dossier de Mattei. « Tous coupables / Tous les hommes, monsieur le Divisionnaire… » Pas les chats, tout de même !

christiane dit: 1 décembre 2017 à 12 h 09 min

Oui, Phil, mais ne pas oublier le complément de citation offert par CP « Pas les chats, tout de même ! » (faisant signe au chat repu qui ne mange pas au retour de Mattei chez lui…)

JAZZI dit: 1 décembre 2017 à 13 h 22 min

Le dernier taxi pris par Annelise a dû la conduire dans un pays lointain sans connexions ?
Faut-il alerter le service des disparitions ?

C.P. dit: 1 décembre 2017 à 13 h 31 min

Phil, je n’ai justement pas lu « Le Masque de Dimitrios », ni vu le film. Mais « Light of Day » / « Topkapi », oui, le roman et et le film de Jules Dassin, agréable pour ses acteurs. Tiens, on repasse un des « Mission impossible » où Tom Cruise fait l’acrobate !

Phil dit: 1 décembre 2017 à 13 h 33 min

dans « What ? » de Polanski la touriste en taxi s’enfuit en téléphérique poursuivie par le chauffeur et deux de ses copains (qui semblent portés sur d’autres types de conduites).

JAZZI dit: 1 décembre 2017 à 14 h 36 min

Toujours la bonne référence cinématographique qui convient, Phil !
Mais sait-on ce que devient la touriste en taxi, à la fin ?

Phil dit: 1 décembre 2017 à 15 h 08 min

Elle refile une crise cardiaque à un pervers en chariot roulant à qui elle vient de dévoiler la fin du monde.
Avant cette épreuve (pour le pervers) etde reprendre son téléphérique dans l’autre sens, elle se sera fait peloter par Mastroianni qui cause un sabir anglais incompréhensible et traverse le film pied nu en robe de chambre.
A mettre dans la catégorie « bon bis ».

Phil dit: 1 décembre 2017 à 16 h 02 min

yes dear Baroz, pour ce lapsus linguae vous livre la fin (car c’est pas fini) de la femme en taxi:
en haut du téléphérique l’attendent les trois autres pervers (ceux du début): le chauffeur de taxi et ses deux copains (édentés et qui ne semblent pas avoir la licence taxi).

Annelise dit: 1 décembre 2017 à 17 h 44 min

Phil 16h07, que neige été prévenue?.. je fusse la 31ème, je poussis la porte, voiyus with you cette très sombre, éclectique et néanmoins très exemplaire histoire d’édentés, de « the end of the world » (nom charmant d’un vin, par ailleurs fort quelconque, de Patagonie) mâtinée de l’Origine que Lacan tint serrée derrière le rideau? Paf ! Le téléphérique déjà, brrr.. on sait trop ce que Freud pensait des voyages en chemins de fer
Sur « les 3 bien poilus qui ne vont pas à la gamelle », pas le tps, ms j’y reviendrai si je peux avec special dedicace Françoise Giroud
Mort d’Alain Jessua..stagiaire ds « Casque d’or » de Jacques Becker, assistant de Max Ophüls « Madame de », « Lola Montès »
« Il lui a appris la direction d’acteurs »…et oui, ophulsez, maxophuslsez-vs à Bercy,ds le « park » où Jacques désormais guide galamment nos pas…(je reviendrai aussi si je peux sur la « pub », la différence entre pur pro domo qui m’exaspère et partage…)
Belle incise de Petrus sur Sylvie Nordheim dont j’ai entendu chanter les mérites et le spectacle.. bon goût à l’Odéon? Eriksen, bien muet cet an-ci depuis Frederik Wiseman, avait l’air de dire que oui

Annelise dit: 1 décembre 2017 à 17 h 49 min

le lapsus de Phil charmant comme l’était celui de Jazzi.. une t belle expérience là-dessus restant un ouvrier agricole me parlant il y a des années de la poésie, citant le nom d’Arthur « Rainbow » : tt est dit – en ayant l’air de se tromper, il a raison

JAZZI dit: 1 décembre 2017 à 18 h 15 min

Il y a dans « What » de Roman Polanski, toute la légèreté des films des années 70, dont j’ai déjà parlé. Et ce goût de la modernité à tout prix. Sans parler de la liberté sexuelle. On y montrait son cul sans façon…

Par temps de neige, la nostalgie, bridée sévèrement en moi, finit toujours par déborder !

Phil dit: 2 décembre 2017 à 0 h 40 min

tout de même avec quelques façons, dear baroz, mais on le montrait bien, effectivement
pas seulement un effet de l’hiver, les années septante au cinéma semblent arriver à pleine maturité aujourd’hui, vendange tardive

radioscopie dit: 2 décembre 2017 à 10 h 25 min

« les années septante au cinéma semblent arriver à pleine maturité aujourd’hui, vendange tardive » Phil
De là leur côté sot, terne ?

Annelise dit: 2 décembre 2017 à 10 h 47 min

Radio, le côté « terne et sot des 70s ».?.ah vs y allez sec..un peu vite en besogne. De quel cinéma parlez-vs?
Si on regarde les US, les 60s ont vu émerger un certain cinéma d’auteur, ms le lot des 70s n’est pas unanimement déshonorant.. on y notera « un irrespect systématique à l’égard des règles classiques de l’intrigue et de l’évocation chronologique des évènements un doute sur les motivations des personnages et, partant un jugement moral (souvent) relégué au second, une sympathie pour les marginaux, un rapport frontal au sexe et à la violence, un scepticisme chronique à l’égard de toute forme d’autorité »..c’est aussi « le dévoilement du cinéma comme médium qui rend visible les mécanismes de fabrication du film, un goût pour la relecture et la déconstruction critiques des genres, enfin une volonté de substituer à l’horizon artificiel du cinéma hollywoodien et des réponses qu’il apporte, la beauté d’un parcours incertain qui s’achève par une série de questions ouvertes à l’intelligence du spectateur » (Thoret)
Vs ne pouvez pas fiche en l’air comme ça une nouvelle pléiade d’acteurs qui va de Robert de Niro, Al Pacino, Dustin Hoffman, Jack Nicholson, Faye Dunaway, Gena Rowlands, Jane Fonda, Mia Farrow ou Diane Keaton.
..C’est une génération montante de cinéastes cinéphiles influencés par les nouvelles vagues des années 60, qui prend en main les rênes des studios et bénéficie d’une liberté créatrice jamais atteinte jusqu’alors.. Les petits gars s’appellent Francis Ford Coppola, Brian de Palma, Martin Scorsese, William Friedkin, Hal Hashby, Michael Cimino. Ils réalisent Little Big Man, La Horde sauvage, Une femme sous influence, Un après-midi de chien, M.A.S.H., Voyage au bout de l’enfer, Macadam Cowboy, Taxi Driver, Apocalypse Now, Phantom of the Paradise, French Connection, Délivrance, Rosemary’s Baby…
Curieusement ce sera Georges Lucas qui met fin à certaine tendance à la morosité en 1973 avec American Griffiti dont l’action se passe durant les années 50 et s’arrête en 1962, comme par hasard juste avant l’assassinat de Kennedy. Il s’agit d’en finir avec la machine à déprimer, revenir aux années d’avant la « fêlure fitzgéraldienne ».
.. A partir de M.A.S.H., vs remarquerez que Robert Atman utilise ce qui deviendra sa marque de fabrique : une forme narrative chorale où s’entrecroisent une multitude de personnages… Cette volonté de diffracter le récit en une série de micro-fictions qui se répondent, signant une « absence profonde de raccords » qui lui sera reprochée avant de devenir signature

Annelise dit: 2 décembre 2017 à 10 h 52 min

Jean-Baptiste Thoret voulait être vétérinaire, il a fait l’Esra. . (à moins que ce soit la même chose)Même combat chez moi entre htes études censément salvatrices et le faire livre,tjs si incertain

Phil dit: 2 décembre 2017 à 11 h 04 min

très bon « sot terne » de Radiscopie.. mais le marquis suce et salut,
…le (bon) cinéma des années septante, révélé encore une fois dans la fleur des giallo versée aujourd’hui dans le cinéma dit « bis », est capiteux, dégorge de références car ses faiseurs ont probablement plus lu que regarder. l’assimilation est mal dégrossie, certes mais le résultat est plus séduisant que beaucoup de réalisations actuelles qui sonnent le creux de la formation étique de leurs auteurs, génération d’images.
véritable plaisir baroque éprouvé aujourd’hui à la revoyure de ces opus fourretout aussi chargement meublés que les appartements d’yves saint laurent bergé.

Annelise dit: 2 décembre 2017 à 11 h 17 min

Ne le buvez pas trop frais, ni sur rien de trop sucré, Phil. Un bon stilton very sec, un plat thaï, plutot qu’un tiramisu ou un saint déshonoré par trop de crème..je suis sûre que vs le savez
« véritable plaisir baroque éprouvé aujourd’hui à la revoyure de ces opus fourretout aussi chargement meublés que les appartements d’yves saint laurent bergé. » Exact !
Enchainement parfait,demandant quelle place occupai(en)t le(s) Moujik(s)…cette histoire de nom hérité en revanche ne me dit rien qui vaille, mon côté « Thoret-vétérinaire » m’amenant à revenir donc sur « indeed, un des trois bien poilus n’a pas envie d’aller à sa gamelle » ,
Phil aux formules acérées a décidé de me faire rire en milieu de matinée, il a raison c’est b pour moi.. une anecdote,François Giroud en revanche avait des chats « nus », contact bouillotte de daim – très jeune je vais l’itw sur un de ses livres, un des acolytes bondit sur moi, boule à zéro avec de grandes oreilles, pattes maigrichonnes , couvertes uniquement d’un pelage si ras qu’il masque à peine la peau ou s’y confond.., je m’écrie saisie d’effroi, « bon dieu, qu’est-ce que ce truc? », croyant à une maladie qui s’attrape, une chauve-souris trafiquée ou je ne sais quoi. ..mais bon, je ne le repousse pas..il s’installe haut sur mon cou et finalment je le laisse, sans doute l’habitude des aliens..alors j’ai vu son regard s’adoucir – je parle de FG – et pas sûre que ce soit mes questions? J’avais 17 ans, elle un appartement rue de Latour Maubourg, ds mon souvenir

Phil dit: 2 décembre 2017 à 11 h 31 min

yes dear Annelise, la température idéale va pour le sauterne comme au cinéma. le goût de Giroud pour les chats tondus me semble fortement subliminé !
ceux de mattei-bourvil trop poilus à mon goût, les matous prennent vite la grosse tête, ne les caressons pas dans le sens du poil.
l’assassinat de Pasolini à Ostie est aujourd’hui vainement politisé. il est plus cinématographique d’y voir l’excès, l’abus dit-on aujourd’hui sur envoyé spécial, de gouapes.
Winckelmann est mort de la même manière, personne n’y voit une adhésion communiste, marx n’était pas né.
les vins bio ont le goût du jus de cerise. vive l’ancien régime;

JAZZI dit: 2 décembre 2017 à 11 h 47 min

« J’avais 17 ans, elle un appartement rue de Latour Maubourg, ds mon souvenir »

Oui, nous étions voisins en ce temps-là. Elle avait put s’acheter cet appartement, face aux Invalides, grâce à je ne sais plus trop quel succès de librairie ? Auparavant elle habitait au sommet de ma tour-immeuble, plus haut sur le boulevard Pasteur, vers la tour Montparnasse. Là où Roccard vivait également. Depuis mes fenêtres, alors qu’elle était ministre, je la voyais partir et rentrer en voiture officielle. Françoise Giroud était une sacrée féline. Avec elle, c’était pâte douce ou coup de griffes. Vous l’avez échappé belle !

l'ombelle des talus dit: 4 décembre 2017 à 0 h 15 min

Patte de velours… et téléportation

l’ombelle des talus dit: Votre commentaire est en attente de modération.
4 décembre 2017 à 0 h 13 min
@ le billet : « étonnons-nous tout de même de voir un livre si peu rigoureux avec les sources et leur interprétation(…) »

Hygiaphone (Clip officiel)
https://www.youtube.com/watch?v=ah3ayYdRO5A

Annelise dit: 4 décembre 2017 à 10 h 50 min

L’Ombelle je suis étonnée, la modé ne me signale aucune rétention. Parfois le robot – seul, cette fois – bloque les posts contenant un double lien, séparez
S’annonce après « Bovines » le « Makala » d’Emmanuel Gras, que j’ai b envie de chroniquer. En aurai-je le tps, autre question. Ms allez-y. Sortie le 6 décembre… loin du conte de Noël, avec une qualité de poussière et de sueur perceptible.. à propos d’efforts, d’aucuns st-ils allés revoir de l’Ophüls à Paris, ou Tony Richardson à Bx ? (vu que « La Solitude » repassait à l’Utopia St Siméon : occasion d’une revoyure si j’y avais été)

Phil dit: 4 décembre 2017 à 12 h 41 min

oui dear Annelise, quelques films ophulsiens dont la respiration nous fait le plus grand bien. « Madame de. ».bien sûr, pour DD, les dialogues ciselés comme le collier nomade du film et les décors capiteux-tonnés. « Lettre d’une inconnue », le beau brun frenchie Louis Jourdan à dont la parfaite langue anglaise nous fait oublier de ne pas entendre un mot d’allemand dans cette adaptation de Zweig.
surtout « Liebelei », première copie de 1932, prose viennoise des faubourgs, le sacrifice de la mère de Romy Schneider qui sublimine celui de sa fille pour les amateurs de palimpsestes que sont les cinéphiles.
tout ça pour oublier la légère déception contemporaine livrée par le dernier film de Xavier Beauvois « Les Gardiennes », les actrices, l’histoire sont belles mais le rêve de cinéma n’est pas venu, manque de matière sur la pellicule, Beauvois n’a pas été à l’école de la profusion ophulsienne.

J.D dit: 4 décembre 2017 à 13 h 39 min

Le post de herr Philippe me donnerait envie de copier les photos pour vous les offrir ,mein Liebling.MME De ,chef d’oeuvre complet !Max.O était un ami de la famille,son fils amoureux de ma regrettée mère,Zichono Livra’ha!J’ai hésité a à les mettre ,trop personnel ?Ma mère y figure en son bel âge.MME Darrieux ètait belle aussi,je conviens .Xavier Beauvois ,les hommes et les D.ieux portés par la grâce .Le petit lieutenant avec MME baye pas désagréable.J’ai le réflexe de le trouver bon interprète . » L’absence de matière « mentsch Phil:les jeunes cinéastes vous dites sont farcis d’images ,il ne faut pas trop de fond pour être regardable ? le niveau baisse ,sans vouloir être pessimiste .Le cinéma d’école leur apprend surtout la ligne claire comme il faut être vu.La fraîcheur a fondu ,une denrée plus rare que les matières odorifères non stabilisées qu’utilise votre ami Ellena,Feygele!Elles coûtent une fortune et on n’est pas certain de pouvoir les reproduire .Pourtant ce qui fait leur valeur .

Phil dit: 4 décembre 2017 à 14 h 43 min

c’est très juste, JD.
faut-il être pessimiste, je ne sais, nous n’avons plus le temps à tortiller. à l’avant première de Beauvois, le champagne était frais et de bonne qualité, piper heidsick (la maison que Ribbentrop représentait dans sa période spiritueur). il fallait lui demander pourquoi cette fin à la Kubrick des sentiers de la gloire ? inspiré ou inspirateur? me suis rabattu sur Barbet Schroeder pour lui discuter son « More » des valeurs sûres, dont il n’a pas aimé les copies m’a-t-il dit les dents serrées. sûrement pas bien digéré son digest semi-raté sur le moine boudhiste antimusulman. certes « More » est une pierre de touche, peut-être involontaire, that’s the point(e).
Ophüls avant de faire du cinéma aura mis en scène plus de 80 pièces de théâtre. c’est énorme, l’homme de qualité a lu comme un forcené, pas un mot plus haut que l’autre, l’image soignée comme une belle phrase au service de l’idée. Liefern Sie uns doch bitte ein paar Bilder von diesem Mann mit so vielen Eigenschaften…es kann doch nicht schaden, ganz im Gegenteil…

JAZZI dit: 4 décembre 2017 à 15 h 21 min

« le dernier film de Xavier Beauvois « Les Gardiennes » »

Rien que la bande-annonce est à pouffer de rire, Nathalie Baye et Laura Smet en paysannes de la grande guerre, quels rôles de composition !

Phil dit: 4 décembre 2017 à 15 h 35 min

quelques photographies aussi de votre gnädige Frau, Madame votre mère, JD, cela va sans dire pour Ophüls dont la tournure de cinéma est faite en puissance de femmes.
Baroz, Nathalie Baye n’est pas si mal en paysanne vieillie, sa fille, tourmentée en film comme au naturel, l’accompagne plutôt bien, seuls le rythme et le filmage (l’essentiel, quoi) manquent de souffle.

JAZZI dit: 4 décembre 2017 à 15 h 54 min

Nathalie Baye avait été excellente en paysanne dans « Le Retour de Martin Guerre », naguère, Phil !
Mais Beauvois bande mou…

Phil dit: 4 décembre 2017 à 16 h 10 min

sapré baroz, merci pour cette deuxième information de première main. il faut dire que Beauvois s’est agenouillé en public devant Baye pour la remercier de sa prestation, et ce faisant s’est vu ordonner vertement de se relever. possible bande-mou attitude.

Phil dit: 4 décembre 2017 à 16 h 55 min

enfin tout ça pour dire que deux flûtes généreuses de piper n’ont pas suffit à dissiper l’impression vague laissée par ce cinéma qui veut puiser son imagerie dans nos belles campagnes à Grand Meaulnes sacrifiés. Bien loin des « Goupi mains rouges » et autres Farrebique.
m’a fallu enfiler deux ophüls coup sur coup, (première manière, du rude, années 30, Autriche de studio, opéra à la smetana filmé, sous-titrage manquant une scène deux…une bordée de spectateurs à bout de souffle ont craqué, sortie anticipée à plat ventre sur la moquette (sortir d’un ophuls peut offusquer), donc tout ça pour retrouver une rétine cinéphilique

Annelise dit: 4 décembre 2017 à 17 h 35 min

Phil 16h10 et Jacques 15h54 on Beauvois , vous deux, ne présagez pas trop abominem, pitié de la grandeur !
J.D, « une denrée plus rare que les matières odorifères non stabilisées qu’utilise votre ami Ellena,Feygele »
..sans parler de son ennemi chéri, Serge Lutens dont (à son gd dam!) j’ai tjs aimé les noms espiègles des créations, « Fleurs en cellophane », « Le renard joue à attrape-moi le lapin, à cache-cache dans le bois » etc (..j’invente à peine)..ses « Fleurs de Citronniers » me ramènent cheveux lâchés, en short et scooter sur le lacis de petites routes, hors saison, vers Sorrente, ah, ce que j’ai pu rêver du Sirénuse avant de m’apercevoir que le temps a passé.. piscine enfermée devant les dineurs, quelle horreur.. le vent léger rapporte l’odeur des fleurs en bouton, de quoi frissonner ..ou pire, vers Noto où il faut s’accrocher pour aller à pied en plein cagnard.. les ruelles en pente, où les serveurs en sueur desservent expertement des tables arrimées en biais à même l’asphalte, tout cela vissé aux boulons, les tremblements de terre ayant jeté à bas l’église, pdt que l’ingéniosité était forcée de repartir de plus belle. .bras de chemise et le meilleur lait d’amande de l’univers… JCEllena tolère celui-là (Fleurs de citronnier), ms déteste cordialement celui homologue des fleurs d’oranger, d’après lui « pour starlette » (c’est au passage le parfum d’Eva Longoria )alors qu’Ambre Sultan, voire Shalimar (en oui…en Inde les hommes portent du sucré, de la violette à la Beene, ça peut être si divin..), la vanille bourbon cesse de faire cossue pour devenir ultra langoureuse.. Enfin cela ne vaut pas « Terre » ni « Grey flannelle »..Sur les matières organiques, bien vrai..l’hygiénisme du « parfum propre » en a tué plus d’un..c’est pourquoi aussi les parfums st régulièrement « rajeunis », d’une manière qui les pasteurise et ne me convient pas tjs.. des photos d’Ophuls himself, comme JdeBasher, j’aurais été preneur – mais je comprends la réserve, gardez-les précieusement pour vous. En cadeau à mon tour, autour des parfums et du Nez,un récit reçu personnellement, que je ne rapporterais pas s’iln’avait été relayé ds le « Journl d’un parfumeur » : JC Ellena jeune, débutant incertain mais en ayant déjà bien sous la pédale a RV avec son maître, edmond Roudnitska qui a fait 2 indémodables, Eau Sauvage delonesque indeed et Diorissimo, le muguet virginal qui sent le bonheur frais à plein nez – bref…il est t mal reçu, Edmond lui claque la porte au nez en disant qu’il « sent la lessive bon marché, ça la fout mal »…mon Ellena favori a de quoi se vexer, secrètement il souffre et doute, ms il rentre, ne change rien et me dit « est-ce que moi j’allais lui f. sur la figure car il sentait le chien mouillé? » Roudnitska avait dû en convenir, il adorait sa bête, pour ainsi dire son meilleur ami. Il était génial, ce génie a terminé oublié, si seul. JCEllena est revenu humblement le lendemain, ils ont parlé : JC est remonté sur scène,Verhoeven des razzie Awards, tel quel, avant de se délivrer par amour, écrire les Hermessence qui coûtent un bras et ses « jardins »…Méditerranée, Sur le Nil, Après la mousson ou Sur le Toit qui sent la poire en éclosion fragile la fleur blanche, j’en passe
« Makala » d’Emmanuel Gras, c’est la poussière des chemins et la transpiration, JC dirait sauge sclarée qu’il a mise ds Eau de gentiane blanche (unisexe comme ts les parfums conçus, après les peaux font la différence)et soupçon d’ananas

JAZZI dit: 4 décembre 2017 à 19 h 55 min

« Makala » d’Emmanuel Gras, c’est fin, Annelise ?
J’irai le voir, ainsi que « Les gardiennes », pour faire plaisir à Phil !
What else ?

Phil dit: 5 décembre 2017 à 8 h 47 min

aimable retour dans le passé des parfums déchus.. l’on revoit Madame de.. devant son miroir, le regard absent,
Ophüls a sûrement imaginé que sa mise en scène puisse laisser percevoir au spectateur les effluves de son parfum

Sylvain dit: 5 décembre 2017 à 12 h 06 min

L’incise « parfum »d’une sensualité exquise,Annelise! »Hot »racé naturel des sens éprouvés.

Le nez ,un des plus complexes et moins intellectuels.

j’aurai bien vu les photos d’Oppenheimer,Maximilien ou Marcel!Fritz holl ne lui a pas servi pour devenir acteur,son enseignement a mieux réussi à la mise en scène, pour notre bénéfice.

Hilde Wall, la mère du fils était actrice.Tous cultivés,curieux:l’intérêt pour la littérature(il était critique)permet une élaboration. »Werther »1an avant-guerre,Goethe.

Sinon,échelle contempo ou on nage dans le relativisme:Laurent Delahousse avait annoncé faire un film avec D’Ormesson.Il va devoir trouver quelqu’un d’autre…

Annelise dit: 6 décembre 2017 à 9 h 22 min

Oui Phil, je m’escrime depuis tt à lh pour insérer un billet ds le billet… Refus de la connexion, zut! N’ai pu que twitter un entrefilet à droite… Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes? demandait Sylvie Vartan. element de réponse , via la presse étrangère qui ne parle que de cela, titrant « la France en deuil ».. Qu’est-ce qu’elle avait sa gueule?Johnny qu’on l’aime ou pas a tjs eu un côté « pupille de la nation » grave et émouvant propice à allumer le feu

Annelise dit: 6 décembre 2017 à 10 h 07 min

..j’ajoute (tjs réduite ds les propres colonnes au mini écran illisible d’un téléphone p poster..désolee pour d’éventuelles fautes, se relire est quasi impossible) que Johnny Hallyday, bête de scène, fut également bon acteur. Certes, il « faisait du Johnny », tte la subtilité du, ou des réalisateurs (on pense à « Jean-Philippe » consistant à capturer puis redistribuer cette signature en parvenant à la teinter d’autres nuances, qui ne soient pas seulement discrètement auto-parodiques. . Un benêt? Sûrement pas… Mais se sentent partout un complexe latent, une insécurité paradoxale transformés en énergie à la fois animale et faillible – étoffe d’icone..et certains de ses paroliers, eux de vrais fils de famille que tourmentaient d’autres recoins, ont d’ailleurs su mettre cela habilement en mots.. sur la fragilité non feinte et irréparrable du garçon paumé. . Je reviens au film de Beauvois. Étonnée, et à vrai dire touchée à une époque , pour ce que cela revele en creux,par Laura Smet s’extasiant dans la presse que lui était été confié le rôle… d’une institutrice, d’une « femme si intelligente et instruite »! La fille de Johnny et Nathalie Baye. .confondant. Elle ne rit pas, ne triche pas..et ce n’est pas l’assertion d’une gosse de stars gâtée pourrie mais bien celle d’une enfant insecure de père starifié, ms que l’insécurité continue de tenailler… Jean Rochefort racontant que Laetitia l’attend avec un Thermos de soupe au potiron …salut l’artiste

Phil dit: 6 décembre 2017 à 10 h 08 min

bien juste, Annelise, un côté « pupille de la nation » et je dirais même plus « un profil belge ». oui, la cinéphilie rend physionomiste.

Phil dit: 6 décembre 2017 à 10 h 16 min

vrai, légère gêne perçue dans l’attitude de cette institutrice. Laura Smet joue bien son rôle dans « les gardiennes » et laisse le spectateur la dédoubler pour son plaisir de..spectateur.

en passant dit: 6 décembre 2017 à 10 h 52 min

« le rôle… d’une institutrice, d’une « femme si intelligente et instruite » »

eh les fils et filles de…
elle n’ était obligée de faire ce job,
en tout cas elle n’est pas pseudo-rockeuse, enfin pas encore,
ni mannequin ..

JAZZI dit: 6 décembre 2017 à 11 h 13 min

On a tous en nous quelque chose de Johnny !
Mais aussi des poilus.
« Les Gardiennes », ex femme et fille de, donneront-elles en ce jour une autre résonance au film ?
Réponse dans la soirée…

Marge F dit: 6 décembre 2017 à 11 h 49 min

merci chere ALR.vos billets enthousiasmants etonnants fins;regularité dans la rarete!Fan-club bati autour de la cinephilie conjuguee à votre ecriture souple charnelle magnifique(Halliday, JC Helena);lectrice fidele.
MF.

les routiers sont sympas dit: 6 décembre 2017 à 12 h 13 min

Deux génies viennent de nous abandonner
un deuil national (avec discours du philosophe né) de deux ou trois semaines devrait être prévu

radioscopie dit: 6 décembre 2017 à 15 h 14 min

Même ici ! Il est vrai qu’il a fait un peu de cinoche et qu’on est en République {du cinéma} mais trop c’est trop, ces hommages en continu sur les ondes, dans la presse, etc. ça finit par passer la mesure du supportable. Il faudrait analyser le phénomène, s’interroger sur le délire qui a saisi les médias pour faire pleurer Margot et décérébrer le bon peuple.

JAZZI dit: 6 décembre 2017 à 15 h 27 min

« s’interroger sur le délire qui a saisi les médias pour faire pleurer Margot »

L’audience et le fric, radioscopie, ne cherche pas plus loin !

Annelise dit: 6 décembre 2017 à 16 h 22 min

Ciel, Radio..(depuis l’airport, me débattant avec une obscure enquête « aéroport de Paris » où il faut cocher, cocher..) eussiez-vs préféré que je vs vantasse Jean d’O? Quid de cette affaire dont je n’ai pas eu vent avec Laurent Delahousse? Au tatouage ad hominem sur muscle de Julien Doré je réponds le porteur de sacs, Makala d’Emmanuel Gras, moins kitsch ms valeureux

radioscopie dit: 6 décembre 2017 à 16 h 23 min

Demain, quand l’ivresse sera retombée, prendront-ils pour autant l’exacte mesure de ce chanteur de variété à audience strictement hexagonale (+ quelques débordements sans doute en Belgique, Suisse et Luxembourg), à l’occasion exilé fiscal et thuriféraire de Chirac ou Sarkozy ?

radioscopie dit: 6 décembre 2017 à 16 h 31 min

Non, Mademoiselle Roux, je n’attendais pas de vous que vous vantassiez davantage Jd’O (qui, à ma connaissance, n’a pas fait de cinéma sinon -beaucoup- au sens figuré du terme). Je ne m’attendais pas non plus à ce que vous relayassiez cette déploration nationale. Pas mécontent de vous donner le fouet… puisque vous en êtes à « cocher ».

Annelise dit: 6 décembre 2017 à 16 h 50 min

Radio, non Marie-Noëlle dispose les cadeaux sous l’arbre, c’est Jean Balthazar qui y va à tour de bras sur les enfants méchants .. Donc vous vs réjouissez que je ne vantasse pas, eut-il été judicieux que je descendisse par ailleurs pour faire la balance? Vous le dites vous-meme : déploration nationale..le Johnny peut-etre franco-francais, encore que?.. monumental peut être à cause de cela., statuaire déjà de son vivant…,pour la participation de Jean d’Ormesson n’est ce pas vs qui avez évoqué un film avec le beau gosse de l’info? Vais relire. Après la star ac, et the Voice, journal de 20h sonne classieux?
Serieusement, bras, suite : Makala, ou le biceps entretenu à la dure en poussant le vélo et tractant des balles de charbon plus lourdes que lui. Gras ds « Bovines » avait donné un film certes esthétique, esthétisant mais d’une belle précision sur la gente ruminante, de pie en pie. Let´s fly, bonne journée à ts

J.D dit: 6 décembre 2017 à 17 h 28 min

Herr Philippe 15.35 ma mère était très belle.Un fils de la religion qui se respecte ne dira pas autre chose .Smet-Halliday, »chanteur de droite » est-on condamnés à lire ?Traînant du coté de la place Colette pour de décevantes fourberies ,’j'hallucine’.Macron prédisent à Alger le le pleure ,what else ?Johny a soutenu VGE,Chirac .Au fouquet’s pour promettre le miel à sarko.En 85 sur la scène de l’Huma , » des gens courtois « .Toute la musiqueu queu jaimeuuu.Elle vient du blues.Feygele de plus en plus adorable a tout compris.brillant « pupille de la nation ».l’enfer comme un espoir .Vais voir Makala pour vous !

J.D dit: 6 décembre 2017 à 17 h 31 min

N’ai pas été frappé par l’hommage de l’elfe RDC pour Jean d’O ,en passant?Pas remonté assez haut ?Le feygele fait c’qui lui plait plait;nombreux nous sommes à chercher la recette du petit oiseau moqueur.

what else dit: 6 décembre 2017 à 18 h 19 min

« Il faudrait analyser le phénomène, s’interroger sur le délire qui a saisi les médias pour faire pleurer Margot et décérébrer le bon peuple. »

Marketing par ruissellement de pub

radioscopie dit: 6 décembre 2017 à 18 h 49 min

Une blague de l’équipe des Belges sur France Inter ce soir (réjouissante et iconoclaste) : Johnny a donné 5 000 € à son 1er fils et 2 00 au second. Ah, pourquoi pas la même chose ? Parce qu’au p’tit que 2 000. Epatant !

JAZZI dit: 6 décembre 2017 à 21 h 47 min

La mort de Johnny n’a aucune résonance sur le film !
J’ai bien aimé l’histoire des Gardiennes, le jeu des actrices, Nathalie Baye et Iris Bry surtout, la mise en scène en douceur de Luca Belvaux… mais sans plus. Le film s’est fait par la volonté de Sylvie Pialat, on imagine ce que son mari en aurait fait !

Annelise dit: 6 décembre 2017 à 23 h 03 min

Ms Xavier Beauvois, cher Jacques.. Iris Bry en Francine, servante dure à la tâche ..le personnage de la mère, Hortense, n’étant pas sans ambiguïté ds sa manière de revenir à l’ombre ancien, où ce sont les hommes qui dominent, l’entraide ne semblant s’être organisée que pour leur permettre de reprendre une place que les femmes leur ont tenue en état de marche à la sueur de leur front

JAZZI dit: 6 décembre 2017 à 23 h 35 min

Oui, je les confonds, Annelise, je ne connais pas très bien leur filmographie. L’originalité de ce énième films sur la Grande Guerre c’est que pour une fois on s’intéresse au rôle des femmes, à l’arrière. Ici, les hommes partent au front ou rentre en permission et repartent. Ils font de la figuration. Mais on le savait, rien de bien nouveau. Et Beauvois raconte tout ça sous une forme esthétique soft, genre la laitière de Danone, sans grincements et sans heurts. Il se paye même le luxe d’un happy end.

Phil dit: 7 décembre 2017 à 0 h 00 min

Les images sont belles dans ce film, malgré l’abus de brumes matinales. entendu un spectateur, « c’est du pissarro ». oui mais voilà, nous sommes au cinéma, pas au musée d’Orsay.

JC..... dit: 7 décembre 2017 à 10 h 24 min

Peut on aller plus bas qu’aujourd’hui ?

Certes ! Ne désespérons pas !

Jeannot le belge sert, vivant, agonisant ou mort, un but honorable, humaniste, généreux, ambitieux pour des veaux : faire de la culture avec de la merbe.

Pour l’instant tout marche, coco ! Comme au cinéma….

JAZZI dit: 7 décembre 2017 à 10 h 40 min

Le film « Les Gardienne »s, qui relate, au fil des saisons, les travaux et les jours des femmes d’une famille de paysans (picards ?), entre 1915 et 1920, s’inscrit forcément dans la durée. Contrairement à Phil, je ne lui ferais pas le reproche d’une certaine lenteur. Cependant, un point de détail m’a gêné : l’adolescente de cette famille, alors que l’on sait combien on change à cet âge là, reste toujours semblable à elle-même ! Ma réserve concerne plutôt le sens, l’utilité aujourd’hui de ce film dont la thématique est archi connue, celle de l’émancipation des femmes en temps de guerre. Le film de Beauvois, produit par Sylvie Pialat, n’apporte rien de nouveau ni de personnel et ne s’élève pas au-dessus du niveau de la simple illustration. Plaisant, certes, mais offrant seulement un beau rôle de composition à Nathalie Baye et accessoirement à sa fille de…

flash news dit: 7 décembre 2017 à 10 h 58 min

7 décembre 2017 à 10 h 24 min
Peut on aller plus bas qu’aujourd’hui ?
Certes ! Ne désespérons pas !
Jeannot le belge sert, vivant, agonisant ou mort, un but honorable, humaniste, généreux, ambitieux pour des veaux : faire de la culture avec de la merbe.
Pour l’instant tout marche, coco ! Comme au cinéma….

toujours bourrée bérénarcisick plaide pour un hommage au panthéon, la grimaçante grossedesbois pour une statue dans la cour du louvre
Donald et le saint père viendront pur un dernier coucou

Phil dit: 7 décembre 2017 à 11 h 01 min

Dear Baroz, j’ai visionné le film de Beauvois entre deux films d’Ophüls (des brouillons de jeunesse avec un son délicieusement optique). l’exercice fut profitable et déprimant. Impressions d’images juxtaposées chez Beauvois, entrejouées par des acteurs d’un nouveau cinéma muet qui débitent leurs cartels en mitrailles monocordes, probablement pour coller à l’air du temps que la réalisation s’est imaginée sur un seul registre, alors que ceux d’Ophüls font des pieds et mains pour faire oublier l’origine théâtrale de leur art naissant.
au moins l’envie de lire le livre du film (vite, de la substance !) cet Ernest Perochon, jamais lu.

JAZZI dit: 7 décembre 2017 à 11 h 16 min

Contrairement à ce que dit Annelise de « Makala », ici on ne voit pas la sueur et n’imagine pas non plus les odeurs. Le film de Beauvois aurait gagné à être plus « réaliste »…

hors sujet dit: 7 décembre 2017 à 11 h 18 min

JC

il a régurgité avec paillettes et à grand fracas des adaptations en français de chansons d’ailleurs ( brie ze first devrait lui décerner la médaille de l’Académie F et celle la L d’H !! )

Sylvain dit: 7 décembre 2017 à 11 h 44 min

Jazz 23.35, »oui je les confonds »(Beauvois&belvaux)

Suite au »Beauvois bande mou »du 4/12,on s’interroge sur belvaux?

Les gardiennes glaneuses de l’Angelus ont bon dos,Annelise!Trop de fog(pas moi qui l’ai dit..)

Je crainds pour le porteur de charbon.Ces films à »la ciambra »qui coûtent une blinde pour montrer la misère avec pincée d’exotisme,c’est fastoche!

Le battage Johnny hier,grotesque…trop c’est trop.ses enfants presque plus discrets,comme quoi.

radioscopie dit: 7 décembre 2017 à 11 h 45 min

N’y aurait-il pas un tropisme du cinéma actuel à battre la campagne, à la revisiter en des époques « où les oeufs étaient frais » et le glyphosate n’avait pas été inventé ? Il y a eu « Le semeur » (d’après L’Homme semence de Violette Ailhaud, 1919)-le vent l’a hélas chassé des écrans avant que je n’aie pu me fournir en grain à moudre-, « Les gardiennes » (d’après Pérochon, 1924)puis « Seule la terre » que j’irai voir malgré ce titre barrésien en diable qui ne vaut pas mieux que l’original : God’s own country.

Phil dit: 7 décembre 2017 à 12 h 16 min

« Seule la terre »…attention au titre trompeur ! (comme tous les ornithologues financés par francecul)
Barrès n’a rien à voir sauf à le confondre avec Jean Lorrain ! dear radioscopie, c’est du brokebackmountain version hard avec l’accent écossais imbitable.

Phil dit: 7 décembre 2017 à 14 h 44 min

Dear Radioscopie, vous gratifierai volontiers d’un synopsis « hand made » de ce nouvel opus sur les esseulés terriens en slip, bizarrement versés dans le gros bétail…(si bien que les cultivés comme vous (et moi demi-gogo qui écoute la pub sur franceculture) ont pu imaginer y voir une adaptation de la trilogie du roman de l’Energie Nationale. nenni, « La colline inspirée », en fait deux cimes égales en puissance du paganisme et de la religion, est pour longtemps inaccessible.

Anneliise dit: 7 décembre 2017 à 16 h 31 min

Sylvain 11h44 dit : « Je crainds pour le porteur de charbon.Ces films à »la ciambra »qui coûtent une blinde pour montrer la misère avec pincée d’exotisme,c’est fastoche!
Le battage Johnny hier,grotesque…trop c’est trop.ses enfants presque plus discrets,comme quoi. »

Je maintiens ce que j’ai dit sur Jean-Philippe Smet, la dimension « pupille de la nation », qu’on aime ou pas, bête de scène à l’histoire familiale de Nowhere boy lennonesque.. le père qui lui offre un éléphant en peluche sous l’œil inquisiteur des caméras, 5000 F dealés pour des « retrouvailles » orchestrées, jolie somme ms ça vs brise un homme s’il ne l’était déjà avant et vs forge the right stuff pour « l’envie ».. maintenant j’espère qu’après l’éventuelle remontée des Champs en cortège ils ne vont pas proposer de nous l’enterrer aux côtés de Jean Moulin. Les deux s’ennuieraient et ce serait dommage pour tt le monde
Sur la première partie du post, vs lancez un petit pavé qui m’interpelle malgré tout, soulevant plusieurs points demandant à être sériés. Petit post dans le post (je voulais chroniquer « Makala » d’Emmanuel Gras, l’ouragan Johnny a tt emporté..) Comment faire du cinéma sur ces sujets en 2017, avec quels crédits, quels appuis, vers quels débouchés. Il y a qq mois je suis devenue productrice d’un « documentaire » – depuis j’ai appris à ravaler le terme après m’être fait remettre en place comme il faut par une dame de la télé qui m’a expliqué que ça ne s’appelle pas comme ça…tout au plus un « film d’auteur » – de 64 mn sur le gel qui a ravagé le vignoble bordelais le 27 avril, exactement pendant les présidentielles françaises. Une équipe de trois, en grande partie novice ..un chaudronnier, manuel vrai de vrai au physique de jeune Ben Affleck plébéien ayant fait une école de cinéma parisienne où il se sentait très mal, n’étant le fils d’aucun Télé 7 jours (son premier « court » ayant eu en revanche 1 ou 2 sélections internationales « à l’aveugle », mais il n’a jamais rien gagné )– une femme et un très jeune homme de 21 ans qui prépare Louis-Lumière.. – voilà pour les références ! Matériel ultra léger, D750 et micro connecté, basta. Ils sont entrés dès le lendemain matin dans une des plus célèbre famille vinicole au monde, en appellation margaux bien touchée, et allons-y : vue brute pour chronique villageoise, familiale et sociale filmée en temps réel avec zéro filtre… les larmes de la femme propriétaire œnologue, le chef de culture algeriano-marocain qui tombe la veste, donnant au passage une image quelque peu inattendue du « travailleur émigré arabe » (en l’occurrence c’est lui qui dirige les opérations de reconquête et suscite toutes les estimes), micro trottoirs campagnards, digressions sur la phrase de Claire Simon , « devenir artiste est devenu un aboutissement du capitalisme » – votre servante ayant commencé par accepter d’être itw avant de décider de donner un coup de pouce plus concret – , les différences sociales et la possible concorde, la petite ruralité, toute une région splendide d’un côté, bien craignosse de l’autre tourmentée par la perte d’emplois induite par la ruine du millésime auquel le FN fait de l’œil, alors que le monde ouvrier vinicole jusqu’ici était rétif à l’extrême droite, tout ça scandé par les visites du médecin de campagne.. jusqu’au marathon de début septembre, et les vendanges qui ont suivi la cata
Amateurisme ?C’est monté à la hache, désordonné en apparence avant de ruisseler au même endroit pour faire sens , naïf, si maladroit et lourdaud parfois dans les parallèles ou les métaphores, son pas terrible (mais meilleur que « Mondovino ») curieusement poétique, réel pourtant à mes yeux justement d’oser qqchose qui ne louche pas trop vers les standards, n’ayant de toute manière pas les moyens d’y accéder
Sans doute pourquoi je l’ai produit ? Le long-métrage était sur la table en un temps record, 30 jours de tournage tout compressé, post-prod terminée etc 6 mois après le premier matin du désastre. Très mal joué puisque « pas joué », une seule prise à chaque fois ! Le poker est un sport de pauvres qui sans « aimer le risque », sont svt forcés d’en prendre. .puis disons que j’avais envie de voir si on peut encore faire du cinéma aujourd’hui sans être si bien entouré par des commissions, des organismes, des écoles. Mon idée première était de montrer le résultat bien bancal, mais passible d’être taxé d’une fraîcheur extra-ordinaire, à un homme de l’art dont l’œil me parait avoir gardé une capacité discernante ? La prod télé belge croisée sans le savoir m’en a dissuadée, me cisaillant les pattes en jaugeant en 2mn que cela « ne valait rien », « incasable », « pas informatif », « pas du tout l’image du Médoc glorieux que les gens ont envie de voir » bref « nul »… de quoi fouetter un brin le doute et calmer les ardeurs ? En revanche, paradoxe, un documentariste « cinéma » de qq renom l’ayant vu m’a lui conseillé de les diriger vers le FIPA de Biarritz , Nyon, ce genre.. . cela s’appelle « Gels » et ce n’est pas pour prêcher pro domo que je vs en parle, le film entrant en festivals au petit bonheur, n’importe comment, ses auteurs n’ayant de surcroît pas les moyens de mettre 200 euros d’inscriptions chaque mois et se voyant donc doté de très, voire très très peu de chances d’être vu : j’ai bien peur qu’en oxymoron du titre (glacé !), mes jeunes réal introduits par rien ni personne terminent frits tout crus, bien moqués dans les festivals qui vont se poiler devant un « long » à moins de 10 000 euros ?
Et nous revoilà bouclant la boucle du sujet soulevé : oui, il y a fort à craindre que le cinéma soit devenu un sport de riches – et s’il ne s’agit pas de déplorer en pleurnichant, tout enmoraliné de principes, cet état de fait, il s’agit plutôt de se demander si certaine lassitude n’est pas au bout, qu’aucune fuite en avant financiaro-protectionniste ne saurait enrayer ? Qu’on me donne la soif pour aimer la faim ? Qu’on me donne l’envie.
Et peut-être « A ciambra » vous gêne un peu légitimement de ce point de vue ? Pour Emmanuel Gras, je trouve cela différent…ok pour « l’exotisme » du sud de Katanga, celui du villageois Kabwita plus évident à administrer sans doute que celui par exemple de mon forestier médocain à jambière, daubant les étrangers à mots pas très couverts ?..ms vs n’allez pas en faire non plus une borne, ni un défaut ? d’ailleurs Gras n’a pas cherché à filmer « la misère ». Il dispose certes de grands moyens mais filme le travail d’un homme, le quotidien avec bcp de grâce simple, une vérité paysagère, une forme d’humilité et de proximité, une texture dont le film de X.Beauvois, vs n’avez pas tort, Jacques &Phil, est sans doute bizarrement moins pourvu
Jazz 15h07 ne ns égarons pas, cher ami

JC..... dit: 7 décembre 2017 à 18 h 02 min

Annelise, vous êtes, très chère âme, une reine de la Logorrhée insignifiante … je vous le dis risquant ma vie numérique, couverte de bleus, au milieu de vos admirateurs sanguinaires en salle obscure !

Anneliise dit: 7 décembre 2017 à 18 h 08 min

Merci JC. Laetitia vs apportera la thermos, restez au chaud ms inutile de garder ainsi le thermomètre ds la bouillote, c’est enfantin p faire croire à la maladie

Sylvain dit: 7 décembre 2017 à 18 h 21 min

16.31 productrice?Waouuu!!!On veut voir,Annelise!!Vous nous faites une avant-première exclu sur RDC?

Okay,j’irai voir Makala.Vu hier un homme integre.Bon film.

JAZZI dit: 7 décembre 2017 à 20 h 01 min

Et bien, vous en aviez gros sur la patate, Annelise !
Respirez ! Soufflez ! Vous allez vous sentir plus légère…

J’ai vu Makala. Très bon film en effet ! C’est du néo Jean Rouch appliqué.

rose dit: 7 décembre 2017 à 20 h 05 min

Ernest Perrochon était instituteur dans un pays au sud de Nantes. Son école est un musée. Son écriture n’est pas sans rappeler celle de Giono ; amoureux de la terre, et de ses gens, il est un peintre attentif des joies et déboires des familles paysannes, qu’il connaît de par leurs enfants sans doute.

rose dit: 7 décembre 2017 à 20 h 10 min

Nêne, Madeleine de son nom de baptême prend la place de lépousée. Ne sais plus si mortes en couches ou d’une autre forme de tragédie.
Pudeur indicible, retenue inouïe, eñlle s’attache de facto aux deux petits qu’elle nourrice.
Cela se terminera en drame.
Du père qui ne la reconnait pas. À la cruauté inconsciente et imbécile.
Et pire, des enfants, par elle à tort adulés, qui la trahiront sans vergogne.

Un beau prix Goncourt, Nêne.

rose dit: 7 décembre 2017 à 20 h 24 min

Makala ; il faudrait dire la simplicité d’Emmanuel Gras à son sujet pareille.
Il faudrait dire aussi l’art de la fabrication du charbon de bois à nul autre pareil. Combustion lente. Bois ne disparaissant pas en cendres mais se transmuant en charbon de bois.
Les italiens du Hussard sur le toit et ceux de Bagarres de Jean Proal qui bâtissaient en montagne de Lure, jouxtant le Contadour, touchant le mont Ventoux, huttes rondes remplies de bois rangé avant la mise à feu.

La légèreté du charbon obtenu.
Sa fragilité.
Son efficacité en terme de combustion à poids et quantité bien inférieurs.

Lui quand il coupe l’arbre très lentement avec sa petite hachette.
Son vélo extrêmement chargé mais le poids est léger même si le volume impressionne.
Les femmes au marché qui négocient ardemment.
Et puis, les sandales qu’il achète à la petite fille qu’il n’a pas vue depuis plusieurs mois et qui auront la bonne pointure.
L’histoire de comment vivent les gens en Afrique noire.

p. comme puck dit: 7 décembre 2017 à 20 h 47 min

bel article le statut de la « compétition » et de la « productivité ».

effectivement l’idée de compétition est un des moteurs du système capitaliste ultralibéral.

à partir de là il est effectivement la façon dont ce concept est diffusé au travers l’ensemble des médias artistiques et culturels pour pénétrer l’esprit des consommateurs habitant les espaces où règne l’esprit capitaliste ultralibéral, à savoir partout sur la planète.

si nous voulons comprendre les mécanismes qui agissent là il faut prendre de la hauteur, beaucoup de hauteur, mais trop de hauteur sinon lorsqu’on est trop haut on n’arrive plus à voir ce qu’il se passe en bas, mais néanmoins assez de hauteur pour que, dès que le mot « compétition », ou bien même l’esprit de compétition sans que le mot soit dit, sont à l’oeuvre.

ainsi il nous faut voir un match de tennis, ou un match de foot, ou de rugby, ou même de ping pong, comme un espace expérimental qui va servir, de par la ferveur qu’il suscite, des systèmes de compétitions s’exerçant partout ailleurs, et notamment dans les usines, les cabinets dentaires et les bureaux d’assurance.

mais si nous prenons un peu plus de hauteur, au risque de tomber de haut, hé bien quoi ? nous nous apercevons que cet idée de compétition se retrouve aussi à l’oeuvre dans les domaines culturels et artistiques, et pas que dans les émissions où l’on met des chefs cuisiniers ou des enfants chanteurs, ou des danseurs, ou des bricoleurs en compétition,non, comme l’a dit Valery le musée, sous ses airs tranquille de quiétude paisible est aussi un espace de compétition féroce !

en un mot, comme dirait Oblomov la compétition est partout autour de nous, partout partout, à tel point qu’elle envahit nos cerveaux, contamine nos esprits, pourquoi ? parce que le système économique en a besoin.

c’est pourquoi lorsqu’on va au cinéma voir un film qui fait l’éloge de la compétition il faut bien voir que ce film est forcément complice de ce système politico-économique.

d’ailleurs le cinéma, est un lieu de compétition d’une brutalité que même les joeurus de rugby à côté c’est des fiottes.

et le moteur qui nourrit cet esprit de compétition est lié à notre biologie animale, à notre animalité, tout ça c’est la faute de Nietzsche et de son naturalisme ! nous continuons de vivre une époque romantique qui n’en finit pas d’être longue ! des mécanismes qui savent se jouer des besoins de reconnaissance de chaque individu, ce besoin d’exister aux yeux des autres pour exister eux-mêmes, ils seraient prêts à écraser leurs voisins pour monter sur le podium juste pour faire plaisir à leur mère.

en un mot l’esprit de compétition qui anime l’homme est lié à son sentiment d’abandon qui comme le disait Freud est lui-même lié à sa naissance prématurée : l’homme nait avant d’être fini ! et ce manque de finition biologique entraine un manque affectif que l’homme tentera de combler tout au long de sa vie par un excès de besion d’être reconnu, un besion de reconnaissance dont se nourrit la compétition.

parce qu’à quoi ça sert d’avoir envie de gagner un match de tennis sinon à avoir l’impression d’être plus aimé. Hélas ce manque affectif ne sera jamais comblé, et le joueur de tennis pourra remporter dix victoires du grand chleme que ça l’empêchera de finir sa vie seul, aussi qu’il l’a commencée, avec un même sentiment d’abandon et de frustration affective.

aussi, moi je dis qu’il ne faut pas tomber dansd ce piège, parce que comme le dit Sloterdijk nos sociétés deviennent hyper néoténiques, c’est à dire que cette immaturité naturelle qui entraine ce sentiment d’abandon qui lui-même génère cet esprit de compétition ne fait qu’accroitre dans des sociétés hyper néoténiques comme le dit Sloterdijk, et là il faut dire stop !

comment y remédier ? ce sera le sujet d’un prochain commentaire parce que là les patates que j’ai laissées au four commence à elles-aussi éprouver un sentiment d’abandon, et si je ne veux pas qu’elles succombent elles-aussi à un esprit de compétition il faut que j’aille les sortir du four. Dufour, tiens lui aussi en parle dans son livre « on achève bien les chevaux » que je conseille de lire avant d’assister à toutes formes de compétition.

JAZZI dit: 7 décembre 2017 à 21 h 11 min

« Et puis, les sandales qu’il achète à la petite fille »

Deux petites filles et deux paires d’une autre femme, rose. Pauvre, mais néanmoins bigame !
Ce que je me demande, face à ces jeunes et vigoureux parents, c’est qu’est-ce qu’ils deviennent à la quarantaine ? On ne voit aucun vieux dans le film. Quel brouhaha sur les routes et dans les marchés ! C’est comme s’il poussait son chargement le long du périphérique ! La scène religieuse est digne d’anthologie…

JAZZI dit: 7 décembre 2017 à 21 h 25 min

« Son vélo extrêmement chargé mais le poids est léger même si le volume impressionne. »

Une Odyssée de 50 km à pied en passant par les différents cercles de l’enfer !

rose dit: 7 décembre 2017 à 21 h 29 min

jazzi
j’ai loupé la scène religieuse. j’ai ďormi. honte à moi. c l’effet apaisant que me fait l’Afrique noire.
mortalité élevée des nourrissons et des vieillards. vius vouez la population qui se bat pour bouffer.
pauvre, je l’ai noté, les.kilomètres parcourus auasi ; bigame je ne l’ai pas vu ??
le brouhaha les marchés cela semble être comme ça avec la vie dans la rue.

j’espère que les patates étaient juste cuites à point.
La compétition c’est pour faire croire aux imbéciles qu’en piétinant nombre d’ individus,ils monteront plus haut.Or, nous avons tte preuve du contraire. Oü ai-je lu ce point de vue magnifique que nous sommes tous égaux ? Tous. Les grands et les petits.

rose dit: 7 décembre 2017 à 21 h 31 min

La chose qui doit être extrêmement difficile jazzi doit être de le ranger sans le briser. pck le résultat est friable et fragile. Or, lui a de grands bâtons de charbon de bois. Pas de miettes.

JAZZI dit: 7 décembre 2017 à 22 h 03 min

Et la scène du rat grillé, au début, rose !
En fait, c’est « Le voleur de bicyclette », transposé dans l’Afrique d’aujourd’hui !

rose dit: 7 décembre 2017 à 22 h 11 min

ah oui !
Au Pérou, ils mangent communémentdu cochon d’Inde grillé.
Il y a aussi une toile de grand maître la Cène avec ds le plat central cette bestiole peu ragoûtante.

en passant dit: 8 décembre 2017 à 9 h 10 min

Rose
et par exemple au Japon du serpent au menu, en chine du chien, en france tripes foie gras et autres beurks
mieux vaut être végétarien

Emmanuel dit: 8 décembre 2017 à 11 h 50 min

@16.31;Vindiou, annelise vouzavé produit un docu ssulé v.ignobles de bordeaux kiont gelé pendant kBibiéManu gagnaient l’élysée et kleuhéfaine fesé 1jump chélé travailleurs dlaterr ,et vous disiez rien?;petite cachottière!;
mémoi ssaminteress;zêtes secrète,jessé kamem jaimeré voir?;
‘Gel’, jpourré paltrouver ssu le ouèbe?;zouli titeul.;ssésur klexotism mainant ,lé spectateurs ysav pluou donner dlatêt pourenavoir?;
Ssan voucomander ,la ‘productrice ‘télé’ kivou assenksé ‘nul’, chrais vous ,jlaissrais tomber son avi!!;Rtbf avé téheffun onssé ckessadonne.;? Lfeuilleton avé Yannick laundry , ‘ltueur dulac’.;c.ouilloneries épardaudience.; pavot’genre;ellalé pavoudir otchose..lcinéma onespèr ssana rienavoir;
Les ‘gardiennes’ de xaviébeauvoi, la fille smet épatromal;nathalie baille elveillit bien, ssé pa ssakicloch.:;mem l’ennui,:si javédu kité toulé films où jmesui em.merdé jserais pas beaucou resté assi?;; là chais pa..;trop d’effé dcinéma esssstétisant;
surce,chao à toussent, BJ de Manu;

Phil dit: 8 décembre 2017 à 11 h 59 min

dear Annelise, le documentaire est bien sûr l’avenir de la fiction avec nos nos réalisateurs qui ont une imagination de raisins secs. depuis belle lurette, voyure plus de docus que de films dans les festivals que j’ai le plaisir de ravauder. l’indigence des fictions donnent soif de réalités, même bancales. la vôtre semble bien enracinée dans son jus, where will we see it ?

radioscopie dit: 8 décembre 2017 à 12 h 38 min

Aucun « souffle de l’esprit » barrésien dans « Seule la terre », seulement celui du vent dans les collines désolées des Pennines (West Yorkshire) que Francis Lee, le réalisateur, a bien connues. Des paysages âpres, rugueux qui servent néanmoins d’écrin à une rencontre, au cheminement vers l’amour de deux jeunes paysans. De même qu’ils remontent un mur de pierre écroulé, pierre après pierre, le film construit pas à pas le parcours émotionnel de l’un vers l’autre. Sans chiqué. Johnny, le fils, vit entre un père diminué mais tyrannique et une grand-mère rude, dans un climat affectif tout sauf chaleureux et démonstratif. En réalité, sa vie se résume à travailler. Il décompresse en allant s’arsouiller et culbuter quelque garçon au pub du coin, avec la même brutalité. Arrive Gheorghe, l’ouvrier agricole roumain, chargé de le seconder temporairement. C’est lui qui va peu à peu introduire un changement puis un bouleversement dans ce monde étroit, sombre. C’est lui qui va élargir l’horizon, apporter une respiration, une lumière et faire éclore (enfin) un sourire sur la face de Johnny. Film magnifique.

Phil dit: 8 décembre 2017 à 12 h 55 min

dear radioscopie, quand débutez-vous sur franceculture ?
sans chiqué…le premier arpette venu, tout droit venu de la Roumanie catholique de surcroît(x), gay comme un sac à dos comme disent les campagnards alpinistes…certes, il y a une volonté de rédemption dans cette peinture d’un monde qui vit sa vie braudelienne, grand bien lui fasse, sans savoir qu’il est « étroit et sombre ».
les idéologues enterrés, l’on rédecouvrira les amitiés viriles de Barrès.

JAZZI dit: 8 décembre 2017 à 13 h 19 min

Voilà ce qu’en dit Sophie Avon :

« Francis Lee, dont « Seule la terre » est le premier long-métrage, filme à travers cette relation une chose aussi subtile que l’accès à la conscience de soi et à la beauté des autres, la montée du sentiment et la révélation du monde environnant, la plénitude de l’amour qu’on offre et la grandeur de sa condition d’homme. Très beau. »

radioscopie dit: 8 décembre 2017 à 13 h 44 min

Cher Phil, je vois que vous campez toujours en Lorraine, après la Colline de Sion, la Meuse chère à Braudel. Il faudra que je vous fasse faire des sabots… en palissandre.

Phil dit: 8 décembre 2017 à 14 h 04 min

merci dear radioscopie. prévoyez une paire aux producteurs de franceculture, de plus petite pointure
brokeback a tout de même défloré la surprise du sujet, les suiveurs, tout séduisants qu’ils puissent paraître à certains, restent des suiveurs, en cinéma plus vivement qu’en littérature.

Anneliise dit: 8 décembre 2017 à 14 h 37 min

Phil « voyure plus de docus que de films dans les festivals que j’ai le plaisir de ravauder. l’indigence des fictions donnent soif de réalités, même bancales. la vôtre semble bien enracinée dans son jus, where will we see it ? »

J’ai b peur que mon jeune chaudronnier-filmeur ex soudeur en « wine tanks », travailleur Mc Do pour payer le loyer et notant comme la copine d’Emmanuel Carrère de lire Solbélo sur un papier pour se culturer, sa co-réal et son »assistant » qui prépare Lumière restent ds l’obscurité ..pour que le film – long indeed, maladroit svt et partout, mal foutu, ms tendre et naïf, direct, parfois aigu simplement, en filigrane disant des vérités sociologiques, mémorielles,politiques et agraires si objectives et inattendues pourtant, sur un des plus grand terroir au monde sinistré,les différences sociales et l’héritage, le travail du vin et les petites campagnes inégales que filment mieux sans doute Agnès Varda et JR soit vu, il faudrait déjà qu’il passe la barre de sélections pour arriver jusqu’à vos yeux – dois-je comprendre au fil des posts, journalistiques(?)Je vs ai cru gérant de salles, vs me dites que vs ravaudez les festivals? Mystère mystère..- or ils en st loin?
Me suis saignée pour leur payer la cantine, le micro à moumoute, les à-côtés etc au fil des jours, l’étalonnage quasi impossible du son, (mon côté idiot enfin c’est comme ça), et je sais, pour avoir avancé le montant des inscriptions – qu’ils ne peuvent pas assumer rubis sur l’ongle chaque mois – et avoir promis de régler le DCP éventuel, qu’ils ont posé candidature au Fipa, à Biarritz, à Nyon et peut-être HongKong (l’effet du documentariste-cinéma belge ?), enfin 4 ou 5 endroits, ts lieux je le crains où ils st bien partis, si tant est qu’on les visionne plus de 5mn, vu le compte-rendu de voyure de la productrice-télé, pour se prendre une grosse tôle moqueuse et méprisante : « après mon premier court, dit le réal-chaudronnier à un moment, j’ai connu une période de gel, comme dans les vignes »… Pas sûre que ça repousse?

radioscopie dit: 8 décembre 2017 à 14 h 48 min

Certes, Phil, il y a un lointain cousinage avec votre « brokeback », dans le fond : amours viriles improbables au fin fond de la cambrousse. Sauf qu’ici, dans « Seul la terre », il y a de la part du réalisateur un tel souci d’authenticité qu’on y croit. Il n’y a rien de factice, ni dans le décor (celui de son enfance), ni dans les lieux (la ferme), ni dans les costumes, ni dans le travail (il a exigé de ses acteurs qu’ils s’exercent à effectuer les différentes tâches, les gestes comme les manières sont crédibles, les mains sont marquées par le labeur, ils manipulent avec vraisemblance les outils, les matières : sang, fumier…)ni dans l’éclosion du sentiment amoureux entre les deux gars. A cet effet, F. Lee a choisi de tourner de façon linéaire et chronologique, ce qui crée cette impression saisissante que le lien se tisse véritablement sous nos yeux.
Si je me souviens bien, rien de cela dans votre « brokeback » : vos cowboys étaient un brin proprets et dépaysés loin de Los Angeles.

Phil dit: 8 décembre 2017 à 16 h 00 min

au cinéma, cher Radioscopie, le cousinage entre films est toujours étroit, pas seulement pour les histoires de garçons de ferme. la filmographie thématique est le meilleur révélateur de qualité. Les festivals étoffent chaque année davantage leur gay-program, d’où l’on pourra bientôt dichotomer au gré de ses préférences. La production est énoorme..et ne vous dis rien sur la demande !
je partage volontiers votre émotion vierge de première voyure avec l’aimable tournure que vous savez lui donner.
l’intervention de producteurs avisés pour écarter les faiblesses de Brokeback m’est apparue dès les premières scènes d’un film cependant bon et bien joué (except for le fermier roumain trop hétéro-looking) auquel j’ai communié dans une immense salle homophile, mais la rudesse (de « rude ») de l’histoire fait bien écho à la fausse sweeteness de Brokeback.

rose dit: 8 décembre 2017 à 21 h 12 min

Bof.
N’irai pas le voir, radioscopie. pardon.
Xavier Dolan pour la rudesse du tango dans la grange. Érotisme torride.
La lecture d’Eddy Bellegueule pour confirmer les garçons de ferme dans leurs émois initiatiques.
-> En passant
des sauterelles grillées ou des criquets, dans les Racines du ciel, De la tortue mijotée et du canard laqué en Chine aussi.
des grosses larves blanches en Amérique latine, Brèsil Amazonie, mangées crues. grasses cétoines, la liste est longue.
en passant, stop au lard fumé ds la flammenküche ?

P. comme Paris dit: 9 décembre 2017 à 1 h 54 min

« des grosses larves blanches en Amérique latine, Brèsil Amazonie, mangées crues. grasses cétoines, la liste est longue. »
Je vote pour :
Han Australie :
au miel, le cul des fourmi »e »s.

JC..... dit: 9 décembre 2017 à 11 h 58 min

« communié dans une immense salle homophile »

C’est nouveau ! on ne communie plus dans les Eglises de Dieu …

Misère !

autres temps dit: 9 décembre 2017 à 14 h 53 min

Imagine-t-on le général s’abaisser à orchestrer ce genre de show démagocico larmoyant et soi djisant djeune, pour deux amuseurs pleins aux as.

JAZZI dit: 10 décembre 2017 à 22 h 56 min

Je viens de voir « Seule la terre », chaudement recommandé avec raison par radioscopie, moins par Phil. Pour la finesse de ton, on est plus près du « Maurice » de James Ivory que du « Brokeback » américain. En plus rude. C’est l’amour est dans le pré, version gay, avec une très forte dose de réalisme. Les acteurs doivent mettre le bras dans le cul des vaches ou écorcher des agneaux ! Et là-dessus, se greffe l’éternelle histoire d’amour. J’ai versé ma larme à la scène des retrouvailles, au milieu d’une salle du forum des Halles, qui avait l’air d’être une annexe d’un établissement du Marais…

Phil dit: 10 décembre 2017 à 23 h 40 min

dear Baroz, vous avez vu ce film dans les conditions idéales, il en faut pour toutes les chapelles. La scène des retrouvailles, indeed, est toujours un moment considérable à ne pas rater dans les films gay, souvenez-vous de celle, réussie, de Brokeback. Film à verser dans le réalisme subjectif.

radioscopie dit: 11 décembre 2017 à 8 h 30 min

« Les acteurs doivent mettre le bras dans le cul des vaches ou écorcher des agneaux ! » JAZZI
En effet, et c’est saisissant pour ceux qui (j’en suis)méconnaissent le travail des fermiers. C’est pour cela que j’ai utilisé l’expression « sans chiqué ». Il y a également dans ce film un parti pris de naturalisme documentaire sur la vie paysanne, sa dureté, à travers un travail exténuant et peu lucratif, à travers la froideur des relations intergénérationnelles.

PETRUS dit: 11 décembre 2017 à 22 h 02 min

@ Radioscopie 6 décembre 16h31
Jean d’O a joué dans au moins un film à ma connaissance : « Les saveurs du palais » de Christian Vincent, Catherine Frot en vedette. Il incarnait le président de la république…
Annelise, ce que vous racontez des réactions des gens de télévision ne me surprend pas : on ne peut rien en attendre. Ils sont aussi formatés que leurs programmes, toute originalité les terrifie et ils sont persuadés d’avoir toujours raison. C’est sans doute pour toutes ces raisons qu’ils sont aussi bien payés.
Vu le film « Grand froid » de Gérard Pautonnier, adapté d’un roman de Joël Egloff, avec, entre autres, JP Bacri et Olivier Gourmet. C’est gentiment décalé, un peu hors du temps, hors des modes certainement, reposant et réjouissant après ce que nous avons subi, samedi dernier, en termes d’obsèques-spectacle.
@ p comme puck du 7 décembre
J’ai lu votre notule avec intérêt. Je croyais pour ma part que la compétition remontait à la grande soupe cellulaire, il y a quelques milliards d’années, voire au moment où certains organismes ont décidé de quitter l’eau tiède pour le rivage, troquant leur branchies contre des poumons, par exemple ? Et je pensais que vos pommes de terre – qui j’espère n’ont pas brûlé – étaient elle-mêmes issues d »une longue compétition entre tubercules ? La dimension capitaliste néolibérale du truc m’avait échappé, je le confesse.

JAZZI dit: 12 décembre 2017 à 21 h 08 min

Pas enthousiasmé par « Un homme intègre » du cinéaste iranien. Une intrigue trop intriquée, on s’y perd un peu. Sinon, sur le plan politico-religieux, c’est courageux. C’est un peu le Costa-Gavras iranien ?

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