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La République Du Cinéma

« Wolf and Sheep » : Quand elle t’a mordu(e), elle est à toi.

Par Annelise Roux

Parlons brièvement – par ordre d’intérêt croissant – du film de Brillante Mendoza, « Ma’Rosa» (qui a valu à Jaclyn Jose le prix d’interprétation féminine au moment de Cannes, la façon de l’actrice de 52 ans d’aller le recevoir en remerciant son pays, le réalisateur, le jury, de pleurer en remerciant le réalisateur, le jury, le réalisateur, le président, son pays, le jury de pleurer, le président d’avoir voté pour son pays, le réalisateur, le jury de se retenir de pleurer ou de pleurer pour son pays en ayant soit énervé, soit remué plus d’un). La caméra pas trop «nettoyée», de Mendoza confère à Manille une tonalité proche du documentaire, les nuits sont bien rendues, quelque chose d’épidermique et de suant mais il commence à y avoir chez lui une extorsion thématique autour de l’exotisme de l’insécurité, du trafic du « cristal meth », des boui-boui crasseux et de la corruption policière au parfum de filon à laquelle je préfère l’oeuvre crachée directement, jamais misérabiliste de son grand aîné du cinéma philippin, champion des tournages exprès, Lino Brocka («Insiang») dont les visages de femmes sont d’une tonalité moins manichéenne mais au moins aussi virulente et réaliste, fièvreuse.
Autre option (sortie en salles le 30 novembre comme les quatre recensés), « Le voyage au Groenland » de Sébastien Betbeder. Outre que l’entreprise est soutenue par la Région Nouvelle-Aquitaine, accompagnée par l’Agence Ecla (censées flatter ma part a minima intéressée, au vu de mes origines bordelaises ?), le film plongeant deux Parisiens aux parkas verte et bleue dans une communauté inuit au fond du Groenland est pourvu de qualités non négligeables. Inscrit comme « Swagger » dans la programmation ACID de Cannes, il ne vous proposera pas des vues de grande blancheur à la manière de Safy Nebbou dans les forêts de Sibérie, plutôt un jeu de mise en abyme ludique, cependant visuellement beau, traversé de comique assez référencé parfois (ce pays où la nuit ne tombe jamais, où il n’y a pas de volets, qui les fait penser à « Un jour sans fin » de Harold Ramis, où une marmotte farceuse venait réveiller Bill Murray à 6 heures A.M pour lui proposer une accélération de karma en vitesse lumière)… puis les acteurs, Judith Henry trop rare, dont les traits émaciés dilatent le regard, les deux Thomas – Blanchard chroniqué avec « Préjudice » d’Antoine Cuypers il y a quelques mois, qui montrait quels espoirs pouvaient être fondés sur lui ou encore, Scimeca, le foldingue d’ « Apnée » de Jean-Christophe Meurisse et des Chiens de Navarre qui n’est pas exempt de romantic touch, recyclés ici en trentenaires parisiens désorientés sans internet – sont formidables.
Après avoir aimé « Mourir comme un homme » du Portugais Joào Pedro Rodrigues (souvenir d’un origami délicatement remodelé pour passer d’un sexe d’homme à celui d’une femme sur B.O de Bonnie Tyler, « Totale eclipse of the heart », d’une luciole retenue entre les paumes qui soudain s’évade…), « L’ornithologue » inspiré –  très librement – de la vie de Saint Antoine de Padoue qui fit naufrage de retour du Maroc sur les côtes siciliennes, Léopard d’argent du meilleur réalisateur au festival de Locarno cette année, a enthousiasmé la critique.
La carte d’identité aux yeux brûlés, empreintes effacées… cette fonte de soi dans un voyage intérieur mystique… Le naturalisme splendide de la remontée en kayak du premier quart d’heure – moment primal, un des plus intenses et des meilleurs à mon avis -  infuse dans tout le film, jusque dans la manière de montrer les corps masculins, la rencontre charnelle. Cet homme à la recherche de cigognes noires entraîné dans des rapides, qui de chasseur devient totem, en passant par la case « bondage » d’Araki Nobuyoshi (un tour au musée Guimet où étaient exposées les photographies du Nippon permet au passage d’établir que les ligatures sont moins à connotation sexuelle qu’une manière martiale  d’entraver les prisonniers tout en marquant le respect dû à leur rang), après que deux jeunes Chinoises l’ont sorti de l’eau : le film possède un tour poétique et onirique qui peut dérouter, mais une charge érotique forte.

Néanmoins si dans les sorties de cette semaine il fallait n’en retenir qu’une, ce serait « Wolf and Sheep », premier film écrit et réalisé par une femme afghane de 26 ans, Shahrbanoo Sadat.
L’argument brut, en soi, seul, bien que martelé pour des raisons commerciales évidentes n’apparaîtrait pas satisfaisant, faisant le jeu promotionnel d’un dépaysement pour lequel il y a par ailleurs des hôtels à touristes pour ça.
En revanche la curiosité, le fait de rapporter quelque chose d’intact d’un « loin » qui peut-être à des milliers de kilomètres, d’une autre culture aussi bien que d’un proche, voire d’un immédiat à côté redécouverts suivant une intériorité radicalement autre sont actes de générosité à la base même du don que représente le cinéma.

La jeune réalisatrice en lunettes roses a donné en parallèle une interview touchante, avec visite guidée de son univers, les toits d’une maison qu’en Europe on qualifierait de plus que spartiate donnant sur ces paysages afghans que l’on aperçoit d’ordinaire au travers du prisme de la guerre, ou que l’on traverse en s’interrogeant sur la place de la femme.
Ici, la ruralité, une petite communauté hazara – en soi une minorité religieuse – de gardiens de troupeaux. Des enfants bergers, filles aux tenues bigarrées, garçons vêtus de brun, qui ne se mélangent pas… Sediqa (Sediqa Rasuli) et ses yeux étranges sous son voile bleu, qui la font moquer par ses camarades « car elle marche en zig-zag ». Des adultes âpres, tenus par des nécessités qui ne sont pas juste éducatives, mais vitales : les moutons, s’ils sont menacés par les loups, réduisent à néant la survie du groupe, ni plus ni moins. On ne parle pas ici d’un garçon qui aurait volé un chewing-gum chez le marchand. Les responsabilités n’attendent pas le nombre des années. Toute dérogation est susceptible de conséquences dramatiques et encourt châtiment.
Et pourtant, l’enfance…  ce lien tissé avec Qodrat (Qodratollah Qadiri), alors même que l’autre sexe fait partie d’un monde à part, qu’il est interdit de cotoyer. : « Tu as une copine ? – Si elle t’a mordu, elle est à toi ! »

Est-ce cette manière de descendre le mythe pastoral à une rudesse, que sans être en Afghanistan, toutes proportions gardées j’ai pu connaître, ayant grandi dans un environnement agricole franchement désolé, dont il est sidérant qu’en France, en 2016, beaucoup peinent toujours à se représenter vraiment à quoi cela a pu correspondre de relégation et de mise à l’écart, de contact brutal avec des choses de la vie sans médiation « cultivée ».
J’entretiens de surcroît depuis longtemps une fascination pour ce pays. Françoise Demulder qui fut un grand photoreporter de guerre qui avait remporté des années auparavant le World Press (en 1977) vint s’installer dans les années 1990 dans mon tout petit appartement parisien de la rue Hermel dans le 18ème avec son compagnon de l’époque, correspondant ou pigiste à Libération. Je le leur avais prêté quelque temps, séjournant pour ma part ailleurs. Je leur rendais visite de temps en temps, lors de retours à Paris. La diaspora afghane venait volontiers chez eux (en particulier de Dijon), bien souvent chassée par la guerre contre les soviétiques. Puis ce fut le tour du mollah Omar et de Ben Laden de régner sur Kaboul et d’empêcher les réfugiés de rentrer. A mesure que je montais l’escalier, je rencontrais des grappes de plus en plus denses de gens en train de discuter, assis sur les marches à boire du thé ou à lamper des bols de soupe de tomate à l’huile, jusqu’à la porte.
Nous regardions parfois des films amateurs, dont un, je me le rappelle, montrait le documentariste franco-russe Christophe de Ponfilly qui a si bien lié son destin au pays qu’il n’a pas survécu à la mort de Massoud, jouant avec des gosses, pakol (bonnet afghan plat) sur la tête, théière vert vif posée à même les braises d’un feu à côté… Ces gens étaient le plus souvent lettrés, des artistes, des professeurs, médecins, ingénieurs mais avaient laissé là-bas des gens de leur famille ne pouvant envisager le déracinement : des grands-parents, des petits cousins, amis vivant à la campagne.
Je ne disais rien mais me souviens d’avoir été littéralement soufflée par la beauté des paysages – les champs de pavots de la drogue, hélas – mais surtout, ces montagnes si seules et si dures, grandioses, à la fois… les chevaux et les moutons sur les pentes pierreuses, les prairies rases… ces paysages à la métaphysique abrupte, qui interroge l’essentiel en demandant seulement comment vivre dans un isolement, une dureté ou un oubli pareils.
La réalisatrice afghane Shahrbanoo Sadat permet de renouer avec une émotion de ce bois.

« Wolf and Sheep » de Sharhrbanoo Sadat (sortie en salles le 30 novembre)

 

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commentaires

282 Réponses pour « Wolf and Sheep » : Quand elle t’a mordu(e), elle est à toi.

J.D dit: 28 novembre 2016 à 13 h 26 min

Feygele(« petit oiseau ») Anne-lise ,je ne me lasse pas de vos mots ,justes et percutants alors qu’ils sortent d’une personne si petite et mince ; bravo pour l’analyse de Lino brocka .il est mort a 50 ou 60 ans pas énormément de succès sans parler du commandant marcos . »insiang » cité ,quand à côté je vois Mendoza je trouve qu’il ne fait pas le poids .ou voir ses films ,du bon cinema philippin ,ça c’est autre question .L’Afghanistan ,ok on va regarder puisque vous le dites ..

Eriksen dit: 28 novembre 2016 à 13 h 46 min

En attendant les loups, encore un peu de disciple..

Un film profondément dérangeant que ce Disciple, dont le titre russe (M)uchenik veut dire élève et martyr.
On suit la mue d’un adolescent timide (Benyamin), en prêcheur orthodoxe. ll découvre, ébahi, la force des mots de la bible, surtout les passages de menace et de punition qu’il apprend par cœur. Il les professe avec une autorité d’abord hésitante, puis, encouragé par des victoires aisées, se saisit crânement de l’autorité morale en déshérence jusqu’à n’avoir plus pour adversaire qu’Elena, professeure de Biologie et belle battante de la laïcité.
Au début, le malaise tient au déséquilibre inhabituel avec lequel le cinéaste Serebrennikov traite les forces en présence. La direction féminine du lycée abdique avec une facilité déconcertante, ce qui rappelle le proviseur de La journée de la jupe. La mère est d’une bêtise et d’une hystérie crasses. Benyamin crée un climat de culpabilité qui entre en résonnance avec celles, cachées, de ces femmes : les libertés dont elles ont hérité ne leurs semblent pas vraiment légitimes, au fond. Pire encore l’absence de réaction des congénères, plus préoccupés de leurs premiers émois. Ils youtubent avec joie les actions politiques de Benyamin, même si les renoncements qui en découlent sont les leurs : à la piscine, le bikini est remplacé par un sombre maillot une pièce.
S’ouvre alors le combat des chefs : un homme contre une femme, la religion contre les lumières, foi en Dieu contre foi en l’Homme, et, chose à laquelle nous ne sommes plus du tout préparé, Serebrennikov rééquilibre sous les yeux du spectateurs la balance entre les deux discours, malgré toute la foi que l’on met dans les Lumières. Quand la lumière ne vient plus que de cette télévision constamment allumée dans les foyers et même dans le bureau du proviseur en présence de l’élève, la débandade générale n’a rien d’étonnant et en dit long sur la médiocrité et l’absence de bonheur à défendre dans notre monde. Émerge alors Elena, seul rempart au retour en arrière.
Benyamin agit comme les activistes des années 60, avec les mêmes méthodes et le même refus de partager le pouvoir des mots. Par les actions de l’élève-martyr, Serebrennikov crée une ambiance de Mai 68 à l’envers, y compris dans l’opposition farouche de quelques tenants du vieux monde, représentés ici par Eléna. Si elle est nettement moins pathologique que Benyamin, il n’en est pas moins sortie du même moule de certitude.
Le vertige prend le spectateur à la vue de cette inversion cauchemardesque des valeurs. Benyamin (« fils de la main droite ») remet en question la liberté de l’homme par son orthodoxie (« la loi droite »),
Crédible ? depuis quelques jours, je le pense. Après tout, l’éducation d l’Homme est une balance entre autorité et autonomie, et l’éduqué n’est pas nécessairement apte lui-même à juger du bon dosage pour progresser. Comme il n’y a personne d’autre pour décider, les oscillations sont inévitables.
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Il est difficile d’écrire sans spoiler (et sans s’poiler) de films qui inversent leur message dans le dernier quart d’heure (à bon entendeur pour ceux qui n’ont pas encore vu le Disciple). « Fenêtre sur cour » en est l’archétype et « Flight » de Zemeckis mon dernier exemple en tête.
Ici, Serebrennikov s’assoie dans un des plateaux de la balance et transforme l’idéaliste Benyamin en menteur et en assassin (au demeurant une métaphore assez juste du régime soviétique). À défaut de la victoire, le film rend à la belle Elena une fierté de Juste, quoiqu’un peu ridicule dans ses baskets cloués au sol de la classe. In fine le film se soumet donc apparemment à la norme, en nous affichant la duplicité du discours religieux radical.
C’est en fait assez pervers, car le spectateur aura surtout été marqué par les 1H45 d’appel à l’autorité, comme si le dernier quart d’heure normatif, rendu nécessaire par la censure latente, ne comptait pas vraiment. Faux film de gauche et vrai film de droite ?
Restent les références bibliques que je ne maitrise pas bien et qui sont troublantes : la lutte entre l’Homme et Dieu a un épisode exceptionnel dans la bible : celui du combat de l’ange divin avec Jacob, père de Benyamin…. Jacob résiste. L’aurore se lève sur sa victoire, avec bénédiction en prime de la part de l’Ange, qui semble plutôt avoir été ici un sparing partner.
Jacob…, un héros douteux par ailleurs, si l’on se souvient du plat de lentilles en échange duquel il obtient le droit d’ainesse face à Esaü son frère, avant de tromper son père Isaac sur son lit de mort, alors qu’Esaü était parti à la chasse. Mais c’était avant ce combat avec l’ange…
Le film baigne dans une ambiance punitive d’ancien testament, mais il y a le petit Grigoriy, victime absolue des médecins, des autres élèves et de Benyamin, ce qui ouvre sur le nouveau testament. Qui plus est, il boite, comme Jacob après sa victoire.
Si quelqu’un a une interprétation cohérente par rapport au film, je suis preneur.

Annelise dit: 28 novembre 2016 à 14 h 06 min

Wow, Eriksen je découvre le post en revenant lire en biais si j’avais correctement orthographié le nom de la réal… magnifique, votre post sur Le Disciple. Zut pas le temps de commenter maintenant. Et merci à J.D. En tt cas, un 13h46, on peut ne pas être d’accord sur ceci ou cela, ms étoffé, un vrai amour du cinéma perceptible et une analyse personnelle qui creuse loin. En revanche, et parce que malheureusement là je ne peux pas m’attarder, que déduire du fait que vs si précis si observateur rebaptisiez de la sorte le jeune protagoniste (identifié comme Veniamin ds les 3 versions où je l’ai vu) « Benyamin »? On ne va pas se faire l’apôtre de Godard qui disait « qu’il avait mal aux genoux « je-nous » parce qu’il avait des pbs de couple » (étonnant Jean-Luc G, parfois si brillant de fantaisie foutraque) …mais enfin, ce prénom, on pense tt de suite à… Désir inconscient de polémique, cher Danois?
Je relirai tt à l’h vos arguments sur Serebrennikov – « Wolf and Sheep » ne sort de tte façon que mercredi

Gilles dit: 28 novembre 2016 à 14 h 18 min

Annelise c’était de joao Rodrigues,l’histoire de l’éboueur lisboete affamé de tous les mecs qu’il peut ?Glauque mais pas mal .Scimeca j’étais allé voir Apnée grâce à vous,franchement j’avais bien ri ,théatral, décousu mais bien foutu.Ca tenait la route.
Scimama c’est le jeune ou le barbu ?

Eriksen dit: 28 novembre 2016 à 14 h 36 min

Veniamin est la forme russe de Benjamin, et dérive de Benyamin en Hebreu. de plus cela s’écrit вениамин en russe.
IL me semble plus licite de traduire вениамин en Benyamin, même si cela se prononce bien « Veniamine » en russe.
Le B se prononce V en russe (l’inverse en espagnol), mais cela ne change pas le sens des mots.
Que ceux qui connaissent le russe ou l’hébreu nous éclaire…
quant à Benyamin Netanyahu, je n’en moque. Il porte bien son prénom, et son nom est un pseudo pris par un ancêtre dans les années 20 et qui veut dire « Dieu donne »

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 28 novembre 2016 à 14 h 47 min

Oserais-je l’avouer ? Vous êtes si encensée sur la république d’à côté (celle des livres) que du coup, je suis passée vous voir… Et je suis un peu (oh, un tout petit peu) déçue.

Non par votre style, disons, « fougueux », ni par vos connaissances cinématographiques, qui semblent parfaitement à la hauteur. Mais par cette sorte d’immersion du moi dans le bain de votre critique.

Je trouve que c’est une mode qui se répand partout. On ne peut plus voir de documentaire sans la présence de l’interviewer, qui se présente, se « met en scène », se filme questionnant… Certes, c’est un parti pris qui découle peut-être de la même prise de conscience, en matière de science, de l’influence de l’observateur sur l »observé. Mais ça m’agace, parce que cela devient un lieu commun.

Et voilà que vous aussi vous vous y mettez, et de quelle manière ! Nous voilà carrément assis dans l’escalier de l’appartement gracieusment prêté à vos amis (dont nous, pauvres lecteurs, ne sommes pas). Cela me gêne un peu, comme une complaisance dont vous pourriez parfaitement vous passer. Je veux dire : faites entrer vos sentiments tant que vous voulez dans vos critiques, puisqu’il s’agit d’émotions, n’est-ce pas… Mais l’anecdotique rabaisse votre travail critique au niveau des blogs de tout un chacun -dont moi, tenez.

Pierre Assouline ne commet certes pas cette erreur, car à mon sens c’en est une : vous risquez de ne pas tenir la distance, si vous commencez à nous raconter la couleur de vos rideaux ou la manière dont vous arrosez vos plantes vertes…

Mais je dis ça, et puis, vous savez, je reviendrai vous lire, car vous « détonnez », et donc êtes étonnante…

JC..... dit: 28 novembre 2016 à 15 h 16 min

Je supporte de moins en moins l’aspect totalement surfait d’AnneLise, s’ébrouant dans des concepts, des attitudes, des stéréotypes à mes yeux complètement artificiels !

Diable : je me droitiserai à l’insu de mon plein gré ?… Non ! ça, c’est fait depuis toujours !

Elle m’ennuie, c’est tout. Adieu, ma belle !

Eriksen dit: 28 novembre 2016 à 15 h 27 min

Il ne me semble pas absurde qu’une critique soit immergée dans le bain du moi. Seuls les aveugles ou les faux-culs se croient objectifs, ne parlant que de dialogues, de lumière, de plans et de cadres, bien souvent dans le but de faire correspondre leurs écrits à leurs sentiments et affects.
Concernant un film sur l’Afghanistan, une connaissance des Afghans, même parisienne, est toujours à prendre et n’a pas moins de valeur que la connaissance cinématographique.
Mais vous avez bien raison de vous exprimer si c’est votre sentiment, surtout aussi élégamment écrit. Du coup je vais tomber d’accord avec vous. Indiquer la rue Hermel n’était peut-être pas déterminant, mais c’est tout ce que je vous concède !

Jibé dit: 28 novembre 2016 à 15 h 27 min

Moi j’aime beaucoup, au contraire, l’implication personnelle d’Annelise, Clopine : mieux que l’ail ou l’eau bénite, ça fait fuir le JC !
Mon dieu, moi qui suis en retard de films à voir, voilà qu’Annalise en remet une couche, quatre d’un coup !
Heureusement que je termine mon dernier manuscrit et vais pouvoir retrouver le chemin des salles parisiennes. Encore que décembre s’annonce chargé, avec notamment un voyage à Tunis, puis les fêtes de fin d’année…

Jibé dit: 28 novembre 2016 à 15 h 31 min

Je pratique l’immersion du moi dans les commentaires, comment pourrais-je le reprocher à Annelise ? Au contraire !

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 28 novembre 2016 à 16 h 07 min

Jibé, tu as parfaitement raison : tout ce qui fait fuir Jc est bon à prendre. Mais tu as (à mon sens, pardine !) tort aussi : imagine qu’à chaque extrait littéraire d’un de tes « goûts », tu nous racontes comment tu étais habillé le jour où tu as lu cet auteur, ce que tu as dit à ton ami, ce que tu as mangé ce jour-là et le bulletin météo…

Qu’un critique exprime ses émotions, à la bonne heure. Qu’il prenne parti, d’accord. Qu’il revendique sa subjectivité, bien entendu. Mais le trop anecdotique détourne de l’essentiel pour fixer l’accessoire… Enfin, à mon goût.

De toute façon, l’écriture d’Anne-Lise est tellement emportée qu’elle peut bien ravager quelques codes sur son passage, c’est sûr. Mais si elle pouvait échapper à cette mode de personnalisation, sans renier pour autant son identité, ce serait encore mieux.

Mais il est vrai aussi que tu es un curieux professionnel, jusque dans le détail !

Emmanuel dit: 28 novembre 2016 à 16 h 24 min

15:16 si ça pouvait être vrai! Ne change pas d’avis mon brave JC.
Toi et Clopine ayez beaucoup d’enfants. Couple parfait,monstrueux ficelé en 8 passant la journée à donner des ‘opinions’ dont tout le monde se tartine.

Ne changez pas d’un iota, A-li; depuis Serge Daney, rien lu d’aussi sensible et singulier que vous.
La dame de 14.47 entre cirage de pompes « Assouline, LUI, ne commet certes pas cette erreur blablablabla » & avis style « tir au pigeon » les yeux bandés, lectrice qui téléphone à la radio pour savoir si elle peut pas avoir un portrait dédicacé avec Lutetia;
mais elle vous dit sa façon de penser hein! Après ça l’auto-proclamation « Cas à part », ça vous pose sa femme;
là où je vois rouge voyez c’est quand la bonne dame éclairée commence à nous bassiner de conseils à la noix. « ça l’agace », attention votre attitude Annelise devenue un LIEU COMMUN !!.
Avec des contributeurs comme ça on n’a pas fini de voter Fifi.Quel climat.ma pauvre dame, vous n’avez pas compris la différence? Les chroniques cinéma d’Annelise Roux, on y vient parce qu’elle n’est AUCUNEMENT une journaliste ou chroniqueuse lambda! Pas idée de ce qui a pu inciter Passoul à confier le truc à une auteure, primée en plus, mais il a fait un coup de maître avec ça.; ses papiers sont incroyables, décalés, mystérieux ;n’ont jamais épousé des règles connues de journalisme : ce sont les billets d’une diariste hors norme, écrivain surdoué qui donne grâce au blog qui lui a été remis accès à des analyses, des commentaires qu’on est habitués plutôt à extraire lentement de livres, de la littérature, au fil d’une lecture gourmande!
Vous vous lisez le truc à l’envers, en plein contresens : vous attendez d’elle qu’elle vous dise à quel pied enfiler la chaussure gauche et lui reprochez d’utiliser la ‘tribune’ à des fins personnelles (ce que vous faites en permanence, sans voir l’écart abyssal entre vos deux démarches, leur incompatibilité!).Vous qui débordez, elle qui entrouvre ;Les pas de côté perso chez A-L, c’est pudeur, éclairage offert quelques minutes en partage.Comme chez Edel, en plus vulnérable. Et quelle subtilité de l’écriture.
Actually ,je perds mon temps à échanger avec vous. le temps que le café passe.. Serviteur.

Emmanuel dit: 28 novembre 2016 à 16 h 27 min

Compère Jibé, puisque tu es là : tu n’étais pas allé dans un festival portugais? Tu as vu l’Ornithologue dont parle Ali?
raconte.

Annelise dit: 28 novembre 2016 à 17 h 01 min

C’est vrai Paul 15h23?(depuis mini-écran de mon tel) Vs auriez dû le faire qd elle a passé une main nonchalante sur des vestes en lin couleur tilleul,ça évite bien des ennuis parfs. Place Navona, on est ts foutus

Widergänger dit: 28 novembre 2016 à 17 h 05 min

Clopine ne s’est pas rendue compte que l’implication personnelle d’Annelise n’a de personnelle que ce qui est en rapport étroit avec le film dont elle parle, des Afghans à propos de l’Afghanistan ! Cette implication fait donc sens pour expliquer le film (par exemple l’exil du peuple Afghan qui découle de l’âpreté de son pays pourant d’une beauté stupéfiante dans le film, un contraste parlant) et ne dérive absolument pas vers je ne sais quel culte du moi déplacé comme a l’air de le penser Clopine qui comprend mal et donc juge mal des choses.

Au contraire, ce rapprochement rend la critique d’Annelise si sensible et vraie pour nous donner à sentir ce qu’elle entend par cette si belle expression de « métaphysique abrupte ».

Paul edel dit: 28 novembre 2016 à 17 h 24 min

Anne lise glisse des parcelles biographiques dans ses analyses de films sans aucun narcissisme :ça me fait plutôt penser à des grains brillants semés dans du granit breton de lanhelin
Exquis.

Sylvain dit: 28 novembre 2016 à 17 h 59 min

Clopine: elle le fait exprès?

Annelise,agree with JB et Manu.Ne changez surtout rien.

1truc qui rappelle Daney oui…Enfin non.Deux grandes personnalités,je veux dire.Quel métro c’est rue Ermel?

Phil dit: 28 novembre 2016 à 18 h 00 min

La cinéphilie est une affaire de salles sombres (jeu de mots), pour être audible, sa critique doit forcer l’intime de spectateurs introvertis malgré eux. de la prose pour voyeurs, pas pour des liseurs; Daney, Skorecki, Lefort, en dévoilant leurs coulisses donnent le goût du cinéma.

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 28 novembre 2016 à 18 h 26 min

« Emmanuel » : pathétique. Illustration d’un art de la nuance qui n’échappera à personne. J’ai fait une critique (légère) au milieu de propos plutôt élogieux – mais c’en est (déjà) trop… procès en légitimité, exagération, bave aux lèvres : déjà vu, lu tout cela. Et pourtant : mes propos si ridicules (soupir) ont eu au moins le mérite d’ouvrir le débat, c’est-à-dire ce qui fait vivre un blog.


Passons.

J’ignorais totalement qu’Anne-Lise Roux fut par ailleurs écrivaine – mais je pense qu’elle doit adopter un autre style dans ses romans que celui-ci. Ce dernier est en effet très fort et excellent pour de courtes chroniques, mais je ne pourrais tenir une longue distance ainsi : j’en sors toute essoufflée…

Paul, vous qui semblez bien la connaître, dites-moi si toute l’oeuvre de notre chroniqueuse est taillée à la même aune ?

Paul Edel dit: 28 novembre 2016 à 20 h 11 min

Clopine, vous n’êtes pas sans remarquer que Annnelise Roux répond avec une admirable courtoisie et beaucoup d’humour à ceux qui lui posent des questions . ou la contestent vertement.. Élégance ! ce qui n’est pas le cas du taulier de la rdl, qui n’assume pas ses censure.. je vous signale que vous pouvez lire un très bon volume polar d’Annelise en » série noire », n° 2591,recueil de cinq nouvelles « Peccata mundi » que j’aime vraiment beaucoup ; on retrouve une certaine moquerie lissée et diagonale, bien dans le ton de notre chroniqueuse . La première phrase de la première nouvelle me plait bien , la voici :

«Le docteur Tanguy Martinaud, dit l’Aviateur, devinait toujours quand quelque chose partait de travers. » ce Martinaud est-il une allusion au film « Garde à vue » de Miller ?
Mais je trouve une phrase Roger Nimier dans ce début de nouvelle « deux mille », dans le même volume : « Lilas avait les yeux mauves, comme son nom l’indique ».Charmant, non ?

Jibé dit: 28 novembre 2016 à 20 h 33 min

« ça me fait plutôt penser à des grains brillants semés dans du granit breton de lanhelin »

Le granit breton c’est ce qui ne tient que de la critique cinématographique dans les chroniques d’Annelise, c’est-à-dire 99% de ses textes, Paul ? C’est pas sympa pour elle !

Jibé dit: 28 novembre 2016 à 20 h 38 min

En tout cas, Annelise ne m’a toujours pas dit s’il elle était partie en Week-end avec un amant, l’autre jour ? Vilaine cachotière !

Emmanuel dit: 28 novembre 2016 à 21 h 10 min

‘tain Phil 18.00.. Qu’est- ce que t’entends par « Daney Skorecky Lefort dévoilant leurs coulisses donnent le goût du cinéma « ?J’aimerais que l’oiseau Annelise me les dévoile ,ses coulisses !!Comme l’impression qu’elle est femme pudique et farouche ,difficile à cerner.La parenté d’avec Daney ,bien vu .Le beau Serge (de l’intérieur même à la fin ),le gosse blessé ; Même type de chromatique rarement vu .La flamme sans l’hystérie chez A-li.Wiwi ton post de 17.04,tu as pleinement raison.
Clopine 18.26:
Excusez mon coté rugbyman bourru;pathétique ?Je ne dis rien d’autre que votre style « moi je moi je » avant d’essayer de savoir de quoi on parle gagnerait à s’affiner & se renseigner avant.Vous écrivez bien mais souvent à tort et à travers,et j’ai passé l’âge des maitresses d’école .
Lu les bouquins d’Ali: on n’est pas dans la brèle branchouille.Du dur. De l’intemporel,avec une unité d’oeuvre induite sous pluralité de formes.Elle ne doit pas avoir beaucoup de clients ,étant donné la singularité ; je mettrais ma main à couper que vous n’aimeriez pas .Trop compliqué,boueux,torrentiel,avec de la sauvagerie .P.Edel à 17.24 et 20.11 dit ça très bien .L’allusion à Miller est claire ,tous ses textes semés de petits cailloux moqueurs ou cryptés .Curieux alliage .Un prof à Nanterre m’en avait offert un;je les ai tous lus.Une énigme en creux ,très lyrique ,très austére et fantaisiste ,en fait.

Phil dit: 28 novembre 2016 à 21 h 49 min

j’entends, Emmanuel, qu’il est agréable de deviner les virées au bordel de Daney ou Lefort entre deux critiques de revoyures;
un rendu compte qui donnera un supplément d’âme à la critique de films, car enfin la critique est le dur exercice de ne pas spoiler tout en spoilant ce qui est spoilable, exercice profitable quand l’auteur nous offre ses virées dans le réel pour mieux saisir la portée de la fiction qu’il va critiquer

Jibé dit: 28 novembre 2016 à 22 h 34 min

Je ne ferais cependant pas de différence entre la critique cinématographique et la critique littéraire. Moi j’aime bien l’immersion, à bon escient, du moi chez le deuxième aussi. Quoique très rares, j’aime bien les confidences de Passou. Plus proche du livre que de la revue papier, le blog le permet.

Annelise dit: 28 novembre 2016 à 22 h 40 min

Phil 21h49 il y en aura eu pour tous les goûts aujourd’hui! Oui Paul, Martinaud venait de là. Serrault avouant sa culpabilité, « ça arrange tout le monde de dérouiller le sadique », les flash back sur le petit corps à plat ventre sur une plage, qui exerçaient pour le coup sur moi un pvoir hypnotique pour raisons vraiment persos – Romy Schneider qui préfère éteindre la lumière, disant « c’est qu’il est ignoble, Martinaud, dès qu’il arrête d’être Martinaud »…la femme frigide qui fait chambre à part, haineuse et défaite, qui accuse son mari de pédophilie pour l’avoir surpris puisant en Camille une ultime fraîcheur, une spontanéité, simplement un peu d’amour. Le meilleur Claude Miller (et quelles teintes! des verts Véronèse.. )Pas pu le voir ms ça repassait ce soir à la télé française
Et maintenant les films chroniqués, ou autour ?

christiane dit: 29 novembre 2016 à 1 h 01 min

Revu avec plaisir cet excellent « Garde à vue ». Ce que vous soulignez, Annelise, est juste. J’y ajouterais une pointe de mystère car ce Martinaud -si subtilement interprété par Serrault- est un personnage bien déroutant. Le film se referme sur trois points de suspension… et C.Miller a créé là un film prodigieux.
Beaucoup aimé dans votre nouveau billet ce souvenir de l’escalier accueillant poètes, écrivains afghans, sirotant thé, amitié et angoisse. Lisant toujours -et lentement- « La solitude de la fleur blanche », je suis étonnée de la faculté pour ce personnage (qui vous ressemble) de tanguer entre drame et légèreté, entre exils et écartèlements, entre douceur et violence. C’est également passionnant pour remonter ces années terribles (Charonne et le pont Saint-Michel…).
Nul étonnement que vous puissiez parler si justement de ces films et choisir à travers ces cinéastes votre parentèle rêvée. Vous écrivez « Je rembobinais les minutes de cette quête mémorielle, me les repassais inlassablement. ». L’écriture accroche tant de plans dans vos billets, tantôt de l’écran, tantôt de votre vie et de vos rencontres. Votre livre ouvre un univers profond et empli du questionnement de l’exil. Venir ici est un grand bonheur et j’approuve en tous points le post rageur d’Emmanuel et ceux plus littéraires de P.E et W.

christiane dit: 29 novembre 2016 à 5 h 36 min

Phil,
à propos de Sam Peckinpah et du « western », je vous ai répondu, étonnée, sous le billet précédent à 14 h 52. (Je n’ai vu qu’un seul film de Sam Peckinpah : « Les chiens de paille »…). Pouvez-vous m’en dire plus ?

Annelise dit: 29 novembre 2016 à 9 h 06 min

Phil « deviner les virées au bordel de Lefort ou Daney » : je n’ai pas connu l’un et ne connais pas l’autre, ms de belles figures. Chez Daney je ne devine pas tant ça entre les revoyures que le fils si aimant, qui envoyait à sa mère des cartes postales. Roger Tailleur (« Positif ») en envoyait bcp aussi : cailloux affectifs du Petit Poucet pour dire secrètement à la famille de ne pas le perdre. Je fonds. Daney en tt cas me bouleversait, une comparaison de près ou de loin m’honore entièrement!
Nocturne, ou matinale, Christiane,j’aimerais que vs me livriez -vs ou quiconque cela intéresse- sur « Garde à vue » une analyse plus développée? Quel film. « L’Effrontée » aussi était bien, ms pas de même calibre. Cette glaciation ds le Serrault/Ventura/Marchand…parfs on se sent presque ds l’architecture de « Buffet froid ». Les couloirs verdâtres, l’escalier. Les archétypes sont très nets, finement construits, le beauf qui fait le boulot sans état d’âme (Marchand/la scène où il s’étonne que le criminel « ait pu bander par ce froid »-il s’agit du viol et du meurtre de deux petites filles – le fait qu’il frappe Martinaud..), le flic usé mais qui a conservé intégrité (Lino, auquel Martinaud demande s’il n’a js eu envie de tuer sa femme : »La première peut-être? mais elle aimait les fleurs…comment voulez-vs tuer une femme qui aime les fleurs? » -cette ironie poignante autour de la solitude des deux hommes), le notable sur lequel le soupçon pèse, qui paiera son mutisme né du désespoir froid de ne pas recevoir d’amour (j’ai tjs été raide amoureuse de Michel Serrault,..son intensité à jouer ce rôle, alors que dans la vie, lui-même avait perdu un enfant…son effarante, distinguée pudeur…très provocante aussi, comme souvent, qd la lucidité est outrepassée à Mac2… son aveu à Ventura : « j’étais sur une pute! Les putes, ça vs donnent bcp pour peu d’argent, ma femme c’est l’inverse »..)Je vs jure je le verrais dix fois je trouverais tjs ça aussi déchirant !On a parlé plus haut du personnage de la femme glacée (Ventura « ça ne vs dérange pas que je fume? » Elle -oui, qd moi je ne fume pas…la façade quoi qu’il arrive, y compris au moment d’achever l’écrasement du notaire… « Il lui parlait comme à une femme, il n’avait pas le droit de la faire sourire comme ça » en oubliant qu’elle, femme de Martinaud, n’a plus coeur à tenter de le faire sourire en s’exilant au bout du couloir..)
Où situez-vs le mystère? Je ne parle pas du rapport de Claude Miller lui-même à l’enfance,observable au-travers de ses sujets… il y aurait bcp à dire, comme au sujet des bordels, de l’amour tarifé dont parle Phil (ou Martinaud ds « Garde à vue »…le goût de Fellini pour les dames du genre, ou Simenon… curieux d’observer qu’il y a brisure de qqchose, en lien avec la mort… je n’y mets vraiment pas de moraline, tjs eu bcp de respect pour les travailleurs de ts poils…le contrat avec putain franche, chez Eastwood par exemple m’intéresse bcp, et aussi ds le film roumain à venir, Mungiu, avec des variations sur le thème, où il s’agit plus d’une tentative de maîtrise a minima contractuelle, ds un univers où tout fout le camp, où rien n’est sûr..ms on en parlera ds le prochain bille) non, ici, en attendant l’Ornithologue , Ma Rosa & autres demain, parlons si vs voulez bien stricto sensu du film passé hier soir

Sylvain dit: 29 novembre 2016 à 9 h 59 min

Lefort a écrit qu’il était fou de Blandine Jeanson (la femme de Serge July) « tres gentille et drôle ».

Annelise ,c ‘est vous notre Blandine Jeanson !

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 29 novembre 2016 à 9 h 59 min

Daté, hélas, daté ! « Garde à Vue » est fort bien fait, le huis clos marche admirablement, les acteurs sont formidables, mais il est daté, sans doute parce que le « renouvellement du genre », d’où vient tout l’intérêt du film, n’est pas abouti et porte la marque du machisme de ce temps-là. (si proche pourtant).
Je veux dire, par « renouvellement du genre » que, dans toutes les scènes d’interrogatoire (celui-ci dure toute la nuit), et dieu sait qu’on a vu cette scène des centaines de fois (*), l’interrogé fait toujours face à deux interrogateurs : le « gentil » et le « méchant ». La règle du jeu est ici appliquée mais subtilement détournée. Car dans le scénario habituel, les deux flics, porte passée, sont copains comme cochons et s’entendent pour se distribuer les rôles. Ca marche comme ça, très fort, chez Simenon (Maigret tend un piège, Delannoy Gabin) où les assistants du Commissaire sont confortés dans leurs positions par leur patron. Ici, non seulement la scène de l’interrogatoire est donc étendue à l’extrême, mais en plus la solidarité patron-flic de base est fortement malmenée, au point que le mépris ouvert de Ventura pour Marchand permet, par contraste, de tisser un lien entre Ventura et Serrault, un lien… de classe… (mot multiple !)

Mais néanmoins, malgré l’habileté du scénario, le décalage des rôles, le cassage subtil du code habituel, la prestation des comédiens et la beauté de Romy, eh bien, ce film date – à cause du machisme qui sous-tend le tout : ce film est donc le témoin d’une époque où la grande, la vraie coupable, est une épouse qui se refuse à son mari. Sujet balzacien s’il en est, mais que la révolution du féminisme rend caduque, au moins au jour d’aujourd’hui.

Enfin, à mon sens.

Et si je suis autorisée à m’exprimer ici, bien entendu, ce qu’à Dieu (et à Annelise) ne plaise.

(*) : et, à mon sens toujours, seuls deux films ont réussi à complètement casser, retourner, bousiller et faire renaître de ses cendres la scène incontournable de l’interrogatoire, ce « passage obligé », « morceau de bravoure », « b a ba du métier » : Basic Instinct et le Silence des Agneaux. Dans chacun des deux, c’est l’interrogé qui prend le dessus psychologique, la scène est alors inversée. La mise en scène souligne le décalage (Stone au-dessus des hommes, sur une scène, et jeu de jambes pour l’un, face-à-face à travers une paroi dans un couloir de la mort pour l’autre) – Garde à Vue conserve le décor traditionnel et son originalité tient donc dans un glissement beaucoup moins radical.

Allez, zou, voilà que je divague encore. Acceptez mes excuses si, ce faisant, je blesse quelqu’un.

christiane dit: 29 novembre 2016 à 10 h 57 min

Volontiers, Annelise, je vais essayer.
De ce face-à-face intense entre ces deux monstres sacrés du cinéma (Ventura/Serrault), du scénario de Miller/ Herman-Vautrin à celui de Audiard, de ces lumières, de cette musique, de ce montage je garde le souvenir renouvelé à chaque projection d’un très grand film, presque hitchcockien.
Mes interrogations ?
Michel Serrault aime les personnages ambigus comme dans les films qui suivront (« Les fantômes du chapelier », « Docteur Petiot », « Pile ou Face », « Mortelle randonnée »…).
Ce film « Garde à vue », ne livre pas tous ses secrets. Les rapports de force bougent constamment entre Ventura/Gallien et Serrault/Martinaud. Les mensonges de Martinaud , les contradictions de sa déposition qu’il a du mal à expliquer, éveillent la curiosité de Gallien. Martinaud semble se fragiliser à mesure que la garde à vue se prolonge. Les mots d’esprit, la morgue et l’ironie cinglante font place peu à peu à la tristesse, à la fatigue. Viennent alors ses confidences : ruse ou sincérité. Viennent aussi les images d’extérieur muettes et fixes qui traversent le film, s’insérant et se superposant aux paroles : plage, bunker, phare, chemin près du bois, voiture au milieu de rien et tout ça de nuit. Viennent-elles de l’imaginaire de Gallien ou de la mémoire de Martinaud ?
Le film change peu à peu. On ne sait plus si Martinaud est innocent ou coupable. Absence de preuve puis cet imper, ce ticket du pressing, et ce fait – dit sa femme- « qu’il était couvert de sang », cette toilette et ce changement de vêtements avant d’appeler la Police.
Martinaud ne fait rien pour sauver sa peau, pour la contredire. Il avoue comme on se suicide. Pourquoi n’a-t-il pas voulu qu’on avertisse sa femme de sa garde à vue ? pourquoi dit-il  » avouer ces crimes pour échapper à tout ça, à tout ce gâchis » ?
Il a aimé cette petite fille (grâce de cette séquence lumineuse et douce dans le film). Que s’est-il passé entre eux ?
A la fin, le criminel (Jablin) avoue le (les ?) crime(s) et disculpe Martinaud. Pourtant, il semble rongé par une culpabilité indéfinie. La fin du film – noire- et son cri de détresse relancent le questionnement.
Ces répliques au cordeau, ces dialogues ciselés mais sobres font mouche. On ne s’ennuie pas une seconde.
Martinaud en pleine crise existentielle ne fait rien pour se défendre et cette épouse persuadée qu’il est un pédophile. Quelle détresse qui fait tourner ce réveillon en guerre de haine et de ressentiments.
Mais votre lecture du film est apaisante. Peut-être suis-je trop compliquée….

christiane dit: 29 novembre 2016 à 11 h 07 min

Autre chose, ce matin sur France Inter Augustin Trapenard (Boomerang) recevait Jean-Pierre Mocky à propos de la sortie de son livre : « Mocky soit qui mal y pense ». Ce dernier répond avec intelligence aux questions sur sa vie, son métier, le cinéma avec son ironie et sa tendresse habituelles.
Tout à la fin, il a choisi la musique de « L’île nue »(Kaneto Shindô) et dit que pour lui c’est le plus beau film de l’histoire du cinéma car Shindô a fait ce film admirable avec rien.
Nous en avions parlé un jour dans vos colonnes. Cela m’a rendue heureuse car c’est aussi mon film fétiche.
https://www.franceinter.fr/emissions/boomerang/boomerang-29-novembre-2016

Chaloux dit: 29 novembre 2016 à 12 h 04 min

En plus de ses qualités littéraires, de son intelligence, de sa finesse, il faut dire qu’Annelise a un charme fou. Elle doit laisser derrière elle toute une écume d’amoureux transis.

Chaloux dit: 29 novembre 2016 à 12 h 16 min

Ce qui me semble surtout avoir vieilli dans Garde à Vue, c’est le pourtour très Sautet. Il fallait, pour que le film ait tout le retentissement désiré, que le bourgeois du temps se reconnaisse mais aussi qu’il se sente protégé dans son identité. Un film encore très 70 de ce point de vue. C’est en ce sens à mon avis, dans le traitement du bourgeois, du petit et du grand, innocent ou coupable peu importe, que le point de vue serait différent. C’est un des rares cas où un remake me paraîtrait intéressant. On verrait bien comment d’un temps à l’autre les lignes ont bougé.

Jodi dit: 29 novembre 2016 à 12 h 58 min

A propos de Libé (ça avait une autre allure du temps de July): Lefort a été à Libé du temps de Mme Blandine Jeanson ,toutafait.
Je remarque que « La solitude de la fleur blanche  » a eu le prix Henri de Regnier de l’Académie française un an AVANT Philippe Lançon (Libé ,dont je lisais les chroniques et qui a été blessé dans l’attentat de Charlie Hebdo ).Etonnant ! Et Ali a recu le prix un an APRES « la merveille du monde » de Célia Houdart (P.o.l).Entre Lançon et Houdart ,coeur exceptionnel du sandwich..

robert dit: 29 novembre 2016 à 14 h 32 min

Clopine  » époque où la grande, la vraie coupable, est une épouse qui se refuse à son mari. Sujet balzacien s’il en est, mais que la révolution du féminisme rend caduque, au moins au jour d’aujourd’hui. »
les femmes /épouses froides, castratrices, une question d’époque ? Maintenant elles sont bien vues, ou la norme ?
Dans basic instinct il s’agissait de montrer le q de l’actrice, quel progrès !…(niveau jc , certes)

robert dit: 29 novembre 2016 à 14 h 38 min

quels acteurs superbes , qu’ on ne se lasse pas de revoir ! rien à voir avec les pâles fantomes d’aujourd’hui, question de rôles et films aussi
époque trop mer dique, encore plus nulle pour la créativité

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 29 novembre 2016 à 14 h 52 min

Je ne sais, Robert, mais Romy Schneider dans ce rôle-là, c’était une erreur de casting.

La confrontation Serrraut/Ventura marche aussi parce que rien de plus éloignés, en matière de technique d’acteurs, que ces deux-là. Ventura; sorte d’actor’studio qui refuserait la moindre allusion sexuelle (mais joue néanmoins constamment de sa présence physique). Serrault, virevoltant façon cours de la rue Blanche, et passant sa vie à effacer la tâche originelle du boulevard – mais un acteur qui se renouvelle, c’est ach’ement rare, non ? Je veux dire : Serrault pouvait toujours surprendre… Je trouve que son plus beau rôle, le plus intériorisé avec la folie qui va bien (le geste des mains pour appeler Aznavour à sa suite, comme une fermière répand du grain pour appeler ses poulets) est dans les fantômes du chapelier, pour bibi. Mais il était bien partout.

Leur confrontation, c’était aussi la confrontation de deux manières de jouer. Rien de plus éloigné de l’actor’studio (au moins si on s’en réfère à l’autobiographie d’Elia Kazan) que le jeu (ah ! Ce mot !) de Serrault…

Jibé dit: 29 novembre 2016 à 15 h 18 min

Je ne pense pas que Serrault, qui vient du boulevard et du music hall, n’ait jamais cherché à le faire oublier, Clopine. Et il n’a pas à rougir de sa prestation dans la Cage aux folles.
Ventura, acteur de lui-même, de sa propre nature, est difficilement rattachable à l’actor studio, comme Marlon Brando !

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 29 novembre 2016 à 15 h 27 min

Oh, ce n’était pas Serrault qui n’assumait pas, Jibé, c’est le milieu cinématographique français qui est cloisonné comme pas possible…

Si, si, je maintiens l’actor’s studio, en ce sens que la signature de cette école est « le naturel » : l’acteur doit, avant de jouer, ressentir précisément l’émotion qu’il doit retranscrire, et puiser pour ce faire dans sa propre vie, son propre parcours. Evidemment, quand c’est Brando, ça vous donne quelque chose de, disons, assez érotisé… Ventura lui aussi pratiquait ce jeu-vérité, mais pas d’érotisme ouvert chez lui. A ce point qu’il a toujours refusé la moindre scène explicite. Mais c’est bien du « naturel » (avec en prime, chez lui, des valeurs morales qui affleuraient toujours) que lui venait cette belle autorité dans le premier degré…

(Serrault avait fait état de cette « ségrégation » pratiquée dans le milieu dans un entretien, il me semble que c’était avec Chancel mais bon, et je crois bien, ma parole, qu’on a pas fait un pas de plus depuis lors.Le Français d’un côté, les français au boulevard, de l’autre).

Jacques Chesnel dit: 29 novembre 2016 à 15 h 27 min

Scénario de Sautet et Jean Herman d’après le roman « A table » de John Wainwright mais SURTOUT les dialogues de Michel Audiard qui donnent au film ce côté crépusculaire et morbide car, à mon avis, il n’y a pas vraiment de « mise en scène » au sens où on l’entend maintenant, c’est pourquoi le film me déçoit à chaque nouvelle vision, HORMIS les dialogues et le jeu de Serrault dans le meilleur rôle de ses meilleurs rôles

Jibé dit: 29 novembre 2016 à 15 h 31 min

J’avais rencontré Miller sur le tournage de « La nuit américaine » de François Truffaut, dans les studios de la Victorine à Nice, où j’ai fait de la figuration. Un garçon ma fois fort sympathique. J’ai été heureux de voir qu’il s’était lancé par la suite dans la réalisation. « Garde à vue » et « L’Effrontée » sont en effet ses films les plus réussis, Annelise. J’ai été surpris en lisant le livre de souvenirs d’Anne Wiazemsky, ex madame Godard, qu’ils avaient été amants et que, d’après elle, il était parfaitement bisexuel !

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 29 novembre 2016 à 16 h 01 min

C’est ce que je disais un peu plus haut, Jacques. Un peu daté, et puis ne révolutionne pas assez le traitement de l’intrigue, qui repose sur une situation qui relève presque de l’exercice de style : l’interrogatoire policier…

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 29 novembre 2016 à 16 h 07 min

Quant à l’Effrontée, eh bien, comment dire ? Ca a été une de mes plus belles colères de ces années-là. Oh, pas pour le film, ni l’interprétation de Gainsbourg, très bien, toute en jambes, comme il se doit…

Mais parce que c’est un PLAGIAT qui ne dit pas son nom. J’étais tellement en colère que j’ai écrit partout : à Miller lui-même (pas de réponse), à Télérama (pas de réponse, mais quelques années plus tard, la rediffusion du film fait désormais état de la chose), à Michel Polac (qui s’en foutait), bref…

Miller a tout pompé sur Carson Mac Cullers. Chez Carson, la gamine ne tombe pas amoureuse d’une jeune pianiste virtuose, mais du mariage de son frère. C’est la SEULE, je dis bien la seule différence…

Qu’on pompe Mac Cullers, franchement, pourquoi pas ? Mais qu’on ne le dise pas, qu’on ne précise pas « adapté de… », ça, ça me scie.

christiane dit: 29 novembre 2016 à 17 h 23 min

Annelise,
un papier sympathique dans le Monde de ce soir, page 20, à propos du dernier film que vous chroniquez « Wolf and Sheep ». L’auteur (MA.MT ?) évoque l’enfance de la réalisatrice Shahrbanno Sadat : « elle avait 11 ans lorsque ses parents ont quitté Téhéran où ils vivaient comme réfugiés, pour retourner en Afghanistan et s’installer dans un village des montagnes centrales, sur les pentes abruptes de la province de Bâmiyân. ». Il (ou elle) ajoute qu’ »elle est rejetée par les habitants pour son accent, sa culture, son « look » venu d’ailleurs » et qu’ »à 18 ans, elle part à Kaboul pour suivre des études de cinéma. Puis sa chronique croise la vôtre. Ce qui l’a le plus frappé(e), « c’est l’usage que le film fait de la parole : verdeur triviale chez les garçons, perfidie persiflante chez les filles » et « la précarité de cet univers à l’approche des rebelles talibans ».
Deux occasions de se souvenir qu’il sort demain sur les écrans.

Annelise dit: 29 novembre 2016 à 17 h 42 min

Oui j’ai lu, merci Christiane.. .Entre deux, j’en ai profité pour lire votre « Garde à vue » 10h57. Le sang, l’imper… peut-être le fait d’avoir trouvé le corps? Son trouble.. On serait azimuté à moins, surtout avec une vie ratée à côté?
Clopine 9h59 et Chaloux 12h16, si par « daté » vs entendez que le film est sociologiquement représentatif de son époque, je suis d’accord. En revanche en déduire qu’il a mal vieilli, bcp moins. L’idée d’un remake par exemple pour moi est très étrange. Le parallèle avec Sautet sert l’argument : comme si vs me disiez que Vincent François Paul &les autres fait daté parce que tout le monde fume, boit, mange, qu’il faudrait revoir le film, pour le moderniser, en mettant tt le monde au bio et gluten free…je tape vite, entre deux RV, parce que ça m’intéresse, ms n’aurai pas le tps de me relire.
Clopine, sur le sexisme..le « portrait macho de la femme froide, condamnée parce qu’elle se refuse ». Je ne dis pas cela. Et je trouve Romy Schneider parfaite. Pourquoi? J’ai oublié son prénom ds le film – Mme Martinaud, donc… le portrait n’est pas à charge parce qu’elle se refuse. Elle le dit elle même : elle épouse le notaire parce que c’est un bon parti. Ses parents mangeaient une pizza ms n’auraient pas habité ailleurs que telle rue chic… le contrat est clair, sexualité contre mariage. C’est elle qui initie le deal du désamour, elle qui gruge. Ce n’est pas une victime des hommes que le film flétrit. C’est un personnage glacé, socialement calculateur, qui condamne le mari de ne pas être assez en vue et se sert ensuite de la difficulté – certes trouble, ms je discute pas là de la culpabilité éventuelle de Serrault à ce niveau – pour l’enfoncer. Et la détresse de Serrault à la fin est d’autant plus poignante qu’il s’en « remet » à Gallien/Ventura, tel que Christiane le décrit, le seul à l’avoir cuisiné, mais dans une visée autrement plus éthique que l’autre balourd de Marchand toujours resté en surface… (Marchand, la vérité des gosses tuées ne l’intéressent pas, il veut un coupable et c’est tout).

Jacques Chesnel dit: 29 novembre 2016 à 17 h 56 min

Il y a bien un remake : « Suspicion » de Stephen Hopkins avec Gene Hackman, Morgan Freeman et Monica Belucci (2000)

Chaloux dit: 29 novembre 2016 à 17 h 58 min

Annelise, vous répondre m’intéresse aussi beaucoup, mais je n’aurai pas le temps non plus ce soir. Demain sans faute.

Chaloux dit: 29 novembre 2016 à 18 h 01 min

Clopine, L’Effrontée : quoiqu’il en soit, Charlotte Gainsbourg y est déjà tellement géniale -et vraiment géniale- que je ne vois pas bien comment on pourrait faire l’économie de ce film.

Annelise dit: 29 novembre 2016 à 18 h 06 min

Vs m’avez titillée avec cette histoire de féminisme, Clopine.. Puisque j’ai encore 1/4d’h allons-y, faisons débat, un « billet ds le billet » à l’arrache, parce que oui ça m’intéresse!Pas sûre d’avoir la même perception que vs du féminisme… Même si je vs rejoins complètement sur Clarice Starling, le Demme… pas revu depuis des lustres, ms là oui, le personnage possède des traits de cette essence. Encore plus perceptible ds le livre…La triangulation amoureuse, très belle, avec l’inspecteur dont la femme se meurt d’un cancer.. Retournement de la logique habituelle, ds un effacement spectaculaire de testostérone – sans même parler du fait de choisir Jodie Foster, qui est homosexuelle… Mais le film n’escompte rien du côté de cette vie privée-là (c’est pourquoi, pardon Jibé, quel intérêt de ns apprendre que Claude Miller est bisexuel, je vois peu le rapport avec l’abord analytique de « Garde à vue »? peu importe..)Le Silence des agneaux met en scène une figure profondément féministe en déplaçant d’emblée les enjeux : Lecter est tenu en respect par quoi d’après vous? Elle arrive avec ses chaussures ordinaires, son sac à main dont elle n’est pas très sûre… Et Hannibal comme il est suprêmement intelligent, se repaît de son incertitude complémentaire comme indice d’une supra sensibilité (qualité qui lui ferait peut-être tolérer mieux ses congénères, au lieu de les dévorer?). Il reconnaît sa force qui n’imite pas une force « masculine » mais tissée d’une intelligence équivalente à la sienne, d’une vulnérabilité non trafiquée. C’est la grande subversion affective, le pouvoir féminin débarrassée des outrances qui furent peut-être nécessaires, mais qui ont pris maintenant un gros coup de vieux, qq rides préjudiciables?… le féminisme des chiennes de garde, qui fut étape que je ne jette pas plus bas que terre,ms dont l’évolution tend à arrondir les angles pour le rendre efficient. Je trouve ça en réalité très machiste de penser que le féminisme c’est « avoir le dessus » ou « être dessus ». Ce raisonnement me fait le même effet que la discrimination positive, il y a une dimension que je qualifierais d’infantilisante, quasi humiliante contenue dedans. Le CSA s’était plaint du rôle de potiche des femmes ds les débats… témoins ms rarement experts, etc. Elles osent moins prendre la parole, se font…bouffer ( !). Si pour inverser la tendance, il faut se mettre à jouer au camionneur pour s’imposer, quelle victoire réelle, pour quelle avancée? Nous ne sommes pas, ns n’avons pas à être dans un quelconque mimétisme pour exister. Au dessus/dessous, je préfère le avec/pleinement&autrement.
Venons-en à Basic instinct.là où nos opinions divergent. Je regarde les films de Verhoeven depuis lgtps (on aurait pu parler de « Elle » au moment de Cannes, j’adore Huppert, dont je sais que plusieurs d’entre vs ici la descendent en flammes, je la tiens pour ma part pour une grande actrice) – ms restons-en à celui-là, qui est de 92. Impression mitigée à l’époque. «Féminisme du film grâce à l’interrogatoire », dites-vous, où Sharon « pic à glace » trouble Michael Douglas en décroisant les jambes sans culotte?.. ms Clopine, on pourrait dire exactement l’inverse ! Que c’est d’un machisme absolu d’armer la libido pour seul moyen de déstabiliser le flic, surtout sous ce mode cliché. La femme torride sans dessous.. oui enfin, Sharon à 40 ans, même en petit slip. .! c’était comme Mickey Rourke et Kim Basinger, 9 semaines et demie,… un côté Just Jaeckin…ça fonctionnait,je ne dénigre pas, mais quelle érotisation téléphonée, au contraire sexiste à mes yeux…j’ai un humour spécieux parfois, j’admets – eu comme ça de terribles fous rires en découvrant « Histoire d’O » à 16 ou 17 ans… « Sir Stephan en robe de chambre rouge lui demanda si elle voulait bien être fouettée avant de lui offrir etc ».., je crève de rire au lieu d’être dans la stupeur, les tremblements devant la « soumission volontaire, un peu sado maso pour renverser la domination », tout ce discours très post libération sexuelle à digestion plus ou moins lourde… ! Vs voyez ce que je veux dire? Pour moi, c’est comme 50 Nuances de Grey : une sorte de « porno-éroticomédie » télévisuelle moyenne, fendarde mais certainement pas féministe. Du même ordre que Dominique Aury en vieille fille au tricot qui écrit le bouquin en espérant saisir Paulhan à la braguette, qu’il le lira d’une seule main… Vieillot. Mais je vs lis et votre interprétation me donne à penser à d’autres angles. Le Verhoeven féministe, pour moi c’est plutôt « Showgirls », un film qui n’a pas du tout marché. Il date de 1995 : Nomi Malone arrive pour faire carrière ds la danse, Cristal la tenante en titre du show lui barre la route. Description de la rivalité féminine meurtrière, sans concession. Des femmes peu solidaires entre elles devant le pouvoir, hélas. Le machisme effarant des figures masculines, pleutres, profiteurs (les glaçons au bout des seins pour qu’ils soient érigés). Et cette scène très jubilatoire où la jeune femme parvenue au sommet à coups de compromissions, luttes et coups bas envoie sans le savoir sa copine noire (et seule vraie amie) à l’abattoir sexuel d’un rockeur qui abuse d’elle après l’avoir tabassée… comment ensuite notre jolie Nomi-nouvelle meneuse de revue revient en talons aiguilles, tenue affriolante, pour se glisser toute chatte auprès de la rock star violeuse. Elle ferme la porte doucement, l’excite un bon coup et puis… les danseuses sont très souples, et les coups de tatanes à bout ultra pointu, bien ajustés, soudain font office de manifeste. Cela m’intéresserait que vs le voyiez… Ou mes deux films préférés de l’Allemand Fatih Akin, « Julie en juillet » et « Head on »… la question de la libido, de la sexualité, ramenée à des formes bcp moins convenues ou fondées sur des schèmes avant tout masculins… plus féministes (Dans « Head on », l’incapacité de Birol Unel de consommer tout d’abord l’amour avec Sibel, la femme libérée, vulnérable,affective qui le libère, lui, le dur à cuir qui s’en donne à cœur joie – mais justement sans joie – avec une fille délurée où il n’y a d’autre enjeu que le corps, hors toute implication…) l’observation de la tétanisation que représente l’affectivité, avant d’obtenir grâce à elle une forme douce de libération : ça, c’est un propos ultra féministe, difficile à faire passer, périlleux.;! Fatih Akin me parait renverser bcp plus de codes ds ce film, avec une modernité que Verhoeven est loin d’avoir ds « Basic »

robert dit: 29 novembre 2016 à 19 h 01 min

« Si pour inverser la tendance, il faut se mettre à jouer au camionneur pour s’imposer, quelle victoire réelle, pour quelle avancée? »
oui et ce serait une erreur de croire qu’il n’existe pas de femme comme celle du film retransmis hier, que par définition une femme ne peut être qu’opprimée, de ne pas voir que des machistes peuvent se conduire en petits toutous serviles dans la sphère domestique ou être écrasés par bonbonne à la maison
et se défouler, rouler des mécaniques, à l’extérieur ..
Par ailleurs en fait chez Isa H ce qui peut être agaçant c’est cette espèce d’aura d’intello anorexique qui a toujours raison par définition, l’incarnation de la perfection – peut-être est-ce uniquement ou en grande partie dû aux rôles

christiane dit: 29 novembre 2016 à 19 h 53 min

Annelise,
je suis heureuse de lire votre vision du personnage de Mme Martinaud, interprétée par Romy Schneider. Elles ne durent pas longtemps les scènes où elle apparait et pourtant quelle présence ! Belle, enfermée dans sa mémoire de jeune fille à marier puis prenant l’initiative d’un… couloir entre elle et lui. Fière, dure, sobre dans son jeu. Cette jolie scène de noël vue par ses yeux devient trouble. Qu’a-telle vu, entendu (« il lui parlait comme à une femme ») ? Pour nous spectateurs, rien de grave, pour elle, suffisamment pour s’éloigner définitivement de son mari. Puis, des non-dits, la respectabilité de province pour ce couple de notables, l’hypocrisie sociale, le change à donner dans la ville, au rez de chaussée et la « guerre » au premier. Elle passe, élégante, à contre-jour, silencieuse, comme un fantôme vengeur.
Quant à Martinaud… Qu’auriez-vous ressenti si ce n’était pas Serrault qui avait interprété ce rôle ? Il est tellement craquant avec sa douceur, son humour, son humanité qu’on cherche à l’innocenter en permanence. Je me souviens de mon absence de condamnation quand il tue pour aider sa fille Marie (?), la belle, si belle Adjani, glissant de la poursuite à la complicité dans cet autre film noir « Mortelle randonnée ». Acteur magnétique, sympathique, tellement humain et quel charme ! Encore une fois les dialogues d’Audiard dans ce film policier flamboyant, étouffant, désespéré. (encore Guy Marchand à contre-emploi).
J’aime quand vous poser vos armes d’amazone…

Jibé dit: 29 novembre 2016 à 21 h 58 min

Pour bien comprendre le cinéma de Miller, sa bisexualité est particulièrement éclairante : ni poisson ni chair.

Annelise dit: 30 novembre 2016 à 8 h 59 min

Je ne suis pas ironique pour « Showgirls ». Un de mes préférés depuis le début. Il me semble qu’il vient d’être restauré? la presse l’avait haché menu à l’époque : vulgarité, une honte etc. Curieuse de savoir ce que vs en penseriez ts. Et donc,outre « Le silence des agneaux » où je suis d’accord, « Head on », mon favori de Fatih Akin avec « Julie en juillet » : quatre exemples pour moi de films bcp plus féministes que « Basic instinct »

Phil dit: 30 novembre 2016 à 9 h 36 min

oui Clopine, aucun écho in ze press sur ce plagiat de Miller. as usual, that’s all folks
(Peckinpah-Christiane, yes it is, la violence est le ressort de la conquête de l’ouest et celui des conquérants aujourd’hui au pouvoir, nous dit Peckinpah dans « Weekend Ostermann », portrait avec trente ans d’avance de la débile classe télévisée réalité qui nous englue aujourd’hui. Peckinpah mort magnifiquement d’une crise cardiaque se disait indien et alcoolique, la deuxième qualité est avérée).

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 30 novembre 2016 à 11 h 22 min

Annelise, ah là là, si je vois ce que vous voulez dire !!! Vous avez mis exactement le doigt dessus les questions qui m’agitent depuis… je ne compte plus…

Alors, d’abord, MERCI de vos commentaires. Vous êtes décidément étonnante, et abordable, c’est pas croyable !!!

Quand je pense qu’en 8 ans de visites quasi-quotidiennes sur la république des livres assoulinienne, j’ai dû avoir, allez, ne chipotons pas, 20 phrases en retour de mes diverses élucubrations, phrases étalées disons une ligne par-ci une autre par là, tous les deux ans et demi en moyenne. (et encore, je compte aussi les « merci Clopine pour la faute de frappe corrigée », c’est vous dire si je ratisse large les réactions). Vous allez dire que j’exagère : n’a-t-il pas publié « Brèves de blogs » ? Bah, c’était aussi une manière commode de ne pas aller au charbon…

Vous, par contre, vous y allez. Au charbon. Attention à vous : la méchanceté trollienne rôde, soyez prudente, contrairement à ce que d’aucuns disent ici en haussant les épaules, cela peut faire de terribles dégâts, pour peu qu’on soit un peu sensible ou fragile. Bref.

Donc, je vais tenter d’aller vite, parce que vous semblez si accessible qu’il ne faudrait pas du coup en profiter. Cependant, vous dire ceci :

- vous avez raison, le film est daté mais pas du tout obsolète. De toute façon, son sujet est intemporel , alors la « datation » importe peu, en fait, puisqu’il s’agit, pour un flic de faire passer aux aveux un suspect.

Quoi de plus universel que cela ?

Socrate face à son thémosthète, Antigone face à Créon, Jeanne d’Arc face à Cauchon, Dreyfus face à l’armée française, j’irais presque jusqu’à ajouter Omar devant une sanglante faute d’orthographe : la foule des « gardés à vue » est aussi innombrable que le peuple russe venant rechercher son terrible Ivan, dans le film d’Eisenstein.

Donc, vous avez raison.

Pour Romy Schneider, là, par contre, je ne vous suis pas.

Romy portait en elle, outre une beauté foudroyante, une beauté foudroyée.

Donc, pour « faire passer » l’arrière-plan du film, c’est une erreur de faire appel à elle. (résumons cet arrière-plan : Sarrault est suspect parce qu’étrange, mais étrange parce que malheureux, et toute l’enquête menée par Ventura viendra mettre au jour ce malheur – à savoir avoir épousé une femme vénale qui se refuse à lui. D’où convocation, qui rompt le huis clos, de Romy dans la salle d’interrogatoire. Et là, paf, sa beauté explique le désarroi et les tourments de Serrault, En gros ; qu’on devienne criminel par frustration sexuelle, c’est un peu fort de café, surtout quand on est un notable, mais c’est possible quand la femme est aussi belle que cela – Serrault si « mal assorti » peut-il en devenir fou et passer à l’acte criminel ? Toute la balance entre ce soupçon et la compassion éprouvée par Ventura et qui le conduit, elle, à envisager l’innocence, est le sujet du film.)

Mais justement : peut-on croire en une Romy vénale et insensible ? Ginette Leclerc, oui. Bernadette Lafont aussi, aurait pu jouer cela. Mais Romy ? Pouvait-elle jouer une garce façon Scarlett O’Hara ? Non, n’est-ce pas ?

Maintenant, le féminisme. Ah là là. Vos réflexions provoquent chez moi le souvenir de nuits d’insomnie, à tenter de percer les ténèbres.

Savez-vous où j’en suis arrivée ? A me dire que nous ne pouvons pas savoir ce que c’est qu’être féministe, tant que le monde qui nous entoure est machiste. Nous ne pouvons que vouloir vivre autrement. Nous ne pouvons pas (encore) vivre vraiment autrement.

De là mon adhésion à votre propos, mais aussi son atténuation. Prenons la scène de Basic Instinct. Voilà une femme qui va être interrogée dans un bureau fermé, par une tripotée d’hommes (ils doivent bien être sept ou huit…). Le spectateur-voyeur (qui a surpris dans un miroir la femme enfilant sa robe sans rien dessous) sait qu’elle est nue. Le basculement va être total, parce que la femme nue, désarmée, soupçonnée et passée à l’interrogatoire va tellement jouer de sa puissance sexuelle que les hommes en seront littéralement tétanisés. (je vous rappelle qu’à la fin de la scène, Stone va draguer ouvertement Douglas).

Evidemment, c’est totalement paradoxal du point de vue du « féminisme » : voici la quintessence du fantasme masculin, la blonde sexy +++, (à poil qui plus est la salooooope)transformée de proie en prédatrice. Quelle féministe voudrait-pourrait s’identifier à Stone, là-dedans ?

Le féminisme, à mon sens, n’est PAS une théorie marxiste. Je veux dire qu’il ne s’agit pas d’opérer une révolution, où ceux qui n’avaient pas le pouvoir le prendraient. Sorte de culbuto historique, quoi.

Pour moi, le féminisme serait d’atteindre l’égalité dans la différence, en se gardant bien (contrairement à certains courants féministes américains ras des pâquerettes) d’accentuer ces différences. En ce sens, je suis proche de Badinter : ce qui nous rapproche de l’autre sexe est notre humanité commune, cherchons à accentuer nos ressemblances, nos sentiments, nos pensées communes, plutôt que de les accentuer et de leur attribuer des « valeurs » potentielles.

Le féminisme serait donc un humanisme universaliste qui m’irait assez bien au teint.

Mais cela reste un idéal, parce que, dites donc, en ce moment, sur terre, le pouvoir appartient aux hommes, et ils sont une telle multitude à ne pas vouloir le lâcher qu’ils sont près à régresser partout pour éviter d’êtr remis en question dans leur possession du monde et, en premier lieu, du corps de la femme…

Donc, vous avez raison : la scène avec Stone est féministe façon marxiste-trotskyste (hihihi !), c’est-à-dire que le paradoxe réside dans le pouvoir que la proie prend sur le prédateur.

Le face-à-face Clarice-Lecter, lui, est autrement plus subtil et trouble. Il n’est plus question de pouvoir, et la « prise de possession » du corps de Clarice se réduit, pour Lectr, à une fugitive caresse sur sa main…

C’est une héroïne symboliquement féministe.

Car Clarice ne sera pas mangée.

Et ça, c’est une révolution… Une révolution « négative », m’enfin un premier pas…

Je suis trop longue, confuse, verbeuse et peu claire. Mais cependant, Annelise, vous serez peut-être d’accord avec moi pour dire qu’une scène d’interrogatoire qui serait d’un féminisme « positif » est encore à inventer.

C’est excitant à mon sens. Antigone interrogeant Créon. Jeanne, Cauchon. Romy Schneider, Ventura !!!

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 30 novembre 2016 à 11 h 25 min

merdum.

« ce qui nous rapproche de l’autre sexe est notre humanité commune, cherchons à accentuer nos ressemblances, nos sentiments, nos pensées communes, plutôt que d’ACCENTUER NOS DIFFERENCES » et de leur attribuer des « valeurs » potentielles.

Widergänger dit: 30 novembre 2016 à 11 h 56 min

Ne cherchez pas ! Nul ne sait ce qui nous rapproche de l’autre sexe. Depuis le Banquet de Platon, on s’y est essayé sans le moindre succès. Moi, j’ai une nouvelle théorie sur la question, empruntée en partie à F. Pessoa : l’Ennui, la bêtise, le masochisme, le goût du malheur… (et je vous épargne l’essentiel : notre incapacité à désirer quoi que ce soit). Après ça, bonne chance en amour !

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 30 novembre 2016 à 11 h 56 min

Jibé, Christiane n’est pas féministe, ou alors, je ne m’en suis pas aperçue ! Elle est compassionnelle (elle nous plaint d’être femmes, quoi), ce qui peut légèrement agacer à force. Comme si je te plaignais d’être homo. Or, je te plains d’être homo dans un monde à la con, c’est tout… Monde pour qui être homo est une anormalité (au mieux) un péché criminel (au pire). Ce qui rend possible d’envisager de laisser tomber, dans certains cas, la pédagogie pour passer directement, si possible, à l’application d’une justice bienvenue. Et pas une larme pour les daechiennes de garde.

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 30 novembre 2016 à 11 h 58 min

WGG, c’est JUSTEMENT ce que je dis, nom de zeus. Une féministe ne peut se protéger dans la scène paradoxale où c’est en accentuant son rôle d’objet sexuel qu’une femme prend le pouvoir. Suivez un peu, quoi, merdre !

Widergänger dit: 30 novembre 2016 à 12 h 04 min

Garde à vue, que j’ai pris goût à revoir hier soir sur Youtube, est une chronique de la bourgeoisie de province. C’est l’essentiel du film. Les viols des deux fillettes ne sont là que pour faire dégorger les protagonistes du couple Martineau, avec leur vie médiocre, qu’ils se sont forgés eux-mêmes par tout ce qu’ils possèdent de médiocrité, de mesquinerie provinciale étouffante. Il n’y a rien de féministe dans le personnage incarné par Romy. C’est une minable comme son mari, si bien joué par Serrault, à la fois arrogant et complexé, désespéré et pathétique. Et les flics, complètement minables eux aussi. L’un violent, l’autre complètement largué par la réalité. C’est déjà un portrait de la France moisie. Avec en arrière-fond, le sadisme du meurtrier qu’on ne voit à peine, sinon de dos, comme une France honteuse d’elle-même.

Widergänger dit: 30 novembre 2016 à 12 h 07 min

Mais Clopine, je n’ai pas dit que je vous répondais, que je sache !

Mais je ne la vois pas du tout comme un objet sexuel, Romy, dans ce film. Ce sont simplement deux égarés de la vie, les Martineau. Deux pauvres égarés victimes d’eux-mêmes, de leur incapacité à aimer qui que ce soit et quoi que ce soit.

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 30 novembre 2016 à 12 h 12 min

EUH, WGG, attention. Y’a d’une part Garde à Vue, et d’autre part basic Instinct.

Mais sans doute est-ce mon commentaire qui est trop confus pour que vous vous y retrouvassiez…

Sylvain dit: 30 novembre 2016 à 12 h 20 min

« Amazone »,Wg 23.43 pareil.je ne vois pas?

Annelise le 29 à 18.06:magistral comme critique.d une intelligence époustouflante et en plus, vous êtes BONNE.

Pas honte de le dire.Sentimentale dans le bon sens,elle voit TOUT!révolutionnaire.

je répète:BLANDINE JEANSON !!!

hadrian dit: 30 novembre 2016 à 12 h 46 min

« c’est en accentuant son rôle d’objet sexuel qu’une femme prend le pouvoir. »

C’est c.n, sado-maso – Payer chais pas combien pour voir cette daube eh ben dites donc!

Annelise dit: 30 novembre 2016 à 13 h 14 min

En projo. Personne n’a vu le Verhoeven dont je parle avec Elisabeth Berckley, ni les Fatih Akin? Ou Voyage au Groenland, ou.. Chaloux plutôt que de provoquer Michel, l’analyse promise de Garde à vue? Sinon je vs envoie… Raminagrobis

Phil dit: 30 novembre 2016 à 13 h 28 min

dear Annelise Enprojo, il nous faudrait une bonne petite salle private comme celle de la Fondation Seydoux pour en voir autant que vous. en attendant faut se les geler in ze quiou, pour parfois un big navet

Chaloux dit: 30 novembre 2016 à 13 h 39 min

Annelise, je suis à vos pieds, mais je n’ai pas le temps pour l’instant. Ce soir. (Pour le reste, j’avoue tout, le vilain petit démon m’a tenté…).

Emmanuel dit: 30 novembre 2016 à 14 h 12 min

Tout le monde est en déplacement phil?; plusieurs manières de se les geler sec, dont de + ou – agréables.Au milieu de big boss, staffs commerciaux qui ont voté Fillon pour que l’ISF soit sucrée, + dur. La moustache à Martinez dans mon business mal vue.
Annelise dit : « Fathi Akin, cinéaste allemand »;sauf le respect ça fait moyen allemand, A-li: Turc? Grosse communauté ,berlin& Hambourg.Pas vu les films.Pour l’Allemagne il faut voir avec P.edel.
Le Verhoeven le ‘Monde » avait titré « grotesque », Libé « dégueulasse » et autres gracieusetés; je m’en rappelle (j’étais abonné.) usual confusion entre ce qui est le sujet et l’objet lui-même. La sortie DVD, 2nde chance?
J’aime beaucoup votre « les danseuses sont agiles ». .
Clopine, j’ai pas contre vous. En dépit du côté sanguin, l’idée de malmener l’autre sexe par excès de brutalité ne me plait pas;ma chère 11:22 je veux bien mais comment dire HEU?.. soyez aussi longue que vous voulez mais le contenu, vous relisez??
Petit exemple : « Annelise Roux, pas croyable ce qu’elle est accessible »;Clopine ,si vous avez la recette pour l’inviter à dîner donnez la tout de suite !Vous vous trompez j’en ai peur. Janké en amphi, ces grands profs à aura, ahurissants d’intelligence, beaucoup trop pour se montrer hautains donnent ‘l’impression’ d’être accessibles. Aucune entourloupe à ça : la chaleur de la lampe sur le papillon ;mais ACCESSIBLE, pas le mot qui me viendrait. On a beau éclairer le truc, elle garde le mystère et m’en fout dix longueurs dans la vue;
;chuis pas un homme facile ni objésexuel pourtant.ça peut changer (faire suivre le courrier par Libé)

Emmanuel dit: 30 novembre 2016 à 14 h 18 min

ta ta ta.. Chaloux tu ne tiendras ^pas le sprint mon petit!
Wiwi à 12:04 bin si,il a raison; France moisie.et l’analyse de Cl.Miller et du féminisme par Annelise on ne peut +pointue, avec en plus du tact. Très fin.

Jibé dit: 30 novembre 2016 à 14 h 35 min

Toute femme menant sa vie librement est féministe, Clopine. Christiane l’est, à sa manière. Et moi, je suis homo à a mienne, et je n’ai pas trop à me plaindre de la société dans laquelle je vis mon homosexualité.

Emmanuel dit: 30 novembre 2016 à 14 h 57 min

@14:35, mon Jibé t’es homo? Si tu aimes ça aucune raison de t’en priver.pas moi. ça fait plaisir de penser qu’on ne se battra pas pour une femme au moins.
Clopine, toujours dans le désir de rester courtois : 14:35,voilà.
‘Christiane est compatissante, elle nous plaint d’être une femme’; hé bien je ne lis pas la compassion comme vous vous l’entendez et ne lis pas le post Christiane à l’identique.
Vais voir ‘Groenland’ ce soir, probable vers les Champs. J’ai voyagé près du pôle;des paysages superbes.

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 30 novembre 2016 à 15 h 32 min

Voulez-vous que je retire le mot « accessible » et que je le remplace par « sociable », ou « à l’écoute », ou « répondant volontiers aux remarques d’autrui », ou « aimant la conversation » ? Choisissez ce que vous voulez – je disais simplement qu’Annelise m’a plus parlé en une seule fois que Pierre Assouline en 6 ans… Et que je suis à la fois plaisamment étonnée et reconnaissante… Sur les blogs, les sentiments positifs sont souvent épinglés, l’expression des sentiments, interdite, l’admiration proscrite, et les procès en légitimité (« toi tu as le droit de parler, toi non », ceci souvent explicité par des « droits » pris pour des « compétences ») légion. Si cela change, je ne vais certainement pas m’en plaindre. Mais peut-être pourrions-nous plus parler cinéma ? Je n’ai pas vu les films récents auxquels notre hôte fait allusion. Mais c’est que, vivant aux champs, je n’ai pas les moyens d’y accéder. C’est d’ailleurs pour cela que je lis souvent les critiques cinématographiques : une vie de cinéphile, par procuration.

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 30 novembre 2016 à 15 h 39 min

Jibé, est-ce que vraiment il existe un endroit où une femme peut vivre librement ? Sais-tu que le simple fait de marcher dans la rue, même en France, même en 2016, même dans la patrie de Simone de Beauvoir, peut être compliqué ?

A plus de quarante de distance, il est arrivé la même mésaventure à l’amie de mon Clopinou qu’à moi-même : un train, un wagon désert, et du coup, un homme se masturbant devant toi, parce que tu es seule, et jeune… . Ca lui est arrivé la semaine dernière, moi,il y a quarante ans, mais le désarroi (qui transparaissait dans son récit et dans la peur qu’elle relatait) est le même.

Aujourd’hui, ni une ni deux, je me lèveras, j’irais voir le contrôleur et je tâcherais que l’homme en question ait de sérieux ennuis… Mais ce serait de toute manière ma parole contre la sienne.

Non, la liberté ne nous est pas donnée au berceau, et malgré les luttes, malgré la relativité (car ailleurs c’est mille fois pire), je ne dirais pas que je suis une femme libre. Une femme qui se libère, ou qui tente de se libérer, serait à la fois plus modeste et plus juste.

brigitte dit: 30 novembre 2016 à 16 h 02 min

« le simple fait de marcher dans la rue, même en France, même en 2016, même dans la patrie de Simone de Beauvoir, peut être compliqué »

faut pas tomber sur donald (ni sur jc)
Enfin, ya des satyres qui s’en prennent aussi aux mecs vous savez

radioscopie dit: 30 novembre 2016 à 16 h 51 min

Clopine, il y a aussi la télé. Hier soir, sur Arte, Le Procès de Viviane Amsalem, la veille Winter sleep. Arte nous régale. Et permet de voir ce qu’on n’a pas eu le temps de voir au cinéma. Au sujet du Procès de V. Ansalem, j’ai failli faire comme les Brésiliens qui balancent leur poste par la fenêtre lorsque leur équipe de fouchbol perd. Tant de bêtise crasse de la part de ce tribunal rabbinique borné, de la part d’un mari coincé dans son machisme primaire et ses repères obsolètes, de négation de la femme… Quand le religieux s’empare de la vie des individus pour la contraindre dans l’étau de ses dogmes. Terrifiant.

Jibé dit: 30 novembre 2016 à 22 h 59 min

Bien aimé « L’ornithologue », Annelise, et vous en parlez très bien. Il y a du Pasolini en Joao Pedro Rodrigues : l’amour des beaux garçons, anges déchus, et le sacré jusqu’à l’extase ! C’est tourné dans les paysages tourmentés et superbes du nord du Portugal, Munho et/ou Tras Los Montes ? C’est plus portugais qu’italianisant et d’un style baroque de haute tenue… Et en plus, on y voit de beaux culs de mecs et un peu plus !

Annelise dit: 30 novembre 2016 à 23 h 26 min

Jibé, je viens dans l’après-midi de rire bcp avec un ami vidéaste, Fémis etc qui a un groupe électro-pop et qui a lui aussi qq inclination pour les messieurs, sa « critique » de 9 semaines et 1/2, assez succinte, se terminant par « tu ne te rends pas compte combien Mickey Rourke était bombasse ds ce film » m’a laissée perplexe, non sans un soupçon d’éblouissement devant tant d’art de la synthèse? Votre chute sur « L’Ornithologue » à l’instant m’y fait penser. Ne vs gênez pas si l’envie vs prenait de développer davantage sur d’autres aspects chez Rodrigues, disons, non simplement « esthétiques »

Jibé dit: 30 novembre 2016 à 23 h 41 min

Mais tout est « esthétique » chez Rodrigues, du profane au sacré, Annelise. « O Fantasma », c’était quelque chose ! Je n’ai rien vu d’autre depuis. Il s’est pas mal assagi, semble-t-il ? Mais ça reste toujours très limité aux réseaux homos de diffusion… J’aurais bien aimé savoir ce qu’en pensent la gente féministe de ce blog ?

radioscopie dit: 1 décembre 2016 à 7 h 50 min

Oui, Annelise : Winter sleep. J’ai qq scrupule à revenir sur ce film ne sachant pas s’il est permis « de ne pas coller à l’actualité » selon l’horrible formule qui vous expédie dans les limbes un pur chef d’oeuvre de même qu’au supermarché on retire des rayons le produit périmé.

Annelise dit: 1 décembre 2016 à 8 h 06 min

Pas revu non plus depuis longtemps « O Fantasma » Jibé. Tant de proches amis homos que la question revient svt sur le tapis : quelles audaces pour un « cinéma homo »? Guiraudie avec le dernier a paradoxalement déçu son « public gay » habituel en montrant autre chose… Dolan mécontent -en ce qui me concerne je le comprends – si mon souvenir est bon, qu’on songe à lui décerner une « palme queer » (?)L’égalité voudrait que l’interrogation soit close, du moins ds ces termes. Où est la limite de la pornographie, etc. (Showgirls ds son époque a donc fait tiquer plus d’un autour de sa vulgarité supposée). En réalité bien sûr que le cinéma mettant en scène la libido homosexuelle a eu à inventer rapidement ses propres codes au moment de sortir du bois. Brokeback mountains m’intéresse davantage pour la triangulation amoureuse entre la femme épousée par devoir, la difficulté de se délier pour assumer ses penchants d’un côté, la femme dure, « miss calculette en main » de l’autre, Jake G étant plus en accord que Heather L ds le film avec sa sexualité, que la scène de consommation sous la tente « objectivée ». Ou « Le garçon d’honneur », (Ang Lee toujours) qui met la question du choix sexuel en scène de manière romantique et plus joueuse…
Head-on est très cru et porte sur l’hétérosexualité, O Fantasma l’est pas mal non plus en donnant à voir un homme en quête ininterrompue d’hommes de passage. Cette sorte de fringale, le rapport à l’ordure dû au métier qu’il exerce… je pensais à Michel Foucault prostré de honte pendant des heures après ses tournées trash dans les bars gays, en cuir. Très Fassbinder, le cuir. C’est une époque d’outrances, qui pour moi est marquée par la représentation du trouble, de la honte, de la rage de la ghettoïsation, plus que du plaisir, de la sexualité assumée. Comment l’homosexualité, l’amour physique entre hommes sont-ils appelés à être rendus ds une acceptation apaisée, inscrits ds cette reconnaissance légitime?
L’érotisme est un idiotisme irréductible. J’en trouve davantage à la scène du kayak sur l’eau, de la remontée lente du fleuve avec le clapotis des pagaie qui puisent ds l’eau, cette attente de l’autre et de la rencontre du corps de l’autre(ici masculin) que ds « attrapons-ns dans les poubelles ». Je ne parle pas de l’aspect cru, qui me va très bien… Aucun évitement de ma part. Mais l’érotisme d’un certain cinéma asiatique, ou indien, où l’intime est entouré de caché, qui laisse plutôt deviner le déferlement et joue avec la limite du montré/dérobé me plaît davantage par exemple que le dernier Kubrick, Eyes wide shut, à mes yeux un « cartes sur tables » des plus raté, sinon à le tenir pour un testament sexuel baroque d’un homme vieillissant, qui sent que cela lui échappe. A ce moment-là je préfère dix fois « Atlantic city », les dernières amours Burt Lancaster/Susan Sarandon.
d’ailleurs ds Head-On (Fatih Akin est Allemand, mais parentèle en effet immigrée turque),ce qui est tellement érotique à mon sens n’est pas tant les scènes explicites que la peur des deux personnages, Sibel(Sibel Kekili) et Cahit(Birol Unel)à sentir croître l’amour entre eux : cette terreur sacrée devant le bouleversement, la promesse orgastique de la réunion totale – et leur façon timide et résolue de descendre les barrières pour que la rencontre ait lieu

Annelise dit: 1 décembre 2016 à 8 h 13 min

Ah non Radio, « Winter sleep » je suis pour que vs ns le chroniquiez au contraire. Et vs avez raison de souligner cet aspect : plusieurs lectrices ou lecteurs m’ont écrit qu’ils me lisaient mais n’osaient pas parler de films qu’ils (re)voyaient à la télé, alors que c’est là leur seul accès au cinéma en semaine (salles pour les films intéressants trop loin, etc)
Moi je dis, le cinéma, art populaire : allez en salles voir l’actu dès que vs pouvez et oui,entretemps, n’hésitez pas à commenter ici ce que vs avez revu et qui vs paraît digne de partage !

christiane dit: 1 décembre 2016 à 8 h 42 min

Le cinéma, Jibé, dans notre rapport au réel, notre vie, nos désirs et nos pensées, c’est souvent des images qui nous hantent longtemps après avoir vu un film (comme s’il en savait plus sur nous que nous-mêmes). Révélateur ? Nous regardons l’écran lui semble nous regarder puisqu’il est une écriture de notre monde, de nos fantasmes. Un jeu de miroirs onirique entre réalité et fantasme.
Ici, dans le film du portugais Joào Pedro Rodrigues, quand l’ornithologue se réveille, il est sanglé de cordelettes, attaché comme un modèle japonais des photos bondage d’Araki (évocation d’Annelise). Un lien étroit, donc, avec le rêve, les hallucinations de la figure chrétienne de Saint Antoine, l’ermite tenté par le Diable.
« La tentation de saint-Antoine », thème représenté à de nombreuses reprises dans l’art. Il se trouve que le plus célèbre, le triptyque de Bosch, peint au tout début du XVIe siècle, se trouve à Lisbonne. Le cinéaste l’a-t-il souvent contemplé ? Le fleuve choisi est le Douro, au nord du Portugal et saint ­Antoine de Padoue est l’un des saints les plus populaires du Portugal. Bosch met en scène les expériences hallucinatoires de cet ermite, ses convulsions intimes, et le peint se dissolvant et résistant tour à tour dans un monde fantastique.
En littérature aussi on retrouve cet univers. Ainsi dans le « Saint-Antoine » de Flaubert, lit-on ces lignes qui pourraient faire partie du scénario de « l’ornithologue » : « Et, tout à coup, passent au milieu de l’air, d’abord une flaque d’eau, ensuite une prostituée, (…) ces images arrivent brusquement, par secousses, se détachant sur la nuit comme des peintures d’écarlate sur de l’ébène (…). Elles se multiplient, l’entourent, l’assiègent. Une épouvante indicible l’envahit (…). C’est comme si le lien général de son être se dissolvait ; et, ne résistant plus, Antoine tombe sur la natte. ».
Antoine n’a pas succombé ! qu’en est-il de Fernando, l’ornithologue, délicieusement interprété(semble-t-il) par Paul Hamy ? Je n’ai pas encore vu ce film.

Annelise dit: 1 décembre 2016 à 8 h 56 min

Christiane, comme le résumait si délicatement mon camarade videaste au sujet de Rourke, « Paul Hamy, c’est de la bombasse »!
Vos remarques, qui plus est sans avoir vu le film?, donnent des pistes judicieuses

radioscopie dit: 1 décembre 2016 à 9 h 16 min

Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que St Antoine (Fernando Martins de Bulhões) était portugais. A Lisbonne, dans l’Alfama, une église (St Antoine de Padoue évidemment) a remplacé sa maison natale. En place de son lieu de naissance (supposé ?) se trouve une crypte minuscule.

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 1 décembre 2016 à 9 h 38 min

On va dire que je vais prendre « gent féministe » pour ma pomme, sous l’angle « grand public », hein, parce que les films gays diffusés dans les circuits communautaristes, ben bibi je n’y ai pas eu accès. Donc, pas de « o fantasma », comme me manquent d’ailleurs tant d’autres films snif.

Par contre, version « Monsieur tout le monde, je me souviens du choc de « my beautiful laundrette » de Frears. Je m’en souviens particulièrement parce qu’il y avait comme une sorte de cruelle ironie : enfin, le monsieur tout-le-monde pouvait voir un film « gay », mais en même temps, le sida étalait son ombre funeste précisément sur cette commmunauté. Je me souviens d’une embrassade fraternelle et carrément lacrymale avec mon pote J. au sortir de la projection : on avait le sentiment qu’au moment précis où les gays allaient (enfin) pouvoir vivre normalement, blang, un atroce ricanement éclatait. On savait peu de choses sur le sida, dans les années 80… Mais clairement, il nous effrayait tous, tous ceux et celles qui tentaient de faire bouger les lignes…

Après… Ben euh… Brokeback moutain…

christiane dit: 1 décembre 2016 à 10 h 23 min

Annelise,
c’est que je suis passionnée par les tableaux de J.Bosch. La bande annonce du film et votre billet m’ont renvoyée à son univers. Puis, j’ai un peu creusé la filmographie de Rodrigues. Enfin j’ai aussi travaillé sur l’ambiguïté de la représentation de certains saints (Sébastien- Antoine- Thérèse d’Avila…) et la tentation érotique dont ils sont tourmentés comme de l’attrait érotique qu’ils provoquent dans nos fantasmes, femmes et hommes réunis. Non, ce n’est pas un clin d’œil au cinéma pour « gays » mais l’expression des fantasmes qui hantent nos inconscients.
J’aime lire à ce propos vos chroniques libres et drues, pointant la beauté dans la laideur, la tendresse dans un monde écorché et dur qui vit souvent de l’autre côté de la respectabilité.
Lire votre « Solitude de la fleur blanche » (dont j’ai un peu parlé avec JJJ sur la RDL) est un bon chemin pour comprendre que de ce « mal qui ne portait pas encore de nom précis, ou peut-être celui écrasant de littérature (…) vous avez, dans vos chroniques, commentaires, romans, lectures, avec insolence, colère, tristesse ou jubilation, choisi de ne pas être dans la dérobade. Vous affrontez et nous guidez, liés, en cordée, la réalité.
De plus, j’ai hâte de voir ce film car il est dit que son esthétique est d’un haut niveau. Une rétrospective de ses films est annoncée à Beaubourg.

christiane dit: 1 décembre 2016 à 10 h 45 min

Ah, il passe l’ornithologue au « Reflet Médicis ». Chic, un quartier que j’aime. Je vous en reparlerai, après.
(Pour le roman c’est : RDL – 30/11/15h29 et 18h01)

Emmanuel dit: 1 décembre 2016 à 11 h 23 min

Clopine, ma bonne, j’insiste,est-ce bien l’endroit, RDC, pour vos confidences dans le wagon? Je vous conseille un coup de pied aux burnes. Sinon la communauté gay cisaillée par l’arrivée dans le rétro du H.I.V, terrible ! Jibé ,si je peux me permettre content que tu sois resté parmi nous mon pote.
Annelise 8.06, mon enfant ,ma soeur(non pas ma soeur, je rigole;)miracle de Saint antoine à vous toute seule ! Ce mix d’ultra classe, d’érudition sorbonnarde si raffinée, de pas froid aux yeux et de douce pudeur; franchement une merveille.
Vous êtes marrante, une de ces fantaisies décapante qui nettoie au jex-four et GENTILLE, oui gentille ,avec du coeur;
On sent que chez vous ,le choix du Bordelais Jean Eustache entre ‘la Maman et la Putain’ pourrait être ramené à un seul;total respect of the heart !
Je suis fou de vous, fou de vos chroniques. je rêve d’un grand gang bang (‘intellectuel’ of course,,j’ai des manières. ;) où vous seriez seule et où je jouerais TOUS LES PROTAGONISTES.
Merci pour l’info ‘lieu’ ,christiane 10.45.quel quartier?

Jibé dit: 1 décembre 2016 à 11 h 24 min

Pourquoi, Annelise, ce : « tu ne te rends pas compte combien Mickey Rourke était bombasse ds ce film » vous a t-il « laissée perplexe » ?

C’est exactement ainsi que l’hétéro de base a réagit devant la Sheron Tate, alors au zénith de sa beauté, dans « Basic instinct ».

La seule différence, c’est qu’elle murit plutôt bien, alors que pour lui c’est pathétique, hélas !

Annelise dit: 1 décembre 2016 à 11 h 28 min

Hum Emmanuel 11h23 belle synchronicité entre nous… Pour le reste, un peu de bromure ds le café?
Le film de Jean Eustache, tjs pensé que la question de la localisation est importante : mieux vaut faire la maman en cuisine et la putain au lit que l’inverse

angelina dit: 1 décembre 2016 à 11 h 29 min

« elle murit plutôt bien, alors que pour lui c’est pathétique »

elle a un meilleur chirurgien esthétique et n’est pas alcolo

Jibé dit: 1 décembre 2016 à 11 h 31 min

« quel quartier ? »

Médicis, c’est forcément dans le quartier du Luxembourg, comme la reine du même nom (Marie, pas Catherine) à laquelle on doit le jardin et le palais, Emmanuel, voyons ! Mais on le joue aussi au MK2 Beaubourg, plus central, où je l’ai vu.

Emmanuel dit: 1 décembre 2016 à 11 h 33 min

à 11.29 je parle de vous, Annelise. ..
Angelina 11.29, de quoi parle t-on? Chez Mickey Rourke, dimension suicidaire.;

Jibé dit: 1 décembre 2016 à 11 h 33 min

« mieux vaut faire la maman en cuisine et la putain au lit que l’inverse »

ça se discute. Voir la manière de pratiquer la cuisine au beurre dans le Dernier tango à Paris, Annelise !

angelina dit: 1 décembre 2016 à 11 h 54 min

Emmanuel dit: 1 décembre 2016 à 11 h 33 min

Angelina 11.29, de quoi parle t-on?

de sharon s versus mickey o’r
oui il a pas l’air bien c’est effarant

christiane dit: 1 décembre 2016 à 12 h 14 min

Emmanuel,
Le Reflet Médicis est 3 rue Champollion,Paris Ve, une petite rue qui coupe la rue des Écoles qui elle-même coupe le boulevard Saint Michel au niveau du musée de Cluny, dans le quartier de la Sorbonne. Une séance à 14h20 puis 16h40, 19h, 21h20. Métro ou RER : Odéon- Cluny- St Michel – Luxembourg.

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 1 décembre 2016 à 12 h 42 min

Emmanuel, je ne suis pas votre bonne, et justement, une des différences entre Annelise et moi est que je suis on ne peut plus « lambda », d’où l’autorisation que je me donne, n’étant pas prescriptive, d’évoquer ma vie privée. Encore qu’un exhibitionniste dans un train SNCF, est-ce que cela relève vraiment du privé ?

(par contre, la manière dont on use de la virgule, du point-virgule, de la ponctuation en général laisse tout autant, à mon sens, révéler l’intimité qu’une anecdote quelconque. Et vous êtes très particulier dans cet usage de la ponctuation. Avantage : vos lecteurs s’y reprennent à deux fois, donc vous forcez l’intérêt. Inconvénient : la fatigue en résultant… Qui interroge : cela valait-il le coup ?

Sylvain dit: 1 décembre 2016 à 14 h 50 min

Clopine ne montez pas sur les grands chevaux.

Comme Manu,je suis gêné par l’agression que vous avez subie.C’est pas les chiens de faïence…

On est de grands sensibles,faut pas croire.Il va s’essquser.

Phil dit: 1 décembre 2016 à 14 h 52 min

L’ornithologue…salutaire rappel de Radioscopie, Saint Antoine vient de Lisbonne, Padoue l’a honteusement récupéré…sans importance sinon celle de justifier l’origine portugaise du film.
Un ornithologue donc, profilé comme chacun imagine un ornithologue (musclé barbu en slip blanc et diplômé de l’école du Marais) se fait kidnapper par deux chinoises vaguement lesbiennes en route pour saint jacques de compostelle…qu’elles pensent trouver au Portugal parce que leur gps est niqué. Tout ça n’empêchera pas l’ornithologue de nous offrir une érection chevaline, ficelé comme une chèvre en pleine cambrousse.
Foin de mauvaise foi, le film sort un peu du bar à fesses rédempteur dans la deuxième partie avec quelques baroquismes (sans barozismes) fort lusitaniens que n’aurait pas renié l’obsédé sexué Oliveira (un mal(e) portugais). Belle musique et paroles de générique.
les amateurs d’oiseaux, plumes et poils, seront gâtés.

Annelise dit: 1 décembre 2016 à 15 h 08 min

…évidemment je ris !(14h52)Bon coup de pistolet. Lucky Phil. En projo ds 5mn.Pour l’attente au ciné, svt j’y vais ou y retourne en free, en payant ma place histoire de voir comment ça se passe en salle

Jibé dit: 1 décembre 2016 à 15 h 27 min

Oui, Phil, mais le saint patron de Lisbonne, c’est saint Vincent dont les reliques furent transportées de l’Algarve à Lisbonne au XIIe siècle. Il était escorté par des corbeaux, oiseaux très aimés des lisboètes.

christiane dit: 1 décembre 2016 à 18 h 11 min

Voilà, je reviens de ce petit cinéma que j’aime beaucoup « le Reflet Médicis ». Pas d’attente, jolie salle, pas trop de monde.
J’ai donc vu cet « Ornithologue » de João Pedro Rodrigues dans de vraiment bonnes conditions, avec dans la tête nos discussions.
Le premier quart d’heure est somptueux. On croirait suivre Audubon ou Walden mais dans un Kayac et des jumelles plutôt qu’un pinceau. On entend que le bruit de la rivière et de l’eau sur son corps quand il nage. Il regarde autour de lui, s’enchante des oiseaux -magnifiques- qui couvent leurs œufs dans des nids cachés dans les herbes hautes de la rive. Puis on le voit comme n’importe que campeur se réjouir d’un café brûlant, ranger ses affaires, éteindre le feu, donner des nouvelles par sms et partir sur cette rivière d’abord si lente et paisible. Un aigle vole tout là-haut et on a l’impression de voir la minuscule embarcation par ses yeux, de très très haut. Lui, jumelles braquées sur les oiseaux ne voit pas que son kayak part à la dérive…
Après, tout devient très étrange.
Phil, à l’instant raconte avec beaucoup d’humour les aventures oniriques de notre Fernando ! Entre-t-on dans un rêve ? dans le tableau de J.Bosch ? dans la Légende Dorée à la page de Saint-Antoine ? Dans le roman de Flaubert ?
Des deux amies chinoises, un peu braques, qui le tiennent captif et entortillé de cordelettes on connait l’itinéraire par une série de photos défilant sur l’écran. Elles vont à Saint-Jacques de Compostelle, prient et rêvent d’émasculer Fernando à l’aube.
Ce dernier arrive à s’échapper, se perd dans cette forêt nimbée de brumes, sur des roches escarpées, rencontre un pâtre sourd-muet qui écrit son nom sur le sable « Jésus »… l’embrasse puis le plante avec le couteau du berger après une étreinte érotique, fuit, tombe sur des êtres bizarres, sorte d’hommes-oiseaux dansant une folle sarabande rituelle (esprit de la forêt ? le Tengu ?) ou croise des chasseresses androgynes qui le tirent comme un lapin puis lui parlent (il n’est plus mort). Il arrive près d’une chapelle perdue dans une sorte de maquis où il se lie d’amitié avec tous les animaux.
Commence à poindre un autre saint, le François.
Bref, ce monde onirique est souvent un monde inversé où tout paraît ce qu’il n’est pas. Ainsi Thomas, frère de Jésus, gisant inanimé sur un chemin. Fernando le ranime, soulève son vêtement. Une plaie au côté… il glisse deux doigts dedans et bien sûr on pense au Jésus des évangiles qui revient pour un autre Thomas et lui demande de mettre deux doigts dans la plaie qui reste du coup de lance du soldat, pour croire.
L’histoire semble ne plus pouvoir s’épuiser. Rodrigues, l’érudit, ne serait-il pas un peu…allumé ? Le film lie tant de légendes et de références entre blasphème paganisme et merveilleux. (films, livres et tableaux).
Fernando se transforme en saint Antoine puis avec un autre visage en saint François. Métamorphoses… et on le retrouve sur une route menant à Padoue avec…
Une très belle chanson qui déroule alors ses paroles et sa mélodie sur le générique.
Et on ressort, heureux et un peu perdus comme si on était entré dans un rêve.

christiane dit: 1 décembre 2016 à 18 h 44 min

@Laura Delair dit: 1 décembre 2016 à 18 h 20 min

Oh, le raconter est impossible. Il y a tant de scènes que je n’ai pas décrites, tant de paroles volontairement tues. Ce sont des petits cailloux blancs laissés sur un chemin bien mystérieux, juste pour m’y retrouver. Un peu comme penser à haute voix. Il faut passer à côté de ce chemin balisé et venir nous raconter ce que vous aurez vécu comme Jibé et Phil l’ont fait après que Annelise nous ai mis l’eau à la bouche avec ce billet évoquant 4 films pas ordinaires.
Bonne soirée.

Annelise dit: 1 décembre 2016 à 19 h 30 min

Laura, vs n’avez qu’à sauter le passage ou le lire en fermant les yeux. Moi ça me plait de lire le retour de Christiane

Annelise dit: 1 décembre 2016 à 19 h 45 min

…de t beaux compléments évocateurs chez Christiane 18h11, après le facétieux « ornitho barbu musclé en slip, diplômé du Marais » et « l’érection chevaline, saucissonné comme une chèvre par deux Chinoises lesbiennes » du Philou 14h52.
J’en ris encore, d’autant que je le soupçonne de t bien connaître le milieu

Annelise dit: 1 décembre 2016 à 19 h 48 min

Phil, quel était donc ce film – épique, imprévu – où deux braquos s’extasiaient sur le maniement quasi nunchaku d’un homme au sexe énorme? Question cinéphile sérieuse

Jibé dit: 1 décembre 2016 à 20 h 04 min

Superbe compte rendu, Christiane, tu m’as fait retourner dans ce rêve, qui relie la culture chrétienne d’hier à la modernité d’aujourd’hui. Les deux jeunes chinoises un peu givrées, sont aussi le signe de la mondialisation. Dans le film on passe du beau au laid, le cinéaste, mais on y gagne un saint. Je le préférais avant…

christiane dit: 1 décembre 2016 à 21 h 48 min

Merci, Jibé (et Annelise, avant)
Plein de choses s’ouvrent maintenant, avec le soir, ainsi ce dépouillement progressif de Fernando qui évoque ce moment où François (le saint) se déshabille dans la cathédrale et sort nu laissant symboliquement ses habits à son père. Vous vous souvenez quand Fernando se fait une ceinture avec de drôles de nœuds qui évoque une ceinture monastique. Acte prémonitoire ? Il y a comme un mouvement de cause à effet, plus les épreuves deviennent monstrueuses, démoniaques, plus il devient aérien, glissant sur les êtres et sur les choses.
Les scènes érotiques ne montrent rien, c’est dans notre imaginaire que cela se passe. Des indices, la lumière, un silence ou un bruit. C’est très fort.
Et puis cette forêt habitée soudain d’animaux naturalisés, étonnamment beaux comme dans un tableau de Dali ou du douanier Rousseau ou chez Deyroles.
La tête de sanglier pour la horde m’a rappelée la tête de cochon dans cet anti-roman glaçant,inoubliable « sa majesté les mouches » de W.Golding, adapté au cinéma par Peter Brook.
Et le coup de couteau , une phrase de Duras (Resnais) de « Hiroshima mon amour » : « Tu me tues, tu me fais du bien »…
Et plus le temps passe plus le film s’ouvre comme un nénuphar vénéneux et superbe, celui qui poussait dans le cœur de Chloé (Boris Vian).
C’est un film superbe mais complètement déjanté. Les corps d’hommes et les oiseaux sont magnifiques.
Je me souviens aussi de l’écran comme deux ronds accolés / les verres des jumelles.
La chanson si belle et si mélancolique à la fin est universelle. Piaf chantait : « Quand on a que l’amour… »
Ah, Laura va râler…

PS : c’est quoi ton livre qui sort, Jibé ? J’ai lu ton post et je ne le retrouve pas.

Phil dit: 1 décembre 2016 à 22 h 20 min

oui vraiment belle évocation, Christiane, voici des mots qui combleraient le cinéaste. mais tant de générosité confine parfois à l’éblouissement… « les scènes érotiques ne montrent rien »..diable. vous étiez probablement en train d’extirper votre magnum (glacé) pendant l’étreinte membreuse et sableuse sous le regard égaré des brebis.
tous les saints et démons que vous convoquez sont bien présents mais on ne peut biffer (pas bifler, dear Annelise) ces profils de personnages trop versés dans notre actuel un peu léger (les chinoises « bonnes chrétiennes » au catéchisme puisé dans le davinci code) qui manquent justement de corps dans l’incarnation des puissantes légendes qui ont marqué les siècles passés.
Reste un film pour esthète comme Baroz qui ne sortira pas perturbé dans sa préférence du slip (blanc) à la robe (de bure).

Jibé dit: 1 décembre 2016 à 22 h 30 min

Quelle mauvaise langue ce Phil ! Je suis très heureux de voir que ces dames ont apprécié autant que moi… Je suis pas sûr que Clopine aimerait, quoique Rodrigues ait des faux airs proustiens…

christiane dit: 2 décembre 2016 à 1 h 20 min

Oh oh, que cache ce livre sous cette splendide couverture, Jibé ?

Phil,
Dans le sable ? Ils roulent, s’enroulent comme de lutteurs et pfftt, on change de plan ! (Le même plan, habillé dans la rixe au couteau). On voit mieux leur anatomie velue, un peu animale, quand ils se jettent à l’eau. Le slip blanc emmaillotant, plutôt moche, est plus dévoilant mais Fernando est occupé à essayer de se délier, il ressemble à un rôti mal ficelé. Quant aux demoiselles (censées remplacer les deux moines qui portent secours au saint affaibli), seuls des bruits furtifs, des rires, une toile de tente qui bouge évoquent leurs ébats… N’est-ce pas fait pour notre imaginaire ? Les chairs intimes des uns et des autres sont bien cachées. Qu’est-ce que vous avez vu, vous ? (Non, je ne mangeais pas de magnum…)
Par ailleurs cette fantasmagorie n’est pas clairement liée à la vie des saints ou alors par allusions détournées, par parodie, plutôt à l’imaginaire extravagant et fantastique de J.Bosch, (répulsions face à des créatures monstrueuses – paysages hantés de présences inquiétantes), à celui maléfique des contes extravagants d’E.A.Poe, dans un milieu hostile mais bien réaliste.
Et les oiseaux, Phil ? Je crois que je les ai trouvés plus beaux que deux hommes (au fond, pas très gracieux). Les bêtes du troupeau sont plus photogéniques et la roche avec tous ces tons de verts (turquoise ou pâle), d’ocres-rouges, d’orangés rosés, de bleus lapis.
Et l’eau ? oscillant entre ces bleus sourds et ces verts profonds quand elle est vue d’en haut. Étonnement quand le pâtre tête à cru la chèvre. Il y a plus d’érotisme dans ces lèvres pressant le pis gonflé et foncé que dans la culbute sur le sable. Pour moi, l’érotisme a besoin d’une certaine grâce comme celle, magique, du vol de l’aigle toutes plumes déployées. Là, souvent, ça fait trop peur pour tourmenter ma libido ! Sacré Phil, j’étais loin de l’extase, plutôt effrayée comme ce fugueur dans cette nuit interminable et inquiétante.
La tentation du mal envahit tout, comme ces hommes-oiseaux se livrant à quelque étrange cérémonie et Fernando résiste et se cavale.

Jibé dit: 2 décembre 2016 à 8 h 18 min

Il y a aussi l’ami de Fernando, Christiane, Sergio, qui lui dit de ne pas oublier de prendre ses médicaments, et que l’on ne verra jamais. Fernando a une alliance m’a t-il semblé, serait-il marié et séropositif ? Mais le réel, le réalisme s’efface vite dans ce film devant le fantastique et le merveilleux…

christiane dit: 2 décembre 2016 à 8 h 51 min

Quel régal, Jibé, cette conversation ! Oui, l’ami qui s’inquiète. Homme ou femme, aimer c’est souvent s’inquiéter pour l’autre et c’est le sel de la vie car en dehors de ce souci de l’autre nous sommes si souvent un peu indifférents et égoïstes. Tenez pour cette mémoire-là, cette pensée de Musset, si bien portée par Gérard Philipe à Avignon ou au TNP :
« Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompés en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. »

Phil dit: 2 décembre 2016 à 8 h 53 min

en effet Christiane, vous n’étiez pas avachie la tête dans un tonneau à popcorn.
mais que vouliez-vous voir de plus pour ne pas interdire le film aux moins de 12/16 ? Portugal comme en France et ailleurs, les poilus sexuels s’exhibent dans la mesure de la censure commerciale.
Jésus tracera son nom dans le sable avec sa bite bien posée dans l’angle gauche de la caméra, c’est bien assez et le cinéaste doit être ravi de son effet. il repêche du Pasolini mais nous livre du Martineau/Ducastel émoussé et pas smoothie) théo dans un bateau).
Hamilton est mort, fini le floutage pris à tort pour du filoutage, place aux plans bien appuyés, pour éclairer ceux qui ont du mal à comprendre le profil pas baisable de saint Antoine, sorti de la peau de saint Paul d’un ornitho partouzeur en calbute blanc sans rechange, condamné aux pilules malgré le mariage pour tous.
Le Portugal est bien riche d’une histoire de conquérants génésiques et androgynes, fascinantes qualités éprouvées pendant un millénaire mais qui demandent des cinéastes capables de dépasser cette revoyure homo du mythe, financée avec les ronds des beaufs par des Bergé à bâtons en forme de godemichets.
le cinéma portugais est condammné à filmer « Le prisonnier de Sintra », il faut s’en réjouir.

Annelise dit: 2 décembre 2016 à 9 h 12 min

« qualités éprouvées pendant un millénaire mais qui demandent des cinéastes capables de dépasser cette revoyure homo du mythe, financée avec les ronds des beaufs par des Bergé à bâtons en forme de god ».

c’est malin de vouloir ma mort (de rire), Phil
Le petit Saurel 19h51 en revanche, qqchose d’enchanteur ds le concept, dixit Mathilde de la Mole – ciel
Le Rouge & Noir, il n’y a pas que Henry Brulard
https://www.youtube.com/watch?v=0U6Jkn5c7Gg

Jibé dit: 2 décembre 2016 à 9 h 52 min

« mais que vouliez-vous voir de plus pour ne pas interdire le film aux moins de 12/16 ? »

« O Fantasma », peut-être, Phil ? Christiane est prête, mais la connaissant, elle n’aimera pas… Ce film sera t-il au programme de la retrospective de Rodrigues à Beaubourg ?
Pourquoi le cinéma portugais serait-il condamné à filmer éternellement « Le prisonnier de Cintra », Phil ?

christiane dit: 2 décembre 2016 à 10 h 04 min

Comme j’aimerais écrire comme Phil, bien mordant, jouissif et Jeanne Mas, troublante dans ce fourreau noir. Ses chansons arrachent une peau détestée et elle vole sur scène. Être ici ? plonger dans l’eau fraîche d’un torrent et en ressortir vivifiée.
Mais Phil, je ne voulais rien voir de plus. J’aime tant les esquisses. Je ne faisais qu’interroger votre remarque « diable. vous étiez probablement en train d’extirper votre magnum (glacé) pendant l’étreinte membreuse et sableuse sous le regard égaré des brebis. »
Quant à « La bifle », je ne connaissais pas.
http://www.formatcourt.com/2012/06/la-bifle-de-jean-baptiste-saurel/
Si les hommes savaient que c’est un détail secondaire quand une femme est amoureuse. regards, paroles, caresses, culture, rires et émotions partagées… c’est tellement plus important que ces plaisirs parfois poussifs et menteurs.

Annelise dit: 2 décembre 2016 à 10 h 27 min

La performance, ultime et réfractaire tabou Christiane. Vous avez bien raison. Head-on de Fatih Akin réduit justement ce « tout sexuel » à des dimensions tendres et bcp plus humaines sous des dehors ultra crus
Goodbar, Diane Keaton chez Brooks mis en ligne par Alley d’une certaine façon aussi

christiane dit: 2 décembre 2016 à 11 h 01 min

Le contraire… Oui, souvenirs de bonheur… Mais le bonheur devient un mensonge si on veut le capturer. C’est un oiseau furtif. Il reste l’échange : don que l’on a reçu et ce qu’on a pu donner. De quoi illuminer l’instant.

christiane dit: 2 décembre 2016 à 11 h 37 min

Oh non, Laura. je préfère y aller seule.

Pour répondre à Annelise, Jibé et Phil ce beau texte de Diderot. Douce violence… :
Il s’agit de l’incarnat :
« On a dit que la plus belle couleur qu’il y eût au monde était cette rougeur aimable dont l’innocence, la santé, la modestie et la pudeur coloraient les joues d’une fille ; et l’on a dit une chose qui n’était pas seulement fine, touchante et délicate, mais vraie :car c’est la chair qu’il est difficile de rendre ; c’est ce blanc onctueux, égal sans être pâle ni mat ; c’est ce mélange de rouge et de bleu qui transpire imperceptiblement ; c’est le sang, la vie qui font le désespoir du coloriste. Celui qui a acquis le sentiment de la chair a fait un grand pas ; le reste n’est rien en comparaison. Mille peintres sont morts sans avoir senti la chair ; mille autres mourront sans l’avoir sentie. » (Diderot- Essai sur la peinture)

Et les cinéastes ? Jean Renoir, peut-être dans « Une partie de campagne », pourtant en noir et blanc.
Ces herbes qui frissonnent, seul plan au moment ou Henriette se donne à cet homme de passage. Souvenir nostalgique d’un bonheur éphémère, plus tard… Mal mariée et vêtue d’une robe sombre, elle rencontrera Henri pas hasard et murmurera : « J’y pense chaque soir. »

Raminagrobis dit: 2 décembre 2016 à 11 h 40 min

Wolf and Sheep.
Afghanistan, les montagnes. Un monde sec dans les paysages et rude dans les rapports humains. Le matin, chaque enfant passe de maison en maison pour rassembler les chèvres dont il a la garde pour la journée. Pas d’école. Il y a des filles et des garçons, mais peu d’interaction. Ensembles à la rivière, par hasard (ou non), ils s’y ébattent en parallèle et ne semblent pas se voir, comme dans deux dimensions différentes. Quand un loup a tué 2 ou 3 brebis, les parents fustigent les enfants à la baguette, même ceux qui n’en ont pas perdues. La punition est collective.
Un monde archaïque ? peut-être.
Pourtant cette petite société fluide produit, sans intermédiaire du religieux, un cercle vertueux d’apaisement des conflits internes. Même si le premier réflexe de la victime (ou plutôt de son père) est la vengeance, la communauté pousse la négociation, que ce soient les sages du village en conseil (que l’on ne voit pas) ou des individus lambda dont la légitimité ne tient qu’au simple fait de passer par là. Civisme ?
Pour les accidents de la vie, Il n’y a pas d’assurance, mais il y a une échelle. Un œil ne vaut pas un œil, mais un bœuf (du moins çà ce négocie). La compensation demandée se doit être raisonnable, parce que victime et coupable ne sont des inconnus ni pour l’un, ni pour l’autre, ni pour ceux qui participent d’une manière ou d’une autre aux négociations. À l’échelle de cette petite communauté enserrée entre les montagnes, le lien social reste une somme de liens interpersonnels.
En Europe, dans un conflit de ce type, le responsable n’assume aucune responsabilité. La victime reçoit une réparation qui vient d’ailleurs. L’assurance étant obligatoire, c’est la même chose qu’un impôt. L’état s’est transformé en garde-chiourme de maternelle et fait compenser les bêtises de chacun dans un esprit de mutualisation.
De manière plus générale, l’état s’est saisi de la solidarité pour la gérer au niveau national, privant les individus de leur solidarité naturelle. Je me souviens d’une réunion d’école maternelle il y a 20 ans où s’était posée la question de la création d’une bibliothèque de prêt, sans budget alloué. Ma compagne (d’origine anglaise …) s’était levée pour proposer que chacun cherche chez lui les livres que personne ne lisait plus. Un homme s’est alors exprimé violemment pour « refuser de faire le boulot de l’état, qui, sinon, baisserait encore les crédits ».
Aveuglé par un absolu de Justice et d’Égalité, l’état s’est pris les pieds dans le tapis. L’immensité de la tâche et la déresponsabilisation de chacun ont généré le sentiment d’un état incompétent voire voyou. Personne n’étant plus responsable sauf l’état, la responsabilité n’est plus qu’à lui. Chacun ne se pense plus qu’en victime de cet état qui le défend mal contre les autres. Un enfer.
L’égalité mythifiée de la France rend impossible qu’un jugement soit rendu par les pairs d’une communauté locale, car le même cas pourrait être jugé différemment ici ou là, maintenant ou plus tard, ou pire, à la tête du client. La communauté locale est jugée potentiellement partisane alors que la justice d’en haut est présumée impartiale. Il n’est pas exclu cependant qu’une justice de proximité, parfois un peu partisane, soit plus efficace qu’une justice impartiale mais déresponsabilisante.
Si (peut-être encore) des afghans voient l’Europe comme une mode de vie à atteindre, l’Europe regarde ce film comme une fraternité à retrouver. Pas la Fraternité nourrie d’Idéalisme Universelle, mais une fraternité à l’échelle d’un habitat local. La fraternité, pour exister, doit appliquer le principe de subsidiarité.

Marceline dit: 2 décembre 2016 à 12 h 13 min

C’est vraiment très classe de la part de Clopine Trouillefou de condescendre à converser ici, malgré toute la déception que lui provoquent les faiblesses littéraires d’Annelise. C’est le propre des plus grandes. Quand on pense à la haute tenue intellectuelle de son propre blog, on ne peut que lui dire merci.

Marceline dit: 2 décembre 2016 à 12 h 15 min

Sylvain dit: 2 décembre 2016 à 11 h 48 min
Annelise,quelle garce.

Encore un qui ferait mieux de se moucher dans son fond de culotte.

Marceline dit: 2 décembre 2016 à 12 h 18 min

Christiane, vos commentaires sont beaucoup trop longs. Je crois qu’Annelise en a un peu marre, je vous le dis en confidence.

Kamel R dit: 2 décembre 2016 à 13 h 55 min

@11.40 raminogobis, j’y suis allé à reculons. Grand beau film de paysages et situations de fait.La politique dans les images, alors que les Hazaras se sont fait persécuter dans l’indifférence là-bas.Aucune fille n’allaient à l’école. La place des musulmans en France est compliquée(mon cas « culturellement »), rejet ou victimisation avec manipulation douteuse à la clef sur une ^pente ou l’autre.
Avec les « revenants », al-quaida, G.I.A, l’afghanistan dont on ne s’est pas occupé revient dans l’actualité.Molins(le proc) débattait de la grenade dégoupillée qu’on va devoir ranger quelque part. Pas évident pour des gens comme moi.
Il faut rendre grâce à Anne_lise Roux de redonner autant de lettres de noblesse à République du Cinéma. un blog est vite le déversoir du n’importe quoi, torrents de waters pour blaireaux mal léchés (CF.marcelline)
. A-li Roux instaure une furieuse envie d’aller voir les films et d’oser le « débat ».A part quelques signatures des Cahiers,daney, Assayas,tesson, Lefort quand il était au Monde,je ne me souviens pas d’avoir rencontré quelque chose d’aussi enthousiasmant.Sa façon toujours perso de nous emporter grâce au numérique sur les bancs d’une école de cinéma et de vie sur-pointue, à ma connaissance unique.

Phil dit: 2 décembre 2016 à 15 h 22 min

baroz, le prisonnier de Sintra est une méditation baroque sur l’empire déchu, rayonnement fossile qui traverse le Portugal depuis au moins la chute de la royauté. un thème éminemment filmable pour des cinéastes pas (uniquement) focalisés sur les slips blancs

JC..... dit: 2 décembre 2016 à 15 h 52 min

C’est toujours aussi CHARMANT, ici… uhuhuhuhuh : JE T’AIME JE TE VEUX SANS OSER TE L’AVOUER !! Tout ce temps dans la salle de bain à fantasmer en cachette de Josette m’épuise (Signé Maurice)

radioscopie dit: 2 décembre 2016 à 15 h 59 min

Foin de cachotteries, Phil. Libérez ce « prisonnier de Cintra » et Morand par la même occasion. Dans une lettre, votre ami Chardonne lui reprochait de « hausser beaucoup Cintra », ce qui ne l’empêchait pas d’y passer 3 semaines à l’oeil.

Phil dit: 2 décembre 2016 à 16 h 12 min

Vous lisez leur correspondance, Radioscopie ? grand bien vous fasse.
Chardonne n’était pas un grand voyageur et demandait conseil à son ami avant toute aventure. Cintra ne déçoit que ceux qui ne comprennent pas le Portugal, c’est une ville suisse avec une vue Atlantique.

radioscopie dit: 2 décembre 2016 à 16 h 29 min

Je la lis, un peu, en effet. C’est souvent assez vachard. Je ne suis pas sûr que l’office de tourisme de Cintra utilise votre formule pour faire la promotion de la ville. Mais il est vrai que le monde regorge de « petites Venise » et de « Suisse », preuve que ça doit être attractif.

Laura Delair dit: 2 décembre 2016 à 17 h 55 min

JC….. dit: 2 décembre 2016 à 15 h 52 min
uhuhuhuhuh

Pas étonnant, c’est tout ce qu’il sait dire. Il essaie de faire un concours de connerie avec moi ou quoi ?

l'équipe medicale dit: 2 décembre 2016 à 18 h 14 min

« Il essaie de faire un concours de connerie avec moi ou quoi ? »(17h55)

non, chez lui la c.nnerie est naturelle,
très drôle parfois mais jamais quand il tente de faire de l’humour

Jibé dit: 2 décembre 2016 à 19 h 42 min

« Lefort quand il était au Monde »

C’était à Libération, mon Chameau !
Et j’ai pigé dans son service culturel, avec l’inénarrable Hélène Ségara…

JC..... dit: 2 décembre 2016 à 19 h 43 min

Quelle satisfaction d’avoir un usurpateur à 15h52 !

… J’ai juré de ne plus revenir en ces lieux aimés et salvateurs mais ne tiendrai pas parole, incapable de fermer mon bec, préoccupé de cancaner en urgence ….

Merci d’accompagner mes rêves sur oreiller, amis cinéphiles (encore je ne vous raconte pas tout : peur de la censure « interdit aux moins de 18″) !

Jibé dit: 2 décembre 2016 à 19 h 49 min

Oui, Phil, « Le prisonnier de Sintra », une merveille littéraire, qui ferait un beau film d’images, mais Morand n’est pas Portugais !
Peu importe, j’en ai mis un extrait dans mon goût du Portugal, il y a de subtiles descriptions de palais et de parcs de Cintra.
Avec Chardonne à Madère, ils vont penser au Mercure que je suis de droite extrême, Phil ! Vous croyez que ça va passer ?

Jibé dit: 2 décembre 2016 à 19 h 56 min

« focalisés sur les slips blancs »

Le prisonnier de Cintra à 14 ans, Phil, mais il se sent plein de force et dit qu’il a grandi. Il est prêt à s’envoyer ailleurs dans la stratosphère. Avec ou sans slip blanc, moi je suis prêt à l’accueillir…

Phil dit: 2 décembre 2016 à 20 h 02 min

Nous sommes tous un peu portugais, Baroz, depuis que le Téméraire a épousé Isabelle de Portugal qui donnera Marie de Bourgogne et son grand héritage à l’Europe.
(les braves gens du Mercure, dignes héritiers du premier éditeur de Gide, doivent bien savoir que les gays votent à droite)

Jibé dit: 2 décembre 2016 à 20 h 25 min

Non, mais j’ai le tome 2 des nouvelles complètes de Morand dans la pléiade. Il y a de nombreux renvois sur le Portugal dans l’index. Non, tous les gays ne votent pas à droite… Je préfère Valls à Fillon.

christiane dit: 2 décembre 2016 à 20 h 26 min

Un aparté pour Jibé
Je reçois « trésors des musées parisiens ». Ton livre est une splendeur. J’avais reconnu l’escalier du musée Gustave Moreau et j’avais bien envie de découvrir ou ce baladin érudit de Jacques Barozzi avait envie de nous mener… Les textes c’est du lourd (précis, intéressant)! et je vois que bien des photographes de talent participent à cette découverte. Je vais me régaler. Merci Jacques.

Chaloux dit: 2 décembre 2016 à 21 h 47 min

« Emmanuel ». bouguereau jouant à l’inconnu de 19H45 et, de l’autre côté de la cloison Blabla en Carmen… Quelle époque.

Annelise, je vous reparlerai de Garde-à-vue après le week-end.

A bientôt,

Annelise dit: 2 décembre 2016 à 22 h 35 min

« Emmanuel », « Bouguereau »… Belle analyse Wolf&Sheep 11h40 « Raminagrobis ». Une tonalité danoise à la Eriksen ou Lew? Svp ne changez pas de pseudos, aucun flicage ms lecture & échange facilités

Phil dit: 3 décembre 2016 à 8 h 20 min

la critique se goûte mieux en after-party.
Inrock, télérama, Lemonde…L’ornithologue promu par franceculture croule sous les plumes de lauriers. Et surtout pas un mot sur le slip blanc de l’amateur d’oiseaux, nos critiques avisés sont tous passés par les backrooms pour visiter le musée de l’histoire naturelle.
Quand Baroz connaîtra les dessous de Valls la désillusion sera grande.

Annelise dit: 3 décembre 2016 à 8 h 39 min

Quel curieux extrait 23h44… De Jean-Daniel Verhaeghe, je ne connais que la « Controverse de Valladolid ». Aucunement ce film-là. Il faut que je le trouve. Quelle scène. La maison du début sortie de chez Edward Hopper ou Andrew Wyatt. Tonalité à la fois horrifique et onirique : ces chats lâchés, non sans avoir été estourbis (ou au contraire surexcités par le coup violent appliqué au sac avant de l’ouvrir), la stridence musicale qui rappelle l’intro des « Envahisseurs », David Vincent, le petit doigt – enfant je défaillais de peur, pensais que la soucoupe allait se poser dans le jardin. Ces paysans au visage granitique sans bienveillance, qui font l’effet d’être raidis dans une impassibilité rétrograde, accusatrice (seules les lèvres bougent, marmonnent prières ou imprécations pour éloigner une sorte de manifestation diabolique?).Diatribe anti religieuse? Il y a bcp de sacré, une atmosphère syncrétiste. C’est étrange, cette mariée griffée. Tarantino a dû la voir pour l’entrée de The Bride. Elle ne sourit pas. Il n’y a pas de père à son côté pour la mener à l’autel. C’est peut-être parce que j’ai la grippe, je trouve ces plans imprégnés de je ne sais quel bain érotique puisant chez Bunuel et dans le surréalisme.
Pas idée d’où je vais pvoir trouver ça, ms vendu ! (Pour le rapport avec le billet Alley, on en reparlera une autre fs, un autre jour, l’an prochain… qd c’est tellement hors sujet, c’est parfs davantage dans le sujet que le sujet)

Annelise dit: 3 décembre 2016 à 8 h 52 min

…ms Alley pourquoi ça s’appelle « L’Araignée d’eau »?
Je n’ai vu aucune araignée… je pensais à La Mouche de Cronenberg au début, m’attendant à voir apparaître un monstre – pas innocent ds ma manière probablement d’en retirer l’idée d’un certain érotisme : en Sicile, terre dont je suis imprégnée, la tarentelle… sorte de mal d’amour convulsif menant à une danse qui ressemble fort aux contorsions amoureuses. Censée provenir d’une piqûre d’araignée

ulau dit: 3 décembre 2016 à 10 h 28 min

Je doute qu’Emmanuel soit bouguereau, Chaloux. 1) ces problèmes d’espacement dans la ponctuation ne lui ressemblent pas ; 2) il était parisien (de Pantin) et n’aurait donc jamais demandé dans quel quartier se trouve le Reflet Médicis.

radioscopie dit: 3 décembre 2016 à 11 h 55 min

Phil, si votre aviron (mystique) croise en ces eaux, en tant qu’éminent hagiographe et spécialiste des « linges de pudeur », est-ce que ce saint Antoine n’évoque pas plutôt saint Sébastien ? J’ai aperçu quelque part la pieuse image de l’oiseleur en martyr et sa pause languide m’a rappelé le troublant Antonello de Messine (Gemäldegalerie Alte Meister/Dresden).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_S%C3%A9bastien_(Antonello_de_Messine)

on a bien rigolé dit: 3 décembre 2016 à 12 h 11 min

10 h 28 min
les engueulades de bouguereau par berguyzinc..!!
bouguereau qui a disparu des écrans peu avant berguy!

Phil dit: 3 décembre 2016 à 12 h 30 min

Tout à fait Radioscopie, ce spécimen en éminence qui prend ses flèches pour des piercings faisait partie de la collection de Peyrefitte (Roger).
Visiblement le cinéaste Rodriguez ne s’encombre pas de l’iconographie des Saints, l’essentiel est dans le slip.

Phil dit: 3 décembre 2016 à 12 h 51 min

décidément…le Portugal gâte les amateurs d’oiseaux. Nous apprenons ce jour (sur franceculture what else) que le musculeux cuisseux Ronaldo risque de perdre sa culotte.

Jacques Chesnel dit: 3 décembre 2016 à 14 h 24 min

Hors sujet (quoique) : revu hier « The Player de Robert Altman, un film rempli de cinéma sur le monde sur le monde du cinéma et non une simple mise en images d’une belle histoire comme celle de « Garde à vue » : voilà la différence. Altman est un cinéaste, Miller un honnête artisan

christiane dit: 3 décembre 2016 à 19 h 11 min

@alley cat dit: 3 décembre 2016 à 9 h 09 min
Oh quelle belle surprise ! Béalu… Le pont traversé… Une halte magique…

Annelise dit: 3 décembre 2016 à 19 h 18 min

Et aussi « Short cuts », Jacques. Il fallait être Altman pour que je supporte de voir adapté Carver. Le pâtissier qui harcèle au téléphone les parents qui ont oublié de venir chercher un gâteau, avant de s’apercevoir que l’enfant dont c’était l’anniversaire s’est fait renverser, qu’il est mort. Il offre à la mère en pleine détresse venue lui jeter sa monstruosité au visage des petits pains à la cannelle, tout incrustés de sucre : « je ne suis pas mauvais, non, peut-être que j’ai oublié comment être avec les autres, toujours à être là, derrière mon four »… et plus loin, « faire du pain, ça sent bon comme les fleurs, et ça nourrit les hommes ». Ray Carver, « C’est pas grand chose ms ça fait du bien ».
Là où je ne vs rejoins pas, c’est qu’il s’agit aussi de faire avec ce qui est, ce qu’on a : faire acte de critique, ce n’est pas systématiquement se replacer ds une optique comparative – ou on arrête tout. Oui je trouve Altman supérieur à Claude Miller. Ms le pb n’est pas là

Jibé dit: 3 décembre 2016 à 21 h 02 min

Le problème il est chez vous, Annelise. Qu’est-ce qui vous plait tant dans Garde à vue ? Le jeu de Serrault et les dialogues d’Audiard ? Il y a pas autre chose à chercher du côté des jeunes filles assassinées…

Jibé dit: 3 décembre 2016 à 21 h 06 min

Sinon, j’ai vu « Les Alliés », avec Brad Pitt et Marion Cautillard. Un film d’espionnage tiédasse qui vire au mélo même pas flamboyant ! Lui, il a l’air refait, un peu gonflé, et je ne le retrouve plus. Qu’a-t-il fait de son âme ? Elle, n’est pas au mieux de sa forme. Tristounet !

Paul Edel dit: 3 décembre 2016 à 21 h 42 min

Je pense à Epstein.
« Garde à vue » est un excellent film. Mais..mais..De toute façon, dès que le cinéma est devenu parlant, ce fut pur beaucoup de grands cinéastes du muet.. la cata..le bla- bla théâtral.. on a perdu quelque chose de très rare.. le poème en images.. finies les intuitions lyriques cinématographiques d’Abel Gance, le Victor Hugo de l’image.. finies les symphonies visuelles de L’herbier, Delluc, ,etc. il suffit de regarder les films de Jean Epstein comme « Finis terrae » sur la Bretagne pour voir ce qu’on a perdu.. . Là , avec Epstein, on voit, comme chez André Breton, le réel devenir surréel, découverte d’un monde nouveau, un premier regard sur le monde…. on a perdu des trésors..le lyrisme en images. Un gros plan de visage en plein silence est indépassable. Après avoir découvert la Bretagne du Finistère,(en fait c’est à saint- malo qu’il a eu « l’illumination » de la mer).. Ouessant, et les iles comme Hoëdic.. Epstein a dés lors renoncé aux scénarios, aux acteurs professionnels , aux studios parisiens et il est allé au milieu du vent, des vagues et des pierres, s’intégrer dans les petites communautés de pêcheurs, à célébrer et chercher les visages qu’il penche sur fonds d’horizon.. .il y a un Giono de la mer en images..Capté enfin des aspects de l’univers, un monde nouveau, qu’il nous a légué dans ses films de la période bretonne. Ce « silence on tourne devant l’océan »est magique, avec le chaos de la création, les dislocations énormes des vagues, et les visages si purs des bretonnes en plein vent,, les nuées, les ombres les blocs, la brume, la peur, le soir, .. on a perdu tout ça..

Phil dit: 4 décembre 2016 à 2 h 07 min

me souviens d’un pianiste qui accompagnait Finis Terrae et trouvait le film sans relief. il est mort peu de temps après. il faudrait revoir ce film à beau titre

christiane dit: 4 décembre 2016 à 9 h 16 min

C’est beau ce que vous écrivez, Paul, mais pas très réaliste. On ne pourrait se nourrir que de ce seul cinéma.
Quand même, il y a tant de pépites dans les salles de cinéma d’art et d’essai… Vous même, évoquez souvent les grands cinéastes italiens.
« Garde à vue »… Certains (dont moi) ont eu plaisir à le revoir pour différentes raisons. Ceux-là n’ont pas parlé de chef-d’œuvre incomparable mais d’un moment de douceur mélancolique éprouvé en revoyant sur petit écran un film que l’on a aimé.
Ainsi les films divers présentés par Annelise, toujours imparfaits mais présentant un cinéma vivant qui se cherche dans la jungle de ce temps.
Quand je veux me reposer dans l’accord absolu, je regarde pour la énième fois « L’île nue » de Kaneto Shindô. J’en connais les plans, les lumières, la musique, l’infinie lenteur, les visages, les quelques rares paroles ou cris, le bruit de l’eau, la fatigue des parents, l’espièglerie puis le chagrin des enfants.
Mais ça ne m’empêche pas d’aller en solitaire gouter la saveur des grands départs imaginaires quand la lumière s’éteint et que les projecteurs lancent sur les écrans leur charge de rêves.

Annelise dit: 4 décembre 2016 à 9 h 38 min

Paul 21h42 comment voulez-vs opposer la moindre contradiction à ça? Un texte aussi beau sur Epstein. Cela donne envie de tout laisser en plan, filer en Bretagne. Un « Giono de la mer en images » ! Merveilleux. Et après ça vs vs plaindriez de la parole? Pas moi. J’ai les embruns sur la peau, le petit goût du sel aux lèvres, cheveux légèrement rêches en vs lisant. Ou l’extrait de Schoendoerffer mis en ligne par Alley, notre documentariste secret. Entre parenthèses ds la famille, j’aime aussi le fils, Frédéric, sur un film adapté de Douyère, autre Série Noire il me semble bien (« Scène de crime », Dussolier Berling)
Malgré tt je maintiens qu’on ne peut pas en rester là, « le blabla théâtral », « perdu la vue et l’ouïe »… Les visages chez Naruse, le grain filmique de bcp de Japonais st absolument incomparables, si c’est ce que vs voulez me faire dire. Entièrement d’accord, donc ne comparons pas. Goûtons autre chose. « Mieux », « moins bien » : ces notions st encore différentes, à l’appréciation… Ôter la parole, alors vous ne pouvez pas supporter « Ma nuit chez Maud »… Passez en mode muet et vs vs pâmerez obligatoirement devant « The Artist »? Pas si simple. Je sais que ce n’est pas du tout ce que vs dites. Ce qui m’intéresse n’est pas tant ce qui a été perdu d’après vs, que ce qui émerge à la place : quelle qualité, pour quelle inventivité? Quelles voies nouvelles à explorer pour le cinéma? La psychologie vs n’aimez pas, moi j’adore. « Paulina » de Santiago Mitre cette année, elle sue par les pores, – la psychologie, pas Paulina, encore que – ultra explicite, fascinante ! Mitre sur ce coup non seulement discursif, portraitiste expert, radiologue de la société à la mise en mots prolixe ms peintre. Cinéaste intellectuel, physique. Un nuancier extraordinaire, entre le t-shirt rose de Paulina et cette terre ocre sur laquelle elle marche. Le film n’arrête pas d’énoncer, de décrire et pourtant!
Pour le noir &blanc, je revends cinquante « The Artist » pour un « Blancanieves » de Pablo Berger. Rien à voir avec Pierre (pas la même orthographe) auquel Phil taille régulièrement un costume YSL bien coupé …le conte des 7 nains revisité par l’homme de Bilbao, Goya du meilleur scénario… Maracana Garcia & Maribel Verdu.. bon dimanche

Annelise dit: 4 décembre 2016 à 9 h 56 min

Pablo Berger, le jeu sur les cartons du muet. Garrel (father) a fait ça aussi d’une autre façon. J’aime l’épidermique ET l’intellectuel…le fil du rasoir, l’équilibre maintenu entre les deux.Le discursif parfs bourratif..le physique… l’excès ds l’un ou dans l’autre, le basculement pas tjs trop bien calculé..

Paul Edel dit: 4 décembre 2016 à 9 h 58 min

pardon d’avoir dévié du sujet central.mais je rêve aprés avoir vu tous les films bretons d’epstein en DVD.. Je relève simplement que des écritures cinématographiques se sont perdues à jamais, coupées nettes, déchirées, interrompues par le surgissment du parlant.on, pourrait garder le sonore sans le parlant, non?… .des chemins, des lyrsiumes ébouriffants d’images, des narrations,un rapport au vsage .. oui des écritures cinematograhiques Perdues à jamais. et elles étaient merveilleuses ; avec le parlant c’est un peu comme si on étaait retombé de la poésie à la prose.. Je rêve d’une nouvelle génération, des jeunes gens qui reprennentet pussent pus loin les héritages de Dovjenko, Poudovkine, Eisenstein, Verov, Kozintsev , ou, en France Jean Vigo, Gance, L’herbier, ou les séries comme Fantômas et Judex de Louis Feuillade ;regardez comme « le chien andalou » de Bunuel c’est mieux que ses derniers films sur la bourgeoisie. Comme je rêve qu’on ôte en littérature la porte blindée qui nous empêche de voir émerger des vrais romans post surréalistes.
. Tiens, quand j’aurais touché de l’argent à Noel, je vais m’offrir ne camera et faire un joli film muet .2O minutes de silence dans le creux des vagues ,sur la mer à la pointe du Grouin.
Les seuls beaux films »muets » actuels sont les courts métrages des catastrophes naturelles ou ferroviaires ou accidents urbains que des amateurs filment de leur balcon ou de leur voiture (heureusement, ils n’ont pas l’idée de parler) ou que des cameras de surveillance enregistrent automatiquement .voilà ce qui nous reste du muet..

Annelise dit: 4 décembre 2016 à 10 h 45 min

quand j’aurais touché de l’argent à Noel, je vais m’offrir ne camera et faire un joli film muet .2O minutes de silence dans le creux des vagues ,sur la mer à la pointe du Grouin.
J’arrive ! Pas d’accord sur Bunuel, je vs reproche la comparaison hors sol. Dieu sait pourtant combien j’aime Breton (bonjour la psychanalyse!),Nadja…ce que vs aviez écrit là-dessus sur votre blog..dommage il faut que je parte. Et non vs ne déviez pas

Phil dit: 4 décembre 2016 à 12 h 03 min

Les meilleurs films muets sont très sonores. Dans « L’opinion publique », le considérable Adolphe Menjou (autre pointure que les faux muets à la Dujardin) déclame..

radioscopie dit: 4 décembre 2016 à 13 h 24 min

Qu’est-ce qu’il arrive à P. Edel ? Voilà qu’il veut mettre les dialoguistes sur la paille… On espère que le Père Noël saura lui dénicher une caméra super 8 des années 30… La nostalgie étant ce qu’elle est, même Kodak a ressorti sa mythique super 8, fonctionnalités contemporaines dans un habillage rétro. Du dernier chic !

Paul Edel dit: 4 décembre 2016 à 13 h 32 min

J’ai demandéce matin même au père Noel « Dziga Vertov pour les Nuls » Il y aura des interactions entre les personnages et les vagueset les objetss perdus sur le parking par les touristes , et une l’approche irrréaliste du film avec les nouvelles lentilles qui permettent de filmer la brume, le futur du passé. je fixerai la camera sur une armoire ou un canapé qui flottent bien.. ça donnera a ce film iooé une force étonnante et empathique.
Le film évitera les « sketchs » comiques. à la fin, un chat sortira ,épuisé des vagues et regardera la cote bretonne et dira « ma patrie! »

Jibé dit: 4 décembre 2016 à 13 h 41 min

« un chat sortira ,épuisé des vagues »

Interdiction de maltraiter les animaux, les chats n’aiment pas l’eau !

Marceline dit: 4 décembre 2016 à 16 h 12 min

@Paul Edel
Il y a des cinéastes qui ont réussi le passage du muet au parlant sans perdre le sens de l’image. Je pense d’abord à Dreyer, qui est resté plus ou moins le même, jusqu’à Tva Maniska (Deux êtres?), son film suédois entièrement en dialogues (et encore que…: je l’ai vu à Chaillot dans ma folle jeunesse de cinéphile, sans sous-titres, donc sans comprendre un seul mot, et j’ai été fascinée du début à la fin.)
Il est vrai que les autres ont changé leur façon de filmer : King Vidor, Fritz Lang, Pabst, mais aussi Walsh et Ford, qui ont inventé un nouveau cinéma.
En fait, j’aurais bien aimé qu’on passe au Technicolor (ç’a été fait, bien sûr, avec Le Pirate noir, mais c’était pas très beau) avant de passer au parlant. Imaginez des Murnau en couleurs.

@Jibé : le mouvement chez Vertov, n’exagérons rien. Il est un des premiers à faire bouger la caméra (c’est d’ailleurs le sens de son pseudo, il me semble), mais déjà Gance fait mieux dans Napoléon avec la scène de tempête et le grand travelling sur mini-téléphérique dans l’Assemblée nationale. (A part ça, Gance est un de ceux qui a le plus raté la transition du parlant.)

Annelise dit: 4 décembre 2016 à 20 h 14 min

« Elle est toute noire, pas si jolie à regarder ».
Perrin en paréo, après Paul en déménageur, breton, forcément breton qui méduse, sublime à 13h32 en voulant ns embarquer sur un radeau d’Abel gansé de ruban blanc
Eh bien eh bien Marceline 16h12. ..on en sait des choses sur Murnau et Dreyer

Paul Edel dit: 4 décembre 2016 à 20 h 57 min

Marceline, Dreyer est un de ceux qui a le moins changé en passant du muet au parlant.Vous avez bien raison de le noter.
Et comble du paradoxe quand il tourne « Gertrud » en 1964, adapté d’une pièce de théâtre, avec des dialogues qui charpentent tout, il garde une absolue pureté de cinéaste muet avec sa répartition des visages si particulière dans les espaces .ils sont confinés dans leur isolement, comme enclos dans la matière alchimique mystérieuse, presque papable, de leur solitude.. C’est alors que la camera se révèle un outil de connaissance, comme un microscope ; il nous chuchote, Dreyer, sa découverte première et étonnée que des êtres puissent parler ; soit pour se cacher, s’exprimer, tâtonner, mentir, se protéger, se livrer, ou préserver une âme et des douleurs muettes, il y a un « infini du dedans » suggéré chez lui.. c’est un testament d’un homme du « muet » à travers « Gertrud » .est-ce que chez les scandinaves, le protestantisme a joué un rôle ? je me le demande en voyant aussi « le silence » ou « persona » de Bergman.

Marceline dit: 5 décembre 2016 à 10 h 16 min

Diffile d’imaginer Gertrud comme un film sans paroles, Paul Edel, mais pourquoi pas ? (Je n’ai à peu près aucun souvenir de l’intrigue, alors que les images me restent clairement en mémoire.) Toutefois, sans paroles ne veut pas dire silencieux. La musique est trop importante dans Gertrud, c’est obligatoirement un film au moins sonore.

Marceline dit: 5 décembre 2016 à 10 h 21 min

Jibé dit: 4 décembre 2016 à 23 h 38 min

Son chef-d’œuvre est Les Temps modernes, et c’est un film sonore, avec même des séquences parlées.
Ce qui a le plus gêné Chaplin, c’est le goût du public et de ses contemporains pour les mouvements d’appareil. Il avait horreur du travelling.

Marceline dit: 5 décembre 2016 à 10 h 26 min

Oui, Annelise, je connais un peu le cinéma. J’ai cessé d’y aller dans les années 80. Avant, c’était une séance par jour. (J’avais la gratuité permanente à Chaillot et, connaissant toutes les caissières des Studios Action — qui étaient plus nombreux que maintenant —, je ne payais qu’une fois sur deux, et encore…
Pour le reste, c’étaient les projections privées. Je ne sais pas comment ça se passe maintenant, mais naguère il suffisait de savoir la salle et la date (que je connaissais par des copains journalistes) : on entrait l’air de rien, on prenait le dossier de presse et on s’asseyait.

Raminagrobis dit: 5 décembre 2016 à 13 h 10 min

L’ornithologue.
Le film s’ouvre sur une séquence National Geographic en caméra subjective : deux oiseaux couvant à tour de rôle sur un îlot éphémère. L’homme les regarde, plus amoureux que prédateur, mais déjà, les vagues agitent le nid et la musique nous tire vers l’hostile. Plus tard La caméra change d’œil. Le spectateur-aigle scrute de son œil noir la vallée sauvage, dans un bruit de soufflerie stridulante. Si Fernando ne se veut pas prédateur, il n’en reste pas moins proie, tout amoureux qu’il soit. Trop, sans doute: à ne pas mener sa barque, il naufrage, meure peut-être, ressuscite au moins, pour explorer les cercles de l’enfer.
Dans ce Délivrance Gay, les dégénérés consanguins sont remplacés par les femmes, autrement plus inquiétantes. D’abord deux chinoises lesbiennes catholiques, expertes en bondage, égarées sur la route de Compostelle. Sauvant de peu capital et outil reproducteurs, il tombe plus tard sous la balle d’une fière amazone aux seins nus. Botticellienne en diable, elle a replacé avantageusement son arc par un fusil (le sein droit gêne terriblement pour le tir à l’arc, bien des femmes vous le diront).
Voilà donc pour le féminin, circonscrit par Rodrigues dans le cercle des dangers sans désir : grand danger, mais sans attraction. On le ressent à l’image. Aussi bien Fernando que le spectateur dans la salle, y résistent sans problème. À contrario, Jésus le berger que l’on rencontre ensuite, a la sensualité d’un saint Sebastien, le mutisme d’un anachorète et la simplicité d’un Adam sans Ève. Encore vierge de la salissure des mots, il déjà affranchi de l’injonction reproductive propre à la nature. Fernando le transpercera de toute part, à la suite d’un malentendu.
S’ensuit une fuite derrière un démon chef de meute primale, dont il gouttera l’urine de ces lèvres gourmandes, là aussi par hasard.
Le processus de dépersonnalisation est bien engagé chez Fernando. IL a perdu les pilules roses si vitales, jeté son portable et ses papiers, effacé ses empreintes digitales au fer rouge. L’exploration onirique de cette psyché gay culmine quand Saint Antoine (joué par Joao Pedro Rodrigues lui-même) se superpose et se confond avec Fernando*.
Tout se termine par un retour à la civilisation : sur un axe routier de Padoue, Fernando/St Antoine et Jésus/son frère croisent les deux chinoises déjantées. Ainsi l’hétérosexualité tristement reproductrice des premières images National Geographic a basculé vers l’apartheid des sexes, séparés par le flux continue des voitures.
Pas très gai tout çà.

*Je n’ai pas très bien compris le rapport avec St Antoine de Padoue, connu pour son art oratoire et ses multiples prodiges en faveur des pauvres. Peut-être Rodrigues a-t-il confondu volontairement avec St Antoine le grand (1 millénaire plut tôt, célèbre pour les tentations auxquelles il résista) ?

Annelise dit: 5 décembre 2016 à 13 h 18 min

Dommage d’avoir cessé d’y aller Marceline, selon ce que vs avez à en dire qd ça vs prend. Peut-être reprendre, même à rythme moins soutenu qu’en 80? Oui oui, par définition j’ai accès à des projos particulières ms je ne cherche pas à abuser des privilèges… j’aime la dimension populaire du cinéma, y compris et surtout lorsqu’il distille des choses de grande qualité. Le film du prochain billet, ds ce style. Aller en salles, peupler les cinémathèques… une façon de rester proche du monde, et au monde, qui me tient à coeur

Annelise dit: 5 décembre 2016 à 13 h 23 min

« Ce Délivrance gay, les dégénérés consanguins remplacés par des femmes »
Voilà que vs êtes plein d’entrain, Ramina 13h10 ! Entre Paul au canapé flottant comme les nuages de Naruse, Phil et vs sur l’Ornithologue, je me serai tenu les côtes…ms vous n’avez pas répondu à une des questions soulevées : parfum du Danemark (Eriksen), Lew… ?

Annelise dit: 5 décembre 2016 à 13 h 31 min

« Botticellienne en diable » : pour avoir habité un temps à 100m des Offices je peux affirmer qu’à ce moment-là, le Printemps ds son essence & émanation signifiée en prend un coup (de fusil)

Jibé dit: 5 décembre 2016 à 14 h 22 min

« (le sein droit gêne terriblement pour le tir à l’arc, bien des femmes vous le diront). »

Raison pour laquelle les amazones se coupaient le sein droit, ce que signifie ce mot en grec, Raminagrobis. Mais celle du film, rien moins que botticellienne, a des seins riquiqui…

Jibé dit: 5 décembre 2016 à 14 h 24 min

« Fernando le transpercera de toute part »

Une seule blessure profonde dans laquelle il introduira son… doigt !

hadrian dit: 5 décembre 2016 à 15 h 13 min

Jibé se cpi^per le sein faut être débile encore un fantasme ! Ont-elles seulement existé,les amazones ?! c’étaient en fait des hommes aux tifs longs

hadrian dit: 5 décembre 2016 à 15 h 13 min

Jibé se couper le sein faut être débile! encore un fantasme ! Ont-elles seulement existé,les amazones ?! c’étaient en fait des hommes aux tifs longs

christiane dit: 5 décembre 2016 à 16 h 15 min

Ericksen/Raminagrobis dit: 5 décembre 2016 à 13 h 10 min
Superbe traversée du film ! j’avais oublié ces musiques. Votre partage à la fin, sur la route de Padoue, est tristounet mais plausible.
Ah, ce monde partagé ainsi ne me plait guère…
Pour le reste, vous êtes expéditif et très drôle, un peu comme Phil !

Marceline dit: 5 décembre 2016 à 17 h 18 min

hadrian dit: 5 décembre 2016 à 15 h 13 min
Ont-elles seulement existé,les amazones ?!

Il est con ou c’est un genre qui se donne, l’hadrian ?

alley cat dit: 5 décembre 2016 à 19 h 48 min

Paul Edel dit: 4 décembre 2016 à 9 h 58 min

La musique (fond sonore) du DVD de Finis terrae a été composée en 2007 ; faut-il couper le son pour accéder à la pureté initiale de 1928 ?

Annelise dit: 5 décembre 2016 à 20 h 28 min

Alley mais qu’est-ce que c’est? La main qui reste sur la rampe pendant que le grand-père de Frankenstein descend l’escalier… Too much class

Jibé dit: 5 décembre 2016 à 22 h 22 min

« c’est quand même le film le plus misogyne de l’année ! »

Pas sûr qu’Annelise ou christiane l’aient pris comme ça, Eriksen.
Toutes les jeunes filles chinoises ne sont pas des garces !

Paul Edel dit: 5 décembre 2016 à 23 h 06 min

alley cat
je n « ai pas besoin de musique pour aimer ces films d’epstein..mais, voyez vous, on met de la musique aussi dans les ascenseurs ou dans les WC des brasseries.

christiane dit: 6 décembre 2016 à 10 h 12 min

@Jibé dit: 5 décembre 2016 à 22 h 22 min
Ça c’est certain ! Deux chinoises un peu folles, trois cavalières peu vêtues et un pâtre grassouillet ne peuvent effacer un monde où hommes et femmes ensemble tissent des liens de confiance et de bonheur, respectant les choix de chacun.

Jibé dit: 6 décembre 2016 à 10 h 22 min

« trois cavalières peu vêtues »

Des amazones qui n’aiment pas les hommes, simples objets sexuels à leurs yeux, Christiane. Et pourtant, on ne criera pas, tel Eriksen, que ce film est le plus androphobe de l’année !

« un pâtre grassouillet »

Oui, voire même un peu bébête…
Nous reste, fort heureusement, la beauté de l’ornithologue, avant la sainteté !

Widergänger dit: 6 décembre 2016 à 13 h 30 min

On oublie de dire que les muets étaient en fait très sonores ! On jouait au piano durant la projection. Les films n’ont jamais été vraiment muets.

Ce qu’on a reproché au parlant à partir de sa naissance, c’est d’introduire dans le film les sons du réel. C’est ce qui a beaucoup choqué les habitués du film muet qui ressentaient cette intrusion du réel dans une forme de vie vécue comme une forme de rêve à la façon d’une frustration. On peut le lire dans plusieurs articles critiques de l’époque.

Cette intrusion du réel a eu des répercussions sur l’esthétique filmique, que pointait l’autre jour Paul Edel dans son beau texte critique par des arguments forts et en même temps un certain parti pris de sa part qu’a relevé à juste titre aussi Annelise.

La principale conséquence, relevé adroitement par Paul Edel, c’est cette dérive d’un certain cinéma vers le défaut qu’il pouvait avoir à ses débuts du temps de Méliès, à savoir sa proximité avec l’esthétique du théâtre, alors que l’histoire du cinéma (in Une étoile est née), c’est précisément d’arriver à se dégager de l’esthétique théâtrale pour chercher ses propres règles de l’art (montage, types de plan, position de la caméra, lumière, etc.).

Cette naturalisation, au sens de l’esthétique naturaliste, est le défaut que pointe Paul Edel à propos de Garde à vue. Naturalisation qui renvoie à tout un ensemble de valeurs bourgeoises dans le goût d’une certaine esthétique assez conventionnelle, goût qui se méfie a priori de tout ce qui s’éloigne des conventions aristotéliciennes de la représentation du monde comme pure Mimesis (méfiance qu’on rencontre assez fréquemment, même chez des gens cultivés dans la répulsion qu’ils éprouvent presque instinctivement devant l’art abstrait sous toutes ses formes qu’ils sont trop prompt à condamner et à exclure carrément du champ de l’Art, sous prétexte qu’il ne correspond pas à leurs préjugés en matière d’art).

Paul Edel n’a pas tort, et en même temps il serait excessif de lui donner entièrement raison… Car la théâtralisation de la mise en scène qu’il interprète abusivement comme une dégradation de l’art du cinéma à proprement parler, du point de vue de l’esthétique filmique d’avant le parlant, est sauvée ici par le jeu remarquable des acteurs, le jeu discret de la caméra à hauteur d’homme, le portrait qui est fait dans ce film d’une certaine société et de ses dérives conformistes et petites bourgeoises qui se met à persécuter un innocent sous prétexte que c’est un bourgeois et que les bourgeois, comme dit la chanson, c’est comme les c…, bref un film qui dresse un portrait peu flatteur d’une certaine « France moisie » telle qu’elle est ainsi peinte à travers les dialogues qui, malgré tout, sont d’une facture (il faudrait en faire une analyse plus détaillée) assez différente des dialogues au théâtre grâce précisément ici à leurs effets de réel visibles dans mille et un détails, qui se passent des formules grandiloquentes ou oraculaires qu’il arrive de rencontrer au théâtre (Shakespeare, Racine, etc.) pour se cantonner à la médiocrité du quotidien et à cette esthétique précisément naturaliste à la Zola.

La beauté et la grandeur du cinéma muet se voit aussi à un film comme Nosferatu, de Murnau, qui a fasciné les Surréalistes comme bien des générations postérieures. Une sorte d’épopée de l’horreur avec ses plans souvent extraordinaires, ses effets spéciaux et peu réalistes, son esthétique qui cherche les lois de l’image filmique plutôt qu’à imiter le réel à la manière de l’esthétique aristotélicienne, cherchant plutôt les lois de l’âme plutôt que celle du monde.

Widergänger dit: 6 décembre 2016 à 14 h 08 min

D’une certaine manière, on pourrait également soutenir l’idée que Garde à vue est un film hégélien dans la mesure où il pointe du doigt, comme le fait Hegel dans La phénoménologie de l’Esprit (à la fin de la section VI « La vision morale du monde »), la naïveté et les dérives autoritaires, ce que Hegel décrit comme Terreur dans « la vision morale du monde » (ce qu’on nommerait sans doute aujourd’hui la « bien pensance »), à savoir qu’à remplacer le Réel par le Devoir-être et à ordonner le Réel à partir du devoir être, on peut, si l’on n’y prend garde, dériver vers une forme de dictature du devoir-être éthique (les petites filles violées l’ont été forcément par un salaud de bourgeois parce qu’un bourgeois est forcément mauvais pour la bien pensance de gauche, ce que Sollers appelle à juste titre la « France moisie ») sur le réel proprement dit des faits avérés.

Claude Miller s’annonce ici comme un précurseur dans la dénonciation des dérives actuelles de la vision morale du monde telle qu’on peut l’observer tous les jours (abus de pouvoir des juges dans l’affaire d’Ouvreau, mise en cause de plus en plus fréquente de la société civile au nom de ce qu’on prétend être le Bien par des administrations, par des gouvernements démocratiques comme le pointe aujourd’hui Amnesty International à travers le monde).

jicé dit: 6 décembre 2016 à 15 h 58 min

Marceline dit: 5 décembre 2016 à 17 h 18 min
« Il est con ou c’est un genre qui se donne, l’hadrian ? »

marceline fait amazone

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