de Annelise Roux

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La République Du Cinéma

Woody Allen, Blue moon

Par Sophie Avon

Il y a deux personnes en Jasmine – laquelle se nomme en réalité Jeannette – tout comme il y a deux films en « Blue Jasmine ». Un prologue de comédie où apparaît une blonde élégante et radieuse, racontant joyeusement sa vie dans l’avion, et une œuvre mélancolique, impitoyable, où cette femme-là va à sa perte. Sans doute est-ce même le film le plus cruel de Woody Allen. Parce qu’il avance masqué avant de basculer où  moment où Jasmine (Cate Blanchett), seule tout à coup face à ce qui l’attend, se met à pleurer.

Elle est arrivée chez sa sœur, Ginger (Sally Hawkins), en taxi, flanquée de ses bagages luxueux, en tailleur clair et collier à perles, lumineuse quoique portée sur la bouteille et les calmants. Belle encore mais déjà menacée, rongée,  condamnée. Débarquant à San Francisco, dans l’appartement minuscule de Ginger quand elle était habituée au luxe de sa maison new yorkaise. Sur son visage de sphinx, elle affiche toujours la mine altière de ceux qui ne se commettent pas avec des plébéiens et rappelle qu’elle vivait sur Park avenue comme si avoir vécu là attestait d’une essence divine irréfutable. Que s’est-il donc passé qu’elle en soit réduite à tout vendre – sauf ses valises gravées à ses initiales  -  pour venir se réfugier sur la côte ouest ?

De façon minutieuse, le film dévoile en flash back alternant avec le présent ce qu’il en a été de sa vie de femme mariée au riche et séduisant Hal (Alec Baldwin) – une  vie d’apparences et de plaisirs matériels dont Woody Allen montre les snobismes et les arrangements avec le réel. Or le réel a tendance à rattraper ceux qui le négligent et la trop belle existence de Jasmine  a volé en éclats. En cinéaste pointilliste, l’auteur de « Manhattan » ramasse les morceaux dont il filme le versant inavouable.

« Blue Jasmine » apparaît ainsi, au-delà de la recomposition des faits, comme un film célébrant tristement le retour du réel et la revanche du passé. Et si toute cette histoire avait commencé bien avant, quand les deux sœurs, nées de parents biologiques différents, furent adoptées ? Ginger a beau répéter que les gènes de sa sœur sont meilleurs que les siens, il n’est pas sûr qu’avec sa silhouette frêle, son goût prononcé pour les mecs sincères et rudes, sa gentillesse complexée et sa modestie de classe, elle n’ait pas de meilleurs atouts que la hiératique Jasmine. Laquelle a pris en grippe le petit ami de Ginger, se referme dès qu’on la questionne un peu trop directement et lâche qu’à force d’encaisser les traumatismes, on finit par se retrouver dans la rue à hurler…

« Blue Jasmine » est un film de moraliste attaché à montrer ce qu’il en coûte de ne pas regarder la vérité en face, mais c’est aussi une œuvre ambivalente et douloureuse dont les airs de jazz allègent faussement la démonstration tandis que « Blue Moon » répète le motif de l’amour perdu.

D’ailleurs, Woody Allen n’a-t-il pas créé Jasmine pour filmer sa chute ?

Comme Tennessee Williams, relayé par Elia Kazan, avait imaginé Blanche DuBois, créature délicate rêvant d’une vie impossible, ressentant le déclassement comme une insulte personnelle et ne supportant pas d’être rattrapée par la réalité. Mais Woody Allen enfonce le clou davantage : Jasmine court à sa perte par sa propre faute et ce qui a priori pourrait passer pour une forme de justice – après tout, elle l’a bien cherché -, se révèle au contraire plus féroce car c’est une femme sans calculs ni cynisme qui accélère sa débâcle en feignant d’oublier le passé.

Il y a du coup une sorte de sadisme dans la façon dont l’auteur d’ « Intérieurs » va jusqu’au bout de sa leçon, tirant de cette histoire une fable contemporaine - et se démarquant ainsi du lyrisme moite d’Elia Kazan auquel il préfère la sécheresse de l’entomologiste.

« Blue Jasmine » de Woody Allen. Sortie le 25 septembre.

 

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commentaires

202 Réponses pour Woody Allen, Blue moon

JC..... dit: 25 septembre 2013 à 9 h 55 min

Nous aurons plaisir à voir, enfin, un film nouveau de Woody Allen réussi. J’avais noté une baisse de forme sensible dans ses dernières tentatives….

Faisons confiance à Sophie, si elle le dit c’est que c’est vrai !

J.Ch. dit: 25 septembre 2013 à 16 h 38 min

J’ai vu tous les films de W A et je trouve qu’il n’y en a pas de mauvais, seulement quelques-uns moins bons que tous ses chefs d’œuvre, ce qui n’est pas donné à tout cinéaste ; quels sont les 5 films préférés de tous le intervenants ; les miens :
MANHATTAN
ALICE
LA ROSE POURPRE DU CAIRE
HARRY DANS TOUS SES ÉTATS
VICKY CRISTINA BARCELONA
(dur de choisir)
et vous, Sophie ?

sophie dit: 25 septembre 2013 à 17 h 09 min

Comme vous J.Ch, Manhattan, Alice, Vicky, mais j’aimais beaucoup aussi Hollywood ending (que personne n’aime en général, et Match point. Bon il y en a tellement qu’il faudrait les revoir tous, et réajuster notre regard – on devrait passer son temps à ça, en fait – ne serait-ce que pour vérifier qu’on est vivant puisqu’on s’est modifié!

J.Ch. dit: 25 septembre 2013 à 17 h 58 min

je crois que le plus allenien de tous est « Harry dans tous ses états » où ses obsessions se retrouvent, se rassemblent… d’accord pour Hollywood Ending, un metteur en scène aveugle et un directeur de la photo qui ne comprend rien, hilarant, et « Melinda et Melinda » sur les différences de comportement du même personnage, troublant

pado dit: 25 septembre 2013 à 20 h 14 min

C’est bien ça les mecs comme Jacques Chesnel (que je trouve plutôt sympa par ailleurs) leur vie cinématographique a changé le jour où ils ont vu Bananas mais maintenant, trop pipi caca pour qu’ils avouent, alors bien sûr on évoque Manhattan (très bien) la Rose pourpre (super) Alice (génial) mais on fait tout pour oublier les bananes (et je ne parle pas des spermatozoïdes).

Encore des qui crachent sur Robin des bois.
(je ne dis pas ça pour vous Sophie, vous êtes bien trop jeune pour avoir été confrontée)

Bon, à part ça pour une fois je suis raccord.
J’ai vu.
Ce serait y qu’il nous tente un oscarisable en fin de carrière le Woody.
Pas lui hein (sûrement trop de contres systématisés) mais la Cate, gros comme une maison qu’elle a sa chance.
On se demande pourquoi c’est Baldwin qui se trouve le premier sur l’affiche.
Il a du parier quelques dollars.
Quoiqu’il en soit pour tous ceux qui ont été élevés au sourire de Diane Keaton, faites le voyage.
Enfin voyage, pour une fois depuis bien longtemps il oublie sa vocation de directeur d’office du tourisme.
Il en oublie presque San Francisco.
Pour ceux qui sont sortis de To Rome with Love avec un sourire ému et attendri en refusant de renier leurs amours de jeunesse, je crois que vous ne regretterez pas votre investissement de quelques euros.

Elena dit: 25 septembre 2013 à 21 h 40 min

Et Coups de feux sur Broadway, alors ? Pour le théâtre dans le film, pour Chazz Palminteri en voyou doué pour l’écriture — avec cent fois plus de talent et de sens du théâtre que l’aspirant auteur dramatique qui se la joue artiste maudit. Et pour la petite amie du caïd qu’il impose comme actrice principale — vulgaire, stupide et dotée d’une voix de canard.
Et Maudite Aphrodite, Mira Sorvino et Zeus aux abonnés absents …
Et le sombre Crime and Misdemeanours (y a pas de justice en ce bas monde …) ?
Et les mille et un rebondissements de Meurtre mystérieux à Manhattan ?

Jacques Barozzi dit: 25 septembre 2013 à 23 h 39 min

Ce n’est plus une filmographie mais une nécrologie !
Il tourne encore le Woody, je vais voir le film demain, enfin aujourd’hui…

Passou dit: 26 septembre 2013 à 7 h 21 min

Sophie, Comment expliquez-vous la détestation de WA pour « Manhattan » (récemment encore dans une interview lue en France) alors que de l’avis général, c’est l’un de ses meilleurs films ?

renato dit: 26 septembre 2013 à 8 h 37 min

Manhattan l’a figé dans la mémoire du grand public. Si vous faites un micro-trottoir sur son nom, rares sont ceux qui se rappellent de Bananas ou de Radio Day, par contre Manhattan fait carton plein. Il y a de quoi détester, puis il peut trouver des arguments moins ou point affectifs…

sophie dit: 26 septembre 2013 à 9 h 00 min

Passou, je pense qu’il y a de la posture chez WA à mépriser un film que tout le monde aime, mais il éprouve sans doute aussi un sentiment d’injustice et pas mal d’ agacement à constater que le public est passé à côté d’ Intérieurs et porte au pinacle Manhattan – qui du coup, lui paraît surestimé.

u. dit: 26 septembre 2013 à 9 h 10 min

Manhattan, c’est comme la persistance d’un traumatisme ou d’une révélation.

Un zozo (qui ne craignait pas de se travestir en zizi) s’était métamorphosé en Auteur.
L’Oeuvre qui suit se déroule en multiples chapitres.
Mais rien ne peut égaler, dans les souvenirs, le choc de l’entrée en scène.

Pourtant, malgré les coups de mou, c’est d’une qualité exceptionnelle dans la durée.

Jacques Barozzi dit: 26 septembre 2013 à 9 h 51 min

un zozo, un zizi, un zaza et pourquoi pas un barozzi !

Moi je trouve que ses « films touristiques » sont une idée de génie : faire des films financés par les plus belles et plus riches villes d’Europe, vacances et travail garantis !

J.Ch. dit: 26 septembre 2013 à 10 h 12 min

rassurez-vous, pado (merci pour votre sympathie à mon égard), j’aime aussi la première période, je ne méprise pas le pipi-caca-prout mais je trouve réjouissante l’évolution de WA qui avoue avoir fait de la gaudriole au début de sa carrière pour subsister (lire sa dernière interview, révélatrice)

La Reine du com dit: 26 septembre 2013 à 13 h 32 min

Vu Blue Jasmine hier. Vraiment bien! même si Match Point maintenu n°1 de mon Top5. (Il y était question aussi de la cruauté de vouloir changer de catégorie sociale.)
Bravo pour le papier, Sophie. D’accord pour insister sur le caractère très ambivalent du film. A l’aborder un peu trop vite, WA se serait attaché à dépeindre le triomphe du rat des champs, ce dernier s’avérant avoir le meilleur lot,tandis qu’une sorte de « punition » infligée par le réel s’abattrait sur le rat des villes pour avoir trop rêvé, au dessus de sa condition, de surcroît ? WA est certes un moraliste, mais beaucoup plus retors que ça. Dominé par l’humour, une tristesse, un amour lucide et mélancolique de ses personnages. Il n’hésite pas à bourrer sans vergogne ses figures de clichés ultra prononcés, de poncifs, pour ensuite introduire de petits dévoiements qui de proche en proche font chuter le château de cartes, le rapprochant du naturalisme.
Le personnage de Cate Blanchett a beau s’inscrire dans la lignée des Blanche Dubois, au-delà des godets de vodka et du xanax, c’est une battante. Peut-être finira t-elle par perdre, dégringoler (en même temps, l’espérance, le lâcher prise ou le naufrage sans retour signifiés par le plan de la porte laissée grande ouverte?), ou essaiera t-elle de recommencer encore, mais au début elle retrousse les manches de sa veste Chanel, dans une volonté de s’élever qui a dû toujours être la sienne. Elle ne revient jamais au point de départ, contrairement à sa soeur.
La scène avec le dentiste est éclairante. « Jeannette » commence par se noyer dans les rendez-vous, et peu à peu « Jasmine » s’adapte, monte en grade. Elle n’est pas prête pour autant à tous les arrangements, surtout pas en dessous de ce qu’elle estime valoir. Et elle passe à un doigt de se refaire, tandis que Ginger, la soeur, pour bonne fille qu’elle soit, est aux antipodes d’une joueuse et d’une réformatrice! Pas d’espoir de changement chez elle : elle évite les inconvénients attachés à nourrir une ambition dont on n’a pas forcément les moyens par naissance, en tire les avantages modestes inhérents – retour accepté à la case départ, en se mentant d’ailleurs sur les raisons qui l’y ont poussée, partage en pouffant d’une part de pizza flageolante et bière avec le brave gars ordinaire et sympa qu’elle a sous la main, sous l’oeil de ses deux petits gars rondouillards promis à un avenir bof – mais cela n’ira nulle part, plus loin de l’autre côté de la baie. La boucle est bouclée chez elle sans maïeutique.

D’ailleurs sans en révéler trop, jusqu’au fatidique coup de téléphone du burn out, Jasmine est-elle tant que ça encline à ne pas regarder la vérité en face? A bien y regarder, elle ne s’est pas plus trompée, ni davantage illusionnée ni fait rouler, ni menti à elle même dans un autre genre que Ginger ! Sauf qu’elle voulait autre chose que l’arrière d’un van aux vitres teintées. WA ne départage pas les deux options. Il y a là une dimension qui rejoint brillamment le personnage de Scarlett Johansson dans Match Point. Parenté également avec l’autre film, dans le portrait cruel, drôle et tendre ici (plutôt sardonique et grinçant dans Match Point) mais toujours pessimiste que WA dresse en parallèle des hommes,immatures, truqueurs,lâches,lâcheurs, faussement rassurants, ou pleins de bonne volonté mais maladroits, sans envergure. On sent en même temps dans son regard attentif tant de tendresse à les filmer! WA aime ses personnages, tous ses personnages, c’est flagrant. Jusque dans leur chute éventuelle, il les habille d’amour, de dignité. L’empathie véhiculée par le réalisateur est énorme et contagieuse.
Peut-être est-ce pour cela que WA n’aime plus Manhattan. L’homme a vieilli. Il s’est fait la malle avec sa fille adoptive, comme Alec Baldwin avec la Française au pair, s’est approfondi, complexifié, humanisé, bonifié sûrement. Il a peut-être moins envie de branlette intello (même si personnellement, j’aime beaucoup Manhattan, hélas il ne m’a pas demandé mon avis). Il la délaisse au profit de l’empathie, de personnages pouvant bredouiller sur un banc que ce sont eux qui ont vécu – pas des silhouettes gouvernées par leur orgueil et par l’ennui.

primerose dit: 26 septembre 2013 à 13 h 43 min

Ce qui est sympa avec la reine c’est qu’on peut s’éviter le film maintenant et attendre sereinement la vision télé, sûr d’avoir oublié la fin (et le début, et le milieu)

La Reine du com dit: 26 septembre 2013 à 14 h 16 min

Primerose autant pour moi, alors! Me voilà attristée si vous n’y allez pas. Emportée par mon élan, l’envie de partager sur le film. A priori c’est fait pour ça.(D’autant que je vais devoir entamer une grande période de jeûne forcé, question participation ou lecture d’ici.) Vous y seriez allé, sinon? Soyez honnête. Il n’y a pas comme les feignasses pour prétendre que c’est parce que le terrain était lourd s’ils sont restés au lit

Polémikoeur. dit: 26 septembre 2013 à 17 h 00 min

Ca y est, le machin mouline à nouveau correctement. C’était un peu comme voir
des films au ralenti. Ou passer un 45 tours
(souvenez-vous ;> ) en treenteuu-trrouaaas…
Axélérément.

u. dit: 26 septembre 2013 à 17 h 04 min

Continuez, ma Reine, vive les avis fondés et réfléchis!

Pas comme votre serviteur, hélas, devenu jean-foutre pour être éloigné des écrans français.

Jacques Barozzi dit: 26 septembre 2013 à 20 h 18 min

« il préfère la sécheresse de l’entomologiste »

Avec toujours une bonne pincée d’humour, Sophie !
J’ai relu votre papier après avoir vu le film, c’est du beau boulot !
Bien vu, bien dit !
Il a drôlement bien mûri, le Woody : ces deux soeurs duelles, remarquables à égalité de jeu, c’est du Tchekov vu et corrigé par Flaubert…

puck dit: 26 septembre 2013 à 23 h 20 min

u. je déteste les films de Woody Allen autant que je déteste tout ce qu’on peut en dire !

non c’est pas vrai, je plaisante.
je les aime tous à l’exception de Manhattan, cette histoire de (ex) femme qui veut écrire un livre avec comme personnage son (ex) mari, sérieux qui peut aimer une histoire pareille?
vous imaginez passou si votre femme écrit une biographie de votre vie de couple?

Blue moon, now I’m no longer alone, without a dream in my heart, without a love of my own..

u. vous connaissez les paroles de Blue Moon, c’est l’histoire d’un type qui est seul, sans amour, il trouve l’amour, résultats des courses il est encore plus seul.

Dans Match Point le héros lit Crimes et Châtiments. W. Allen dit qu’il a été dans les bibliothèques parce qu’on y trouvait des filles, c’est sans doute pour cette raison qu’il a découvert Dostoïevski.
1 dose de gin, 2 doses de Dostoïevski et 3 doses de Saul Bellow, les moralistes nous disent que ceux qui désirent gravir les échelons sociaux le font essentiellement par faiblesse, dans tout être ambitieux se trouve une grosse tare, toute cette flopée de mini Citizen Kane c’est flippant.
Raskolnikov qui aurait pu mener une petite vie tranquille, sans soucis c’est une métaphore du monde dans son entier qui pourrait aussi mener une petite vie pépère.
Mais c’est pas possible, le monde ne peut pas mener une vie pépère.
C’est à la fin d’une vie que les choses prennent tout leur sens, si W. Allen travaille autant ce n’est pas par amour du cinéma mais sans doute pour éviter de penser à la mort.

renato dit: 27 septembre 2013 à 5 h 20 min

Les moralistes sont la tare de la société car ils discréditent tout le monde pour conquérir le pouvoir — les saints sentent le mal pas lavé, c’est d’ailleurs pour cette raison que l’on parle de « odeur de sainteté ».

puck dit: 27 septembre 2013 à 8 h 14 min

renato, comme vous le dites, oui ce serait mieux si nous pouvions revenir pour corriger nos erreurs.
par ailleurs comme vous le savez il est très difficile de revenir sur ses erreurs.

vous renato vous êtes multidisciplinaire, contrairement à u., du coup vous savez bien que W. Allen n’aime pas son film Manhattan non pas pour des raisons cinéastiques mais des raisons musicales, problème de tempo, c’est son film qui manque le plus de rythme, mauvais tempo et pas de rythme, fausses notes, mélodie mal foutue, accords qui tombent à côté, musicalement parlant c’est de loin son plus mauvais film.
il est si vrai que certaines vies ressemblent à des airs de Mozart, d’autres à des chorus de Chet Baker et d’autres à des chansons de Coco Rosie.
à quelle musique auriez-vous voulu que votre vie ressemble renato?

u. dit: 27 septembre 2013 à 8 h 19 min

« à quelle musique auriez-vous voulu que votre vie ressemble renato? »

Belle question, Puck –comme on dit les yeux dans le vague en remettant sa réponse à plus tard.

« Raskolnikov qui aurait pu mener une petite vie tranquille, sans soucis c’est une métaphore du monde dans son entier qui pourrait aussi mener une petite vie pépère. »
C’est très juste, il aurait pu être pépère s’il n’y avait pas eu cette foutue mémé.

renato dit: 27 septembre 2013 à 8 h 26 min

Ne jouez pas au plus fin puck, vous savez très bien ce que revenir corriger veut dire dans le contexte des blogs…

Quant à Manhattan, il faudrait écouter plus les compositeurs américains — de Charles Ives au R’n’R (rock and roll & rest and recuperation)…

À quelle musique j’aurais voulu que ma vie ressemble ? il faudrait y réfléchir… vaste programme…

u. dit: 27 septembre 2013 à 8 h 34 min

« à quelle musique auriez-vous voulu que votre vie ressemble renato? »

Seule certitude: pas à la Fête de la musique du père Lang.

J’aime bien la Tétralogie mais la choisir serait contraire à mon goût pour la sérénité et ce serait privilégier ma vie dans le ventre de ma mère: le règne des hommes ne commence qu’à la fin.

renato dit: 27 septembre 2013 à 8 h 43 min

La fête de la musique dévoile une forme de fascisme qui est spécifique des populistes : chacun impose aux autres ses goûts sans tenir en compte les dégoûts de chacun. Du point de vue du vivre ensemble la fête de la musique est l’une des pires régressions.

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2013 à 8 h 45 min

« à quelle musique auriez-vous voulu que votre vie ressemblât, renato ? »

La concordance des temps c’est l’harmonie de la langue !

renato dit: 27 septembre 2013 à 9 h 02 min

Il y a fascisme lorsqu’on ne peut pas se soustraire à un événement : les sons venant des clochers et des minarets sont le meilleur exemple d’expression d’un fascisme.

Cela dit, nous avons le droit de choisir quoi manger, comment nous habiller, comment nous cultiver et distraire… Donc, qu’un groupe folk, plutôt que techno ou R’n’R ou classique, s’installe sous ma fenêtre et joue une musique que je n’ai pas choisi est un fait fasciste, et ce sera tout.

u. dit: 27 septembre 2013 à 10 h 21 min

L’usage que vous faites du mot « fascisme » est polémique, renato, je l’ai bien compris.
Comme lorsque Barthes disait que la langue est fasciste, ce qui lui a beaucoup été reproché (en effet, c’est littéralement absurde).

Il me semble que vous décrivez des situations non de fascisme, mais de violence.
C’est une violence que je ressens naturellement aussi.
Dans un restaurant « populaire », surtout si vous êtes en bonne compagnie, voir se pointer un chanteur à trois sous avec sa gratte, ça peut donner des désirs de meurtre.
Mais il y n’a « fascisme » (si l’on veut) que lorsqu’on ne peut absolument pas se soustraire à cette violence, qu’il n’y a pas d’alternative, qu’on n’est plus libre de s’enfuir.

J’ai passé quelques temps dans un dortoir universitaire où le régime politique rendait obligatoire l’écoute de hauts parleurs diffusant slogans, musique militaire ou « de travail », invitations à la gymnastique collective, etc.
C’était totalitaire.

Comme « L’insoutenable légèreté de l’être » est aussi un film, qui me permet un lien avec le cinéma (et toc, Sophie), je me rappelle un passage où le héros qui est passé à l’ouest se révolte contre la musak d’un restaurant et demande que l’on fasse cesser ce « bruit ».
Ce n’est pas une musique fasciste, c’est seulement la violence du marché, et on est libre de changer de restaurant.
C’est malgré tout la supériorité du capitalisme sur le communisme.

Fin du café.

puck dit: 27 septembre 2013 à 10 h 25 min

« Ne jouez pas au plus fin puck, vous savez très bien ce que revenir corriger veut dire dans le contexte des blogs… »

oui renato, je ne joue pas au plus fin, je le sais que trop bien hélas, cette foutue impossibilité de revenir en arrière pour corriger ses erreurs, mais ce qui doit être fait est toujours fait, comme disait le Martin aux chaussettes bavaroises à pompons cousues main par Elfride l’erreur, l’errance, l’erratique est ce qui révèle l’être.
Dosto et W. Allen l’ont bien compris, seuls les loupés et les grains de sable font être l’être.
L’incommunicabilité est la forme commune de relation entre les individus, au mieux nous ne comprenons que 10% de ce que les autres veulent nous dire.
Et ce peu que nous comprenons nous l’interprétons le plus souvent mal.

renato dit: 27 septembre 2013 à 11 h 32 min

u.,
l’exemple que vous faites du chanteur à trois sous avec sa gratte, c’est de la violence ; tout comme le voisin qui ouvre grand la fenêtre et met à fond la caisse son Beethoven plutôt que ses Who ou son rap.
La fête de la musique, c’est un jour dédié par l’autorité à la musique — décret du 10 mai 1982 (en contradiction avec le décret relatif aux nuisances sonores).
Il est vrai qu’à propos de l’expression des dilettantes y avait une véritable demande populaire, mais il aurait été préférable de recourir à des lieux dédiés (salles de concert, théâtres, stades) et agissant sur un temps plus long (3 ou 4 jours), plutôt qu’imposer l’écoute à toute la population, et ce qui est pire sans la possibilité de choisir. Nous ne sommes donc pas dans une banale situation de violence qu’un coup de fil à la Police pourrait résoudre…

Maintenant, apéro…

renato dit: 27 septembre 2013 à 11 h 40 min

« Et si en pensant devant vous je vous fais de l’ombre, c’est fasciste, … ? »

Évaluez la consistance de votre question avant de causer à la vas-y que je te pousse !

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2013 à 11 h 57 min

Et pourtant ma question est très pertinente, voire de nature profondément métaphysique, car on a bien compris que pour vous « le fascisme c’est l’autre », renato.

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2013 à 11 h 59 min

Par ailleurs, ma question n’est pas de la matière fécale dont on peut « évaluer la consistance », renato…

renato dit: 27 septembre 2013 à 12 h 12 min

Pertinente ?! de nature profondément métaphysique ?! on aura tout entendu.

Le fascisme correspond à des critères précis, l’action arbitraire du pouvoir en est un.
Or, la fête de la musique fut institué dans la forme qui est la sienne de manière arbitraire, c’est-à-dire par la volonté d’un individu envers et contre une partie de la population.

Après, pour ce que vos opinions et jugements valent je n’ai pas à m’en faire un souci…

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2013 à 12 h 51 min

Voyez, renato, voilà une chose que je ne pourrais jamais écrire : « pour ce que vos opinions et jugements valent », je trouverais cela trop vulgaire, voire fascisant !

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2013 à 12 h 58 min

Mais revenons au film de Woody Allen, d’autant plus que c’est un bon cru. A la réflexion, même si en effet on y note une vraie empathie pour tous ses personnages, j’ai l’impression que la sympathie du cinéaste penche plutôt du côté de la soeur, aimée pour elle-même, et non pour son apparence comme Jasmine, qui s’appelle en réalité Jeannette, et qui n’est en définitive qu’une Bovary new yorkaise d’aujourd’hui ?

renato dit: 27 septembre 2013 à 13 h 00 min

Vous posez une question inconsistante, puis le vulgaire et fascisant c’est l’autre ?! Mais la vulgarité c’est, justement, d’écrire : « Et si en pensant devant vous je vous fais de l’ombre, c’est fasciste, … ? », si vous ne comprenez pas ça…

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2013 à 13 h 22 min

(On ne peut répondre à la lourdeur que par la suprême légèreté, renato, c’était le sens de la phrase : « Et si en pensant devant vous je vous fais de l’ombre, c’est fasciste ? », qui faisait écho à « l’Enfer c’est les autres » de qui vous savez…)

(Valeria) Elena dit: 27 septembre 2013 à 14 h 57 min

« il aurait pu être pépère s’il n’y avait pas eu cette foutue mémé ».
Non mais, je ne vous permets pas !

En revanche, le chanteur qui s’accompagne à la mandoline sous mon balcon all’imbrunire, c’est charmant

Elena dit: 27 septembre 2013 à 15 h 15 min

Et Blue Jasmine, tout ce que vous en avez dit.
Quant aux hommes, en effet, pas d’illusions : Così fan tutti … blue collar workers, professions libérales, financiers de haut vol. Un petit côté Marivaux avec ces deux mondes qui se côtoient, reliés non par le service des uns chez les autres mais le lien de parenté ?

J.Ch. dit: 27 septembre 2013 à 15 h 46 min

un autre bon cru (comme dit JB), l’histoire de ce musicien qui veut égaler Django Reinhardt  » Accords et désaccords  » avec un Sean Penn monstrueux (comme on dit dans le langage jazzistique)

Polémikoeur. dit: 27 septembre 2013 à 18 h 29 min

Et la moralité : gare à ce Woody Allen
s’il fait du tapage avec sa clarinette
le 21 juin ?
Boulquièscement.

Desmedt dit: 27 septembre 2013 à 19 h 01 min

Si Woody Allen penchait pour l’autre sœur, il n’aurait certainement pas confié le rôle de Jasmine à Cate Blanchett.

puck dit: 27 septembre 2013 à 19 h 59 min

une anche faible ?
faut prévoir une prothèse de anche
c’est normal à son âge.

après on a une jambe plus haute que l’autre.
ce qui présente l’avantage de voir le monde à deux niveaux horizontaux différents :d’un côté les riches et de l’autre les pauvres.

à la question : quelle richesse est supérieure à celle de l’argent, la réponse la plus débile est de répondre « la richesse de l’esprit » ou la « richesse de l’art » ou de la « culture ».

de tous temps les hommes ont voulu croire qu’il y avait une valeur supérieure à celle de l’argent, heureux les pauvres en esprit ils passeront par le chas d’une aiguille qu’il n’est jamais facile de retrouver dans une meule de foin.

Woody Allen, après son périple culturel des capitales européennes revient aux US et la seule valeur estimable que les américains connaissent : le dollar.

puck dit: 27 septembre 2013 à 20 h 02 min

renato m’a dit que c’est pas un problème si un cabinet d’expert comptable est le principal mécène de l’opéra de Paris.

depuis que renato m’a dit que ce n’est pas un problème, je porte au regard sur la finance, les experts comptables et la finance.
un regard plus amical.
désormais mon seul but dans ma vie est d’avoir un ami expert comptable.

puck dit: 27 septembre 2013 à 20 h 14 min

n’empêche que si pour son retour en Amérique WA fait un film sur le pognon, avec ses heurs et ses déboires, ce n’est pas un hasard.
ou alors si c’est un hasard, il faut qu’on me l’explique par a + b.

Woody Allen n’a l’air de rien comme ça mais c’est un vrai marxiste, un vrai de vrai, il aurait de gros problèmes pendant le MacCarthysme.

Saul Bellow lui aussi était obsédé par ces problèmes d’argent.

on n’imagine pas la quantité de Bellow qu’on retrouve chez Allen, et chez Roth aussi, sauf que chez Roth Bellow était un objectif à atteindre, son seul but : dépasser son maitre, le pauvre il va mourir sans l’avoir même approché de loin, il aurait donné tout ce qu’il avait pour avoir le centième du génie de son maitre, comme Mazart et Salieri, et ça, le génie, c’est encore plus tragique que l’argent, pour l’argent on peut toujours dévaliser une banque, mais pour le génie il n’y a rien à dévaliser, et ça c’est vraiment tragique.

renato dit: 27 septembre 2013 à 20 h 49 min

Vous n’avez jamais chiffré les coûts d’un théâtre lyrique puck ?
Voyons au minimum.
L’orchestre, un chef stable.
Les choristes, un chef de chœur.
Les chanteurs.
Les scènes, les costumes, et tous ceux qui vont avec.
Les électriciens, les machinistes, le personnel de service, l’administration…
No comment finale…

u. dit: 27 septembre 2013 à 20 h 57 min

« à la question : quelle richesse est supérieure à celle de l’argent, la réponse la plus débile est de répondre « la richesse de l’esprit » ou la « richesse de l’art » ou de la « culture ».

Eh oh, Puck, assez d’hypocrisie.
Combien de fois avez-vous dit à un laideron: La vraie beauté est la beauté de l’âme?

Je ne dis pas que c’est faux, nous savons tous que c’est vrai.
Et pourtant… Vous avez remarqué combien, quand on prononce cette vérité, on a l’air sournois?

u. dit: 27 septembre 2013 à 20 h 58 min

« Woody Allen, après son périple culturel des capitales européennes revient aux US et la seule valeur estimable que les américains connaissent : le dollar. »

C’est roide.

(+1)

u. dit: 27 septembre 2013 à 21 h 02 min

« depuis que renato m’a dit que ce n’est pas un problème, je porte au regard sur la finance, les experts comptables et la finance.
un regard plus amical. »

Puck, ce rejet, cet hémistiche, euh, ce paragraphe…
Vous n’avez pas pompé sur Polémikoeur?

N’oubliez pas la tendance: en après-propos, les romanciers reconnaissent aujourd’hui leur dette, même quand il s’agit d’Homère.
Pourquoi pas les poètes?

u. dit: 27 septembre 2013 à 21 h 05 min

« Woody Allen n’a l’air de rien comme ça mais c’est un vrai marxiste, un vrai de vrai, il aurait de gros problèmes pendant le MacCarthysme. »

C’est pas comme Wilhelm Reich?
Un cheval de Freud, une alouette de Marx?

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2013 à 21 h 55 min

« Si Woody Allen penchait pour l’autre sœur, il n’aurait certainement pas confié le rôle de Jasmine à Cate Blanchett. »

Il est évident que l’héroïne du film, la madame Bovary new yorkaise, c’est le rôle joué par Cate Blanchett, Desmedt, mais la soeur, interprétée par une actrice tout aussi remarquable, c’est un peu la Céleste du Coeur simple de Gustave Flaubert, réactualisée ?

xlew.m dit: 28 septembre 2013 à 12 h 13 min

J’ai vu le film hier soir en version française (le plaisir d’entendre Ginger gloser les notions de perfume/fragrance n’est pas perdu dans notre langue mais j’avoue que l’étrange atroce accent « posh » britannico-parisien que les distributeurs francawi du film ont jugé opportun de coller sur la voix de Quête Blanchette m’a laissé perplexe, plusieurs fois j’ai dû recourir à mon pulvérisateur de Ventoline pour ne pas mourir étouffé.) Comme à chaque vision d’un film de Woody j’aurai des images qui me resteront longtemps (la façon de filmer la baie de Frisco par exemple, on dirait qu’il la shoote comme depuis le parapet du front de mer de Trieste dont il arriverait à choper les gris comme personne, je crois qu’il adore s’amuser à capter dans l’oeilleton de son viseur tout le flux de la persistance rétinienne des souvenirs de voyage qui tapissent le fond de la caverne des cerveaux des ‘beautiful people’ — souvent du parti démocrate, comme le doucereux Dwight, le diplomate qui roule en BMW X6 tout cuir, de l’histoire d’Allen) mais ce que je retiens pour l’instant du film m’est offert par une jeune française qui, dans la splendeur de sa beauté maghrébine, se lève à la fin de la séance pour danser, entre les sièges et les travées, sur l’émouvant blues franco-américain (« donne de l’amour… ») chanté par une blueswoman de the Big Easy sur le générique ; un moment charmant. Allen a un sixième sens pour choisir ses musiques. Je pense qu’un jour il le fera son film sur la jeunesse de Sidney Béchet et Louis Armstrong passée à la Nouvelle-Orléans. D’ailleurs les deux gosses absolument craquants de naturel, les deux fils de Ginger, en sont peut-être une préfiguration. Quelle poilade de les voir manger leur part de pizza au resto du coin du block de la rue et de se comporter comme des vrais enfants de la vraie vie, dans cette scène Blanchett atteint un climax de jeu.
Les gens ordinaires, les small people, sont toujours bien vus et amoureusement notés par Woody, personne ne sait faire ça comme lui. Je ne sais pas si madame Jasmine est une resucée de miss DuBois (je crois qu’on en fait beaucoup sur le super intellectualisme bardé de références de notre cinéaste préféré en France, lui joue de cela bien sûr, mais il n’aime rien tant que revisiter la culture populaire plus souvent qu’à son tour à mon humble sens…) pour ma part j’y vois plus vu un clin d’oeil à l’héroïne du Vertigo d’Hitchcock, qui fut tourné pas trop loin, perdue et complètement floutée par les différents maquillages de son unique visage. On peut y voir aussi un commentaire d’Allen sur sa relation avec Mia Farrow, peut-être. Elle avait beaucoup morflé lors de leur séparation, peut-être elle aussi a-t-elle confié des choses aux oiseaux et aux passants sur des bancs publics, allons savoir…
Il y a sans doute, par la bande, une réflexion sur la perte d’identité du mâle américain dans ce nouveau film (jolie notation sur l’ex de Ginger, qui n’est certainement pas le redneck que les libéraux de la côte-est aiment moquer si souvent. En revanche le portrait de l’accumulateur de Ponzi schemes aussi bien dans le domaine amoureux que financier incarné par Baldwin semble plus vrai que nature. ) Il est vrai que le gars Alec doit savoir de quoi il parle. (just kidding.)

puck dit: 28 septembre 2013 à 13 h 33 min

« Comme à chaque vision d’un film de Woody j’aurai des images qui me resteront longtemps »

pour aller dans ce sens j’ai écouté hier soir à la télé, dans une émission critique, animée par Beigbeder, François Begaudeau dire que Woody Allen n’a jamais jamais été un cinéaste mais un écrivain écriveur de scénarios et poursuivre que WA s’est trompé de job : il aurait dû être écrivain et pas cinéaste.

ce qui est bien avec Begaudeau (le pendant masculin de Darrieussecq) c’est qu’il suffit de savoir ce qu’il pense d’une chose pour se faire une idée de ce qu’il faut en penser en allant dans le sens contraire de ce qu’il en pense, c’est hyper pratique.

puck dit: 28 septembre 2013 à 16 h 17 min

c’est curieux ce que vous dites, d’ordinaire WA n’épargne pas plus les pauvres et les classes moyennement dotées que les classes supérieures dans les catégories socio professionnelles répertoriées par l’INSEE.

les riches, nous connaissons bien leurs tares, elles sont toujours les mêmes, leur façon de décorer leurs épouses comme des arbres de Noël avec des colliers, et leur manière de regarder le pauvre qui fait la manche entrant dans un resto ou ceux font la queue dans la file low cost à l’aéroport c’est un truc qui n’a pas changé d’un iota depuis l’ère préhistorique.

par contre les pauvres, eux, leurs tares, leurs vanités inutiles à se satisfaire d’une olive supplémentaire dans leur pizza 4 fromages et leurs idioties quotidiennes sont jamais les mêmes, elles changent en fonction des situations, je suis bien placé pour en parler.

puck dit: 28 septembre 2013 à 16 h 32 min

« Vous n’avez jamais chiffré les coûts d’un théâtre lyrique puck ? »

renato bien sûr.
c’est juste le sens de la logique que je n’arrive pas à comprendre.
regardez la logique :

1 les cabinets américians d’audit comptables sont riches grâce à l’argent qu’ils ont gagné en faisant la comptabilité de Renault.

3 ils ont gagné cet argent en conseillant au pdg de renault de virer 30% de son personnel.

4 cet argent ils le donnent à l’opéra de Paris pour le faire fonctionner.

je suis désolé mais c’est pas logique.
ces cabinets d’audit comptable pourraient aussi bien conseiller de virer 30% du personnel de l’opéra de Paris, gagner de l’argent grâce à ces conseils, et avec cet argent devenir mécène de Renault pour qu’ils gardent leurs ouvriers.

vous me suivez?
c’est pas normal que ce soit toujours les mêmes qui aient des mécènes.
c’est sûr ça la fout moins mal d’être mécène d’un opéra que d’une usine de véhicules utilitaires.
ça la fout moins mal mais c’est pas logique.
vous me suivez?

renato dit: 28 septembre 2013 à 16 h 38 min

Vos trucs sont toujours amusant puck, mais si vous réfléchissez il y a toujours un détail qui cloche. Cherchez dans ce post, je suis sûr que lorsque vous trouverez, vous rirez à ne pas pouvoir vous arrêter.

xlew.m dit: 28 septembre 2013 à 17 h 53 min

Attendez, je pense comme vous que Woody Allen n’épargne pas les gens ordinaires, les ‘little people’ (je m’inclus dans la catégorie et je me sens concerné), et c’est de toute façon clair qu’il n’a pas du tout une mentalité de « petit épargnant » comme aimait le dire André Breton lorsqu’il voulait flinguer la réputation d’un gêneur. Mais dans son dernier film (qui a bien marché à S.F et NYC, le meilleur démarrage et les meilleures rentrées financières au box office — après une première semaine tout de même un peu hésitante –, de toute sa carrière d’après Variety), mais il semble contresigner l’avis d’un D.H Lawrence qui disait que les gens du peuple avaient dans leur majorité un rapport unique et direct avec la sensualité, que chez eux l’amour physique n’était pas corrompu par quelque billevesées philosophiques, ces sorte de choses) ; les séquences montrant Ginger et son mécano latin lover sont assez claires. (À ce propos il y a un article tout aussi éclairant publié online par le site BBC news magazine à la date du 26 septembre intitulé « Lotharios no more » dans lequel la journaliste entérine la mort de l’homme-à-femmes italien. Elle raconte que ce serait plutôt les femmes qui trompent à qui-mieux-mieux désormais leurs maris au pays du sole mio.) Cela amuserait W. Allen de le lire.
jasmine dans le film retombe « en amour » par accident-provoqué si l’on dire. Son Dwight est avachi dans un fauteuil dans une arrière-salle de séjour, sa Jasmine lui tombe dans le bec verseur de son verre-baveur comme une mouche fatiguée. Ces deux diptères étaient faits pour se rencontrer, end of the story. L’amour, le désir, l’attraction passionnelle, ne semblent plus devoir compter que pour les beaux yeux de l’artificieuse élaboration d’un « narratif » personnel complètement éthéré et vain.
L’amour conduit-il toujours le monde en 2013 ?, paraît se demander (et à nous aussi, par ricochet) le cinéaste. Est-ce que Marivaux et Goldoni sont définitivement morts à nos yeux ?.
Ce sont les questions qu’il a l’air de lancer en tout cas.

Elena dit: 28 septembre 2013 à 18 h 34 min

Entre Dwight et Jasmine l’essentiel réside en effet dans les apparences, l’image qu’ils donnent et qui conforte celle de l’autre de façon gratifiante : lui élégant et old (ou du moins older) money ; elle, qui fera bien sur la photo (de la future campagne électorale). Il semble approprié que la somptueuse demeure qui offre une vue magnifique soit une coquille vide, creuse.

Elena dit: 28 septembre 2013 à 19 h 02 min

Il n’empêche que dans un certain nombre de ses films l’argent de la plupart des personnages va tellement de soi que c’en est agaçant (pas Cassandra’s Dream évidemment). Cela contribue (notamment dans les films « touristiques ») à la légèreté, à la fantaisie — petites pièces faciles. Ici on sort de la bulle enchantée où l’on peut ignorer comment vivent 99% des autres (et non plus seulement « the other half »). L’intervention décisive (et catastrophique pour Jasmine) du personnage d’Augie vient rappeler les conséquences des actes ; nemesis frappe une seconde fois en pleine crise d’hubris — une vengeance qui en reflète une autre (voir l’évocation tardive de la cause immédiate de la chute de Hal)

primerose dit: 28 septembre 2013 à 19 h 48 min

renato dit: 28 septembre 2013 à 16 h 38 min
je suis sûr que lorsque vous trouverez, vous rirez à ne pas pouvoir vous arrêter

Merci de nous aider renato, c’est dur.

puck dit: 28 septembre 2013 à 19 h 51 min

l’amour? en 2013? et c’est à moi que vous posez la question?
misère je ne m’y attendais.
qu’est-ce que j’ai fait de mal au bon Dieu pour qu’on me pose toujours des questions pareilles.
franchement je n’en sais rien, je sais juste que globalement les gens sont devenus très intelligents, à force de regarder la télé, les reportages, les émissions scientifiques où on montre des expériences sur des souris, je suis toujours assez effrayé par notre intelligence, je veux dire pas la mienne mais celle des autres, le plus souvent ils arrivent à expliquer des phénomènes très complexes, comme la relativité générale ou la fécondation in vitro, je ne sais pas si l’intelligence est compatible avec l’amour.
mais en vérité je n’en sais rien.
lew le mieux serait de poser la question à u. je pense qu’il est la plus apte à y répondre en plus, de plus, je ne sais pas si vous avez suivi ses aventures mais c’est lui a le plus d’expérience en ce domaine, non vraiment je suis désolé, une question sur la cuisine, savoir si mettre un gâteau au four à 400°C au lieu de 200° permet de le faire cuire deux fois plus vite j’aurais pu répondre, mais là sur ce coup je suis totalement sec, désolé.

Elena dit: 28 septembre 2013 à 20 h 16 min

à propos de science ou de scientisme, la formule de Ginger sur sa sœur « qui a les meilleurs gènes » m’a frappée ; ça remplace l’horoscope, le « c’est écrit (dans les étoiles), ça permet de naturaliser l’inégalité et l’inacceptable (en l’occurrence la préférence des parents pour Jeanette/Jasmine). Ginger consent à n’être que second best, elle « fait avec » ce que le sort lui réserve, et ça lui laisse de l’énergie pour vivre, se réjouir et faire l’amour.

Jacques Barozzi dit: 28 septembre 2013 à 20 h 53 min

Pourquoi Ginger ne se révolte-t-elle pas ?
Un coeur simple, vous dis-je !
L’autre n’est-elle qu’une vaine Bovary perdue dans le romantisme des apparences de la bonne société ?

Elena dit: 28 septembre 2013 à 21 h 19 min

JB, franchement je ne vois pas le rapport avec la Félicité de Flaubert (quelle antiphrase que ce prénom, peut-être Alberto Savinio s’en est-il souvenu) — pas plus qu’avec Emma d’ailleurs. Jasmine a vécu parmi les heureux du monde — elle ne les a pas seulement aperçus en faisant trois petit tours à un bal. Elle a incorporé la distinction.
La vie de Ginger n’est pas une série de cruels renoncements, une lente et douloureuse dépossession, ni même une servitude ; elle est caissière, certes, mais pas dans un de ces supermarchés géants avec des dizaines de caisses, mais un magasin à taille humaine (et même à management humain: son chef tend aimablement un kleenex au fiancé jaloux et désespéré venu y faire une scène !) Elle rebondit à chaque fois.
Nous ne sommes pas obligés d’adopter sur elle le point de vue (partiel et partial) de sa sœur, qui en dit plus long sur elle-même (Jasmine) que sur Ginger. Il y a peut-être des moments où l’on risque de tomber dans le piège (le copain de Chili amené pour faire a foursome, la conversation ras des pâquerettes), mais tout nous incite à prendre nos distances : l’ironie s’exerce aussi, surtout, aux dépens de Jasmine.

renato dit: 29 septembre 2013 à 2 h 18 min

Sans aller chercher loin, primerose, 30% de travailleurs du spectacle ne sont pas 30% de travailleurs ?

D’un autre point de vue, vous n’avez jamais vu la quantité de voitures invendue ? Survolez l’Europe.

Il faut produire plus que nécessaire ?
Il vous semble que ce modèle de développement soit viable ? Un observateur socialiste du XIXe siècle, cité de mémoire : « l’industrie mesure le mouvement par le travail, les produits s’accumulent sur les produits, plus vous créez, plus il est force de créer, jusqu’à ce qu’un jour, il n’y ait plus d’acheteur — le marché est saturé, et inexorablement les usines sont fermées : l’industrie avait créé une population de travailleurs et maintenant il les transforme en chômeurs ».
L’erreur était déjà visible au début de l’aventure industrielle, il faut persévérer ? L’explosion démographique (mettre au monde non des enfants mais des consommateurs) vous semble une bonne solution ?

Il faut produire ici pour vendre en Chine, en Afrique, en Amérique du Sud ? au même prix + le transport de la marchandise ? est-ce que ces marchés vous semblent comparables au marché européen ?

Et pour terminer en beauté : moi, je n’ai pas besoin de voiture, est-ce que je « dois » en acheter une pour solidarité ?

Elena dit: 29 septembre 2013 à 7 h 05 min

Renato, je n’ai rien compris.
J’en étais restée à l’inversion de la solution fordienne (fordiste ?), vous vous souvenez cette trouvaille géniale qui consistait à verser des salaires non pas mirobolants mais suffisamment décents pour que les ouvriers puissent eux-même acheter le véhicule accessible (relativement basique, le fameux modèle T) qu’ils construisaient ?
Mais à force de cost cutting et de délocalisation, je ne vois pas comment l’ouvrier (ou l’employé ou le cadre) au chômage pourrait s’offrir les véhicules produits à bas prix en Roumanie ou ailleurs — et revendus ici à des prix « normaux » pour rémunérer les actionnaires. Et les autres produits eux aussi fabriqués ailleurs (vous avez remarqué comme en ce moment les rabais exceptionnels, offres spéciales, ventes flash et autres promotions diverses fleurissent ?)
Pour mon petit esprit borné l’augmentation du chômage et la baisse radicale du pouvoir d’achat vont de pair. Mais c’est trop élémentaire, qq ch doit m’échapper.

renato dit: 29 septembre 2013 à 10 h 04 min

Elena, quelques observations en vrac.

Bon, vous allez droit sur les délocalisations en sautant quelques passages. C’est assez typique chez latins de ne jamais regarder les causes et l’ensemble dans la construction du discours politique : on se fixe sur l’actionnaire et l’on tape (rassurez-vous, je n’en suis pas un). Laissez tomber un moment l’actionnaire sans lesquels il y aurait encore plus de gens au chômage, et posez-vous quelques questions.
Il y a eu accumulation des produits ? Oui ? Non ? Peut-être ?Ces produits sont vendables sur des marchés lointains et pas très riches à un prix qui couvre les frais ? Oui ? Non ? Peut-être ?
L’industrie d’ici peut produire aux prix pratiqués dans les pays où l’on délocalise ? Oui ? Non ? Peut-être ?
Les ouvriers d’ici accepteraient de travailler aux salaires pratiqués dans les pays où l’on délocalise ? Oui ? Non ? Peut-être ?
Vous achèteriez un produit de qualité moyen (parfois même pas) fabriqué aux coûts d’ici ? réfléchissez au prix de vente, étant donné les coûts de production…

Il y a erreur dès les débuts de l’industrialisation.
Bien qu’intéressée, une certaine philanthropie était évidente chez les premiers industriels car les États n’arrivaient pas à imaginer des politiques économiques constantes ni à donner une éducation adéquate à leurs populations plus défavorisées. Les industriels arrivaient donc comme des sauveurs pour ces populations des sous-prolétaires, mais en même temps ils créaient un segment de population dépendante et figée. En d’autres mots : l’ouvrier ne pouvait rien être d’autre qu’ouvrier car, pour fonctionner, l’industrie doit agir sur un espace ouvert : le marché ; et se reposer sur un espace fermé : les personnels. L’erreur originaire fut de croire que le processus n’avait pas de limites dans le temps, et donc que l’ouvrier ne pouvait être qu’ouvrier, et cela vu de tous les points de vue (l’industrie, le syndicat). Et les États se sont reposés sur cette situation car résolvait le problème du sous-prolétariat au moindre prix.

Or, « l’industrie mesure le mouvement par le travail », et il faut un espace pour qu’il y ait mouvement. C’est en créant cet espace que l’industrie a lié sa survivance au développement de la société. À un moment tout a été fait pour favoriser l’industrie, sans que jamais personne ne se penche sur l’accumulation des produits. Certes, l’ouvrier peut devenir client, mais ce n’est pas une solution ; c’est même une solution inhumaine et peu intelligente (à un moment, vous aviez en France et en Italie des ouvriers qui dormaient par terre mais avaient une voiture — Céline en parle. La démographie aussi peut aider, mais ce n’est pas une solution non plus.

Quant au pouvoir d’achat, Il est évident qu’un chômeur n’a pas une grande disponibilité d’argent, c’est lorsque l’actif n’arrive pas à vivre de son travail qu’il y a du sable dans l’engrenage : et c’est le système de production et de distribution délirante que l’on connaît qui le met dans l’engrenage.

Bon, pas le temps d’aller plus loin, pardon pour le désordre.

puck dit: 29 septembre 2013 à 10 h 26 min

Elena, je crois qu’il faut creuser votre expression « incorporé la distinction ».
qu’est-ce que cette distinction?

la distinction façon Bourdieu, d’une part état valable il y a 50 ans, l’époque de la « bourgeoisie cultivée », aujourd’hui cette bourgeoisie est incarnée par des types comme Sarkozy ou Berlusconi : malgré tous les efforts pour mettre des opéras et des musées à la disposition de la bourgeoisie, jamais les tableaus de maitres anciens n’auront plus servi qu’aujourd’hui à cacher les trous dans la tapisserie (cf Arendt et son philistinisme.

Mais ça c’est vrai pour l’Europe, aux US la bourgeoisie cultivée n’a jamais existé, cf Arendt ou Adorno et toute la surprise des juifs allemands ou viennois débarquant en Amérique.

Woody Allen porte un regard bien précis sur la distinction bourgeoise.
Il est issu des milieux pauvres, ouvriers de Brooklyn. Il n’a pas été dans les grandes écoles.
On lui collé l’image d’un juif newyorkais mais il n’est pas un intellectuel, encore moins un érudit. Il suffit de relire ses premiers bouquins, sa métaphysique de bazar ne vole pas bien haut, Woody Allen ce n’est pas Terrence Malick, il n’a jamais traduit Heidegger.

la distinction bourgeoise chez WA : il faut avoir en tête les scènes de bourgeois dans un musée, devant des tableaux, ou parlant de littérature pour se donner une idée de l’idée qu’il se fait de la distinction qu’elle soit bourgeoise ou non, c’est une mise en application des premières pages du livre d’Arendt sur la crise de la culture.

alors ? qu’est-ce cette distinction ? qu’est-ce qu’il reste comme marqueur de la richesse ? de l’appartenance au rang élevé de la société ? rien. nada. du vide, le grand vide métaphysique du riche devant son carnet de chèque : le riche éduqué pouvait encore prétendre à une élévation de l’esprit, le riche crétin ne peut prétendre à rien sinon faire les boutiques pour s’acheter des crèmes et passer son temps chez son coiffeur.

Elena je vais essayer d’aller voir le film aujourd’hui et si vous le voulez bien on en rediscute après, j’ai horreur de parler de films que j’ai pas vus.

xlew.m dit: 29 septembre 2013 à 10 h 27 min

Le modèle BMW du film, le X 6 (une proposition automobile typiquement pensée pour le marché américain) n’est pas seulement-là pour faire beau dans le décor, il est très parlant en lui-même. Il apparaît plusieurs fois dans le film et je ne crois pas que cela soit du branding ou du marchandisage mais bien plutôt une observation neutre, factuelle de la part du cinéaste, un effet du hasard particulièrement bien capté ; ce genre de véhicule, mi-SUV (sport utility vehicule), mi-coupé sportif, a été dessiné par la firme bavaroise pour séduire les jeunes ménages aisés (les geeks de Palo Alto de la Bay area par exemple), les traders juniors de Wall street et les riches pensionnés amoureux de design européen. En outre il est fabriqué en Caroline du nord, le sentiment patriotique est sauf, on achète américain d’une certaine façon.
Allen, sans jamais tomber dans le démonstratif joue avec toutes ces références qui sur le papier n’ont guère d’importance mais qui notent tout de même une ambiance, un Zeitgeist.
L’amant rouquin de Ginger roule en GM lui. Cela en dit long sur la société américaine, chacun désire montrer l’état de sa « classe » (au sens de style), et c’est comme une nouvelle lutte qui s’exerce tous les jours.
Pour revenir sur les relations entre les deux soeurs, W. Allen ne me paraît pas diriger son ironie dans une seule direction ; dans son délire Jasmine n’a pas vraiment tort de signaler à sa petite soeur que son lover du samedi soir (le mécano pizzaphile) est un branque ; c’est un gars qui chiale comme une madeleine et qui détruit des téléphone fixes, cela n’augure rien de bon pour construire une belle vie de couple.
Allen adore brosser en une ou deux scènes les petites tares des uns et des autres, nos petites faiblesses. Dans le film les personnages ont l’air d’être souvent réduits à l’état de bivalves (des sexes et des estomacs sur pattes), sans grand discernement, sans ancrage d’aucune sorte avec je ne sais quelle position philosophique, ils prennent la vie, les parts de pizza et les flacons de parfum, comme ils viennent. D’ailleurs plus d’une fois on a l’impression que W. Allen pourrait nous embarquer à volonté dans un épisode d’une télénovella brésilienne mais à chaque fois son oeil cinéphile reprend le dessus et « fait cinéma » d’une façon incomparable.
Son film doit pouvoir posséder un hors-champ (le hors champ de tous les possibles pour parler comme Pascale Ferrand) ; qui nous dit que Jasmine, après avoir claquer la porte de la BMW, courageusement, ne reverra pas le bellâtre qui se rêve politicien ? c’est tout à fait possible.
Èpongeage du rimmel qui a coulé, une petite douche, passage d’un nouveau chemisier et hop, un petit clic sur l’iPhone, un autre rencard, un nouveau départ. Et c’est reparti pour les bivalves. Comme en 2014.

renato dit: 29 septembre 2013 à 11 h 12 min

« Cela en dit long sur la société américaine, chacun désire montrer l’état de sa « classe » (au sens de style)… »

Et naturellement cela n’arrive pas en Europe ! Non, mais S.V.P. !

renato dit: 29 septembre 2013 à 11 h 14 min

« … aux US la bourgeoisie cultivée n’a jamais existé, cf Arendt ou Adorno… »

Aux USA la bourgeoisie cultivée comme l’intentaient Arendt et Adorno ne pouvait pas exister. Toutefois eux-mêmes (Arendt et Adorno) vivaient dans une bulle idéologique (je connais très bien celle du premier), ce qui leur empêchait de voir que cela était un progrès, et que c’était ce progrès qui avait créé l’état d’esprit par lequel la bourgeoisie états-unienne avait accepté les avant-gardes européennes (voyez Duchamp). Mais bon, puck aime les arguments vintage (années 60-70)…

u. dit: 29 septembre 2013 à 12 h 24 min

J’ai un commentaire cinéma, grâce à Moretti (et toc).

« Il Caimano. Debbo dire che Moretti aveva capito prima e meglio di tutti chi fosse il personaggio Silvio Berlusconi. E lo capì altrettanto bene Roberto Benigni scrivendo su di lui una ballata citata ieri sul nostro giornale da Gianluigi Pellegrino: « Io compro tutto dall’A alla Z / ma quanto costa questo c… di pianeta. / Lo compro io. Lo voglio adesso. / Poi compro Dio, sarebbe a dir compro me stesso ».

Quanto a me, poiché siamo in tema di ricordi, in un articolo del 1992 scrissi e titolai: « Mackie Messer ha il coltello ma vedere non lo fa ». E poi D’Avanzo e la « dismisura » del Capo e proprietario di Forza Italia denunciata da Ezio Mauro come una sorta di lebbra che infetta e uccide la nostra democrazia.
(Scalfari)

u. dit: 29 septembre 2013 à 12 h 47 min

« souvent réduits à l’état de bivalves (des sexes sur pattes) » (xlew)

C’est un fantasme qui fait écho au mythe presque universel du vagina dentata.

Ça fout les jetons, c’est sûr.
Mais tant qu’il reste des pattes pour les prendre à son cou…

u. dit: 29 septembre 2013 à 13 h 00 min

« Cela en dit long sur la société américaine, chacun désire montrer l’état de sa « classe » (au sens de style)… » (xlew)

« Et naturellement cela n’arrive pas en Europe ! » (renato)

La consommation ostentatoire existe partout, comme d’un président de la République au caïd de banlieue qui exhibe ses marques (brands). C’est la vulgarité universelle du marché mondialisé et médiatisé.

Il y a quand même des différences dans les traditions relevant de la « distinction ».

Aux Etats-Unis, on a observé un phénomène bien connu sous le nom « Keeping up with the Joneses »: ne pas se laisser distancer par le voisin en matière de consommation.

La distinction européenne (telle qu’elle s’imaginait) ne construit moins positivement (par acquisition) que négativement: maintenir au dessous de soi les pratiques du vulgaire, sans ostentation.

u. dit: 29 septembre 2013 à 13 h 02 min

« Elena je vais essayer d’aller voir le film aujourd’hui et si vous le voulez bien on en rediscute après, j’ai horreur de parler de films que j’ai pas vus. » (Puck)

Eh oui, la vision des films est parfois la conséquence du fait d’avoir la langue bien pendue.
J’y vais et j’en cause.

Mais non, moi aussi je suis un bateleur.

u. dit: 29 septembre 2013 à 13 h 07 min

Elena, je crois qu’il faut creuser votre expression « incorporé la distinction ». (Puck)

Qu’est-ce qu’un philosophe?
Un philosophe est un monsieur qui creuse un concept jusqu’à ce qu’il sonne creux.

renato dit: 29 septembre 2013 à 13 h 24 min

« Un philosophe est un monsieur qui creuse un concept jusqu’à ce qu’il sonne creux. »

Ou alors quelqu’un qui fait du tricot — sferruzza : se ne sta tutto il giorno in casa a sferrurrare. Moi, je préfère le patchwork…

Elena dit: 29 septembre 2013 à 13 h 39 min

xlew.m Revoir le bellâtre qui se rêve politicien ? Un homme qui a son plan de carrière n’irait pas s’encombrer de la veuve d’un escroc (il ne va pas faciliter le muckraking)

Puck : je parlais de « style » plutôt que d’un héritage culturel — un certain habitus, une façon de se tenir(le port altier mentionné par Sophie,par ex), de parler (dans l’intonation comme dans le choix des mots), de manger, de porter ses vêtements, la démarche, la distance vis-à-vis des autres corps, etc.

Renato 10h 04 : ma remarque n’avait pas d’ambition encyclopédique et ne se prétendait pas une analyse ultra-fine et diversifiée.
Je ne jetais pas la pierre à l’actionnaire en tant que tel-le (il me faudrait pratiquer l’auto-lapidation, or je ne suis pas contorsionniste) mais un certain tournant spéculatif qui a modifié la donne notamment dans des secteurs qui autrefois se contentaient d’une « honnête » rentabilité. Ce qui va amener des changements d’objectifs, de méthodes, favoriser les « coups », le court terme, et ne profitera que fort rarement à l’entreprise et aux consommateurs. Qu’en pensent les gens qui travaillent dans l’édition (la grosse), par ex ?

u. dit: 29 septembre 2013 à 13 h 45 min

Le populo ne voit plus de ses yeux la bonne société, sinon par des photos un peu irréelles.

Pas de spectateurs applaudissant des deux mains aux rallies ou chasses à courre.

u. dit: 29 septembre 2013 à 13 h 50 min

Culpabilisé par un regard bleu (pas blue moon), j’ai trouvé en hâte une référence –qui ne va guère dans mon sens.

The Go-between de Losey (formidable Alan Bates)

xlew.m dit: 29 septembre 2013 à 13 h 57 min

u., la consommation de produits manufacturés venus d’Europe est chose relativement nouvelle de l’autre côté de l’Atlantique. Je parle du secteur automobile bien sûr. Il existait bien une marque premium aux States réservés aux radiologues et aux congressmen, Cadillac. Sinon tout le monde roulait en Ford ou GM. C’est l’arrivée de la Honda Civic, si fiable, et tellement fun à conduire, au début des années quatre-vingt qui a tout radicalement changé dans l’industrie. Depuis les Américains n’ont de cesse de donner en plein dans le principe de distinction. La monstration de son goût européen est devenu un must dans les chaumières et les ranches. Le concept de la vieille Europe chère à Rumsfeld s’applique en bonne part ici et c’est un genre de consommation nouveau au pays de la « Motown » si délabrée aujourd’hui. En Europe, à ma connaissance, on n’achète pas de bagnoles américaines pour un motif statutaire (tous les 4×4 sont coréens, japonais, allemands ou franco-roumains (Dacia)), et les Harley Davidson appartiennent à un marché de niche réservés à des passionnés (j’en sais quelque chose j’ai une XR 1200, « goût européen », un comble. Gros problème de batterie mais bruit du V 2 inimitable) C’est ce que je voulais dire. Renato-âllo -SVP-? en m’interpellant comme si j’étais Guy D’Arbois ( ah les sous-pulls à cols roulés en proto-lycra, toute ma jeunesse) n’a pas voulu me comprendre. Puck a raison, à mon sens, d’évoquer l’influence majeure des grands intellectuels et artistes européens (surtout allemands en fait) aux USA à partir des années trente. Mies van der Rohe a pratiquement tout dicté depuis cette époque, la philosophie allemande a tout balayé sur son passage, toute la pensée américaine sort de là. Woody Allen, en tout cas c’est clair pour moi au moins, commente tout ça avec tout l’humour qu’on lui connaît, d’une fort subtile façon, même lorsque pointent en lui quelques accents et manières gargantuesques. Encore un hommage à la France. Lorsqu’on se rend à Washington (j’y vais une fois par an pour le boulot), dans cette ville aux mille ramifications lobbyistes, vous vous apercevez que les journalistes, les femmes et les hommes de pouvoir, les personnels de l’administration, aiment beaucoup s’exhiber dans des Lexus ou des Volvo C 30 (la caisse par excellence des bobos du parti démocrate.) Toute cette interaction automobile n’est pas si futile. Il se passe beaucoup de choses dans les habitacles de nos voitures entre les hommes et les femmes (une étude récente disait que c’était devenu le lieu d’élection pour y décider les choses importantes au sein d’un couple.) On en a un exemple dans le film d’Allen. Il n’y a pas si longtemps, en France et en Amérique (deux grands pays révolutionnaires vivant encore sur les acquis du dix-huitième siècle), il était malvenu de se distinguer par l’exhibition de biens matériels ‘mobiles’. Les radiologues et les ministres roulaient bien en DS Pallas ou en Cadillac V 8, mais les cantonnaient à leur sphère privée (le weekend, dans leur maison de campagne), aujourd’hui tout le monde se la pète en diesel (dans notre pays, un mode de carburant supposément accessible à tous, moins taxé, en partie pour prétendument favoriser les bourses des plus modestes d’entre-nous. Quelle blague fumeuse.)

Jacques Barozzi dit: 29 septembre 2013 à 14 h 06 min

« Je ne jetais pas la pierre à l’actionnaire en tant que tel-le (il me faudrait pratiquer l’auto-lapidation, or je ne suis pas contorsionniste)… »

Si vous avez un gros porteuilleuille d’actions, soit je vous épouse, soit vous préférez vous contenter d’un généreux mécénat, Elena ?!

Jacques Barozzi dit: 29 septembre 2013 à 14 h 09 min

Il est évident qu’à la fin du film on comprend que Jasmine file tout droit à la catastrophe et à la folie, tandis que Ginger coulera une vie ordinaire…

puck dit: 29 septembre 2013 à 14 h 21 min

Elena, oui les riches sont souvent plus beaux que les pauvres, ils ont meilleure mine et leur teint est bien mis en valeur par la qualités de leurs vêtements, j’adore regarder les gens riches quand je vais acheter ma baguette de pain, surtout ces gens de vieilles familles bourgeoises à la sortie de l’église, je me dis toujours qu’ils doivent être suisses, peut-être à cause de leur air bon enfant, leur côté « petite maison dans la prairie ».

puck dit: 29 septembre 2013 à 14 h 30 min

renato, je n’ai jamais dit que l’emersonisme n’était pas un progrès, la rupture avec les vieilles pierres, les vieilles cultures, les humanités classiques.

je n’aime pas New York, Boston, San Francisco, et les WASP qui y vivent, je préfère mille fois Los Angeles et ces villes américaines qui ne sentent pas l’Europe.

Sûr que c’est un progrès d’avoir scinder l’argent et la culture, la richesse monétaire et la richesse d’esprit, et toutes ces enfumages voulus par les bourgeoisies européennes à partir du 18è s. pour légitimer leur pouvoir.
Les riches américains n’ont pas besoin de faire la différence entre Verdi et Puccini pour légitimer leur richesse.
Et pour se donner bonne conscience ils organisent des fêtes de charité chrétienne.

Même les basketteurs ou les rappeurs américains qui ont fait fortune organisent des fêtes de charité.
La charité c’est l’âme de l’Amérique.

u. dit: 29 septembre 2013 à 14 h 49 min

« je n’aime pas New York, Boston, San Francisco, et les WASP qui y vivent, je préfère mille fois Los Angeles et ces villes américaines qui ne sentent pas l’Europe. »

Au restau, il faut se farcir le laïus infernal du Maître d’H français, sans pouvoir lui dire: Tais-toi Dugland, et sers.

u. dit: 29 septembre 2013 à 14 h 53 min

« comme si j’étais Guy D’Arbois ( ah les sous-pulls à cols roulés en proto-lycra, toute ma jeunesse) »

Hihihi…

Le sous-pull blanc du père Foucault…
Plus looké que le coupe-vent du père Sartre.

(Sauras-tu identifier le coupe-vent historique le plus atroce?
Kim Rong-il?
Bravo)

u. dit: 29 septembre 2013 à 14 h 58 min

« Si vous avez un gros porteuilleuille d’actions, soit je vous épouse »

Sur le papier, ça devrait être du tout repos.

Mais on vous connaît trop bien, Jacques.
Queutard un jour, queutard toujours.

puck dit: 29 septembre 2013 à 14 h 58 min

u. vous avez mangé quoi à midi ?

vous n’êtes pas à l’émission de Frédéric Beigbeider, ici vous êtes sur un blog sérieux.

nous parlons d’un film de Woody Allen.
vous avez remarqué la place que tient Woody Allen ? nous aurons vécu notre vie au rythme de la sortie de ses films, et nous n’avons absolument rien fait, pensé ou vécu qui ne soit présent dans un de ses films.
pas vous ?

u. dit: 29 septembre 2013 à 14 h 59 min

« pardon je veux parler de Humboldt’s Gift, bien sûr. »

Je suis snob, c’est ça?
Pour la réponse, vous pouvez vous gratter.

u. dit: 29 septembre 2013 à 15 h 01 min

« nous aurons vécu notre vie au rythme de la sortie de ses films, »

C’est très juste, Puck.

On a été synchrones, heureusement.
Vous nous imaginez fixés au stade zizi?

puck dit: 29 septembre 2013 à 15 h 03 min

renato, oui, la transcendance signifie encore quelque chose pour les américains, ils ont un tas de trucs qui les transcendent.
alors qu’en Europe je ne sais pas si quelque chose nous transcende encore.

u. c’est quoi pour vous la transcendance?
(u. ne confondez pas svp avec quand on fait voyager les vaches de la montagne à la vallée).

puck dit: 29 septembre 2013 à 15 h 07 min

u. c’est quoi le problème ? vous avez encore mal pris ce que j’ai répondu à lew comme quoi sur les questions relatives à la chose amoureuse il valait mieux s’adresser à vous?

c’est pour ça? vous m’en voulez?
qu’est-ce qu’on y peut si vous en savez plus que nous sur cette question? est-ce notre faute si vous connaissez si bien la jante (ça c’est pour les voitures de lew) féminine?

renato dit: 29 septembre 2013 à 15 h 11 min

Elena, nous sommes otages des extrémistes… enfin, notre époque est otage des extrémistes, même la classe moyenne est extrémiste désormais. C’est une époque comme ça, et manque de peau, les institutions sont en sommeil, ce qui fait que la formule « grande coalition » semble être le destin des Européens car les différences affichées sont des souvenirs (rimembranze) du XXe siècle sans effet sur le présent (sauf naturellement chez les Latins pour la simple raison que l’inconsistance intellectuelle du personnel politique est désormais structurale, et je suspecte, en outre, une peur inconsciente de chacun d’être phagocyté par l’autre en cas de coalition).
Il faudra voir ce que cette crise donne, en tout cas ce sera pour après 2025 (création d’une entité politique du Pacifique, qu’étant organisée par des gens qui ont déjà laissé tomber les archaïsmes idéologiques chers aux Européens, fonctionnera).

puck dit: 29 septembre 2013 à 15 h 11 min

u. non c’est que vous êtes snob, je sais que préférez lire en vo, c’est tout à votre honneur, même si ça fait un peu frime, du genre répondre à Sophie ‘ligth years’? non en fait c’est le même livre que ‘un bonheur parfait’, mais en vo… vous trouvez que c’est fairplay comme attitude?

u. dit: 29 septembre 2013 à 15 h 18 min

J’y peux rien, j’ai depuis toujours le réflexe paperback (plus compact, moins cher… plus direct comme une Gitane sans filtre)

u. dit: 29 septembre 2013 à 15 h 20 min

« création d’une entité politique du Pacifique, qu’étant organisée par des gens qui ont déjà laissé tomber les archaïsmes idéologiques chers aux Européens, fonctionnera »

Blue Lagoon, avec Sophie comme manager.

puck dit: 29 septembre 2013 à 15 h 29 min

je suis en train d’écouter R. Enthoven parler de Sénèque, en 30 mn il a répété 3 fois « je ne sais pas », inimaginable ! j’ose imaginer que c’est suite à ma lettre où je lui demandais s’il tirait son immodestie de son éducation, je crois bien que ça l’a déstabilisé, du coup hop! il est devenu modeste.
ah non il vient de changer de ton.
tant pis, je vais lui en écrire une autre.

u. dit: 29 septembre 2013 à 15 h 35 min

« je suis en train d’écouter R. Enthoven »

J’y vais pas.

C’est si suave que quand j’en sors j’ai les mains poisseuses.

renato dit: 29 septembre 2013 à 15 h 37 min

Par exemple, depuis quand un syndicat et un politique se permettent de réfléchir à la place du travailleur relativement à l’usage qu’il fait de son temps libre ?

puck dit: 29 septembre 2013 à 15 h 56 min

Jasmine et Sénèque?
une analyse stoïcienne de l’attitude de Jasmine?

oui c’est possible.
pour cela il faut revenir à l’interprétation d’Elena de l’incorporation de la distinction : un « style » – une façon de se tenir(le port altier), de parler (dans l’intonation comme dans le choix des mots), de manger, de porter ses vêtements, la démarche, la distance vis-à-vis des autres corps…

ce sont là des éléments qui parlent du « paraître », de l’être ramené au seul « paraître » : elle est ce qu’elle parait être.

ensuite : comment la distinction permet de se distinguer.

ça c’est l’intro la thèse et l’antithèse.

et dans la conclusion il faut démontrer que si elle veut être ce qu’elle parait être c’est pour éviter (comme le dit Sénèque) d’être ce qu’elle est.
c’est le refus d’être ce qu’elle est qui la pousse vers une « distinction » qui lui confère l’apparence d’être, donc d’un étant de l’être jeté dans le monde de la finance.

vous me suivez?

renato dit: 29 septembre 2013 à 16 h 07 min

À un moment, puck, il faudra vous expliquer à propos de la chose que vous appelez finance : qu’est-ce que vous entendez (quelle activité) lorsque vous employé ce mot ?

u. dit: 29 septembre 2013 à 16 h 24 min

C’est très bien, mais à mon avis avec cette dissert’, on se fait saquer.
La conclusion est trop profonde.

« le port altier »

J’aime beaucoup cette expression, comme aussi le « port de reine » ou la « noblesse des traits » mais j’ai remarqué qu’il était difficile de les placer dans une conversation.
Quand on revient d’une plage africaine, par exemple, ou d’une manif de soutien à des Roms.
On passe pour un con.

xlew.m dit: 29 septembre 2013 à 16 h 55 min

Louis C.K., l’acteur qui incarne l’amant ingénieur du son de Ginger ne s’embarrasse pas de formules, u. Il lui dit qu’elle « est super jolie » et qu’elle « danse bien. » Après leur premier rendez-vous de cinq à sept il lui avoue qu’il a senti tout de suite qu’elle « était un super coup », une « bombasse au lit » rien qu’à sa façon de marcher. On fait tous pareils, non ? Même les poètes. Même Puck, même Renato, même vous. Allons, inutile de faire du chiqué. Il n’y avait que Claude Melki, l’acrobate de l’amour courtois, qui savait vraiment parler aux femmes sans ouvrir la bouche. Même Jane Manson en était bouleversée. Spare the last dance for me, u., would you ?

u. dit: 29 septembre 2013 à 18 h 04 min

« Même Puck, même Renato, même vous. »

renato pas sûr (un sacré orgueil), Puck c’est certain: à 16 ans, il lisait Schopenhauer, il posait un regard ironique sur les personnes du sexe. Il n’était poli qu’avec les philosophes.

Moi, ça dépend des langues.
En français, j’ai du mal.
J’ai l’impression de répéter un mauvais doublage en français des années 60s (et toc).

- « J’t'ai dans la peau, Mary.
- Bas les pattes, Tom, bas les pattes.
- Quand j’te vois, j’perds mes moyens, je souffres tu sais. Si tu voulais…
- Tu f’rais mieux d’rentrer chez toi, Tom.
- Laisse moi rester, Mary. Je s’rais seulement là. A t’regarder. Comme un gosse. J’n'en peux plus, Mary, j’n'en peux plus…

Les élisions, le grassayement des doubleurs de ces générations nous sont devenus étrangers.

u. dit: 29 septembre 2013 à 18 h 09 min

on se tait et l’on avance dans le shanshui.

Mes ancêtres s’alarmeraient d’une approche aussi brutale.
Les Japonais, peut-être?
C’est vrai qu’ils sont pas causants.

renato dit: 29 septembre 2013 à 18 h 18 min

Ce n’est pas toujours brutal, si vous vous prenez avec un brin d’humour, ça peut donner des choses amusantes (« A Sport and a Pastime », selon James Salter).

pado dit: 29 septembre 2013 à 19 h 58 min

Waaaaooouuuhhhh ! Yena qui bossent.

Bon je lis un peu et je reviens.
Je crois que je vais me faire un petit poulet ce soir, mais comme je dois le connaître par coeur je pense pouvoir doubler les activités.

puck dit: 29 septembre 2013 à 20 h 12 min

- « J’t’ai dans la peau, Jerry.
- Bas les pattes, Tom, bas les pattes.
- Quand j’te vois, j’perds mes moyens, je souffres tu sais. Si tu voulais…
- Tu f’rais mieux d’rentrer chez toi, Tom.
- Laisse moi rester, Jerry. Je s’rais seulement là. A t’regarder. Comme un gosse. J’n’en peux plus, Jerry, j’n’en peux plus…

u. c’est pas bien de plagier les cartoons.

puck dit: 29 septembre 2013 à 20 h 30 min

renato, la finance? ce sont des mécanismes d’actions dont la logique d’achat et revente de l’objet dans le but d’en tirer un bénéfice devient l’unique objectif en soi, indépendamment de la nature de l’objet et des réalités liées à cet objet.
bien entendu que l’objet en question peut être n’importe quoi : le kilo de petits pois, le bras d’un joueur de tennis, un organe greffable (rein, foie, coeur), une mère porteuse, un gramme de coke, un petit studio en rez de chaussée…. dans la finance tout est bon à prendre pourvu qu’on en tire un bénéfice.

il est évident que d’un point de vue kantien cela pose un problème puisqu’on considère l’objet (vivant ou non) comme un moyen et pas comme une fin.
mais bon à la limite Kant c’est pas le problème, je veux dire qu’il n’est pas nécessaire de faire de la finance pour s’en taper.

renato dit: 29 septembre 2013 à 20 h 54 min

Là c’est pour l’achat-vente des poulets puck… laissez ça au facteur.
Je crois sincèrement qu’à l’école, il faudrait apprendre aux gens un brin de finance, plutôt que de la philosophie humoristique…

Bref, il faut voir si on parle de finance personnelle [là vous devriez savoir] ; de finance d’entreprise [estimation des flux de trésorerie et la gestion des fonds de roulement net ; comparaison des propositions alternatives ; prévision et l'analyse des risques ; obtention de fonds — sources de la dette (long, moyen, court terme) ou de capitaux propres — structure optimale du capital ; allocation de fonds sur l'investissement en capital à long terme par rapport à l'optimisation des flux de trésorerie à court terme ; politique des dividendes] ; finances publiques [identification des frais nécessaires par une entité du secteur public ; sources du revenu de cette entité ; processus de budgétisation].

renato dit: 29 septembre 2013 à 23 h 06 min

Voyez-vous puck, la finance est comme la philosophie ou la chimique : il y a des bons et des mauvais philosophes ; et nous devons à des chimistes les gaz qui ont sévi dans les tranchées de WWI, et ce sont les mêmes chimistes qui rêvaient d’une meilleure agriculture…

Sans faire des futiles tirades idéologiques ou de la philosophie à deux balles, vous pouvez expliquer à des adolescents la nécessité d’une meilleure relation avec l’environnement en chiffrant la valeur des terrains non en fonction de la valeur de marché (agricole ou constructible), mais selon leur nature — bois, prairie, champs (blé, mais, betterave, luzerne), verger, potager —, en fonction de la valeur de chaque élément que l’on peut y observer selon les synergies où il entre en jeu : vers de terre, abeilles, végétaux, petit et gros mammifères, etc.

Enfin, bref, on prend un bout de terre et on la traite comme une entreprise — l’abeille, par exemple : produit du miel et pollinise les fleurs, elle vaudra donc plus que le fruit produit par la plante qu’elle a pollinisée, etc. Puis, vous multipliez sa valeur pour le nombre d’abeilles actives sur ce bout de terrain, et ainsi de suite pour tous les éléments en jeu.

Essayez, c’est un bon et amusant exercice, et par-dessus le marché, si vous suivez rigoureusement le processus, vous changez la façon dont vous regardez les choses.

Bon, The Howard Alden Trio :
http://www.youtube.com/watch?v=rsvk1uuikiI

pado dit: 29 septembre 2013 à 23 h 40 min

« Puis, vous multipliez sa valeur pour le nombre d’abeilles actives sur ce bout de terrain, »

Comme vous l’écriviez plus haut renato

« Cherchez dans ce post, je suis sûr que lorsque vous trouverez, vous rirez à ne pas pouvoir vous arrêter. »

J’avoue avoir beaucoup ri.

renato dit: 29 septembre 2013 à 23 h 51 min

Combien d’abeilles sur un are ? combien vaut une abeille ? combien vaut un are ? Bref, pado, avec puck il faut y aller avec méthode car il est philosophe, et les philosophes comprennent vite si on leur explique lentement.

pado dit: 29 septembre 2013 à 23 h 56 min

Je me demande où est passé JC.
Depuis la défaite des Néo-zélandais il a disparu, j’espère qu’il n’a pas fait une bêtise.
Vous voyez un truc du genre foncer à San Francisco, non pas pour proposer sa fortune à Cate mais pour jeter son gant à la face de Larry Ellison et le sommer d’en découdre avec le Yacht Club de Porquerolles.
J’avoue que je suis inquiet.

pado dit: 30 septembre 2013 à 0 h 07 min

Arrêtez renato, je suis au bord de l’explosion.
Trop de rire peut être dangereux.
Je vous prie de ne pas insister.

pado dit: 30 septembre 2013 à 0 h 33 min

« Il est vrai que le gars Alec doit savoir de quoi il parle. (just kidding.) »
La Bobine

J’ai bien ri.
Pas autant bien sûr que pour les abeilles mais plus légèrement.

pado dit: 30 septembre 2013 à 1 h 13 min

renato, je crois que vous confondez finances et comptabilité.
Pas grave dans l’absolu, mais le mécénat en faveur de l’Opéra risque d’en prendre un sacré coup.

pado dit: 30 septembre 2013 à 1 h 35 min

Fin de Gallimard (passou ne faisait que passer)
En écoutant d’un oeil, j’ai lu.
Ben, Il est plutôt chouette le blog de Sophie.

J’ai tout compris :
que renato ne supporte l’art que dans des lieux dédiés et considère que tout ce lui déplait est faciste;
que puck n’a toujours pas compris comment on trouvait une aiguille dans une botte de foin et qu’il préfère repeindre des Kangoo que le plafond de l’Opéra;
que la Bobine (je ne m’en lasse pas, toutes mes excuses) était un spécialiste du marketing automobile;
que Jacques était prêt à renier une vie d’amour pour un paquet d’actions;
que u. détestait les maîtres d’hôtel new-yorkais
et qu’Elena pense un peu trop haut pour moi.

Mais qu’est-ce que fout JC ?

Langlois dit: 30 septembre 2013 à 4 h 50 min

pado dit: 30 septembre 2013 à 1 h 35 min

Ben, Il est plutôt chouette le blog de Sophie.

J’ai tout compris :

Et à part rire, tout comprendre, distribuer des bonnes images aux participants méritants, d’empiler comme des petits tas de crottes de souris ou des minuscules pelotes de déjections de gypaète glabre tes ineffables posts qui font le même bruit que les ventilateur à hélices des salles d’attentes des dentistes mexicains sur les blogs, t’as une vie Machpro ?
Tu vas au cinéma ?

renato dit: 30 septembre 2013 à 5 h 01 min

Regardez mieux Pado.
Comment gérer les flux monétaires — collecte, allocation, utilisation — au fil du temps autrement ?

Par ailleurs, on ne déplace pas de l’argent sur le rien… le produit financier (actions, obligations, créances, titres de créance négociables) doit se construire sur quelque chose et avec quelque chose.

Un ami qui fabrique des nouveaux produits, me disait : « Ce n’est pas une vie enviable, on passe le plus clair de sont temps sur des livres comptables ».

Elena dit: 30 septembre 2013 à 9 h 32 min

Ah, c’est beau les pseudos surmotivés.
D’un côté, Langlois, on a envie de rappeler que pour les spectateurs réguliers ou occasionnels qui constituent l’essentiel de la « clientèle », le cinéphile pur et dur qui est entré en cinéma comme d’autres entrent dans les ordres est précisément celui à qui il faudrait dire « Get a life ».
L’intertexualité filmique, les œuvres qui s’entreglosent, c’est vrai — mais il y a aussi, (scandaleusement ?) dans les films une référence à la vraie vie. Celle qui se déroule en dehors des salles obscures. Les bavardages entre copains en font partie. Les fous rires et les chahuts aussi.
On n’est pas à l’église ni devant l’écran, on n’a pas à chuchoter.

Elena dit: 30 septembre 2013 à 9 h 37 min

Par ailleurs, capitaine Langlois, ce n’est pas à vous qu’il faut rappeler la nécessité de ces futiles divertissements pour nous faire oublier notre misère, celle de notre condition. Mieux vaut déposer des crottes de souris ou des pelotes que des cadavres au creux des grands hêtres.

Elena dit: 30 septembre 2013 à 9 h 41 min

U, vous m’avez devancée. J’allais proposer à Langlois de nous faire part de ses lumières.
Sans ironie : qq observations expertes et techniques stimuleraient notre conversation.
Nous ne demandons qu’à apprendre.

u. dit: 30 septembre 2013 à 9 h 43 min

Le contrepoint de pado n’est compréhensible que si l’on suit la partition, Langlois.

Nous sommes tous les yeux vers le ciel, la bouche grande ouverte, à faire entendre notre joli filet de voix, sous la direction du Kapellmeister Sophie.

Ce n’est qu’après coup, sur la photo, qu’on se rend compte que Puck a fait des oreilles de lapin derrière la tête de Barozzi.

u. dit: 30 septembre 2013 à 9 h 56 min

« Nous ne demandons qu’à apprendre. »
En effet, Elena.

Comme on dit, nous chantons faux mais nous chantons fort.

TKT dit: 30 septembre 2013 à 10 h 54 min

Merci pour le « trailer », cela donne envie de voir le film.
Woody Allen filme à nouveau aux USA, mais San Francisco n’est-elle pas la plus européenne des grandes villes américaines ?
J’ai envie de rebondir sur pas mal des commentaires, et sur la vision de ceux qui ont déjà vu le film; je réserve ce projet pour plus tard.
Ici à Zürich, le film n’est pas encore à l’affiche, le cinéma Le Paris attend peut-être la fin du Festival du Film de Zürich (très province, mais internationellement connu depuis l’arrestation de Polanski).
J’aime bien l’image de quelqu’un qui en train de se paupériser mais garde sa garde-robe et ses valises.
L’histoire se passe dans le milieu socio-culturel habituel des films de Woody Allen. Des gens souvent cultivés comme des Européens et franchement, je ne sais pas si les Européens, sont toujours aussi cultivés dans leur ensemble, en 2013, que les générations anciennes (pour faire court, ceux qui avaient au moins 18-20 ans en 1968).
Woody Allen mélange humour et regard au vitriol.
Ses personnages sont souvent au bord de la crise de nerfs et pour moi, c’est très rafraîchissant.

TKT dit: 30 septembre 2013 à 11 h 16 min

@ puck dit: 29 septembre 2013 à 15 h 11: « u. non c’est que vous êtes snob, je sais que préférez lire en vo, c’est tout à votre honneur ».
Pourquoi lire une traduction quand on possède suffisament la langue originale d’un texte ? Et si le snobisme, sorte alors de colonialisme culturel, n’était pas de vouloir tout avoir dans sa langue maternelle ?
Puck, le snobisme est partout, chez tout le monde, dans tous les milieux (Thackeray en parle très bien et avec beaucoup d’humour). Il y a en France en ce moment, une vague de snobisme profil bas, même les sympathiques bobos sont encore trop embourgeoisés, pour ceux qui voudraient une égalité complète des revenus et du mode de vie. Ceci dit, en passant j’ajouterais, que c’est en France que l’on trouve les gens les plus conservateurs ou du moins, en grand nombre.

TKT dit: 30 septembre 2013 à 11 h 32 min

J’espère que l’Éditrice de ce blog, excusera ce message direct:
@ U.: Avez vous vu à Beaubourg, la pièce de théâtre en japonais sous-titré en français ? J’aimerais voir ce spectacle, mais j’ai deux problèmes: Il me faudrait lire les sous-titres, ce qui empêche de regarder le jeux des acteurs et de plus, je me donnerais l’impression d’être un snob (culturel).
Au cinéma c’est différent, quand je vois un film français en VO, je ne peux m’empêcher de lire les sous-titre en allemand ou en anglais.
J’ai vu samedi soir, La Straniera, Opéra de Zürich, sous-titres en allemand et en anglais. Je voulais quand même connaître l’histoire, pourtant bien inutile comme souvent à l’Opéra. Les livrets sont la plupart du temps, aussi fades que des Novelitas de la TV brésilienne.
À propos de l’Opéra de Zürich, depuis que « les 2 grandes banques » doivent économiser sur le sponsoring, le niveau a un peu baissé.

Polémikoeur. dit: 30 septembre 2013 à 11 h 45 min

Plus social et politique
ou plus sentimental et destin personnel ?
Cosette ou cigale, quand l’hiver fut venu ?
Sœurs Splendeur et Misère (très relatives)
se retrouvant à mi-chemin de la dégringolade ?
Le cocktail Woody-Bergman a l’air bien dosé.
A condition, bien sûr, de n’en point abuser,
n’est-ce pas ?
La désintox Manhattan West Coast a des ratés.
Pour le plus grand bonheur de la « touch » Allen ?
Bluesicalement.

pado dit: 30 septembre 2013 à 11 h 46 min

« t’as une vie Machpro ? »

Merci Monsieur Langlois,
mais c’est beaucoup trop d’honneurs pour moi, je ne mérite pas.
Jamais je n’aurais espérer qu’un commentateur, surtout nominativement aussi compétent, puisse m’associer au bienheureux Francis.
J’en suis tout attendri.
Oh bien sûr ce rapprochement n’est que phonétique (c’est ça le problème de la radio, on n’entend pas l’orthographe) mais j’ai senti un tel élan de camaraderie dans vos propos que je ne saurai jamais assez vous remercier.
A très bientôt j’espère.

Elena dit: 30 septembre 2013 à 12 h 00 min

Pour revenir au cinéma et au profit que nous pourrions tirer de conversations avec de vrais cinéphiles.
Je suis allée voir récemment deux films pour lesquels Sophie n’a pas rédigé de billet même si elle m’en avait conseillé un (dommage, ils auraient peut-être davantage besoin que l’on parle d’eux que le dernier Woody Allen qui est sûr de trouver son public) : My Childhood et May Own Folk de Bill Douglas et Le prochain film, de René Ferret.
J’aimerais bien que l’on puisse avoir une conversation à leur propos. Je suis sûre que beaucoup de choses m’ont échappé et que j’aurais tout à gagner à recevoir les aperçus (par les uppercuts) des spécialistes.

u. dit: 30 septembre 2013 à 12 h 07 min

C’est complètement idiot, mais un souvenir de doublage foireux continue à me faire poiler, et le mieux est de le mettre par écrit pour me débarrasser de ce sparadrap.

Un type arrivé au galop saute de son cheval.

« - Qu’est-ce qui y’a, Joey.
- C’est Fred.
On a buté son dab. »

Le mélange des genres tue net, comme un Colt.

Jacques Barozzi dit: 30 septembre 2013 à 12 h 49 min

« On n’est pas à l’église ni devant l’écran (de cinéma), on n’a pas à chuchoter. »

D’autant plus, Elena, que le film dont il est question est l’histoire d’une femme qui descend dans la rue pour… crier !

…mais elle garde toute sa bourgeoise dignité distinguée, vous allez adorer, TKT, Allen c’est plus universel qu’Almodovar, car chez lui c’est l’homme et la femme qui sont souvent au bord de la crise de nerfs !

Jacques Barozzi dit: 30 septembre 2013 à 13 h 57 min

« chez Almadovar tout le monde est au bord de la crise de nerfs… »

Vous voulez dire qu’à force de regarder les films d’Almodovar on devient tous folle !

J.Ch. dit: 30 septembre 2013 à 14 h 06 min

à part LA MAUVAISE ÉDUCATION et LES AMANTS PASSAGERS, j’aime TOUS les autres films de P.A. avec une mention particulière pour DANS LES TÉNÈBRES et VOLVER

Avon dit: 30 septembre 2013 à 14 h 26 min

Elena, vous avez raison mais je compte bien parler de « La trilogie de l’enfance » de Bill Douglas, à l’occasion de la sortie des DVD.

Elena dit: 30 septembre 2013 à 14 h 59 min

Sophie, ce n’était pas un reproche, vous ne pouvez pas être partout. Je ne prêche pas le stakhanovisme.
Maintenant que j’ai eu le temps de me rasséréner, je vous suis reconnaissante d’avoir fourni la pichenette décisive.

Elena dit: 30 septembre 2013 à 15 h 03 min

Mais cela signifie que je vais devoir rester dans l’ignorance pendant encore un certain temps, et je n’aime pas cela. Je ne blague pas : dans certains cas l’analyse aide à ne pas se laisser submerger.
Et par ailleurs mon commentaire était un appel du pied (en toute bonne foi, j’insiste) à Langlois.

Elena dit: 30 septembre 2013 à 15 h 15 min

Quant au second, « Le prochain film », j’y ai pensé en lisant sur ce blog des commentaires très documentés sur la difficulté actuelle de trouver des financements, etc. (Ayant un fils cinéaste quasiment sans œuvre le sujet m’intéresse)
Il me semblait que son évocation (les rapports avec le producteur, le changement de sujet/thème qui semble devoir en résulter, etc.) aurait été appropriée. Mais manifestement les participants ne l’avaient pas vu.
On va me dire: vous n’aviez qu’à. Mais voilà, je n’ai pas osé intervenir, médusée, déconfite par l’éloquence souveraine de la Reine.

pado dit: 30 septembre 2013 à 16 h 39 min

Merci Elena pour vos avancées de compteur sensées, mais maintenant si on veut passer victorieusement le cap il va falloir conclure.
Et vite.

pado dit: 30 septembre 2013 à 16 h 41 min

Sinon, u. va encore être obligé de passer dans deux trois jours pour faire le ménage.
Il n’a quand même pas fait autant d’études pour finir technicien de surface.

pado dit: 30 septembre 2013 à 16 h 48 min

Tiens, a propos de passou.
Le look pas rasé depuis trois jours, pas terrible.
Bon, il faut bien sûr voir l’impact sur les étudiantes, là j’ai peu de compétences.
J’espère qu’il ne s’est pas fait tatouer.

pado dit: 30 septembre 2013 à 16 h 52 min

Ah oui, Poulet au vinaigre.
Perso je ne m’en lasse pas.
A chaque fois que je cuis deux oeufs je me demande s’ils sont au goût de Poiret, ça m’angoisse tant que je fais plutôt des omelettes.

Passou dit: 23 octobre 2013 à 7 h 09 min

Ce film-choc, j’y ai vu avant tout une analyse implacable des effets ravageurs du déni de réel chez une femme de plus en plus borderline au fur et à mesure que nous l’observons. L’un des meilleurs WoddyAllen.

Kohls discount dit: 11 mai 2017 à 3 h 40 min

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